Author: Don Kayembe

  • Racisme : attentat Ă  Tintin

    Racisme : attentat Ă  Tintin

    tintin02-Une opĂ©ration commando antiraciste vient de s’en prendre, dans une librairie parisienne, aux exemplaires de “Tintin au Congo”. ÉniĂšme tentative de museler d’anciennes caricatures d’Africains parlant le “petit nĂšgre”


    “Le XXIe siĂšcle sera raciste ou ne sera pas”, aurait pu dire AndrĂ© Malraux, tant les pulsions policiĂšres amĂ©ricaines oĂč les penchants hooligans europĂ©ens laissent penser que l’acceptation du teint d’autrui n’est pas au programme de ce dĂ©but de millĂ©naire. Pourtant, la lĂ©gitime crispation des “officiels” de l’antiracisme ne pourrait-elle pas trouver meilleure cible qu’un personnage de bande dessinĂ©e anachronique ?

    Il est vrai qu’en ce mois de NoĂ«l, les BD se vendent comme des petits pains ; tout particuliĂšrement les vieux albums, tant il est dĂ©montrĂ© que les parents achĂštent, pour leurs enfants, les cadeaux qu’ils auraient aimĂ© recevoir, quelques dĂ©cennies auparavant. La vieille Ă©cole graphique de la ligne claire belge remonte donc en tĂȘte de gondoles, ce qui ne pouvait Ă©chapper au “Groupe d’intervention contre le racisme”.

    Lundi 8 dĂ©cembre, un “commando” d’une cinquantaine de ses membres s’en est pris Ă  l’album “Tintin au Congo” et son ramassis de phylactĂšres en “petit nĂšgre”. Il a pris une enseigne parisienne Ă  l’abordage – la FNAC des Halles -, dĂ©posant, sur chaque exemplaire des aventures africaines du petit reporter, des autocollants “Produit toxique, relents racistes, peut nuire Ă  la santĂ© mentale”.

    Ce n’est pas la premiĂšre fois que le hĂ©ros du dessinateur HergĂ© subit les assauts des antiracistes. Depuis 2012, le Conseil reprĂ©sentatif des associations noires de France rĂ©clame, au mieux, l’interdiction de la vente de l’ouvrage, ou, au moins, l’ajout d’une prĂ©face avertissant les lecteurs du caractĂšre “colonialiste” de l’album. Mauvais point pour le CRAN : l’étudiant congolais Bienvenu Mbutu Mondondo fut dĂ©boutĂ© devant la cour de justice de Bruxelles dans une affaire similaire. Bon point : une telle prĂ©face existe dans certaines versions amĂ©ricaines, comme celle de l’Ă©diteur Last Gasp qui explique que “Dans son portrait du Congo Belge, le jeune HergĂ© est le reflet des comportements coloniaux de l’Ă©poque. Il a lui-mĂȘme admis qu’il a dĂ©peint les Africains selon des stĂ©rĂ©otypes bourgeois et paternalistes”.

    Dans les annĂ©es 40, le dessinateur aurait donc Ă©tĂ© davantage la victime d’un bourrage de crĂąne que le coupable d’une incitation Ă  la haine raciale. L’actuel Ă©diteur europĂ©en, Casterman, quand il ne fuit pas les dĂ©bats, indique dĂ©celer, dans l’Ɠuvre contestĂ©e, moins de “racisme” que de “paternalisme gentil”.

    >> Lire notre dossier : “Oublier Tintin”

    Au moment oĂč il dessinait la premiĂšre version de “Tintin au Congo”, HergĂ© n’avait jamais mis les pieds en Afrique. DĂ©douanement supplĂ©mentaire d’un artiste qui n’a pas vocation Ă  ĂȘtre historien ? Ou circonstance aggravante qui lui interdisait de placer dans la bouche d’Africains des phrases comme “Li missiĂ© blanc trĂšs malin”. Lesquels personnages africains parlaient moins bien le français que Milou, le chien de Tintin qui lançait Ă  ces “indigĂšnes” fictifs : “Allons, tas de paresseux, Ă  l’ouvrage !”. Un chien qui houspille des Noirs, c’est peut-ĂȘtre le comble du mĂ©pris. Un chien qui parle, c’est peut-ĂȘtre la preuve que l’album ne se voulait pas conforme Ă  la vĂ©rité 

    Aujourd’hui, le prĂ©sumĂ© afrophobe Tintin parle le wolof dans “Kumpag Wangalang Wi”, la version du “Secret de la Licorne”…

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    Par Damien Glez

    Jeuneafrique

  • Migration clandestine : la MĂ©diterranĂ©e, “route la plus mortelle du monde” en 2014

    Migration clandestine : la MĂ©diterranĂ©e, “route la plus mortelle du monde” en 2014

    naufragemigrants-En 2014, 3 419 migrants en quĂȘte d’un avenir meilleur ont perdu la vie en tentant de traverser la MĂ©diterranĂ©e, selon un rapport rendu public mercredi par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les rĂ©fugiĂ©s.

    Depuis le dĂ©but de l’annĂ©e, plus de 207 000 migrants ont tentĂ© de traverser la MĂ©diterranĂ©e. En comparaison, le prĂ©cĂ©dent record datant de 2011 Ă©tait de 70 000 migrants. C’était en plein Printemps arable. Selon Adrian Edwards, porte-parole du HCR, “Ces chiffres constituent une nouvelle Ă©tape Ă  laquelle nous assistons cette annĂ©e : nous faisons face Ă  un arc de conflits et l’Europe y a Ă©tĂ© directement confrontĂ©e”. PrĂšs de 80% des dĂ©parts s’effectuent depuis les cĂŽtes libyennes (en raison de la situation dans le pays) pour rejoindre l’Italie ou Malte.

    60 051 syriens sont arrivĂ©s en Italie cette annĂ©e, fuyant la guerre civile. Les ÉrythrĂ©ens sont 34 561 Ă  avoir traversĂ© la MĂ©diterranĂ©e pour franchir les frontiĂšres italiennes. Ces derniers voulant Ă©chapper, selon le HCR, Ă  la rĂ©pression brutale du pouvoir, au service militaire Ă  vie, et au travail forcĂ©, non rĂ©munĂ©rĂ© et Ă  durĂ©e illimitĂ©e.

    Mais la MĂ©diterranĂ©e n’est pas la seule “route mortelle du monde”. 540 personnes ont pĂ©ri en essayant de traverser le golfe de Bengale en Asie du sud-est, la plupart en provenance du Bangladesh ou de Birmanie et Ă  destination de la ThaĂŻlande ou de la Malaisie. En Mer rouge et dans le golfe d’Aden, au moins 242 personnes ont perdu la vie, tandis que dans les CaraĂŻbes le nombre de morts ou de disparitions signalĂ©es s’élevait Ă  71 dĂ©but dĂ©cembre.

    RĂ©ponse inadaptĂ©e des États europĂ©ens

    Le HCR pointe la responsabilitĂ© des États dans l’explosion de ces statistiques. “Vous ne pouvez pas utiliser des moyens de dissuasion pour empĂȘcher une personne de fuir pour sauver sa vie, sauf en augmentant les dangers”, a affirmĂ© M. AntĂłnio Guterres, Haut-Commissaire de l’ONU pour les rĂ©fugiĂ©s. L’organisation regrette que certains gouvernements se focalisent davantage sur le maintien des Ă©trangers hors de leurs frontiĂšres que sur le respect de l’asile. Il faut “s’attaquer aux vraies causes profondes, c’est-Ă -dire examiner les raisons pour lesquelles les personnes fuient, ce qui les empĂȘche de chercher asile par des moyens plus sĂ»rs, et ce qui peut ĂȘtre fait pour sĂ©vir contre les rĂ©seaux criminels qui prospĂšrent dans ce contexte, tout en protĂ©geant les victimes” a-t-il ajoutĂ©.

    Ces derniĂšres annĂ©es, la question de l’accueil des migrants a Ă©tĂ© au centre de frictions entre l’Italie et certains pays europĂ©ens. Les autoritĂ©s italiennes avaient lancĂ© “Mare Nostrum”, une opĂ©ration sans prĂ©cĂ©dent pour sauver des dizaines de milliers de migrants en MĂ©diterranĂ©e. Pour le seul mois de novembre, 8 000 migrants ont Ă©tĂ© secourus en mer MĂ©diterranĂ©e. Des bateaux de sauvetage ont encore portĂ© secours fin novembre Ă  320 migrants sur une embarcation de fortune, rapatriĂ©s au port d’Augusta (Sicile), et Ă  un autre bateau avec Ă  son bord 182 migrants, transportĂ©s jusqu’Ă  Porto Empedocle en Sicile. Mais la fin “Mare Nostrum” a rĂ©cemment Ă©tĂ© confirmĂ© par l’Italie, faute de soutien de ses partenaires.

    Une nouvelle opĂ©ration baptisĂ©e “Triton” et  gĂ©rĂ©e par Frontex, l’organisme europĂ©en chargĂ© de la surveillance des frontiĂšres extĂ©rieures de l’Union europĂ©enne est en cours de prĂ©paration. Mais elle sera limitĂ©e Ă  la surveillance de la frontiĂšre extĂ©rieure de l’UE en MĂ©diterranĂ©e.

    (Avec AFP)

     

  • LIBRE OPINION:  Mlc : l’enjeu de la gestion chaotique des ambitions

    LIBRE OPINION:  Mlc : l’enjeu de la gestion chaotique des ambitions

    MLC logo-Sur Facebook circule un kalĂ©idoscope prĂ©sentant une demi-douzaine de cadres politiques du Mlc en rupture de banc avec Jean-Pierre Bemba. Si la mĂ©moire ne trahit pas, on en compterait plutĂŽt une douzaine. Au nombre desquelles Alexis Thambwe Mwamba, JosĂ© Endundo, Vincent Lunda Bululu, Olivier Kamitatu, JosĂ© Makila, Yves Kisombe, Jean-Lucien Bussa, François Mwamba, Elvis Mutiri wa Bashala, Adam Bombole et, maintenant, Thomas Luhaka, Omer Egwake et Christian Kambinga. Les uns ont dĂ» dĂ©missionner, les autres ont Ă©tĂ© dĂ©missionnĂ©s, tous au mois ont en partage le fait de n’avoir pas trouvĂ© satisfaction dans la rĂ©alisation de leurs ambitions…

              Pour la petite histoire, c’est au lendemain de la clĂŽture de la Cns (ConfĂ©rence nationale souveraine) en 1992 et du Cpk (Conclave politique de Kinshasa) en 1993 – c’est-Ă -dire pendant la pĂ©riode prĂ©cĂ©dant la tenue des nĂ©gociations politiques  qui avait instituĂ© la 3Ăšme voie – que la terminologie politique zaĂŻroise s’Ă©tait enrichie de la nouvelle expression ” gestion des ambitions“.

                Alors monseigneur, l’archevĂȘque de Kinshasa Laurent Monsengwo, portĂ© Ă  la tĂȘte du Haut Conseil de la RĂ©publique (Hcr), Ă©taient des premiers Ă  en apprĂ©cier le sens. D’autant plus que la gestion des ambitions Ă©tait devenue un facteur de dĂ©stabilisation des partis et des plateformes politiques, une Ă©pine dans le processus dĂ©mocratique.

                Pour en saisir la portĂ©e, il faut partir du 24 avril 1990 avec la fin du Monopartisme d’Etat (Mpr Parti-Etat), donc la libĂ©ralisation de l’activitĂ© politique.

                Longtemps contenues par le rĂ©gime et le systĂšme en place au moyen de l’Ă©tatisation de l’appareil politique ou la politisation de l’appareil Ă©tatique (au choix), les ambitions avaient du coup implosĂ©.

                RĂ©sultat : en sept ans (1990-1997), 445 partis politiques vont se faire enregistrer aux fins de concourir Ă  la conquĂȘte, Ă  l’exercice et Ă  la conservation du Pouvoir d’Etat.

                C’est Ă  cette Ă©poque qu’apparaĂźt le phĂ©nomĂšne “parti politique-mallette“. Il suffit d’obtenir son agrĂ©ment au ministĂšre de l’IntĂ©rieur, d’accĂ©der Ă  un tout petit financement et d’avoir le bagout pour s’attirer l’attention des mĂ©dias, et on devient… leader. Un premier passage Ă  la tribune de la Cns, un deuxiĂšme Ă  la tribune du Cpk, on se fait remarquer et on se fait passer pour un incontournable. Lors des Concertations nationales en septembre-octobre 2013, on entendra un acteur politique venu dans le cadre de la Cns en 1991 lancer Ă  son collĂšgue dĂ©putĂ© : “Suki pembe na Palais du Peuple“. Oui, cela fait 22 ans qu’il y surfe !

                Seulement voilĂ  : aprĂšs avoir portĂ© soi-mĂȘme sa mallette, le leader rĂ©alise qu’il lui faut un porteur qui, lui-mĂȘme, “tĂ©moin et acteur ” direct ou indirect de l’embonpoint du leader, finit par se dĂ©couvrir les vertus auto-dĂ©terminantes. Ainsi, aux cĂŽtĂ©s du parti “Omer” naĂźt le parti “Omer radical“, suivi du parti “Omer rĂ©publicain” ou “Omer modĂ©rĂ©“.

                Vingt cinq ans aprĂšs, peut-on dire que les choses ont changĂ© ? Pas du tout. La “wenganisation” de l’espace politique est si forte que la derniĂšre expĂ©rience en date, nous la vivons avec deux plateformes politico-sociales dĂ©nommĂ©es “Sauvons la RDC” et “Sauvons le Congo“, alors qu’on peine encore Ă  distinguer les groupes parlementaires “Fac” ! Ne parlons mĂȘme pas de l’Udps oĂč on a un groupe parlementaire dĂ©savouĂ© par la direction politique du parti continue d’engager ce dernier aussi bien Ă  l’intĂ©rieur qu’Ă  l’extĂ©rieur.

                Oui, c’est toute la problĂ©matique de la gestion des ambitions.

                Ce qui se passe au sein du Mlc ne devrait pas (nous) étonner. Au contraire, il y a là matiÚre à interpellation pour toutes les personnes physiques en charge du leadership.

                Sur Facebook, rĂ©agissant Ă  un statut, observation a Ă©tĂ© faite de la responsabilitĂ© que requiert le leadership.  En politique comme en culture, en affaires comme en religion, quand on accepte d’ĂȘtre leader, il faut savoir qu’on se met au service de la communautĂ© et non l’inverse. On se sacrifie pour la communautĂ© avant d’exiger de la communautĂ© des sacrifices en votre faveur. On cultive l’art du partage.

                Le fondement culturel africain, pour ne pas dire nĂ©gro-africain, est que l’Ă©goĂŻsme se conçoit mal. Si la culture hellĂšne nous dit que lĂ  oĂč il y en a pour un, il y en a aussi pour deux, la culture nĂšgre soutient plutĂŽt que lĂ  oĂč il y en a pour un, il y en a surtout pour dix !

                Tant mieux : d’aucuns y trouvent matiĂšre Ă  pauvretĂ©, et mĂȘme Ă  corruption. HĂ©las !, on a le choix entre faire avec ou non.

                DĂ©jĂ , en les observant, les leaders politiques qui ont des problĂšmes rĂ©currents dans leurs partis ou dans leurs plateformes sont ceux qui entretiennent la paupĂ©risation autour d’eux, ceux qui rĂ©duisent les membres Ă  un marchepied, ceux qui se croient soit maĂźtres aprĂšs Dieu, soit maĂźtres avant Dieu, soit mĂȘme maitres sans Dieu. Ils sont le centre du monde. Ou, pour reprendre le poĂšte latin Ovide dans “MĂ©tamorphoses”, ils pratiquent le narcissisme au point de ” se complaire Ă  s’admirer soi-mĂȘme“, d’”avoir la prĂ©tention de se trouver (croire) le plus beau du monde“. En psychanalyse, on y trouve “un frein Ă  l’Ă©volution de la personnalitĂ©“.

                Au Mlc, il est de notoriĂ©tĂ© publique que Jean-Pierre Bemba a sale caractĂšre. En tĂ©moignent ceux qui l’ont frĂ©quentĂ© ou le frĂ©quentent. On ne peut alors dire de la douzaine de personnalitĂ©s politiques citĂ©es en introduction qu’elles pratiquent de gaitĂ© de coeur la transhumance.

                A l’instar de bien des leaders politiques ayant pignon sur rue, Chairman a un dĂ©faut caractĂ©riel connu : la gestion chaotique des ambitions. C’est, du reste, ce qui avait fait perdre au Mlc et Ă  l’Un le gouvernorat de la ville de Kinshasa et de la province du Bas-Congo. Dans son milieu, il se dit qu’il n’avait voulu entendre personne, surtout aucune objection.

                Or, un leader avisĂ©, c’est celui qui sait consulter, qui se met Ă  l’Ă©coute des siens. De sorte que la communautĂ© se sente coresponsable du succĂšs si succĂšs il y a, mais aussi de l’Ă©chec, si Ă©chec il y a.

     

    Faites comme les Burkinabé : chassez-le du parti !

               

                De tristes événements de Bangui en 2002 aux non moins tristes événements de Kinshasa en 2008, Jean-Pierre Bemba, laisse-t-on entendre, imposait pratiquement sa volonté.

                Aussi, a-t-il connu non seulement l’exil, mais en plus le procĂšs en cours Ă  la Cpi. Il a ruinĂ©, au sens propre comme au sens figurĂ©, l’espoir des membres de son parti, des membres de sa famille biologique et de sa famille Ă©largie, voire du personnel de son groupe industriel et commercial.

                Les militants, qui ne cotisent d’ailleurs rien pour faire fonctionner le parti, de mĂȘme que les analystes et les chroniqueurs politiques peuvent qualifier les “transhumants” de traĂźtres, de taupes etc., mais l’Ă©vidence reste tĂȘtue : Bemba ne sait pas gĂ©rer les ambitions des siens. Il n’a jamais su le faire mĂȘme quand il Ă©tait Ă  la tĂȘte de Scibe-ZaĂŻre.

                Au final – et c’est un proche de Thomas Luhaka qui le rĂ©vĂšle – “FidĂšle Babala (prĂ©venu devant la CPI), Alexis Lenga et Jacques Lungwana Ă©taient tous candidats ministres, de mĂȘme que la petite sƓur de Jean-Pierre Bemba, la nommĂ©e Françoise Bemba. Leur colĂšre Ă  l’endroit du SG du MLC dĂ©coulerait de leur absence de la liste du gouvernement“.

                Cet Ă©pisode n’est pas sans rappeler celui de l’Udps, l’un des partis qui souffrent terriblement de la mauvaise gestion des ambitions. QualifiĂ©e Ă  tort de fille aĂźnĂ©e de l’Opposition, l’Udps a vu 33 des 41 dĂ©putĂ©s Ă©lus sur sa liste oser dĂ©fier Etienne Tshisekedi en s’en allant siĂ©ger Ă  l’AssemblĂ©e nationale qualifiĂ©e d’”illĂ©gitime”, au motif que cette institution est issue des “Ă©lections frauduleuses”. Parmi les dĂ©putĂ©s frondeurs se trouve, hĂ©las !, une parente du lider maximo.

                L’enseignement Ă  tirer est que le parti politique se crĂ©e pour conquĂ©rir, exercer et conserver le pouvoir d’Etat. Si, d’aventure, vous vous trouvez dans un parti qui ne veut pas conquĂ©rir le pouvoir ou, s’il le conquiert, il ne veut pas l’exercer, ou encore, s’il l’exerce, il ne veut pas le conserver  au profit de sa communautĂ©, alors ne vous arrĂȘtez Ă  vous indigner. Faites comme les BurkinabĂ© : chassez-le du parti !

                Si donc vous vous trouvez avec un leader qui gĂšre mal les ambitions de son Ă©quipe, il ne vous reste qu’Ă  faire ce que recommande la Bible : sortez de son milieu…

     

    Omer Nsongo die Lema

  • Crash manquĂ© de Dakar : la version des faits du commandant

    Crash manqué de Dakar : la version des faits du commandant

    PlanespottersNet_211583-Soucieux de tirer les choses au clair, le pilote a tenu Ă  faire une mise au point.                                                                                     L’opinion se rappellera, cela Ă©tant encore frais en mĂ©moire, que l’avion qui transportait certaines autoritĂ©s du pays, revenant de Dakar au SĂ©nĂ©gal et venait de se clĂŽturer les assises du XVĂšme sommet de la Francophonie, avait connu des difficultĂ©s techniques qui l’avaient obligĂ© Ă  rebrousser chemin.
    La nouvelle avait fait la une de plusieurs journaux du pays, et particuliĂšrement de la ville de Kinshasa. Certains ont imprimĂ© une connotation dramatique Ă  l’évĂ©nement au risque de jeter un discrĂ©dit sur cet aĂ©ronef. Soucieux de tirer les choses au clair, le pilote a tenu Ă  faire la mise au point ci-dessous.

    CommuniquĂ© de presse sur un prĂ©tendu crash ratĂ© de l’avion GIV du Gouvernement

    Suite aux diffĂ©rent rumeurs relayĂ©es par la presse sur un supposĂ© crash ratĂ© de l’avion du Gouvernement lors de son vol de retour en provenance de Dakar, ramenant les officielles congolais le Commandant de l’appareil s’est vu dans la nĂ©cessitĂ© de porter Ă  l’attention du public la vĂ©ritĂ© des faits

    L’avion du Gouvernement immatriculĂ© 9QC-GC est de type Gulfream IV(GV) de fabrication amĂ©ricaine. Acquis aux Etats Unis en 2013, aprĂšs Ă©valuations techniques rigoureuses par des Ă©quipes amĂ©ricaine et sud-africaine: il est soumis aux contrĂŽles techniques rĂ©guliers le dernier en date est son entretien complet effectuĂ© Ă  New York, aux Etats-Unis en juin 2014.

    Il sied donc de relever qu’il est techniquement au point. Ce qui, par ailleurs, justifie qu’il peut voler dans le ciel de tous les pays du monde.

    En date du lundi 1er dĂ©cembre 2014, 20 minutes aprĂšs le dĂ©collage de l’aĂ©roport de Dakar, pour regagner Kinshasa, avec des officiels congolais, une partie du hublot extĂ©rieur droit position 5 a cĂ©dĂ©. Il faut noter que le systĂšme Ă©tant double, le hublot intĂ©rieur est restĂ© en place.

    ConformĂ©ment aux procĂ©dures adĂ©quates et prĂ©vues par le constructeur de l’avion, nous avons quittĂ© l’altitude de 41.000 pieds en descente contrĂŽlĂ©e vers 35.000, pieds, comme le prĂ©voit ledit constructeur dans son manuel des procĂ©dures QRH AFM3 – 2520 et en accord avec le contrĂŽleur de Dakar, nous avons volontairement rĂ©duit d’altitude, en vue de poursuivre normalement le vol. Cependant, au regard de l’état d’esprit de quelques passagers, et le temps de vol restant pour regagnĂ© Kinshasa Ă©tant de 4 heures et 30 minutes, nous avons rĂ©solu de ramener l’avion Ă  Dakar et avons par l’initiative, en notre qualitĂ© de Commandant de bord d’informer les passagers de notre dĂ©cision ce qui fut fait, et 30 minutes aprĂšs, l’avion avait atterri normalement.

    Il est donc inexact d’avancer que ; l’avion avait perdu vertigineusement d’altitude, la descente s’est faite de maniĂšre contrĂŽlĂ©e et voulue.

    L’air extĂ©rieur entrait dans l’avion. Ceci n’est pas vrai. Un avion de ce type Ă©tant pressurisĂ©, en cas de dĂ©faillance complĂšte d’un hublot, c’est plutĂŽt l’air comprimĂ© de l’intĂ©rieur qui s’échappe, les masques d’oxygĂšne tombent automatiquement car Ă  une telle altitude, l’ĂȘtre humain ne peut respirer et les passagers pouvaient ĂȘtre aspirĂ©s vers l’extĂ©rieur.

    L’atterrissage s’est fait de maniĂšre fracassante. Ce qui est complĂštement erronĂ© En effet, l’avion a atterri de maniĂšre normale et nous n’avons pas eu besoin d’une assistance au sol pour ce faire.

    Pour preuve, les enregistreurs de vol contiennent les Ă©changes entre l’équipage et la tour de contrĂŽle de Dakar. Lesquelles n’ont pas nullement part d’une situation pour d’urgence ou catastrophique qui aurait justifiĂ© le retour de l’appareil.

    Il est donc factice de dĂ©sorienter l’opinion publique sur un prĂ©tendu crash qui aurait Ă©tĂ© Ă©vitĂ©.

    Fait à Kinshasa, le 06 décembre 2014

    Bob Jansens
    Commandant
    Licence congolaise 564/F
    Licence américaine 2565075

    L’Observateur

  • OIF : la trahison de Dakar

    OIF : la trahison de Dakar

    maky-Jean Claude de L’Estrac, candidat mauricien malheureux au poste de secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de la Francophonie.

    Je tiens Ă  prĂ©ciser, de prime abord, que les propos que je tiens ici n’engagent que moi, et ne peuvent, en aucune maniĂšre, ĂȘtre imputĂ©s Ă  l’État mauricien.

    Mais j’estime qu’il est de mon devoir, pour le bien mĂȘme de la Francophonie, de dĂ©noncer l’opĂ©ration qui, au pays de Senghor, a vu l’Organisation internationale de la Francophonie ĂȘtre attribuĂ©e Ă  l’AmĂ©rique du nord.

    La personnalitĂ© et les qualitĂ©s de Mme MichaĂ«lle Jean n’est pas le sujet. Ni la volontĂ© du Canada, grand pays de la Francophonie, Ă  diriger cette organisation dont il est un des deux principaux contributeurs. Personnellement j’ai de l’admiration pour la francophonie innovante et vivante du QuĂ©bec que j’ai souvent visitĂ©.

    La question essentielle est que la Charte de l’Organisation n’a pas Ă©tĂ© respectĂ©e et que le nouveau secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral a Ă©tĂ© dĂ©signĂ© et imposĂ© par une entente diplomatique entre la France et le SĂ©nĂ©gal. Elle s’est manifestĂ©e suite Ă  des tractations dont la plupart des pays membres ignorent les tenants et aboutissants.

    Le prĂ©texte est qu’il y avait quatre candidats africains et la candidate du Canada qui entendaient se prĂ©senter. Et alors ? C’est bien pour gĂ©rer ce cas de figure – ce qui est d’ailleurs un signe de vitalitĂ© – que l’article 6 de la Charte de l’OIF prĂ©voit une Ă©lection. L’on ne peut pas prĂ©tendre promouvoir la dĂ©mocratie dans l’espace francophone et utiliser les mĂ©thodes despotiques Ă  l’ancienne pour imposer un candidat suite Ă  des tractations secrĂštes. C’est une premiĂšre trahison, la charte est trahie. Le procĂ©dĂ© n’a Ă©tĂ© ni ouvert, ni transparent, ni dĂ©mocratique. Et ni mĂ©ritocratique. Si des Ă©lections en bonne et due forme avaient Ă©tĂ© tenues, le rĂ©sultat aurait Ă©tĂ© tout autre.

    Qu’ils aient dĂ©cidĂ©, sans vraiment se battre, de retirer une Ă  une leurs candidatures en faveur de la candidate du Canada est incomprĂ©hensible, inexpliquĂ© et inexplicable.

    Ensuite, partout oĂč je me suis trouvĂ© en Afrique, tous les dirigeants politiques rencontrĂ©s n’ont eu de cesse d’affirmer que le poste de secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral devait ĂȘtre occupĂ© par un reprĂ©sentant des pays du sud, un Africain s’entend, dans le respect de ce qu’ils appellent le Pacte de Hanoi. MalgrĂ© les pressions françaises, qu’ils aient finalement dĂ©cidĂ©, sans vraiment se battre, de retirer une Ă  une leurs candidatures en faveur de la candidate du Canada est incomprĂ©hensible, inexpliquĂ© et inexplicable. Le prĂ©sident de la RĂ©publique de Maurice a longtemps rĂ©sistĂ© avant de se trouver devant le fait accompli d’un “consensus” restreint avant mĂȘme qu’il n’ait eu la possibilitĂ© de dire que Maurice Ă©tait disposĂ©e Ă  se soumettre Ă  un vote.

    Le prĂ©sident français a activement animĂ© la discussion mĂȘme si la France, apparemment n’avait pas officiellement de candidat. Mais le prĂ©sident français ne s’était pas privĂ©, la vieille de l’élection prĂ©vue, de dire son choix ; il avait dit publiquement le bien qu’il pensait de la candidate du Canada. Il avait jusque-lĂ  prĂ©tendu vouloir Ɠuvrer en faveur d’un consensus africain. À Dakar, le pacte de Hanoi a Ă©tĂ© trahi.

    Enfin, Maurice a toutes les raisons de se sentir trahie. La candidature mauricienne a Ă©tĂ© assez largement encouragĂ©e tant par des diplomates français qu’africains. Elle est nĂ©e d’une rĂ©flexion qui disait vouloir rompre avec la Françafrique, qui entendait pousser l’OIF à  se tourner vers l’ocĂ©an Indien et l’Afrique orientale. Ce qui avait retenu notre attention, c’est l’apprĂ©ciation du cas mauricien. On soulignait que “Maurice est un État extrĂȘmement moderne et dynamique, rĂ©solument tournĂ© vers les investissements d’avenir au profit de la jeunesse et dĂ©sireux de jour un rĂŽle de pont entre l’Afrique et les grands acteurs de l’ocĂ©an indien”.

    Sur la base de ce constat, on avait dressĂ© le portrait du prochain secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’OIF. “En choisissant une personnalitĂ© de cette rĂ©gion, nous donnerions acte Ă  l’OIF de sa capacitĂ© Ă  apporter un message universel sur les sujets qui mobilisent des sociĂ©tĂ©s civiles, qui sont des enjeux dĂ©cisifs pour la jeunesse de ces pays pour leur avenir et pour la stabilitĂ© du monde
 Nous devrions donc, Ă  l’occasion du renouvellement du secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral, montrer notre capacitĂ© Ă  ouvrir le jeu et Ă  engager rĂ©solument l’OIF dans la voie de la modernitĂ© et d’un rĂŽle universel, dynamique et proactif.”

    Quand le prĂ©sident Hollande a jetĂ© son poids en faveur du Canada, les Africains ne se sont pas fait beaucoup prier pour s‘exĂ©cuter.

    C’est fort de cette nouvelle orientation annoncĂ©e de la diplomatie française et encouragĂ©e par de nombreux diplomates français et la parole de nombreux dirigeants africains que l’État mauricien dĂ©cide de s’engager dans cette campagne. Les propos que le prĂ©sident Hollande tient au Premier ministre mauricien achĂšvent de le convaincre du soutien tacite français.

    Mais c’est surtout en Afrique que le candidat mĂšnera campagne. Une campagne intense, axĂ©e sur des propositions prĂ©cises et concrĂštes qui recueillent une large adhĂ©sion. Nous avons recensĂ© plus de 400 articles de presse. Je crois qu’on n’a jamais autant parlĂ© de Maurice et de francophonie qu’au cours de cette annĂ©e. Presse Ă©crite, radio, tĂ©lĂ©vision. Mais je constate une faiblesse africaine : tous les dirigeants africains rencontrĂ©s voulaient d’abord connaĂźtre la position française. Quand le prĂ©sident Hollande a jetĂ© son poids en faveur du Canada – malgrĂ© les rĂ©ticences du Quai d’Orsay – les Africains ne se sont pas fait beaucoup prier pour s‘exĂ©cuter. MĂȘme le prĂ©sident Ali Bongo a prĂ©fĂ©rĂ© partir plutĂŽt que de s’opposer. Maurice a le sentiment d’avoir Ă©tĂ© trahie.

    Les consĂ©quences pour l’OIF sont graves, il n’y a qu’à lire la presse africaine et mĂȘme française. La dĂ©ception est trĂšs forte. On spĂ©cule beaucoup sur d’éventuelles contreparties.

    En ce qui me concerne, je vais tourner la page. Je souhaite qu’une forme d’équilibre politique et gestionnaire soit trouvĂ©e Ă  la direction de l’organisation pour sauvegarder le principe de la solidaritĂ© qui est censĂ© ĂȘtre une vertu cardinale de l’organisation. Et plus que tout, il faut espĂ©rer que la francophonie Ă©conomique voie le jour. Les dirigeants du Canada n’ont pas cessĂ©, aux lendemains de l’élection encore, de me dire combien mon programme Ă©tait pertinent et riche en propositions.

    Je voudrais rĂ©itĂ©rer mes remerciements au prĂ©sident de la RĂ©publique, au Premier ministre, au vice Premier ministre, au ministre des Affaires Ă©trangĂšres et aux diplomates du ministĂšre pour leur soutien agissant. J’ai Ă©tĂ© soutenu Ă  Dakar par une forte dĂ©lĂ©gation composĂ©e notamment de la secrĂ©taire aux Affaires Ă©trangĂšres, Mme Usha Canabady, de M. Roy Bissondoyal, chargĂ© d’Affaires Ă  l’ambassade de Maurice, M. Vijay Makhan, M. AmĂ©dĂ©e Darga, de Mme Marie-France Roussety qui se sont totalement investis dans cette bataille. Je remercie tous ceux, trĂšs nombreux Ă  Maurice, en Afrique, en Asie et en Europe qui m’ont donnĂ© des ailes dans cette campagne qui a Ă©tĂ© longue et harassante.

    Je termine en suggĂ©rant ce qui pourrait ĂȘtre mon  prochain livre. Mon titre provisoire est trouvĂ© : l’ambition mauricienne, le paradoxe sĂ©nĂ©galais, l’erreur française.

    ( Jeuneafrique)

  • RDC : Kabila nomme un gouvernement d’union nationale avec 7 opposants pour 47 portefeuilles

    RDC : Kabila nomme un gouvernement d’union nationale avec 7 opposants pour 47 portefeuilles

    joseph_kabila-Le prĂ©sident congolais Joseph Kabila a nommĂ© ce week-end le gouvernement d’union nationale attendu depuis plus d’un an par ses compatriotes. Le Premier ministre Augustin Matata Ponyo est maintenu Ă  la tĂȘte de cette Ă©quipe de 47 membres, parmis lesquels figurent 7 opposants et 3 vice-Premiers ministres.

    RecommandĂ© par les concertations nationales d’octobre 2013, le gouvernement d’union nationale a – aprĂšs un an d’attente – Ă©tĂ© nommĂ© ce week-end en RDC. ComposĂ©e de 47 membres – 48 avec le Premier ministre (3 vice-Premier ministres et ministres, 2 ministres d’État et ministres, 32 ministres et 10 vice-ministres) -, cette nouvelle Ă©quipe gouvernementale ne rĂ©serve pas de grande surprise. Le Premier ministre Augustin Matata Ponyo, rĂ©putĂ© pour sa rigueur, a Ă©tĂ© maintenu Ă  son poste.

    Sept opposants au prĂ©sident Joseph Kabila font leur entrĂ©e dans ce gouvernement. Thomas Luhaka et Germain Kambinga, deux leaders du Mouvement pour la libĂ©ration du Congo (MLC) de l’opposant Jean-Pierre Bemba, ont Ă©tĂ© respectivement nommĂ©s vice-Premier ministre et ministre des Postes, TĂ©lĂ©phones et TĂ©lĂ©communications (PTT), pour le premier, et ministre de l’Industrie pour le second.

    Michel Bongongo, reprĂ©sentant de l’opposition dite rĂ©publicaine et proche du prĂ©sident du SĂ©nat, LĂ©on Kengo wa Dondo, a lui Ă©tĂ© dĂ©signĂ© ministre d’État en charge du Budget. Et Daniel Madimba Kalonji, dĂ©putĂ© de l’UDPS, parti d’Étienne Tshisekedi, opposant le plus radical Ă  Kabila, a Ă©tĂ© nommĂ© ministre de la Recherche scientifique.

    >> Lire aussi RDC : opposants ministrables ou débauchés de la République ?

    Parmi les nominations importantes figurent celle du professeur Evariste Boshab, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du Parti du peuple pour la reconstruction et la dĂ©mocratie (PPRD, parti prĂ©sidentiel), vice-Premier ministre et ministre de l’IntĂ©rieur. La DĂ©fense revient Ă  un ancien gouverneur du Katanga proche de Kabila, AimĂ© Ngoi Mukena, et les Finances Ă  l’ancien directeur de cabinet adjoint de la prĂ©sidence de la RĂ©publique, Henri Yav Mulang. Modeste Bahati Lukwebo, un fidĂšle d’Augustin Matata Ponyo, a Ă©tĂ© dĂ©signĂ© au ministĂšre de l’Économie. Le troisiĂšme vice-Premier ministre, Willy Makiashi, en charge de l’Emploi, du Travail et de la PrĂ©voyance sociale, est quant Ă  lui issu du Parti lumumbiste unifiĂ© (Palu, majoritĂ© prĂ©sidentielle).

    Les Congolais ne seront pas totalement dĂ©boussolĂ©s par la nouvelle Ă©quipe, notamment avec le maintien aux affaires d’une dizaine de ministres de l’ancien gouvernement, dont des poids lourds tels Lambert Mende Ă  l’Information, Martin Kabwelulu aux Mines, Raymond Tshibanda aux Affaires Ă©trangĂšres ou FĂ©lix Kabange Numbi Ă  la SantĂ©. Tryphon Kin-kiey Mulumba, qui milite ouvertement pour un troisiĂšme mandat de Kabila en 2016 malgrĂ© le verrou constitutionnel, passe quant Ă  lui des Postes et TĂ©lĂ©communications aux Relations avec le Parlement.

    Parmi les nouveaux venus, on compte AimĂ© Ngoy Mukena Ă  la DĂ©fense nationale, Alexis Thambwe Mwamba (ancien ministre des Affaires Ă©trangĂšres de 2008 Ă  2012) Ă  la Justice, Olivier Kamitatu au Plan (l’ancien bras droit de Bemba avait dĂ©jĂ  occupĂ© ce poste entre 2007 et 2012), ThĂ©ophile Mbemba Fundu Ă  l’Enseignement supĂ©rieur, Omer Egbwake Ă  l’AmĂ©nagement du Territoire. Enfin, le nouveau gouvernement d’union nationale ne brille pas par sa paritĂ©, avec moins de dix femmes nommĂ©es.

    ________

    >> La liste complĂšte du nouveau gouvernement :

    – Vice-Premier ministre, ministre de l’IntĂ©rieur et SĂ©curitĂ© : M. Evariste Boshab Mabudj

    – Vice-Premier ministre, ministre des PT-NTIC : M. Thomas Luhaka Losenjola

    – Vice-Premier ministre, ministre de l’Emploi, Travail et PrĂ©voyance sociale : M. Willy Makiashi

    – Ministre d’Etat, ministre du Budget : M. Michel Bongongo

    – Ministre d’Etat, ministre de la DĂ©centralisation et Affaires coutumiĂšres : M. Salomon Banamuhere

    >> Ministres

    – Affaires Ă©trangĂšres et CoopĂ©ration internationale : M. Raymond Tshibanda

    – DĂ©fense nationale, Anciens combattants et RĂ©insertion : M. AimĂ© Ngoy Mukena

    – Justice, Garde des sceaux et Droits humains : M. Alexis Thambwe Mwamba

    – Portefeuille : Mme Louise Munga Mesozi

    – Relation avec le Parlement : M. Tryphon Kin-Kiey Mulumba

    – Communication et MĂ©dias : M. Lambert Mende Omalanga

    – Enseignement primaire, secondaire et Initiation Ă  la nouvelle citoyennetĂ© : M. Maker Mwangu Famba

    – Plan et RĂ©volution de la ModernitĂ© : M. Olivier Kamitatu

    – Fonction publique : M. Jean-Claude Kibala

    – Infrastructures et Travaux publics : M. Fridolin Kasweshi

    – Finances : M. Henry Yav Mulang

    – Economie Nationale : M. Modeste Bahati Lukwebo

    – Environnement et dĂ©veloppement durable : M. Bienvenu Liyota Ndjoli

    – Commerce : Mme Kudianga Bayokisa

    – Industrie : M. Germain Kambinga

    – Agriculture, PĂȘche et Elevage : M. Kabwe Mwewu

    – Affaires fonciĂšres : M. Bolengetenge Balela

    – Mines : M. Martin Kabwelulu

    – Hydrocarbures : M. Crispin Atama Thabe

    – Energie et Ressources hydrauliques : M. Jeannot Matadi Nenga Ngamanda

    – Culture et Arts : Banza Mukalay Nsungu

    – Tourisme : Elvis Mutiri wa Bashala

    – SantĂ© publique : M. FĂ©lix Kabange Numbi

    – Enseignement supĂ©rieur et universitaire : M. ThĂ©ophile Mbemba Fundu

    – Enseignement technique et professionnel : M. Jean Nengbangba Tshibanga

    – AmĂ©nagement du territoire, Urbanisme et Habitat : M. Omer Egbake

    – Transports et voies de communication : M. Justin Kalumba Mwana Ngongo

    – Recherche scientifique et Technologie : M. Daniel Madimba Kalonji

    – Genre, Famille et Enfant : Mme Bijou Kat

    – Petites et Moyennes entreprises et classe moyenne : M. Bohongo Nkoy

    – DĂ©veloppement rural : M. EugĂšne Serufuli

    – Jeunesse, Sports et loisirs : M. Sama Lukonde Kyenge

    >> Vice-Ministres :

    – IntĂ©rieur : Mme Martine Bukasa Ntumba

    – DĂ©fense nationale : M. RenĂ© Sigu

    – Justice et Droits humains : M. Mboso Kodia Pwanga

    – Budget : Mme Ernestine Nyoka

    – CoopĂ©ration internationale et intĂ©gration rĂ©gionale : M. Franck Mwindi Malila

    – Congolais de l’étranger : M. Antoine Muyamba Okombo

    – Energie : Mme Maguy Rwakabuba

    – Finances : M. Albert Mpeti Biyombo

    – Plan : Mme Lisette Bisangana Ngalamulume

    – Poste et tĂ©lĂ©communication : M. Enoch Sebineza

    ( Jeuneafrique)

  • S.-Leone : un 10e mĂ©decin meurt d’Ebola

    S.-Leone : un 10e mĂ©decin meurt d’Ebola

    khan-Le docteur Aiah Solomon Konoyima a succombé dimanche à la fiÚvre hémorragique Ebola, dans un centre de traitement de la maladie, prÚs de Freetown, la capitale de la Sierra-Leone.
    Sa mort survient au lendemain de celles de deux de ses collÚgues, qui sont également morts de cette pandémie.
    Le plus grand mĂ©decin sierra-leonais engagĂ© dans l’éradication de la fiĂšvre Ebola dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, Sheik Umar Khan, est mort de cette maladie, en juillet.
    L’épidĂ©mie a fait quelque 1.600 morts en Sierra-Leone, un pays en pleine reconstruction de son systĂšme de santĂ© dĂ©truit par la guerre civile, dans les annĂ©es 1990.

    BBC

  • Archives coloniales belges: les chercheurs en Ă©moi

    Archives coloniales belges: les chercheurs en émoi

    COLON-« Un vent d’inquiĂ©tude souffle sur la communautĂ© des chercheurs qui travaillent sur l’Afrique coloniale belge », affirme une pĂ©tition publiĂ©e le 14 novembre par un Collectif d’une trentaine d’historiens africanistes, belges et Ă©trangers, sous le titre : Un nouvel enterrement pour les archives coloniales belges ? Ses auteurs ont aussi adressĂ© le 2 dĂ©cembre une «Lettre ouverte» Ă  Charles Michel, Premier ministre du gouvernement fĂ©dĂ©ral de Belgique. Ils lui demandent « d’arrĂȘter cette opĂ©ration de transfert physique » des Archives africaines du SPF-Affaires Ă©trangĂšres vers les Archives gĂ©nĂ©rales du Royaume.

    A l’origine de ce cahier des dolĂ©ances, trois historiens – Jean-Pierre ChrĂ©tien, directeur de recherche Ă©mĂ©rite au CNRS, Christine Deslaurier, chargĂ©e de recherche Ă  l’Institut de recherche pour le dĂ©veloppement, et LĂ©on Saur, docteur en Histoire Ă  Paris1 PanthĂ©on Sorbonne -, qui tentent d’alerter l’opinion sur les dangers du transfert des Archives africaines du « SPF-Affaires Ă©trangĂšres » vers les Archives gĂ©nĂ©rales du Royaume en Belgique. De leur point de vue, « les chercheurs et le public intĂ©ressĂ© Ă  consulter les archives coloniales belges n’ont rien Ă  gagner dans une telle opĂ©ration ».

    « Ces fonds mĂ©ritent une attention plus large, explique Jean-Pierre ChrĂ©tien, car ils concernent l’histoire de toute l’Afrique centrale, de l’époque lĂ©opoldienne aux guerres mondiales, des pĂ©riodes coloniale et postcoloniale, de la mort de Lumumba ou de l’évolution contemporaine tant du Rwanda que du Burundi… » C’est dans cet esprit que les auteurs de la pĂ©tition ont adressĂ© le 2 dĂ©cembre une « Lettre ouverte » Ă  Charles Michel, Premier ministre du gouvernement fĂ©dĂ©ral belge, et Ă  Didier Reynders, vice-Premier ministre et ministre des Affaires Ă©trangĂšres et europĂ©ennes.

    Ils rappellent que la consultation de ces archives a « permis une percĂ©e dĂ©cisive dans le dossier Lumumba [et a] contribuĂ© Ă  renouveler en profondeur la connaissance que l’on a de la rĂ©volution rwandaise de 1959 et de l’accession du Burundi Ă  l’indĂ©pendance »… Et demandent d’arrĂȘter purement et simplement « cette opĂ©ration de transfert physique qui sera coĂ»teuse pour le budget national et [qui] pourrait nuire Ă  la crĂ©dibilitĂ© de la Belgique en donnant Ă  penser que celle-ci a peur de son histoire coloniale ».

    La rĂ©ponse ne s’est pas faite attendre, en la personne de Pierre-Alain Tallier, chef de section aux Archives gĂ©nĂ©rales du Royaume qui, le 3 dĂ©cembre, a livrĂ© Ă  RFI la rĂ©action officielle des AGR – dĂ©plorant au passage que les intĂ©ressĂ©s n’aient pas pris contact avec lui pour en discuter en amont.

    L’homme s’est voulu rassurant, au tĂ©lĂ©phone comme dans la lettre qu’il nous a fait parvenir et dont nous vous livrons la copie intĂ©grale. Il qualifie la dĂ©cision du transfert « des archives statiques du ministĂšre des Colonies » (5 kms linĂ©aires) « et du gouverneur gĂ©nĂ©ral de LĂ©opoldville » (4,5 kms) de « rationnelle ».

    Et pour preuve de sa bonne foi, il nous fait parvenir un Jalon de recherche – un manuel des archives coloniales -, ainsi que les actes d’un colloque consacrĂ© Ă  la gestion des archives africaines anciennes et contemporaines. « Ces deux publications vous montreront combien nous sommes impliquĂ©s dans la bonne conservation et l’ouverture Ă  la recherche des archives relatives aux relations belgo-africaines », assure-t-il.

    Dont acte, nous rĂ©pond Christine Deslauriers, qui se rĂ©jouit de l’ouverture d’un dialogue mais qui n’apprĂ©cie pas la rĂ©duction des questions des chercheurs « Ă  une forme de rĂ©sistance au changement ». Tout comme LĂ©on Saur, qui dĂ©plore le « discours lĂ©nifiant » de M. Tallier, estimant qu’il cherche Ă  « dĂ©crĂ©dibiliser ses contradicteurs en les faisant passer pour des conservateurs inadaptĂ©s ».

    « Un nouvel enterrement pour les archives coloniales belges ? »

    Elikia Mbokolo, l’un des signataires de la pĂ©tition, nous Ă©claire sur un malentendu qui peut paraĂźtre Ă  premiĂšre vue technique ou corporatiste, mais dont les enjeux sont bien rĂ©els : la poursuite du libre accĂšs des chercheurs de toutes nationalitĂ©s Ă  ce patrimoine et le respect de son intĂ©gritĂ© – qu’il estime menacĂ©e.

    RFI : Pourquoi cette inquiétude par rapport à ces archives ?
    Elikia Mbokolo : Oui, parce qu’il y a dĂ©jĂ  eu un premier enterrement des archives. Le Congo a Ă©tĂ© la propriĂ©tĂ© personnelle du roi LĂ©opold II de la ConfĂ©rence de Berlin, 1885, jusqu’en 1908 – quand il a dĂ©cidĂ© de le cĂ©der Ă  la Belgique moyennant des dessous de table financiers trĂšs importants. Avant de mourir, le Roi, personnellement, a fait brĂ»ler toutes les archives compromettantes pour lui, presque toutes. On sait que ces archives parlent du caoutchouc, de l’ivoire ou du massacre des Ă©lĂ©phants congolais entre 1885 et 1908. Elles parlent de l’épisode assez connu des « mains coupĂ©es » : si les villages ne rendaient pas la quantitĂ© de caoutchouc dont on avait besoin, on prenait les hommes mĂąles adultes et on leur coupait la main. Je ne sais plus si c’était la gauche ou la droite pour commencer ; la deuxiĂšme fois, on leur coupait l’autre main, et si la famille continuait Ă  ne pas donner le caoutchouc, on tuait le bonhomme ! Du cĂŽtĂ© des Belges, tout cela a Ă©tĂ© brĂ»lĂ©. Heureusement, il y avait des Anglais, des SuĂ©dois et autres, donc on a quand mĂȘme des traces. Et les archives de la pĂ©riode belge qui restent, ont Ă©tĂ© gardĂ©es d’abord dans un bureau spĂ©cial du ministĂšre des Colonies et puis transfĂ©rĂ©es au ministĂšre des Affaires Ă©trangĂšres oĂč elles se trouvent aujourd’hui.

    Comment étaient-elles accessibles aux chercheurs ?
    Jusque vers 1985-1990, quand on allait dans ces archives, il Ă©tait interdit de photocopier des documents. On pouvait prendre des notes bien sĂ»r, mais chaque chercheur devait laisser les notes qu’il avait prises dans la journĂ©e et revenir le lendemain pour que l’archiviste ait le temps de vĂ©rifier les choses qu’il avait notĂ©es, est-ce qu’il y avait des choses compromettantes, etc. Il y eu un mouvement d’opinion qui a fait qu’on a ouvert ces archives. Et je peux dire – j’y Ă©tais encore l’annĂ©e derniĂšre, je dois y retourner en fĂ©vrier – qu’elles sont libres d’accĂšs. Mais si on les dĂ©place aux Archives gĂ©nĂ©rales du Royaume, les AGR, il y a de forts risques qu’on les expurge
 Quand on va les transfĂ©rer, il faudra tout un temps pour les classer de nouveau, etc. On va sans doute les expurger, et je crains que l’accĂšs soit difficile pour les chercheurs, surtout pour les chercheurs africains ou, comme on dit en Belgique, les « chercheurs noirs ». La couleur de la peau est un vĂ©ritable enjeu parce qu’on imagine que si vous ĂȘtes noir, c’est que vous ĂȘtes anticolonialiste et donc, on ne vous montrera pas tous les documents que vous voulez voir
 Alors qu’aujourd’hui, franchement, on peut voir, et mĂȘme photocopier, tout ce qu’on veut.

    De quoi a-t-on peur ? Pourquoi ce recul dans l’accùs aux archives, puisque vous l’analysez comme tel ?
    Mais c’est qu’il y a toujours des problĂšmes par rapport au passĂ© colonial belge. Ils n’en sont pas totalement revenus. Il y a d’abord l’affaire Lumumba, mort assassinĂ©. On a longtemps incriminĂ© l’Etat belge, Ă  commencer par le Palais. Ils ont toujours niĂ© y ĂȘtre pour quelque chose et puis, un historien flamand a repris les archives, les textes, pour montrer qu’il y avait vĂ©ritablement un plan pour l’assassiner. L’affaire est allĂ©e Ă  un point tel que le SĂ©nat belge a montĂ© une Commission d’enquĂȘte sur les responsabilitĂ©s belges. Et il est apparu qu’il y avait en effet un certain nombre de responsables mais, nous dit-on, Ă  titre purement individuel. L’Etat, la monarchie, n’avait rien Ă  y voir. Or aujourd’hui comme dans toute l’Europe, la sociĂ©tĂ© belge est de plus en plus ouverte. Beaucoup de Belges d’origine africaine, et notamment congolaise, demandent qu’il y ait des rues, des places Lumumba. Et la famille Lumumba veut rĂ©intenter un procĂšs puisque, parmi les gens dont les noms ont Ă©tĂ© citĂ©s, quelques uns sont vivants et occupent des positions extrĂȘmement Ă©levĂ©s dans les milieux financiers et politiques belges. Des gens qui ont 85 ans environ.

    On peut les citer ?
    Il y a un Dolignon, qu’on connaĂźt bien, qui est dans le staff de la compagnie Bruxelles Airlines et un de ses grands patrons. Du cĂŽtĂ© des banques, c’est plus compliquĂ© parce que les banques belges, la Banque Lambert, la SociĂ©tĂ© gĂ©nĂ©rale, ont Ă©tĂ© dans le grand mouvement europĂ©en absorbĂ©es par d’autres banques, notamment des banques françaises. Donc, s’il y avait une demande de « rĂ©paration », cela pourrait aller trĂšs loin. On fait tout pour escamoter cela et je crains qu’il y ait une opĂ©ration de nettoyage des archives qui va ĂȘtre une catastrophe pour la connaissance du passĂ©.

    Y a-t-il d’autres dossiers Ă©pineux ?
    Il y a des dossiers trĂšs compromettants sur les « relĂ©gations », comme on disait. Non pas des criminels qu’on emprisonnait, mais tous ceux qu’on relĂ©guait dans des villages trĂšs loin de chez eux, qui Ă©taient dans le secteur politique, dans l’agitation culturelle et mĂȘme religieuse. La colonisation belge a Ă©tĂ© une sorte de Sainte TrinitĂ©, entre la famille royale- l’Etat -, les banques – la Banque Lambert, la SociĂ©tĂ© gĂ©nĂ©rale – et bien sĂ»r, l’Eglise catholique belge, qui avait obtenu que le Vatican et la Colonie signent un concordat pour avoir le monopole de l’enseignement. Donc, c’est une bombe Ă  retardement. Jusqu’ici, la chance des chercheurs, c’est qu’il y a eu des missionnaires protestants, grĂące au rĂŽle des Etats-Unis dans la crĂ©ation de l’Etat indĂ©pendant du Congo et grĂące aussi aux missionnaires anglais et suĂ©dois, qui eux ont des archives qu’on peut consulter. Mais les archives belges restent pour nous quand mĂȘme de trĂšs, trĂšs loin, les plus importantes


    Y a-t-il eu une réaction des autorités congolaises ?
    Elles sont un peu embarrassĂ©es par le dossier. Les autoritĂ©s du Congo ont dĂ©cidĂ© que le passĂ©, c’est passĂ©, on n’en parle plus, [et que] maintenant, il faut parler d’autre chose. Cette rĂ©action est trĂšs diffĂ©rente de celles de l’ancienne Afrique française ou de l’ancienne Afrique anglaise. Dans le cas de la France, par exemple, le massacre de Thiaroye en 1944 est quelque chose dont on parle encore. Et le prĂ©sident François Hollande s’est engagĂ© dans les jours qui viennent Ă  donner une copie de toutes les archives sur Thiaroye au SĂ©nĂ©gal. On voit que c’est le jour et la nuit. Le passĂ©, de toute façon, il est passĂ©. Nous, notre boulot, c’est de le faire connaĂźtre. Et plus on le cache, plus les gens vont soupçonner qu’il y a vraiment des choses d’une gravitĂ© extrĂȘme.

    Qu’espĂ©rez-vous obtenir ?
    Dans beaucoup de pays, les archives coloniales, qui sont une chose spĂ©cifique dans l’histoire des nations, sont sĂ©parĂ©es des archives nationales. Et cela permet aux spĂ©cialistes des problĂšmes coloniaux d’avoir un accĂšs, disons, confortable aux archives qui les concernent. Or, si on mĂ©lange ces archives, les responsables auront tendance Ă  ouvrir plutĂŽt les places aux chercheurs qui s’occupent de l’histoire nationale plutĂŽt qu’à ceux qui s’occupent de l’histoire coloniale. Sans compter que dans le transfert des archives, il y a toujours un nettoyage. On peut craindre, compte tenu du passĂ© lĂ©opoldien et colonial, que pendant ce nettoyage, le plus intĂ©ressant soit dĂ©truit Ă  jamais.

    Vous demandez un statu quo ?
    On demande un maintien en l’état actuel et que peut-ĂȘtre – on a un dossier important de rĂ©parations – si ces locaux sont insuffisants, on trouve ou qu’on construise un autre espace oĂč on pourrait dĂ©poser ces archives. Dans l’affaire, il serait intĂ©ressant que le pouvoir belge s’approche du pouvoir congolais de telle sorte que le Congo s’investisse aussi dans ces archives : c’est quand mĂȘme la mĂ©moire de l’Etat congolais.

    RFI

  • Les 10 villes les plus chĂšres d’Afrique

    Les 10 villes les plus chùres d’Afrique

    angola-Luanda, la capitale de l’Angola, est la ville la plus chĂšre du monde pour les expatriĂ©s, plus que Tokyo, Moscou, Londres ou New York, selon le classement 2014 du cabinet d’études amĂ©ricain Mercer. Les prix flambent dans toutes les villes oĂč coule de l’or noir : Ndjamena, Libreville et Lagos, mais les pĂ©trodollars n’expliquent pas tout. Dix villes africaines, parmi lesquelles Bamako, Conakry et Dakar figurent aussi parmi les 50 villes les plus chĂšres du monde.

    1. Luanda, la ville la plus chĂšre du monde
    Dans la capitale de l’Angola, second producteur de pĂ©trole en Afrique aprĂšs le Nigeria, tout se compte en dollars. Les expatriĂ©s y rĂ©flĂ©chissent Ă  deux fois avant de sortir le soir. Le moindre verre coĂ»te 20 euros, et le double pour un dĂźner au restaurant. Dans les fast-foods, des formules de base Ă  11 euros coĂ»tent encore deux fois plus cher qu’à Bruxelles
 Le salaire d’un policier de base s’Ă©lĂšve Ă  320 euros par mois. Les logements neufs se vendent autour de 1 700 euros le mĂštre carrĂ©, mais les loyers sont hors de prix : 2 500 euros par mois pour un studio, jusqu’à 7 500 euros pour une maison. Depuis la crise financiĂšre de 2008, la ville attire une nouvelle vague d’immigration en provenance du Portugal. Des personnes attirĂ©es par l’emploi et les gros salaires qui correspondent au standing angolais.

    2. Ndjamena, pétrodollars et nouveaux buildings
    L’effet pĂ©trole joue aussi dans la capitale du Tchad, mĂȘme si le pays reste l’un des plus pauvres de la planĂšte – 184e sur 187 pays, selon l’Indice de dĂ©veloppement humain (IDH). Ndjamena n’en est pas moins la seconde ville la plus chĂšre du monde dans le classement Mercer. Elle surpasse Hong Kong, Singapour, ZĂŒrich, GenĂšve et Tokyo. Folie des grandeurs ? La CitĂ© internationale des affaires, un complexe en chantier, comprendra deux tours de 23 Ă©tages. Un projet commandĂ© par le prĂ©sident Idriss DĂ©by Ă  l’architecte sĂ©nĂ©galais Pierre Goudiaby, pour un coĂ»t de 366 millions d’euros.

    3. Victoria, paradis fiscal des Seychelles
    La 13e ville la plus chĂšre du monde n’est autre que la capitale des Seychelles. SituĂ©e sur MahĂ©, la plus grande Ăźle de cet archipel de l’ocĂ©an Indien (jadis nommĂ©e Abondance), cette ville de 25 000 habitants encaisse de fortes sommes d’argent en devises grĂące au tourisme haut de gamme, aux exportations de vanille, de savon et d’écailles de tortue, mais aussi parce qu’elle est un paradis fiscal trĂšs discret. Depuis 2001, une loi empĂȘche les Ă©trangers de rĂ©gler leurs notes d’hĂŽtel en roupies des Seychelles. Ces Ăźles sont aussi devenues un terrain de jeu pour les expatriĂ©s qui s’ennuient Ă  DubaĂŻ, Ă  quelques heures d’avion. Yachts de luxe et villas de rĂȘve se traduisent par des notes trĂšs salĂ©es, dans le moindre hĂŽtel ou restaurant.

    4. Libreville, l’Afrique chic
    La capitale du Gabon arrive 19e dans le classement Mercer, aprĂšs New York (Etats-Unis), Shenzhen (Chine) et Tel-Aviv (IsraĂ«l) et juste avant Kinshasa. Pour une virĂ©e dans les hauts-lieux du luxe et les bas-fonds de cette ville pĂ©troliĂšre d’Afrique centrale, il faut lire les romans policiers de Janis Otsiemi. OĂč l’on apprend que « bongo » n’est pas seulement le patronyme des prĂ©sidents, pĂšre et fils, qui dirigent le pays depuis 1967, mais aussi le petit nom qu’on donne Ă  l’argent. Gros sujet de prĂ©occupation pour tous les frappĂ©s du « mal de poche » : 20% de chĂŽmeurs et 33% de pauvres.

    5. Kinshasa flambe en billets de 100 dollars
    Forte dĂ©pendance vis-Ă -vis des importations, taux de change dĂ©favorable, circulation de trĂšs grosses sommes pour cause de commerce illĂ©gal de diamants et de minerais : tous les ingrĂ©dients sont rĂ©unis pour rendre la vie trĂšs chĂšre Ă  Kinshasa. Cent dollars, c’est le prix d’un dĂźner dans un restaurant huppĂ© ou d’un taxi louĂ© Ă  la journĂ©e. Beaucoup de Kinois en sont rĂ©duits, pour se chausser, Ă  se contenter de simples « babouches » (tongs en plastique), et pour se nourrir, Ă  cultiver des lĂ©gumes sur les trottoirs. MĂȘme les administrations du pays exigent d’ĂȘtre payĂ©es en billets verts et ne rendent la monnaie qu’en liasses de francs congolais.

    6. Lagos et ses ßles huppées
    Cette mĂ©galopole de 12 millions d’habitants est la 25e ville la plus chĂšre du monde. Pour des raisons liĂ©es Ă  la sĂ©curitĂ©, expatriĂ©s et millionnaires nigĂ©rians vivent concentrĂ©s Ă  Ikoyi et Victoria Island, deux Ăźles huppĂ©es du centre-ville qui donnent sur la lagune. LĂ , un gin tonic est facturĂ© 24 euros, trois fois plus cher qu’à Paris. Eko Atlantic City, le futur « DubaĂŻ de l’Afrique », une extension du quartier d’affaires de Lagos Island, verra bientĂŽt des buildings se dresser sur une Ăźle artificielle en cours de construction. MĂȘme Ă  Lekki, un quartier de la classe moyenne et supĂ©rieure, on ne trouve aucun deux-piĂšces Ă  moins de 1 300 le mois, payable d’avance sur 24 mois, sans compter le gĂ©nĂ©rateur, qui pompe 5 euros de diesel par jour au bas mot.

    7. Brazzaville, une ville qui carbure Ă  deux vitesses
    Le grand jeu Ă  Brazzaville consiste Ă  montrer qu’on a de l’argent, Ă  faire son shopping le week-end Ă  Paris ou partir fĂȘter son anniversaire Ă  New York
 L’élite sort dans des restaurants comme le Mami Wata, au bord du fleuve Congo, oĂč l’on paie 60 euros son repas et 5 euros la biĂšre. Au NĂ©nuphar, un restaurant sympathique situĂ© en face du marchĂ© Plateau, un gros poisson coĂ»te encore 45 euros. Alors que les maisons du centre-ville se louent 1 500 euros, les loyers dans le quartier populaire de Bacongo vont de 60 Ă  150 euros. Les comptes sont vite faits, pour un instituteur au Congo, sachant qu’il ne gagne pas plus de 60 euros par mois.

    8. Bamako, l’effet crise et Minusma
    Devenue la 29e ville la plus chĂšre du monde, juste aprĂšs Brazzaville, Bamako reste la capitale d’un pays sahĂ©lien et pauvre, le Mali. Elle est pĂ©nalisĂ©e par l’effet de la crise politique de 2012 et 2013 sur son Ă©conomie, avec la hausse des prix des produits alimentaires et du carburant. Le dĂ©ploiement en juin 2013 d’une imposante Mission multidimensionnelle intĂ©grĂ©e des Nations unies pour la stabilisation du Mali (Minusma), 12 600 personnes en uniforme, a fait flamber les prix : le marchĂ© s’ajuste au pouvoir d’achat Ă©levĂ© des casques bleus et des fonctionnaires onusiens.

    9. Conakry paie les lacunes du service public
    ClassĂ©e 34e ville la plus chĂšre du monde, la ville portuaire a gagnĂ© 12 places en 2014 dans le classement Mercer. Qu’est-ce qui coĂ»te si cher dans la capitale guinĂ©enne, en dehors d’un verre ou d’une nuit au nouvel hĂŽtel Palm Camayenne, le premier cinq Ă©toiles de la ville ? RĂ©ponse : les lacunes du service public ! Il faut payer l’essence du gĂ©nĂ©rateur, Ă  raison d’un euro le litre, si l’on veut un minimum d’électricitĂ©. Et prendre sa voiture pour aller puiser de l’eau, afin de remplir des bidons qu’on stocke ensuite chez soi. Les appartements de luxe pour expatriĂ©s, avec eau, Ă©lectricitĂ© et sĂ©curitĂ©, se louent 2 000 euros par mois. Poster un gardien devant sa maison coĂ»te au moins 50 euros par mois, tandis qu’un instituteur, avec son salaire de 35 euros, peut Ă  peine s’acheter deux sacs de riz par mois.

    10. Dakar, le casse-tĂȘte de la dĂ©pense quotidienne
    A Dakar, 40e ville la plus chĂšre du monde, trois places avant Abidjan, l’argent file Ă  toute vitesse. Il faut sortir un billet de 1 000 francs CFA (1,50 euro) pour un kilo de sucre et juste un peu moins (1,20 euro) pour un litre d’essence. La prĂ©paration d’un yassa-poulet pour 8 personnes coĂ»te plus de 10 euros – le prix d’un seul plat dans les restaurants chics. Les logements neufs au Plateau, le centre-ville, se vendent Ă  1 500 euros le mĂštre carrĂ©, aussi cher qu’aux Deux-Plateaux Ă  Abidjan. Les prix ont flambĂ© avec la crise ivoirienne de 2 000, qui a vu une cohorte de fonctionnaires internationaux et d’expatriĂ©s se rabattre sur Dakar. Un instituteur ne gagne pas plus de 300 euros par mois au SĂ©nĂ©gal et un ministre 6 fois plus – sans compter les indemnitĂ©s, logement et voiture de fonction qui font toute la diffĂ©rence


    RFI