Author: Don Kayembe

  • UDPS : Moleka ne fait plus partie du cabinet Tshisekedi

    UDPS : Moleka ne fait plus partie du cabinet Tshisekedi

    UDPS: M. Albert Moleka- Directeur du Bureau du Pdt Tshisekedi sur la VOA-Dans un communiqué laconique déposé hier mercredi 21 mai 2014 dans plusieurs rédactions de Kinshasa, daté du même jour et portant sa signature,, le Secrétaire Général de l’UDPS (Union pour la Démocratie et le Progrès Social), Bruno Mavungu, fait état du limogeage du Directeur de cabinet d’Etienne Tshisekedi. On y lit notamment que « Son Excellence Dr Etienne Tshisekedi nous a chargé de porter à la connaissance de l’opinion tant nationale qu’internationale ainsi qu’à toutes les structures et Comités de base du parti que monsieur Albert Moleka n’est plus membre de son cabinet. En conséquence, l’intéressé n’est plus habilité à parler en son nom, à l’engager ou à engager le parti ».

     

                La lettre reste muette quant aux raisons ayant poussé le président national de l’UDPS à se séparer de celui qui était perçu, depuis plus de six ans, comme un des fidèles de son pré-carré. En effet, Albert Moleka paraissait inséparable de Tshisekedi, tant il était omniprésent dans pratiquement toutes ses activités et rencontres, officielles comme privées. Il était aussi de toutes ses visites de travail à l’étranger.

                On rappelle qu’en octobre 2012, en marge du Sommet de la Francophonie à Kinshasa, lorsque le président français François Hollande, dans le cadre de ses échanges avec les membres de l’Opposition congolaise, avait reçu Etienne Tshisekedi en aparté, son Directeur de cabinet était de la partie. On se souvient aussi que l’année dernière, lorsque la rumeur d’un rapprochement Kabila-Tshisekedi a pris corps, dans le cadre des Concertations nationales, c’est finalement Albert Moleka qui a effectué le déplacement de Brazzaville et rencontré le président Denis Sassou Nguesso, présumé médiateur, avant que le sphinx de Limete ne fasse faux bond.

                Pas plus tard qu’en mars dernier, c’est encore Albert Moleka qui est allé participer à un déjeuner de prière aux Etats-Unis, auquel était invité Etienne Tshisekedi, empêché pour des raisons non expliquées. Bref, ce haut cadre de l’UDPS paraissait l’homme à tour faire dans la Cour d’Etienne Tshisekedi, à Limete, parlant souvent en son nom dans les médias, pour apporter des réponses urgentes aux préoccupations de l’opinion nationale et internationale.

                Mais, à dire vrai, le couperet qui est tombé sur Moleka n’est pas une surprise pour ceux qui ont suivi les péripéties de sa descente aux enfers.

                En effet, soupçonné pendant un temps relativement long de ne pas servir correctement la cause de l’UDPS et vomi, à son retour des USA, par des « combattants », qui menaçaient de le lyncher s’il persistait à travailler à la résidence d’Etienne Tshisekedi, Albert Moleka avait finalement été prié par Maman Marthe, l’épouse du président national du parti, de ne plus venir à Limete. Croyant bénéficier toujours de la confiance de son chef après cet incident, l’intéressé n’avait pas trouvé mieux que de délocaliser son cabinet de travail et de continuer à parler et agit au nom d’Etienne Tshisekedi. On croit savoir que c’est pour mettre un terme à une situation de nature à semer la confusion dans les esprits des cadres et sympathisants de l’UDPS que le Secrétaire général a été instruit de lui signifier la fin de ses prestations auprès de la haute hiérarchie du parti. La succession est ainsi officiellement ouverte.

                                                                            Kimp

  • Reponse du berger a la bergere:La RDC impose le passeport et le visa pour les Congolais de Brazzaville

    Reponse du berger a la bergere:La RDC impose le passeport et le visa pour les Congolais de Brazzaville

    passeports-biometriques-La République démocratique du Congo a annoncé mercredi que les ressortissants du Congo-Brazzaville voisin ne pourront plus entrer sur son sol avec un simple laissez-passer et qu’ils devront être munis d’un passeport et d’un visa.
    Le ministre de l’Intérieur, Richard Muyej, a déclaré que cette mesure visait à rendre la pareille au Congo qui, accuse-t-il, a changé les conditions de voyage des Congolais de RDC souhaitant se rendre à Brazzaville en traversant le fleuve Congo, frontière naturelle entre les deux pays.
    “On a vu nos compatriotes refoulés parce qu’ils n’avaient que le laissez-passer, ce qui jusque-là était admis. On a exigé le passeport et le visa. Tout de suite, j’ai donné l’instruction à la DGM [Direction générale de la migration] d’en faire autant”, a souligné M. Muyej.
    “Nous avons tous été surpris par ce nouveau développement de ce qu’il convient maintenant d’appeler une crise”, dont la durée “peut affecter nos bonnes relations avec Brazza”, a encore déclaré M. Muyej, ajoutant qu’une nouvelle réunion entre Kinshasa et Brazzaville était prévue.
    Le ministre de l’Intérieur de la République du Congo, Raymond Mboulou, n’avait pu être joint mercredi en milieu d’après-midi pour apporter la réponse de Brazzaville aux accusations de M. Muyej.
    Interrogé par l’AFP à Brazzaville, un conseiller du ministre des Affaires étrangères a cependant affirmé sous le couvert de l’anonymat qu’aucune mesure concernant l’obligation du passeport et du visa n’avait été prise et qu’une telle option n’était même pas envisagée à l’heure actuelle.
    Une réunion interministérielle entre représentants des deux Congos doit avoir lieu vendredi, a-t-il ajouté.
    Une source au cabinet du directeur général de la police du Congo-Brazzaville a dit à l’AFP n’avoir pas connaissance de nouvelles directives relatives à l’entrée des Congolais de RDC sur le sol national.
    Les relations entre les deux pays se sont tendues depuis le lancement, début avril au Congo-Brazzaville, d’une grande opération policière baptisée “Mbata ya bakolo” (la gifle des aînés, en lingala).
    Officiellement, cette opération est destinée à combattre une recrudescence du banditisme imputée aux étrangers, et entre autres aux “kuluna” (délinquants de Kinshasa armés de machettes) réfugiés au Congo pour fuir la répression de la police kinoise.
    Brazzaville reconnaît qu’environ un millier de Congolais de RDC ont été expulsés dans le cadre de “Mbata ya bakolo” mais, craignant une expulsion de force, même en règle, et face à la montée d’une hostilité manifeste de la population brazzavilloise, des dizaines de milliers de ressortissants de l’ex-Zaïre sont rentrés au pays.
    D’après la RDC, des ONG et plusieurs victimes, l’opération s’est caractérisée par de graves exactions. Brazzaville a reconnu des dérapages et 17 policiers ont été radiés.
    La RDC, qui compte environ 76 millions d’habitants, est le dernier pays au classement de l’indice du développement humain des Nations unies. A Brazzaville, où les conditions de vie leur semblent meilleures, les ressortissants de la RDC exercent toutes sortes de métiers peu qualifiés.
    AFP
  • Francois Hollande-Entretien avec M. Joseph KABILA KABANGE, Président de la R D Congo

    Francois Hollande-Entretien avec M. Joseph KABILA KABANGE, Président de la R D Congo

    ELYSEE KABILA-Le Président de la République s’est entretenu le 21 mai 2014, au Palais de l’Elysée, avec le Président de la République Démocratique du Congo, M. Joseph Kabila Kabange.

    Au cours de cet entretien, la situation politique et sécuritaire dans la région des Grands Lacs a été évoquée. Le Chef de l’Etat a rappelé, comme il l’avait fait à Kinshasa en octobre 2012, son attachement à l’intangibilité des frontières de la RDC. Il s’est réjoui des progrès obtenus dans la lutte contre les groupes armés qui sévissent dans l’Est de la RDC. Les deux Présidents ont réaffirmé leur mobilisation pour la République centrafricaine, où des contingents des deux pays sont déployés. Ils ont également marqué leur volonté que l’opération de maintien de la paix des Nations Unies, qui sera déployée à partir du 15 septembre, dispose d’un mandat solide et soit articulée autour de la mission africaine aujourd’hui présente.

    Au plan bilatéral, les deux Chefs d’Etat ont insisté sur la nécessité de développer et de diversifier les échanges économiques et humains entre les deux pays, dans des secteurs tels que les transports, les infrastructures ou encore la gestion durable des ressources naturelles.

    Ils se sont réjouis des relations de coopération entre les deux pays, notamment dans les secteurs de l’éducation primaire, de la formation professionnelle, de l’accès à l’eau et de la gouvernance financière du pays.

    Enfin, le Chef de l’Etat a rappelé l’attachement de la France à la protection des libertés politiques, à la lutte contre les violences sexuelles, à la stabilité des institutions et à la défense des droits humains en RDC, conformément aux différentes résolutions adoptées par le Conseil de sécurité des Nations Unies.

    Elysee, Presidemce

  • Les quatre puissances militaires régionales d’Afrique

    Les quatre puissances militaires régionales d’Afrique

    Généralités

    Helicoptere Puma
    Helicoptere Puma

    -Dans le système classique, l’industrie et la technologie contribuent de façon déterminante à la hiérarchie mondiale et au classement des nations. La puissance militaire dépend d’une péréquation entre deux variables : le format (la taille) des forces armées d’une part; la qualité de ces dernières d’autre part. La puissance militaire est donc une convergence entre les systèmes d’armes et les systèmes d’hommes et qu’elle ne saurait être réduite à une simple « stratégie des moyens ». La détention et l’emploi générique de technologies et de plateformes aériennes, terrestres, maritimes, aussi évoluées soient-elles, ne peuvent plus aboutir à un résultat opératique efficace sans des personnels dotés d’initiative et d’une culture stratégique autonome. Le cas des pétromonarchies du Golfe est éloquent est illustratif de ce point de vue : elles détiennent un matériel sophistiqué importé dont leurs armées ne maîtrisent pas réellement l’emploi, et sont forcées de faire recours aux personnels et experts étrangers pour les encadrer. Cet exemple montre que la composition brillante d’un ordre de bataille et le niveau d’un budget de défense ne reflètent pas à eux seuls l’autonomie guerrière d’un acteur étatique, ni son efficacité.

    Outre le format de l’armée, les indicateurs qui comptent le plus dans la définition moderne d’une puissance militaire nationale sont : la modernité des capacités détenues, le professionnalisme et l’entrainement des soldats recrutés, le niveau du budget de défense rapporté aux ambitions affichées, ainsi que la solidité et l’autonomie de la base industrielle et technologique de défense (BITD) considérée. Le chercheur chinois Hai Ping proposait dès 1998 de hiérarchiser les armées mondiales suivant l’équation suivante: La puissance Militaire = La capacité des forces armées + la technologie militaire et les capacités de l’industrie d’armement + les capacités globales du pays, en croissance économique. (Badie, B. et Vidal, D., 2013).

    Une progression moyenne en Afrique subsaharienne boostée par le Nigeria (à l’ouest), l’Angola (au centre) et la RSA (au sud)

    Avec une croissance de 64,9% des dépenses militaires, l’Afrique enregistre la plus forte progression au monde sur la période 2002-2011. Cette hausse s’élève  depuis 2002 à 109% pour l’Afrique du Nord et à 44% pour l’Afrique sub-saharienne. Pour l’année 2011, l’évolution des dépenses est chiffrée à 8,8% sur le continent. Elle est de 24,8% pour l’Afrique du Nord . En Afrique sub-saharienne, les dépenses sont restées relativement constantes depuis 2010. Les États les plus dépensiers de l’Afrique subsaharienne sont l’Afrique du Sud, l’Angola et le Nigéria (Stockholm International Peace Research Institute: SIPRI).

    Selon l’Agence Ecofin, l’Afrique a enregistré la plus forte progression au niveau mondial dans le domaine des dépenses militaires en 2013, a annoncé le SIPRI. Dans son  rapport publié le 14 avril 2014, le think tank suédois a précisé que les dépenses militaires du continent ont augmenté de + 8,3% l’an passé, à 44,9 milliards de dollars. Cette augmentation a été essentiellement dopée par les revenus pétroliers de pays comme l’Algérie et l’Angola.

    A l’échelle africaine, la plus forte augmentation des dépenses militaires a été enregistrée au Ghana. Ce pays producteur de pétrole a presque triplé son budget dédié à l’armement, passé de 109 à 306 millions de dollars entre 2012 et 2013. Les dépenses militaires de l’Angola, ont quant à elles, culminé à 6,1 milliards de dollars en 2013 (+36% sur un an). L’Angola est  ainsi devenu le deuxième pays  africain en termes d’importance de budget consacré à la défense, devant l’Afrique du Sud (4,1 milliards en 2013).

    L’Algérie reste, quant à elle, le champion africain dans le domaine des dépenses militaires. Ce pays pétrolier a vu son budget consacré à l’armement augmenter de 8,8% en 2013, pour atteindre 10,4 milliards de dollars. «C’est la première fois que les dépenses militaires d’un seul pays africain dépassent le seuil de 10 milliards de dollars», souligne le rapport du SIPRI qui explique cette montée des dépenses algériennes par le désir de ce pays pétrolier d’Afrique du Nord d’acquérir le statut de puissance régionale, le rôle prépondérant de l’armée algérienne et le souci de  lutter plus énergiquement contre le terrorisme islamiste en plein essor à la frontière algéro-malienne.

    D’autres pays africains ont aussi augmenté dépenses militaires de façon remarquable l’an passé. Il s’agit, entre autres de la République Démocratique du Congo (+34%) et de la Zambie (+15%).

    Les dépenses militaires sur le continent africain ne sont pas uniformes. Selon les experts, notamment le colonel Joseph Sibanda, officier retraité de l’armée du Zimbabwe, consultant pour la défense, le marché africain de la défense sera, dans les prochaines années, pratiquement au même niveau que celui de l’Asie du Sud-Est. « Les avions militaires, véhicules blindés et système d’artillerie devront être modernisés afin de répondre aux nouvelles menaces qui planent sur la sécurité. »

    Selon l’hebdomadaire américain Defense News, les dépenses militaires en Afrique vont augmenter de 20 milliards de dollars au cours de la prochaine décennie contre plus de 40 milliards en 2012, selon SIPRI. Ce phénomène est lié au développement récent de plusieurs armées en Afrique qui, depuis la fin de l’époque coloniale, connaît bon nombre de guerres, d’insurrections et de coups d’État. D’autre part, l’Occident fait, depuis 2001, beaucoup d’efforts pour renforcer les capacités de lutte antiterroriste, particulièrement dans la zone sahélo-saharienne, la Corne de l’Afrique et la côte orientale où les groupes djihadistes demeurent très présents.

    Les luttes contre le terrorisme et les nombreux conflits civils expliquent en grande partie l’augmentation des dépenses militaires en Afrique. Toutefois, il n’est pas certain que ces facteurs soient les principales motivations pour l’augmentation des budgets militaires. En effet, des pays qui subissent les dommages collatéraux du conflit somalien, comme l’Éthiopie, le Kenya ou l’Ouganda, ont réduit leur budget de défense. Les ambitions régionales nourries par certains États seraient ainsi une explication majeure dans l’augmentation des dépenses militaires.

    Développer la sécurité pour protéger les ressources naturelles

    “La ruée vers le marché de la défense africain vient tout juste de commencer, et il se poursuivra au cours de la prochaine décennie”, estime le colonel Joseph Sibanda, cité par Defense News. Il estime que les pays comme le Mozambique – ancienne colonie portugaise pauvre désormais en plein boom gazier de même que la Tanzanie voisine -, l’Ouganda et le Kenya devront rediriger leurs besoins de défense vers la protection de leurs gisements de pétrole et leurs infrastructures de gaz onshore et offshore. C’est le cas actuellement pour l’Angola, selon DESC, qui ne cesse de croitre de manière fulgurante ses dépenses militaires depuis 2010 en vue de la sécurisation de ses zones pétrolifères et minières.

    Il s’agit là d’une bonne nouvelle positive pour l’Afrique du Sud, seul producteur de l’armement en Afrique. Jusqu’à maintenant, l’Afrique n’avait jamais été un marché-clé pour les grands contractants militaires occidentaux, même si des pays riches en pétrole comme le Nigeria, l’Algérie ou la Libye ont déjà acheté des systèmes d’armes de haut niveau, des avions, des navires de guerre et des armes au fil des ans.

    Qui dépense le plus pour l’armement en Afrique ? (en millions de dollars, 2012)

    1) Algérie 9.325 ; 2) Afrique du Sud 4.470; 3) Égypte 4.372 ; 4) Angola 4.146 ; 5) Maroc 3.402 ; 6) Libye 2.987 ; 7) Nigeria 2.327 ; 8) Sud Soudan 964 ; 9) Kenya 798 ; 10) Tunisie 709 ; 11) Côte d’Ivoire et Namibie 407. [Source : Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI)]

    Comme on peut le constater, “le marché africain de la défense sera, dans les prochaines années, pratiquement au même niveau que celui de l’Asie du Sud-Est”, annonce Sibanda. “Les avions militaires, véhicules blindés et système d’artillerie devront être modernisés afin de répondre aux nouvelles menaces qui planent sur la sécurité”, poursuit-il.

    Evolution des dépenses militaires depuis 2008 (en millions de dollars)

      2008 2009 2010 2011 2012 2013
    Algérie 5259 5712 6045 8652 9014 9367
    Angola 3741 3640 3894 3674 3827 4092
    Sud Afrique 4384 4590 4434 4596 4785 5076
    Nigeria 1741 1825 2143 2386 2100 2043
    RDC* 203 154 209 239 229 247

    Source : SIPRI, IFRI, IISS, recoupements DESC

    Effectifs et principaux matériels des quatre puissance (+ la RDC) (année de référence 2013)

      Effectifs Armée de terre Armée de l’air Marine Chars Avions de combat Navires
    Algérie 167.000 147.000 14.000 6.000 1050 125 4 sous-marins + 4 frégates
    Nigeria 80.000 62.000 10.000 4.000 250 78 1 frégate + 2 corvettes
    Angola 107.000 100.000 6.000 1.000 300 85  
    Afrique du Sud 62.000 37.000 10.500 6.000 167 235+91 hélicos (dont ‘Rooivalk’) 3 sous-marins + 4 frégates
    RD Congo 134.500 110.000 + 10.000 GR 6.703 2548 100 5 avions Soukhoi SU-25 + 3 hélicos  1 patrouilleur

    Sources : SIPRI, IISS, IRIS, Le Monde Géostratégie – Recoupements DESC.

    1. La suprématie militaire de l’Afrique du Sud au regard de son ambition hégémonique continentale

    L’Afrique du Sud est, à notre avis, actuellement le seul pays africain qui peut prétendre à réunir tous les paramètres de puissance militaire.

    L’hélicoptère de combat sud-africain Rooivalk rivalise actuellement avec les meilleurs hélicoptères du monde tels que le tigre européen, l’apache américain ainsi que ceux de la Russie. Sa première mission de combat fut celle effectuée contre le M23. Les hélicoptères sud-africains Rooivalk de la MONUSCO ont été décisifs en appui aux FARDC grâce à des incessants bombardements des positions du M23 de Kanyamahoro pour ouvrir la voie à Kibumba ayant permis aux FARDC de poursuivre leur assaut final jusqu’à leur éviction des collines de Chanzu et Runyonyi. Après avoir perdu Rumangabo et Bunagana, le M23 fut confiné dans ces deux collines, essayant de résister pendant quelques jours en contenant les tentatives d’assaut infructueuses des FARDC avant que les hélicoptères Rooivalk ne viennent faire le dernier nettoyage. (A lire e extension dans notre ouvrage à paraître prochainement)

    La RSA dispose d’une armée estimée à 62.000 hommes avec 167 chars; 235 avions de combat dont les hélicoptères ‘Rooivalk’ d’appui au combat de l’Armée de l’Air sud-africaine qui furent déterminants en RDC en appui à la MONUSCO et sa Brigade d’intervention de la Force (FIB) dans l’exécution de son mandat offensive en premier déploiement de combat contre le M23 entre octobre et novembre 2013.

    Les dépenses militaires de l’Afrique du Sud étaient de 4 milliards de dollars en 2002, avant d’atteindre 4,8 milliards de dollars en 2011, ce qui équivaut à une croissance de 20% en l’espace de 10 ans. À noter que pour l’année 2011, les dépenses militaires sud-africaines ont augmenté de 4,3%. Cette accélération des dépenses est due à une restructuration des salaires et permettra l’achat de nouveaux équipements.

    Les seul pays africain ayant des industries d’armement autochtones sont l’Afrique du Sud – bien que son secteur de la défense lié à Israël ait considérablement diminué depuis la fin de l’apartheid, en 1994 – et l’Egypte qui, depuis l’accord de paix signé en 1979 avec Israël, s’est davantage tournée vers les États-Unis.

    Le secteur de la défense sud-africain est dirigé par Denel, capable de produire des systèmes de missiles avancés, de l’artillerie aux standards internationaux et des systèmes aérospatiaux. La plus grande économie d’Afrique pourrait bien être l’une des principales bénéficiaires de la mise à niveau majeure de l’équipement des forces armées du continent.

    2. L’Algérie domine l’espace militaire nord africain

    L’Afrique du Nord enregistre, avec une croissance de 109%, une progression sans précédent dans les dépenses militaires depuis 2002. Cette tendance s’explique par l’augmentation des dépenses de l’Algérie et du Maroc, les deux États les plus dépensiers de la région. En effet, les dépenses militaires algériennes sont passées de 3 milliards en 2002 à 8,2 milliards en 2011, soit un accroissement de 173%. Rien que pour l’année 2011, l’augmentation des dépenses militaires algériennes est de 44%. Pour l’année fiscale 2013, la loi de finance 2012 octroie un montant total de 10,3 milliards de dollars au secteur de défense, en vue de la modernisation et de la mise à niveau des équipements, un accroissement de 14,2% par rapport à 2012 et vise l’achat de nouveaux équipements pour l’armée, l’aviation et la marine.

    Plusieurs facteurs expliquent une telle évolution. Tout d’abord, l’Algérie s’est lancée dans un programme de modernisation et de réarmement de son armée. Ensuite, elle est en proie aux attaques terroristes sur son territoire, des agressions commises par la branche d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), ainsi que des attentats dans la bande sahélienne. Par ailleurs, l’Algérie s’est massivement équipée suite au conflit chez son voisin libyen, dont elle redoutait des débordements sur son territoire. Mais la lutte contre le terrorisme ou les inquiétudes nourries par la guerre civile libyenne ne sont pas les seules explications- à la croissance des dépenses militaires. En effet, au regard du matériel acheté et des nouveaux équipements – principalement des systèmes sols et airs, qui ne sont pas employés dans la lutte contre le terrorisme – il semblerait que les ambitions nourries par l’Algérie, et sa grande rivalité avec le Maroc pour le leadership régional, soit peut-être une explication à de telles dépenses. L’influence des militaires dans le pays est aussi un facteur à prendre en compte. En ce qui concerne le Maroc, ses dépenses militaires ont augmenté de 45,5% depuis 2002. Pour l’année 2011, cette croissance est néanmoins inférieure à 1%.

    En effet, au Maghreb, l’Algérie est la première puissance militaire en termes de forces, d’équipements et de capacités. Les effectifs des forces armées sont estimés à 167.000 hommes dont 147.000 hommes pour l’armée de terre (Armée nationale populaire, ANP ; dont 80.000 conscrits effectuant un service militaire de 18 mois : 6 mois d’entraînement de base et 12 mois dans des projets civils), mais l’ANP compte également 150.000 réservistes de moins de 50 ans). A cela, il faut ajouter des forces paramilitaires : 1.200 gardes républicains, 20.000 gendarmes, 16.000 membres des forces de sécurité nationale. Le nombre des forces auxiliaires (Brigades de légitime défense et gardes communaux), créées durant la guerre civile, est estimé à environ 150.000 civils.

    L’Algérie est également, au Maghreb, le leader sur le plan de l’effort de défense, avec 54% du total des dépenses militaires régionales. Selon SIPRI, en 2012, Alger a accru celles-ci de 5,2%, et leur progression atteint 189% pour la période 2003-2012.

    En juin 2012, le gouvernement algérien avait décrété une augmentation de 40% de la solde des personnels militaires. En novembre de la même année, le ministre en charge des Relations avec le Parlement annonçait une réévaluation des retraites des militaires, cherchant par là à désamorcer le mécontentement qui régnait au sein des forces armées après l’augmentation accordée aux policiers et aux douaniers un an plus tôt.

    Enfin, en matière d’achats d’armements, l’Algérie a supplanté l’Afrique du Sud – avec 43% des importations contre 18%, offrant aux fournisseurs étrangers le plus grand et le plus dynamique marché de défense du continent. Au niveau mondial, l’Algérie est passée du 24ème  rang, en 2011, au 7ème rang, en 2013, des importateurs d’armements conventionnels. Ainsi, le volume des livraisons d’armement vers l’Algérie a connu un accroissement de 277% entre 2003 et 2007. Cependant, la capacité de son industrie d’armement nationale est très faible et inférieure à la RSA (9,4 milliards de dollars. Son taux de croissance annuel moyen estimé à 6,2% pour la période 2013-2018, devrait atteindre 13,6 milliards de dollars d’ici 2017).

    La guerre civile (1992-2000) a absorbé énormément de ressources au point que la modernisation des forces armées algériennes s’en est trouvée ralentie, voir freinée. C’est pourquoi, la supériorité militaire de l’Algérie par rapport à ses voisins n’est pas forcément synonyme de qualité des matériels et des compétences. Des améliorations et des mises à niveau sont encore à entreprendre en matière d’entraînement et de préparation à la guerre asymétrique (contre les groupes terroristes et criminels), ainsi que dans les domaines logistique et de soutien des forces. (Centre français de recherche sur le renseignement : Bulletin de documentation N°7, Evolution de la politique de défense algérienne)

    3. L’Angola, le gendarme de l’Afrique centrale titille l’Afrique du Sud

    L’Angola, le deuxième État le plus dépensier de la zone subsaharienne, a triplé ses dépenses militaires en une décennie : 1,4 milliard de dollars en 2002  à plus de 5,7 milliards de dollars en 2013. Cela représente 8,26% du budget national et plus de 80% du budget national de la RDC. Le pays peut compter sur d’importantes ressources pétrolières (9 milliards de barils de réserves prouvées, production de 1,91 million de barils par jour en 2008) ainsi que sur l’exploitation de mines de diamants.

    Luanda a récemment passé commande pour plus d’un milliard de dollars de matériels militaires d’origine russe. Les contrats ont été signés à l’occasion d’une visite, en octobre 2013, de Dmitri Rogozine, le vice-premier ministre russe.

    L’Angola a  acheté 18 avions de combat de type Su-30K pour environ 500 millions de dollars. En outre, l’Angola a passé commande de pièces de rechange pour des matériels datant de la période soviétique (et ils sont nombreux), des armes légères, des munitions, des blindés, des canons et des hélicoptères de transport Mi-17. Il a été convenu de construire dans le pays une usine destinée produire des cartouche. Les forces aériennes angolaises mettent en œuvre des MiG-21 Fishbed, des MiG-23 Flogger et quelques Su-27 Flanker acquis auprès de la Biélorussie, ainsi que des Sukhoi Su-22 Fitter et des Su-25 Frogfoot pour l’attaque au sol. Cependant, il est difficile d’établir un inventaire précis des matériels en dotation, ou du moins en état de vol. Si les appareils d’origine soviétique sont prédominants, Luanda a toutefois cherché à diversifier ses sources d’approvisionnement, en commandant plusieurs avions du constructeur brésilien Embraer (EMB-314  et EMB-312) ou de l’avionneur suisse Pilatus (PC-7).

    4. Le Nigeria, un colosse ouest africain confronté au terrorisme et à la guerre interethnique religieux

    Malgré son instabilité politique, ses tensions communautaires et une corruption endémique dans son secteur énergétique, le Nigéria est une puissance régionale ouest africaine et une puissance continentale, en devenir, incontournable du XXIème siècle. Le pays confronté au terrorisme de Boko Haram illustre le paradoxe des armées africaines intraverties, incapables de protéger leurs populations contre les menaces externes.

    L’échelon régional constitue communément l’un des leviers d’affirmation de puissance pour certains États pivots, dont l’ambition est de tenir un rôle d’influence et régulateur à un niveau plus global dans les relations internationales. À bien des égards, le Nigéria répond à la définition d’État pivot, statut qui détermine éminemment sa politique extérieure : «Les États pivots peuvent être considérés comme des pays destinés – en raison de leur emplacement stratégique, de leur potentiel économique et démographique, et des préférences politiques – comme des nœuds importants de la croissance économique et d’importants facteurs structurants de la géopolitique dans les principales régions du monde ». De plus, un État pivot revêt une importance telle, au niveau régional, que son effondrement peut générer l’instabilité dans les pays voisins. On le voit avec la RD Congo. À l’inverse, sa prospérité et sa stabilité tendent à renforcer la vitalité économique et l’équilibre politique de toute sa sous-région. (Luntumbue, M.,  « Le Nigéria dans la géopolitique ouest-africaine : atouts et défis d’une puissance émergente », GRIP, 18/07/2013).

    Dans le cas du Nigéria, il existe une interdépendance particulièrement étroite avec ses voisins immédiats, sur le plan à la fois culturel (pôle culturel), économique (et développement) et sécuritaire. Elle est d’ailleurs illustrée par l’impact négatif de la fermeture des frontières nigérianes sur les économies de ces États, à l’occasion notamment des mesures ponctuelles d’urgence, visant à contrôler le mouvement des activistes du groupe Boko Haram. La situation géographique du pays, au cœur du complexe sécuritaire du golfe de Guinée, en fait à la fois un facteur de stabilité sous-régionale et paradoxalement un vecteur potentiel des tensions vers les autres pays riverains. Des incidents meurtriers survenus depuis le premier semestre 2012 dans ces zones frontalières, confirment les risques d’une déstabilisation des pays voisins à partir des foyers de tensions nigérians (Luntumbue, M.,  ibid).

    Sur le plan géostratégique, le Nigéria est en effet un des Etats pivots d’Afrique, sur lequel s’appuient les États-Unis, ayant une capacité régulatrice de l’ordre politique régional ouest africain. La politique africaine des États-Unis s’appuyant sur les États pivots s’oppose à l‘approche française et européenne davantage régionale. Membre de l’OPEP, intégré dans la CEDEAO, marché de l’ordre de 380 milliards de dollars en 2010, le Nigeria est à la fois la puissance économique et militaire dominante en Afrique de l’Ouest, avec l’armée la plus puissante de la région (80.000 soldats). L’Afrique de l’Ouest reste son pré-carré, sa démographie (environ le 1/6 de la population de l’Afrique noire)[1]et son économie « écrasent » ses voisins.

    Sur le plan économique, le Nigeria devient officiellement depuis le 6 avril 2014 la première puissance économique du continent et la 26ème plus grande économie dans le monde, dépassant l’Afrique du Sud. Le pays dispose de fortes potentialités en ressources énergétiques (pétrole, gaz) et naturelles, agricoles, hydrauliques et minières (fer, colombite…). Ses recettes pétrolières – 2,5 millions  de barils par jour et 4 millions prévus en 2010 – et gazières sont estimées à plus de 16 milliards de dollars ( Philippe Hugon, Géopolitique de Afrique, 2012). En effet, le produit intérieur brut (PIB) du Nigeria était désormais de 510 milliards de dollars en 2013, contre 453,9 milliards de dollars en 2012. Le PIB sud-africain était d’environ 384 milliards de dollars cette même année. Toutefois, le PIB par tête d’habitant du Nigeria est de 2688 dollars contre 1555 dollars en 2012. Celui de l’Afrique du sud reste nettement plus élevé, à 7 508 dollars.

    En tant que puissance économique au sein de la zone CEDEAO dont il est le plus important contributeur au budget, assurant près de 60% des coûts de fonctionnement de la CEDEAO, le Nigeria tente de contre-balancer l’hégémonie de la France au sein de l’UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africains) dans la zone dite du Franc CFA. Cette rivalité qui ne dit pas son nom a poussé François Hollande de mettre à profit son séjour du 27 au 28 février 2014, lors du centenaire de l’unification de ce pays le plus peuplé d’Afrique, avec 170 millions d’habitants, pour mener une opération diplomatico-économique de charme et de rapprochement géopolitique. Au Nigeria, la France « a perdu à la fois en parts de marché et en influence politique depuis 30 ans« et « notre réseau de coopération a considérablement diminué« , relève Marc-Antoine Pérouse de Montclos, spécialiste de ce pays à l’Institut de recherche pour le développement. Le Nigeria connaît un taux de croissance de 7% par an depuis 8 ans et son PIB est en passe d’être réévalué par le Fonds monétaire international (FMI), ce qui le propulserait devant l’Afrique du Sud, première économie du continent. (AFP, 27/02/2014)

    En 1976, le Nigéria a également créé, en accord avec la Banque africaine de développement (BAD), le Nigeria Trust Fund (NTF) ou Fonds spécial du Nigéria (FSN). Son objectif est de soutenir les efforts de développement des pays membres de la CEDEAO à faible revenu nécessitant des financements à taux concessionnels. Si à l’origine, le capital du fonds était de 80 millions de dollars, il s’élevait fin mars 2010, à 200 millions de dollars. (Luntumbue, M., ibid). Le Nigeria est enfin, avec  l’Afrique du Sud, l’Algérie, l’Égypte et le Sénégal, les pays fondateurs du NEPAD (Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique), dont les principaux objectifs du NEPAD consistent à réduire la pauvreté, placer l’Afrique sur la voie du développement durable, mettre un terme à la marginalisation de l’Afrique et autonomiser les femmes.

    Sur le plan militaire, avec une croissance de 22% depuis 2002, le Nigeria se place juste derrière l’Angola. Ses dépenses militaires s’élevaient en 2010 à 1,8 milliards de dollars. L’armée conduit des missions de contreterrorisme pour lutter contre les activités du groupe armé Boko Haram qui sévit sur son territoire, ce qui explique la croissance des dépenses au Nigeria. Le SIPRI souligne qu’en 2010 et 2011, les dépenses allouées au contre-terrorisme étaient respectivement de 232 et 137 millions de dollars, représentant respectivement 12% et 6% de l’ensemble des dépenses militaires nigérianes. Pour le président nigérian, Jonathan Goodluck, la conduite des opérations de défense et de contreterrorisme est l’une des priorités nationales, ce qui engendrerait de nouvelles augmentations allouées aux dépenses militaires.

    Le Nigeria développe également une diplomatie active et pacifique et se veut, à l’instar de la République Sud africaine, le porte-parole de l’Afrique. Il  a intégré dans sa sphère d’influence les péripéties frontalières. Le Nigeria est de loin le premier pays africain pourvoyeur de troupes pour les missions de maintien de la paix de l’ONU, domaine dans lequel le pays s’est bâti une solide réputation. La première opération à laquelle ont participé les troupes nigérianes remonte à la crise congolaise de 1960, quelques jours seulement après la proclamation de l’indépendance nigériane. Cinquante ans plus tard, en avril 2013, le Nigeria comptait plus de 6.000 soldats servant dans diverses opérations de maintien de la paix des Nations unies, au Soudan, en Somalie, au Mali (600) et en Côte d’ivoire et dans le cadre de forces militaires régionales, au Liberia et en Sierra Leone.

    L’armée nigériane n’a jamais mené d’opérations offensives hors de ses frontières et en dehors de mandats liés à la gestion collective ou régionale de la sécurité. Dans le cas des tensions régionales et litiges frontaliers qui l’ont opposé à ses voisins immédiats, le Nigéria semble en effet avoir privilégié l’usage du « soft power ». C’est le cas du litige qui l’oppose au Cameroun à propos de la souveraineté sur la péninsule de Bakassi en golfe de Guinée, qui a été soumis à l’arbitrage de la Cour internationale de justice (CIJ, en sa défaveur. Au final, le Nigéria a rétrocédé pacifiquement ce territoire en août 2008, suite à décision de la CIJ qui lui était défavorable. De plus, Abuja et Paris se sont récemment accordé sur une approche commune des crises régionales (SlateAfrique.com, 6/6/2012).

    Jean-Jacques Wondo Omanyundu/ Exclusivité DESC

    *La RD Congo est mentionnée à titre illustratif de comparaison avec les autres puissances.

    [1] Un autre facteur de puissance (relative) du Nigeria est sa démographie. Pour le spécialiste des relations internationales, Hans Morgenthau, une population nombreuse est un atout de la puissance d’un État par le fait qu’aucun pays ne peut prétendre de rester ou devenir une puissance de premier plan s’il ne fait partie des nations les plus peuplées de la terre. Mais il ne s’agit que d’un attribut parmi d’autres, la taille du territoire et la dynamique économique, entre autres, jouent également un rôle important.  Des conditions que remplissent potentiellement le Nigeria.

    Autre source : Sabrina Lesparre et Luc Mampaey, Dépenses militaires, Production et transferts d’armes, Compendium 2013, rapport, GRIP 2013/4)

  • Ces câbles sous-marins à fibre optique qui vont traverser l’Afrique en 2014

    Ces câbles sous-marins à fibre optique qui vont traverser l’Afrique en 2014

    FIBRE OPTIQUE SOUS MARRAIN – De nombreux câbles sous-marins longent désormais les côtes africaines. Objectif, permettre aux pays africains d’avoir accès aux services de télécommunications de qualité. En plus des acquis qui songent déjà à se consolider, de nouveaux câbles seront bientôt actifs sur le continent. C’est à partir de l’année 2010 que la part de l’Afrique dans le déploiement des câbles sous-marins à fibre optique a commencé à s’accroître. On peut ainsi citer la mise en service de Main One, Eassy et de Glo-1 cette année-là (voir tableau ci-dessous).

    De nouveaux câbles

    Mais, en 2014, de nouveaux câbles sous-marins vont être activés en Afrique. Parmi eux, on peut citer le câble sous-marin Wasace qui envisage de relier l’Afrique, l’Amérique du Nord, l’Amérique du Sud et l’Europe. D’après ses promoteurs, il s’agit du plus important projet de câble dans l’océan Atlantique, dont « la longueur totale des fibres équivaudra à sept fois la circonférence de la terre ». Ses pays cibles sont le Maroc, le Nigeria, l’Angola et l’Afrique du Sud. Les investisseurs de quatre continents participent au projet, dont la firme VIP Must et la Banque africaine de développement. Wasace sera mis en œuvre par le groupe David Ross, un consultant international, basé aux Etats-Unis, spécialisé dans la réalisation de réseaux de communication. Ses promoteurs veulent utiliser la technologie dite « 100G ». Ses capacités seraient dix fois plus importantes que celles des systèmes actuels. 

    Câble sous-marin Brics

    On ne saurait oublier le nouveau câble sous-marin Brics annoncé en juin 2012 et qui va connecter les pays du Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) avec les Etats-Unis. Le câble aura une capacité de 12,8 terabit/s et sera relié aux câbles WACS (West Africa Cable System), EASSy (Eastern Africa Submarin System) et SEACOM. Ce qui permettra aux cinq pays initiateurs du câble d’avoir un accès direct à 21 pays africains.

    Autre câble sous-marin qui sera mis en service en 2014, la South Atlantic Express (SAex). Ce câble devrait connecter Cape Town, en Afrique du Sud, Luanda en Angola et Fortaleza au Brésil. Ces projets et bien d’autres permettront à l’Afrique d’avoir une bande passante toujours plus intéressante.

    « Maintenant que les façades maritimes du continent africain sont toutes couvertes de l’Ouest à l’Est et du Nord au Sud par des câbles sous-marins, le nouveau challenge consiste à interconnecter les hubs et des points de contact entre eux », observait récemment Philippe Dumont, le président de l’activité réseaux sous-marins d’Alcatel-Lucent dans les colonnes de RTN.

    Les câbles sous-marins en Afrique depuis 2000

    Nom du câble

    Pays africains concernés

    Longueur

    Période de mise en service

    SEA-ME-WE-3

    Maroc, Egypte, Djibouti

    39 000 km

    2000

    ATLANTIS 2

    Dakar (Senegal), Praia (Cap Vert). Ensuite, Las Toninas (Argentine), Rio de Janeiro (Brésil), Fortaleza (Brésil), Medano (Iles Canaries), Madère, Conil (Espagne) et Lisbonne (Portugal)

    12 000 km

    Mai 2000

    SAT-3

    Côte d’Ivoire, Ghana, Bénin, Nigeria, Cameroun, Gabon, Angola, Afrique du Sud, Maurice, Sénégal

    14 000

    Deuxième trimestre 2001

    SEA-ME-WE-4

    Egypte, Tunisie, Algérie

    20 000 km

    2000

    SEACOM

    Madagascar, Mozambique, Tanzanie, Kenya, Afrique du Sud, Egypte 

     

    2009

    TEAMS

    Kenya

    4500 km

    Troisième trimestre 2009

    LION

    Madagascar, Maurice

    1000 km

     

    Main One

    Nigeria, Ghana

    7000 km

    Troisième trimestre 2010

    EASSY

    Afrique du Sud, Soudan, Ethiopie, Madagascar, Seychelles, Botswana, Mozambique, Tanzanie, Soudan, Kenya, Maurice, Djibouti, Erythrée

    9900 km

    2010

    GLO-1

    Ghana, Sénégal, Mauritanie, Maroc 

    9800 km

    Quatrième trimestre 2010

    EIG

    Egypte, Libye

    11 300 km

    2011

    WACS

    Afrique du Sud, Namibie, Angola, RD Congo, Congo, Cameroun, Nigeria, Togo,

    Ghana, Côte d’Ivoire, Cap-Vert

    14 000 km

    2011

    LION-2

    Kenya, Madagascar, Maurice

    3000 km

    2012

    ACE

    Gabon, Cameroun, Nigeria, Bénin, Togo, Ghana, Côte d’Ivoire, Liberia, Sierra Leone,

    Guinée Conakry, Guinée-Bissau, Sénégal, Gambie, Cap-Vert, Mauritanie, Maroc

    12 000 km

    2012

     Source : RTN

    Par Beaugas-Orain Djoyum pour Réseau Télécom Network No 59

    (Agence Ecofin)

  • USA/RWANDA: Des révélations de New York Times sur la relation entre Paul Kagame et l’ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU, Susan Rice

    USA/RWANDA: Des révélations de New York Times sur la relation entre Paul Kagame et l’ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU, Susan Rice

     

    Près de deux décennies après que l’administration Clinton se soit abstenue d’intervenir dans le génocide au Rwanda, les Etats-Unis sont sous le feu de sévères critiques pour leur manque de réaction énergique dans une autre crise africaine marquée par des atrocités et des meurtres brutaux, cette fois chez le voisin du Rwanda, la République démocratique du Congo.
    Alors que le président Obama et la secrétaire d’État Hillary Rodham Clinton ont reçu une partie du blâme, les critiques de la politique de l’administration Obama en Afrique ont mis l’accent sur le rôle de Susan E. Rice, l’ambassadeur américain auprès de l’ONU et candidate de premier plan pour succéder à Mme . Clinton, dans l’échec de l’administration à prendre des mesures contre le pays qu’ils considèrent comme une cause majeure de la crise congolaise, le Rwanda.
    Plus précisément, ces critiques – des représentants des organisations des droits de l’homme et des diplomates des Nations Unies – affirment que l ‘administration n’a pas mis assez de pression sur le président du Rwanda, Paul Kagame, pour mettre fin à son soutien au mouvement rebelle dont la récente prise de la ville stratégique de Goma, au Congo a déclenché une crise nationale dans un pays qui a déjà perdu plus de trois millions de personnes dans plus d’une décennie de combats. Le soutien par le Rwanda est considéré comme vital pour le groupe rebelle, connu sous le nom de M23.
    Le soutien à M. Kagame et au gouvernement rwandais a fait l’objet de la politique étrangère américaine depuis qu’il a mené le Front patriotique rwandais dominé par les Tutsis à la victoire sur le gouvernement en place en Juillet 1994, a conséquemment mis une fin effective au génocide rwandais. Mais, selon les organisations des droits de l’homme et des diplomates aux Nations Unies, Mme Rice a été à l’avant-garde des efforts pour protéger le gouvernement rwandais, et M. Kagame en particulier, de la censure internationale, bien que plusieurs rapports des Nations Unies aient jeté le blâme pour la violence au Congo sur M. Kagame.
    Un haut responsable du gouvernement a déclaré samedi que Mme Rice n’a pas été en freelance, et que la politique américaine envers le Rwanda et le Congo était de travailler avec tous les pays de la région pour un règlement négocié du conflit.
    Des collaborateurs de Mme Rice reconnaissent qu’elle est proche de M. Kagame et que le gouvernement de M. Kagame était son client alors qu’elle travaillait à Intellibridge, une société d’analyse stratégique à Washington. Mme Rice, qui a servi comme l’ expert de haut niveau au département d’État en affaires africaines dans l’administration Clinton, a aussi travaillé au sein de la firme avec plusieurs autres anciens responsables de l’administration Clinton, y compris David J. Rothkopf, qui était un sous-secrétaire par intérim du département du Commerce, M. Anthony Lake , M. Clinton conseiller à la sécurité nationale, et John M. Deutch, qui était directeur de la Central Intelligence Agency.
    Payton Knopf, porte-parole de Mme Rice, a d’abord refusé de dire si son travail avec le Rwanda à Intellibridge affecté ses relations avec le pays dans son poste actuel en tant qu’ambassadeur. Mais lundi, M. Knopf a déclaré: «conseil brève Ambassadeur Rice à Intellibridge n’a eu aucune incidence sur son travail au sein des Nations Unies. Elle met en œuvre la politique adoptée aux États-Unis à l’ONU  »
    Il y a deux mois, lors d’une réunion avec ses homologues français et britanniques à la Mission française auprès des Nations Unies, selon un diplomate occidental en connaissance de cette réunion, Mme Rice s’est fermement opposé à l’appel lancé par l’ambassadeur français, Gérard Araud, pour explicitement «citer et embarrasser » M. Kagame et le gouvernement rwandais pour son soutien au M23, et à sa proposition d’envisager des sanctions pour faire pression sur le Rwanda pour abandonner le groupe rebelle.
    «Écoutez Gérard, » at-elle dit, selon le diplomate. «C’est la R.D.C. Si ce n’était pas le M23 qui faisait cela, ce serait un autre groupe. » L’échange a été rapporté dans la revue Foreign Policy la semaine dernière.
    Quelques semaines plus tard, Mme Rice a de nouveau intervenu pour protéger M. Kagame. Après avoir retardé pendant des semaines la publication d’un rapport des Nations unies dénonçant le soutien du Rwanda pour le M23 et s’être opposée à toute référence directe au Rwanda dans les déclarations et les résolutions des Nations Unies sur la crise, Mme Rice est intervenu pour diluer une résolution du Conseil de sécurité qui condamnait le M23 pour viols, exécutions sommaires et le recrutement d’enfants soldats. La résolution a exprimé sa «profonde inquiétude» au sujet des soutiens externes appuyant la M23. Mais Mme Rice a réussi à éviter que la résolution ne nomme explicitement Rwanda quand elle a été adoptée le 20 novembre.
    M. Knopf, le porte-parole de Mme Rice, a déclaré que l’avis des États-Unis était que les négociations diplomatiques délicates en cours entre le Rwanda, le Congo et l’Ouganda aurait pu être affectées négativement si la résolution du Conseil de sécurité avait explicitement nommé le Rwanda. «En collaboration avec nos collègues du Conseil de sécurité, les États-Unis ont aidé à élaborer une résolution forte renforçant les efforts diplomatiques délicats en cours à Kampala», a déclaré M. Knopf.
    Les négociations ont échoué par la suite, et le M23 a continué à faire des progrès dans l’est du Congo. La semaine dernière, le M23 s’est retiré de Goma, mais a laissé des agents et restent à proximité de la ville.
    M. Knopf a refusé de confirmer ou de nier la conversation relatée par le diplomate des Nations Unies entre Mme Rice et l’ambassadeur français. Mais il a dit que «Mme Rice a fréquemment et publiquement condamné les abus odieux perpétrés par le M23 dans l’est du Congo», ajoutant que les Etats-Unis soutenaient « les efforts visant à mettre fin à la rébellion, y compris en imposant des sanctions américaines et des Nations Unies contre les dirigeants et les commandants du M23.  »
    Les critiques de Mme Rice disent que c’est le noeud du problème de la réponse américaine à la crise au Congo: il ne tient pas compte, pour l’essentiel, du rôle joué par M. Kagame dans le soutien au M23, et, comme on pourrait s’y attendre, risque de répéter les erreurs du génocide en ne penchant pas pour excès d’action agressive. « Je crains que notre regret collectif de ne pas avoir arrêté le génocide rwandais, ressenti par tous ceux qui ont travaillé pour l’administration Clinton, ne conduise à des politiques qui ont éludé les autres vagues d’atrocités au Congo, que nous devrions également regretter », a déclaré Tom Malinowski, le directeur pour Washington de Human Rights Watch, qui a travaillé en étroite collaboration avec Mme Rice à la fois dans l’administration Clinton et après.
    « Depuis près de 20 ans maintenant, les prémisses de la politique américaine ont été que la persuasion tranquille est le meilleur moyen de dissuader le Rwanda de soutenir les criminels de guerre au Congo», a déclaré M. Malinowski. « Ca a pu avoir un sens à une époque, mais après des années où le Rwanda a fait ce que les Etats-Unis l’ont exhorté à ne pas faire, contribuant ainsi à la mort de civils en masse, et a violé les résolutions de l’ONU parrainées par les États-Unis, le temps de parler clairement et d’imposer des sanctions est venu .  »
    Quand Mme Clinton a comparu devant les journalistes le 28 novembre pour parler de la prise de Goma par le M23 de Goma, elle aspergeait ses points de discussion à une demande que le groupe rebelle retirer, appelant l’impact humanitaire « dévastateur », avec 285.000 personnes forcées de fuir leurs maisons , les travailleurs de la santé ont enlevé et tué, et les travailleurs civils sous la menace de la mort. Mais elle ne fait aucune mention du rôle du Rwanda sauvegarde du groupe rebelle, ce qui limite son inclusion du Rwanda à une mention de négociations avec le Rwanda, l’Ouganda et le Congo pour tenter d’obtenir un cessez-le-feu.
    «Le M23 n’existerait probablement plus aujourd’hui sans le soutien du Rwanda», a déclaré Jason K. Stearns, auteur de « Dancing in the Glory of Monsters:. L’effondrement du Congo et la Grande Guerre de l’Afrique » « Il est intervenu pour empêcher le mouvement de s’effondrer et a fourni un soutien militaire crucial pour chaque grande offensive.  »
    Johnnie Carson, le secrétaire d’État adjoint aux affaires africaines, a noté que les Etats-Unis ont coupé une partie de son financement militaire pour le Rwanda – environ $ 250.000. Mais l’armée rwandaise continue de recevoir une solide formation américaine, de l’équipement et de l’aide financière. Dans une interview, il dit: «Il n’y a pas une once de différence entre moi et Mme Rice sur cette question », ajoutant que la diplomatie silencieuse était mieux que crier publiquement M. Kagame.
    Mme Rice, qui est dans l’œil de la tempête politique pour son interprétation de l’attaque contre la mission américaine à Benghazi de la 11 septembre 2012, en Libye, a refusé d’être interviewé pour cet article. Mais ces derniers jours, elle semble avoir tenté de se distancier publiquement du M23 – mais pas encore de M. Kagame. Le 3 décembre, elle a posté sur sa page Facebook: « Les Etats-Unis condamne dans les termes les plus forts la violence horrible du M23. Tout appui extérieur doit cesser « , dans une référence à l’action au Sénat.
    Son post a suscité des réponses immédiates. « Condamner le viol mais ne pas nommer le violeur? » Dit l’un d’eux. «Quel genre de justice est-ce donc ? »
    HELENE COOPER, New York Times,
    Traduit par Direct.cd
  • RDC: passeports et visas nécessaires pour aller au Congo-Brazzaville

    RDC: passeports et visas nécessaires pour aller au Congo-Brazzaville

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    Le Beach à Kinshasa, est le lieu d’où partent les bateaux qui assurent la traversée du fleuve Congo pour Brazzaville.AFP/PATRICK FORT

    Les déplacements entre le Congo-Brazzaville et la République démocratique du Congo sont désormais soumis à des conditions rigoureuses. Depuis lundi, Brazzaville exige le passeport aux ressortissants de RDC qui veulent traverser le fleuve, Kinshasa exigeant de son côté un visa. Personne n’est épargné dans cette surenchère qui crispe considérablement les relations entre les deux pays.

    A Kinshasa, on est formel : c’est Brazzaville qui a commencé. Par un simple coup de téléphone, le préposé de l’immigration au Beach de Brazzaville a informé samedi dernier son collègue de Kinshasa d’une nouvelle disposition concernant l’entrée des Congolais de RDC au Congo-Brazzaville. Désormais, il faudra disposer obligatoirement d’un passeport.

    Selon Kinshasa, cette mesure appliquée dès dimanche 18 mai, n’a pas été négociée par les deux parties. Pourtant aux termes des accords existants, les ressortissants des deux rives désireux d’aller dans l’un ou l’autre pays doivent, en plus du laissez-passer, présenter, soit un passeport, soit une carte d’identité en cours de validité.

    Ping-pong

    Lundi, des ressortissants Congolais de RDC ont été refoulés de Brazzaville parce qu’ils étaient juste porteurs de la seule carte d’électeur qui fait office de carte d’identité. Réplique de Kinshasa : comme il faut obligatoirement le passeport, donc il faut aussi nécessairement un visa. Ainsi les Brazzavillois, détenteurs d’un passeport non muni de visa, ont à leur tour été refoulés de Kinshasa. Ce jeu de ping-pong se poursuit.

    Depuis début avril, les ressortissants de la RDC, qui ont quitté le Congo-Brazzaville à la suite des expulsions qui les frappent, ont déjà dépassé 122 500 personnes.

  • Joseph Kabila à Paris pour discuter de la crise centrafricaine

    Joseph Kabila à Paris pour discuter de la crise centrafricaine

    Francois Hollande (France) et Joseph Kabila (RDC)
    Francois Hollande (France) et Joseph Kabila (RDC)

    -Le président de la RDC, Joseph Kabila, doit rencontrer ce mercredi après-midi à Paris son homologue français François Hollande pour une réunion consacrée à la crise en Centrafrique. Un pays où les deux pays sont particulièrement impliqués.

    Avec 850 militaires et 150 policiers, la RDC est sans conteste l’un des contributeurs importants à la Misca, la Mission internationale de soutien à la Centrafrique. Mais ce déploiement en décembre ne s’est pas fait sans remous. Alors que la RDC se bat contre une quarantaine de groupes armés dans l’est du pays et que sa propre situation sécuritaire est toujours fragile, une partie de la société civile congolaise avait jugé cette intervention non prioritaire.

    Cinq mois plus tard, le bilan pour la RDC est plutôt positif, même si deux Congolais ont été tués en Centrafrique : la France comme le commandement de l’Union africaine ont salué le professionnalisme du contingent congolais.

    L’enjeu désormais pour Paris est d’encourager la RDC à maintenir ses hommes en Centrafrique, alors que beaucoup, comme l’Afrique du Sud par exemple, rechignent à envoyer des troupes et que le Tchad s’est désengagé il y a un mois. François Hollande pourrait ainsi demander à ce que le Congo renforce encore sa présence sur le terrain. En échange, il pourrait plaider en faveur du passage des Congolais sous mandat de l’ONU quand celui-ci se fera.

    Pour la RDC, la Centrafrique est une carte à l’internationale, une façon de se positionner en grande puissance dans la région. Mais aussi de faire en sorte que la crise centrafricaine ne franchisse pas la frontière, longue de plus de 1 500 km entre les deux pays.

    Mais au-delà de la crise régionale, Paris compte bien miser sur cette visite pour vendre le savoir-faire de ses grandes entreprises à la RDC. Le groupe Bolloré, par exemple, s’intéresse à la gestion du gigantesque port fluvial de Matadi. L’entreprise Total, elle, lorgne le potentiel pétrolier dans l’est du pays. Sur le plan politique, François Hollande va-t-il aborder la question du respect de la Constitution, comme l’a fait le secrétaire d’Etat américain John Kerry ? Voilà un élément qui sera en tout cas suivi de très près par la classe politique congolaise.

    RFI

  • L’Angola procède à son premier recensement depuis l’indépendance

    L’Angola procède à son premier recensement depuis l’indépendance

    angola-Les autorités angolaises ont lancé vendredi le premier recensement depuis l’indépendance en 1975 de l’ancienne colonie portugaise.

    L’Angola a donné vendredi 16 mai le coup d’envoi de son premier recensement depuis son indépendance en 1975. « Ce recensement est sans nul doute le moment fort de cette année 2014 pour notre pays (. . .) et nous appelons tous les Angolais à se mobiliser car nous avons l’obligation de réussir », explique Camilo Ceitas, le coordinateur général du cabinet en charge de l’opération.

    Outre la taille de la population, sa répartition par sexe, tranche d’âge et provinces, il devrait livrer une photographie inédite des conditions de vie réelles des Angolais, quitte à mettre le doigt sur certaines réalités embarrassantes pour le pouvoir : combien de personnes vivent par foyer, dans quel type d’habitation ? Ont-elles accès à l’eau ? À l’électricité ? Combien sont retraitées ?

     

    Les partis politiques de l’opposition ont aussi salué l’initiative, tout en s’inquiétant du traitement des données recueillies. L’Unita, principal parti d’opposition, a « exhorté l’exécutif à conduire le processus avec transparence et honnêteté de façon à atteindre les objectifs annoncés » et à produire un recensement crédible.

    Mais les défis sont légions. Grand comme deux fois et demi la France, l’Angola compte de nombreuses provinces rurales, dont certaines zones très reculées et seulement accessibles en barque ou en hélicoptère.

    À Luanda, l’extrême densité de population de certains quartiers risque aussi de poser problème. « La participation de la population est cruciale pour le succès du recensement », observe Kourtoum Nacro, la représentante du Fonds des Nations unies pour la population en Angola, qui a joué un rôle crucial dans la préparation de l’opération, notamment en cartographiant le pays.

    « Il y a beaucoup à faire pour informer les habitants qui ne sont pas habitués à cette pratique du recensement et dont une partie est analphabète et n’en comprend donc pas l’intérêt », ajoute Mme Nacro.

     

    Depuis plusieurs semaines, une campagne de sensibilisation est menée dans les médias angolais, et les églises, présentes sur l’ensemble du territoire, se sont elles aussi mobilisées.

    Attendu depuis plusieurs années, le dernier recensement remontant à l’époque de la colonisation portugaise en 1970, il va mobiliser près de 100 000 personnes dont plus de 90 000 recrutées et formées spécialement pour l’opération qui sera ainsi temporairement l’un des premiers employeurs du pays.

    Il est prévu pour coûter 200 millions de dollars, entièrement assumé par Luanda, quand beaucoup de pays en développement recourent généralement à l’aide internationale.

    Les premiers résultats devraient être connus quatre mois après la fin de la collecte le 31 mai.

    (Avec AFP)

  • Poursuites judiciaires contre un cadre du premier parti d’opposition

    Poursuites judiciaires contre un cadre du premier parti d’opposition

    Logo_UDPS-Un dirigeant régional du principal parti d’opposition en République démocratique du Congo, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), a été déféré à la justice vendredi, plus de quatre mois après son arrestation, a-t-on appris samedi de source officielle.

    Président fédéral de l’UDPS au Kasaï oriental, Bruno Kabatshi avait été arrêté le 2 janvier à Mbuji-Mayi, capitale de cette province du centre du pays. Vendredi, il a été mis “à la disposition de son juge naturel”, c’est-à-dire devant un tribunal de Mbuji-Mayi, ville où ont été commis les faits qui lui sont reprochés, a indiqué à l’AFP un haut responsable congolais sous le couvert de l’anonymat.

    M. Kabatshi avait été arrêté à la suite d’un débat télévisé avec un membre du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), le parti du président de la République, Joseph Kabila. Les autorités lui reprochent d’avoir manqué de respect au chef de l’État, d’avoir “incité la population à la haine” et les forces de l’ordre à la désobéissance, a indiqué le haut responsable congolais.

    “Atteinte à la liberté d’expression”

    Interrogé par l’AFP, Samy Badibanga, chef du groupe UDPS à l’Assemblé nationale, a contesté les fait reprochés à M. Kabatshi, estimant que les poursuites contre lui relevaient “d’une atteinte à la liberté d’expression”. M. Kabatshi, a-t-il dit, a participé “à une émission tout à fait normale dans laquelle il a donné son point de vue sur les élections de 2011”, qui ont permis au président Kabila, au pouvoir depuis 2001 de se maintenir à son poste pour un nouveau mandat de 5 ans. “Chacun peut donner son avis sur ce qui s’est passé en 2011” sans être inquiété, a ajouté M. Badibanga.

    Pour l’opposition congolaise et la communauté internationale, la présidentielle et les législatives de 2011 ont été marquées par des irrégularités massives.

    Rejetant les résultats officiels l’ayant placé en deuxième position derrière M. Kabila, le président de l’UDPS, Etienne Tshisekedi, aujourd’hui âgé de 82 ans, estime depuis lors être le “président élu” de la RDC.

    Conduit à Kinshasa après son arrestation, M. Kabatshi avait été détenu par l’Agence nationale du renseignement (ANR) puis emprisonné au centre pénitentiaire de Makala, la grande prison de la capitale congolaise, jusqu’à son transfèrement à Mbuji-Mayi vendredi.

    (AFP)