Author: Don Kayembe

  • Burkina : Sankara, enfin toute la vérité ?

    Burkina : Sankara, enfin toute la vérité ?

    SANKARA-Le mythe est intact, mais l’Histoire reste à écrire. Vingt-sept ans après, les tombeurs de Blaise Compaoré s’apprêtent à rouvrir le dossier explosif de l’assassinat de l’ancien président. Reste à savoir s’ils auront le courage d’aller jusqu’au bout.

    Ce ne sont peut-être que des effets d’annonce. Il n’empêche : en évoquant, dès leurs premiers jours au pouvoir, les fantômes du régime de Blaise Compaoré, en rouvrant des plaies que le palais de Kosyam a longtemps tenté de cacher sous un grossier sparadrap à défaut de les refermer, les deux têtes de la transition burkinabè ont pris rendez-vous avec l’Histoire. Elles pourront difficilement faire marche arrière tant l’attente est grande, au Burkina et au-delà.

    C’est d’abord Michel Kafando, le président de la transition, qui, lors de son investiture le 21 novembre, annonce que la famille de Thomas Sankara a obtenu ce pour quoi elle se bat depuis des années : l’exhumation du corps, ou de ce qui est présenté comme tel depuis le 15 octobre 1987, jour de sa mise à mort. C’est ensuite Isaac Zida, le lieutenant-colonel devenu Premier ministre, qui, le 27 novembre, déclare vouloir rouvrir des enquêtes sur les assassinats de Sankara et du journaliste Norbert Zongo. “La justice sera rendue”, affirme-t-il, assurant qu’”une bonne partie des dossiers” sera traitée pendant la transition et que, s’il le faut, le Burkina demandera au Maroc l’extradition de son ancien maître, Blaise Compaoré.

    Sankara, Zongo : les deux taches indélébiles du régime Compaoré. Ses fantômes les plus tenaces, qui l’ont poursuivi un peu partout en Afrique et jusque dans son cercle le plus étroit. Des disparitions inexpliquées, il y en a eu plusieurs sous son règne, notamment durant la rectification, la période d’exception qui suivit la révolution et au cours de laquelle les “accidents” de la route étaient monnaie courante chez ceux qui en savaient trop. Mais, hormis pour leurs proches, les “disparus” tombaient vite dans l’oubli. Ce ne fut le cas ni pour Sankara ni pour Zongo.

    Sankara, c’est le péché originel. Celui par lequel Compaoré a gagné le pouvoir… et perdu à jamais l’estime de nombre de ses concitoyens et pairs. Il y a là une explication d’ordre moral : personne, pas même ceux qui s’opposaient à sa politique, pas même Compaoré lui-même, n’a digéré la mise à mort du capitaine le 15 octobre 1987. Car personne n’a oublié les liens qui unissaient les deux hommes – cette amitié fraternelle, au sens propre du terme, qui faisait dire au père de “Thomas” que “Blaise” était comme son fils. Compaoré a toujours clamé son innocence, sans vraiment convaincre. En dépit de nombreux témoignages, le flou règne, et la justice, qui n’avait jamais été sollicitée jusqu’alors dans cette affaire, aura bien du mal à le dissiper.

    Ouvrir une boîte de pandore sans fond

    Zongo, c’est autre chose. L’élimination par des militaires, en décembre 1998, de ce journaliste un peu trop curieux qui faisait la fierté des Burkinabè (et le procès qui conclut à un non-lieu huit ans après) fut perçue comme une atteinte grave à la démocratie. Elle a symbolisé tous les abus du système : une armée protégée, une justice aux ordres et des institutions au service d’un clan.

    En rouvrant ces dossiers, Kafando et Zida – qui ont longtemps servi le régime Compaoré – ont peut-être voulu se refaire une virginité aux yeux de la jeunesse, laquelle a joué un rôle majeur dans l’insurrection du 30 octobre et se réclame du sankarisme. Ils risquent d’ouvrir une boîte de Pandore sans fond (certains rappellent déjà les épisodes sanglants du régime Sankara), d’être accusés de promouvoir une justice des vainqueurs et de faire de la transition une période de tumulte. Mais n’est-ce pas l’essence d’un pouvoir issu d’une révolte populaire que de donner ce qu’elle veut à la foule ?

    Jeuneafrique.

  • RDC : les 5 points à retenir du gouvernement Matata 2

    RDC : les 5 points à retenir du gouvernement Matata 2

    Matata-Après plus d’une année d’attente, le gouvernement de “cohésion nationale” a été mis en place dimanche tard dans la nuit. Outre la confiance renouvelée au Premier ministre Matata Ponyo, voici les premiers enseignements à tirer de cette nouvelle équipe gouvernementale.

    Joseph Kabila a tranché : ce sera Matata bis. Le Premier ministre congolais, aux affaires depuis mai 2012, a été maintenu, le 7 décembre, à la tête de la nouvelle équipe gouvernementale. Décidé à l’issue des “concertations nationales” de septembre et d’octobre 2013 à Kinshasa, le gouvernement de “cohésion nationale” qu’il va désormais diriger comprend à la fois des membres de la majorité au pouvoir, de l’opposition dite républicaine et de la société civile. Une recomposition de l’échiquier politique de la RDC qui peut se résumer en 5 points.

    1. Matata Ponyo a gagné la bataille

    Dès la fin des “concertations nationales”, beaucoup de candidats au poste de Premier ministre se bousculaient au portillon. Déjà, en interne, au sein même du gouvernement, le nom de Daniel Mukoko Samba, alors vice-Premier ministre en charge du Budget, était souvent cité pour remplacer Matata Ponyo à la primature. Il faut dire que le courant ne passait plus entre les deux hommes, le premier ayant déserté les réunions hebdomadaires de la “troïka stratégique” initiée par le Premier ministre, des rencontres entre le chef du gouvernement et les responsables du Budget et des Finances consacrées au “suivi de la situation économique du pays”.

    Et à l’extérieur du gouvernement, en embuscade, Léon Kengo wa Dongo attendait lui aussi son heure. “Autorité morale” de l’opposition dite “républicaine” – ce regroupement de partis et des personnalités ayant pris part aux “concertations nationales” -, le président du Sénat se présentait comme l’alternative à Matata Ponyo pour bien asseoir la “cohésion nationale” recherchée. Enfin, dans la famille politique de Joseph Kabila, des caciques de la majorité au pouvoir convoitaient aussi le poste. Au fil des mois, les noms des potentiels Premiers ministres revenaient régulièrement dans la presse kinoise. Mais au final, le chef a renouvelé sa confiance au sortant. Il s’agit donc bien d’une victoire remportée par Matata Ponyo face à ses nombreux rivaux.

    2. Adieu le ministère délégué !

    “Les députés voyaient toujours d’un mauvais œil le concept de ministre délégué”, reconnaît un conseiller de Matata Ponyo. Patrice Kitebi qui en est un dans le précédent gouvernement n’a pas été reconduit. “Il était le souffre-douleur du gouvernement pour les détracteurs de Matata. Ne pouvant pas attaquer directement le Premier ministre, ils s’acharnaient sur son ministre délégué, espérant atteindre ainsi son chef”, explique le conseiller.

    Dans Matata 2, le cabinet des Finances pour lequel Kitebi exercait une délégation de pouvoir sous le contrôle du Premier ministre lui-même, redevient un ministère à part entière. Et il est confié à un proche du président de la République. Beaucoup à Kinshasa y voient un coup dur pour Matata Ponyo qui avait jusqu’ici la mainmise dans la gestion du secteur économique au sein du gouvernement. D’autant que le ministère du Budget est attribué à Michel Bongongo, un proche de Léon Kengo wa Dondo, président du Sénat, lequel voulait devenir chef du gouvernement… “L’essentiel est que tout monde arrive à épouser la vision du chef de l’État telle qu’elle est mise en exécution par son Premier ministre”, tente de minimiser un proche de Matata Ponyo.

    3. Le retour en force des chefs des partis

    Dans sa première équipe gouvernementale (2012-2014), Matata Ponyo avait préféré travailler avec des “technocrates”, laissant sur le banc les chefs des partis de la majorité, à quelques exceptions près. Mais aujourd’hui, les “concertations nationales” ont changé la donne. Dans Matata 2, gouvernement de “cohésion nationale” oblige, les dirigeants des formations politiques, de la majorité comme de l’opposition, font leur rentrée en puissance. C’est le cas notamment d’Évariste Boshab, secrétaire général du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD, principal parti de la majorité au pouvoir), nommé vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur et Sécurité.

    Il en est de même de Thomas Luhaka, secrétaire général et numéro un du Mouvement de libération du Congo (MLC) en l’absence de Jean-Pierre Bemba détenu à La Haye, propulsé vice-Premier ministre en charge des Postes et Télécommunications. Dans le même lot, on peut également citer Willy Makiadi, secrétaire permanent du Parti lumumbiste unifié (Palu), Michel Bongongo, secrétaire exécutif de l’Union des forces du changement (UFC) de Léon Kengo wa Dongo, Olivier Kamitatu, président de l’Alliance pour le renouveau du Congo (ARC), Elvis Mutiri, 2e vice-président de l’Alliance pour le développement et la République (ADR)…

    4. La participation aux “concertations nationales” récompensée

    Sans surprise, le gouvernement Matata 2 offre une prime aux partis et personnalités politiques qui ont pris part aux “concertations nationales”. Outre les formations politiques de la coalition au pouvoir qui obtiennent la majorité des ministères, le MLC s’en sort avec deux portefeuilles importants dont un poste de vice-Premier ministre accordé à son secrétaire général, Thomas Luhuka.

    D’autres partis qui s’étaient regroupés autour de Kengo wa Dondo au sein de “l’opposition républicaine” n’ont pas été oubliés. Ils ont hérité entre autres d’un ministère d’État accordé à Michel Bongongo. Voulant ratisser large, un député, membre du groupe parlementaire de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS, parti d’Étienne Tshisekedi) et alliés a été également débauché.

    5. La majorité s’élargit, l’opposition se fragilise

    Pour marquer le coup, la plateforme “opposition républicaine” a été lancée officiellement, ce 9 décembre, à Kinshasa. Elle est placée sous la direction de Léon Kengo wa Dondo, son “autorité morale”, et du sénateur Florentin Mokonda Bonza, son “modérateur”. “C’est le regroupement politique qui a donné des ministres républicains”, s’amuse François Muamba, président de l’ADR, insistant par ailleurs sur le caractère “constructif” de la démarche des partis de cette opposition qui a fait le choix de participer à la gestion du pays avec la majorité.

    “Ce n’est pas parce que nous sommes dans une coalition que nous allons être fondus”, soutient-il. À l’en croire, il n’y aurait donc pas de fusion entre majorité au pouvoir et “opposition républicaine”. Une opinion que ne partagent pas les partis d’opposition dite “radicale” qui n’ont pas pris part aux “concertations nationales”. Ces derniers estiment qu’il existe désormais une “majorité élargie à l’opposition républicaine” et une “vraie opposition”. Déjà, au MLC, le torchon brûle. Les trois membres de la formation politique de Jean-Pierre Bemba nommés ministres ont été “radiés” par leurs camarables qui leur reprochent d’avoir “violé la ligne politique du parti”.

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    Par Trésor Kibangula

    Jeuneafrique

  • Présidentielle en RDC : Kabila maintient le suspense sur sa candidature et évoque la souveraineté nationale

    Présidentielle en RDC : Kabila maintient le suspense sur sa candidature et évoque la souveraineté nationale

    Intégralité:Discours des Vœux 2013 de Joseph Kabila, Pdt de la RDC-Lors d’un discours devant le Congrès, le président congolais, Joseph Kabila, a appelé lundi les partenaires internationaux de la RDC à ne pas formuler d’”injonctions” relatives à la tenue des prochaines élections dans le pays. Aucun mot sur sa candidature, ou pas, à la présidentielle prévue en 2016.

    “De nos partenaires, et pourvu que cela soit fait dans le respect de notre souveraineté, nous sommes toujours prêts à recevoir des avis, conseils et suggestions, mais jamais des injonctions”, a martelé Joseph Kabila, le 15 décembre, dans un discours devant les deux chambres du Parlement réunies en Congrès à Kinshasa.

    Évoquant l’effervescence qui depuis un peu plus d’un an agite une partie de la classe politique congolaise mais aussi de la communauté internationale à propos du processus électoral en RDC, le président congolais a estimé que “l’on pouvait s’interroger sur le bien fondé de l’auto-invitation dans ce débat de personnalités non congolaises aussi bien intentionnées soient elles”.

    Arrivé au pouvoir en 2001 pour succéder à son père assassiné, Joseph Kabila a été élu président de la RDC en 2006 à l’issue des premières élections démocratiques tenues dans le pays depuis son indépendance en 1960. Il a été reconduit pour un nouveau mandat de cinq ans en 2011 lors d’un scrutin dont les résultats n’ont pas été reconnus par la majeure partie de l’opposition et dont la communauté internationale a dénoncé de nombreuses irrégularités.

    “Le peuple congolais n’est pas n’importe quel peuple”

    Depuis l’été 2013, l’opposition le soupçonne de vouloir se succéder à lui-même en 2016 alors que la Constitution lui interdit de briguer un troisième mandat. Et la communauté internationale réclame depuis plusieurs mois aux autorités congolaises la publication d’un calendrier électoral complet jusqu’à la prochaine présidentielle de façon à pouvoir soutenir le processus électoral, et demande que la Constitution du pays soit respectée.

    Déplorant “la tendance […] de certains compatriotes [à] en appeler systématiquement à l’étranger pour régler les différends entre congolais comme si dans ce pays nous n’avions pas collectivement assez de sagesse et de maturité pour le faire nous-mêmes”, le président congolais a affirmé que “le peuple congolais n'[était] pas n’importe quel peuple et qu’il était jaloux de son indépendance conquise de haute lutte”.

    (Avec AFP)

     

  • Chronologie des tourments judiciaires de la famille Gbagbo

    Chronologie des tourments judiciaires de la famille Gbagbo

    famille_gbagbo4_0-Depuis 2011, le sort de la famille Gbagbo est entre les mains de la justice. Ecroué à la prison de La Haye de la Cour pénale internationale, l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo est en attente de son procès pour crimes contre l’humanité. Son épouse Simone Gbagbo, également accusée de crimes contre l’humanité, sera prochainement jugée, mais à Abidjan, par un tribunal local. Michel Gbagbo, le fils du président déchu, est pour sa part en liberté provisoire, mais ne peut quitter Abidjan. Retour sur les moments clés de la famille Gbagbo depuis 2010.

    2010

    28 novembre : Tenue du deuxième tour du scrutin présidentiel qui a finalement lieu, après avoir été reporté six fois. Ses résultats sont contestés et le pays plonge dans une longue crise qui oppose le président sortant Laurent Gbagbo à son rival Alassane Ouattara reconnu vainqueur du scrutin par la communauté internationale. Le Conseil constitutionnel ivoirien proclame pour sa part la victoire de Laurent Gbagbo. Légitimité internationale, contre légalité constitutionnelle, le bras de fer entre les deux hommes va durer quatre mois et causer la mort d’au moins 3000 personnes.

    2011

    28 mars : Alassane Ouattara qui tient le Nord lance une offensive vers le Sud, s’empare de la capitale politique, Yamoussoukro. Ses Forces républicaines (FRCI), regroupant essentiellement les ex-rebelles des Forces nouvelles, entrent dans la capitale économique, avec l’aide discrète de la France. C’est le début de la bataille d’Abidjan. Les bastions de Gbagbo à Abidjan sont bombardés par l’Onuci et les forces françaises de l’opération Licorne, en vertu de la résolution 1975 de l’ONU.

    11 avril : Arrestation de Laurent et Simone Gbagbo par les Forces républicaines (FRCI) de Ouattara. Le camp Gbagbo affirme que l’ex-président a, en réalité, été pris par les Forces spéciales françaises avant d’être remis aux FRCI

    13 avril : Laurent Gbagbo est transféré à Korhogo, la grande ville du nord. Le 23, son épouse Simone est placée en résidence surveillée à Odienné, dans le nord-ouest.

    11 août: Une mission de l’ONU en Côte d’Ivoire, autorisée à rendre visite au couple Gbagbo, se déclare préoccupée par leurs conditions de détention, y compris l’accès à l’information et à leurs avocats.

    18 août : Laurent Gbagbo et son épouse sont inculpés par la justice ivoirienne et sont officiellement placés en détention préventive pour « crimes économiques ». Afin de ne pas être accusé de partialité dans un éventuel procès Gbagbo en Côte d’Ivoire, le président Ouattara a pris la décision, en mai, de demander à la CPI d’enquêter sur les crimes les plus graves, la justice ivoirienne se chargeant des « crimes économiques, des crimes de sang et des crimes contre la sécurité de l’Etat ».

    3 octobre : A la suite de la demande d’Alassane Ouattara, la CPI se saisit du dossier, même si la Côte d’Ivoire n’est pas membre à part entière de cette institution. Ce pays n’adhère pas au statut de Rome, mais a toutefois reconnu sa compétence dès 2003. La CPI est donc habilitée à intervenir. Les juges de la CPI autorisent Luis Moreno-Ocampo, le procureur de la Cour, à enquêter sur le terrain avec ses équipes sur la réalité des crimes de guerre commis durant la crise postélectorale, dont sont soupçonnés les forces pro-Ouattara et les forces pro-Gbagbo.

    23 novembre : Suivant l’avis du procureur, la CPI délivre un mandat d’arrêt à l’encontre de Laurent Gbagbo. L’ex-président est accusé en tant que « co-auteur indirect » de crimes contre l’humanité pour quatre chefs d’inculpation : meurtres, viols et autres violences sexuelles, actes de persécution et autres actes inhumains perpétrés entre le 16 décembre 2010 et le 12 avril 2011. Sa responsabilité est engagée pour quatre évènements particuliers : la répression d’une marche des pro-Ouattara se rendant au siège de la Radiotélévision ivoirienne en décembre 2010, la répression d’une manifestation de femmes à Abobo et le bombardement au mortier d’un secteur densément peuplé d’Abobo en mars 2011, et des représailles menées par des pro-Gbagbo à Yopougon en avril 2011.

    30 novembre : Le 29 novembre, les autorités ivoiriennes remettent Laurent Gbagbo aux mains de la CPI. Le lendemain, l’ancien président est transféré et incarcéré à la Haye.

    05 décembre : L’audience de première comparution de Laurent Gbagbo se tient devant la Chambre préliminaire III de la CPI. Cette première audience a pour objet d’informer Laurent Gbagbo des crimes qui lui sont reprochés et de ses droits.

    2012

    13 et 14 novembre : Vingt mois après son arrestation et son transfert à Odienné, dans le Nord, Simone Gbagbo est interrogée à son lieu de détention par le juge d’instruction auprès du tribunal de première instance d’Abidjan, Mamadou Koné, qui l’a entendue en présence de son avocat. En février, elle avait vu les charges retenues contre elle s’étendre à des « faits de génocide ».

    22 novembre : La CPI délivre un mandat d’arrêt international contre Simone Gbagbo pour des crimes contre l’humanité commis lors des violences de 2010-2011. Première femme réclamée par la CPI, l’épouse de l’ancien président faisait l’objet d’un mandat d’arrêt confidentiel depuis le 29 février, émis par le procureur de la CPI qui estimait que « Simone Gbagbo était idéologiquement et professionnellement très proche de son mari » et « se comportait en alter ego de son mari, en exerçant le pouvoir de prendre des décisions d’Etat ». L’ancienne première dame, surnommée « la Dame de fer » est soupçonnée d’avoir été liée à des « escadrons de la mort ». C’est sur cette question que la CPI veut entendre Simone Gbagbo. Or, le régime ivoirien refuse de la livrer à La Haye de peur de perdre la maîtrise de l’agenda. Tout au long de l’année 2012, le président Alassane Ouattara n’a cessé de répéter qu’Abidjan n’enverra plus personne à La Haye, rappelant que l’appareil judiciaire ivoirien était en mesure d’organiser un procès équitable. Le pouvoir craint par ailleurs de ne pouvoir s’opposer, par la suite, aux demandes de transfèrement des personnalités importantes de la galaxie « ouattariste » qui ont elles aussi du sang sur les mains.

    2013

    19-28 février : Tenue de l’audience de confirmation des charges. Les juges entendent les arguments des parties de la défense qui contestent la solidité du dossier du procureur en vue d’un procès. Dans son plaidoyer qui dure une quinzaine de minutes, Laurent Gbagbo rappelle aux juges son combat pour la démocratie et assure avoir été évincé du pouvoir en faveur de son rival Alassane Ouattara à la suite d’un complot mis sur pied par la France, ancienne puissance coloniale en Côte d’Ivoire. Les juges demandent, pour leur part, des informations ou éléments de preuve supplémentaires avant de décider si un procès devait être mené contre Laurent Gbagbo.

    6 août : Michel Gbagbo, fils aîné de Laurent Gbagbo, 45 ans, de nationalité française, arrêté le jour de la chute du régime de son père, sort de prison, bénéficiant d’une liberté provisoire. Molesté lors de son arrestation, il avait été incarcéré à Bouna (Nord). Alors qu’il était encore détenu, Michel Gbagbo qui est né du premier mariage de son père avec une Française, a porté plainte auprès de la justice française pour « traitements inhumains et dégradants » durant sa détention. Sa mère, Jacqueline Chamois, avait dès 2012 écrit à François Hollande attirant l’attention du président français sur la détention illégale de son fils « sous l’autorité de Guillaume Soro ».

    2014

    14 février : Michel Gbagbo est empêché de quitter le territoire ivoirien à l’aéroport d’Abidjan, alors qu’il se rendait à Paris pour répondre à une convocation de la justice française.

    12 juin : Proclamation de la décision de la CPI de juger Laurent Gbagbo pour crimes contre l’humanité. Après avoir examiné plus de 22 000 pages de preuves et les déclarations de 108 témoins, les juges ont confirmé les quatre charges de crime contre l’humanité à l’encontre de Laurent Gbagbo et annoncé leur décision de renvoyer l’ancien président en procès devant une chambre de première instance. Cette décision met fin à un an de procédures préliminaires destinées à déterminer si Laurent Gbagbo devrait être jugé ou non. Gbagbo, 69 ans, est le premier ex-chef d’Etat à être poursuivi par la CPI. L’ouverture du procès est fixée pour le 7 juillet 2015.

    22 octobre : Le procès pour atteinte à la sûreté de l’Etat de l’ex-Première dame ivoirienne Simone Gbagbo et de ses 82 co-accusés, qui devait s’ouvrir devant la Cour d’Assises d’Abidjan ce 22 octobre, est reporté sine die.

    29 octobre: La CPI refuse de libérer Laurent Gbagbo afin de lui permettre d’assister à l’enterrement de sa mère décédée le 15 octobre en Côte d’Ivoire. La Cour estime qu’autoriser Laurent Gbagbo à se rendre à l’enterrement « risquerait de mettre en danger la population de Côte d’Ivoire, le personnel de la Cour ainsi que monsieur Gbagbo lui-même ».

    9 décembre : Simone Gbagbo se présente au président de la Cour d’assises d’Abidjan pour une audience de procédure, en vue d’ouverture prochaine de son procès. La date du procès n’est pas connue, mais il portera uniquement sur les crimes relatifs à la sûreté de l’Etat et pas sur les graves violations des droits de l’Homme qui sont reprochées à l’ex-Première dame. Celle-ci a été transférée le 1er décembre d’Odienné, où elle était en « résidence surveillée » depuis fin avril 2011, vers Abidjan. Elle est désormais détenue dans une école militaire d’Abidjan.

    11 décembre : Abidjan est de nouveau sommé par la CPI de lui livrer Simone Gbagbo, soupçonnée de crimes contre l’humanité. Le gouvernement ivoirien avait opposé une exception d’irrecevabilité à la précédente sommation de la Cour contestant la compétence de la CPI, s’agissant d’un suspect poursuivi par la justice nationale. La CPI a rejeté l’exception d’irrecevabilité, arguant que les poursuites engagées en Côte d’Ivoire ne portaient pas sur les mêmes accusations.

    RFI

  • Côte d’Ivoire: Charles Blé Goudé sera bien jugé pour crimes contre l’humanité-les réactions à Abidjan aux annonces de la CPI

    Côte d’Ivoire: Charles Blé Goudé sera bien jugé pour crimes contre l’humanité-les réactions à Abidjan aux annonces de la CPI

    ble-goude3065-Charles Blé Goudé sera bien jugé pour crimes contre l’humanité. La Cour pénale internationale a confirmé jeudi les charges contre l’ancien chef du mouvement pro-Gbagbo des Jeunes patriotes. La date de son procès n’a pas encore été fixée. Charles Blé Goudé est écroué à La Haye depuis mars 2014. Il a encore la possiblité de faire appel. La CPI veut également organiser le procès de Simone Gbagbo, l’épouse de l’ex-chef de l’Etat est actuellement détenue dans le nord de la Côte d’ivoire.

    Côté gouvernement on a été pris de cours, hier après-midi, puisque l’annonce de la CPI est tombée en plein Conseil des ministres. De ce fait, le porte-parole du gouvernement, Bruno Koné, est resté très prudent dans ses commentaires expliquant que les autorités ivoiriennes allaient se donner le temps de la réflexion pour étudier la demande de transfèrement de Simone Gbagbo à La Haye.

    A propos des termes, très sévères, utilisés par la CPI mettant en cause  la capacité  de la justice ivoirienne à conduire le procès de Simone Gbagbo, le porte-parole a répondu que l’appareil judiciaire récupéré par le gouvernement ivoirien, au sortir de la crise, était en lambeaux et que les autorités faisaient « le maximum de ce qu’elles pouvaient ».

    Par ailleurs, Me Pierre Claver Ndri, l’avocat de Charles Blé Goudé, s’est dit surpris par la confirmation des charges retenues contre son client tout en répétant que le dossier, sur le fond était vide.

    Concernant le cas Simone Gbagbo, il a rappelé que la Côte d’Ivoire s’était déjà saisie de la question et qu’un procès pour crime de sang à son encontre était programmé. Que, de ce fait, il convenait d’en attendre l’issue avant un éventuel transfèrement à La Haye.

    S’il est un point sur lequel s’entendent, les deux parties antagonistes à Abidjan, c’est la capacité des tribunaux à juger ses ressortissants en Côte d’Ivoire tout aussi bien qu’à La Haye devant la CPI.

    rfi

  • Le patron de la CIA s’explique

    Le patron de la CIA s’explique

    john_brennan001_16x9-Deux jours après la publication d’un rapport de la Commission sénatoriale sur la torture utilisée par la CIA dans la lutte contre le terrorisme jusqu’en 2009, John Brennan a défendu son agence.

    Au cours d’une allocution de vingt minutes, le directeur de la CIA est parvenu à ne jamais parler expressément de « torture », lui préférant l’expression « techniques renforcées d’interrogatoire ».

    John Brennan a tout de même reconnu que certaines méthodes d’interrogatoire étaient « odieuses» mais il a souligné qu’elles étaient le fait d’une petite minorité d’agents.

    Le patron de la CIA estime qu’il est « impossible de savoir » si les informations obtenues sous la torture auraient pu être connues par d’autres moyens.

    Mais il maintient que des renseignements fournis par des détenus soumis à la torture ont contribué à mettre la main sur Oussama Ben Laden.

    Avant de diriger la CIA pour Barack Obama, John Brennan a été le directeur adjoint de l’agence sous la présidence de George Bush.

    Au Sénat, Dianne Feinstein, la présidente de la commission qui a publié le rapport sur la torture, rejette la défense présentée par le patron de la CIA.

    De son côté, un autre sénateur démocrate a réclamé la démission de John Brennan.

    Mais à la Maison Blanche, le porte-parole d’Obama indique que le président a totalement confiance dans le travail du directeur de la CIA.

    BBC

  • Les pays africains les plus “risqués” pour les entreprises en 2015

    Les pays africains les plus “risqués” pour les entreprises en 2015

    control-risk-carte-Le cabinet de conseil Control Risks présente l’édition 2015 de sa carte annuelle des risques sécuritaires et économiques à travers le monde. Intitulée “le nouveau désordre mondial”, cette étude estime qu’il y a un “risque politique élevé” au Sahel – de Bissau à Djibouti -, en Afrique du Nord et dans une grande partie de l’Afrique centrale. Une analyse peu nuancée.

    Le cabinet de conseil britannique Control Risks a intitulé l’édition 2015 de sa carte annuelle des risques sécuritaires, géopolitiques et économique pour les entreprises et les personnes à travers le monde, “le nouveau désordre mondial”. Le document [PDF] donne un aperçu assez sévère de l’environnement économique et sécuritaire à travers le monde.

    Selon les estimations du cabinet de conseil, les “risques politiques pour les entreprises”, mesurés en fonction des réglementations défavorables, de l’insécurité juridique, de l’exposition à la corruption, des dangers d’expropriation, de nationalisation ou de sanctions internationales, seraient “assez élevés” dans la plupart des grands pays émergents (Chine, Turquie, Inde, Russie, Brésil et Mexique notamment).

    Peu nuancé

    Qu’il s’agisse de ces “risques politiques” ou des “risques de sûreté” (tels que la fraude, la destruction de biens ou le vol d’informations par exemple), l’édition 2015 de l’étude de Control Risks peint un tableau sévère et peu nuancé de la situation des pays africains.

    S’agissant des premiers, le cabinet estime par exemple qu’il existe “un risque extrême” sur tout ou une partie du territoire de la Centrafrique et de la Somalie. Constat difficile à contester au vu des conflits frappant ces deux pays africains.

    En revanche, il est plus difficile de comprendre le regroupement dans la même catégorie – celle des zones à “risques politiques élevés” – de territoires aussi divers que la Côte d’Ivoire et la Libye, le Cameroun et le Somaliland (État non reconnu, situé dans le partie Nord de la Somalie), Madagascar et l’Érythrée, l’Algérie et la Gambie, le Burundi et le Zimbabwe, ou encore la RD Congo et l’Égypte.

     

    Bons points

    La plupart des pays d’Afrique orientale et australe s’en sortent mieux, avec un risque politique “moyen”, c’est également le cas du Rwanda, du Gabon, de la Guinée équatoriale et du Cameroun en Afrique centrale, du Sénégal, de la Mauritanie, de la Sierra Leone, du Ghana, du Bénin et du Togo en Afrique occidentale.

    Seuls six pays africains, le Maroc, le Cap-Vert, les Seychelles, la Namibie, Maurice et le Botswana se trouvent rangés dans la catégorie des pays à “risques politiques bas”.

    >>>> Visualisez l’intégralité de la carte ici.

    control-risk-carte

    Cliquez sur l’image.

  • L’Afrique aime moins le pape François… que l’Europe

    L’Afrique aime moins le pape François… que l’Europe

    pape-Selon un rapport d’enquête publié jeudi par le Pew Research Center de Washington, le pape François jouit d’une opinion favorable dans la majeure partie du monde. Mais seuls 44 % des Africains interrogés aiment le souverain pontife alors que 84 % des Européens le plébiscitent.

    Sa popularité n’est plus à démontrer. Moins de deux ans seulement après son élection, le pape François a su se faire une bonne place dans le cœur des fidèles catholiques, voire au-delà. Mais dans quelle partie du monde est-il le plus aimé ? Pew Recherch Center a mené l’enquête, le 30 octobre 2013 et le 4 mars 2014, dans 43 pays. Plus de 36 450 personnes ont été sondées. Résultat : en moyenne 60 % d’avis positif, 11 % d’avis négatif et 28 % de sans opinion.

    Selon les conclusions détaillées de cette perception globale sur François, mises en ligne le 11 décembre sur le site internet du think tank américain basé à Washington, c’est en Europe que le pape est plus aimé. Près de 85 % des personnes interrogées clament leur sympathie au pontife alors qu’elles ne sont que 44 % dans ce cas en Afrique. Quant au Moyen Orient, seuls 25 % des sondés ont une opinion favorable du chef de l’Église catholique romaine.

    Sénégalais, Tunisiens… une majorité de sans opinion

    L’échantillon subsaharien dans l’enquête de Pew Research Center est essentiellement constitué par des ressortissants de pays anglo-saxons. Il en ressort que le pape François est – sans surprise – plébiscité dans les États où la religion catholique est dominante : 70 % d’opinions favorables en Ouganda et en Tanzanie, 56 % au Kenya. Logiquement, sa notoriété baisse lorsqu’on se tourne vers les pays où dominent différents courants protestants ou l’islam. Au Sénégal par exemple, 55 % des personnes interrogées n’ont aucun avis sur le pape. Il en est de même en Afrique du Sud (52 %), au Nigeria (46 %) ou au Ghana (40 %).

    Au Moyen-Orient, parmi les pays étudiés, le pape François n’a d’opinion majoritairement favorable qu’au Liban (62 %) et en Israël (50 %). Mais cela n’implique pas qu’il est détesté dans les autres États, la majorité des personnes interrogées étant sans opinion. C’est le cas notamment en Tunisie où plus de 70 % des sondés n’ont pas d’avis sur le Saint-Père.

    Pew Research Center souligne enfin qu’a contrario, être sans avis sur le pape n’implique pas nécessairement d’avoir une opinion favorable à son égard. Il peut s’agir de personnes qui affirment n’avoir jamais entendu parler de François ou qui ne le connaissent pas suffisamment pour se prononcer. Charitable, le souverain pontife leur pardonnera certainement.

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    Par Trésor Kibangula

    Jeuneafrique.com

  • Le pétrole sera moins cher

    Le pétrole sera moins cher

    petrole-L’année 2014 ne s’achève que dans trois semaines, mais 2015 occupe déjà tous les esprits. Je vous propose donc de commencer à nous interroger sur ce que promet de nous apporter l’année qui s’annonce.

    Elle confirmera sans aucun doute le contre-choc pétrolier intervenu au cours de ces derniers mois et dont nous commençons à toucher les bénéfices : les prix du pétrole et du gaz, sources principales d’énergie pour l’ensemble de la planète qui permettent à ses industries et à ses moyens de transport de fonctionner, ont baissé en moins de six mois d’environ 40 %.

    Cette “révolution énergétique” a déjà fait couler beaucoup d’encre. Mais ses immenses conséquences économiques et stratégiques ne vont se faire ressentir qu’en 2015 et au-delà.

    Il me faut vous en parler.

    Nous la devons au fait que les États-Unis se sont résolus, il y a quatre ans, à exploiter leur pétrole et leur gaz de schiste ; en 2015, ils produiront 10 millions de barils par jour (ou l’équivalent), autant que l’Arabie saoudite.

    Cette production s’ajoute à ce que les États-Unis extrayaient déjà de leurs puits et, par conséquent, ils ont presque cessé d’importer du pétrole et du gaz, et vont même commencer à en exporter.

    Rares et chers jusqu’ici, apanage de quelques pays grands exportateurs et instrument de puissance du cartel des pays exportateurs de pétrole (l’Opep), les hydrocarbures sont désormais abondants, bon marché et mieux répartis.

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    Les pays développés, qui en sont les plus gros consommateurs, connaissent, depuis 2008, une faible croissance économique et ont dû apprendre à réduire leur consommation.

    Leurs besoins en énergie sont de ce fait plus faibles.

    La baisse du prix de l’énergie est donc partie pour durer et, en tout cas, nous, consommateurs, sommes assurés d’en bénéficier pleinement en 2015.

    En revanche, les pays exportateurs de cet “or noir”, les plus peuplés d’entre eux en particulier et les plus dépendants de cette manne – Russie, Iran, Algérie, Nigeria, Venezuela – devront procéder à des “révisions déchirantes” et apprendre à vivre comme les autres.

    De ce mal sortira, peut-être, pour certains d’entre eux, un bien…

    Quoi qu’il en soit, il n’y a pas lieu de s’inquiéter pour eux : les réserves financières que la plupart de ces pays ont accumulées leur donnent le loisir de “voir venir”.

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    L’année 2015 sera donc celle des bienfaits de ce contre-choc pétrolier sur l’économie mondiale. Ils seront nombreux et sensibles, mais, à ce stade, il est difficile de les mesurer.

    L’économie réalisée par les pays importateurs ? Elle est évaluée à plus de 3 milliards de dollars par jour et à plus de 100 milliards par mois !

    Ceux d’entre eux, comme l’Égypte, qui consacraient jusqu’à 20 % de leur budget aux subventions des prix de l’énergie pour la rendre accessible aux plus modestes, verront leurs finances soulagées.

    La baisse des prix de l’énergie est de nature à faire reculer l’inflation et à doper les taux de croissance économique dans les pays importateurs d’hydrocarbures : on en escompte un accroissement de 0,2 % du PIB mondial de 2015.


    Croissance du produit intérieur brut mondial en 2015. (Sources : AIE)

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    Ce contre-choc pétrolier aura-t-il des conséquences politiques ? Peut-être pas en 2015, première année pleine où il produira ses effets. Mais à moyen terme, très probablement.

    L’argent du pétrole qui coulait à flots pouvait masquer la mauvaise gouvernance économique d’un pays, en atténuer ou en retarder les effets. Mais le Venezuela pourra-t-il continuer à être gouverné en dépit du bon sens avec un baril à 60 dollars ?

    Le Nigeria pourra-t-il maintenir son taux de croissance annuel à 7 % et conserver le rang de première économie africaine qu’il a conquis en 2014 ?

    Que diront les Algériens lorsque leur gouvernement commencera à puiser dans les réserves financières qu’il s’est constituées ?

    Et le régime iranien, pourra-t-il tenir si le président que les Iraniens ont élu en 2013 n’obtient pas, en 2015, la levée des sanctions ?

    Quant à Vladimir Poutine, c’est grâce au prix élevé du pétrole, qui a accompagné sa première arrivée au pouvoir en 2000, qu’il a pu être en mesure de parler haut et fort. Pourra-t-il rester aussi populaire auprès des Russes avec un pétrole dévalué, alors que la Russie en tire la moitié de ses recettes budgétaires ?

    Il est permis d’en douter.

    On n’a pas encore claironné que la baisse du prix du pétrole est le résultat d’un complot américano-saoudien pour mettre en difficulté leurs adversaires (russe, vénézuélien, iranien), mais cela ne saurait tarder.


    Pétrole : les États-Unis supplantent l’Arabie Saoudite

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    Dans son annuaire “The World in 2015“, qui vient de paraître, notre confrère The Economist publie la carte ci-dessous de la croissance économique mondiale par continent en 2015 établie sur la base des meilleures prévisions disponibles.

    Elle est sans surprise, mais la baisse du prix des hydrocarbures, non encore prise en compte, pourrait modifier quelque peu les performances respectives des importateurs et des exportateurs de ce qu’on n’appellera bientôt plus “l’or noir”.
    Jeuneafrique.