Author: Don Kayembe

  • Double défi de l’ONU en RDC : les groupes armés et les élections

    Double défi de l’ONU en RDC : les groupes armés et les élections

    Monuc-blinder-Il y a un an, l’armée congolaise assistée de la mission des Nations unies au Congo (Monusco) mettait fin à la rébellion du M23, ce groupe armé qui pendant un an et demi avait occupé toute une partie du Nord-Kivu. Pour les FARDC, c’était une victoire historique mais aussi pour la Monusco dont le mandat venait de se voir renforcé avec l’arrivée d’une brigade d’intervention composée de 3 000 hommes et autorisée à ouvrir le feu sur les rebelles. Aujourd’hui, la force onusienne peine à se montrer efficace contre les autres groupes armés qui sévissent dans la région et qui ces derniers jours ont fait remonter l’insécurité d’un cran.

    Après le M23 pour l’ONU, l’année 2014 devait être celle de la victoire contre les forces de libération démocratiques du Rwanda (FDLR). Mais pour Kinshasa, la priorité était autre : vaincre les ADF, ce groupe armé ougandais actif dans le nord-est du Congo depuis 20 ans.

    Refusant de s’attaquer seule aux rebelles rwandais même si son mandat l’y autorise, la Monusco a plaidé en faveur d’opérations conjointes avec l’armée congolaise. Elles n’ont jamais eu lieu, les FARDC ayant choisi de se concentrer sur un autre front et de ne pas s’attaquer aux FDLR. Pendant ce temps, d’autres groupes armés du type Nduma Defense of Congo (NDC) de Cheka Ntabo Ntaberi ou la Force de résistance patriotique de l’Ituri (FRPI) de Cobra Matata ont eu le temps de se réorganiser dans d’autres zones du Nord-Kivu comme le Walikale ou l’Ituri.

    De plus, face à des groupes armés multiples et extrêmement mobiles, la brigade d’intervention peine à suivre. Autorisés à ouvrir le feu, ses trois mille hommes ne sont pas formés aux opérations de guérillas à pied, affirme la Monusco et peinent donc à traquer des rebelles disséminés dans la forêt très dense du Nord-Kivu.

    3 000 casques bleus sous mandat offensif

    Enfin, il y a de vraies difficultés de coordination des troupes. Composée de 20 000 hommes seuls 3 000 ont le droit d’attaquer selon le mandat de l’ONU. Les 17 000 autres casques bleus ont un mandat traditionnellement plus limité. Un mandat à deux vitesses qui donne lieu à des tensions voire des incompréhensions préjudiciables à l’action sur le terrain. Le chef des opérations de maintien de la paix, Hervé Ladous, doit d’ailleurs soulever ce problème à New York auprès des pays contributeurs de troupes dans les semaines qui viennent.

    Par exemple à Béni, ces dernières semaines il n’y a pas eu de patrouille de nuit, selon les populations sur place, malgré la présence à la fois de casques bleus népalais et d’un bataillon tanzanien de la brigade d’intervention ainsi que celle de l’armée congolaise dans la zone. Une absence, qui la nuit, a facilité la tâche aux rebelles pour multiplier les massacres de civils ces derniers jours.

    L’insécurité augmente donc à l’est de la RDC alors que l’essentiel des effectifs civils et militaires de la Monusco se trouve pourtant aujourd’hui à l’Est après un déménagement qui s’est étalé sur plusieurs mois et s’est achevé en août. Cette réorientation suscite quelques inquiétudes et notamment à l’approche des échéances électorales. L’un des points les plus marquants de cette réorganisation est l’absorption de l’unité électorale par la division des affaires politiques. Concrètement, cela signifie que le nombre d’experts électoraux de la mission onusienne est passé de plus d’une centaine à 15 seulement dont deux sont encore en cours de recrutement. 15 à terme et pour tout le pays.

    Nominations controversées

    Partout où la Monusco perd en effectif, ce sont les agences onusiennes comme le PNUD, le programme des Nations unies pour le développement, qui sont censées prendre le relais. Sauf que ces dernières attendent, comme bien d’autres acteurs de la communauté internationale, que le gouvernement et la commission électorale présentent un calendrier global des élections à venir et un budget associé, ce à quoi Kinshasa se refuse pour le moment.

    Au-delà de l’observation électorale, se pose également la question des possibles répercussions du vide laissé par la mission dans les provinces de l’Ouest dont les résultats lors des précédents scrutins avaient été largement contestés. L’opposition s’inquiète de ce vide et de l’absence de regard ou même de troupes pour intervenir en cas de répression. Pour Vital Kamerhe, le président de l’Union pour la nation congolaise (UNC), les dernières nominations au sein de l’armée dans le centre et l’ouest de généraux pourtant épinglés par le groupe d’experts de l’ONU est un très mauvais signal. Il insiste : la mission onusienne doit se redéployer un minimum dans l’ouest du pays dont la situation sécuritaire se dégrade par endroits et pourrait encore d’avantage se dégrader à l’approche des élections.

    L’opposition a prévu de manifester ce lundi devant le siège de la Monusco à Kinshasa pour demander une plus grande implication dans les affaires politiques et l’organisation des élections et notamment la présidentielle en 2016.

    RFI

  • L’ONU proteste contre la RDC

    L’ONU proteste contre la RDC

    zeid_ra_ad_al-hussein-Le Haut commissaire aux droits de l’homme des Nations unies, Zeid Ra’ad Al Hussein, a déclaré qu’il regrettait et condamnait la décision du gouvernement de la RDC d’expulser son représentant dans ce pays.
    “On a demandé à Scott Campbell, mon très expérimenté et respecté représentant en RDC, de partir. Deux autres membres du personnel travaillant dans son équipe ont été sérieusement menacés. C’est inacceptable”, a déclaré Zeid dans un communiqué.
    Jeudi dernier, les autorités congolaises ont déclaré Campbell “persona grata”, après que ses services à Kinshasa ont publié un rapport dénonçant des bavures policières en RDC.
    Le document faisait état de la mort d’au moins neuf civils et de la disparition forcée d’au moins 32 autres par des agents de la Police nationale congolaise, entre novembre 2013 et février 2014.
    Zeid Ra’ad Al Hussein appelle “le gouvernement de la RDC à reconsidérer sa décision au sujet de M. Campbell, à enquêter sur les menaces et intimidations continues contre les autres membres du personnel des droits de l’homme des Nations unies, et à traduire en justice les responsables”.
    Selon les responsables de la Mission de l’ONU en RDC (MONUSCO), Scott Campbell a quitté la République démocratique du Congo vendredi, pour des vacances.

    BBC

  • “Mbata ya bakolo” : au Congo, la vie sans les “Zaïrois” de RDC

    “Mbata ya bakolo” : au Congo, la vie sans les “Zaïrois” de RDC

    CONGOLAI REFOULESComment vivre sans les “Zaïrois” ? Lancée début avril, l’opération “Mbata ya bakolo” (“La gifle des aînés” en lingala) a laissé des traces dans les grandes villes du Congo. Le dispositif devrait être prochainement renforcé à Brazza et étendu à l’ensemble des clandestins dans tout le pays.
    Président de l’association des musiciens chrétiens de Pointe-Noire, Roguel Princia estime que les églises sont devenues des “déserts” : “Certaines assemblées ont nommé pasteur au hasard dans la foule un fidèle qui ne connaît que deux ou trois versets bibliques ! Dans les marchés aussi, l’activité est en baisse. Contrairement à nous autres, Congolais, qui attendons tout de l’État, les Zaïrois, eux, créent de petits emplois.”
    Vice-président de l’association des ressortissants de RDC à Pointe-Noire, William Katanga précise : “Les porteurs, les maçons ou les menuisiers se font rares. Et certains propriétaires ont du mal à louer leurs précaires maisons en planches…” Habitant à Brazza, Estelle* observe, amusée : “Avant, ça gênait les Congolais de faire nos métiers sales de Zaïrois (balayeur, tailleur d’ongles, etc.). Aujourd’hui, ils se rendent compte que cela paye !”
    Une évolution encore timide qui, selon elle, ne suffit pas à contrer les effets négatifs des départs de ses compatriotes. “Beaucoup d’entre eux traversaient avec des produits dorénavant rares et chers. Les prix du poisson ou du poulet ont presque doublé. Ceux des produits de beauté ont triplé.”
    >> Lire L’opération Mbata ya bakolo en 10 questions
    Baisse présumée de la délinquance
    Actuel député de Poto-Poto (quartier au cœur de Brazza) du Parti congolais du travail (PCT) au pouvoir, Jean-Claude Alban Ollingo Oniangué relativise : “Les Zaïrois tenaient des restaurants pour leurs compatriotes. Quant aux commerçants, ils revendaient plus cher dans la rue des produits chinois que nous pouvons nous procurer ailleurs ! En tout cas, au niveau sécuritaire, les prostituées, les fumeurs de chanvre et les voleurs sont moins nombreux.”
    Un avis évidemment partagé par le colonel Jules Monkala Tchoumou, directeur central de la Sécurité publique et porte-parole de la police au Congo Brazzaville, sans pour autant avancer le moindre chiffre attestant de cette baisse présumée de la délinquance. Estelle, elle, trouve dangereux de tirer sur la corde xénophobe : “Une compatriote partie à Kin faire ses papiers a voulu reprendre sa place au marché. Les Congolaises s’y sont opposées, en disant que, en ordre ou pas, elles ne voulaient plus d’elle désormais ici.”
    *Le prénom a été modifié
    ________
    Emmanuel de Solère Stintzy
    350 000 retours en RDC
    Près de 350 000 Zaïrois repartis volontairement en RDC (entre 50 et 100 par semaine actuellement) et 2 000 environ, en situation irrégulière, expulsés. Tel est le bilan de “Mbata ya bakolo” (“La gifle des aînés”) communiqué en octobre par la police du Congo Brazzaville. À ce dispositif lancé début avril et toujours en cours, s’est greffée depuis juillet à Brazza “Longwa na nzéla” (“Dégage de la voie”), application d’un décret de 2011 obligeant les chauffeurs de transports publics à être des nationaux.
    Depuis fin juin et l’annonce du déploiement imminent, mais pas encore effectif, de “Mbata ya bakolo” à Pointe-Noire, Dolisie et Nkayi, plus de 15 000 Zaïrois de ces trois villes auraient, eux aussi, pris le chemin du retour. En sens inverse, 200 à 300 clandestins sont déjà revenus à Brazza, parfois au péril de leur vie. Dernièrement, 9 d’entre eux sont morts par noyade après que leur bateau a chaviré. Fin octobre, “La gifle des aînés” sera étendue à toutes les villes du pays et aux clandestins de toutes nationalités. Les contrôles à Brazza seront également à nouveau renforcés.
    Jeuneafrique

  • Ebola: L’epidemie en RDC est due a une nouvelle souche

    Ebola: L’epidemie en RDC est due a une nouvelle souche

    EBOLA-Le virus Ebola qui sévit actuellement en RDC est issu d’une nouvelle souche. C’est la conclusion d’une étude publiée dans la revue américaine The New England Journal of Medicine.
    La flambée de fièvre hémorragique apparue en août en RDC est bien indépendante de celle qui sévit à l’ouest du continent depuis le mois de mars, selon une étude publiée jeudi 16 octobre dans la revue américaine The New England Journal of Medicine.
    “Le séquençage complet du génome du virus responsable (…) confirme qu’il s’agit d’un virus de l’espèce Ebola mais il montre que la souche congolaise est différente de celle d’Afrique de l’Ouest”, explique ce document, produit par l’IRD, l’Institut Pasteur, le CNRS, le Cirmf au Gabon et l’INRB en RDC et les experts de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

    “Par ailleurs, elle apparaît très proche de celles ayant également sévi en RDC et au Gabon entre 1995 et 1997”. En effet, l’analyse du génome du virus qui a tué 49 personnes sur 70 malades en RDC depuis la fin juillet montre qu’il est identique à 99,2 % à celui d’un autre virus appartenant à l’espèce “Ebola Zaïre”, responsable d’une épidémie en 1995 à Kikwit au Zaïre.

    En revanche, il est différent de la souche du virus “Ebola Zaïre” en cause dans l’épidémie qui frappe actuellement l’Afrique de l’Ouest, malgré 96,8 % de points communs. Le foyer congolais semble aujourd’hui endigué grâce aux mesures de protection mises en œuvre par les autorités, soulignent les chercheurs. Quelque 70 cas ont été confirmés, dont 42 décès.
    (Avec agences)

     

  • Apres les massacres Beni commence a se defier des autorites

    Apres les massacres Beni commence a se defier des autorites

    fardc rumangabo-Les habitants de Beni, dans l’Est de la République démocratique du Congo, commencent à se défier des autorités locales après une succession de massacres de civils commis dans la région par des rebelles ougandais.
    “Je vous assure que toutes les mesures de sécurité sont prises. Restez calmement dans vos maisons, les autorités maîtrisent la situation”. Le message passé dimanche matin à la radio par Nyonyi Masumbuko, maire de cette ville du Nord de la province du Nord-Kivu, ne convainc guère.
    Dans le centre, quelques dizaines d’habitants ont justement déserté leur domicile des quartiers de la périphérie nord, bien souvent avec des effets personnels, sacoches, sacs à dos ou matelas.
    “Je quitte mon quartier parce qu’on y a jeté des tracts qui disaient qu’ils allaient venir y tuer les gens”, explique Solange Sekera, mère de famille de 27 ans suivie de ses trois enfants.
    “Ils” ? Les rebelles ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF), qui sèment la terreur dans les environs. En une quinzaine des jours, ces miliciens, que le gouvernement et l’armée disaient avoir quasi mis hors d’état de nuire, ont tué sauvagement environ 80 personnes.
    Ils ont même poussé l’audace jusqu’à attaquer les faubourgs de Beni, agglomération de 500. 000 habitants, fief de la tribu Nande et place commerciale importante de la région des Grands Lacs où sont cantonnés de nombreux militaires, mais personne ne les a arrêtés. Résultat : 30 personnes, hommes, femmes et enfants, tuées à l’arme blanche dans la nuit de mercredi à jeudi.
    Ni Mme Sekera ni les autres fuyards interrogés par l’AFP n’ont vu les fameux tracts, mais qu’importe, la peur est là : au pays de la rumeur, il est acquis que les funestes feuilles ont été “signalées” dans deux communes de l’agglomération.
    Dans les rues de la ville, deux journalistes de l’AFP arrivés la veille notent la présence de soldats et policiers, mais rien qui ressemble vraiment à un renforcement de la présence visible des forces de l’ordre.
    – Vigies civiles –
    “Ceux qui vous disent que nous sommes en sécurité vous mentent”, accuse Léon (prénom changé).
    “Nous sommes en insécurité et nous devons nous prendre en charge nous-mêmes. Les autorités nous ont promis de rétablir l’ordre dans la ville mais [. . . ] nous n’avons pas confiance en elles”, ajoute cet avocat.
    Depuis deux jours, ajoute l’homme, on a organisé des tours de garde dans plusieurs quartiers: de petits groupes qui veillent toute la nuit à des carrefours autour d’un feu de bois.
    Les journalistes de l’AFP ont pu voir samedi soir une dizaine de ces comités dans le sud de la ville, armés de bâtons et équipés de sifflets pour donner l’alarme. Dimanche matin, plusieurs foyers abandonnés par leurs gardes achevaient de se consumer le long de la route permettant de quitter la ville par le nord.
    En poussant vers Eringeti, à une cinquantaine de kilomètres de là, où 22 personnes au moins ont été massacrées par l’ADF dans la nuit de vendredi à samedi, on croise plusieurs églises où sont venus se regrouper des habitants pour passer la nuit.
    Installés dans le territoire de Beni depuis 1995, les rebelles de l’ADF compteraient aujourd’hui environ 400 combattants, tous musulmans.
    Opposée au régime du président ougandais Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986, l’ADF a subi de lourdes pertes et dû abandonner la plupart de ses bastions dans la région montagneuse entre Beni et la frontière ougandaise sous la pression d’une opération lancée en janvier par l’armée congolaise et soutenue ensuite par les Casques bleus de la Mission de l’ONU en RDC.
    Ses dernières attaques semblent témoigner de son renforcement depuis le décès brutal, fin août, du général Lucien Bahuma, chef de l’armée au Nord-Kivu, qui dirigeait lui-même cette opération.
    Jeuneafrique

  • Vatican : vote très attendu à l’issue d’un synode sur la famille et l’homosexualité

    Vatican : vote très attendu à l’issue d’un synode sur la famille et l’homosexualité

    018102014174240000000pape-Les participants au synode sur la famille, réunis depuis deux semaines au Vatican, devaient voter samedi un document final, concluant des débats mouvementés sur des sujets de société brûlants, des divorcés aux couples non mariés, y compris homosexuels.
    Dans la matinée, ils ont rendu public un message aux familles insistant sur “l’amour conjugal indissoluble”. Rien ou presque sur les sujets les plus sensibles, à l’origine d’une lutte sourde ces deux dernières semaines au Vatican entre évêques plus conservateurs et plus libéraux. Mais ces sujets devraient être évoqués dans un rapport final soumis au vote dans la soirée.
    Les participants au synode ont approuvé largement ce premier texte bref de trois pages par 158 voix sur 174 votants. Il est de tradition que chaque synode adresse un message aux 1,2 milliard de catholiques. Dans la soirée, à la majorité des deux-tiers, la “relation synodi”, document final beaucoup plus consistant, devait être votée, et, selon plusieurs cardinaux, approuvée sans problème majeur.
    Ce document indiquera jusqu’à quel point le langage nouveau prônant la “miséricorde”, autrement dit la bienveillance, à l’égard de l’union libre, des divorcés remariés et de l’homosexualité, qui imprégnait fortement une première synthèse des débats publiée lundi, aura été maintenu ou atténué. Le cardinal américain Raymond Leo Burke, un des chefs de file de l’opposition conservatrice au pape François, avait affirmé jeudi que le texte pourrait être rejeté si les affirmations “inacceptables sur les rapports sexuels hors mariage et entre personnes de même sexe” n’étaient pas retirées.
    Alors qu’il dirige le Tribunal suprême du Saint-Siège, le cardinal Burke s’est vivement opposé au pape François. Il a indiqué au site américain “Budfeednews” qu’il allait sans doute bientôt être rétrogradé à un poste honorifique.
    Critiques contre les médias
    Dans le premier document de lundi, la reconnaissance d’”aspects positifs” dans les unions stables hors mariage et chez les homosexuels, a suscité une avalanche de réactions inquiètes de prélats, des Etats-Unis à l’Afrique. Tous dénonçaient le fait que ces thèmes soient mis en avant alors qu’ils avaient été peu abordés. La médiatisation du synode est aussi jugée responsable des tensions. “Ce qui a été publié par les médias sur les unions homosexuelles, est une tentative pour pousser l’Eglise à changer sa doctrine”, a ainsi jugé le cardinal guinéen Robert Sarah (à la tête des oeuvres caritatives de l’Eglise).
    L’archevêque de Malines-Bruxelles André Léonard a de son côté déploré “l’incident” qu’a représenté, selon lui, la décision de rendre public lundi ce texte provisoire. “On a dû alors se focaliser sur les questions qui intéressent la presse au lieu de travailler sur celles qui intéressent les familles”, a-t-il dit à Radio Vatican. François avait convoqué dès 2013 ce synode dit “extraordinaire” (réunissant les présidents de conférences épiscopales) pour sonder les évêques sur les réponses à apporter aux défis de la famille, sans rompre avec l’indissolubilité du mariage.
    En février, un cardinal théologien proche de François, Walter Kasper, avait prôné une approche réformiste, en faveur de l’accès, sous strictes conditions, de certains divorcés remariés à la communion.
    Vote sur la ligne de François
    Le document final sera approuvé, mais avec quelle marge? Ce sera aussi un sondage sur la ligne audacieuse que soutient le pape, même s’il observe le silence. Ce sera pour lui un bon indicateur qui lui permettra de voir la force des camps en présence, partisans et adversaires de ses réformes.
    Ce synode agité est la première phase d’un long processus de consultations. Un deuxième synode “ordinaire”, chargé d’élaborer des propositions, est prévu pour octobre 2015. Ses conclusions seront remises à François, qui aura le dernier mot. Certains cardinaux craignent que l’édifice de l’Eglise ne s’écroule tout entier en cas d’ouvertures majeures sur le divorce, l’union libre ou l’homosexualité.
    Les évêques du Sud ont de leur côté critiqué le conditionnement des aides par certaines ONG, l’Union européenne ou l’ONU à l’acceptation de programmes contraires à leur conception des moeurs et de la vie comme la contraception et l’homosexualité.
    Jeuneafrique.

  • ONU : l’Angola élu membre non-permanent du Conseil de sécurité

    ONU : l’Angola élu membre non-permanent du Conseil de sécurité

    Conseil de Sécurité de l'ONU
    Conseil de Sécurité de l’ONU

    -Cinq nouveaux membres non permanents du Conseil de sécurité des Nations ont été élus jeudi. Parmi eux, un pays africain, l’Angola, accompagné de la Nouvelle-Zélande, du Venezuela, de la Malaisie et de l’Espagne.

    Six états-membres de l’Assemblée générale de l’ONU étaient candidats en vue d’occuper les cinq sièges au sein du Conseil de Sécurité qu’occupaient jusqu’alors le Rwanda, la Corée du Sud, l’Argentine, l’Australie et le Luxembourg, qui ont siégé en 2013 et 2014.

    C’est la seconde fois que l’Angola est choisi, après les années 2003-2004. Les États sont en effet élus pour un mandat de deux ans qui entre en vigueur à partir du 1er janvier 2015 jusqu’à fin décembre 2016. L’Angola était le seul pays candidat pour remplacer le Rwanda, en poste depuis 2013. Un deuxième tour de scrutin a finalement  départagé la Turquie et l’Espagne, au profit de la seconde.

    L’Angola a obtenu 190 voix sur les 193 pays membres, la Malaisie 187, le Venezuela 181, la Nouvelle-Zélande 145, alors que le minimum requis était les deux tiers des votants, soit 129. L’Espagne avait obtenu au premier tour 121 voix et la Turquie un score de 109 voix.

    Le Conseil, qui compte 15 membres dont cinq permanents, renouvelle chaque année la moitié de ses dix sièges non permanents, sur une base régionale.

    Togo 7
    Égypte 6
    Algérie 6
    Ghana 6
    Nigeria 6
    Ouganda 6
    Tunisie 6
    Zambie 4
    Bénin 4
    Burkina Faso 4
    Cameroun 4
    Côte d’ivoire 4
    Éthiopie 4
    Gabon 4
    Guinée 4
    Kenya 4
    Libye 4
    Mali 4
    Maroc 4
    Maurice 4
    Congo-Brazzaville 4
    Sénégal 4
    Tanzanie 4
    RDC 4
    Zimbabwe 3
    Rwanda 2
    Afrique du Sud 2
    Angola 2
    Botswana 2
    Burundi 2
    Cap-Vert 2
    Djibouti 2
    Gambie 2
    Guinée-Bissau 2
    Liberia 2
    Madagascar 2
    Mauritanie 2
    Namibie 2
    Nigeria 2
    Sierra Leone 2
    Somalie 2
    Soudan 2
  • TSHISEKEDI:la succession d’Etienne Tshisekedi divise l’UDPS

    TSHISEKEDI:la succession d’Etienne Tshisekedi divise l’UDPS

    Etienne-Tshisekedi.-Portrait 1-Cela fait plus de deux mois que l’opposant congolais Etienne Tshisekedi est en convalescence à Bruxelles. Sa famille assure qu’il va bien, mais son absence prolongée de la scène politique alimente les spéculations et a déclenché une véritable bataille pour sa succession à l’intérieur de son parti, l’UDPS. Un parti tiraillé entre les pros et les anti-Félix Tshisekedi, le fils de l’opposant, accusé par certains de profiter de la situation pour écarter de potentiels concurrents.

    La bataille n’est pas officiellement déclarée, mais « elle est acharnée », assure un cadre de l’UDPS. Parmi les principaux protagonistes, Felix Tshisekedi, accusé par détracteurs de « séquestrer » son père à Bruxelles, et de profiter de sa maladie pour mieux capter son héritage. En témoigne selon eux cette tournée dans l’intérieur du pays qu’il effectue depuis plusieurs semaines. Une tournée aux allures de « pré campagne électorale », estiment certains.

    « L’UDPS a besoin d’être redynamisé », rétorque Félix Tshisekedi. Lui assure ne pas chercher à se positionner comme le dauphin, mais se dit prêt à « servir les intérêts de son parti en cas de besoin ». Reste que ces derniers mois, plusieurs concurrents potentiels ont été écartés. Albert Moleka, ex-directeur de cabinet d’Etienne Tshisekedi. Et également Claude Kiringa, le représentant de l’UDPS au Canada, accusé par Félix Tshisekedi d’avoir fait fuiter un rapport interne dans la presse. Un rapport qui préconisait justement l’organisation d’un congrès anticipé au sein du parti pour préparer la succession.

    Claude Kiringa conteste son éviction et accuse Félix d’usurper les pouvoirs de son père. « Personne ne peut usurper les pouvoirs du président », s’insurge Claude Kiringa. Plusieurs représentants de l’UDPS à l’étranger ont prévu de se réunir dans les semaines qui viennent pour organiser leur riposte. « Quand on va en guerre, il faut bien mesurer ses forces », prévient l’un d’entre eux.

  • Le responsable des droits de l’homme de l’ONU indésirable en RDC

    Le responsable des droits de l’homme de l’ONU indésirable en RDC

    Zambia Police-En République démocratique du Congo (RDC), la réaction de Kinshasa n’a pas tardé au lendemain de la publication d’un rapport du chef du bureau de l’ONU pour les droits de l’homme. Ce rapport accable la police congolaise, accusée d’exactions lors d’une opération coup de poing pour traquer les délinquants de Kinshasa entre novembre 2013 et février 2014. Selon ce rapport, au moins neuf personnes ont été exécutées par balles et trente-deux personnes sont toujours portées disparues. Pour Kinshasa, c’en est trop. Le ministre congolais de l’Intérieur, Richard Muyej, a demandé jeudi 16 octobre le départ du chef du bureau de l’ONU pour les droits de l’homme en RDC, Scott Campbell.

    Ce n’est pas la première fois que le chef du bureau de l’ONU pour les droits de l’homme en RDC s’attire les foudres des autorités congolaises. En avril dernier déjà, lors de la publication d’un autre rapport sur la lutte contre les violences sexuelles en RDC, le chef de la division des droits de l’homme de la Monusco, Scott Campbell, avait été très critiqué dans la presse.

    La conclusion selon laquelle une grande partie des violences sexuelles commises dans le pays ne font pas l’objet de poursuites judiciaires, entre autres car les femmes ont trop peur d’être stigmatisées, n’avait pas plu, tout comme le fait que l’armée congolaise, responsable d’une partie de ces violations, soit pointée du doigt. Les autorités avaient estimé alors que le rapport ne mettait pas assez en valeur les progrès réalisés par le Congo dans le domaine.

    Coïncidence ou non ? A chaque fois, ces rapports relevaient des exactions commises par les l’armée ou la police. Que ce soit sur la gestion des élections en 2011, des cas de violences sexuelles ou encore lors de cette opération coup de poing contre les délinquants.

    Pour rappel, dans son rapport l’ONU affirme que la majorité des victimes d’exécutions sommaires ont été abattues « dans leur quartier, parfois à la sortie de leur domicile » par des agents de la police cagoulés. L’ONU a indiqué également avoir obtenu des informations de sources concordantes sur « l’implication d’un haut gradé de la police de Kinshasa et de plusieurs officiers de police » dans les crimes qu’elle a identifiés, et a demandé aux autorités congolaises de « mener des enquêtes promptes, indépendantes, crédibles et impartiales » et de « traduire en justice tous les auteurs présumés de ces violations, quel que soit leur rang ».

    Le rapport de trop

    Cette fois, les autorités ont visiblement estimé que c’était le rapport de trop. Selon elles, l’ONU n’a pas suffisamment tenu compte des remarques que le gouvernement a fait sur ce texte avant qu’il ne soit publié. Le terme d’« exécutions » commises par la police, notamment, n’a pas du tout plu jugé partisan. Lors d’une conférence de presse jeudi à Kinshasa, le ministre de l’Intérieur congolais, Richard Muyej, a déclaré Scott Campbell « persona non grata », autrement dit indésirable en RDC, et demandé son départ. Au final, c’est une décision très sévère qu’a prise Kinshasa ce jeudi soir et une décision rare également. Un seul autre employé de la Monusco, avant Scott Campbell, a été déclarépersona non grata. Le ministre de l’Intérieur, Richard Muyej, a ajouté lors de cette conférence de presse qu’une liste d’une trentaine de membres de la police condamnés pour leur comportement dans l’opération Likofi avait été publiée, dont cinq pour meurtre ou homicide involontaire, et deux pour enlèvement ou détention arbitraire.

    Dans l’immédiat, la mission des Nations unies n’a pas voulu réagir. Elle dit attendre d’être notifiée officiellement de cette décision.

    Beaucoup de réactions

    L’organisation de protection des droits de l’homme Human Rights Watch (HRW) s’est, quant à elle, par contre, insurgée. Contactée par RFI, l’ONG trouve « alarmant » qu’un employé expérimenté de l’ONU soit expulsé pour avoir parlé de violations des droits de l’homme. Pour Ida Sawyer, représentante de HRW au Congo, c’est un signal inquiétant pour la liberté d’expression dans le pays. Human Rights Watch a prévu , elle aussi, de publier dans les jours qui viennent un rapport sur les violations constatées lors de l’opération policière Likofi de lutte contre la délinquance.

    « Au lieu d’expulser le directeur des droits de l’homme, Scott Campbell, le gouvernement devrait enquêter sur les meurtres et disparitions documentées dans le rapport de la Monusco. Le ministre de l’Intérieur et d’autres fonctionnaires ne doivent pas interférer avec les enquêteurs des droits de l’homme mais doivent les laisser faire leur travail sans entrave », a ajouté Ida Sawyer.

    La France a réagi ce vendredi matin. Elle a dit regretter la décision des autorités congolaises qui risque, selon le quai d’Orsay, de porter atteinte à la crédibilité des efforts entrepris pour améliorer la situation des droits de l’homme dans le pays.

    Enfin, autre réaction celle du responsable Afrique de l’ONG Acat, contre la torture et la peine de mort : sur son compte tweeter, Clément Boursin a lui estimé que cette décision donnait « une piètre image du gouvernement congolais qui se dit respectueux des droits de l’homme ».

    Le moment est sans doute venu de nous séparer de lui et de demander au secrétaire général des Nations unies de le retirer de notre pays pour manque de professionnalisme et d’honnêteté. Nous estimons que Monsieur Scott Campbell remplit désormais les conditions requises pour être déclaré “persona non grata”.
    RFI