Author: Don Kayembe

  • Crash manqué de Dakar : la version des faits du commandant

    Crash manqué de Dakar : la version des faits du commandant

    PlanespottersNet_211583-Soucieux de tirer les choses au clair, le pilote a tenu à faire une mise au point.                                                                                     L’opinion se rappellera, cela étant encore frais en mémoire, que l’avion qui transportait certaines autorités du pays, revenant de Dakar au Sénégal et venait de se clôturer les assises du XVème sommet de la Francophonie, avait connu des difficultés techniques qui l’avaient obligé à rebrousser chemin.
    La nouvelle avait fait la une de plusieurs journaux du pays, et particulièrement de la ville de Kinshasa. Certains ont imprimé une connotation dramatique à l’événement au risque de jeter un discrédit sur cet aéronef. Soucieux de tirer les choses au clair, le pilote a tenu à faire la mise au point ci-dessous.

    Communiqué de presse sur un prétendu crash raté de l’avion GIV du Gouvernement

    Suite aux différent rumeurs relayées par la presse sur un supposé crash raté de l’avion du Gouvernement lors de son vol de retour en provenance de Dakar, ramenant les officielles congolais le Commandant de l’appareil s’est vu dans la nécessité de porter à l’attention du public la vérité des faits

    L’avion du Gouvernement immatriculé 9QC-GC est de type Gulfream IV(GV) de fabrication américaine. Acquis aux Etats Unis en 2013, après évaluations techniques rigoureuses par des équipes américaine et sud-africaine: il est soumis aux contrôles techniques réguliers le dernier en date est son entretien complet effectué à New York, aux Etats-Unis en juin 2014.

    Il sied donc de relever qu’il est techniquement au point. Ce qui, par ailleurs, justifie qu’il peut voler dans le ciel de tous les pays du monde.

    En date du lundi 1er décembre 2014, 20 minutes après le décollage de l’aéroport de Dakar, pour regagner Kinshasa, avec des officiels congolais, une partie du hublot extérieur droit position 5 a cédé. Il faut noter que le système étant double, le hublot intérieur est resté en place.

    Conformément aux procédures adéquates et prévues par le constructeur de l’avion, nous avons quitté l’altitude de 41.000 pieds en descente contrôlée vers 35.000, pieds, comme le prévoit ledit constructeur dans son manuel des procédures QRH AFM3 – 2520 et en accord avec le contrôleur de Dakar, nous avons volontairement réduit d’altitude, en vue de poursuivre normalement le vol. Cependant, au regard de l’état d’esprit de quelques passagers, et le temps de vol restant pour regagné Kinshasa étant de 4 heures et 30 minutes, nous avons résolu de ramener l’avion à Dakar et avons par l’initiative, en notre qualité de Commandant de bord d’informer les passagers de notre décision ce qui fut fait, et 30 minutes après, l’avion avait atterri normalement.

    Il est donc inexact d’avancer que ; l’avion avait perdu vertigineusement d’altitude, la descente s’est faite de manière contrôlée et voulue.

    L’air extérieur entrait dans l’avion. Ceci n’est pas vrai. Un avion de ce type étant pressurisé, en cas de défaillance complète d’un hublot, c’est plutôt l’air comprimé de l’intérieur qui s’échappe, les masques d’oxygène tombent automatiquement car à une telle altitude, l’être humain ne peut respirer et les passagers pouvaient être aspirés vers l’extérieur.

    L’atterrissage s’est fait de manière fracassante. Ce qui est complètement erroné En effet, l’avion a atterri de manière normale et nous n’avons pas eu besoin d’une assistance au sol pour ce faire.

    Pour preuve, les enregistreurs de vol contiennent les échanges entre l’équipage et la tour de contrôle de Dakar. Lesquelles n’ont pas nullement part d’une situation pour d’urgence ou catastrophique qui aurait justifié le retour de l’appareil.

    Il est donc factice de désorienter l’opinion publique sur un prétendu crash qui aurait été évité.

    Fait à Kinshasa, le 06 décembre 2014

    Bob Jansens
    Commandant
    Licence congolaise 564/F
    Licence américaine 2565075

    L’Observateur

  • OIF : la trahison de Dakar

    OIF : la trahison de Dakar

    maky-Jean Claude de L’Estrac, candidat mauricien malheureux au poste de secrétaire général de la Francophonie.

    Je tiens à préciser, de prime abord, que les propos que je tiens ici n’engagent que moi, et ne peuvent, en aucune manière, être imputés à l’État mauricien.

    Mais j’estime qu’il est de mon devoir, pour le bien même de la Francophonie, de dénoncer l’opération qui, au pays de Senghor, a vu l’Organisation internationale de la Francophonie être attribuée à l’Amérique du nord.

    La personnalité et les qualités de Mme Michaëlle Jean n’est pas le sujet. Ni la volonté du Canada, grand pays de la Francophonie, à diriger cette organisation dont il est un des deux principaux contributeurs. Personnellement j’ai de l’admiration pour la francophonie innovante et vivante du Québec que j’ai souvent visité.

    La question essentielle est que la Charte de l’Organisation n’a pas été respectée et que le nouveau secrétaire général a été désigné et imposé par une entente diplomatique entre la France et le Sénégal. Elle s’est manifestée suite à des tractations dont la plupart des pays membres ignorent les tenants et aboutissants.

    Le prétexte est qu’il y avait quatre candidats africains et la candidate du Canada qui entendaient se présenter. Et alors ? C’est bien pour gérer ce cas de figure – ce qui est d’ailleurs un signe de vitalité – que l’article 6 de la Charte de l’OIF prévoit une élection. L’on ne peut pas prétendre promouvoir la démocratie dans l’espace francophone et utiliser les méthodes despotiques à l’ancienne pour imposer un candidat suite à des tractations secrètes. C’est une première trahison, la charte est trahie. Le procédé n’a été ni ouvert, ni transparent, ni démocratique. Et ni méritocratique. Si des élections en bonne et due forme avaient été tenues, le résultat aurait été tout autre.

    Qu’ils aient décidé, sans vraiment se battre, de retirer une à une leurs candidatures en faveur de la candidate du Canada est incompréhensible, inexpliqué et inexplicable.

    Ensuite, partout où je me suis trouvé en Afrique, tous les dirigeants politiques rencontrés n’ont eu de cesse d’affirmer que le poste de secrétaire général devait être occupé par un représentant des pays du sud, un Africain s’entend, dans le respect de ce qu’ils appellent le Pacte de Hanoi. Malgré les pressions françaises, qu’ils aient finalement décidé, sans vraiment se battre, de retirer une à une leurs candidatures en faveur de la candidate du Canada est incompréhensible, inexpliqué et inexplicable. Le président de la République de Maurice a longtemps résisté avant de se trouver devant le fait accompli d’un “consensus” restreint avant même qu’il n’ait eu la possibilité de dire que Maurice était disposée à se soumettre à un vote.

    Le président français a activement animé la discussion même si la France, apparemment n’avait pas officiellement de candidat. Mais le président français ne s’était pas privé, la vieille de l’élection prévue, de dire son choix ; il avait dit publiquement le bien qu’il pensait de la candidate du Canada. Il avait jusque-là prétendu vouloir œuvrer en faveur d’un consensus africain. À Dakar, le pacte de Hanoi a été trahi.

    Enfin, Maurice a toutes les raisons de se sentir trahie. La candidature mauricienne a été assez largement encouragée tant par des diplomates français qu’africains. Elle est née d’une réflexion qui disait vouloir rompre avec la Françafrique, qui entendait pousser l’OIF à  se tourner vers l’océan Indien et l’Afrique orientale. Ce qui avait retenu notre attention, c’est l’appréciation du cas mauricien. On soulignait que “Maurice est un État extrêmement moderne et dynamique, résolument tourné vers les investissements d’avenir au profit de la jeunesse et désireux de jour un rôle de pont entre l’Afrique et les grands acteurs de l’océan indien”.

    Sur la base de ce constat, on avait dressé le portrait du prochain secrétaire général de l’OIF. “En choisissant une personnalité de cette région, nous donnerions acte à l’OIF de sa capacité à apporter un message universel sur les sujets qui mobilisent des sociétés civiles, qui sont des enjeux décisifs pour la jeunesse de ces pays pour leur avenir et pour la stabilité du monde… Nous devrions donc, à l’occasion du renouvellement du secrétaire général, montrer notre capacité à ouvrir le jeu et à engager résolument l’OIF dans la voie de la modernité et d’un rôle universel, dynamique et proactif.”

    Quand le président Hollande a jeté son poids en faveur du Canada, les Africains ne se sont pas fait beaucoup prier pour s‘exécuter.

    C’est fort de cette nouvelle orientation annoncée de la diplomatie française et encouragée par de nombreux diplomates français et la parole de nombreux dirigeants africains que l’État mauricien décide de s’engager dans cette campagne. Les propos que le président Hollande tient au Premier ministre mauricien achèvent de le convaincre du soutien tacite français.

    Mais c’est surtout en Afrique que le candidat mènera campagne. Une campagne intense, axée sur des propositions précises et concrètes qui recueillent une large adhésion. Nous avons recensé plus de 400 articles de presse. Je crois qu’on n’a jamais autant parlé de Maurice et de francophonie qu’au cours de cette année. Presse écrite, radio, télévision. Mais je constate une faiblesse africaine : tous les dirigeants africains rencontrés voulaient d’abord connaître la position française. Quand le président Hollande a jeté son poids en faveur du Canada – malgré les réticences du Quai d’Orsay – les Africains ne se sont pas fait beaucoup prier pour s‘exécuter. Même le président Ali Bongo a préféré partir plutôt que de s’opposer. Maurice a le sentiment d’avoir été trahie.

    Les conséquences pour l’OIF sont graves, il n’y a qu’à lire la presse africaine et même française. La déception est très forte. On spécule beaucoup sur d’éventuelles contreparties.

    En ce qui me concerne, je vais tourner la page. Je souhaite qu’une forme d’équilibre politique et gestionnaire soit trouvée à la direction de l’organisation pour sauvegarder le principe de la solidarité qui est censé être une vertu cardinale de l’organisation. Et plus que tout, il faut espérer que la francophonie économique voie le jour. Les dirigeants du Canada n’ont pas cessé, aux lendemains de l’élection encore, de me dire combien mon programme était pertinent et riche en propositions.

    Je voudrais réitérer mes remerciements au président de la République, au Premier ministre, au vice Premier ministre, au ministre des Affaires étrangères et aux diplomates du ministère pour leur soutien agissant. J’ai été soutenu à Dakar par une forte délégation composée notamment de la secrétaire aux Affaires étrangères, Mme Usha Canabady, de M. Roy Bissondoyal, chargé d’Affaires à l’ambassade de Maurice, M. Vijay Makhan, M. Amédée Darga, de Mme Marie-France Roussety qui se sont totalement investis dans cette bataille. Je remercie tous ceux, très nombreux à Maurice, en Afrique, en Asie et en Europe qui m’ont donné des ailes dans cette campagne qui a été longue et harassante.

    Je termine en suggérant ce qui pourrait être mon  prochain livre. Mon titre provisoire est trouvé : l’ambition mauricienne, le paradoxe sénégalais, l’erreur française.

    ( Jeuneafrique)

  • RDC : Kabila nomme un gouvernement d’union nationale avec 7 opposants pour 47 portefeuilles

    RDC : Kabila nomme un gouvernement d’union nationale avec 7 opposants pour 47 portefeuilles

    joseph_kabila-Le président congolais Joseph Kabila a nommé ce week-end le gouvernement d’union nationale attendu depuis plus d’un an par ses compatriotes. Le Premier ministre Augustin Matata Ponyo est maintenu à la tête de cette équipe de 47 membres, parmis lesquels figurent 7 opposants et 3 vice-Premiers ministres.

    Recommandé par les concertations nationales d’octobre 2013, le gouvernement d’union nationale a – après un an d’attente – été nommé ce week-end en RDC. Composée de 47 membres – 48 avec le Premier ministre (3 vice-Premier ministres et ministres, 2 ministres d’État et ministres, 32 ministres et 10 vice-ministres) -, cette nouvelle équipe gouvernementale ne réserve pas de grande surprise. Le Premier ministre Augustin Matata Ponyo, réputé pour sa rigueur, a été maintenu à son poste.

    Sept opposants au président Joseph Kabila font leur entrée dans ce gouvernement. Thomas Luhaka et Germain Kambinga, deux leaders du Mouvement pour la libération du Congo (MLC) de l’opposant Jean-Pierre Bemba, ont été respectivement nommés vice-Premier ministre et ministre des Postes, Téléphones et Télécommunications (PTT), pour le premier, et ministre de l’Industrie pour le second.

    Michel Bongongo, représentant de l’opposition dite républicaine et proche du président du Sénat, Léon Kengo wa Dondo, a lui été désigné ministre d’État en charge du Budget. Et Daniel Madimba Kalonji, député de l’UDPS, parti d’Étienne Tshisekedi, opposant le plus radical à Kabila, a été nommé ministre de la Recherche scientifique.

    >> Lire aussi RDC : opposants ministrables ou débauchés de la République ?

    Parmi les nominations importantes figurent celle du professeur Evariste Boshab, secrétaire général du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD, parti présidentiel), vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur. La Défense revient à un ancien gouverneur du Katanga proche de Kabila, Aimé Ngoi Mukena, et les Finances à l’ancien directeur de cabinet adjoint de la présidence de la République, Henri Yav Mulang. Modeste Bahati Lukwebo, un fidèle d’Augustin Matata Ponyo, a été désigné au ministère de l’Économie. Le troisième vice-Premier ministre, Willy Makiashi, en charge de l’Emploi, du Travail et de la Prévoyance sociale, est quant à lui issu du Parti lumumbiste unifié (Palu, majorité présidentielle).

    Les Congolais ne seront pas totalement déboussolés par la nouvelle équipe, notamment avec le maintien aux affaires d’une dizaine de ministres de l’ancien gouvernement, dont des poids lourds tels Lambert Mende à l’Information, Martin Kabwelulu aux Mines, Raymond Tshibanda aux Affaires étrangères ou Félix Kabange Numbi à la Santé. Tryphon Kin-kiey Mulumba, qui milite ouvertement pour un troisième mandat de Kabila en 2016 malgré le verrou constitutionnel, passe quant à lui des Postes et Télécommunications aux Relations avec le Parlement.

    Parmi les nouveaux venus, on compte Aimé Ngoy Mukena à la Défense nationale, Alexis Thambwe Mwamba (ancien ministre des Affaires étrangères de 2008 à 2012) à la Justice, Olivier Kamitatu au Plan (l’ancien bras droit de Bemba avait déjà occupé ce poste entre 2007 et 2012), Théophile Mbemba Fundu à l’Enseignement supérieur, Omer Egbwake à l’Aménagement du Territoire. Enfin, le nouveau gouvernement d’union nationale ne brille pas par sa parité, avec moins de dix femmes nommées.

    ________

    >> La liste complète du nouveau gouvernement :

    – Vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur et Sécurité : M. Evariste Boshab Mabudj

    – Vice-Premier ministre, ministre des PT-NTIC : M. Thomas Luhaka Losenjola

    – Vice-Premier ministre, ministre de l’Emploi, Travail et Prévoyance sociale : M. Willy Makiashi

    – Ministre d’Etat, ministre du Budget : M. Michel Bongongo

    – Ministre d’Etat, ministre de la Décentralisation et Affaires coutumières : M. Salomon Banamuhere

    >> Ministres

    – Affaires étrangères et Coopération internationale : M. Raymond Tshibanda

    – Défense nationale, Anciens combattants et Réinsertion : M. Aimé Ngoy Mukena

    – Justice, Garde des sceaux et Droits humains : M. Alexis Thambwe Mwamba

    – Portefeuille : Mme Louise Munga Mesozi

    – Relation avec le Parlement : M. Tryphon Kin-Kiey Mulumba

    – Communication et Médias : M. Lambert Mende Omalanga

    – Enseignement primaire, secondaire et Initiation à la nouvelle citoyenneté : M. Maker Mwangu Famba

    – Plan et Révolution de la Modernité : M. Olivier Kamitatu

    – Fonction publique : M. Jean-Claude Kibala

    – Infrastructures et Travaux publics : M. Fridolin Kasweshi

    – Finances : M. Henry Yav Mulang

    – Economie Nationale : M. Modeste Bahati Lukwebo

    – Environnement et développement durable : M. Bienvenu Liyota Ndjoli

    – Commerce : Mme Kudianga Bayokisa

    – Industrie : M. Germain Kambinga

    – Agriculture, Pêche et Elevage : M. Kabwe Mwewu

    – Affaires foncières : M. Bolengetenge Balela

    – Mines : M. Martin Kabwelulu

    – Hydrocarbures : M. Crispin Atama Thabe

    – Energie et Ressources hydrauliques : M. Jeannot Matadi Nenga Ngamanda

    – Culture et Arts : Banza Mukalay Nsungu

    – Tourisme : Elvis Mutiri wa Bashala

    – Santé publique : M. Félix Kabange Numbi

    – Enseignement supérieur et universitaire : M. Théophile Mbemba Fundu

    – Enseignement technique et professionnel : M. Jean Nengbangba Tshibanga

    – Aménagement du territoire, Urbanisme et Habitat : M. Omer Egbake

    – Transports et voies de communication : M. Justin Kalumba Mwana Ngongo

    – Recherche scientifique et Technologie : M. Daniel Madimba Kalonji

    – Genre, Famille et Enfant : Mme Bijou Kat

    – Petites et Moyennes entreprises et classe moyenne : M. Bohongo Nkoy

    – Développement rural : M. Eugène Serufuli

    – Jeunesse, Sports et loisirs : M. Sama Lukonde Kyenge

    >> Vice-Ministres :

    – Intérieur : Mme Martine Bukasa Ntumba

    – Défense nationale : M. René Sigu

    – Justice et Droits humains : M. Mboso Kodia Pwanga

    – Budget : Mme Ernestine Nyoka

    – Coopération internationale et intégration régionale : M. Franck Mwindi Malila

    – Congolais de l’étranger : M. Antoine Muyamba Okombo

    – Energie : Mme Maguy Rwakabuba

    – Finances : M. Albert Mpeti Biyombo

    – Plan : Mme Lisette Bisangana Ngalamulume

    – Poste et télécommunication : M. Enoch Sebineza

    ( Jeuneafrique)

  • S.-Leone : un 10e médecin meurt d’Ebola

    S.-Leone : un 10e médecin meurt d’Ebola

    khan-Le docteur Aiah Solomon Konoyima a succombé dimanche à la fièvre hémorragique Ebola, dans un centre de traitement de la maladie, près de Freetown, la capitale de la Sierra-Leone.
    Sa mort survient au lendemain de celles de deux de ses collègues, qui sont également morts de cette pandémie.
    Le plus grand médecin sierra-leonais engagé dans l’éradication de la fièvre Ebola dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, Sheik Umar Khan, est mort de cette maladie, en juillet.
    L’épidémie a fait quelque 1.600 morts en Sierra-Leone, un pays en pleine reconstruction de son système de santé détruit par la guerre civile, dans les années 1990.

    BBC

  • Archives coloniales belges: les chercheurs en émoi

    Archives coloniales belges: les chercheurs en émoi

    COLON-« Un vent d’inquiétude souffle sur la communauté des chercheurs qui travaillent sur l’Afrique coloniale belge », affirme une pétition publiée le 14 novembre par un Collectif d’une trentaine d’historiens africanistes, belges et étrangers, sous le titre : Un nouvel enterrement pour les archives coloniales belges ? Ses auteurs ont aussi adressé le 2 décembre une «Lettre ouverte» à Charles Michel, Premier ministre du gouvernement fédéral de Belgique. Ils lui demandent « d’arrêter cette opération de transfert physique » des Archives africaines du SPF-Affaires étrangères vers les Archives générales du Royaume.

    A l’origine de ce cahier des doléances, trois historiens – Jean-Pierre Chrétien, directeur de recherche émérite au CNRS, Christine Deslaurier, chargée de recherche à l’Institut de recherche pour le développement, et Léon Saur, docteur en Histoire à Paris1 Panthéon Sorbonne -, qui tentent d’alerter l’opinion sur les dangers du transfert des Archives africaines du « SPF-Affaires étrangères » vers les Archives générales du Royaume en Belgique. De leur point de vue, « les chercheurs et le public intéressé à consulter les archives coloniales belges n’ont rien à gagner dans une telle opération ».

    « Ces fonds méritent une attention plus large, explique Jean-Pierre Chrétien, car ils concernent l’histoire de toute l’Afrique centrale, de l’époque léopoldienne aux guerres mondiales, des périodes coloniale et postcoloniale, de la mort de Lumumba ou de l’évolution contemporaine tant du Rwanda que du Burundi… » C’est dans cet esprit que les auteurs de la pétition ont adressé le 2 décembre une « Lettre ouverte » à Charles Michel, Premier ministre du gouvernement fédéral belge, et à Didier Reynders, vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères et européennes.

    Ils rappellent que la consultation de ces archives a « permis une percée décisive dans le dossier Lumumba [et a] contribué à renouveler en profondeur la connaissance que l’on a de la révolution rwandaise de 1959 et de l’accession du Burundi à l’indépendance »… Et demandent d’arrêter purement et simplement « cette opération de transfert physique qui sera coûteuse pour le budget national et [qui] pourrait nuire à la crédibilité de la Belgique en donnant à penser que celle-ci a peur de son histoire coloniale ».

    La réponse ne s’est pas faite attendre, en la personne de Pierre-Alain Tallier, chef de section aux Archives générales du Royaume qui, le 3 décembre, a livré à RFI la réaction officielle des AGR – déplorant au passage que les intéressés n’aient pas pris contact avec lui pour en discuter en amont.

    L’homme s’est voulu rassurant, au téléphone comme dans la lettre qu’il nous a fait parvenir et dont nous vous livrons la copie intégrale. Il qualifie la décision du transfert « des archives statiques du ministère des Colonies » (5 kms linéaires) « et du gouverneur général de Léopoldville » (4,5 kms) de « rationnelle ».

    Et pour preuve de sa bonne foi, il nous fait parvenir un Jalon de recherche – un manuel des archives coloniales -, ainsi que les actes d’un colloque consacré à la gestion des archives africaines anciennes et contemporaines. « Ces deux publications vous montreront combien nous sommes impliqués dans la bonne conservation et l’ouverture à la recherche des archives relatives aux relations belgo-africaines », assure-t-il.

    Dont acte, nous répond Christine Deslauriers, qui se réjouit de l’ouverture d’un dialogue mais qui n’apprécie pas la réduction des questions des chercheurs « à une forme de résistance au changement ». Tout comme Léon Saur, qui déplore le « discours lénifiant » de M. Tallier, estimant qu’il cherche à « décrédibiliser ses contradicteurs en les faisant passer pour des conservateurs inadaptés ».

    « Un nouvel enterrement pour les archives coloniales belges ? »

    Elikia Mbokolo, l’un des signataires de la pétition, nous éclaire sur un malentendu qui peut paraître à première vue technique ou corporatiste, mais dont les enjeux sont bien réels : la poursuite du libre accès des chercheurs de toutes nationalités à ce patrimoine et le respect de son intégrité – qu’il estime menacée.

    RFI : Pourquoi cette inquiétude par rapport à ces archives ?
    Elikia Mbokolo : Oui, parce qu’il y a déjà eu un premier enterrement des archives. Le Congo a été la propriété personnelle du roi Léopold II de la Conférence de Berlin, 1885, jusqu’en 1908 – quand il a décidé de le céder à la Belgique moyennant des dessous de table financiers très importants. Avant de mourir, le Roi, personnellement, a fait brûler toutes les archives compromettantes pour lui, presque toutes. On sait que ces archives parlent du caoutchouc, de l’ivoire ou du massacre des éléphants congolais entre 1885 et 1908. Elles parlent de l’épisode assez connu des « mains coupées » : si les villages ne rendaient pas la quantité de caoutchouc dont on avait besoin, on prenait les hommes mâles adultes et on leur coupait la main. Je ne sais plus si c’était la gauche ou la droite pour commencer ; la deuxième fois, on leur coupait l’autre main, et si la famille continuait à ne pas donner le caoutchouc, on tuait le bonhomme ! Du côté des Belges, tout cela a été brûlé. Heureusement, il y avait des Anglais, des Suédois et autres, donc on a quand même des traces. Et les archives de la période belge qui restent, ont été gardées d’abord dans un bureau spécial du ministère des Colonies et puis transférées au ministère des Affaires étrangères où elles se trouvent aujourd’hui.

    Comment étaient-elles accessibles aux chercheurs ?
    Jusque vers 1985-1990, quand on allait dans ces archives, il était interdit de photocopier des documents. On pouvait prendre des notes bien sûr, mais chaque chercheur devait laisser les notes qu’il avait prises dans la journée et revenir le lendemain pour que l’archiviste ait le temps de vérifier les choses qu’il avait notées, est-ce qu’il y avait des choses compromettantes, etc. Il y eu un mouvement d’opinion qui a fait qu’on a ouvert ces archives. Et je peux dire – j’y étais encore l’année dernière, je dois y retourner en février – qu’elles sont libres d’accès. Mais si on les déplace aux Archives générales du Royaume, les AGR, il y a de forts risques qu’on les expurge… Quand on va les transférer, il faudra tout un temps pour les classer de nouveau, etc. On va sans doute les expurger, et je crains que l’accès soit difficile pour les chercheurs, surtout pour les chercheurs africains ou, comme on dit en Belgique, les « chercheurs noirs ». La couleur de la peau est un véritable enjeu parce qu’on imagine que si vous êtes noir, c’est que vous êtes anticolonialiste et donc, on ne vous montrera pas tous les documents que vous voulez voir… Alors qu’aujourd’hui, franchement, on peut voir, et même photocopier, tout ce qu’on veut.

    De quoi a-t-on peur ? Pourquoi ce recul dans l’accès aux archives, puisque vous l’analysez comme tel ?
    Mais c’est qu’il y a toujours des problèmes par rapport au passé colonial belge. Ils n’en sont pas totalement revenus. Il y a d’abord l’affaire Lumumba, mort assassiné. On a longtemps incriminé l’Etat belge, à commencer par le Palais. Ils ont toujours nié y être pour quelque chose et puis, un historien flamand a repris les archives, les textes, pour montrer qu’il y avait véritablement un plan pour l’assassiner. L’affaire est allée à un point tel que le Sénat belge a monté une Commission d’enquête sur les responsabilités belges. Et il est apparu qu’il y avait en effet un certain nombre de responsables mais, nous dit-on, à titre purement individuel. L’Etat, la monarchie, n’avait rien à y voir. Or aujourd’hui comme dans toute l’Europe, la société belge est de plus en plus ouverte. Beaucoup de Belges d’origine africaine, et notamment congolaise, demandent qu’il y ait des rues, des places Lumumba. Et la famille Lumumba veut réintenter un procès puisque, parmi les gens dont les noms ont été cités, quelques uns sont vivants et occupent des positions extrêmement élevés dans les milieux financiers et politiques belges. Des gens qui ont 85 ans environ.

    On peut les citer ?
    Il y a un Dolignon, qu’on connaît bien, qui est dans le staff de la compagnie Bruxelles Airlines et un de ses grands patrons. Du côté des banques, c’est plus compliqué parce que les banques belges, la Banque Lambert, la Société générale, ont été dans le grand mouvement européen absorbées par d’autres banques, notamment des banques françaises. Donc, s’il y avait une demande de « réparation », cela pourrait aller très loin. On fait tout pour escamoter cela et je crains qu’il y ait une opération de nettoyage des archives qui va être une catastrophe pour la connaissance du passé.

    Y a-t-il d’autres dossiers épineux ?
    Il y a des dossiers très compromettants sur les « relégations », comme on disait. Non pas des criminels qu’on emprisonnait, mais tous ceux qu’on reléguait dans des villages très loin de chez eux, qui étaient dans le secteur politique, dans l’agitation culturelle et même religieuse. La colonisation belge a été une sorte de Sainte Trinité, entre la famille royale- l’Etat -, les banques – la Banque Lambert, la Société générale – et bien sûr, l’Eglise catholique belge, qui avait obtenu que le Vatican et la Colonie signent un concordat pour avoir le monopole de l’enseignement. Donc, c’est une bombe à retardement. Jusqu’ici, la chance des chercheurs, c’est qu’il y a eu des missionnaires protestants, grâce au rôle des Etats-Unis dans la création de l’Etat indépendant du Congo et grâce aussi aux missionnaires anglais et suédois, qui eux ont des archives qu’on peut consulter. Mais les archives belges restent pour nous quand même de très, très loin, les plus importantes…

    Y a-t-il eu une réaction des autorités congolaises ?
    Elles sont un peu embarrassées par le dossier. Les autorités du Congo ont décidé que le passé, c’est passé, on n’en parle plus, [et que] maintenant, il faut parler d’autre chose. Cette réaction est très différente de celles de l’ancienne Afrique française ou de l’ancienne Afrique anglaise. Dans le cas de la France, par exemple, le massacre de Thiaroye en 1944 est quelque chose dont on parle encore. Et le président François Hollande s’est engagé dans les jours qui viennent à donner une copie de toutes les archives sur Thiaroye au Sénégal. On voit que c’est le jour et la nuit. Le passé, de toute façon, il est passé. Nous, notre boulot, c’est de le faire connaître. Et plus on le cache, plus les gens vont soupçonner qu’il y a vraiment des choses d’une gravité extrême.

    Qu’espérez-vous obtenir ?
    Dans beaucoup de pays, les archives coloniales, qui sont une chose spécifique dans l’histoire des nations, sont séparées des archives nationales. Et cela permet aux spécialistes des problèmes coloniaux d’avoir un accès, disons, confortable aux archives qui les concernent. Or, si on mélange ces archives, les responsables auront tendance à ouvrir plutôt les places aux chercheurs qui s’occupent de l’histoire nationale plutôt qu’à ceux qui s’occupent de l’histoire coloniale. Sans compter que dans le transfert des archives, il y a toujours un nettoyage. On peut craindre, compte tenu du passé léopoldien et colonial, que pendant ce nettoyage, le plus intéressant soit détruit à jamais.

    Vous demandez un statu quo ?
    On demande un maintien en l’état actuel et que peut-être – on a un dossier important de réparations – si ces locaux sont insuffisants, on trouve ou qu’on construise un autre espace où on pourrait déposer ces archives. Dans l’affaire, il serait intéressant que le pouvoir belge s’approche du pouvoir congolais de telle sorte que le Congo s’investisse aussi dans ces archives : c’est quand même la mémoire de l’Etat congolais.

    RFI

  • Les 10 villes les plus chères d’Afrique

    Les 10 villes les plus chères d’Afrique

    angola-Luanda, la capitale de l’Angola, est la ville la plus chère du monde pour les expatriés, plus que Tokyo, Moscou, Londres ou New York, selon le classement 2014 du cabinet d’études américain Mercer. Les prix flambent dans toutes les villes où coule de l’or noir : Ndjamena, Libreville et Lagos, mais les pétrodollars n’expliquent pas tout. Dix villes africaines, parmi lesquelles Bamako, Conakry et Dakar figurent aussi parmi les 50 villes les plus chères du monde.

    1. Luanda, la ville la plus chère du monde
    Dans la capitale de l’Angola, second producteur de pétrole en Afrique après le Nigeria, tout se compte en dollars. Les expatriés y réfléchissent à deux fois avant de sortir le soir. Le moindre verre coûte 20 euros, et le double pour un dîner au restaurant. Dans les fast-foods, des formules de base à 11 euros coûtent encore deux fois plus cher qu’à Bruxelles… Le salaire d’un policier de base s’élève à 320 euros par mois. Les logements neufs se vendent autour de 1 700 euros le mètre carré, mais les loyers sont hors de prix : 2 500 euros par mois pour un studio, jusqu’à 7 500 euros pour une maison. Depuis la crise financière de 2008, la ville attire une nouvelle vague d’immigration en provenance du Portugal. Des personnes attirées par l’emploi et les gros salaires qui correspondent au standing angolais.

    2. Ndjamena, pétrodollars et nouveaux buildings
    L’effet pétrole joue aussi dans la capitale du Tchad, même si le pays reste l’un des plus pauvres de la planète – 184e sur 187 pays, selon l’Indice de développement humain (IDH). Ndjamena n’en est pas moins la seconde ville la plus chère du monde dans le classement Mercer. Elle surpasse Hong Kong, Singapour, Zürich, Genève et Tokyo. Folie des grandeurs ? La Cité internationale des affaires, un complexe en chantier, comprendra deux tours de 23 étages. Un projet commandé par le président Idriss Déby à l’architecte sénégalais Pierre Goudiaby, pour un coût de 366 millions d’euros.

    3. Victoria, paradis fiscal des Seychelles
    La 13e ville la plus chère du monde n’est autre que la capitale des Seychelles. Située sur Mahé, la plus grande île de cet archipel de l’océan Indien (jadis nommée Abondance), cette ville de 25 000 habitants encaisse de fortes sommes d’argent en devises grâce au tourisme haut de gamme, aux exportations de vanille, de savon et d’écailles de tortue, mais aussi parce qu’elle est un paradis fiscal très discret. Depuis 2001, une loi empêche les étrangers de régler leurs notes d’hôtel en roupies des Seychelles. Ces îles sont aussi devenues un terrain de jeu pour les expatriés qui s’ennuient à Dubaï, à quelques heures d’avion. Yachts de luxe et villas de rêve se traduisent par des notes très salées, dans le moindre hôtel ou restaurant.

    4. Libreville, l’Afrique chic
    La capitale du Gabon arrive 19e dans le classement Mercer, après New York (Etats-Unis), Shenzhen (Chine) et Tel-Aviv (Israël) et juste avant Kinshasa. Pour une virée dans les hauts-lieux du luxe et les bas-fonds de cette ville pétrolière d’Afrique centrale, il faut lire les romans policiers de Janis Otsiemi. Où l’on apprend que « bongo » n’est pas seulement le patronyme des présidents, père et fils, qui dirigent le pays depuis 1967, mais aussi le petit nom qu’on donne à l’argent. Gros sujet de préoccupation pour tous les frappés du « mal de poche » : 20% de chômeurs et 33% de pauvres.

    5. Kinshasa flambe en billets de 100 dollars
    Forte dépendance vis-à-vis des importations, taux de change défavorable, circulation de très grosses sommes pour cause de commerce illégal de diamants et de minerais : tous les ingrédients sont réunis pour rendre la vie très chère à Kinshasa. Cent dollars, c’est le prix d’un dîner dans un restaurant huppé ou d’un taxi loué à la journée. Beaucoup de Kinois en sont réduits, pour se chausser, à se contenter de simples « babouches » (tongs en plastique), et pour se nourrir, à cultiver des légumes sur les trottoirs. Même les administrations du pays exigent d’être payées en billets verts et ne rendent la monnaie qu’en liasses de francs congolais.

    6. Lagos et ses îles huppées
    Cette mégalopole de 12 millions d’habitants est la 25e ville la plus chère du monde. Pour des raisons liées à la sécurité, expatriés et millionnaires nigérians vivent concentrés à Ikoyi et Victoria Island, deux îles huppées du centre-ville qui donnent sur la lagune. Là, un gin tonic est facturé 24 euros, trois fois plus cher qu’à Paris. Eko Atlantic City, le futur « Dubaï de l’Afrique », une extension du quartier d’affaires de Lagos Island, verra bientôt des buildings se dresser sur une île artificielle en cours de construction. Même à Lekki, un quartier de la classe moyenne et supérieure, on ne trouve aucun deux-pièces à moins de 1 300 le mois, payable d’avance sur 24 mois, sans compter le générateur, qui pompe 5 euros de diesel par jour au bas mot.

    7. Brazzaville, une ville qui carbure à deux vitesses
    Le grand jeu à Brazzaville consiste à montrer qu’on a de l’argent, à faire son shopping le week-end à Paris ou partir fêter son anniversaire à New York… L’élite sort dans des restaurants comme le Mami Wata, au bord du fleuve Congo, où l’on paie 60 euros son repas et 5 euros la bière. Au Nénuphar, un restaurant sympathique situé en face du marché Plateau, un gros poisson coûte encore 45 euros. Alors que les maisons du centre-ville se louent 1 500 euros, les loyers dans le quartier populaire de Bacongo vont de 60 à 150 euros. Les comptes sont vite faits, pour un instituteur au Congo, sachant qu’il ne gagne pas plus de 60 euros par mois.

    8. Bamako, l’effet crise et Minusma
    Devenue la 29e ville la plus chère du monde, juste après Brazzaville, Bamako reste la capitale d’un pays sahélien et pauvre, le Mali. Elle est pénalisée par l’effet de la crise politique de 2012 et 2013 sur son économie, avec la hausse des prix des produits alimentaires et du carburant. Le déploiement en juin 2013 d’une imposante Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation du Mali (Minusma), 12 600 personnes en uniforme, a fait flamber les prix : le marché s’ajuste au pouvoir d’achat élevé des casques bleus et des fonctionnaires onusiens.

    9. Conakry paie les lacunes du service public
    Classée 34e ville la plus chère du monde, la ville portuaire a gagné 12 places en 2014 dans le classement Mercer. Qu’est-ce qui coûte si cher dans la capitale guinéenne, en dehors d’un verre ou d’une nuit au nouvel hôtel Palm Camayenne, le premier cinq étoiles de la ville ? Réponse : les lacunes du service public ! Il faut payer l’essence du générateur, à raison d’un euro le litre, si l’on veut un minimum d’électricité. Et prendre sa voiture pour aller puiser de l’eau, afin de remplir des bidons qu’on stocke ensuite chez soi. Les appartements de luxe pour expatriés, avec eau, électricité et sécurité, se louent 2 000 euros par mois. Poster un gardien devant sa maison coûte au moins 50 euros par mois, tandis qu’un instituteur, avec son salaire de 35 euros, peut à peine s’acheter deux sacs de riz par mois.

    10. Dakar, le casse-tête de la dépense quotidienne
    A Dakar, 40e ville la plus chère du monde, trois places avant Abidjan, l’argent file à toute vitesse. Il faut sortir un billet de 1 000 francs CFA (1,50 euro) pour un kilo de sucre et juste un peu moins (1,20 euro) pour un litre d’essence. La préparation d’un yassa-poulet pour 8 personnes coûte plus de 10 euros – le prix d’un seul plat dans les restaurants chics. Les logements neufs au Plateau, le centre-ville, se vendent à 1 500 euros le mètre carré, aussi cher qu’aux Deux-Plateaux à Abidjan. Les prix ont flambé avec la crise ivoirienne de 2 000, qui a vu une cohorte de fonctionnaires internationaux et d’expatriés se rabattre sur Dakar. Un instituteur ne gagne pas plus de 300 euros par mois au Sénégal et un ministre 6 fois plus – sans compter les indemnités, logement et voiture de fonction qui font toute la différence…

    RFI

  • Le gouvernement Matata II est là…

    Le gouvernement Matata II est là…

    primature-Le gouvernement Matata II est là
    Le gouvernement Matata III est là
    Le Chef de l’Etat, Joseph Kabila Kabange, a finalement signé, hier dimanche 07 décembre 2014 l’ordonnance portant restructuration du gouvernement. Selon son cabinet, cela s’inscrit dans le cadre de l’une des recommandations des concertations nationales organisées il y a plus d’une année et portant sur l’impératif de la mise en place d’un gouvernement de cohésion nationale.
    Il est à noter que le Premier Ministre Augustin Matata a été maintenu à son poste. Il est assisté de trois vice-premiers ministres et de deux ministres d’Etat.
    A. Trois Vice-Premiers Ministres
    1. Vice-Premier Ministre de l’Intérieur : Evariste Boshab
    2. Vice-Premier Ministre des PTT /NTIC ; Thomas Luhaka
    3. Vice-Premier ministre de l’Emploi, Travail et Prévoyance Sociale : Willy Makiashi
    B. Deux ministres d’Etat
    1. Ministre d’Etat chargé du Budget : Michel Bongongo
    2. Ministre d’Etat chargé de la Décentralisation : Salomon Banamuhere

    C. Ministres
    1. Affaires Etrangères : Raymond Tshibanda
    2. Défense nationale : Aimé Ngoy
    3. Justice : Alexis Thambwe Mwamba
    4. Portefeuille : Louise Munga
    5. Relation avec le Parlement : Tryphon Kin Kiey Mulumba
    6. Communication et Médias : Lambert Mende
    7. Enseignement Primaire et Secondaire : Maker Mwangu
    8. Plan et révolution de la Modernité : Olivier Kamitatu
    9. Fonction publique : Jean-Claude Kibala
    10. Infrastructures et Travaux Publics : Fridolin Kasweshi
    11. Finances : Henri Yav Muland
    12. Economie : Modeste Bahati
    13. Environnement : Loyota Ndjoli
    14. Commerce : Mme Kudianga Bayokisa
    15. Industrie : Germain Kambinga
    16. Agriculture Pêche et Elevage : Kabwe Mwehu
    17. Affaires Fonctières : Bolenge Tenge
    18. Mines : Martin Kabwelulu
    19. Hydrocarbures : Crispin Atama Tabé
    20. Energie : Jeannot Matadi Nenga
    21. Culture et Arts : Baudouin Banza
    22. Tourisme : Elvis Mutiri wa Bashara
    23. Santé : Félix Kabange Numbu
    24. ESU : Théophile Mbemba
    25. Enseignement technique et Professionnel : Jean Nenga Tshimanga
    26. Urbanisme et Habitat : Omer Egwake
    27. Transport : Justin Kialumba Mwana Ngongo
    28. Recherche scientifique et technologie : Daniel Madimba
    29. Genre, Famille et Enfant : Bijou Kat
    30. PME : Bohongo Mpoyi
    31. Développement Rural : Eugène Serufuli
    32. Jeunesse, Sport et Loisirs : Sama Lukonde Kienge

    D. Vice-Ministres

    1. Intérieur : Mme Martine Bukasa
    2. Défense : René Sibu
    3. Justice : Mboso Nkodia Mpuanga
    4. Budget : Ernestine Nuoka
    5. Coopération Internationale : Franck Mwe-di-Malila
    6. Congolais de l’Etranger : Antoine Boyamba
    7. Energie Maguy Rwakabuba
    8. Finances : Albert Mpeti
    9. Plan : Lisette Lisangame Ngalamulume
    10. PTT : Enoch Sebinenza.

    Le phare

  • Ma part c’est combien?: la formule magique du Katanga…

    Ma part c’est combien?: la formule magique du Katanga…

    Moise-Près d’un million de tonnes de cuivre par an ! Jamais, ni durant l’époque coloniale ni sous le règne de Mobutu le Katanga n’avait atteint un tel record de production. Et cependant, dans la capitale du Katanga, l’atmosphère est morose. Faute de contournement, d’immenses semi remorques, immatriculés en Zambie, au Zimbabwe, en Afrique du Sud, traversent le centre ville et les quartiers densément peuplés dans un halo de poussière et de pollution. Ils transportent des ballots de minerais bruts, qui seront transformés hors des frontières, ou des produits chimiques hautement toxiques. « En cas d’accident, nous connaîtrons un Seveso à la puissance dix » s’inquiète un médecin expatrié qui constate aussi une explosion de cancers affectant même de enfants en bas âge. Un ophtalmologue confirme : « à cause de la poussière et de la pollution, nous assistons à un multiplication de cancers de la rétine, entre autres chez les jeunes enfants… »
    A la lisière de la ville, le site du Ruashi était autrefois le domaine des creuseurs artisanaux. Des milliers d’hommes, à mains nues, taillaient des galeries dans la terre meuble et en ramenaient des blocs striés de traînées rouges et brillantes. Aux abords de la carrière se pressaient les négociants, les femmes proposaient des brochettes, des bananes plaintain. Au milieu d’une musique assourdissante, l’argent, par petites coupures ou grosses poignées, circulait de main en main et il n’était pas rare de rencontrer des étudiants qui finançaient leurs études en devenant creuseurs à temps partiel. Ruashi aujourd’hui offre un paysage lunaire : la terre semble avoir été retournée par des mains de géants, les derniers arbres ont disparu, quelques silhouettes furtives se faufilent encore sur les collines de terre fraîchement retournées, dans l’espoir d’en ramener quelque caillou négligé par les excavatrices géantes. Des gardes sud africains défendent le site, des barbelés barrent l’horizon. Au volant de son taxi déglingué, Jacques se lamente : « les creuseurs ont été chassés et même les sites qui avaient été légalement attribués à l’exploitation artisanale ont été cédés aux grandes compagnies minières… Elles amènent leurs propres travailleurs, originaires d’Afrique australe et pour nous il n’y a rien. »
    Depuis la signature des contrats chinois en 2007 et l’irruption des géants de l’industrie minière, le Katanga connaît un boom spectaculaire, mais la population n’en bénéficie guère. Comment s’en étonner ? Le Congo est en passe d’être exclu de l’ITIE (Initiative pour la transparence des industries extractives) car 25 des principales sociétés minières de la place n’ont toujours pas pu prouver qu’elles payaient des impôts !
    Certaines d’entre elles assurent qu’elles bénéficient d’exemptions aussi longtemps que leurs investissements n’ont pas été amortis, d’autres ont contourné la loi en bénéficiant de complicités politiques. « Ta kwangu ni ngapi ? », « ma part est de combien ? » Voilà une phrase que tous connaissent par cœur et qui a fini par être collée comme un surnom aux plus hautes autorités de l’Etat… Par ailleurs, le gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi Chapwe, ne cesse de réclamer que Kinshasa, au minimum, applique la loi qui prévoit de rétrocéder aux autorités provinciales 40% des taxes perçues dans la capitale. « L’an dernier, le Katanga a envoyé à Kinshasa trois milliards de dollars et il en a reçu trente en retour… » assure un responsable qui tient à rester discret, « c’est notre province qui finance la reconstruction du pays… Voyez les péages routiers : chaque camion qui franchit la frontière à Kasumbalesa doit payer une taxe de 300 dollars, et chaque jour, ce sont 1500 camions qui se dirigent vers la Zambie et les ports de l’Océan Indien…Faites le compte… »
    Moïse Katumbi, le gouverneur du Katanga, est un personnage paradoxal : chacun sait que sa flotte de camions, heureusement appelée « Hakuna Matata » (pas de problème) franchit, elle, les péages sans rien débourser, que l’homme politique est aussi un homme d’affaires avisé, qui possède des journaux à sa dévotion, une station de télévision et une fortune personnelle se chiffrant en dizaines de millions de dollars. Mais nul ne lui en tient rigueur, bien au contraire : « puisqu’il est déjà riche, il ne volera plus » disent les uns, tandis que d’autres soulignent combien « Moïse » est un homme charismatique, qui adore les bains de foule et sait se montrer généreux. Et tous les Lushois (habitants de Lubumbashi) de nous montrer avec fierté la route de l’aéroport, élargie et asphaltée de neuf, le robot « made in RDC » qui, comme à Kinshasa règle la circulation du centre ville, les lotissements de luxe qui, du côté du Golf ou de l’hôtel Karavia, abritent des nouveaux riches…En outre, le gouverneur est le « patron » de l’équipe de football locale, le Tout Puissant Mazembe, l’une des plus redoutables du continent. Aujourd’hui, en plus d’une aura qui dépasse largement les frontières de sa province, Moïse Katumbi apparaît comme une victime : alors qu’il séjourne à l’étranger depuis deux mois, entre autres à Londres, toutes les sources « bien informées » assurent qu’il aurait été empoisonné et que ses relations sont exécrables avec le président Kabila depuis qu’il aurait exprimé son opposition à tout changement de constitution…
    Hier membre de la majorité présidentielle à la tête de son parti, « Solidarité katangaise pour la démocratie et le développement » Me Muyambo nous reçoit dans une luxueuse villa qui domine un parking où sont alignées des Hummer et autres 4x4de luxe. Passé à l’opposition, le bâtonnier se dit « hostile à l’idée d’un troisième mandat présidentiel. Il est certain que le changement de la Constitution provoquera des troubles au Congo : la population, au Katanga comme ailleurs, dit non. » Selon lui, dans la perspectives de prochaines contestations, le pouvoir se durcit : « alors que j’avais affrété un avion privé pour pouvoir aller tenir un meeting à Mbuji Mayi, au Kasaï oriental, c’est le Ministre de l’Intérieur lui-même qui, depuis Kinshasa, a ordonné à l’appareil de faire demi-tour. »
    Le désaveu de l’avocat est partagé par l’opinion : alors que le Katanga est considéré comme le fief électoral, la « base » du président Kabila , nous n’y avons rencontré personne, ni dans la rue ni dans les milieux intellectuels, qui soutienne l’idée d’une reconduction du chef de l’Etat après 2016. Pourquoi ? Ici aussi, la formule magique revient « de combien est ma part ? » et chacun, exemples ou rumeurs à l’appui, énumère les propriétés du « chef » et de sa famille dans la province : une ferme sur la route de Kasumbalesa, l’acquisition d’un domaine de 26.000 hectares à proximité de la réserve naturelle des Kundelungu, la transformation d’Ankoro, lieu d’origine de la famille Kabila, en « petit Gbadolite » katangais doté d’un aéroport flambant neuf, des participations dans les innombrables stations service qui ponctuent chaque carrefour de Lubumbashi. Tenues par des Somaliens, elles fournissent le carburant des véhicules privés mais aussi des innombrables groupes électrogènes qui tentent de compenser les coupures d’électricité et autres délestages quotidiens.
    Le boom minier, l’abattage des arbres, la multiplication des génératrices sont en passe de modifier le climat généralement tempéré de Lubumbashi, située à 800 mètres d’altitude : en pleine saison des pluies, le thermomètre est monté à 42 degrés. Sur le plan politique, la capitale du cuivre est tout aussi chaude : chacun assure que s’il devait s’avérer que « Moïse » a bel et bien été empoisonné, les explosions de colère seront inévitables. « Le Burkina, ce sera ici », proclame un étudiant, taximan à ses heures…

    Colette Braeckman

  • Fabiola, ancienne reine des Belges, est morte

    Fabiola, ancienne reine des Belges, est morte

    fabiola_21.10-Le Palais royal de Bruxelles a annoncé vendredi le décès de l’ancienne reine des Belges Fabiola, veuve du roi Baudouin. Elle avait 86 ans.

    “Leurs Majestés le roi et la reine et les membres de la famille royale annoncent avec une très grande tristesse le décès de Sa Majesté la reine Fabiola, survenu ce soir [5 décembre] au Château du Stuyvenberg à Bruxelles”, a indiqué le Palais dans un communiqué.

    Née Dona Fabiola de Mora y Aragon le 11 juin 1928 à Madrid, dans une famille de la noblesse espagnole, elle avait épousé Baudouin en décembre 1960. La cinquième reine des Belges s’était faite discrète depuis le décès brutal du souverain Baudouin en 1993, restant dans l’ombre du roi Albert et de son épouse, la reine Paola.

    En juillet 2013, elle avait assisté à la passation de pouvoir entre son beau-frère, le roi Albert II, qui avait succédé à Baudouin, et son neveu Philippe, dont elle était proche.

     

    (Avec AFP)

     

  • Décision de la CPI: «la justice m’a donné raison», se réjouit Kenyatta

    Décision de la CPI: «la justice m’a donné raison», se réjouit Kenyatta

    kenyatta-Les accusations de crimes contre l’humanité contre le président Uhuru Kenyatta ont été abandonnées par la Cour pénale internationale (CPI) vendredi 5 décembre. Au Kenya, la décision a été acclamée par le régime et de nombreux chefs de gouvernement africains. Elle a en revanche provoqué la déception du côté des victimes.

    « Je suis soulagé par cette décision qui aurait dû être prise il y a déjà six ans. La justice m’a donné raison : je suis innocenté, j’ai la conscience tranquille », s’est réjouit le président kenyan Uhurru Kenyatta, après l’annonce de la décision de la Cour pénale internationale d’abandonner les accusations de crime contre l’humanité à son encontre.

    Le bureau du procureur de la CPI a en effet estimé que les preuves réunies ne lui permettaient pas d’établir, au-delà du doute raisonnable, la responsabilité criminelle présumée du président kényan. ll avait réclamé un report du procès qui lui a été refusé le 3 décembre.

    « J’ai été catalogué, persécuté dans cette parodie de justice », a estimé le président kényan, dénonçant la partialité de la CPI. Au sein du Jubilée, la coalition au pouvoir, on a célébré la décision de la CPI et les messages de félicitations ont afflué de toutes parts.

    De nombreux gouvernements africains satisfaits de cette décision

    De nombreux gouvernements africains se sont réjouis de l’abandon des charges visant le président kényan. Pour Robert Dussey, ministre des Affaires étrangères du Togo, « l’Union africaine a pris la décision de soutenir le président kényan. La décision de la CPI vient donc à point nommé pour montrer combien il est important de laisser la justice travailler mais également de prouver qu’on peut être traduit devant la CPI et innocenté ».

    Mais selon lui, « la préoccupation essentielle de l’Union africaine et des chefs d’Etat africains est qu’il n’est pas question qu’un chef d’Etat en exercice soit traduit devant la CPI. C’est un problème de principe et de dignité. Nous pensons que la CPI doit en tenir compte pour l’avenir. »

    « La CPI a enquêté sur huit pays depuis son entrée en fonction en 2003. Tous sont africains. Ce n’est pas normal », déplore de son côté François Fall, ministre des Affaires étrangères de la Guinée Conakry. « Je pense que la position qui avait été adoptée par l’Union africaine est conforme a une certaine réalité parce que les Africains considèrent que la CPI ne vise généralement que les dirigeants africains alors qu’ailleurs dans le monde il y a des crimes tout aussi sinon plus monstrueux qui sont commis. »

    « Un déni de justice »

    Du côté des victimes, l’abandon des poursuites est une énorme déception. « C’est un déni de justice pour les 20 000 victimes présumées des massacres post électoraux », s’est insurgé Fernal Gaynor, l’un des avocats des parties civiles. « C’est un déni justice malgré les têtes coupées, les femmes violées, les déplacés, qui n’ont toujours reçu aucune compensation », déplore-t-il. L’avocat accuse le gouvernement kényan d’avoir orchestré une campagne d’intimidation vis-à-vis des témoins. « Ils les ont menacé, leur ont donné de l’argent, et ont empêché les enquêteurs d’interroger des officiels », s’indigne-t-il.

    Pour l’analyste kényan Makau Mutua, c’est un jour sombre et traumatisant pour les victimes. D’autres observateurs estiment que cette décision porte même un coup à la crédibilité de la CPI et s’étonnent du fait que les juges concluent à la non-coopération du gouvernement sans qu’il ne soit sanctionné pour autant.

    Poursuites maintenues pour William Ruto

    Les poursuites à la CPI sont en revanche maintenues vis-à-vis du vice-président William Ruto. « La route est encore longue », a déclaré la ministre des Affaires étrangères, Amina Mohamed. « Nous travaillerons sur son dossier avec la même détermination », a-t-elle ajouté.

    Dans son communiqué, le président kényan affirme espérer que William Ruto soit innocenté rapidement. Les deux hommes, anciennement rivaux, ont en effet fondé leur alliance sur le fait d’être tous deux accusés de crimes contre l’humanité. Ils ont été élus en se présentant comme des victimes de la justice internationale. Avec l’un blanchi et l’autre toujours accusé, reste à savoir comment les deux hommes feront survivre cette union pragmatique depuis le début.

    rfi