Author: Don Kayembe

  • L’armée collabore avec les rebelles FDLR

    L’armée collabore avec les rebelles FDLR

    armee_congo C’est ce que dénoncent les experts de l’Onu dans un rapport intérimaire.

    Un rapport intérimaire d’experts de l’Onu, daté du 20 juin, adressé au Conseil de sécurité, indique que l’aide du Rwanda aux mutins congolais du M23 a fortement diminué, tandis que l’armée congolaise collabore avec les FDLR (rebelles hutus rwandais, issus des génocidaires), considérés comme un groupe terroriste.

    Le groupe d’experts avait indiqué, en 2012, que le Rwanda avait soutenu le M23 – qui avait pris la ville de Goma, en novembre 2012, avant de l’évacuer en décembre, sous pression internationale, en échange de négociations à Kampala avec les autorités congolaises. Ces discussions portent sur un accord de paix au Kivu datant de 2009, qui n’avait été que partiellement appliqué. Kinshasa a reconnu en février que des points n’étaient pas appliqués; depuis lors, aucun progrès n’est enregistré dans ces discussions, tandis que le M23 s’est considérablement déforcé par une scission interne. Les mutins menacent cette semaine “de reprendre la ville de Goma parce que le pouvoir de Kinshasa ne veut pas répondre à nos revendications” et cela parce qu’ “il se fie à cette fameuse Brigade d’intervention de l’Onu” , chargée de combattre les groupes armés au Congo, où les troupes qui doivent la former commencent à arriver.

    Le M23 manque de combattants

    Selon le rapport des experts, le M23 (dominé par les Tutsis congolais) recrute, y compris par la force, faute d’assez de combattants pour occuper les 700 km² qu’il a conquis, où les FDLR ont pris des positions, profitant de cet affaiblissement.

    Lors de sa nouvelle mission, le groupe d’experts “n’a trouvé aucune indication de soutien des rebelles depuis l’Ouganda et a réuni les preuves d’un appui continu mais limité au M23 depuis le Rwanda” . Le Rwanda “a démantelé le réseau d’appui et de recrutement au Rwanda de Ntaganda” , le chef de la faction défaite du M23.

    Les experts onusiens estiment par ailleurs à 1 500 le nombre de combattants FDLR au Congo (5 000 selon Kigali), la majorité se trouvant au Nord-Kivu, le reste au Sud-Kivu. Ces rebelles souffrent de nombreuses désertions, d’une hiérarchie faible et de divisions internes, selon le rapport, qui assure que les générations les plus jeunes sont favorables à une démobilisation et intégration dans la société, les plus anciens étant désireux de poursuivre la lutte armée.

    A la faveur de l’affaiblissement du M23, note le texte, les FDLR ont mené trois attaques contre le Rwanda. Ils bénéficient en outre de “la collaboration” des FARDC, l’armée congolaise.

    Elle va, selon les sources, les unités concernées et les époques, “d’ un accord tacite de non-agression” ,  à des réunions “régulières”  au cours desquelles sont “échangées des informations opérationnelles” et à la livraison de munitions par l’armée aux FDLR.

    Mardi, le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, a assuré à Kinshasa que “s’il s’avérait qu’il y a collaboration, le gouvernement sanctionnera ces éléments” .

    MFC-
    Cros Marie-France

  • Des « réseaux mafieux » en possession de 300 téléphones portables et d’ordinateurs découverts à la prison de Makala

    Des « réseaux mafieux » en possession de 300 téléphones portables et d’ordinateurs découverts à la prison de Makala

    makala-Une « fouille systématique des cellules » mardi 02 juillet à la prison centrale de Makala, à Kinshasa (RD Congo), a permis aux enquêteurs judiciaires de découvrir des « réseaux mafieux » et de saisir « plusieurs armes blanches, des ordinateurs et près de 300 téléphones portables à partir desquels certains détenus se permettaient de menacer leurs victimes ou des magistrats en charge de leurs dossiers ».
    « Ces détenus, qui s’étaient organisés en une véritable bande criminelle en prison ont alors tenté d’empêcher la fouille par la violence. Une tentative réprimée comme il se doit par les forces de l’ordre qui ont pu ainsi les maîtriser. Non sans quelques blessures plus ou moins graves », a expliqué jeudi 04 juillet à Kinshasa le ministre des Médias Lambert Mende Omalanga au cours d’une conférence de presse.

    Il a dévoilé que, « depuis un certain temps, il avait été constaté de graves dysfonctionnements au sein de ce centre d’incarcération, au point que Madame le ministre de la Justice et Droits humains (Wivine Mumba Matipa) avait dû prendre la décision de permuter le directeur en place dans cette institution ; une simple mesure administrative à la quelle un groupe de détenus se sont crus en droit de s’opposer par la force ».

    « Pour des raisons assez faciles à imaginer, ces détenus exigeaient que le directeur muté du CPRK conserve coûte que coûte son poste actuel. Une chose inouïe. Où l’on a vu des détenus exiger de donner au gouvernement un avis conforme pour la gestion de la carrière de ses agents ! », s’est-il exclamé.

    « Existence de réseaux mafieux »

    Selon le porte-parole du gouvernement congolais, le ministère de la Justice a diligenté une enquête « qui a permis d’établir l’existence de réseaux mafieux protégés par la direction sortante qui avaient infesté l’établissement avec des armes blanches et des moyens de télécommunications permettant aux délinquants de téléguider divers mauvais coups ».

    Mardi 02 juillet, un élément de la garde pénitentiaire ayant requis l’anonymat a  confié mardi à lepotentielonline.com que les troubles auraient été « provoqués par une quinzaine de  militaires et policiers, détenus à la prison de Makala, qui ne veulent pas du nouveau directeur de la prison et de sa rigueur ».

    « Ils réclament son départ depuis son arrivée début juin. Ces fauteurs des troubles reprochent au nouveau directeur de la prison, qui est un officier militaire (colonel), d’être trop exigeant et d’interdire certaines pratiques et autres visites suspectes au sein du milieu carcéral », a-t-il précisé.

    Le Potentiel

  • Mende répond à la CENCO : « Aucune institution ne s’est saisie de la révision de l’article 220 de la Constitution

    Mende répond à la CENCO : « Aucune institution ne s’est saisie de la révision de l’article 220 de la Constitution

    Evequescardinal-DIAS1Le gouvernement de la RD Congo a affirmé jeudi 04 juillet à Kinshasa n’être « pas saisi de la révision de l’article 220 de la Constitution », comme l’a laissé entendre un communiqué de presse de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) publié le 29 juin à l’issue de sa 50ème assemblée plénière du 24 au 28 juin 2013.
    « Nous devons nous étonner d’une sorte de procès d’intention fait aux institutions de la République concernant une prétendue décision de réviser les dispositions de l’article 220 de la constitution. A ma connaissance, jusqu’à ce jour, ce débat d’intellectuels n’a pas franchi la sphère scientifique, aucune institution ne s’en étant saisie. On se demande alors si la mobilisation annoncée a pour cible le débat en tant que tel », a déclaré son porte-parole Lambert Mende Omalanga, ministre des Médias au cours d’une conférence de presse.

    Dans leur communiqué, les Evêques de la CENCO ont réaffirmé « leur détermination à s’opposer fermement à toute tentative de modification de l’Article 220 de notre Constitution qui stipule : +la forme républicaine de l’Etat, le principe de suffrage universel, la forme représentative du gouvernement, le nombre et la durée des mandats du Président de la République, l’indépendance du pouvoir judiciaire, le pluralisme politique et syndical ne peuvent faire l’objet d’aucune révision constitutionnelle+ ».

    « Par conséquent, les Evêques demandent aux fidèles et aux hommes de bonne volonté de demeurer vigilants et prêts à faire échec à toute manœuvre éventuelle de modification de la Constitution en ses articles verrouillés. Le respect de la loi fondamentale de  notre pays constitue le socle de notre jeune démocratie et le gage de la stabilité de notre pays. Ils espèrent que les concertations en perspective y veilleront absolument », ont-ils déclaré.

    « On se laisse aller à fustiger un débat scientifique »

    Le porte-parole du gouvernement de la RD Congo a jugé « aberrant qu’au nom de la démocratie, on se laisse aller à fustiger un débat scientifique ; à moins qu’il ne s’agisse d’une réaction à la rumeur, ce qui ne justifierait pas davantage pareille levée de boucliers ».

    « Les auteurs du communiqué du 29 juin 2013 pourraient peut-être mieux expliciter le sens et la cible de leur charge », a souhaité Lambert Mende.

    L’autre question querellée est le passage de la déclaration du communiqué selon lequel les évêques « n’ont présenté aucun ecclésiastique à la Commission Électorale Indépendante (CENI) ».

    « Que nous sachions, ce n’est pas à l’Eglise catholique que la loi a demandé de désigner un candidat à la CENI, mais plutôt à l’ensemble des confessions religieuses. Il n’est pas très décent d’insinuer que les vues de l’une quelconque parmi lesdites confessions religieuses devraient s’imposer sur toutes les autres », a-t-il réagi.

    Par ailleurs, le gouvernement congolais a salué « l’engagement citoyen de l’épiscopat de l’Eglise catholique dont il partage l’analyse concernant les souffrances des enseignants éloignés des structures bancaires, qui ne reçoivent pas leurs rémunérations à temps », après avoir lu le communiqué de la CENCO.

    « A cet égard, le gouvernement confirme son engagement de payer tous les agents publics, et notamment les enseignants ou qu’ils se trouvent, à travers les mécanismes les plus efficients », a indiqué le ministre des Médias.

    Concernant les personnes enlevées dans le territoire de Beni, parmi lesquelles des prêtres catholiques, il a affirmé que « le gouvernement a d’ores et déjà engagé la traque des ravisseurs par les forces de défense et de sécurité et met progressivement en place les dispositions appropriées pour enrayer ce phénomène criminel qui devient trop fréquent dans cette partie du territoire national ».

    Communiqué de presse des Evêques de la CENCO

    Réunis à Kinshasa, du 24 au 28 juin 2013, pour leur 50ème Assemblée plénière, Son Eminence le Cardinal, les Archevêques et Evêques, membres de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO), ont rendu grâce à Dieu pour le chemin parcouru par l’Eglise-famille de Dieu en RD Congo. Ils ont demandé au Très-Haut de continuer à bénir leur labeur apostolique pour la gloire de son nom et le salut du peuple de Dieu confié à leur sollicitude pastorale.

    Au cours de ces assises tenues en cette Année de la foi, et dans le but de raviver et de raffermir la foi des fidèles, ils leur ont adressé une exhortation pastorale intitulée « Seigneur augmente en nous la foi ».

    A la suite du Synode sur la Nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi, ils ont levé l’option de poursuivre la mission évangélisatrice par une approche thématique. Aussi, compte tenu de tous les défis auxquels la famille, cellule de base de la société et église domestique, est confrontée, ils ont arrêté d’approfondir ce thème au cours de leurs prochaines réunions.

    Durant leurs travaux, une délégation de l’Assemblée a été reçue par Son Excellence Monsieur le Premier Ministre, Augustin Matata Ponyo. Les échanges avec lui ont porté sur la paie des salaires des enseignants. Comme pasteurs vivants au milieu du peuple congolais, ils ont partagé au Chef du Gouvernement les souffrances des enseignants éloignés des structures bancaires et qui ne reçoivent plus leur salaire à temps. Ils ont examiné avec lui la possibilité de continuer, à travers leur structure Caritas-Congo, à rendre le service de la paie des enseignants dans les territoires, secteurs et groupements identifiés et encore impayés jusqu’à cette date.

    Les Evêques de la CENCO ont examiné la situation tragique de trois prêtres assomptionistes : pères Jean-Pierre Ndulani, Anselme Wasikundi et Edmond Bamutupe et de nombreux autres compatriotes enlevés dans le Diocèse de Butembo-Beni. Ils ont réitéré l’appel pour leur libération.

    Pour ce faire, ils demandent instamment au Gouvernement de la République de prendre cette situation en mains pour identifier les ravisseurs, retrouver et libérer tous ces otages. Ils lui suggèrent de constituer un Comité de crise chargé de la gestion de cette question jusqu’à la libération effective de tous ces compatriotes enlevés. Ils sollicitent également l’implication ferme de la Monusco pour trouver solution à cette tragédie.

    Conformément à son mandat d’assurer la protection de la population civile et compte tenu des moyens dont elle dispose, les évêques restent convaincus que la Monusco est en mesure de contribuer efficacement à la libération de tous ces otages.

    Au cours de leurs échanges, les Evêques ont déploré la misère du peuple qui s’approfondit du jour au jour et les maigres salaires des fonctionnaires. Au regard de l’écart criant entre les salaires au sein des Institutions de l’Etat, les Evêques invitent le Gouvernement à plus d’effort pour l’amélioration des conditions de vie de la population. Ils demandent à tous les Elus du peuple de se soucier davantage de la population qui les a élus. Ils estiment inadmissible que les élus se préoccupent plus de leurs salaires et émoluments alors que le peuple croupit dans la misère.

    A cet effet, ils demandent que soit mise sur pied une commission d’harmonisation des salaires et émoluments au sein des institutions de l’Etat.

    Les Evêques de la CENCO saisissent cette occasion pour réaffirmer leur détermination à s’opposer fermement à toute tentative de modification de l’Article 220 de notre Constitution qui stipule : « la forme républicaine de l’Etat, le principe de suffrage universel, la forme représentative du gouvernement, le nombre et la durée des mandats du Président de la République, l’indépendance du pouvoir judiciaire, le pluralisme pol

    Par conséquent, les Evêques demandent aux fidèles et aux hommes de bonne volonté de demeurer vigilants et prêts à faire échec à toute manœuvre éventuelle de modification de la Constitution en ses articles verrouillés. Le respect de la loi fondamentale de  notre pays constitue le socle de notre jeune démocratie et le gage de la stabilité de notre pays. Ils espèrent que les concertations en perspective y veilleront absolument.

    Par ailleurs, la 50ème Assemblée plénière a confirmé la mise au point de la CENCO donnée par son Secrétariat général le 13 mai 2013. Cette mise au point rappelait les normes de l’Eglise catholique et la position commune des Evêques de la CENCO qui interdisent formellement aux ecclésiastiques dans notre pays de prendre activement part aux partis politiques et associations à caractère politique ainsi qu’à la direction des institutions étatiques, quel qu’en soit le niveau, chargées d’organiser les élections dans notre pays.

    En cohérence avec ces normes, les Evêques réaffirment qu’ils n’ont présenté aucun ecclésiastique à la Commission Electorale Indépendante (CENI).

    Partant, le cas de Mr l’Abbé Apollinaire Malu Malu, prêtre du Diocèse de Butembo-Beni qui a opté d’œuvrer au sein de la CENI sera pris en charge par son Evêque qui appliquera à son endroit les sanctions canoniques qui s’imposent.

    Peinés par le cas très regrettable de l’engagement de Mr l’Abbé Malumalu à la CENI, les Evêques de la CENCO l’ont, pour leur part, démis de sa fonction de Directeur général de l’Institut Panafricain Cardinal Martino (IPCM).

    Ce cas déplorable a donné aux Evêques membres de la CENCO, l’opportunité d’exhorter et de rappeler à tous les ecclésiastiques (prêtres, religieux et religieuses) la noblesse de leur identité dans l’Eglise et l’impératif d’honorer ses exigences dans leur vie et leur ministère.

    Les Evêques de la CENCO annoncent la tenue dans notre capitale du 2 au 3 juillet de l’Assemblée plénière de l’Association des Conférences Episcopales de l’Afrique Centrale (ACEAC). Ils remercient notre Gouvernement pour son aide leur apportée dans l’organisation de la 16ème Assemblée du Symposium des Conférences Episcopales d’Afrique
    Au terme de ces travaux, les Evêques continuent de prier le Seigneur pour notre pays, pour la paix et le progrès de toute la population congolaise.

    Fait à Kinshasa, le 29 juin 2013

    Abbé Léonard SANTEDI

    Secrétaire général de la CENCO

  • Belgique:Roi Albert II : “Mon âge et ma santé ne me permettent plus d’exercer ma fonction”

    Belgique:Roi Albert II : “Mon âge et ma santé ne me permettent plus d’exercer ma fonction”

    Roi-Albert-II-Dans une allocution télévisée, le roi Albert II, 79 ans, a annoncé, le 3 juillet, son “intention d’abdiquer le 21 juillet”, jour de la fête nationale de Belgique, en faveur du prince héritier Philippe.

    C’est la fin du règne d’Albert II. Avec « sérénité et confiance », le roi des Belges a annoncé, dans une déclaration télévisée le 3 juillet, qu’il abdiquera le jour de la fête nationale de Belgique, le 21 juillet, en faveur de son fils, le prince héritier Philippe. C’est le premier souverain belge à quitter volontairement le pouvoir dans l’histoire du pays.

    Le roi Albert II a affirmé que son fils aîné Philippe, 53 ans, est « bien préparé » pour reprendre le flambeau.

    Ce départ du roi était évoqué depuis plusieurs mois dans les milieux politiques et médiatiques, alors qu’Albert II, âgé de 79 ans, semblait fatigué et soucieux de passer la main.

    Né le 6 juin 1934, le deuxième fils de Léopold III et de la reine Astrid était devenu le sixième monarque belge, le 9 août 1993, après le décès inopiné de son frère, le roi Baudouin, qui n’avait pas eu d’enfant.

    Discrétion

    Arrivé au pouvoir dans la discrétion, il a joué un rôle politique de premier plan en devenant le symbole de l’unité de la Belgique écartelée entre francophones et néerlandophones. Il a ainsi joué un rôle central de médiateur durant la longue crise politique de 2010-2011, en tentant de rassembler une majorité pour doter le pays d’un gouvernement stable.

    Son implication avait été saluée par tous les partis, à l’exception des indépendantistes flamands de la N-VA.

    L’abdication intervient moins d’un an avant une échéance politique très sensible, les élections législatives de mai 2014, qui pourraient montrer une nouvelle poussée des nationalistes flamands et provoquer une nouvelle crise politique.

    (Avec AFP)

  • Égypte : le président par intérim Adly Mansour a prêté serment

    Égypte : le président par intérim Adly Mansour a prêté serment

    Egypte-Adly Mansour-Le président de la Haute cour constitutionnelle, Adly Mansour, a prêté serment, jeudi 4 juillet, comme président par intérim. Ce magistrat peu connu succède à l’islamiste Mohamed Morsi, renversé la veille par l’armée après une semaine de manifestations populaires massives en Égypte.

    Au lendemain de la chute du président islamiste Mohamed Morsi, le président de la Haute cour constitutionnelle, Adly Mansour, a été désigné par l’armée pour assurer l’interim en attendant la tenue d’un nouveau scrutin présidentiel. « Je m’engage à préserver le système de la République, à respecter la Constitution et la loi et à protéger les intérêts du peuple », a-t-il déclaré lors d’une brève cérémonie au siège du Conseil constitutionnel (Voir la vidéo ci-dessous).

     

    Mohamed Morsi, premier président démocratiquement élu d’Égypte, a été transféré, jeudi à l’aube, au ministère de la Défense après avoir été renversé par l’armée. Une chute qui met un terme à un an de pouvoir islamiste marqué par des crises à répétition, laissant l’Égypte dans une délicate situation de transition où les camps pro et anti-Morsi se font désormais face.

     

    Réactions étrangères

    Ce coup d’État dans le plus peuplé des pays arabes – et dont la situation politique pèse fortement sur l’équilibre de la région – a suscité l’inquiétude à l’étranger. Le président américain Barack Obama, qui a appelé à l’élection rapide d’un gouvernement civil : « Durant cette période d’incertitude, nous demandons à l’armée de s’assurer que les droits de tous les Egyptiens et Egyptiennes soient protégés, notamment le droit de se rassembler pacifiquement et le droit à des procès justes et indépendants devant des tribunaux civils », a-t-il insisté dans un communiqué. Il a également annoncé qu’il allait étudier les « implications» légales de la nouvelle situation sur l’important soutien financier des États-Unis à l’armée égyptienne (1,3 milliard de dollars cette année), la loi américaine n’autorisant pas l’aide à un pays où a eu lieu un coup d’État.

    La Russie, par la voix de son ministère des Affaires étrangères, a quant à elle appelé toutes les forces politiques à la retenue et au respect du cadre « démocratique », tandis  que l’Union européenne a formulé le souhait qu’une présidentielle se tienne rapidement et s’est inquiété du sort de Mohamed Morsi : « La situation de M. Morsi est assez peu claire, nous essayons de tirer au clair ce qu’il en est. Dans tous les cas, tous les principes de justice et de droits de l’Homme doivent être respectés », a affirmé lors d’un point presse, Michael Mann, le porte-parole de la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton.

    Sur la BBC, le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, a déclaré que le Royaume-Uni « travaillera » avec l’Égypte tout en réaffirmant que Londres ne soutenait pas « les interventions militaires dans un système démocratique ». « C’est la réalité pratique de la diplomatie », a-t-il ajouté, notant que le Royaume-Uni reconnaissait « les États, pas les gouvernements », et rappelant également la présence de nombreuses entreprises et ressortissants britanniques sur le territoire égyptien.

    « Nous devons comprendre que cette intervention est populaire. Il n’y a aucun doute là-dessus dans l’état actuel de l’opinion en Égypte », a-t-il déclaré. « Nous devons reconnaître l’immense insatisfaction des Égyptiens face à l’action du président et à sa conduite des affaires l’année passée », a-t-il poursuivi.

    (Avec agences)

  • Le Zimbabwe entre en campagne électorale

    Le Zimbabwe entre en campagne électorale

    Robert Mugabe et Morgan Tsvangirai– Les deux poids lourds de la scène politique au Zimbabwe, le président Robert Mugabe et son rival Morgan Tsvangirai, lancent cette semaine leur campagne pour la prochaine élection présidentielle, dont la date a été confirmée jeudi au 31 juillet.

    Dans un pays marqué par la violence politique depuis des années, l’opposition exige des réformes avant l’organisation du scrutin, et notamment des garanties sur l’attitude des médias et des forces de sécurité, qui soutiennent ouvertement le chef de l’Etat, au pouvoir depuis 33 ans.

    L’enjeu est de sortir le Zimbabwe d’une crise ouverte en 2008 lors de la dernière élection présidentielle. Morgan Tsvangirai était alors arrivé en tête au premier tour, mais il avait dû se retirer devant les violences faites à ses partisans, le bilan avait tourné autour de 200 morts. Seul en lice, Robert Mugabe avait été réélu à la tête du pays. Pour mettre un terme au chaos, les pays voisins l’avait ensuite contraint à former un gouvernement d’union en 2009.

    Cette coalition contre nature Mugabe-Tsvangirai a tenu quatre ans malgré de nombreux heurts. Pour en sortir, le président Mugabe a décidé unilatéralement de fixer un nouveau scrutin au 31 juillet. Mais Tsvangirai souhaitait un report pour faire voter les réformes qui garantiront, selon lui, l’équité et le caractère démocratique du scrutin.

    Sous la pression des médiateurs régionaux, Mugabe a demandé à la Cour constitutionnelle de repousser de quinze jours la date du premier tour.

    Celle-ci a refusé d’accorder ce délai et a confirmé la date du 31 juillet dans une décision, notifiée jeudi.

    La Zanu-PF, le parti de Robert Mugabe, 89 ans, présentera son programme vendredi lors d’un meeting dans un stade de la capitale Harare. Comme lors des précédentes éditions, la Zanu-PF jouera de l’image historique de Mugabe, qui a mené la guerre contre les colons britanniques jusqu’à l’indépendance en 1980, date de son accession au pouvoir.

    C’est de ce stade de Harare “que le président Mugabe s’est adressé au peuple à son retour du Mozambique (où il menait la guérilla). Nous avons choisi ce lieu pour sa valeur historique”, a expliqué à l’AFP le porte-parole de la Zanu-PF, Rugare Gumbo.

    “Nous avons confiance en notre victoire. Nous n’allons pas nous battre pour perdre”, a-t-il ajouté en louant un bilan “qui a profité au peuple du Zimbabwe”.

     

    Prêts pour le 31 juillet

     

    L’état de l’économie zimbabwéenne laisse pourtant à désirer. En 2008, une hyperinflation qui se comptait en milliard de pour cent avait réduit la production à zéro et suscité une crise sans précédent. La formation en 2009 d’un gouvernement d’union entre Robert Mugabe et son rival historique Morgan Tsvangirai, devenu Premier ministre, a permis de remettre le pays sur pied, mais sa situation reste fragile.

    Dimanche, le chef du gouvernement lancera à son tour la campagne de son parti, le MDC, lors d’un rassemblement dans la ville de Marondera (est). “Morgan Tsvangirai (…) présentera notre programme d’action pour nos 100 premiers jours au pouvoir”, a précisé le porte-parole du MDC, Nelson Chamisa.

    Là encore, la confiance est de mise: “le MDC va sans aucun doute gagner les élections”, a assuré M. Chamisa. “Notre seul problème vient de la manie de tricher de la Zanu-PF”. Mais, estime-t-il, “nous avons surmonté les procès et les tourments infligés au cours des années par la Zanu-PF. Nous ne pouvons pas nous permettre de fléchir si près du but”.

    En revanche, pour le politologue Takavafira Zhou, de l’université de Masvingo, il était urgent d’attendre. “Des élections sans réformes sont vouées à l’échec et on se retrouvera dans la situation de 2008”, a-t-il prédit.

    Une analyse partagée par le président américain Barack Obama, qui a appelé le week-end dernier, lors d’une visite en Afrique du Sud, le Zimbabwe à mettre un terme au “harcèlement” de l’opposition et à adopter les réformes nécessaires à l’organisation d’un scrutin “libre et équitable”.

    Même sans réforme, “le MDC a l’air prêt à participer aux élections”, a toutefois souligné Trevor Maisiri, chercheur au sein du centre de recherche International crisis group (ICG). Pour lui, ils seront là le 31 juillet “si le niveau de violences ne monte pas trop…”

    (AFP)

  • La 3e Voie CONTRE LA THESE D’UN 3e MANDAT « L’élection présidentielle 2016 »

    La 3e Voie CONTRE LA THESE D’UN 3e MANDAT « L’élection présidentielle 2016 »

    sassou-Chers camarades et chers amis. Nous avons l’honneur et l’amitié de nous adresser à ceux d’entre vous, partisans de la thèse selon laquelle le Président de la République à la fin de son 2e mandat devrait pouvoir en solliciter un 3è; ce qui suppose la révision des articles 57, 185 et à titre subsidiaire, de l’article 58 de la Constitution du 20 janvier 2002. C’est un besoin d’innovation qui correspond à des aspirations que nous respectons, même si, ni le PCT en tant que parti majoritaire au Parlement ni le Président de la République qui a vraisemblablement le temps d’attendre, n’ont pas encore pris la parole de façon officielle à ce sujet. Il nous sied de souligner en passant que l’opposition dite radicale s’oppose fermement à ce 3e mandat. Elle rejette d’emblée la modification des articles 57 et 185 de la Constitution relatifs au nombre de mandats tel que vous l’envisagez. Il est regrettable de constater que cette opposition demeure une opposition de principe qui n’est expliquée nulle part, sinon par des discours dogmatiques qui ne sont pas de nature à créer un climat propice au dialogue que nous sommes tous en droit d’attendre.
    Les deux points de vue diamétralement opposés peuvent ou ne pas servir la cause de la paix qui nous est à tous si chère. Donnons le temps au temps, pourvu que la démocratie en sorte sauve et renforcée. Nous nous adressons à vous pour que notre pays ne s’enfonce pas dans l’impasse qui se profile à l’horizon, impasse qui résultera à coup sûr d’un affrontement non souhaitable mais prévisible entre les forces qui dominent notre scène politique nationale, et qui s’inscrivent tout naturellement dans cette logique. C’est en ce sens qu’une 3e voie s’impose. Elle seule peut ouvrir au pays un espace de conciliation politique et de consensus nécessaire à la construction nationale dans cette phase de balbutiements démocratiques. Nous nous adressons à vous pour plaider cette cause qui nous est commune : Une contribution au débat en cours sur la révision des articles 57 et 185 de notre Constitution. Le débat théorique sur ces points n’est pas le fond du problème, quelle que soit la pertinence des arguments des uns et des autres. Le problème, est de savoir, quelle procédure allons-nous modifier les articles 57 et 185, notamment l’article 185 qui constitue un barrage infranchissable avant la révision de l’article 57. Le droit applicable dans notre pays est celui que traduit en tout premier lieu la Constitution du 20 janvier 2002. Elle est la seule référence qui nous permet de circonscrire le problème de la révision des articles 57 et 185, Pour éviter toute confusion et rendre plus complexe un problème au demeurant simple dans sa lecture, Il serait souhaitable de ne pas sortir de ce cadre. Nous devons retenir en conséquence que si tous les articles d’une
    Constitution sont en général révisables, la Constitution congolaise fait exception à cet égard. En effet, qu’il soit dit une fois pour toute que l’article 1er sur la forme républicaine et le caractère laïc de l’Etat, l’article 57 sur la limitation à deux, du nombre de mandats présidentiels ainsi que les droits énoncés aux titres 1 & 2 ne sont pas révisables. C’est l’exception que vous trouverez à l’article 185 de la même Constitution.
    Dans le cadre de la République ou de l’ordre interne, l’article 185 est donc opposable à tous ceux qui estiment que l’article 57 est révisable peu importe le bien-fondé de leurs arguments. Ce constat nous place devant trois hypothèses : La première est celle suivant laquelle toute modification de l’article 185 qui ouvre la voie à la modification de l’article 57 n’est possible qu’en cas de changement de constitution. Ce qui serait ni plus ni moins un coup d’Etat constitutionnel. La deuxième hypothèse serait que la classe politique dans une forme qui reste à trouver règle par consensus la question de la modification des articles 185 et 57. Dans ce cas, le gouvernement fort de ce consensus peut franchir la barrière de l’article 185 et s’adresser au peuple sur la modification par voie référendaire de l’article 57. Il convient de remarquer que cette solution n’a aucune chance de réussir quand on observe les prises de position tranchées de l’opposition et de la majorité sur ce point. La troisième hypothèse, la plus conforme à la présente Constitution, c’est d’observer le statu quo. Il faut néanmoins souligner que l’opposition n’a pas raison d’étendre ce statu quo à toute la Constitution. C’est de la surenchère politicienne. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’en la nation, la mise en
    œuvre de toute procédure .pour modifier les articles 57 et 185 est plutôt laborieuse. Elle peut susciter comme un doute sur ce qu’il y a de mieux à faire. Ce doute tout naturellement ne peut que profiter au statu quo et à la stabilité politique qu’il suggère, stabilité à laquelle nous aspirons tous.
    Même si un consensus fondé et légitime était réuni dans le pays sur la révision des articles concernés, ou sur le maintien de ces articles, on n’oublierait pas le caractère à la fois juridique et politique de cet acte. C’est dire que la révision des articles évoqués plus haut se heurte à deux grands obstacles : le premier fondamentalement juridique et le second éminemment politique. Sur ce second plan, c’est l’absence d’opportunité de modifier sans encombre les dispositions sus visées de la Constitution qui pose problème. Examinons la non-opportunité de la révision de l’article 57 notamment: N’est-il pas judicieux sur ce plan, que l’article 57 demeure en l’état ? Ce n’est pas le seul cas où l’application d’une loi dans la société pose un problème d’inopportunité qui laisse celle-ci inappliquée « C’est le cas de la Loi sur la peine de mort ». Elle existe dans bon nombre de pays où elle n’est plus appliquée, tout juste parce qu’une majorité dans l’opinion considère que la peine de mort a quelque chose de moralement inadmissible et que, au-delà, elle ne contribue pas à la diminution de la criminalité comme on pouvait s’y attendre.  Ceci montre la relativité de l’application de la loi. C’est dans cet
    esprit qu’il faut retenir ce que nous appelons opportunité de la révision de tel ou tel article de la Constitution. Nous plaidons donc devant vous, la non-révision des articles 57 et 185, à la fois pour des raisons juridiques, mais aussi pour des raisons d’opportunité politique. Nous référant aux points de vue soulevés par certains dirigeants du PCT, certains membres du Gouvernement ou simplement tous les citoyens intéressés par la question, nous constatons qu’il s’agit des idées unilatérales qui engagent le gouvernement malgré lui et qui nous interpellent. Nous pensons qu’il faut pouvoir les contenir, pour ne pas laisser prévaloir une opinion unilatérale sortant d’un seul « foyer» avec tous les préjugés qu’elle suscite dans les autres foyers d’opinion qui ne manquent pas. C’est de l’intérêt de tous de ne pas remplacer un débat serein, intelligent et éclairant par la propagande du PCT que vont nécessairement renforcer celles des organisations de masse du PCT en cours de création qui ont toujours su faire ce qu’ils doivent faire en pareille circonstance. Une telle approche, si elle avait lieu, ne serait pas loin de ce que le président actuel du PCT appelait à son temps «démocratie de l’intimidation » qui n’a pas encore perdu toutes ses lettres de noblesse. Nous savons tous que notre pays aspire à la démocratie. Ce que personne ne conteste. «La limitation du nombre de mandats présidentiels » est un acquis historique, qui tire sa source de la première Constitution post-conférence nationale de 1992. On peut dire aujourd’hui que cette disposition a résisté au temps, qu’elle mérite notre considération et ce n’est pas un hasard si les constitutionalistes de 2002 l’ont placée à I’abri des prédateurs en édictant l’article 185.
    Les points de vue des dirigeants du PCT et de certains membres du gouvernement qui prêchent la révision de l’article 57, relèvent du paradoxe. Pour nous, l’article 57 est un acquis historique qui doit encore avoir de beaux jours devant lui. Souhaitons-lui une exceptionnelle pérennité parce qu’elle est sans conteste de nos jours d’actualité. Les divergences qui s’annoncent dans I’opinion et les risques qui peuvent éventuellement en découler, nous déconseillent de persévérer dans cette fuite en avant de l’opposition et du pouvoir. C’est loin d’être la solution. Il faut trouver la bonne pédagogie… Il convient aussi de retenir que la Constitution d’un pays est comme un costume prêt à porter. S’il vous va, vous le portez et lorsqu’il ne vous va pas vous le laissez tomber. Il n y a pas d’autres choix. Pour le besoin de la cause, on peut donc écarter et délégitimer toute démarche politique tendant à réviser l’article 57, révision dont l’issue est incertaine. Ne pas le comprendre, c’est faire courir au pays un risque qui peut malheureusement devenir un risque de trop. Nous avons évoqué le risque; disons simplement qu’à la lumière de notre histoire depuis l’indépendance, notre pays en lui-même est un gros risque. Lorsque nous parlons de notre pays le Congo-Brazzaville, nous devons savoir de quoi l’on parle. Situons-le par rapport à son histoire pour voir de quoi est construite notre mémoire collective.  Un peuple a besoin nécessairement des référents. Notre histoire nous renseigne que nous avons connu quatre grands moments décisifs, mais aussi explosifs qui ont marqué notre pays de façon
    indélébile en un demi-siècle. On peut les retenir suivant cet ordre : – Au commencement il y a eu une guerre civile en 1959 ; provoquée par une approche non consensuelle du transfert de pouvoir de la colonisation aux colonisés que nous étions. C’est le premier conflit majeur qui secoua notre pays. Un signe prématuré qui ne trompe pas sur la fragilité de nos populations à cette époque. Depuis, nous avons sûrement évolué, mais pas au point de ne plus y penser et ne pas en tenir compte : « une bagarre à côté de la gare dite petite vitesse (PV) qui eut lieu à cet endroit, fut l’étincelle qui brûla la plaine». Cette leçon initiale, l’avons- nous comprise ? – Sont arrivées les journées insurrectionnelles des 13, 14 et 15 août 1963, trois ans à peine après l’indépendance. Cet événement a eu le mérite de rompre avec la culture politique « indigèno- coloniale » d’avant l’indépendance. Il marque un tournant politique qui nous engage vers la modernité, en dépit des avatars. C’est une quasi aventure qui a eu au moins le mérite d’exister; un échec dont l’examen critique propre à le féconder n’a jamais eu lieu, alors qu’aujourd’hui encore, il s’agit d’une exigence majeure. C’est l’une des raisons qui bloque toute dynamique de progrès susceptible d’être amorcé dans le pays. Et nous ne sommes pas surpris de constater que nous ne savons pas ce que nous voulons pour ne tourner qu’en rond. – Vient le stationnement à Brazzaville des troupes soviéto- cubaines en 1975, sous la supervision du commandant Marien Ngouabi, Président de la République du Congo, engagées dans la lutte pour l’indépendance de l’Angola, à la conquête de Luanda au profit du MPLA. Cette incursion a fait de notre pays dans l’impréparation et l’innocence qu’on nous connaît une zone ((d’affrontement)) et de risque digne de la guerre froide. C’est notre existence en tant que nation qui était gravement menacée par cette odyssée sans pareil dans une Afrique en marche pour la libération nationale, c’est le mérite d’avoir pris ce risque au nom
    des mouvements de libérations nationales africaines. Plus près de nous, la Conférence nationale souveraine de 1991 qui voulant rompre avec un passé devenu de plus en plus pesant sous la poussée irrésistible de la Pérestroïka soviétique, amplifiée par la déclaration de la Baule du Président Mitterrand, faillit basculer le pays dans un désordre et une anarchie à peine contenus. Les tumultes et les casses qui s’en suivirent entre 1992 et 1997 le démontrent à suffisance. Ce tragique parcours est la preuve que nous sommes encore une nation en construction. Un tel édifice s’élève patiemment et délicatement surtout à notre époque. Il s’appuie sur des symboles forts qui mettent le pays en lumière et le détachent de tout ce qui relève de l’obscurantisme sauf si l’on a aucune ambition nationale digne de ce nom.
    2016 est une occasion unique à cet égard. Il faut pouvoir poser un acte puissamment symbolique cette année-là qui ferait entrer le Congo par la grande porte de l’histoire des luttes démocratiques de notre continent. Notre pays est un édifice qui est bâti sur une fondation que l’on appelle la « Constitution »;. La Constitution et le pays ne font qu’un. Nous avons tendance trop souvent à l’oublier. Par conséquent, toute approche politique y compris la thèse d’un 3e mandat ne saurait s’en départir. « Permettez-nous en conséquence de revenir sur le sens de cette thèse que nous contestons. Si nous avons bien compris, les intervenants qui l’ont construite dans l’opinion ont été animés par un élan dû à leur conviction que nous
    comprenons. C’est ainsi qu’ils ont proposé au Président de la République en fonction d’accepter qu’à la fin de son mandat, en cours, de se représenter à l’élection présidentielle de 2016. Ils le lui demandent en signe de reconnaissance, parce qu’homme d’exception, bâtisseur hors pair et artisan de la paix, étant le seul dans le contexte actuel qui peut faire face aux problèmes du Congo ». C’est une prise de position qui a le mérite non seulement d’exister, mais qui était attendue de la part de tous ceux qui ont toujours cru au destin de «l’homme Sassou». Nous la respectons, mais nous nous réservons quant à la conclusion qui en découle à savoir la promotion de la candidature du futur ex-président Sassou pour un 3e mandat.
    Nous sommes amenés à réagir ainsi dans l’intérêt de la consolidation de nos institutions, une préoccupation que nous sommes censés avoir en partage avec tous ceux qui représentent l’autorité de l’Etat et qui engagent l’avenir de ce pays. Et au-delà, si nous regardons autour de nous, ce genre de posture que l’on peut comprendre, n’est plus de mise. Chaque chose a son temps.
    Mieux, pour nous, le débat en soi n’est pas un débat pour ou contre Sassou d’autant plus que la Constitution dit qu’il ne peut pas être candidat à la fin de son 2e mandat. A priori, on ne peut pas être contre quelqu’un qui ne peut pas être candidat. Agir ainsi relèverait de l’anticipation mal placée et ramènerait le débat à un niveau qui est personnel, militant et souvent engageant. Le
    débat qui nous sollicite quant à nous est celui de déterminer si la modification des articles 57 et 185 est juridiquement fondé et politiquement opportun avec la seule ambition de voir le Congo en 2016 donner la preuve de sa maturité politique. A cette interrogation légitime, nous répondons : Pour nous, Il existe un risque réel de laisser aller le Congo dans la voie incertaine d’une révision constitutionnelle mal contenue, motivée par des considérations qui ne sont pas toujours perçues par tous comme relevant d’un intérêt général bien compris. Au-delà, ce n’est pas le seul argument dissuasif qui nous sollicite. Notre nation est en pleine édification. Nous sommes au XXIe siècle. Elle est donc tenue de vivre en harmonie avec un environnement international de plus en plus friand et exigeant d’une certaine éthique démocratique. Le respect de la constitution est partie intégrante de cette exigence. C’est dire que nous avons quelque part une sorte d’obligation morale à nous y aligner. Cela ne se dit pas, mais s’analyse et se comprend. L’observation sur le plan international également nous montre que la thèse d’un 3e mandat que l’on peut réclamer pour un candidat n’est pas compatible avec la culture politique de nos jours comme nous venons de le souligner plus haut. A ce titre, permettez-nous de citer quelques exemples illustratifs qui peuvent faire «jurisprudence du point de vue des usages et de la culture démocratique dans le monde» Nous constatons qu’en 1951 fut ratifié le 22ème amendement qui officialise la limite de deux mandats pour le président des Etats Unis. C’est le fruit d’une évolution devenue une culture, une manière d’être et qui paraît quasi intangible. En effet l’exemple des présidents américains depuis 1951 montre la religion qui est la leur, quant au respect absolu de cette disposition constitutionnelle relative au nombre de mandats. Plus près de nous, les présidents Reagan et Bill Clinton ont fait des mandats politiques couronnés de succès, le peuple américain ne
    s’est jamais rué aux brancards pour réclamer leur maintien au pouvoir sous quelques prétextes que ce soit. Dans un tel modèle démocratique, ce n’est pas simplement pensable… Certains d’entre vous objecterons que le peuple congolais n’est pas le peuple américain. Soit… Mais que dire alors du cas du Ghana, du Sénégal, de la Tanzanie pour ne citer que ces pays frères qui sont comparables au nôtre à maints égards. Souvenons-nous du pays que l’on appelait «Côte de l’or» devenu le Ghana à l’indépendance. Il nous offre un exemple inédit et édifiant de fidélité à la Constitution que nous allons explicitement revoir ensemble. Un officier de l’armée de l’air nommé Rollings mit hors d’état de nuire la junte militaire corrompue et antinationale au pouvoir dans son pays. Ce fut avec une violence inouïe. Cette junte militaire, est celle qui renversa par un coup d’Etat militaire L’OSAGEFO Nkwamé Nkrumah, premier Président du Ghana indépendant chantre de l’unité africaine. Après quelques péripéties liées à leur résistance au camp Rollings, ce dernier l’emporta définitivement. Il établit la nouvelle règle du jeu qui voulait que si le président élu exerce deux mandats successifs, il cesse définitivement de postuler à cette fonction. Le Ghana s’est inscrit dès lors dans cette logique après que Rollings eut tiré sa révérence à la fin de son 2e mandat. Cet acte a été vécu par toute l’Afrique comme un acte politique majeur, vite trouva ses émules. Cette dynamique représente aujourd’hui en Afrique un des symboles de référence. On ne peut plus parler ni d’avancée démocratique, ni de démocratie tout court dans les pays d’Afrique noire sans se référer au Ghana, au Sénégal, à la Tanzanie et à d’autres pays africains qui se sont tenus jusque-là au même respect strict du nombre de mandats. Au regard de ces exemples, les partisans congolais impliqués dans une démarche de révision systématique des articles 57 et
    185 de la constitution, démarche quelque peu insolite parce qu’insoupçonnée jusque-là, vont selon nous dans le sens contraire de ce qu’il faudrait faire en Afrique. Ne peuvent-ils pas au nom de la foi dans leur pays, se donner un devoir de fidélité à leur Constitution, afin de préserver la pérennité de l’article 57 qui est un gage de modernité et de renforcement de notre système démocratique encore balbutiant. Chers frères et amis. Avons-nous le droit, nous qui croyons à la démocratie de manquer le rendez-vous de 2016 qui nous ouvrirait la porte d’entrée dans la grande famille des pays démocratiques d’Afrique ? Quel intérêt avons-nous de continuer à porter cette image encombrante et indigne de «République bananière » qui nous colle à la peau. Nous savons tous que le sentiment que nous partageons en dépit de tout, nous ligue au plus profond de nos consciences contre cette image qui dégrade notre pays. Il faut faire quelque chose et toujours plus… c’est notre devoir. C’est ici que les patriotes congolais attendent beaucoup de leur président. Nous savons aussi pertinemment que l’année 2016, est pressentie par une partie importante de notre peuple comme une année de tous les dangers. Il s’est installé, en eux, comme un doute, se référant à notre passé récent et tumultueux. On ne peut atteindre notre but quels que soient nos objectifs en nous laissant prendre par des peurs, des suspicions qui ne suscitent que rancœurs et règlements de comptes qui finissent toujours à l’avantage des uns et au détriment des autres. Et très souvent le bras de fer qui en résulte entraîne destructions et désolations n ‘épargnant ni riches ni pauvres. Dans ce cas, il est plus que pertinent que l’on ne se laisse pas envahir par les peurs. Faisons appel à la raison et au bon sens en sachant que : «gouverner c’est prévoir» pour qu’ensemble nous
    trouvions la bonne parade à cette tragique éventualité. Cette parade pourrait être un “Pacte national consensuel” édictant toutes les conditions nécessaires au déroulement démocratique, dans la paix et l’unité nationale de l’élection présidentielle de 2016. Elle est la rampe de lancement du prolongement positif des efforts entrepris par le pays depuis près d’une décennie. Cependant, il n’y a pas de règle sans exception. S’il y avait, à la veille de 2016, la guerre, la peste généralisée, une catastrophe naturelle d’envergure nationale, un fait extraordinaire qui ébranlerait les bases de la nation, dans ces cas et uniquement, le Président de la République assumerait la continuité de l’Etat sans autre forme de procédure constitutionnelle qu’une déclaration solennelle du Parlement réuni en congrès. Ce serait la marque de la grande union nationale derrière son chef pour une grande cause. C’est l’exception. Alors, que peut-on attendre du Président de la République ? Si la paix et l’unité nationale sont au cœur de nos préoccupations, l’élection présidentielle de 2016 doit être d’abord conçue comme un grand moment de paix et d’unité nationale pour le présent et les décennies qui suivent, la paix étant la condition sine qua non du développement qui est notre objectif majeur.  En conséquence, nous sommes en droit d’attendre du Président de la République l’obligation morale et citoyenne de s’inscrire dans cette logique et de la nourrir de son expérience quelle que soit la place qui sera la sienne dans la société, par la suite. Nous l’en savons capable et nous lui en serons gré. En conséquence, tous ensemble nous devons créer les conditions pour qu’il en soit ainsi dans l’intérêt de la nation qui a besoin de prendre un nouvel élan pour sa construction.
    Nous souhaitons vivement, que nos thèses respectives servent uniquement à aider le Président de la République à prendre une décision qui l’engage vers la paix et l’unité nationale. Ce qui est important pour nous, ce n’est pas l’élection présidentielle en soi qui n’est qu’un test démocratique conventionnel, qui a lieu en tout temps, dans tous les pays, à notre époque. C’est plutôt la validation, que permet ce test, de notre maturité politique et de notre capacité à respecter nos propres règles du jeu. C’est un gage de confiance à notre pays. C’est un capital à fructifier de tous nos efforts et à préserver jalousement. Nous sommes ceux qui pensent avec conviction que le président de notre pays arrive au moment où il doit servir le Congo à travers l’Afrique, à l’instar d’Abdou Diouf, de Konaré et de Rawlings pour ne citer que ceux-là. Nous savons également tous qu’en 2016, l’Afrique centrale va se transformer en un véritable théâtre électoral. L’élection présidentielle aura lieu au Tchad, au Gabon, au Congo, au Cameroun et peut-être dans d’autres pays que nous n’avons pas cités. Pouvons-nous dissocier, compte tenu du rôle que notre pays et son Président jouent en Afrique centrale, toutes ses élections ? Serait-il décent que le Congo s’empêtre dans des difficultés plus ou moins inattendues pour être plus que l’ombre de lui-même au cours de ses événements ? Ne risquons-nous pas dans l’hypothèse la plus pessimiste que nous ne souhaitons pas d’assister à un véritable imbroglio en Afrique centrale et à quel prix ? A contrario, la réussite de notre pays dans ce contexte ne peut- elle pas constituer un gage de succès de toutes les élections présidentielles de cette année en Afrique centrale ? Ce qui est notre souhait le plus patriotique. Ce ne serait pas faute de l’avoir
    pressenti et l’avoir dit sachant bien que notre Afrique centrale est une zone dont la fragilité politique ne fait l’ombre d’aucun doute. Quelle image pour l’Afrique centrale et quelle responsabilité ? C’est aussi toute la question. C’est au regard de tous ces événements qu’il faut tenter d’appréhender la thèse du 3e mandat que nous venons d’évoquer. Quant au président de la République, il y a toutes les raisons d’utiliser son expérience au service d’autres grandes causes, le Congo ayant déjà pris ce qu’il a en lui de meilleur.  Pour les autres citoyens et les autres dirigeants, il ne s’agit ni </M se faire plaisir ou de se laisser aller par habitude à ses t Convictions, ni de faire plaisir à un homme qui n’en demande peut-être pas autant. Il s’agit du pays, de la nation et de la Constitution, notre loi suprême.
    Maître Mberi Martin

  • Tentatives de balkanisation de la Rd Congo . L. Nkunda réapparaît au cœur du M23

    Tentatives de balkanisation de la Rd Congo . L. Nkunda réapparaît au cœur du M23

    laurent_nkunda_06Le général déchu Laurent Nkunda est libre de tout mouvement. Il a été aperçu aux côtés des rebelles du M23, en dépit du fait que le Rwanda prétendait qu’il était en détention à Kigali. C’est depuis plus d’une semaine qu’il circule dans les territoires de Rutshuru et Nyiragongo

    Comme si cela ne suffisait pas, cet insurgé a réuni à Rumangabo les chefs coutumiers du territoire de Nyiragongo, le soir de la journée de lundi 1er juillet 2013. L’objectif était de solliciter leur soutien en vivres et en hommes de troupe au profit du M23 afin d’aider cette nébuleuse à réoccuper la ville de Goma

    Autant dire qu’à chaque tournant de l’histoire politique de la Rd Congo, Kagame est toujours en quête d’hommes de paille à sa solde pour mener à bon port sa mission funeste de concrétiser le plan de balkanisation de la Rdc. Ayant tiré les leçons de la situation qui a prévalu en novembre 2011, la Monusco affirme que les casques bleus et les FARDC ne se laisseront plus faire.

    Des sources proches de la Société civile du Nord-Kivu, nous apprenons que le général déchu Laurent Nkunda a été aperçu libre des ses mouvements aux côtés des rebelles du M23. Et ce, en dépit du fait que le Rwanda prétendait qu’il était en détention à Kigali. Comme pour dire qu’à chaque page de l’histoire politique de la Rd Congo et lorsque le Rwanda se rend compte que ses cartouches sont en voie de s’épuiser, il ne se gêne pas de larguer sur terrain ses tueurs et hommes aux basses besognes. Et ces derniers n’ont qu’une mission : réaliser par tous les moyens le fameux plan de balkanisation de la RdC concocté depuis de longue date dans les officines occidentaux.

    L’ancien chef du CNDP vivait au Rwanda depuis début 2009, en résidence surveillée, semble-t-il. Son arrestation faisait suite à l’entrée, sur le sol congolais, des contingents rwandais officiellement invités par le gouvernement congolais. Echangé contre la traque des FDLR dans la région du Kivu en RDC, Laurent Nkunda reste, de l’avis de plusieurs analystes, une des cartes du président rwandais Paul Kagame. C’est ce qui expliquerait la sourde oreille faite par Kigali quant à son extradition en Rdc pourtant exigée par Kinshasa.

    D’autres observateurs de la scène politique du pays pensent que le rappel de Laurent Nkunda à la rescousse des troupes rebelles traduit bien les difficultés que rencontrent actuellement le M23 qui se trouve à ce jour confronté aux multiples désertions observées dans ses rangs ainsi qu’aux attaques répétées menées contre ses positions par les éléments du groupe Mayi-Mayi Nyatura et d’autres forces négatives présentes dans le territoire de Rutshuru.

    L’opinion devra retenir qu’au lendemain des affrontements fratricides entre les deux factions du M23, la faction dirigée par Jean-Marie Runiga avait fini par capituler au profit de celle de Sultani Makenga. Mais après l’attaque subie par ce dernier et considérant qu’il n’obéissait plus à l’homme fort de Kigali, celui-ci a signé son certificat de décès, en le faisant remplacer par le général Laurent Nkunda de sinistre et triste mémoire.

    En effet, c’est depuis une semaine qu’il circule librement dans les territoires Rutshuru et Nyiragongo. Les mêmes informations renseignent que vendredi et samedi derniers, sous ses auspices, des journées de prière ont été organisées par le M23 à Rutshuru, l’homme se disant pasteur-serviteur de Dieu. Si le ridicule pouvait tuer ! Comme si cela ne suffisait pas, cet insurgé-pasteur de la honte a réuni à Rumangabo les chefs coutumiers du territoire de Nyiragongo, dans la soirée du lundi 1er juillet 2013.

    L’objectif de la rencontre était de solliciter leur soutien en vivres et en hommes de troupe au profit du M23 pour réoccuper la ville de Goma. Parmi les chefs coutumiers réunis, notre source pouvait identifier Mwami Butsitsi de Monigi (un allié traditionnel du M23), les chefs de villages et de Groupements Kibumba et Buhumba. Des sources dignes de foi, nous apprenons que le M23 a renforcé davantage ses positions de Kibati, de Buvira et de Mutaho qui font face aux positions des FARDC. Le M23 prépare donc la guerre qui devra déboucher sur la reprise de la ville de Goma.

    Encore des déplacements des populations

    Comme on peut bien le constater, le redéploiement des rebelles du M23 et de leurs alliés a encore occasionné un déplacement massif des populations de Monigi, Kibati et Buvira vers la ville de Goma. Cela en vue de fuir les atrocités et la terreur infligées par ces hors-la-loi. Pendant ce temps, les éléments du M23 s’en prennent aux jeunes qui ne sont pas acquis à leur cause. Au soir de lundi 1er juillet 2013, ces rebelles ont enlevé trois jeunes. Il s’agit de Yusufu (28 ans), Ndayambaje (26 ans) et Clément (20 ans). Il sied de souligner que les victimes ont été cueillies en localité de Kisheke-Kilimanyoka dans le Groupement de Kibati.

    Toutes ces informations sont attestées par la Monusco qui explique que dans les régions du territoire de Rutshuru occupées par le M23, les enlèvements de civils, les viols, les meurtres ainsi que les pillages récurrents perpétrés par les éléments de ce mouvement rebelle, demeurent une source de préoccupation majeure au plan sécuritaire et à celui du respect des droits de l’homme. C’est du moins le lot quotidien des populations locales.

    Face à ce dénigrement des efforts de pacification de l’Est de la Rdc, la Société civile du Nord-Kivu invite le Gouvernement congolais, la MONUSCO et la CPI à redoubler d’ardeur.

    A cette occasion, cette structure recommande que le Gouvernement congolais dénonce à haute voix la présence du général déchu Laurent Nkunda dans les territoires de Rutshuru et Nyiragongo ainsi que son retour sur la scène criminelle sous couvert du Rwanda, à travers le M23.

    Ensuite, que la communauté internationale, au travers de la MONUSCO, le Haut commissariat aux droits de l’homme, les Organisations de droits de l’homme et la Société civile réunissent les éléments de preuves nécessaires pour inculper devant la CPI Laurent Nkunda de divers crimes commis sous sa responsabilité, lors des opérations macabres qu’il a conduites à Kisangani, Bukavu et Kiwanja. Dans la même logique, les Nations Unies et la CPI doivent exercer une pression permanente sur le Rwanda pour recel des malfaiteurs et pour tentatives répétées de déstabiliser certaines institutions de la République, d’y installer de manière permanente l’insécurité, la terreur, les viols déstabilisant ainsi la paix et la sécurité de l’Est de la Rdc. Cela, en violation de l’Accord-cadre signé à Addis-Abeba en février dernier.

    Qui est Laurent Nkunda ?

    Laurent Nkunda, un homme mince et élancé, au visage amaigri. En 2007, le général rebelle fait la une de la presse internationale… dans moins de 2 ans, sa rébellion sera stoppée nette par son allié de toujours : l’armée rwandaise de son ex mentor, Paul Kagame.

    Car, comme beaucoup d’autres Tutsis congolais, il a commencé sa carrière militaire dans les rangs du Front patriotique rwandais (FPR, ex-rébellion tutsie du Rwanda) qui mit un terme en juillet 1994 au génocide perpétré par le régime hutu de Kigali. Après deux ans au sein de l’armée rwandaise, il rejoint au Zaïre voisin la rébellion conduite par Laurent-Désiré Kabila (père de l’actuel chef de l’Etat congolais, Joseph Kabila) qui destitue le dictateur Mobutu en 1997, avec l’appui de l’armée rwandaise.

    En 1998, alors que Mzee Kabila a rompu avec ses anciens alliés, Nkunda devient l’un des commandants du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), une rébellion soutenue par Kigali pendant le conflit régional qui secoue l’ex-Zaïre jusqu’en 2003.

    Après la guerre, alors que le RCD intègre le gouvernement de coalition à Kinshasa, Nkunda est promu général mais refuse de prendre son poste, dénonçant une réforme de l’armée fantaisiste ne permettant pas “la réconciliation nationale” promise.

    C’est en juin 2004 qu’il fait trembler la République pour la première fois en s’emparant brièvement de la capitale du Sud-Kivu, Bukavu, où il affirme défendre ses “frères” tutsis. Déchu de l’armée, il est visé depuis septembre 2005 par un mandat d’arrêt pour des crimes de guerre perpétrés par ses hommes à Bukavu.

    Après les élections de 2006 en République démocratique du Congo (RDC), Nkunda tente une nouvelle fois de déstabiliser l’Est de la RDC. En décembre de la même année, le Burundi l’accuse, ainsi que James Kabarebe (maintenant ministre de la Défense du Rwanda) et Salim Saleh, d’avoir fomenté une tentative de coup d’État au Burundi.

    Le 18 janvier 2007, Nkunda annonce pourtant que ses hommes ont commencé à rejoindre les rangs des forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) à la suite de négociations menées à Kigali, au Rwanda. Néanmoins, la première moitié de 2007 se caractérise par de nombreux combats à l’Est forçant des dizaines de milliers de civils à prendre la fuite. Laurent Nkunda accepte finalement de “brasser” ses troupes avec les troupes gouvernementales.

    Le 26 août 2008, Laurent Nkunda lance une nouvelle offensive qui lui permet d’agrandir la zone qu’il contrôle dans le Nord-Kivu et d’amener ses troupes à quelques kilomètres de Goma à fin octobre. L’armée congolaise ayant abandonné la ville, la Monuc n’a pas pu lancer de contre-offensive : son mandat est d’appuyer les autorités officielles congolaises dans leurs efforts pour rétablir leur contrôle sur le territoire national, mais pas de contrer une opération rebelle en soi. Nkunda a cependant renoncé à prendre la ville et a déclaré le 29 octobre un cessez-le-feu unilatéral puis demandé l’ouverture de négociations à Kinshasa. Le 23 janvier 2009, l’inspecteur général de la police de la République démocratique du Congo annonce l’arrestation de Laurent Nkunda la veille au Rwanda ; le général déchu avait franchi la frontière alors qu’une opération conjointe des forces congolaises et rwandaises reprenaient le contrôle du territoire conquis par le CNDP avant qu’une faction anti-Nkunda ne décide de se rallier au gouvernement de Kinshasa.

    Le souhait de tout Congolais épris de justice et de paix est que la Brigade d’intervention ne ménage aucun effort pour capturer ce sinistre officier pour le livrer carrément à la CPI. La Brigade d’intervention des Nations Unies sera dans le droit d’agir ainsi car cela entre dans ses prérogatives d’annihiler les forces négatives dont le M 23. Tant que ce Laurent Nkunda bénéficiera d’une grande marge de manœuvre pour nuire, les populations locales seront toujours inquiétées et insécurisées. Comme l’a proposé la Société civile, le gouvernement de la République doit réagir au plus vite pour dénoncer tout ce qu’entreprend Nkunda.

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