Author: Don Kayembe

  • RDC: plusieurs militaires et policiers envoyés à la retraite

    RDC: plusieurs militaires et policiers envoyés à la retraite

    Militaires FARDC
    Militaires FARDC

    -Le chef de l’Etat, Joseph Kabila a envoyé dimanche 7 juillet à la retraite de nombreux militaires et policiers en âge avancé. Par la même occasion, le commandant suprême des Forces armées de la RDC (FARDC) a avancé en grade plusieurs autres hommes en uniforme dont certains à titre posthume.
    Le vice-Premier ministre et ministre de la Défense nationale, Alexandre Luba Ntambo, a indiqué que ces mesures inaugurent le processus du rajeunissement de l’armée afin de l’adapter aux normes dans les armées modernes.
    «Une première vague de militaires a été mise en retraite dans le cadre d’un des principes directeurs de la réforme qui est la rajeunissement de l’armée », a indiqué le ministre.
    Alexandre Luba Ntambo a indiqué que la RDC dispose désormais d’une armée atypique dans laquelle des personnes trop âgées ne peuvent plus assumer certaines fonctions. Il a estimé que le rajeunissement de l’armée vise également à accélérer la réforme du secteur de la défense et de la sécurité comme l’a recommandé le président américain Barack Obama lors de son récent séjour en Tanzanie.
    Le président américain a appelé, il y a une semaine, son homologue de la RDC, Joseph Kabila à réformer les forces armées du pays (FARDC), estimant qu’il “devait faire mieux et plus en ce qui concerne les capacités de la RDC en matière de sécurité”.
    L’état-major général des FARDC avait lancé au mois d’août dernier l’opération de recrutement des jeunes congolais âgés de 18 à 25 ans sur toute l’étendue du pays. Le chef de la délégation chargée du recrutement au Nord-Kivu, le colonel Mwitcho Wabateyi avait assuré que cette opération n’est pas forcément liée à la guerre dans l’Est mais vise plutôt à rajeunir l’armée dans le cadre de la réforme entreprise par le gouvernement congolais.

  • RDC : le président Kabila a inauguré lundi la connexion du pays au câble à fibre optique

    RDC : le président Kabila a inauguré lundi la connexion du pays au câble à fibre optique

    Fible1-Le président congolais Joseph Kabila a officiellement inauguré, lundi 8 juillet, l’ouverture de la station d’atterrage de la fibre optique à Moanda, dans la province due Bas-Congo (ouest), assurant ainsi la connexion du pays à la haute technologie de communication.
    La cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités du paysn notamment des membres du gouvernement et du Parlement et des ambassadeurs et chefs des missions diplomatiques en RDC.

    La connexion de la RDC au câble à fibre optique a été plusieurs fois repoussée pour des raisons administratives.

    Le ministre de Poste, télécommunication, nouvelles technologies de l’Information et de la communication (PT-NTIC), Tryphon Kin-kiey, a indiqué que la station d’atterrage de Moanda, inaugurée également pour la gestion technique de la fibre optique, est l’une des plus grandes du système du câble sous-marin Wacs.

    Le consortium Wacs offre la connexion à la fibre optique à 13 pays de l’Afrique. Il permet d’avoir une large bande de diffusion de données permettant d’obtenir l’internet à haut débit.

    La station d’atterrage de Moanda est équipée de matériel d’Alcatel qui, selon Kin-kiey, répondent aux normes de connectivité à haut débit. Elle est opérationnelle depuis le 14 juin.

    La construction et l’équipement de la station d’atterrage a coûté 60 millions de dollars américains au trésor public et son réseau va s’étendre sur 40 000 km à travers le pays.

    Concernant la gestion de la fibre optique, le ministre a assuré que le gouvernement va collaborer avec la Société congolaise des postes et téléphones (SCPT) pour «mettre en place un mécanisme de gestion qui puisse être bénéfique pour le peuple congolais et pour les opérateurs».
    (Le Potentiel)

  • COMMUNIQUE DE PRESSE DES EVEQUES DE LA CENCO A L’ISSUE DE LEUR 50ème ASSEMBLEE PLENIERE

    COMMUNIQUE DE PRESSE DES EVEQUES DE LA CENCO A L’ISSUE DE LEUR 50ème ASSEMBLEE PLENIERE

    eveques-COMMUNIQUE DE PRESSE DES EVEQUES DE LA CONFERENCE EPISCOPALE NATIONALE DU CONGO (CENCO) A L’ISSUE DE LEUR 50ème ASSEMBLEE PLENIERE
    Réunis à Kinshasa, du 24 au 28 juin 2013, pour leur 50ème Assemblée plénière, Son Éminence le Cardinal, les Archevêques et Évêques, membres de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO), ont rendu grâce à Dieu pour le chemin parcouru par l’Église-famille de Dieu en RD Congo. Ils ont demandé au Très-Haut de continuer à bénir leur labeur apostolique pour la gloire de son nom et le salut du peuple de Dieu confié à leur sollicitude pastorale.
    Au cours de ces assises tenues en cette Année de la foi, et dans le but de raviver et de raffermir la foi des fidèles, ils leur ont adressé une exhortation pastorale intitulée « Seigneur augmente en nous la foi ».
     
    A la suite du Synode sur la Nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi, ils ont levé l’option de poursuivre la mission évangélisatrice par une approche thématique. Aussi, compte tenu de tous les défis auxquels la famille, cellule de base de la société et église domestique, est confrontée, ils ont arrêté d’approfondir ce thème au cours de leurs prochaines réunions.
    Durant leurs travaux, une délégation de l’Assemblée a été reçue par Son Excellence Monsieur le Premier Ministre, Augustin Matata Ponyo. Les échanges avec lui ont porté sur la paie des salaires des enseignants. Comme pasteurs vivants au milieu du peuple congolais, ils ont partagé au Chef du Gouvernement les souffrances des enseignants éloignés des structures bancaires et qui ne reçoivent plus leur salaire à temps. Ils ont examiné avec lui la possibilité de continuer, à travers leur structure Caritas-Congo, à rendre le service de la paie des enseignants dans les territoires, secteurs et groupements identifiés et encore impayés jusqu’à cette date.
    Les Évêques de la CENCO ont examiné la situation tragique de trois prêtres assomptionistes : pères Jean-Pierre Ndulani, Anselme Wasikundi et Edmond Bamutupe et de nombreux autres compatriotes enlevés dans le Diocèse de Butembo-Beni. Ils ont réitéré l’appel pour leur libération. Pour ce faire, ils demandent instamment au Gouvernement de la République de prendre cette situation en mains pour identifier les ravisseurs, retrouver et libérer tous ces otages. Ils lui suggèrent de constituer un Comité de crise chargé de la gestion de cette question jusqu’à la libération effective de tous ces compatriotes enlevés. Ils sollicitent également l’implication ferme de la Monusco pour trouver solution à cette tragédie. Conformément à son mandat d’assurer la protection de la population civile et compte tenu des moyens dont elle dispose, les évêques restent convaincus que la Monusco est en mesure de contribuer efficacement à la libération de tous ces otages.
    Au cours de leurs échanges, les Évêques ont déploré la misère du peuple qui s’approfondit du jour au jour et les maigres salaires des fonctionnaires. Au regard de l’écart criant entre les salaires au sein des Institutions de l’État, les Évêques invitent le Gouvernement à plus d’effort pour l’amélioration des conditions de vie de la population. Ils demandent à tous les Élus du peuple de se soucier davantage de la population qui les a élus. Ils estiment inadmissible que les élus se préoccupent plus de leurs salaires et émoluments alors que le peuple croupit dans la misère. A cet effet, ils demandent que soit mise sur pied une commission d’harmonisation des salaires et émoluments au sein des institutions de l’État.
    Les Évêques de la CENCO saisissent cette occasion pour réaffirmer leur détermination à s’opposer fermement à toute tentative de modification de l’Article 220 de notre Constitution qui stipule : « la forme républicaine de l’État, le principe de suffrage universel, la forme représentative du gouvernement, le nombre et la durée des mandats du Président de la République, l’indépendance du pouvoir judiciaire, le pluralisme politique et syndical ne peuvent faire l’objet d’aucune révision constitutionnelle ». Par conséquent, les Évêques demandent aux fidèles et aux hommes de bonne volonté de demeurer vigilants et prêts à faire échec à toute manœuvre éventuelle de modification de la Constitution en ses articles verrouillés. Le respect de la loi fondamentale de  notre pays constitue le socle de notre jeune démocratie et le gage de la stabilité de notre pays. Ils espèrent que les concertations en perspective y veilleront absolument.
    Par ailleurs, la 50ème Assemblée plénière a confirmé la mise au point de la CENCO donnée par son Secrétariat général le 13 mai 2013. Cette mise au point rappelait les normes de l’Église catholique et la position commune des Évêques de la CENCO qui interdisent formellement aux ecclésiastiques dans notre pays de prendre activement part aux partis politiques et associations à caractère politique ainsi qu’à la direction des institutions étatiques, quel qu’en soit le niveau, chargées d’organiser les élections dans notre pays. En cohérence avec ces normes, les Évêques réaffirment qu’ils n’ont présenté aucun ecclésiastique à la Commission Électorale Indépendante (CENI).
    Partant, le cas de Mr l’Abbé Apollinaire Malumalu, prêtre du Diocèse de Butembo-Beni qui a opté d’œuvrer au sein de la CENI sera pris en charge par son Évêque qui appliquera à son endroit les sanctions canoniques qui s’imposent.
    Peinés par le cas très regrettable de l’engagement de Mr l’Abbé Malumalu à la CENI, les Évêques de la CENCO l’ont, pour leur part, démis de sa fonction de Directeur général de l’Institut Panafricain Cardinal Martino (IPCM).
    Ce cas déplorable a donné aux Évêques membres de la CENCO, l’opportunité d’exhorter et de rappeler à tous les ecclésiastiques (prêtres, religieux et religieuses) la noblesse de leur identité dans l’Église et l’impératif d’honorer ses exigences dans leur vie et leur ministère.
    Les Évêques de la CENCO annoncent la tenue dans notre capitale du 2 au 3 juillet de l’Assemblée plénière de l’Association des Conférences Épiscopales de l’Afrique Centrale (ACEAC). Ils remercient notre Gouvernement pour son aide leur apportée dans l’organisation de la 16ème Assemblée du Symposium des Conférences Épiscopales d’Afrique et Madagascar (SCEAM) qui se tiendra à Kinshasa du 9 au 14 juillet 2013. Au terme de ces travaux, les Évêques continuent de prier le Seigneur pour notre pays, pour la paix et le progrès de toute la population congolaise.
                                                                                      Fait à Kinshasa, le 29 juin 2013
                                                                                      Abbé Léonard SANTEDI
                                                                                               Secrétaire général de la CENCO
  • RDC: première audience pour l’opposant Eugène Diomi Ndongala, accusé de viol sur mineures

    RDC: première audience pour l’opposant Eugène Diomi Ndongala, accusé de viol sur mineures

    Diomi NDONGALA
    Diomi NDONGALA

    -En République démocratique du Congo, la première audience du procès de l’homme politique Eugène Diomi Ndongala a été programmée pour ce lundi 8 juillet devant la Cour suprême de justice. Le président de la Démocratie chrétienne et coordonnateur de la majorité populaire pro-Tshisekedi est poursuivi pour viol sur mineures, ce qu’il dément.

    C’est depuis 2012 que Eugène Diomi Ndongala fait l’objet de poursuites judiciaires pour viol sur mineures, une accusation que le président de la Démocratie chrétienne rejette. Il parle d’un montage destiné à faire taire un homme politique très proche de l’opposant historique Etienne Tshisekedi, le leader de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).

    Eugène Diomi avait même disparu de la circulation pendant plusieurs semaines, enlevé et gardé en secret dans les locaux de l’Agence nationale de renseignement (ANR), selon lui-même et ses proches. Selon la police et le porte-parole du gouvernement, il était plutôt en cavale.

    Quelques mois après sa réapparition, Eugène Diomi a été empêché de traverser vers Brazzaville. Un soir, la police est venue l’arrêter dans son hôtel. Le lendemain, c’est la décision d’une détention préventive en résidence surveillée en raison de l’immunité parlementaire du prévenu. Mais l’arrêt du juge de la Cour suprême de justice n’a pas été respecté. L’opposant a été envoyé à la prison centrale de Makala, près de Kinshasa. Même si le mandat de député de Diomi a été invalidé peu après, cette décision judiciaire n’a pas encore été annulée.

    (RFI)

  • La RDC n’est pas encore en mesure de réduire sensiblement l’ importation des aliments

    La RDC n’est pas encore en mesure de réduire sensiblement l’ importation des aliments

    marche_municipal_de_matete_a_kinshasa1— Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) n’est pas encore en mesure de réduire sensiblement le niveau d’importation des produits alimentaire, a déclaré le Premier ministre rd-congolais Augustin Matata Ponyo samedi à Kinshasa.

    “Je sais que en terme d’impact sur notre capacité à réduire le déficit alimentaire, nous ne pouvons pas être encore en mesure de réduire sensiblement les niveau d’importation parce que nous venons de commencer le programme agricole”, a indiqué M. Matata à la presse.

    “En terme d’importation, nous dévons certainement restés encore dans la moyenne éventuellement de 600 millions de dollars d’ importation au terme du premier semestre 2013”, a précisé le Premier ministre, ajoutant que “dans la prévision budgétaire, nous avions situé à 1,3 milliard de dollars concernant les importations alimentaires”.

    Selon M. Matata, il faut certainement attendre les effets positifs peut être à partir de 2014.

    D’après une note d’information de la primature congolaise publiée le 13 mai dernier, les importations alimentaires en RDC ont dépassé 1,2 milliard de dollars l’an dernier.

    ( Xinhua

    (Xinhua)

  • Révision de l’article 220 : Bob Kabamba fixe l’opinion

    Révision de l’article 220 : Bob Kabamba fixe l’opinion

    bob kabamba-Politologue, enseignant à l’Université de Liège (Belgique), Bob Kabamba Kazadi, s’exprime dans une interview exclusive accordée à notre Rédaction sur l’opportunité de la révision constitutionnelle, principalement l’article 220 qui porte sur la durée du mandat du président de la République. Il est formel sur un point : après la révision de 2011, une nouvelle relecture de la Constitution est tout à fait inopportune. Il craint qu’une telle procédure n’aboutisse au déséquilibre de l’architecture constitutionnelle mise en place en 2006. Interview.

    Vous avez été l’un des artisans de la Constitution de 2006. Avec un peu de recul, pensez-vous avoir doté la RDC d’une bonne Constitution ?

    Nous avons doté la RDC d’une bonne constitution qui permet d’avoir des institutions où aucune institution n’est supérieure par rapport à l’autre. Cette constitution a été faite pour qu’il y ait une gestion pacifique de l’après-conflit, avec équilibre entre le président de la République et le Premier ministre, entre le Sénat et l’Assemblée nationale, entre  l’Etat central et  les provinces, la gendarmerie et la Police, etc. Donc, une série de mécanismes qui permet d’avoir une gestion équilibrée sans que celui qui prend le pouvoir puisse se permettre d’écraser d’autres institutions. C’est cela la philosophie de la Constitution de 2006.

    Pourtant, cette Constitution a été revisée en 2011. Etait-il opportun d’engager cette procédure ?

    Non. Cette révision n’était pas adéquate pour la bonne et simple raison qu’en faisant la modification de janvier 2011, on a modifié l’équilibre des institutions. C’est-à-dire que l’on a renforcé le pouvoir du président de la République par rapport à ce qui a été décidé par referendum en 2006. Je m’explique. Parce que lorsque l’on donne au chef de l’Etat le pouvoir de pouvoir dissoudre les assemblées provinciales, on ajoute au président de la République le pouvoir au détriment des institutions provinciales, c’est-à-dire on crée un déséquilibre qui n’était pas au départ. Lorsque l’on place le président de la République dans la Conseil supérieur de la magistrature, là aussi on crée un déséquilibre qui va à l’encontre du pouvoir judiciaire. Donc, la révision de la Constitution de 2011 modifie, de manière très claire, l’équilibre qui a été décidé par referendum de 2006.

    Est-ce que la modification de la Constitution peut avoir des influences sur la souveraineté de l’Etat, notamment la remettre en cause ?

    On ne remet pas en cause la souveraineté de l’Etat. Mais l’on remet plutôt en cause le poids des institutions. Cela en modifiant l’équilibre entre les institutions. On renforce le pouvoir d’une institution au détriment des autres. On n’est plus dans un mécanisme équilibré entre les institutions, mais vers le présidentialisme. Et pourtant on avait voulu éviter en 2006 le présidentialisme avec le recul de l’histoire du Congo. On a voulu plutôt privilégier une majorité parlementaire pour une gestion importante liée au Parlement. Un Parlement qui assume des responsabilités importantes. Or, en révisant la Constitution, on est allé plus vers le présidentialisme que vers la majorité parlementaire.

    Il y a actuellement un grand débat autour de la révision de la Constitution de la RDC, après celle de 2011. Quel est votre point de vue ?

    Généralement, une constitution peut être modifiée, mais il faut savoir choisir à quel moment la modifier. Je pense que le débat qui est en train de se passer sur la révision constitutionnelle en RDC a lieu d’être. Mais, réviser la Constitution est tout à fait inopportun. Pourquoi ? Parce que tout le monde sait que dans l’actuelle Constitution, on a essayé de verrouiller les principes pour éviter que le Congo ne retombe dans les travers de l’histoire, ne soit plus un pays dirigé et pris en otage par un homme ou par un régime, pour qu’il y ait la possibilité d’organiser les élections ou d’avoir une alternance au niveau de la gestion du pays. Que tout le monde puisse avoir la possibilité de présenter un projet de société sur base duquel il peut être élu. C’est cela le fondement d’une Constitution. Mais lorsque l’on commence à toucher ce fondement, on dénature ce sur quoi les Congolais ont donné leur quitus. Parce que le texte a été adopté par référendum. Ça veut dire que les Congolais étaient d’accord avec un système qui a été adopté, c’est-à-dire un système équilibré, mais pas un système qui privilégie une institution au détriment des autres. Je pense que la révision constitutionnelle est inopportune dans le contexte actuel de la RDC. Car, de mon point de vue, elle va encore accentuer le déséquilibre qui s’est creusé en 2011 et qui risque de se creuser davantage si on refait une deuxième révision constitutionnelle. Et cela revient à toucher au fondement de ce qui fait le ciment de l’architecture et aux valeurs républicaines que la Constitution essaye de défendre.

    Votre collègue, le professeur Evariste Boshab, a été le premier à porter le débat sur la place publique en publiant un livre dans lequel il fait le lien entre la révision de la Constitution et l’inanition de la nation. Qu’en dites-vous ?

    J’ai lu ce livre. C’est un livre passionnant. Sur le fonds, il pose des questions qui remettent en cause par rapport aux principes de révision de la Constitution, etc. Il est scientifique. Scientifiquement, tout le monde peut écrire un livre. Mais, il y a une question : Qui publie ce livre ? Il s’agit d’Evariste Boshab. Il est secrétaire général du premier parti politique du pays (Ndlr : PPRD), ancien président de l’Assemblée nationale, ancien directeur de cabinet du chef de l’Etat. Et, il a une place de choix dans le cercle du pouvoir. Et quand quelqu’un de sa trempe écrit un livre, bien sûr, on tombe dans le débat d’opportunisme, de l’opportunité et dans le débat politique. Le débat politique : Est-ce qu’il était opportun pour lui de publier ce livre maintenant ? Je ne pense pas. Si c’était quelqu’un d’autre qui l’aurait écrit, je ne pense pas qu’il y aurait ce débat. Mais, comme c’est lui, même tant que scientifique, il peut le faire, mais je pense qu’il devait choisir le moment de le publier.

    Qu’est-ce qui fausse alors le débat ? Est-ce la personne de Boshab ou le livre ?

    J’aurais tendance à dire les deux. Au fait, le débat sur la révision de la Constitution a lieu d’être. Il y a lieu d’engager un débat scientifique. Mais, le problème qu’il y a est que le chercheur est en même acteur politique. Le chercheur étant acteur politique, même s’il pose un geste scientifique, cela sera vu comme un acte politique. Et donc, le livre devient un livre  politisé et le débat également politisé. Il quitte la sphère scientifique et entre dans la sphère politique. Puisque son auteur n’est pas seulement un chercheur scientifique, mais il est aussi acteur politique. En publiant ce livre, cela donne le point de vue du politique et non pas les questions du chercheur sur un sujet. Cela parce que le politique va au-devant du  chercheur. Donc, le débat a lieu d’être, la questions liées à la personnalité de celui qui pose le débat politise malheureusement ce débat. Et le bienfait que l’on peut voir dans ce débat est qu’on parle de cette révision constitutionnelle. Mais, j’ose croire que ça va s’arrêter seulement au niveau de parler et il n’y aura pas une révision constitutionnelle qui va modifier l’architecture, la structure que les Congolais avaient adoptée par référendum.

    Dans l’opinion, vous passez pour quelqu’un qui est très proche du pouvoir, qu’en dites-vous ?

    C’est vrai que je travaille beaucoup avec les institutions. Mais, le problème est le suivant : quand vous travaillez avec les institutions, il faut savoir que vous travaillez avec les animateurs de ces institutions qui sont, notamment au niveau du Parlement qui est constitué des hommes élus par le peuple. Et qui sont les élus ? Ce sont des hommes qui appartiennent à un parti politique. Et quand vous travaillez avec le gouvernement, vous devez travailler avec des gens qui ont une certaine couleur politique. Et lorsque vous travaillez, par exemple, sur la conférence de Goma, à l’époque, c’était le ministère de l’Intérieur qui était Denis Kalume, avec comme président de la conférence, abbé Apollinaire Malumalu, vous devez savoir que lorsque vous travaillez avec ces institutions, vous travaillez avec ses animateurs. Et, l’amalgame est vite fait. L’amalgame est que l’on vous dira que vous êtes proche de la Majorité. On a beaucoup plus travaillé en appui au Parlement sur la rédaction des textes. Et là, on travaille avec des parlementaires qui sont des politiques. Alors, pour faire avancer les choses, vous êtes obligé de travailler avec des politiques ? C’est de là que vient l’amalgame politique. Et l’on dit que vous êtes proche du pouvoir parce que c’est avec ces animateurs des institutions, proches du pouvoir, que vous travaillez finalement.

    Si un jour on devait faire sauter le verrou sur l’article 220 de la Constitution, qu’est-ce que vous prédisez comme conséquence ?

    Il y a deux choses. Il y a d’abord la responsabilité des sénateurs et des députés nationaux, parce que c’est au niveau du Congrès que cela va se décider. Je doute fort qu’un tel texte soit soumis à un référendum, sans qu’il ne soit lu et débattu, sinon il ne passera pas par référendum. Je sais que le Congo n’a pas assez de moyens pour organiser un referendum. En plus, tout le monde a déjà pris position, notamment l’Eglise catholique qui a ouvertement pris position contre cette révision de l’article 220. Mais, s’il y a forcing, il y va de la responsabilité du Parlement, du Congrès. Je crois qu’en modifiant ce texte, de mon point de vue, j’ose croire qu’il y aurait quand même au niveau de la population des manifestions pour s’opposer à ce projet de révision de l’article 220.

    Les politiques pensent que ce débat n’est encore que scientifique. Peut-être qu’ils préparent juste les esprits. Qu’est-ce que vous leur lancez comme message ? 

    Je pense que l’intérêt national prévaut sur les intérêts partisans. Cela est indispensable. Quand on voit l’l’intérêt national prévaloir sur les intérêts partisans, on fait avancer un pays et on construit un Etat de droit.

    Et au président de la République.

    Le message le plus important, c’est le respect des textes. Il faut que les textes soient clairs. En respectant les textes, on construit la démocratie, on construit un Etat de droit et on va s’occuper plus d’améliorer les conditions de vie des citoyens, de réhabiliter les routes plutôt que de perdre le temps et son énergie sur de révisions des textes qui vont amener plus de troubles sociaux que autre chose.

    Propos recueillis par F.K. (LE POTENTIEL)

  • MIBA, la promesse non tenue du Président Joseph Kabila

    MIBA, la promesse non tenue du Président Joseph Kabila

    MIBA-La relance de la production minière est effective au Katanga. Le Gouvernement de la Rd-Congo à travers le ministère du Portefeuille et celui de l’Economie et Commerce, venait de prendre des mesures réduisant les tarifs de consommation en électricité au profit des sociétés minières de cette province. Dans la Province orientale, l’exploitation minière par Kibali Gold Mining est en plein essor. Cette situation fait croire que seules les provinces de l’Est du pays regorgent de produits miniers.

    Et pourtant, il existe un géant minier au Kasaï-Oriental qui se trouve être la MIBA. Certains analystes pensent que si cette société opérait dans la partie la plus orientale du pays, elle allait bénéficier de tous les appuis de l’Etat. Le Président de la République, Joseph Kabila avait promis en novembre 2009, une intervention gouvernementale à la hauteur de 20 millions des dollars américains pour la fin de l’année 2009 ou au plus tard au courant de l’année 2010.
    La MIBA n’avait reçu qu’une fraction d’un montant de 10 millions des dollars américains décaissé par le Gouvernement. La totalité des 10 millions prévus a finalement été versée à la MIBA en plusieurs tranches. La deuxième partie du montant prévue, c’est-à-dire 10 millions de dollars américains restant, se fait toujours attendre jusqu’aujourd’hui. Selon des sources bien informées, la MIBA ne reconnait pas avoir encaissé la deuxième tranche de l’enveloppe gouvernementale.
    Dans l’entre temps, la question brulante pour la MIBA demeure et le dossier liée à la certification. Pour totalement relancer la MIBA, il faudrait s’attendre à une injection de presque 100 millions de dollars américains, sans compter le paiement des arriérés de salaires des agents. Mais pour qu’un investisseur prenne ce risque, il doit avoir une estimation fiable des réserves de diamants que détient la MIBA. C’est la certification des réserves. Elle devrait coûter environ 14 millions de dollars américains. Sans cette somme, la MIBA continuera de broyer du noir.
    Dans l’optique de bénéficier de meilleures compétences pour la restructuration et la relance de la MIBA, le Gouvernement avait chargé le COPIREP de recruter des experts, après un long processus, le COPIREP et le Gouvernement ont jeté leurs dévolus sur Jeffrey Ovian et Mélanie Masumbuko, qui ont été nommés respectivement Directeur Général et Administrateur Directeur Financier.
    Cependant, en RDC, il est fort connu que lorsqu’on ne veut plus de son chien, on l’accuse d’avoir la rage. Ovian et Masumbuko ont tous deux, une forte expérience dans le secteur des mines. Le premier à KMT et la seconde à Cluff au Burkina Faso. Il est donc étonnant que l’on commence déjà à accuser la direction générale de mauvaise gestion alors que celle-ci n’a jamais eu les moyens de faire ses preuves.
    Par ailleurs, Masumbuko a initié des mesures de « tolérance zéro » pour le vol et la corruption au sein de la MIBA. La plupart des agents maintiennent que c’est grâce à elle que la MIBA a réussi à tenir le coup pour le moment. D’où, il est encore plus étonnant que ces deux experts, engagé à travers un appel d’offre international, ne soient pas payés depuis des mois.
    Cet état de chose met en cause la crédibilité de la République.
    Il est à noter aussi que la crédibilité du Président de la République, dont les promesses n’ont pas été tenues est également mise en cause. Les enjeux sont peut-être politiques. Il est évident que le Gouvernement ne s’implique pas assez ou détourne son regard face aux problèmes de ce géant minier.
    A part, le Ministre Raymond Tshibanda qui n’est pas en odeur de sainteté aux yeux du Premier Ministre, le Gouvernement n’a pas d’autres Ministres originaires du Kasaï Oriental, capables de faire le plaidoyer de la MIBA. Lambert Mende peut-être, mais lui, a le regard tourné vers son district, le Sankuru. Au niveau provincial, le Gouverneur Ngoy Kasanji ne se plaint pas du tout étant donné qu’il jouit de cette situation en étant politique et trafiquant de diamants. La perte de vitesse de la MIBA est une aubaine financière pour le numéro un de la province.
    “L’enjeu c’est que l’on ne veut pas récompenser le Kasaï à cause des faibles résultats y obtenus par le Président de la République lors des élections présidentielles et l’on veut beaucoup plus miser sur les provinces de l’Est lors des prochaines élections afin de disqualifier, encore et encore comme ce fut le cas dans le passé, les ténors du Kasaï dans la Majorité“, a fait savoir un originaire du Kasaï Oriental.
    Il est temps que l’Assemblée Nationale ou le Président de la République, le garant de la nation, puisse se saisir de ce dossier afin de mettre un terme à la marginalisation de la Province du Kasaï oriental. La solution pourrait être celle d’éloigner Ngoy Kasanji à la tête de la province, nommer des jeunes et nouveaux ministres originaires de la Province pour assurer la relève et enfin disponibiliser les fonds nécessaires pour la relance effective de la MIBA.
    BM
    CongoNews

  • Révision de la Constitution: La leçon du professeur André Mbata au «professeur» Evariste Boshab

    Révision de la Constitution: La leçon du professeur André Mbata au «professeur» Evariste Boshab

    andre_mbata-Le professeur André Mbata n’a pas eu des mots assez durs pour parler de l’ouvrage « Entre la révision constitutionnelle et l’inanition de la Nation » d’Evariste Boshab, secrétaire général du PPRD. Titre ronflant, flagrantes contradictions, hérésie, fraude intellectuelle, livre rédigé contre les règles de l’art sont quelques pics que André Mbata a asséné au livre de l’irresponsable Evariste Boshab. Pour le professeur André Mbata,

    le livre de Boshab est une forfaiture intellectuelle qui contient un soporifique discours pseudo-scientifique pour justifier l’injustifiable. Cet ouvrage, paru récemment, fait polémique d’autant plus que le même Boshab et ses amis avaient conduit une révision de manière cavalière en 2011, ramenant le nombre de tours au scrutin présidentiel de deux à un, dans l’unique but de conserver le pouvoir. A l’approche des élections générales de 2016, Boshab veut récidiver. Il s’observe déjà une levée des boucliers dans la société congolaise où la classe politique et la société civile et l’Eglise catholique ont déjà fait part de leur opposition quant à une autre révision de la constitution. Face à cette mobilisation, les cadres de la Majorité prétextent que le livre de Boshab est une simple réflexion d’un scientifique qui ne concerne pas les institutions. Mais personne n’est dupe, l’ouvrage de Boshab est un véritable ballon d’essai que la Majorité a lancé pour élaborer sa stratégie de révision de l’article 220 de la Constitution. Sans dauphin désigné, la Majorité orpheline est dans l’incertitude quant aux échéances présidentielles de 2016. Pour la plupart des cadres de la Majorité, personne n’a l’étoffe de J. Kabila pour espérer l’emporter en 2016. Moïse Katumbi qui est le plus populaire du camp présidentiel est mal vu par certains bonzes de la Majorité. Et même le premier ministre Augustin Matata qui fait souffler sur les institutions un vent de bonne gouvernance est tout aussi combattu par une clique de cadres de la Majorité qui le considère toujours comme un cheveu tombé dans la soupe. Boshab bien qu’occupant une position éminente dans la Majorité est le plus impopulaire des cadres de la Majorité parce qu’il traine plusieurs casseroles (affaire Snel de 32 millions USD notamment).Conscient de cet handicap, E. Boshab potentiel dauphin de Kabila, sait qu’il n’a aucune chance de gagner les élections présidentielles s’il venait à être investi (ce qui n’est pas gagné tant l’homme lui-même est décrié dans sa propre famille politique). D’où sa réflexion faussement innocente sur la révision constitutionnelle. Le professeur Mbata et une Kyrielle des professeurs de droit de l’Université de Kinshasa ont vite réagi à la publication de Boshab. Le professeur Mbata le fer de lance de cette révolte intellectuelle contre le livre de Boshab a dit notamment ceci : le livre de Boshab n’est pas un livre de droit constitutionnel mais plutôt un livre de politologie. Le professeur Mbata a descendu tous les arguments fallacieux contenus dans cet ouvrage machiavélique. Ci-dessous les arguments du professeur Mbata tirés de sa conférence de presse animée à l’Université de Kinshasa le 26 juin dans l’amphithéâtre archicomble de la Faculté de droit.

    Evariste BOSHAB, professeur ordinaire à la Faculté de droit de l’Université de Kinshasa (UNIKIN) et Secrétaire général du parti présidentiel, le Parti du peuple pour la reconstruction, la démocratie (PPRD), vient de publier un livre de 440 pages intitulé « Entre la révision constitutionnelle et l’inanition de la nation » sorti des éditions Larcier en Belgique. Il avait été baptisé à l’Hôtel du Fleuve, loin des milieux universitaires de Kinshasa, en date du 19 juin 2013. Je me suis efforcé d’acheter ce livre vendu à 100$US, de le lire et de le commenter pour vous ce livre.

    TITRE RONFLANT QUI ENERVE ET TRAHIT LA NATION

    Le mot « inanition » évoque la mort ou le dépérissement. Evariste BOSHAB menace et prédit que la Nation mourrait certainement par « inanition » si on ne révisait pas la Constitution et plus précisément si le président ne recevait pas un troisième mandat par « révision totale » de la Constitution ! Il oublie ce qui pourrait aussi se produire au cas où le peuple recourait à l’article 64 qui l’oblige à faire échec à tout celui qui prend le pouvoir et l’exerce en violation de la Constitution.

    UN LIVRE REDIGE CONTRE LES REGLES DE L’ART ET MEPRISANT POUR SES COLLEGUES

    La bibliographie du livre ne contient aucun des textes constitutionnels de la RDC, de la Belgique, de l’Espagne, de la Suisse ou de l’Autriche que son auteur cite ni aucun des titres de nombreux des thèses et écrits qu’il évoque comme ceux des professeurs KABANGE, VUNDUAWE, MAMPUYA, BAYONA, MBOYO, YUMA, ESAMBO, KAMUKUNY, et KALUBA alors que l’auteur se réfère à plusieurs sites internet. Aucune référence à BAYART ni à BENDA pourtant auteurs des livres et des expressions telles que « politique du ventre » et « trahison des clercs » que l’auteur cite également dans son livre.

    FLAGRANTES CONTRADICTIONS ET HERESIES RELEVANT DE LA FRAUDE INTELLECTUELLE

    Après avoir défendu la thèse suivant laquelle la loi no 74-020 du 15 août 1974qui faisait du MPR l’institution unique du pays était une nouvelle constitution, le professeur BOSHAB qui se dit de l’«école sociologique» comme DJOLI, KAMUKUNYI, ESAMBO, et KALUBA épouse à présent l’idée d’une révision en prétendant faire un compromis avec les « positivistes » (KABANGE, VUNDUAWE et YUMA). Il fait également une confusion déroutante entre le « pouvoir constituant originaire » (le peuple) et le « pouvoir constituant dérivé » (élus du peuple) en suivant aveuglement LAVROFF dans son volte-face « au crépuscule de sa vie »comme si son ouvrage était aussi celui d’une personne arrivée au crépuscule de sa vie scientifique. Evariste BOSHAB confond également «révision totale» et «révision partielle » de la Constitution après avoir admis au départ que la révision ne pouvait être que partielle sinon on changerait de constitution et non la constitution. A l’appui, il soutient que le passage de la Belgique de l’Etat unitaire à l’Etat fédéral s’est fait sur base d’une révision totale de la Constitution, ce qui lui vaut une correction du propre préfacier de son livre, le professeur Henri SIMONART qui conseille aux lecteurs de ne pas le suivre comme pour dire qu’il ignorerait le droit constitutionnel de la Belgique où il a pourtant fait ses études doctorales. Son principal argument est fondé sur l’article 192 de la Constitution suisse de 1999. L’auteur refuse cependant de mentionner son article 195 qui stipule que toute révision doit être acceptée par le peuple et les cantons, ce qui équivaut à un référendum. Sa lecture de la constitution suisse est littérale, superficielle, et non téléologique. Esprit malin et intelligent au service du statu quo, il le fait à dessein pour fournir à la majorité un argument pseudo-scientifique aux fins d’une révision totale de la Constitution comme si celle de 2011 ne suffisait pas.

    ARGUMENTS D’EVARISTE BOSHAB

    L’auteur repartit arbitrairement les différents groupes qui préconisent la révision de la Constitution entre les « souverainistes », les « puristes », et les« contextualistes». L’auteur du Pouvoir et droits coutumiers à l’épreuve du temps(2007) qui veut faire feu de tout bois se donne une dizaine de pages pour administrer une foudroyante correction à la « théorie » de l’«intérisme » du« souverainiste » « Grand Frère » Professeur MBOYO EMPENGE, autant de pages pour régler des comptes avec la Conférence épiscopale nationale du Congo(CENCO) et surtout avec le Cardinal MONSENGWO coupables de s’opposer au pouvoir en place et d’avoir rejeté comme non-conformes à la vérité des urnes les résultats des élections de novembre 2011, et presqu’autant pour « corriger » le« puriste » DJOLI qui avait osé critiquer la Constitution pour son manque d’identité. Evariste BOSHAB se considère lui-même comme un « contextualiste ». Les« contextualistes » seraient d’avis que la révision de la Constitution se situerait dans l’évolution et le mouvement du temps qui change. Il ignore, par exemple, que le temps n’a eu que peu d’impact sur la Constitution des Etats-Unis qui n’a été modifiée que 28 fois en plus de deux siècles et, plus près de nous en Afrique, sur la Constitution du Bénin adoptée après la Conférence nationale et promulguée le 11 décembre 1990 qui n’a connu aucune révision depuis près de 23 ans. Le«contextualiste» ignore également le contexte régional et international qui privilégie l’Etat de droit démocratique. Il affirme par ailleurs que le constituant d’une génération ne saurait lier une autre sans dire combien de générations sont passées depuis la promulgation de la Constitution en 2006 et surtout depuis la dernière révision constitutionnelle en 2011. Le « contextualisme » conduirait à l’enseignement d’un droit constitutionnel contextuel ou saisonnier, ce qui placerait nos étudiants dans une situation bien inconfortable où le droit, le vrai, le beau, et le juste dépendraient du temps ou des saisons et varieraient suivant les circonstances, au gré des vagues et des vents. Ceux qui voulaient se servir du livre comme une caution scientifique pour une énième violation de la Constitution doivent être bien déçus et devraient déchanter. Du pont de vue juridique, spécialement du droit constitutionnel, les arguments du« contextualiste » BOSHAB sont pauvres et intenables d’autant plus qu’ils relèveraient non pas du droit, mais la « politologie ».

    LIVRE DE POLITOLOGIE ET NON DE DROIT CONSTITUTIONNEL

    Le livre a été soutenu par la Cellule d’appui politologique pour l’Afrique et les Caraïbes (CAPAC) de l’Université de Liège, ce qui pourrait tant soit peu mitiger la sentence de la Faculté de Droit et de l’UNIKIN déjà coupables d’avoir produit de nombreux talents au service du pouvoir autoritaire dans notre pays. Le monde universitaire et les constitutionnalistes belges connaissent trop peu de cette cellule dirigée par Mr BOB KABAMBA KAZADI, chargé de cours au Département de science politique et bien connu pour ses accointances avec les milieux du pouvoir à Kinshasa. Evariste BOSHAB est l’un des collaborateurs de CAPAC tout comme Monsieur l’Abbé MALU MALU que l’on ne présente plus. Ce n’est pas un hasard si le baptême du livre est intervenu juste après l’investiture de ce dernier comme président de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI). L’Abbé MALU MALU pourrait avoir de sérieux problèmes à marquer son « coup » en organisant un référendum constitutionnel. En bon capitaine d’une équipe qui gagne souvent « hors-jeu », Evariste BOSHAB tire son coup franc indirect ou un corner dans la surface de réparation pour créer le cafouillage et permettre aux parlementaires de sa majorité de marquer le but fatidique qui serait une révision constitutionnelle.

    IMPOSSIBLE REVISION CONSTITUTIONNELLE DES MATIERES A L’ARTICLE220 DE LA CONSTITUTION

    Le savant exercice du « contextualiste » et du «politologiste » consiste d’abord à banaliser les pouvoirs du constituant originaire en l’assimilant au pouvoir constituant dérivé, à fausser la théorie en prétextant que la révision peut être partielle ou totale, et à déverrouiller les matières contenues à l’article 220 en les mettant au même niveau que toutes autres matières constitutionnelles pour les rendre ensuite révisables par le Parlement où son parti et sa coalition détiennent la majorité des sièges. Pourtant, cet article 220 interdit toute révision touchant à la forme républicaine de l’Etat, au principe du suffrage universel, à la forme représentative du gouvernement, au nombre et à la durée des mandats présidentiels, à l’indépendance du pouvoir judiciaire, au pluralisme politique et individuel. L’article 220 interdit également toute révision constitutionnelle ayant pour objet ou pour effet de réduire les droits et libertés de la personne ou les prérogatives des provinces et des entités territoriales décentralisées. L’auteur réserve aux matières contenues dans les dispositions constitutionnelles intangibles qu’il qualifie maladroitement de « clauses d’éternité » le triste sort que seul Procuste savait réserver à ses victimes : il les tuait et elles mouraient toutes par « inanition » pour non-conformité à la longueur de son « lit », le« Lit de Procuste». Pourtant, les matières prévues à l’article 220 « ne peuvent faire l’objet d’aucune révision ». Au lieu de se contenter de révolter le peuple dont il annonce la mort par « inanition », l’auteur énerve aussi la science du droit et la constitution. D’autre part, aucune théorie, même pas celle dite de la « double révision » qui se fonderait sur l’idée que l’article 220 lui-même ne serait pas verrouillé ne saurait justifier une révision constitutionnelle de ces matières. Evariste BOSHAB ne le dit pas, mais tout le monde sait que tout ce qui préoccupe le plus le« politologiste » et dont il fait une question de vie ou de mort pour la Nation, ce n’est pas la révision de toutes les matières prévues à l’article 220, mais plutôt le nombre et la durée des mandats présidentiels, le compte à rebours ayant déjà commencé pour le second et dernier mandat présidentiel qui arrive irrémédiablement à son terme en 2016. Cette perspective met dans tous leurs états ceux dont la carrière politique dépend étroitement de la présence de Mr KABILA au pouvoir alors que lui-même n’aurait pas grand-chose à craindre pour son avenir, la Nation qui lui demande de respecter la Constitution lui ayant déjà fait la part belle en lui réservant un siège à vie au Sénat.

    RESPONSABILITE DES INTELLECTUELS DANS LA CONSOLIDATION DEL’AUTORITARISME

    Dans la conclusion de son livre, l’auteur évoque les difficultés qui bloquent le développement du droit constitutionnel et cite notamment l’instabilité de la norme constitutionnelle et la « trahison des clercs » se traduisant par l’auto-censure et le servilisme des intellectuels. Son livre qui préconise les révisions constitutionnelles tend malheureusement à nous ramener à l’instabilité constitutionnelle de l’ère mobutiste. Il ne constitue pas moins la preuve de ce que l’auteur fustige lui-même comme étant la « trahison des clercs» (BENDA) relevant de la « politique du ventre » (BAYART) et débouchant sur une certaine « défaite de la pensée »(FINKIELKRAUT). Il s’agit d’une démission de l’intellectuel, d’une déconfiture de la pensée de ceux que j’appelais naguère les « tambourinaires du pouvoir » et qui avaient été dénoncés par le romancier nigérian CHINUA ACHEBE. Dans The Anthrils of the Savannah (les termitières de la savane), ACHEBE estime que comme les termitières sont construites par de petits et nombreux « soldats », les dictateurs ne sont pas non plus nés, mais plutôt « faits » par les courtisans qui ne cessent de bourdonner à leurs oreilles et d’inventer des théories pour leur faire croire qu’ils seraient faits pour régner et régner pour toujours! KWESI PRAH avertissait dès 1992 que les sciences sociales devaient prendre très au sérieux la question de savoir pourquoi certains brillants intellectuels africains finissent par se faire corrompre et devenir des lèche-bottes et des garçons de course des dirigeants autoritaires qu’ils vilipendaient. La « politique du ventre »pourrait expliquer un tel « servilisme » de ceux qui deviennent des « intellectuels organiques » du pouvoir autoritaire, pour emprunter l’expression de GRAMSCI, des agents du status quo ou des « chercheurs du gouvernement » selon les termes d’un jeune docteur en droit partageant les thèses d’Evariste BOSHAB qui participait à la conférence que j’avais tenue à l’UNIKIN en date du 26 juin 2006 sur « Mandats présidentiels et révisions constitutionnelles en Afrique ». Le professeur BASUE lui signifiait immédiatement que les « chercheurs du gouvernement » déjà nombreux parmi nous n’avaient pas leur place à l’université et feraient donc mieux de prester dans les « fermes » présidentielles ou les « hôtels » des fleuves. Ce livre d’Evariste BOSHAB est probablement celui qui l’aurait introduit par la grande porte dans le monde des constitutionnalistes. Il risque d’être malheureusement celui qui lui ferme aussi cette porte à cause de ce qu’il qualifie lui-même de « discours soporifique tendant à justifier l’injustifiable ». Il constitue un terrible gâchis intellectuel.

    NON A LA REVISION DES MATIERES A L’ARTICLE 220

    Aucun argument de droit constitutionnel ne permettant de réviser l’article 220de la Constitution, le président ne devrait pas écouter les vendeurs d’illusions scientifiques et politiques. Toute révision constitutionnelle touchant aux matières prescrites par cet article serait une violation intentionnelle et flagrante de la Constitution punissable de haute trahison. L’on peut parier que la Nation refusera de mourir par « inanition » et s’y opposera énergiquement en recourant à l’article 64 qui l’oblige à faire échec à tout gouvernement inconstitutionnel. La communauté internationale n’est pas non plus disposée à cautionner un tel « coup d’Etat » après s’être tue à la suite des élections calamiteuses de novembre 2011. Pour le Président de la RDC comme pour ses collègues du Congo, du Burundi et du Rwanda qui sont également dans leur second et dernier mandat, le cas de Mamadou TANJA qui avait cru se donner un troisième mandat au Niger au motif qu’il n’avait pas achevé ses chantiers de modernisation devait servir de leçon. Au lieu de passer leur temps à fabriquer des arguments pseudo-scientifiques pour amener les présidents à violer les constitutions en se cramponnant au pouvoir, les thuriféraires et tambourinaires du pouvoir devraient plutôt aider ces hommes qui étaient déjà mal entrés dans l’histoire politique de leurs pays à se réconcilier avec leurs peuples en se retirant dignement à la fin de leurs mandats. L’histoire nous apprend qu’aucun mobutiste n’avait suivi Mobutu dans sa chute. Ils étaient les premiers à le renier et à le vilipender en le présentant comme un vilain dictateur. Les courtisans de régimes actuels seront les premiers à bruler demain ceux qu’ils adorent ou encensent aujourd’hui et à sabler du champagne une fois qu’ils ne seront plus au pouvoir. Le jugement de l’histoire est impitoyable et personnel. Les chefs d’Etat devraient cesser d’écouter et écarter de leurs entourages tous ceux qui les empêcheraient d’inscrire leurs noms en grands caractères dans l’Histoire. Tout mandat a une fin. Il faut quitter le pouvoir avant que le pouvoir ne vous quitte. Comme l’écrivait Victor HUGO, gloires, honneurs, fortunes militaires, toutes les choses de la terre ne sont sur nous posées que comme l’oiseau sur nos toits. Les dirigeants tels que FW de KLERK et Thabo MBEKI en Afrique du Sud, Quett MASIRE et Festus MOGAE au Botswana, Abdou DIOUF et Abdoulaye WADE au Sénégal, Alpha Oumar KONARE et Amadou Toumani TOURE au Mali, OlesegunOBASANJO au Nigeria, Joaquim CHISSANO au Mozambique, Daniel ARAP MOI au Kenya, Pierre BUYOYA au Burundi, Kenneth KAUNDA et Rupiah BANDA en Zambie, Jerry RAWLINGS et John KUFUOR au Ghana, Ali Hassan MWINYI et Benjamin MKAPA en Tanzanie, Nicéphore SOGLO et Mathieu KEREKOU au Bénin, nous apprennent qu’il ne sert à rien de s’éterniser au pouvoir par des coups d’Etat, des fraudes électorales ou des révisions constitutionnelles et qu’il existe bien une vie après la présidence en Afrique. Cette vie après la présidence peut même être plus belle et plus longue comme le témoigne la vie de Nelson MANDELA qui ne s’était contenté d’un seul mandat en Afrique du Sud. Comme ses collègues, le Président Joseph KABILA a tout intérêt à ne pas violer la Constitution pour se donner un troisième mandat. Après 15 ans au pouvoir, il devrait se retirer en 2016pour devenir sénateur à vie. Il peut préparer sa succession et se donner un dauphin comme le Secrétaire général du PPRD qui deviendrait alors le candidat à la présidence pour le compte de la majorité actuelle. Tel est le vrai combat que devait mener Evariste BOSHAB. Au lieu de se perdre dans des gesticulations scientifiques inutiles, il devrait plaider pour sa propre chapelle et solliciter le soutien du président pour lui succéder. Le reste ne serait que du vent car il n’y aura pas de révision constitutionnelle du nombre de mandats présidentiels ni même pas de référendum constitutionnel. L’«inanition » risque cependant d’avoir lieu, non pas l’«inanition » de la Nation comme celle annoncée par Evariste BOSHAB, mais plutôt celle des courtisans. Joseph KABILA n’était pas né pour eux tout comme il ne se privera pas d’entrer dans l’Histoire à cause d’eux car le contraire serait suicidaire.

    André MBATA B MANGU Professeur de Droit Public Professeur des Universités

  • L’Opposition politique rejette les consultations nationales proposées par Joseph Kabila

    L’Opposition politique rejette les consultations nationales proposées par Joseph Kabila

    Joseph Kabila: La RDC n’est pas du tout complexée par le niveau de la démocratie.-Une soixantaine de dirigeants de l’opposition politique congolaise ont rejeté lundi dans sa forme actuelle la formulée proposée par le président Joseph Kabila pour l’organisation de « consultations nationales », en dénonçant « la composition déséquilibrée » de ce forum avec une « forte dominance des membres de la majorité présidentielle ».
    Dans une déclaration adressée à l’agence Belga après une réunion lundi à Kinshasa, l’opposition congolaise réclame la « représentation égalitaire » entre composantes que sont la majorité présidentielle, l’opposition politique, civile et armée, la société civile y compris la diaspora.

    L’opposition rejette en outre « le fait que le président de la République (Joseph Kabila), les présidents de deux chambres du Parlement (celui de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku, et celui du Sénat, Léon Kengo wa Dondo, ndlr) et le Premier ministre (Augustin Matata Ponyo Mapon) assurent le suivi en lieu et place d’un comité de suivi incluant toutes les parties prenantes, à savoir la majorité, l’opposition, la société-civile et le représentant de la communauté internationale », ajoute le texte.

    Les dirigeants de l’opposition dénoncent encore la confiscation de l’initiative et la mise à l’écart, par M. Kabila, de l’envoyée spéciale du secrétaire général des Nations Unies (l’ex-présidente irlandaise Mary Robinson) qui, en vertu de la résolution 2098 du Conseil de sécurité, « a pour mission de promouvoir et de superviser un processus politique global sans exclusive ».

    Cette résolution 2098 s’inspire des résultats de l’accord régional d’Addis Abeba du 24 février, signé par onze pays de la région et censé pacifier l’est de la République démocratique du Congo (RDC), en proie à des rébellions depuis deux décennies. M. Kabila a convoqué jeudi dernier un dialogue inter-congolais visant à renforcer la « cohésion nationale » face au Mouvement du 23 mars (M23), une rébellion active dans l’est congolais et présumée soutenue par le Rwanda et l’Ouganda.

    Selon le texte de l’ordonnance présidentielle, ce forum national va réunir « toutes les couches socio-politiques de la nation » afin de « réfléchir, d’échanger et de débattre en toute liberté et sans contrainte, de toutes les voies et moyens susceptibles de consolider la cohésion nationale, de renforcer et d’étendre l’autorité de l’Etat sur tout le territoire national en vue de mettre fin au cycle de violences dans l’est du pays, de conjurer toute tentative de déstabilisation des institutions et d’accélérer le développement du pays dans la paix et la concorde ».

    Ce forum comprendra trois organes: l’assemblée plénière, le présidium et les états généraux. A l’issue des travaux dont la durée est de quinze jours au maximum – mais aucune date n’a été fixé pour leur début -, le président de la République rendra compte des conclusions et recommandations à la Nation, devant l’Assemblée nationale et le Sénat réunis en congrès.

    Dans leur déclaration, les 63 signataires – dont quelques « grosses pointures » de l’opposition, comme Vital Kamerhe, un ancien allié de M. Kabila tombé en disgrâce – demande que le chef de l’Etat lance des « signaux de décrispation », comme la libération des prisonniers politiques et des prisonniers d’opinion, une amnistie pour permettre à tout le monde de participer aux travaux, le retrait de la « ceinture policière » autour de la résidence du président (auto-proclamé après l’élection présidentielle controversée de novembre 2011) Etienne Tshisekedi, l’autorisation des manifestations publiques, et la réouverture de médias proches de l’opposition interdits, comme les chaînes de télévision Canal Futur TV et RLTV.

    Mediacongo

  • Comment va Nelson Mandela ? Le point sur ce qu’on sait vraiment

    Comment va Nelson Mandela ? Le point sur ce qu’on sait vraiment

    madiba-Le cirque médiatique autour de l’hospitalisation de l’ancien président sud-africain, Nelson Mandela,n’en finit pas. Dernier épisode en date : de vraies fausses révélations indiquant que Madiba serait “dans un état végétatif” depuis la fin du mois de juin. Après la présidence sud-africaine, l’épouse de Mandela, Graça Machel, et l’un de ses vieux amis, Denis Goldberg, ont démenti. Selon ce dernier, les médecins n’ont pas envisagé de débrancher les machines qui aident Madiba à respirer.

    Le 4 juillet, les médias du monde entier, – reprenant en cœur le contenu d’un document judiciaire daté du 26 juin et rendu public le 3 juillet, – laissaient entrevoir le pire en révélant que Nelson Mandela se trouvait « dans un état végétatif permanent et sous assistance respiratoire ». On apprenait, par voie de presse, que les médecins auraient même « conseillé à la famille Mandela de débrancher l’appareil qui le maintient artificiellement en vie. Plutôt que de prolonger ses souffrances, la famille Mandela envisage cette option ». Il s’avère pourtant que le document judiciaire dont l’AFP a obtenu copie, ne dit rien ni des intentions actuelles de la famille, ni de l’état de santé récent de Nelson Mandela.

    Ce document, qui n’était pas destiné à être rendu public, était en réalité destiné au tribunal régional de Mthatha (Sud) pour appuyer la plainte de la famille Mandela contre l’aîné des petits-fils, Mandla, au sujet d’un litige de sépulture.

    Seize membres de la famille ont saisi la justice pour faire rapatrier à Qunu – village où Mandela a grandi et où il a toujours souhaité être enterré – les dépouilles de trois de ses enfants, qui avaient précédemment été déplacées en 2011 à Mvezo (le village natal de Mdaipar Mandla Mandela. Ce pour quoi, le 3 juillet, ils ont obtenu gain de cause, provoquant, le lendemain, un nouveau déballage familial surréaliste lors d’une conférence de presse tenue par Mandla Mandela. Quasiment au même moment, les dépouilles des enfants Mandela étaient enfin rapatriées à Qunu.

    Démentis

    Pour tenter de mettre fin à ce sordide emballement médiatique, la présidence sud-africaine s’est empressée, dans la journée puis dans la soirée, de démentir ces informations dans un communiqué. Reprenant l’expression désormais consacrée, la présidence a qualifié l’état de santé du héros de la lutte anti-apartheid de « critique mais stationnaire », rappelant qu’une « équipe de médecins, d’infirmières, et d’autres professionnels de santé prend soin de Madiba 24 heures sur 24 ». Si, comme d’habitude, aucun détail médical ne filtrera, ce bref communiqué rappelle, jusqu’à preuve du contraire, que les indicateurs les plus fiables du réel état de santé de Madiba viennent encore de la présidence.

    Et les déclarations de Graça Machel ne contrediront pas cette morale par provision. Alors qu’elle participait, jeudi, à une levée de fonds pour un hôpital pour enfants, l’épouse de l’ancien président sud-africain a certainement jugé le moment opportun pour sortir de sa réserve. Elle s’est elle aussi voulue rassurante : « Cela fait maintenant environ 25 jours que nous sommes à l’hôpital. Même si Madiba n’a pas toujours été bien, il n’a que très peu souffert », a-t-elle indiqué, avant de conclure : « ll va bien. »

    Comme le souligne très justement le journaliste de la BBC Andrew Harding, son intervention montre à quelle point, au regard des luttes de pouvoir au sein de la famille, Graça incarne plus que jamais « l’autorité et la dignité de la famille ».

    Denis Goldberg, camarade de lutte du grand homme, invité lundi 1er juillet  par Graça à se rendre au chevet de son ami, s’est lui aussi exprimé. « Très touché » par cette visite, il a décrit un homme « très malade » mais « clairement conscient ». « Je suis tout à fait convaincu qu’il était sensible à ce que je disais et conscient de ce que je disais », a-t-il précisé. Denis Goldberg s’est dit aussi très choqué par les « spéculations non fondées », les qualifiant de « difficilement supportables ». Évoquant les rumeurs sur « l’état végétatif » de son ami, il raconte avoir interrogé Graça sur le sujet, qui lui aurait répondu : « Les organes n’ayant pas connu de dysfonctionnement majeur, il n’est même pas conseillé d’y penser à ce stade. Ils pensent qu’il a de très bonnes chances de guérir. Je l’espère, je l’espère. »

    (Jeune Afrique)