Author: Don Kayembe

  • PROCES DENIS LESSIE A SON TERME: Le ministère public requiert la peine de mort, Ntahwa sollicite 500.000 Usd des DI

    PROCES DENIS LESSIE A SON TERME: Le ministère public requiert la peine de mort, Ntahwa sollicite 500.000 Usd des DI

    Lessie-5-Le ministère public a lors des plaidoiries, tenues le mardi 3 septembre dernier, requis la peine de mort contre les prévenus pasteur Denis Lessie et ses co-accusés, poursuivis pour «escroquerie», «association des malfaiteurs» et «incitation des militaires aux actes contraires au devoir et à la discipline». Jean Baptiste Ntahwa, victime de ces infractions a quant à lui, sollicité 500.000 dollars des dommages et intérêts (DI) pour les préjudices subis ainsi que la restitution de ses biens escroqués.

    Ce procès va très bientôt connaitre son dénouement. Le tribunal militaire de garnison de la Gombe qui juge ces prévenus a, au cours de l’audience publique du mardi 3 septembre dernier, consacrée aux plaidoiries, clos le débat et pris cette affaire en délibéré. Il promet de rendre son jugement dans le délai légal, soit dans 10 jours, mieux, le 13 septembre prochain, sauf imprévu. Prenant la parole au cours de cette audience, la partie civile Ntahwa, via ses avocats a exposé les faits pour lesquels, les prévenus sont poursuivis. Lesquels faits lui ont causé dommage. Elle a sollicité du tribunal, la condamnation des prevenus aux dommages et intérêts de l’ordre de 500.000 dollars pour tous les préjudices confondus qu’il a subis, du fait des prévenus. Sans compter la restitution de ses biens faisant l’objet d’escroquerie que les prévenus sont tenus de restituer une fois condamnés.
    Le ministère public qui poursuit les prévenus a, à son tour, dans son requisitoire, demandé au juge la peine la plus lourde contre les prévenus, soit la peine de mort sanctionnant l’infraction d’association des malfaiteurs qui, absorbe les peines prévues pour les autres infracntions (escroquerie et incitation des militaires aux actes contraires à la discipline et la loi) mise à charge de ces prévenus.
    Cependant, comme à l’accoutumé et de bon droit, les prévenus ont plaidé leur innocence, quand bien même, ils se sont depuis le début de ce procès, de instruction aux plaidoiries, distingués par des incohérences voire contractions dans leur défense, aux regards de certains faits dont l’établissement à leur charge ne souffraient d’aucun doute.
    Tenez, Lessie dans une de ses auditions, va premièrement faire savoir au tribunal, n’avoir jamais connu ses co-accusés, à savoir Okunimo Mabusa (qui se faisait passer par le petit frère du chef de l’Etat dans cette affaire) et Kasongo wa Ngoy, un élément de la Garde républicaine (GR). Peu après quelques minutes, il se rétractera, en soutenant reconnaitre ce militaire. Mais, affirmera l’avoir connu par le biais de Jean Baptiste Ntahwa qui, le lui aurait parlé.
    Pour Lessie, cette affaire pourrait se régler entre pasteurs. Au cours d’une audience, il lâcha : «même si je vous aurais escroqué, un arrangement à l’amiable valait la peine, entre nous pasteurs». «Quel est ce problème que l’on ne peut pas arranger ?», s’interrogea-t-il, en s’adressant au juge militaire. Il poursuit : «il (Ntahwa) devrait saisir la corporation avant de partir au tribunal». Pourrait-on, dire que Lessie aurait fait indirectement un aveu et que reprocherait-il à Ntahwa d’avoir «peché», pour avoir dénoncé les faits ou s’être constitué partie civile que de déférer l’affaire par devers une instance de réconciliation entre pasteurs ?
    Lessie va par la suite faire savoir au tribunal que Ntahwa lui chercherait noise, tout en reconnaissant que ce ministre honoraire lui aurait beaucoup aidé. C’est dans ce même ordre idée qu’il soutiendra que Ntahwa lui aurait fait la donation du véhicule qui fait à ce jour, l’objet de l’infraction d’escroquerie, pour laquelle, il est poursuivi. La thèse que les avocats de Ntahwa ont eu à balayer, en démontrant le caractère escroc dans l’établissement de l’acte de cession que leur client avait établi au profit de Lessie.
    Cependant, le prévenu Kasongo wa Ngoy qui, en vain cherchait à déraciner en vain l’infraction d’association des malfaiteurs, avait quant à lui, nié ne jamais connaitre Okunimo Mabusa. Malheureusement, ce dernier dans sa ligne de défense, avait soutenu que c’est ce Kasongo qu’il a amené chez Nthawa.
    Pour rappel, le pasteur Denis Lessie (opérant en qualité du conseiller du chef de l’Etat), l’adjudant Kasongo wa Ngoy (qui se faisait passer pour un capitaine) et Okunimo Mabusa (opérant en fausse qualité du petit frère de Joseph Kabila) ont fait croire à Ntahwa, alors qu’il était ministre du budget en 2012 que Janey Kabila ne le supporterait plus. Comme quoi, Ntahwa aurait refusé de signer un dossier dans lequel, cette soeur jumelle du chef de l’Etat Joseph Kabila aurait des intérêts. Ntahwa qui ne se souvient nullement de ce prétendu dossier, va quand céder même a ces allégations, soutenues par celui qui se fait passer pour le conseiller spirituel du chef de l’Etat, un pasteur de surcroit et par celui qui se dit petit du chef de l’Etat (avec qui les ressemblances ne sont plus a démontrer. Ce jeune homme a d’ailleurs, été primé en 2010 sosie de Joseph Kabila). Cette association, de manière séparée mais corroborée, va convaincre Ntahwa. Et que pour lui épargner à l’épée de damocles de Janeyt Kabila qui pèserait sur sa tête, ils vont le persuader que sur demande du chef de l’Etat, Ntahwa devait des excuses en termes d’offre. Notamment, une jeep Hummer a offrir a Jaynet Kabila et une deuxième pour lui-même Joseph Kabila, parce que jumeau à sa soeur.
    Ces prévenus sont allés plus loin, jusqu’à solliciter également des fonds en faveur de la mère du chef de l’Etat qui, serait également mécontente de Ntahwa. Qui, de bonne foi va s’exécuter à toutes ces obligations lui imposées avec ruse.
    Ce n’est qu’après que Ntahwa va se rendre compte que c’était une escroquerie de haut niveau. Ainsi, l’Agence nationale des renseignements (ANR) va mettre la main sur ce trio.
    Après sa qualification des faits, le ministère public a retenu à charge de Denis Lessie, les infractions d’«incitation des militaires à commettre les actes contraires au devoir et à la discipline», «escroquerie» et «association des malfaiteurs». L’adjudant Kasongo wa Ngoy est quant à lui poursuivi pour «violations des consignes», «associations des malfaiteurs» et «escroquerie». Enfin, les infractions d’«association des malfaiteurs» et d’«escroquerie » ont été retenues à l’encontre d’Okunimo.

    PAPPY MBAKI- Congo News

  • Au Rwanda:Mary Robinson assez vague concernant les accusations de l’ONU à l’égard du Rwanda.

    Au Rwanda:Mary Robinson assez vague concernant les accusations de l’ONU à l’égard du Rwanda.

    Robinson-L’envoyée spéciale de l’ONU pour les Grands Lacs était au Rwanda ce samedi 7 septembre. Lors de cette dernière étape de sa tournée dans la région, elle a rencontré la ministre des Affaires étrangères, le ministre de la Défense et le président Paul Kagame, juste avant de rencontrer les journalistes lors d’une conférence de presse. Cette visite intervenait alors que le Rwanda a été récemment une nouvelle fois accusé par l’ONU de soutenir le M23 et que les chefs d’Etat de la région réunis à Kampala se sont mis d’accord pour la reprise des pourparlers lundi et pour deux semaines entre le gouvernement congolais et le M23. Et Mary Robinson s’est montrée assez vague concernant les accusations de l’ONU à l’égard du Rwanda.

    Elle avait promis il y a quelques jours de parler d’une manière franche et sincère aux autorités rwandaises après que Kigali avait été de nouveau accusé par l’ONU de soutenir le M23. Interrogée par deux fois par les journalistes sur le message qu’elle a fait passer au président Kagame ce samedi 7 septembre, Mary Robinson élude la question.

    La première fois, elle cède la parole à Russ Feingold, l’émissaire des Etats-Unis présent à ses côtés. Ce denier explique que la délégation a effectivement évoqué, « partout où ils étaient allés » ces derniers jours, les « préoccupations » autour de possibles soutiens aux groupes armées en général. Pas une seule fois, il ne prononce le nom du Rwanda et il explique que leurs préoccupations ne concernent pas seulement le soutien au M23 mais également un possible soutien ou coopération de la RDC aux FDLR.

    Interrogée une seconde fois sur la même question par un journaliste, Mary Robinson prend finalement la parole. Elle raconte s’être entretenue avec le président Kagame et avec les ministres rwandais des Affaires étrangère et de la Défense « des fortes perceptions et du très fort sentiment de soutien au M23 qui seraient ressentis dans le Nord-Kivu au sein de la population et au sein des autorités congolaises ». Elle n’évoque en aucun cas les accusations des Nations unies et réaffirme sa confiance dans les pourparlers qui doivent s’ouvrir à Kampala lundi entre le gouvernement congolais et le M23.

  • English: Rwandan students overseas forced to join Rwandan spy networks

    English: Rwandan students overseas forced to join Rwandan spy networks

    Joana-Gakwaya- Rwanda-This summer, from 29th July 2013 to 10th August 2013, young Rwandan students abroad under the government scholarship have been forced to return to Rwanda and spend their summer holidays in a military and intelligence training programme. Around 267 students studying abroad traveled to Rwanda and went to Gako military camp to participate in what Rwandan Government called “Itorero” or “Civic education”.

    Joana Gakwaya, a student in Canada attending “itorero”

    The attendees were given training in handling weapons, military tactics, fighting, spying and reporting techniques. Trainees were selected and put into different groups specialising in different areas such as special intelligence assistance, communication operatives and campaign assistants. Other students may have even been sent to conflicts areas in Eastern Democratic Republic of Congo to observe real-life combat within M23 ranks during those three weeks.

    In contrast to the military nature of the programme, its official website defines it as “a Rwandan civic education institution which aims mainly at teaching all Rwandese to keep their culture through its different values such as national unity, social solidarity, patriotism, integrity, bravery, tolerance, the dos and don’t’s of the society, etc.”

     

    However, not only attendees were wearing military uniforms but also among the speakers was General Patrick Nyamvumba, Chief of Defence Staff of the Rwandan Defence Forces.

    At the end of the programme, trained students are now coming back to their host countries to resume their studies. In addition, they are expected to join existing spy networks targeting Rwandan refugees and members of Rwandan political opposition.

    Although this military and security training is compulsory for all students studying overseas, many of them decided to cancel their trip home for holidays in order not to attend the programme. Others, upon arrival home, have had to flee the country. Most of those students who refused to attend saw their scholarship stopped.

    Four Rwandan students who refused to go back for fear of forced military training and participation in conflicts area have sorted to seeking asylum in the UK. A few others went into other EU countries for safety.

    Earlier this year, the Global Campaign for Rwandans Human Rights (GCRHR), a London-based advocacy group of human rights experts and lawyers promoting the respect of human rights of Rwandans had conducted investigation into the impact of “activities that young people are obliged to attend, including military training, basic spying skills, and developing effective narratives aimed at silencing any critics of the Rwandan government”.

    The GCRHR, in its April 2013 report titled “Harassed to harass in the name of dignity, Young People as a Tool to Sustain Oppression”, has expressed its concern that an increasing number of young people, suffering various levels of physical and psychological health issues, were seeking asylum abroad in order to flee from being used as a tool of oppression.

    Three other young people who went home for training were interviewed by Rwandan security agents on suspicion of providing information to GCRHR investigation. Their national passport have been withheld.

    GCRHR has confirmed that many young people in Rwanda are living in fear of being forced into military enrollment for the M23 rebels and, at the very first opportunity, they leave the country knowing that, if deported, the risk of death is very high for themselves and for their families back home.

    GCRHR has reported cases of torture and disappearances of former asylum seekers deported from abroad, once they arrived in the country.

    The GCRHR report also revealed that “there have been cases of disappearance of young people after they have participated in the training camps. Most parents and relatives of the disappeared young people are reluctant to report it to the authorities for the fear of being considered as critics or suspicious to the authorities.”

    “Young people in diaspora particularly students on Rwandan government or donors scholarships, informed us that they feel pressurised by embassies to participate in those activities. Some students also mentioned that the high frequency of those activities impede their education attainments”

    Christophe Sangano

  • RDC: ni amnistie ni intégration pour les auteurs de crimes graves

    RDC: ni amnistie ni intégration pour les auteurs de crimes graves

    ZAIREAN REBELS MARCH DURING A RALLY IN UVIRA– L’envoyée spéciale de l’ONU pour la région des Grands Lacs, Mary Robinson, a exclu une amnistie et une intégration dans l’armée congolaise pour les rebelles du M23 et autres groupes armés qui auraient commis des crimes graves, ont rapporté samedi les Nations unies.

    “Nous sommes convaincus qu’il ne faut pas d’amnistie pour les personnes accusées d’avoir commis des crimes graves et que ces gens-là ne doivent pas être intégrés dans les forces armées” de la République démocratique du Congo, a déclarée Mme Robinson citée dans un communiqué de l’ONU.

    “Nous ne répéterons pas les erreurs du passé”, a ajouté la responsable qui effectue une tournée dans la région.

    Le communiqué de l’ONU fait spécifiquement référence aux rebelles du Mouvement du 23 Mars, que l’armée congolaise combat depuis mai 2012 dans la province du Nord-Kivu, frontalière du Rwanda et de l’Ouganda, mais aussi aux nombreux groupes armés qui sévissent dans l’Est de la RDC.

    La base du M23 est formée d’ancien rebelles qui avaient été intégrés dans l’armée congolaise à la suite d’un accord de paix signé avec Kinshasa en 2009. Ces hommes se sont ensuite mutinés en avril 2012 en réclamant d’abord de meilleures conditions de vie, puis la pleine application de l’accord de 2009, dont ils estiment que les termes n’ont pas été respectés.

    L’armée congolaise est parvenue fin août à faire reculer le M23 de la ligne de crêtes d’où celui-ci menaçait la ville de Goma, capitale du Nord-Kivu, que les rebelles avaient brièvement occupée en novembre 2012.

    Jeudi, la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), qui réunit onze Etats, a exigé que le M23 cesse “toute activité militaire” et que ses négociations avec Kinshasa reprennent “dans les trois jours”.

    Mme Robinson, qui avait participé à cette conférence, après avoir passé quelques jours en RDC devait rencontrer samedi à Kigali le ministre de la Défense rwandais James Kabarebe et sa collègue des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo.

    L’ONU et la RDC accusent le Rwanda et l’Ouganda de soutenir les rebelles du M23, ce que Kigali et Kampala ont toujours démenti.

     

  • Allocution du DISCOURS du PResident Joseph Kabila- OUVERTURE CONCERTATIONS NATIONALES

    Allocution du DISCOURS du PResident Joseph Kabila- OUVERTURE CONCERTATIONS NATIONALES

    concertations -photo-Honorables Présidents de l’Assemblée Nationale et du Sénat, Membres du Présidium des Concertations nationales,

    Mesdames et Messieurs les Délégués aux Concertations nationales,

    Distingués Invités,

    Chers Compatriotes,

    Il est, dans l’histoire des Etats et des peuples, des moments singuliers qui, par-delà tous les clivages, testent la solidité du vouloir-vivre collectif, interpellent les consciences, et exigent la mobilisation des énergies et des intelligences.

    Des moments qui rappellent à chaque membre de la communauté nationale, qu’en contrepartie des droits qu’elle lui reconnaît, la Constitution du pays, pacte républicain par excellence, lui impose aussi des obligations auxquelles il ne peut moralement se soustraire, particulièrement, la défense, même au prix du sacrifice suprême, de l’intégrité territoriale et de l’indépendance nationale.

    Il en fut ainsi de la lutte pour l’indépendance de notre pays.

    Il en est également de la menace qui, depuis plusieurs années, pèse sur l’existence même de notre pays, comme Nation, voulue une et indivisible, et comme Etat souverain dans des frontières intangibles, héritées de la colonisation.

    Sauf à trahir la mémoire des martyrs de notre indépendance et de tous ceux qui, de génération en génération, ont donné de leur vie pour maintenir à jamais allumée la flamme de la liberté, nous devons tous nous sentir interpellés par cette menace et nous mobiliser, comme un seul homme, pour y faire face.

    Aucune frustration, aussi justifiée soit-elle, aucun déni de droit, aussi condamnable qu’il puisse être, ne peuvent, en cette circonstance, expliquer l’inaction, l’apathie ou l’indifférence ; moins encore la sympathie pour ceux qui portent atteinte à notre souveraineté, ou la participation, consciente ou forcée à leurs projets funestes et aux souffrances qui en découlent pour nos populations.

    C’est tout le sens de la démarche que j’ai initiée en convoquant les Concertations nationales.

    Une démarche plutôt citoyenne que politicienne !

    C’est aussi le sens de la réponse sans équivoque que vous avez daigné y réserver, comme en témoigne votre présence, nombreuse et variée, à ces Concertations, leur conférant ainsi un caractère national, inclusif et représentatif.

    Une réponse responsable et patriotique !

    Une réponse qui fait de vous des dignes héritiers des Pères de l’indépendance et de tous ceux qui, à un moment ou à un autre de notre histoire, ont porté haut le flambeau de la lutte pour la liberté, l’unité et la grandeur de notre pays.

    Je tiens donc à en féliciter chacun de vous.

    Je tiens aussi à rendre un vibrant hommage au Président Denis SASSOU NGUESSO de la République sœur du Congo, pour sa sollicitude à l’égard de ce processus et pour son engagement en faveur de la paix et de la stabilité dans notre Région.

    Je me réjouis tout autant du soutien, sans condition, que l’ensemble des partenaires extérieurs de notre pays nous ont apporté dès le début de la guerre et à l’annonce des Concertations nationales.

    Je pense ici, de manière particulière, à la SADC, à la CIRGL et à l’Union Africaine qui jouent un rôle essentiel dans le maintien de la paix régionale.

    Je pense aussi à Monsieur BAN-KI-MOON, Secrétaire Général des Nations Unies, à Madame Mary ROBINSON, son Envoyée Spéciale pour la Région des Grands Lacs, et à Monsieur Martin KOBLER, son Représentant Spécial en République Démocratique du Congo, et à travers eux, aux membres du Conseil de Sécurité et aux instances de l’Union Européenne pour leur contribution dans la recherche d’une paix durable dans notre Région.

    Honorables Membres du Présidium,
    Mesdames et Messieurs les Délégués,
    Chers Compatriotes,

    Compte tenu de la dégradation de la situation sécuritaire et humanitaire dans la Province du Nord-Kivu, les Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CIRGL viennent de se réunir à Kampala.

    A cette occasion, une injonction a été donnée aux forces négatives d’arrêter toutes leurs activités militaires et de guerre ainsi que leurs menaces de déstabilisation de la République Démocratique du Congo.

    Aucun effort ne sera ménagé pour que les réunions de Kampala aboutissent à la restauration de la paix et de l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire national, faute de quoi nos Forces Armées assumeront ce devoir.

    A maintes reprises, j’ai indiqué que trois options fondamentales, à savoir politique, diplomatique et militaire, sont déterminantes pour mettre fin à cette guerre qui nous est injustement imposée.

    Il n’y a donc pas de contradiction entre la reprise du processus de Kampala et la tenue des Concertations nationales.

    Honorables Membres du Présidium,
    Mesdames et Messieurs les Délégués,
    Chers Compatriotes,

    Ces Concertations Nationales se tiennent alors que notre pays est, une fois encore, agressé par ceux qui cherchent, par tous les moyens, à le déstabiliser.

    La guerre qui, aujourd’hui, a pour théâtre principal les territoires de Rutshuru et de Nyragongo, vise, en fait, à créer les conditions objectives pour le démembrement du grand Congo.

    Prendre conscience de la nature véritable et des enjeux de cette guerre est une condition de la victoire. Se mobiliser, s’organiser et agir en sont une autre.

    C’est aussi la mesure de notre patriotisme.

    Comment, dans ces conditions, ne pas rendre un hommage mérité aux éléments de nos Forces Armées et de sécurité, qui font preuve d’un courage et d’un sens de sacrifice extraordinaires sur le terrain des combats.

    Comment non plus ne pas saluer les contingents militaires de la Tanzanie et de l’Afrique du Sud, qui y ont été récemment déployés dans le cadre de la Brigade d’intervention de la MONUSCO et, par-delà, leurs peuples et Gouvernements respectifs, pour leur engagement déterminé et appréciable aux côtés de nos troupes.

    Je voudrais également réitérer mes remerciements à tous les Etats qui, depuis plusieurs années déjà, ont disponibilisé leurs troupes pour le maintien de la paix en République Démocratique du Congo.

    En votre nom à tous, je tiens à exprimer aux uns et aux autres, la gratitude profonde de la Nation congolaise.

    Je tiens tout aussi à exprimer notre compassion et notre solidarité aux populations fortement meurtries et lourdement éprouvées du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri.

    Je leur renouvelle mon engagement et celui de toute la Nation, de tout entreprendre, quoi qu’il en coûte pour les sécuriser, et de mettre définitivement fin à leurs souffrances.

    En souvenir de tous nos soldats ainsi que de ceux de la MONUSCO tombés sur le champ d’honneur, et des victimes innocentes de la haine aveugle des ennemis de notre peuple, je vous invite à garder quelques instants de silence.

    Honorables Membres du Présidium,
    Mesdames et Messieurs les Délégués,
    Chers Compatriotes,

    C’est conscient de la gravité de la situation sécuritaire dans la Province du Nord-Kivu, et de la menace existentielle qui en découle pour l’ensemble de la Nation, mais aussi fort de mes prérogatives de Chef de l’Etat, Garant du bon fonctionnement des Institutions, que j’ai décidé d’organiser les présentes Concertations.

    Elles se veulent un cadre de travail apaisé, transparent et sans objectif caché ; un cadre de réflexion objective, hors de toute agitation et de tout affairisme politique ; une manifestation éloquente de notre capacité à discuter et à décider, en toute liberté, sans ingérence extérieure, et dans le respect de la Constitution, des lois et des Institutions de la République.

    En effet, c’est depuis novembre 2012 que j’ai reçu, tour à tour, les Groupes parlementaires de la majorité et de l’opposition au sein du Parlement, les partis politiques, aussi bien de la Majorité que de l’Opposition, ainsi que la Société civile dans sa diversité. J’ai, par la suite, constitué le groupe consultatif national et promis de mettre en place un cadre d’échanges approprié pour promouvoir la cohésion nationale.

    Honorables Membres du Présidium,

    Mesdames et Messieurs les Délégués,

    Chers Compatriotes,

    L’objectif poursuivi par les présentes assises est de dégager les voies et moyens susceptibles de rétablir et de consolider la cohésion interne, en vue d’assurer la victoire sur toutes les forces d’agression, de renforcer l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire national, de mettre fin au cycle infernal des violences à répétition, principalement dans le Nord et le Sud-Kivu ainsi que dans l’Ituri, de conjurer toute velléité de s’associer aux tentatives exogènes de déstabilisation du pays et de planifier, ensemble, son développement socio-économique dans la paix et la concorde.

    Je souhaite de tout cœur que ces Concertations nationales soient, d’abord et avant tout, perçues et vécues comme une rencontre citoyenne, entre fils et filles d’un même pays, partageant un destin commun, et déterminés à en tirer le meilleur profit collectif, non seulement pour eux-mêmes, mais également pour les générations futures.

    Cela étant, vous devriez, au cours de ces Concertations, avoir le loisir d’aborder tout sujet d’intérêt général. Néanmoins, au regard des priorités du moment, et pour des raisons d’efficacité, cinq thématiques, correspondant à autant d’Etats généraux, ont été retenues :

    1. Gouvernance, démocratie et réformes institutionnelles ;
    2. Economie, secteurs productifs et finances publiques ;
    3. Désarmement, démobilisation, réintégration sociale et/ou rapatriement des groupes armés ;
    4. Conflits communautaires, paix et réconciliation nationale ;
    5. Décentralisation et renforcement de l’autorité de l’Etat.
    Sur chacun de ces sujets, suffisamment ouverts pour permettre de tout aborder, il s’agira de réfléchir, d’échanger et de débattre, en toute liberté et sans contrainte.

    En conséquence, il est reconnu aux Délégués aux Concertations nationales l’immunité de parole, sous réserve, bien entendu, du respect des lois, de l’ordre public et des bonnes mœurs, principe consacré par notre Constitution.

    J’en appelle donc à tous ceux qui hésitent encore, à venir participer à ce forum pour y apporter leur contribution.

    Honorables Membres du Présidium,

    Mesdames et Messieurs les Délégués,

    Chers Compatriotes,

    Les Délégués aux Concertations nationales n’ont pas vocation à se substituer au Souverain primaire ; moins encore, à remettre en cause les décisions qui relèvent du pouvoir exclusif de ce dernier.

    Leur marge de manœuvre demeure cependant importante.

    Car, ils ont la possibilité, j’espère qu’ils en feront bon usage, d’aider, par une réflexion sereine et responsable, à concevoir les réformes nécessaires pour mieux assurer l’intégrité du territoire et la souveraineté de l’Etat, garantir la sécurité des personnes et des biens, approfondir et consolider la démocratie, améliorer la gouvernance politique et sociale, et rendre la croissance économique plus forte, durable et socialement bénéfique pour nos populations.

    Honorables Membres du Présidium,
    Mesdames et Messieurs les Délégués,
    Distingués Invités,
    Chers Compatriotes,

    La situation politique, économique, sociale, culturelle et sécuritaire de notre pays a déjà fait l’objet de plusieurs réflexions, analyses, études et rapports, souvent de haute facture.

    Ce fut le cas, notamment, lors de la Conférence nationale souveraine, des Concertations du Palais du Peuple et du Dialogue Inter-congolais.

    C’est à cet exercice que Députés et Sénateurs consacrent l’essentiel de leurs délibérations.

    Des présentes assises, le peuple attend plutôt un consensus sur les pistes réalistes de solution aux problèmes majeurs auxquels sont confrontés le pays et la Nation, de manière à permettre la cohésion nationale et la consolidation de la paix, gages d’un développement harmonieux et durable.
    C’est là la meilleure façon de préparer et de bâtir l’avenir de notre pays.

    J’ai foi en vos capacités pour ce faire ; de la même manière que j’ai toujours eu foi en notre pays et en notre peuple.

    Comme le disent les saintes écritures, je cite : « le Très haut ne tente jamais personne au-delà de ses capacités », fin de citation. En effet, je sais que nous sommes dignes de notre destin.

    Ce moment historique est à saisir aujourd’hui.

    Et c’est à vous, Délégués aux Concertations nationales, ici réunis, qu’il revient de démontrer, par le sérieux et la qualité de vos travaux, que la République Démocratique du Congo est non seulement résolue, mais prête à assumer le rôle auquel le Maître des temps et des circonstances la destine.

    A cette fin, j’en appelle à la mobilisation des efforts et des énergies pour que notre pays redevienne un havre de paix, définitivement libéré des forces négatives, autant que du spectre de la guerre et des violations massives des droits humains.

    A la faveur de la tenue des présentes assises, et pour permettre une décrispation de la situation, des mises en liberté conditionnelle de certains prisonniers vont être effectuées.

    Je vous annonce, par ailleurs, qu’une grâce présidentielle est à l’étude en attendant le vote par le Parlement d’une loi d’amnistie.

    Tout en vous souhaitant des échanges fructueux, dans l’intérêt de la Nation, et dans un esprit de tolérance et de respect mutuel, je déclare ouvertes les Concertations nationales.

    Que Dieu bénisse la République Démocratique du Congo !

    Je vous remercie.

    Président Joseph Kabila KABANGE