Author: Don Kayembe

  • Apres le Burkina faso, le Bénin emboîte le pas

    Apres le Burkina faso, le Bénin emboîte le pas

    benin-La «Marche pour la survie de la démocratie» est le nom choisi par l’opposition béninoise pour exprimer son ras-le-bol face au président Yayi Boni.

    La protesta des Burkinabés contre Blaise Compaoré a généré une puissante onde de choc qui commence à faire trembler plusieurs dirigeants ouest africains. Le constat vaut surtout pour tous ceux qui n’ont pas caché leur envie de passer le restant de leurs jours au pouvoir. Le premier à en faire les frais est le président béninois Yayi Boni qui est au pouvoir depuis 2006. Prenant exemple sur les Burkinabés, l’opposition et la société civile béninoises ont massivement manifesté hier dans les rues de Cotonou pour réclamer «la tenue d’élections locales libres et transparentes».

    Le président Yayi Boni s’était pourtant prononcé pour un départ au terme de son second mandat. Une décision qui aurait dû satisfaire son peuple. Seulement, les élections locales ne s’étant pas déroulées à la date prévue, la classe politique béninoise a commencé à s’interroger légitimement sur les vraies intentions de Yayi Boni. Surtout qu’il s’était engagé à organiser, d’ici la fin de cette année, les scrutins qui devaient avoir lieu en… 2013.

    En effet, les élections communales et locales ont été officiellement reportées sine die. L’annonce a été faite au début du mois d’octobre après une rencontre entre le chef de l’Etat et les présidents des institutions de la République. Si personne n’avait été surpris, les Béninois s’interrogent en revanche, aujourd’hui, sur le sort de la prochaine présidentielle et des législatives. Surtout que l’actualisation de la liste électorale permanente informatisée, indispensable pour voter, piétine toujours. D’où d’ailleurs le mécontentement actuel. La «Marche pour la survie de la démocratie» est donc le nom choisi par les protestataires pour exprimer leur ras-le-bol face à ce blocage intégral.

    La protesta est menée par une trentaine de partis d’opposition, de syndicats et d’organisations de la société civile. Ses représentants ont été reçus, lundi soir, par le ministre chargé des Relations avec les institutions, en présence de ceux de l’Intérieur et de la Défense. Une tentative, sans doute, pour dissuader l’opposition de mettre à exécution sa menace de grève. De son côté, celle-ci compte sur cette démonstration de force pour contraindre le pouvoir béninois à ouvrir un dialogue sur des propositions concrètes. Mais d’après eux, «il n’y a eu, jusqu’à présent, que des manœuvres dilatoires».

    Au Burkina, Compaoré est dos au mur

    Au Burkina, le président Blaise Compaoré est pratiquement dos au mur. Plusieurs milliers de Burkinabès ont une nouvelle fois manifesté, hier, dans le calme à Ouagadougou contre son projet de révision constitutionnelle permettant son maintien au pouvoir. Très controversé, le texte doit être examiné aujourd’hui par l’Assemblée. Mardi, des centaines de milliers de personnes – un million, selon l’opposition – ont, rappelle-t-on, défilé à l’appel du camp anti-Compaoré contre ce que les opposants nomment un «coup d’Etat constitutionnel» du chef de l’Etat, au pouvoir depuis 1987.

    La mobilisation, d’une ampleur rare en Afrique subsaharienne, s’est achevée par des incidents violents. Plusieurs centaines de manifestants, munis de barres de fer et de pierres, se sont opposés, durant plus de trois heures, aux forces de l’ordre, avant que police et gendarmerie ne fassent évacuer les lieux. L’Assemblée nationale burkinabée examinera aujourd’hui un projet de loi gouvernemental visant à modifier la Loi fondamentale pour faire passer de deux à trois le nombre maximum de quinquennats présidentiels. Ce changement permettrait à M.

    Compaoré, arrivé aux affaires par un putsch et qui devrait achever l’an prochain son dernier mandat, après deux septennats (1992-2005) et deux quinquennats (2005-2015), de concourir à nouveau pour la présidentielle. Pour justifier une telle révision, ses partisans invoquent le respect de la loi et de la volonté du peuple. L’opposition craint que ce changement constitutionnel, qui ne devrait pas être rétroactif, conduise le chef de l’Etat, déjà élu quatre fois avec des scores à la soviétique, à accomplir non pas un mais trois mandats supplémentaires, lui garantissant 15 années de plus au pouvoir.

    Avec le ralliement, samedi, de la troisième force politique à l’Assemblée, la majorité pourrait disposer du nombre de députés nécessaire – trois quarts de l’hémicycle, soit 96 parlementaires sur 127 – pour entériner directement la loi, sans passer par un référendum comme annoncé initialement. Mais ça se ferait à quel prix ? Une chose est sûre, Compaoré ne peut plus compter, autant qu’avant, sur ses traditionnels soutiens occidentaux. L’allusion est bien évidemment faite aux Américains et aux Français. Désormais, Washington et Paris le considèrent comme un cas difficilement défendable. Les déclarations faites par les uns et les autres, hier, le prouvent d’ailleurs assez.

    Zine Cherfaoui- ( el Watan)

  • Lettre de François Hollande, mettait en garde Blaise Compaor

    Lettre de François Hollande, mettait en garde Blaise Compaor

    francois-blaise-Dans une lettre datée du 7 octobre, le chef de l’État français, François Hollande, mettait en garde Blaise Compaoré. Il lui expliquait comment le Burkina pourrait “être un exemple” s’il évitait “les risques d’un changement non-consensuel de Constitution”. Jeune Afrique en a obtenu copie en exclusivité.

    Transcription de la lettre envoyée le 7 octobre par François Hollande à Blaise Compaoré

    “Monsieur le Président, cher Blaise,

    Votre courrier du 22 septembre dernier confirme l’engagement du Burkina Faso en faveur du rétablissement de la stabilité au Mali et votre soutien au dialogue mené à Alger. Je tiens à vous en remercier, car je sais à quel point vous avez toujours œuvré en faveur du règlement de la crise malienne.

    Les négociations inter-maliennes qui se déroulent à Alger devraient aboutir, nous l’espérons, à un accord de paix entre le gouvernement et les groupes armés. Il importe avant tout que cet accord, respectueux de l’unité et de l’intégrité territoriale du pays et de sa laïcité, puisse permettre au Mali d’en sortir plus fort, de jouir d’une cohésion nationale renforcée et de voir toutes les régions du pays d’avoir un accès égal au développement et à la sécurité.

    Il importe également que cet accord soit solide et durable. La région et la communauté internationale auront là un rôle à jouer, pour appuyer, suivre et contrôler l’application de l’accord à venir. Un dispositif de suivi, où la Cedeao aurait toute sa place, sera utile. Le processus de démobilisation et de réintégration des combattants, dans les conditions qui seront décidées lors des négociations, devra être suivi tout particulièrement.

    Dans l’attente d’une issue heureuse des négociations d’Alger, la contribution des voisins du Mali à la Minusma est indispensable, notamment en ce qui concerne la sécurisation des zones où l’armée malienne n’est plus présente depuis les événements de Kidal. L’engagement du contingent burkinabè et sa connaissance du terrain est précieux.

    Il est important pour le Mali et pour l’ensemble de la région de consolider ses institutions et d’aller encore plus loin en matière de gouvernance et de démocratie. À cet égard, le Burkina Faso pourrait être un exemple pour la région si, dans les mois qui viennent, il avançait lui aussi dans cette direction en évitant les risques d’un changement non consensuel de Constitution. Vous pourriez alors compter sur la France pour vous soutenir, si vous souhaitez mettre votre expérience et vos talents à la disposition de la communauté internationale.

    En vous remerciant de nouveau pour votre engagement en faveur de la paix et de la sécurité au Mali, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’assurance de ma très haute considération.

    Bien à toi,

    François Hollande”
     

    Fac-similé de la lettre envoyée par François Hollande à Blaise Compaoré

    Jeuneafrique

  • BURKINA FASO | Blaise Compaoré : « Je n’ai jamais rêvé du pouvoir, et je ne m’y accrocherai pas »

    BURKINA FASO | Blaise Compaoré : « Je n’ai jamais rêvé du pouvoir, et je ne m’y accrocherai pas »

    « Quand on a le courage de dire: « Tuez-le ! » Il faut avoir le courage de dire: « C’est moi, qui ai dit de le tuez! » disait Norbert Zongo. A la lecture de ce qui suit, vous verrez pourquoi Blaise Compaoré est un individu lâche et un véritable mythomane. Lisons!

    Se souvient-il de ce qu’il avait dit il y a 27 ans ? Après le coup d’Etat du 15 octobre 1987, Blaise Compaoré avait affirmé qu’il n’avait pas l’intention de s’accrocher au pouvoir. Mais trois décennies plus tard, il est toujours dans le gros fauteuil de président du Faso. Il a même l’intention de s’accrocher davantage au pouvoir en faisant sauter le verrou de la limitation des mandats présidentiels. Combien d’années passera-t-il finalement au pouvoir? Voici ce qu’il avait dit à Jeune Afrique (N° 1400 du 4 novembre 1987), peu après son accession au pouvoir.

    Jeune Afrique (JA) : Vous avez désormais sur la conscience, et sans doute pour toute votre vie, la mort de votre meilleur ami, Thomas Sankara…

    Capitaine Blaise Compaoré

    Blaise Compaoré (BC) : J’aurai pu l’avoir sur la conscience si j’avais ordonné de l’abattre. Or, ce n’est pas le cas. C’est pour avoir voulu nous liquider, Jean-Baptiste Lingani, Henri Zongo et moi, qu’il s’est fait abattre par des soldats qui me sont fidèles.

    JA : Maintenant qu’il est mort, vous ne risquez pas d’être contredit ?

    BC : Il est mort et c’est bien dommage, en effet. Nous, les Africains, nous sommes très sensibles à la mort. C’est d’ailleurs pourquoi même ceux qui pouvaient le détester affichent une certaine consternation. Je suis moi-même très triste, parce que la mort de Thomas n’était pas la condition sine qua non pour régler les sérieux problèmes qui se posaient à notre Révolution.

    JA : Alors, qui l’a tué et pourquoi ?

    BC : Les soldats qui partaient pour l’arrêter ont été obligés de faire usage de leurs armes lorsque Thomas et sa garde personnelle ont ouvert le feu sur eux.

     JA : Qui a ordonné de l’arrêter ?

    BC : Les soldats ont pris eux-mêmes cette initiative, quand ils ont été contactés pour participer à notre arrestation et à notre élimination.

    JA: Dans votre armée, n’importe quel militaire peut ainsi décider d’arrêter le chef de l’État, sans y avoir été invité par ses supérieurs ?

    BC : Ils m’ont expliqué, après le drame, qu’ils savaient que je n’aurais pas accepté de faire arrêter Thomas s’ils venaient m’annoncer que celui-ci préparait notre assassinat, à 20h ce jeudi 15 octobre.

    JA : Pourquoi ?

    BC : Connaissant mon amitié pour lui, ils savent que je n’aurais pas pris une telle décision sans preuves des projets du Président.

    JA: Quelles preuves avez-vous aujourd’hui pour excuser la dramatique initiative de vos soldats ?

    BC : Lorsque je suis arrivé au Conseil de l’Entente après la fusillade et que j’ai vu le corps de Thomas à terre, j’ai failli avoir une réaction très violente contre ses auteurs. Cela aurait sans doute été un carnage monstre dont je ne serais certainement pas sorti vivant. Mais quand les soldats m’ont fourni les détails de l’affaire, j’ai été découragé, dégoûté. Je suis resté prostré pendant au moins vingt-quatre heures. De plus, j’étais malade et dans mon lit quand les coups de feu m’ont réveillé.
    (…)

    JA : Quelle garantie pouvez-vous donner aujourd’hui à vos compatriotes pour les convaincre que vous n’avez pas éliminé Sankara juste pour la soif du pouvoir?

    BC : Pas moi ! J’ai personnellement participé à deux coups d’Etat pour remettre aussitôt le pouvoir à un autre. Je n’ai jamais rêvé du pouvoir, et je ne m’y accrocherai pas. Ce sont les camarades qui décideront. Pour le reste, je fais confiance à notre peuple.

    Source : Courrier confidentiel N° 60

    Pensée Du Jour

    « Mieux vaut briser sa jambe que briser sa parole. » Proverbe touareg

  • Burkina Fasao- en direct:François Compaoré a été arrêté à l’aéroport de Ouagadougou

    Burkina Fasao- en direct:François Compaoré a été arrêté à l’aéroport de Ouagadougou

    burkina faso-Les députés burkinabè devaient voter ce jeudi, à partir de 10 heures (heure locale), le projet de loi sur la modification de la Constitution, qui permettrait à Blaise Compaoré de se présenter à la présidentielle de 2015. Ils en ont été empêchés par des manifestants qui ont forcé l’enceinte de l’Assemblée nationale. Suivez les événements en direct.

    C’est une journée sous haute tension qui a commencé au Burkina. Jeudi 30 octobre, les 127 députés de l’Assemblée nationale doivent se prononcer, à partir de 10h heure locale, sur le projet gouvernemental de révision de la Constitution. Objectif : modifier l’article 37 de la Loi fondamentale qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels, et ainsi permettre au président Blaise Compaoré, au pouvoir depuis 27 ans, de se présenter à nouveau en 2015.

    Après une vaste manifestation qui a rassemblé plusieurs centaines de milliers de personnes, mardi, à Ouagadougou, de nombreux opposants à ce projet de modification entouraient jeudi les alentours de l’Assemblée nationale, totalement bouclés par les forces de sécurité. En début de matinée, des manifestants ont pris d’assaut l’hémicycle, poussant les forces de sécurité à exfiltrer les députés. Suivez l’évolution des évènement en direct.

     

    SUIVEZ LES ÉVÉNEMENTS EN DIRECT

    (Rafraîchissez la page pour afficher les nouvelles informations)

     

    14h50 – Le chef d’état-major général, le général Honoré Nabéré Traoré, devrait s’exprimer à 14 h (heure locale).

    14h40 – Zephirin Diabré, Rock Marc Christian Kaboré et Ablassé Ouédraogo se sont entretenus avec le Mogho Naba, roi d’Ouagadougou.

    14h30 – Tous les vols au départ et à l’arrivée de l’aéroport de Ouagadougou sont annulés.

    14h15 – Les États-Unis se disent “très inquiets de la situation”.

    14h05 – La France appelle au calme et demande à toutes les parties de faire preuve de retenue

    14h00 – Selon un habitant du quartier, le domicile du président de l’Assemblée nationale, Soungalo Appolinaire, vient d’être pillé.

    13h45 – François Compaoré a été arrêté à l’aéroport de Ouagadougou

    13h40 – Le général à la retraite Kouamé Lougué est présent place de la Nation en tenue militaire. Les manifestants attendent qu’il s’exprime.

    13h35 – Plusieurs ressortissants français, joints par Jeune Afrique, démentent l’information selon laquelle la France regroupe actuellement ses ressortissants à son ambassade de Ouagadougou.

    13h30 – Selon plusieurs sources, des militaires sortent du camp Guillaume Ouédraogo, situé place de la Nation, pour rallier les manifestants.

    13h25 – Dans un nouveau communiqué, Zéphirin Diabré déclare : “Une dizaine de morts jonchent les rues. (…) Nous demandons la démission pure et simple du pdt Compaoré.”

    13h19 – C’est au tour de Blaise Compaoré de s’exprimer sur son compte Twitter. Le président y “lance un appel au calme et la sérénité” à ses compatriotes burkinabè.

    13h12 – “Nous nous opposons totalement à un coup d’État au Burkina. Notre État doit rester démocratique”, affirme Zéphirin Diabré, le chef de file de l’opposition, sur son compte Twitter.

    13h00 – À Banfora, c’est la maison du porte-parole du gouvernement, Alain Édouard Traoré, qui a été saccagée par les manifestants.

    12h45 – Le domicile de François Compaoré, frère cadet du président Compaoré, a aussi été saccagé par les manifestants.

    12h41 – Boukari Le Lion, ancien bras droit de Thomas Sankara, annonce “la fin du régime de Compaoré” à la radio nationale tenue par les manifestants.

    12h36 – Selon Bénéwendé Stanislas Sankara, un des leaders de l’opposition, le président Blaise Compaoré doit “tirer les conséquences” de l’assaut contre l’Assemblée nationale à Ouagadougou.”Le peuple a montré qu’il est un peuple volontaire et intègre”, a observé Me Sankara, qui avait personnellement appelé la population burkinabè à “marcher sur le Parlement” jeudi.

    12h31 – Selon une source diplomatique à Ouadadougou, “la majorité des manifestants a quitté le centre-ville” pour se diriger vers le palais présidentiel de Kosyam.

    12h19 – L’AFP annonce qu’un homme a été tué par balles à Ouagadougou.

    12h17 – Des manifestants se rapprochent du palais présidentiel de Kosyam.

    12h14 – Le site burkinabè Lefaso.net annonce que la mairie de la ville de Bobo-Dioulasso a été saccagée par des manifestants.

    11h54 – Dans un communiqué publié sur son site, le gouvernement informe “l’ensemble des populations de l’annulation de l’examen du projet de loi portant révision de la Constitution” et appelle “les populations au calme et à la retenue”.

    11h50 – Les manifestants se regroupent sur la place de la Révolution. Les forces de sécurité ont fui la plupart des grands axes de la capitale.

    11h38 – La radiotélévision nationale, envahie par des manifestants, a cessé d’émettre.

    11h32 – Le cabinet de la présidence tient actuellement une réunion de crise au palais de Kosyam.

    11h26 – Selon plusieurs témoins, le siège du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), le parti de Blaise Compaoré, a aussi été saccagé par des manifestants.

    11h17 – Des manifestants vont et viennent dans le siège de la radio télévision nationale.

    11h12 – Les militaires ont dégagé l’avenue de l’Indépendance, laissant les manifestants libres de leurs mouvements.

    11h09 – Selon un député interrogé par Jeune Afrique, “les militaires laissent faire les manifestants”.

    11h06 – Les députés ont été exfiltrés de l’Assemblée et ont été emmenés à la direction de la Police nationale. Des manifestants se dirigent vers la radio télévision nationale.

    11h01 – Une fumée noire monte s’élève au-dessus de l’Assemblée nationale.

    10h59 – D’après l’un d’entre eux, contacté par Jeune Afrique, des manifestants se dirigent vers la Primature.

    10h57 – Selon plusieurs témoins, des manifestants sont entrés dans l’Assemblé nationale. Un début d’incendie a été signalé.

    Jeuneafrique

  • Joseph Kabila à Béni: le convoi passe, la déception demeure

    Joseph Kabila à Béni: le convoi passe, la déception demeure

    beni-Très attendu depuis plusieurs jours à Béni, dans l’est du pays, le président congolais Joseph Kabila est finalement arrivé sur place mercredi 29 octobre, à la mi-journée. Des centaines de personnes étaient venues accueillir le chef de l’Etat sur le principal rond-point de la ville pensant qu’il allait s’exprimer. Mais Joseph Kabila passa son chemin.

    Le groupe de musique est en place. Les habitants de Béni aussi. Depuis des heures, ils attendent l’arrivée de leur président, comme Rachel, lycéenne : « Il vient ici pour nous réconforter. »

    Du réconfort, il leur en faut. Ces dernières semaines, Béni a été de nouveau secouée par des attaques sanglantes. Résultat, chacun a le mot sécurité à la bouche. « Nous sommes délaissés. Il faut qu’il résolve quelques problèmes, surtout de sécurité », témoigne Simon, enseignant.

    En quinze jours, 82 personnes ont été massacrées à la machette. Auparavant, il y avait eu de nouvelles salves de tirs à la sortie de Béni. Des membres du gouvernement sont sur place depuis plusieurs jours. Mais pour Stéphane, laborantin, les mesures concrètes se font trop attendre : « On entend parler de réunion chaque jour. Certains groupes de poiticiens sont partis quelque part. On attend des solutions, mais on n’en voit pas. Il n’y a que des epxressions, depuis des décennies. Il n’y a rien de palpable dans notre pays. »

    Au final, la déception domine. Jospeh Kabila ne parlera pas à la foule qui l’attend, son cortège passe à toute allure. Alain est désabusé : « Ca fait belle lurette que nous sommes tués. Vous savez combien de personnes sont mortes au Nord-Kivu ? Pourquoi ? Nous sommes fatigués de ce gouvernement en place. Le peuple congolais est totalement fatigué, jusquà la moelle épinière. »

    Sentiment d’abandon

    Il faut dire que la sécurité n’a cessé de se dégrader ces dernières semaines dans la zone de Béni. Dans la nuit de mardi à mercredi, des échanges de tirs nourris ont eu lieu à l’entrée de la ville sans qu’aucun assaillant n’ai pu être attrappé. Résultat, la population s’inquiète et s’impatiente. La nuit, les hommes s’organisent. Ils font des feus pour se protéger. Reportage à Mavivi, à la sortie de Béni.

    Les gens ne dorment plus à cause des massacres. La Monusco ne nous protège plus. Ils passent seulement sur la route, ne peuvent même pas passer dans les quartiers.
    rfi
  • Burkina Faso-En direct: violents combats devant le palais présidentiel burkinabè

    Burkina Faso-En direct: violents combats devant le palais présidentiel burkinabè

    BURKINA-Le Burkina Faso est en ébullition. Ce jeudi 30 octobre au matin, les députés burkinabè devaient examiner le projet de loi portant sur la révision de la Constitution permettant une nouvelle candidature du président Blaise Compaoré après 2015. Un projet largement contesté. Avant le début de la séance, des manifestants ont réussi à pénétrer dans l’enceinte du Parlement. Depuis le mouvement de colère a pris de l’ampleur et de violents combats ont lieu près de la présidence.

    Les heures sont données en temps universel

    13h15 : la France appelle au calme et à la retenue au Burkina Faso alors que les Etats-Unis font part de leur inquiétude.

    12h55 : Tweet de Zéphirin Diabré, l’un des chefs de file de l’opposition : « Nous ne cautionnons pas la prise du pouvoir par la force. Nous voulons juste le respect de la démocratie ».

    12h43 : Selon l’envoyé spécial de RFI à Ouagadougou, Frédéric Garat, le frère du président, François Compaoré a été arrêté à l’aéroport.

    12h40 : Sur RFI, Bruno Kafondo, député UPC, parti d’opposition, raconte lorsque les manifestants sont rentrés ce matin dans l’Assemblée : « On attendait tranquillement en échangeant les uns avec les autres. Et à un moment, les députés qui étaient de la majorité ont commencé à filer de l’Assemblée. Ils venaient d’avoir l’information que des gens étaient en train de défoncer les portes de l’Assemblée nationale. Ils sont arrivés en masse. Ils ont défoncé la balustrade centrale. Et compte tenu du fait que nous sommes des députés de l’opposition et que moi-même je suis d’un certain âge, ils ont dit « tonton il n’y a pas de problèmes venez » et ils m’ont conduit plus loin ».

    12h35 : Une question est sur toutes les lèvres : où est le président Compaoré ? Des informations contradictoires circulent alors que la foule tente toujours d’entrer à la présidence.

    12h30 : En direct sur l’antenne de RFI, le correspondant à Ouagadougou fait le point sur la situation : « Les manifestants sont déterminés. Ils tentent depuis près de deux heures d’entrer dans le palais présidentiel. Il y a encore des tirs ».

    12h30 : une réunion serait en cours entre les responsables militaires et l’empereur des Mossi, l’ethnie majoritaire du pays.

    12h25 : Selon un journaliste burkinabè contacté par RFI, il y a des tirs près du quartier des 1 200 logements où il y a eu un mort. Plusieurs chars ont tiré en l’air dans le quartier Ouaga 2 000 près du palais présidentiel.

    12h23 : La France regroupe ses ressortissants à son ambassade de Ouagadougou.

    12h20 : Zéphirin Diabré, l’un des chefs de file de l’opposition, appelle à la démission du président Blaise Compaoré.

    12h00 : Autour du palais présidentiel, le face-à-face entre les forces de l’ordre et les manifestants dure depuis une heure, selon notre correspondant à Ouagadougou, Yaya Boudani.

    11h50 : Un habitant de Bobo Dioulaso, contacté par RFI, confirme la situation tendue dans la ville. Des manifestations ont commencé ce matin de manière dispersée avant que des incendies n’éclatent au siège du parti au pouvoir, à la mairie et à plusieurs domiciles de responsables politiques.

    11h45 : Le site d’information Burkina24 témoigne d’une situation confuse à Bobo Dioulasso, la deuxième plus grande ville du pays.

    11h36 : Selon plusieurs témoignages circulant sur les réseaux sociaux, des manifestants auraient tenté d’envahir le domicile du frère du président Compaoré. Les forces de l’ordre auraient alors tiré dans la foule. Aucun bilan n’est encore disponible.

    11h30 : Pour l’un des leaders de l’opposition, Bénéwendé Sankara, le président Compaoré doit « tirer les conséquences » de l’assaut contre l’Assemblée à Ouagadougou.

    11h17 : Selon un journaliste de l’AFP, il y aurait un mort parmi les manifestants. Depuis quelques minutes, une information similaire circulait sur les réseaux sociaux évoquant un décès par balle dans le quartier des 1 200 logements.

    11h10 : Selon des témoins sur place, des flammes s’échappent du bâtiment de l’Assemblée nationale, saccagé plus tôt dans la matinée par les manifestants.

    11h00 : Frédéric Garat, envoyé spécial de RFI à Ouagadougou, évoque le saccage de l’hôtel Azalaï Indépendance par les manifestants. Désormais, les protestataires se regroupent vers le centre-ville.

    10h50 : Dans un communiqué officiel, le gouvernement du Burkina Faso appelle au calme et à la retenue.

    10h45 : Interrogé par RFI, le porte-parole du gouvernement, Alain-Edouard Traoré confirme l’annulation du vote du projet de loi. Un vote qui devait avoir lieu ce jeudi. Mais il ne donne aucune information sur une possible annulation du projet de loi portant sur la modification de la Constitution.

    10h35 : Pour Ablassé Ouédraogo, député de l’opposition, la situation est grave : « Nous n’étions pas encore dans l’hémicycle quand l’Assemblée a été prise d’assaut. Le Burkina Faso est en train de sombrer dans le chaos. Ce n’est pas organisé et tout peut arriver. Si on nous avait écoutés, on aurait pu éviter tout cela ».

    10h25: Selon le site d’information Burkina24, les locaux de la RTB-télé ont été saccagés par les manifestants et celle-ci a cessé d’émettre.

    10h: La situation est extrêmement tendue devant l’Assemble nationale qui est toute enfumée. Depuis ce matin, les manifestants avaient tenté par tous les moyens d’y accéder et finalement vers 09h30 TU, ils ont réussi à pénétrer à l’intérieur de l’hémicycle. Les députés sont parvenus à s’échapper par une porte de secours se situant derrière le bâtiment du Parlement.

    Sur place, les manifestants ont tout saccagé et incendié des véhicules avant de se diriger vers la télévision nationale du Burkina Faso où ils entendent faire une déclaration. Aux alentours du Parlement, il y a toujours des détonations et certains protestataires affrontent toujours les forces de l’ordre.

    Les forces de sécurité du Faso, la force d’élite, ont d’abord tiré en l’air pour essayer de disperser les manifestants, mais face à leur détermination, le service de sécurité présidentielle a libéré le passage. Maintenant, ces forces de l’ordre sont du côté de la télévision nationale pour protéger le bâtiment.

    Actuellement, les manifestants se sont dispersés dans la ville en scandant « Libérez Kossyam », du nom du palais présidentiel. Smokey, l’un des chefs de file du Balai citoyen, estime qu’en empêchant le vote, l’objectif du jour est atteint et n’encourage pas les manifestants à se diriger vers le palais présidentiel.

    Le vote de ce projet de loi controversé n’a donc pas eu lieu ce matin

    RFI

  • Africa Stop Ebola : des artistes africains se mobilisent contre Ebola

    Africa Stop Ebola : des artistes africains se mobilisent contre Ebola

    Ebola Artiste-Plusieurs artistes africains de renommée internationale ont uni leurs voix dans la chanson “Africa Stop Ebola” afin de sensibiliser les populations locales aux risques de propagation du virus.

    “Ebola, ce n’est pas bon, allez voir le médecin”. Dans une chanson pédagogique intitulée “Africa Stop Ebola”, de célèbres artistes africains, tels que les Maliens Amadou et Mariam, Salif Keita, le Guinéen Mory Kanté ou encore l’Ivoirien Tiken Jah Fakoly, diffusent leurs conseils en chanson pour sensibiliser les populations locales sur la façon “d’arrêter la propagation du virus” en Afrique, selon un communiqué du collectif.

     

     

     

    La chanson a été enregistrée en deux versions : l’une entièrement en français et l’autre avec des couplets utilisant les “langues vernaculaires des régions concernées en Afrique” (malinké, lingala, bambara, soussou) pour “s’assurer que le message soit entendu quel que soit le niveau d’alphabétisation et d’éducation de la population”. Le titre sera notamment distribué aux stations de radio à travers le continent.

    Une chanson pédagogique

    La chanson, qui se veut avant tout pédagogique, incite notamment à faire confiance aux services de santé, avec des paroles come : “Dès que vous avez les symptômes, envoyez chercher les médecins”. Elle rappelle aussi des messages d’hygiène comme “Lavez-vous régulièrement les mains et évitez de serrer la main d’autrui” ou “Ne touchons pas nos malades, ne touchons pas nos mourants”.

    Les chanteurs clament un message positif – “Ebola (…), nous te vaincrons” – et rappellent que “l’Afrique a besoin du vaccin pour se soigner”.

     

    La fièvre hémorragique Ebola a dépassé la barre des 10 000 cas, avec 4 922 morts, selon le dernier bilan publié samedi 25 octobre par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Sur les huit pays touchés, les trois les plus fortement atteints sont la Guinée, le Liberia et la Sierra Leone.

    (Avec AFP)

    Jeuneafrique.

  • Arrivée du président Kabila à Beni, théâtre d’un récent massacre

    Arrivée du président Kabila à Beni, théâtre d’un récent massacre

    KABILA A BENI-Le président congolais Joseph Kabila est arrivé mercredi après-midi à Beni, important carrefour commercial de l’est de la République démocratique du Congo et théâtre de récents massacres attribués à des rebelles ougandais.

    Le chef de l’Etat a été accueilli à sa descente d’avion par des membres du gouvernement national et de celui de l’instable province du Nord-Kivu, ainsi que par de nombreux militants, a constaté un photographe de l’AFP.

    En octobre, en moins de quinze jours, des rebelles ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF) sont accusés d’avoir massacré environ 80 civils dans la région, dont une trentaine à Beni, chef-lieu du territoire de Beni, situé dans l’extrême nord-est du Nord-Kivu, en dépit de la présence de l’armée congolaise et de la mission de l’ONU dans le pays (Monusco).

    “Les dispositions trainent à venir pour prendre en charge les rescapés des massacres, et on a observé un relâchement des opérations militaires contre les ADF depuis juillet. On attend du président qu’il les relance”, a confié Teddy Kataliko, président de la Société civile de Beni.

    M. Kabila ne s’est encore jamais exprimé sur les tueries.

    Des présumés membres de l’ADF ont encore attaqué dans la nuit de mardi une position de l’armée à Mayi-Moya, à une quarantaine de kilomètres au nord de Beni. Un soldat congolais et un combattant de l’ADF ont été tués, selon une source officielle et M. Kataliko.

    – colère contre l’ONU –

    Une autre attaque a ciblé “presque simultanément”, et sans faire de victime, une station d’essence à Ngadi, à quelque 10 kilomètres de Beni, a ajouté la source officielle. La Société civile de Beni a pour sa part indiqué que l’attaque avait fait deux morts: un “militaire” et un rebelle “ADF”.

    Ces attaques sont-elles liées à la venue du président, qui était attendue depuis plusieurs jours ? Le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku, actuellement à Beni, en doute. “Ce sont des actions terroristes pour montrer qu’ils (les ADF) sont toujours là, pour (…) défier les FARDC (armée congolaise) et la Monusco.”

    Plus encore, il les accuse de vouloir “briser le mariage entre les FARDC et la population, et (celui) entre la population et la Monusco en démontrant que toutes les forces en présence sont incapables” de les protéger.

    La semaine dernière, à la suite des massacres, la Monusco a été la cible de manifestations violentes dans le territoire de Beni. Le 21 octobre à Mbau, à 25 kilomètres au nord de Beni, deux personnes auraient été tuées par balle lors de l’une d’elles. La Monusco, qui n’a pas confirmé le bilan mais promis une enquête.

    La foule en colère demandait le départ de la Mission, qui dispose d’un mandat renforcé et de quelque 20.000 hommes, essentiellement déployés dans l’est, pour neutraliser les dizaines de groupes armés locaux et étrangers qui y sévissent depuis parfois deux décennies.

    “Nous engageons des hélicoptères depuis plusieurs jours et maintenant de façon intensive, en particulier la nuit. Le but est la recherche et la neutralisation des ADF. Nous le faisons (…) en opérant avec les FARDC”, a expliqué à l’AFP un haut responsable de la Monusco.

    Opposée au président ougandais Yoweri Museveni, l’ADF est active depuis 1995 dans une région montagneuse du territoire de Beni. Elle s’y livre à de lucratifs trafic, notamment de bois, et commet de graves exactions (meurtres, enrôlement d’enfants, pillages…) contre les civils.

    Depuis janvier, l’armée et la Monusco ont lancé plusieurs attaques contre l’ADF, qui en est sortie affaiblie mais reste toujours nuisible.

    AFP

  • La CPI rejette la demande de Laurent Gbagbo d’assister aux obsèques de sa mère

    La CPI rejette la demande de Laurent Gbagbo d’assister aux obsèques de sa mère

    laurent-gbagbo-La Chambre de première instance de la Cour pénale internationale (CPI) a rendu sa décision, mercredi : Laurent Gbagbo ne sera pas autorisé à assister aux funérailles de sa mère en Côte d’Ivoire. Une décision attendue.

    La décision de la CPI ne surprendra personne, tant un retour de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire présente un risque pour la stabilité du pays. “Le 29 octobre 2014, après avoir examiné les arguments de la défense, du gouvernement de la Côte d’Ivoire, du greffe, du Procureur et du représentant légal des victimes, la Chambre de première instance a rejeté la demande de la Défense de mise en liberté de M. Gbagbo pour une période d’au moins trois jours […] afin d’organiser et assister aux funérailles de sa mère”, a-t-on appris, via un communiqué de l’instance internationale.

    Le document ajoute : “Bien que la Chambre ait considéré que la demande de M. Gbagbo d’être transféré en Côte d’Ivoire afin d’organiser les funérailles de sa mère constituait des circonstances humanitaires, les juges ne sont pas persuadés dans ces circonstances que toutes conditions spécifiques pourraient suffisamment réduire les préoccupations logistiques et de sécurité”.

    Et de conclure en justifiant son refus “dans la mesure [cela] pourrait faire courir un risque de mettre en danger la population en Côte d’Ivoire, le personnel de la Cour et M. Gbagbo lui-même”.

    La mère de Laurent Gabgo, Marguerite Gado, est décédée le 15 octobre dernier alors qu’elle rentrait de son exil au Ghana. Elle était âgée de plus de 90 ans.

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    Par Mathieu OLIVIER

    Jeuneafrique.