Author: Don Kayembe

  • La RDC n’est pas encore en mesure de réduire sensiblement l’ importation des aliments

    La RDC n’est pas encore en mesure de réduire sensiblement l’ importation des aliments

    marche_municipal_de_matete_a_kinshasa1— Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) n’est pas encore en mesure de réduire sensiblement le niveau d’importation des produits alimentaire, a déclaré le Premier ministre rd-congolais Augustin Matata Ponyo samedi à Kinshasa.

    “Je sais que en terme d’impact sur notre capacité à réduire le déficit alimentaire, nous ne pouvons pas être encore en mesure de réduire sensiblement les niveau d’importation parce que nous venons de commencer le programme agricole”, a indiqué M. Matata à la presse.

    “En terme d’importation, nous dévons certainement restés encore dans la moyenne éventuellement de 600 millions de dollars d’ importation au terme du premier semestre 2013”, a précisé le Premier ministre, ajoutant que “dans la prévision budgétaire, nous avions situé à 1,3 milliard de dollars concernant les importations alimentaires”.

    Selon M. Matata, il faut certainement attendre les effets positifs peut être à partir de 2014.

    D’après une note d’information de la primature congolaise publiée le 13 mai dernier, les importations alimentaires en RDC ont dépassé 1,2 milliard de dollars l’an dernier.

    ( Xinhua

    (Xinhua)

  • Révision de l’article 220 : Bob Kabamba fixe l’opinion

    Révision de l’article 220 : Bob Kabamba fixe l’opinion

    bob kabamba-Politologue, enseignant à l’Université de Liège (Belgique), Bob Kabamba Kazadi, s’exprime dans une interview exclusive accordée à notre Rédaction sur l’opportunité de la révision constitutionnelle, principalement l’article 220 qui porte sur la durée du mandat du président de la République. Il est formel sur un point : après la révision de 2011, une nouvelle relecture de la Constitution est tout à fait inopportune. Il craint qu’une telle procédure n’aboutisse au déséquilibre de l’architecture constitutionnelle mise en place en 2006. Interview.

    Vous avez été l’un des artisans de la Constitution de 2006. Avec un peu de recul, pensez-vous avoir doté la RDC d’une bonne Constitution ?

    Nous avons doté la RDC d’une bonne constitution qui permet d’avoir des institutions où aucune institution n’est supérieure par rapport à l’autre. Cette constitution a été faite pour qu’il y ait une gestion pacifique de l’après-conflit, avec équilibre entre le président de la République et le Premier ministre, entre le Sénat et l’Assemblée nationale, entre  l’Etat central et  les provinces, la gendarmerie et la Police, etc. Donc, une série de mécanismes qui permet d’avoir une gestion équilibrée sans que celui qui prend le pouvoir puisse se permettre d’écraser d’autres institutions. C’est cela la philosophie de la Constitution de 2006.

    Pourtant, cette Constitution a été revisée en 2011. Etait-il opportun d’engager cette procédure ?

    Non. Cette révision n’était pas adéquate pour la bonne et simple raison qu’en faisant la modification de janvier 2011, on a modifié l’équilibre des institutions. C’est-à-dire que l’on a renforcé le pouvoir du président de la République par rapport à ce qui a été décidé par referendum en 2006. Je m’explique. Parce que lorsque l’on donne au chef de l’Etat le pouvoir de pouvoir dissoudre les assemblées provinciales, on ajoute au président de la République le pouvoir au détriment des institutions provinciales, c’est-à-dire on crée un déséquilibre qui n’était pas au départ. Lorsque l’on place le président de la République dans la Conseil supérieur de la magistrature, là aussi on crée un déséquilibre qui va à l’encontre du pouvoir judiciaire. Donc, la révision de la Constitution de 2011 modifie, de manière très claire, l’équilibre qui a été décidé par referendum de 2006.

    Est-ce que la modification de la Constitution peut avoir des influences sur la souveraineté de l’Etat, notamment la remettre en cause ?

    On ne remet pas en cause la souveraineté de l’Etat. Mais l’on remet plutôt en cause le poids des institutions. Cela en modifiant l’équilibre entre les institutions. On renforce le pouvoir d’une institution au détriment des autres. On n’est plus dans un mécanisme équilibré entre les institutions, mais vers le présidentialisme. Et pourtant on avait voulu éviter en 2006 le présidentialisme avec le recul de l’histoire du Congo. On a voulu plutôt privilégier une majorité parlementaire pour une gestion importante liée au Parlement. Un Parlement qui assume des responsabilités importantes. Or, en révisant la Constitution, on est allé plus vers le présidentialisme que vers la majorité parlementaire.

    Il y a actuellement un grand débat autour de la révision de la Constitution de la RDC, après celle de 2011. Quel est votre point de vue ?

    Généralement, une constitution peut être modifiée, mais il faut savoir choisir à quel moment la modifier. Je pense que le débat qui est en train de se passer sur la révision constitutionnelle en RDC a lieu d’être. Mais, réviser la Constitution est tout à fait inopportun. Pourquoi ? Parce que tout le monde sait que dans l’actuelle Constitution, on a essayé de verrouiller les principes pour éviter que le Congo ne retombe dans les travers de l’histoire, ne soit plus un pays dirigé et pris en otage par un homme ou par un régime, pour qu’il y ait la possibilité d’organiser les élections ou d’avoir une alternance au niveau de la gestion du pays. Que tout le monde puisse avoir la possibilité de présenter un projet de société sur base duquel il peut être élu. C’est cela le fondement d’une Constitution. Mais lorsque l’on commence à toucher ce fondement, on dénature ce sur quoi les Congolais ont donné leur quitus. Parce que le texte a été adopté par référendum. Ça veut dire que les Congolais étaient d’accord avec un système qui a été adopté, c’est-à-dire un système équilibré, mais pas un système qui privilégie une institution au détriment des autres. Je pense que la révision constitutionnelle est inopportune dans le contexte actuel de la RDC. Car, de mon point de vue, elle va encore accentuer le déséquilibre qui s’est creusé en 2011 et qui risque de se creuser davantage si on refait une deuxième révision constitutionnelle. Et cela revient à toucher au fondement de ce qui fait le ciment de l’architecture et aux valeurs républicaines que la Constitution essaye de défendre.

    Votre collègue, le professeur Evariste Boshab, a été le premier à porter le débat sur la place publique en publiant un livre dans lequel il fait le lien entre la révision de la Constitution et l’inanition de la nation. Qu’en dites-vous ?

    J’ai lu ce livre. C’est un livre passionnant. Sur le fonds, il pose des questions qui remettent en cause par rapport aux principes de révision de la Constitution, etc. Il est scientifique. Scientifiquement, tout le monde peut écrire un livre. Mais, il y a une question : Qui publie ce livre ? Il s’agit d’Evariste Boshab. Il est secrétaire général du premier parti politique du pays (Ndlr : PPRD), ancien président de l’Assemblée nationale, ancien directeur de cabinet du chef de l’Etat. Et, il a une place de choix dans le cercle du pouvoir. Et quand quelqu’un de sa trempe écrit un livre, bien sûr, on tombe dans le débat d’opportunisme, de l’opportunité et dans le débat politique. Le débat politique : Est-ce qu’il était opportun pour lui de publier ce livre maintenant ? Je ne pense pas. Si c’était quelqu’un d’autre qui l’aurait écrit, je ne pense pas qu’il y aurait ce débat. Mais, comme c’est lui, même tant que scientifique, il peut le faire, mais je pense qu’il devait choisir le moment de le publier.

    Qu’est-ce qui fausse alors le débat ? Est-ce la personne de Boshab ou le livre ?

    J’aurais tendance à dire les deux. Au fait, le débat sur la révision de la Constitution a lieu d’être. Il y a lieu d’engager un débat scientifique. Mais, le problème qu’il y a est que le chercheur est en même acteur politique. Le chercheur étant acteur politique, même s’il pose un geste scientifique, cela sera vu comme un acte politique. Et donc, le livre devient un livre  politisé et le débat également politisé. Il quitte la sphère scientifique et entre dans la sphère politique. Puisque son auteur n’est pas seulement un chercheur scientifique, mais il est aussi acteur politique. En publiant ce livre, cela donne le point de vue du politique et non pas les questions du chercheur sur un sujet. Cela parce que le politique va au-devant du  chercheur. Donc, le débat a lieu d’être, la questions liées à la personnalité de celui qui pose le débat politise malheureusement ce débat. Et le bienfait que l’on peut voir dans ce débat est qu’on parle de cette révision constitutionnelle. Mais, j’ose croire que ça va s’arrêter seulement au niveau de parler et il n’y aura pas une révision constitutionnelle qui va modifier l’architecture, la structure que les Congolais avaient adoptée par référendum.

    Dans l’opinion, vous passez pour quelqu’un qui est très proche du pouvoir, qu’en dites-vous ?

    C’est vrai que je travaille beaucoup avec les institutions. Mais, le problème est le suivant : quand vous travaillez avec les institutions, il faut savoir que vous travaillez avec les animateurs de ces institutions qui sont, notamment au niveau du Parlement qui est constitué des hommes élus par le peuple. Et qui sont les élus ? Ce sont des hommes qui appartiennent à un parti politique. Et quand vous travaillez avec le gouvernement, vous devez travailler avec des gens qui ont une certaine couleur politique. Et lorsque vous travaillez, par exemple, sur la conférence de Goma, à l’époque, c’était le ministère de l’Intérieur qui était Denis Kalume, avec comme président de la conférence, abbé Apollinaire Malumalu, vous devez savoir que lorsque vous travaillez avec ces institutions, vous travaillez avec ses animateurs. Et, l’amalgame est vite fait. L’amalgame est que l’on vous dira que vous êtes proche de la Majorité. On a beaucoup plus travaillé en appui au Parlement sur la rédaction des textes. Et là, on travaille avec des parlementaires qui sont des politiques. Alors, pour faire avancer les choses, vous êtes obligé de travailler avec des politiques ? C’est de là que vient l’amalgame politique. Et l’on dit que vous êtes proche du pouvoir parce que c’est avec ces animateurs des institutions, proches du pouvoir, que vous travaillez finalement.

    Si un jour on devait faire sauter le verrou sur l’article 220 de la Constitution, qu’est-ce que vous prédisez comme conséquence ?

    Il y a deux choses. Il y a d’abord la responsabilité des sénateurs et des députés nationaux, parce que c’est au niveau du Congrès que cela va se décider. Je doute fort qu’un tel texte soit soumis à un référendum, sans qu’il ne soit lu et débattu, sinon il ne passera pas par référendum. Je sais que le Congo n’a pas assez de moyens pour organiser un referendum. En plus, tout le monde a déjà pris position, notamment l’Eglise catholique qui a ouvertement pris position contre cette révision de l’article 220. Mais, s’il y a forcing, il y va de la responsabilité du Parlement, du Congrès. Je crois qu’en modifiant ce texte, de mon point de vue, j’ose croire qu’il y aurait quand même au niveau de la population des manifestions pour s’opposer à ce projet de révision de l’article 220.

    Les politiques pensent que ce débat n’est encore que scientifique. Peut-être qu’ils préparent juste les esprits. Qu’est-ce que vous leur lancez comme message ? 

    Je pense que l’intérêt national prévaut sur les intérêts partisans. Cela est indispensable. Quand on voit l’l’intérêt national prévaloir sur les intérêts partisans, on fait avancer un pays et on construit un Etat de droit.

    Et au président de la République.

    Le message le plus important, c’est le respect des textes. Il faut que les textes soient clairs. En respectant les textes, on construit la démocratie, on construit un Etat de droit et on va s’occuper plus d’améliorer les conditions de vie des citoyens, de réhabiliter les routes plutôt que de perdre le temps et son énergie sur de révisions des textes qui vont amener plus de troubles sociaux que autre chose.

    Propos recueillis par F.K. (LE POTENTIEL)

  • MIBA, la promesse non tenue du Président Joseph Kabila

    MIBA, la promesse non tenue du Président Joseph Kabila

    MIBA-La relance de la production minière est effective au Katanga. Le Gouvernement de la Rd-Congo à travers le ministère du Portefeuille et celui de l’Economie et Commerce, venait de prendre des mesures réduisant les tarifs de consommation en électricité au profit des sociétés minières de cette province. Dans la Province orientale, l’exploitation minière par Kibali Gold Mining est en plein essor. Cette situation fait croire que seules les provinces de l’Est du pays regorgent de produits miniers.

    Et pourtant, il existe un géant minier au Kasaï-Oriental qui se trouve être la MIBA. Certains analystes pensent que si cette société opérait dans la partie la plus orientale du pays, elle allait bénéficier de tous les appuis de l’Etat. Le Président de la République, Joseph Kabila avait promis en novembre 2009, une intervention gouvernementale à la hauteur de 20 millions des dollars américains pour la fin de l’année 2009 ou au plus tard au courant de l’année 2010.
    La MIBA n’avait reçu qu’une fraction d’un montant de 10 millions des dollars américains décaissé par le Gouvernement. La totalité des 10 millions prévus a finalement été versée à la MIBA en plusieurs tranches. La deuxième partie du montant prévue, c’est-à-dire 10 millions de dollars américains restant, se fait toujours attendre jusqu’aujourd’hui. Selon des sources bien informées, la MIBA ne reconnait pas avoir encaissé la deuxième tranche de l’enveloppe gouvernementale.
    Dans l’entre temps, la question brulante pour la MIBA demeure et le dossier liée à la certification. Pour totalement relancer la MIBA, il faudrait s’attendre à une injection de presque 100 millions de dollars américains, sans compter le paiement des arriérés de salaires des agents. Mais pour qu’un investisseur prenne ce risque, il doit avoir une estimation fiable des réserves de diamants que détient la MIBA. C’est la certification des réserves. Elle devrait coûter environ 14 millions de dollars américains. Sans cette somme, la MIBA continuera de broyer du noir.
    Dans l’optique de bénéficier de meilleures compétences pour la restructuration et la relance de la MIBA, le Gouvernement avait chargé le COPIREP de recruter des experts, après un long processus, le COPIREP et le Gouvernement ont jeté leurs dévolus sur Jeffrey Ovian et Mélanie Masumbuko, qui ont été nommés respectivement Directeur Général et Administrateur Directeur Financier.
    Cependant, en RDC, il est fort connu que lorsqu’on ne veut plus de son chien, on l’accuse d’avoir la rage. Ovian et Masumbuko ont tous deux, une forte expérience dans le secteur des mines. Le premier à KMT et la seconde à Cluff au Burkina Faso. Il est donc étonnant que l’on commence déjà à accuser la direction générale de mauvaise gestion alors que celle-ci n’a jamais eu les moyens de faire ses preuves.
    Par ailleurs, Masumbuko a initié des mesures de « tolérance zéro » pour le vol et la corruption au sein de la MIBA. La plupart des agents maintiennent que c’est grâce à elle que la MIBA a réussi à tenir le coup pour le moment. D’où, il est encore plus étonnant que ces deux experts, engagé à travers un appel d’offre international, ne soient pas payés depuis des mois.
    Cet état de chose met en cause la crédibilité de la République.
    Il est à noter aussi que la crédibilité du Président de la République, dont les promesses n’ont pas été tenues est également mise en cause. Les enjeux sont peut-être politiques. Il est évident que le Gouvernement ne s’implique pas assez ou détourne son regard face aux problèmes de ce géant minier.
    A part, le Ministre Raymond Tshibanda qui n’est pas en odeur de sainteté aux yeux du Premier Ministre, le Gouvernement n’a pas d’autres Ministres originaires du Kasaï Oriental, capables de faire le plaidoyer de la MIBA. Lambert Mende peut-être, mais lui, a le regard tourné vers son district, le Sankuru. Au niveau provincial, le Gouverneur Ngoy Kasanji ne se plaint pas du tout étant donné qu’il jouit de cette situation en étant politique et trafiquant de diamants. La perte de vitesse de la MIBA est une aubaine financière pour le numéro un de la province.
    “L’enjeu c’est que l’on ne veut pas récompenser le Kasaï à cause des faibles résultats y obtenus par le Président de la République lors des élections présidentielles et l’on veut beaucoup plus miser sur les provinces de l’Est lors des prochaines élections afin de disqualifier, encore et encore comme ce fut le cas dans le passé, les ténors du Kasaï dans la Majorité“, a fait savoir un originaire du Kasaï Oriental.
    Il est temps que l’Assemblée Nationale ou le Président de la République, le garant de la nation, puisse se saisir de ce dossier afin de mettre un terme à la marginalisation de la Province du Kasaï oriental. La solution pourrait être celle d’éloigner Ngoy Kasanji à la tête de la province, nommer des jeunes et nouveaux ministres originaires de la Province pour assurer la relève et enfin disponibiliser les fonds nécessaires pour la relance effective de la MIBA.
    BM
    CongoNews

  • Révision de la Constitution: La leçon du professeur André Mbata au «professeur» Evariste Boshab

    Révision de la Constitution: La leçon du professeur André Mbata au «professeur» Evariste Boshab

    andre_mbata-Le professeur André Mbata n’a pas eu des mots assez durs pour parler de l’ouvrage « Entre la révision constitutionnelle et l’inanition de la Nation » d’Evariste Boshab, secrétaire général du PPRD. Titre ronflant, flagrantes contradictions, hérésie, fraude intellectuelle, livre rédigé contre les règles de l’art sont quelques pics que André Mbata a asséné au livre de l’irresponsable Evariste Boshab. Pour le professeur André Mbata,

    le livre de Boshab est une forfaiture intellectuelle qui contient un soporifique discours pseudo-scientifique pour justifier l’injustifiable. Cet ouvrage, paru récemment, fait polémique d’autant plus que le même Boshab et ses amis avaient conduit une révision de manière cavalière en 2011, ramenant le nombre de tours au scrutin présidentiel de deux à un, dans l’unique but de conserver le pouvoir. A l’approche des élections générales de 2016, Boshab veut récidiver. Il s’observe déjà une levée des boucliers dans la société congolaise où la classe politique et la société civile et l’Eglise catholique ont déjà fait part de leur opposition quant à une autre révision de la constitution. Face à cette mobilisation, les cadres de la Majorité prétextent que le livre de Boshab est une simple réflexion d’un scientifique qui ne concerne pas les institutions. Mais personne n’est dupe, l’ouvrage de Boshab est un véritable ballon d’essai que la Majorité a lancé pour élaborer sa stratégie de révision de l’article 220 de la Constitution. Sans dauphin désigné, la Majorité orpheline est dans l’incertitude quant aux échéances présidentielles de 2016. Pour la plupart des cadres de la Majorité, personne n’a l’étoffe de J. Kabila pour espérer l’emporter en 2016. Moïse Katumbi qui est le plus populaire du camp présidentiel est mal vu par certains bonzes de la Majorité. Et même le premier ministre Augustin Matata qui fait souffler sur les institutions un vent de bonne gouvernance est tout aussi combattu par une clique de cadres de la Majorité qui le considère toujours comme un cheveu tombé dans la soupe. Boshab bien qu’occupant une position éminente dans la Majorité est le plus impopulaire des cadres de la Majorité parce qu’il traine plusieurs casseroles (affaire Snel de 32 millions USD notamment).Conscient de cet handicap, E. Boshab potentiel dauphin de Kabila, sait qu’il n’a aucune chance de gagner les élections présidentielles s’il venait à être investi (ce qui n’est pas gagné tant l’homme lui-même est décrié dans sa propre famille politique). D’où sa réflexion faussement innocente sur la révision constitutionnelle. Le professeur Mbata et une Kyrielle des professeurs de droit de l’Université de Kinshasa ont vite réagi à la publication de Boshab. Le professeur Mbata le fer de lance de cette révolte intellectuelle contre le livre de Boshab a dit notamment ceci : le livre de Boshab n’est pas un livre de droit constitutionnel mais plutôt un livre de politologie. Le professeur Mbata a descendu tous les arguments fallacieux contenus dans cet ouvrage machiavélique. Ci-dessous les arguments du professeur Mbata tirés de sa conférence de presse animée à l’Université de Kinshasa le 26 juin dans l’amphithéâtre archicomble de la Faculté de droit.

    Evariste BOSHAB, professeur ordinaire à la Faculté de droit de l’Université de Kinshasa (UNIKIN) et Secrétaire général du parti présidentiel, le Parti du peuple pour la reconstruction, la démocratie (PPRD), vient de publier un livre de 440 pages intitulé « Entre la révision constitutionnelle et l’inanition de la nation » sorti des éditions Larcier en Belgique. Il avait été baptisé à l’Hôtel du Fleuve, loin des milieux universitaires de Kinshasa, en date du 19 juin 2013. Je me suis efforcé d’acheter ce livre vendu à 100$US, de le lire et de le commenter pour vous ce livre.

    TITRE RONFLANT QUI ENERVE ET TRAHIT LA NATION

    Le mot « inanition » évoque la mort ou le dépérissement. Evariste BOSHAB menace et prédit que la Nation mourrait certainement par « inanition » si on ne révisait pas la Constitution et plus précisément si le président ne recevait pas un troisième mandat par « révision totale » de la Constitution ! Il oublie ce qui pourrait aussi se produire au cas où le peuple recourait à l’article 64 qui l’oblige à faire échec à tout celui qui prend le pouvoir et l’exerce en violation de la Constitution.

    UN LIVRE REDIGE CONTRE LES REGLES DE L’ART ET MEPRISANT POUR SES COLLEGUES

    La bibliographie du livre ne contient aucun des textes constitutionnels de la RDC, de la Belgique, de l’Espagne, de la Suisse ou de l’Autriche que son auteur cite ni aucun des titres de nombreux des thèses et écrits qu’il évoque comme ceux des professeurs KABANGE, VUNDUAWE, MAMPUYA, BAYONA, MBOYO, YUMA, ESAMBO, KAMUKUNY, et KALUBA alors que l’auteur se réfère à plusieurs sites internet. Aucune référence à BAYART ni à BENDA pourtant auteurs des livres et des expressions telles que « politique du ventre » et « trahison des clercs » que l’auteur cite également dans son livre.

    FLAGRANTES CONTRADICTIONS ET HERESIES RELEVANT DE LA FRAUDE INTELLECTUELLE

    Après avoir défendu la thèse suivant laquelle la loi no 74-020 du 15 août 1974qui faisait du MPR l’institution unique du pays était une nouvelle constitution, le professeur BOSHAB qui se dit de l’«école sociologique» comme DJOLI, KAMUKUNYI, ESAMBO, et KALUBA épouse à présent l’idée d’une révision en prétendant faire un compromis avec les « positivistes » (KABANGE, VUNDUAWE et YUMA). Il fait également une confusion déroutante entre le « pouvoir constituant originaire » (le peuple) et le « pouvoir constituant dérivé » (élus du peuple) en suivant aveuglement LAVROFF dans son volte-face « au crépuscule de sa vie »comme si son ouvrage était aussi celui d’une personne arrivée au crépuscule de sa vie scientifique. Evariste BOSHAB confond également «révision totale» et «révision partielle » de la Constitution après avoir admis au départ que la révision ne pouvait être que partielle sinon on changerait de constitution et non la constitution. A l’appui, il soutient que le passage de la Belgique de l’Etat unitaire à l’Etat fédéral s’est fait sur base d’une révision totale de la Constitution, ce qui lui vaut une correction du propre préfacier de son livre, le professeur Henri SIMONART qui conseille aux lecteurs de ne pas le suivre comme pour dire qu’il ignorerait le droit constitutionnel de la Belgique où il a pourtant fait ses études doctorales. Son principal argument est fondé sur l’article 192 de la Constitution suisse de 1999. L’auteur refuse cependant de mentionner son article 195 qui stipule que toute révision doit être acceptée par le peuple et les cantons, ce qui équivaut à un référendum. Sa lecture de la constitution suisse est littérale, superficielle, et non téléologique. Esprit malin et intelligent au service du statu quo, il le fait à dessein pour fournir à la majorité un argument pseudo-scientifique aux fins d’une révision totale de la Constitution comme si celle de 2011 ne suffisait pas.

    ARGUMENTS D’EVARISTE BOSHAB

    L’auteur repartit arbitrairement les différents groupes qui préconisent la révision de la Constitution entre les « souverainistes », les « puristes », et les« contextualistes». L’auteur du Pouvoir et droits coutumiers à l’épreuve du temps(2007) qui veut faire feu de tout bois se donne une dizaine de pages pour administrer une foudroyante correction à la « théorie » de l’«intérisme » du« souverainiste » « Grand Frère » Professeur MBOYO EMPENGE, autant de pages pour régler des comptes avec la Conférence épiscopale nationale du Congo(CENCO) et surtout avec le Cardinal MONSENGWO coupables de s’opposer au pouvoir en place et d’avoir rejeté comme non-conformes à la vérité des urnes les résultats des élections de novembre 2011, et presqu’autant pour « corriger » le« puriste » DJOLI qui avait osé critiquer la Constitution pour son manque d’identité. Evariste BOSHAB se considère lui-même comme un « contextualiste ». Les« contextualistes » seraient d’avis que la révision de la Constitution se situerait dans l’évolution et le mouvement du temps qui change. Il ignore, par exemple, que le temps n’a eu que peu d’impact sur la Constitution des Etats-Unis qui n’a été modifiée que 28 fois en plus de deux siècles et, plus près de nous en Afrique, sur la Constitution du Bénin adoptée après la Conférence nationale et promulguée le 11 décembre 1990 qui n’a connu aucune révision depuis près de 23 ans. Le«contextualiste» ignore également le contexte régional et international qui privilégie l’Etat de droit démocratique. Il affirme par ailleurs que le constituant d’une génération ne saurait lier une autre sans dire combien de générations sont passées depuis la promulgation de la Constitution en 2006 et surtout depuis la dernière révision constitutionnelle en 2011. Le « contextualisme » conduirait à l’enseignement d’un droit constitutionnel contextuel ou saisonnier, ce qui placerait nos étudiants dans une situation bien inconfortable où le droit, le vrai, le beau, et le juste dépendraient du temps ou des saisons et varieraient suivant les circonstances, au gré des vagues et des vents. Ceux qui voulaient se servir du livre comme une caution scientifique pour une énième violation de la Constitution doivent être bien déçus et devraient déchanter. Du pont de vue juridique, spécialement du droit constitutionnel, les arguments du« contextualiste » BOSHAB sont pauvres et intenables d’autant plus qu’ils relèveraient non pas du droit, mais la « politologie ».

    LIVRE DE POLITOLOGIE ET NON DE DROIT CONSTITUTIONNEL

    Le livre a été soutenu par la Cellule d’appui politologique pour l’Afrique et les Caraïbes (CAPAC) de l’Université de Liège, ce qui pourrait tant soit peu mitiger la sentence de la Faculté de Droit et de l’UNIKIN déjà coupables d’avoir produit de nombreux talents au service du pouvoir autoritaire dans notre pays. Le monde universitaire et les constitutionnalistes belges connaissent trop peu de cette cellule dirigée par Mr BOB KABAMBA KAZADI, chargé de cours au Département de science politique et bien connu pour ses accointances avec les milieux du pouvoir à Kinshasa. Evariste BOSHAB est l’un des collaborateurs de CAPAC tout comme Monsieur l’Abbé MALU MALU que l’on ne présente plus. Ce n’est pas un hasard si le baptême du livre est intervenu juste après l’investiture de ce dernier comme président de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI). L’Abbé MALU MALU pourrait avoir de sérieux problèmes à marquer son « coup » en organisant un référendum constitutionnel. En bon capitaine d’une équipe qui gagne souvent « hors-jeu », Evariste BOSHAB tire son coup franc indirect ou un corner dans la surface de réparation pour créer le cafouillage et permettre aux parlementaires de sa majorité de marquer le but fatidique qui serait une révision constitutionnelle.

    IMPOSSIBLE REVISION CONSTITUTIONNELLE DES MATIERES A L’ARTICLE220 DE LA CONSTITUTION

    Le savant exercice du « contextualiste » et du «politologiste » consiste d’abord à banaliser les pouvoirs du constituant originaire en l’assimilant au pouvoir constituant dérivé, à fausser la théorie en prétextant que la révision peut être partielle ou totale, et à déverrouiller les matières contenues à l’article 220 en les mettant au même niveau que toutes autres matières constitutionnelles pour les rendre ensuite révisables par le Parlement où son parti et sa coalition détiennent la majorité des sièges. Pourtant, cet article 220 interdit toute révision touchant à la forme républicaine de l’Etat, au principe du suffrage universel, à la forme représentative du gouvernement, au nombre et à la durée des mandats présidentiels, à l’indépendance du pouvoir judiciaire, au pluralisme politique et individuel. L’article 220 interdit également toute révision constitutionnelle ayant pour objet ou pour effet de réduire les droits et libertés de la personne ou les prérogatives des provinces et des entités territoriales décentralisées. L’auteur réserve aux matières contenues dans les dispositions constitutionnelles intangibles qu’il qualifie maladroitement de « clauses d’éternité » le triste sort que seul Procuste savait réserver à ses victimes : il les tuait et elles mouraient toutes par « inanition » pour non-conformité à la longueur de son « lit », le« Lit de Procuste». Pourtant, les matières prévues à l’article 220 « ne peuvent faire l’objet d’aucune révision ». Au lieu de se contenter de révolter le peuple dont il annonce la mort par « inanition », l’auteur énerve aussi la science du droit et la constitution. D’autre part, aucune théorie, même pas celle dite de la « double révision » qui se fonderait sur l’idée que l’article 220 lui-même ne serait pas verrouillé ne saurait justifier une révision constitutionnelle de ces matières. Evariste BOSHAB ne le dit pas, mais tout le monde sait que tout ce qui préoccupe le plus le« politologiste » et dont il fait une question de vie ou de mort pour la Nation, ce n’est pas la révision de toutes les matières prévues à l’article 220, mais plutôt le nombre et la durée des mandats présidentiels, le compte à rebours ayant déjà commencé pour le second et dernier mandat présidentiel qui arrive irrémédiablement à son terme en 2016. Cette perspective met dans tous leurs états ceux dont la carrière politique dépend étroitement de la présence de Mr KABILA au pouvoir alors que lui-même n’aurait pas grand-chose à craindre pour son avenir, la Nation qui lui demande de respecter la Constitution lui ayant déjà fait la part belle en lui réservant un siège à vie au Sénat.

    RESPONSABILITE DES INTELLECTUELS DANS LA CONSOLIDATION DEL’AUTORITARISME

    Dans la conclusion de son livre, l’auteur évoque les difficultés qui bloquent le développement du droit constitutionnel et cite notamment l’instabilité de la norme constitutionnelle et la « trahison des clercs » se traduisant par l’auto-censure et le servilisme des intellectuels. Son livre qui préconise les révisions constitutionnelles tend malheureusement à nous ramener à l’instabilité constitutionnelle de l’ère mobutiste. Il ne constitue pas moins la preuve de ce que l’auteur fustige lui-même comme étant la « trahison des clercs» (BENDA) relevant de la « politique du ventre » (BAYART) et débouchant sur une certaine « défaite de la pensée »(FINKIELKRAUT). Il s’agit d’une démission de l’intellectuel, d’une déconfiture de la pensée de ceux que j’appelais naguère les « tambourinaires du pouvoir » et qui avaient été dénoncés par le romancier nigérian CHINUA ACHEBE. Dans The Anthrils of the Savannah (les termitières de la savane), ACHEBE estime que comme les termitières sont construites par de petits et nombreux « soldats », les dictateurs ne sont pas non plus nés, mais plutôt « faits » par les courtisans qui ne cessent de bourdonner à leurs oreilles et d’inventer des théories pour leur faire croire qu’ils seraient faits pour régner et régner pour toujours! KWESI PRAH avertissait dès 1992 que les sciences sociales devaient prendre très au sérieux la question de savoir pourquoi certains brillants intellectuels africains finissent par se faire corrompre et devenir des lèche-bottes et des garçons de course des dirigeants autoritaires qu’ils vilipendaient. La « politique du ventre »pourrait expliquer un tel « servilisme » de ceux qui deviennent des « intellectuels organiques » du pouvoir autoritaire, pour emprunter l’expression de GRAMSCI, des agents du status quo ou des « chercheurs du gouvernement » selon les termes d’un jeune docteur en droit partageant les thèses d’Evariste BOSHAB qui participait à la conférence que j’avais tenue à l’UNIKIN en date du 26 juin 2006 sur « Mandats présidentiels et révisions constitutionnelles en Afrique ». Le professeur BASUE lui signifiait immédiatement que les « chercheurs du gouvernement » déjà nombreux parmi nous n’avaient pas leur place à l’université et feraient donc mieux de prester dans les « fermes » présidentielles ou les « hôtels » des fleuves. Ce livre d’Evariste BOSHAB est probablement celui qui l’aurait introduit par la grande porte dans le monde des constitutionnalistes. Il risque d’être malheureusement celui qui lui ferme aussi cette porte à cause de ce qu’il qualifie lui-même de « discours soporifique tendant à justifier l’injustifiable ». Il constitue un terrible gâchis intellectuel.

    NON A LA REVISION DES MATIERES A L’ARTICLE 220

    Aucun argument de droit constitutionnel ne permettant de réviser l’article 220de la Constitution, le président ne devrait pas écouter les vendeurs d’illusions scientifiques et politiques. Toute révision constitutionnelle touchant aux matières prescrites par cet article serait une violation intentionnelle et flagrante de la Constitution punissable de haute trahison. L’on peut parier que la Nation refusera de mourir par « inanition » et s’y opposera énergiquement en recourant à l’article 64 qui l’oblige à faire échec à tout gouvernement inconstitutionnel. La communauté internationale n’est pas non plus disposée à cautionner un tel « coup d’Etat » après s’être tue à la suite des élections calamiteuses de novembre 2011. Pour le Président de la RDC comme pour ses collègues du Congo, du Burundi et du Rwanda qui sont également dans leur second et dernier mandat, le cas de Mamadou TANJA qui avait cru se donner un troisième mandat au Niger au motif qu’il n’avait pas achevé ses chantiers de modernisation devait servir de leçon. Au lieu de passer leur temps à fabriquer des arguments pseudo-scientifiques pour amener les présidents à violer les constitutions en se cramponnant au pouvoir, les thuriféraires et tambourinaires du pouvoir devraient plutôt aider ces hommes qui étaient déjà mal entrés dans l’histoire politique de leurs pays à se réconcilier avec leurs peuples en se retirant dignement à la fin de leurs mandats. L’histoire nous apprend qu’aucun mobutiste n’avait suivi Mobutu dans sa chute. Ils étaient les premiers à le renier et à le vilipender en le présentant comme un vilain dictateur. Les courtisans de régimes actuels seront les premiers à bruler demain ceux qu’ils adorent ou encensent aujourd’hui et à sabler du champagne une fois qu’ils ne seront plus au pouvoir. Le jugement de l’histoire est impitoyable et personnel. Les chefs d’Etat devraient cesser d’écouter et écarter de leurs entourages tous ceux qui les empêcheraient d’inscrire leurs noms en grands caractères dans l’Histoire. Tout mandat a une fin. Il faut quitter le pouvoir avant que le pouvoir ne vous quitte. Comme l’écrivait Victor HUGO, gloires, honneurs, fortunes militaires, toutes les choses de la terre ne sont sur nous posées que comme l’oiseau sur nos toits. Les dirigeants tels que FW de KLERK et Thabo MBEKI en Afrique du Sud, Quett MASIRE et Festus MOGAE au Botswana, Abdou DIOUF et Abdoulaye WADE au Sénégal, Alpha Oumar KONARE et Amadou Toumani TOURE au Mali, OlesegunOBASANJO au Nigeria, Joaquim CHISSANO au Mozambique, Daniel ARAP MOI au Kenya, Pierre BUYOYA au Burundi, Kenneth KAUNDA et Rupiah BANDA en Zambie, Jerry RAWLINGS et John KUFUOR au Ghana, Ali Hassan MWINYI et Benjamin MKAPA en Tanzanie, Nicéphore SOGLO et Mathieu KEREKOU au Bénin, nous apprennent qu’il ne sert à rien de s’éterniser au pouvoir par des coups d’Etat, des fraudes électorales ou des révisions constitutionnelles et qu’il existe bien une vie après la présidence en Afrique. Cette vie après la présidence peut même être plus belle et plus longue comme le témoigne la vie de Nelson MANDELA qui ne s’était contenté d’un seul mandat en Afrique du Sud. Comme ses collègues, le Président Joseph KABILA a tout intérêt à ne pas violer la Constitution pour se donner un troisième mandat. Après 15 ans au pouvoir, il devrait se retirer en 2016pour devenir sénateur à vie. Il peut préparer sa succession et se donner un dauphin comme le Secrétaire général du PPRD qui deviendrait alors le candidat à la présidence pour le compte de la majorité actuelle. Tel est le vrai combat que devait mener Evariste BOSHAB. Au lieu de se perdre dans des gesticulations scientifiques inutiles, il devrait plaider pour sa propre chapelle et solliciter le soutien du président pour lui succéder. Le reste ne serait que du vent car il n’y aura pas de révision constitutionnelle du nombre de mandats présidentiels ni même pas de référendum constitutionnel. L’«inanition » risque cependant d’avoir lieu, non pas l’«inanition » de la Nation comme celle annoncée par Evariste BOSHAB, mais plutôt celle des courtisans. Joseph KABILA n’était pas né pour eux tout comme il ne se privera pas d’entrer dans l’Histoire à cause d’eux car le contraire serait suicidaire.

    André MBATA B MANGU Professeur de Droit Public Professeur des Universités

  • L’Opposition politique rejette les consultations nationales proposées par Joseph Kabila

    L’Opposition politique rejette les consultations nationales proposées par Joseph Kabila

    Joseph Kabila: La RDC n’est pas du tout complexée par le niveau de la démocratie.-Une soixantaine de dirigeants de l’opposition politique congolaise ont rejeté lundi dans sa forme actuelle la formulée proposée par le président Joseph Kabila pour l’organisation de « consultations nationales », en dénonçant « la composition déséquilibrée » de ce forum avec une « forte dominance des membres de la majorité présidentielle ».
    Dans une déclaration adressée à l’agence Belga après une réunion lundi à Kinshasa, l’opposition congolaise réclame la « représentation égalitaire » entre composantes que sont la majorité présidentielle, l’opposition politique, civile et armée, la société civile y compris la diaspora.

    L’opposition rejette en outre « le fait que le président de la République (Joseph Kabila), les présidents de deux chambres du Parlement (celui de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku, et celui du Sénat, Léon Kengo wa Dondo, ndlr) et le Premier ministre (Augustin Matata Ponyo Mapon) assurent le suivi en lieu et place d’un comité de suivi incluant toutes les parties prenantes, à savoir la majorité, l’opposition, la société-civile et le représentant de la communauté internationale », ajoute le texte.

    Les dirigeants de l’opposition dénoncent encore la confiscation de l’initiative et la mise à l’écart, par M. Kabila, de l’envoyée spéciale du secrétaire général des Nations Unies (l’ex-présidente irlandaise Mary Robinson) qui, en vertu de la résolution 2098 du Conseil de sécurité, « a pour mission de promouvoir et de superviser un processus politique global sans exclusive ».

    Cette résolution 2098 s’inspire des résultats de l’accord régional d’Addis Abeba du 24 février, signé par onze pays de la région et censé pacifier l’est de la République démocratique du Congo (RDC), en proie à des rébellions depuis deux décennies. M. Kabila a convoqué jeudi dernier un dialogue inter-congolais visant à renforcer la « cohésion nationale » face au Mouvement du 23 mars (M23), une rébellion active dans l’est congolais et présumée soutenue par le Rwanda et l’Ouganda.

    Selon le texte de l’ordonnance présidentielle, ce forum national va réunir « toutes les couches socio-politiques de la nation » afin de « réfléchir, d’échanger et de débattre en toute liberté et sans contrainte, de toutes les voies et moyens susceptibles de consolider la cohésion nationale, de renforcer et d’étendre l’autorité de l’Etat sur tout le territoire national en vue de mettre fin au cycle de violences dans l’est du pays, de conjurer toute tentative de déstabilisation des institutions et d’accélérer le développement du pays dans la paix et la concorde ».

    Ce forum comprendra trois organes: l’assemblée plénière, le présidium et les états généraux. A l’issue des travaux dont la durée est de quinze jours au maximum – mais aucune date n’a été fixé pour leur début -, le président de la République rendra compte des conclusions et recommandations à la Nation, devant l’Assemblée nationale et le Sénat réunis en congrès.

    Dans leur déclaration, les 63 signataires – dont quelques « grosses pointures » de l’opposition, comme Vital Kamerhe, un ancien allié de M. Kabila tombé en disgrâce – demande que le chef de l’Etat lance des « signaux de décrispation », comme la libération des prisonniers politiques et des prisonniers d’opinion, une amnistie pour permettre à tout le monde de participer aux travaux, le retrait de la « ceinture policière » autour de la résidence du président (auto-proclamé après l’élection présidentielle controversée de novembre 2011) Etienne Tshisekedi, l’autorisation des manifestations publiques, et la réouverture de médias proches de l’opposition interdits, comme les chaînes de télévision Canal Futur TV et RLTV.

    Mediacongo

  • Comment va Nelson Mandela ? Le point sur ce qu’on sait vraiment

    Comment va Nelson Mandela ? Le point sur ce qu’on sait vraiment

    madiba-Le cirque médiatique autour de l’hospitalisation de l’ancien président sud-africain, Nelson Mandela,n’en finit pas. Dernier épisode en date : de vraies fausses révélations indiquant que Madiba serait “dans un état végétatif” depuis la fin du mois de juin. Après la présidence sud-africaine, l’épouse de Mandela, Graça Machel, et l’un de ses vieux amis, Denis Goldberg, ont démenti. Selon ce dernier, les médecins n’ont pas envisagé de débrancher les machines qui aident Madiba à respirer.

    Le 4 juillet, les médias du monde entier, – reprenant en cœur le contenu d’un document judiciaire daté du 26 juin et rendu public le 3 juillet, – laissaient entrevoir le pire en révélant que Nelson Mandela se trouvait « dans un état végétatif permanent et sous assistance respiratoire ». On apprenait, par voie de presse, que les médecins auraient même « conseillé à la famille Mandela de débrancher l’appareil qui le maintient artificiellement en vie. Plutôt que de prolonger ses souffrances, la famille Mandela envisage cette option ». Il s’avère pourtant que le document judiciaire dont l’AFP a obtenu copie, ne dit rien ni des intentions actuelles de la famille, ni de l’état de santé récent de Nelson Mandela.

    Ce document, qui n’était pas destiné à être rendu public, était en réalité destiné au tribunal régional de Mthatha (Sud) pour appuyer la plainte de la famille Mandela contre l’aîné des petits-fils, Mandla, au sujet d’un litige de sépulture.

    Seize membres de la famille ont saisi la justice pour faire rapatrier à Qunu – village où Mandela a grandi et où il a toujours souhaité être enterré – les dépouilles de trois de ses enfants, qui avaient précédemment été déplacées en 2011 à Mvezo (le village natal de Mdaipar Mandla Mandela. Ce pour quoi, le 3 juillet, ils ont obtenu gain de cause, provoquant, le lendemain, un nouveau déballage familial surréaliste lors d’une conférence de presse tenue par Mandla Mandela. Quasiment au même moment, les dépouilles des enfants Mandela étaient enfin rapatriées à Qunu.

    Démentis

    Pour tenter de mettre fin à ce sordide emballement médiatique, la présidence sud-africaine s’est empressée, dans la journée puis dans la soirée, de démentir ces informations dans un communiqué. Reprenant l’expression désormais consacrée, la présidence a qualifié l’état de santé du héros de la lutte anti-apartheid de « critique mais stationnaire », rappelant qu’une « équipe de médecins, d’infirmières, et d’autres professionnels de santé prend soin de Madiba 24 heures sur 24 ». Si, comme d’habitude, aucun détail médical ne filtrera, ce bref communiqué rappelle, jusqu’à preuve du contraire, que les indicateurs les plus fiables du réel état de santé de Madiba viennent encore de la présidence.

    Et les déclarations de Graça Machel ne contrediront pas cette morale par provision. Alors qu’elle participait, jeudi, à une levée de fonds pour un hôpital pour enfants, l’épouse de l’ancien président sud-africain a certainement jugé le moment opportun pour sortir de sa réserve. Elle s’est elle aussi voulue rassurante : « Cela fait maintenant environ 25 jours que nous sommes à l’hôpital. Même si Madiba n’a pas toujours été bien, il n’a que très peu souffert », a-t-elle indiqué, avant de conclure : « ll va bien. »

    Comme le souligne très justement le journaliste de la BBC Andrew Harding, son intervention montre à quelle point, au regard des luttes de pouvoir au sein de la famille, Graça incarne plus que jamais « l’autorité et la dignité de la famille ».

    Denis Goldberg, camarade de lutte du grand homme, invité lundi 1er juillet  par Graça à se rendre au chevet de son ami, s’est lui aussi exprimé. « Très touché » par cette visite, il a décrit un homme « très malade » mais « clairement conscient ». « Je suis tout à fait convaincu qu’il était sensible à ce que je disais et conscient de ce que je disais », a-t-il précisé. Denis Goldberg s’est dit aussi très choqué par les « spéculations non fondées », les qualifiant de « difficilement supportables ». Évoquant les rumeurs sur « l’état végétatif » de son ami, il raconte avoir interrogé Graça sur le sujet, qui lui aurait répondu : « Les organes n’ayant pas connu de dysfonctionnement majeur, il n’est même pas conseillé d’y penser à ce stade. Ils pensent qu’il a de très bonnes chances de guérir. Je l’espère, je l’espère. »

    (Jeune Afrique)

  • L’Union africaine suspend l’Egypte après le renversement de Morsi

    L’Union africaine suspend l’Egypte après le renversement de Morsi

    UA– Le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA) a suspendu vendredi la participation de l’Egypte à l’organisation panafricaine, après le renversement par l’armée du président égyptien Mohamed Morsi, selon un communiqué officiel.

    L’UA a pour politique de suspendre tout Etat-membre où se produit un “changement inconstitutionnel de pouvoir”, généralement jusqu’au retour à l’ordre constitutionnel.

    “Le Conseil a décidé de suspendre la participation de l’Egypte aux activités de l’UA”, a déclaré à la presse le secrétaire du Conseil de paix et de sécurité, Admore Kambudzi, lisant ce communiqué, à l’issue de plus de trois heures de réunion du CPS.

    “Le Conseil réitère la condamnation et le rejet par l’UA de toute prise illégale du pouvoir”, a poursuivi M. Kambudzi, “le renversement du président (Morsi) démocratiquement élu n’obéit pas aux dispositions pertinentes de la Constitution égyptienne et correspond donc à la définition du changement inconstitutionnel de pouvoir”.

    L’islamiste Mohamed Morsi, élu en juin 2012, a été déposé mercredi soir par l’armée de son pays, puis arrêté, après une semaine de manifestations populaires massives. Les militaires ont désigné le président de la Haute cour constitutionnelle, Adly Mansour, pour occuper le poste de président par intérim.

    Au début de la réunion vendredi, l’ambassadeur égyptien auprès de l’UA, Mohamed Edrees, avait tenté de convaincre le CPS de ne pas suspendre son pays, arguant que l’armée n’avait fait que répondre à l’appel du peuple égyptien et que le renversement de M. Morsi n’était que le prolongement de la révolution populaire ayant chassé Hosni Moubarak du pouvoir en février 2011.

    L’Egypte n’avait alors pas été suspendue de l’UA.

    “J’ai défendu le cas de l’Egypte devant le CPS”, a expliqué à la presse M. Edrees, sorti environ deux heures avant la décision.

    Selon l’ambassadeur, “la voix et l’appel de dizaines de millions d’Egyptiens doivent être entendus, compris et respectés (…) le rôle de l’armée est de soutenir le peuple (…) pas d’organiser un coup d’Etat”.

    “Depuis le début du printemps arabe, celui-ci pose un défi à (…) l’Union africaine. L’UA, à l’époque (du renversement de M. Moubarak), avait décidé que ce qui s’était passé en Egypte était une révolution populaire et devait donc être traité en conséquence”, a-t-il souligné.

    Le renversement de M. Morsi est une nouvelle “phase de ce qui s’est passé auparavant et mérite le même traitement”, a-t-il argué, “ce à quoi nous assistons est la volonté du peuple de voir sa révolution victorieuse”.

    La présidente de la Commission de l’UA, Nkosazana Dlamini-Zuma a réagi en indiquant que “personne ne s’assiéra derrière le drapeau (égyptien à l’UA), ni le précédent gouvernement ni le gouvernement provisoire, jusqu’à ce qu’il y ait une élection qui soit évidemment l’expression de la volonté du peuple égyptien”.

    “Le retour à l’ordre constitutionnel correspondra aux élections”, a-t-elle ajouté, indiquant ne pas pouvoir donner de date pour ce futur scrutin.

    L’Egypte rejoint, parmi les pays actuellement suspendus, la Centrafrique – suspendue en mars dernier après le renversement du président Bozizé par les rebelles de la coalition Séléka -, Madagascar – depuis le renversement du président Marc Ravalomanana en 2009 – et la Guinée-Bissau – depuis un coup d’Etat militaire en avril 2012.

    Le Mali, suspendu après le putsch de mars 2012, a été réintégré en octobre, sans attendre le rétablissement de l’ordre constitutionnel, mais après la remise du pouvoir par la junte à des autorités civiles de transition et alors que le nord du pays était passé sous le contrôle de groupes armés islamistes. Une élection présidentielle est prévue le 28 juillet au Mali.

    (AFP)


  • Histoire de l’île de Gorée

    Histoire de l’île de Gorée

    Ile de Goree-L’histoire de l’île de Gorée n’est guère idyllique mais n’est pas non plus ce que veulent nous faire croire de pseudo-historiens qui exploitent habilement un fonds de commerce (douteux).
    Découverte en 1444 par des marins portugais sous le commandement de Denis Dias, l’île fut baptisée “Palma” mais elle est également nommée “Beseguiche” dans des documents d’époque, alors que les populations locales l’appelaient “Bir” ou “Ber”.
    La marine hollandaise s’en saisit en 1588 qui la rebaptisa ‘‘Goede reede” (= bonne rade) d’où son nom de Gorée.
    Le 1er novembre 1677, le vice-amiral d’Estrées s’en empara pour le compte du roi de France.
    Le chevalier de Boufflers, gouverneur du Sénégal, qui n’aimait guère Saint-Louis transféra sa résidence à Gorée en 1785.
    L’île fut par la suite occupée par les Anglais avant d’être restituée à la France en 1817.
    L’île de Gorée présentait bien des avantages aux marins : mouillage sûr, proximité d’un continent avec lequel s’ouvraient de grandes possibilités de commerce et facilités de défense du lieu. Autant de raisons pour que les puissances européennes se la soient disputée.
    Sa prospérité fut liée au commerce dont celui des esclaves qui fut un des fondements de l’organisation économique des colonies d’Amérique.
    La traite des esclaves vers les Amériques s’étendit sur trois siècles sur les côtes africaines (Gambie, Sénégal, Bénin, Ghana…). Les centres concentrationnaires des esclaves africains en partance pour l’Amérique depuis l’actuel Sénégal furent Saint-Louis, Rufisque, Saly-Portudal, Ziguinchor, Karabane et, dans une bien moindre mesure, Gorée.
    Sur l’île, l’ancienne demeure de la signare Anna Colas Pépin, connue dans le monde entier sous le nom de Maison des Esclaves, est un lieu plus symbolique qu’historique car les déportations depuis Gorée furent très minoritaires en comparaison des autres centres de la côte ouest africaine ou bien de la Côte des Esclaves (Bénin). Néanmoins le nom de Gorée reste étroitement attaché à cette période tragique.
    L’abolition de la traite au début du XIXe siècle puis de l’esclavage en 1848 sonnèrent le glas des espérances de l’ île.
    Dakar fut fondée en 1857 et l’activité s’y déplaça rapidement. La population de l’ île tomba de près de 5 000 habitants en 1832 à 600 en 1931. L’ île de Gorée fut annexée à Dakar en 1927.
    En 1996, le Parlement sénégalais se prononce en faveur d’une profonde réforme de l’organisation territoriale du pays. Dans le cadre de cette politique de décentralisation, la commune de Dakar, devenue trop étendue et trop peuplée, se vit divisée en 19 communes d’arrondissement auxquelles des pouvoirs plus grands furent conférés.
    Avec le titre de “Commune d’Arrondissement de l’île de Gorée“, elle reprit possession des bâtiments de l’ancien hôtel de ville au centre de l’île, un édifice qui avait hébergé la mairie de la précédente commune de Gorée entre 1872 et 1929.
    Désormais la commune d’arrondissement de Gorée est gérée par un Conseil municipal, démocratiquement élu tous les cinq ans et d’un maire élu par les membres de ce Conseil. La commune est rattachée à l’arrondissement de Plateau-Gorée. Elle fait partie du département de Dakar dans la région de Dakar.
    Le visiteur découvrira la maison dite “des Esclaves” (fermeture le lundi), qui fut à une époque la propriété du frère de la signare Anne Pépin, maîtresse du Chevalier de Boufflers.
    (Gapolla)
  • RDC : La diaspora oubliée du dialogue national

    RDC : La diaspora oubliée du dialogue national

    Congo drapeau-Joseph Kabila a annoncé la prochaine tenue de “consultations nationales” dans un contexte de crise politique après les élections contestées de 2011 et la reprise de la guerre à l’Est du pays. A Paris, la Diaspora congolaise favorable au dialogue (DCFD) regrette l’absence de la diaspora à cette initiative.

    Annoncé en janvier 2013, le dialogue national voulu par Joseph Kabila devrait finalement voir le jour. Le président congolais a signer dernièrement une ordonnance convoquant des “consultations nationales” sous la direction de deux de ses proches : Aubin Minaku, le président de l’Assemblée nationale et Léon Kengo, le président du Sénat. Objectif de ces consultations : “rétablir la cohésion nationale, consolider l’unité du pays et mettre fin aux cycles de violence à l’Est du pays afin de permettre la reconstruction du pays“. Un programme ambitieux qui butte sur l’affaiblissement du chef de l’Etat congolais depuis la présidentielle contestée de novembre 2011 et le retour de la guerre au Nord-Kivu. Les “consultations nationales” devraient se dérouler sur 15 à 20 jours à une date encore “indéterminée” par l’ordonnance présidentielle.

    Si l’opposition politique, UNC et MLC en tête, ont rejeté en bloc leur participation au dialogue national, certains partis (ils sont peu nombreux) approuvent la démarche du président Kabila. C’est le cas à Paris de la Diaspora congolaise favorable au dialogue (DCFD). Gaspard-Hubert Lonsi Koko, son porte-parole, approuve l’initiative présidentielle. Il souhaite en effet la tenue d’”un véritable dialogue républicain, sans exclusive, entre les Congolais“. Selon lui, il y a urgence à consolider “la cohésion nationale, la concorde sociale, les institutions étatiques (…) face aux diverses tentatives de déstabilisation de la partie orientale de la République démocratique du Congo“. Si Gaspard-Hubert Lonsi Koko ne cautionne pas la politique de Joseph Kabila (il a toujours revendiqué sa place dans l’opposition), le porte-parole de la DCFD rejette la politique de la chaise vide.

    Mais il y a un autre bémol de taille : l’absence de la diaspora congolaise à ces concertations. Pour Gaspard-Hubert Lonsi Koko, “tous les Congolais sont égaux devant la loi” et il ne comprend pas que la diaspora soit écartée du processus. “La diaspora constitue quasiment 1 province entière de la RDC. Nous participons économiquement et  socialement à la vie du pays“, explique-t-il. Dans un communiqué publié à Paris, la DCFD espère donc “que ce facteur sera pris en compte avant l’articulation concrète desdites concertations – la reconstruction de la souveraineté de l’État devant être l’œuvre de tous les Congolais, indépendamment de leur lieu de résidence“. La diaspora mène depuis de nombreuses années un long combat pour la reconnaissance de ses droits en RDC. Lors du processus électoral de 2011, les Congolais de la diaspora congolaise n’avait pas pu participer au scrutin depuis leurs pays de résidence.

    Christophe RIGAUD – Afrikarabia

  • Invalidation des Députés Nationaux:La position de l’Union interparlementaire fustigée

    Invalidation des Députés Nationaux:La position de l’Union interparlementaire fustigée

    Parlement Congolais-Peu avant de clôturer la session de Mars 2013, les Députés nationaux avaient approuvé la résolution portant invalidation des certains Députés qui ont battu le record des absences. C’était à l’issue du rapport de la Commission Politique, administrative et Juridique, qui avait reçu mission de traiter la question des absences des Députés. Lesdites invalidations sont intervenues lors de la séance plénière du 15 juin dernier. Au total cinq Députés avaient été invalidés. Il s’agissait de Diomi Ndongala Eugène, Kiringa Iluju Claude, Maweya Muteba Jean, Mbusa Nyamwisi Antipas, et Tshisekedi Tshilombo Félix. L’on se rappellera que cette décision a été prise par la plénière après un débat houleux.
    Quelques jours seulement après ces invalidations, des langues se sont déliées. Les unes pour dénoncer cette décision de la plénière de l’Assemblée nationale, les autres encore pour féliciter la vigilance de la chambre basse. Après avoir pris le temps d’écouter toutes les allégations en rapport avec ce dossier, l’Honorable Pico Mwepu Kanyanta Bilonda est sorti de ses réserves, pour éclairer la lanterne de l’opinion tant nationale qu’internationale de la manière dont fonctionne le parlement d’un pays. Au regard de tout ce qui a été dit, l’élu de la majorité présidentielle a fustigé les propos de l’Union des interparlementaires. « La République Démocratique du Congo est un pays indépendant, et nous n’avons pas de leçons à recevoir de la part d’une institution ou association internationale », a-t-il dit. A en croire ses propos, la RDC a adhéré d’une manière indépendante à cette organisation interparlementaire. « Chaque pays à ses règles, l’union interparlementaire ne peut en aucun cas se permettre de nous donner des leçons ou encore des injonctions », a-t-il lâché.
    C’est le lieu de rappeler ici que l’union interparlementaire est l’organisation internationale des parlements des Etats souverains. Son siège est à Genève, en Suisse. En ce qui concerne ses objectifs, il faut retenir qu’elle a pour mission de favoriser les contacts, la coordination et l’échange d’expérience entre les Parlements et les parlementaires de tous les pays ; examiner les questions d’intérêt international et se prononce à leur sujet en vue de susciter une action des Parlements et de leurs membres. Par ailleurs, elle contribue à la défense et à la promotion des droits de la personne, qui ont une portée universelle et dont le respect est un facteur essentiel de la démocratie parlementaire et du développement ; contribuer à une meilleure connaissance du fonctionnement des institutions représentatives, au renforcement et au développement de leurs moyens d’action.
    « Parmi ces objectifs, je n’ai pas vu un seul endroit où l’on a dit qu’il s’ingère aux problèmes internes des pays membres. C’est une insulte à l’endroit de la République Démocratique du Congo », a-t-il regretté.
    Explication des faits
    Cet élu a voulu non seulement expliquer la vraie version des faits, mais aussi démontrer comment la plénière est arrivée à prendre ladite décision qu’il juge d’ailleurs de responsable. « Il y a eu les élections en 2011, et la population nous a mandatés pour défendre sa cause à l’hémicycle de l’Assemblée nationale. Après la publication des résultats, certaines personnes ont même refusé de siéger. Je ne veux pas citer les noms ici, mais tout le monde le sais. En tant que Député, nous avons un règlement intérieur au sein de notre chambre. Un Député qui ne participe pas à plus d’un quart des travaux de l’Assemblée nationale sans justification, doit être invalidé. Ce n’est pas moi qui le dit, mais le règlement intérieur. Et après vérification, la Commission PAJ a constaté qu’il y avait 6 Députés qui avaient battu le record des absences, et ils ne se sont jamais présentés à nos travaux, mais ils perçoivent chaque mois leur revenu », a-t-il fait savoir. Et de soutenir que dans ce cas, quelle décision fallait-il prendre ? Laisser que cela continue ? Ou Agir pour que ça cesse. Le bureau de l’Assemblée nationale, ensemble avec les élus, a fait un travail juste et responsable. L’élu de Malemba Nkulu reste convaincu que le dossier a été traité avec impartialité. Pour appuyer son argumentaire, il s’est exprimé en ces mots : « Alexis Mutanda, qui a été pourtant dans le lot, a été sauvé parce qu’il a expliqué les raisons de son absence, où est le problème ? »
    Pasteur de son état, le Député National, a mis en exergue les paroles de la sainte bible, précisément dans le livre de Genèse chapitre 3 au 19ème verset, où il est stipulé que « L’homme mangera à la sueur de son front ».
    « Celui qui ne travaille pas ne mange pas non plus. Quand un Député ne travaille pas, mais il perçoit l’argent du Trésor public, n’est- ce pas de la malhonnêteté ? C’est une violation flagrante même des saintes écritures », a-t-il renchéri. Et de préciser que tous ceux qui critiquent la plénière de l’Assemblée nationale et les Députés nationaux doivent savoir que la chambre basse travaille sur base des textes et règlements. Elle est donc tenue à les respecter. Pour aller plus loin, il a donné l’exemple de Marine Le Pen, dont les immunités ont été levées pour avoir tenu des propos racistes à l’endroit des musulmans. « Quand un Député se méconduit, il faut le sanctionner, c’est la loi. Elle est dure, mais c’est la loi », a-t-il soutenu.
    L’Union, qui partage les objectifs de l’Organisation des Nations Unies, doit rester comme un simple observateur parce que la RDC ne s’ingère pas dans les affaires internes d’autres pays membres de cette institution parlementaire.
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    La prosperite