Author: Don Kayembe

  • Ces câbles sous-marins à fibre optique qui vont traverser l’Afrique en 2014

    Ces câbles sous-marins à fibre optique qui vont traverser l’Afrique en 2014

    FIBRE OPTIQUE SOUS MARRAIN – De nombreux câbles sous-marins longent désormais les côtes africaines. Objectif, permettre aux pays africains d’avoir accès aux services de télécommunications de qualité. En plus des acquis qui songent déjà à se consolider, de nouveaux câbles seront bientôt actifs sur le continent. C’est à partir de l’année 2010 que la part de l’Afrique dans le déploiement des câbles sous-marins à fibre optique a commencé à s’accroître. On peut ainsi citer la mise en service de Main One, Eassy et de Glo-1 cette année-là (voir tableau ci-dessous).

    De nouveaux câbles

    Mais, en 2014, de nouveaux câbles sous-marins vont être activés en Afrique. Parmi eux, on peut citer le câble sous-marin Wasace qui envisage de relier l’Afrique, l’Amérique du Nord, l’Amérique du Sud et l’Europe. D’après ses promoteurs, il s’agit du plus important projet de câble dans l’océan Atlantique, dont « la longueur totale des fibres équivaudra à sept fois la circonférence de la terre ». Ses pays cibles sont le Maroc, le Nigeria, l’Angola et l’Afrique du Sud. Les investisseurs de quatre continents participent au projet, dont la firme VIP Must et la Banque africaine de développement. Wasace sera mis en œuvre par le groupe David Ross, un consultant international, basé aux Etats-Unis, spécialisé dans la réalisation de réseaux de communication. Ses promoteurs veulent utiliser la technologie dite « 100G ». Ses capacités seraient dix fois plus importantes que celles des systèmes actuels. 

    Câble sous-marin Brics

    On ne saurait oublier le nouveau câble sous-marin Brics annoncé en juin 2012 et qui va connecter les pays du Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) avec les Etats-Unis. Le câble aura une capacité de 12,8 terabit/s et sera relié aux câbles WACS (West Africa Cable System), EASSy (Eastern Africa Submarin System) et SEACOM. Ce qui permettra aux cinq pays initiateurs du câble d’avoir un accès direct à 21 pays africains.

    Autre câble sous-marin qui sera mis en service en 2014, la South Atlantic Express (SAex). Ce câble devrait connecter Cape Town, en Afrique du Sud, Luanda en Angola et Fortaleza au Brésil. Ces projets et bien d’autres permettront à l’Afrique d’avoir une bande passante toujours plus intéressante.

    « Maintenant que les façades maritimes du continent africain sont toutes couvertes de l’Ouest à l’Est et du Nord au Sud par des câbles sous-marins, le nouveau challenge consiste à interconnecter les hubs et des points de contact entre eux », observait récemment Philippe Dumont, le président de l’activité réseaux sous-marins d’Alcatel-Lucent dans les colonnes de RTN.

    Les câbles sous-marins en Afrique depuis 2000

    Nom du câble

    Pays africains concernés

    Longueur

    Période de mise en service

    SEA-ME-WE-3

    Maroc, Egypte, Djibouti

    39 000 km

    2000

    ATLANTIS 2

    Dakar (Senegal), Praia (Cap Vert). Ensuite, Las Toninas (Argentine), Rio de Janeiro (Brésil), Fortaleza (Brésil), Medano (Iles Canaries), Madère, Conil (Espagne) et Lisbonne (Portugal)

    12 000 km

    Mai 2000

    SAT-3

    Côte d’Ivoire, Ghana, Bénin, Nigeria, Cameroun, Gabon, Angola, Afrique du Sud, Maurice, Sénégal

    14 000

    Deuxième trimestre 2001

    SEA-ME-WE-4

    Egypte, Tunisie, Algérie

    20 000 km

    2000

    SEACOM

    Madagascar, Mozambique, Tanzanie, Kenya, Afrique du Sud, Egypte 

     

    2009

    TEAMS

    Kenya

    4500 km

    Troisième trimestre 2009

    LION

    Madagascar, Maurice

    1000 km

     

    Main One

    Nigeria, Ghana

    7000 km

    Troisième trimestre 2010

    EASSY

    Afrique du Sud, Soudan, Ethiopie, Madagascar, Seychelles, Botswana, Mozambique, Tanzanie, Soudan, Kenya, Maurice, Djibouti, Erythrée

    9900 km

    2010

    GLO-1

    Ghana, Sénégal, Mauritanie, Maroc 

    9800 km

    Quatrième trimestre 2010

    EIG

    Egypte, Libye

    11 300 km

    2011

    WACS

    Afrique du Sud, Namibie, Angola, RD Congo, Congo, Cameroun, Nigeria, Togo,

    Ghana, Côte d’Ivoire, Cap-Vert

    14 000 km

    2011

    LION-2

    Kenya, Madagascar, Maurice

    3000 km

    2012

    ACE

    Gabon, Cameroun, Nigeria, Bénin, Togo, Ghana, Côte d’Ivoire, Liberia, Sierra Leone,

    Guinée Conakry, Guinée-Bissau, Sénégal, Gambie, Cap-Vert, Mauritanie, Maroc

    12 000 km

    2012

     Source : RTN

    Par Beaugas-Orain Djoyum pour Réseau Télécom Network No 59

    (Agence Ecofin)

  • USA/RWANDA: Des révélations de New York Times sur la relation entre Paul Kagame et l’ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU, Susan Rice

    USA/RWANDA: Des révélations de New York Times sur la relation entre Paul Kagame et l’ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU, Susan Rice

     

    Près de deux décennies après que l’administration Clinton se soit abstenue d’intervenir dans le génocide au Rwanda, les Etats-Unis sont sous le feu de sévères critiques pour leur manque de réaction énergique dans une autre crise africaine marquée par des atrocités et des meurtres brutaux, cette fois chez le voisin du Rwanda, la République démocratique du Congo.
    Alors que le président Obama et la secrétaire d’État Hillary Rodham Clinton ont reçu une partie du blâme, les critiques de la politique de l’administration Obama en Afrique ont mis l’accent sur le rôle de Susan E. Rice, l’ambassadeur américain auprès de l’ONU et candidate de premier plan pour succéder à Mme . Clinton, dans l’échec de l’administration à prendre des mesures contre le pays qu’ils considèrent comme une cause majeure de la crise congolaise, le Rwanda.
    Plus précisément, ces critiques – des représentants des organisations des droits de l’homme et des diplomates des Nations Unies – affirment que l ‘administration n’a pas mis assez de pression sur le président du Rwanda, Paul Kagame, pour mettre fin à son soutien au mouvement rebelle dont la récente prise de la ville stratégique de Goma, au Congo a déclenché une crise nationale dans un pays qui a déjà perdu plus de trois millions de personnes dans plus d’une décennie de combats. Le soutien par le Rwanda est considéré comme vital pour le groupe rebelle, connu sous le nom de M23.
    Le soutien à M. Kagame et au gouvernement rwandais a fait l’objet de la politique étrangère américaine depuis qu’il a mené le Front patriotique rwandais dominé par les Tutsis à la victoire sur le gouvernement en place en Juillet 1994, a conséquemment mis une fin effective au génocide rwandais. Mais, selon les organisations des droits de l’homme et des diplomates aux Nations Unies, Mme Rice a été à l’avant-garde des efforts pour protéger le gouvernement rwandais, et M. Kagame en particulier, de la censure internationale, bien que plusieurs rapports des Nations Unies aient jeté le blâme pour la violence au Congo sur M. Kagame.
    Un haut responsable du gouvernement a déclaré samedi que Mme Rice n’a pas été en freelance, et que la politique américaine envers le Rwanda et le Congo était de travailler avec tous les pays de la région pour un règlement négocié du conflit.
    Des collaborateurs de Mme Rice reconnaissent qu’elle est proche de M. Kagame et que le gouvernement de M. Kagame était son client alors qu’elle travaillait à Intellibridge, une société d’analyse stratégique à Washington. Mme Rice, qui a servi comme l’ expert de haut niveau au département d’État en affaires africaines dans l’administration Clinton, a aussi travaillé au sein de la firme avec plusieurs autres anciens responsables de l’administration Clinton, y compris David J. Rothkopf, qui était un sous-secrétaire par intérim du département du Commerce, M. Anthony Lake , M. Clinton conseiller à la sécurité nationale, et John M. Deutch, qui était directeur de la Central Intelligence Agency.
    Payton Knopf, porte-parole de Mme Rice, a d’abord refusé de dire si son travail avec le Rwanda à Intellibridge affecté ses relations avec le pays dans son poste actuel en tant qu’ambassadeur. Mais lundi, M. Knopf a déclaré: «conseil brève Ambassadeur Rice à Intellibridge n’a eu aucune incidence sur son travail au sein des Nations Unies. Elle met en œuvre la politique adoptée aux États-Unis à l’ONU  »
    Il y a deux mois, lors d’une réunion avec ses homologues français et britanniques à la Mission française auprès des Nations Unies, selon un diplomate occidental en connaissance de cette réunion, Mme Rice s’est fermement opposé à l’appel lancé par l’ambassadeur français, Gérard Araud, pour explicitement «citer et embarrasser » M. Kagame et le gouvernement rwandais pour son soutien au M23, et à sa proposition d’envisager des sanctions pour faire pression sur le Rwanda pour abandonner le groupe rebelle.
    «Écoutez Gérard, » at-elle dit, selon le diplomate. «C’est la R.D.C. Si ce n’était pas le M23 qui faisait cela, ce serait un autre groupe. » L’échange a été rapporté dans la revue Foreign Policy la semaine dernière.
    Quelques semaines plus tard, Mme Rice a de nouveau intervenu pour protéger M. Kagame. Après avoir retardé pendant des semaines la publication d’un rapport des Nations unies dénonçant le soutien du Rwanda pour le M23 et s’être opposée à toute référence directe au Rwanda dans les déclarations et les résolutions des Nations Unies sur la crise, Mme Rice est intervenu pour diluer une résolution du Conseil de sécurité qui condamnait le M23 pour viols, exécutions sommaires et le recrutement d’enfants soldats. La résolution a exprimé sa «profonde inquiétude» au sujet des soutiens externes appuyant la M23. Mais Mme Rice a réussi à éviter que la résolution ne nomme explicitement Rwanda quand elle a été adoptée le 20 novembre.
    M. Knopf, le porte-parole de Mme Rice, a déclaré que l’avis des États-Unis était que les négociations diplomatiques délicates en cours entre le Rwanda, le Congo et l’Ouganda aurait pu être affectées négativement si la résolution du Conseil de sécurité avait explicitement nommé le Rwanda. «En collaboration avec nos collègues du Conseil de sécurité, les États-Unis ont aidé à élaborer une résolution forte renforçant les efforts diplomatiques délicats en cours à Kampala», a déclaré M. Knopf.
    Les négociations ont échoué par la suite, et le M23 a continué à faire des progrès dans l’est du Congo. La semaine dernière, le M23 s’est retiré de Goma, mais a laissé des agents et restent à proximité de la ville.
    M. Knopf a refusé de confirmer ou de nier la conversation relatée par le diplomate des Nations Unies entre Mme Rice et l’ambassadeur français. Mais il a dit que «Mme Rice a fréquemment et publiquement condamné les abus odieux perpétrés par le M23 dans l’est du Congo», ajoutant que les Etats-Unis soutenaient « les efforts visant à mettre fin à la rébellion, y compris en imposant des sanctions américaines et des Nations Unies contre les dirigeants et les commandants du M23.  »
    Les critiques de Mme Rice disent que c’est le noeud du problème de la réponse américaine à la crise au Congo: il ne tient pas compte, pour l’essentiel, du rôle joué par M. Kagame dans le soutien au M23, et, comme on pourrait s’y attendre, risque de répéter les erreurs du génocide en ne penchant pas pour excès d’action agressive. « Je crains que notre regret collectif de ne pas avoir arrêté le génocide rwandais, ressenti par tous ceux qui ont travaillé pour l’administration Clinton, ne conduise à des politiques qui ont éludé les autres vagues d’atrocités au Congo, que nous devrions également regretter », a déclaré Tom Malinowski, le directeur pour Washington de Human Rights Watch, qui a travaillé en étroite collaboration avec Mme Rice à la fois dans l’administration Clinton et après.
    « Depuis près de 20 ans maintenant, les prémisses de la politique américaine ont été que la persuasion tranquille est le meilleur moyen de dissuader le Rwanda de soutenir les criminels de guerre au Congo», a déclaré M. Malinowski. « Ca a pu avoir un sens à une époque, mais après des années où le Rwanda a fait ce que les Etats-Unis l’ont exhorté à ne pas faire, contribuant ainsi à la mort de civils en masse, et a violé les résolutions de l’ONU parrainées par les États-Unis, le temps de parler clairement et d’imposer des sanctions est venu .  »
    Quand Mme Clinton a comparu devant les journalistes le 28 novembre pour parler de la prise de Goma par le M23 de Goma, elle aspergeait ses points de discussion à une demande que le groupe rebelle retirer, appelant l’impact humanitaire « dévastateur », avec 285.000 personnes forcées de fuir leurs maisons , les travailleurs de la santé ont enlevé et tué, et les travailleurs civils sous la menace de la mort. Mais elle ne fait aucune mention du rôle du Rwanda sauvegarde du groupe rebelle, ce qui limite son inclusion du Rwanda à une mention de négociations avec le Rwanda, l’Ouganda et le Congo pour tenter d’obtenir un cessez-le-feu.
    «Le M23 n’existerait probablement plus aujourd’hui sans le soutien du Rwanda», a déclaré Jason K. Stearns, auteur de « Dancing in the Glory of Monsters:. L’effondrement du Congo et la Grande Guerre de l’Afrique » « Il est intervenu pour empêcher le mouvement de s’effondrer et a fourni un soutien militaire crucial pour chaque grande offensive.  »
    Johnnie Carson, le secrétaire d’État adjoint aux affaires africaines, a noté que les Etats-Unis ont coupé une partie de son financement militaire pour le Rwanda – environ $ 250.000. Mais l’armée rwandaise continue de recevoir une solide formation américaine, de l’équipement et de l’aide financière. Dans une interview, il dit: «Il n’y a pas une once de différence entre moi et Mme Rice sur cette question », ajoutant que la diplomatie silencieuse était mieux que crier publiquement M. Kagame.
    Mme Rice, qui est dans l’œil de la tempête politique pour son interprétation de l’attaque contre la mission américaine à Benghazi de la 11 septembre 2012, en Libye, a refusé d’être interviewé pour cet article. Mais ces derniers jours, elle semble avoir tenté de se distancier publiquement du M23 – mais pas encore de M. Kagame. Le 3 décembre, elle a posté sur sa page Facebook: « Les Etats-Unis condamne dans les termes les plus forts la violence horrible du M23. Tout appui extérieur doit cesser « , dans une référence à l’action au Sénat.
    Son post a suscité des réponses immédiates. « Condamner le viol mais ne pas nommer le violeur? » Dit l’un d’eux. «Quel genre de justice est-ce donc ? »
    HELENE COOPER, New York Times,
    Traduit par Direct.cd
  • RDC: passeports et visas nécessaires pour aller au Congo-Brazzaville

    RDC: passeports et visas nécessaires pour aller au Congo-Brazzaville

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    Le Beach à Kinshasa, est le lieu d’où partent les bateaux qui assurent la traversée du fleuve Congo pour Brazzaville.AFP/PATRICK FORT

    Les déplacements entre le Congo-Brazzaville et la République démocratique du Congo sont désormais soumis à des conditions rigoureuses. Depuis lundi, Brazzaville exige le passeport aux ressortissants de RDC qui veulent traverser le fleuve, Kinshasa exigeant de son côté un visa. Personne n’est épargné dans cette surenchère qui crispe considérablement les relations entre les deux pays.

    A Kinshasa, on est formel : c’est Brazzaville qui a commencé. Par un simple coup de téléphone, le préposé de l’immigration au Beach de Brazzaville a informé samedi dernier son collègue de Kinshasa d’une nouvelle disposition concernant l’entrée des Congolais de RDC au Congo-Brazzaville. Désormais, il faudra disposer obligatoirement d’un passeport.

    Selon Kinshasa, cette mesure appliquée dès dimanche 18 mai, n’a pas été négociée par les deux parties. Pourtant aux termes des accords existants, les ressortissants des deux rives désireux d’aller dans l’un ou l’autre pays doivent, en plus du laissez-passer, présenter, soit un passeport, soit une carte d’identité en cours de validité.

    Ping-pong

    Lundi, des ressortissants Congolais de RDC ont été refoulés de Brazzaville parce qu’ils étaient juste porteurs de la seule carte d’électeur qui fait office de carte d’identité. Réplique de Kinshasa : comme il faut obligatoirement le passeport, donc il faut aussi nécessairement un visa. Ainsi les Brazzavillois, détenteurs d’un passeport non muni de visa, ont à leur tour été refoulés de Kinshasa. Ce jeu de ping-pong se poursuit.

    Depuis début avril, les ressortissants de la RDC, qui ont quitté le Congo-Brazzaville à la suite des expulsions qui les frappent, ont déjà dépassé 122 500 personnes.

  • Joseph Kabila à Paris pour discuter de la crise centrafricaine

    Joseph Kabila à Paris pour discuter de la crise centrafricaine

    Francois Hollande (France) et Joseph Kabila (RDC)
    Francois Hollande (France) et Joseph Kabila (RDC)

    -Le président de la RDC, Joseph Kabila, doit rencontrer ce mercredi après-midi à Paris son homologue français François Hollande pour une réunion consacrée à la crise en Centrafrique. Un pays où les deux pays sont particulièrement impliqués.

    Avec 850 militaires et 150 policiers, la RDC est sans conteste l’un des contributeurs importants à la Misca, la Mission internationale de soutien à la Centrafrique. Mais ce déploiement en décembre ne s’est pas fait sans remous. Alors que la RDC se bat contre une quarantaine de groupes armés dans l’est du pays et que sa propre situation sécuritaire est toujours fragile, une partie de la société civile congolaise avait jugé cette intervention non prioritaire.

    Cinq mois plus tard, le bilan pour la RDC est plutôt positif, même si deux Congolais ont été tués en Centrafrique : la France comme le commandement de l’Union africaine ont salué le professionnalisme du contingent congolais.

    L’enjeu désormais pour Paris est d’encourager la RDC à maintenir ses hommes en Centrafrique, alors que beaucoup, comme l’Afrique du Sud par exemple, rechignent à envoyer des troupes et que le Tchad s’est désengagé il y a un mois. François Hollande pourrait ainsi demander à ce que le Congo renforce encore sa présence sur le terrain. En échange, il pourrait plaider en faveur du passage des Congolais sous mandat de l’ONU quand celui-ci se fera.

    Pour la RDC, la Centrafrique est une carte à l’internationale, une façon de se positionner en grande puissance dans la région. Mais aussi de faire en sorte que la crise centrafricaine ne franchisse pas la frontière, longue de plus de 1 500 km entre les deux pays.

    Mais au-delà de la crise régionale, Paris compte bien miser sur cette visite pour vendre le savoir-faire de ses grandes entreprises à la RDC. Le groupe Bolloré, par exemple, s’intéresse à la gestion du gigantesque port fluvial de Matadi. L’entreprise Total, elle, lorgne le potentiel pétrolier dans l’est du pays. Sur le plan politique, François Hollande va-t-il aborder la question du respect de la Constitution, comme l’a fait le secrétaire d’Etat américain John Kerry ? Voilà un élément qui sera en tout cas suivi de très près par la classe politique congolaise.

    RFI

  • L’Angola procède à son premier recensement depuis l’indépendance

    L’Angola procède à son premier recensement depuis l’indépendance

    angola-Les autorités angolaises ont lancé vendredi le premier recensement depuis l’indépendance en 1975 de l’ancienne colonie portugaise.

    L’Angola a donné vendredi 16 mai le coup d’envoi de son premier recensement depuis son indépendance en 1975. « Ce recensement est sans nul doute le moment fort de cette année 2014 pour notre pays (. . .) et nous appelons tous les Angolais à se mobiliser car nous avons l’obligation de réussir », explique Camilo Ceitas, le coordinateur général du cabinet en charge de l’opération.

    Outre la taille de la population, sa répartition par sexe, tranche d’âge et provinces, il devrait livrer une photographie inédite des conditions de vie réelles des Angolais, quitte à mettre le doigt sur certaines réalités embarrassantes pour le pouvoir : combien de personnes vivent par foyer, dans quel type d’habitation ? Ont-elles accès à l’eau ? À l’électricité ? Combien sont retraitées ?

     

    Les partis politiques de l’opposition ont aussi salué l’initiative, tout en s’inquiétant du traitement des données recueillies. L’Unita, principal parti d’opposition, a « exhorté l’exécutif à conduire le processus avec transparence et honnêteté de façon à atteindre les objectifs annoncés » et à produire un recensement crédible.

    Mais les défis sont légions. Grand comme deux fois et demi la France, l’Angola compte de nombreuses provinces rurales, dont certaines zones très reculées et seulement accessibles en barque ou en hélicoptère.

    À Luanda, l’extrême densité de population de certains quartiers risque aussi de poser problème. « La participation de la population est cruciale pour le succès du recensement », observe Kourtoum Nacro, la représentante du Fonds des Nations unies pour la population en Angola, qui a joué un rôle crucial dans la préparation de l’opération, notamment en cartographiant le pays.

    « Il y a beaucoup à faire pour informer les habitants qui ne sont pas habitués à cette pratique du recensement et dont une partie est analphabète et n’en comprend donc pas l’intérêt », ajoute Mme Nacro.

     

    Depuis plusieurs semaines, une campagne de sensibilisation est menée dans les médias angolais, et les églises, présentes sur l’ensemble du territoire, se sont elles aussi mobilisées.

    Attendu depuis plusieurs années, le dernier recensement remontant à l’époque de la colonisation portugaise en 1970, il va mobiliser près de 100 000 personnes dont plus de 90 000 recrutées et formées spécialement pour l’opération qui sera ainsi temporairement l’un des premiers employeurs du pays.

    Il est prévu pour coûter 200 millions de dollars, entièrement assumé par Luanda, quand beaucoup de pays en développement recourent généralement à l’aide internationale.

    Les premiers résultats devraient être connus quatre mois après la fin de la collecte le 31 mai.

    (Avec AFP)

  • Poursuites judiciaires contre un cadre du premier parti d’opposition

    Poursuites judiciaires contre un cadre du premier parti d’opposition

    Logo_UDPS-Un dirigeant régional du principal parti d’opposition en République démocratique du Congo, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), a été déféré à la justice vendredi, plus de quatre mois après son arrestation, a-t-on appris samedi de source officielle.

    Président fédéral de l’UDPS au Kasaï oriental, Bruno Kabatshi avait été arrêté le 2 janvier à Mbuji-Mayi, capitale de cette province du centre du pays. Vendredi, il a été mis “à la disposition de son juge naturel”, c’est-à-dire devant un tribunal de Mbuji-Mayi, ville où ont été commis les faits qui lui sont reprochés, a indiqué à l’AFP un haut responsable congolais sous le couvert de l’anonymat.

    M. Kabatshi avait été arrêté à la suite d’un débat télévisé avec un membre du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), le parti du président de la République, Joseph Kabila. Les autorités lui reprochent d’avoir manqué de respect au chef de l’État, d’avoir “incité la population à la haine” et les forces de l’ordre à la désobéissance, a indiqué le haut responsable congolais.

    “Atteinte à la liberté d’expression”

    Interrogé par l’AFP, Samy Badibanga, chef du groupe UDPS à l’Assemblé nationale, a contesté les fait reprochés à M. Kabatshi, estimant que les poursuites contre lui relevaient “d’une atteinte à la liberté d’expression”. M. Kabatshi, a-t-il dit, a participé “à une émission tout à fait normale dans laquelle il a donné son point de vue sur les élections de 2011”, qui ont permis au président Kabila, au pouvoir depuis 2001 de se maintenir à son poste pour un nouveau mandat de 5 ans. “Chacun peut donner son avis sur ce qui s’est passé en 2011” sans être inquiété, a ajouté M. Badibanga.

    Pour l’opposition congolaise et la communauté internationale, la présidentielle et les législatives de 2011 ont été marquées par des irrégularités massives.

    Rejetant les résultats officiels l’ayant placé en deuxième position derrière M. Kabila, le président de l’UDPS, Etienne Tshisekedi, aujourd’hui âgé de 82 ans, estime depuis lors être le “président élu” de la RDC.

    Conduit à Kinshasa après son arrestation, M. Kabatshi avait été détenu par l’Agence nationale du renseignement (ANR) puis emprisonné au centre pénitentiaire de Makala, la grande prison de la capitale congolaise, jusqu’à son transfèrement à Mbuji-Mayi vendredi.

    (AFP)

  • Tracer les munitions en RDC

    Tracer les munitions en RDC

    Une enquêtrice spécialisée dans les armes et les munitions de petit calibre examine le matériel militaire dans une base reprise aux mains d’une milice, dans le parc national des Virunga, en RDC

    PARC NATIONAL DES VIRUNGA, (IRIN) – Son métier consiste à pister les armes et les munitions de petit calibre dans les zones de conflit en Afrique, et à en déterminer la provenance.

    Chaque cartouche, fusil d’assaut, mortier, roquette ou autre article d’armement militaire qu’elle enregistre constitue une pièce du gigantesque puzzle en cours d’élaboration par l’ONG britannique Conflict Armament Research (CAR), dans le but de cartographier avec précision les flux d’armes de guerre en Afrique.

    L’enquêtrice, qui se déplace au gré des aléas du conflit en République démocratique du Congo (RDC), a souhaité garder l’anonymat. « Idéalement, il est préférable de suivre les affrontements de façon à arriver sur place dès que c’est terminé [pour vérifier le type et la provenance des munitions et des armes de petit calibre] », a-t-elle dit à IRIN.

    La brigade d’intervention de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) bénéficie d’un mandat « musclé » du Conseil de sécurité des Nations Unies pour neutraliser les groupes armés sévissant dans le pays en partenariat avec l’armée nationale (FARDC), et des opérations ciblant toute une série de milices sont en cours.

    « On trouve des munitions soudanaises en RDC. L’essentiel provient du gouvernement de Khartoum. »

    Des éléments des FARDC et de la brigade d’intervention du Malawi se sont récemment emparés de la position des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR, un groupe rebelle rwandais hutu) dans le parc national des Virunga. Deux combattants des FDLR ont été tués, et le reste – une vingtaine d’hommes environ – se seraient dispersés dans la brousse, selon les indications que les FARDC ont données à IRIN.

    Jonglant avec deux téléphones portables, l’enquêtrice multiplie les appels et obtient l’autorisation (ainsi que quelques refus) de certains membres de la hiérarchie militaire des FARDC d’accéder à l’ancien camp de brousse des FLDR, également connu sous le nom de « Kilomètre 9 ».
    « Le mieux est de se rendre sur place et de parler directement avec eux [les FARDC] », dit-elle. « Il faut que nous arrivions avant que les munitions [des FDLR] soient récupérées par les FARDC ».

    Il est impératif de documenter ses découvertes aussi rapidement que possible, sur le terrain. Les groupes armés et les armées régulières partagent le plus souvent les mêmes armes à feu. Après s’être emparé de positions militaires, les vainqueurs se redistribuent généralement les armes et les munitions saisies, et un maillon de la chaîne d’approvisionnement se perd.

    Depuis la route en roche volcanique, rien ne laisse deviner la base qui assurait un revenu aux FDLR grâce au péage de 0,21 dollars US auquel étaient soumis les voyageurs traversant le parc entre Kalangera et Tongo, dans le territoire de Rutshuru (Nord Kivu).

    À la recherche de « marques de culot »

    En s’enfonçant de quelques mètres dans l’épaisseur de la brousse, une clairière dévoile pourtant des traces d’habitation : de la viande de brousse pend aux arbres, et l’odeur qui flotte trahit des problèmes d’assainissement. Il s’y trouve un lit de branchages, au matelas de paille, au-dessus duquel est accroché un poncho en guise de protection contre la pluie – et une caisse de munitions.

    Une à une, l’enquêtrice photographie les marques de culot à la base de chacune des cartouches. Bien qu’il puisse sembler dénué de sens à l’œil non averti, le marquage des munitions est source d’informations pour le spécialiste.

    Les marques de culot d’une cartouche sont imprimées sur le lieu de fabrication, et « on y retrouve le plus souvent le pays d’origine et la date de fabrication », a dit à IRIN le directeur de CAR, James Bevan.

    « Par exemple, le numéro d’identification de la Bulgarie est le 10. Luwero Industries, en Ouganda, utilise du matériel de fabrication chinois et présente donc le même style de police. LI à la position de 12 heures, et les deux chiffres de l’année à la position de 6 heures », a-t-il dit.

    Le code des munitions zimbabwéennes est ZI, tandis qu’au Soudan, certaines portent le code SU ou SUD.

    Les marques de culot comportent d’autres indices évocateurs permettant d’en confirmer l’origine, même s’ils ne suffisent pas à la déterminer, tels que la couleur du joint d’amorce ou la configuration des petites dentelures entourant l’amorce (l’élément de mise à feu à la base de la cartouche).

    « On trouve des munitions soudanaises en RDC. L’essentiel provient du gouvernement de Khartoum. Le M23 [une milice agissant supposément pour le compte du Rwanda voisin] en possédait beaucoup également. Nous essayons de comprendre comment elles sont arrivées jusqu’ici. Elles ne sont pas de très bonne qualité », a dit M. Bevan.

    Fondée en 2011, CAR surveille les mouvements d’armes au Mali, en Somalie, au Soudan et au Soudan du Sud, et a commencé à faire de même en République centrafricaine il y a peu.

    « Il est ressorti [de recherches initiales] que le Soudan approvisionne des forces gouvernementales et non gouvernementales dans toute la région, de l’est à l’ouest de l’Afrique », a dit M. Bevan.

    Le rapport sur les mouvements d’armes en provenance du Soudan devrait être publié en juin 2014. Le même mois, l’ONG lancera une base de données ouverte – baptisée iTrace – au siège des Nations Unies à New York. Il est envisagé que ces informations accessibles au public servent notamment aux autorités nationales de contrôle des exportations d’armes, aux ONG et aux journalistes d’investigation.

    Publié par Small Arms Survey en mai 2014, le rapport intitulé Following the thread : Arms and ammunition tracing in Sudan and South Sudan (Suivre la piste : le traçage des armes et des munitions au Soudan et au Soudan du Sud) a découvert, lors d’une période d’enquête s’étendant d’avril 2011 à juillet 2013, que « les forces de sécurité soudanaises sont la principale source d’approvisionnement en armes des groupes armés non étatiques au Soudan et au Soudan du Sud, par le biais d’une stratégie d’armement délibérée et de prises au champ de bataille ».

    Traité sur les armes

    Le 2 avril 2013, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté le Traité sur le commerce des armes (TCA) visant à réguler le marché des armes conventionnelles, estimé à 70 milliards de dollars US annuels. L’Iran, la Syrie et la Corée du Nord ont voté contre. Un an après l’adoption du traité, 118 États l’avaient signé, et 31 l’avaient ratifié. L’entrée en vigueur du TCA est soumise à sa ratification par 50 pays.

    « On trouve des munitions soudanaises en RDC. L’essentiel provient du gouvernement de Khartoum. »

    CAR recueille aussi bien des données sur l’arsenal des milices que sur celui des forces gouvernementales, étant donné que « le commerce illicite et le commerce licite [d’armes et de munitions] sont liés. Les circuits primaires légaux alimentent le marché illicite », a dit M. Bevan.

    Allison Pytlak, directeur de campagne auprès de l’ONG britannique Control Arms Coalition (CAC), a dit à IRIN que le TAC était dépourvu de « mécanismes de suivi [intégrés] ».

    « Certaines études évaluent le commerce annuel de munitions pour les armes légères et de petit calibre à 4,3 milliards de dollars – plus que le commerce d’armes légères et de petit calibre en lui-même, estimé à 2,68 milliards de dollars », a-t-elle dit.

    Mme Pytlak a ajouté que de nombreux pays étaient opposés aux contrôles portant sur les munitions prévus par le traité, « actuellement appliqués aux exportations uniquement – au motif que c’est trop compliqué à mettre en œuvre et à gérer. […] L’immense majorité des pays qui exportent du matériel militaire pratiquent déjà un contrôle des munitions dans le cadre de leurs systèmes de contrôle des exportations d’armes ».

    CAC prévoit la mise en place d’un système documentaire de surveillance de la mise en application du traité, alimentée par la société civile, comparable à l’Observatoire des mines et des armes à sous-munitions dédié au contrôle de la Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel.

    À Tongo, les soldats des FARDC nettoyaient leurs armes avant les offensives programmées contre les FDLR. Parmi la grande variété d’armes retrouvées sur place se trouve un fusil sans recul, saisi lors de l’assaut d’une position du M23 l’année dernière.

    Une unité des FARDC avait fait main basse sur l’arme : cet exemple illustre la rapidité avec laquelle une arme peut se perdre, dans ces environnements où le matériel passe de mains en mains avec une telle fluidité. Ces informations apportent un élément de réponse, qui permettra par la suite de comprendre comment l’arme a pu transiter par un tel labyrinthe d’acteurs militaires, tant gouvernementaux que non gouvernementaux.

    D’après un rapport publié par CAR en 2012 à la suite d’une enquête portant sur neuf pays – The distribution of iranian ammunition in Africa (La distribution des munitions iraniennes en Afrique) – « Les gouvernements africains sembleraient être les principaux vecteurs de l’approvisionnement en munitions [et armes] iraniennes des marchés illégaux en Afrique – que ce soit du fait de pertes, de vols ou de politiques délibérées d’armement des civils et des forces insurgées ».

    Dans un cas de figure, « il existe une preuve claire d’un approvisionnement direct et illicite de l’Iran à destination du continent », ce qui constitue une violation des sanctions édictées par les Nations Unies en 2007 visant les exportations d’armes iraniennes. « Les transferts de munitions iraniennes contrevenaient aussi aux sanctions des Nations Unies ciblant la Côte d’Ivoire et vraisemblablement aux embargos des Nations Unies frappant la RDC et le Darfour. Il n’y a pas de preuve permettant d’établir une participation directe de l’Iran dans ces violations », explique le rapport.

    « Les marchés d’armes africains évoluent, avec l’apparition de nouveaux fournisseurs et de nouveaux vecteurs d’approvisionnement – aussi bien légaux qu’illégaux. Pourtant, la communauté internationale est freinée dans sa lutte contre la prolifération d’armes illicites, essentiellement du fait d’un manque de capacité de surveillance qui l’empêche de comprendre pleinement les transferts illicites et, partant, de développer des stratégies adaptées de lutte contre la prolifération », souligne le rapport.

    Le traité sur le commerce des armes « est solide s’agissant des contrôles visant les exportations, mais ne s’accompagne d’aucun élément de suivi indépendant à l’heure actuelle. C’est ce que nous [CAR] faisons », a dit M. Bevan.

    go/cb-xq/amz

    [This report does not necessarily reflect the views of the United Nations]

  • 17 MAI 1997-17 MAI 2014 : 17 ANS DEJA !

    17 MAI 1997-17 MAI 2014 : 17 ANS DEJA !

    17 MAI 1997-17 MAI 2014 : 17 ANS DEJA !

    Fête de Libération, fête des Fardc

     fardcEntré dans l’histoire comme date de Libération au lendemain de la guerre de l’Afdl menée contre la dictature instaurée par le régime monopartiste du Mpr Parti-Etat, le 17 mai – symbole de la Révolution Pardon prônée par Mzee Laurent-Désiré Kabila – est devenu la journée commémorative des Forces Armées de la République Démocratique du Congo, Fardc. Ce 17 mai 2014 a de singulier et de solennel la confirmation de la montée en puissance de l’armée nationale observée principalement avec la victoire incontestée et incontestable des militaires congolais sur les forces négatives à l’origine de l’insécurité à l’Est du pays dont le M.23. Il est vrai que la Brigade d’intervention de la Monusco (Bim) composée de militaires tanzaniens, sud-africains et malawites a contribué à cette victoire. Tout comme il est vrai que la Bim, elle-même, a dû faire confiance aux Fardc pour mener la grande offensive étalée sur sept jours, soit du 25 octobre au 2 novembre 2013. En d’autres mots, sans la bravoure des militaires congolais, la guerre serait encore-là..

     

     

                Le succès était à la fois si évident et mérité que l’arsenal abandonné à Chanzu dans la précipitation par des éléments du M.23 et leurs parrains a convaincu les observateurs de la volonté et de la capacité des forces négatives de mener en territoire congolais une guerre longue, même impopulaire. Heureusement que du côté gouvernemental et de la Monusco, il y a eu aussi la volonté et la capacité de l’écourter et de la liquider.

                Les historiens s’accordent sur ce point précis : depuis l’Indépendance, la victoire des Fardc est la première qui soit conquise au pays même par une armée gouvernementale agissant en esprit d’équipe, sous la conduite de son Commandant suprême en la personne du Président de la République Joseph Kabila Kabange.

                Effectivement, les sécessions du Katanga et du Sud-Kasaï, les rébellions de Stanleyville, du Kwilu et de Bukavu et les guerres du Shaba (I et II) sous la 1ère et la 2ème République avaient connu la participation des forces internationales (Onuc, Belgique, Etats-Unis, France, Maroc etc.). Mais, il n’y avait pas localement une action déterminante dans le chef des forces gouvernementales.

                Aussi, la victoire des Fardc appelle-t-elle à des encouragements, surtout quand on sait qu’elle venue en concrétisation de la recommandation des Concertations nationales, qualifiée à juste titre de “cardinale” par le Chef de l’Etat dans le discours sur l’état de la Nation du 23 octobre 2014, deux jours avant la contre-offensive des Fardc enclenchée en en réaction à l’offensive du M 23.

     

    Pistes politique, diplomatique et militaire

     

                A propos de ces assises, le Président Joseph Kabila a fait allusion à la réflexion des Concertateurs sur “la problématique des groupes armés nationaux et étrangers encore opérationnels sur  notre territoire ” et ” les conséquences néfastes de leur présence sur notre sol, aux plans politique, économique, humanitaire, social, sanitaire et écologique“, cela non sans évaluer tous les “programmes correspondants de désarmement, démobilisation, intégration/réintégration, réinsertion sociale et rapatriement“, allant jusqu’à proposer “des améliorations pour les programmes en cours et à venir “.

                Aussi, a-t-il souscrit à la recommandation imposant aux groupes armés le seul choix raisonnable de déposer les armes et de se rendre aux Fardc, à défaut d’y être contraints par la force. D’autant plus qu’il en va du devenir de la RDC menacée de balkanisation.

                Pour faire face à ce danger réel, le Chef de l’Etat a eu la sagesse de préconiser trois pistes : la politique (dont les Concertations nationales comme dernière initiative en date après le Dialogue intercongolais), la diplomatique (sa présence à toutes les assises où se négocie la paix pour son pays) et la militaire (la réforme des Fardc).

                Cette foi dans les trois pistes est fondée sur la nécessité d’atteindre l’objectif premier de son pouvoir : le développement du pays. ” …pour moi (…) dès lors qu’une partie du territoire national se trouve en péril, c’est toute la République Démocratique du Congo qui est concernée et interpellée. C’est tout son développement qui est hypothéqué. Car, sans paix, sans sécurité, tout effort de développement n’est qu’illusion“, dira-t-il dans son discours sur l’état de la Nation du 15 décembre 2012.

                Cette paix et cette sécurité sont tributaires de l’efficacité de l’armée nationale.

     

    Fardc : armée à la fois en formation et en guerre

     

                Or, l’histoire de l’armée congolaise post-17 mai 1997 renseigne que la Révolution menée par Mzee Laurent-Désiré Kabila se retrouve, à son avènement, avec deux armées elles mêmes composites :

    – d’un côté, les Kadogo venus dans les rangs de l’Afdl. Ils coalisent avec des éléments issus  notamment du Prp (Parti révolutionnaire du peuple), du Cndr (Conseil national de la résistance pour la démocratie), du Mrlz (Mouvement révolutionnaire pour la libération du Zaïre) et de l’Adp (Alliance démocratique des peuples) auxquels s’ajoutent, entre autres, les éléments issus des ex-Gendarmes katangais et du Flnc (Front de libération nationale du Congo),

    – et, de l’autre côté, les ex-Faz (Forces armées zaïroises). Elles sont en pleine décomposition en ce que les éléments évoluant dans la Dsp (Division spéciale présidentielle) et la Gaci (Garde civile) se dispersent dans la nature pendant que d’autres militaires, victimes soit d’ethnotribalisation, soit de politisation, se démobilisent d’eux-mêmes.

                Ainsi se constituent les Forces armées congolaises (Fac) entre le 17 mai 1997 (date d’avènement de l’Afdl) et le 30 juin 2003 (date d’enclenchement de la Transition issue du Dialogue intercongolais).

                Avec la guerre du 2 août 1998, apparaissent les branches armées du Rcd et du Mlc, et plus tard du Rcd/Kml et du Rcd/N. Elles font face, à l’époque, aux vrais patriotes Maï-Maï.

                La guerre de l’Ituri voit surgir, entre 2001 et 2003, les groupes armés UpcPusic, Arp, Fipi, Fapc, Flc, Fni, Fpdc et Frpi.

                Viennent plus tard les groupes armés signataires des Actes d’Engagement de Goma conclus en janvier 2008 aux termes de la Conférence sur la Paix, la Sécurité et le Développement au Nord-Kivu et au Sud-Kivu : Cndp, Pareco, Maï-Maï Kasidien, Maï-Maï Kifuafua, Maï-Maï Vurondo, Maï-Maï Mongol, Maï-Maï Ruwenzori, Ujps et Simba.Fin avril-début mai 2012 apparaît le M.23.

                Les événements survenus sur le terrain des opérations militaires au Nord-Kivu avec la défaite du M.23 révèlent l’existence d’une quarantaine de groupes armés nationaux et étrangers dont une trentaine rien que pour la RDC, la dizaine d’autres se répartissant entre l’Ouganda, le Rwanda et le Burundi.   

                Conséquence : les Fardc sont, on peut le dire sans se tromper, la seule armée au monde qui soit à la fois en formation et en guerre; ce qui rend hypothétiques l’unité et l’esprit de corps sans lesquels, cela va de soi, une armée n’a pas d’âme.

                La RDC est probablement, voire certainement l’unique pays au monde à se retrouver avec le défi de constituer sous pression une armée moderne, républicaine et forte à partir d’une fusion d’éléments hétérogènes, disparates et dont certaines sont encore ennemies la veille.

                Dans leur histoire, peu importe qu’elle soit millénaire ou centenaire, des pays membres du G 8 ou du G 20 n’ont jamais eu à faire face à pareil défi.

             La RDC est donc le premier pays membre des Nations Unies, de l’Unité africaine, de la Sadc, de la Ceeac, du Comesa, de la Cepgl et de Cirgl à intégrer dans les Forces gouvernementales autant de branches armées; certaines étant même qualifiées de forces négatives dans des déclarations officielles de ces institutions.

     

    Président de la République et Commandant suprême

     

                Comment alors se comporte le Président Joseph Kabila Kabange face à toutes ces situations qui sont autant de défis à relever ?

                La vérité établie et la réalité admise est que de tous les acteurs politiques congolais majeurs intéressés directement par la question militaire, il est celui qui, depuis l’avènement de l’Afdl en mai 1997, continue de croire dans la capacité de régénération de l’armée nationale même lorsque celle-ci, par moments, semble ne pas rassurer…

                On peut se référer aux réactions qui s’observent autour des rapports des ONGDH et d’innombrables ravages médiatiques de nature à la discréditer. A l’extérieur comme à l’intérieur de la RDC, certains acteurs politiques et certains activistes de la Société civile profitent de la publication de ces rapports pour, en réalité, démobiliser, démotiver les Fardc pourtant en croisade quotidienne pour défendre la Nation et le peuple. Subtilement, ils agissent comme s’ils les incitent à ne pas assumer leurs obligations constitutionnelles en temps de guerre ou en temps de paix.Car, si en temps de guerre, ces obligations consistent, selon l’article 187 de la Constitution, à “défendre l’intégrité du territoire national et les frontières“, en temps de paix, elles consistent à participer “au développement économique, social et culturel ainsi qu’à la protection des personnes et de leurs biens“.

                Il faut préciser que les Fardc sont régies par la Loi n°11/012 du 11 août 2011 portant organisation et fonctionnement  des Forces armées. A son article 9, la loi reconnaît la qualité de Commandant suprême des Forces armées au seul Président de la République. Cet article fixe les prérogatives du Chef de l’Etat dans le fonctionnement de l’armée congolaise. En raison de son mandat acquis du suffrage universel direct du 28 novembre 2011, Joseph Kabila Kabange exerce évidemment cette fonction déterminante.

                En ce jour anniversaire des 17 ans de la Révolution-Pardon, la fête de Libération est aussi la fête des Fardc.

                Le double événement requiert le salut de la Nation.

     

    Omer Nsongo die Lema

    Extrait de l’ouvrage ” Joseph Kabila : précurseur des pistes politique, diplomatique et militaire

  • Ségolène Royal brise l’unité gouvernementale au nom de sa liberté

    Ségolène Royal brise l’unité gouvernementale au nom de sa liberté

    SEGOLENE ROYAL– Moins de deux mois après sa nomination au ministère de l’Ecologie, Ségolène Royal fait valoir une liberté de parole en contradiction avec la cohésion voulue par Manuel Valls, n’hésitant pas à critiquer ouvertement le tandem de Bercy.

    “Ceux qui veulent me museler se trompent. Oui, je parle. C’est ma liberté et je la garderai quoi qu’il arrive”, affirme la ministre de l’Ecologie dans un article à paraître jeudi dans Paris Match. “Et si j’ai envie de dire autre chose que ce qui est convenu, je le dirai”.

    La numéro trois du gouvernement a assuré mercredi à des journalistes ne pas se souvenir “avoir dit des choses comme cela, si ce n’est sur le ton de la plaisanterie”.

    Elle s’est défendue de toute atteinte à la solidarité gouvernementale, prônée avec fermeté par le Premier ministre Manuel Valls, et a fait valoir son amitié et sa coopération avec “Arnaud et Michel” – Arnaud Montebourg et Michel Sapin qu’elle critique ouvertement dans Paris Match.

    La candidate socialiste à la présidentielle de 2007, qui s’était d’abord astreinte à une relative discrétion après l’élection en 2012 de François Hollande, le père de ses quatre enfants, avait commencé à distiller l’an dernier ses critiques à l’encontre de l’équipe de Jean-Marc Ayrault, à mesure qu’enflaient les rumeurs sur son entrée au gouvernement.

    “BOULES PUANTES”

    Soumise à un strict code de conduite dicté par Manuel Valls après sa nomination à Matignon afin d’en finir avec la cacophonie qui marqua l’ère Ayrault, elle revendique aujourd’hui sa liberté dans son registre “franc-tireur”.

    L’unité mise en avant jusqu’à présent avec un certain succès par Manuel Valls, qui avait plaisanté en avril sur l’opportunité d’un “logiciel anti-couacs”, s’en trouve ébranlée.

    Le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, a rappelé mercredi l’importance de la cohésion gouvernementale en réponse à une question sur la charge de Ségolène Royal.

    “Elle est sacrée parce qu’elle est la condition de la réussite. Il n’y a pas de réussite dans un gouvernement sans la solidarité gouvernementale et sans la cohésion gouvernementale”, a-t-il dit lors du compte rendu du conseil des ministres.

    Dans Paris Match, Ségolène Royal dénonce les “boules puantes”, la “condescendance”, le “mépris”, selon elle, de certains ministres et s’offusque des “procès en incompétence” qui lui seraient faits au sein d’une classe politique “majoritairement composée de machos sûrs de leur bon droit”.

    Elle assure être en “phase politique” avec François Hollande et qualifie de “fluides” ses relations avec le chef de l’Etat.

    “Je fais mon travail. Le reste, je m’en fiche. Je n’ai pas de temps à perdre”, souligne Ségolène Royal. “Je suis à ce poste parce que je suis compétente. Peut-être même la plus compétente”.

    “INSINUATIONS”

    Michel Sapin et Arnaud Montebourg sont dans son viseur.

    Persistant dans son refus d’imposer une “écologie punitive” aux Français sous la forme d’une écotaxe sur les poids lourds, solution défendue notamment par le ministre des Finances et une mission parlementaire, elle accuse ce dernier de duplicité.

    “Michel Sapin a une position institutionnelle qui colle, comme par hasard, à celle de la commission parlementaire présidée par le député Jean-Paul Chanteguet, dont il est le suppléant. Ce qu’il m’avait caché. Il a fallu que je le découvre par hasard”, explique-t-elle.

    “Moi, j’ai une position imaginative, créative. Sur ce dossier, je suis attendue au tournant. Mais j’avancerai. A marche forcée s’il le faut”, prévient-elle.

    Sur Alstom, Ségolène Royal fissure l’unanimisme de l’exécutif français, qui pousse l’offre de reprise de Siemens pour les activités énergie face au projet de General Electric, en plébiscitant la proposition du groupe américain.

    “General Electric est une très bonne opportunité pour Alstom. C’est le meilleur projet industriel. Pourquoi ne pas le dire? Et pourquoi vouloir systématiquement faire fuir les investissements étrangers?”, dit-elle dans Paris Match.

    La ministre a déclaré par la suite aux journalistes qu’elle n’avait pas de préférence entre GE et Siemens.

    “Il y a des discussions entre ministres, des discussions franches, mais nous sommes très solidaires les uns des autres contrairement aux insinuations que tel ou tel article de presse voudrait avancer”, a-t-elle dit à l’issue d’une réunion à l’Elysée sur la transition énergétique.

    “Je ne me laisserai ni dégrader ni ballotter par des déclarations de presse”, a-t-elle lancé, sans toutefois démentir les propos “sortis de leur contexte” qui lui sont prêtés dans Paris Match.

    (Sophie Louet, édité par Yves Clarisse)

    Reuters

  • MUKUNGUBILA LIBERE SOUS CAUTION

    MUKUNGUBILA LIBERE SOUS CAUTION

    mukungubila

     
    Congo-Kinshasa: Joseph Mukungubila brièvement arrêté en Afrique du Sud

    Le pasteur Joseph Mukungubila Mutombo a été arrêté en Afrique du Sud, puis relâché sous caution. En décembre, des hommes qui se revendiquaient comme ses fidèles avaient mené des attaques dans plusieurs villes en RDC.

    Le pasteur, que Kinshasa tient pour responsable de ces actes, était depuis janvier en Afrique du sud. Suite aux attaques de décembre auxquelles son nom était associé, il avait fait une demande d’asile dans le pays où il vit avec sa famille. Selon son avocat, c’est chez lui dans la banlieue sud de Johannesburg qu’il a été interpellé. Après une audience devant le tribunal d’instance de Johannesburg, il a été remis en liberté sous caution.
    Kinshasa attend l’extradition
    Joseph Mukungubila Mutombo a de nouveau rendez-vous avec le juge le 15 juillet. Les autorités congolaises espèrent à terme une extradition du pasteur vers la RDC. Ce qui pourrait permettre de faire la lumière sur les attaques de décembre. Des attaques coordonnées ayant visé Lubumbashi et Kindu, mais aussi la radio-télévision, le ministère de la Défense et l’aéroport à Kinshasa. Selon Lambert Mendé, le porte-parole du gouvernement, il ne fait aucun doute que Joseph Mukungubila est impliqué dans l’affaire :
    « C’est nous qui avons demandé qu’il soit arrêté, c’est nous qui avons signalé qu’il est là-bas. Non seulement il est responsable, mais il a lui-même revendiqué ces événements. C’est le principal auteur, donc s’il est là, je pense que nous aurons une accélération du processus. Les enquêtes conduisent à ce monsieur, donc s’il est extradé cela va booster l’enquête et la procédure. »
    Selon le gouvernement congolais, les violences lors des attaques auraient fait une centaine de morts
    Selon le gouvernement congolais, une centaine de personnes auraient péri dans les violences de décembre, interprétées en RDC comme une tentative de coup d’Etat contre le président Joseph Kabila.
    Plusieurs mois après les faits, certains restent toujours perplexes en ce qui concerne cette affaire et la personnalité même du pasteur. Joseph Mukungubila s’est en effet autoproclamé prophète depuis de nombreuses années. Il était entre autres contre la rébellion du M23, mais il est également hostile au pouvoir de Kinshasa et en particulier au président Joseph Kabila, qu’il accuse d’être d’origine rwandaise.
     
    Par Carole Assignon,