Author: Don Kayembe

  • Tracer les munitions en RDC

    Tracer les munitions en RDC

    Une enquêtrice spécialisée dans les armes et les munitions de petit calibre examine le matériel militaire dans une base reprise aux mains d’une milice, dans le parc national des Virunga, en RDC

    PARC NATIONAL DES VIRUNGA, (IRIN) – Son métier consiste à pister les armes et les munitions de petit calibre dans les zones de conflit en Afrique, et à en déterminer la provenance.

    Chaque cartouche, fusil d’assaut, mortier, roquette ou autre article d’armement militaire qu’elle enregistre constitue une pièce du gigantesque puzzle en cours d’élaboration par l’ONG britannique Conflict Armament Research (CAR), dans le but de cartographier avec précision les flux d’armes de guerre en Afrique.

    L’enquêtrice, qui se déplace au gré des aléas du conflit en République démocratique du Congo (RDC), a souhaité garder l’anonymat. « Idéalement, il est préférable de suivre les affrontements de façon à arriver sur place dès que c’est terminé [pour vérifier le type et la provenance des munitions et des armes de petit calibre] », a-t-elle dit à IRIN.

    La brigade d’intervention de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) bénéficie d’un mandat « musclé » du Conseil de sécurité des Nations Unies pour neutraliser les groupes armés sévissant dans le pays en partenariat avec l’armée nationale (FARDC), et des opérations ciblant toute une série de milices sont en cours.

    « On trouve des munitions soudanaises en RDC. L’essentiel provient du gouvernement de Khartoum. »

    Des éléments des FARDC et de la brigade d’intervention du Malawi se sont récemment emparés de la position des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR, un groupe rebelle rwandais hutu) dans le parc national des Virunga. Deux combattants des FDLR ont été tués, et le reste – une vingtaine d’hommes environ – se seraient dispersés dans la brousse, selon les indications que les FARDC ont données à IRIN.

    Jonglant avec deux téléphones portables, l’enquêtrice multiplie les appels et obtient l’autorisation (ainsi que quelques refus) de certains membres de la hiérarchie militaire des FARDC d’accéder à l’ancien camp de brousse des FLDR, également connu sous le nom de « Kilomètre 9 ».
    « Le mieux est de se rendre sur place et de parler directement avec eux [les FARDC] », dit-elle. « Il faut que nous arrivions avant que les munitions [des FDLR] soient récupérées par les FARDC ».

    Il est impératif de documenter ses découvertes aussi rapidement que possible, sur le terrain. Les groupes armés et les armées régulières partagent le plus souvent les mêmes armes à feu. Après s’être emparé de positions militaires, les vainqueurs se redistribuent généralement les armes et les munitions saisies, et un maillon de la chaîne d’approvisionnement se perd.

    Depuis la route en roche volcanique, rien ne laisse deviner la base qui assurait un revenu aux FDLR grâce au péage de 0,21 dollars US auquel étaient soumis les voyageurs traversant le parc entre Kalangera et Tongo, dans le territoire de Rutshuru (Nord Kivu).

    À la recherche de « marques de culot »

    En s’enfonçant de quelques mètres dans l’épaisseur de la brousse, une clairière dévoile pourtant des traces d’habitation : de la viande de brousse pend aux arbres, et l’odeur qui flotte trahit des problèmes d’assainissement. Il s’y trouve un lit de branchages, au matelas de paille, au-dessus duquel est accroché un poncho en guise de protection contre la pluie – et une caisse de munitions.

    Une à une, l’enquêtrice photographie les marques de culot à la base de chacune des cartouches. Bien qu’il puisse sembler dénué de sens à l’œil non averti, le marquage des munitions est source d’informations pour le spécialiste.

    Les marques de culot d’une cartouche sont imprimées sur le lieu de fabrication, et « on y retrouve le plus souvent le pays d’origine et la date de fabrication », a dit à IRIN le directeur de CAR, James Bevan.

    « Par exemple, le numéro d’identification de la Bulgarie est le 10. Luwero Industries, en Ouganda, utilise du matériel de fabrication chinois et présente donc le même style de police. LI à la position de 12 heures, et les deux chiffres de l’année à la position de 6 heures », a-t-il dit.

    Le code des munitions zimbabwéennes est ZI, tandis qu’au Soudan, certaines portent le code SU ou SUD.

    Les marques de culot comportent d’autres indices évocateurs permettant d’en confirmer l’origine, même s’ils ne suffisent pas à la déterminer, tels que la couleur du joint d’amorce ou la configuration des petites dentelures entourant l’amorce (l’élément de mise à feu à la base de la cartouche).

    « On trouve des munitions soudanaises en RDC. L’essentiel provient du gouvernement de Khartoum. Le M23 [une milice agissant supposément pour le compte du Rwanda voisin] en possédait beaucoup également. Nous essayons de comprendre comment elles sont arrivées jusqu’ici. Elles ne sont pas de très bonne qualité », a dit M. Bevan.

    Fondée en 2011, CAR surveille les mouvements d’armes au Mali, en Somalie, au Soudan et au Soudan du Sud, et a commencé à faire de même en République centrafricaine il y a peu.

    « Il est ressorti [de recherches initiales] que le Soudan approvisionne des forces gouvernementales et non gouvernementales dans toute la région, de l’est à l’ouest de l’Afrique », a dit M. Bevan.

    Le rapport sur les mouvements d’armes en provenance du Soudan devrait être publié en juin 2014. Le même mois, l’ONG lancera une base de données ouverte – baptisée iTrace – au siège des Nations Unies à New York. Il est envisagé que ces informations accessibles au public servent notamment aux autorités nationales de contrôle des exportations d’armes, aux ONG et aux journalistes d’investigation.

    Publié par Small Arms Survey en mai 2014, le rapport intitulé Following the thread : Arms and ammunition tracing in Sudan and South Sudan (Suivre la piste : le traçage des armes et des munitions au Soudan et au Soudan du Sud) a découvert, lors d’une période d’enquête s’étendant d’avril 2011 à juillet 2013, que « les forces de sécurité soudanaises sont la principale source d’approvisionnement en armes des groupes armés non étatiques au Soudan et au Soudan du Sud, par le biais d’une stratégie d’armement délibérée et de prises au champ de bataille ».

    Traité sur les armes

    Le 2 avril 2013, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté le Traité sur le commerce des armes (TCA) visant à réguler le marché des armes conventionnelles, estimé à 70 milliards de dollars US annuels. L’Iran, la Syrie et la Corée du Nord ont voté contre. Un an après l’adoption du traité, 118 États l’avaient signé, et 31 l’avaient ratifié. L’entrée en vigueur du TCA est soumise à sa ratification par 50 pays.

    « On trouve des munitions soudanaises en RDC. L’essentiel provient du gouvernement de Khartoum. »

    CAR recueille aussi bien des données sur l’arsenal des milices que sur celui des forces gouvernementales, étant donné que « le commerce illicite et le commerce licite [d’armes et de munitions] sont liés. Les circuits primaires légaux alimentent le marché illicite », a dit M. Bevan.

    Allison Pytlak, directeur de campagne auprès de l’ONG britannique Control Arms Coalition (CAC), a dit à IRIN que le TAC était dépourvu de « mécanismes de suivi [intégrés] ».

    « Certaines études évaluent le commerce annuel de munitions pour les armes légères et de petit calibre à 4,3 milliards de dollars – plus que le commerce d’armes légères et de petit calibre en lui-même, estimé à 2,68 milliards de dollars », a-t-elle dit.

    Mme Pytlak a ajouté que de nombreux pays étaient opposés aux contrôles portant sur les munitions prévus par le traité, « actuellement appliqués aux exportations uniquement – au motif que c’est trop compliqué à mettre en œuvre et à gérer. […] L’immense majorité des pays qui exportent du matériel militaire pratiquent déjà un contrôle des munitions dans le cadre de leurs systèmes de contrôle des exportations d’armes ».

    CAC prévoit la mise en place d’un système documentaire de surveillance de la mise en application du traité, alimentée par la société civile, comparable à l’Observatoire des mines et des armes à sous-munitions dédié au contrôle de la Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel.

    À Tongo, les soldats des FARDC nettoyaient leurs armes avant les offensives programmées contre les FDLR. Parmi la grande variété d’armes retrouvées sur place se trouve un fusil sans recul, saisi lors de l’assaut d’une position du M23 l’année dernière.

    Une unité des FARDC avait fait main basse sur l’arme : cet exemple illustre la rapidité avec laquelle une arme peut se perdre, dans ces environnements où le matériel passe de mains en mains avec une telle fluidité. Ces informations apportent un élément de réponse, qui permettra par la suite de comprendre comment l’arme a pu transiter par un tel labyrinthe d’acteurs militaires, tant gouvernementaux que non gouvernementaux.

    D’après un rapport publié par CAR en 2012 à la suite d’une enquête portant sur neuf pays – The distribution of iranian ammunition in Africa (La distribution des munitions iraniennes en Afrique) – « Les gouvernements africains sembleraient être les principaux vecteurs de l’approvisionnement en munitions [et armes] iraniennes des marchés illégaux en Afrique – que ce soit du fait de pertes, de vols ou de politiques délibérées d’armement des civils et des forces insurgées ».

    Dans un cas de figure, « il existe une preuve claire d’un approvisionnement direct et illicite de l’Iran à destination du continent », ce qui constitue une violation des sanctions édictées par les Nations Unies en 2007 visant les exportations d’armes iraniennes. « Les transferts de munitions iraniennes contrevenaient aussi aux sanctions des Nations Unies ciblant la Côte d’Ivoire et vraisemblablement aux embargos des Nations Unies frappant la RDC et le Darfour. Il n’y a pas de preuve permettant d’établir une participation directe de l’Iran dans ces violations », explique le rapport.

    « Les marchés d’armes africains évoluent, avec l’apparition de nouveaux fournisseurs et de nouveaux vecteurs d’approvisionnement – aussi bien légaux qu’illégaux. Pourtant, la communauté internationale est freinée dans sa lutte contre la prolifération d’armes illicites, essentiellement du fait d’un manque de capacité de surveillance qui l’empêche de comprendre pleinement les transferts illicites et, partant, de développer des stratégies adaptées de lutte contre la prolifération », souligne le rapport.

    Le traité sur le commerce des armes « est solide s’agissant des contrôles visant les exportations, mais ne s’accompagne d’aucun élément de suivi indépendant à l’heure actuelle. C’est ce que nous [CAR] faisons », a dit M. Bevan.

    go/cb-xq/amz

    [This report does not necessarily reflect the views of the United Nations]

  • 17 MAI 1997-17 MAI 2014 : 17 ANS DEJA !

    17 MAI 1997-17 MAI 2014 : 17 ANS DEJA !

    17 MAI 1997-17 MAI 2014 : 17 ANS DEJA !

    Fête de Libération, fête des Fardc

     fardc–Entré dans l’histoire comme date de Libération au lendemain de la guerre de l’Afdl menée contre la dictature instaurée par le régime monopartiste du Mpr Parti-Etat, le 17 mai – symbole de la Révolution Pardon prônée par Mzee Laurent-Désiré Kabila – est devenu la journée commémorative des Forces Armées de la République Démocratique du Congo, Fardc. Ce 17 mai 2014 a de singulier et de solennel la confirmation de la montée en puissance de l’armée nationale observée principalement avec la victoire incontestée et incontestable des militaires congolais sur les forces négatives à l’origine de l’insécurité à l’Est du pays dont le M.23. Il est vrai que la Brigade d’intervention de la Monusco (Bim) composée de militaires tanzaniens, sud-africains et malawites a contribué à cette victoire. Tout comme il est vrai que la Bim, elle-même, a dû faire confiance aux Fardc pour mener la grande offensive étalée sur sept jours, soit du 25 octobre au 2 novembre 2013. En d’autres mots, sans la bravoure des militaires congolais, la guerre serait encore-là..

     

     

                Le succès était à la fois si évident et mérité que l’arsenal abandonné à Chanzu dans la précipitation par des éléments du M.23 et leurs parrains a convaincu les observateurs de la volonté et de la capacité des forces négatives de mener en territoire congolais une guerre longue, même impopulaire. Heureusement que du côté gouvernemental et de la Monusco, il y a eu aussi la volonté et la capacité de l’écourter et de la liquider.

                Les historiens s’accordent sur ce point précis : depuis l’Indépendance, la victoire des Fardc est la première qui soit conquise au pays même par une armée gouvernementale agissant en esprit d’équipe, sous la conduite de son Commandant suprême en la personne du Président de la République Joseph Kabila Kabange.

                Effectivement, les sécessions du Katanga et du Sud-Kasaï, les rébellions de Stanleyville, du Kwilu et de Bukavu et les guerres du Shaba (I et II) sous la 1ère et la 2ème République avaient connu la participation des forces internationales (Onuc, Belgique, Etats-Unis, France, Maroc etc.). Mais, il n’y avait pas localement une action déterminante dans le chef des forces gouvernementales.

                Aussi, la victoire des Fardc appelle-t-elle à des encouragements, surtout quand on sait qu’elle venue en concrétisation de la recommandation des Concertations nationales, qualifiée à juste titre de “cardinale” par le Chef de l’Etat dans le discours sur l’état de la Nation du 23 octobre 2014, deux jours avant la contre-offensive des Fardc enclenchée en en réaction à l’offensive du M 23.

     

    Pistes politique, diplomatique et militaire

     

                A propos de ces assises, le Président Joseph Kabila a fait allusion à la réflexion des Concertateurs sur “la problématique des groupes armés nationaux et étrangers encore opérationnels sur  notre territoire ” et ” les conséquences néfastes de leur présence sur notre sol, aux plans politique, économique, humanitaire, social, sanitaire et écologique“, cela non sans évaluer tous les “programmes correspondants de désarmement, démobilisation, intégration/réintégration, réinsertion sociale et rapatriement“, allant jusqu’à proposer “des améliorations pour les programmes en cours et à venir “.

                Aussi, a-t-il souscrit à la recommandation imposant aux groupes armés le seul choix raisonnable de déposer les armes et de se rendre aux Fardc, à défaut d’y être contraints par la force. D’autant plus qu’il en va du devenir de la RDC menacée de balkanisation.

                Pour faire face à ce danger réel, le Chef de l’Etat a eu la sagesse de préconiser trois pistes : la politique (dont les Concertations nationales comme dernière initiative en date après le Dialogue intercongolais), la diplomatique (sa présence à toutes les assises où se négocie la paix pour son pays) et la militaire (la réforme des Fardc).

                Cette foi dans les trois pistes est fondée sur la nécessité d’atteindre l’objectif premier de son pouvoir : le développement du pays. ” …pour moi (…) dès lors qu’une partie du territoire national se trouve en péril, c’est toute la République Démocratique du Congo qui est concernée et interpellée. C’est tout son développement qui est hypothéqué. Car, sans paix, sans sécurité, tout effort de développement n’est qu’illusion“, dira-t-il dans son discours sur l’état de la Nation du 15 décembre 2012.

                Cette paix et cette sécurité sont tributaires de l’efficacité de l’armée nationale.

     

    Fardc : armée à la fois en formation et en guerre

     

                Or, l’histoire de l’armée congolaise post-17 mai 1997 renseigne que la Révolution menée par Mzee Laurent-Désiré Kabila se retrouve, à son avènement, avec deux armées elles mêmes composites :

    – d’un côté, les Kadogo venus dans les rangs de l’Afdl. Ils coalisent avec des éléments issus  notamment du Prp (Parti révolutionnaire du peuple), du Cndr (Conseil national de la résistance pour la démocratie), du Mrlz (Mouvement révolutionnaire pour la libération du Zaïre) et de l’Adp (Alliance démocratique des peuples) auxquels s’ajoutent, entre autres, les éléments issus des ex-Gendarmes katangais et du Flnc (Front de libération nationale du Congo),

    – et, de l’autre côté, les ex-Faz (Forces armées zaïroises). Elles sont en pleine décomposition en ce que les éléments évoluant dans la Dsp (Division spéciale présidentielle) et la Gaci (Garde civile) se dispersent dans la nature pendant que d’autres militaires, victimes soit d’ethnotribalisation, soit de politisation, se démobilisent d’eux-mêmes.

                Ainsi se constituent les Forces armées congolaises (Fac) entre le 17 mai 1997 (date d’avènement de l’Afdl) et le 30 juin 2003 (date d’enclenchement de la Transition issue du Dialogue intercongolais).

                Avec la guerre du 2 août 1998, apparaissent les branches armées du Rcd et du Mlc, et plus tard du Rcd/Kml et du Rcd/N. Elles font face, à l’époque, aux vrais patriotes Maï-Maï.

                La guerre de l’Ituri voit surgir, entre 2001 et 2003, les groupes armés Upc, Pusic, Arp, Fipi, Fapc, Flc, Fni, Fpdc et Frpi.

                Viennent plus tard les groupes armés signataires des Actes d’Engagement de Goma conclus en janvier 2008 aux termes de la Conférence sur la Paix, la Sécurité et le Développement au Nord-Kivu et au Sud-Kivu : Cndp, Pareco, Maï-Maï Kasidien, Maï-Maï Kifuafua, Maï-Maï Vurondo, Maï-Maï Mongol, Maï-Maï Ruwenzori, Ujps et Simba.Fin avril-début mai 2012 apparaît le M.23.

                Les événements survenus sur le terrain des opérations militaires au Nord-Kivu avec la défaite du M.23 révèlent l’existence d’une quarantaine de groupes armés nationaux et étrangers dont une trentaine rien que pour la RDC, la dizaine d’autres se répartissant entre l’Ouganda, le Rwanda et le Burundi.   

                Conséquence : les Fardc sont, on peut le dire sans se tromper, la seule armée au monde qui soit à la fois en formation et en guerre; ce qui rend hypothétiques l’unité et l’esprit de corps sans lesquels, cela va de soi, une armée n’a pas d’âme.

                La RDC est probablement, voire certainement l’unique pays au monde à se retrouver avec le défi de constituer sous pression une armée moderne, républicaine et forte à partir d’une fusion d’éléments hétérogènes, disparates et dont certaines sont encore ennemies la veille.

                Dans leur histoire, peu importe qu’elle soit millénaire ou centenaire, des pays membres du G 8 ou du G 20 n’ont jamais eu à faire face à pareil défi.

             La RDC est donc le premier pays membre des Nations Unies, de l’Unité africaine, de la Sadc, de la Ceeac, du Comesa, de la Cepgl et de Cirgl à intégrer dans les Forces gouvernementales autant de branches armées; certaines étant même qualifiées de forces négatives dans des déclarations officielles de ces institutions.

     

    Président de la République et Commandant suprême

     

                Comment alors se comporte le Président Joseph Kabila Kabange face à toutes ces situations qui sont autant de défis à relever ?

                La vérité établie et la réalité admise est que de tous les acteurs politiques congolais majeurs intéressés directement par la question militaire, il est celui qui, depuis l’avènement de l’Afdl en mai 1997, continue de croire dans la capacité de régénération de l’armée nationale même lorsque celle-ci, par moments, semble ne pas rassurer…

                On peut se référer aux réactions qui s’observent autour des rapports des ONGDH et d’innombrables ravages médiatiques de nature à la discréditer. A l’extérieur comme à l’intérieur de la RDC, certains acteurs politiques et certains activistes de la Société civile profitent de la publication de ces rapports pour, en réalité, démobiliser, démotiver les Fardc pourtant en croisade quotidienne pour défendre la Nation et le peuple. Subtilement, ils agissent comme s’ils les incitent à ne pas assumer leurs obligations constitutionnelles en temps de guerre ou en temps de paix.Car, si en temps de guerre, ces obligations consistent, selon l’article 187 de la Constitution, à “défendre l’intégrité du territoire national et les frontières“, en temps de paix, elles consistent à participer “au développement économique, social et culturel ainsi qu’à la protection des personnes et de leurs biens“.

                Il faut préciser que les Fardc sont régies par la Loi n°11/012 du 11 août 2011 portant organisation et fonctionnement  des Forces armées. A son article 9, la loi reconnaît la qualité de Commandant suprême des Forces armées au seul Président de la République. Cet article fixe les prérogatives du Chef de l’Etat dans le fonctionnement de l’armée congolaise. En raison de son mandat acquis du suffrage universel direct du 28 novembre 2011, Joseph Kabila Kabange exerce évidemment cette fonction déterminante.

                En ce jour anniversaire des 17 ans de la Révolution-Pardon, la fête de Libération est aussi la fête des Fardc.

                Le double événement requiert le salut de la Nation.

     

    Omer Nsongo die Lema

    Extrait de l’ouvrage ” Joseph Kabila : précurseur des pistes politique, diplomatique et militaire“

  • Ségolène Royal brise l’unité gouvernementale au nom de sa liberté

    Ségolène Royal brise l’unité gouvernementale au nom de sa liberté

    SEGOLENE ROYAL– Moins de deux mois après sa nomination au ministère de l’Ecologie, Ségolène Royal fait valoir une liberté de parole en contradiction avec la cohésion voulue par Manuel Valls, n’hésitant pas à critiquer ouvertement le tandem de Bercy.

    “Ceux qui veulent me museler se trompent. Oui, je parle. C’est ma liberté et je la garderai quoi qu’il arrive”, affirme la ministre de l’Ecologie dans un article à paraître jeudi dans Paris Match. “Et si j’ai envie de dire autre chose que ce qui est convenu, je le dirai”.

    La numéro trois du gouvernement a assuré mercredi à des journalistes ne pas se souvenir “avoir dit des choses comme cela, si ce n’est sur le ton de la plaisanterie”.

    Elle s’est défendue de toute atteinte à la solidarité gouvernementale, prônée avec fermeté par le Premier ministre Manuel Valls, et a fait valoir son amitié et sa coopération avec “Arnaud et Michel” – Arnaud Montebourg et Michel Sapin qu’elle critique ouvertement dans Paris Match.

    La candidate socialiste à la présidentielle de 2007, qui s’était d’abord astreinte à une relative discrétion après l’élection en 2012 de François Hollande, le père de ses quatre enfants, avait commencé à distiller l’an dernier ses critiques à l’encontre de l’équipe de Jean-Marc Ayrault, à mesure qu’enflaient les rumeurs sur son entrée au gouvernement.

    “BOULES PUANTES”

    Soumise à un strict code de conduite dicté par Manuel Valls après sa nomination à Matignon afin d’en finir avec la cacophonie qui marqua l’ère Ayrault, elle revendique aujourd’hui sa liberté dans son registre “franc-tireur”.

    L’unité mise en avant jusqu’à présent avec un certain succès par Manuel Valls, qui avait plaisanté en avril sur l’opportunité d’un “logiciel anti-couacs”, s’en trouve ébranlée.

    Le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, a rappelé mercredi l’importance de la cohésion gouvernementale en réponse à une question sur la charge de Ségolène Royal.

    “Elle est sacrée parce qu’elle est la condition de la réussite. Il n’y a pas de réussite dans un gouvernement sans la solidarité gouvernementale et sans la cohésion gouvernementale”, a-t-il dit lors du compte rendu du conseil des ministres.

    Dans Paris Match, Ségolène Royal dénonce les “boules puantes”, la “condescendance”, le “mépris”, selon elle, de certains ministres et s’offusque des “procès en incompétence” qui lui seraient faits au sein d’une classe politique “majoritairement composée de machos sûrs de leur bon droit”.

    Elle assure être en “phase politique” avec François Hollande et qualifie de “fluides” ses relations avec le chef de l’Etat.

    “Je fais mon travail. Le reste, je m’en fiche. Je n’ai pas de temps à perdre”, souligne Ségolène Royal. “Je suis à ce poste parce que je suis compétente. Peut-être même la plus compétente”.

    “INSINUATIONS”

    Michel Sapin et Arnaud Montebourg sont dans son viseur.

    Persistant dans son refus d’imposer une “écologie punitive” aux Français sous la forme d’une écotaxe sur les poids lourds, solution défendue notamment par le ministre des Finances et une mission parlementaire, elle accuse ce dernier de duplicité.

    “Michel Sapin a une position institutionnelle qui colle, comme par hasard, à celle de la commission parlementaire présidée par le député Jean-Paul Chanteguet, dont il est le suppléant. Ce qu’il m’avait caché. Il a fallu que je le découvre par hasard”, explique-t-elle.

    “Moi, j’ai une position imaginative, créative. Sur ce dossier, je suis attendue au tournant. Mais j’avancerai. A marche forcée s’il le faut”, prévient-elle.

    Sur Alstom, Ségolène Royal fissure l’unanimisme de l’exécutif français, qui pousse l’offre de reprise de Siemens pour les activités énergie face au projet de General Electric, en plébiscitant la proposition du groupe américain.

    “General Electric est une très bonne opportunité pour Alstom. C’est le meilleur projet industriel. Pourquoi ne pas le dire? Et pourquoi vouloir systématiquement faire fuir les investissements étrangers?”, dit-elle dans Paris Match.

    La ministre a déclaré par la suite aux journalistes qu’elle n’avait pas de préférence entre GE et Siemens.

    “Il y a des discussions entre ministres, des discussions franches, mais nous sommes très solidaires les uns des autres contrairement aux insinuations que tel ou tel article de presse voudrait avancer”, a-t-elle dit à l’issue d’une réunion à l’Elysée sur la transition énergétique.

    “Je ne me laisserai ni dégrader ni ballotter par des déclarations de presse”, a-t-elle lancé, sans toutefois démentir les propos “sortis de leur contexte” qui lui sont prêtés dans Paris Match.

    (Sophie Louet, édité par Yves Clarisse)

    Reuters

  • MUKUNGUBILA LIBERE SOUS CAUTION

    MUKUNGUBILA LIBERE SOUS CAUTION

    mukungubila

     
    Congo-Kinshasa: Joseph Mukungubila brièvement arrêté en Afrique du Sud

    Le pasteur Joseph Mukungubila Mutombo a été arrêté en Afrique du Sud, puis relâché sous caution. En décembre, des hommes qui se revendiquaient comme ses fidèles avaient mené des attaques dans plusieurs villes en RDC.

    Le pasteur, que Kinshasa tient pour responsable de ces actes, était depuis janvier en Afrique du sud. Suite aux attaques de décembre auxquelles son nom était associé, il avait fait une demande d’asile dans le pays où il vit avec sa famille. Selon son avocat, c’est chez lui dans la banlieue sud de Johannesburg qu’il a été interpellé. Après une audience devant le tribunal d’instance de Johannesburg, il a été remis en liberté sous caution.
    Kinshasa attend l’extradition
    Joseph Mukungubila Mutombo a de nouveau rendez-vous avec le juge le 15 juillet. Les autorités congolaises espèrent à terme une extradition du pasteur vers la RDC. Ce qui pourrait permettre de faire la lumière sur les attaques de décembre. Des attaques coordonnées ayant visé Lubumbashi et Kindu, mais aussi la radio-télévision, le ministère de la Défense et l’aéroport à Kinshasa. Selon Lambert Mendé, le porte-parole du gouvernement, il ne fait aucun doute que Joseph Mukungubila est impliqué dans l’affaire :
    « C’est nous qui avons demandé qu’il soit arrêté, c’est nous qui avons signalé qu’il est là-bas. Non seulement il est responsable, mais il a lui-même revendiqué ces événements. C’est le principal auteur, donc s’il est là, je pense que nous aurons une accélération du processus. Les enquêtes conduisent à ce monsieur, donc s’il est extradé cela va booster l’enquête et la procédure. »
    Selon le gouvernement congolais, les violences lors des attaques auraient fait une centaine de morts
    Selon le gouvernement congolais, une centaine de personnes auraient péri dans les violences de décembre, interprétées en RDC comme une tentative de coup d’Etat contre le président Joseph Kabila.
    Plusieurs mois après les faits, certains restent toujours perplexes en ce qui concerne cette affaire et la personnalité même du pasteur. Joseph Mukungubila s’est en effet autoproclamé prophète depuis de nombreuses années. Il était entre autres contre la rébellion du M23, mais il est également hostile au pouvoir de Kinshasa et en particulier au président Joseph Kabila, qu’il accuse d’être d’origine rwandaise.
     
    Par Carole Assignon,
  • Justine Kasa-Vubu : triste fin d’une femme (très) pressée

    Justine Kasa-Vubu : triste fin d’une femme (très) pressée

    Mme Justine Kasa-Vubu, l’ancienne représentante de l’UDPS au Benelux, semblait promue à un bel avenir politique. Pourtant aujourd’hui, elle passe inaperçue malgré son incessante activité. Qu’est-ce qui explique ce passage au désert ? Tentative de réponse.

     

    kasavubu2

    A 63 ans passés, les beaux jours de Justine Kasa-Vubu seraient-ils déjà derrière elle ? Sinon, comment expliquer le mutisme prolongé de cette ancienne passionaria de l’UDPS réputée bruyante. Tout porte à croire que son entrée au gouvernement AFDL en 1997 aurait fait plus de mal que de bien à sa carrière politique.

    Aphone ? L’ex-représentante de l’UDPS au Benelux n’est pas de cet avis. Elle n’est pas d’accord même si une simple référence d’elle qui soit “récente” dans CongoIndependant.com est à trouver à la rubrique “Que sont-ils devenus ? ” laquelle date de 2010. Il n’empêche, au lendemain des Concertations Nationales d’octobre 2013, Le Potentiel s’est vu obligé de lui poser quand même cette embarrassante question : “Depuis douze ans, vous ne vous êtes jamais manifesté, ni n’avez exprimé un point de vue sur la marche du pays. Qu’est-ce qui explique ce silence ? “

    Réponse de l’intéressée: “Je pense que n’aviez pas été attentif aux initiatives que j’ai pu prendre. Il y en a eu pas mal ces dernières années“. Et Mme Kasa-Vubu d’énumérer ces “initiatives” : “des déclarations critiques au sujet de la CENI“, sa participation aux “présidentielles de 2006 “, la “création de sa formation politique“, le Mouvement des Démocrates (MD), etc. Lorsqu’un politique pense être “actif” alors que les media ne le “remarque” pas, c’est que tout simplement celui-ci prêche dans le désert et que personne ne l’écoute. Question : qu’est-ce qui a pu rendre nulle la “visibilité” de cette femme autrefois flamboyante ?

    Des convictions politiques éphémères. Assumer des responsabilités à un haut niveau dans une formation politique d’opposition et passer du jour au lendemain avec armes et bagages dans le camp au pouvoir n’est pas nouveau dans le milieu politique congolais. Cette démarche singulière est plutôt mal perçue par l’opinion en général. Au Congo, elle a un nom :” vagabondage politique“. MM. Ngunz a Karl-i-bond, Birindwa, Fréderic Kibassa Maliba, Marcel Lihau, Ngalula Mpandanjila, Dikonda Lumanyisha, Olivier Kamitatu entre autres, en savent sans doute quelque chose, eux qui y ont laissé leurs plumes.

    imagesCAK1OQ4I

    Aux yeux de beaucoup d’observateurs nationaux, Justine Kasa-Vubu était une “femme de fer“, une femme de conviction et des principes, promue à un bel avenir politique. De manière générale, on s’attend à ce que ceux qui ont des convictions les gardent pour longtemps. Qu’a fait celle qui ne cesse de clamer, en mémoire de son père avoir “un héritage politique à défendre” ?

    Avant l’arrivée de l’AFDL, cette spécialiste de grandes formules jasait: “Après avoir subi un Président-Fondateur [Marechal Mobutu], je ne veux pas d’un Président-Libérateur [Laurent-D. Kabila]”. Mais en seulement quelques semaines, son discours vira à 190 degrés, au point de se dédire lors d’un entretien avec la journaliste belge Colette Braeckman: “Jamais je n’ai vu une dictature combattue avec succès par une lutte non armée“.

    Ce qu’elle démontrait c’était ceci en fait: la stratégie de l’UDPS ne marche pas ; celle qui tient, c’est celle de l’AFDL. Contre l’avis de la direction de son parti (UDPS) et “après une mûre réflexion“, elle entra au gouvernement de LD Kabila où elle obtint le poste de ministre de la Fonction publique. Mais après seulement deux petits mois, elle en fut éjectée pour être nommée cette fois “ministre-résident” à Bruxelles. Là aussi, elle ne dura pas avant d’être évincée. Mais pour qui la connait, Mme Kasa-Vubu n’avait pas dit son dernier mot.

    Plus combative que jamais, elle revint en 2006 pour prendre part aux présidentielles. Pour elle, il était temps de cueillir les fruits de son activisme politique. A ce sujet, c’est au quotidien Le Soir qu’elle déclarait le 14/08/1999 ceci: “J’ai pris beaucoup de risques en acceptant de travailler avec Kabila (…) et ces risques ont été payants en matière de notoriété“. Erreur de calcul ou naïveté ? Pour tout dividende, elle n’y obtint que 0,44% au premier tour, ce que ses ennemis politiques s’empressèrent de considérer comme le “ prix de sa traitrise “. Mais avant cela, toujours égale à elle-même, elle avait eu le temps de régler ses comptes avec L.D. Kabila dans un livre vindicatif titré “Douze mois chez Kabila” dans lequel l’ancienne ministre décrit le président LD Kabila comme un “maquisard” !

    Avait-elle eu le temps de tirer leçon de ses “errements” ? Tout récemment, après une longue disparition de la scène politique, on l’a revu aux Concertations Nationales. Et la journaliste belge Marie-France Cros de La Libre Belgique de lui reprocher ses reniements à l’émission “Le Bar de L’Europe” le 14/01/2014 en ces termes: “Vous aviez dit que vous n’y participeriez que si on parlait des élections frauduleuses de 2011. On n’a pratiquement pas parlé de ces élections frauduleuses“. Une fois de plus elle a démontré que ses propres convictions n’étaient qu’éphémères.

    Son bref passage aux affaires a laissé un bilan mitigé. Deux mois au ministère de la Fonction Publique, quelques mois à l’ambassade de la RDC à Bruxelles : voilà le parcours de Justine Kasa-Vubu au gouvernement. Qu’en retenir ? Dans un article intitulé “les aventures de Justine au Congo“, Collette Braeckman écrivait en mars 1998 qu’il existait “Un malaise à l’Ambassade de Bruxelles où l’on reprochait à l’ambassadeur d’avoir pris pour conseiller personnel son époux (…), et de ne pas régler les traitements du personnel engagé précédemment“.

    SONY DSC

    A ces accusations, Mme Kasa-Vubu répondit sans tenir sa langue dans la poche: ” Outre qu’il [son mari] était compétent, j’ai préféré le choisir lui, plutôt qu’un autre, car je savais qu’on allait m’accuser de coucher avec mon conseiller. (…) J’avais droit à un cabinet. En n’engageant que mon mari, j’ai fait faire des économies à l’Etat”.

    Avec son ministre de tutelle de l’époque (Bizima Karaha), les rapports étaient tendus. A ce sujet le Soir écrit que “se méfiant du titulaire des Affaires Etrangères, Bizima Karaha, Mme Kasa-Vubu soupçonnait des complots contre sa personne et refusa d’accréditer quatre nouveaux diplomates qui lui avaient été envoyés depuis Kinshasa mais qu’elle considérait comme des espions“. Quant au ministère de la Fonction Publique, “elle fut submergée par une tâche débordante“.

    Quelques mois aux affaires, c’est très peu pour se faire une idée plus globale d’une politicienne de la trempe de Justine Kasa-Vubu. Il n’empêche, en relisant la presse belge de l’époque, il n’y est fait mention que de “conflits” avec LD Kabila, “heurts et malentendus” avec M. Bizima Karaha, ministre des Affaires étrangères, “soupçons et états d’âme” à Bruxelles. En peu de mots, il ne serait pas exagéré de dire que son bilan est plutôt mitigé. Une fois à la gestion des affaires du pays, celle qui clame “je veux que mon pays avance“, l’a-t-elle un tant soit peu  fait avancer?

    Ses revirements politiques et ses conflits familiaux ont désorienté sa base électorale. Au lendemain de sa sortie du gouvernement, Justine Kasa-Vubu déclarait “s’être rendu compte qu’une partie de la population trouvait substance en ma personne, en ma sensibilité différente en tant que femme“. Ce constat était-il basé sur la réalité du terrain ou le fait des rapports flatteurs lui transmis par des collaborateurs très zélés ? Toujours est-il que ses résultats plus qu’humiliants aux présidentiels (0,44%) lui rappelèrent ce qu’elle était devenue : une naine politique.

    Et pourtant, il faut se rendre à Singini, à Boma et dans le Mayombe, au Bas-Congo, pour voir à quel point les autochtones révèrent l’ancien président Kasa-Vubu. C’était un électorat qui voyait en Justine Kasa-Vubu une “héritière” politique de son père. Mais son revirement qui l’amena à quitter l’UDPS pour l’AFDL, au lieu de servir de catalyseur, l’a plutôt plantée. Mais il n’y a pas que cela.

    Le “feuilleton des deux filles Kasa-Vubu” [Justine et son ainée Marie-Rose], ont fait le choux gras de la presse au Bas-Congo depuis 2010. Selon le journal matadien “La Cité“, ces deux sœurs sont en conflit au sujet d’une parcelle située dans la commune Kasa-Vubu à Kinshasa léguée à Marie-Rose par leur père. Le vieux journaliste Ntula écrit que “Justine s’est installée dans la maison et en a fait le siège de son parti politique (MD) sans titre légal“, ce qui a déplu à l’héritière et déclenché une querelle entre les deux. L’affaire fut portée devant la justice qui exigea le déguerpissement de Justine Kasa-Vubu. Mais comme dans un feuilleton digne du film “Dallas” avec la famille Ewing, l’affaire se développa d’épisode en épisode.

    imagesCA4ZKLOB

    Le Potentiel du 08/05/2010 titrait : “Le Tribunal de Boma condamne Justine Mpoyo Kasa-Vubu à 14 mois de servitude pénale principale“. La raison ? “Destruction méchante des photos de famille qui ornaient la maison du feu Kasa-Vubu à Boma“. Il était reproché à l’ex-porte-parole de l’UDPS d’avoir “déchiré systématiquement toutes les photos où sa grande sœur Marie-Rose avait posé avec Joseph Kasa-Vubu“, images considérées comme un patrimoine national. Cette affaire souleva un tollé dans les media locaux qui prirent le parti de Marie-Rose Kasa-Vubu. Même La Cité, journal d’habitude équilibré, s’en est pris à Justine Kasa-Vubu “qui fait de la politique-fiction sans une base réelle“. Qui peut prétendre que toutes ces affaires l’ont grandie ?

    Il est dommage qu’à l’âge où elle devrait faire parler d’elle et faire parler son expérience, cette femme pourtant douée apparait aux yeux de nombreux congolais comme une “has been“, comme une femme du passé, qui n’a plus rien à offrir. Son impatience lui aurait-t-elle joué des mauvais tours ?

    Par Emmanuel Ngeleka

  • Conflit autour du pétrole : L’orage gronde de nouveau entre Kinshasa et Luanda !

    Conflit autour du pétrole : L’orage gronde de nouveau entre Kinshasa et Luanda !


    Après une accalmie relativement longue, une nouvelle crise menace d’éclater entre la Rdc et son voisin l’Angola. En cause : l’exploitation unilatérale du pétrole continental dans les blocs 14 et 15 par le pays de Dos Santos au détriment de notre pays.

    Cela fait un peu plus de 3 décennies que la Rdc subit le diktat angolais sur son territoire maritime. Evaluée par des Experts internationaux, la perte subie par la Rdc est énorme. Un véritable scandale!
    En effet, en 2003, les réserves des deux blocs étaient estimées à 4,3 millions de barils. S’étant investie dans l’exploitation unilatérale de l’or noir, Luanda produit à ce jour près de 2 millions de barils le jour. Conséquence : l’Angola rivalise aujourd’hui avec le Nigeria, premier pays producteur du pétrole en Afrique.
    Normal donc que l’Angola devienne le nouvel eldorado de l’Afrique centrale. Que le pays soit en ce moment classé parmi les pays émergents et qu’il devienne une véritable puissance régionale d’abord, puis continentale qui se révèle incontournable dans la géostratégie régionale de l’Afrique centrale.
     
    Ras-le-bol
     
    Durant la législature 2006-2011, la Rdc avait exercé une pression sans précédent sur l’Angola dans le but de rentrer dans ses droits. Le pays de Joseph Kabila a poussé le bouchon jusqu’à porter l’affaire devant l’arbitrage international de l’Onu.
     
    Mais voici des années que ce processus d’arbitrage piétine.
    La Rdc a décidé de revenir à la cher et de manière beaucoup plus déterminée.
     
    Et pour marquer sa détermination, notre gouvernement vient de rejeter la proposition d’un arrangement à l’amiable proposée par la Commission spécialisée de l’Onu. La pression congolaise est très forte.
     
    Les crocs de Hollande
     
    Saisissant la balle au bond, le Président français, avancent des sources crédibles, a décidé de s’interposer entre les deux protagonistes, de sorte que la situation ne dégénère pas. C’est à ce titre, apprend-on, que s’est effectuée la dernière visite d’Etat de Dos Santos à Paris.
     
     
    Il est prévu un déplacement imminent, de Joseph Kabila à Paris, avant un tête- à-tête entre les deux Chefs d’Etat africains.
    La médiation de Paris est venue à point nommé pour autant que l’Angola vient d’introduire une demande téméraire et vexatoire à l’Onu. Luanda réclame l’extension de sa zone d’exploitation jusqu’à 3770 km à l’intérieur des eaux territoriales congolaises.
    LP

  • Lettre ouverte n°3 au combattant de la Diaspora,

    Lettre ouverte n°3 au combattant de la Diaspora,

    Reactions apres elections: Etienne Tshisekedi et Evariste Boshab sur RFI et les combattants de Paris-Lettre ouverte n°3 au combattant de la Diaspora,

    Inspire-toi des Mwamba, Makila, Tshisekedi fils, Mvuemba, Olenghankoy, Lumbala…

     A un moment ou à un autre de leur existence, bon nombre d’acteurs politiques aujourd’hui de premier plan au pays ont vécu en exil. Certains avaient combattu le maréchal Mobutu, d’autres Mzee Laurent-Désiré Kabila, d’autres encore Joseph Kabila Kabange. Ils le faisaient en organisant diverses manifestations publiques. Ayant un sens d’Etat aiguisé, ils ne s’attaquaient ni aux ambassades ni aux succursales des entreprises publiques quand bien même, au cours de leurs manifs, ils en venaient à brûler un drapeau ou une coupure de la monnaie. Revenus au pays après des décennies d’exil au cours desquelles ils ont parfait leur instruction, bardés de titres académiques de grandes universités du monde, ils évoluent maintenant dans des institutions de la République. Tu t’en es d’ailleurs rendu compte : aucun de ces acteurs politiques ne te félicite de ta dernière sortie de “casseur”. Preuve, si besoin est, que personne ne se reconnaît en toi…

     Combattant de la Diaspora,

                 Dans les deux premières lettres, je t’ai malmené pour la raison donnée dans la dernière : ” te secouer (…) pour que tombent de ton esprit et de ton corps les écailles de la rancune et de la rancoeur trop longtemps cumulées. Une frustration née de ton refus de reconnaître ta propre responsabilité dans le ratage retentissant qu’est ta vie“.

                Je t’ai rappelé que ” Tu crois te défouler en cherchant des bouc-émissaires“. Je suppose que tu as réalisé le sens de l’allégorie au sport quand j’ai écrit : “Avec ta masse musculaire, tu es censé savoir que la force ne réside pas dans l’intensité. Elle loge dans la direction. En sport, il n’y a rien de pire qu’un coup lancé dans le vide. En boxe, un uppercut raté est une catastrophe. En football, manquer un tir fumant en est une aussi“. Et tu auras compris l’allusion faite à la politique lorsque je note à ton attention : “Or, en politique, rater son coup, c’est la pire des choses qui puissent arriver“.

                Il va alors falloir que tu reviennes à ton premier métier – si seulement tu as eu le temps d’en avoir un – ou en apprendre un d’autant plus qu’il n’est jamais trop tard pour ce faire.

     Combattant de la Diaspora,

                 Je te le dis d’emblée pour que tu saches et comprenne combien le média est un couteau à double tranchants. Surtout le Net, le plus risqué de tous. Tous les spécialistes le reconnaissent en ce que le Net permet à tout le monde de s’exprimer librement. Chacun peut créer son journal, sa radio, sa télévision en ligne.

                Tu imagines ce qui arrive lorsque le média appartient à “tricheur” qui s’organise de façon à ne pas se faire voir ni connaître de l’opinion. Genre Mr X.

                Je prends un exemple concret : de ton point de départ (Porte de Saint Cloud) à l’ambassade de la RDC où tu t’es livré à la destruction des installations, c’est ton visage qui apparaît, et non celui du preneur d’images (cameraman) et la personne qui ânonne la phrase “Makambo eza koleka na Brazzaville boza kokipe yango te” !

                En d’autres termes, le preneur d’images (à supposer qu’il soit en même temps cette personne) restera peinard. Il pourra circuler librement partout, rentrer au pays et en repartir sans être pour le moins du monde inquiété…

                Par contre, toi le casseur, tu es fiché parce que tu t’es exposé.

                En plus, le générique de la vidéo porte la mention “saut musclé” alors qu’il est question d’ “assaut musclé“. C’est pour dire que même au niveau de l’utilisation de la langue française, il y a problème dans le chef du réalisateur du reportage voulu de choc.

                Comment penses-tu t’attirer le soutien des Français, même des Skinheads dont tu te veux le type… K ?   

     Combattant de la Diaspora,

                 Il n’est pas exclu que tu sois victime de l’action M.I.D. (Manipulation pour Intoxication par Désinformation) maniée avec une dextérité inouïe par certains acteurs politiques dont ceux à l’origine de ton exil dans les années 1990. L’un d’eux s’amuse, de temps à autre, à tourner en dérision les “5 Chantiers”. Il reproduit des photos de mansardes et de rues sous eaux de pluie, d’écoles en chaume avec des enfants assis à même l’école, de centres médicaux aux murs lézardés etc. : des situations dont certaines remontent aux années 1990.

                Mais, jamais, mais alors jamais il ne présente une seule photo de route, d’école ou d’ hôpital modernisé sous Joseph Kabila. Jamais, mais alors jamais il ne présente la photo d’une station de production d’eau et d’une centrale hydroélectrique soit en construction, soit en réhabilitation sous Joseph Kabila.

                Cet acteur politique – exilé lui même par ironie du sort – sait que son pouvoir auquel il avait appartenu avait une presque trente ans d’existence dont près de 25 ans sans un cycle de guerres répétées, à la différence de la décennies de Joseph Kabila marquée par des rébellions et des agressions.

                Tout esprit honnête en viendrait à se demander ce que serait devenu le Congo si, au cours de cette décennie, l’effort était plus porté sur la reconstruction que la pacification. Combien alors de kilomètres de routes, combien de bâtiments d’enseignement, combien de bâtiments de santé n’aurait-on pas réalisé au profit des populations congolaises ?

     Combattant de la Diaspora,

                 Ce dont je ne te pardonne pas, c’est que tu te laisses prendre au jeu de négation auquel t’a convié ce politicien-là, simplement parce qu’à son instar, tu ne veux pas voir les conditions sociales de tes compatriotes restés au pays s’améliorer un tant soit peu !

                Ainsi, tu ne veux pas apprendre, par exemple, que de gros travaux de modernisation s’effectuent à l’aéroport de Ndjili, que le boulevard Lumumba est désormais sur huit bandes du croisement avec le boulevard Sendwe à cet aéroport, que les Fardc sont en train de mater les groupes armés congolais et étrangers, que le franc congolais est stable depuis plusieurs années, que quelque chose de positif est en train de se produire dans ton pays.

                Tu es plutôt content d’apprendre que tout y va de mal en pis alors qu’en réalité, l’environnement s’améliore progressivement, même si pas au rythme souhaité par la majorité de la population congolaise.

            Combattant de la Diaspora,

                 Tu n’es pas obligé d’y croire. D’ailleurs, pourquoi le croirais-tu du moment que tes rares cousines et tes rares neveux à croire encore en toi continuent de te dire et de chanter  ” Le pays va mal !“, non pas parce qu’il en est réellement ainsi, mais parce que, en candidats invétérés d’exil, ils espèrent de toi une “prise en charge”…

                Il n’est pas exclu que tu aies appris que chaque jour, des Congolais assiègent les ambassades principalement des pays occidentaux pour quitter le territoire national au motif que rien de bon de s’y produit. A l’argument de la paupérisation, ils ajoutent celui des  violations des droits humains consécutives ou non au cycle des guerres. Les médias occidentaux qui couvrent la RDC s’en donnent du reste à coeur joie, laissant par moments l’impression que si ce pays n’est pas dans le sommaire des infos, c’est la chute garantie dans l’audimat ou le lectorat.

                Seulement voilà : au même moment – comme par le principe de vases communicants – l’espace vidé est vite rempli par des Ouestafricains, des Indiens, des Pakistanais, des Malaisiens, des Chinois et même des Soudanais, des Somaliens, des Centrafricains, des  Rwandais, des Ougandais, des Burundais, des Kenyans etc. Au final, quand nous aurons 35 millions de Congolais partis à l’étranger, nous auront 35 millions d’étrangers à s’installer au pays !

                T’arrive-t-il de réfléchir à cette étrangéité ?

                Je me permets d’en douter.

                Raison pour laquelle je te recommande le proverbe Kongo “vutuka vana wavidila nzila“. Traduit en français, cela donne : “Retrouve l’endroit à partir duquel tu as perdu le chemin “.

                C’est de cette façon, mais alors de cette façon-là seulement que tu vas le découvrir et  l’emprunter avec assurance…

     

    Omer Nsongo die Lema 

  • Bousculade meurtrière à Kinshasa : les versions s’opposent

    Bousculade meurtrière à Kinshasa : les versions s’opposent

     

    Un match de foot à Kinshasa, en 2013.
    Un match de foot à Kinshasa, en 2013. © AFP

    Le dimanche 11 mai à Kinshasa, 15 personnes ont perdu la vie après un mouvement de foule à l’issue du match AS Vita Club-TP Mazembe (0-1). Une enquête est en cours pour déterminer les raisons de ce drame, mais certains témoins évoquent une bavure policière.

    La Confédération Africaine de Football (CAF) est bonne fille. Quelques jours après le drame qui a causé la mort à quinze personnes et entraîné des blessures à vingt-et-une autres, elle a autorisé la tenue du match de Ligue des Champions (1ère journée) entre l’AS Vita Club et Zamalek Le Caire, le dimanche 18 mai, au stade Tata Raphaël de Kinshasa, alors que les Égyptiens avaient demandé sa délocalisation. Mais la rencontre se déroulera devant un public restreint, puisque 5000 supporters, qui devront avoir été préalablement identifiés par l’AS Vita Club, auront le droit de pénétrer dans la vétuste enceinte kinoise. Un important dispositif de sécurité sera par ailleurs déployé dans le stade, mais également aux alentours.

    Mais depuis le drame du 11 mai, de nombreuses questions se posent, obligeant le gouvernement congolais à diligenter une enquête. Le nombre de spectateurs présents ce jour-là était bien supérieur à la capacité officielle du stade. “Je pense qu’ils étaient au moins 50 000”, souligne Florent Ibenge, l’entraîneur de l’AS Vita Club. “Il n’y avait aucune tension sur le terrain, ni même à l’encontre des supporters de Mazembe. D’après les témoignages que nous avons eus, car nous étions dans les vestiaires, des supporters ont commencé à jeter des projectiles sur  les forces de l’ordre, lesquelles ont répliqué en envoyant des grenades lacrymogènes.” Une version confirmée par Constant Omari, le président de la Fédération Congolaise. “Quatre lacrymogènes ont été tirés, des personnes se sont dirigées vers une porte qui était fermée, et toutes les victimes sont mortes piétinées ou étouffées.”

    “Bavure” policière ?

    Toujours selon le président de la Fécofa, “la police n’a pas fait un usage de la force démesuré. Ces incidents auraient éclaté parce que des supporters avaient compris que l’AS Vita Club venait de perdre ses chances de disputer la Ligue des champions en 2015. Il y avait de la tension sportive avec l’enjeu du match, mais de façon générale, les supporters de Vita Club ne sont pas violents. Il n’y a pas de culture du hooliganisme en RDC.”

    Pourtant, d’autres sources, qui ont exigé l’anonymat, livrent une version moins policée que celle des autorités politiques congolaises.

    “Les policiers ont fait usage des lacrymogènes, et quand les supporters ont pris la direction d’une sortie, les forces de l’ordre les attendaient pour les empêcher de quitter le stade, ce qui a ajouté à la panique”, explique l’une d’elles, quand une autre parle carrément de “bavure”. On sait que les lacrymogènes provoquent souvent des mouvements de panique, et dans un stade vétuste, les risques sont grands. Dimanche, il n’y avait qu’une porte de sortie ouverte. C’est une grave défaillance… ” Et accessoirement une très mauvaise publicité pour un pays candidat à l’organisation de la CAN 2019 ou 2021…

  • Pasteur Mukungubila, instigateur présumé des attaques du 30 décembre, arrêté en Afrique du Sud

    Pasteur Mukungubila, instigateur présumé des attaques du 30 décembre, arrêté en Afrique du Sud

    Mukungubila-Selon des sources proches de son bureau à Paris, le pasteur Paul-Joseph Mukungubila, accusé par Kinshasa d’avoir fomenté les attaques du 30 décembre dans la capitale congolaise et dans les deux autres villes du pays, a été arrêté “jeudi très tôt matin” par la police sud-africaine à Johannesburg.”C’est un enlèvement”, dénonce Cédar Nziamboudi, membre du bureau du Paul-Joseph Mukungubila à Paris. “Le pasteur vient d’être arrêté ce matin [15 mai] vers 6 heures à son domicile de Johannesburg par l’Interpol et des éléments de la police sud-africaine”, a-t-il expliqué à Jeune Afrique, soulignant que c’est “sur demande des autorités congolaises”.

    Kinshasa ne confirme pas l’arrestation

    Contacté, Kinshasa dit ne “pas être encore au courant de l’arrestation”, mais confirme qu’”un mandat d’arrêt international était bien lancé contre le pasteur Paul-Joseph Mukungubila” après les attaques du 30 décembre dans plusieurs sites stratégiques à Kinshasa, Kindu (est) et Lubumbashi (sud).

    Ce jour-là, des personnes qui se présentaient comme des adeptes du “prophète du Ministère de la Restauration à partir de l’Afrique noire”, avaient lancé des assauts notamment à la radio-télévision nationale et à l’aéroport de N’Djili à Kinshasa. La riposte de l’armée fut sanglante : plus de 100 morts en une journée !

    Depuis, la police congolaise a déjà arrêté plusieurs partisans du pasteur à travers le pays. Douze autres proches de Paul-Joseph Mukungubila, dont six de ses huit femmes, sont toujours en détention depuis mi-janvier à Lusaka où ils s’étaient enfuis. Recherché, le “prophète de l’Éternel”, lui, avait pu quitter le pays pour se réfugier en Afrique du Sud.

    ________Jeune Afrique____________

    Par Trésor Kibangula