Author: Don Kayembe

  • Abbé Malumalu : “En tant que citoyen, je souhaite que la Constitution de la RDC soit respectée”

    Abbé Malumalu : “En tant que citoyen, je souhaite que la Constitution de la RDC soit respectée”

    malu_malu_2013-Faut-il organiser les scrutins locaux avant la présidentielle et les législatives de 2016 en RDC ? Non, selon l’opposition, qui redoute un report de ces échéances nationales. Oui, dit le président de la Ceni, l’abbé Apollinaire Malumalu Muholongu.

    Apollinaire Malumalu Muholongu, 53 ans, est un prêtre catholique du diocèse de Beni-Butembo, dans le Nord-Kivu, sa province natale. De retour à Butembo en 1997 après avoir obtenu un doctorat en sciences politiques à Grenoble (où il fut curé de 1993 à 1996) et un DEA à Lyon, c’est en 2003 que l’abbé fait son entrée dans la vie politique congolaise. Il est alors nommé expert au service d’études stratégiques attaché au cabinet du chef de l’État et désigné membre de la Commission électorale indépendante (CEI), qu’il présidera jusqu’en 2011.

    Depuis son retour, en juin 2013, à la tête de l’institution (rebaptisée Commission électorale nationale indépendante, Ceni), il s’attelle à organiser les élections urbaines, municipales et locales de façon qu’elles se tiennent dès 2015. Une démarche très critiquée par certains partis d’opposition, qui craignent un report de la présidentielle prévue en 2016.

    Jeune Afrique : La Conférence épiscopale nationale du Congo s’était prononcée contre la désignation d’un membre du clergé catholique à la tête de la Ceni. N’avez-vous pas violé sa “consigne” ?

    Apollinaire Malumalu : Je n’ai jamais été candidat à ce poste. Je suis revenu à la Ceni parce que j’ai été choisi par les confessions religieuses, l’une des composantes de la société civile chargées de désigner l’un de ses membres. Les huit confessions devaient élire la personnalité la plus compétente pour les représenter, sur des critères bien définis. J’ai obtenu 7 voix sur 8, le suffrage de l’Église catholique étant le seul à ne pas se porter sur moi. Cela dit, je reste prêtre diocésain. Il appartenait à l’évêque [du Nord-Kivu] de décider si je pouvais être membre de la Ceni ou pas. Après s’être concerté avec ses pairs, il a accepté.

    Pour stabiliser le pays, nous estimons que la tenue d’élections locales est une urgence.

    Et que répondez-vous à ceux qui vous accusent d’être proche du président Kabila et de vouloir faciliter sa réélection ?

    Il faut éviter de vouloir trop personnaliser les choses. Je n’ai jamais travaillé avec Joseph Kabila dans un cadre qui ne soit pas institutionnel ! En outre, les décisions de la Ceni sont prises de manière collégiale avec les autres membres du bureau, qui sont issus de la majorité, mais aussi de l’opposition parlementaire. Alors de quoi parle-t-on ?

    La plateforme Sauvons la RDC estime que le cycle engagé en novembre 2011 avec la présidentielle et les législatives devait se poursuivre avec les sénatoriales et l’élection des gouverneurs. Pourquoi avoir décidé de faire passer avant les élections urbaines, municipales et locales ?

    La loi électorale, telle qu’elle a été modifiée pour les scrutins de 2011, porte sur toutes les élections, et c’est pure cécité que de penser que les locales n’étaient pas prévues. Nous sommes dans un État fortement décentralisé. Pourtant, de nombreux conseils municipaux n’ont jamais été élus et l’on continue à nommer l’exécutif de ces collectivités [en avril 2012, le gouvernement a créé des centaines de nouvelles entités : au moins 3 villes et 10 communes dans chacune des 10 provinces du pays, hors Kinshasa].

    On ne peut pas faire comme si de rien n’était ! Le passage de 21 à 88 villes et de 97 communes urbaines et non urbaines à 601 constitue un énorme bouleversement sur le plan local. Dans ces conditions, pour stabiliser le pays, nous estimons que la tenue d’élections locales est une urgence.

    Ne risquent-elles pas de retarder l’organisation de la présidentielle ?

    Pour le moment non. En revanche, pour les élections des députés nationaux, le législateur a introduit dans la loi organique une disposition selon laquelle le recensement administratif doit être fait préalablement à la tenue du scrutin. Très tôt, sans ambages et en toute transparence, la Ceni a attiré l’attention des responsables politiques sur ce problème. Ils ne peuvent pas dire qu’ils ne savent pas.

    Il leur appartient de revenir, ou pas, en arrière. C’est-à-dire de revenir à la délimitation des circonscriptions électorales en fonction du nombre d’électeurs, telle qu’elle existait auparavant, et non en fonction du nouveau rescensement. Si l’on n’accepte pas de la déconnecter des législatives, la présidentielle risque d’être rattrapée à son tour par ce problème.

    Que pensez-vous du débat sur une éventuelle révision de la Constitution ?

    Concernant les articles verrouillés de la Constitution, personne n’a pris l’initiative de leur révision. Tout le reste n’est que spéculation.

    C’est un débat légitime, mais il ne doit pas se transformer en procès d’intention. Il faut arrêter d’agiter la population, d’écrire des livres sur le sujet… En tant que citoyen, je souhaite que la Constitution soit respectée et je note que pour l’instant, concernant les articles verrouillés [portant notamment sur la limitation du nombre de mandats présidentiels], personne n’a pris l’initiative de leur révision. Tout le reste n’est que spéculation.

    Treize… à la Ceni comme à la cène

    Depuis la loi du 27 avril 2013, la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) compte 13 membres : 6 désignés par la majorité (dont 2 femmes), 4 par l’opposition (dont 1 femme) et 3 par la société civile. Parmi ces derniers, l’un doit être élu par les associations d’éducation civique et électorale, un autre par les associations de défense des droits de la femme, le dernier par les 8 confessions religieuses du pays.

    Le bureau de la Ceni, élu le 7 juin 2013, est composé quant à lui de 6 membres. Présidé par l’abbé Malumalu (société civile), il compte 3 représentants de la majorité – André Pungwe, du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), Onésime Kukatula, du Parti lumumbiste unifié (Palu), et Chantal Ngoyi, du Mouvement social pour le renouveau (MSR) – et 2 de l’opposition : Jean-Pierre Kalamba, de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), et Micheline Biye Bongenge, du Mouvement de libération du Congo (MLC).

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    Propos recueillis par Trésor Kibangula

    Jeune Afrique

  • RDC : opération conjointe de l’armée et de la Monusco contre les rebelles de l’ADF

    RDC : opération conjointe de l’armée et de la Monusco contre les rebelles de l’ADF

    FARDC Joint Patrolling with MONUC Peacekeepers in FDLR stronghol-L’armée congolaise et les Casques bleus menaient mardi après-midi une opération conjointe contre les rebelles ougandais de l’ADF, soupçonnés d’être responsables d’une série de récents massacres dans l’est de la République démocratique du Congo.

    Les Forces armées de la RDC (FARDC) et les Casques bleus de la Mission de l’ONU au Congo (Monusco) poursuivent leur offensive contre les rebelles ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF) dans le nord de la province du Nord-Kivu. D’après un porte-parole de l’armée congolaise et un autre de la mission onusienne, une attaque conjointe est en cours depuis depuis samedi 13 décembre et leurs troupes n’ont pour l’heure rencontré aucune résistance.

    “Les opérations continuent et viennent d’être élargies […] afin de démanteler les résidus des ADF qui sont encore dans la zone, a déclaré le colonel Célestin Ngeleka, porte-parole de l’opération Sokola 1, l’offensive congolaise lancée en janvier contre les groupes armés au Nord-Kivu. Les opérations ont été lancée d’abord sur les principaux axes que l’on croyait tenus par les ADF mais nous n’avons pas rencontré de résistance et les troupes progressent dans la forêt”.

    “Il faut mettre fin à ces tueries”

    “Une opération conjointe entre la Monusco et les FARDC a été effectivement lancée samedi contre les rebelles ougandais des ADF actifs dans le territoire de Beni”, importante place commerciale à environ 250 km au nord de Goma, a confirmé le lieutenant-colonel Félix-Prosper Basse, porte-parole militaire de la mission onusienne.

    Des éléments de la brigade d’intervention de la Monusco participent à l’offensive, a précisé le colonel, affirmant que la force onusienne apportait aux FARDC un “appui logistique” mais aussi un “appui tactique” et un “soutien médical”. “À ma connaissance, nous n’avons pas été accrochés pour le moment”, a-t-il ajouté.

    Le territoire de Beni a été endeuillé par une succession de massacres de civils ayant fait plus de 260 morts depuis le début du mois d’octobre. Les autorités congolaises et la Monusco accusent les ADF d’en être les auteurs. “Notre engagement est sans faille, il faut mettre fin à ces tueries”, a déclaré le colonel Basse.

    (Avec AFP)

  • Miss Monde : 5 Africaines sacrées depuis 1951, dont 3 Sud­Africaines et 1 Égyptienne blanches

    Miss Monde : 5 Africaines sacrées depuis 1951, dont 3 Sud­Africaines et 1 Égyptienne blanches

    miss monde elue-Rolene Strauss, une étudiante sud-africaine en médecine de 22 ans a été élue dimanche Miss Monde devant 121 candidates venues des quatre coins de la planète. C’est la 5e Miss africaine d’un concours qui a fortement tendance à choisir, sur le continent, des lauréates à la peau blanche.

    Elles étaient 121 jeunes-femmes à participer cette année à l’élection de ” Miss Monde 2014 “. La 64e édition du concours s’est tenue dimanche 14 décembre à Londres, ville où s’était déroulée en 1951 la toute première compétition du genre, baptisée à l’époque ” Festival Bikini Contest “. Et c’est une Sud-Africaine de 22 ans, Rolene Strauss, brune de 1,77 mètres aux yeux effilés, étudiante en médecine et passionnée de sport et de musique, qui a rapporté au continent africain son 5e trophée.

    De fait, ce n’est pas la première fois qu’une Africaine se distingue à Miss Monde. Depuis 1951, sur les 66 lauréates du concours, quatre autres femmes du continent ont été sacrées : l’Égyptienne (aux racines grecques) Antigone Costanda en 1954, puis les Sud-Africaines Penelope Anne Coelen en 1958, Anneline Kriel en 1974, et la Nigériane Agbani Darego en 2001.

    Avec 5 titres, l’Afrique figure cependant en bas du tableau. Même si elle devance l’Océanie, qui ferme la marche avec 3 titres, elle reste loin derrière l’Europe (24 titres), le continent américain (21 titres), ou même l’Asie (12 titres). Un classement quasiment identique (le continent américain détrônant l’Europe) pour le concours Miss Univers, une compétition rivale du concours Miss Monde.

    Seules trois Africaines noires au sommet

    Mais il y a plus dérangeant. L’Afrique n’a été sacrée depuis 1952 que quatre fois à Miss Univers, un concours qui ne compte que deux Miss noires issues du continent : la Botswanaise Mpule Kwelagobe, en 1999, et l’Angolaise Leila Lopes, en 2011. Miss Monde fait pire : une seule des 5 jeunes femmes africaines distinguées est noire : la Nigériane Agbani Darego.

    Alors que des concours de beauté sont organisés depuis des années dans presque tous les pays africains, on ne peut que regretter ce déséquilibre. C’est une évidence : les Africaines – surtout celles à la peau noire – peinent à s’imposer dans les concours planétaires. La faute à des critères sans doute encore beaucoup trop européocentrés.

    Mais au-delà d’un anachornisme qui peut être considéré comme une marque de racisme institutionnel, l’Afrique peut-elle aujourd’hui se sentir honorée par la victoire d’une représentante blanche ? En 2001, toute l’Afrique avait salué l’élection comme Miss Monde d’Agbani Darego. Treize ans plus tard, toutes compétitions confondues, l’Afrique attend toujours sa quatrième reine mondiale de beauté noire.

    Jeuneafrique

  • RDC : l’état de l’économie congolaise selon le FMI

    RDC : l’état de l’économie congolaise selon le FMI

    FMI-logo-Une mission du Fond monétaire international (FMI) s’est penchée sur l’économie congolaise en 2014. Malgré « une tendance positive » des indicateurs macroéconomiques, le pays peine à percevoir ses recettes et à diversifier ses secteurs d’activités.
    Début décembre 2014, une équipe technique du Fonds monétaire international (FMI) s’est rendue à Kinshasa pour dresser un bilan économique de l’année écoulée. Le FMI relève « un environnement externe et interne difficile », mais note que l’économie de la RDC « continue de faire preuve de résilience avec des tendances positives pour les principaux indicateurs macroéconomiques ». La plupart de ces indicateurs sont effectivement au vert : la croissance du PIB devrait atteindre 9% en 2014 et l’inflation sera maintenue en dessous de 2%. De bons résultats tempérés par « une forte dépendance du secteur minier » qui rend l’économie congolaise « vulnérable à la volatilité des prix des matières premières ». Selon le Fond, la croissance est tirée par l’augmentation de la production minière « et dans une moindre mesure par la production du secteur agricole ». En 2015, la croissance devrait donc se poursuivre « soutenue par le dynamisme du secteur des minéraux et l’expansion de l’agriculture ». 2014 a vu également « un léger excédent de la balance des paiements ».

    Croissance en hausse… recettes en baisse

    Les indicateurs macroéconomiques donnent des résultats en trompe l’oeil de l’économie congolaise. Le principal risque pour la RDC serait une baisse des prix du cuivre et du cobalt, « des métaux représentant environ 98% des exportations de biens et 44% du PIB nominal ». Mais la mauvaise nouvelle vient des recettes fiscales, en baisse. D’après le FMI, « la performance de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) demeure plus faible que prévu ». En cause selon les experts : « l’absence de contrôles ». Le manque de recettes est également pointée par le PMI. « Il faut accélérer la mobilisation des recettes afin de répondre aux besoins de développement de la RDC ». Les potentiels du pays sont importants, mais l’argent ne rentre pas dans les caisses du Congo. La RDC vote toujours un budget « lilliputien » par rapport à sa taille : 8,9 milliards de dollars pour un pays grand comme un continent, avec plus de 70 millions d’habitants. Le rapport du FMI relève les points noirs le l’économie congolaise : absence de recettes et de contrôles, ce qui encourage la corruption à tous les étages.

    Christophe RIGAUD

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  • RDC : Louis Koyagialo est décédé en Afrique du Sud

    RDC : Louis Koyagialo est décédé en Afrique du Sud

    koyagialo-Le gouverneur de l’Equateur, Louis Alphonse Koyagialo, est décédé dimanche 14 décembre en Afrique du Sud où il suivait des soins depuis plusieurs mois. Le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende, l’a annoncé sur Radio Okapi..

    « Malheureusement, je dois confirmer le décès du gouverneur Koyagialo en Afrique du Sud aujourd’hui. Nous sommes ravagés par cette triste nouvelle. Le gouverneur Koyagialo comme homme politique et comme administrateur était l’un des meilleurs d’entre nous. C’est quelqu’un que j’ai fréquenté, que j’ai appris à connaître. C’est une très triste nouvelle pour ce pays », a déclaré Lambert Mende.

    Au sujet du programme des funérailles, il a dit attendre que la famille du défunt et le gouvernement le publient.

    La maladie l’éloigne de sa province

    Élu gouverneur de l’Equateur en juin 2013, Louis Alphonse Koyagialo a souvent été éloigné de sa province à cause des problèmes de santé.

    Il quitte l’Equateur pour la première en septembre 2013 pour se faire soigner à Kinshasa et en Afrique du Sud. Il y rentre en mars 2014.

    De nombreuses personnes viennent l’accueillir à sa descente d’avion à Mbandaka.

    Mais il n’y reste pas longtemps.

    Quelques semaines après, il est obligé de quitter l’Equateur pour se faire soigner. Il ne rentrera pas cette fois-ci pour diriger cette province à la tête de laquelle il a été porté en 2013.

    Long parcours dans la territoriale

    Louis Koyagialo né à Yakoma le 23 mars 1947. Il est licencié en Droit de l’Université de Lovanium [aujourd’hui Université de Kinshasa, Unikin]. En 1972, il travaille comme conseiller juridique à l’Office national de logement (ONL). Il rejoint l’année suivante le ministère des Affaires sociales.

    Réputé pour son expertise dans la territoriale, carrière qu’il embrasse en 1979, d’abord comme directeur de région au Katanga (appelé alors Shaba), Louis Alphonse Koyagialo devient ensuite commissaire sous régional de Likasi (1980 – 1982), puis commissaire urbain de Lubumbashi jusqu’en 1985.

    Il devient ensuite vice-gouverneur du Kasaï-Oriental et du Kivu. Entre 1986 et 1990, Louis Alphonse Koyagialo occupe le poste de gouverneur du Katanga.

    « Massacre des étudiants de Lubumbashi »

    Louis Koyagialo était gouverneur de la province du Shaba (actuel Katanga) en 1990 quand survient ce qui est connu sous le nom de « massacre des étudiants de Lubumbashi ».

    Il a alors été accusé d’avoir été responsable d’un présumé massacre de nombreux étudiants de l’Université de Lubumbashi. Il a écopé d’une peine d’emprisonnement de 4 ans avant d’être gracié.

    En 2012, Koyagialo publie «Massacre de Lubumbashi du 11 au 12 mai 1990». Dans cet ouvrage, il se considère comme « un bouc-émissaire ».

    Invité sur Radio Okapi pour parler de ce livre, il affirme que cette affaire  est « une grande manipulation politique » qu’il compare à l’affaire Dreyfus.

     

    « Il y a un étudiant qui est mort. A part lui, il n’y a pas eu un autre », indique-t-il, affirmant qu’il s’agissait d’une affaire entre étudiants.

    En 2013, Koyagialo est assigné en justice par les parents de l’étudiant Ilombe Ilombe. Pour les plaignants, leur fils serait décédé à la suite de coups et blessures portées contre lui par les forces de sécurité qui obéissaient aux ordres de Louis Koyagialo.

    Ministre puis Premier ministre intérimaire

    Cadre de la Majorité présidentielle, Louis Koyagialo est vice-Premier ministre et ministre des Postes et Nouvelles technologies de communication dans le gouvernement Muzito III.

    En mars 2012, il est nommé Premier ministre intérimaire de la RDC en remplacement d’Adolphe Muzito, élu député.

    Radio Okapi

  • Discours sur l’état de la Nation:  Le Président Joseph Kabila : “Ma main a toujours été et reste tendue…”

    Discours sur l’état de la Nation:  Le Président Joseph Kabila : “Ma main a toujours été et reste tendue…”

    KABILA-La dernière prestation du genre remonte au 23 octobre 2013. C’était dans la foulée des Concertations nationales ouvertes le 7 septembre et clôturée le 8 octobre en présence d’une délégation du Conseil de sécurité de l’Onu alors en tournée dans la région des Grands-Lacs. Ce petit détail est important dans la mesure où plusieurs forces politiques et sociales n’ont attendu du discours de ce lundi 15 décembre 2014 que la position du Président Joseph Kabila par rapport au dialogue qu’elles réclament sur base de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba et de la Résolution 2098 du Conseil de sécurité. Ils ont été servis au-delà de leurs attentes. D’autant plus que le Président de la République, qui a réaffirmé sa main tendue, a déploré ” la tendance, fort remarquée, de certains compatriotes d’en appeler systématiquement à l’étranger pour régler les différents entre Congolais, comme si dans ce pays nous n’avions pas, collectivement assez de sagesse et de maturité pour le faire nous-mêmes” ! A ces politiciens et aux partenaires extérieurs jusque-là sollicités, il a lancé ce message puissant : “le peuple congolais n’est pas n’importe… “

                  En une heure vingt et une minutes, soit de 10h09 à 11h28, tous les sujets d’actualité ont été abordés : situation sécuritaire dans le territoire de Beni, consolidation de la paix, application des recommandations des Concertations nationales (dont le rappel des missions du Gouvernement de cohésion nationale), décentralisation (au travers du déploiement des inspecteurs territoriaux nouvellement désignés et du regroupement des villages), production législative, débat politique, dialogue politique, processus électoral, questions d’ordre économique (notamment dans les secteurs minier, agricole, gazier et pétrolier et la micro-finance), questions d’ordre social (principalement la santé et l’éducation), environnement, question foncière, genre, jeunesse, sports, coopération, Monusco…

                S’il faut apprécier cette prestation par l’applaudimètre, les points saillants sont sans doute ceux qui portent sur les échéances électorales et sur le dialogue au centre d’un débat politique fort animé. “Sur le plan politique, je me réjouis de constater que la culture démocratique s’enracine chaque jour davantage, et que la pensée unique a cédé la place au débat. Un débat libre, généralement riche et nourri, souvent intense, voire vif“, a-t-il dit en y trouvant la ” preuve incontestable de la vitalité” de la démocratie congolaise.

                Seulement, il a déploré ” … certains dérapages constatés récemment, notamment le recours à la violence, qu’elle soit verbale ou physique“, allusion faite aux empoignades qui se produisent dans les assemblées parlementaires. “Quel que soit l’importance ou le caractère brûlant des sujets traités“, a-t-il poursuivi, “l’hémicycle doit demeurer le temple du dialogue et des échanges, parfois sévères, mais toujours courtois, et non se transformer en arène, lieu des confrontations sans règles ou limites“.

                Autre fait déploré :  la propension à “contester à temps et à contretemps, y compris ce que soi-même on défendait la veille, par simple souci de gains politiques“. Pour le Chef de l’Etat, cette propension – qui s’étend aux faits d’”entretenir des débats interminables sur des thèmes aux antipodes des préoccupations existentielles de nos populations; travestir sciemment les faits, et user systématiquement, comme stratégie politique, de procès d’intention, de l’injure publique, ou des atteintes à la dignité des adversaires” n’a rien d’honorant pour la politique. Au contraire, elle discrédite cette noble fonction.

     

    D’un cran au paroxysme…

     

                L’applaudimètre a monté d’un cran lorsque le Chef de l’Etat a abordé les questions sensibles du processus électoral et du dialogue.      

                Pour le premier point, a-t-il affirmé, “les élections sont, dans notre pays, devenues incontournables pour l’accès aux plus hautes charges de l’Etat à pratiquement tous les niveaux. Nous ne pouvons donc pas en faire l’économie, quelles que soient nos difficultés. Toutes les élections prévues par les lois de la République seront donc organisées, conformément aux dispositions qui seront prises par l’institution compétente pour ce faire, à savoir la CENI“.

                Aussi, a-t-il demandé au Parlement et au Gouvernement, chacun en ce qui le concerne, de doter la Céni des moyens appropriés. Au premier, l’arsenal légal pour une meilleure programmation du processus électoral. Au second, la mise à la disposition des ressources nécessaires. Exhortation à été faite au Gouvernement à apporter tout son appui à l’Office national d’identification de la population (Onip), dès lors que le résultat de son travail favorise la bonne fin dudit processus.

                Le second point concerne l’effervescence qui agite depuis 2013 la classe politique et la communauté internationale. Le Président Joseph Kabila, qui a fait constater la tendance, fort remarquée, “ de certains compatriotes d’en appeler systématiquement à l’étranger pour régler les différends entre congolais, comme si dans ce pays nous n’avions pas, collectivement, assez de sagesse et de maturité pour le faire nous-mêmes“, a estimé que “Ce comportement (…) est d’autant plus surprenant qu’il n’y a pas de crise politique en République Démocratique du Congo“. Et même si crise il y a, a-t-il ajouté, “nous avons dans ce pays une tradition de dialogue qui en permettrait la gestion“. Et de rappeler à tout le monde sa main restée toujours tendue.

                L’applaudimètre va toutefois atteindre son paroxysme lorsqu’il dira aux premiers et aux seconds : “le peuple congolais n’est pas n’importe quel peuple“. Il a martelé : “Nous sommes les descendants de Béatrice Kimpa Vita et de Simon Kimbangu, de Joseph Kasa Vubu et d’Antoine Gizenga, de Patrice-Emery Lumumba et de Laurent-Désiré Kabila. Nous sommes ce peuple, tellement jaloux de son indépendance, conquise de haute lutte, et des libertés démocratiques obtenues parfois au prix du sang, qu’il répète, sans cesse, que l’immortel serment de liberté est celui que, de génération en génération, il s’engage à léguer à la postérité“.

                Tout naturellement, aux partenaires invités à respecter la souveraineté congolaise, il a souligné la disponibilité de la RDC à recevoir des avis, des conseils et des suggestions. “Mais jamais des injonctions“.

     

    De la sécurité aux missions du Gouvernement

     

                Entre ces deux points brûlants, le discours sur l’état de la Nation s’est appesanti d’abord sur les questions sécuritaires avec, au centre, la situation de Beni Mbau, ensuite sur la gouvernance économique avant de chuter sur la Monusco.

                Le Chef de l’Etat a fait constater qu’à l’avènement de chaque accalmie susceptible d’engager les Congolais dans l’accomplissement de belles et grandes choses pour le développement national, “les forces obscures de l’intérieur et de l’extérieur guettent la moindre distraction, la moindre inattention (…) pour rallumer le feu“.

                Soulignant la détermination des Fardc ” de poursuivre le travail de restauration de la paix jusqu’à l’éradication de toutes les forces négatives, nationales et étrangères“, il a fait valoir la responsabilité, le devoir citoyen de chaque congolais de contribuer à la préservation de la paix et de la sécurité d’autant plus que  Ces crimes ne resteront pas impunis“, a-t-il averti.

                Si le premier – en l’occurrence la fin de la guerre – objectif est atteint, le second,  circonscrit dans la mobilisation des énergies pour la reconstruction et le développement, est en voie de l’être, cela par la réalisation, entre autres, des missions confiées au Gouvernement de cohésion nationale, à savoir la consolidation de la paix, l’effectivité de la restauration de l’Autorité de l’Etat, l’application des recommandations des Concertations nationales, la mise en oeuvre de la décentralisation, l’appui à l’organisation des élections, l’amélioration des conditions sociales des populations et la poursuite de la reconstruction nationale. D’où la gouvernance économique et sociale, sujet qui fait l’objet de la prochaine livraison.

     

    Omer Nsongo die Lema   

  • Coup de filet antiterroriste en France

    Coup de filet antiterroriste en France

    FRANCE-Une dizaine de membres d’une filière jihadiste ont été arrêtés ce matin en France. La filière recrutait et acheminait vers la Syrie des candidats au jihad. Cette opération coordonnée dans la région de Toulouse, en Normandie et en région parisienne, selon les services antiterroristes, ciblait entre 10 et 15 personnes.

    C’est dans une grande moitié ouest de la France que ces opérations policières se sont déroulées entre Paris, Le Havre, la campagne bordelaise et la région Midi-Pyrénées autour de Toulouse. Entre 10 et 15 personnes étaient visées par les forces de l’ordre. Et si le nombre de personnes interpellées n’est pas encore connu avec exactitude, il y en aurait au moins une dizaine avec des profils très variés, des hommes mais aussi au moins une femme, des jeunes également, voire même des mineurs. Cette opération aurait aussi des ramifications en prison. Au moins un détenu du sud-ouest de la France, incarcéré depuis quelques mois pour vol, a été transféré au commissariat de Toulouse pour être entendu.

    Un an d’enquête sur la filière jihadiste

    Ce vaste coup de filet est le fruit de plus d’un an d’enquête de la sous-direction antiterroriste de la police judiciaire. Cette filière aurait déjà permis l’acheminement de candidats au jihad vers la Syrie. Mais selon les pouvoirs publics, son démantèlement intervient alors que d’autres départs étaient prévus, voire imminents. Une opération qui montre aussi à quel point les procédés de recrutement sont divers. Car si certains candidats au jihad s’auto-radicalisent sur Internet et organisent leur départ via les réseaux sociaux, ce coup de filet montre aussi qu’il existe des réseaux plus structurés.

    RFI

  • RDC : reportage dans le site agro-industriel de Bukanga Lonzo

    RDC : reportage dans le site agro-industriel de Bukanga Lonzo

    lonzo-Les politiques de soutien aux petits agriculteurs ayant montré leurs limites, l’État investit dans l’intensif. Visite du site de Bukanga Lonzo, exploité par le consortium sud-africain Africom.

    Avec sa casquette, son short et ses chaussettes remontées au-dessus des bottes, Joan Jonker a des allures de pionnier. Bougon de prime abord, ce Boer (fermier sud-africain blanc néerlandophone) a la poignée de main franche et voue une véritable passion à son travail. Il n’avait pourtant jamais imaginé que celui-ci le conduirait jusqu’en RD Congo…

    La première fois qu’il y a mis les pieds, c’était il y a seulement quelques mois, pour repérer le site de Bukanga Lonzo, dans le Bandundu (Ouest, province voisine de Kinshasa). À l’époque, il fallait faire preuve de hardiesse : il n’y avait rien du gigantesque projet qu’il supervise aujourd’hui en tant que directeur des opérations. Pas même la piste de terre d’une trentaine de kilomètres qui permet désormais de relier le parc industriel à la route goudronnée – sur laquelle il faut encore parcourir 220 km vers l’ouest pour se rendre à Kinshasa. Ce sont ses hommes qui l’ont construite.

    Même pour ces fermiers qualifiés venus d’Afrique du Sud, la techno­logie déployée à Bukanga Lonzo est à la pointe de ce qui se fait aujourd’hui.

    RD-Congo-Bukanga-Lonzo-JA2813p075

    Bougon de prime abord, Joan Jonker a des allures de pionnier. DR

    Et à voir les 4×4 déraper lorsqu’elle est sèche, on se demande bien par quel miracle elle sera praticable après de gros orages. Un mois après l’inauguration du parc agro-industriel par le président congolais, de petits plants de maïs pointent déjà, parfaitement alignés. Et pour cause : ici, la production est presque entièrement mécanisée. Les semeuses, d’énormes engins qui peuvent charger jusqu’à 6 tonnes d’engrais, sont guidées par satellites et reliées, via les réseaux téléphoniques, à un serveur informatique.

    Moissonneuses

    Depuis son préfabriqué, Joan Jonker peut superviser l’ensemble de sa ferme. “Hier, en utilisant ce système, j’ai pu corriger la vitesse de certaines semeuses qui n’allaient pas à la bonne allure. C’est très important parce que, sinon, les plants ne seront pas à une distance optimale les uns des autres.” Grâce à leur éclairage et au GPS, ces machines peuvent continuer de fonctionner après la tombée de la nuit, particulièrement noire dans cette région éloignée de tout centre urbain.

    Même pour ces fermiers qualifiés venus d’Afrique du Sud (douze expatriés au total), où l’agriculture est l’une des plus mécanisée de la planète, la techno­logie déployée à Bukanga Lonzo est à la pointe de ce qui se fait aujourd’hui. Il a d’ailleurs fallu tout importer.

    Les machines, bien sûr : des tracteurs, des moissonneuses et même un avion (également guidé par GPS), qui survole les champs à basse altitude en épandant des insecticides avant de se poser sur une piste d’atterrissage de 2,5 km construite pour les besoins de la ferme. Mais aussi des engrais et semences, stockés sous un hangar géant. “Je pense que nous n’aurions pu trouver assez de semences dans tout le Congo”, s’amuse Jonker. Au total, l’État a investi 83 millions de dollars (près de 67 millions d’euros) en fonds propres dans ce parc agro-industriel pilote, dont il a confié l’exploitation au consortium sud-africain Africom.

    Vallonnés

    Pour Joan Jonker, qui sillonne la ferme à bord de son pick-up et communique en afrikaan à la radio, ce type de grand projet agricole n’est pas une nouveauté. Originaire des plateaux du Gauteng (la région de Pretoria et de Johannesburg), il a aussi travaillé en Namibie. Il n’avait cependant jamais participé à un programme d’une telle ampleur.

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    Guidé par GPS, l’avion épandeur continue de fonctionner après la tombée de la nuit. DR

    Du nord au sud, l’exploitation s’étend sur 58 km, légèrement vallonnés, et couvre une superficie de 75 000 ha. Pour la première année, seuls 10 000 ha ont été plantés. Mais après les premières récoltes de maïs, de soja, de canne à sucre et de légumes (attendues en février-mars 2015), le parc agro-industriel devrait se tourner vers d’autres productions, comme l’élevage de volailles et de porcs. Un abattoir et une usine de conditionnement sont même prévus.

    Pour irriguer l’exploitation, une retenue d’eau sera construite sur une rivière adjacente. “Elle immobilisera 45 millions de litres. C’est plus que les réserves d’eau potable de la ville de Kinshasa”, annonce fièrement l’exploitant. D’ici à cinq ans, ce bassin devrait même permettre de faire de la pisciculture.

    Dans un pays doté du deuxième fleuve le plus puissant du monde, il est tout de même paradoxal d’élever des poissons dans un bassin artificiel à l’intérieur des terres. Mais ce paradoxe vaut pour l’agriculture congolaise dans son ensemble… Alors qu’elle possède un potentiel en terres arables considérable (80 millions d’ha) et que le secteur emploie les trois quarts de la population active, la RD Congo est importatrice nette de nourriture (pour 1,5 milliard de dollars en 2014).

    C’est d’ailleurs pour cette raison qu’Augustin Matata Ponyo, le Premier ministre, a défendu – voire imposé à certains de ses ministres réticents – sa stratégie de parcs agro-industriels. Car Bukanga Lonzo n’est que le premier d’une vingtaine de sites pour lesquels le gouvernement prévoit d’investir 5,7 milliards de dollars sur sept ans. En creux, cette politique souligne aussi l’échec des politiques classiques de soutien aux petits agriculteurs.

    Petit déjeuner

    Les problèmes de l’agriculture congolaise sont d’ailleurs visibles chaque matin dans le parc de Bukanga Lonzo, situé au coeur d’une région pourtant jugée très fertile par les experts qui ont travaillé sur le projet. À l’aube, des dizaines de jeunes s’y pressent dans l’espoir de se faire embaucher. Mais Joan Jonker s’est vite rendu compte d’une difficulté qu’il n’avait pas prévue : “Au cours de la journée, de très nombreux travailleurs s’évanouissaient.

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    Du nord au sud, l’exploitation s’étend sur 58 kilomètres et couvre 75 000 hectares. © Pierre Boisselet pour JA

    On s’est aperçu qu’ils souffraient de malnutrition. On a donc décidé de construire un réfectoire pour leur donner un petit déjeuner, avant de commencer la journée.” Le fermier dit aussi avoir augmenté leur salaire, de 75 à 105 dollars mensuels. “Certes, ces travailleurs n’ont pas l’habitude des grandes fermes, comme les Sud-Africains. Mais on peut les former. Et puis, ils ne se mettent pas en grève pour un oui ou pour un non, comme chez nous !”

    Pour l’instant, les effectifs restent modestes (environ 300 ouvriers), mais ils devraient exploser une fois que la production de légumes – qui ne peut pas être aussi mécanisée que celle des céréales – sera lancée. À terme, l’exploitation devrait devenir la ferme maraîchère la plus vaste du continent et employer, à elle seule, quelque 6 000 personnes.

    Toutes ne pourront bien sûr pas être logées sur place. Mais déjà, à côté des préfabriqués où résident les cadres, des bâtiments sont en construction. Dont un centre médical et une église. Et ce n’est qu’un début. “La prochaine fois que vous viendrez, il y aura sans doute une petite ville”, sourit Joan Jonker.

    Jeune Afrique