Author: Don Kayembe

  • Constitution & Cenco, paroles d’Évangile en RDC

    Constitution & Cenco, paroles d’Évangile en RDC

    eveques-Opposante historique au pouvoir, l’Église catholique reprend du service en RDC. Par deux fois cette année, elle s’est dite fermement opposée à une révision constitutionnelle en faveur de Josepg Kabila, qui menacerait l’alternance politique.

    Entre l’État congolais et l’Église catholique, les relations n’ont jamais été vraiment bonnes. Mais depuis la contestation des résultats des élections de 2011 par la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), elles sont particulièrement tendues.

    Cette année, les évêques ont à deux reprises dit leur opposition à toute tentative de “tripatouillage” de la Constitution du 18 février 2006. Une première fois, en juin, dans une déclaration solennelle publiée à l’issue de l’assemblée plénière de la Cenco, ils ont contesté l’éventualité d’une modification de l’article 220, qui permettrait au chef de l’État de briguer un troisième mandat en 2016, critiquant par ailleurs le projet de révision du mode d’élection des députés provinciaux – qui pourraient être désignés au scrutin universel indirect, et non plus direct.

    Une seconde fois, le 14 septembre, dans une lettre pastorale publiée à Rome, où ils étaient en visite, ils ont rappelé que “l’article 220 a été verrouillé par le constituant lui-même, justement pour échapper à cette modification”. Ajoutant : “Cet article pose les bases de la stabilité du pays et de l’équilibre des pouvoirs dans les institutions. Le modifier serait faire marche arrière sur le chemin de la construction de notre démocratie et compromettre gravement l’avenir harmonieux de la nation.”

    Puis ils ont demandé aux curés et catéchistes de lire leur message à tous les fidèles, et annoncé qu’ils suspendaient leur participation au Comité d’intégrité et de médiation électorale (Cime).

    La Cenco, pas dans son rôle ?

    Pour Théodore Mugalu, le chef de la Maison civile du président, les déclarations de la Cenco sont nulles et non avenues. “Il n’y a pas d’article verrouillé dans la Constitution, affirme-t-il. Si c’est le cas, qu’on montre les clés avec lesquelles on les a verrouillés ! Seul Dieu a ce pouvoir.”

    Lambert Mende, le porte-parole du gouvernement, suggère quant à lui à la Cenco de se transformer en parti politique, estimant qu’elle n’est pas dans son rôle. Pis, alors que le pays veut “se libérer mentalement de l’emprise étrangère” sur les questions de souveraineté nationale, il remarque que, “à en juger par le lieu qu’ont choisi les évêques congolais pour signer et diffuser leur lettre épiscopale, il est évident qu’encore une fois des acteurs majeurs de l’histoire [du] pays ont voulu faire plaisir à des agents d’influence étrangers”.

    En 1972, le cardinal Malula dut s’exiler à Rome face à l’ire du Léopard, qui prit une série de mesures radicales.

    Cette bataille rangée n’est cependant pas comparable à celle qui opposa, au début des années 1970, le pouvoir au clergé, lorsque ce dernier tenta de résister à la politique du “recours à l’authenticité” de Mobutu Sese Seko (qui imposait aux Zaïrois l’abandon des prénoms et noms étrangers).

    En 1972, le cardinal Malula dut s’exiler à Rome face à l’ire du Léopard, qui prit une série de mesures radicales : confiscation du patrimoine de l’église, nationalisation des écoles catholiques et de l’université Lovanium (actuelle Université de Kinshasa), interdiction d’enseigner la religion, installation de comités du parti unique dans les grands et petits séminaires… La tension finit par retomber, notamment grâce à la visite du pape Jean-Paul II au Zaïre, en mai 1980.

    Quant à la participation active des membres du clergé en politique, on se souvient de celle de Mgr Laurent Monsengwo Pasinya, archevêque de Kisangani (aujourd’hui cardinal-archevêque de Kinshasa), dans les années 1990. Il dirigea la Conférence nationale souveraine avant d’être élu à la tête du Haut Conseil de la République, le Parlement de transition, jusqu’à l’arrivée au pouvoir de Kabila père, en 1997.

    À l’époque, dans un texte cosigné par l’un de ses homologues congolais, Mgr Emery Kabongo Kanundowi (secrétaire particulier de Jean-Paul II de 1982 à 1987, désormais chanoine de la basilique Saint-Pierre), Mgr Monsengwo avait écrit : “Ce régime est arrivé par la guerre. C’est un pis-aller.”

    Jeuneafrique

  • Un ressortissant congolais élu juge a la cour pénale internationale

    Un ressortissant congolais élu juge a la cour pénale internationale

    antoine-13ème session de l’Assemblée des Etats Parties au Statut de Rome à New York

    La Coalition Nationale pour la Cour Pénale Internationale de la République Démocratique du Congo (CN-CPI/RDC) se félicite de l’élection d’Antoine Kesia-Mbe Mindua, candidat présenté par la RD Congo, au poste de juge à la CPI par les membres de l’Assemblée des Etats Parties à sa 13ème session, qui se tient actuellement à New-York aux Etats-Unis.

    Le juge Antoine Kesia-Mbe est l’un de six juges que l’Assemblée des Etats Parties au statut de Rome ont élu pour remplacer ceux dont le mandat expire en mars 2015.

    La CN-CPI/RDC demande au Gouvernement congolais de maintenir son soutien à la CPI comme un tribunal de dernier recours dans la lutte contre l’impunité des crimes graves, tel que l’avait soutenu le président de la République, Joseph Kabila, dans sa lettre de renvoi de la situation de la RDC devant la CPI en 2004.

    » La RDC devra continuer à coopérer pleinement avec la CPI et à encourager les Etats africains parties au statut de Rome à en faire autant, à œuvrer en faveur de la lutte contre l’impunité partout où les pires crimes sont commis et contribuer à l’arrestation et la remise de leurs auteurs à la Cour « .

    Il en est de même du renforcement de la complémentarité par l’adoption de la loi de mise en œuvre du Statut de Rome et celle relative à l’institution des Chambres mixtes spécialisées, a déclaré André Marie Kito, Coordonnateur National de la CN-CPI/RDC.

    Kinshasa appelé à se désolidariser de Nairobi

    La CN-CPI/RDC demande au Gouvernement congolais de se désolidariser des décisions prises par l’Union Africaine et des initiatives du gouvernement Kenyan contre la CPI.

    Kinshasa devra travailler au renforcement du rôle de la CPI en tant que tribunal de dernier recours, plutôt qu’à la déstabiliser par des alliances avec certains gouvernements africains dont les leaders la combattent dans le but de faire régner la culture de l’impunité, conseille la CN CPI/RDC.

    » La RDC doit défendre la CPI contre les attaques non fondées de l’Union Africaine et du gouvernement kenyan. Cette Cour a été créée pour poursuivre les auteurs des crimes les plus graves qui heurtent la conscience humaine et n’intervient que lorsqu’un Etat ne souhaite pas ou n’est pas en mesure d’en juger.

    La RDC devra travailler pour convaincre les Etats africains parties au statut de Rome à ne pas soutenir la demande du Gouvernement de Kenya de faire examiner la conduite de la Cour et du Bureau du Procureur « , a déclaré Me Georges Kapiamba, Coordonnateur adjoint de la CN-CPI/RDC.

    La CN-CPI/RDC rejette les allégations selon lesquelles la CPI ciblerait de manière partiale l’Afrique, car s’il est vrai que toutes les situations qui font l’objet d’enquête se trouve en Afrique, il faut préciser que ces enquêtes ont été ouvertes soit à la demande des gouvernements africains ou sur décision du Conseil de sécurité des Nations Unies à l’exception du cas kenyan où le Procureur de la CPI a agi de sa propre initiative.

    En marge de la 13ème session de l’assemblée générale des Etats Parties au Statut de Rome de la CPI qui se tient à New York, c’est par acclamation que le Garde des Sceaux, ministre de la Justice du Sénégal , Me Sidiki Kaba, a été élu et ainsi confirmé comme président de l’Assemblée générale des Etats parties du Statut de Rome de la CPI.

    Sidiki Kaba présente sa feuille de route

    Elu pour un mandat de 3 ans, le nouveau président de l’Assemblée des Etats parties de la CPI, Me Kaba, s’est fixé, entre autres objectifs, de réconcilier cette juridiction basée à La Haye, aux Pays-Bas, avec l’Afrique. Cela, en travaillant à l’Universalité de l’organisation et sa complémentarité, en s’appuyant sur les mécanismes de la coopération avec les gouvernements à travers le monde, sans pour autant que ne soit remise en cause l’indépendance de la Cour.

    Auparavant, dans son discours, après que le flambeau lui a été remis par Mme Tiina Intelmann, ambassadeur de l’Estonie, le ministre Sidiki Kaba a vivement remercié le président Macky Sall qui, a-t-il souligné, » avait proposé, promu et soutenu (sa) candidature « .

    Ainsi, dans la continuité de l’action du Sénégal, premier pays au monde a avoir signé le Statut de Rome, le président Macky Sall illustre son engagement à lutter contre l’impunité, au renforcement du Sénégal en tant qu’Etat de droit défendant les principes et valeurs de la CPI. Me Sidiki Kaba a rendu un hommage appuyé à la présidente sortante, Mme Intelmann et à son équipe qui, en » périodes troubles » ont relevé des » défis colossaux avec courage et habileté « .

    Ensemble, a dit le nouveau président de l’Assemblée des Etats parties du statut de Rome de la CPI, » ils portent le combat contre l’impunité » en ralliant, à leur combat, des gouvernements et des organisations de la Société civile et des droits de l’homme.

    Le ministre de la Justice, dans ses habits de président de l’Assemblée de la CPI, a promis de servir l’organisation avec » foi et détermination » et à faire triompher ses idéaux.

    A noter que le ministre Sidiki Kaba ne disposera pas d’un salaire à titre de président de l’Assemblée des Etats parties du Statut de Rome. Cette fonction représentative, plutôt diplomatique, dont le mandat est de 3 ans, n’est pas rémunérée. Les différents orateurs qui se sont succédé dont Me Georges Kapiamba et Me André Kito ont loué les qualités, l’expertise et l’expérience du nouveau président de l’Assemblée de la CPI.

    par Par Godé Kalonji Mukendi

  • Ouganda: opération de rapatriement d’ex-combattants du M23 contestée

    Ouganda: opération de rapatriement d’ex-combattants du M23 contestée

    m23-Le M23 a dénoncé, ce mardi 16 décembre, une opération de rapatriement forcé menée par l’armée ougandaise dans le camp militaire ougandais de Bihanga, à quelque 300 km au sud-ouest de Kampala. Ce camp accueillait des ex-rebelles congolais du M23. Au cours de cette opération, il y aurait eu plusieurs blessés parmi les ex-combattants et un mort, selon le président du M23, Bertrand Bisimwa, interviewé par RFI.

    « Il s’agit d’un coup dur que le gouvernement de Kinshasa vient asséner aux déclarations de Nairobi, en procédant à un rapatriement forcé de nos militaires. Ce matin, ils sont arrivés avec des camions pour prendre, de force, les militaires. Les militaires ont résisté à ce rapatriement forcé et il y a eu des blessés. Nous apprenons même qu’il y aurait eu des morts. Le gros de nos militaires – qui étaient dans ce camp – ont préféré se retirer du camp sur les hauteurs », a déclaré Bertrand Bisimwa.

    Il s’explique sur le fait qu’il dénonce ce rapatriement forcé comme organisé par le gouvernement congolais alors que c’est l’armée ougandaise qui était présente : « Nous le disons parce que c’est avec le gouvernement congolais que nous avons eu un accord et le gouvernement congolais n’aurait pas dû initier cette procédure dès lors qu’il savait que nous étions tenus par nos engagements à travers les déclarations de Nairobi.

    Evidemment, le gouvernement ougandais a également violé le droit international humanitaire en la matière, et c’est ce que nous condamnons. Nous ne savons pas – que ce soit l’Ouganda ou que ce soit le gouvernement congolais – qui portera la responsabilité de ces morts et de ces blessés », a dit, à RFI, le président du M23, Bertrand Bisimwa.

    De son côté, le porte-parole de l’armée ougandaise, contacté par RFI, dément tout rapatriement forcé et affirme que les ex-rebelles ont fui à l’approche des camions. Selon Paddy Ankunda, 120 sur les 330 déjà amnistiés par le gouvernement congolais auraient accepté de rentrer et la majorité d’entre eux seraient sur le chemin du retour. Un millier d’autres ont fui, toujours selon le porte-parole de l’armée ougandaise, et Kampala est à leur recherche.

    Du côté du gouvernement congolais, le porte-parole Lambert Mendé met en garde contre les déclarations du M23. « La petite fraction du M23 qui est accusée de crimes de guerre a tout fait pour faire échouer le processus de rapatriement », a-t-il expliqué ajoutant que la délégation de Kinshasa, présente sur les lieux, était désarmée et n’avait donc rien à voir avec d’éventuels coups de feu.

    Kamapla ne cache plus son impatience, devant la lenteur du processus de’amnistie et de rapatriement, tandis que les deux camps congolais se rejettent la responsabilité de ces retards. 330 éléments seulement ont été amnistiés, sur les 1678 recensés en Ouganda.

    rfi

  • Barack Obama et Raul Castro se sont entretenus par téléphone (responsable américain)

    Barack Obama et Raul Castro se sont entretenus par téléphone (responsable américain)

    obama-Dans la foulée de la libération par les autorités cubaines de l’Américain Alan Gross, le président Barack Obama a annoncé ce mercredi avoir demandé au secrétaire d’Etat John Kerry d’engager des discussions avec Cuba sur une normalisation des relations diplomatiques, qui ont été rompues en janvier 1961.

    Article régulièrement mis à jour

    Dans une allocution télévisée, le président américain Barack Obama a dit avoir demandé au secrétaire d’Etat John Kerry d’engager des discussions avec Cuba sur la normalisation des relations politiques. Les Etats-Unis devraient aussi rouvrir une ambassade à La Havane.

    De son côté, le président cubain Raul Castro s’est également adressé à ses concitoyens sur toutes les chaines de télévision de l’île, confirmant le rétablissement des relations diplomatiques entre les deux pays. A ses yeux, la seule question qui reste à régler est celle de l’embargo américain. En écho, Barack Obama a déclaré qu’il allait évoquer avec les membres du Congrès américain la levée de cet embargo en vigueur contre l’île.

    « Je pense que nous pouvons aider davantage les Cubains » en discutant avec le gouvernement de La Havane, a estimé Obama. « La politique rigide menée par Washington ces dernières décennies à l’égard de Cuba a eu peu d’impact », a-t-il ajouté, annonçant par ailleurs que les Etats-Unis vont retirer Cuba de la liste des pays soutenant le terrorisme.

    Obama salue le rôle essentiel du pape François

    « L’isolement de Cuba n’a pas fonctionné », a déclaré le président américain, prônant une « nouvelle approche » et déclarant en espagnol : « Somos todos americanos », « Nous sommes tous Américains ».

    Barack Obama a également remercié le pape François qui a joué un rôle crucial dans
    le rapprochement entre les deux pays. En retour, le Souverain pontife a exprimé sa « grande satisfaction » pour cette « décision historique » à laquelle il a participé cet été, notamment par l’envoi de deux lettres aux présidents Castro et Obama. Dans un communiqué, le Vatican a confirmé l’envoi de ces courriers, mentionnant également que des délégations des deux pays avaient été reçues en octobre, et qu’il avait offert ses « bons offices ».

    rfi

  • Zambie : Guy Scott refuse de démissionner malgré la pression de ses ministres

    Zambie : Guy Scott refuse de démissionner malgré la pression de ses ministres

    SCOTT-La plupart de ses ministres ont exigé son départ. Qu’importe : le président zambien par intérim, Guy Scott, a assuré mercredi qu’il ne démissionnerait pas avant l’élection présidentielle anticipée du 20 janvier.

    Guy Scott n’en démord pas : il ne cédera pas face aux pressions de ses propres ministres. “Laissez-moi souligner le fait que je ne vais pas démissionner”, a déclaré le président zambien par intérim dans un communiqué, mercredi 17 décembre, notant qu’il entendait assurer une transition du pouvoir en douceur.

     

    Rappelant qu’il était le seul habilité à convoquer un conseil des ministres, Guy Scott a estimé que la conférence de presse organisée plus tôt par 14 membres du gouvernement sur 17 pour demander sa tête constituait un sérieux acte de trahison. Bien qu’étant issus du même parti que lui, la plupart des ministres zambiens l’avaient exhorté plus tôt dans la journée à démissionner immédiatement de ses fonctions de président par intérim, pour des raisons morales.

    D’ascendance écossaise, Guy Scott ne peut pas se présenter lui-même à la présidentielle car ses parents ne sont pas nés dans le pays, mais il est très impliqué dans les querelles qui déchirent le Front patriotique (PF), le parti au pouvoir. Ses partisans ont choisi Miles Sampa, le neveu du défunt président Sata, comme candidat à la présidentielle, tandis que ses adversaires ont désigné son rival, le ministre de la Défense Edgar Lungu. Début novembre, Lusaka avait frôlé l’émeute quand Guy Scott l’avait limogé de son poste de secrétaire général du PF, avant de faire marche arrière. Il a lui-même été suspendu du parti quinze jours plus tard.

    (Avec AFP)

     

  • Abbé Malumalu : “En tant que citoyen, je souhaite que la Constitution de la RDC soit respectée”

    Abbé Malumalu : “En tant que citoyen, je souhaite que la Constitution de la RDC soit respectée”

    malu_malu_2013-Faut-il organiser les scrutins locaux avant la présidentielle et les législatives de 2016 en RDC ? Non, selon l’opposition, qui redoute un report de ces échéances nationales. Oui, dit le président de la Ceni, l’abbé Apollinaire Malumalu Muholongu.

    Apollinaire Malumalu Muholongu, 53 ans, est un prêtre catholique du diocèse de Beni-Butembo, dans le Nord-Kivu, sa province natale. De retour à Butembo en 1997 après avoir obtenu un doctorat en sciences politiques à Grenoble (où il fut curé de 1993 à 1996) et un DEA à Lyon, c’est en 2003 que l’abbé fait son entrée dans la vie politique congolaise. Il est alors nommé expert au service d’études stratégiques attaché au cabinet du chef de l’État et désigné membre de la Commission électorale indépendante (CEI), qu’il présidera jusqu’en 2011.

    Depuis son retour, en juin 2013, à la tête de l’institution (rebaptisée Commission électorale nationale indépendante, Ceni), il s’attelle à organiser les élections urbaines, municipales et locales de façon qu’elles se tiennent dès 2015. Une démarche très critiquée par certains partis d’opposition, qui craignent un report de la présidentielle prévue en 2016.

    Jeune Afrique : La Conférence épiscopale nationale du Congo s’était prononcée contre la désignation d’un membre du clergé catholique à la tête de la Ceni. N’avez-vous pas violé sa “consigne” ?

    Apollinaire Malumalu : Je n’ai jamais été candidat à ce poste. Je suis revenu à la Ceni parce que j’ai été choisi par les confessions religieuses, l’une des composantes de la société civile chargées de désigner l’un de ses membres. Les huit confessions devaient élire la personnalité la plus compétente pour les représenter, sur des critères bien définis. J’ai obtenu 7 voix sur 8, le suffrage de l’Église catholique étant le seul à ne pas se porter sur moi. Cela dit, je reste prêtre diocésain. Il appartenait à l’évêque [du Nord-Kivu] de décider si je pouvais être membre de la Ceni ou pas. Après s’être concerté avec ses pairs, il a accepté.

    Pour stabiliser le pays, nous estimons que la tenue d’élections locales est une urgence.

    Et que répondez-vous à ceux qui vous accusent d’être proche du président Kabila et de vouloir faciliter sa réélection ?

    Il faut éviter de vouloir trop personnaliser les choses. Je n’ai jamais travaillé avec Joseph Kabila dans un cadre qui ne soit pas institutionnel ! En outre, les décisions de la Ceni sont prises de manière collégiale avec les autres membres du bureau, qui sont issus de la majorité, mais aussi de l’opposition parlementaire. Alors de quoi parle-t-on ?

    La plateforme Sauvons la RDC estime que le cycle engagé en novembre 2011 avec la présidentielle et les législatives devait se poursuivre avec les sénatoriales et l’élection des gouverneurs. Pourquoi avoir décidé de faire passer avant les élections urbaines, municipales et locales ?

    La loi électorale, telle qu’elle a été modifiée pour les scrutins de 2011, porte sur toutes les élections, et c’est pure cécité que de penser que les locales n’étaient pas prévues. Nous sommes dans un État fortement décentralisé. Pourtant, de nombreux conseils municipaux n’ont jamais été élus et l’on continue à nommer l’exécutif de ces collectivités [en avril 2012, le gouvernement a créé des centaines de nouvelles entités : au moins 3 villes et 10 communes dans chacune des 10 provinces du pays, hors Kinshasa].

    On ne peut pas faire comme si de rien n’était ! Le passage de 21 à 88 villes et de 97 communes urbaines et non urbaines à 601 constitue un énorme bouleversement sur le plan local. Dans ces conditions, pour stabiliser le pays, nous estimons que la tenue d’élections locales est une urgence.

    Ne risquent-elles pas de retarder l’organisation de la présidentielle ?

    Pour le moment non. En revanche, pour les élections des députés nationaux, le législateur a introduit dans la loi organique une disposition selon laquelle le recensement administratif doit être fait préalablement à la tenue du scrutin. Très tôt, sans ambages et en toute transparence, la Ceni a attiré l’attention des responsables politiques sur ce problème. Ils ne peuvent pas dire qu’ils ne savent pas.

    Il leur appartient de revenir, ou pas, en arrière. C’est-à-dire de revenir à la délimitation des circonscriptions électorales en fonction du nombre d’électeurs, telle qu’elle existait auparavant, et non en fonction du nouveau rescensement. Si l’on n’accepte pas de la déconnecter des législatives, la présidentielle risque d’être rattrapée à son tour par ce problème.

    Que pensez-vous du débat sur une éventuelle révision de la Constitution ?

    Concernant les articles verrouillés de la Constitution, personne n’a pris l’initiative de leur révision. Tout le reste n’est que spéculation.

    C’est un débat légitime, mais il ne doit pas se transformer en procès d’intention. Il faut arrêter d’agiter la population, d’écrire des livres sur le sujet… En tant que citoyen, je souhaite que la Constitution soit respectée et je note que pour l’instant, concernant les articles verrouillés [portant notamment sur la limitation du nombre de mandats présidentiels], personne n’a pris l’initiative de leur révision. Tout le reste n’est que spéculation.

    Treize… à la Ceni comme à la cène

    Depuis la loi du 27 avril 2013, la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) compte 13 membres : 6 désignés par la majorité (dont 2 femmes), 4 par l’opposition (dont 1 femme) et 3 par la société civile. Parmi ces derniers, l’un doit être élu par les associations d’éducation civique et électorale, un autre par les associations de défense des droits de la femme, le dernier par les 8 confessions religieuses du pays.

    Le bureau de la Ceni, élu le 7 juin 2013, est composé quant à lui de 6 membres. Présidé par l’abbé Malumalu (société civile), il compte 3 représentants de la majorité – André Pungwe, du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), Onésime Kukatula, du Parti lumumbiste unifié (Palu), et Chantal Ngoyi, du Mouvement social pour le renouveau (MSR) – et 2 de l’opposition : Jean-Pierre Kalamba, de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), et Micheline Biye Bongenge, du Mouvement de libération du Congo (MLC).

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    Propos recueillis par Trésor Kibangula

    Jeune Afrique

  • RDC : opération conjointe de l’armée et de la Monusco contre les rebelles de l’ADF

    RDC : opération conjointe de l’armée et de la Monusco contre les rebelles de l’ADF

    FARDC Joint Patrolling with MONUC Peacekeepers in FDLR stronghol-L’armée congolaise et les Casques bleus menaient mardi après-midi une opération conjointe contre les rebelles ougandais de l’ADF, soupçonnés d’être responsables d’une série de récents massacres dans l’est de la République démocratique du Congo.

    Les Forces armées de la RDC (FARDC) et les Casques bleus de la Mission de l’ONU au Congo (Monusco) poursuivent leur offensive contre les rebelles ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF) dans le nord de la province du Nord-Kivu. D’après un porte-parole de l’armée congolaise et un autre de la mission onusienne, une attaque conjointe est en cours depuis depuis samedi 13 décembre et leurs troupes n’ont pour l’heure rencontré aucune résistance.

    “Les opérations continuent et viennent d’être élargies […] afin de démanteler les résidus des ADF qui sont encore dans la zone, a déclaré le colonel Célestin Ngeleka, porte-parole de l’opération Sokola 1, l’offensive congolaise lancée en janvier contre les groupes armés au Nord-Kivu. Les opérations ont été lancée d’abord sur les principaux axes que l’on croyait tenus par les ADF mais nous n’avons pas rencontré de résistance et les troupes progressent dans la forêt”.

    “Il faut mettre fin à ces tueries”

    “Une opération conjointe entre la Monusco et les FARDC a été effectivement lancée samedi contre les rebelles ougandais des ADF actifs dans le territoire de Beni”, importante place commerciale à environ 250 km au nord de Goma, a confirmé le lieutenant-colonel Félix-Prosper Basse, porte-parole militaire de la mission onusienne.

    Des éléments de la brigade d’intervention de la Monusco participent à l’offensive, a précisé le colonel, affirmant que la force onusienne apportait aux FARDC un “appui logistique” mais aussi un “appui tactique” et un “soutien médical”. “À ma connaissance, nous n’avons pas été accrochés pour le moment”, a-t-il ajouté.

    Le territoire de Beni a été endeuillé par une succession de massacres de civils ayant fait plus de 260 morts depuis le début du mois d’octobre. Les autorités congolaises et la Monusco accusent les ADF d’en être les auteurs. “Notre engagement est sans faille, il faut mettre fin à ces tueries”, a déclaré le colonel Basse.

    (Avec AFP)

  • Miss Monde : 5 Africaines sacrées depuis 1951, dont 3 Sud­Africaines et 1 Égyptienne blanches

    Miss Monde : 5 Africaines sacrées depuis 1951, dont 3 Sud­Africaines et 1 Égyptienne blanches

    miss monde elue-Rolene Strauss, une étudiante sud-africaine en médecine de 22 ans a été élue dimanche Miss Monde devant 121 candidates venues des quatre coins de la planète. C’est la 5e Miss africaine d’un concours qui a fortement tendance à choisir, sur le continent, des lauréates à la peau blanche.

    Elles étaient 121 jeunes-femmes à participer cette année à l’élection de ” Miss Monde 2014 “. La 64e édition du concours s’est tenue dimanche 14 décembre à Londres, ville où s’était déroulée en 1951 la toute première compétition du genre, baptisée à l’époque ” Festival Bikini Contest “. Et c’est une Sud-Africaine de 22 ans, Rolene Strauss, brune de 1,77 mètres aux yeux effilés, étudiante en médecine et passionnée de sport et de musique, qui a rapporté au continent africain son 5e trophée.

    De fait, ce n’est pas la première fois qu’une Africaine se distingue à Miss Monde. Depuis 1951, sur les 66 lauréates du concours, quatre autres femmes du continent ont été sacrées : l’Égyptienne (aux racines grecques) Antigone Costanda en 1954, puis les Sud-Africaines Penelope Anne Coelen en 1958, Anneline Kriel en 1974, et la Nigériane Agbani Darego en 2001.

    Avec 5 titres, l’Afrique figure cependant en bas du tableau. Même si elle devance l’Océanie, qui ferme la marche avec 3 titres, elle reste loin derrière l’Europe (24 titres), le continent américain (21 titres), ou même l’Asie (12 titres). Un classement quasiment identique (le continent américain détrônant l’Europe) pour le concours Miss Univers, une compétition rivale du concours Miss Monde.

    Seules trois Africaines noires au sommet

    Mais il y a plus dérangeant. L’Afrique n’a été sacrée depuis 1952 que quatre fois à Miss Univers, un concours qui ne compte que deux Miss noires issues du continent : la Botswanaise Mpule Kwelagobe, en 1999, et l’Angolaise Leila Lopes, en 2011. Miss Monde fait pire : une seule des 5 jeunes femmes africaines distinguées est noire : la Nigériane Agbani Darego.

    Alors que des concours de beauté sont organisés depuis des années dans presque tous les pays africains, on ne peut que regretter ce déséquilibre. C’est une évidence : les Africaines – surtout celles à la peau noire – peinent à s’imposer dans les concours planétaires. La faute à des critères sans doute encore beaucoup trop européocentrés.

    Mais au-delà d’un anachornisme qui peut être considéré comme une marque de racisme institutionnel, l’Afrique peut-elle aujourd’hui se sentir honorée par la victoire d’une représentante blanche ? En 2001, toute l’Afrique avait salué l’élection comme Miss Monde d’Agbani Darego. Treize ans plus tard, toutes compétitions confondues, l’Afrique attend toujours sa quatrième reine mondiale de beauté noire.

    Jeuneafrique