-Les derniers affrontements à la frontière entre la RDC et le Rwanda sont instrumentalisés par les deux régimes pour s’accrocher au pouvoir.
Qui croire ? Après chaque accrochage entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, le scénario est le même : chaque camp affirme avoir été attaqué par l’autre et se renvoie la responsabilité des violences. Pourtant, mercredi 11 et jeudi 12 juin, des tirs à l’arme lourde ont bien été échangés à la frontière entre les deux pays, à une vingtaine de kilomètres au nord-est de Goma (Nord-Kivu). Ce regain de tension est le plus grave depuis octobre 2013 et la défaite des rebelles du M23. L’incertitude plane également sur le bilan humain des affrontements. Alors que Kinshasa reconnait avoir perdu un seul de ses hommes, Kigali exhibait 5 corps, présentés comme des soldats des FARDC, l’armée régulière congolaise. Citée par l’AFP, une source militaire occidentale confirmait les 5 morts côté congolais, alors que le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende tentait d’expliquer que les Rwandais avait « récupéré des cadavres dans des hôpitaux, juste pour justifier leur thèse ». Sur les circonstances des accrochages, là encore le flou est total. Côté congolais, on déclare qu’un caporal des forces armées congolaises a été enlevé par des soldats rwandais. Les militaires congolais auraient alors riposté, et Il y a eu échange de tirs. Autre son de cloche à Kigali, où l’on affirme que des soldats congolais seraient venus au Rwanda « à deux reprises et auraient ouvert le feu ». Les forces rwandaises auraient alors choisi de riposter.
Relations exécrables
Qui dit vrai ? Nous ne sauront vraisemblablement jamais la vérité. Même si une équipe du Mécanisme conjoint de vérification (JVM), composée de Rwandais, de Congolais et de pays de la région a débuté une enquête, jamais cette instance n’a permis par le passé de désigner une quelconque responsabilité dans les affrontements rwando-congolais. Cette fois encore, on laissera Kigali et Kinshasa s’accuser mutuellement de tous les maux de la région. Il faut dire que les relations entre la RDC et le Rwanda sont exécrables depuis maintenant 20 ans et la fin du génocide rwandais. Les conséquences du conflit rwandais se sont transportées au Congo voisin dès 1994.
Collusion entre les FDLR et l’armée congolaise
Depuis l’arrêt du génocide au Rwanda et l’arrivée du FPR de Paul Kagame au pouvoir, Kigali accuse la RDC d’abriter avec une certaine complaisance les rebelles hutus des FDLR. Cette rébellion s’est installée dans l’Est du Congo avec la ferme intention de reprendre le pouvoir à Kigali et d’y déloger Paul Kagame. Avec le temps, les FDLR se sont noyés dans le magma des rébellions congolaises et ont été utilisés comme supplétifs par l’armée congolaise contre les groupes rebelles à majorité tutsie téléguidée par Kigali. La collusion entre l’armée régulière et les FDLR a été dénoncée à plusieurs reprises par le Rwanda d’abord, puis par le rapport des experts de l’ONU. Il y a quelques semaines, le gouvernement congolais a annoncé à grands renforts de communication la reddition et le désarmement de groupes FDLR au Nord et au Sud-Kivu. Mais l’opération n’a permis de démobiliser qu’une petite centaine de miliciens. « De la poudre au yeux » selon Kigali. Pour les autorités congolaises, il n’y a pas de hasard de calendrier. Le Rwanda cherche par ces « provocations » à la frontière, à « casser le processus de reddition des FDLR, en créant de l’insécurité pour conserver une raison d’intervenir dans la zone ». La présence des FDLR au Congo constitue donc le coeur des reproches de Kigali.
Des rébellions téléguidées par Kigali
A Kinshasa, on a une toute autre vision du voisin rwandais. Pour les Congolais, le Rwanda est à l’origine de deux « invasions » du territoire national. Une première en 1996 pour appuyer la rébellion congolaise de l’AFDL de Laurent-Désiré Kabila, faire tomber Mobutu et traquer les génocidaires réfugiés au Congo. Le Rwanda traverse une seconde fois la frontière en 1998 pour tenter de faire chuter Kabila, entré en délicatesse avec le pouvoir de Kigali. Depuis la création de l’AFDL, soutenue par le Rwanda, toutes les autres rébellions qui ont secoué l’Est du pays ont été téléguidées par Kigali. Le RCD, le CNDP de Laurent Nkunda et le M23 de Bosco Ntaganda et Sultani Makenga ont tous reçu un soutien en hommes, matériels et logistiques du régime rwandais. Le même rapport d’experts de l’ONU qui accusait Kinshasa de faire alliance avec les FDLR affirmait dans le même temps que Kigali pilotait les rébellions congolaises à distance. Mais en 2009, les deux meilleurs ennemis se sont alliés pour se débarrasser d’un rebelle qui devenait de plus en plus encombrant, Laurent Nkunda, et pour tenter de mettre fin aux FDLR. Une alliance de circonstance qui sera de courte durée.
Deux présidents qui veulent s’accrocher au pouvoir
L’inimitié entre le Rwanda et la RDC convient pourtant assez bien aux deux régimes en place à Kigali et Kinshasa. Chacun se servant de l’autre comme un bien utile épouvantail. Le Rwanda, qui souhaite maintenir à distance les FDLR de ses frontières, n’a pas intérêt à voir le Congo se débarrasser de ces potentiels ennemis. Kigali a toujours refusé de voir revenir sur ses terres certains responsables du génocide de 1994 (ils ne sont d’ailleurs plus très nombreux au sein des FDLR actuels). Paul Kagame ne souhaite pas non plus négocier avec les rebelles hutus et les verrait bien rester « parqués » dans les Kivus. A Kinshasa, le Rwandais est l’homme que l’on aime haïr… la figure de l’ennemi. Un petit pays qui déstabilise le grand Congo depuis 20 ans. Le régime de Joseph Kabila, affaiblit par les élections contestée de novembre 2011, s’est « reconstruit » avec l’apparition de la rébellion du M23 (accusée d’être soutenu par le Rwanda) en mai 2012 et s’est finalement renforcé après sa victoire sur les rebelles en novembre 2013. Dans les circonstances actuelles, l’ennemi rwandais permet à Joseph Kabila de rassembler la population autour d’un objectif commun, faisant ainsi oublier une situation économique désastreuse et les futurs « tripatouillages » constitutionnels que craint l’opposition congolaise – voir notre article. De chaque côté de la frontière, on resserre les rangs autour du régime en place faisant ainsi un peu oublier les problèmes intérieurs et les volontés des deux présidents, Joseph Kabila et Paul Kagame, de s’accrocher encore un peu au pouvoir.
-Réunis samedi en congrès, les sénateurs et députés nationaux de la RDC ont désigné Eugène Banyaku Lwape, Félix Vunduawe Tepemako et Corneille Wasenda Songo comme membres de la future Cour constitutionnelle.
Cette désignation s’est déroulée en présence du président de l’ Assemblée nationale congolaise, Aubin Minaku.
Felix Vunduawe Tepemako a été à plusieurs reprises ministre de l’Intérieur dans le régime de l’ancien président Joseph Mobutu Sese Seko dans les années 80. Il était aussi durant plusieurs années le directeur du cabinet de Mobutu.
Banyaku Lwape était le ministre des Finances durant du régime Mobutu, alors que Corneille Wasenda est une personnalité bien connue du monde de la magistrature en RDC. Six autres membres de cette Cour seront désignés par le président de la République et le Conseil supérieur de la magistrature.
Lors de cette désignation, le groupe parlementaire UDPS et Alliés a claqué la porte, dénonçant “un manque criant de transparence” et “une vraie machination savamment orchestrée par les hommes du pouvoir”.
“Cette désignation n’a pas fait l’objet d’un traitement consensuel. Nous dénonçons le manque de transparence dans cette désignation. C’est vraiment anti constitutionnel”, ont déclaré samedi les membres du groupe parlementaire UDPS et Alliés lors d’un point de presse.
La Cour constitutionnelle est chargée du contrôle de la constitutionnalité des lois et des actes ayant force de loi. Elle a également la compétence de juger le contentieux des élections présidentielle et législatives ainsi que le référendum.
Prévue par la Constitution de 2006, cette Cour n’avait jamais été mise sur pied. Le chef de l’Etat Joseph Kabila avait promulgué mardi 15 octobre 2013 la loi organique de cette juridiction, soit trois ans après son adoption au Parlement.
Selon la Constitution rd-congolaise, le Cour constitutionnelle comprend neuf membres nommés par le président de la République, dont trois sur sa propre initiative, trois désignés par le Parlement et trois par le Conseil supérieur de la magistrature.
-Selon le GPS du capitaine congolais à la tête des commandos qui se sont affrontés avec l’armée rwandaise les 11 et 12 juin, il n’y a pas doute : la colline de Kanyesheza se trouve bien en République démocratique du Congo.
Le système de localisation indique que la frontière internationale entre la RDC et le Rwanda est à un kilomètre environ de sa position. On aperçoit pourtant des soldats rwandais à l’orée du bois d’eucalyptus à cinq cents mètres et plus près encore, sur la colline voisine, même s’ils tentent de se cacher.
Ils sont revenus à la faveur des derniers combats, explique le lieutenant Barabas (un surnom), du 391e bataillon commando, formé par les Etats-Unis.
Kanyesheza n’est qu’une butte au bout du plateau de savane herbeuse de Kibaya, qui s’étend à environ 2.000 m d’altitude au pied du volcan Nyiragongo. Le village congolais le plus proche est à une petite heure de marche. A vol d’oiseau, la ville de Goma, capitale de la province du Nord-Kivu se trouve à une vingtaine de kilomètres au sud-ouest.
Le 10 juin à l’aube, “le chef de section a vu une compagnie rwandaise qui avançait là”, à quelques dizaines de mètres, indique le lieutenant Barabas, “ils disaient que la colline leur appartient”. Mais le petit effectif congolais ne se démonte pas et les soldats rwandais finissent par partir.
Echaudés par l’incident, les militaires congolais décident de placer deux hommes en poste d’observation avancé, mais toujours en territoire congolais, assurent-ils.
Le lendemain à l’aube, selon eux, l’un des deux éclaireurs est “capturé”. L’autre parvient à s’enfuir et c’est alors qu’éclatent les premiers combats, à l’arme automatique.
– Anciens frères d’armes –
Après une trêve, la situation dégénère en affrontements à l’arme lourde dans l’après-midi. L’armée congolaise et des témoins accusent les Rwandais d’avoir alors ouvert le feu sur une délégation de soldats et de civils venus parlementer.
Après un nouvel et bref échange de tirs d’armes lourdes le jeudi 12 au matin, le calme est revenu et un corps, celui du soldat en poste d’observation avancé qui n’avait pas pu se replier, a été rendu à l’armée congolaise.
“On se parle de nouveau” de part et d’autre de la frontière, dit le lieutenant Barabas.
Ironie de l’histoire, les hommes qui viennent de croiser le feu, sont de vieux compagnons d’armes pour certains.
En face, il y a un adjudant rwandais, John. “Il est entré au Congo avec l’AFDL. On le connaît. On a vécu avec lui à Kinshasa, il a même épousé une Kinoise”, dit le capitaine.
L’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL) est le mouvement rebelle de Laurent-Désiré Kabila (père de l’actuel président de la RDC, Joseph Kabila), qui, avec l’aide du Rwanda, a chassé du pouvoir, en 1997, le dictateur Mobutu Sese Seko.
Joint au téléphone par l’AFP, l’adjudant John confirme avoir participé à la campagne de l’AFDL et vécu à Kinshasa, mais refuse de parler des derniers incidents de frontière.
Entre la RDC de Kabila et Kigali, c’est d’abord la lune de miel : le chef d’état-major de la nouvelle armée congolaise est James Kabarebe, aujourd’hui ministre de la Défense du Rwanda, et de nombreux soldats rwandais stationnent à Kinshasa.
Mais en 1998, Laurent-Désiré Kabila renvoie ses conseillers militaires rwandais. Eclate alors la deuxième guerre du Congo, qui saignera un pays déjà à bout de souffle jusqu’en 2003. Pendant le conflit, Goma et ses environs seront administrés par une milice soutenue par Kigali.
Depuis la fin de la guerre, plusieurs autres milices congolaises, à dominante tutsi et soutenues par le Rwanda, ont pris la place de l’Etat dans la région jusqu’à la chute de la dernière d’entre elles, le Mouvement du 23 Mars (M23), en novembre 2013, dont les hommes du 391e bataillon, bien équipés, occupent désormais les positions le long de la frontière.
Le capitaine congolais, qui ne veut pas donner son nom, fait écouter la conversation téléphonique qu’il a enregistrée samedi avec l’adjudant John. On se chamaille : “Ici c’est chez nous.” “Non, c’est chez nous.” On ne se met pas d’accord mais on finit par convenir qu’”il faut se voir et se parler comme avant.”
Depuis la publication fin mai du calendrier électoral pour les élections locales fixées en 2015, opposition et majorité au pouvoir sont de nouveau à couteaux tirés en RDC. En toile de fond, la possibilité pour Joseph Kabila de prolonger – ou non – son mandat au-delà de 2016. Décryptage en trois points.
Bien qu’illégitimes, gouverneurs de province et sénateurs – tous élus en 2006 pour un mandat de cinq ans – devront encore rester en place en RDC. Malgré les pressions de certains partis d’opposition, la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) a décidé de privilégier l’organisation des élections locales, municipales et urbaines. Le calendrier qu’elle a publié en effet le 26 mai fixe au 15 juin 2015 l’élection des conseillers des communes et des secteurs ou chefferies, au suffrage direct, et au 29 août 2015 le vote au suffrage indirect des conseillers urbains, des bourgmestres et des chefs de secteurs.
Pas une ligne sur les provinciales et les sénatoriales, encore moins sur les législatives ou la présidentielle. Un “calendrier partiel” et fixé unilatéralement par l’abbé Apollinaire Malumalu, président de la Ceni, accusent ses détracteurs. Mais la Majorité présidentielle (MP, au pouvoir) n’est pas de cet avis. Elle appelle “l’infime partie de l’opposition qui boude” à respecter “l’indépendance de l’organe électoral”.
1. Un calendrier adopté avec ou sans consensus ?
Pour Sébastien Luzanga Shamandefu, porte-parole de la MP, comme la Ceni est à la fois composée de membres de la société civile et de partis politiques (opposition et majorité), les décisions qui en résultent découlent bien du consensus. “Tout le monde est partie prenante au sein de la Ceni”, clame-t-il.
Du côté de l’opposition politique, surtout de la frange qui n’a pas participé aux “concertations nationales” avec le pouvoir, les boucliers sont levés. Pas question d’accepter un calendrier qui n’offre pas toutes les garanties concernant les autres échéances électorales, notamment la présidentielle.
Le calendrier électoral doit être bâti sur un consensus.
Jean Baudouin Mayo, député d’opposition et cadre de l’UNC
L’Union pour la nation congolaise (UNC) de Vital Kamerhe menace même de retirer son délégué qui siège au sein de la Ceni si un consensus n’est pas trouvé autour de la question. “Il faut que tout le monde maîtrise plus au moins les paramètres [du calendrier électoral]”, avance le député Jean Baudouin Mayo, cadre de l’UNC, qui regrette par ailleurs que le président Joseph Kabila soit monté sur “ses grands chevaux” pour s’opposer à l’initiative de Martin Kobler, représentant spécial du secrétaire général des Nations unies, qui tentait d’amener la classe politique congolaise à un consensus global sur les futurs scrutins.
2. Poursuivre avec le cycle de 2006 ou celui de 2011 ?
Un autre point de divergence se situe au niveau du cycle électoral. La Ceni a décidé de ne pas poursuivre celui entamé le 28 novembre 2011 par les législatives et la présidentielle, lequel devait normalement s’étendre aux provinciales et aux sénatoriales. À la place, l’institution électorale a préféré élaguer les arriérés électoraux de 2006 en prévoyant d’organiser les élections locales, municipales et urbaines en 2015. Une “exécution de la volonté de Joseph Kabila”, dénonce Jean Baudouin Mayo. Comme ce dernier, plusieurs opposants congolais souhaitent plutôt le parachèvement du cycle de 2011.
Les élections locales, ce n’est pas la priorité en RDC.
Thomas Luhaka, secrétaire général du MLC
“En 2006, le pays a organisé cinq élections (législatives, présidentielle, provinciales, élection des gouverneurs et les sénatoriales). Mais en 2011, nous n’avons eu que deux élections (législatives et présidentielle). Pourquoi ne pas parachever le cycle avec les trois [élections] qui restent ?”, s’interroge Thomas Luhaka. Pour le secrétaire général du Mouvement pour la libération du Congo (MLC), “organiser dans les circonstances actuelles les élections locales – lesquelles ne sont pas la priorité à ses yeux -, c’est ouvrir une boîte de Pandore.” Allusion faite aux “frictions” qui pourraient surgir, selon lui, entre différents clans politiques lorsqu’il s’agira de délimiter les circonscriptions électorales pour ces scrutins locaux.
3. Risque-t-on de prolonger le mandat présidentiel au-delà de 2016 ?
Thomas Luhaka craint également un “glissement du calendrier électoral au-delà de 2016”, année de l’échéance du mandat présidentiel en l’état actuel de la Constitution de la RDC. “Si la Ceni commence à organiser des élections de manière partielle comme elle propose, à un moment donné, nous allons manquer de temps pour organiser la présidentielle dans les délais”, avertit-il, soulignant la nécessité d’avoir une “vision globale” du cycle électoral. Un appel qui fait écho à celui lancé par les envoyés spéciaux internationaux et par l’Union européenne (UE) qui demandent à la Ceni de publier un “calendrier complet” des élections.
“Nous sommes un pays souverain, rétorque Sébastien Luzanga Shamandefu. (…) Nous n’avons pas d’injonctions à recevoir de qui que se soit.” Le porte-parole de la MP demande à “ces envoyés spéciaux” de “laisser les Congolais organiser leurs élections”, réaffirmant la “confiance” de sa famille politique en “l’indépendance de la Ceni”. Mais il reste muet sur les risques de dépasser 2016 pour l’organisation de la présidentielle. Ce qui n’est pas de nature à rassurer l’opposition…
-Au Congo, les crimes rituels sont connus sous le nom de kata-kata (“trancher”, en lingala). Le phénomène est répandu, mais la justice peine à traduire les coupables en justice.
D’octobre 2011 à mai 2013, une série de meurtres avec prélèvement d’organes génitaux et de sang a secoué la ville de Ouesso, dans le nord du Congo. Visant des femmes se rendant seules dans leurs plantations, ils ont fait une douzaine de victimes, jusqu’à l’arrestation de six suspects, dont le maire de la commune, détenu aujourd’hui à la maison d’arrêt de Brazzaville.
Au Congo, les crimes rituels sont connus sous le nom de kata-kata (“trancher”, en lingala). À la fin des années 1980, déjà, des rumeurs sur des enlèvements d’enfants avaient rythmé le quotidien des Brazzavillois. Entre 2005 et 2011, la capitale avait recensé une série de meurtres avec mutilation. Et en 2011, les images d’une femme enceinte tuée et mutilée avaient provoqué une telle psychose que des écoles avaient demandé aux parents de récupérer personnellement leurs enfants à la sortie des cours. Les voitures aux vitres teintées avaient été interdites. Et un homme soupçonné de trafic d’ossements humains avait été lynché par une foule en colère dans le 1er arrondissement.
Si, dans d’autres pays africains, les crimes rituels visent les albinos, les jumeaux ou les handicapés, au Congo ils ciblent généralement des femmes.
Le phénomène kata-kata connaît une recrudescence à l’approche de chaque élection. Si, dans d’autres pays africains, les crimes rituels visent les albinos, les jumeaux ou les handicapés, au Congo ils ciblent généralement des femmes. Certains cas ont attiré l’attention de la justice, mais les enquêtes sont souvent dans l’impasse. En octobre 2013, l’Association pour les droits de l’homme dans l’univers carcéral (Adhuc) a exhorté le ministère public à poursuivre la procédure judiciaire contre les auteurs et complices présumés dans le cadre de l’affaire de Ouesso et à prendre des mesures pour empêcher son éventuelle délocalisation.
Philippe Troussier, l’ancien sélectionneur de la Côte d’Ivoire (1992-1993) et du Japon (1998-2002) a suivi la victoire des Éléphants face aux Samurai Blue (2-1) dans la nuit de samedi à dimanche. Il livre son analyse du style ivoirien pour “Jeune Afrique”.
Jeune Afrique: la Côte d’Ivoire a battu le Japon (2-1) à Recife. Avez-vous été convaincu par la prestation des Éléphants ?
Avant ce match, j’avais pronostiqué un succès du Japon. Mais après son premier but, il a continué à attaquer, alors qu’il fallait laisser les Ivoiriens venir. Et ces derniers ont su profiter des erreurs de son adversaire, qui n’a pas voulu changer de système, sans se montrer transcendants. Même en étant moyens, les Éléphants sont toujours capables de se procurer des occasions et de marquer, grâce à la qualité de leurs attaquants. La Côte d’Ivoire n’a pas fait un gros match, mais c’était suffisant pour gagner.
Avez-vous été étonné par la non-titularisation de Drogba, alors que Yaya Touré était présent dès le coup d’envoi ?
Non, je m’attendais à ce que Drogba débute sur le banc. Le jeu de la Côte d’Ivoire, qui tourne essentiellement autour de Yaya Touré, de Kalou et de Gervinho, n’est pas vraiment fait pour lui. Et Lamouchi le sait ! Mais Drogba a le sens du collectif, du sacrifice. Pendant une heure, Bony avait pesé sur la défense japonaise. La stratégie est bonne, même si c’est difficile de dire de Drogba que c’est un remplaçant. Je préfère dire que c’est un titulaire qui termine le match. Quant à Yaya Touré, on a bien vu qu’il était encore convalescent. J’ai aussi beaucoup apprécié la prestation d’Aurier, à l’origine des deux buts, et de Boka sur le côté gauche.
Comment voyez-vous la suite de la Coupe du Monde pour la Côte d’Ivoire ?
Cette équipe, c’est un diesel. Elle va monter en puissance, tant individuellement que collectivement. Je pense qu’elle peut se qualifier pour les huitièmes de finale. Mais il faudra suivre aussi l’état de fatigue des joueurs, les blessures, les éventuels cartons. C’est une équipe qui mise davantage sur ses individualités que sur son collectif. Elle donne l’impression d’être parfois coupée en deux, avec six défenseurs et quatre attaquants qui reviennent défendre en marchant. C’est aussi une équipe qui peut mettre en danger n’importe qui. Mais je ne sais pas si elle peut aller loin…
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Propos recueillis par Alexis Billebault– Jeune Afrique
–Lorsqu’on veut connaître le(s) détenteur(s) du véritable pouvoir dans un pays, il est une question préliminaire qu’il faudrait se poser : Qui contrôle l’argent (entendu comme entité qui comprend entre autres composantes : la monnaie, et le système bancaire) ? 1ere partie : au commencement était le lavage systématique de cerveau A cette question, l’on devrait ajouter les deux autres : 1. Qui contrôle le sous-sol et le sol ? 2. Qui contrôle l’information ? Dans tous les pays africains, et par extension dans tout le monde noir, la réponse à ces questions est simple : les Occidentaux pour l’essentiel, bien que, depuis quelques temps, les Asiatiques essayent de se positionner avec force. Lorsque tout un continent, l’Afrique, qui regorge de la majorité des ressources naturelles énergétiques et minières de la planète, et qui par conséquent est le seul continent à pouvoir être indépendant de tous les autres, se retrouve paradoxalement dans la situation où ses habitants sont les gens les plus pauvres et les plus dépendants de la planète, il est dans l’ordre du normal de se poser des questions, et ce faisant, il est essentiel : 1. de réexaminer le processus par lequel nous sommes tombés dans ce piège 2. de comprendre les mécanismes qui nous maintiennent dans ce prédicat 3. de proposer des solutions pratiques pour la mise en place de véritables structures et politiques de libération qui seules nous ferons sortir de cette situation. La question fondamentale qui soutend toutes celles-ci-dessus mentionnées est de savoir qui contrôle la pensée des africains car du contrôle de cette pensée procède toutes les autres formes d’asservissement ; en effet, celui qui contrôle le processus de réflexion, contrôle l’homme. Le premier thème que nous allons donc examiner est celui du processus de la mise en place de la mentalité d’esclave (ou de la mentalité de colonisé). Bien qu’il ait eu plusieurs méthodes à travers les âges, les unes plus physiquement brutales que les autres, le meilleur modèle qui nous est offert se retrouve dans le discours de Willie Lynch, le père du lynchage. Le discours de Willie Lynch sur la fabrication d’un esclave Ce discours a été prononcé par Willie Lynch en 1712 en Virginie. Willie Lynch était un propriétaire d’esclaves d’origine Britannique, qui a été invité par d’autres propriétaires d’esclaves afin qu’il leur enseigne ses méthodes de contrôle. Le mot « lynchage » se réfère à lui. Salutations, Messieurs, je vous salue ici aujourd’hui sur les berges du fleuve James, en ce jour de notre seigneur de l’année 1712. D’abord, je dois vous remercier chers Messieurs de la Virginie, de m’avoir invité. Je suis ici pour vous aider à résoudre certains problèmes que vous rencontrez avec vos esclaves. J’ai reçu votre invitation dans ma modeste plantation des Indes occidentales, où j’ai expérimenté de nouvelles méthodes, bien que très anciennes pour contrôler les esclaves. La Rome ancienne vous envierait si vous mettiez en pratique mon nouveau programme. Au moment où nous naviguions le long du fleuve James, qui porte le nom de notre illustre roi, dont nous chérissons la version de la Bible, j’ai pu constater que vos problèmes ne sont pas isolés. Alors que Rome utilisait abondamment des cordes et du bois pour crucifier les gens sur le long des routes, vous ici utilisez occasionnellement les arbres, et les cordes. J’ai moi-même vu il y a quelques kilomètres de cela, un esclave qui pendait à un arbre. Non seulement vous perdez des ressources utiles en les pendant, mais en plus vous avez des grèves, et certains de vos esclaves réussissent à s’enfuir. Vos plantes sont souvent laissées trop longtemps dans les champs, ce qui vous empêche de maximiser le profit ; ajoutez à cela des incendies, et la destruction de vos bêtes. Messieurs, vous connaissez votre problème, je n’ai pas besoin d’élaborer. Je ne suis pas ici pour énumérer vos problèmes, je suis ici pour vous introduire de nouvelles méthodes pour les résoudre. J’ai dans mon sac, une méthode dont l’efficacité est prouvée dans le contrôle des esclaves noirs. Je garantie à chacun de vous que, bien appliquée, elle contrôlera les esclaves pour au moins 300 ans. Ma méthode est simple. Chaque membre de votre famille peut l’utiliser, ainsi que les gardiens de vos plantations. J’ai noté un certain nombre de différences parmi les esclaves, et j’ai utilisé ces différences en les agrandissant. J’utilise la peur, la méfiance, et l’envie pour des fins de contrôle. Ces méthodes ont bien marché dans ma modeste plantation et à travers tout le Sud. Retenez cette simple liste des différences et réfléchissez-en. En tête de ma liste est « l’âge » seulement parce que ce mot commence par la lettre a. Ensuite il y a la « couleur » ou la physionomie. Il y a également : l’intelligence, le physique, le sexe, la taille des plantations, le statut dans la plantation, l’attitude des propriétaires, le lieu d’habitation des esclaves, la texture de ses cheveux, la taille. Maintenant que vous avez une liste des différences, je dois vous donner un aperçu des actions à entreprendre. Mais avant cela, je dois vous assurer que la méfiance est plus forte que la confiance, que l’envie est plus forte que l’adulation, le respect, ou l’admiration. Apres avoir subi cet endoctrinement, l’esclave noir va lui-même se charger de l’alimenter et de le propager pendant des centaines d’années voire des milliers. N’oubliez pas, vous devez opposer les vieux aux jeunes, les clairs-de-peau aux sombres-de-peau. Utilisez les femmes contre les hommes et les hommes contre les femmes. Vous devez également avoir des serviteurs blancs et des gardiens qui n’ont pas confiance en les Noirs. Mais par-dessus tout, vous devez réaliser qu’il est d’une nécessité absolue que vos esclaves n’aient confiance qu’en vous, et qu’ils ne dépendent que de vous. Qu’ils ne doivent aimer, respecter et n’avoir confiance qu’en vous. Messieurs, ces instruments sont la clé du contrôle. Utilisez-les, faites en sorte que vos femmes et vos enfants les utilisent, ne manquez jamais une occasion de les mettre en pratique. Si vous utilisez intensément ces instruments pendant un an, les esclaves eux-mêmes vont reproduire à perpétuité le manque de confiance entre-eux. Merci messieurs. Comme on peut le constater, la situation dans laquelle se retrouve l’Afrique aujourd’hui n’est ni le fait du hasard ni celui de la fatalité, et encore moins celui d’un concours naturel de circonstances malheureuses. Le problème de l’Afrique est le résultat d’une stratégie calculée, intelligemment conçue et mise en place pour l’asservir. Les mêmes méthodes sont encore utilisées aujourd’hui et il n’y a rien d’étonnant à voir les occidentaux expliquer tous nos conflits en termes de conflits ethniques, et/ou conflits religieux ; l’exploitation des différences continue. Bien que l’objectif ultime de cet article soit de proposer des voies de sortie de la domination que nous subissons depuis plusieurs siècles, nous allons remettre cette tâche pour plus tard, pour d’abord circonscrire dans une deuxième partie, les structures et méthodes mises en place par les dominants, et surtout d’établir les responsabilités des uns et des autres dans la perpétuation de notre impuissance. C’est le passage obligé si nous sommes vraiment sérieux dans notre tentative à apporter des solutions adéquates à nos problèmes. Nous pouvons néanmoins commencer par planter le décor. Le très long processus de lavage de cerveau, n’a été que cela, c’est-à-dire un lavage de cerveau ; en d’autres termes, notre mémoire historique a été évacuée de notre esprit, entrainant entre autres dans sa chute la perte de notre sociologie, de notre spiritualité, et la perte de nos méthodes de gestion de conflits et de résolution de nos problèmes, héritage que nous avons accumulé sur des millénaires. Nous nous retrouvons aujourd’hui dans la position d’un amnésique ou d’un petit enfant qui doit encore tout réapprendre/apprendre de ses parents. Et malheureusement pour nous Africains, nous perpétuons la dynamique que les occidentaux voulaient nous faire adopter pour nous subordonner à jamais à leurs intérêts. N’ayant presque plus de repères, il nous devient difficile de jeter un regard critique à tout ce qui nous est proposé ni même d’opposer une résistance significative à notre instrumentalisation et notre exploitation car nous opérons selon le modèle qu’ils nous ont prescrits sans même nous en rendre compte. Nous sommes donc devenus par-là, les principaux agents de notre propre asservissement, et tirons énormément de plaisir dans le suivisme : nous mangeons, buvons, parlons, et nous habillons comme eux. Nous voyons le monde comme eux ; dès qu’ils parlent du concept de développement, nous sautons dans le wagon ; ils le modifient en co-développement, nous en faisons de même. Au gré de leurs intérêts, lorsqu’ ils passent à la bonne gouvernance, à la démocratie, au réchauffement de la planète et à la lutte contre le terrorisme qui bien qu’étant des combats nobles en valeur absolue, ne sont en fait que des subterfuges pour masquer les objectifs de prédation, nous leur emboitons le pas. Or nous oublions que dans ce paradigme, ils occupent la position privilégiée, et en sortent les grands gagnants alors que nous en sommes les laissés-pour-compte confinés à la dernière place. Apres tout, ce sont eux qui ont établi les règles de jeu et les valeurs par lesquelles nous fonctionnons. Pire, nous comptons sur eux pour nous aider à sortir de là où nous sommes, alors qu’ils sont où ils sont justement parce que nous sommes où nous sommes ; le statu-quo leur profite. Malgré ce tableau négatif, tous les espoirs ne sont pas perdus. Les théoriciens du lavage de cerveau avaient eux-mêmes dès le départ compris qu’il est très difficile de maintenir le cerveau humain dans un état de déséquilibre permanent. A l’époque, ils n’ont pas trouvé une explication scientifique à ce phénomène mais aujourd’hui, avec le développement de la génétique et la découverte de la mémoire génétique, les choses sont plus claires : la plus importante composante de la mémoire n’est pas dans l’esprit. Elle se trouve dans les gènes et plus précisément dans l’ADN, ce qui nous donne l’espoir de la récupérer. Pour empêcher cela, de nouvelles formes de guerres ont vu le jour pour entretenir le lavage de cerveau : La destruction systématique de notre image dans leurs medias, la falsification de notre histoire, mais surtout l’invasion de notre alimentation par les Organismes Génétiquement Modifiés afin de corrompre notre patrimoine génétiques et de nous couper à jamais de notre passé. Nous affranchir de cette misère va nous demander des efforts qui vont au-delà de la remémoration de notre passé glorieux ; il nous faudra nous réorganiser sur le plan politique, économique et même social autour de nos valeurs, réorganisation qui devrait naturellement nous permettre de reprendre le contrôle de nos ressources humaines, naturelles et minières. En effet la construction des pyramides, ou encore le rayonnement de nos grands empires ne reposaient pas sur du néant. Cela n’a été rendu possible que dans un contexte socio-économique, et même philosophique particulier. Il est clair que l’on ne peut pas prospérer sans un minimum d’organisation sociale et sans mettre la science au service du bien-être des masses, et évidemment pas sans un contrôle sérieux de ses ressources essentielles. 2ème partie : les mécanismes de maintien de l’ordre établi, et du désordre organisé de l’Afrique. Qui contôle vraiment l’Afrique ? Afin de bien évaluer les responsabilités des principaux acteurs qui maintiennent l’Afrique dans la situation peu enviable où elle se retrouve aujourd’hui, il est essentiel dans un premier temps de mettre sur pied un organigramme fiable de la structure mondiale de prédation. Mais comme l’objectif final naturel de tout africain est de proposer des voies de sortie de notre état actuel, il est aussi nécessaire dans un deuxième temps de bien comprendre le système, ce qui bien sûr sous-entend les mécanismes qui nous maintiennent enchainés. En effet, il est difficile de déconstruire de façon efficace et définitive un édifice dont on ne maitrise pas à la fois l’architecture et la mise en œuvre. Nous prendrons pour modèle, un organigramme avec 4 niveaux de responsabilités. 1. Les commanditaires et sponsors c’est -à -dire ceux qui financent les opérations. 2. Les architectes (c’est-à-dire ceux qui conçoivent, planifient, et recrutent les exécutants), les facilitateurs et les complices. 3. Les exécutants et les organisateurs sur place. 4. Les hommes de mains et les bras armés. En tenant compte du fait que les personnes des chefs d’Etat africains monopolisent le débat politique sur notre continent, nous allons modifier l’ordre de développement de notre analyse et commencer d’entrer de jeu par le niveau 3. En effet, c’est à ce niveau (des exécutants) que se retrouve la quasi-totalité de nos présidents, et même la majorité des leaders politiques de ce monde. Les dirigeants Africains : (des exécutants de moindre envergure) C’est la catégorie la plus exposée et visible car c’est elle qui traite directement avec les masses africaines ; il est dont logique que la plupart des critiques leur soit destinées. Il faut reconnaitre qu’ils le méritent dans une très grande mesure, et à plus d’un titre. La majorité d’entres-eux est arrivée au pouvoir par usurpation et souvent au prix de l’élimination des vrais nationalistes (une élimination programmée au niveau 2 de l’organigramme, les architectes). Ce qui justifie d’une certaine façon qu’il leurs soit reproché un manque de patriotisme, de vision, de force de caractère, et d’engouement au travail. L’on a également raison de mettre à leurs comptes la corruption et tous les maux qui vont avec, à savoir : la mauvaise répartition des richesses qui deviennent d’un côté la propriété privée d’un clan, alors que de l’autre, la misère et le désarroi deviennent la réalité existentielle de la majorité du peuple dans l’indifférence apparemment totale de la petite classe des privilégiés. Comment en effet comprendre qu’en 50 ans, l’on n’ait pas réussi à régler les problèmes de mortalité infantile, et d’eau potable, pour ne citer que ces deux, alors que le montant des détournements suffirait largement à couvrir les dépenses nécessaires à la résolution de ces deux problèmes, et de bien d’autres encore. Suggérer que la situation de nos pays serait exactement la même si les nationalistes étaient au pouvoir n’est pas non plus acceptable, sinon comment justifier tout le mal que les prédateurs se donnent pour justement empêcher que ces derniers accèdent au pouvoir ? N’insultons pas la mémoire de ceux qui ont préféré mourir dans le combat plutôt que de signer des accords scélérats qui donnent le contrôle de nos ressources naturelles et humaines à nos ennemis. Nos opposants semblent ne pas valoir mieux que nos dirigeants actuels ; pratiquement aucun d’entre eux n’ose dénoncer les accords de coopération inégaux, ou au moins en porter le débat sur la place publique. La société civile devra d’ailleurs montrer plus de vigilance à l’égard des personnes qui par ambition politique ou pourquoi pas, par opportunisme envisageraient de briguer un mandat électif, sans donner en contrepartie la garantie d’un patriotisme sans faille. Un test d’authenticité devrait désormais leur être imposé. Tout candidat devrait dorénavant se prononcer très clairement sur les questions cruciales de souveraineté. Malgré tout ce qu’on peut dire de nos chefs d’Etat, il serait réducteur de faire d’eux les seuls responsables de nos malheurs, en effet, ceci reviendrait à minimiser le problème, ou à ne pas bien le saisir dans sa profondeur. C’est justement l’erreur que commettent en toute bonne foi beaucoup de personnes qui négligent de monter assez haut sur l’échelle des responsabilités. Ceux qui, dans la zone franc, se donnent la peine de regarder au delà de nos dirigeants corrompus, trouvent en général un coupable tout désigné : la monnaie. Bien qu’il faille reconnaitre que la monnaie constitue un gros problème en vertu duquel tous les pays de la zone franc sans exception sont entièrement hors-sujet sur les questions de souveraineté, la réalité nous apprend quand même que le problème est plus sérieux que cela. A ce niveau, il nous semble approprié d’illustrer notre pensée avec un exemple concret. L’exemple d’un pays qui bat sa monnaie : le Ghana D’après les rapports du département d’Etat américain, le Ghana a connu une croissance de son PIB de 14% en 2011, et cette croissance se maintient au dessus de 7% depuis lors. D’ailleurs le FMI classe le Ghana 7e parmi les pays qui connaissent une croissance économique rapide. Le Ghana connait également une stabilité politique, et ce pays est réputé être assez bien géré, la criminalité y est faible, les salaires compétitifs, le système éducatif parmi les meilleurs en Afrique. Le Ghana a également sa monnaie (le cedi), et en plus l’on y a découvert d’énormes réserves de pétrole, ce qui en théorie lui offre de brillantes perspectives d’avenir. Bref coté jardin, le Ghana a tout pour réussir. Mais cela n’est vrai qu’en apparence, dès que l’on se tourne du coté cour, la réalité devient toute autre. Bien que ce pays émette sa propre monnaie à travers sa banque centrale (Ghanaian Central Bank), les banques intermédiaires entre cette banque centrale et le peuple Ghanéen sont pour la plupart contrôlées par un capital étranger et notamment occidental, et cela a de graves implications : Ce sont les étrangers qui finalement décident des secteurs dans lesquels investir et à quelle hauteur le faire, et par là déterminent le niveau et les opportunités de développement du pays. Les Ghanéens se plaignent d’ailleurs du faible taux d’accès au crédit. Dans le secteur agricole par exemple, ce sont les Libanais et d’autres étrangers qui bénéficient des plus grands crédits donnant du même coup le contrôle du sol aux non-ghanéens. La majorité des bénéfices dégagés par ces banques et les entreprises étrangères s’évapore vers d’autres cieux et n’est pas réinvesti sur place, ce qui crée une balance de paiement négative pour le gouvernement ghanéen, qui finit par ne pas avoir d’autres choix que de recourir à l’emprunt auprès des institutions internationales pour financer des projets utiles à la population. En clair, malgré l’apparente vitalité de son économie, le Ghana est en fait entrain de s’appauvrir et de s’endetter. Les déficits fiscaux battent des records, et l’économie est sous pression à cause de la menace d’inflation, c’est l’une raisons pour laquelle l’agence de notation Fitch a revue à la baisse la note du Ghana qui se retrouve maintenant avec un ‘B’. Les 10% que le pays perçoit sur son pétrole vont bien sûr aider, mais ne parviendront certainement pas à renverser la vapeur, tant que la configuration bancaire ne sera pas entièrement modifiée, et cela est une autre paire de manches. Changer la configuration du circuit bancaire et mettre en place un cadre réglementaire stricte qui serve en priorité nos intérêts ne sont pas que des problèmes Ghanéens, ce sont des problèmes Africains qu’il sera très difficile de résoudre, car dans l’ombre, Il y a des forces qui veillent, et ces dernières n’ont pas intérêt à ce que ce problème soit résolu. C’est en vertu de ce contrôle de nos banques que le mot d’ordre : « développement zéro pour l’Afrique » tient encore, et que tous les secteurs clés de nos économies échappent à notre contrôle. Pourquoi les banques sont-elles aussi importantes ? Nous laissons à Henri Makow le soin de répondre à cette question : « Les banquiers contrôlent les plus grandes corporations au monde, les media, les services de renseignement, les ‘Think tanks’, les fondations, et les Universités. ». Quelqu’un serait même tenté d’ajouter aussi les « terroristes ». Puisque les banques sont aussi importantes, l’on doit donc se poser la question de savoir à qui elles appartiennent. Tenter de répondre à cette question va nous emmener fatalement à comprendre comment le monde fonctionne réellement. Les maitres du monde (les commanditaires et sponsors) Le sénateur américain Dick Durban a dit : « les banques constituent le lobby le plus puissant à Capitol Hill (le congres americain), très franchement, Ils sont les propriétaires des lieux ». Ajoutons à cela la déclaration de Zbigniew Brzezinski « les peuples, les gouvernements et les économies de toutes les nations doivent se mettre au service des besoins des banques et des corporations multinationales. »* Or une poignée de grandes banques dominent l’économie du monde : les 4 grandes banques américaines : Bank of America, JP Morgan Chase, Citigroup et Wells Fargo, de concert avec d’autres grandes banques comme Goldman Sachs, et d’autres puissantes institutions européennes sont propriétaires des quatre plus puissantes compagnies pétrolières du monde à savoir Exxon Mobile, Royal Dutch/Shell, BP Amoco et Chevron Texaco. Ce n’est pas tout, les familles qui possèdent ces banques contrôlent également la réserve fédérale (banque centrale des Etats-Unis) et ses 12 branches, et à ce titre sont les propriétaires du dollar (qu’elles battent et vendent au gouvernement fédérale américain). En plus de tout ce qui a été précédemment cité, à travers leurs banques, ces mêmes familles contrôlent également toutes les places boursières qui comptent, et aussi des corporations comme Microsoft, Boeing, Caterpillar, General Electric, General Motors, Coca-Cola, McDonald. Ce sont ces familles qui ont crée la BIS (Bank of International Settlement), la plus puissante banque du monde. Elle contrôle la quasi-totalité des banques centrales privées en Occident et des pays émergents. Rien ne peut leur échapper car comme on le sait, le dollar est la principale monnaie des échanges commerciaux. Comprendre les intentions des vrais propriétaires de ces banques, et identifier les institutions qui leur sont associées nous permettront d’avoir une lecture plus précise des événements qui se déroulent dans le monde, et une meilleure compréhension de la structure des institutions internationales et de leur véritable raison d’être. Que veulent au juste les propriétaires de ces banques ? En d’autres mots que veulent les Bilderberg, les Lehmans, les Rockefellers, les Rothschilds, les warburgs pour citer quelques-unes de ces familles ? La réponse est simple : le contrôle complet et pour l’éternité de l’économie du monde. Et comment comptent-ils pérenniser leur hégémonie ? En recrutant des hommes de mains de haut profils, en s’associant, créant et finançant d’autres institutions puissantes et en contrôlant de grands groupes médiatiques, d’ailleurs aux Etats-Unis, 6 grands groupes contrôlent la quasi-totalité des medias. Time Warner, Walt Disney, Viacom, CBS corporation, et NBC Universal sont leurs propriétés. Sans oublier les ONGs (y compris les organisations des droits de l’homme) et les fondations les plus importantes. Les hommes de mains (planificateurs et recruteurs) Parmi les personnalités de hauts profils qui sont au service de ces familles, l’on peut citer l’ancien président des Etats-Unis Georges H. Bush, l’ancien conseiller à la Sécurité national américaine Zbigniew Brzezinski (mentor du Président Obama), le milliardaire George Soros, et bien entendu les anciens Secrétaires d’Etat Georges Schultz et Henri Kissinger. D’ailleurs, en rapport avec problème Ivoirien, l’ancien membre du Congrès Américain Cynthia McKinney rapporte qu’elle a reçu un coup de fil d’Alassane Ouattara que son staff a identifié comme provenant du bateau d’Henri Kissinger… Mais pour que le système puisse bien fonctionner, il faut non seulement mettre en place une logistique puissante, mais aussi s’attacher les services des complices au dessus de tout soupçon. Les complices et les institutions du pillage Au nombre des institutions auxquelles ces familles se sont soit associées, soit ont sponsorisé la création, l’on retrouve : Le Vatican qui a des actions qui s’élèvent à des milliards de dollars dans les multinationales comme Shell, General Motors, General Electric, et a massivement investi chez les Rothschilds. Christian Coalisions dont Georges W. Bush fut Président d’honneur. Ils ne sont pas étrangers à la prolifération des églises dites du réveil en Afrique. Des sectes et sociétés secrètes comme le club de Rome, Illuminati, the Chatham House, the Pilgrims Society, the Club of the Isles et surtout le Committee 300 qui d’après le Dr. John Coleman est la plus puissante société secrète au monde et qui compte parmi ses membres la Reine de Grande Bretagne, et presque toutes les têtes couronnées d’Europe. Le très puissant CFR (Council of Foreign Relations) qui d’après G. Edward Griffin est plus puissant que le gouvernement américain. C’est d’ailleurs de ce conseil que sont issus non seulement ceux qui dans tous les gouvernements américains occupent les postes les plus importants, mais aussi la quasi-totalité des présidents de la banque mondiale. La Trilateral Commission qui est organisé de la même manière que le CFR, à la différence que l’adhésion à ce groupe est étendue à l’Europe de l’Ouest et au Japon. The Round Table Groups qui contrôle les Universités d’élite, la presse, et les institutions internationales comme les Nation Unies, le FMI, la banque Mondiale, et la banque centrale Européenne, sans oublier l’OMC et la dernière trouvaille, la CPI. Les très familières officines de recrutement de l’élite africaine que sont Rose-Croix et Franc-maçonnerie viennent compléter le tableau. Une fois le décor planté, l’on peut commencer à comprendre comment la scène se joue en Afrique, et à en tirer des conséquences. Il convient tout de même de préciser que ces groupes opèrent avec des règles très strictes, l’une d’entre-elles étant la répartition des zone d’influences, c’est d’ailleurs la violation de ces règles qui a souvent été la source de grand conflits. La mécanique en Afrique (le déploiement de la machine) D’aucun diront et à juste titre que l’Afrique n’est pas la seule cible, et se poseront par la suite la question de savoir pourquoi nous sommes ceux qui semblent le plus en souffrir. La réponse à cette question a plusieurs volets. Premièrement, il faut déjà remarquer que l’Afrique est le continent qui regorge le plus de matières premières, et à ce titre, sera toujours au cœur de toutes les convoitises. Deuxièmement, que les maitres du monde se sont déjà frottés aux prolétaires européens, et savent très bien que ces derniers ne badinent pas avec leur bien être matériel, et que par conséquent, trop les acculer peut troubler l’ordre public dont ils ont besoin pour la bonne marche de leurs affaires, et même devenir mortel : des têtes de plusieurs familles royales ont été coupées pour avoir poussé leurs peuples à bout. Troisièmement, l’africain de part sa culture est comme prédisposé à la chose spirituelle, ce qui le rend vulnérable au langage religieux. Ajouter à cela le lavage de cerveau historique qu’il a subit en plus du matraquage médiatique et éducatif quotidien, l’africain observe une indolence et une passivité incroyable face à ses vrais ennemis, mais une violence extrême face à ses propres frères. En Afrique les scenarios sont bien connus ; l’on recrute aux travers des officines bien rôdées des pions que l’on installe au pouvoir et dont la mission consiste entre autres choses à brader toutes les matières premières et les terres arables. Les prédateurs prennent alors le contrôle des banques, et si d’aventure il venait à l’esprit d’un sous-fifre l’idée saugrenue d’opposer la moindre résistance à leur voracité insatiable, ils vont immédiatement lui créer des problèmes de trésorerie. Le rebelle est donc poussé de force dans les bras des bailleurs de fonds, qui exigent des privatisations qui ciblent des secteurs productifs et des compagnies rentables. Le têtu n’a en général pas beaucoup de choix, car sans privatisation point d’argent, et connaissant le désordre que cela peut générer, il finit par se plier. D’ailleurs, les pays très appréciés des prédateurs internationaux sont ceux qui pour la plupart maintiennent un « climat favorable aux affaires », ce qui signifie surtout que ceux-ci bradent les sociétés d’état rentables par voie de privatisation et les font avaler dans le processus par les grandes firmes qui appartiennent à ces mêmes prédateurs, une vieille recette que nos dirigeants connaissent pourtant. Pour de vrais récalcitrants, l’on fabrique une rébellion que l’on arme jusqu’aux dents, l’ONU que ces maitres du monde ont infiltré et maitrisent, se charge de la légitimer et entérine une intervention militaire et le « rebelle, antidémocrate, et bourreau de son propre peuple » est balayé ou alors coffré à la CPI. Comme résultat, les prédateurs contrôlent au moins 80% de nos économies. Il est donc logiquement impossible de penser qu’un groupe qui se taille la part de lion de nos économies puisse être ignoré lorsqu’on cherche la source de notre misère, ce d’autant plus que ce groupe ne réinvesti surplace qu’une très infime partie des gros bénéfices dégagés. A la vue de l’ampleur du problème, l’on aurait tendance à se découragé et à penser qu’il n’y aurait pas de solution, que l’adversaire est trop fort. C’est vrai que l’adversaire est puissant, et c’est la raison pour laquelle il faudrait déjà s’accorder sur le fait qu’il n’y aura pas de solution facile, et qu’une bonne connaissance de l’organisation du monde est nécessaire. Mais l’histoire nous apprend que des empires en apparence inébranlables ont fini par tomber, à l’instar de l’empire romain qui a reçu son coup de grâce des mains des barbares, et l’ironie de l’histoire voudrait que ces derniers aient réussi ce coup de maitre parce qu’ils étaient des illettrés et ne sont donc pas tombés dans le piège de la propagande romaine qui exigeait que l’on sache au moins lire. Paul Daniel Bekima
“C’est chaque fois la même chose. Les Rwandais se déploient comme s’ils allaient attaquer. Ils avancent jusqu’à quelques mètres de nos positions, nous disent que cet arbre leur appartient et que nous devons le couper de gré ou de force.”L’eucalyptus est toujours là, mais l’incident se reproduit deux ou trois fois par semaine, assure ce lieutenant de l’armée congolaise déployé depuis quatre mois à la frontière entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda.
L’affaire se dénoue par un dialogue plus ou moins courtois, dit l’officier, qui déplore des “provocations” et “menaces” permanentes des soldats rwandais.
“Ils nous accusent de ne pas être des Congolais, mais des FDLR”, les Forces démocratiques de libération du Rwanda, une milice hutu rwandaise installée au Congo et accusée d’avoir participé en 1994 au génocide des Tutsi de leur pays, ajoute l’officier natif de Kinshasa.
A Nakabumbi, à une trentaine de kilomètres au nord-est de Goma, capitale de la province du Nord-Kivu, dans l’est de la RDC, les hommes du 391e bataillon commando ont creusé une tranchée derrière une rangée d’eucalyptus qui marque, disent-ils, la frontière.Tous les 30 mètres environ, une sentinelle, armée d’une mitrailleuse ou d’une kalachnikov, surveille ce qui se passe de l’autre côté. Chaque poste de garde est doté d’une petit abri de branchages où le soldat peut passer la nuit.
Un champ de maïs les sépare du bâtiment abritant des soldats rwandais et des habitations du village d’en face, à environ 300 mètres.
D’après le lieutenant, les Rwandais revendiquent également trois autres arbres un peu plus jeunes, situés à quelque distance le long de la ligne arborée. “Une fois, ils ont même envoyé un général”, s’amuse-t-il.
– ‘Ils massacraient nos cultures’ –
La frontière congolo-rwandaise a connu un brusque regain de tension à quelques kilomètres de là, mercredi et jeudi. Des combats ont coûté la vie à cinq militaires congolais. La situation est revenue au calme depuis lors.
Majoritairement hutu, les habitants de Nakabumbi gardent un souvenir amer de l’intervention des troupes rwandaises lors des deux guerres du Congo (1996-1997 et 1998-2003), qui se sont accompagnées de nombreux massacres, et des vexations quotidiennes sous la coupe des milices rebelles congolaises à dominante tutsi, soutenues par le Rwanda, qui se sont succédé dans la région jusqu’à la chute de la dernière d’entre elles, le Mouvement du 23 Mars (M23), en novembre 2013.Les trois arbres, “des Rwandais sont venus les planter au Congo à l’époque du RCD, et maintenant ils disent vouloir les couper”, dit Deo Makombe, chef du groupement de Buhumba, dont dépend Nakabumbi.
Contrôlée en sous-main par Kigali, la milice du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) a administré la zone pendant la deuxième guerre du Congo.
Après sa victoire sur le M23, l’armée congolaise s’est déployée à Nakabumbi, à une centaine de mètres en retrait de la frontière.
Mais les soldats rwandais “envoyaient les civils (d’en face) avec leur bétail pour venir paître ici”, accuse un villageois.
Alors les hommes du “bataillon américain” – ils ont été formés par les Etats-Unis – ont avancé leurs positions jusqu’à leur emplacement actuel.
Pendant des années, les habitants du village rwandais voisin ont pris de mauvaises habitudes, “ils venaient couper des arbres comme ils le voulaient et ils se moquaient de nous”, ou alors ils venaient avec leurs troupeaux et “massacraient nos cultures”, dit Moïse Rame, agriculteur veuf de 53 ans.”Notre armée nous aide beaucoup. Maintenant, il n’y a plus d’infiltrations”, ajoute-t-il.
Intrigué par le rassemblement de curieux provoqué par la présence de trois journalistes de l’AFP, un petit groupe de soldats rwandais s’approche des lignes congolaises mais reste à distance. “Comment ça va aujourd’hui?”, leur lance en swahili (langue comprise largement en Afrique de l’Est) le capitaine escortant la presse. On répond par un pouce levé.
Mais pas question d’autoriser les journalistes à traverser pour écouter ce que ceux d’en face auraient à dire. “Cela compromettrait votre sécurité”, affirme l’officier.
Des soldats de RDC patrouillent à Kimbumba, à 5 km de la frontière avec le Rwanda, le 13 juin 2014
Le calme est revenu vendredi à la frontière entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda, où les familles ayant fui les affrontements des deux jours précédents ont commencé à rentrer chez elles.
L’armée congolaise a néanmoins renforcé nettement sa présence dans la zone des troubles, selon trois journalistes de l’AFP arrivés sur les lieux dans l’après-midi.
Les troubles de mercredi et jeudi ont éclaté autour de la colline de Kanyesheza, à une vingtaine de kilomètres de Goma, capitale de la province congolaise du Nord-Kivu (est).
Minée par les conflits depuis 20 ans, la région des Kivus (Nord et Sud) est particulièrement instable et a été le berceau de plusieurs conflits régionaux.
A Kibati, à une dizaine de kilomètres au nord de Goma, deux chars, une automitrailleuse et un véhicule de transport de troupes stationnent, bâchés, et ils rentreront à leurs base à la nuit tombée.
Plus haut, sur le plateau de Kibumba, une vingtaine d’hommes du 321e bataillon commando s’apprêtent à ravitailler les positions avancées de l’armée congolaise à Kanyesheza, à cinq kilomètres de là. Ils rejoindront à pied leurs camarades.
“C’est calme aujourd’hui”, dit un officier supérieur, “les Rwandais n’ont pas tiré”. Les journalistes ne seront cependant pas autorisés à aller jusqu’à la frontière où, selon l’officier, les lignes rwandaises et congolaises sont distantes de deux cent mètres environ et s’observent.
“Le moral est au zénith”, ajoute-t-il, “nous mangeons trois fois” par jour. Selon des sources militaires, un bataillon, soit environ 750 hommes, a été déployé en renfort dans la zone.
Les habitants rencontrés disent avoir globalement confiance dans l’armée pour les protéger, mais la vie économique tourne encore au ralenti. Le marché de l’entrée de Kibumba, d’habitude grouillant d’activité, est presque désert et plusieurs écoles n’ont pas ouvert leurs portes pour le troisième jour de suite.
– Cinq corps remis à la RDC –
A Buhumba, chef-lieu du groupement dont dépend Kanyesheza, les habitants des localités proches des combats qui étaient venus se réfugier sont sur le retour. Dans cette zone agricole dépourvue d’électricité, le trajet se fait à pied, sur des chemins accidentés bordés d’eucalyptus.
“Moi, je rentre parce que les autres sont déjà rentrés”, explique Florence, une jeune femme.
Selon le chef du groupement, Deo Makombe, il y a eu près de 2.000 déplacés. “La plupart sont rentrés”, précise-t-il.
Leur arrivée n’a pas provoqué de perturbations massives, indique Jean Bizoza, 53 ans, expliquant qu’ils ont été hébergés par les habitants dans plusieurs villages alentours.
La RDC et le Rwanda, qui entretiennent des relations tendues depuis des années, se sont mutuellement renvoyé la responsabilité des affrontements de mercredi et jeudi, dont les causes restent encore obscures en l’absence d’explications de sources indépendantes.
Après plusieurs heures d’échanges de tirs à l’arme automatique mercredi à l’aube, les choses avaient dégénéré en combats à l’arme lourde dans l’après-midi.
La situation avait commencé à s’apaiser jeudi, où des tirs d’armes lourdes avaient été entendus pendant une demi-heure en début de matinée mais n’avaient été suivis d’aucun autre incident.
La télévision rwandaise a diffusé des images de cinq cadavres portant l’uniforme des FARDC, l’armée congolaise. Kinshasa a dénoncé une manoeuvre de propagande, affirmant n’avoir perdu qu’un soldat dans les combats.
Le Mécanisme conjoint de vérification (JVM), organisme de surveillance de la frontière congolo-rwandaise auquel participent la RDC, le Rwanda, d’autres pays de la région et l’ONU, a enquêté jeudi après-midi sur les lieux des incidents.
Une source au sein du JVM a déclaré vendredi à l’AFP que les cinq corps avaient été remis jeudi soir à la RDC.
-La Côte d’Ivoire saura au plus tard vendredi si les charges retenues contre l’ancien président Laurent Gbagbo, emprisonné à la Haye depuis novembre 2011, sont confirmées. Retour sur les principaux événements qui ont rythmé une bataille judiciaire de plus de deux ans.
C’est l’histoire d’un procès qui aura déchiré la Côte d’Ivoire avant même d’avoir été confirmé. Le procès politique de l’histoire diront certains. Celui en tout cas d’un homme qui a cristallisé autour de sa personne haine ou adoration, et dont le parcours est indissociable des crises successives de son pays.
Vendredi 13 juin au plus tard, la Cour pénale internationale (CPI) doit donc dire si, oui ou non, elle considère que les accusations développées par la procureure Fatou Bensouda et par son prédécesseur Luis Moreno Campo contre Laurent Gbagbo sont suffisamment étayées pour que ce dernier soit jugé.
L’accusation reproche à l’ancien président ivoirien d’avoir engagé sa responsabilité pénale individuelle, en tant que coauteur indirect au sens de l’article 25-3-a du Statut de de Rome, pour quatre chefs de crimes contre l’humanité (meurtres, viols et autres violences sexuelles, persécution et autres actes inhumains) qui auraient été perpétrés lors des violences postélectorales entre le 16 décembre 2010 et le 12 avril 2011.
Que décidera la CPI ? Les deux camps auront jusqu’au bout affiché leur confiance. La réponse de la CPI fera date dans l’histoire de la Côte d’Ivoire. Elle mettra fin au premier et peut-être dernier acte d’une bataille judiciaire débutée le jour de l’arrestation de Gbagbo, un certain 11 avril 2011 à Abidjan…