Author: Don Kayembe

  • Justine Kasa-Vubu : triste fin d’une femme (très) pressée

    Justine Kasa-Vubu : triste fin d’une femme (très) pressée

    Mme Justine Kasa-Vubu, l’ancienne représentante de l’UDPS au Benelux, semblait promue à un bel avenir politique. Pourtant aujourd’hui, elle passe inaperçue malgré son incessante activité. Qu’est-ce qui explique ce passage au désert ? Tentative de réponse.

     

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    A 63 ans passés, les beaux jours de Justine Kasa-Vubu seraient-ils déjà derrière elle ? Sinon, comment expliquer le mutisme prolongé de cette ancienne passionaria de l’UDPS réputée bruyante. Tout porte à croire que son entrée au gouvernement AFDL en 1997 aurait fait plus de mal que de bien à sa carrière politique.

    Aphone ? L’ex-représentante de l’UDPS au Benelux n’est pas de cet avis. Elle n’est pas d’accord même si une simple référence d’elle qui soit “récente” dans CongoIndependant.com est à trouver à la rubrique “Que sont-ils devenus ? ” laquelle date de 2010. Il n’empêche, au lendemain des Concertations Nationales d’octobre 2013, Le Potentiel s’est vu obligé de lui poser quand même cette embarrassante question : “Depuis douze ans, vous ne vous êtes jamais manifesté, ni n’avez exprimé un point de vue sur la marche du pays. Qu’est-ce qui explique ce silence ?

    Réponse de l’intéressée: “Je pense que n’aviez pas été attentif aux initiatives que j’ai pu prendre. Il y en a eu pas mal ces dernières années“. Et Mme Kasa-Vubu d’énumérer ces “initiatives” : “des déclarations critiques au sujet de la CENI“, sa participation aux “présidentielles de 2006 “, la “création de sa formation politique“, le Mouvement des Démocrates (MD), etc. Lorsqu’un politique pense être “actif” alors que les media ne le “remarque” pas, c’est que tout simplement celui-ci prêche dans le désert et que personne ne l’écoute. Question : qu’est-ce qui a pu rendre nulle la “visibilité” de cette femme autrefois flamboyante ?

    Des convictions politiques éphémères. Assumer des responsabilités à un haut niveau dans une formation politique d’opposition et passer du jour au lendemain avec armes et bagages dans le camp au pouvoir n’est pas nouveau dans le milieu politique congolais. Cette démarche singulière est plutôt mal perçue par l’opinion en général. Au Congo, elle a un nom :” vagabondage politique“. MM. Ngunz a Karl-i-bond, Birindwa, Fréderic Kibassa Maliba, Marcel Lihau, Ngalula Mpandanjila, Dikonda Lumanyisha, Olivier Kamitatu entre autres, en savent sans doute quelque chose, eux qui y ont laissé leurs plumes.

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    Aux yeux de beaucoup d’observateurs nationaux, Justine Kasa-Vubu était une “femme de fer“, une femme de conviction et des principes, promue à un bel avenir politique. De manière générale, on s’attend à ce que ceux qui ont des convictions les gardent pour longtemps. Qu’a fait celle qui ne cesse de clamer, en mémoire de son père avoir “un héritage politique à défendre” ?

    Avant l’arrivée de l’AFDL, cette spécialiste de grandes formules jasait: “Après avoir subi un Président-Fondateur [Marechal Mobutu], je ne veux pas d’un Président-Libérateur [Laurent-D. Kabila]”. Mais en seulement quelques semaines, son discours vira à 190 degrés, au point de se dédire lors d’un entretien avec la journaliste belge Colette Braeckman: “Jamais je n’ai vu une dictature combattue avec succès par une lutte non armée“.

    Ce qu’elle démontrait c’était ceci en fait: la stratégie de l’UDPS ne marche pas ; celle qui tient, c’est celle de l’AFDL. Contre l’avis de la direction de son parti (UDPS) et “après une mûre réflexion“, elle entra au gouvernement de LD Kabila où elle obtint le poste de ministre de la Fonction publique. Mais après seulement deux petits mois, elle en fut éjectée pour être nommée cette fois “ministre-résident” à Bruxelles. Là aussi, elle ne dura pas avant d’être évincée. Mais pour qui la connait, Mme Kasa-Vubu n’avait pas dit son dernier mot.

    Plus combative que jamais, elle revint en 2006 pour prendre part aux présidentielles. Pour elle, il était temps de cueillir les fruits de son activisme politique. A ce sujet, c’est au quotidien Le Soir qu’elle déclarait le 14/08/1999 ceci: “J’ai pris beaucoup de risques en acceptant de travailler avec Kabila (…) et ces risques ont été payants en matière de notoriété“. Erreur de calcul ou naïveté ? Pour tout dividende, elle n’y obtint que 0,44% au premier tour, ce que ses ennemis politiques s’empressèrent de considérer comme le “ prix de sa traitrise “. Mais avant cela, toujours égale à elle-même, elle avait eu le temps de régler ses comptes avec L.D. Kabila dans un livre vindicatif titré “Douze mois chez Kabila” dans lequel l’ancienne ministre décrit le président LD Kabila comme un “maquisard” !

    Avait-elle eu le temps de tirer leçon de ses “errements” ? Tout récemment, après une longue disparition de la scène politique, on l’a revu aux Concertations Nationales. Et la journaliste belge Marie-France Cros de La Libre Belgique de lui reprocher ses reniements à l’émission “Le Bar de L’Europe” le 14/01/2014 en ces termes: “Vous aviez dit que vous n’y participeriez que si on parlait des élections frauduleuses de 2011. On n’a pratiquement pas parlé de ces élections frauduleuses“. Une fois de plus elle a démontré que ses propres convictions n’étaient qu’éphémères.

    Son bref passage aux affaires a laissé un bilan mitigé. Deux mois au ministère de la Fonction Publique, quelques mois à l’ambassade de la RDC à Bruxelles : voilà le parcours de Justine Kasa-Vubu au gouvernement. Qu’en retenir ? Dans un article intitulé “les aventures de Justine au Congo“, Collette Braeckman écrivait en mars 1998 qu’il existait “Un malaise à l’Ambassade de Bruxelles où l’on reprochait à l’ambassadeur d’avoir pris pour conseiller personnel son époux (…), et de ne pas régler les traitements du personnel engagé précédemment“.

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    A ces accusations, Mme Kasa-Vubu répondit sans tenir sa langue dans la poche: ” Outre qu’il [son mari] était compétent, j’ai préféré le choisir lui, plutôt qu’un autre, car je savais qu’on allait m’accuser de coucher avec mon conseiller. (…) J’avais droit à un cabinet. En n’engageant que mon mari, j’ai fait faire des économies à l’Etat”.

    Avec son ministre de tutelle de l’époque (Bizima Karaha), les rapports étaient tendus. A ce sujet le Soir écrit que “se méfiant du titulaire des Affaires Etrangères, Bizima Karaha, Mme Kasa-Vubu soupçonnait des complots contre sa personne et refusa d’accréditer quatre nouveaux diplomates qui lui avaient été envoyés depuis Kinshasa mais qu’elle considérait comme des espions“. Quant au ministère de la Fonction Publique, “elle fut submergée par une tâche débordante“.

    Quelques mois aux affaires, c’est très peu pour se faire une idée plus globale d’une politicienne de la trempe de Justine Kasa-Vubu. Il n’empêche, en relisant la presse belge de l’époque, il n’y est fait mention que de “conflits” avec LD Kabila, “heurts et malentendus” avec M. Bizima Karaha, ministre des Affaires étrangères, “soupçons et états d’âme” à Bruxelles. En peu de mots, il ne serait pas exagéré de dire que son bilan est plutôt mitigé. Une fois à la gestion des affaires du pays, celle qui clame “je veux que mon pays avance“, l’a-t-elle un tant soit peu  fait avancer?

    Ses revirements politiques et ses conflits familiaux ont désorienté sa base électorale. Au lendemain de sa sortie du gouvernement, Justine Kasa-Vubu déclarait “s’être rendu compte qu’une partie de la population trouvait substance en ma personne, en ma sensibilité différente en tant que femme“. Ce constat était-il basé sur la réalité du terrain ou le fait des rapports flatteurs lui transmis par des collaborateurs très zélés ? Toujours est-il que ses résultats plus qu’humiliants aux présidentiels (0,44%) lui rappelèrent ce qu’elle était devenue : une naine politique.

    Et pourtant, il faut se rendre à Singini, à Boma et dans le Mayombe, au Bas-Congo, pour voir à quel point les autochtones révèrent l’ancien président Kasa-Vubu. C’était un électorat qui voyait en Justine Kasa-Vubu une “héritière” politique de son père. Mais son revirement qui l’amena à quitter l’UDPS pour l’AFDL, au lieu de servir de catalyseur, l’a plutôt plantée. Mais il n’y a pas que cela.

    Le “feuilleton des deux filles Kasa-Vubu” [Justine et son ainée Marie-Rose], ont fait le choux gras de la presse au Bas-Congo depuis 2010. Selon le journal matadien “La Cité“, ces deux sœurs sont en conflit au sujet d’une parcelle située dans la commune Kasa-Vubu à Kinshasa léguée à Marie-Rose par leur père. Le vieux journaliste Ntula écrit que “Justine s’est installée dans la maison et en a fait le siège de son parti politique (MD) sans titre légal“, ce qui a déplu à l’héritière et déclenché une querelle entre les deux. L’affaire fut portée devant la justice qui exigea le déguerpissement de Justine Kasa-Vubu. Mais comme dans un feuilleton digne du film “Dallas” avec la famille Ewing, l’affaire se développa d’épisode en épisode.

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    Le Potentiel du 08/05/2010 titrait : “Le Tribunal de Boma condamne Justine Mpoyo Kasa-Vubu à 14 mois de servitude pénale principale“. La raison ? “Destruction méchante des photos de famille qui ornaient la maison du feu Kasa-Vubu à Boma“. Il était reproché à l’ex-porte-parole de l’UDPS d’avoir “déchiré systématiquement toutes les photos où sa grande sœur Marie-Rose avait posé avec Joseph Kasa-Vubu“, images considérées comme un patrimoine national. Cette affaire souleva un tollé dans les media locaux qui prirent le parti de Marie-Rose Kasa-Vubu. Même La Cité, journal d’habitude équilibré, s’en est pris à Justine Kasa-Vubu “qui fait de la politique-fiction sans une base réelle“. Qui peut prétendre que toutes ces affaires l’ont grandie ?

    Il est dommage qu’à l’âge où elle devrait faire parler d’elle et faire parler son expérience, cette femme pourtant douée apparait aux yeux de nombreux congolais comme une “has been“, comme une femme du passé, qui n’a plus rien à offrir. Son impatience lui aurait-t-elle joué des mauvais tours ?

    Par Emmanuel Ngeleka

  • Conflit autour du pétrole : L’orage gronde de nouveau entre Kinshasa et Luanda !

    Conflit autour du pétrole : L’orage gronde de nouveau entre Kinshasa et Luanda !


    Après une accalmie relativement longue, une nouvelle crise menace d’éclater entre la Rdc et son voisin l’Angola. En cause : l’exploitation unilatérale du pétrole continental dans les blocs 14 et 15 par le pays de Dos Santos au détriment de notre pays.

    Cela fait un peu plus de 3 décennies que la Rdc subit le diktat angolais sur son territoire maritime. Evaluée par des Experts internationaux, la perte subie par la Rdc est énorme. Un véritable scandale!
    En effet, en 2003, les réserves des deux blocs étaient estimées à 4,3 millions de barils. S’étant investie dans l’exploitation unilatérale de l’or noir, Luanda produit à ce jour près de 2 millions de barils le jour. Conséquence : l’Angola rivalise aujourd’hui avec le Nigeria, premier pays producteur du pétrole en Afrique.
    Normal donc que l’Angola devienne le nouvel eldorado de l’Afrique centrale. Que le pays soit en ce moment classé parmi les pays émergents et qu’il devienne une véritable puissance régionale d’abord, puis continentale qui se révèle incontournable dans la géostratégie régionale de l’Afrique centrale.
     
    Ras-le-bol
     
    Durant la législature 2006-2011, la Rdc avait exercé une pression sans précédent sur l’Angola dans le but de rentrer dans ses droits. Le pays de Joseph Kabila a poussé le bouchon jusqu’à porter l’affaire devant l’arbitrage international de l’Onu.
     
    Mais voici des années que ce processus d’arbitrage piétine.
    La Rdc a décidé de revenir à la cher et de manière beaucoup plus déterminée.
     
    Et pour marquer sa détermination, notre gouvernement vient de rejeter la proposition d’un arrangement à l’amiable proposée par la Commission spécialisée de l’Onu. La pression congolaise est très forte.
     
    Les crocs de Hollande
     
    Saisissant la balle au bond, le Président français, avancent des sources crédibles, a décidé de s’interposer entre les deux protagonistes, de sorte que la situation ne dégénère pas. C’est à ce titre, apprend-on, que s’est effectuée la dernière visite d’Etat de Dos Santos à Paris.
     
     
    Il est prévu un déplacement imminent, de Joseph Kabila à Paris, avant un tête- à-tête entre les deux Chefs d’Etat africains.
    La médiation de Paris est venue à point nommé pour autant que l’Angola vient d’introduire une demande téméraire et vexatoire à l’Onu. Luanda réclame l’extension de sa zone d’exploitation jusqu’à 3770 km à l’intérieur des eaux territoriales congolaises.
    LP

  • Lettre ouverte n°3 au combattant de la Diaspora,

    Lettre ouverte n°3 au combattant de la Diaspora,

    Reactions apres elections: Etienne Tshisekedi et Evariste Boshab sur RFI et les combattants de Paris-Lettre ouverte n°3 au combattant de la Diaspora,

    Inspire-toi des Mwamba, Makila, Tshisekedi fils, Mvuemba, Olenghankoy, Lumbala…

     A un moment ou à un autre de leur existence, bon nombre d’acteurs politiques aujourd’hui de premier plan au pays ont vécu en exil. Certains avaient combattu le maréchal Mobutu, d’autres Mzee Laurent-Désiré Kabila, d’autres encore Joseph Kabila Kabange. Ils le faisaient en organisant diverses manifestations publiques. Ayant un sens d’Etat aiguisé, ils ne s’attaquaient ni aux ambassades ni aux succursales des entreprises publiques quand bien même, au cours de leurs manifs, ils en venaient à brûler un drapeau ou une coupure de la monnaie. Revenus au pays après des décennies d’exil au cours desquelles ils ont parfait leur instruction, bardés de titres académiques de grandes universités du monde, ils évoluent maintenant dans des institutions de la République. Tu t’en es d’ailleurs rendu compte : aucun de ces acteurs politiques ne te félicite de ta dernière sortie de “casseur”. Preuve, si besoin est, que personne ne se reconnaît en toi…

     Combattant de la Diaspora,

                 Dans les deux premières lettres, je t’ai malmené pour la raison donnée dans la dernière : ” te secouer (…) pour que tombent de ton esprit et de ton corps les écailles de la rancune et de la rancoeur trop longtemps cumulées. Une frustration née de ton refus de reconnaître ta propre responsabilité dans le ratage retentissant qu’est ta vie“.

                Je t’ai rappelé que ” Tu crois te défouler en cherchant des bouc-émissaires“. Je suppose que tu as réalisé le sens de l’allégorie au sport quand j’ai écrit : “Avec ta masse musculaire, tu es censé savoir que la force ne réside pas dans l’intensité. Elle loge dans la direction. En sport, il n’y a rien de pire qu’un coup lancé dans le vide. En boxe, un uppercut raté est une catastrophe. En football, manquer un tir fumant en est une aussi“. Et tu auras compris l’allusion faite à la politique lorsque je note à ton attention : “Or, en politique, rater son coup, c’est la pire des choses qui puissent arriver“.

                Il va alors falloir que tu reviennes à ton premier métier – si seulement tu as eu le temps d’en avoir un – ou en apprendre un d’autant plus qu’il n’est jamais trop tard pour ce faire.

     Combattant de la Diaspora,

                 Je te le dis d’emblée pour que tu saches et comprenne combien le média est un couteau à double tranchants. Surtout le Net, le plus risqué de tous. Tous les spécialistes le reconnaissent en ce que le Net permet à tout le monde de s’exprimer librement. Chacun peut créer son journal, sa radio, sa télévision en ligne.

                Tu imagines ce qui arrive lorsque le média appartient à “tricheur” qui s’organise de façon à ne pas se faire voir ni connaître de l’opinion. Genre Mr X.

                Je prends un exemple concret : de ton point de départ (Porte de Saint Cloud) à l’ambassade de la RDC où tu t’es livré à la destruction des installations, c’est ton visage qui apparaît, et non celui du preneur d’images (cameraman) et la personne qui ânonne la phrase “Makambo eza koleka na Brazzaville boza kokipe yango te” !

                En d’autres termes, le preneur d’images (à supposer qu’il soit en même temps cette personne) restera peinard. Il pourra circuler librement partout, rentrer au pays et en repartir sans être pour le moins du monde inquiété…

                Par contre, toi le casseur, tu es fiché parce que tu t’es exposé.

                En plus, le générique de la vidéo porte la mention “saut musclé” alors qu’il est question d’ “assaut musclé“. C’est pour dire que même au niveau de l’utilisation de la langue française, il y a problème dans le chef du réalisateur du reportage voulu de choc.

                Comment penses-tu t’attirer le soutien des Français, même des Skinheads dont tu te veux le type… K ?   

     Combattant de la Diaspora,

                 Il n’est pas exclu que tu sois victime de l’action M.I.D. (Manipulation pour Intoxication par Désinformation) maniée avec une dextérité inouïe par certains acteurs politiques dont ceux à l’origine de ton exil dans les années 1990. L’un d’eux s’amuse, de temps à autre, à tourner en dérision les “5 Chantiers”. Il reproduit des photos de mansardes et de rues sous eaux de pluie, d’écoles en chaume avec des enfants assis à même l’école, de centres médicaux aux murs lézardés etc. : des situations dont certaines remontent aux années 1990.

                Mais, jamais, mais alors jamais il ne présente une seule photo de route, d’école ou d’ hôpital modernisé sous Joseph Kabila. Jamais, mais alors jamais il ne présente la photo d’une station de production d’eau et d’une centrale hydroélectrique soit en construction, soit en réhabilitation sous Joseph Kabila.

                Cet acteur politique – exilé lui même par ironie du sort – sait que son pouvoir auquel il avait appartenu avait une presque trente ans d’existence dont près de 25 ans sans un cycle de guerres répétées, à la différence de la décennies de Joseph Kabila marquée par des rébellions et des agressions.

                Tout esprit honnête en viendrait à se demander ce que serait devenu le Congo si, au cours de cette décennie, l’effort était plus porté sur la reconstruction que la pacification. Combien alors de kilomètres de routes, combien de bâtiments d’enseignement, combien de bâtiments de santé n’aurait-on pas réalisé au profit des populations congolaises ?

     Combattant de la Diaspora,

                 Ce dont je ne te pardonne pas, c’est que tu te laisses prendre au jeu de négation auquel t’a convié ce politicien-là, simplement parce qu’à son instar, tu ne veux pas voir les conditions sociales de tes compatriotes restés au pays s’améliorer un tant soit peu !

                Ainsi, tu ne veux pas apprendre, par exemple, que de gros travaux de modernisation s’effectuent à l’aéroport de Ndjili, que le boulevard Lumumba est désormais sur huit bandes du croisement avec le boulevard Sendwe à cet aéroport, que les Fardc sont en train de mater les groupes armés congolais et étrangers, que le franc congolais est stable depuis plusieurs années, que quelque chose de positif est en train de se produire dans ton pays.

                Tu es plutôt content d’apprendre que tout y va de mal en pis alors qu’en réalité, l’environnement s’améliore progressivement, même si pas au rythme souhaité par la majorité de la population congolaise.

            Combattant de la Diaspora,

                 Tu n’es pas obligé d’y croire. D’ailleurs, pourquoi le croirais-tu du moment que tes rares cousines et tes rares neveux à croire encore en toi continuent de te dire et de chanter  ” Le pays va mal !“, non pas parce qu’il en est réellement ainsi, mais parce que, en candidats invétérés d’exil, ils espèrent de toi une “prise en charge”…

                Il n’est pas exclu que tu aies appris que chaque jour, des Congolais assiègent les ambassades principalement des pays occidentaux pour quitter le territoire national au motif que rien de bon de s’y produit. A l’argument de la paupérisation, ils ajoutent celui des  violations des droits humains consécutives ou non au cycle des guerres. Les médias occidentaux qui couvrent la RDC s’en donnent du reste à coeur joie, laissant par moments l’impression que si ce pays n’est pas dans le sommaire des infos, c’est la chute garantie dans l’audimat ou le lectorat.

                Seulement voilà : au même moment – comme par le principe de vases communicants – l’espace vidé est vite rempli par des Ouestafricains, des Indiens, des Pakistanais, des Malaisiens, des Chinois et même des Soudanais, des Somaliens, des Centrafricains, des  Rwandais, des Ougandais, des Burundais, des Kenyans etc. Au final, quand nous aurons 35 millions de Congolais partis à l’étranger, nous auront 35 millions d’étrangers à s’installer au pays !

                T’arrive-t-il de réfléchir à cette étrangéité ?

                Je me permets d’en douter.

                Raison pour laquelle je te recommande le proverbe Kongo “vutuka vana wavidila nzila“. Traduit en français, cela donne : “Retrouve l’endroit à partir duquel tu as perdu le chemin “.

                C’est de cette façon, mais alors de cette façon-là seulement que tu vas le découvrir et  l’emprunter avec assurance…

     

    Omer Nsongo die Lema 

  • Bousculade meurtrière à Kinshasa : les versions s’opposent

    Bousculade meurtrière à Kinshasa : les versions s’opposent

     

    Un match de foot à Kinshasa, en 2013.
    Un match de foot à Kinshasa, en 2013. © AFP

    Le dimanche 11 mai à Kinshasa, 15 personnes ont perdu la vie après un mouvement de foule à l’issue du match AS Vita Club-TP Mazembe (0-1). Une enquête est en cours pour déterminer les raisons de ce drame, mais certains témoins évoquent une bavure policière.

    La Confédération Africaine de Football (CAF) est bonne fille. Quelques jours après le drame qui a causé la mort à quinze personnes et entraîné des blessures à vingt-et-une autres, elle a autorisé la tenue du match de Ligue des Champions (1ère journée) entre l’AS Vita Club et Zamalek Le Caire, le dimanche 18 mai, au stade Tata Raphaël de Kinshasa, alors que les Égyptiens avaient demandé sa délocalisation. Mais la rencontre se déroulera devant un public restreint, puisque 5000 supporters, qui devront avoir été préalablement identifiés par l’AS Vita Club, auront le droit de pénétrer dans la vétuste enceinte kinoise. Un important dispositif de sécurité sera par ailleurs déployé dans le stade, mais également aux alentours.

    Mais depuis le drame du 11 mai, de nombreuses questions se posent, obligeant le gouvernement congolais à diligenter une enquête. Le nombre de spectateurs présents ce jour-là était bien supérieur à la capacité officielle du stade. “Je pense qu’ils étaient au moins 50 000”, souligne Florent Ibenge, l’entraîneur de l’AS Vita Club. “Il n’y avait aucune tension sur le terrain, ni même à l’encontre des supporters de Mazembe. D’après les témoignages que nous avons eus, car nous étions dans les vestiaires, des supporters ont commencé à jeter des projectiles sur  les forces de l’ordre, lesquelles ont répliqué en envoyant des grenades lacrymogènes.” Une version confirmée par Constant Omari, le président de la Fédération Congolaise. “Quatre lacrymogènes ont été tirés, des personnes se sont dirigées vers une porte qui était fermée, et toutes les victimes sont mortes piétinées ou étouffées.”

    “Bavure” policière ?

    Toujours selon le président de la Fécofa, “la police n’a pas fait un usage de la force démesuré. Ces incidents auraient éclaté parce que des supporters avaient compris que l’AS Vita Club venait de perdre ses chances de disputer la Ligue des champions en 2015. Il y avait de la tension sportive avec l’enjeu du match, mais de façon générale, les supporters de Vita Club ne sont pas violents. Il n’y a pas de culture du hooliganisme en RDC.”

    Pourtant, d’autres sources, qui ont exigé l’anonymat, livrent une version moins policée que celle des autorités politiques congolaises.

    “Les policiers ont fait usage des lacrymogènes, et quand les supporters ont pris la direction d’une sortie, les forces de l’ordre les attendaient pour les empêcher de quitter le stade, ce qui a ajouté à la panique”, explique l’une d’elles, quand une autre parle carrément de “bavure”. On sait que les lacrymogènes provoquent souvent des mouvements de panique, et dans un stade vétuste, les risques sont grands. Dimanche, il n’y avait qu’une porte de sortie ouverte. C’est une grave défaillance… ” Et accessoirement une très mauvaise publicité pour un pays candidat à l’organisation de la CAN 2019 ou 2021…

  • Pasteur Mukungubila, instigateur présumé des attaques du 30 décembre, arrêté en Afrique du Sud

    Pasteur Mukungubila, instigateur présumé des attaques du 30 décembre, arrêté en Afrique du Sud

    Mukungubila-Selon des sources proches de son bureau à Paris, le pasteur Paul-Joseph Mukungubila, accusé par Kinshasa d’avoir fomenté les attaques du 30 décembre dans la capitale congolaise et dans les deux autres villes du pays, a été arrêté “jeudi très tôt matin” par la police sud-africaine à Johannesburg.”C’est un enlèvement”, dénonce Cédar Nziamboudi, membre du bureau du Paul-Joseph Mukungubila à Paris. “Le pasteur vient d’être arrêté ce matin [15 mai] vers 6 heures à son domicile de Johannesburg par l’Interpol et des éléments de la police sud-africaine”, a-t-il expliqué à Jeune Afrique, soulignant que c’est “sur demande des autorités congolaises”.

    Kinshasa ne confirme pas l’arrestation

    Contacté, Kinshasa dit ne “pas être encore au courant de l’arrestation”, mais confirme qu’”un mandat d’arrêt international était bien lancé contre le pasteur Paul-Joseph Mukungubila” après les attaques du 30 décembre dans plusieurs sites stratégiques à Kinshasa, Kindu (est) et Lubumbashi (sud).

    Ce jour-là, des personnes qui se présentaient comme des adeptes du “prophète du Ministère de la Restauration à partir de l’Afrique noire”, avaient lancé des assauts notamment à la radio-télévision nationale et à l’aéroport de N’Djili à Kinshasa. La riposte de l’armée fut sanglante : plus de 100 morts en une journée !

    Depuis, la police congolaise a déjà arrêté plusieurs partisans du pasteur à travers le pays. Douze autres proches de Paul-Joseph Mukungubila, dont six de ses huit femmes, sont toujours en détention depuis mi-janvier à Lusaka où ils s’étaient enfuis. Recherché, le “prophète de l’Éternel”, lui, avait pu quitter le pays pour se réfugier en Afrique du Sud.

    ________Jeune Afrique____________

    Par Trésor Kibangula

  • Marcel Desailly candidat pour être le sélectionneur des Léopards

    Marcel Desailly candidat pour être le sélectionneur des Léopards

    L'ancien international français, Marcel Desailly. L’ancien international français, Marcel Desailly. © AFP

    La RDC, qui recherche un sélectionneur, a reçu une cinquantaine de candidatures. Et dans le lot figure celle de l’ancien international français Marcel Desailly.

    Constant Omari, le président de la Fécofa, peut être rassuré. Le poste de sélectionneur des Léopards ne laisse pas indifférent, puisque plus de cinquante CV sont arrivés sur son bureau. Plusieurs techniciens français – Luis Fernandez, Bernard Simondi, Didier Six, Jean-Michel Cavalli – sont intéressés, une liste à laquelle s’est ajouté le nom de Marcel Desailly.

     

    Selon nos informations, l’ancien international français, aujourd’hui âgé de 45 ans, et qui souhaite embrasser la carrière d’entraîneur, est candidat. Libéré depuis quelques jours de son contrat avec la Fédération française de football (FFF), dont il était le représentant en Afrique, Desailly, né à Accra (Ghana), est toujours consultant de la chaîne payante Canal +. Son nom avait récemment circulé au Vietnam au mois d’avril. La Fécofa, qui a déjà choisi le futur staff technique – Florent Ibenge, l’entraîneur de l’AS Vita Club de Kinshasa sera sélectionneur-adjoint – devrait prochainement retenir au moins trois candidats, lesquels seront auditionnés. Un dossier dans lequel le ministère des Sports ne restera pas inactif…

  • À Oman, la RDC présente son plan de construction de 1 000 nouvelles écoles par an

    À Oman, la RDC présente son plan de construction de 1 000 nouvelles écoles par an

    Inauguration d'une nouvelle école par Matata Ponyo, en avril 2014 à Kinshasa. Inauguration d’une nouvelle école par Matata Ponyo, en avril 2014 à Kinshasa. © DR

    Augustin Matata Ponyo a été convié, du 12 au 14 mai à Mascate (Oman), à la “réunion annuelle sur l’éducation pour tous” organisé par l’Unicef. L’occasion pour le Premier ministre congolais de présenter son plan de (re)construction de 1 000 écoles par an en RDC.

    Construire et réhabiliter des écoles sans attendre le financement extérieur. C’est le nouveau défi du gouvernement congolais qui s’est fixé comme objectif de bâtir 1 000 établissements scolaires par an en RDC. Sur “fonds propres” de l’État (100 millions de dollars disponibles chaque année), insiste un proche du Premier ministre Matata Ponyo, pour souligner la “nouveauté” du projet.

    Mis en place au mois d’avril 2013, le projet “Éducation” a démarré en septembre de la même année, après quelques “études de faisabilité”. “Sept mois plus tard, 600 nouvelles écoles sont soit construites ou rehabilitées, soit en chantier à travers le pays”, indique Roger Ndaywel, l’un des conseillers du chef du gouvernement congolais.

    À l’Unicef, qui accompagne le pays dans ses efforts de promotion de l’éducation, l’initiative surprend. C’est pourquoi l’agence onusienne a convié Matata Ponyo à Mascate (Oman) où se tient du 12 au 14 mai la “réunion annuelle sur l’éducation pour tous (EPT)”. Une rencontre destinée à “[évaluer] de manière critique des progrès accomplis en vue de la réalisation de l’EPT (…), et à convenir de mesures de suivi concrètes”.
    Plus de 3 millions d’enfants à scolariser

    Dans la capitale du sultanat, le Premier ministre congolais a reconnu néanmoins que beaucoup restait encore à faire dans le secteur éducatif en RDC. Même si la part du budget alloué à l’enseignement est “passée 6 % en 2007 à 13 % en 2014”, plus de 3 millions d’enfants ne sont toujours pas scolarisés. Le pays doit encore construire plus 20 000 écoles pour pouvoir contenir la “pression démographique” dans les années à venir. L’enseignement primaire n’est pas non gratuite sur l’ensemble du territoire national.
    Par ailleurs, des efforts ont été déployés pour que le salaire des enseignants soit désormais versé de manière régulière. Et ce, par la bancarisation de leur paie de fin de mois. Mais c’est encore un salaire qui demeure insignifiant par rapport au coût de la vie en RDC. “Nous sommes toujours clochardisés”, résumé à Jeune Afrique un instituteur kinois, sous couvert de l’anonymat.

    La synergie des syndicats des enseignants congolais a organisé fin avril à Kinshasa un sit-in devant le ministère de l’Enseignement primaire, secondaire et professionnel pour réclamer notamment “la régularisation de la situation de plusieurs milliers d’enseignants qui travaillent sans être payés en RDC”. Décidément, Matata Ponyo a encore du pain sur la planche…

    ________Jeune Afrique_______________

    Par Trésor Kibangula

  • Les 50 Africains les plus influents du monde

    Les 50 Africains les plus influents du monde

    Découvrez les 50 africains les plus influents du monde. Découvrez les 50 africains les plus influents du monde. © Jeune Afrique

    Qui sont les hommes et femmes du continent qui, dans leur domaine, font autorité à l’échelle planétaire ? Celles et ceux qui, à leur manière – grain de sel ou grain de sable -, agissent sur la marche du monde ? Voici la sélection de Jeune Afrique des 50 Africains les plus influents dans le monde.

    Après moult séances de brainstorming, de débats et, surtout, d’interrogations (c’est quoi “l’influence” ?), Jeune Afrique vous présente, pour la première fois, sa sélection des 50 Africains les plus influents… dans le monde – et non plus à l’intérieur des seules frontières du continent. Des hommes et des femmes qui s’illustrent dans des domaines aussi différents que les affaires, la recherche, l’art, l’esprit, le style, le sport, l’abstrait et le concret. Une sélection de talents évidemment subjective, pour le meilleur, mais aussi, parfois, pour le pire, dont le principal critère est la capacité à modifier l’ordre des choses, dans un domaine infiniment petit ou beaucoup plus vaste, à l’intérieur d’un périmètre national mais aussi régional ou planétaire.

    Exercice ô combien délicat, car l’étalon semble bien flou, surtout pour ceux qui ont la lourde charge d’élaborer la liste des récipiendaires. On ne mesure pas (seulement) le pouvoir, la notoriété, le compte en banque ou le curriculum vitae. On raisonne en termes d’impact, de sillons tracés, de capacité à toucher des auditoires plus ou moins larges… Bref, ceux qui font autorité, quel que soit le domaine concerné. Quitte, parfois, à sortir du carcan défini par leur emploi du moment. Sont évidemment exclus de notre sélection les dirigeants politiques. L’Afrique est à la mode, pas seulement pour les opportunités d’investissements qu’elle propose. En voici la preuve.

    Tidjane ThiamAbdelmalek Droukdel

    Alaa el-Aswany

    Béchir Ben Yahmed

    Omotola Jalade Ekeinde

    Johann Rupert

    Abdou Diouf

    Lakhdar Brahimi

    Didier Drogba

    RedOne

    Nkosazana Dlamini-Zuma

    Mo Ibrahim

    James Mwangi

    Jamel Debbouze

    Dambisa Moyo

    Kofi Annan

    Ayman al-Zawahiri

    Achille Mbembe

    Alphadi

    Desmond Tutu

    Fatou Bensouda

    Simon Njami

    Souleymane Bachir Diagne

    Wole Soyinka

    Mostafa Terrab

    Malika Zeghal

    Issad Rebrab

    Yasmina Khadra

    Yonov Frederick Agah

    Aliko Dangote

    Tahar Ben Jelloun

    Lionel Zinsou

    Ousmane Sow

    Rached Ghannouchi

    Elsie Kanza

    Youssef al-Qaradawi

    Naguib Sawiris

    Germaine Acogny 

    Tarek Ben Ammar

    Elias Zerhouni

    Nicky Oppenheimer

    Boniface Mongo-Mboussa

    Issa Hayatou

    Makhtar Diop

    David Adjaye

    Malek Chebel

    Donald Kaberuka

    Alain Mabanckou

    Nawal el Moutawakel

    Isabel dos Santos

     

    (Jeune Afrique)

  • Côte d’Ivoire : la CEI à nouveau remodelée

    Côte d’Ivoire : la CEI à nouveau remodelée

    Un bureau de vote à Abobo (Abidjan). Un bureau de vote à Abobo (Abidjan). © AFP

    Le gouvernement ivoirien a opéré, mercredi, de nouveaux changements dans la réforme de la Commission électorale indépendante (CEI).

    Depuis plusieurs semaines, l’attention de l’opinion publique ivoirienne est focalisée sur la réforme de la CEI. Mercredi 13 mai, le gouvernement a annoncé les changements opérés. “Le conseil des ministres a adopté un nouveau projet de loi qui remodèle la composition de la CEI. De 13 membres dans l’ancien projet, nous passons désormais à 17 membres comprenant 4 représentants de l’administration, 4 membres de la société civile, 4 des partis politiques au pouvoir, 4 de l’opposition et 1 représentant du chef de l’État”, a annoncé Hamed Bakayoko, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité.

    Une décision qui vient mettre fin à la tension qui s’était emparée des partis politiques d’opposition et de la société civile depuis l’annonce début avril de la nouvelle composition de la CEI plafonnée à 13 membres. Le projet de loi sera présenté le 19 mai devant le Parlement.

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    Baudelaire Mieu, à Abidjan (Jeune Afrique)