Author: Don Kayembe

  • Chronologie des tourments judiciaires de la famille Gbagbo

    Chronologie des tourments judiciaires de la famille Gbagbo

    famille_gbagbo4_0-Depuis 2011, le sort de la famille Gbagbo est entre les mains de la justice. Ecroué à la prison de La Haye de la Cour pénale internationale, l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo est en attente de son procès pour crimes contre l’humanité. Son épouse Simone Gbagbo, également accusée de crimes contre l’humanité, sera prochainement jugée, mais à Abidjan, par un tribunal local. Michel Gbagbo, le fils du président déchu, est pour sa part en liberté provisoire, mais ne peut quitter Abidjan. Retour sur les moments clés de la famille Gbagbo depuis 2010.

    2010

    28 novembre : Tenue du deuxième tour du scrutin présidentiel qui a finalement lieu, après avoir été reporté six fois. Ses résultats sont contestés et le pays plonge dans une longue crise qui oppose le président sortant Laurent Gbagbo à son rival Alassane Ouattara reconnu vainqueur du scrutin par la communauté internationale. Le Conseil constitutionnel ivoirien proclame pour sa part la victoire de Laurent Gbagbo. Légitimité internationale, contre légalité constitutionnelle, le bras de fer entre les deux hommes va durer quatre mois et causer la mort d’au moins 3000 personnes.

    2011

    28 mars : Alassane Ouattara qui tient le Nord lance une offensive vers le Sud, s’empare de la capitale politique, Yamoussoukro. Ses Forces républicaines (FRCI), regroupant essentiellement les ex-rebelles des Forces nouvelles, entrent dans la capitale économique, avec l’aide discrète de la France. C’est le début de la bataille d’Abidjan. Les bastions de Gbagbo à Abidjan sont bombardés par l’Onuci et les forces françaises de l’opération Licorne, en vertu de la résolution 1975 de l’ONU.

    11 avril : Arrestation de Laurent et Simone Gbagbo par les Forces républicaines (FRCI) de Ouattara. Le camp Gbagbo affirme que l’ex-président a, en réalité, été pris par les Forces spéciales françaises avant d’être remis aux FRCI

    13 avril : Laurent Gbagbo est transféré à Korhogo, la grande ville du nord. Le 23, son épouse Simone est placée en résidence surveillée à Odienné, dans le nord-ouest.

    11 août: Une mission de l’ONU en Côte d’Ivoire, autorisée à rendre visite au couple Gbagbo, se déclare préoccupée par leurs conditions de détention, y compris l’accès à l’information et à leurs avocats.

    18 août : Laurent Gbagbo et son épouse sont inculpés par la justice ivoirienne et sont officiellement placés en détention préventive pour « crimes économiques ». Afin de ne pas être accusé de partialité dans un éventuel procès Gbagbo en Côte d’Ivoire, le président Ouattara a pris la décision, en mai, de demander à la CPI d’enquêter sur les crimes les plus graves, la justice ivoirienne se chargeant des « crimes économiques, des crimes de sang et des crimes contre la sécurité de l’Etat ».

    3 octobre : A la suite de la demande d’Alassane Ouattara, la CPI se saisit du dossier, même si la Côte d’Ivoire n’est pas membre à part entière de cette institution. Ce pays n’adhère pas au statut de Rome, mais a toutefois reconnu sa compétence dès 2003. La CPI est donc habilitée à intervenir. Les juges de la CPI autorisent Luis Moreno-Ocampo, le procureur de la Cour, à enquêter sur le terrain avec ses équipes sur la réalité des crimes de guerre commis durant la crise postélectorale, dont sont soupçonnés les forces pro-Ouattara et les forces pro-Gbagbo.

    23 novembre : Suivant l’avis du procureur, la CPI délivre un mandat d’arrêt à l’encontre de Laurent Gbagbo. L’ex-président est accusé en tant que « co-auteur indirect » de crimes contre l’humanité pour quatre chefs d’inculpation : meurtres, viols et autres violences sexuelles, actes de persécution et autres actes inhumains perpétrés entre le 16 décembre 2010 et le 12 avril 2011. Sa responsabilité est engagée pour quatre évènements particuliers : la répression d’une marche des pro-Ouattara se rendant au siège de la Radiotélévision ivoirienne en décembre 2010, la répression d’une manifestation de femmes à Abobo et le bombardement au mortier d’un secteur densément peuplé d’Abobo en mars 2011, et des représailles menées par des pro-Gbagbo à Yopougon en avril 2011.

    30 novembre : Le 29 novembre, les autorités ivoiriennes remettent Laurent Gbagbo aux mains de la CPI. Le lendemain, l’ancien président est transféré et incarcéré à la Haye.

    05 décembre : L’audience de première comparution de Laurent Gbagbo se tient devant la Chambre préliminaire III de la CPI. Cette première audience a pour objet d’informer Laurent Gbagbo des crimes qui lui sont reprochés et de ses droits.

    2012

    13 et 14 novembre : Vingt mois après son arrestation et son transfert à Odienné, dans le Nord, Simone Gbagbo est interrogée à son lieu de détention par le juge d’instruction auprès du tribunal de première instance d’Abidjan, Mamadou Koné, qui l’a entendue en présence de son avocat. En février, elle avait vu les charges retenues contre elle s’étendre à des « faits de génocide ».

    22 novembre : La CPI délivre un mandat d’arrêt international contre Simone Gbagbo pour des crimes contre l’humanité commis lors des violences de 2010-2011. Première femme réclamée par la CPI, l’épouse de l’ancien président faisait l’objet d’un mandat d’arrêt confidentiel depuis le 29 février, émis par le procureur de la CPI qui estimait que « Simone Gbagbo était idéologiquement et professionnellement très proche de son mari » et « se comportait en alter ego de son mari, en exerçant le pouvoir de prendre des décisions d’Etat ». L’ancienne première dame, surnommée « la Dame de fer » est soupçonnée d’avoir été liée à des « escadrons de la mort ». C’est sur cette question que la CPI veut entendre Simone Gbagbo. Or, le régime ivoirien refuse de la livrer à La Haye de peur de perdre la maîtrise de l’agenda. Tout au long de l’année 2012, le président Alassane Ouattara n’a cessé de répéter qu’Abidjan n’enverra plus personne à La Haye, rappelant que l’appareil judiciaire ivoirien était en mesure d’organiser un procès équitable. Le pouvoir craint par ailleurs de ne pouvoir s’opposer, par la suite, aux demandes de transfèrement des personnalités importantes de la galaxie « ouattariste » qui ont elles aussi du sang sur les mains.

    2013

    19-28 février : Tenue de l’audience de confirmation des charges. Les juges entendent les arguments des parties de la défense qui contestent la solidité du dossier du procureur en vue d’un procès. Dans son plaidoyer qui dure une quinzaine de minutes, Laurent Gbagbo rappelle aux juges son combat pour la démocratie et assure avoir été évincé du pouvoir en faveur de son rival Alassane Ouattara à la suite d’un complot mis sur pied par la France, ancienne puissance coloniale en Côte d’Ivoire. Les juges demandent, pour leur part, des informations ou éléments de preuve supplémentaires avant de décider si un procès devait être mené contre Laurent Gbagbo.

    6 août : Michel Gbagbo, fils aîné de Laurent Gbagbo, 45 ans, de nationalité française, arrêté le jour de la chute du régime de son père, sort de prison, bénéficiant d’une liberté provisoire. Molesté lors de son arrestation, il avait été incarcéré à Bouna (Nord). Alors qu’il était encore détenu, Michel Gbagbo qui est né du premier mariage de son père avec une Française, a porté plainte auprès de la justice française pour « traitements inhumains et dégradants » durant sa détention. Sa mère, Jacqueline Chamois, avait dès 2012 écrit à François Hollande attirant l’attention du président français sur la détention illégale de son fils « sous l’autorité de Guillaume Soro ».

    2014

    14 février : Michel Gbagbo est empêché de quitter le territoire ivoirien à l’aéroport d’Abidjan, alors qu’il se rendait à Paris pour répondre à une convocation de la justice française.

    12 juin : Proclamation de la décision de la CPI de juger Laurent Gbagbo pour crimes contre l’humanité. Après avoir examiné plus de 22 000 pages de preuves et les déclarations de 108 témoins, les juges ont confirmé les quatre charges de crime contre l’humanité à l’encontre de Laurent Gbagbo et annoncé leur décision de renvoyer l’ancien président en procès devant une chambre de première instance. Cette décision met fin à un an de procédures préliminaires destinées à déterminer si Laurent Gbagbo devrait être jugé ou non. Gbagbo, 69 ans, est le premier ex-chef d’Etat à être poursuivi par la CPI. L’ouverture du procès est fixée pour le 7 juillet 2015.

    22 octobre : Le procès pour atteinte à la sûreté de l’Etat de l’ex-Première dame ivoirienne Simone Gbagbo et de ses 82 co-accusés, qui devait s’ouvrir devant la Cour d’Assises d’Abidjan ce 22 octobre, est reporté sine die.

    29 octobre: La CPI refuse de libérer Laurent Gbagbo afin de lui permettre d’assister à l’enterrement de sa mère décédée le 15 octobre en Côte d’Ivoire. La Cour estime qu’autoriser Laurent Gbagbo à se rendre à l’enterrement « risquerait de mettre en danger la population de Côte d’Ivoire, le personnel de la Cour ainsi que monsieur Gbagbo lui-même ».

    9 décembre : Simone Gbagbo se présente au président de la Cour d’assises d’Abidjan pour une audience de procédure, en vue d’ouverture prochaine de son procès. La date du procès n’est pas connue, mais il portera uniquement sur les crimes relatifs à la sûreté de l’Etat et pas sur les graves violations des droits de l’Homme qui sont reprochées à l’ex-Première dame. Celle-ci a été transférée le 1er décembre d’Odienné, où elle était en « résidence surveillée » depuis fin avril 2011, vers Abidjan. Elle est désormais détenue dans une école militaire d’Abidjan.

    11 décembre : Abidjan est de nouveau sommé par la CPI de lui livrer Simone Gbagbo, soupçonnée de crimes contre l’humanité. Le gouvernement ivoirien avait opposé une exception d’irrecevabilité à la précédente sommation de la Cour contestant la compétence de la CPI, s’agissant d’un suspect poursuivi par la justice nationale. La CPI a rejeté l’exception d’irrecevabilité, arguant que les poursuites engagées en Côte d’Ivoire ne portaient pas sur les mêmes accusations.

    RFI

  • Côte d’Ivoire: Charles Blé Goudé sera bien jugé pour crimes contre l’humanité-les réactions à Abidjan aux annonces de la CPI

    Côte d’Ivoire: Charles Blé Goudé sera bien jugé pour crimes contre l’humanité-les réactions à Abidjan aux annonces de la CPI

    ble-goude3065-Charles Blé Goudé sera bien jugé pour crimes contre l’humanité. La Cour pénale internationale a confirmé jeudi les charges contre l’ancien chef du mouvement pro-Gbagbo des Jeunes patriotes. La date de son procès n’a pas encore été fixée. Charles Blé Goudé est écroué à La Haye depuis mars 2014. Il a encore la possiblité de faire appel. La CPI veut également organiser le procès de Simone Gbagbo, l’épouse de l’ex-chef de l’Etat est actuellement détenue dans le nord de la Côte d’ivoire.

    Côté gouvernement on a été pris de cours, hier après-midi, puisque l’annonce de la CPI est tombée en plein Conseil des ministres. De ce fait, le porte-parole du gouvernement, Bruno Koné, est resté très prudent dans ses commentaires expliquant que les autorités ivoiriennes allaient se donner le temps de la réflexion pour étudier la demande de transfèrement de Simone Gbagbo à La Haye.

    A propos des termes, très sévères, utilisés par la CPI mettant en cause  la capacité  de la justice ivoirienne à conduire le procès de Simone Gbagbo, le porte-parole a répondu que l’appareil judiciaire récupéré par le gouvernement ivoirien, au sortir de la crise, était en lambeaux et que les autorités faisaient « le maximum de ce qu’elles pouvaient ».

    Par ailleurs, Me Pierre Claver Ndri, l’avocat de Charles Blé Goudé, s’est dit surpris par la confirmation des charges retenues contre son client tout en répétant que le dossier, sur le fond était vide.

    Concernant le cas Simone Gbagbo, il a rappelé que la Côte d’Ivoire s’était déjà saisie de la question et qu’un procès pour crime de sang à son encontre était programmé. Que, de ce fait, il convenait d’en attendre l’issue avant un éventuel transfèrement à La Haye.

    S’il est un point sur lequel s’entendent, les deux parties antagonistes à Abidjan, c’est la capacité des tribunaux à juger ses ressortissants en Côte d’Ivoire tout aussi bien qu’à La Haye devant la CPI.

    rfi

  • Le patron de la CIA s’explique

    Le patron de la CIA s’explique

    john_brennan001_16x9-Deux jours après la publication d’un rapport de la Commission sénatoriale sur la torture utilisée par la CIA dans la lutte contre le terrorisme jusqu’en 2009, John Brennan a défendu son agence.

    Au cours d’une allocution de vingt minutes, le directeur de la CIA est parvenu à ne jamais parler expressément de « torture », lui préférant l’expression « techniques renforcées d’interrogatoire ».

    John Brennan a tout de même reconnu que certaines méthodes d’interrogatoire étaient « odieuses» mais il a souligné qu’elles étaient le fait d’une petite minorité d’agents.

    Le patron de la CIA estime qu’il est « impossible de savoir » si les informations obtenues sous la torture auraient pu être connues par d’autres moyens.

    Mais il maintient que des renseignements fournis par des détenus soumis à la torture ont contribué à mettre la main sur Oussama Ben Laden.

    Avant de diriger la CIA pour Barack Obama, John Brennan a été le directeur adjoint de l’agence sous la présidence de George Bush.

    Au Sénat, Dianne Feinstein, la présidente de la commission qui a publié le rapport sur la torture, rejette la défense présentée par le patron de la CIA.

    De son côté, un autre sénateur démocrate a réclamé la démission de John Brennan.

    Mais à la Maison Blanche, le porte-parole d’Obama indique que le président a totalement confiance dans le travail du directeur de la CIA.

    BBC

  • Les pays africains les plus “risqués” pour les entreprises en 2015

    Les pays africains les plus “risqués” pour les entreprises en 2015

    control-risk-carte-Le cabinet de conseil Control Risks présente l’édition 2015 de sa carte annuelle des risques sécuritaires et économiques à travers le monde. Intitulée “le nouveau désordre mondial”, cette étude estime qu’il y a un “risque politique élevé” au Sahel – de Bissau à Djibouti -, en Afrique du Nord et dans une grande partie de l’Afrique centrale. Une analyse peu nuancée.

    Le cabinet de conseil britannique Control Risks a intitulé l’édition 2015 de sa carte annuelle des risques sécuritaires, géopolitiques et économique pour les entreprises et les personnes à travers le monde, “le nouveau désordre mondial”. Le document [PDF] donne un aperçu assez sévère de l’environnement économique et sécuritaire à travers le monde.

    Selon les estimations du cabinet de conseil, les “risques politiques pour les entreprises”, mesurés en fonction des réglementations défavorables, de l’insécurité juridique, de l’exposition à la corruption, des dangers d’expropriation, de nationalisation ou de sanctions internationales, seraient “assez élevés” dans la plupart des grands pays émergents (Chine, Turquie, Inde, Russie, Brésil et Mexique notamment).

    Peu nuancé

    Qu’il s’agisse de ces “risques politiques” ou des “risques de sûreté” (tels que la fraude, la destruction de biens ou le vol d’informations par exemple), l’édition 2015 de l’étude de Control Risks peint un tableau sévère et peu nuancé de la situation des pays africains.

    S’agissant des premiers, le cabinet estime par exemple qu’il existe “un risque extrême” sur tout ou une partie du territoire de la Centrafrique et de la Somalie. Constat difficile à contester au vu des conflits frappant ces deux pays africains.

    En revanche, il est plus difficile de comprendre le regroupement dans la même catégorie – celle des zones à “risques politiques élevés” – de territoires aussi divers que la Côte d’Ivoire et la Libye, le Cameroun et le Somaliland (État non reconnu, situé dans le partie Nord de la Somalie), Madagascar et l’Érythrée, l’Algérie et la Gambie, le Burundi et le Zimbabwe, ou encore la RD Congo et l’Égypte.

     

    Bons points

    La plupart des pays d’Afrique orientale et australe s’en sortent mieux, avec un risque politique “moyen”, c’est également le cas du Rwanda, du Gabon, de la Guinée équatoriale et du Cameroun en Afrique centrale, du Sénégal, de la Mauritanie, de la Sierra Leone, du Ghana, du Bénin et du Togo en Afrique occidentale.

    Seuls six pays africains, le Maroc, le Cap-Vert, les Seychelles, la Namibie, Maurice et le Botswana se trouvent rangés dans la catégorie des pays à “risques politiques bas”.

    >>>> Visualisez l’intégralité de la carte ici.

    control-risk-carte

    Cliquez sur l’image.

  • L’Afrique aime moins le pape François… que l’Europe

    L’Afrique aime moins le pape François… que l’Europe

    pape-Selon un rapport d’enquête publié jeudi par le Pew Research Center de Washington, le pape François jouit d’une opinion favorable dans la majeure partie du monde. Mais seuls 44 % des Africains interrogés aiment le souverain pontife alors que 84 % des Européens le plébiscitent.

    Sa popularité n’est plus à démontrer. Moins de deux ans seulement après son élection, le pape François a su se faire une bonne place dans le cœur des fidèles catholiques, voire au-delà. Mais dans quelle partie du monde est-il le plus aimé ? Pew Recherch Center a mené l’enquête, le 30 octobre 2013 et le 4 mars 2014, dans 43 pays. Plus de 36 450 personnes ont été sondées. Résultat : en moyenne 60 % d’avis positif, 11 % d’avis négatif et 28 % de sans opinion.

    Selon les conclusions détaillées de cette perception globale sur François, mises en ligne le 11 décembre sur le site internet du think tank américain basé à Washington, c’est en Europe que le pape est plus aimé. Près de 85 % des personnes interrogées clament leur sympathie au pontife alors qu’elles ne sont que 44 % dans ce cas en Afrique. Quant au Moyen Orient, seuls 25 % des sondés ont une opinion favorable du chef de l’Église catholique romaine.

    Sénégalais, Tunisiens… une majorité de sans opinion

    L’échantillon subsaharien dans l’enquête de Pew Research Center est essentiellement constitué par des ressortissants de pays anglo-saxons. Il en ressort que le pape François est – sans surprise – plébiscité dans les États où la religion catholique est dominante : 70 % d’opinions favorables en Ouganda et en Tanzanie, 56 % au Kenya. Logiquement, sa notoriété baisse lorsqu’on se tourne vers les pays où dominent différents courants protestants ou l’islam. Au Sénégal par exemple, 55 % des personnes interrogées n’ont aucun avis sur le pape. Il en est de même en Afrique du Sud (52 %), au Nigeria (46 %) ou au Ghana (40 %).

    Au Moyen-Orient, parmi les pays étudiés, le pape François n’a d’opinion majoritairement favorable qu’au Liban (62 %) et en Israël (50 %). Mais cela n’implique pas qu’il est détesté dans les autres États, la majorité des personnes interrogées étant sans opinion. C’est le cas notamment en Tunisie où plus de 70 % des sondés n’ont pas d’avis sur le Saint-Père.

    Pew Research Center souligne enfin qu’a contrario, être sans avis sur le pape n’implique pas nécessairement d’avoir une opinion favorable à son égard. Il peut s’agir de personnes qui affirment n’avoir jamais entendu parler de François ou qui ne le connaissent pas suffisamment pour se prononcer. Charitable, le souverain pontife leur pardonnera certainement.

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    Par Trésor Kibangula

    Jeuneafrique.com

  • Le pétrole sera moins cher

    Le pétrole sera moins cher

    petrole-L’année 2014 ne s’achève que dans trois semaines, mais 2015 occupe déjà tous les esprits. Je vous propose donc de commencer à nous interroger sur ce que promet de nous apporter l’année qui s’annonce.

    Elle confirmera sans aucun doute le contre-choc pétrolier intervenu au cours de ces derniers mois et dont nous commençons à toucher les bénéfices : les prix du pétrole et du gaz, sources principales d’énergie pour l’ensemble de la planète qui permettent à ses industries et à ses moyens de transport de fonctionner, ont baissé en moins de six mois d’environ 40 %.

    Cette “révolution énergétique” a déjà fait couler beaucoup d’encre. Mais ses immenses conséquences économiques et stratégiques ne vont se faire ressentir qu’en 2015 et au-delà.

    Il me faut vous en parler.

    Nous la devons au fait que les États-Unis se sont résolus, il y a quatre ans, à exploiter leur pétrole et leur gaz de schiste ; en 2015, ils produiront 10 millions de barils par jour (ou l’équivalent), autant que l’Arabie saoudite.

    Cette production s’ajoute à ce que les États-Unis extrayaient déjà de leurs puits et, par conséquent, ils ont presque cessé d’importer du pétrole et du gaz, et vont même commencer à en exporter.

    Rares et chers jusqu’ici, apanage de quelques pays grands exportateurs et instrument de puissance du cartel des pays exportateurs de pétrole (l’Opep), les hydrocarbures sont désormais abondants, bon marché et mieux répartis.

    *

    Les pays développés, qui en sont les plus gros consommateurs, connaissent, depuis 2008, une faible croissance économique et ont dû apprendre à réduire leur consommation.

    Leurs besoins en énergie sont de ce fait plus faibles.

    La baisse du prix de l’énergie est donc partie pour durer et, en tout cas, nous, consommateurs, sommes assurés d’en bénéficier pleinement en 2015.

    En revanche, les pays exportateurs de cet “or noir”, les plus peuplés d’entre eux en particulier et les plus dépendants de cette manne – Russie, Iran, Algérie, Nigeria, Venezuela – devront procéder à des “révisions déchirantes” et apprendre à vivre comme les autres.

    De ce mal sortira, peut-être, pour certains d’entre eux, un bien…

    Quoi qu’il en soit, il n’y a pas lieu de s’inquiéter pour eux : les réserves financières que la plupart de ces pays ont accumulées leur donnent le loisir de “voir venir”.

     *

    L’année 2015 sera donc celle des bienfaits de ce contre-choc pétrolier sur l’économie mondiale. Ils seront nombreux et sensibles, mais, à ce stade, il est difficile de les mesurer.

    L’économie réalisée par les pays importateurs ? Elle est évaluée à plus de 3 milliards de dollars par jour et à plus de 100 milliards par mois !

    Ceux d’entre eux, comme l’Égypte, qui consacraient jusqu’à 20 % de leur budget aux subventions des prix de l’énergie pour la rendre accessible aux plus modestes, verront leurs finances soulagées.

    La baisse des prix de l’énergie est de nature à faire reculer l’inflation et à doper les taux de croissance économique dans les pays importateurs d’hydrocarbures : on en escompte un accroissement de 0,2 % du PIB mondial de 2015.


    Croissance du produit intérieur brut mondial en 2015. (Sources : AIE)

     *

    Ce contre-choc pétrolier aura-t-il des conséquences politiques ? Peut-être pas en 2015, première année pleine où il produira ses effets. Mais à moyen terme, très probablement.

    L’argent du pétrole qui coulait à flots pouvait masquer la mauvaise gouvernance économique d’un pays, en atténuer ou en retarder les effets. Mais le Venezuela pourra-t-il continuer à être gouverné en dépit du bon sens avec un baril à 60 dollars ?

    Le Nigeria pourra-t-il maintenir son taux de croissance annuel à 7 % et conserver le rang de première économie africaine qu’il a conquis en 2014 ?

    Que diront les Algériens lorsque leur gouvernement commencera à puiser dans les réserves financières qu’il s’est constituées ?

    Et le régime iranien, pourra-t-il tenir si le président que les Iraniens ont élu en 2013 n’obtient pas, en 2015, la levée des sanctions ?

    Quant à Vladimir Poutine, c’est grâce au prix élevé du pétrole, qui a accompagné sa première arrivée au pouvoir en 2000, qu’il a pu être en mesure de parler haut et fort. Pourra-t-il rester aussi populaire auprès des Russes avec un pétrole dévalué, alors que la Russie en tire la moitié de ses recettes budgétaires ?

    Il est permis d’en douter.

    On n’a pas encore claironné que la baisse du prix du pétrole est le résultat d’un complot américano-saoudien pour mettre en difficulté leurs adversaires (russe, vénézuélien, iranien), mais cela ne saurait tarder.


    Pétrole : les États-Unis supplantent l’Arabie Saoudite

     *

    Dans son annuaire “The World in 2015“, qui vient de paraître, notre confrère The Economist publie la carte ci-dessous de la croissance économique mondiale par continent en 2015 établie sur la base des meilleures prévisions disponibles.

    Elle est sans surprise, mais la baisse du prix des hydrocarbures, non encore prise en compte, pourrait modifier quelque peu les performances respectives des importateurs et des exportateurs de ce qu’on n’appellera bientôt plus “l’or noir”.
    Jeuneafrique.

  • Racisme : attentat à Tintin

    Racisme : attentat à Tintin

    tintin02-Une opération commando antiraciste vient de s’en prendre, dans une librairie parisienne, aux exemplaires de “Tintin au Congo”. Énième tentative de museler d’anciennes caricatures d’Africains parlant le “petit nègre”…

    “Le XXIe siècle sera raciste ou ne sera pas”, aurait pu dire André Malraux, tant les pulsions policières américaines où les penchants hooligans européens laissent penser que l’acceptation du teint d’autrui n’est pas au programme de ce début de millénaire. Pourtant, la légitime crispation des “officiels” de l’antiracisme ne pourrait-elle pas trouver meilleure cible qu’un personnage de bande dessinée anachronique ?

    Il est vrai qu’en ce mois de Noël, les BD se vendent comme des petits pains ; tout particulièrement les vieux albums, tant il est démontré que les parents achètent, pour leurs enfants, les cadeaux qu’ils auraient aimé recevoir, quelques décennies auparavant. La vieille école graphique de la ligne claire belge remonte donc en tête de gondoles, ce qui ne pouvait échapper au “Groupe d’intervention contre le racisme”.

    Lundi 8 décembre, un “commando” d’une cinquantaine de ses membres s’en est pris à l’album “Tintin au Congo” et son ramassis de phylactères en “petit nègre”. Il a pris une enseigne parisienne à l’abordage – la FNAC des Halles -, déposant, sur chaque exemplaire des aventures africaines du petit reporter, des autocollants “Produit toxique, relents racistes, peut nuire à la santé mentale”.

    Ce n’est pas la première fois que le héros du dessinateur Hergé subit les assauts des antiracistes. Depuis 2012, le Conseil représentatif des associations noires de France réclame, au mieux, l’interdiction de la vente de l’ouvrage, ou, au moins, l’ajout d’une préface avertissant les lecteurs du caractère “colonialiste” de l’album. Mauvais point pour le CRAN : l’étudiant congolais Bienvenu Mbutu Mondondo fut débouté devant la cour de justice de Bruxelles dans une affaire similaire. Bon point : une telle préface existe dans certaines versions américaines, comme celle de l’éditeur Last Gasp qui explique que “Dans son portrait du Congo Belge, le jeune Hergé est le reflet des comportements coloniaux de l’époque. Il a lui-même admis qu’il a dépeint les Africains selon des stéréotypes bourgeois et paternalistes”.

    Dans les années 40, le dessinateur aurait donc été davantage la victime d’un bourrage de crâne que le coupable d’une incitation à la haine raciale. L’actuel éditeur européen, Casterman, quand il ne fuit pas les débats, indique déceler, dans l’œuvre contestée, moins de “racisme” que de “paternalisme gentil”.

    >> Lire notre dossier : “Oublier Tintin”

    Au moment où il dessinait la première version de “Tintin au Congo”, Hergé n’avait jamais mis les pieds en Afrique. Dédouanement supplémentaire d’un artiste qui n’a pas vocation à être historien ? Ou circonstance aggravante qui lui interdisait de placer dans la bouche d’Africains des phrases comme “Li missié blanc très malin”. Lesquels personnages africains parlaient moins bien le français que Milou, le chien de Tintin qui lançait à ces “indigènes” fictifs : “Allons, tas de paresseux, à l’ouvrage !”. Un chien qui houspille des Noirs, c’est peut-être le comble du mépris. Un chien qui parle, c’est peut-être la preuve que l’album ne se voulait pas conforme à la vérité…

    Aujourd’hui, le présumé afrophobe Tintin parle le wolof dans “Kumpag Wangalang Wi”, la version du “Secret de la Licorne”…

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    Par Damien Glez

    Jeuneafrique

  • Migration clandestine : la Méditerranée, “route la plus mortelle du monde” en 2014

    Migration clandestine : la Méditerranée, “route la plus mortelle du monde” en 2014

    naufragemigrants-En 2014, 3 419 migrants en quête d’un avenir meilleur ont perdu la vie en tentant de traverser la Méditerranée, selon un rapport rendu public mercredi par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés.

    Depuis le début de l’année, plus de 207 000 migrants ont tenté de traverser la Méditerranée. En comparaison, le précédent record datant de 2011 était de 70 000 migrants. C’était en plein Printemps arable. Selon Adrian Edwards, porte-parole du HCR, “Ces chiffres constituent une nouvelle étape à laquelle nous assistons cette année : nous faisons face à un arc de conflits et l’Europe y a été directement confrontée”. Près de 80% des départs s’effectuent depuis les côtes libyennes (en raison de la situation dans le pays) pour rejoindre l’Italie ou Malte.

    60 051 syriens sont arrivés en Italie cette année, fuyant la guerre civile. Les Érythréens sont 34 561 à avoir traversé la Méditerranée pour franchir les frontières italiennes. Ces derniers voulant échapper, selon le HCR, à la répression brutale du pouvoir, au service militaire à vie, et au travail forcé, non rémunéré et à durée illimitée.

    Mais la Méditerranée n’est pas la seule “route mortelle du monde”. 540 personnes ont péri en essayant de traverser le golfe de Bengale en Asie du sud-est, la plupart en provenance du Bangladesh ou de Birmanie et à destination de la Thaïlande ou de la Malaisie. En Mer rouge et dans le golfe d’Aden, au moins 242 personnes ont perdu la vie, tandis que dans les Caraïbes le nombre de morts ou de disparitions signalées s’élevait à 71 début décembre.

    Réponse inadaptée des États européens

    Le HCR pointe la responsabilité des États dans l’explosion de ces statistiques. “Vous ne pouvez pas utiliser des moyens de dissuasion pour empêcher une personne de fuir pour sauver sa vie, sauf en augmentant les dangers”, a affirmé M. António Guterres, Haut-Commissaire de l’ONU pour les réfugiés. L’organisation regrette que certains gouvernements se focalisent davantage sur le maintien des étrangers hors de leurs frontières que sur le respect de l’asile. Il faut “s’attaquer aux vraies causes profondes, c’est-à-dire examiner les raisons pour lesquelles les personnes fuient, ce qui les empêche de chercher asile par des moyens plus sûrs, et ce qui peut être fait pour sévir contre les réseaux criminels qui prospèrent dans ce contexte, tout en protégeant les victimes” a-t-il ajouté.

    Ces dernières années, la question de l’accueil des migrants a été au centre de frictions entre l’Italie et certains pays européens. Les autorités italiennes avaient lancé “Mare Nostrum”, une opération sans précédent pour sauver des dizaines de milliers de migrants en Méditerranée. Pour le seul mois de novembre, 8 000 migrants ont été secourus en mer Méditerranée. Des bateaux de sauvetage ont encore porté secours fin novembre à 320 migrants sur une embarcation de fortune, rapatriés au port d’Augusta (Sicile), et à un autre bateau avec à son bord 182 migrants, transportés jusqu’à Porto Empedocle en Sicile. Mais la fin “Mare Nostrum” a récemment été confirmé par l’Italie, faute de soutien de ses partenaires.

    Une nouvelle opération baptisée “Triton” et  gérée par Frontex, l’organisme européen chargé de la surveillance des frontières extérieures de l’Union européenne est en cours de préparation. Mais elle sera limitée à la surveillance de la frontière extérieure de l’UE en Méditerranée.

    (Avec AFP)

     

  • LIBRE OPINION:  Mlc : l’enjeu de la gestion chaotique des ambitions

    LIBRE OPINION:  Mlc : l’enjeu de la gestion chaotique des ambitions

    MLC logo-Sur Facebook circule un kaléidoscope présentant une demi-douzaine de cadres politiques du Mlc en rupture de banc avec Jean-Pierre Bemba. Si la mémoire ne trahit pas, on en compterait plutôt une douzaine. Au nombre desquelles Alexis Thambwe Mwamba, José Endundo, Vincent Lunda Bululu, Olivier Kamitatu, José Makila, Yves Kisombe, Jean-Lucien Bussa, François Mwamba, Elvis Mutiri wa Bashala, Adam Bombole et, maintenant, Thomas Luhaka, Omer Egwake et Christian Kambinga. Les uns ont dû démissionner, les autres ont été démissionnés, tous au mois ont en partage le fait de n’avoir pas trouvé satisfaction dans la réalisation de leurs ambitions…

              Pour la petite histoire, c’est au lendemain de la clôture de la Cns (Conférence nationale souveraine) en 1992 et du Cpk (Conclave politique de Kinshasa) en 1993 – c’est-à-dire pendant la période précédant la tenue des négociations politiques  qui avait institué la 3ème voie – que la terminologie politique zaïroise s’était enrichie de la nouvelle expression ” gestion des ambitions“.

                Alors monseigneur, l’archevêque de Kinshasa Laurent Monsengwo, porté à la tête du Haut Conseil de la République (Hcr), étaient des premiers à en apprécier le sens. D’autant plus que la gestion des ambitions était devenue un facteur de déstabilisation des partis et des plateformes politiques, une épine dans le processus démocratique.

                Pour en saisir la portée, il faut partir du 24 avril 1990 avec la fin du Monopartisme d’Etat (Mpr Parti-Etat), donc la libéralisation de l’activité politique.

                Longtemps contenues par le régime et le système en place au moyen de l’étatisation de l’appareil politique ou la politisation de l’appareil étatique (au choix), les ambitions avaient du coup implosé.

                Résultat : en sept ans (1990-1997), 445 partis politiques vont se faire enregistrer aux fins de concourir à la conquête, à l’exercice et à la conservation du Pouvoir d’Etat.

                C’est à cette époque qu’apparaît le phénomène “parti politique-mallette“. Il suffit d’obtenir son agrément au ministère de l’Intérieur, d’accéder à un tout petit financement et d’avoir le bagout pour s’attirer l’attention des médias, et on devient… leader. Un premier passage à la tribune de la Cns, un deuxième à la tribune du Cpk, on se fait remarquer et on se fait passer pour un incontournable. Lors des Concertations nationales en septembre-octobre 2013, on entendra un acteur politique venu dans le cadre de la Cns en 1991 lancer à son collègue député : “Suki pembe na Palais du Peuple“. Oui, cela fait 22 ans qu’il y surfe !

                Seulement voilà : après avoir porté soi-même sa mallette, le leader réalise qu’il lui faut un porteur qui, lui-même, “témoin et acteur ” direct ou indirect de l’embonpoint du leader, finit par se découvrir les vertus auto-déterminantes. Ainsi, aux côtés du parti “Omer” naît le parti “Omer radical“, suivi du parti “Omer républicain” ou “Omer modéré“.

                Vingt cinq ans après, peut-on dire que les choses ont changé ? Pas du tout. La “wenganisation” de l’espace politique est si forte que la dernière expérience en date, nous la vivons avec deux plateformes politico-sociales dénommées “Sauvons la RDC” et “Sauvons le Congo“, alors qu’on peine encore à distinguer les groupes parlementaires “Fac” ! Ne parlons même pas de l’Udps où on a un groupe parlementaire désavoué par la direction politique du parti continue d’engager ce dernier aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur.

                Oui, c’est toute la problématique de la gestion des ambitions.

                Ce qui se passe au sein du Mlc ne devrait pas (nous) étonner. Au contraire, il y a là matière à interpellation pour toutes les personnes physiques en charge du leadership.

                Sur Facebook, réagissant à un statut, observation a été faite de la responsabilité que requiert le leadership.  En politique comme en culture, en affaires comme en religion, quand on accepte d’être leader, il faut savoir qu’on se met au service de la communauté et non l’inverse. On se sacrifie pour la communauté avant d’exiger de la communauté des sacrifices en votre faveur. On cultive l’art du partage.

                Le fondement culturel africain, pour ne pas dire négro-africain, est que l’égoïsme se conçoit mal. Si la culture hellène nous dit que là où il y en a pour un, il y en a aussi pour deux, la culture nègre soutient plutôt que là où il y en a pour un, il y en a surtout pour dix !

                Tant mieux : d’aucuns y trouvent matière à pauvreté, et même à corruption. Hélas !, on a le choix entre faire avec ou non.

                Déjà, en les observant, les leaders politiques qui ont des problèmes récurrents dans leurs partis ou dans leurs plateformes sont ceux qui entretiennent la paupérisation autour d’eux, ceux qui réduisent les membres à un marchepied, ceux qui se croient soit maîtres après Dieu, soit maîtres avant Dieu, soit même maitres sans Dieu. Ils sont le centre du monde. Ou, pour reprendre le poète latin Ovide dans “Métamorphoses”, ils pratiquent le narcissisme au point de ” se complaire à s’admirer soi-même“, d’”avoir la prétention de se trouver (croire) le plus beau du monde“. En psychanalyse, on y trouve “un frein à l’évolution de la personnalité“.

                Au Mlc, il est de notoriété publique que Jean-Pierre Bemba a sale caractère. En témoignent ceux qui l’ont fréquenté ou le fréquentent. On ne peut alors dire de la douzaine de personnalités politiques citées en introduction qu’elles pratiquent de gaité de coeur la transhumance.

                A l’instar de bien des leaders politiques ayant pignon sur rue, Chairman a un défaut caractériel connu : la gestion chaotique des ambitions. C’est, du reste, ce qui avait fait perdre au Mlc et à l’Un le gouvernorat de la ville de Kinshasa et de la province du Bas-Congo. Dans son milieu, il se dit qu’il n’avait voulu entendre personne, surtout aucune objection.

                Or, un leader avisé, c’est celui qui sait consulter, qui se met à l’écoute des siens. De sorte que la communauté se sente coresponsable du succès si succès il y a, mais aussi de l’échec, si échec il y a.

     

    Faites comme les Burkinabé : chassez-le du parti !

               

                De tristes événements de Bangui en 2002 aux non moins tristes événements de Kinshasa en 2008, Jean-Pierre Bemba, laisse-t-on entendre, imposait pratiquement sa volonté.

                Aussi, a-t-il connu non seulement l’exil, mais en plus le procès en cours à la Cpi. Il a ruiné, au sens propre comme au sens figuré, l’espoir des membres de son parti, des membres de sa famille biologique et de sa famille élargie, voire du personnel de son groupe industriel et commercial.

                Les militants, qui ne cotisent d’ailleurs rien pour faire fonctionner le parti, de même que les analystes et les chroniqueurs politiques peuvent qualifier les “transhumants” de traîtres, de taupes etc., mais l’évidence reste têtue : Bemba ne sait pas gérer les ambitions des siens. Il n’a jamais su le faire même quand il était à la tête de Scibe-Zaïre.

                Au final – et c’est un proche de Thomas Luhaka qui le révèle – “Fidèle Babala (prévenu devant la CPI), Alexis Lenga et Jacques Lungwana étaient tous candidats ministres, de même que la petite sœur de Jean-Pierre Bemba, la nommée Françoise Bemba. Leur colère à l’endroit du SG du MLC découlerait de leur absence de la liste du gouvernement“.

                Cet épisode n’est pas sans rappeler celui de l’Udps, l’un des partis qui souffrent terriblement de la mauvaise gestion des ambitions. Qualifiée à tort de fille aînée de l’Opposition, l’Udps a vu 33 des 41 députés élus sur sa liste oser défier Etienne Tshisekedi en s’en allant siéger à l’Assemblée nationale qualifiée d’”illégitime”, au motif que cette institution est issue des “élections frauduleuses”. Parmi les députés frondeurs se trouve, hélas !, une parente du lider maximo.

                L’enseignement à tirer est que le parti politique se crée pour conquérir, exercer et conserver le pouvoir d’Etat. Si, d’aventure, vous vous trouvez dans un parti qui ne veut pas conquérir le pouvoir ou, s’il le conquiert, il ne veut pas l’exercer, ou encore, s’il l’exerce, il ne veut pas le conserver  au profit de sa communauté, alors ne vous arrêtez à vous indigner. Faites comme les Burkinabé : chassez-le du parti !

                Si donc vous vous trouvez avec un leader qui gère mal les ambitions de son équipe, il ne vous reste qu’à faire ce que recommande la Bible : sortez de son milieu…

     

    Omer Nsongo die Lema