
-Le président de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), Etienne Tshisekedi, se porte bien. Son directeur de cabinet, Abbé Théodore Tshilumba, l’a affirmé lundi 17 juin au cours d’un entretien avec Radio Okapi.


-Le président de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), Etienne Tshisekedi, se porte bien. Son directeur de cabinet, Abbé Théodore Tshilumba, l’a affirmé lundi 17 juin au cours d’un entretien avec Radio Okapi.

-Dans quelques jours, la RD Congo va fêter ses 54 ans d’indépendance, le 30 juin 2014. Il nous a paru normal d’en appeler à quelques souvenirs. Et par les écrits de cet éminent chercheur qu’est Anicet Mobe, nous vous permettons de vous faire revivre quelques séquences historiques. Le Congo a connu des relations tumultueuses avec la Belgique. Le chercheur Anicet Mobe retrace l’histoire coloniale du Congo et invite Congolais et Belges, à abandonner les mythes pour s’approprier cette histoire commune. “Que Dieu protège la Belgique et notre Congo.” C’est ainsi que le Roi Léopold III conclut, le 17 juillet 1951, son discours d’abdication en faveur de son fils, le Roi Baudouin.
-La ville Kinshasa a vibré, la semaine dernière, au rythme des festivités marquant les 25 ans de la mort du cardinal Malula, archevêque de la ville de Kinshasa, décédé en 1989 à l’âge de 72 ans. Les paroisses catholiques de toute l’étendue de la
République démocratique du Congo en général, particulièrement de la ville de Kinshasa, ont organisé des manifestations en mémoire de cette personnalité religieuse. Conférences-débats, activités sportives, journées portes ouvertes, pièces de théâtrales… tous les ingrédients étaient là pour commémorer ce triste évènement qui avait plongé tous les Congolais dans la consternation.
Le pasteur autochtone
Jeudi 12juin 2014, une troupe théâtrale, sous la direction de l’abbé Jean-Marie Konde, assisté de l’abbé Joseph Zamba et des Sœurs de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, a joué la pièce “ Le pasteur autochtone “, retraçant ainsi le parcours du cardinal Joseph Malula depuis sa naissance jusqu’à s mort. C’était à l’Eglise Notre Dame de Fatima, dans la commune de la Gombe.
Il était donc question de relater l’histoire et les œuvres de l’illustre disparu, ainsi que son évangélisation.
La foule venue nombreuse assister à ce spectacle, constituée principalement de religieuses, a été tenue en halène deux heures durant.
Les spectateurs ont compris que Malula est né à Léopoldville, actuellement Kinshasa, le 17 décembre 1917. Après un long parcours, par ordonnance présidentielle signée le 2juillet1979, il est nommé président du Conseil d’administration de la Fondation Mama Mobutu, fonction qu’il a assumée jusqu’à sa mort.
Samedi 14 juin, des activités sportives ont été organisées à la paroisse Saint Raphaël de Lime- te. Les prêtres de cette paroisse ont affronté les professeurs de l’école qui porte le même nom, tandis que les sœurs religieuses ont livré une partie de Nzango entre elles.
Consécration de trois sœurs religieuses
Dimanche 15juin, une messe a été dite à la paroisse Notre Dame de Lingwala, par le Cardinal Laurent Monsengwo, pour clôturer ces festivités qui ont duré une semaine. A cette occasion, trois sœurs religieuses ont traversé l’étape du noviciat à la consécration Visages voilés, mouchoirs rouges sur la tête, elles ont été présentées devant l’Eglise et devant le Cardinal. Atour de rôle, elles sont passées devant la chaire pour jurer devant Dieu et devant l’Eglise.
Après la bénédiction du Cardinal Monsengwo, elles ont reçu des cadeaux leur offerts par leurs amis, connaissances et membres de familles.
Dans son message, l’archevêque de la ville de Kinshasa, s’adressant aux fidèles venus nombreux prendre part à cette messe, a prôné l’amour. “ La vie religieuse est une vie d’amour, et sans amour, il sera difficile d’être appelé disciple de Jésus “, a-t-il lancé.
Sa prédication a tourné autour du thème” Eglise et société dans la vision du Cardinal Joseph Albert Malula”, s’appuyant sur Romain 5 :5, Mathieu 28 :20, Jean 4, 34, Luc 7 :57 et Phil 3 :12- 13. Laurent Monsengwo Pasinya a terminé sa prédication en exhortant les Chrétiens à l’amour du prochain.
Yannick KAZADI & Pierrot TSHITAMBA
(Tempettes des tropiques)

-Le gouvernement congolais a déposé un projet de révision constitutionnelle pour l’organisation des futures élections. Comme en 2011, Joseph Kabila changera-t-il une nouvelle fois les règles du jeu ?
La Constitution est en passe d’être modifiée en République démocratique du Congo (RDC). Le gouvernement vient en effet d’adopter un projet de révision constitutionnelle dans le cadre des prochaines élections. Le texte validé en conseil des ministres, lundi 9 juin, prévoit trois lois pour organiser les élections locales de 2015, provinciales et présidentielle de 2016 (télécharger le communiqué du gouvernement). Mais la modification constitutionnelle inquiète l’opposition congolaise qui dénonce le flou du projet et la volonté du président Joseph Kabila « de tout faire pour se maintenir au pouvoir« . Le texte du gouvernement n’apporte en effet aucune précision sur les modifications de la Constitution et parle seulement de « certains articles« .
Suffrage indirect pour les sénateurs et les gouverneurs
Seule certitude du texte gouvernemental : le changement de mode de scrutin pour l’élection des sénateurs et des députés provinciaux qui se fera désormais au suffrage universel indirect, par des élus locaux. L’objectif affiché par Kinshasa est de réduire le budget de ces élections, qui coûteront ainsi moins cher à organiser. Pour l’Association Africaine de Défense des Droits de l’Homme (ASADHO), « les raisons financières avancées pour justifier ces modifications ne sont que la manifestation du manque de programmation du gouvernement« . L’association avertit également que le mode de scrutin indirect risque d’amplifier « le clientélisme l’achat de conscience et la corruption » comme lors des élections des gouverneurs et des sénateurs de 2006 à 2011.
« C’est la deuxième fois que la Constitution est modifiée à la veille des élections »
Pour le reste du projet de révision constitutionnelle, l’incertitude plane. Plusieurs hypothèses sont « redoutées » par l’opposition. La première serait le modification de l’article 220, qui interdit au président Kabila de briguer un troisième mandat. La communauté internationale, Etats-Unis en tête, ont plusieurs fois demandé à Joseph Kabila de « respecter la Constitution » (voir notre article sur la visite de John Kerry à Kinshasa). L’entourage du chef de l’Etat, dont le porte-parole, Lambert Mende, a tenté à de nombreuses reprises de rassurer, dénonçant un « procès d’intention » contre le président congolais. Pourtant, les craintes de l’opposition sont bien réelles selon l’ASADHO, qui constate que « c’est la deuxième fois que la Constitution est modifiée par la majorité au pouvoir à la veille des élections« . En janvier 2011, dix mois avant l’élection présidentielle, la majorité avait réduit le scrutin de deux tours à un seul tour, interdisant ainsi les partis d’opposition de nouer des alliances entre les deux tours.
Silence présidentiel
Le silence du chef de l’Etat est également inquiétant sur la question. Car pour couper court aux rumeurs sur sa volonté de rester au pouvoir, Joseph Kabila aurait pu décider de s’exprimer sur ses intentions pour 2016. Au lieu de cela, le président a distillé des messages les plus ambiguës, comme ces « fuites » sur sa réunion avec des cadres de la majorité dans sa ferme de Kingakati en mars 2014. Joseph Kabila aurait affirmé vouloir modifier la Constitution afin que le président soit désormais élu au suffrage indirect. Une hypothèse qui pourrait « coller« , selon un connaisseur du dossier congolais, avec la volonté de faire élire les gouverneurs et les sénateurs « sur le même mode » et ainsi « contourner le vote des Congolais« . Le discours « musclé » et « conquérant » de Joseph Kabila devant ses troupes à Kingakati, faisait enfin penser que le chef de l’Etat congolais, à seulement 43 ans, ne semblait pas encore disposé à raccrocher les gants. Dernièrement, Lambert Mende est de nouveau monté au créneau pour réaffirmer que le texte du projet de révision « ne prévoyait pas de modification de l’article 220 » qui limite le nombre de mandats présidentiels et « qu’il n’y aura pas de modification du mode de scrutin, qui resterait au suffrage universel direct« .
Un premier ballon d’essai
Dernière carte entre les mains de Joseph Kabila pour se maintenir au pouvoir, nous en avons déjà plusieurs fois parlé : le chronomètre (voir notre article). Maître du temps, Joseph Kabila pourrait prolonger son mandat sans avoir besoin de modifier fortement la Constitution et notamment le très sensible article 220. Les simples modifications « techniques » proposées par le gouvernement ce lundi pourraient suffire à « étaler » les différents scrutins dans le temps puisque les trois scrutins (élections locales, provinciales et présidentielle) sont désormais dissociés. Auparavant une seule loi électorale regroupait ces scrutins. Si ce projet de modification constitutionnelle est adopté : tout retard dans l’organisation des scrutins pourrait permettre au président Joseph Kabila de jouer les prolongations. Le texte présenté au conseil des ministres ressemble donc à un premier ballon d’essai du clan présidentiel pour tester l’opinion, l’opposition et la communauté internationale. Car, si les élections locales doivent bien avoir lieu en 2015… la date des autres scrutins n’a pas encore été fixée.
Christophe RIGAUD – Afrikarabia

-Les derniers affrontements à la frontière entre la RDC et le Rwanda sont instrumentalisés par les deux régimes pour s’accrocher au pouvoir.
Qui croire ? Après chaque accrochage entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, le scénario est le même : chaque camp affirme avoir été attaqué par l’autre et se renvoie la responsabilité des violences. Pourtant, mercredi 11 et jeudi 12 juin, des tirs à l’arme lourde ont bien été échangés à la frontière entre les deux pays, à une vingtaine de kilomètres au nord-est de Goma (Nord-Kivu). Ce regain de tension est le plus grave depuis octobre 2013 et la défaite des rebelles du M23. L’incertitude plane également sur le bilan humain des affrontements. Alors que Kinshasa reconnait avoir perdu un seul de ses hommes, Kigali exhibait 5 corps, présentés comme des soldats des FARDC, l’armée régulière congolaise. Citée par l’AFP, une source militaire occidentale confirmait les 5 morts côté congolais, alors que le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende tentait d’expliquer que les Rwandais avait « récupéré des cadavres dans des hôpitaux, juste pour justifier leur thèse ». Sur les circonstances des accrochages, là encore le flou est total. Côté congolais, on déclare qu’un caporal des forces armées congolaises a été enlevé par des soldats rwandais. Les militaires congolais auraient alors riposté, et Il y a eu échange de tirs. Autre son de cloche à Kigali, où l’on affirme que des soldats congolais seraient venus au Rwanda « à deux reprises et auraient ouvert le feu ». Les forces rwandaises auraient alors choisi de riposter.
Relations exécrables
Qui dit vrai ? Nous ne sauront vraisemblablement jamais la vérité. Même si une équipe du Mécanisme conjoint de vérification (JVM), composée de Rwandais, de Congolais et de pays de la région a débuté une enquête, jamais cette instance n’a permis par le passé de désigner une quelconque responsabilité dans les affrontements rwando-congolais. Cette fois encore, on laissera Kigali et Kinshasa s’accuser mutuellement de tous les maux de la région. Il faut dire que les relations entre la RDC et le Rwanda sont exécrables depuis maintenant 20 ans et la fin du génocide rwandais. Les conséquences du conflit rwandais se sont transportées au Congo voisin dès 1994.
Collusion entre les FDLR et l’armée congolaise
Depuis l’arrêt du génocide au Rwanda et l’arrivée du FPR de Paul Kagame au pouvoir, Kigali accuse la RDC d’abriter avec une certaine complaisance les rebelles hutus des FDLR. Cette rébellion s’est installée dans l’Est du Congo avec la ferme intention de reprendre le pouvoir à Kigali et d’y déloger Paul Kagame. Avec le temps, les FDLR se sont noyés dans le magma des rébellions congolaises et ont été utilisés comme supplétifs par l’armée congolaise contre les groupes rebelles à majorité tutsie téléguidée par Kigali. La collusion entre l’armée régulière et les FDLR a été dénoncée à plusieurs reprises par le Rwanda d’abord, puis par le rapport des experts de l’ONU. Il y a quelques semaines, le gouvernement congolais a annoncé à grands renforts de communication la reddition et le désarmement de groupes FDLR au Nord et au Sud-Kivu. Mais l’opération n’a permis de démobiliser qu’une petite centaine de miliciens. « De la poudre au yeux » selon Kigali. Pour les autorités congolaises, il n’y a pas de hasard de calendrier. Le Rwanda cherche par ces « provocations » à la frontière, à « casser le processus de reddition des FDLR, en créant de l’insécurité pour conserver une raison d’intervenir dans la zone ». La présence des FDLR au Congo constitue donc le coeur des reproches de Kigali.
Des rébellions téléguidées par Kigali
A Kinshasa, on a une toute autre vision du voisin rwandais. Pour les Congolais, le Rwanda est à l’origine de deux « invasions » du territoire national. Une première en 1996 pour appuyer la rébellion congolaise de l’AFDL de Laurent-Désiré Kabila, faire tomber Mobutu et traquer les génocidaires réfugiés au Congo. Le Rwanda traverse une seconde fois la frontière en 1998 pour tenter de faire chuter Kabila, entré en délicatesse avec le pouvoir de Kigali. Depuis la création de l’AFDL, soutenue par le Rwanda, toutes les autres rébellions qui ont secoué l’Est du pays ont été téléguidées par Kigali. Le RCD, le CNDP de Laurent Nkunda et le M23 de Bosco Ntaganda et Sultani Makenga ont tous reçu un soutien en hommes, matériels et logistiques du régime rwandais. Le même rapport d’experts de l’ONU qui accusait Kinshasa de faire alliance avec les FDLR affirmait dans le même temps que Kigali pilotait les rébellions congolaises à distance. Mais en 2009, les deux meilleurs ennemis se sont alliés pour se débarrasser d’un rebelle qui devenait de plus en plus encombrant, Laurent Nkunda, et pour tenter de mettre fin aux FDLR. Une alliance de circonstance qui sera de courte durée.
Deux présidents qui veulent s’accrocher au pouvoir
L’inimitié entre le Rwanda et la RDC convient pourtant assez bien aux deux régimes en place à Kigali et Kinshasa. Chacun se servant de l’autre comme un bien utile épouvantail. Le Rwanda, qui souhaite maintenir à distance les FDLR de ses frontières, n’a pas intérêt à voir le Congo se débarrasser de ces potentiels ennemis. Kigali a toujours refusé de voir revenir sur ses terres certains responsables du génocide de 1994 (ils ne sont d’ailleurs plus très nombreux au sein des FDLR actuels). Paul Kagame ne souhaite pas non plus négocier avec les rebelles hutus et les verrait bien rester « parqués » dans les Kivus. A Kinshasa, le Rwandais est l’homme que l’on aime haïr… la figure de l’ennemi. Un petit pays qui déstabilise le grand Congo depuis 20 ans. Le régime de Joseph Kabila, affaiblit par les élections contestée de novembre 2011, s’est « reconstruit » avec l’apparition de la rébellion du M23 (accusée d’être soutenu par le Rwanda) en mai 2012 et s’est finalement renforcé après sa victoire sur les rebelles en novembre 2013. Dans les circonstances actuelles, l’ennemi rwandais permet à Joseph Kabila de rassembler la population autour d’un objectif commun, faisant ainsi oublier une situation économique désastreuse et les futurs « tripatouillages » constitutionnels que craint l’opposition congolaise – voir notre article. De chaque côté de la frontière, on resserre les rangs autour du régime en place faisant ainsi un peu oublier les problèmes intérieurs et les volontés des deux présidents, Joseph Kabila et Paul Kagame, de s’accrocher encore un peu au pouvoir.
Christophe RIGAUD

-Réunis samedi en congrès, les sénateurs et députés nationaux de la RDC ont désigné Eugène Banyaku Lwape, Félix Vunduawe Tepemako et Corneille Wasenda Songo comme membres de la future Cour constitutionnelle.
Cette désignation s’est déroulée en présence du président de l’ Assemblée nationale congolaise, Aubin Minaku.
Felix Vunduawe Tepemako a été à plusieurs reprises ministre de l’Intérieur dans le régime de l’ancien président Joseph Mobutu Sese Seko dans les années 80. Il était aussi durant plusieurs années le directeur du cabinet de Mobutu.
Banyaku Lwape était le ministre des Finances durant du régime Mobutu, alors que Corneille Wasenda est une personnalité bien connue du monde de la magistrature en RDC. Six autres membres de cette Cour seront désignés par le président de la République et le Conseil supérieur de la magistrature.
Lors de cette désignation, le groupe parlementaire UDPS et Alliés a claqué la porte, dénonçant “un manque criant de transparence” et “une vraie machination savamment orchestrée par les hommes du pouvoir”.
“Cette désignation n’a pas fait l’objet d’un traitement consensuel. Nous dénonçons le manque de transparence dans cette désignation. C’est vraiment anti constitutionnel”, ont déclaré samedi les membres du groupe parlementaire UDPS et Alliés lors d’un point de presse.
La Cour constitutionnelle est chargée du contrôle de la constitutionnalité des lois et des actes ayant force de loi. Elle a également la compétence de juger le contentieux des élections présidentielle et législatives ainsi que le référendum.
Prévue par la Constitution de 2006, cette Cour n’avait jamais été mise sur pied. Le chef de l’Etat Joseph Kabila avait promulgué mardi 15 octobre 2013 la loi organique de cette juridiction, soit trois ans après son adoption au Parlement.
Selon la Constitution rd-congolaise, le Cour constitutionnelle comprend neuf membres nommés par le président de la République, dont trois sur sa propre initiative, trois désignés par le Parlement et trois par le Conseil supérieur de la magistrature.

-Selon le GPS du capitaine congolais à la tête des commandos qui se sont affrontés avec l’armée rwandaise les 11 et 12 juin, il n’y a pas doute : la colline de Kanyesheza se trouve bien en République démocratique du Congo.
Le système de localisation indique que la frontière internationale entre la RDC et le Rwanda est à un kilomètre environ de sa position. On aperçoit pourtant des soldats rwandais à l’orée du bois d’eucalyptus à cinq cents mètres et plus près encore, sur la colline voisine, même s’ils tentent de se cacher.
Ils sont revenus à la faveur des derniers combats, explique le lieutenant Barabas (un surnom), du 391e bataillon commando, formé par les Etats-Unis.
Kanyesheza n’est qu’une butte au bout du plateau de savane herbeuse de Kibaya, qui s’étend à environ 2.000 m d’altitude au pied du volcan Nyiragongo. Le village congolais le plus proche est à une petite heure de marche. A vol d’oiseau, la ville de Goma, capitale de la province du Nord-Kivu se trouve à une vingtaine de kilomètres au sud-ouest.
Le 10 juin à l’aube, “le chef de section a vu une compagnie rwandaise qui avançait là”, à quelques dizaines de mètres, indique le lieutenant Barabas, “ils disaient que la colline leur appartient”. Mais le petit effectif congolais ne se démonte pas et les soldats rwandais finissent par partir.
Echaudés par l’incident, les militaires congolais décident de placer deux hommes en poste d’observation avancé, mais toujours en territoire congolais, assurent-ils.
Le lendemain à l’aube, selon eux, l’un des deux éclaireurs est “capturé”. L’autre parvient à s’enfuir et c’est alors qu’éclatent les premiers combats, à l’arme automatique.
– Anciens frères d’armes –
Après une trêve, la situation dégénère en affrontements à l’arme lourde dans l’après-midi. L’armée congolaise et des témoins accusent les Rwandais d’avoir alors ouvert le feu sur une délégation de soldats et de civils venus parlementer.
Après un nouvel et bref échange de tirs d’armes lourdes le jeudi 12 au matin, le calme est revenu et un corps, celui du soldat en poste d’observation avancé qui n’avait pas pu se replier, a été rendu à l’armée congolaise.
“On se parle de nouveau” de part et d’autre de la frontière, dit le lieutenant Barabas.
Ironie de l’histoire, les hommes qui viennent de croiser le feu, sont de vieux compagnons d’armes pour certains.
En face, il y a un adjudant rwandais, John. “Il est entré au Congo avec l’AFDL. On le connaît. On a vécu avec lui à Kinshasa, il a même épousé une Kinoise”, dit le capitaine.
L’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL) est le mouvement rebelle de Laurent-Désiré Kabila (père de l’actuel président de la RDC, Joseph Kabila), qui, avec l’aide du Rwanda, a chassé du pouvoir, en 1997, le dictateur Mobutu Sese Seko.
Joint au téléphone par l’AFP, l’adjudant John confirme avoir participé à la campagne de l’AFDL et vécu à Kinshasa, mais refuse de parler des derniers incidents de frontière.
Entre la RDC de Kabila et Kigali, c’est d’abord la lune de miel : le chef d’état-major de la nouvelle armée congolaise est James Kabarebe, aujourd’hui ministre de la Défense du Rwanda, et de nombreux soldats rwandais stationnent à Kinshasa.
Mais en 1998, Laurent-Désiré Kabila renvoie ses conseillers militaires rwandais. Eclate alors la deuxième guerre du Congo, qui saignera un pays déjà à bout de souffle jusqu’en 2003. Pendant le conflit, Goma et ses environs seront administrés par une milice soutenue par Kigali.
Depuis la fin de la guerre, plusieurs autres milices congolaises, à dominante tutsi et soutenues par le Rwanda, ont pris la place de l’Etat dans la région jusqu’à la chute de la dernière d’entre elles, le Mouvement du 23 Mars (M23), en novembre 2013, dont les hommes du 391e bataillon, bien équipés, occupent désormais les positions le long de la frontière.
Le capitaine congolais, qui ne veut pas donner son nom, fait écouter la conversation téléphonique qu’il a enregistrée samedi avec l’adjudant John. On se chamaille : “Ici c’est chez nous.” “Non, c’est chez nous.” On ne se met pas d’accord mais on finit par convenir qu’”il faut se voir et se parler comme avant.”
afp

Depuis la publication fin mai du calendrier électoral pour les élections locales fixées en 2015, opposition et majorité au pouvoir sont de nouveau à couteaux tirés en RDC. En toile de fond, la possibilité pour Joseph Kabila de prolonger – ou non – son mandat au-delà de 2016. Décryptage en trois points.
Bien qu’illégitimes, gouverneurs de province et sénateurs – tous élus en 2006 pour un mandat de cinq ans – devront encore rester en place en RDC. Malgré les pressions de certains partis d’opposition, la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) a décidé de privilégier l’organisation des élections locales, municipales et urbaines. Le calendrier qu’elle a publié en effet le 26 mai fixe au 15 juin 2015 l’élection des conseillers des communes et des secteurs ou chefferies, au suffrage direct, et au 29 août 2015 le vote au suffrage indirect des conseillers urbains, des bourgmestres et des chefs de secteurs.
Pas une ligne sur les provinciales et les sénatoriales, encore moins sur les législatives ou la présidentielle. Un “calendrier partiel” et fixé unilatéralement par l’abbé Apollinaire Malumalu, président de la Ceni, accusent ses détracteurs. Mais la Majorité présidentielle (MP, au pouvoir) n’est pas de cet avis. Elle appelle “l’infime partie de l’opposition qui boude” à respecter “l’indépendance de l’organe électoral”.
1. Un calendrier adopté avec ou sans consensus ?
Pour Sébastien Luzanga Shamandefu, porte-parole de la MP, comme la Ceni est à la fois composée de membres de la société civile et de partis politiques (opposition et majorité), les décisions qui en résultent découlent bien du consensus. “Tout le monde est partie prenante au sein de la Ceni”, clame-t-il.
Du côté de l’opposition politique, surtout de la frange qui n’a pas participé aux “concertations nationales” avec le pouvoir, les boucliers sont levés. Pas question d’accepter un calendrier qui n’offre pas toutes les garanties concernant les autres échéances électorales, notamment la présidentielle.
Le calendrier électoral doit être bâti sur un consensus.
Jean Baudouin Mayo, député d’opposition et cadre de l’UNC
L’Union pour la nation congolaise (UNC) de Vital Kamerhe menace même de retirer son délégué qui siège au sein de la Ceni si un consensus n’est pas trouvé autour de la question. “Il faut que tout le monde maîtrise plus au moins les paramètres [du calendrier électoral]”, avance le député Jean Baudouin Mayo, cadre de l’UNC, qui regrette par ailleurs que le président Joseph Kabila soit monté sur “ses grands chevaux” pour s’opposer à l’initiative de Martin Kobler, représentant spécial du secrétaire général des Nations unies, qui tentait d’amener la classe politique congolaise à un consensus global sur les futurs scrutins.
2. Poursuivre avec le cycle de 2006 ou celui de 2011 ?
Un autre point de divergence se situe au niveau du cycle électoral. La Ceni a décidé de ne pas poursuivre celui entamé le 28 novembre 2011 par les législatives et la présidentielle, lequel devait normalement s’étendre aux provinciales et aux sénatoriales. À la place, l’institution électorale a préféré élaguer les arriérés électoraux de 2006 en prévoyant d’organiser les élections locales, municipales et urbaines en 2015. Une “exécution de la volonté de Joseph Kabila”, dénonce Jean Baudouin Mayo. Comme ce dernier, plusieurs opposants congolais souhaitent plutôt le parachèvement du cycle de 2011.
Les élections locales, ce n’est pas la priorité en RDC.
Thomas Luhaka, secrétaire général du MLC
“En 2006, le pays a organisé cinq élections (législatives, présidentielle, provinciales, élection des gouverneurs et les sénatoriales). Mais en 2011, nous n’avons eu que deux élections (législatives et présidentielle). Pourquoi ne pas parachever le cycle avec les trois [élections] qui restent ?”, s’interroge Thomas Luhaka. Pour le secrétaire général du Mouvement pour la libération du Congo (MLC), “organiser dans les circonstances actuelles les élections locales – lesquelles ne sont pas la priorité à ses yeux -, c’est ouvrir une boîte de Pandore.” Allusion faite aux “frictions” qui pourraient surgir, selon lui, entre différents clans politiques lorsqu’il s’agira de délimiter les circonscriptions électorales pour ces scrutins locaux.
3. Risque-t-on de prolonger le mandat présidentiel au-delà de 2016 ?
Thomas Luhaka craint également un “glissement du calendrier électoral au-delà de 2016”, année de l’échéance du mandat présidentiel en l’état actuel de la Constitution de la RDC. “Si la Ceni commence à organiser des élections de manière partielle comme elle propose, à un moment donné, nous allons manquer de temps pour organiser la présidentielle dans les délais”, avertit-il, soulignant la nécessité d’avoir une “vision globale” du cycle électoral. Un appel qui fait écho à celui lancé par les envoyés spéciaux internationaux et par l’Union européenne (UE) qui demandent à la Ceni de publier un “calendrier complet” des élections.
>> Lire aussi : vers un troisième mandat pour Joseph Kabila en 2016 ?
“Nous sommes un pays souverain, rétorque Sébastien Luzanga Shamandefu. (…) Nous n’avons pas d’injonctions à recevoir de qui que se soit.” Le porte-parole de la MP demande à “ces envoyés spéciaux” de “laisser les Congolais organiser leurs élections”, réaffirmant la “confiance” de sa famille politique en “l’indépendance de la Ceni”. Mais il reste muet sur les risques de dépasser 2016 pour l’organisation de la présidentielle. Ce qui n’est pas de nature à rassurer l’opposition…
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Par Trésor Kibangula

-Au Congo, les crimes rituels sont connus sous le nom de kata-kata (“trancher”, en lingala). Le phénomène est répandu, mais la justice peine à traduire les coupables en justice.
D’octobre 2011 à mai 2013, une série de meurtres avec prélèvement d’organes génitaux et de sang a secoué la ville de Ouesso, dans le nord du Congo. Visant des femmes se rendant seules dans leurs plantations, ils ont fait une douzaine de victimes, jusqu’à l’arrestation de six suspects, dont le maire de la commune, détenu aujourd’hui à la maison d’arrêt de Brazzaville.
Au Congo, les crimes rituels sont connus sous le nom de kata-kata (“trancher”, en lingala). À la fin des années 1980, déjà, des rumeurs sur des enlèvements d’enfants avaient rythmé le quotidien des Brazzavillois. Entre 2005 et 2011, la capitale avait recensé une série de meurtres avec mutilation. Et en 2011, les images d’une femme enceinte tuée et mutilée avaient provoqué une telle psychose que des écoles avaient demandé aux parents de récupérer personnellement leurs enfants à la sortie des cours. Les voitures aux vitres teintées avaient été interdites. Et un homme soupçonné de trafic d’ossements humains avait été lynché par une foule en colère dans le 1er arrondissement.
Si, dans d’autres pays africains, les crimes rituels visent les albinos, les jumeaux ou les handicapés, au Congo ils ciblent généralement des femmes.
Le phénomène kata-kata connaît une recrudescence à l’approche de chaque élection. Si, dans d’autres pays africains, les crimes rituels visent les albinos, les jumeaux ou les handicapés, au Congo ils ciblent généralement des femmes. Certains cas ont attiré l’attention de la justice, mais les enquêtes sont souvent dans l’impasse. En octobre 2013, l’Association pour les droits de l’homme dans l’univers carcéral (Adhuc) a exhorté le ministère public à poursuivre la procédure judiciaire contre les auteurs et complices présumés dans le cadre de l’affaire de Ouesso et à prendre des mesures pour empêcher son éventuelle délocalisation.
JEUNE AFRIQUE

Philippe Troussier, l’ancien sélectionneur de la Côte d’Ivoire (1992-1993) et du Japon (1998-2002) a suivi la victoire des Éléphants face aux Samurai Blue (2-1) dans la nuit de samedi à dimanche. Il livre son analyse du style ivoirien pour “Jeune Afrique”.
Jeune Afrique : la Côte d’Ivoire a battu le Japon (2-1) à Recife. Avez-vous été convaincu par la prestation des Éléphants ?
Avant ce match, j’avais pronostiqué un succès du Japon. Mais après son premier but, il a continué à attaquer, alors qu’il fallait laisser les Ivoiriens venir. Et ces derniers ont su profiter des erreurs de son adversaire, qui n’a pas voulu changer de système, sans se montrer transcendants. Même en étant moyens, les Éléphants sont toujours capables de se procurer des occasions et de marquer, grâce à la qualité de leurs attaquants. La Côte d’Ivoire n’a pas fait un gros match, mais c’était suffisant pour gagner.
Avez-vous été étonné par la non-titularisation de Drogba, alors que Yaya Touré était présent dès le coup d’envoi ?
Non, je m’attendais à ce que Drogba débute sur le banc. Le jeu de la Côte d’Ivoire, qui tourne essentiellement autour de Yaya Touré, de Kalou et de Gervinho, n’est pas vraiment fait pour lui. Et Lamouchi le sait ! Mais Drogba a le sens du collectif, du sacrifice. Pendant une heure, Bony avait pesé sur la défense japonaise. La stratégie est bonne, même si c’est difficile de dire de Drogba que c’est un remplaçant. Je préfère dire que c’est un titulaire qui termine le match. Quant à Yaya Touré, on a bien vu qu’il était encore convalescent. J’ai aussi beaucoup apprécié la prestation d’Aurier, à l’origine des deux buts, et de Boka sur le côté gauche.
Comment voyez-vous la suite de la Coupe du Monde pour la Côte d’Ivoire ?
Cette équipe, c’est un diesel. Elle va monter en puissance, tant individuellement que collectivement. Je pense qu’elle peut se qualifier pour les huitièmes de finale. Mais il faudra suivre aussi l’état de fatigue des joueurs, les blessures, les éventuels cartons. C’est une équipe qui mise davantage sur ses individualités que sur son collectif. Elle donne l’impression d’être parfois coupée en deux, avec six défenseurs et quatre attaquants qui reviennent défendre en marchant. C’est aussi une équipe qui peut mettre en danger n’importe qui. Mais je ne sais pas si elle peut aller loin…
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Propos recueillis par Alexis Billebault– Jeune Afrique