Author: Don Kayembe

  • Burkina Faso-En direct: violents combats devant le palais présidentiel burkinabè

    Burkina Faso-En direct: violents combats devant le palais présidentiel burkinabè

    BURKINA-Le Burkina Faso est en ébullition. Ce jeudi 30 octobre au matin, les députés burkinabè devaient examiner le projet de loi portant sur la révision de la Constitution permettant une nouvelle candidature du président Blaise Compaoré après 2015. Un projet largement contesté. Avant le début de la séance, des manifestants ont réussi à pénétrer dans l’enceinte du Parlement. Depuis le mouvement de colère a pris de l’ampleur et de violents combats ont lieu près de la présidence.

    Les heures sont données en temps universel

    13h15 : la France appelle au calme et à la retenue au Burkina Faso alors que les Etats-Unis font part de leur inquiétude.

    12h55 : Tweet de Zéphirin Diabré, l’un des chefs de file de l’opposition : « Nous ne cautionnons pas la prise du pouvoir par la force. Nous voulons juste le respect de la démocratie ».

    12h43 : Selon l’envoyé spécial de RFI à Ouagadougou, Frédéric Garat, le frère du président, François Compaoré a été arrêté à l’aéroport.

    12h40 : Sur RFI, Bruno Kafondo, député UPC, parti d’opposition, raconte lorsque les manifestants sont rentrés ce matin dans l’Assemblée : « On attendait tranquillement en échangeant les uns avec les autres. Et à un moment, les députés qui étaient de la majorité ont commencé à filer de l’Assemblée. Ils venaient d’avoir l’information que des gens étaient en train de défoncer les portes de l’Assemblée nationale. Ils sont arrivés en masse. Ils ont défoncé la balustrade centrale. Et compte tenu du fait que nous sommes des députés de l’opposition et que moi-même je suis d’un certain âge, ils ont dit « tonton il n’y a pas de problèmes venez » et ils m’ont conduit plus loin ».

    12h35 : Une question est sur toutes les lèvres : où est le président Compaoré ? Des informations contradictoires circulent alors que la foule tente toujours d’entrer à la présidence.

    12h30 : En direct sur l’antenne de RFI, le correspondant à Ouagadougou fait le point sur la situation : « Les manifestants sont déterminés. Ils tentent depuis près de deux heures d’entrer dans le palais présidentiel. Il y a encore des tirs ».

    12h30 : une réunion serait en cours entre les responsables militaires et l’empereur des Mossi, l’ethnie majoritaire du pays.

    12h25 : Selon un journaliste burkinabè contacté par RFI, il y a des tirs près du quartier des 1 200 logements où il y a eu un mort. Plusieurs chars ont tiré en l’air dans le quartier Ouaga 2 000 près du palais présidentiel.

    12h23 : La France regroupe ses ressortissants à son ambassade de Ouagadougou.

    12h20 : Zéphirin Diabré, l’un des chefs de file de l’opposition, appelle à la démission du président Blaise Compaoré.

    12h00 : Autour du palais présidentiel, le face-à-face entre les forces de l’ordre et les manifestants dure depuis une heure, selon notre correspondant à Ouagadougou, Yaya Boudani.

    11h50 : Un habitant de Bobo Dioulaso, contacté par RFI, confirme la situation tendue dans la ville. Des manifestations ont commencé ce matin de manière dispersée avant que des incendies n’éclatent au siège du parti au pouvoir, à la mairie et à plusieurs domiciles de responsables politiques.

    11h45 : Le site d’information Burkina24 témoigne d’une situation confuse à Bobo Dioulasso, la deuxième plus grande ville du pays.

    11h36 : Selon plusieurs témoignages circulant sur les réseaux sociaux, des manifestants auraient tenté d’envahir le domicile du frère du président Compaoré. Les forces de l’ordre auraient alors tiré dans la foule. Aucun bilan n’est encore disponible.

    11h30 : Pour l’un des leaders de l’opposition, Bénéwendé Sankara, le président Compaoré doit « tirer les conséquences » de l’assaut contre l’Assemblée à Ouagadougou.

    11h17 : Selon un journaliste de l’AFP, il y aurait un mort parmi les manifestants. Depuis quelques minutes, une information similaire circulait sur les réseaux sociaux évoquant un décès par balle dans le quartier des 1 200 logements.

    11h10 : Selon des témoins sur place, des flammes s’échappent du bâtiment de l’Assemblée nationale, saccagé plus tôt dans la matinée par les manifestants.

    11h00 : Frédéric Garat, envoyé spécial de RFI à Ouagadougou, évoque le saccage de l’hôtel Azalaï Indépendance par les manifestants. Désormais, les protestataires se regroupent vers le centre-ville.

    10h50 : Dans un communiqué officiel, le gouvernement du Burkina Faso appelle au calme et à la retenue.

    10h45 : Interrogé par RFI, le porte-parole du gouvernement, Alain-Edouard Traoré confirme l’annulation du vote du projet de loi. Un vote qui devait avoir lieu ce jeudi. Mais il ne donne aucune information sur une possible annulation du projet de loi portant sur la modification de la Constitution.

    10h35 : Pour Ablassé Ouédraogo, député de l’opposition, la situation est grave : « Nous n’étions pas encore dans l’hémicycle quand l’Assemblée a été prise d’assaut. Le Burkina Faso est en train de sombrer dans le chaos. Ce n’est pas organisé et tout peut arriver. Si on nous avait écoutés, on aurait pu éviter tout cela ».

    10h25: Selon le site d’information Burkina24, les locaux de la RTB-télé ont été saccagés par les manifestants et celle-ci a cessé d’émettre.

    10h: La situation est extrêmement tendue devant l’Assemble nationale qui est toute enfumée. Depuis ce matin, les manifestants avaient tenté par tous les moyens d’y accéder et finalement vers 09h30 TU, ils ont réussi à pénétrer à l’intérieur de l’hémicycle. Les députés sont parvenus à s’échapper par une porte de secours se situant derrière le bâtiment du Parlement.

    Sur place, les manifestants ont tout saccagé et incendié des véhicules avant de se diriger vers la télévision nationale du Burkina Faso où ils entendent faire une déclaration. Aux alentours du Parlement, il y a toujours des détonations et certains protestataires affrontent toujours les forces de l’ordre.

    Les forces de sécurité du Faso, la force d’élite, ont d’abord tiré en l’air pour essayer de disperser les manifestants, mais face à leur détermination, le service de sécurité présidentielle a libéré le passage. Maintenant, ces forces de l’ordre sont du côté de la télévision nationale pour protéger le bâtiment.

    Actuellement, les manifestants se sont dispersés dans la ville en scandant « Libérez Kossyam », du nom du palais présidentiel. Smokey, l’un des chefs de file du Balai citoyen, estime qu’en empêchant le vote, l’objectif du jour est atteint et n’encourage pas les manifestants à se diriger vers le palais présidentiel.

    Le vote de ce projet de loi controversé n’a donc pas eu lieu ce matin

    RFI

  • Africa Stop Ebola : des artistes africains se mobilisent contre Ebola

    Africa Stop Ebola : des artistes africains se mobilisent contre Ebola

    Ebola Artiste-Plusieurs artistes africains de renommée internationale ont uni leurs voix dans la chanson “Africa Stop Ebola” afin de sensibiliser les populations locales aux risques de propagation du virus.

    “Ebola, ce n’est pas bon, allez voir le médecin”. Dans une chanson pédagogique intitulée “Africa Stop Ebola”, de célèbres artistes africains, tels que les Maliens Amadou et Mariam, Salif Keita, le Guinéen Mory Kanté ou encore l’Ivoirien Tiken Jah Fakoly, diffusent leurs conseils en chanson pour sensibiliser les populations locales sur la façon “d’arrêter la propagation du virus” en Afrique, selon un communiqué du collectif.

     

     

     

    La chanson a été enregistrée en deux versions : l’une entièrement en français et l’autre avec des couplets utilisant les “langues vernaculaires des régions concernées en Afrique” (malinké, lingala, bambara, soussou) pour “s’assurer que le message soit entendu quel que soit le niveau d’alphabétisation et d’éducation de la population”. Le titre sera notamment distribué aux stations de radio à travers le continent.

    Une chanson pédagogique

    La chanson, qui se veut avant tout pédagogique, incite notamment à faire confiance aux services de santé, avec des paroles come : “Dès que vous avez les symptômes, envoyez chercher les médecins”. Elle rappelle aussi des messages d’hygiène comme “Lavez-vous régulièrement les mains et évitez de serrer la main d’autrui” ou “Ne touchons pas nos malades, ne touchons pas nos mourants”.

    Les chanteurs clament un message positif – “Ebola (…), nous te vaincrons” – et rappellent que “l’Afrique a besoin du vaccin pour se soigner”.

     

    La fièvre hémorragique Ebola a dépassé la barre des 10 000 cas, avec 4 922 morts, selon le dernier bilan publié samedi 25 octobre par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Sur les huit pays touchés, les trois les plus fortement atteints sont la Guinée, le Liberia et la Sierra Leone.

    (Avec AFP)

    Jeuneafrique.

  • Arrivée du président Kabila à Beni, théâtre d’un récent massacre

    Arrivée du président Kabila à Beni, théâtre d’un récent massacre

    KABILA A BENI-Le président congolais Joseph Kabila est arrivé mercredi après-midi à Beni, important carrefour commercial de l’est de la République démocratique du Congo et théâtre de récents massacres attribués à des rebelles ougandais.

    Le chef de l’Etat a été accueilli à sa descente d’avion par des membres du gouvernement national et de celui de l’instable province du Nord-Kivu, ainsi que par de nombreux militants, a constaté un photographe de l’AFP.

    En octobre, en moins de quinze jours, des rebelles ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF) sont accusés d’avoir massacré environ 80 civils dans la région, dont une trentaine à Beni, chef-lieu du territoire de Beni, situé dans l’extrême nord-est du Nord-Kivu, en dépit de la présence de l’armée congolaise et de la mission de l’ONU dans le pays (Monusco).

    “Les dispositions trainent à venir pour prendre en charge les rescapés des massacres, et on a observé un relâchement des opérations militaires contre les ADF depuis juillet. On attend du président qu’il les relance”, a confié Teddy Kataliko, président de la Société civile de Beni.

    M. Kabila ne s’est encore jamais exprimé sur les tueries.

    Des présumés membres de l’ADF ont encore attaqué dans la nuit de mardi une position de l’armée à Mayi-Moya, à une quarantaine de kilomètres au nord de Beni. Un soldat congolais et un combattant de l’ADF ont été tués, selon une source officielle et M. Kataliko.

    – colère contre l’ONU –

    Une autre attaque a ciblé “presque simultanément”, et sans faire de victime, une station d’essence à Ngadi, à quelque 10 kilomètres de Beni, a ajouté la source officielle. La Société civile de Beni a pour sa part indiqué que l’attaque avait fait deux morts: un “militaire” et un rebelle “ADF”.

    Ces attaques sont-elles liées à la venue du président, qui était attendue depuis plusieurs jours ? Le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku, actuellement à Beni, en doute. “Ce sont des actions terroristes pour montrer qu’ils (les ADF) sont toujours là, pour (…) défier les FARDC (armée congolaise) et la Monusco.”

    Plus encore, il les accuse de vouloir “briser le mariage entre les FARDC et la population, et (celui) entre la population et la Monusco en démontrant que toutes les forces en présence sont incapables” de les protéger.

    La semaine dernière, à la suite des massacres, la Monusco a été la cible de manifestations violentes dans le territoire de Beni. Le 21 octobre à Mbau, à 25 kilomètres au nord de Beni, deux personnes auraient été tuées par balle lors de l’une d’elles. La Monusco, qui n’a pas confirmé le bilan mais promis une enquête.

    La foule en colère demandait le départ de la Mission, qui dispose d’un mandat renforcé et de quelque 20.000 hommes, essentiellement déployés dans l’est, pour neutraliser les dizaines de groupes armés locaux et étrangers qui y sévissent depuis parfois deux décennies.

    “Nous engageons des hélicoptères depuis plusieurs jours et maintenant de façon intensive, en particulier la nuit. Le but est la recherche et la neutralisation des ADF. Nous le faisons (…) en opérant avec les FARDC”, a expliqué à l’AFP un haut responsable de la Monusco.

    Opposée au président ougandais Yoweri Museveni, l’ADF est active depuis 1995 dans une région montagneuse du territoire de Beni. Elle s’y livre à de lucratifs trafic, notamment de bois, et commet de graves exactions (meurtres, enrôlement d’enfants, pillages…) contre les civils.

    Depuis janvier, l’armée et la Monusco ont lancé plusieurs attaques contre l’ADF, qui en est sortie affaiblie mais reste toujours nuisible.

    AFP

  • La CPI rejette la demande de Laurent Gbagbo d’assister aux obsèques de sa mère

    La CPI rejette la demande de Laurent Gbagbo d’assister aux obsèques de sa mère

    laurent-gbagbo-La Chambre de première instance de la Cour pénale internationale (CPI) a rendu sa décision, mercredi : Laurent Gbagbo ne sera pas autorisé à assister aux funérailles de sa mère en Côte d’Ivoire. Une décision attendue.

    La décision de la CPI ne surprendra personne, tant un retour de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire présente un risque pour la stabilité du pays. “Le 29 octobre 2014, après avoir examiné les arguments de la défense, du gouvernement de la Côte d’Ivoire, du greffe, du Procureur et du représentant légal des victimes, la Chambre de première instance a rejeté la demande de la Défense de mise en liberté de M. Gbagbo pour une période d’au moins trois jours […] afin d’organiser et assister aux funérailles de sa mère”, a-t-on appris, via un communiqué de l’instance internationale.

    Le document ajoute : “Bien que la Chambre ait considéré que la demande de M. Gbagbo d’être transféré en Côte d’Ivoire afin d’organiser les funérailles de sa mère constituait des circonstances humanitaires, les juges ne sont pas persuadés dans ces circonstances que toutes conditions spécifiques pourraient suffisamment réduire les préoccupations logistiques et de sécurité”.

    Et de conclure en justifiant son refus “dans la mesure [cela] pourrait faire courir un risque de mettre en danger la population en Côte d’Ivoire, le personnel de la Cour et M. Gbagbo lui-même”.

    La mère de Laurent Gabgo, Marguerite Gado, est décédée le 15 octobre dernier alors qu’elle rentrait de son exil au Ghana. Elle était âgée de plus de 90 ans.

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    Par Mathieu OLIVIER

    Jeuneafrique.

  • En Zambie, le « Roi Cobra » est mort

    En Zambie, le « Roi Cobra » est mort

    SATA_0Le « Roi Cobra » est mort, et en Zambie, nul ne sait quel sera son héritage. Les générations entières de responsables politiques zambiens auxquels il avait longtemps inspiré une frousse certaine, avant de les amuser, puis de lesembarrasser, doivent à présent, s’inquiéter de la mort, mardi 28 octobre, de leur président, Michael Sata.

    Plus connu pendant sa longue carrière politique sous le surnom de « King Cobra », qui déjà, avait valeur de programme, celui-ci laisse derrière lui le champ libre pour une petite guerre fratricide de succession.

    ANCIEN PORTEUR DE BAGAGES

    Cela faisait des mois que laa disparition de Michael Sata, pourtant, était considérée comme imminente. Mais « King Cobra » n’était plus lui-même. Alors que Michael Sata, dans les allées du pouvoir, ou d’un passage de dix ans dans l’opposition, avait toujours semblé sur le point de brutaliser ses adversaires comme ses alliés, et faisait figure de grand tribun populiste, voilà qu’à peine élu, en 2011, après trois tentatives infructueuses, il avait commencé à se faire discret, avant de disparaître tout à fait, en raison d’une maladie sur laquelle rien ne filtrait.

    Ce silence, déjà, était une forme de fin pour cet ancien agent de police, devenu porteur de bagages à la Victoria Station de Londres, en pleine période coloniale, avant de se transformer en syndicaliste de talent dans les chemins de fer. A l’indépendance, il avait gravi tous les échelons politiques grâce à son aptitude àfaire régner l’ordre dans le parti – à sa façon, certes, plus chaussettes à clous que diplomate –, auprès du père de l’indépendance, Kenneth Kaunda, puis de son successeur, Frederick Chiluba.

    Vidéo suggérée sur le même sujet

    • Zambie : la mort du président Sata

      Michael Sata, président de la Zambie est décédé ce mardi à l’âge de 77 ans à Londres. L’annonce a été faite ce mercredi par le gouvernement. Michael Sata était malade depuis longtemps, et il suivait depuis une dizaine de jours, un traitement médical dans un hôpital londonien. Il était devenu président de ce pays d’Afrique australe il y a 3 ans, après une longue carrière politique. Il avait occupé plusieurs postes ministériels. Il s’était présenté plusieurs fois à l’élection présidentielle, avant donc, de s’imposer en 2011 L’actuel ministre de la défense est pressenti pour assurer l’intérim. C’est lui qui avait été chargé de gérer les affaires du pays durant l’hospitalisation de Michael Sata. La Zambie est une ancienne colonie britannique. Le pays vient de célébrer le 50ème anniversaire de son indépendance.

    Michael Sata, en 2014.

    Mais Michal Sata ne bousculait pas seulement ses adversaires politiques. En 2001, furieux de ne pas avoir été choisi par le parti au pouvoir pour la présidentielle, « King Cobra » avait créé son propre parti d’opposition, et développé un discours anti-chinois qui tranchait avec le ton général des dirigeants africains. Non content de dénoncer les « exploiteurs », il célébrait au passage l’existence deTaïwan et celle de Hongkong, qu’il qualifiait de  « pays ».

    DISCOURS ANTI-PATRONS ET ANTI-CHINOIS

    En 2006, l’ambassadeur de Chine en Zambie avait du reste agité la menace d’une rupture diplomatique de son pays avec la Zambie dans le cas où « King Cobra » serait élu. Il ne l’avait pas été, et avait remballé ses menaces de faire expulser aussi bien les entrepreneurs chinois qu’indiens ou libanais ne respectant pas les droits des Zambiens.

    Des abus dans le secteur des mines avaient été à l’origine, déjà, de violences contre des patrons. Dans le pays producteur de cuivre, Michael Sata avait alors retrouvé toute la verve de ses années de syndicalistes. Une fois au pouvoir, ces discours avaient disparu comme par enchantement. Non seulement la Chine n’avait pas rompu ses relations diplomatiques, mais des compagnies minières avaient annoncé leur souhait d’investir près de 3 milliards de dollars (2.3 milliards d’euros) dans les mines zambiennes.

    Une fois président, Michael Sata semblait n’avoir conservé d’amitié que pour Robert Mugabe, dont il célébrait le « combat anti impérialiste », alors qu’il se brouillait consciencieusement avec la plupart de ses voisins. Il en fallait peu pourexciter sa verve, quand il était encore lui-même, comme avait pu le découvrir l’ex-président Georges Bush (impliqué dans des actions caritatives en Zambie), arrivé en retard à un dîner avec Michael Sata, qui lui avait vertement reproché cette désinvolture en l’appelant « mon petit gars » (« young man ») et le traitant d’« ancien colon ».

    Guy Scott, le 29 octobre à Lusaka.

    Tout cela, c’était le style Sata, à mille lieues de la diplomatie la plus élémentaire ou des conventions en général, dont il faisait peu de cas. Parmi d’autres particularités, il avait choisi un vieil ami, Guy Scott, comme vice-président. Il se trouve que ce dernier est blanc, ce qui avait tout de suite fait courir un frisson dans tout le continent : en cas de décès du chef de l’Etat (on le savait malade, puisqu’il disparaissait beaucoup trop à l’étranger), la Zambie allait-elle se retrouver avec un président blanc ? Dans les faits, la Constitution zambienne l’exclut, dans la mesure où ses parents ne sont pas nés sur le territoire national (même à l’époque coloniale), mais ont émigré depuis la Grande-Bretagne dans les années 1920. Mais en attendant l’élection, l’homme a été désigné président par interim. Et le scrutin promet déjà une bataille sans pitié entre les successeurs du « King ».

    le monde

  • Zambie : Guy Scott, un président blanc en Afrique subsaharienne

    Zambie : Guy Scott, un président blanc en Afrique subsaharienne

    Guy-scott--Après la mort du président zambien Michael Sata, mercredi, c’est son vice-président Guy Scott qui a annoncé assurer l’intérim. Fils de Britanniques venus s’installer dans ce qui était encore la Rhodésie du Nord, il devient le premier Blanc à accéder démocratiquement à une présidence en Afrique subsaharienne.

    L’image a quelque chose de surannée. Dans cette Afrique australe qui a eu tant de peine à se débarrasser de ses gouvernants issus de la colonisation, un Blanc, qui plus est descendant de colons britanniques, va accéder à la présidence de la Zambie.

    Guy Scott, qui était jusque-là le vice-président de Michael Sata, décédé à Londres le 28 octobre à l’âge 77 ans, va lui succéder. Membre de longue date du Front patriotique (le parti au pouvoir), cet homme de 70 ans, ancien ministre de l’Agriculture, avait mené campagne aux côtés de Sata en 2011. Élu député pour la première fois en 1991, il parle le Bemba (la langue de l’ethnie majoritaire).

    Bien que prévu par la Constitution, ce scénario aura toutefois mis une dizaine d’heure à se confirmer. Ce n’est qu’au terme d’une réunion des ministres, le matin du 29 octobre, que son accession à ces fonctions a été confirmée. D’abord parce que Michael Sata avait nommé un autre homme, Edgar Lungu, le ministre de la Défense, pour assurer l’intérim alors qu’il était malade. C’est d’ailleurs ce dernier qui avait présidé aux cérémonies du cinquantième anniversaire de l’indépendance du 24 octobre.

    Surtout, la Constitution zambienne prévoit, en son article 34, que les candidats à une élection présidentielle doivent avoir pour parents deux “Zambiens de naissance ou de descendance”. Ce n’était pas le cas des parents de Scott (ils étaient anglais et écossais). Mais cette disposition ne s’applique qu’aux candidats à l’élection présidentielle, ce qui n’est pas son cas. “Tout le monde commence à m’appeler ‘excellence’, et je commence à m’y habituer, a-t-il déclaré dans une interview au Daily Telegraph. Il y a plein de mecs qui me suivent sur des motos. C’est très étrange”, a ajouté cet homme connu pour son franc-parler. En août, c’est déjà lui qui avait été reçu à la Maison Blanche à l’occasion du Sommet Afrique – États-Unis.

    Mais Scott ne sera que président par intérim. La Constitution prévoit en effet l’organisation d’une nouvelle élection présidentielle dans un délai de trois mois. “Je ne concourrai pas à l’élection présidentielle, parce que Constitutionnellement, je n’en ai pas le droit”, a-t-il précisé.

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    Pierre Boisselet

    Jeuneafrique.

  • Dans la tête de Joseph Kabila

    Dans la tête de Joseph Kabila

    Kabila-main-À deux ans de la présidentielle, le débat sur la réforme de la Constitution se résume à une seule question : Joseph Kabila pourra-t-il briguer un troisième mandat ? À la division de la classe politique répond le silence du président.

    Pour qui circule de jour sur le boulevard du 30-Juin, ruban triomphal de deux fois quatre voies où se croisent SUV dernier cri et autobus urbains flambant neufs importés d’Égypte, l’avenir paraît radieux. Pour qui se perd la nuit tombée dans les embouteillages de la Chine populaire, où les minicars hors d’âge bondés d’humanité s’engluent dans des hordes de piétons trompe-la-mort le long de l’axe menant à l’aéroport de Ndjili, le présent a les couleurs de la souffrance.

    Entre espoir et misère, ainsi vit Kinshasa, cette capitale-Moloch qui engloutit les hommes et les richesses d’un pays-continent dont elle concentre un septième de la population – soit dix millions d’habitants – sans rien lui rendre en retour. Pour les hommes de pouvoir, tenir Kinshasa suffit, mais jamais cette préhension n’aura paru aussi contrastée qu’en ce mois d’octobre 2014, à deux ans tout juste de la prochaine élection présidentielle.

    D’un côté, les résultats macroéconomiques affichés par la RDC ont rarement été aussi prometteurs : un taux de croissance de 7 % à 8 %, une inflation maîtrisée, des salaires régulièrement payés et bancarisés pour les fonctionnaires et les militaires, des grands travaux d’infrastructure et des projets agro-industriels à foison, une monnaie stable, des centaines d’écoles et de centres de santé en chantier et un impressionnant plan de réforme globale de la gouvernance issu de l’accord-cadre pour la paix de 2013, dont les engagements ont, en théorie, valeur impérative.

    Depuis la défaite des rebelles du M23 dans l’Est il y a un an, la situation sécuritaire s’est elle aussi globalement améliorée. Même si les sécessionnistes du chef “Gédéon” Kyungu Mutanga poursuivent leurs exactions dans le triangle de la mort de l’Est katangais et que les rebelles rwandais et ougandais sévissent toujours dans les deux Kivus, le nombre, le pouvoir d’attraction et la capacité de nuisance des milices prédatrices se sont singulièrement réduits, à mesure que s’accroît le niveau opérationnel des forces armées nationales.

     


    Le boulevard du 30-Juin, à Kinshasa.
    © Gwenn Dubourthoumieu / Pour J.A

    C’est ce côté plein de la bouteille congolaise que met systématiquement en valeur la promotion gouvernementale, tout en reconnaissant, y compris au plus haut niveau, qu’il est impossible de cacher le côté vide : un déficit social encore béant et un climat d’apnée politique, dont la première conséquence est de tétaniser les opérateurs privés, tout en gelant les investissements extérieurs.

     

    Vers une quatrième République congolaise?

    Cette impression d’attente quelque peu paralysante provient de deux facteurs qui s’emboîtent l’un dans l’autre comme une poupée russe. Le premier, c’est ce fameux gouvernement de cohésion aux allures d’Arlésienne, attendu depuis la clôture des concertations nationales il y a un an.

    Conforme à la configuration de l’espace politique congolais, où aucune formation n’est en mesure de détenir seule la majorité absolue au Parlement, il est censé regrouper partis du pouvoir et de l’opposition modérée afin de préparer une séquence électorale apaisée, débouchant sur la présidentielle de 2016.

    Annoncé pour le 15 septembre, il ne sort toujours pas car sa configuration est liée à la fois à la publication d’un agenda précis des multiples consultations à venir – depuis les communales, les provinciales et les sénatoriales jusqu’aux législatives et à la présidentielle à tour unique – et à l’omniprésence d’un second facteur, capital, envahissant, celui de l’éventuelle réforme de la Constitution.

    Le Tout-Kinshasa politique retient son souffle, car nul n’ignore qu’au-delà d’aménagements techniques relativement mineurs et peu sujets à polémique – tels la nationalité ou le mode de scrutin – c’est bien la possibilité ou non pour le président Joseph Kabila de se représenter pour un troisième mandat de cinq ans qui est en jeu. Parmi les proches du chef de l’État, la suppression de l’article 220 de la loi fondamentale adoptée par référendum en décembre 2005 n’est plus un dossier tabou.

    Argument de fond : afin que la RD Congo puisse poursuivre son développement, préserver son intégrité territoriale et renforcer sa sécurité, le fils du Mzee doit pouvoir rester aux commandes au-delà de la prescription des “deux mandats et puis s’en va”, considérée comme verrouillée par la Constitution. Fruit d’une situation d’exception (les accords de Sun City mettant fin à la guerre civile), cette dernière a d’ailleurs vocation à être remplacée, via un référendum populaire, par une autre, donnant naissance à la quatrième République congolaise.

    Si la trame est identique, chacun joue ici sa partition. Le ministre des Médias et porte-parole du gouvernement, Lambert Mende Omalanga, estime, dans une tribune publiée sur le site jeuneafrique.com qu’”il n’est pas intellectuellement honnête d’affirmer que la possibilité pour un dirigeant de solliciter plus de deux mandats serait assimilable ipso facto à l’avènement d’un système non démocratique”.


    Évariste Boshab, secrétaire général du PPRD
    © Gwenn Dubourthoumieu / Pour J.A

    Secrétaire général du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), leader de la majorité présidentielle – lequel revendique deux millions de militants -, Évariste Boshab assure de son côté que le souverain primaire qui a décidé de verrouiller l’article 220 “peut aussi bien le déverrouiller”. “À moins de croire, ajoute-t-il, que le peuple n’est pas suffisamment éclairé pour opérer des choix conséquents, autant s’en tenir à sa sanction que de décider à sa place.”

    “S’ingérer en RD Congo, c’est ouvrir la boîte de Pandore”

    Président de l’Assemblée nationale, originaire du Bandundu, le juriste Aubin Minaku insiste de son côté sur le fait que Joseph Kabila est le seul à maîtriser l’équilibre d’un pays toujours volatil, alors que le sécurocrate Kalev Mutond, patron de l’Agence nationale de renseignements, met en avant les piètres résultats de la communauté internationale chaque fois qu’elle a prétendu imposer ses propres règles dans les pays du Sud : “S’ingérer en RD Congo, c’est ouvrir la boîte de Pandore.”

     


    Aubin Minaku, président de l’Assemblée nationale
    © Gwenn Dubourthoumieu / Pour J.A

    Très à l’aise enfin dans son rôle de voltigeur de pointe, le patron de presse Tryphon Kin-Kiey Mulumba, fondateur du Soft, ministre des Télécoms et des Nouvelles Technologies, se veut encore plus explicite. Il a créé le club de réflexion Kabila Désir, dont le message s’adresse aussi bien à une diaspora traditionnellement favorable à l’opposition qu’aux Congolais de l’intérieur et dont l’antienne interprétée en lingala sur un rythme de rumba par la star Tshala Muana est sans équivoque : “Nous ne sommes pas encore rassasiés de toi Kabila, notre envie de toi n’est pas encore passée.”

    Le registre sur lequel opère la garde rapprochée du chef emprunte largement à une récurrence de l’histoire du Congo indépendant : le nationalisme, la volonté d’être enfin maître de son destin, de combattre l’impuissance et la mésestime de soi, de sortir une fois pour toutes de cette culture débilitante de la prise en charge par le monde extérieur des maux qui minent le pays. Un peu à part, mais à part entière dans le carré des gardiens du temple kabiliste, se tient Augustin Matata Ponyo, 50 ans, Premier ministre depuis 2012. En sursis certes, car nul n’ignore que le futur gouvernement de cohésion nationale finira par se faire sans lui, mais toujours droit dans ses bottes.


    Le Premier ministre actuel, Augustin Matata Ponyo
    © Gwenn Dubourthoumieu / Pour J.A

    Dans le jardin qu’il a fait aménager en face de la primature, le long du fleuve, cet ancien cadre de la Banque centrale, originaire du Maniema, économiste passé par le ministère des Finances, a fait ériger les bustes de tous ses prédécesseurs depuis les gouverneurs généraux belges jusqu’à lui-même, en passant par Lumumba, dont l’effigie trône également dans son propre bureau. Mais il a, d’ores et déjà, réservé pour son successeur un socle surmonté… d’un point d’interrogation.

    Sa partition à lui, c’est celle de l’excellence et de l’élitisme. Au bureau avant l’aube, il convoque ses visiteurs dès 6 heures du matin et ne déteste pas que cela se sache, fait évaluer les performances des membres de son cabinet par les experts français de KPMG (“ceux qui ont moins de 55 % de taux de satisfaction sont écartés”), porte invariablement une cravate rouge, a refusé de se faire élire député “pour ne pas avoir à siéger dans une telle assemblée” et n’hésite pas à s’opposer aux généraux ou à tel ou tel membre de la famille présidentielle, en délicatesse avec les règles de la bonne gouvernance.

    Les bailleurs de fonds attribuent volontiers à Matata, survivant du crash de l’avion qui coûta la vie à l’éminence grise Augustin Katumba Mwanke en février 2012, la paternité des bons résultats macroéconomiques de la RD Congo – en oubliant un peu vite que ce technocrate, qui ne cache guère le mépris que lui inspirent les jeux politiciens, n’est là que par la seule volonté du président (ce qu’il reconnaît d’ailleurs volontiers).


    Vital Kamerhe, ancien proche collaborateur du président
    © Vincent Fournier / Pour J.A

    La politique, une défense d’intérêts particuliers

    Les a-t-il trop laissé dire ? C’est possible, car le Premier ministre n’a pas que des amis, surtout dans son propre camp. Et comme à Kinshasa tout se retrouve instantanément dans la rue, il est de notoriété publique que Matata et le ministre du Budget Daniel Mukoko Samba ne se parlent plus – ce dernier est d’ailleurs banni des réunions de cabinet à la primature – et qu’un conflit sérieux l’oppose au président du Parlement, Aubin Minaku.

    Lorsque ce dernier a vu à la télévision un film sur les grands chantiers, dans lequel son rival semblait tirer un peu trop la couverture à lui, il en a aussitôt fait part à Joseph Kabila. Lequel a dû convoquer le 7 octobre une réunion du bureau politique de la majorité présidentielle dans sa ferme de Kingakati, à 80 km de la capitale, au cours de laquelle chacun a vidé son sac.

    Pour l’occasion, face à des hommes tous plus âgés que lui, le fils du Mzee s’est mué en mwalimu (“instituteur”), gourmandant les uns et calmant les autres. Ce n’est un secret pour personne en effet que les fortes personnalités de l’entourage du chef ne s’entendent guère entre elles, le cas le plus étrange étant celui de son propre conseiller spécial en matière de sécurité, Pierre Lumbi, dont le parti, pourtant membre de la majorité présidentielle, s’oppose à toute révision de la Constitution.

    Rien de nouveau dans ce constat certes, mais un impératif : remettre de l’ordre dans la perspective de 2016. Face à Joseph Kabila, dont le score au précédent scrutin présidentiel n’a pas atteint la barre des 50 %, se dresse l’autre moitié du Congo, celle qui vote pour une opposition composite, divisée, mais déterminée. Dans ce maquis de formations scissipares dont les leaders, de par leur comportement et leur positionnement changeants, rappellent chaque jour aux Congolais que la politique ici est d’abord la défense d’intérêts particuliers, se distinguent deux grands pôles : celui qui s’est résolu à collaborer avec le régime en espérant qu’il tire pour lui les marrons du feu et celui dont l’obsession est de s’installer à sa place. Ancien Premier ministre de Mobutu dans les années 1980 et 1990, Léon Kengo wa Dondo, 79 ans, est la figure référente du premier pôle.

    L’actuel président du Sénat, qui s’impatiente de voir ses poulains intégrer le haras du gouvernement de cohésion nationale, prône une opposition “républicaine” et modérée, avec un oeil sur sa propre candidature à la présidentielle – une perspective qu’il juge “prématurée”, manière de signifier qu’il ne l’exclut pas. Sa position dans le débat sur la Constitution est toute en nuances : “Je suis contre une révision du texte en vigueur, en particulier de l’article 220″, explique celui qu’un dazibao accroché au mur de son salon qualifie d’”icône”. “Maintenant, si le camp présidentiel veut une autre Constitution, qu’il le dise clairement, nous en discuterons.” Toujours laisser une porte ouverte à double battant, côté pouvoir comme côté opposition, ainsi est Kengo.

    Interrogé sur un éventuel glissement du calendrier électoral, hypothèse de rechange fréquemment évoquée à Kinshasa et qui aurait pour conséquence de repousser l’échéance suprême à 2018, voire au-delà, le natif de Libenge, sur les rives de l’Oubangui, répond à sa manière : “Le préalable impératif à toute élection, c’est un recensement sur la base duquel sera élaboré un nouveau fichier électoral incontesté.” Dans un pays de 2,3 millions de km², peuplé de 70 millions d’habitants, une telle opération pourrait prendre deux, voire trois ans et être achevée à temps, à condition de la démarrer immédiatement et d’en trouver le financement.

    Autant dire que, sans l’avouer, le très consensuel Kengo wa Dondo n’est fermé à aucune éventualité. rupture totale. Cette notion, finalement très bantoue, de la convivialité n’est en rien partagée au sein de l’autre pôle, celui d’une opposition radicale en totale rupture avec le pouvoir. Difficile de s’y retrouver dans l’entrelacs mouvant des sigles et appellations de ceux dont le but essentiel est de “dégager” Joseph Kabila.

    À moins d’être initié, l’éventail formé par sa soixantaine de partis ou associations de la société civile est en effet indéchiffrable. Mieux vaut donc s’attacher aux personnes, chaque parti ou front étant en l’occurrence un regroupement régional, voire familial, autour d’un entrepreneur politique. Jean-Pierre Bemba et Étienne Tshisekedi durablement hors-jeu, le premier pour crimes de guerre dans une cellule de la Cour pénale internationale et le second pour cause de grand âge et de maladie dans un appartement bruxellois, place à la nouvelle génération des anti-Kabila irréductibles.

    >>> Lire auss: l’interview de Félix Tshisekedi


    Félix Tshisekedi qui fait partie du camp de l’opposition
    © Gwenn Dubourthoumieu / Pour J.A

    Du vibrionnant Vital Kamerhe, ancien “attaquant de pointe” polyglotte de Joseph Kabila passé par la présidence de l’Assemblée nationale avant de couper le cordon ombilical, au fils à papa Félix Tshisekedi que sa maman aimerait tant voir succéder au “líder máximo” à la tête de l’historique Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), en passant par un autre “fils de”, Nzanga Mobutu, sans oublier l’homme d’affaires et ancien collaborateur du groupe pétrolier ExxonMobil Martin Fayulu et une dizaine d’autres leaders, cette opposition-là ne communie que dans l’intransigeance : on ne touche pas à la Constitution et Joseph Kabila Kabange – considéré comme “illégitime” depuis la présidentielle de 2011 – est prié de faire ses valises dans deux ans.

    Destination, si l’on suit dans sa démarche passablement surréaliste le trio Tshisekedi-Kamerhe-Fayalu, qui a adressé en juillet une demande en ce sens au Conseil de sécurité de l’ONU : la Cour pénale internationale (CPI), pour “crimes contre l’humanité”, rien de moins. Tous, évidemment, ne sont pas d’accord avec cette guerre à outrance : Samy Badibanga, qui préside le groupe des députés UDPS au Parlement (une participation aux institutions qui lui vaut d’être quasi excommunié par le clan Tshisekedi) juge ainsi “aberrant” ce recours à la CPI et insiste au contraire pour qu’après son départ du pouvoir Joseph Kabila soit nommé sénateur à vie et entouré de toutes les garanties d’immunité nécessaires.


    Le cardinal Monsengwo
    © Gwenn Dubourthoumieu / Pour J.A

    Cet opérateur privé, qui a monté une belle affaire d’import-export entre Bruxelles et Kinshasa, plaide également pour une direction collégiale de son parti, seule à même de recoller les pièces du puzzle UDPS après l’effacement de son fondateur. Compliqué… cénacle. Pour fédérer cette opposition au sein de laquelle on retrouve tout et son contraire – patriotisme, xénophobie, népotisme, démocratie, tribalisme, violence et non-violence – une autorité morale est apparue ces derniers mois, à la fois masquée et omniprésente : le cardinal Laurent Monsengwo. Ce prélat de 75 ans, originaire du Bandundu et membre du cénacle fermé des conseillers du pape François chargé de réformer la Curie romaine, a toujours été une éminence très politique.

    L’archevêque de Kisangani qui présida la Conférence nationale puis le Haut Conseil de transition au cours des années 1990, l’homme qui fit plier Mobutu, a conservé de cette période la nostalgie des faiseurs de rois et une défiance à l’égard de tout pouvoir qui n’aurait pas la bénédiction de l’Église. Contrairement à Kengo wa Dondo puis à Jean-Pierre Bemba, qui tous deux eurent les faveurs du prélat, Joseph Kabila n’est pas catholique, mais fidèle de l’Église du Christ au Congo, d’obédience protestante, et son épouse, Olive, fréquente les Églises du Réveil.


    Olive Lembe Kabila, lors d’une marche pour les droits des femmes, en 2010.
    © Gwenn Dubourthoumieu / AFP

    Le couple n’est donc pas de ses ouailles, au point qu’il a pris le risque à la mi-septembre de faire publier depuis Rome, via la conférence épiscopale nationale du Congo, une lettre cinglante de défiance à l’encontre de tout projet de réforme de la Constitution, lue à travers toutes les églises du pays. Un risque, car en déplaçant ainsi la chapelle du centre du village, le cardinal a fait ressurgir le vieux clivage est-ouest parmi les quelque 28 millions de catholiques du Congo : au Katanga, au Maniema, dans les deux Kivus et dans une partie de l’Oriental, les évêques et les fidèles grognent.

    “Monsengwo est en rupture avec tout ce qui, de près ou de loin, apparaît comme lié à Kabila”, commente un diplomate en poste à Kinshasa. “Il entretient ainsi des rapports exécrables avec le président de la Commission électorale nationale indépendante, l’abbé Malu Malu, pourtant son subordonné et qui le lui rend bien. En réalité, le principal opposant au président, c’est lui. Mais son parti, l’Église, n’est pas uni.” Une médiation entre les deux hommes est-elle encore possible ? Le président congolais Denis Sassou Nguesso, dont le cardinal est très proche, serait dit-on disponible pour la mener. Joseph Kabila est, comme on l’imagine, demandeur.

    Mais celui qui fut en son temps le premier Africain docteur en écritures saintes à Rome et dont le frère, François Kaniki, sénateur proche de Kengo wa Dondo, est un homme d’affaires prospère de la capitale, est un personnage altier et parfois immodeste qui, il y a dix ans, déclarait que son pouvoir ecclésiastique était “mille fois supérieur au pouvoir politique”. Il n’était alors qu’archevêque. Désormais revêtu de la pourpre cardinalice, Laurent Monsengwo Pasinya, l’enfant de Mongobelé, a dû multiplier ce chiffre par dix…


    Joseph Kibula et John Kerry, secrétaire d’Etat américain, au Palais de la nation, en mai 2014.
    © Saul Loeb / AFP

     

    La communauté internationale sur la même ligne que l’opposition congolaise

    Reste, bien sûr, la communauté internationale, acteur majeur en RD Congo depuis l’indépendance, pour le meilleur comme pour le pire. À y voir de loin, elle est sur la même ligne que l’opposition : on ne touche pas à la Constitution. À y regarder de plus près, les choses sont moins simples. Certes, les Américains et en particulier l’envoyé spécial de Barack Obama pour la région des Grands Lacs, Russ Feingold, ancien sénateur et archétype de l’aile gauche du parti démocrate, ne cachent pas leur détermination de voir Joseph Kabila se retirer du pouvoir à l’issue de la prochaine élection.

    Les Britanniques et les Belges estiment eux aussi qu’on ne change pas les règles du jeu au milieu de la partie, mais ils y mettent les formes et se refusent à faire de la RD Congo un cas d’école. Les Français, eux, ne disent rien publiquement, même s’ils partagent en off un souci identique. “Le président Hollande n’évoque ce type de sujet avec ses pairs africains que lorsque ces derniers l’abordent en premier”, confie-t-on à l’Élysée.

    Résultat : lors de la dernière visite de Kabila à Paris en mai, il a été question de Total, d’Air France, d’Orange ou de GDF-Suez beaucoup plus que de politique. Confortés par la position de non-ingérence de la Chine, de l’Inde et du Brésil, encouragés par l’amorce d’un “front du refus” aux injonctions occidentales mené par l’Afrique du Sud, l’Angola et l’Union africaine, les dirigeants congolais savent très bien que les immenses richesses de leur pays interféreront toujours avec les discours des étrangers, y compris les plus radicaux.

    Ambassadeur itinérant très proche de Kabila, dont il est un peu le sherpa à l’international, Séraphin Ngwej vit presque quotidiennement cette étrange schizophrénie diplomatique : “Ce que nos interlocuteurs disent le jour, ils ne le répètent pas la nuit. Une fois les micros débranchés, le discours n’est plus le même.”

    Il apparaît ainsi de plus en plus évident que les partenaires occidentaux de la RD Congo pourraient s’accommoder d’un glissement du calendrier démocratique, le temps d’établir un nouveau recensement, le temps aussi de réunir les quelque 750 millions de dollars (plus de 590 millions d’euros) nécessaires au financement de la séquence électorale.

    En ce mercredi 8 octobre, après avoir inauguré une nouvelle aile du mythique Grand Hôtel, Joseph Kabila décide de rentrer à pied chez lui. Située à quelques centaines de mètres de là, sur une petite presqu’île noyée de verdure et léchée par les eaux du fleuve nourricier, sa résidence n’a rien du palais qu’habitait Mobutu. Un court de tennis, une piscine, quelques jeux de plein air pour Laurent-Désiré, 6 ans, le cadet de la famille et un dispositif de sécurité somme toute léger par les temps qui courent.

    Joseph Kabila en route vers 2016

    À quoi pense-t-il, cet homme de 43 ans, alors qu’il marche sur le ruban de goudron ensoleillé, entouré de ses gardes du corps ? À la prédiction du prophète Simon Kimbangu, “l’envoyé du Dieu tout-puissant”, le pape de Nkamba, réduit au silence par les colons et qui affirma un jour de la fin des années 1940 que le quatrième président du Congo libéré serait un homme jeune et qu’il accomplirait des miracles ?

    À l’impossibilité de gouverner un pays-continent gangrené par des décennies de mégestion érigée au niveau des beaux-arts et où, toujours, quelque part, il se passe quelque chose de répréhensible que les ONG et les “nokos” blancs ne manqueront pas de relever, eux dont les convoitises ont fait tant de mal ? Ou, plus prosaïquement, est-il en train de calculer les prochains épisodes de la stratégie combinatoire qui le conduira vers 2016 et peut-être au-delà ?

    Il y a quelque chose d’asiatique autant que d’africain derrière le masque impénétrable de celui qui pratique la politique à la manière d’un joueur de go. L’adversaire n’est pas pour lui un ennemi que l’on écrase, mais une force que l’on encercle, que l’on paralyse, que l’on étouffe. La gestion du temps et du silence joue ici un rôle capital, et tant mieux si celui qui vous fait face de l’autre côté du tablier vous sous-estime – ce qui a longtemps été le cas.

    Quels que soient les signes avant-coureurs donnés par ses partisans dans le sens d’une candidature annoncée, laquelle pourrait être rendue possible dès l’année prochaine via un référendum sur la Constitution, que le camp présidentiel n’envisage pas un instant de perdre, Joseph Kabila ne se prononcera donc sur ses propres intentions qu’au dernier moment – sans doute pas avant juin 2016, soit à six mois de l’échéance officielle.

    À moins que tout bouge encore pour que rien ne change et que le calendrier dérape. Une seule chose est sûre, en réalité : rien ne pourra se faire contre cet homme qui tient l’armée “utile”, contrôle les provinces – y compris le riche Katanga dont le gouverneur, Moïse Katumbi, a un pied de part et d’autre de l’échiquier politique – et commence à se constituer un bilan présentable tout en étant le seul à pouvoir réunir les 30 millions de dollars (minimum) requis pour mener en RD Congo une campagne électorale digne de ce nom. Rien sans lui, certes. Avec lui ? C’est une autre histoire, dont seuls les génies du fleuve détiennent la clé.

    Par François Soudan
    Jeuneafrique

  • Adf-Nalu : Ngbanda et Nyamwisi en savent davantage !

    Adf-Nalu : Ngbanda et Nyamwisi en savent davantage !

    Regain de criminalité en territoire de Beni

    Adf-Nalu : Ngbanda et Nyamwisi en savent davantage !

     

    Honoré-Ngbanda-Facile, dans ce pays, de tricher avec l’histoire lorsqu’on croit l’opinion nationale ignorante de tout sur les groupes armés qui écument l’Est du pays. Bon nombre d’acteurs politiques, de princes de l’Eglise, d’activistes des droits de l’homme et de professionnels des médias ont la propension à condamner le Gouvernement sans cependant chercher à établir la vérité des faits. C’est ce qui arrive notamment au travers des massacres survenus en territoire de Beni récemment. Pourtant, l’histoire récente – celle de la conclusion de l’Accord de Lusaka de 1999 s’entend – renseigne que l’Adf et la Nalu font partie des groupes armés étrangers cités à ANNEXE « C » du CHAPITRE 13 du calendrier de mise en oeuvre de l’accord de cessez le feu. Il revient à la Mission onusienne de les traquer. Bien plus, les deux organisations existent avant l’avènement de L-D. Kabila et de J.Kabila aux affaires. Simplement parce que l’Adf avait été montée en 1986 tandis que le Nalu en 1995, donc sous le régime Mobutu. Ceux deux mouvement visaient l’élimination de Yowerie Museveni. Plus grave, en 2001, le Rcd-Kml s’allie à cette engeance. Fait authentifié par International Crisis Group dans son rapport du 19 décembre 2012…

                 Dans le chapitre intitulé GENESE D’UNE REBELLION ENTRE DEFAITE INTERIEURE ET SOUTIEN EXTERIEUR”, les rédacteurs dudit rapport notent : En septembre 1995, à Beni dans la province congolaise du Nord Kivu, Yusuf Kabanda, un des dirigeants de l’opposition musulmane ougandaise armée, scelle avec le commandant Ali Ngaimoko de l’Armée nationale pour la libération de l’Ouganda (Nalu) une alliance dénommée les Forces démocratiques alliées-Armée nationale pour la libération de l’Ouganda (ADF-Nalu). Conclue hors de l’Ouganda avec l’aide des services secrets soudanais et congolais (…) Sans liens idéologiques ni opérationnels préalables, ces deux mouvements ont en commun d’être opposés au régime ougandais, de se trouver au même moment sur le sol congolais et d’être proches, chacun de leur côté, d’ennemis de Kampala : les régimes soudanais d’al-Tourabi et congolais de Mobutu“.

                S’agissant de la Nalu, ils relèvent : ” Après la chute du régime de Milton Obote en 1986 au profit de Yoweri Museveni, le responsable des services de renseignements du régime déchu, Amon Bazira, crée la Nalu. Cette organisation est un rassemblement de fidèles de Milton Obote, mais aussi d’Idi Amin Dada“. Et de poursuivre au paragraphe suivant : ” A sa création, la Nalu est soutenue financièrement et militairement par les pouvoirs congolais et kenyan qui se méfient de Museveni. A partir de 1988, elle est chassée d’Ouganda par l’armée et s’établit dans les territoires congolais de Beni et du Lubero. En plus d’anciens éléments du Rwenzururu, elle récupère des combattants congolais comme les Maï-Maï Kasindiens. Installé autour de la ville frontalière de Kasindi entre l’Ouganda et la RDC, au pied des monts Rwenzori, ce groupe est dirigé par Enoch Nyamwisi“.

                Dans la bibliographie du rapport, Enoch Nyamwsi, frère consanguin d’Antipas Mbusa Nyamwisi, est décrit en ces termes : ” Enoch Nyamwisi Muvingi, un des membres fondateurs des Maï-Maï Kasindiens, est une personnalité politique de premier plan de l’ethnie nande. De 1976 à 1987, il est conseiller de plusieurs hommes politiques, ministres et du gouverneur de la ville de Kinshasa. De 1987 à 1990, il est secrétaire exécutif du parti de Mobutu pour la jeunesse et les sports puis ministre de la Jeunesse et des Sports de 1991 à 1992. Il est assassiné le 5 janvier 1993 à Butembo“. Amon Baziba est assassiné la même année au Kenya.

                Selon “Jeune Afrique” dans sa livraison du 17 juillet 2013 sous le titre ”  RDC : les rebelles de l’ADF-Nalu, nouvelle menace pour le Nord-Kivu“, soutenu un moment par le Soudan, ” les ADF étaient à l’origine composés essentiellement de militants du Tabliq, un mouvement missionnaire musulman. Au fur et à mesure des années, ces combattants se sont radicalisés. Aujourd’hui uniquement composée d’islamistes, l’ADF-Nalu est dirigé depuis 2007 par Jamil Mukulu, un chrétien converti à l’islam. Les États-Unis l’ont placé sur leur liste d’organisations terroristes dès 2001 et Jamil Mukulu est visé par des sanctions de l’ONU depuis 2011 et de l’Union européenne depuis 2012“.

                L’International Crisis Group souligne cependant, sous l’intertitre ” L’armée nationale pour la libération de l’Ouganda“, que ” Les racines historiques des ADF-Nalu renvoient au premier mouvement indépendantiste Rwenzururu dont le creuset ethnique est la communauté bakonzo, une tribu minoritaire de l’Ouest de l’Ouganda. Le précédent historique du mouvement armé Rwenzururu, un des sécessionnismes de l’indépendance ougandaise, a facilité l’implantation et le développement de la Nalu.

                Les Bakonzo de l’Ouganda et les Nande de la RDC constituent un même peuple, au sens ethnotribal du terme.

                Ce qui peut déjà être retenu, c’est qu’Antipas Mbusa Nyamwisi, misant sur les liens ethnotribaux, avait coalisé avec les Adf-Nalu pour asseoir son Rcd-Kml.

    Drôle d’abonnement avec le sang !

                Il sait pourquoi il n’a réagi qu’aux derniers événements dramatiques en date survenus à Irengeti alors que depuis les élections du 28 novembre 2011, il n’a ni condamné les enlèvements opérés en territoire de Beni (son fief électoral) par les Adf-Nalu, ni encouragé les Fardc et la Brigade d’intervention de la Monusco dans les actions combinées menées contre ce groupe armé.

                Effectivement, Beni vit un phénomène jamais connu en RDC avec des prises d’otage : opérateurs économiques, princes de l’Eglise, activistes des droits de l’homme, fonctionnaires de l’Etat, maraîchers, taximen sont enlevés (ils seraient plus de 600), mais jamais Antipas Mbusa Nyamwisi ne s’en émeut.

                Et voilà que dans son interview à Rfi le samedi 25 octobre 2014, accusant ouvertement le général Mundos de complicité avec des rebelles de l’Adf-Nalu et exigeant une enquête indépendante, il déclare : “Des ADF-Nalu massacrent plus de 80 citoyens dans un périmètre de 50km² où il y a des milliers de soldats congolais, et bien entendu la Monusco […], sans que l’armée ne soit en mesure de capturer un seul de ces assaillants. Au-delà de l’incompétence, c’est plutôt de la complicité” !

                Autant dire une fuite en avant. Car, non seulement Antipas Mbusa Nyamwisi reconnaît dans cette interview avoir accédé à l’information sur la perpétration du crime une semaine plus tôt, mais en plus il a préféré se taire. Comme pour laisser se perpétrer le crime. Or, à défaut de saisir l’Etat-major général des Fardc – ce qui peut se justifier par sa méfiance à l’égard de l’armée gouvernementale – il aurait au moins pu alerter la Monusco. Héla, il ne l’a pas fait non plus.

                Déjà, l’homme semble avoir pris un drôle d’abonnement avec le sang, et encore le sang de ses compatriotes de l’Est, pour autant qu’ils le soient réellement.

                Pour rappel, en 1998, il avait fait partie des fondateurs du Rcd à l’origine de la deuxième guerre survenue un certain 2 août, guerre dont le bilan, effarent, aligne pour une raison ou une autre des millions de morts et de déplacés de guerre, des centaines de milliers de réfugiés et le pillage qualifié par le panel de l’Onu de “systématique des ressources naturelles et autres formes de richesses nationales congolaises“.

                En il va susciter la dissidence au sein du Rcd. D’où la création, avec le concours d’Ernest Wamba dia Wamba qu’il éliminera peu après, du fameux Rcd-Kml à la base, on s’en souvient, de l’incroyable guerre de Kisangani entre deux armées étrangères : l’Apr du Rwanda et l’Updf de l’Ouganda. C’est à cette occasion qu’il s’alliera avec l’Adf-Nalu pendant qu’il bénéficie du parrainage de l’Ouganda de Yowerie Museveni.

                En……., il est soupçonné de complicité avec Thomas Lubanga de l’Upc, mouvement politico-militaire qui bénéficiera du concours d’un certain Bosco Ntanganda qui signera ses premiers exploits médiatisés avec le Cndp aux côtés d’un certain Laurent Nkunda.

                Et voilà qu’en 2012, convaincu de son impunité après avoir été d’abord ministre de la Coopération régionale sous le 1+4, candidat président de la République et candidat député national en 2006, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale et régionale entre 2007 et 2011, candidat président de la République et député national en 2011,  Antipas Mbusa Nyamwisi est soupçonné finalement d’avoir armé le M.23 ! Le panel de l’Onu le cite  parmi les premiers “donateurs” de ce groupe armé.

    L’un de l’Ouest, l’autre de l’Est

     

                Que retenir finalement des tristes événements d’octobre 2014 ? A dire vrai, les tueries d’Irengeti (nous) renvoient à deux acteurs politiques majeurs, tous de l’Opposition et, curieusement, vivant en exil : Honoré Ngbandaet Antipas Mbusa Nyamwisi.

                L’un de l’Ouest, l’autre de l’Est.

                Le premier aura du mal à s’innocenter : sa propre biographie signée de sa main renseigne qu’en 1985, il était Administrateur Général de l’AND. En 1995, il avait exercé les fonctions de Conseiller spécial en matière de sécurité du président Mobutu Sese Seko“. Ce serait étonnant qu’il ne sache rien de la Nalu, rien de l’Adf et surtout rien de l’Adf-Nalu.

                Quant à Antipas Mbusa Nyamwisi, il aura énormément de mal à s’en sortir. Sa diversion sur Rfi ne lui sera d’aucun secours, maintenant qu’il est acquis que dans sa configuration actuelle, l’Adf-Nalu n’est rien d’autre qu’uneengeance politico-religieuse fondée sur l’islamisme proche d’El Quaîda et de l’Ei, bref tout ce qui s’y ressemble.

                C’est pourtant à propos justement de la sécurité au Nord-Kivu que le Président Joseph Kabila a affirmé, du haut de la tribune des Nations-Unies le 26 septembre 2014, que “La République Démocratique du Congo est debout“. Curieusement, c’est sur cette affirmation que se focalisent tous ceux qui, à partir des événements d’Irengeti, se réjouissent de voir le contraire se produire. Là, on est loin du débat sur la Constitution.

                Il est simplement à craindre que l’on rentre dans le fameux agenda caché de la balkanisation.

                           

    Omer Nsongo die Lema 

  • Trois immeubles de Diomi Ndongala “confisqués”, son avocat dénonce “l’instrumentalisation de la justice”

    Trois immeubles de Diomi Ndongala “confisqués”, son avocat dénonce “l’instrumentalisation de la justice”

    diomi_ndongala_opposition_congo-Dans une affaire qui l’oppose à la Banque internationale pour l’Afrique au Congo (Biac), Diomi Ndongala a vu vendredi trois de ses immeubles de Kinshasa être saisis par la justice. Une “expropriation” qui vise à “anéantir” l’opposant politique, selon son avocat.

    Décidément, la justice n’en a pas fini avec Eugène Diomi Ndongala. Elle a ordonné, le 24 octobre, le déguerpissement de tous les occupants de trois des immeubles appartenant à l’opposant politique congolais à Kinshasa. Conséquence de l’insolvabilité d’un prêt non remboursé à la Banque internationale pour l’Afrique au Congo (Biac), selon des sources judiciaires.

    À en croire Me Georges Kapiamba, avocat de Diomi Ndongala, il s’agirait d’une “vielle affaire” remise à jour pour nuire un adversaire politique. Son client aurait “garanti le remboursement d’un prêt consenti par la banque [Biac] à une société qui avait signé un contrat de production de ciment avec la Cimenterie nationale (Cinat) de Kimpese, dans le Bas-Congo”.

    “Au bout de quelques mois, assure l’avocat, une première tranche du prêt – quelques 700 000 dollars américains – a été remboursée à la banque”. Quant aux 900 000 dollars restants (600 000 dollars du prêt et 300 000 dus aux intérêts), le remboursement n’a jamais eu lieu. “Entre temps, le gouvernement avait donné ordre à la Cinat de suspendre le contrat avec la société dont Diomi Ndongala s’était porté garant”, tente de justifier Me Georges Kapiamba.

    Démocratie chrétienne dans la rue

    Pour lui, “avec cette expropriation, le régime en place à Kinshasa ne cherche qu’anéantir l‘opposant Diomi Ndongala” qui a été condamné fin mars à 10 ans de prison dans une affaire de viol sur mineures. Son parti, Démocratie chrétienne (DC) est également touché par cette décision judiciaire puisque son siège se trouvait dans l’un des immeubles concernés. “Même des biens des particuliers qui louent des appartements dans ces immeubles ont été confisqués alors qu’aucun avertissement de déguerpissement ne leur a été notifié”, ajoute Me Georges Kapiamba.

    L’avocat de l’opposant congolais considère que ce nouveau coup dur porté contre son client n’est que “la conséquence de la plainte que Diomi Ndongala a récemment déposé auprès du comité des droits de l’homme des Nations unies contre la RDC”. Il assure par ailleurs que “dès la semaine prochaine”, la défense compte attaquer la décision de la justice congolaise et les actionnaires de la Biac auprès des instances internationales.
    Jeuneafrique.