Author: Don Kayembe

  • Gouvernement de cohésion nationale : être ministre et mourir …

    Gouvernement de cohésion nationale : être ministre et mourir …

    ministres-La Majorité présidentielle, l’Opposition et la Société civile continuent de s’entredéchirer autour des portefeuilles ministériels à se partager au sein du très attendu gouvernement de cohésion nationale.

    A voir comment hommes et femmes, ministres en fonctions comme candidats ministrables, se débattent pour ne pas rater le train d’un exécutif qui parait comme celui de la dernière chance, c’est comme si en dehors de la fonction ministérielle, il n’y a plus d’autre alternative pour la patrie.

    « Jeune Afrique » a ainsi pleinement raison de se demander, dans une de ses livraisons s’il y a « une vie après le pouvoir ». L’interrogation renvoie à ces Africains qui alignent les mandats politiques à n’en point finir, comme s’ils étaient nés ministres et mandataires publics et devaient mourir sous ce statut. Dans un Etat « normal », les citoyens postulent pour des mandats publics dans l’unique souci de se rendre davantage utiles à leur communauté. Mais en Afrique et singulièrement en République Démocratique du Congo, la culture de l’enrichissement rapide e personnel par le biais des charges publiques prend le dessus sur celle du sacrifice, du don de soi, de l’exercice du pouvoir pour le bien collectif.
    Cela tient le plus souvent au fait qu’au moment de leur nomination, certains ministres prennent leurs fonctions sous le statut de locataires, sans voiture, sans comptes bancaires, monogames et parfois sans veste ni cravate, pour en repartir avec un parc immobilier et automobile scandaleux, millionnaire, polygame et une garde- robe pareille à une constellation des griffes de meilleurs couturiers occidentaux. Quand on a passé le plus clair de son temps à « se servir » au détriment de la multitude, à « s’installer » et « installer », à prendre des pots de vin ou à corrompre, à abuser de ses pouvoirs, à n’avoir aucune considération pour les citoyens d’en-bas, on ne peut qu’avoir peur de redevenir « monsieur tout le monde », sans pouvoirs, sans privilèges, sans garde rapprochée et sans argent. Etre ministre et mourir: telle est désormais la devise de l’écrasante majorité des Congolais. L’on comprend pourquoi les salles d’attentes des cabinets du président du Sénat, Léon Kengo wa Dondo, et du président de l’Assemblée Nationale, Aubin Minaku, ne désemplissent pas. Au Palais du peuple comme dans leurs résidences officielles, ils sont fréquentés sans relâche par des courtisans qui ne demandent qu’une chose : devenir ministres. On comprend aussi pourquoi chaque mouture des ministrables balancées dans les médias fait trembler plus d’un.
    Le feuilleton des listes des ministrables, lancé il y a sept mois, se poursuit, avec d’interminables épisodes.

    Senghor, Nyerere, Kaunda et d’autres…

    Pourtant, l’Afrique n’est pas orpheline de dirigeants ayant montré l’exemple dans la voie de la retraite politique honorable, marquée par une « carrière » de médiateurs, de technocrates, de conférenciers, d’experts, de consultants qui ont davantage renforcé leur crédibilité. Les Sénégalais Léopold Sédar Senghor et Abdou Diouf, le Tanzanien Julius Nyerere, le Zambien Kenneth Kaunda, les Béninois Mathieu Kérékou et Nicephor Soglo, le Ghanéen Jerry Rawlings, le Botswanais Ketumile Masire, le Nigeria Olusegun Obasanjo, les Sud-Africains Nelson Mandela et Thabo Mbeki, le Mozambicain Chissano, le Burundais Pierre Buyoya. . . constituent des modèles d’anthologie pour une Afrique où la peur du lendemain continue de hanter les hommes au pouvoir.
    On les voyait ou on les voit encore sillonner le continent, pour jouer la médiation dans tel conflit armé, en vue de faire taire les armes et réconcilier des frères ennemis, superviser des régimes de transition ou des processus électoraux. En RDC, on n’oubliera pas de si tôt la médiation conduite par Nelson Mandela en avril 1997, sur le bateau Outeniqua, au large de Pointe Noire, pour tenter un rapprochement entre le maréchal Mobutu et le « rebelle » Laurent-Désiré Kabila. De même, l’on garde un agréable souvenir de Ketumile Masire, l’homme qui avait permis de renouer le fil du dialogue entre le pouvoir de Kinshasa et ses mouvements armés, à partir de l’année 2001, jusqu’à l’apothéose de Sun City, à savoir la signature, en décembre 2002, de l’Accord Global et Inclusif pour la période de Transition
    (2003- 2006).

    Jusque-là, les Congolais de la RDC peinent à inscrire leurs noms au panthéon des Chefs d’Etat à la retraite, bien dans leur peau, après avoir rendu de bons et loyaux servis à leur nation, réclamés sur les fronts politiques et diplomatiques à travers le continent. Ce ne sont pourtant pas les opportunités d’une démocratie adulte et d’une alternance politique apaisée qui manquent. Kasa-Vubu avait refusé de passer la main en 1965, après avoir perdu les élections législatives et Mobutu, en 1992, au terme de la Conférence Nationale Souveraine avait fait une interminable résistance aux résolutions de ce forum. On connaît la suite.
    Kimp

    Le Phare

  • McDonald’s fait son Bilan Nutritionnel

    McDonald’s fait son Bilan Nutritionnel

    Depuis plusieurs années en France, McDonald’s travaille sur le profil nutritionnel et la diversification de son offre pour proposer à ses clients des produits adaptés à leurs attentes et besoins. Comment savoir si cette politique nutritionnelle a un impact sur la consommation des clients dans les restaurants ?
     
    Pour le savoir, l’enseigne a réalisé son Bilan Nutritionnel pour la période 2009-2012.
     
    Le Bilan Nutritionnel est un outil permettant de mesurer les apports nutritionnels des produits sur la base des consommations réelles des clients. Il vise ainsi à mesurer, de la façon la plus objective possible, l’impact des efforts réalisés par l’enseigne en matière de nutrition sur ce que consomment ses clients.
    Avec cet outil, McDonald’s devient le premier acteur de la restauration rapide en France à chiffrer de cette manière l’impact de ses actions en matière de nutrition.
     
    Comment ont été effectués les calculs ?
    Les résultats du Bilan Nutritionnel sont calculés sur la base du croisement des chiffres de ventes et de la composition nutritionnelle des produits. Cet outil mesure ainsi le profil nutritionnel moyen des produits par catégorie (boisson, sandwich, salade, dessert, etc.).
     
    Il permet par exemple de calculer l’évolution entre 2009 et 2012 du « sandwich moyen » consommé(2), à partir des valeurs nutritionnelles de tous les sandwiches, pondérées par les ventes annuelles.
    Grâce à ces mêmes calculs, l’enseigne peut également reconstituer l’évolution des « menus moyens » consommés dans ses restaurants.
    Analyse des résultats
    La variété et la reformulation des produits McDonald’s ont un impact sur le profil nutritionnel de ce que consomment en moyenne les clients.
    Depuis 2009, l’enseigne porte une attention particulière au profil nutritionnel de ses sandwiches, notamment grâce au Socle Commun de Qualité Nutritionnelle (SCQN) qui fixe par exemple une teneur maximale de 35% de matières grasses dans les sauces des nouveaux sandwiches.
    Concernant les enfants, ces premiers résultats confirment la volonté de McDonald’s de poursuivre sa politique de qualité nutritionnelle, avec une offre de fruits diversifiée dans le Happy Meal et l’opération des Mercredis à Croquer.
     
    Le Bilan Nutritionnel est reconnu par SGS (Société Générale de Surveillance), leader mondial de la certification.
     
    Pour plus d’informations sur la politique nutritionnelle de McDonald’s, rendez-vous sur mcdonalds.fr rubrique « nutrition » ou écrivez-nous à mailto:infonutrition@infomcdonalds.fr
     
    Publication réalisée à la demande de McDonald’s France | Crédit photo : Arnaud Brunet
    Journal International de Medecine
  • Expulsions des ressortissants de la RDC habitants le Congo-Brazzaville.

    Expulsions des ressortissants de la RDC habitants le Congo-Brazzaville.

    les-refoulés- bateau-Deux mois après le lancement de l’opération, pour le moins controversée, d’expulsion massive et de reconduite à la frontière des ressortissants de la RDC vivant en République du Congo, le bon sens voudrais que l’on pose un regard lucide, moins polémique, et responsable face à ce qu’il convient désormais de considérer comme un drame à bien des égards qui malheureusement laissera pour longtemps une blessure dont la cicatrisation risque de s’installer dans la durée.

    Tout bien pesé, et ce en dépit de toutes les justifications sécuritaires, politiques, juridiques et/ou géostratégique qui puissent être avancées par les autorités de Brazzaville, il est simplement à déplorer l’initiative de cette démarche dont les conditions de mise en œuvre et
    l’ampleur dramatique ont largement ému tout observateur sensible au principe de respect de la dignité humaine.

    Les liens historiques et sociologiques, la proximité géographique, les relations économiques et bien d’autres considérations font de la RDC et la République du Congo, deux pays avec les Villes Capitales les plus rapprochées au monde que rien ne peut séparer, dès lors que même le puissant et majestueux fleuve qu’ils ont en partage et dont il porte chacun le nom n’a pu éloigner les peuples et leur culture, à telle enseigne que de brillants artistes des deux rives en ont fait un passage et non une barrière.

    Trêves d’élucubrations arrogantes et de rhétorique guerrière!

    Qu’il plaise aux autorités de Brazzaville de mettre immédiatement fin à cette opération qui tourne dores et déjà au ridicule ;

    La construction de l’Union Africaine avec en perspective le projet des Etats-Unis d’Afrique ne peut d’aucune façon justifier un tel déferlement de haine entre africains quel qu’en soient les motifs ;

    De part et d’autres des deux Congo, les personnalités diverses (artistes, intellectuels, hommes/femmes politiques, religieux,…) se doivent de rompre le silence pour porter haut et fort une voix d’apaisement et de fraternité de nature à freiner toute sorte d’escalade ;

    Je regrette, pour le respect et l’estime que je porte pour tous les peuples frère d’Afrique en particulier, qu’une telle énormité ait pu habiter des décideurs de mon pays le Congo.

    Que vivent l’Afrique et l’Unité Africaine.

    Brazzaville, le 31 mai 2014 ;

    F. Wilfried D. KIVOUVOU

    Président de La Conscience Libre

  • BURKINA-FASO : l’opposition dit NON à la modification de la constitution et au 3e mandat de Blaise Compaoré

    BURKINA-FASO : l’opposition dit NON à la modification de la constitution et au 3e mandat de Blaise Compaoré

     

    Burkina-Opposition

    Des dizaines de milliers de Burkinabè ont manifesté samedi à Ouagadougou contre le projet de réforme constitutionnelle du président Blaise Compaoré, qui souhaite faire abroger la limitation du nombre de mandats présidentiels.

    Des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées samedi 31 mai dans le stade du 4-Août à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, pour dénoncer le projet prêté au chef de l’Etat, Blaise Compaoré, de faire abroger par référendum la limitation du nombre de mandats présidentiels.

    Les manifestants étaient venus protester contre cet éventuel référendum sur une modification de la constitution, qui permettrait à Blaise Compaoré de participer à l’élection présidentielle de 2015, après 27 ans de règne. Le rassemblement se voulait une réponse à une manifestation des partisans du président le mois dernier

    « Nous ne voulons pas d’un nombre illimité de mandats présidentiels, le Burkina Faso n’est pas un royaume où on reste au pouvoir jusqu’à la mort », a lancé à la foule le dirigeant de l’opposition Zéphirin Diabré. « C’est une République où les hommes changent mais où les institutions demeurent. »

    Blaise Compaoré, au pouvoir depuis un coup d’Etat en 1987, n’a pas officiellement annoncé le projet de mettre fin à la limitation du nombre de mandats présidentiels mais la manifestation de ses partisans le mois dernier a renforcé les craintes de l’opposition.

    Actuellement, l’article 37 de la Constitution rédigée en 2000 limite à deux le nombre de mandats présidentiels. Blaise Compaoré a obtenu en 2010 un deuxième mandat de cinq ans.

    « Nous devons dissuader le président Blaise Compaoré et ses partisans d’organiser le référendum. Mais s’ils persistent, nous entrerons dans une autre phase, nous utiliserons tous les moyens permis par la loi pour les faire échouer misérablement », a souligné Zéphirin Diabré, qui dirige un rassemblement de 36 partis d’opposition.

    L’opposition a dors et déjà annoncé une autre grande manifestation le 14 juin à Bobo Dioulasso, la deuxième ville du pays.

    Un référendum pour « départager les burkinabés »

    De leur côté, les fidèles du président burkinabè tentent de convaincre leurs concitoyens du bien fondé de cette consultation. Blaise Compaoré « pense qu’il n’y a pas d’autre solution », commente Assimi Kouanda, le secrétaire exécutif du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP, au pouvoir), également ministre d’Etat chargé de mission à la présidence.

    « Un référendum est le meilleur moyen démocratique pour départager les Burkinabè », pour le CDP, qui souligne qu’une révision du texte fondamental par consultation populaire « n’est pas une atteinte à la constitution ».

    Avant cela, le pouvoir doit toutefois « jauger sa cote de popularité », d’où « une campagne tous azimuts pour expliquer sa démarche », observe Abdoul Karim Ouédraogo, analyste politique. Depuis mi-avril, le président multiplie ainsi les tournées pour des « échanges avec les populations sur leurs conditions de vie », suivis de bains de foule. »Il est entré en campagne » pour le réferendum, juge cet analyste.

    Lors d’une visite mi-mai à Réo, dans l’ouest du pays, le chef de l’Etat affirmait avoir donné aux Burkinabè « la liberté de faire (leur) choix ». « Nous sommes majoritaires dans le pays » et « cette majorité va imposer (ses) choix », clamait-il.

    Source : Avec Reuters, AFP

  • Rwanda-RDC : vers un règlement définitif de la question FDLR

    Rwanda-RDC : vers un règlement définitif de la question FDLR

    fdlr1– La dynamique devrait pousser vers l’organisation d’un dialogue franc et sincère pour une solution définitive de la problématique rwandaise.

    Après avoir annoncé leur reddition le 18 avril dernier sans trop rassuré au regard des échecs ayant caractérisé leurs premières tentatives, les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) sont finalement passées à l’action le 30 mai en se rendant avec armes et munitions. La cérémonie symbolique a eu lieu dans la petite localité de Kateku à environ 220 km au nord de Goma en présence des représentants de la Communauté de développement d’Afrique australe (Sadc) et de l’envoyée spéciale de l’ONU pour la région des Grands lacs, Mary Robinson. Ils étaient cent cinq ex-combattants des FDLR, tous des jeunes et visiblement contents de tourner la page de leur vie antérieure, à se rendre au cours de cette cérémonie. Près d’une centaine d’armes dont douze lourdes ont été récupérées par la Sadc en présence du président ad intérim des FDLR Victor Biringiro.

    Un peu partout, on salue ce geste prémonitoire à une paix durable dans la partie est du pays longtemps livrée à la merci de ces combattants qui y sont établis depuis 1994 à la suite du génocide rwandais de triste mémoire. Ces rebelles hutus rwandais  sont accusés d’avoir participé au génocide des Tutsi qui a fait au moins 800 000 morts, selon l’ONU. La cérémonie du vendredi est perçue comme une première vague d’un processus de reddition censé être bouclé d’ici vingt-deux jours, a tenu à préciser le gouverneur du Nord-Kivu Julien Paluku. D’après ce dernier, le processus devrait concerner au total huit-cents combattants au Nord-Kivu et près de six cents au Sud-Kivu. Les combattants ainsi démobilisés, a-t-il ajouté, seront par la suite regroupés à Walikale à l’ouest de Goma avant d’être transférés dans un site de « relocalisation provisoire » à Irebu (province de l’Équateur) où ils pourront choisir de « retourner au Rwanda ou demander asile ».

    À Kinshasa, l’on se réjouit de ce dernier développement consécutif à la sommation faite aux groupes armés opérant dans l’est du pays de déposer les armes. Pour le porte-parole du gouvernement, cette opération devrait se poursuivre et dissuader le reste de troupes des FDLR réfractaires à la démobilisation à s’engager dans cette dynamique au risque de subir la pression militaire des Fardc. Pour l’heure, les combattants FDLR qui se sont rendus ont été acheminés à Kanyabayonga, plus au sud, où ils seront mis en condition avant d’amorcer la prochaine étape. Ils pourront y être rejoints par leurs familles dans les heures qui viennent. Toutefois, seulement quatre-vingt-dix-sept parmi les éléments démobilisés ont effectué le déplacement de Kanyabayonga, le reste s’étant volatilisé dans la nature au moment de l’embarquement.

    Après près de vingt années de tentatives infructueuses, l’on croit savoir que cette fois-ci sera la bonne. Cette démarche devrait, de l’avis de la direction de ce groupe armé, conduire à la pacification de l’est de la RDC tout en poussant vers « l’organisation d’un dialogue franc, sincère pour un règlement pacifique et définitif du problème rwandais ».  

    (Agence d’information de l’Afrique Centrale)

    Alain Diasso
  • UDPS: Corneille Mulumba recommande  à Tshisekedi  de convoquer un conclave des cadres du Parti

    UDPS: Corneille Mulumba recommande à Tshisekedi de convoquer un conclave des cadres du Parti

    Etienne-Tshisekedi-Wa-Mulumba-20-La suspension d’Albert Moleka, l’implication de l’épouse du Président dans les affaires du Parti, le cas Félix Tshisekedi, l’Opposition Républicaine, le Gouvernement de Cohésion Nationale en gestation, les échéances électorales de 2016, le tout dans un entretien exclusif entre la R.D. CongoNews avec  Monsieur Corneille Mulumba
    Bonjour, Monsieur Corneille Mulumba. Vous n’êtes plus à présenter : membre cofondateur de l’UDPS, ancien Représentant plénipotentiaire de l’UDPS pour l’ Europe, ancien Secrétaire National de l’UDPS en charge du Plan, ancien vice-Ministre du Plan, ancien Conseiller de la République (HCR/PT), vous avez pris part aux Concertations du Palais du peuple de 1994, et, plus récemment,  vous avez encore pris  part aux Concertations Nationales de 2013. C’est pour dire que votre point de vue ne peut manquer d’intérêt en ce qui concerne la vie politique nationale, en général, et en ce qui concerne l’UDPS, en particulier.
    L’actualité reste dominée par le limogeage de M. Albert Moleka de ses fonctions de Dircab et porte parole du Président de l’UDPS, Monsieur Etienne Tshisekedi. Votre lecture de cette question intéresse nos lecteurs.
    Je vous remercie sincèrement pour l’opportunité que vous m’offrez de m’exprimer à l’intention de vos lecteurs, en général, et aux membres et sympathisants de l’UDPS, en particulier.
    Personnellement, je n’ai jamais vu une quelconque décision du Président Tshisekedi limogeant le Dircab Moleka. Pendant une dizaine d’années, celui-ci a été son homme de confiance, son porte-parole. Il a exercé ses fonctions de Directeur de cabinet avec beaucoup de compétence et d’abnégation. Etienne Tshisekedi est un homme très exigeant. Il n’aurait jamais gardé Albert Moleka aussi longtemps à ses côtés si celui-ci ne réunissait pas ces qualités. J’avais donc été très désagréablement surpris de lire la circulaire du Secrétaire Général Bruno Mavungu.
    Monsieur Moleka avait été nommé Directeur de cabinet par une « Décision » du Président du Parti, c-à-d le supérieur hiérarchique du SG Mavungu. Parallélisme des formes oblige, c’est une autre « Décision » du Président de l’UDPS qui devrait  limoger Monsieur Moleka, le cas échéant. Précisons tout de même que le Secrétaire Général n’a pas limogé le Directeur Moleka. Il informe l’opinion nationale et internationale, ainsi que la base du Parti qu’il a été instruit d’agir ainsi. Mais il ne dit pas qui l’a instruit. A sa circulaire, il n’annexe pas la «Décision » du Président Tshisekedi, et il n’en mentionne même pas les références éventuelles.  On peut donc légitimement penser que celle-ci n’a jamais existé. Si tel est le cas, il y a lieu de se poser la question : qui sème la confusion à la direction de l’UDPS ? Qui crée cette bouillabaisse qui ruine les efforts, les sacrifices, et les privations de tant de compatriotes et de tant d’années ? Beaucoup de doigts pointent l’épouse du Président Tshisekedi qui avait déjà, on s’en souvient, il y a deux mois, chassé le Dircab Moleka et tous ses collaborateurs de la parcelle où se trouve le bureau du Président ainsi que celui du Dircab. Elle se débattrait pour imposer son fils à la tête du Parti, et ainsi, en faire le candidat de l’UDPS à l’élection présidentielle de 2016.
    Si tel devait être le cas. Ce serait très regrettable.  Je voudrais rappeler à tous que l’UDPS est un patrimoine national. Notre parti avait été créé par des patriotes de plusieurs régions de notre pays. Mes pensées vont notamment à Marcel LIhau et André Bossassi Epole pour l’Equateur, Frédéric Kibassa Maliba et Protais Lumbu Maloba, pour le Katanga, Faustin BIrindwa pour le Kivu, Joseph Ngalula Mpandanjila et Anaclet Makanda Mpinga, pour le Kasaï Oriental, Paul Kapita Shabanyi et Ngoyi Mukendi, pour le Kasaï Occidental, Vincent Mbwakiem pour le Bandundu, et j’en passe. L’UDPS ne peut donc aucunement devenir un patrimoine privé de la famille Tshisekedi ou une dynastie dont Félix Tshisekedi serait devenu le Prince héritier. Pas de confusion !
    Enfin, je voudrais conclure sur ce sujet en disant que, même si Albert Moleka quittait ses fonctions de Directeur de cabinet d’Etienne Tshisekedi, il ne quitte pas pour autant le Parti. Il en demeure un haut cadre et l’UDPS aura encore besoin de sa riche et longue expérience accumulée aux côtés du Président Tshisekedi.
    A quand le Congrès du Parti et que prévoient les statuts ?
    Je pense que la meilleure chose à faire dans le court terme, voire à très court terme, c’est de convoquer un conclave qui réunirait notamment, et pendant deux jours, tous les cadres du Parti, anciens et en exercice, c-à-d tous les présidents fédéraux et secrétaires généraux, anciens et en exercice, les représentants du Parti à l’extérieur, anciens et en exercice, les membres fondateurs, cofondateurs et pionniers encore en vie, les présidents des ligues des jeunes et des femmes, anciens et en exercice, les membres cabinet du Président, anciens et en exercice, toutes les personnes qui, à un moment ou un autre, ont participé à la direction du Parti tant au niveau national que provincial, les équipes dirigeantes des organes tels que la Commission Electorale Permanente, l’Ecole du Parti, les membres d’honneur, le Bureau du Comité National, les membres du Groupe Parlementaire UDPS, etc.
    Un conclave ainsi composé serait beaucoup plus représentatif et plus indépendant dans son travail. En effet, les statuts adoptés au Congrès de Limete de 2010 avait conféré des pouvoirs spéciaux au Président du Parti, en prévision de l’élection présidentielle de 2011 et compte tenu des conflits internes qui avaient fragilisé l’organisation. Ainsi, dans l’état actuel de la situation, tous les animateurs des structures, du sommet à la base, sont nommés et révoqués unilatéralement par le Président du Parti.
    Convoquer le congrès dans de telles conditions, c’est prêter le flan au clientélisme. C’est voir réunis exclusivement des personnes dont l’indépendance d’esprit risque de prêter à caution. Chose qu’il faut éviter si l’on veut des résultats, si l’on veut être efficace.
    Le Conclave formulerait des propositions concrètes au Président du Parti. Il lui proposera notamment une équipe costaude en guise de  Bureau Politique. Celui-ci dirigera le Parti, sous l’autorité du Président, organisera les élections internes en vue de désigner les animateurs des structures de l’UDPS à tous les niveaux, organisera la participation de l’UDPS aux différents scrutins électoraux, gérera la vie politique du Parti tant au niveau national que provincial et internationale.
    Le Bureau Politique ainsi mis sur pieds travaillera à l’organisation d’un congrès digne de ce nom.
     
     « L’UDPS à la recherche de l’imperium, l’UDPS déjà aux affaires ».  L’UDPS extra institutionnelle participera-t-elle ou pas au gouvernement de cohésion nationale ?
    L’opinion nationale et internationale a unanimement reconnu les conditions malheureuses dans lesquelles se sont déroulées les élections de 2011. C’était très regrettable pour notre pays ; car cela nous a causé beaucoup de retard sur le plan politique, économique et social. Et cela a coûté inutilement des vies humaines. Si il est vrai qu’on ne refait pas l’histoire, on doit au moins agir, se mobiliser pour que cela ne se reproduise plus. L’UDPS n’a pas participé aux élections de 2006. C’était une décision stupide. L’organisation de la campagne électorale de l’UDPS pour élections de 2011 a été médiocre, malgré la popularité personnelle de Monsieur Tshisekedi. On aurait tord de confondre les deux ; car un Tshisekedi élu Président de la République, avec une UDPS sans députés à cause d’une mauvaise campagne ou par manque de moyens, c’est la cohabitation. Ce sont les autres, ceux qui ont la majorité parlementaire, qui forment le gouvernement et qui gouvernent ; c-à-d qui mettent en œuvre leur programme. Il ne faut pas se leurrer. C’est pourquoi, moi j’attache toujours beaucoup plus d’importance au Parti, à sa réunification, à son organisation, à la mobilisation des compatriotes afin de disposer d’une machine politique et électorale forte.
    Quant au Gouvernement de Cohésion Nationale. Mon souhait est que l’UDPS y participe ou, tout au moins, que le Parti soutienne ceux de ses membres qui y siègeront. La majorité actuelle ayant été constituée dans les conditions décriées par tous, il est aberrant de les laisser gouverner seuls. Gérons ensemble la république, à défaut d’avoir réussi à les en empêcher. Préparons ensemble l’environnement des élections, contribuons au combat contre la corruption et autres antivaleurs, contribuons tant que faire se peut à l’amélioration des conditions de vie de nos compatriotes, à créer des emplois pour nos jeunes … C’est mieux que de rester les bras croisés.
    La CENI vient de publier son calendrier électoral pour les échéances à venir. Quelle est la position du Parti ?
    La position de l’UDPS sera exprimée par son Président, le Secrétaire général, ou le porte-parole. Moi, je ne peux vous donner que mon point de vue personnel.
    Je sui convaincu que s’il y a volonté politique, il est possible d’organiser tous les scrutins dans les délais. Je pense que le recensement est nécessaire et qu’il faut le faire absolument. IL en est de même des différents scrutins électoraux. Les élections des conseillers de secteurs/chefferies et des conseillers communaux pourraient être  combinées avec les provinciales en juin 2015, les élections au suffrage indirect ( Conseillers urbains, maires, bourgmestres, sénateurs, et gouverneurs de province) en fin 2015. Tandis que 2016 verra organisées les élections des députées nationaux et du Président de la République. Aux fins de réussir le recensement en un minimum de temps, il faudrait une mobilisation tous azimuts : écoles, instituts supérieurs et universités, d’une part, confessions religieuses, Administrations locales, police nationale, et armée, d’autre part.  C’est un acte patriotique qui doit faire appel à beaucoup de volontaires. Des jours de congé doivent même être accordés.
    Je crains que l’on soit tellement distrait que beaucoup de temps passe et que les délais deviennent trop court pour organiser tous les scrutins. Et donc que l’on se bouscule uniquement pour les législatives et la présidentielle ; ou encore, pire, que l’on déborde du calendrier pour la présidentielle ; c-à-d qu’on obtienne un résultat contraire à celui recherché.
    Je pense que, tout en recherchant le départ de l’Abbé Malu Malu, on devrait en même temps se préparer aux élections et œuvrer pour l’organisation de tous les scrutins dans les délais, et dans l’apaisement.
    Posons-nous la question : si le combat pour l’éviction de Malu Malu n’aboutit que vers le mois de décembre, par exemple, il faudra un certain temps pour négocier le nouveau Bureau de la CENI. Cela ne va-t-il pas peser sur le respect du calendrier. Est-ce que nous ne sommes pas, inconsciemment, en train de réunir les conditions pour repousser les élections au-delà de 2016 ?
    L’opposition doit faire preuve d’ingéniosité et non se tendre à elle-même des pièges.
    Dites-nous, Monsieur Corneille Mulumba, qu’êtes-vous donc allé vous perdre à l’Opposition Républicaine ?
    L’Opposition Républicaine  est l’aboutissement logique d’un cheminement parti du conclave de l’opposition congolaise organisé à Limete l’année dernière et auquel j’avais pris part. Plus généralement encore, j’ai toujours eu cette philosophie, due peut-être à mon très long séjour en Belgique, pays dont la devise est «  l’union fait la force », qu’en se mettant ensemble on pouvait obtenir des résultats plus important.
    A L’UDPS, je me suis toujours battu pour la réunification de toutes les tendances, ailes, et partis de la famille UDPS, convaincu que j’ai toujours été que ces divisions n’étaient que la conséquence de l’intolérance interne et de l’absence du dialogue au sein du Parti.
    De même, j’ai toujours été convaincu que si on demandait aux différents partis politiques congolais d’alignait sur une liste ce qu’ils considèrent comme les 20 priorités pour le Congo, tous aligneraient les mêmes. Dans ses conditions, pourquoi nous entredéchirer ? Pourquoi ne pas nous mettre ensemble pour les réaliser ? Le véritable frein, c’est l’orgueil et l’égoïsme. Tout le monde place ses ambitions personnelles au-dessus de celles du Congo et du peuple congolais. Tout le monde veut être Président de la République ; alors qu’il n’y a qu’un seul fauteuil présidentiel. « …      Si ce n’est pas moi, alors que le Congo crève ». Je ne soutiens pas cette perception. J’aime mon pays, et j’aime mes compatriotes. Je souffre énormément de l’état de désagrégation dans lequel se trouve mon pays et des souffrances de mes compatriotes. C’est pour cela que je fais la politique. Je m’associe donc naturellement et spontanément à tous ceux qui proposent de mettre en commun les synergies pour apporter les indispensables changements trouver des solutions ; qu’ils soient membres de mon parti ou pas. Je sais que le parcours est parsemé de déceptions et d’illusions ; mais cela ne me décourage pas.
    En ce qui concerne l’Opposition Républicaine, plus précisément, j’ai raisonné comme ceci : Kengo wa Dondo est un ancien Procureur Général de la République, plusieurs fois Premier Ministre, Ambassadeur, réputé discipliné et homme de l’ordre, et qui a le bras long sur le plan international. C’est donc un homme qui a de l’expérience et dont les atouts peuvent être utilisés, pour peu que l’on sache ce que l’on veut. L’UDPS est présente sur tout le territoire national. Mais comme chacun le sait et pu le constater en Egypte, et en Algérie( le Front Islamique du Salut, FIS),en Libye, en Irak ou en Côte d’Ivoire, la popularité interne seule ne suffit plus dans ce monde globalisé, dans cette jungle internationale où c’est la loi du plus fort qui s’impose. Cet attelage avec Kengo pourrait donc nous aider à rassurer davantage, à combattre la corruption, à restaurer de la rigueur et de la discipline dans la gestion de la « res publica ». Si nous pouvions, grâce à cela, ramener quelques milliards de dollars dans les caisses de l’Etat et les utiliser pour investir et créer des emplois pour nos jeunes, cela vaudrait la peine à mes yeux.  D’autre part, Je me suis entretenu plusieurs fois avec Léon Kengo wa Dondo quand il était en exil à Bruxelles, et même ici à Kinshasa. IL connaît et semble apprécier ma façon de voir les choses. J’ai conçu et proposé à mes collègues de l’UDPS avec lesquels nous sommes allés aux Concertations Nationales, un programme de gouvernement, inspiré des recommandations des Concertations Nationales et du programme de gouvernement de l’UDPS. Ils l’ont endossé, et nous l’avons remis au Président Kengo.  Les différents programmes, c-à-d ceux de l’opposition et ceux de la majorité, seront harmonisés pour en dégager un programme commun qui deviendra celui du Gouvernement de Cohésion Nationale. C’est donc un combat d’idées et non d’individus.
    L’Opposition Républicaine, pour ceux qui sont préoccupés par autre chose que leur nombril, est un projet qui pourrait être utile à la nation. Raison pour laquelle j’invite d’autres acteurs politiques et sociaux à venir nous y rejoindre.
    Joseph Kabila et le respect de la constitution en 2016. Quelle est votre appréciation ?
    Si moi j’étais conseiller de Joseph Kabila, je l’aurais conseillé de s’investir totalement pour que les Congolais mangent à leur faim, que l’enseignement soit gratuit pour le niveau primaire et secondaire, que les soins médicaux soient accessibles pour le plus grand nombre, que les fonctionnaires, les policiers, les enseignants, les infirmiers, etc, aient un salaire digne et régulier, que la population ait accès à l’eau potable et à l’électricité, et que la sécurité et la paix règnent sur l’ensemble du territoire national. Dans ces conditions, c’est la population elle-même qui exigerait un changement de la constitution pour lui accorder un mandat de 100 ans. Il a encore deux ans pour le réaliser, ou toute au moins démontrer sa bonne volonté sur cette voie.
    Propos recueillis par Gérard Lemba
  • RDC : les élections locales auront lieu en 2015

    RDC : les élections locales auront lieu en 2015

    Elections- Un bureau de vote en RDC-Initialement prévues pour la fin de l’année 2014, les élections locales en République démocratique du Congo (RDC) auront finalement lieu en 2015.

    Dans un communiqué publié sur son site internet, la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) a annoncé mardi 27 mai que les élections à l’échelle municipale, communale et locale auraient lieu en trois temps : les 14 juin, 29 août et 15 octobre 2015.

    La Ceni avait indiqué en janvier que ces consultations se tiendraient d’ici à la fin de l’année 2014, sans toutefois fixer de date précise. Elle n’a pas fourni d’explication à ce changement de calendrier. 

    Les dernières élections qui ont eu lieu dans le pays sont la présidentielle et les législatives de novembre 2011. Les différents scrutins qui devaient se succéder ont tous été reportés. Plusieurs chefs de l’opposition soupçonnent la Ceni, dirigée par l’abbé Apollinaire Malu-Malu, ancien conseiller du président Joseph Kabila, de vouloir jouer la montre pour retarder l’échéance de la présidentielle devant avoir lieu en 2016.

    La Commission s’en défend. “La Ceni ne sera jamais dans le club des gens qui veulent aller au-delà de 2016”, déclare l’abbé Malu-Malu dans le communiqué.

     

    Pour la Ceni, rien ne s’oppose désormais à la tenue des élections locales, notamment parce que la loi de finances pour 2014 promulguée début février règle la question du financement des élections urbaines, municipales et locales, dont le budget sera également pris en charge lors de l’exercice 2015.

    Calendrier électoral

    Le calendrier électoral rendu public ne règle cependant pas la question de l’élection des sénateurs nationaux, des députés et des gouverneurs provinciaux, censée avoir lieu avant la présidentielle de novembre 2016.

    En janvier, la Ceni avait indiqué vouloir tenir ces scrutins en 2015 mais avait provoqué des remous en proposant que l’élection des députés provinciaux puisse se faire au suffrage universel indirect. Cette idée – qui nécessite de modifier la Constitution, laquelle stipule actuellement que ces parlementaires sont élus au suffrage direct – avait été reprise par la coalition au pouvoir.

    Jean Pierre Kalamba, rapporteur de la Ceni, a indiqué que la Commission ne pourrait pas fixer le calendrier de ces élections tant que le budget nécessaire à leur tenue n’aura pas été approuvé par le Parlement.

    (Avec AFP)

  • Sénégal – Abdoulaye Wade : “Je ne peux pas tolérer que tout ce que j’ai fait soit détruit”

    Sénégal – Abdoulaye Wade : “Je ne peux pas tolérer que tout ce que j’ai fait soit détruit”

    Abdoulaye Wade à Dakar, le 26 avril, au domicile de son ami et ancien ministre Madické Niang. Abdoulaye Wade à Dakar, le 26 avril, au domicile de son ami et ancien ministre Madické Niang. © Youri Lenquette pour J.A.

    Ses relations avec son successeur, son rapport très décomplexé à l’argent, le sort de son fils… De retour à Dakar, l’ancien président se lâche. Et, manifestement, il est en pleine forme.

    Quand Abdoulaye Wade jurait, il y a deux ans, à l’aube de sa dernière campagne électorale, qu’il se sentait en pleine forme en dépit de son âge et qu’il était en mesure d’assumer un troisième mandat présidentiel – ce qui provoquait haussements de sourcils et ricanements de la part des observateurs étrangers -, il fallait le croire. À 87 ans, “Gorgui” (“le vieux”, en wolof) n’entend plus très bien mais se porte à merveille. Il l’a prouvé le 25 avril quand, deux heures après l’atterrissage de son avion en provenance de Casablanca, à l’issue d’un exil en France de vingt-deux mois et d’une escale marocaine de trois jours qui a tenu en haleine tout le pays, il a offert aux milliers de ses partisans qui l’attendaient devant le siège du Parti démocratique sénégalais (PDS) un discours de chef de guerre de près de trente minutes. Il était minuit passé.

    Le lendemain, il est près de 23 heures lorsqu’il met un terme à l’entretien qu’il a accordé à Jeune Afrique dans la demeure que lui prête son ami et ancien ministre Madické Niang et qui lui sert de domicile provisoire à Dakar. Il n’a pas encore dîné et sa garde rapprochée l’attend pour préparer le programme des jours suivants, mais Wade, visiblement heureux de prouver qu’il a toute sa tête en enchaînant vieilles anecdotes et grandes théories, ne semble pas pressé d’en finir.

    L’ancien président du Sénégal (2000-2012) n’a rien d’un retraité. Il y a quelques mois, il a créé son propre cabinet à Dubaï, Wade International Consulting. “Ce que j’ai fait au Sénégal, je peux le faire pour n’importe quel chef d’État : monter des projets, les financer”, argumente-t-il. Fort de la très haute idée qu’il se fait de lui-même, il se rêve aussi en faiseur de paix : ainsi, il se verrait bien médiateur en Centrafrique. “Si on me demande de réconcilier le peuple centrafricain dans ses différentes composantes ethniques et religieuses, je suis prêt à y aller. Mais il me faut le soutien de la France”, précise-t-il.

    En attendant, sa priorité est à Dakar : à la libération de son fils et de ses collaborateurs, poursuivis dans le cadre de la “traque aux biens mal acquis” menée par le président, Macky Sall ; à la bataille des élections locales qui approchent ; et “au retour de la démocratie”, qui, selon lui, n’est plus une réalité au Sénégal.

    Jeune Afrique : Pourquoi rentrer maintenant, après vingt-deux mois d’exil en France ?

    Abdoulaye Wade : Il faut bien que je rentre chez moi… Lorsque j’ai été battu par Macky Sall [en mars 2012], j’ai déclaré publiquement que j’étais prêt à l’aider, mais il ne m’a jamais répondu. Alors je suis parti en France. Immédiatement après, il a lancé une chasse aux sorcières contre tous ceux qui me sont proches. Aujourd’hui, vingt-cinq de mes collaborateurs sont interdits de sortie du Sénégal. Parmi eux, certains sont en prison. Pourquoi ? Il s’est attaqué à ma femme, à mon fils… Un jour, Me Robert Bourgi a rencontré Macky Sall. Macky lui a dit : “Je sais que vous connaissez bien Wade. Dites-lui que je n’ai que du respect pour lui.” Il dit qu’il a de la considération pour moi, et après il met mon fils en prison !

    Votre fils, Karim, est soupçonné par la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei) de posséder un patrimoine estimé à 117 milliards de F CFA (178 millions d’euros)…

    Foutaises ! Je note qu’au début on parlait d’un patrimoine de 694 milliards de F CFA, et qu’aujourd’hui c’est descendu à 117 milliards. La commission d’instruction a donc effacé 80 % des accusations. Mais même dans les sommes que les juges retiennent aujourd’hui – des comptes en banque imaginaires, des sociétés avec lesquelles il n’a rien à voir, des maisons qui m’appartiennent mais qui lui reviendront lorsque sa mère et moi quitteront ce monde -, presque rien n’appartient à Karim. Avec la Crei, demain, un juge peut vous dire : “Monsieur, il paraît que vous avez acheté la tour Eiffel à Paris, démontrez-moi que ce n’est pas vrai.”

    Pourquoi ne pas l’avoir dénoncé avant ?

    Parce que je ne voulais pas gêner mon successeur. Aujourd’hui, le Sénégal va mal. Vous avez vu l’accueil que j’ai reçu à mon retour ? Il y avait des millions de Sénégalais. Le président Macky Sall doit décoder cette mobilisation. Moi je l’ai fait : je représente un espoir, en raison de ce que j’ai fait pour le Sénégal, et aussi du fait qu’aujourd’hui ces gens sont désespérés. J’aurais souhaité qu’il y ait un président – je ne dis pas qui ait la même aura que moi ni qu’il obtienne les mêmes résultats -, qui, au moins, gagne le coeur des Sénégalais.

    Doit-on comprendre que vous vous présentez en ultime recours ?

    Non, c’est fini, j’ai dépassé le point de non-retour. Notez que je peux renverser Macky Sall à tout moment. Il me suffit de lancer les populations sur le palais. Mais ce n’est pas mon intention. Moi, ce que je veux, c’est que Macky comprenne qu’il fait fausse route. Je ne peux pas tolérer que tout ce que j’ai fait ici soit détruit. Il n’y a plus de démocratie aujourd’hui au Sénégal. Il faut donc la ramener, mais ce n’est pas moi qui doit le faire, c’est lui. Et la première chose à faire, c’est de libérer tous mes collaborateurs. Si Karim doit être jugé, que ce soit par la cour de la Cedeao ou en France, mais pas par la Crei, qui viole le droit à un procès équitable.

    Et si cela devait être le cas ?

    Les jeunes disent qu’ils marcheront sur le tribunal. Mais ce n’est pas moi qui les y pousserai.

    Je peux renverser Macky Sall à tout moment. Il me suffit de lancer les populations sur le Palais.

    En rentrant, votre objectif est donc de faire sortir votre fils de prison…

    Pas seulement Karim. Tous mes collaborateurs doivent être libérés. J’ai écrit deux lettres à Macky Sall, auxquelles il n’a jamais répondu. Dans la première, je lui ai dit : “Monsieur le président, on vous raconte qu’il y a des milliards, mais il n’y a pas de milliards. Vous vous engagez dans une voie sans issue.” Dans la seconde, je suis revenu plus en détail sur ce que l’on reproche à Karim. J’y explique notamment d’où viennent les 2,5 millions d’euros qu’on a trouvés sur un compte à son nom à Monaco.

    D’où viennent-ils ?

    Du roi Abdallah. C’était au début de ma présidence. J’étais allé en Arabie saoudite. Vous connaissez les pratiques africaines et arabes : quand on a un hôte, il faut lui offrir un cadeau. Le roi m’a donné 5 millions de dollars. Mais pour éviter toute confusion, j’ai donné cet argent à mon fils, qui l’a placé. Une partie de l’argent est allée sur un compte à New York, puis à Monaco.

    Pourquoi ne pas avoir reversé ce don à l’État du Sénégal ?

    Pour quelle raison aurais-je fait cela ? C’est à moi !

    Un autre “don” du roi Abdallah a mené l’un de vos proches, Aïdara Sylla, en prison au début de l’année dernière

    Je vais vous expliquer. Une fois que j’ai quitté le pouvoir, au mois de mars 2012, le roi Abdallah me fait téléphoner par celui qui sert d’interprète entre nous deux, et qui me dit : “Sa Majesté veut vous donner un cadeau.” J’y suis donc allé, et le roi m’a donné 10 millions de dollars. Sur cette somme, j’ai confié 4,5 millions d’euros à mon ami entrepreneur [Aïdara Sylla] pour qu’il règle des factures. Le problème, c’est qu’en rentrant au Sénégal il n’a pas déclaré le chèque, et on l’a envoyé en prison. Mais il n’y a aucun délit.

    Pourquoi le roi Abdallah est-il si généreux avec vous ?

    Allez le lui demander. Nous sommes très amis, mais il fait autant ou plus pour d’autres chefs d’État, sauf qu’ils ne le disent pas, eux. Je ne l’aurais pas dit s’il n’y avait eu cette affaire.


    Accueilli par le roi Abdallah d’Arabie saoudite, alors qu’il était en pèlerinage
    à La Mecque, en janvier 2006. © Seyllou Diallo/AFP

    Vous êtes-vous enrichi durant les douze années de votre présidence ?

    Absolument pas. Je l’ai dit à des députés français, je vous le redis : si j’ai un immeuble ou un compte en banque en France, qu’on le prenne. Tout ce que je possède, c’est un appartement de 41 m² avenue des Ternes [dans le 17e arrondissement de Paris] et quelques terrains et biens immobiliers au Sénégal, que je possédais bien avant de faire de la politique.

    Et votre maison de Versailles ?

    Elle appartient à ma femme. Nous en avons fait une Société civile immobilière (SCI) dont notre fille Syndiély possède 99 % des parts, de manière à ce qu’elle ne paie pas de droits de succession quand nous mourrons. J’ai fait la même chose avec ma maison du Point E à Dakar pour Karim [une maison que la Crei a retenue dans son patrimoine].

    Aimez-vous l’argent ?

    Oui, je suis un libéral.

    Karim Wade pourrait-il être un jour le président du Sénégal ?

    Il a une certaine popularité.

    Et vous savez pourquoi ?

    Parce qu’il a résolu le grand problème de l’énergie. Tous mes ministres ont échoué, alors un jour [en octobre 2010] j’ai appelé Karim et je lui ai dit : “Je sais que toi tu es capable de résoudre ce problème, mais je te préviens : si tu fais un faux pas, tu tombes.” Il m’a dit : “Je prends.” Et, finalement, il n’y a plus eu de coupures d’électricité. Ce n’est pas n’importe qui qui peut faire ça.

    Je ne suis pas un dictateur, même avec mes enfants.

    Je reformule ma question : souhaitez-vous que Karim Wade soit un jour le président du Sénégal ?

    Peut-être, à un moment, me suis-je laissé tenter par cette idée. Mais au moment où je vous parle, je ne le souhaite pas. Maintenant, je n’irai pas jusqu’à lui dire de ne pas s’impliquer en politique. Je ne suis pas un dictateur, même avec mes enfants.

    Pourrait-il vous succéder à la tête du Parti démocratique sénégalais (PDS) ?

    Si les militants le décident, pourquoi pas…

    Regrettez-vous de vous être présenté en 2012 ?

    Pas du tout.

    Vous auriez pu sortir par la grande porte.

    Qu’est-ce que ça peut faire ? J’ai gagné contre Abdou Diouf, j’ai perdu contre Macky Sall, point final ! Mais vous savez, en 2012, je n’avais personne pour me remplacer, ni Karim ni personne d’autre. Conscient de mon âge, je voulais mettre en place un système pour faire élire un nouveau président dans les trois ans qui suivaient.

    Maintenant que vous n’avez plus d’ambition électorale, vous pouvez nous dire quel âge vous avez. Il y a un flou sur votre date de naissance…

    J’ai 87 ans. Mais admettons que j’en aie 90 : et après ? Je suis en bonne santé. Mon père est mort à 101 ans, il a fait la Grande Guerre. Ma grand-mère est morte à 121 ans. Dans ma famille, on connaît la longévité. Mais je suis musulman, je sais que je peux partir à tout moment. Je sais que j’ai fait tellement de bien sur la terre que j’irai au paradis.

    __________Jeune Afrique

    Propos recueillis par Rémi Carayol

  • Les combats perdus de l’UDPS

    Les combats perdus de l’UDPS

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    Il est des combats qui se perdent avant même qu’ils aient commencé, soit puisqu’ils ne valent pas la peine d’être menés, soit tout simplement parce qu’ils sont mal entrepris : trop tôt ou trop tard. Il y a une autre raison : quand le coût ou les dommages collatéraux qu’ils génèrent sont très élevés.

    Les combats perdus d’avance ne le sont pas au seul motif qu’ils sont difficiles. L’UDPS, “la fille ainée de l’opposition” congolaise, a mené de ces combats difficiles, à corps-à-corps avec le régime Mobutu, par exemple. Beaucoup de ses membres sont tombés sur le champ de bataille, souvent mains nus.

    Même aujourd’hui, L’UDPS fait toujours penser à des membres courageux et intrépides, prêts à se sacrifier pour leur idéal. Sans le travail sur le terrain du “parti de Limete“, on voit mal comment l’AFDL aurait pu “marcher” si facilement entre 1996 et 1997 d’Uvira à Kinshasa et être facilement accepté par les populations.

    Cela dit, il y a lieu de se demander quelle place occupera dans l’histoire du Congo la démarche menée par l’UDPS au lendemain des élections ” très controversées” de novembre 2011, laquelle visait à ” ramener l’imperium à Etienne Tshisekedi, le vrai vainqueur des présidentielles ” ? Sans en nier la légitimité ni le courage, c’est là l’exemple d’un de ces combats perdus d’avance.

    Pour trois raisons au moins, cette démarche était mort-née. D’abord, elle s’est basée sur une lecture superficielle des faits. Ensuite ceux qui l’ont menée n’ont pas été bien choisis. Enfin, quoiqu’initiée de l’intérieur, elle a fait plus de dommages à l’UDPS que ne l’ont faits ses propres ennemis.

    Une mauvaise lecture des évènements du 26 novembre 2011. Si la Direction politique de l’UDPS avait procédé à une analyse à tête reposée des évènements qui eurent lieu avant et peu après l’atterrissage de l’avion du candidat Tshisekedi à l’aéroport international de Ndjili  qui était en provenance du Bas-Congo , le 26 novembre 2011 , elle aurait vu que, dès le début, ” les dés étaient pipés “.

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    Attendu à Ndjili, c’est plutôt à l’aéroport de Ndolo que son avion est forcé d’atterrir, ” sans en être informé “. Et que de choses étranges se passeront ce jour-là ! ” RadioOkapi.net en décrit quelques unes :

    Autour de 23 heures quart, les policiers munis de boucliers et gourdins s’avancent vers la Jeep d’Etienne Tshisekedi pour le forcer à rentrer chez lui après avoir dégagé le passage. C’est le début des accrochages entre la police, les militants de l’UDPS et la garde de Tshisekedi.

    Dans cette cohue, son chauffeur qui refuse de conduire est passé à tabac. Un policier prend le volant. Etienne Tshisekedi est ramené de force chez lui à Limete autour de minuit. Selon des sources de l’UDPS, une dizaine de militants de ce parti ont été tués au cours de cette journée. Ainsi prend fin la campagne électorale 2011 à Kinshasa“.

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    Quand il résume les évènements dans une déclaration impromptue à la presse tenue à l’aéroport et rapportée par Radio Okapi, on ne peut pas ne pas y lire le manque de confiance de M. Tshisekedi à l’endroit du représentant de l’Onu à Kinshasa :

    « Quand on arrive à des situations pareilles, c’est alors qu’on prend une position qui inspire confiance. Je suis agressé par la police de Kabila, je suis séquestré. La police de Kabila ne veut pas que je regagne ma maison. Et comme solution, la Monusco trouve qu’elle doit m’escorter. Ça veut dire quoi ? Elle trouve ça légal ce que Kabila fait ! ».

    Entamer une démarche en vue de contraindre les pays membres du Conseil de sécurité et d’autres à faire marche-arrière après qu’ils se soient tus (à travers la Monusco) quand le candidat de l’opposition était empêché de se mouvoir pendant un jour de campagne électorale n’était pas réaliste. “Limete” n’avait pas compris que la messe était dite et que l’alternance politique n’était pas encore à l’ordre du jour en RDC.

    L’échec cuisant de la mission entreprise plus tard pour “restaurer l’imperium” révèle si pas la cécité, du moins l’erreur des initiateurs de la démarche .

    Confier la mission au propre fils de Tshisekedi était une erreur de casting. Même s’il y a des Bush présidents de père en fils, il ne faut pas faire l’amalgame. Pour la plupart d’occidentaux, la succession politique en Afrique de père en fils est à décourager, car pas démocratique. C’est du népotisme.

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    De ce fait, quelles que soient les qualités diplomatiques dont M. Felix Tshisekedi pouvait disposer, le désigner lui (certes à bon droit, en tant que SRNE) à la tête de cette mission revenait simplement à placer un fils à la défense de son père.

    En d’autres termes, tel que cela apparaissait, on se trouvait devant une situation où une question d’ordre privé (disons familial) était indûment transformée en une question nationale. Du coup, la démarche était vidée de son vrai sens et perdait son caractère national et politique. Mieux inspirés, ils l’auraient adjoint à d’autres personnalités, et non mettre Felix Tshisekedi en première ligne.

    Même sur le plan médiatique, cela se présentait mal : Felix Tshisekedi n’était perçu que comme le fils de son père et non comme un responsable légitime de l’UDPS, par la faute du casting.

    Dommages collatéraux ” désastreux pour le parti. L’UDPS ne s’est jamais mal porté depuis: d’abord le silence, lourd et pesant pendant non pas des mois, mais des années. Certes, il y avait ici et là un débat radiotélévisé sur une chaine nationale auquel un responsable du parti participait, mais ce n’est pas cela ce que l’on savait de l’UDPS. Tout laissait croire que les résultats des élections présidentielles décevants pour “Limete” avaient mis le parti au tapis, et il n’était pas prêt de se relever.

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    Les malheurs des uns faisant le bonheur des autres, Vital Kamerhe, malgré son maigre pourcentage (7,97%) aux dernières élections, a su tirer son épingle de jeu et devient peu à peu la référence de l’opposition congolaise. C’est vers lui désormais que la presse étrangère se tourne pour avoir “l’autre point de vue” sur l’actualité chez-nous.

    Quant à l’UDPS, sans que l’on sache pourquoi, sa “visibilité” se voit seulement dans les communiqués publiés dans la presse congolaise ou sur les réseaux sociaux, à la manière des partis politiques “alimentaires“.

    Autre conséquence d’une gestion désastreuse de la crise, le discours de l’UDPS était des plus confus et démobilisateur: “l’UDPS n’est pas un parti d’opposition“, a-t-on entendu bien des fois. Dans la foulée, on a créé une plateforme politique dénommée Majorité Présidentielle Populaire.

    C’est comme s’il était question de convaincre des individus au chômage qu’ils travaillaient. Comment convaincre des membres de l’opposition, et dont le leader était en résidence surveillée, qu’ils avaient le pouvoir ? A défaut de la duplicité, ce n’est rien d’autre que de la démagogie. Peut-on omettre le fait qu’en multipliant les déclarations optimistes du genre “c’est un combat de longue haleine“, les dirigeants de l’UDPS ont donné un faux espoir aux “combattants“.

    On peut aussi ajouter que l’UDPS a, en route, perdu quelques alliés politiques fatigués d’attendre “la restauration de l’imperium” qui ne venait pas. N’ayant pas misé sur le fait que la mobilisation vécue au lendemain des élections ne pouvait s’essouffler vite, “le parti de Limete” a payé le prix d’une gestion de manière précipitée d’une crise dont les ramifications et les conséquences sont innombrables.

    L’échec de cette mission sonne aussi l’échec de l’unanimisme au sein des formations politiques. Si un tel sujet avait fait l’objet de longues discussions avant de l’entreprendre, peut-être ne l’auraient-ils pas entrepris du tout. Les universitaires et intellectuels devraient aussi traiter de sujets d’intérêt national sur leurs blogs ou au cours des émissions radio ou télé afin d’en examiner les contours, et fournir aux décideurs de la matière.

    D’après ce que l’on voit, jusqu’au jour d’aujourd’hui, l’UDPS est encore suspendu au “règlement de la question des élections frauduleuses de novembre 2011“. Mais personne n’est sûre de la date exacte de ce règlement, ni si elle sera jamais réglée un jour. Entretemps, les nouvelles échéances approchent à grands pas. Mal préparées, l’après-Tshisekedi risque de faire de l’UDPS juste un parti comme un autre, à cause des combats perdus d’avance.