Author: Don Kayembe

  • Racisme : attentat à Tintin

    Racisme : attentat à Tintin

    tintin02-Une opération commando antiraciste vient de s’en prendre, dans une librairie parisienne, aux exemplaires de “Tintin au Congo”. Énième tentative de museler d’anciennes caricatures d’Africains parlant le “petit nègre”…

    “Le XXIe siècle sera raciste ou ne sera pas”, aurait pu dire André Malraux, tant les pulsions policières américaines où les penchants hooligans européens laissent penser que l’acceptation du teint d’autrui n’est pas au programme de ce début de millénaire. Pourtant, la légitime crispation des “officiels” de l’antiracisme ne pourrait-elle pas trouver meilleure cible qu’un personnage de bande dessinée anachronique ?

    Il est vrai qu’en ce mois de Noël, les BD se vendent comme des petits pains ; tout particulièrement les vieux albums, tant il est démontré que les parents achètent, pour leurs enfants, les cadeaux qu’ils auraient aimé recevoir, quelques décennies auparavant. La vieille école graphique de la ligne claire belge remonte donc en tête de gondoles, ce qui ne pouvait échapper au “Groupe d’intervention contre le racisme”.

    Lundi 8 décembre, un “commando” d’une cinquantaine de ses membres s’en est pris à l’album “Tintin au Congo” et son ramassis de phylactères en “petit nègre”. Il a pris une enseigne parisienne à l’abordage – la FNAC des Halles -, déposant, sur chaque exemplaire des aventures africaines du petit reporter, des autocollants “Produit toxique, relents racistes, peut nuire à la santé mentale”.

    Ce n’est pas la première fois que le héros du dessinateur Hergé subit les assauts des antiracistes. Depuis 2012, le Conseil représentatif des associations noires de France réclame, au mieux, l’interdiction de la vente de l’ouvrage, ou, au moins, l’ajout d’une préface avertissant les lecteurs du caractère “colonialiste” de l’album. Mauvais point pour le CRAN : l’étudiant congolais Bienvenu Mbutu Mondondo fut débouté devant la cour de justice de Bruxelles dans une affaire similaire. Bon point : une telle préface existe dans certaines versions américaines, comme celle de l’éditeur Last Gasp qui explique que “Dans son portrait du Congo Belge, le jeune Hergé est le reflet des comportements coloniaux de l’époque. Il a lui-même admis qu’il a dépeint les Africains selon des stéréotypes bourgeois et paternalistes”.

    Dans les années 40, le dessinateur aurait donc été davantage la victime d’un bourrage de crâne que le coupable d’une incitation à la haine raciale. L’actuel éditeur européen, Casterman, quand il ne fuit pas les débats, indique déceler, dans l’œuvre contestée, moins de “racisme” que de “paternalisme gentil”.

    >> Lire notre dossier : “Oublier Tintin”

    Au moment où il dessinait la première version de “Tintin au Congo”, Hergé n’avait jamais mis les pieds en Afrique. Dédouanement supplémentaire d’un artiste qui n’a pas vocation à être historien ? Ou circonstance aggravante qui lui interdisait de placer dans la bouche d’Africains des phrases comme “Li missié blanc très malin”. Lesquels personnages africains parlaient moins bien le français que Milou, le chien de Tintin qui lançait à ces “indigènes” fictifs : “Allons, tas de paresseux, à l’ouvrage !”. Un chien qui houspille des Noirs, c’est peut-être le comble du mépris. Un chien qui parle, c’est peut-être la preuve que l’album ne se voulait pas conforme à la vérité…

    Aujourd’hui, le présumé afrophobe Tintin parle le wolof dans “Kumpag Wangalang Wi”, la version du “Secret de la Licorne”…

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    Par Damien Glez

    Jeuneafrique

  • Migration clandestine : la Méditerranée, “route la plus mortelle du monde” en 2014

    Migration clandestine : la Méditerranée, “route la plus mortelle du monde” en 2014

    naufragemigrants-En 2014, 3 419 migrants en quête d’un avenir meilleur ont perdu la vie en tentant de traverser la Méditerranée, selon un rapport rendu public mercredi par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés.

    Depuis le début de l’année, plus de 207 000 migrants ont tenté de traverser la Méditerranée. En comparaison, le précédent record datant de 2011 était de 70 000 migrants. C’était en plein Printemps arable. Selon Adrian Edwards, porte-parole du HCR, “Ces chiffres constituent une nouvelle étape à laquelle nous assistons cette année : nous faisons face à un arc de conflits et l’Europe y a été directement confrontée”. Près de 80% des départs s’effectuent depuis les côtes libyennes (en raison de la situation dans le pays) pour rejoindre l’Italie ou Malte.

    60 051 syriens sont arrivés en Italie cette année, fuyant la guerre civile. Les Érythréens sont 34 561 à avoir traversé la Méditerranée pour franchir les frontières italiennes. Ces derniers voulant échapper, selon le HCR, à la répression brutale du pouvoir, au service militaire à vie, et au travail forcé, non rémunéré et à durée illimitée.

    Mais la Méditerranée n’est pas la seule “route mortelle du monde”. 540 personnes ont péri en essayant de traverser le golfe de Bengale en Asie du sud-est, la plupart en provenance du Bangladesh ou de Birmanie et à destination de la Thaïlande ou de la Malaisie. En Mer rouge et dans le golfe d’Aden, au moins 242 personnes ont perdu la vie, tandis que dans les Caraïbes le nombre de morts ou de disparitions signalées s’élevait à 71 début décembre.

    Réponse inadaptée des États européens

    Le HCR pointe la responsabilité des États dans l’explosion de ces statistiques. “Vous ne pouvez pas utiliser des moyens de dissuasion pour empêcher une personne de fuir pour sauver sa vie, sauf en augmentant les dangers”, a affirmé M. António Guterres, Haut-Commissaire de l’ONU pour les réfugiés. L’organisation regrette que certains gouvernements se focalisent davantage sur le maintien des étrangers hors de leurs frontières que sur le respect de l’asile. Il faut “s’attaquer aux vraies causes profondes, c’est-à-dire examiner les raisons pour lesquelles les personnes fuient, ce qui les empêche de chercher asile par des moyens plus sûrs, et ce qui peut être fait pour sévir contre les réseaux criminels qui prospèrent dans ce contexte, tout en protégeant les victimes” a-t-il ajouté.

    Ces dernières années, la question de l’accueil des migrants a été au centre de frictions entre l’Italie et certains pays européens. Les autorités italiennes avaient lancé “Mare Nostrum”, une opération sans précédent pour sauver des dizaines de milliers de migrants en Méditerranée. Pour le seul mois de novembre, 8 000 migrants ont été secourus en mer Méditerranée. Des bateaux de sauvetage ont encore porté secours fin novembre à 320 migrants sur une embarcation de fortune, rapatriés au port d’Augusta (Sicile), et à un autre bateau avec à son bord 182 migrants, transportés jusqu’à Porto Empedocle en Sicile. Mais la fin “Mare Nostrum” a récemment été confirmé par l’Italie, faute de soutien de ses partenaires.

    Une nouvelle opération baptisée “Triton” et  gérée par Frontex, l’organisme européen chargé de la surveillance des frontières extérieures de l’Union européenne est en cours de préparation. Mais elle sera limitée à la surveillance de la frontière extérieure de l’UE en Méditerranée.

    (Avec AFP)

     

  • LIBRE OPINION:  Mlc : l’enjeu de la gestion chaotique des ambitions

    LIBRE OPINION:  Mlc : l’enjeu de la gestion chaotique des ambitions

    MLC logo-Sur Facebook circule un kaléidoscope présentant une demi-douzaine de cadres politiques du Mlc en rupture de banc avec Jean-Pierre Bemba. Si la mémoire ne trahit pas, on en compterait plutôt une douzaine. Au nombre desquelles Alexis Thambwe Mwamba, José Endundo, Vincent Lunda Bululu, Olivier Kamitatu, José Makila, Yves Kisombe, Jean-Lucien Bussa, François Mwamba, Elvis Mutiri wa Bashala, Adam Bombole et, maintenant, Thomas Luhaka, Omer Egwake et Christian Kambinga. Les uns ont dû démissionner, les autres ont été démissionnés, tous au mois ont en partage le fait de n’avoir pas trouvé satisfaction dans la réalisation de leurs ambitions…

              Pour la petite histoire, c’est au lendemain de la clôture de la Cns (Conférence nationale souveraine) en 1992 et du Cpk (Conclave politique de Kinshasa) en 1993 – c’est-à-dire pendant la période précédant la tenue des négociations politiques  qui avait institué la 3ème voie – que la terminologie politique zaïroise s’était enrichie de la nouvelle expression ” gestion des ambitions“.

                Alors monseigneur, l’archevêque de Kinshasa Laurent Monsengwo, porté à la tête du Haut Conseil de la République (Hcr), étaient des premiers à en apprécier le sens. D’autant plus que la gestion des ambitions était devenue un facteur de déstabilisation des partis et des plateformes politiques, une épine dans le processus démocratique.

                Pour en saisir la portée, il faut partir du 24 avril 1990 avec la fin du Monopartisme d’Etat (Mpr Parti-Etat), donc la libéralisation de l’activité politique.

                Longtemps contenues par le régime et le système en place au moyen de l’étatisation de l’appareil politique ou la politisation de l’appareil étatique (au choix), les ambitions avaient du coup implosé.

                Résultat : en sept ans (1990-1997), 445 partis politiques vont se faire enregistrer aux fins de concourir à la conquête, à l’exercice et à la conservation du Pouvoir d’Etat.

                C’est à cette époque qu’apparaît le phénomène “parti politique-mallette“. Il suffit d’obtenir son agrément au ministère de l’Intérieur, d’accéder à un tout petit financement et d’avoir le bagout pour s’attirer l’attention des médias, et on devient… leader. Un premier passage à la tribune de la Cns, un deuxième à la tribune du Cpk, on se fait remarquer et on se fait passer pour un incontournable. Lors des Concertations nationales en septembre-octobre 2013, on entendra un acteur politique venu dans le cadre de la Cns en 1991 lancer à son collègue député : “Suki pembe na Palais du Peuple“. Oui, cela fait 22 ans qu’il y surfe !

                Seulement voilà : après avoir porté soi-même sa mallette, le leader réalise qu’il lui faut un porteur qui, lui-même, “témoin et acteur ” direct ou indirect de l’embonpoint du leader, finit par se découvrir les vertus auto-déterminantes. Ainsi, aux côtés du parti “Omer” naît le parti “Omer radical“, suivi du parti “Omer républicain” ou “Omer modéré“.

                Vingt cinq ans après, peut-on dire que les choses ont changé ? Pas du tout. La “wenganisation” de l’espace politique est si forte que la dernière expérience en date, nous la vivons avec deux plateformes politico-sociales dénommées “Sauvons la RDC” et “Sauvons le Congo“, alors qu’on peine encore à distinguer les groupes parlementaires “Fac” ! Ne parlons même pas de l’Udps où on a un groupe parlementaire désavoué par la direction politique du parti continue d’engager ce dernier aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur.

                Oui, c’est toute la problématique de la gestion des ambitions.

                Ce qui se passe au sein du Mlc ne devrait pas (nous) étonner. Au contraire, il y a là matière à interpellation pour toutes les personnes physiques en charge du leadership.

                Sur Facebook, réagissant à un statut, observation a été faite de la responsabilité que requiert le leadership.  En politique comme en culture, en affaires comme en religion, quand on accepte d’être leader, il faut savoir qu’on se met au service de la communauté et non l’inverse. On se sacrifie pour la communauté avant d’exiger de la communauté des sacrifices en votre faveur. On cultive l’art du partage.

                Le fondement culturel africain, pour ne pas dire négro-africain, est que l’égoïsme se conçoit mal. Si la culture hellène nous dit que là où il y en a pour un, il y en a aussi pour deux, la culture nègre soutient plutôt que là où il y en a pour un, il y en a surtout pour dix !

                Tant mieux : d’aucuns y trouvent matière à pauvreté, et même à corruption. Hélas !, on a le choix entre faire avec ou non.

                Déjà, en les observant, les leaders politiques qui ont des problèmes récurrents dans leurs partis ou dans leurs plateformes sont ceux qui entretiennent la paupérisation autour d’eux, ceux qui réduisent les membres à un marchepied, ceux qui se croient soit maîtres après Dieu, soit maîtres avant Dieu, soit même maitres sans Dieu. Ils sont le centre du monde. Ou, pour reprendre le poète latin Ovide dans “Métamorphoses”, ils pratiquent le narcissisme au point de ” se complaire à s’admirer soi-même“, d’”avoir la prétention de se trouver (croire) le plus beau du monde“. En psychanalyse, on y trouve “un frein à l’évolution de la personnalité“.

                Au Mlc, il est de notoriété publique que Jean-Pierre Bemba a sale caractère. En témoignent ceux qui l’ont fréquenté ou le fréquentent. On ne peut alors dire de la douzaine de personnalités politiques citées en introduction qu’elles pratiquent de gaité de coeur la transhumance.

                A l’instar de bien des leaders politiques ayant pignon sur rue, Chairman a un défaut caractériel connu : la gestion chaotique des ambitions. C’est, du reste, ce qui avait fait perdre au Mlc et à l’Un le gouvernorat de la ville de Kinshasa et de la province du Bas-Congo. Dans son milieu, il se dit qu’il n’avait voulu entendre personne, surtout aucune objection.

                Or, un leader avisé, c’est celui qui sait consulter, qui se met à l’écoute des siens. De sorte que la communauté se sente coresponsable du succès si succès il y a, mais aussi de l’échec, si échec il y a.

     

    Faites comme les Burkinabé : chassez-le du parti !

               

                De tristes événements de Bangui en 2002 aux non moins tristes événements de Kinshasa en 2008, Jean-Pierre Bemba, laisse-t-on entendre, imposait pratiquement sa volonté.

                Aussi, a-t-il connu non seulement l’exil, mais en plus le procès en cours à la Cpi. Il a ruiné, au sens propre comme au sens figuré, l’espoir des membres de son parti, des membres de sa famille biologique et de sa famille élargie, voire du personnel de son groupe industriel et commercial.

                Les militants, qui ne cotisent d’ailleurs rien pour faire fonctionner le parti, de même que les analystes et les chroniqueurs politiques peuvent qualifier les “transhumants” de traîtres, de taupes etc., mais l’évidence reste têtue : Bemba ne sait pas gérer les ambitions des siens. Il n’a jamais su le faire même quand il était à la tête de Scibe-Zaïre.

                Au final – et c’est un proche de Thomas Luhaka qui le révèle – “Fidèle Babala (prévenu devant la CPI), Alexis Lenga et Jacques Lungwana étaient tous candidats ministres, de même que la petite sœur de Jean-Pierre Bemba, la nommée Françoise Bemba. Leur colère à l’endroit du SG du MLC découlerait de leur absence de la liste du gouvernement“.

                Cet épisode n’est pas sans rappeler celui de l’Udps, l’un des partis qui souffrent terriblement de la mauvaise gestion des ambitions. Qualifiée à tort de fille aînée de l’Opposition, l’Udps a vu 33 des 41 députés élus sur sa liste oser défier Etienne Tshisekedi en s’en allant siéger à l’Assemblée nationale qualifiée d’”illégitime”, au motif que cette institution est issue des “élections frauduleuses”. Parmi les députés frondeurs se trouve, hélas !, une parente du lider maximo.

                L’enseignement à tirer est que le parti politique se crée pour conquérir, exercer et conserver le pouvoir d’Etat. Si, d’aventure, vous vous trouvez dans un parti qui ne veut pas conquérir le pouvoir ou, s’il le conquiert, il ne veut pas l’exercer, ou encore, s’il l’exerce, il ne veut pas le conserver  au profit de sa communauté, alors ne vous arrêtez à vous indigner. Faites comme les Burkinabé : chassez-le du parti !

                Si donc vous vous trouvez avec un leader qui gère mal les ambitions de son équipe, il ne vous reste qu’à faire ce que recommande la Bible : sortez de son milieu…

     

    Omer Nsongo die Lema

  • Crash manqué de Dakar : la version des faits du commandant

    Crash manqué de Dakar : la version des faits du commandant

    PlanespottersNet_211583-Soucieux de tirer les choses au clair, le pilote a tenu à faire une mise au point.                                                                                     L’opinion se rappellera, cela étant encore frais en mémoire, que l’avion qui transportait certaines autorités du pays, revenant de Dakar au Sénégal et venait de se clôturer les assises du XVème sommet de la Francophonie, avait connu des difficultés techniques qui l’avaient obligé à rebrousser chemin.
    La nouvelle avait fait la une de plusieurs journaux du pays, et particulièrement de la ville de Kinshasa. Certains ont imprimé une connotation dramatique à l’événement au risque de jeter un discrédit sur cet aéronef. Soucieux de tirer les choses au clair, le pilote a tenu à faire la mise au point ci-dessous.

    Communiqué de presse sur un prétendu crash raté de l’avion GIV du Gouvernement

    Suite aux différent rumeurs relayées par la presse sur un supposé crash raté de l’avion du Gouvernement lors de son vol de retour en provenance de Dakar, ramenant les officielles congolais le Commandant de l’appareil s’est vu dans la nécessité de porter à l’attention du public la vérité des faits

    L’avion du Gouvernement immatriculé 9QC-GC est de type Gulfream IV(GV) de fabrication américaine. Acquis aux Etats Unis en 2013, après évaluations techniques rigoureuses par des équipes américaine et sud-africaine: il est soumis aux contrôles techniques réguliers le dernier en date est son entretien complet effectué à New York, aux Etats-Unis en juin 2014.

    Il sied donc de relever qu’il est techniquement au point. Ce qui, par ailleurs, justifie qu’il peut voler dans le ciel de tous les pays du monde.

    En date du lundi 1er décembre 2014, 20 minutes après le décollage de l’aéroport de Dakar, pour regagner Kinshasa, avec des officiels congolais, une partie du hublot extérieur droit position 5 a cédé. Il faut noter que le système étant double, le hublot intérieur est resté en place.

    Conformément aux procédures adéquates et prévues par le constructeur de l’avion, nous avons quitté l’altitude de 41.000 pieds en descente contrôlée vers 35.000, pieds, comme le prévoit ledit constructeur dans son manuel des procédures QRH AFM3 – 2520 et en accord avec le contrôleur de Dakar, nous avons volontairement réduit d’altitude, en vue de poursuivre normalement le vol. Cependant, au regard de l’état d’esprit de quelques passagers, et le temps de vol restant pour regagné Kinshasa étant de 4 heures et 30 minutes, nous avons résolu de ramener l’avion à Dakar et avons par l’initiative, en notre qualité de Commandant de bord d’informer les passagers de notre décision ce qui fut fait, et 30 minutes après, l’avion avait atterri normalement.

    Il est donc inexact d’avancer que ; l’avion avait perdu vertigineusement d’altitude, la descente s’est faite de manière contrôlée et voulue.

    L’air extérieur entrait dans l’avion. Ceci n’est pas vrai. Un avion de ce type étant pressurisé, en cas de défaillance complète d’un hublot, c’est plutôt l’air comprimé de l’intérieur qui s’échappe, les masques d’oxygène tombent automatiquement car à une telle altitude, l’être humain ne peut respirer et les passagers pouvaient être aspirés vers l’extérieur.

    L’atterrissage s’est fait de manière fracassante. Ce qui est complètement erroné En effet, l’avion a atterri de manière normale et nous n’avons pas eu besoin d’une assistance au sol pour ce faire.

    Pour preuve, les enregistreurs de vol contiennent les échanges entre l’équipage et la tour de contrôle de Dakar. Lesquelles n’ont pas nullement part d’une situation pour d’urgence ou catastrophique qui aurait justifié le retour de l’appareil.

    Il est donc factice de désorienter l’opinion publique sur un prétendu crash qui aurait été évité.

    Fait à Kinshasa, le 06 décembre 2014

    Bob Jansens
    Commandant
    Licence congolaise 564/F
    Licence américaine 2565075

    L’Observateur

  • OIF : la trahison de Dakar

    OIF : la trahison de Dakar

    maky-Jean Claude de L’Estrac, candidat mauricien malheureux au poste de secrétaire général de la Francophonie.

    Je tiens à préciser, de prime abord, que les propos que je tiens ici n’engagent que moi, et ne peuvent, en aucune manière, être imputés à l’État mauricien.

    Mais j’estime qu’il est de mon devoir, pour le bien même de la Francophonie, de dénoncer l’opération qui, au pays de Senghor, a vu l’Organisation internationale de la Francophonie être attribuée à l’Amérique du nord.

    La personnalité et les qualités de Mme Michaëlle Jean n’est pas le sujet. Ni la volonté du Canada, grand pays de la Francophonie, à diriger cette organisation dont il est un des deux principaux contributeurs. Personnellement j’ai de l’admiration pour la francophonie innovante et vivante du Québec que j’ai souvent visité.

    La question essentielle est que la Charte de l’Organisation n’a pas été respectée et que le nouveau secrétaire général a été désigné et imposé par une entente diplomatique entre la France et le Sénégal. Elle s’est manifestée suite à des tractations dont la plupart des pays membres ignorent les tenants et aboutissants.

    Le prétexte est qu’il y avait quatre candidats africains et la candidate du Canada qui entendaient se présenter. Et alors ? C’est bien pour gérer ce cas de figure – ce qui est d’ailleurs un signe de vitalité – que l’article 6 de la Charte de l’OIF prévoit une élection. L’on ne peut pas prétendre promouvoir la démocratie dans l’espace francophone et utiliser les méthodes despotiques à l’ancienne pour imposer un candidat suite à des tractations secrètes. C’est une première trahison, la charte est trahie. Le procédé n’a été ni ouvert, ni transparent, ni démocratique. Et ni méritocratique. Si des élections en bonne et due forme avaient été tenues, le résultat aurait été tout autre.

    Qu’ils aient décidé, sans vraiment se battre, de retirer une à une leurs candidatures en faveur de la candidate du Canada est incompréhensible, inexpliqué et inexplicable.

    Ensuite, partout où je me suis trouvé en Afrique, tous les dirigeants politiques rencontrés n’ont eu de cesse d’affirmer que le poste de secrétaire général devait être occupé par un représentant des pays du sud, un Africain s’entend, dans le respect de ce qu’ils appellent le Pacte de Hanoi. Malgré les pressions françaises, qu’ils aient finalement décidé, sans vraiment se battre, de retirer une à une leurs candidatures en faveur de la candidate du Canada est incompréhensible, inexpliqué et inexplicable. Le président de la République de Maurice a longtemps résisté avant de se trouver devant le fait accompli d’un “consensus” restreint avant même qu’il n’ait eu la possibilité de dire que Maurice était disposée à se soumettre à un vote.

    Le président français a activement animé la discussion même si la France, apparemment n’avait pas officiellement de candidat. Mais le président français ne s’était pas privé, la vieille de l’élection prévue, de dire son choix ; il avait dit publiquement le bien qu’il pensait de la candidate du Canada. Il avait jusque-là prétendu vouloir œuvrer en faveur d’un consensus africain. À Dakar, le pacte de Hanoi a été trahi.

    Enfin, Maurice a toutes les raisons de se sentir trahie. La candidature mauricienne a été assez largement encouragée tant par des diplomates français qu’africains. Elle est née d’une réflexion qui disait vouloir rompre avec la Françafrique, qui entendait pousser l’OIF à  se tourner vers l’océan Indien et l’Afrique orientale. Ce qui avait retenu notre attention, c’est l’appréciation du cas mauricien. On soulignait que “Maurice est un État extrêmement moderne et dynamique, résolument tourné vers les investissements d’avenir au profit de la jeunesse et désireux de jour un rôle de pont entre l’Afrique et les grands acteurs de l’océan indien”.

    Sur la base de ce constat, on avait dressé le portrait du prochain secrétaire général de l’OIF. “En choisissant une personnalité de cette région, nous donnerions acte à l’OIF de sa capacité à apporter un message universel sur les sujets qui mobilisent des sociétés civiles, qui sont des enjeux décisifs pour la jeunesse de ces pays pour leur avenir et pour la stabilité du monde… Nous devrions donc, à l’occasion du renouvellement du secrétaire général, montrer notre capacité à ouvrir le jeu et à engager résolument l’OIF dans la voie de la modernité et d’un rôle universel, dynamique et proactif.”

    Quand le président Hollande a jeté son poids en faveur du Canada, les Africains ne se sont pas fait beaucoup prier pour s‘exécuter.

    C’est fort de cette nouvelle orientation annoncée de la diplomatie française et encouragée par de nombreux diplomates français et la parole de nombreux dirigeants africains que l’État mauricien décide de s’engager dans cette campagne. Les propos que le président Hollande tient au Premier ministre mauricien achèvent de le convaincre du soutien tacite français.

    Mais c’est surtout en Afrique que le candidat mènera campagne. Une campagne intense, axée sur des propositions précises et concrètes qui recueillent une large adhésion. Nous avons recensé plus de 400 articles de presse. Je crois qu’on n’a jamais autant parlé de Maurice et de francophonie qu’au cours de cette année. Presse écrite, radio, télévision. Mais je constate une faiblesse africaine : tous les dirigeants africains rencontrés voulaient d’abord connaître la position française. Quand le président Hollande a jeté son poids en faveur du Canada – malgré les réticences du Quai d’Orsay – les Africains ne se sont pas fait beaucoup prier pour s‘exécuter. Même le président Ali Bongo a préféré partir plutôt que de s’opposer. Maurice a le sentiment d’avoir été trahie.

    Les conséquences pour l’OIF sont graves, il n’y a qu’à lire la presse africaine et même française. La déception est très forte. On spécule beaucoup sur d’éventuelles contreparties.

    En ce qui me concerne, je vais tourner la page. Je souhaite qu’une forme d’équilibre politique et gestionnaire soit trouvée à la direction de l’organisation pour sauvegarder le principe de la solidarité qui est censé être une vertu cardinale de l’organisation. Et plus que tout, il faut espérer que la francophonie économique voie le jour. Les dirigeants du Canada n’ont pas cessé, aux lendemains de l’élection encore, de me dire combien mon programme était pertinent et riche en propositions.

    Je voudrais réitérer mes remerciements au président de la République, au Premier ministre, au vice Premier ministre, au ministre des Affaires étrangères et aux diplomates du ministère pour leur soutien agissant. J’ai été soutenu à Dakar par une forte délégation composée notamment de la secrétaire aux Affaires étrangères, Mme Usha Canabady, de M. Roy Bissondoyal, chargé d’Affaires à l’ambassade de Maurice, M. Vijay Makhan, M. Amédée Darga, de Mme Marie-France Roussety qui se sont totalement investis dans cette bataille. Je remercie tous ceux, très nombreux à Maurice, en Afrique, en Asie et en Europe qui m’ont donné des ailes dans cette campagne qui a été longue et harassante.

    Je termine en suggérant ce qui pourrait être mon  prochain livre. Mon titre provisoire est trouvé : l’ambition mauricienne, le paradoxe sénégalais, l’erreur française.

    ( Jeuneafrique)

  • RDC : Kabila nomme un gouvernement d’union nationale avec 7 opposants pour 47 portefeuilles

    RDC : Kabila nomme un gouvernement d’union nationale avec 7 opposants pour 47 portefeuilles

    joseph_kabila-Le président congolais Joseph Kabila a nommé ce week-end le gouvernement d’union nationale attendu depuis plus d’un an par ses compatriotes. Le Premier ministre Augustin Matata Ponyo est maintenu à la tête de cette équipe de 47 membres, parmis lesquels figurent 7 opposants et 3 vice-Premiers ministres.

    Recommandé par les concertations nationales d’octobre 2013, le gouvernement d’union nationale a – après un an d’attente – été nommé ce week-end en RDC. Composée de 47 membres – 48 avec le Premier ministre (3 vice-Premier ministres et ministres, 2 ministres d’État et ministres, 32 ministres et 10 vice-ministres) -, cette nouvelle équipe gouvernementale ne réserve pas de grande surprise. Le Premier ministre Augustin Matata Ponyo, réputé pour sa rigueur, a été maintenu à son poste.

    Sept opposants au président Joseph Kabila font leur entrée dans ce gouvernement. Thomas Luhaka et Germain Kambinga, deux leaders du Mouvement pour la libération du Congo (MLC) de l’opposant Jean-Pierre Bemba, ont été respectivement nommés vice-Premier ministre et ministre des Postes, Téléphones et Télécommunications (PTT), pour le premier, et ministre de l’Industrie pour le second.

    Michel Bongongo, représentant de l’opposition dite républicaine et proche du président du Sénat, Léon Kengo wa Dondo, a lui été désigné ministre d’État en charge du Budget. Et Daniel Madimba Kalonji, député de l’UDPS, parti d’Étienne Tshisekedi, opposant le plus radical à Kabila, a été nommé ministre de la Recherche scientifique.

    >> Lire aussi RDC : opposants ministrables ou débauchés de la République ?

    Parmi les nominations importantes figurent celle du professeur Evariste Boshab, secrétaire général du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD, parti présidentiel), vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur. La Défense revient à un ancien gouverneur du Katanga proche de Kabila, Aimé Ngoi Mukena, et les Finances à l’ancien directeur de cabinet adjoint de la présidence de la République, Henri Yav Mulang. Modeste Bahati Lukwebo, un fidèle d’Augustin Matata Ponyo, a été désigné au ministère de l’Économie. Le troisième vice-Premier ministre, Willy Makiashi, en charge de l’Emploi, du Travail et de la Prévoyance sociale, est quant à lui issu du Parti lumumbiste unifié (Palu, majorité présidentielle).

    Les Congolais ne seront pas totalement déboussolés par la nouvelle équipe, notamment avec le maintien aux affaires d’une dizaine de ministres de l’ancien gouvernement, dont des poids lourds tels Lambert Mende à l’Information, Martin Kabwelulu aux Mines, Raymond Tshibanda aux Affaires étrangères ou Félix Kabange Numbi à la Santé. Tryphon Kin-kiey Mulumba, qui milite ouvertement pour un troisième mandat de Kabila en 2016 malgré le verrou constitutionnel, passe quant à lui des Postes et Télécommunications aux Relations avec le Parlement.

    Parmi les nouveaux venus, on compte Aimé Ngoy Mukena à la Défense nationale, Alexis Thambwe Mwamba (ancien ministre des Affaires étrangères de 2008 à 2012) à la Justice, Olivier Kamitatu au Plan (l’ancien bras droit de Bemba avait déjà occupé ce poste entre 2007 et 2012), Théophile Mbemba Fundu à l’Enseignement supérieur, Omer Egbwake à l’Aménagement du Territoire. Enfin, le nouveau gouvernement d’union nationale ne brille pas par sa parité, avec moins de dix femmes nommées.

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    >> La liste complète du nouveau gouvernement :

    – Vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur et Sécurité : M. Evariste Boshab Mabudj

    – Vice-Premier ministre, ministre des PT-NTIC : M. Thomas Luhaka Losenjola

    – Vice-Premier ministre, ministre de l’Emploi, Travail et Prévoyance sociale : M. Willy Makiashi

    – Ministre d’Etat, ministre du Budget : M. Michel Bongongo

    – Ministre d’Etat, ministre de la Décentralisation et Affaires coutumières : M. Salomon Banamuhere

    >> Ministres

    – Affaires étrangères et Coopération internationale : M. Raymond Tshibanda

    – Défense nationale, Anciens combattants et Réinsertion : M. Aimé Ngoy Mukena

    – Justice, Garde des sceaux et Droits humains : M. Alexis Thambwe Mwamba

    – Portefeuille : Mme Louise Munga Mesozi

    – Relation avec le Parlement : M. Tryphon Kin-Kiey Mulumba

    – Communication et Médias : M. Lambert Mende Omalanga

    – Enseignement primaire, secondaire et Initiation à la nouvelle citoyenneté : M. Maker Mwangu Famba

    – Plan et Révolution de la Modernité : M. Olivier Kamitatu

    – Fonction publique : M. Jean-Claude Kibala

    – Infrastructures et Travaux publics : M. Fridolin Kasweshi

    – Finances : M. Henry Yav Mulang

    – Economie Nationale : M. Modeste Bahati Lukwebo

    – Environnement et développement durable : M. Bienvenu Liyota Ndjoli

    – Commerce : Mme Kudianga Bayokisa

    – Industrie : M. Germain Kambinga

    – Agriculture, Pêche et Elevage : M. Kabwe Mwewu

    – Affaires foncières : M. Bolengetenge Balela

    – Mines : M. Martin Kabwelulu

    – Hydrocarbures : M. Crispin Atama Thabe

    – Energie et Ressources hydrauliques : M. Jeannot Matadi Nenga Ngamanda

    – Culture et Arts : Banza Mukalay Nsungu

    – Tourisme : Elvis Mutiri wa Bashala

    – Santé publique : M. Félix Kabange Numbi

    – Enseignement supérieur et universitaire : M. Théophile Mbemba Fundu

    – Enseignement technique et professionnel : M. Jean Nengbangba Tshibanga

    – Aménagement du territoire, Urbanisme et Habitat : M. Omer Egbake

    – Transports et voies de communication : M. Justin Kalumba Mwana Ngongo

    – Recherche scientifique et Technologie : M. Daniel Madimba Kalonji

    – Genre, Famille et Enfant : Mme Bijou Kat

    – Petites et Moyennes entreprises et classe moyenne : M. Bohongo Nkoy

    – Développement rural : M. Eugène Serufuli

    – Jeunesse, Sports et loisirs : M. Sama Lukonde Kyenge

    >> Vice-Ministres :

    – Intérieur : Mme Martine Bukasa Ntumba

    – Défense nationale : M. René Sigu

    – Justice et Droits humains : M. Mboso Kodia Pwanga

    – Budget : Mme Ernestine Nyoka

    – Coopération internationale et intégration régionale : M. Franck Mwindi Malila

    – Congolais de l’étranger : M. Antoine Muyamba Okombo

    – Energie : Mme Maguy Rwakabuba

    – Finances : M. Albert Mpeti Biyombo

    – Plan : Mme Lisette Bisangana Ngalamulume

    – Poste et télécommunication : M. Enoch Sebineza

    ( Jeuneafrique)

  • S.-Leone : un 10e médecin meurt d’Ebola

    S.-Leone : un 10e médecin meurt d’Ebola

    khan-Le docteur Aiah Solomon Konoyima a succombé dimanche à la fièvre hémorragique Ebola, dans un centre de traitement de la maladie, près de Freetown, la capitale de la Sierra-Leone.
    Sa mort survient au lendemain de celles de deux de ses collègues, qui sont également morts de cette pandémie.
    Le plus grand médecin sierra-leonais engagé dans l’éradication de la fièvre Ebola dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, Sheik Umar Khan, est mort de cette maladie, en juillet.
    L’épidémie a fait quelque 1.600 morts en Sierra-Leone, un pays en pleine reconstruction de son système de santé détruit par la guerre civile, dans les années 1990.

    BBC

  • Archives coloniales belges: les chercheurs en émoi

    Archives coloniales belges: les chercheurs en émoi

    COLON-« Un vent d’inquiétude souffle sur la communauté des chercheurs qui travaillent sur l’Afrique coloniale belge », affirme une pétition publiée le 14 novembre par un Collectif d’une trentaine d’historiens africanistes, belges et étrangers, sous le titre : Un nouvel enterrement pour les archives coloniales belges ? Ses auteurs ont aussi adressé le 2 décembre une «Lettre ouverte» à Charles Michel, Premier ministre du gouvernement fédéral de Belgique. Ils lui demandent « d’arrêter cette opération de transfert physique » des Archives africaines du SPF-Affaires étrangères vers les Archives générales du Royaume.

    A l’origine de ce cahier des doléances, trois historiens – Jean-Pierre Chrétien, directeur de recherche émérite au CNRS, Christine Deslaurier, chargée de recherche à l’Institut de recherche pour le développement, et Léon Saur, docteur en Histoire à Paris1 Panthéon Sorbonne -, qui tentent d’alerter l’opinion sur les dangers du transfert des Archives africaines du « SPF-Affaires étrangères » vers les Archives générales du Royaume en Belgique. De leur point de vue, « les chercheurs et le public intéressé à consulter les archives coloniales belges n’ont rien à gagner dans une telle opération ».

    « Ces fonds méritent une attention plus large, explique Jean-Pierre Chrétien, car ils concernent l’histoire de toute l’Afrique centrale, de l’époque léopoldienne aux guerres mondiales, des périodes coloniale et postcoloniale, de la mort de Lumumba ou de l’évolution contemporaine tant du Rwanda que du Burundi… » C’est dans cet esprit que les auteurs de la pétition ont adressé le 2 décembre une « Lettre ouverte » à Charles Michel, Premier ministre du gouvernement fédéral belge, et à Didier Reynders, vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères et européennes.

    Ils rappellent que la consultation de ces archives a « permis une percée décisive dans le dossier Lumumba [et a] contribué à renouveler en profondeur la connaissance que l’on a de la révolution rwandaise de 1959 et de l’accession du Burundi à l’indépendance »… Et demandent d’arrêter purement et simplement « cette opération de transfert physique qui sera coûteuse pour le budget national et [qui] pourrait nuire à la crédibilité de la Belgique en donnant à penser que celle-ci a peur de son histoire coloniale ».

    La réponse ne s’est pas faite attendre, en la personne de Pierre-Alain Tallier, chef de section aux Archives générales du Royaume qui, le 3 décembre, a livré à RFI la réaction officielle des AGR – déplorant au passage que les intéressés n’aient pas pris contact avec lui pour en discuter en amont.

    L’homme s’est voulu rassurant, au téléphone comme dans la lettre qu’il nous a fait parvenir et dont nous vous livrons la copie intégrale. Il qualifie la décision du transfert « des archives statiques du ministère des Colonies » (5 kms linéaires) « et du gouverneur général de Léopoldville » (4,5 kms) de « rationnelle ».

    Et pour preuve de sa bonne foi, il nous fait parvenir un Jalon de recherche – un manuel des archives coloniales -, ainsi que les actes d’un colloque consacré à la gestion des archives africaines anciennes et contemporaines. « Ces deux publications vous montreront combien nous sommes impliqués dans la bonne conservation et l’ouverture à la recherche des archives relatives aux relations belgo-africaines », assure-t-il.

    Dont acte, nous répond Christine Deslauriers, qui se réjouit de l’ouverture d’un dialogue mais qui n’apprécie pas la réduction des questions des chercheurs « à une forme de résistance au changement ». Tout comme Léon Saur, qui déplore le « discours lénifiant » de M. Tallier, estimant qu’il cherche à « décrédibiliser ses contradicteurs en les faisant passer pour des conservateurs inadaptés ».

    « Un nouvel enterrement pour les archives coloniales belges ? »

    Elikia Mbokolo, l’un des signataires de la pétition, nous éclaire sur un malentendu qui peut paraître à première vue technique ou corporatiste, mais dont les enjeux sont bien réels : la poursuite du libre accès des chercheurs de toutes nationalités à ce patrimoine et le respect de son intégrité – qu’il estime menacée.

    RFI : Pourquoi cette inquiétude par rapport à ces archives ?
    Elikia Mbokolo : Oui, parce qu’il y a déjà eu un premier enterrement des archives. Le Congo a été la propriété personnelle du roi Léopold II de la Conférence de Berlin, 1885, jusqu’en 1908 – quand il a décidé de le céder à la Belgique moyennant des dessous de table financiers très importants. Avant de mourir, le Roi, personnellement, a fait brûler toutes les archives compromettantes pour lui, presque toutes. On sait que ces archives parlent du caoutchouc, de l’ivoire ou du massacre des éléphants congolais entre 1885 et 1908. Elles parlent de l’épisode assez connu des « mains coupées » : si les villages ne rendaient pas la quantité de caoutchouc dont on avait besoin, on prenait les hommes mâles adultes et on leur coupait la main. Je ne sais plus si c’était la gauche ou la droite pour commencer ; la deuxième fois, on leur coupait l’autre main, et si la famille continuait à ne pas donner le caoutchouc, on tuait le bonhomme ! Du côté des Belges, tout cela a été brûlé. Heureusement, il y avait des Anglais, des Suédois et autres, donc on a quand même des traces. Et les archives de la période belge qui restent, ont été gardées d’abord dans un bureau spécial du ministère des Colonies et puis transférées au ministère des Affaires étrangères où elles se trouvent aujourd’hui.

    Comment étaient-elles accessibles aux chercheurs ?
    Jusque vers 1985-1990, quand on allait dans ces archives, il était interdit de photocopier des documents. On pouvait prendre des notes bien sûr, mais chaque chercheur devait laisser les notes qu’il avait prises dans la journée et revenir le lendemain pour que l’archiviste ait le temps de vérifier les choses qu’il avait notées, est-ce qu’il y avait des choses compromettantes, etc. Il y eu un mouvement d’opinion qui a fait qu’on a ouvert ces archives. Et je peux dire – j’y étais encore l’année dernière, je dois y retourner en février – qu’elles sont libres d’accès. Mais si on les déplace aux Archives générales du Royaume, les AGR, il y a de forts risques qu’on les expurge… Quand on va les transférer, il faudra tout un temps pour les classer de nouveau, etc. On va sans doute les expurger, et je crains que l’accès soit difficile pour les chercheurs, surtout pour les chercheurs africains ou, comme on dit en Belgique, les « chercheurs noirs ». La couleur de la peau est un véritable enjeu parce qu’on imagine que si vous êtes noir, c’est que vous êtes anticolonialiste et donc, on ne vous montrera pas tous les documents que vous voulez voir… Alors qu’aujourd’hui, franchement, on peut voir, et même photocopier, tout ce qu’on veut.

    De quoi a-t-on peur ? Pourquoi ce recul dans l’accès aux archives, puisque vous l’analysez comme tel ?
    Mais c’est qu’il y a toujours des problèmes par rapport au passé colonial belge. Ils n’en sont pas totalement revenus. Il y a d’abord l’affaire Lumumba, mort assassiné. On a longtemps incriminé l’Etat belge, à commencer par le Palais. Ils ont toujours nié y être pour quelque chose et puis, un historien flamand a repris les archives, les textes, pour montrer qu’il y avait véritablement un plan pour l’assassiner. L’affaire est allée à un point tel que le Sénat belge a monté une Commission d’enquête sur les responsabilités belges. Et il est apparu qu’il y avait en effet un certain nombre de responsables mais, nous dit-on, à titre purement individuel. L’Etat, la monarchie, n’avait rien à y voir. Or aujourd’hui comme dans toute l’Europe, la société belge est de plus en plus ouverte. Beaucoup de Belges d’origine africaine, et notamment congolaise, demandent qu’il y ait des rues, des places Lumumba. Et la famille Lumumba veut réintenter un procès puisque, parmi les gens dont les noms ont été cités, quelques uns sont vivants et occupent des positions extrêmement élevés dans les milieux financiers et politiques belges. Des gens qui ont 85 ans environ.

    On peut les citer ?
    Il y a un Dolignon, qu’on connaît bien, qui est dans le staff de la compagnie Bruxelles Airlines et un de ses grands patrons. Du côté des banques, c’est plus compliqué parce que les banques belges, la Banque Lambert, la Société générale, ont été dans le grand mouvement européen absorbées par d’autres banques, notamment des banques françaises. Donc, s’il y avait une demande de « réparation », cela pourrait aller très loin. On fait tout pour escamoter cela et je crains qu’il y ait une opération de nettoyage des archives qui va être une catastrophe pour la connaissance du passé.

    Y a-t-il d’autres dossiers épineux ?
    Il y a des dossiers très compromettants sur les « relégations », comme on disait. Non pas des criminels qu’on emprisonnait, mais tous ceux qu’on reléguait dans des villages très loin de chez eux, qui étaient dans le secteur politique, dans l’agitation culturelle et même religieuse. La colonisation belge a été une sorte de Sainte Trinité, entre la famille royale- l’Etat -, les banques – la Banque Lambert, la Société générale – et bien sûr, l’Eglise catholique belge, qui avait obtenu que le Vatican et la Colonie signent un concordat pour avoir le monopole de l’enseignement. Donc, c’est une bombe à retardement. Jusqu’ici, la chance des chercheurs, c’est qu’il y a eu des missionnaires protestants, grâce au rôle des Etats-Unis dans la création de l’Etat indépendant du Congo et grâce aussi aux missionnaires anglais et suédois, qui eux ont des archives qu’on peut consulter. Mais les archives belges restent pour nous quand même de très, très loin, les plus importantes…

    Y a-t-il eu une réaction des autorités congolaises ?
    Elles sont un peu embarrassées par le dossier. Les autorités du Congo ont décidé que le passé, c’est passé, on n’en parle plus, [et que] maintenant, il faut parler d’autre chose. Cette réaction est très différente de celles de l’ancienne Afrique française ou de l’ancienne Afrique anglaise. Dans le cas de la France, par exemple, le massacre de Thiaroye en 1944 est quelque chose dont on parle encore. Et le président François Hollande s’est engagé dans les jours qui viennent à donner une copie de toutes les archives sur Thiaroye au Sénégal. On voit que c’est le jour et la nuit. Le passé, de toute façon, il est passé. Nous, notre boulot, c’est de le faire connaître. Et plus on le cache, plus les gens vont soupçonner qu’il y a vraiment des choses d’une gravité extrême.

    Qu’espérez-vous obtenir ?
    Dans beaucoup de pays, les archives coloniales, qui sont une chose spécifique dans l’histoire des nations, sont séparées des archives nationales. Et cela permet aux spécialistes des problèmes coloniaux d’avoir un accès, disons, confortable aux archives qui les concernent. Or, si on mélange ces archives, les responsables auront tendance à ouvrir plutôt les places aux chercheurs qui s’occupent de l’histoire nationale plutôt qu’à ceux qui s’occupent de l’histoire coloniale. Sans compter que dans le transfert des archives, il y a toujours un nettoyage. On peut craindre, compte tenu du passé léopoldien et colonial, que pendant ce nettoyage, le plus intéressant soit détruit à jamais.

    Vous demandez un statu quo ?
    On demande un maintien en l’état actuel et que peut-être – on a un dossier important de réparations – si ces locaux sont insuffisants, on trouve ou qu’on construise un autre espace où on pourrait déposer ces archives. Dans l’affaire, il serait intéressant que le pouvoir belge s’approche du pouvoir congolais de telle sorte que le Congo s’investisse aussi dans ces archives : c’est quand même la mémoire de l’Etat congolais.

    RFI

  • Les 10 villes les plus chères d’Afrique

    Les 10 villes les plus chères d’Afrique

    angola-Luanda, la capitale de l’Angola, est la ville la plus chère du monde pour les expatriés, plus que Tokyo, Moscou, Londres ou New York, selon le classement 2014 du cabinet d’études américain Mercer. Les prix flambent dans toutes les villes où coule de l’or noir : Ndjamena, Libreville et Lagos, mais les pétrodollars n’expliquent pas tout. Dix villes africaines, parmi lesquelles Bamako, Conakry et Dakar figurent aussi parmi les 50 villes les plus chères du monde.

    1. Luanda, la ville la plus chère du monde
    Dans la capitale de l’Angola, second producteur de pétrole en Afrique après le Nigeria, tout se compte en dollars. Les expatriés y réfléchissent à deux fois avant de sortir le soir. Le moindre verre coûte 20 euros, et le double pour un dîner au restaurant. Dans les fast-foods, des formules de base à 11 euros coûtent encore deux fois plus cher qu’à Bruxelles… Le salaire d’un policier de base s’élève à 320 euros par mois. Les logements neufs se vendent autour de 1 700 euros le mètre carré, mais les loyers sont hors de prix : 2 500 euros par mois pour un studio, jusqu’à 7 500 euros pour une maison. Depuis la crise financière de 2008, la ville attire une nouvelle vague d’immigration en provenance du Portugal. Des personnes attirées par l’emploi et les gros salaires qui correspondent au standing angolais.

    2. Ndjamena, pétrodollars et nouveaux buildings
    L’effet pétrole joue aussi dans la capitale du Tchad, même si le pays reste l’un des plus pauvres de la planète – 184e sur 187 pays, selon l’Indice de développement humain (IDH). Ndjamena n’en est pas moins la seconde ville la plus chère du monde dans le classement Mercer. Elle surpasse Hong Kong, Singapour, Zürich, Genève et Tokyo. Folie des grandeurs ? La Cité internationale des affaires, un complexe en chantier, comprendra deux tours de 23 étages. Un projet commandé par le président Idriss Déby à l’architecte sénégalais Pierre Goudiaby, pour un coût de 366 millions d’euros.

    3. Victoria, paradis fiscal des Seychelles
    La 13e ville la plus chère du monde n’est autre que la capitale des Seychelles. Située sur Mahé, la plus grande île de cet archipel de l’océan Indien (jadis nommée Abondance), cette ville de 25 000 habitants encaisse de fortes sommes d’argent en devises grâce au tourisme haut de gamme, aux exportations de vanille, de savon et d’écailles de tortue, mais aussi parce qu’elle est un paradis fiscal très discret. Depuis 2001, une loi empêche les étrangers de régler leurs notes d’hôtel en roupies des Seychelles. Ces îles sont aussi devenues un terrain de jeu pour les expatriés qui s’ennuient à Dubaï, à quelques heures d’avion. Yachts de luxe et villas de rêve se traduisent par des notes très salées, dans le moindre hôtel ou restaurant.

    4. Libreville, l’Afrique chic
    La capitale du Gabon arrive 19e dans le classement Mercer, après New York (Etats-Unis), Shenzhen (Chine) et Tel-Aviv (Israël) et juste avant Kinshasa. Pour une virée dans les hauts-lieux du luxe et les bas-fonds de cette ville pétrolière d’Afrique centrale, il faut lire les romans policiers de Janis Otsiemi. Où l’on apprend que « bongo » n’est pas seulement le patronyme des présidents, père et fils, qui dirigent le pays depuis 1967, mais aussi le petit nom qu’on donne à l’argent. Gros sujet de préoccupation pour tous les frappés du « mal de poche » : 20% de chômeurs et 33% de pauvres.

    5. Kinshasa flambe en billets de 100 dollars
    Forte dépendance vis-à-vis des importations, taux de change défavorable, circulation de très grosses sommes pour cause de commerce illégal de diamants et de minerais : tous les ingrédients sont réunis pour rendre la vie très chère à Kinshasa. Cent dollars, c’est le prix d’un dîner dans un restaurant huppé ou d’un taxi loué à la journée. Beaucoup de Kinois en sont réduits, pour se chausser, à se contenter de simples « babouches » (tongs en plastique), et pour se nourrir, à cultiver des légumes sur les trottoirs. Même les administrations du pays exigent d’être payées en billets verts et ne rendent la monnaie qu’en liasses de francs congolais.

    6. Lagos et ses îles huppées
    Cette mégalopole de 12 millions d’habitants est la 25e ville la plus chère du monde. Pour des raisons liées à la sécurité, expatriés et millionnaires nigérians vivent concentrés à Ikoyi et Victoria Island, deux îles huppées du centre-ville qui donnent sur la lagune. Là, un gin tonic est facturé 24 euros, trois fois plus cher qu’à Paris. Eko Atlantic City, le futur « Dubaï de l’Afrique », une extension du quartier d’affaires de Lagos Island, verra bientôt des buildings se dresser sur une île artificielle en cours de construction. Même à Lekki, un quartier de la classe moyenne et supérieure, on ne trouve aucun deux-pièces à moins de 1 300 le mois, payable d’avance sur 24 mois, sans compter le générateur, qui pompe 5 euros de diesel par jour au bas mot.

    7. Brazzaville, une ville qui carbure à deux vitesses
    Le grand jeu à Brazzaville consiste à montrer qu’on a de l’argent, à faire son shopping le week-end à Paris ou partir fêter son anniversaire à New York… L’élite sort dans des restaurants comme le Mami Wata, au bord du fleuve Congo, où l’on paie 60 euros son repas et 5 euros la bière. Au Nénuphar, un restaurant sympathique situé en face du marché Plateau, un gros poisson coûte encore 45 euros. Alors que les maisons du centre-ville se louent 1 500 euros, les loyers dans le quartier populaire de Bacongo vont de 60 à 150 euros. Les comptes sont vite faits, pour un instituteur au Congo, sachant qu’il ne gagne pas plus de 60 euros par mois.

    8. Bamako, l’effet crise et Minusma
    Devenue la 29e ville la plus chère du monde, juste après Brazzaville, Bamako reste la capitale d’un pays sahélien et pauvre, le Mali. Elle est pénalisée par l’effet de la crise politique de 2012 et 2013 sur son économie, avec la hausse des prix des produits alimentaires et du carburant. Le déploiement en juin 2013 d’une imposante Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation du Mali (Minusma), 12 600 personnes en uniforme, a fait flamber les prix : le marché s’ajuste au pouvoir d’achat élevé des casques bleus et des fonctionnaires onusiens.

    9. Conakry paie les lacunes du service public
    Classée 34e ville la plus chère du monde, la ville portuaire a gagné 12 places en 2014 dans le classement Mercer. Qu’est-ce qui coûte si cher dans la capitale guinéenne, en dehors d’un verre ou d’une nuit au nouvel hôtel Palm Camayenne, le premier cinq étoiles de la ville ? Réponse : les lacunes du service public ! Il faut payer l’essence du générateur, à raison d’un euro le litre, si l’on veut un minimum d’électricité. Et prendre sa voiture pour aller puiser de l’eau, afin de remplir des bidons qu’on stocke ensuite chez soi. Les appartements de luxe pour expatriés, avec eau, électricité et sécurité, se louent 2 000 euros par mois. Poster un gardien devant sa maison coûte au moins 50 euros par mois, tandis qu’un instituteur, avec son salaire de 35 euros, peut à peine s’acheter deux sacs de riz par mois.

    10. Dakar, le casse-tête de la dépense quotidienne
    A Dakar, 40e ville la plus chère du monde, trois places avant Abidjan, l’argent file à toute vitesse. Il faut sortir un billet de 1 000 francs CFA (1,50 euro) pour un kilo de sucre et juste un peu moins (1,20 euro) pour un litre d’essence. La préparation d’un yassa-poulet pour 8 personnes coûte plus de 10 euros – le prix d’un seul plat dans les restaurants chics. Les logements neufs au Plateau, le centre-ville, se vendent à 1 500 euros le mètre carré, aussi cher qu’aux Deux-Plateaux à Abidjan. Les prix ont flambé avec la crise ivoirienne de 2 000, qui a vu une cohorte de fonctionnaires internationaux et d’expatriés se rabattre sur Dakar. Un instituteur ne gagne pas plus de 300 euros par mois au Sénégal et un ministre 6 fois plus – sans compter les indemnités, logement et voiture de fonction qui font toute la différence…

    RFI