Author: Don Kayembe

  • Albert Moleka demissionne officiellement de son poste

    Albert Moleka demissionne officiellement de son poste

    UNION POUR LA DEMOCRATIE ET LE PROGRES SOCIAL

    Presidence du Parti

    Logo_UDPS 
    N/R : 004/UDPS/PP/CAB/DPP/014

    Kinshasa, le 23 mai 2014.

     

     

     

     

     

     

     

     
    Monsieur le Président,
    Respectueusement, je me permets de vous adresser cette lettre pour vous faire part de mon malaise à poursuivre mes activités dans le rôle de Directeur de Cabinet et Porte-Parole conformément à votre décision numéro 007/UDPS/PP/011du 10 janvier 2011.

    En effet, j’ai pris connaissance par voie de presse et divers réseaux sociaux du contenu de la circulaire numéro 042/UDPS/PP/SG/2014 du 21mai 2014 de Monsieur le Secrétaire Général du Parti annonçant à l’opinion nationale et internationale, à toutes les structures et à tous les Comités de base du parti, et ce en exécution de vos instructions, que je ne suis plus membre de votre Cabinet.

    Si j’observe avec regret que la démarche de Monsieur le Secrétaire Général pêche contre le principe de l’acte contraire, il m’est difficile de ne pas prendre acte des conséquences de la publicité faite autour de ladite “note circulaire” qui contrarie effectivement la substance et la portée de mes responsabilités au sein de votre Cabinet.

    Par contre, fort heureusement, la “note circulaire” n’a pas réussi à secouer ma loyauté envers vous ni mon attachement aux idéaux que vous défendez.

    Je reste donc, comme toujours, à votre entière disposition et suspendu à vos instructions, sous réserve de la correction de la forme, pour pouvoir procéder à la remise-reprise avec mon successeur que vous désignerez.

    Dans cette attente, tout en vous renouvelant mes respects, veuillez croire, Monsieur le

    Président, en l’assurance de ma très haute considération.

    Se E. Albert Moleka

    Directeur de Cabinet

    Porte-Parole

     

  • Congo – RDC : la Monusco exige l’arrêt de l’opération “Mbata ya bakolo”

    Congo – RDC : la Monusco exige l’arrêt de l’opération “Mbata ya bakolo”

    refoules-La Monusco tire la sonnette d’alarme. La mission de l’ONU en RDC estime que les expulsions de ressortissants de ce pays par le Congo-Brazzaville est à l’origine d’une grave crise humanitaire. Et exige la fin de l’opération “Mbata ya bakolo”, lancée début avril.

    “Depuis le 4 avril, plus de 130 000 citoyens de la RDC ont été expulsés du Congo voisin”, a indiqué la Mission de l’ONU pour la stabilisation du Congo (Monusco) dans un communiqué rendu public lundi 26 mai à Kinshasa.

    Par conséquent, Martin Kobler, le chef de la Monusco, et Zainab Bangura, la représentante spéciale des Nations unies en ce qui concenre la violence sexuelle dans les conflits armés, “exigent que cessent immédiatement les expulsions de ressortissants de la RDC vivant au Congo-Brazzaville. (…) Les expulsions sont à l’origine d’une grave crise humanitaire et il y a des allégations selon lesquelles elles se seraient accompagnées de violations des droits de l’homme”, dénoncent-ils.

     

    La Monusco demande l’ouverture d’une enquête

    La Monusco ajoute également avoir reçu “des informations sur des violences physiques, des mauvais traitements, et des violences sexuelles infligés aux citoyens de RDC pendant les expulsions”. Elle exhorte ainsi Brazzaville à empêcher de telles exactions et à enquêter sur ces incidents.

    De leur côté, les autorités du Congo-Brazzaville affirment qu’environ un millier de Congolais de la RDC ont été expulsés dans le cadre de l’opération “Mbata ya bakolo” et indique que des dizaines de milliers de ressortissants de l’ex-Zaïre sont rentrés au pays de leur propre chef, craignant une expulsion de force ou la montée de l’hostilité manifeste de la population brazzavilloise.

     

    (Avec AFP)

  • Drogue : de l’iboga pour soigner les héroïnomanes ?

    Drogue : de l’iboga pour soigner les héroïnomanes ?

    L'iboga est très répandue au Gabon et en Afrique centrale équatoriale
    L’iboga est très répandue au Gabon et en Afrique centrale équatoriale © AFP

    Remède miracle aux propriétés anti-addictives ou simple substance hallucinogène ? L’ibogaïne, une molécule provenant de l’écorce de l’iboga, plante très répandue au Gabon, pourrait aider des millions de toxicomanes. Elle reste considérée, aux États-Unis et en France, comme un stupéfiant.

    L’héroïne ne connait pas la crise. Et son “succès”, aux États-Unis notamment, ne cesse de croître. Tout comme le danger qu’elle représente. Depuis le début de l’année, 131 kilos d’héroïne ont déjà été saisis à New York, d’une valeur à la revente de 40 à 60 millions de dollars. Contre 80 kilos sur l’ensemble de l’année 2013. “Du jamais vu” depuis que la ville tient des archives à ce sujet, soit vingt-trois ans, d’après Bridget Brennan, procureur chargée des affaires de drogue. Pis, entre 2010 et 2012, le nombre de surdose a grimpé de 84 %.

    “J’ai vu des gens qui étaient au bout du rouleau ressembler à nouveau à des êtres humains”

    Comment stopper la diffusion d’une drogue populaire devenue bon marché ? Ou même, simplement soigner et sortir ses victimes de cette dépendance. Loin des sevrages longs et douloureux à la buprénorphine, à la méthadone ou autres cocktails médicamenteux, l’iboga, une racine très répandue en Afrique centrale équatoriale, aurait des propriétés anti-addictives. Depuis des siècles ce petit arbuste surnommé “bois sacré” est utilisé pour des rites initiatiques, à l’image du bwiti chez les Mitsogo et les Apindjis au Gabon. L’absorption d’iboga sous forme de poudre, selon des règles très précises entraîne un moment de transe et des visions qui doivent permettre l’intégration au sein de la communauté.

    >> Lire aussi : Mystérieux iboga

    Aux États-Unis, la découverte de sonpotentiel thérapeutique date seulement de quelques décennies. Dans les années 1960, Howard Lotsof et des amis, tous accros à l’héroïne et à la cocaïne, découvrent et testent l’ibogaïne. L’expérience dure trente-six heures. Une journée et demi qui suffit à les guérir de cette dépendance. Et sans sevrage. Définitivement pour Howard Lotsof, durant quelques mois pour ses compagnons.

    Sauvé des griffes de l’héroïne, Howard Lotsof va devenir le héraut de l’ibogaïne jusqu’à sa mort en 2010. Pendant près de trente ans, l’ancien junkie tente de convaincre le monde de la science de se pencher sur les bienfaits de cette molécule extraite de l’écorce de l’iboga aux effets psychostimulants et euphorisants. Deborah Mash, professeure en neurochirurgie à l’université de Miami rejoint sa cause. “J’ai vu des gens qui étaient au bout du rouleau ressembler à nouveau à des êtres humains, sans aucun signe de manque et prêts à changer de vie”, assure-t-elle dans America Tonight.

    Après avoir traité 300 patients à l’ibogaïne en 1996 dans son centre de recherche privé aux Caraïbes, elle affirme que le “taux de réussite à court terme du traitement à l’ibogaïne est de 98 %”. Encore une fois, sans sevrage. Mais, Deborah Mash tempère : “Il n’y a jamais eu une étude en double aveugle, ce qui est nécessaire pour définir les taux de réussite réels.” Elle évite d’utiliser le mot “remède”, privilégiant celui d’”interrupteur de la dépendance”. Encore moins celui de “remède miracle” puisque plusieurs échecs ont également été rapportés.
    L’autre bienfait de l’ibogaïne intervient sur le cerveau. Elle permettrait de stimuler le métabolisme et d’aider les voies nerveuses, endommagées par la consommation d’héroïne, à se régénérer.

    L’ibogaïne, interdite en France et aux États-Unis

    Pourtant, l’utilisation et les propriétés de l’ibogaïne sont encore taboues. “L’avis de l’industrie pharmaceutique a été dans l’ensemble critique et a eu une influence importante dans la décision de ne plus financer les essais”, reconnaît Kenneth Alper, professeur de psychiatrie et neurologie à New York, cité par Le Monde. “La plupart des entreprises croient, à tort, qu’elles ne peuvent pas gagner beaucoup d’argent dans le traitement de la toxicomanie”, poursuit Stanley Glick, directeur du centre de recherche en neurologie à l’Université de médecine en Albany.

    L’absence de recherches à long terme empêche aujourd’hui d’avancer des chiffres quant au taux de réussite de l’ibogaïne dans la lutte contre les addictions aux opiacés. Bien que ses défenseurs en fassent l’arme numéro un contre l’héroïne. Aux États-Unis, elle est classée comme drogue depuis 1967 mais a été autorisée par l’Institut national sur l’abus des drogues entre 1990 et 1995 pour des essais cliniques. En France, l’iboga et l’ibogaïne sont considérées comme stupéfiants depuis 2007.

    Jeune Afrique

  • Côte d’Ivoire : en attendant Gbagbo

    Côte d’Ivoire : en attendant Gbagbo

     
    Laurent Gbagbo sera fixé sur son sort mi-juin.
    Laurent Gbagbo sera fixé sur son sort mi-juin. © SEYLLOU DIALLO / AFP

    Dans moins d’un mois, l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, emprisonné à La Haye depuis novembre 2011, saura si les charges retenues contre lui sont confirmées. Pendant ce temps, au pays, son clan s’organise.

    Alors que la Cour pénale internationale (CPI) doit se prononcer, mi-juin, sur la confirmation ou non des charges contre l’ex-président ivoirien, ses partisans veulent croire à sa libération prochaine et font flèche de tout bois. Sur les réseaux sociaux, le succès de #BringBackOurGirls (“ramenez nos filles”), le slogan de soutien aux lycéennes du Nigeria, a inspiré une version parodique, #BringBackOurGbagbo (“ramenez notre Gbagbo”). En une semaine, elle a été reprise plus de 3 000 fois sur Twitter, selon le site d’analyse de données topsy.com. Pour les pro-Gbagbo, tous les moyens sont bons, jusqu’aux détournements de mots-clics.

    Curiosité ou sympathie ? Une certitude : Gbagbo fait vendre. En Côte d’Ivoire, la “presse bleue”, favorable à l’ancien chef d’état, fait de bons chiffres, surtout lorsqu’il apparaît à la une. Dans les meetings où il intervient, à Abidjan, Michel Gbagbo attire les foules. “En allant écouter le fils, j’ai l’impression de retrouver le père”, souffle une militante. Sa mère, Jacqueline Chamois – la première épouse -, vient de créer, à Paris, l’Association des amis de Laurent Gbagbo, présidée par le professeur Raphaël Dagbo. Objectif : réhabiliter le fondateur du Front populaire ivoirien (FPI) en rappelant, à travers conférences et débats, son combat pour le multipartisme et la souveraineté de l’Afrique.

    Autre signe d’une mobilisation des troupes, dans l’ouest de la Côte d’Ivoire – le fief de Laurent Gbagbo -, l’appel au boycott lancé par le FPI contre le recensement général semble assez suivi. Le gouvernement n’a pas manqué de mettre en garde les auteurs de ce mot d’ordre contre d’éventuelles poursuites judiciaires. Le 8 mai, Pascal Affi N’Guessan, le président du FPI, et trois autres dirigeants du parti ont été longuement auditionnés par la gendarmerie ivoirienne. Le même jour, Anne Désirée Ouloto, ministre de la Solidarité, de la Famille, de la Femme et de l’Enfant, se rendait à Gagnoa pour appeler les femmes de l’Ouest à “s’impliquer davantage”. “Dans l’Ouest, le FPI n’hésite pas à aller dans les villages en disant : si vous refusez le recensement, les Blancs vont entendre vos cris et libérer Laurent Gbagbo. C’est de la manipulation !” vitupère un cadre du Rassemblement des Républicains (RDR), le parti du président Ouattara. Derrière, les autorités repassent dans les mêmes villages et expliquent : “Le boycott vous fait du tort, car il nous empêche de savoir à combien de personnes nous devons apporter l’eau et l’électricité.”

    Promesses non réalisées et non réalisables

    Trois ans après son arrestation, Laurent Gbagbo commence-t-il à récupérer les déçus d’Alassane Ouattara ? Laurent Akoun, le secrétaire général du FPI, y croit. Lui qui dénonce “les vendeurs d’illusions [du RDR] qui prétendent que la Côte d’Ivoire va bien alors que les fondamentaux s’écroulent les uns après les autres” veut rallier “le peuple qui ne supporte plus les promesses non réalisées et non réalisables”. Amadou Soumahoro, le secrétaire général par intérim du RDR, réplique : “Regardez le chemin parcouru depuis 2011. Avec un taux de croissance annuel supérieur à 8 %, la population fait vite la différence avec les dix années Gbagbo. D’ailleurs, le FPI a perdu beaucoup d’influence auprès des syndicats et des étudiants.”

    L’ex-président donne-t-il des consignes ?

    En réalité, la question clé est de savoir si l’ancien chef de l’état garde la main sur son parti. Pour son porte-parole, Justin Koné Katinan, réfugié au Ghana, et pour son conseiller spécial français, Bernard Houdin, à Paris, cela ne fait aucun doute. “Au FPI, il peut y avoir une ou deux personnes avec un agenda caché, mais l’immense majorité soutient Laurent Gbagbo, glisse le second. Chacun sait que, s’il s’écarte de ce chemin, il devient une feuille morte.” à la direction du parti, le prisonnier de la CPI conserve aussi beaucoup de fidèles, à commencer par les deux “historiques”, Laurent Akoun et Aboudramane Sangaré, le premier vice-président, qu’il a connus en prison en 1971.

    Comme son téléphone est sur écoute, nous n’avons pas de contact direct avec lui, confie un dirigeant du FPI.

    L’ex-président donne-t-il des consignes ? “Comme son téléphone est sur écoute, nous n’avons pas de contact direct avec lui, confie un dirigeant du FPI. Il nous fait parvenir des messages par ceux qui vont lui rendre visite, mais il ne donne aucune directive.” Outre sa seconde épouse, Nady Bamba – la mère de son dernier fils, Koudou Ismaël -, Laurent Gbagbo reçoit beaucoup. Des membres de sa famille et des fidèles, comme Guy Labertit, l’ex-“Monsieur Afrique” du Parti socialiste français. Sans parler de ses avocats, Emmanuel Altit et Natacha Fauveau Ivanovic, du barreau de Paris, et Agathe Baroan, du barreau d’Abidjan. L’idée du boycott du recensement ivoirien viendrait-elle de La Haye ? “Non, répond le haut responsable. Nous n’avons pas besoin de le solliciter pour définir notre stratégie. De toute façon, c’est nous qui sommes sur le terrain. Comme nous ne pouvons pas connaître sa position en temps réel, nous serions tétanisés si nous devions attendre ses instructions.”

    Au-delà des “confidences” à la presse, ce que les proches de Gbagbo oublient de dire, c’est que, depuis le congrès constitutif du FPI dans une bananeraie de Dabou, en 1988, ils sont coutumiers de l’action clandestine. En octobre 2000, contre Robert Gueï qui s’accrochait au pouvoir, puis en mars-avril 2011, contre Alassane Ouattara, l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci) et la France, ils ont fait preuve d’un vrai savoir-faire dans la mise en place de réseaux parallèles et de structures clandestines, comme des studios de télévision mobiles. Le reclus de La Haye parvient-il à communiquer à l’insu de ses gardes ? En tout cas, plusieurs de ses visiteurs sont étonnés par la qualité de ses informations sur la Côte d’Ivoire, y compris sur l’entourage du président Ouattara…

    Que fera le FPI en 2015 ?

    Désormais, tout repose sur la décision, le mois prochain, des trois juges de la CPI. Si Laurent Gbagbo est libéré, nul ne doute qu’il reviendra sur la scène ivoirienne. “Le pouvoir aura du mal à rester serein”, confie un familier du palais présidentiel. “Cela scandalisera les victimes du régime Gbagbo, et une reprise de la guerre ne sera pas à exclure”, estime de son côté un responsable du RDR. En revanche, s’il reste en prison, l’homme politique risque d’être abandonné par une partie de ses troupes. “Les militants devront se faire une raison et commenceront à en parler au passé. Ils seront bien obligés de se rabattre sur quelqu’un d’autre”, glisse le dirigeant du FPI. Mais le noyau dur des fidèles n’est-il pas en mesure de bloquer tout changement de leader ? “C’est vrai, il peut y avoir des résistances au sein du parti, surtout de la part de ceux qui revendiquent l’ancrage du FPI dans leur région pour jouer les premiers rôles [sous-entendu : les Bétés du Centre-Ouest]. Mais quand on est dans une posture “Gbagbo ou rien”, on n’avance pas.”

    Que fera alors le FPI lors de la présidentielle d’octobre 2015 ? “Il est difficilement concevable que le parti ne soit pas au rendez-vous, affirme le même responsable. Le scénario le plus probable, c’est la présence d’un candidat FPI. De toute façon, la décision sera prise avant la fin de l’année.”

     

    Le 2 mai, comme tous les ans, les membres du parti se sont retrouvés à la Fête de la liberté. Aboudramane Sangaré a lancé aux militants : “Laurent Gbagbo attend son billet retour, mais celui-ci ne se paie pas cash. Il se paie par votre mobilisation sur le terrain.” Avant que Pascal Affi N’Guessan déclare : “La lutte pour la liberté, c’est principalement la lutte pour la libération du président Laurent Gbagbo et son retour en Côte d’Ivoire.” Est-ce un signe ? La fête ne se tenait pas à Abidjan ou dans l’Ouest, mais dans l’est du pays, à Bongouanou, en pays agni. Bongouanou, le fief d’Affi N’Guessan.

    Le pouvoir entre deux feux

    Le retour des exilés est depuis longtemps une priorité du président Ouattara, qui a notamment envoyé plusieurs émissaires à Accra. L’enjeu ? Donner l’apparence d’une Côte d’Ivoire normalisée, apaisée. Une priorité pour faire revenir les investisseurs. La défiance est cependant toujours palpable. Si beaucoup de cadres du FPI ont été réintégrés dans l’administration, la plupart d’entre eux sont toujours sous le coup d’une procédure judiciaire, privés d’accès à leurs comptes bancaires et à certaines de leurs maisons, occupées. Comme d’autres, l’ancien directeur du port d’Abidjan a été sanctionné par l’Union européenne : comptes gelés, interdiction de voyager. Peu de temps après son retour, la délégation européenne à Abidjan a suggéré de reconsidérer sa position. La réponse de la présidence ne s’est pas fait attendre : il en est hors de question. Vincent Duhem

    Jeune Afrique

  • François Hollande face au choc FN

    François Hollande face au choc FN

    sarkozy-hollande-Que va faire François Hollande ? Le chef de l’Etat, le PS mais aussi toute la classe politique subissent de plein fouet le choc de la victoire totale du FN aux européennes.

    François Hollande aura donc vécu son deuxième 21 avril, mais cette fois en tant que président, lui qui était Premier secrétaire du parti socialiste le jour de la défaite de Lionel Jospin.

    Douze ans plus tard, les mots – ceux de Manuel Valls hier soir – sont identiques : « choc, séisme », et les responsables politiques de tous bords, et cela vaut pour l’UMP, se retrouvent totalement désarmés face à la sanction infligée par le Front national.

    “Des leçons doivent être tirées de cet évènement majeur”, a fait savoir le chef de l’Etat. “Le moment est très grave pour la France et l’Europe, mais nous devons faire preuve de courage car la France doit se réformer”, a déclaré pour sa part le Premier ministre, en égrenant les mesures prises pour relancer le pays, au cours de cette intervention décalée, que vous avez tous vue ou entendue hier soir, une apparition qui relevait plus d’un clip de campagne officielle qui n’a fait que souligner le KO debout encaissé par l’exécutif.

    Parce que la claque est terrible 

    6 électeurs sur 10 ne sont pas allés voter. C’était déjà le cas en 2009, mais cette fois, 1 sur 4 a choisi le Front National dont le message était la sortie pure et simple de l’Union Européenne. L’abstention massive a sanctionné les partis classiques. Le FN, comme l’a rappelé Laurent Fabius hier soir, capte à lui seul un député sur trois sur le contingent des 74 attribués à la France. La France déboussolée a dit non à l’Europe repoussoir et à la politique de François Hollande.

    Le chef de l’Etat a peu de solutions devant lui

    Le remaniement, c’est déjà fait. Le président avait changé de Premier ministre au lendemain des municipales perdues par la gauche pour envoyer un signal fort. Huit semaines plus tard, la nouvelle défaite n’en est que plus humiliante. Les responsables socialistes tablaient sur une victoire courte du FN mais avec un PS à près de 20 points. C’est le scénario du pire qui s’est produit, et a déjà réveillé les 41 mutins du PS qui réclament une autre politique.

    Il n’est plus possible d’enjamber le scrutin, comme l’envisageait le président.

    Et il reste peu d’options sur la table : une démission est hors de propos, François Hollande ne l’envisage pas un instant. Une dissolution serait suicidaire. Et renoncer aux 3% serait la négation de toute la politique mise en place depuis deux ans.

     

    Que peut-t-il faire alors ?

     

    Le chef de l’Etat va devoir faire preuve d’imagination, lui qui réunit ses principaux ministres dans un peu moins de deux heures afin de caler le message qu’il délivrera demain devant le Conseil Européen pour réclamer un changement de logiciel européen.

    Mais cette réponse ne suffira pas.

     

    Les Français ont durablement tourné le dos à la politique, ils n’y croient plus. La présidentielle de 2017 se dessine déjà, elle se jouera à trois, et au train où vont les choses, la question est de savoir qui affrontera Marine le Pen au deuxième tour. François Hollande doit renverser la table, sinon le rejet sera total et définitif.

    (Avec France Info)

  • Hollande et la « Françafrique » : une présence militaire accrue pour renforcer la domination impérialiste

    Hollande et la « Françafrique » : une présence militaire accrue pour renforcer la domination impérialiste

    Sommet-de-Paris-hollande–En 2012, à peine élu, Hollande proclamait qu’avec lui « le temps de la Françafrique est révolu » ainsi que celui « d’une diplomatie qui serait celle de nos intérêts économiques ». Mais en janvier 2013 il se lançait dans une intervention militaire au Mali dont le but principal, derrière le paravent de la lutte contre le terrorisme islamique, était le maintien de l’ordre dans la région du Sud Sahel pour la défense des intérêts français, en particulier ceux d’Areva au Niger. Et en décembre 2013 l’armée française intervenait en Centrafrique pour tenter de mettre en place un régime suffisamment stable du point de vue des intérêts de l’impérialisme. Cette intervention n’a rien à voir avec la protection des populations contre les exactions commises par les différentes milices, qui ont toutes été soutenues à un moment ou un autre par la France. François Hollande se sentait particulièrement fier d’agir en gendarme de l’Afrique et de voir reconnaître son rôle par ses alliés américains et européens. Sa politique a contribué à renforcer la présence militaire dans ce que la France considère sa zone d’influence en Afrique, en faisant peser le poids de sa domination plus lourdement sur les populations.

    Les interventions françaises en Afrique, bien que toutes annoncées comme devant être de courte durée, se prolongent car elles n’apportent ni stabilité, ni pacification. Dans le cas de la Centrafrique, l’intervention française n’empêche aucunement les massacres, car si les milices Séléka ont été désarmées, les autres ne l’ont pas été et continuent à tuer. La population se voit contrainte de fuir massivement vers des camps de réfugiés pour échapper aux exactions des diverses troupes armées. Quant à l’opération Serval au Mali, elle n’a pas mis fin au terrorisme ni aux menaces que celui-ci fait peser sur les populations. Loin d’avoir été éliminés, les groupes armés islamistes se sont repliés ailleurs, élargissant une nouvelle fois les zones de conflits.

    Il faut tout le cynisme des hommes politiques, de gauche comme de droite, pour prétendre que les interventions françaises ont pour objectif de protéger les populations. Elles viennent en réalité à l’appui des régimes soumis aux intérêts français et visent à défendre leur ordre politique, y compris les frontières datant de la colonisation. Elles tentent de maintenir une certaine stabilité politique. Mais le pillage économique auquel se livre l’impérialisme engendre une telle misère, un tel désespoir qu’aucune stabilité n’est possible.

    Non seulement la Françafrique n’est pas morte, mais elle s’accompagne de plus en plus, pour les populations, de guerres et de massacres.

    La Françafrique, fille naturelle de l’impérialisme

    Le terme de Françafrique est entré dans le vocabulaire politique pour définir les méthodes utilisées par les dirigeants politiques, les hommes d’affaires, les hauts gradés militaires français, différents services « spéciaux », dans cette partie du monde. Trafics en tout genre, corruption, assassinats, interventions militaires, aides aux coups d’État, jusqu’au soutien actif au génocide au Rwanda de 1994, les gouvernements français n’ont reculé devant aucune abjection. Mais ce qui se joue en Afrique n’est pas qu’une question de méthodes. La Françafrique n’est pas un dérapage lié à des hommes de l’ombre qui agissent depuis plus de cinquante ans en Afrique, même si ceux-ci sont particulièrement véreux et ressemblent bien à s’y méprendre à des malfrats. Derrière cet aspect scandaleux, il existe une réalité économique, la nécessité pour les grands groupes capitalistes de maintenir leur domination sur ce qu’ils considèrent comme leur zone d’influence. Au moment des indépendances dans les années 1960, la France était devenue un impérialisme de seconde zone. Les méthodes de la Françafrique servirent à préserver son pré carré et faire face à la concurrence des États-Unis, du Japon, voire d’autres grandes puissances comme la Chine, alors que sa puissance économique n’y suffisait pas. La nécessité de recourir à de telles méthodes est le signe d’une certaine impuissance, en même temps, celles-ci sont devenues indispensables à l’existence même du capitalisme français.

    Depuis le 19e siècle, la conquête de nouveaux marchés, et plus généralement de nouveaux territoires, est vitale pour le capitalisme de monopoles et cela entraîna les grandes puissances impérialistes dans une course pour le partage du monde. Le capitalisme parvenu dans sa phase impérialiste rendait plus âpre et plus violente la concurrence entre les grands groupes capitalistes pour trouver des débouchés, des marchés et surtout exporter leurs capitaux. L’histoire du 20e siècle n’a connu aucune trêve dans cette lutte acharnée entre impérialismes concurrents. Les différents impérialismes n’ont cessé de s’affronter par États interposés pour maintenir leurs zones d’influence ou en conquérir de nouvelles. Les deux guerres mondiales, issues de la lutte pour le repartage du monde, ont montré dans quels abîmes l’impérialisme peut plonger l’humanité. Cette concurrence continue à être une préoccupation fondamentale des grandes puissances. Entre 1945 et 1960, face aux mouvements contre l’oppression coloniale, les grandes puissances furent obligées d’accorder l’indépendance politique à leurs anciennes colonies. Mais cela ne les empêcha pas de chercher par tous les moyens à maintenir leur domination.

    Pour la France, impérialisme de second rang, la conservation de sa mainmise sur ses anciennes colonies imposait de garder un contrôle direct sur ces nouveaux États indépendants et sur leur personnel politique dirigeant. Dans ce but, tout un système politique et économique semi-colonial se forma. De Gaulle, échaudé par les années de guerre en Algérie, choisit d’octroyer une indépendance formelle aux colonies françaises en Afrique. Partout où il le put, il fabriqua de toutes pièces des États fortement liés à la métropole pour les asservir aux intérêts de l’impérialisme français. Il commença par mettre à la tête de ces États « indépendants » des hommes qui faisaient partie du sérail politique français. Houphouët-Boigny avait été plusieurs fois député et même ministre délégué en 1956 dans le gouvernement de Guy Mollet qui décida d’envoyer les rappelés en Algérie, avant de devenir président de la Côte d’Ivoire. Léopold Sédar-Senghor, marié à Ginette Éboué attachée parlementaire au cabinet du ministre de la France d’outre-mer, avait été député, avant de devenir le président du Sénégal indépendant. Et quand ces hommes politiques n’existaient pas, des anciens militaires de l’armée coloniale française firent l’affaire, comme Bokassa devenu dictateur en Centrafrique en 1965, ou Eyadéma, ancien sergent de cette armée coloniale, qui imposa sa dictature au Togo de 1967 à 2005. En plus des liens entre les hommes de l’impérialisme français et les chefs d’État africains, partout où cela lui fut possible, l’État français maintenait sa présence militaire, formait et armait les nouvelles forces militaires africaines. Par le biais du franc CFA, l’impérialisme français gardait le contrôle économique de ces anciennes colonies. L’ensemble de ce système était renforcé par des liens occultes, des relations de corruption dans les deux sens.

    Grâce à cela, l’État français décide donc directement de la politique de la majorité des États africains de ses anciennes colonies depuis leur indépendance, fait et défait leurs gouvernements en fonction de leur fidélité aux « intérêts français », c’est-à-dire de leur capacité à préserver la mainmise des groupes capitalistes français sur le pétrole ou les richesses minières. Le pouvoir français, sans discontinuité depuis de Gaulle, a soutenu des dictatures, organisé des interventions militaires pour éviter les coups d’État jugés inopportuns ou pour fomenter ceux qu’il voulait. Tout cela en contrepartie d’une liberté quasi absolue des multinationales françaises dans les pays africains de sa zone d’influence.

    Des réseaux mafieux au service de la domination française

    La Françafrique est une composante de l’État français. Dans la mesure où l’impérialisme français ne peut pas s’en passer, il en a fait un élément essentiel de la politique de ses différents gouvernements. Pour pouvoir cornaquer ces dictatures, la France s’appuie sur des réseaux constitués d’hommes de l’ombre de l’appareil d’État, de hauts fonctionnaires, d’hommes de main, de mercenaires qui assurent les liens avec des dictateurs bourreaux de leurs peuples et corrompus. Face à la concurrence des autres impérialismes, l’existence de ces réseaux et de ces mœurs est indispensable pour maintenir ces États dans sa zone d’influence. Elle a abouti à l’existence de liens étroits noués entre les dictatures ou les régimes plus ou moins autoritaires de l’ex-empire colonial et nombre de dirigeants politiques et hauts fonctionnaires de l’État français. Chacun y trouve son compte : les dictateurs d’Afrique trouvent une protection et une reconnaissance diplomatique internationale, et l’impérialisme français des commandes, des marchés et une zone d’influence. Sans parler des petites retombées pour des clans et des hommes politiques, les dirigeants africains sachant être généreux avec l’argent extorqué à leurs peuples. Nombre de dictateurs africains ont pu, avec la protection de l’armée française, piller une petite partie des richesses de leur pays, pendant que les groupes français se taillaient la part du lion. Non seulement, ils ont pu placer leurs avoirs en Europe, mais aussi les utiliser pour soudoyer les hommes politiques de tout bord. Les liens qui unissent ainsi les dirigeants des grands groupes, les hommes politiques français et les chefs d’État africains ont un maillage extrêmement serré. La consanguinité est totale.

    Ces rapports ont engendré une multitude d’affaires de corruption, de scandales financiers, de trafics en tout genre. Il serait fastidieux d’en dresser l’inventaire, tant elles sont nombreuses. Une des plus médiatiques a été l’affaire Elf qui a éclaté en 1994, car son PDG de l’époque, Loïk le Floch-Prigent, a été condamné en 2003 à de la prison ferme pour détournement d’argent et corruption. L’affaire a été jugée mais le pillage du Gabon par Elf devenu Total se poursuit toujours. Et ce scandale dure depuis la décolonisation. En effet Omar Bongo, dictateur du Gabon mis en place en 1967 par la France, a toujours laissé le trust français piller le pétrole sans même que le gouvernement gabonais puisse savoir exactement les quantités extraites par la compagnie, en échange d’un soutien sans faille à son pouvoir. Aujourd’hui, c’est son fils, Ali Bongo, qui a repris les rênes du pouvoir pour poursuivre la même politique.

    L’affaire dite des « biens mal acquis » implique plusieurs dirigeants africains, dont feu Omar Bongo, mais aussi des dirigeants du Congo-Brazzaville et de la Guinée équatoriale, qui sont accusés d’avoir accaparé des fortunes sur le dos de leur population et d’avoir placé leurs richesses en biens immobiliers somptueux en France. Dans cette affaire, outre les responsables politiques français, la Société générale est accusée d’avoir aidé, par le biais de filiales installées en Afrique, au transit de dizaines de millions d’euros, provenant de commissions perçues sur la vente de bois tropical par exemple pour le cas de la Guinée, vers les comptes personnels des familles de ces chefs d’État en Occident.

    Aujourd’hui, si Foccart, l’homme de de Gaulle qui orchestra toute cette politique durant des années, est mort, si un fils Mitterrand, Jean-Christophe, baptisé en son temps Papamadi (papa m’a dit), n’est plus à la tête de la cellule africaine de l’Élysée, d’autres ont repris le flambeau. Lors du dernier remaniement ministériel, en avril dernier, le dictateur du Congo, Denis Sassou Nguesso, celui du Tchad, Idriss Déby Itho, et celui du Niger, Mahamadou Issoufou, sont intervenus personnellement pour réclamer le maintien du ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian. Ces réseaux s’appuient sur des généraux qui maîtrisent de très près la politique des États africains soumis aux intérêts français. Et ce n’est pas une nouveauté. En Centrafrique, par exemple, les intérêts de la France ont longtemps été représentés par le colonel Mansion. Après la chute de Bokassa, organisée par la France, il s’installa à Bangui, officiellement pour garantir la protection du nouveau président choisi par la France, en réalité pour devenir le « vice-roi de Bangui », comme certains l’ont appelé. Responsable de la garde présidentielle centrafricaine, il s’est occupé directement de pourchasser l’opposition et avait la main sur les affaires économiques. Le ministre actuel des Affaires étrangères, Laurent Fabius, s’appuie sur des hommes d’affaires, dont son fils Thomas, impliqué dans une affaire de corruption au Mali. L’annuaire des hommes de la Françafrique est épais. Des hommes politiques de droite comme Juppé, Villepin, Balkany, ont succédé à Foccart ou Pasqua. À gauche, après Mitterrand père et fils, ce sont Fabius, Le Drian ou des politiciens socialistes moins connus, comme le sénateur du Loir-et-Cher Jeanny Lorgeoux, qui s’activent pour faire vivre les réseaux. Sans oublier des inclassables comme Kouchner.

    Les réseaux de la Françafrique relient aussi des dictateurs africains à des avocats. Il y a quelques années à peine, l’avocat Robert Bourgi avait défrayé la chronique en racontant comment il transmettait des dizaines de millions d’euros provenant des dictateurs africains sur les comptes des partis politiques, en particulier pour Chirac et Villepin. Aujourd’hui, les avocats Jean-Pierre Mignard, ami de Hollande, Gilles-Jean Portejoie, qui défend actuellement le fils du dictateur du Togo, Eyadéma, ou encore Pierre-Olivier Sur, qui défend le fils de l’ancien président du Sénégal, forment un des réseaux de la Françafrique. Et il faudrait encore citer les mercenaires comme Bob Denard, ou plus récemment Paul Barril des services secrets français, toujours en vie et particulièrement actif dans les années 1990 au Rwanda.

    Les rapports opaques et mafieux entre le monde politique, financier et militaire français et les dictateurs africains n’ont pas cessé depuis cinquante ans. Mais les affaires de corruption des politiques ne sont que la partie émergée de l’iceberg. Car, finalement, les sommes impliquées dans les affaires mafieuses de la Françafrique, arrosant au passage de hauts dignitaires de l’État français ou servant à financer des campagnes électorales, ne sont que la mousse des choses, des pourboires concédés par les grands trusts afin que le système tourne. Les liens entre l’impérialisme français et ses anciennes colonies reposent sur des intérêts bien plus profonds, qui concernent la bourgeoisie française elle-même, et pas seulement ses serviteurs politiques. Tout le système fonctionne pour que les dirigeants et actionnaires de ces grandes sociétés puissent continuer à dépouiller l’Afrique, à maintenir ses peuples dans les bidonvilles de la misère, pendant que les milliards gagnés sur leurs richesses naturelles sont rapatriés.

    Les intérêts capitalistes français en Afrique

    Les richesses arrachées à l’Afrique continuent à être le socle de bien des fortunes de dynasties capitalistes françaises comme Bolloré, Bouygues, Michelin ou Pinault, de grandes entreprises du CAC 40 comme Total, Areva, Air France, Vinci et de banques comme la BNP, la Société générale ou le Crédit du Nord, sans parler des marchands d’armes. Tous poursuivent le pillage de l’Afrique en s’appuyant sur l’ordre impérialiste mis en place et surveillé de près par l’État français.

    L’exploitation des matières premières de l’Afrique reste une manne pour ces grands groupes. Au premier plan, on trouve Total, issu de la fusion entre Totalfina et Elf, créé par de Gaulle pour profiter du pétrole africain. Ses quelque dix milliards de profits annuels en moyenne n’existeraient pas sans le pétrole africain et sans liens solides avec l’État français et les dictateurs africains. Non seulement Total pompe les richesses des pays du pré carré français depuis plus de cinquante ans, mais il a étendu ses tentacules à d’autres pays comme l’Angola, le Soudan. Et cela est loin d’être fini puisque tous les experts s’entendent sur l’existence d’énormes gisements non exploités de pétrole et de gaz au Ghana, en Tanzanie, au Mozambique, en Ouganda. Le pillage de l’or noir africain et les réseaux de la « pompe-Afrique » ne sont pas près de disparaître.

    En bonne position dans ce palmarès des pilleurs, figure Areva, détenu à 87 % par l’État français. Depuis les années 1960, le Niger a été forcé de passer des accords avec la France pour l’exploitation de son uranium, indispensable à l’énergie nucléaire. L’uranium représente 70 % des exportations du Niger, mais il ne contribue que pour 5 % au budget du pays. Areva tire depuis des dizaines d’années d’énormes bénéfices de cette exploitation. Son chiffre d’affaires en 2012 s’élevait à 9,3 milliards d’euros, soit près du double du PIB du Niger.

    Et il faudrait citer aussi l’exploitation du coton en Afrique. Cette culture, imposée par l’État français dans de nombreuses colonies, a fait la fortune de différents capitalistes français, dont en son temps le roi du textile, Boussac. C’est une entreprise publique, la CFDT (Compagnie française pour le développement des fibres textiles) qui organisa dans les années 1920 le développement de cette culture et eut longtemps le monopole de la fourniture d’engrais et de semences comme celui de la commercialisation de la récolte. Malgré les indépendances, ce groupe a perduré sous différents noms jusqu’à aujourd’hui, en continuant à profiter de la culture du coton en Afrique, pour finir par être privatisé en 2010 et devenir Géocoton, au plus grand profit de ses nouveaux actionnaires.

    Il faudrait ajouter la famille Rougier, qui s’occupe de l’exploitation des bois tropicaux au Gabon, au Cameroun et au Congo entre autres. Aujourd’hui, les Rougier possèdent deux millions d’hectares de concessions forestières en Afrique et sept usines de transformation. Leurs liens avec les dictateurs, en particulier les Bongo au Gabon, leur ont permis d’imposer la fin du monopole étatique sur la commercialisation du bois, autant dire d’ouvrir la curée sur ce commerce et sur la dévastation de la forêt tropicale africaine.

    Mais l’impérialisme français ne se contente pas de piller les richesses naturelles ou agricoles du continent. Il utilise sa position dominante sur les États pour mettre leur économie en coupe réglée. Bien peu d’Africains ont accès à l’eau courante et, même dans les villes, les coupures d’eau se sont multipliées avec la privatisation des réseaux. Mais s’il en est un qui sait transformer l’eau en or, c’est Bouygues, qui détient, par des filiales, une grande partie des réseaux de distribution d’eau au Sénégal et en Côte d’Ivoire. Bouygues est aussi présent dans l’exploitation du réseau électrique ivoirien et du gaz au large d’Abidjan. À travers un consortium avec ses concurrents Bolloré et Maersk, il a construit le deuxième terminal conteneurs du port d’Abidjan. Mais il étend ses tentacules dans bien d’autres pays comme le Cameroun, le Gabon, le Congo où il a construit 450 km de lignes électriques, et cherche à pénétrer en Guinée. Toujours en Côte d’Ivoire, pour sept millions de personnes, le téléphone c’est Orange. C’est aussi le cas dans dix-huit pays, parmi lesquels l’Égypte, le Maroc, le Sénégal, le Cameroun, l’Afrique du Sud. Une grande partie du système bancaire en Côte d’Ivoire est aux mains de la Société générale, du Crédit agricole, de la BNP et du Crédit lyonnais. Carrefour s’arroge de grandes parts de la distribution au Cameroun, au Congo, en Côte d’Ivoire, au Gabon, au Ghana, au Nigeria et au Sénégal.

    Ces groupes se sont taillé des empires grâce aux privatisations imposées par le FMI et aux marchés passés avec les États africains. Mais dans ce domaine l’emprise de Bolloré, surnommé « le dernier empereur africain », est sans égale. Il a profité de l’exploitation des plantations, héritage de l’époque coloniale toujours lucratif. En 2010, le rapport financier de son groupe signalait que les résultats étaient particulièrement bons, en particulier grâce à l’excellente santé du secteur plantation. Après avoir bien exploité, entre autres, le filon du cacao et du caoutchouc, il a obtenu lors des privatisations la concession de Sitarail, la compagnie exploitant l’axe ferroviaire de Ouagadougou à Abidjan. Il a d’ailleurs fait de même au Cameroun avec la société ferroviaire Camrail. Une fois à la tête des chemins de fer, Bolloré a systématiquement développé le trafic des marchandises au détriment des voyageurs. Après les trains, il a étendu son contrôle sur les ports. Fort de ses relations avec Laurent Gbagbo, Bolloré a ainsi obtenu la concession du port d’Abidjan, puis celle du port de Douala grâce au président camerounais Paul Biya. Il possède aussi une trentaine de concessions portuaires, ferroviaires, fluviales en Afrique et la quasi-exclusivité des concessions des ports du golfe de Guinée, de Conakry en Guinée à Pointe-Noire au Congo Brazzaville. Cette mainmise sur la chaîne de transport permet au groupe Bolloré d’étendre son contrôle sur l’acheminement de nombreuses matières premières comme le bois, le cacao, le coton, l’huile de palme, le caoutchouc, le café et de nombreux minerais depuis le cœur de l’Afrique. « Qui tient les grues, tient le continent », expliquait un ancien cadre de l’entreprise en 2006. C’est pour cela qu’on peut parler d’ « empire Bolloré » en Afrique, d’une puissance économique bien plus importante que celle de n’importe quel chef d’État africain. Et un empire prospère de surcroît car, si un quart de son chiffre d’affaires est réalisé en Afrique, le continent représente 80 % de ses profits.

    Loin d’être sur le déclin, l’emprise de l’impérialisme français et le pillage systématique des populations se poursuivent. Lors du sommet France-Afrique de décembre 2013, François Hollande affirmait : « La France doit doubler ses échanges avec l’Afrique. » Joignant les actes aux paroles, il décidait la création d’une fondation franco-africaine pour développer le partenariat entre le public et le privé. L’argent public français allait donc servir à aider des groupes capitalistes français à exploiter les travailleurs africains et à piller les richesses de ce continent. Ce n’est pas une nouveauté car il existe ainsi un certain nombre d’établissements publics dont le but est de favoriser l’implantation d’entreprises à l’étranger. Parmi eux, Ubifrance, qui a su profiter du sommet économique évoqué ci-dessus pour ouvrir des bureaux au Sénégal, au Ghana, au Kenya, a longtemps été dirigé par une certaine Véronique Bédague-Hamilius, devenue un actuel bras droit de Valls à Matignon.

    Dans la même veine du rôle de l’argent public au service des groupes capitalistes, notons le développement des partenariats public privé (PPP). Le groupe Bolloré put ainsi, après la signature d’un PPP avec le gouvernement congolais, acquérir la concession du terminal à conteneurs du port autonome de Pointe-Noire, pour vingt-sept ans. Et le 10 février dernier c’est Jean-Yves Le Drian en personne qui vint visiter ce nouveau trésor de Bolloré. Eiffage aussi a su profiter des PPP, en construisant les trente kilomètres d’une autoroute Dakar-Diamniadio au Sénégal, dont les péages pour les usagers rempliront encore ses coffres. Quant à Bouygues, il construit un pont à péage à Abidjan.

    La guerre est aussi une source d’enrichissement pour les groupes impérialistes. Dans un article récent du journal Les Échos, il était question d’un contrat de 34,7 millions d’euros décroché par Thales et la société Razel-Bec (filiale du groupe Fayat, quatrième entreprise française du BTP) pour la réalisation d’infrastructures dans le cadre de la Minusma, la mission des Nations unies au Mali, qui sert de couverture à l’intervention française. L’ONU ne négociant jamais avec les entreprises privées, seulement avec les États, le gouvernement de Fillon a mis en place France expertise internationale (FEI), une structure rattachée au ministère des Affaires étrangères, pour décrocher des contrats pour les entreprises privées françaises. Et cela s’apparente à de l’aide au développement ! Cyrille Pierre, le directeur de la FEI, a été accueilli pour ses bons et loyaux services auprès des patrons par la nouvelle équipe Valls en avril 2014. Pour servir les intérêts de la bourgeoisie française, rien ne vaut des hommes d’expérience.

    L’Etat, le bras armé de l’impérialisme

    Ce sont les intérêts de ces grands groupes qui dictent la politique de l’État français en Afrique, comme toute sa politique d’ailleurs. Et ces intérêts nécessitent depuis des décennies que l’armée française intervienne en Afrique. Sans revenir sur les massacres subis par les populations en lutte pour leur indépendance à Madagascar, au Cameroun ou en Algérie, l’armée française n’a pas cessé de provoquer des conflits et des guerres. Elle a été partie prenante de la guerre au Biafra, qui a fait deux millions de morts, des multiples guerres au Congo ex-Zaïre. Elle est intervenue directement au Tchad, au Congo-Brazzaville, au Niger, en Côte d’Ivoire, en Centrafrique à plusieurs reprises, pour défendre un dictateur en place contre des révoltes, ou pour en remplacer un par un autre plus servile. Et parfois les militaires français interviennent directement pour protéger le pillage des richesses par les trusts, comme elle l’a fait pour les sites d’Areva au Niger.

    Les troupes françaises sont présentes sur place comme gendarmes de l’ordre impérialiste. L’objectif principal est de tenter de maintenir une stabilité politique dans la zone d’influence française. Mais c’est l’impérialisme lui-même qui engendre l’instabilité politique et sociale par le pillage et la misère auxquels il soumet le monde entier. C’est la domination impérialiste qui porte la grande responsabilité de la situation de violences et de conflits subie par les populations africaines.

    Au Rwanda, en 1994, les milices et les soldats qui ont assassiné 800 000 personnes en cent jours avaient été formés et armés par la France qui soutenait le régime organisateur du génocide, afin de défendre la position française contre la concurrence d’autres impérialismes. En Centrafrique, en 2012, c’est avec l’accord de la France que les milices de la Séléka ont renversé François Bozizé, jugé trop indépendant. Michel Djotodia, arrivé au pouvoir après ce coup d’État, n’était qu’un dictateur de faible envergure et ces mêmes milices qui l’avaient porté au pouvoir ont continué à mettre le pays à feu et à sang. C’est pour tenter de mettre en place un régime plus apte à défendre ses intérêts que la France est intervenue une nouvelle fois en Centrafrique. Mais cette intervention a favorisé les milices anti-balaka, adversaires de celles de Djotodia, qui massacrent désormais la population musulmane sous les yeux de l’armée française. Hollande fait des discours sur la protection des populations, mais la France est la principale coupable de la situation de misère dans laquelle vit la population centrafricaine et des massacres actuels fomentés par des troupes armées qu’elle a contribué à faire naître.

    Partout en Afrique, la présence de l’armée française engendre le chaos. Chaque intervention militaire engendre de nouveaux conflits, de nouvelles zones de tension, de nouveaux déplacements de populations et de nouveaux massacres. Sans revenir dans le détail sur l’intervention militaire au Mali, il faut rappeler que les groupes armés islamistes qui se sont développés et ont fini par occuper la moitié nord du pays, avaient été largement renforcés par la situation anarchique créée suite au renversement de Kadhafi, en Libye, par une coalition occidentale. Toute la région saharienne s’est retrouvée ébranlée par la présence massive de mercenaires dont les armes proviennent en grande partie de la France. L’intervention au Mali a repoussé les terroristes dans le Sahara. Mais, du coup, les dangers de conflits continuent à exister de la Mauritanie au Tchad en passant par le Niger.

    La domination de l’impérialisme crée le désastre sur toute la planète. Le pillage des richesses naturelles et l’oppression des populations sont poussés à un tel niveau que la population subit à travers tout le continent non seulement la misère, mais aussi des violences issues des bandes armées. Derrière tous ces conflits, derrière le développement des guerres ethniques, derrière les exactions des bandes armées, on trouve les intérêts des trusts du diamant, du pétrole, des minerais divers, ceux des bois tropicaux, etc. Et c’est pour la défense de leurs profits, c’est pour maintenir la domination de l’impérialisme, qu’un continent entier est enfoncé dans la barbarie.

    (Avec Lutte Ouvrière )

  • English:South Africa’s 5th national elections

    English:South Africa’s 5th national elections

    election RSA-The fifth national general election in South Africa was far from mundane. The election was underlined by the significance of the country’s 20th anniversary of its political transition to a democratic dispensation. In many ways several major factors and issues underscored the pre-election period.

    The first important issue to be noted about this election was that this was the first time that the generation born after Mandela took office (or, ‘born frees’) will be voting, seemingly without the political baggage of the past. Much of the attention focused on what would influence and shape the voting attitudes of this cross section of the population who are often referred to as Mandela’s generation. The second and more poignant factor to emerge for this election was that it marked the first real test of President Zuma’s five years in power amid the controversies of corruption scandals, irregular procurement of state resources and four cabinet reshuffles that characterised his administration. The third issue, while linked to the latter point, was closely related to Mandela’s legacy, which the ruling party, the African National Congress (ANC) sought to invoke, in what some commentators interpreted, as a sympathy or loyalty vote following the passing away of the International Statesman in December 2013. Fourth was the pragmatic question of whether opposition parties would be able to consolidate their electoral footprint in the country. The official opposition party, the Democratic Alliance (DA), had pulled out all the stops to garner significant support mainly among African voters. For other smaller opposition parties, the critical issue was whether they could sustain their political relevance by improving their electoral support at the polls. This was definitely aligned to the final issue, which saw the emergence of two new political parties, namely Agang SA and the Economic Freedom Fighters (EFF). While the phenomena of new parties emerging on the eve of elections is not new, the circumstances that led to the rise of these two parties had made the electoral landscape that more intriguing.

    Formed eight months prior to the election, the EFF is led by the former ANC youth league leader, Julius Malema. Ousted from the ruling party for bringing the Party into disrepute, the former youth league head played on the sentiments of the disaffected voter who had felt economically vulnerable and marginalized from state benefits. Effectively the EFF translated such feelings into populist support for itself. Unfortunately for Agang SA, which was formed in early 2012 by Mamphele Ramphele, a former political activist and manager at the World Bank, the razzmatazz of its presence soon dissolved into a spiral of poor timing, internal strife, and a botched merger with the DA.

    The Independent Electoral Commission (IEC) had three voter registration periods that saw a total of 25,381,293 South Africans being registered to vote in this election. Of this 18,402,492 valid votes were cast, constituting a voter turnout of 73.43 per cent. IEC officials noted that they were caught by surprise by the higher voter turnout than in previous years.

    There was never any doubt that the ANC would remain in power for another five years. The more strategic question was what would be the final percentage that would see the ruling party over the finish line. Speculation was rife that the ANC may even dip below the 60 per cent mark. In the months leading to the election the ruling had lost appeal in certain sections of the electorate, especially among the youth and in some lower working class groups. Moreover there were attempts to consolidate the party’s footprint in Gauteng that was becoming a hotly contested province with the DA spending R100 million trying to secure a victory in South Africa’s economic heartland. Through its own internal polling, the ANC noted that it expected to get between 62-64 per cent of the vote, which reflected levels it had obtained in 1994.

    The official results, which were announced by the IEC on 10 May, saw the ANC win the election by 62.15 per cent. While the ANC saw this as a vindication by the electorate still having the confidence in its ability to govern the country, the result demonstrated a waning level of support for the party from the 2009 election where it registered a 65.90 per cent. Though a relative decline of 3.75 per cent, which maybe construed as a negligible drop in support, in absolute numbers, however, this represents hundreds of thousands of lost votes.

    Figure 1: South Africa: 2014 National Election Results

    cc EL

    Source: Independent Electorate Commission: http://www.elections.org.za/resultsNPE2014/

    For the DA, the party broke the 4 million mark in voter support. Increasing their levels of support to 22.23 per cent from 16.66 per cent in 2009, the DA appeared satisfied with its performance, although it missed its projection of 30 per cent by some way. The DA also remained in control of the Western Cape, managing to improve its performance to 59.38 per cent from 51 per cent in 2009. The ANC, on the other hand, which sought to recapture control of the Western Cape, only managed to improve its performance by 1.4 per cent from 2009 where it obtained 31.5 per cent to 32.9 per cent in 2014. The DA made substantial gains in Gauteng registering a 9 per cent increase its electoral footprint to record a 30.8 per cent from 21.8 per cent in 2009.

    Unfortunately for the ANC, Gauteng recorded the largest loss in voter support for the party of over 10 per cent from 64 per cent in 2009 to 53.6 per cent in 2014. Not only has this rattled the party in terms of its identity among voters in the province but it also raised significant issues of whether the party has suffered the consequences of the policies that it endorsed like the controversial e-tolls, notwithstanding social service delivery protests and the issues related to President Zuma’s use of state funds for the upgrade of his homestead in Nkandla, which were seen as undermining the Party’s electoral footprint in the province.

    Figure 2: South Africa: 2009 National Election Results

    cc PZ

    Source: Electoral institute of Southern Africa (EISA): http://www.content.eisa.org.za/old-page/south-africa-2009-national-assembly-election-results

    The biggest winner out of the election was the EFF. Despite its often-unrealistic election promises, the party had done significantly well in securing a 6.35 per cent of the vote. Most analysts predicted between 4 per cent and 6 per cent voter support for the EFF, but it seems that the newly formed party with its signature red beret attire had exceeded expectations. In Gauteng, the ANC was a casualty of the EFF’s popular support, which had garnered 10.3 per cent of the vote. In two provinces, Limpopo and North West, the EFF had unseated Congress of the People (COPE) and the DA respectively to become the official opposition. Overall the Party secured its position as third on the national results list as well as in the majority of the provinces, except in the Kwazulu Natal where it was in fourth position bearing in mind that Kwazulu Natal is an ANC stronghold. The support for the EFF can be interpreted as a ‘protest vote’ against the ANC especially by lower working class constituencies who wanted to demonstrate their frustrations against the ruling party’s inertia and disregard for their interests.

    The other significant trend to emerge from this election was the contraction of smaller political opposition parties. The Congress of the People (COPE), which emerged, as a splinter party from the ANC in 2008 following President Mbeki’s recall was the main casualty of voter dissatisfaction. COPE only managed to garner 0.67 per cent of the vote from what it had obtained in 2009 of 7.4 per cent. At the provincial level as well COPE had lost the confidence of its supporters, especially in the Northern Cape and the Eastern Cape, where the party’s votes decreased from 16.7 per cent and 13.7 per cent in 2009 to 3.6 per cent and 1.2 per cent in 2014 respectively. This loss of over 13 per cent in both provinces is indicative of the party’s implosion due to leadership struggles. It would appear that the DA and EFF had gained as a result of COPE’s poor showing at the polls.

    Another telling feature of the election was the emergence of the National Freedom Party, which broke away from the Inkatha Freedom Party (IFP) before the 2011 municipal elections. With this being its first national election, the Party demonstrated its resolve both nationally and provincially by gaining 1.57 per cent in the national ballot and 7.3 per cent within KwaZulu Natal. The NFP’s support base appears to be constituencies in rural areas and women.

    On aggregate a total of 29 political parties contested the national election with only 13 parties managing to garner enough votes to make it into the National Parliament. The challenge for the smaller political parties is to establish their relevance and identity amongst a discerning electorate, especially in view of the upcoming local government elections that will take place in 2016.

    What is clear from this 5th national election is that there is a realignment of power structures both internal to party structures as well as in the way that the electorate has responded to what were previously perceived as traditional voting constituencies. For all political parties the lessons learnt from this election is to not under-estimate the sophistication of the electorate. But more importantly, the lesson drawn from this election is that voters will use their vote to demonstrate their frustrations against inefficiencies, poor governance, unfilled promises, and lack of service delivery.

    The real challenge for the ruling party in forming its next administration is to be clear that the electorate does understand policies and cannot be hoodwinked. Furthermore, President Zuma’s administration will have to make good on the promises that have been made during the election campaign. Similarly for the DA and the EFF the real issue is how they will consolidate their support into an effective opposition voice in government. In two years time the electorate will be given the chance again to evaluate whether the government and others have lived up to their expectations and delivered on their undertakings. This time the stakes will be much higher as the local government elections in 2016 cannot be about lofty ideals and guarantees. Rather it is about the real bread and butter issues that affect people at the grassroots.

    * BROUGHT TO YOU BY PAMBAZUKA NEWS


  • En RDC, la police se lance dans les autodafés de (faux) téléphones portables

    En RDC, la police se lance dans les autodafés de (faux) téléphones portables

    vente-cell-La police congolaise a brûlé pour l’exemple mardi plusieurs centaines de téléphones portables de contrefaçon en pleine ville de Lubumbashi, dans le sud-est de la République démocratique du Congo, a constaté un journaliste de l’AFP.

    Cet autodafé contemporain a eu lieu devant le palais de justice de Lubumbashi, deuxième ville du pays et capitale de la province du Katanga.

    “Nous avons saisi en tout mille portables” à des commerçants chinois et pakistanais, a déclaré le commandant de police qui dirigeait l’opération.

    Indiquant avoir agi après la plainte d’un revendeur exclusif d’une grande marque sud-coréenne, le commandant a ajouté : “On les brûle pour décourager les commerçants chinois et pakistanais, ou même congolais, de faire entrer des téléphones” contrefaits dans le pays.

    La vindicte policière n’a pas fait que des malheureux. Selon un témoin arrivé sur les lieux du brasier un peu avant le journaliste de l’AFP, les policiers présents se seraient partagés environ 300 appareils avec quelques personnes de passage avant de mettre le feu au reste de la marchandise.

    Joint, par téléphone, le commerçant pakistanais chez qui avait été saisi la moitié du stock confisqué a reconnu qu’il vendait des téléphones contrefaits mais s’est plaint d’avoir tout de même dû payer des droits à la douane pour faire entrer ces appareils qu’il vendait entre 15 et 50 dollars pièce.

    “C’est une grande perte pour moi. Les policiers m’ont aussi pris de vrais téléphones” de marque, a-t-il déploré, sans préciser combien.

    Son amertume était partagée par un passant congolais qui assistait malheureux à l’hécatombe téléphonique. Chez le revendeur agréé (congolais), “il n’y a pas un téléphone à moins de 300 dollars”, a-t-il dit, “on était mieux servi avec ce Pakistanais et ces Chinois”.

  • RDC : la vie des homosexuels entre ombre et lumière

    RDC : la vie des homosexuels entre ombre et lumière

    Un Kinois de 25 ans qui dit avoir découvert son homosexualité pendant son adolescence.
    Un Kinois de 25 ans qui dit avoir découvert son homosexualité pendant son adolescence. © AFP

    Mal dans leur peau ou bien dans leurs baskets, les gays et lesbiennes préfèrent rester discrets en RDC, l’un des rares pays d’Afrique qui ne pénalise pas l’homosexualité.

    Dida, coiffeur ayant pignon sur rue à Kinshasa, dit n’avoir aucun complexe. “Mes propres parents m’ont accepté tel que je suis, les autres, je n’en ai rien à foutre !”, lâche-t-il avec assurance. À l’inverse, Arthur – les prénoms ont été changés -, basketteur de 30 ans qui ressent “beaucoup plus de plaisir avec les hommes”, est tétanisé par la perspective du rejet. “J’ai peur de ce que vont dire ma famille, mes amis, mon entourage. Je ne suis pas bien dans ma peau.”

    En RDC, la loi ne condamne pas l’homosexualité et contrairement à ce qui peut se passer dans des pays à la législation homophobe, le programme gouvernemental de lutte contre le sida prévoit un volet de prévention à destination de la population homosexuelle.

    Pour les associations et ONG humanitaires concernées, qui célèbrent samedi la journée internationale contre l’homophobie, cette implication de l’État, même à échelle réduite, est d’autant plus importante que les homosexuels sont globalement plus exposés que les autres aux relations non protégées, notamment du fait que nombre d’entre eux, rejetés par leur famille, en viennent à se prostituer pour subsister. Mais comme en Afrique du Sud, au Rwanda ou en Côte d’Ivoire, aussi exempts de loi répressive, les homosexuels subissent “des violences verbales, morales et des cas isolés de chantage ainsi que de menaces” forçant beaucoup à vivre “en cachette”, voire à s’exiler, commente un militant surnommé “Justice Walu”.
    “Ces gens-là, c’est Dieu qui les a créés, je ne vois pas un grand problème”, dit Michel, chauffeur de taxi d’une quarantaine d’années, prêt cependant à renier son enfant si celui-ci devait se déclarer homosexuel. Pour de nombreux Congolais, les homosexuels sont des “sorciers” et des “démons”. Persuadés d’être possédés, certains enchaînent les séances de prière, qui renforcent souvent leur sentiment de culpabilité face à leur désir profond. “Je me dis que ce n’est pas de ma faute, mais que c’est incompatible avec la Bible”, déplore Arthur.

    Presque tous les jours dans la cité, ce sont des regards, des insultes, la stigmatisation.

    Les homosexuels se rencontrent via Internet ou dans les bars et boîtes de nuit qui tolèrent leur présence, et où la cohabitation avec les hétérosexuels se passe généralement bien. Les femmes se montrent plus discrètes que les hommes et se livrent moins. Sirius, une journaliste lesbienne de 31 ans, a accepté de se confier : “Presque tous les jours dans la cité, ce sont des regards, des insultes, la stigmatisation.” “Un jour, en 2007, des garçons m’ont encerclée, m’ont dit qu’ils allaient me violer pour me donner le goût des hommes, que quoi que je fasse je restais une femme. Ils m’ont mis des coups pour m’affaiblir et me violer, mais j’ai pu me défendre et courir”, narre-t-elle.

    “Savoir ce que cela fait d’être père”

    Récemment, des militants de la cause homosexuelle se sont inquiétés d’une montée de l’homophobie après le dépôt, en novembre, d’une proposition de loi visant à pénaliser l’homosexualité. Ce projet a entraîné des tribunes de soutien violentes dans la presse. L’examen du texte n’est pas encore prévu au Parlement. Une initiative similaire, en 2010, avait échoué.

     

    “L’homosexualité est un crime car ceux qui ont pris cette option ont décidé d’arrêter la procréation, plaide Robert, un défenseur des droits de l’Homme de 46 ans partisan d’une pénalisation. C’est une menace pour l’humanité.” “Comment peut-on priver quelqu’un de ses propres sentiments?”, rétorque un coiffeur qui se fait appeler Daniella. “Il ne faut pas voter une loi qui (…) pourrait aboutir à des agressions plus violentes”, avertit pour sa part Justice Walu.

    Le climat hostile aidant, des homosexuels prennent une couverture en épousant une personne du sexe opposé mais continuent en secret de fréquenter une personne du même sexe. D’autres s’y refusent et rêvent parfois d’une union avec leur moitié. “Je suis en couple depuis sept ans avec un Hollandais. Nous avons prévu de nous marier en juillet à Saint-Tropez”, dans le sud de la France, confie Dida. “On aimerait adopter. Ça, c’est un dossier que j’aimerais traiter dès le lendemain du mariage.”

    Pierre, chômeur, vit en couple dans un petit appartement. Le mariage ne l’intéresse pas, mais il veut à tout prix avoir des enfants. “Je veux savoir ce que cela fait d’être père. L’amour qu’on porte à un enfant, c’est un amour différent.”

    (AFP)

  • France – RDC : ce qu’est venu chercher Joseph Kabila à Paris

    France – RDC : ce qu’est venu chercher Joseph Kabila à Paris

    Joseph Kabila et François Hollande.
    Joseph Kabila et François Hollande. © Sipa

    Arrivé la veille à Paris, le président congolais, Joseph Kabila, a rencontré mercredi à l’Élysée son homologue français, François Hollande. Au menu des discussions : la crise centrafricaine et la coopération bilatérale. Mais pas seulement…

    Mis à jour le 22/05 à 08h30.

    Rue du Faubourg Saint-Honoré, à Paris, le 20 mai. La présence policière en dit long sur l’hôte qui vient de débarquer au Bristol. Impossible de passer devant l’hôtel sans être interpellé par les agents congolais de la “GR” (Garde républicaine), la sécurité de Joseph Kabila. Visiblement, des dispositions ont été prises pour que le séjour du président congolais se passe sans incidents majeurs, malgré les menaces des mouvements dits “combattants”, ces opposants radicaux de la diaspora, très hostiles au régime de Kinshasa.

    Une fois arrivé à l’hôtel, Joseph Kabila est monté à l’étage. Ministres, conseillers, personnel de l’ambassade de la RDC en France traînent encore dans le hall. Dans l’entourage du chef, l’ambiance est bon enfant. Tous insistent sur le fait qu’il s’agit d’une “invitation de François Hollande”. Celui-là même qui avait tenu des propos virulents contre le pouvoir de Kabila à la veille du Sommet de la Francophonie en octobre 2012 à Kinshasa. “Les choses ont changé : le président français a fini par comprendre que Kabila était différent de celui qu’on lui avait décrit à l’époque”, commente Lambert Mende, le porte-parole du gouvernement congolais, qui fait partie de la délégation.

    “Reconnaissance”

    “Désormais, c’est en partenaires que les deux hommes discutent des enjeux politiques, économiques et sécuritaires de la RDC et de la sous-région”, ajoute un conseiller de Joseph Kabila. Kinshasa a envoyé un bataillon de 850 soldats et 50 policiers en Centrafrique dans le cadre de la Misca. Une présence militaire que Paris souhaiterait voir “renforcée” après le retrait des troupes tchadiennes. “C’est une reconnaissance du véritable poids géostratégique de la RDC et de son rôle en Afrique centrale”, soutient un  diplomate congolais, “satisfait de voir enfin le pays être considéré à sa juste valeur”.

    Sur le plan politique, Joseph Kabila compte davantage mettre en avant les derniers résultats des “concertations nationales” tenues à Kinshasa.

    Mais sur le plan politique, Joseph Kabila comptait davantage mettre en avant les derniers résultats des “concertations nationales” tenues à Kinshasa, lesquelles ont réuni les représentants de la majorité, ceux de la société civile et une frange de l’opposition. Un forum présenté comme un “geste d’ouverture” censé faire oublier un régime qu’on qualifiait hier encore d’”autoritaire” à Paris.

    Priorité aux investissements

    Quid de la candidature de Kabila en 2016 ? “Ce n’est pas à l’ordre du jour”, dit-on dans l’entourage du président congolais. Le sujet dérange. En visite à Kinshasa début mai, John Kerry avait indiqué la position des États-Unis : élections crédibles en 2016, sans Kabila. Une démarche qui n’a pas été appréciée par les proches du président congolais. Ces derniers ne voudraient pas voir la France emprunter la même voie.

    “La priorité est ailleurs”, disent-ils en coeur, soulignant le “recul” des investissements français en RDC. “Paris doit se bouger pour rattrapper les Chinois”, lâche un membre de la délégation congolaise. Joseph Kabila a d’ailleurs pris les devants, en recevant tour à tour des représentants du monde des affaires de l’Hexagone (GDF Suez, Société générale, groupe Bolloré…). Avant de se rendre à l’Élysée pour en parler à son homologue français, au cours d’un entretien qui a duré 50 minutes.

    __________Jeune Afrique___________

    Par Trésor Kibangula