Author: Don Kayembe

  • L’opposition en RDC rejette les “concertations nationales” du gouvernement

    L’opposition en RDC rejette les “concertations nationales” du gouvernement

    CONGO-OPPOSITION– Plusieurs dizaines de partis de l’opposition en République démocratique du Congo (RDC), réunis en “conclave” ont rejeté les “concertations nationales” annoncées par le chef de l’Etat Joseph Kabila et ont demandé l’organisation d’une réunion sous l’égide des Nations unies, selon un communiqué commun publié vendredi.

    Les principaux partis d’opposition, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) d’Etienne Tshisekedi et le Mouvement pour la libération du Congo (MLC) de Jean Pierre Bemba, avaient déjà rejeté ces concertations. Le “conclave”, qui réunissait 76 autres partis, s’est tenu du 6 au 11 juillet à Kinshasa.

    Kabila a annoncé le 26 juin dernier ces rencontres en précisant qu’elles devraient porter sur la gouvernance, l’économie, le désarmement, les conflits communautaires et la décentralisation. Il en a confié l’organisation aux présidents des deux chambres du parlement, considérés comme proches du pouvoir.

    Pour l’opposition, la proposition gouvernementale ne correspond pas à la recommandation des Nations unies d”organiser “un dialogue politique transparent et sans exclusive entre toutes les parties prenantes congolaises”. Elle demande que Mary Robinson, l’envoyée spéciale du secrétaire général des Nations unies, soit le “témoin” de cette concertation et que le chef de l’Etat voisin, le président congolais Denis Sassou Nguesso, en soit le “facilitateur”.

    L’opposition souhaite par ailleurs que tous les sujets soient abordés notamment : les violations massives des droits de l’homme, les viols et violences faits à la femme, l’enrôlement des enfants soldats, le pillage et le bradage des ressources naturelles, la formation d’une armée nationale républicaine et moderne, la légitimité des institutions, la corruption.

    Elle demande également que le nouveau président de la commission électorale indépendante, l’abbé Appolinaire Malu-Malu, considéré comme proche du chef de l’Etat, soit récusé, et que “la crise de légitimité” née de la contestation des dernières élections soit envisagée.

    Par avance le gouvernement a, la semaine dernière, rejeté les demandes de l’opposition affirmant par la voix de son porte parole Lambert Mende que ces concertations ne pouvaient concerner que les Congolais et n’étaient pas susceptibles de remettre en cause le pouvoir en place.

    AFP

  • RDC : l’opposition préfère le dialogue national aux concertations nationales

    RDC : l’opposition préfère le dialogue national aux concertations nationales

    opposition congolaise-L’opposition politique congolaise réunie en conclave depuis le début de la semaine se dit ouverte au dialogue national et non aux concertations nationales telles convoquées par le président Kabila. Michel Bongongo, rapporteur de ce conclave, a déclaré jeudi 11 juillet à Radio Okapi que l’opposition refuse toute modification de la constitution.

    « Nous avons adopté trois résolutions importantes. L’une porte sur le dialogue politique. La deuxième porte sur le refus de toute modification de la constitution et la troisième porte sur l’organisation et le fonctionnement de l’opposition politique de façon transitoire en attendant que le porte-parole de l’opposition soit installé », a déclaré Michel Bongongo.

    Selon lui, la différence entre dialogue national et concertations nationales se situe au niveau du contenu de l’ordonnance présidentielle. Il estime que le chef de l’Etat ne doit pas créer mais plutôt convoquer le dialogue national.

    « Le deuxième problème est que tout est préparé, les autres composantes ne viendront là que comme invités. Le format et la composition de ce forum sont déjà arrêtés », se plaint Michel Bongongo qui réclame une participation plus active de l’opposition dans la préparation de ce forum.

    Le 27 juin dernier, Joseph Kabila a « créé » par ordonnance présidentielle les concertations nationales pour « réfléchir et débattre en toute liberté et sans contrainte des voies et moyens susceptibles de consolider la cohésion nationale, de renforcer l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire national afin de mettre fin au cycle de violences dans l’Est du pays, d’accélérer le développement du pays dans la paix et la concorde ».

    (OKAPI)

  • CONCLAVE DE L’OPPOSITION POLITIQUE CONGOLAISE RAPPORT FINAL

    CONCLAVE DE L’OPPOSITION POLITIQUE CONGOLAISE RAPPORT FINAL

    opposants-INTRODUCTION
    En application de la décision du Front Commun de l’Opposition Congolaise et de la Déclaration de l’Opposition politique du 1er juillet 2013, il s’est tenu à Kinshasa, du 02 au 11 juillet 2013, le Conclave de l’Opposition Politique Congolaise.
    Celui-ci a débuté par l’enregistrement, l’identification et l’accréditation des partis et plateformes politiques participants, ainsi que par la mise en place du Bureau du Conclave.
    Les travaux des assises se sont déroulés du 06 au 11 juillet 2013 en la salle des Fêtes de la Congrégation des Serviteurs de la Charité, sur la 15eme Rue Industrielle au numéro 7, dans la Commune de Limete.

    I.DE L’ORDRE DU JOUR
    1. Interventions de 17 Présidents des partis politiques et Plateformes, et des Personnalités de l’Opposition ;
    2. Problématique de l’organisation et du fonctionnement du Dialogue Politique;
    3. Cahier de charges de l’Opposition Politique Congolaise au Dialogue Politique;
    4. Problématique de la révision constitutionnelle ;
    5. Projet du règlement intérieur du Dialogue Politique ;
    6. Problématique de l’organisation et du fonctionnement de l’Opposition politique.

    II.DE LA COMPOSITION DU BUREAU DU CONCLAVE
    1) Co-modération
    – Jean-Pierre LISANGA BONGANGA
    – Jean-Bertrand EWANGA ISEWANGA
    – José MAKILA SUMANDA
    – Serge MAYAMBA MASSAKA
    2) Rapporteur général
    – Michel BONGONGO IKOLI NDOMBO
    3) Trésorier
    – HEVA MWAKASSA

    III.DE LA COMPOSITION DES COMMISSIONS

    A. Les principes ci-après ont été appliqués pour la composition des Commissions :
    1) La libre inscription des participants à la commission de leur choix.
    2) L’élection des Bureaux de commissions.

    B. Les membres des Bureaux des Commissions

    1) Commission de l’analyse de l’Ordonnance Présidentielle N° 013/078 du 26 Juin 2013 en vue d’un Dialogue Politique.
    – Président : MONGULU T’APANGANE Polycarpe
    – 1erVice-président : Gérard KAMANDA WA KAMANDA
    – 2ième Vice-président : IDAMBITUO BAKAATO
    – Rapporteur : SATE ZIRIMANI
    – Rapporteur-Adjoint : MUTUMBI

    2) Commission Cahier des charges
    – Président : MATADI NENGA
    – 1er Vice-président : Elie KUMBU KUMBEL
    – 2ème Vice-président : Auguste MAMPUYA KANUNK’A
    – Rapporteur : Paul MUHINDO MULEMBERI
    – Rapporteur Adjoint : Fify OSAMBIA

    3) Commission Révision constitutionnelle et Questions Électorales
    – Président : MAYO MAMBEKE
    – 1er Vice-président : Elie NGOMO
    – 2ème Vice-président : Gentil BANTU
    – Rapporteur : Robert LEMBA
    – Rapporteur-Adjoint : Helene MBUYI

    4) Commission Organisation et Fonctionnement de l’Opposition politique
    – Président : MAYAMBA MASSAKA
    – 1er Vice-président : HEVA MUAKASA
    – 2ème Vice-président : MENGA
    – Rapporteur : BASANGA FUMU NTOTO
    – Rapporteur Adjoint : Martine BUKASA

    5) Commission Règlement Intérieur du Dialogue Politique
    – Président : INGELE IFOTO
    – 1er Vice-président : MULANGALA LWAKABWANGA Médard
    – 2ème Vice-président : KABALA YAMBA YAMBA Chrispin
    – Rapporteur : MULUMBA Corneille
    – Rapporteur Adjoint : NGOBE YANGABANGA Dupont
    IV. DU DEROULEMENT DES TRAVAUX DU CONCLAVE

    1. Concernant les interventions des Présidents des partis et Plates formes ainsi que des Personnalités politiques
    Le Conclave de l’Opposition politique, lors de sa séance d’ouverture, a permis aux participants de suivre les 17 orateurs précités. Ces interventions se sont penchées sur les problèmes actuels de la vie politique, économique, sociale et culturelle de notre pays en général et plus particulièrement sur les points inscrits à l’ordre du jour des présentes assises à savoir :
    · l’analyse de l’Ordonnance Présidentielle N° 013/07 8 du 26 Juin 2013 en vue d’un Dialogue Politique.
    · Le Cahier de charges de l’Opposition Politique Congolaise au Dialogue Politique ;
    · La problématique de la Révision Constitutionnelle et des Questions Electorales ;
    · Le projet du règlement intérieur du Dialogue National ;
    · La problématique de l’organisation et du fonctionnement de l’Opposition politique.

    2. Concernant l’analyse de l’Ordonnance Présidentielle N° 013/078 du 26 Juin 2013 en vue d’un Dialogue Politique
    Dans le cadre de l’examen de la question susmentionnée, l’Assemblée plénière a mis en place une commission ad hoc chargée de l’analyse approfondie de l’ordonnance n° 13/078 du 26 juin 2013 portant création, organisation et fonctionnement des Concertations Nationales. Et cela en vue d’un Dialogue Politique.
    Les délégués de 79 partis politiques qui ont pris part aux travaux de la Commission ont rappelé les faits sociaux politiques importants ci-après :
    – C’est à la suite des élections présidentielle et législatives chaotiques de novembre 2011, caractérisées par les fraudes massives et des résultats non crédibles que L’Opposition Politique et la Société civile n’ont cessé de demander l’organisation d’un dialogue politique sans exclusive afin de recréer la cohésion nationale, renforcer la légitimité des institutions, promouvoir la réconciliation nationale et la tolérance.
    – Ces élections non crédibles ont été à la base d’une crise politique, aggravée par la déliquescence de l’Etat. Celle-ci, caractérisée notamment :
    o par l’impuissance à défendre l’intégrité du territoire national, à assurer l’effectivité de l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du pays, à répondre aux préoccupations sociales des populations et à garantir la paix et la sécurité des personnes ainsi que des biens ;                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                            o par la mégestion, la corruption et l’impunité ;
    o et enfin par le bradage et le pillage des ressources naturelles de la RDC.

    – Face à cette situation, le Chef de l’Etat dans son message à la Nation devant les deux Chambres du Parlement réunies en Congrès, avait promis le 15 décembre 2012, de prendre
    incessamment une initiative en faveur de récréer la cohésion nationale.

    Mais, ce n’est que le 26 juin 2013, soit 6 mois plus tard, qu’il signera l’Ordonnance portant création, organisation et fonctionnement des Concertations nationales alors que la Communauté Internationale,
    soucieuse de ramener la paix en RDC a parlé, à travers la Résolution 2098 du Conseil de Sécurité, de l’organisation d’un dialogue politique transparent et sans exclusive entre toutes les parties prenantes dans la crise congolaise.
    – Pour sa part, dans sa déclaration du 1er juillet 2013, l’Opposition Politique a fait une analyse critique de ladite ordonnance et a affirmé ne pas être concernée par des concertations nationales qui ne
    prendraient pas en compte les préoccupations de forme et de fond, et ne s’accorderaient pas avec les engagements pris par notre Gouvernement dans le cadre de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba et ne
    se conformer à la Résolution 2098 du Conseil de Sécurité.
    – Pour rappel, sur le plan de la forme, au-delà de quelques erreurs matérielles contenues dans l’ordonnance, l’Opposition Politique a relevé que la convocation du dialogue devrait être précédée par la
    mise en place d’un comité préparatoire incluant toutes les parties prenantes, dans le but d’en définir le format, l’ordre du jour, le projet de règlement intérieur, les mécanismes de suivi et d’exécution des
    décisions. Et le dialogue devra être organisé sous les bons offices de l’Envoyée Spéciale et du Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies, et sous la facilitation d’un modérateur neutre.
    Sur le plan du fond, l’Opposition Politique a relevé que la situation des congolais n’a pas été prise en compte, notamment : les violations massives des droits de l’homme, les viols et violences faits à la femme, l’enrôlement des enfants soldats, le pillage et le bradage des ressources naturelles, la formation d’une armée nationale républicaine et moderne, la légitimité des institutions, l’enrichissement sans cause…
    – Au surplus, il convient de relever que quand bien même dans sa motivation, l’Ordonnance présidentielle se réfère à la Résolution 2098 du Conseil de Sécurité qui s’appuie elle-même sur l’Accord7
    cadre d’Addis-Abeba, son contenu s’écarte totalement de la lettre et de l’esprit de ces instruments internationaux.
    En effet, dans le point 5 de la Résolution 2098 du Conseil de Sécurité, il est demandé au Représentant Spécial du Secrétaire Général pour la RDC, en collaboration avec l’Envoyée Spéciale pour la Région des Grands-Lacs, de soutenir, coordonner et évaluer l’application en RDC, des engagements souscrits dans l’Accordcadre.
    – Dans le point 59 du Rapport spécial du Secrétaire Général sur la RDC, le Représentant Spécial a reçu mandat de continuer de promouvoir et de faciliter entre toutes les parties prenantes un Dialogue politique qui soit transparent et n’exclut personne. Ce dialogue aidera à créer des conditions favorables à la mise en oeuvre des engagements prévus dans l’Accord-cadre.
    Dans le point 14 b) de la Résolution 2098, il est demandé au Représentant spécial pour la République démocratique du Congo de s’employer, au moyen de ses bons offices, de promouvoir un dialogue politique transparent et sans exclusive entre toutes les parties prenantes congolaises en vue de favoriser la réconciliation et la démocratisation et encourager I’ organisation d’élections provinciales et locales crédibles et transparentes.
    De ce qui précède, contrairement à l’ordonnance présidentielle, c’est donc le Représentant Spécial qui a reçu pouvoir du Conseil de Sécurité des Nations Unies de promouvoir et de faciliter le dialogue politique transparent et sans exclusive entre parties prenantes dans la crise congolaise.
    L’analyse de l’ordonnance présidentielle faite, à la lumière des instruments juridiques internationaux précités, a recueilli l’approbation unanime des membres du conclave de l’Opposition politique et a donné lieu à la formulation de la résolution n°1 des présentes assises.

    3. Concernant le Cahier de charges de l’Opposition politique congolaise au Dialogue politique
    La République Démocratique du Congo a tenu au mois de novembre 2011 des élections présidentielle et législatives dans une indescriptible confusion, entachées de violences meurtrières, d’irrégularités et de
    fraudes avérées. Le Chef de l’Etat sortant a été déclaré vainqueur par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI). Mais les résultats publiés ont été jugés non crédibles, selon plusieurs rapports des
    observateurs nationaux et internationaux.
    Il en a résulté un conflit postélectoral qualifié de « Crise de légitimité » dont l’impact est réel sur la vie politique nationale, aujourd’hui polarisée entre d’une part, les vainqueurs proclamés par la CENI et d’autre part le
    camp de ceux qui veulent connaitre la vérité des urnes.
    Cette bipolarisation de la vie politique continue à affaiblir toutes les institutions de la République.
    Le bilan de cette crise de légitimité comprend notamment :
    · L’auto-proclamation de M. Etienne Tshisekedi comme vainqueur des élections et président de la RDC, ainsi que l’annulation des élections législatives par ce dernier.
    · Le refus de certains élus de siéger dans les institutions de l’Etat issues de ces élections.
    · une rupture des relations entre les gouvernants congolais et une frange de sa diaspora qui se définit comme des « Combattants » et dont les actions vont jusqu’à des règlements des comptes.
    · L’aggravation de l’intolérance, de la méfiance réciproque, et des accusations mutuelles entre les forces politiques ;
    · La régression de la démocratie manifestée par un climat de répression, de violence et de brutalité du pouvoir, de violation des droits humains, des exécutions extrajudiciaires ;
    · Le déficit du consensus national ;
    · L’enlisement de la situation sociale, politique et économique du pays ;
    Tout cela ayant pour conséquence, le recul important de la démocratie naissante.

    Pour remédier à cette situation devenue intolérable pour notre peuple, l’Opposition politique congolaise préconise, dans la perspective du Dialogue politique, les solutions suivantes au regard des thématiques de
    son Cahier de charges:
    A- S’agissant de la réforme du secteur de sécurité a) Définir le choix d’une politique de défense ;
    b) Maitriser l’effectif de l’armée et assurer une formation qui privilégie la qualité par rapport à la quantité ;
    c) Assurer l’équilibre régional dans le recrutement, l’affectation, l’avancement en grade sans préjudice des critères objectifs de compétences et de moralité ;
    d) Changer la chaine de commandement militaire mono-ethnique des FARDC particulièrement à l’est du pays ;
    e) Démobiliser les éléments n’ayant pas le cursus requis et financer leur reclassement social ;
    f) Procéder au recensement de tous les éléments ex FAZ encore aptes au service, en vue de leur réintégration au sein de l’Armée nationale ;
    g) Organiser les états généraux de l’Armée, de la Police et des Services de sécurité ;
    h) Dépolitiser les services de sécurité;
    i) Améliorer les conditions de vie et de travail de toutes les forces de défense et de sécurité.

    B- S’agissant de la consolidation de l’autorité de l’Etat
    a. Soumettre préalablement au Parlement tous les accords à signer avec les groupes armés;
    b. Inviter au Dialogue politique les représentants de tous les groupes armés congolais ;
    c. Se servir des critères de compétence, d’éthique et de moralité dans le choix des animateurs des Institutions et Services publics;
    d. Faire de la corruption, de l’impunité, de la criminalité économique et du trafic d’influence l’ennemi n°1 de la RDC ;
    e. Appliquer le droit des provinces de retenir à la source les 40% des recettes à caractère national ainsi que celui des entités territoriales décentralisées ;
    f. Elaborer la loi sur la péréquation
    g. Mettre en place une politique salariale capable d’inciter tout le personnel de l’Etat à imposer l’autorité de ce dernier à tous les niveaux et à travers tout le pays ;
    C. S’agissant de la décentralisation
    a) Accélérer la mise en place des nouvelles provinces conformément à la Constitution ;
    b) Rendre effective la décentralisation territoriale
    c) Amener les Assemblées provinciales à assumer leurs prérogatives, notamment par la formation systématique de leurs membres;

    D. S’agissant du développement économique
    Elaborer un programme national minimum qui devra notamment :
    a) Mettre un terme à la politique de développement sélectif et déséquilibré du pays ;
    b) Faire de l’agriculture le moteur du développement national notamment en planifiant et en structurant dans un premier temps, un programme du secteur précité autour des chefs-lieux des provinces et des Entités territoriales décentralisées.
    c) Mettre un terme à l’importation et à la circulation des produits pirates et périmés ;
    d) Mettre en place un Gouvernement chargé d’exécuter ledit programme minimum.

    E. S’agissant de la réforme institutionnelle
    a) Evaluer le niveau d’exécution des résolutions issues du Dialogue inter congolais pour les adapter à l’évolution de la situation du pays ;
    b) Repenser le système électoral congolais notamment par :
    1. le recensement général de la population, afin de déterminer, entre autres, le calcul du quotient électoral, non pas en fonction du nombre des citoyens enrôlés mais plutôt de celui
    recensé ;
    2. la modification de la loi relative à la CENI, de manière à affirmer le strict respect du principe constitutionnel de l’indépendance de la CENI dans la désignation de ses membres par la seule
    société civile, avec comme corollaire, un audit général de cette institution d’appui à la démocratie ;
    3. l’organisation d’une administration électorale compétente et permanente ;
    4. le rétablissement de la pyramide électorale, en commençant par les élections à la base ;
    5. la mise en oeuvre d’une politique prévisionnelle du financement des élections ;
    c) Promulguer la loi portant organisation et fonctionnement de la Cour Constitutionnelle ;
    d) Dépolitiser la Justice, le recrutement et l’avancement en grade de manière à mettre en exergue la compétence, la moralité et non plus
    des critères subjectifs tels que le régionalisme, le tribalisme, le clientélisme, le népotisme.
    Doter le Conseil Supérieur de la Magistrature des moyens conséquents de son indépendance.
    e) Revitaliser les services de contrôle, notamment : l’Inspection Générale des Finances, la Cour des Comptes, la Direction Générale des Douanes et Assises, l’Office Congolais de Contrôle, et surtout, le Parlement qui est l’instance la plus élevée de contrôle des institutions.
    F. S’agissant des objectifs de réconciliation nationale, de tolérance et de démocratisation

    POUR Y PARVENIR, il est impérieux de :
    a) Conclure un compromis politique historique, véritable pacte républicain, devant amener toute la classe politique et la société civile à s’accorder sur la pratique d’une démocratie consensuelle, et
    la mise en train d’un plan de développement économique et social dont le produit doit être porteur de bien-être pour tous les congolais ;
    b) Indiquer et adopter, au cours du Dialogue politique, les réformes nécessitées par la situation actuelle du pays ;
    c) Fixer les principes, les bases, les actions et le timing pour la formation d’une armée telle que voulue par tous les congolais, républicaine, apolitique, nationale, professionnelle et dissuasive ;
    d) Prendre tous l’engagement formel de ne pas réviser les articles verrouillés de la Constitution.
    e) Tirer les conséquences de la déliquescence de la légitimité des Institutions.
    f) Libérer les prisonniers politiques et d’opinion et sanctionner les auteurs des violations des droits de l’homme ;
    g) Restructurer la CENI et procéder à la modification de certaines dispositions qui énervent la pratique de la démocratie dans notre pays.

    4. Concernant la problématique de la révision constitutionnelle et des questions électorales
    A- S’agissant de la révision constitutionnelle Le conclave de l’Opposition politique note la détermination du pouvoir en place de procéder à la révision constitutionnelle spécialement de l’article
    70 verrouillé en vue de se pérenniser en augmentant le nombre de mandats du Président de la République.
    Pour contrer cette intention de violer la Constitution, l’Opposition politique a décidé de ne pas toucher à notre Constitution et de mener une série d’actions notamment :

    Pour ce faire,
    – Sensibiliser et mobiliser la population en vertu de l’article 64 de la Constitution qui dispose : « Tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force
    ou qui l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution. Toute tentative de renversement du régime constitutionnel constitue une infraction imprescriptible contre la Nation et l’Etat. Elle est punie conformément à la loi. »
    Le mot d’ordre « touche pas à ma Constitution » doit être instamment donné au peuple Congolais.
    – Responsabiliser les parlementaires pour faire en sorte que le point sur la révision constitutionnelle ne soit retenu à aucun ordre du jour de la présente législature ;
    – Mener des actions utiles dans ce sens auprès de la communauté internationale, afin de barrer la route à toute révision des articles 70 et 220 de la Constitution ;

    B. S’agissant des questions électorales
    Le conclave propose que la loi électorale future et le calendrier électoral puisse inverser l’ordre des élections en commençant par les élections à la base, avant les élections nationales.
    Par ailleurs, le conclave de l’Opposition politique préconise une CENI véritablement neutre et indépendante dirigée par la Société civile ou, à défaut, par une représentation égalitaire entre les trois composantes à
    savoir : la majorité présidentielle, l’opposition et la société civile.
    La désignation des membres doit se faire par leurs organisations de base respectives en dehors de toute immixtion des autres Institutions de l’Etat.
    A ce sujet, l’Opposition politique constate que le Président actuel de la CENI, l’Abbé MALU MALU est le seul membre qui n’ait reçu mandat de sa composante, l’Eglise catholique. Tout se passe comme si la CENI était
    devenue l’appendice de l’Assemblée Nationale en ce qu’elle traduit les rapports de forces en son sein entre la mouvance présidentielle et l’opposition minoritaire.
    Davantage, le Président de la CENI, Monsieur l’Abbé MALU MALU, notoirement connu comme membre influent de la mouvance présidentielle, porte-parole des experts du Gouvernement aux négociations de Kampala, suscite beaucoup de suspicion sur sa personne et par conséquent, n’inspire pas confiance. Il doit être récusé.
    Enfin, l’Opposition politique relève que les 5 années qui constituent le mandat constitutionnel des Sénateurs, Députés provinciaux et Gouverneurs sont largement dépassées.
    La résolution n° 2 des présentes assises livre la quintessence de la position de l’Opposition politique sur la problématique sus évoquée.

    5. Concernant la problématique du règlement intérieur du Dialogue politique
    L’Opposition politique en conclave a décidé de donner son point de vue sur le projet du règlement intérieur du Dialogue politique lors des contacts qui seront initiés entre elle, la Mouvance présidentielle et la société civile
    au sein du comité préparatoire dudit Dialogue.
    6. Concernant la problématique de l’organisation et du fonctionnement de l’Opposition politique
    Face aux enjeux de l’heure et à la nécessité pour l’Opposition politique congolaise de parler d’une seule voix, les membres du conclave ont pris les résolutions n° 3, 4, et 5 se rapportant à la mi se en place d’une
    structure provisoire de direction et de représentation de l’opposition jusqu’à l’installation du Porte-parole de l’Opposition.

    V. Des résolutions
    RESOLUTION N° 1

    RESOLUTION EN RAPPORT AVEC LA QUESTION DE l’ANALYSE DE L’ORDONNACE N° 13/078 PORTANT CREATION, ORGANISATION ET FONCTIONNEMENT DES CONCERTATIONS NATIONALES
    PREAMBULE
    Les membres de l’Opposition Politique Congolaise réunis en Conclave à Kinshasa, du 6 au 11 juillet 2013 ;
    Rappelant dans le cadre des droits et obligations découlant de l’article 8 de la Constitution et de l’article 8 de la loi n°07 /008 du 4 décembre 2007 portant Statut de l’Opposition ;
    Convaincus que la paix ne peut être ramenée en République Démocratique du Congo qu’avec la mise en oeuvre par toutes les parties prenantes, y compris le Chef de l’Etat congolais, des engagements
    découlant de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba du 24 février 2013 et de la Résolution 2098 du Conseil de Sécurité des Nations Unies du 27 mars 2013 ;
    Rappelant également le Rapport du Secrétaire Général de l’Organisation des Nations Unies du 25 Février 2013 au Conseil de Sécurité sur la mise en oeuvre dudit accord, spécialement en son point IV;
    Rappelant, en outre, la Déclaration de l’Opposition Politique Congolaise du 1er juillet 2013 consécutive à la publication de l’Ordonnance n°13/078 du 26 juin 2013 portant Création, organisation et fonctionnement des
    « Concertations Nationales ».
    Vivement préoccupés de ce que le Président de la République s’est écarté de l’esprit et de la lettre de l’Accord-cadre et de la Résolution en créant les « Concertations Nationales » en lieu et place d’un Dialogue
    politique transparent et sans exclusive entre toutes les parties prenantes congolaises, en vue de favoriser la réconciliation et la démocratisation comme le recommande la Résolution 2098 en son point 14 b);
    Persuadés que seul le Dialogue politique pré-rappelé peut créer un consensus entre acteurs politiques et sociaux, afin de faciliter la mise en oeuvre de tous les engagements pris et de mettre fin à la crise sociale et
    politique qui ébranle notre pays et de restaurer la cohésion nationale ;
    Exigent que:
    1. les parties prenantes devraient être invitées à discuter lors d’un « Dialogue Politique » transparent et sans exclusive que le Président de la République aura à convoquer le plus diligemment possible « et
    non pas à créer ». Ce forum se réunira à Kinshasa, siège des institutions de l’Etat.
    2. le Dialogue Politique devrait se tenir sous l’égide des Nations Unies. A cette fin, l’Envoyée spéciale du Secrétaire Général pour la Région des Grands Lacs, Madame Mary Robinson aura à accompagner les
    travaux à titre de témoin pour leur aboutissement heureux. Le Président de la République du Congo, M. Denis Sassou N’Guesso, cosignataire de l’Accord-cadre et Président en exercice de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL) devrait jouer l’indispensable rôle de facilitateur.
    3. le Dialogue Politique aura pour mission de débattre, notamment :
    – les problèmes sociaux des Congolais sur le plan du fond, l’Opposition politique a relevé que la situation n’a pas été prise en compte.
    – Le problème des violations massives de droits de l’homme et violence fait à la femme, de l’enrôlement des enfants soldats, du pillage et du bradage des ressources naturelles, de la formation de
    l’armée nationale professionnelle, de la légitimité des Institutions, de l’enrichissement sans cause, des biens mal acquis.
    – des matières faisant l’objet des engagements auxquels le Président de la République Démocratique du Congo a librement souscrits en signant l’Accord-cadre d’Addis-Abeba.
    4. les principes suivants devront s’appliquer dans la désignation des participants au Dialogue Politique :
     la représentation égale des 26 provinces constitutionnelles du pays ;  la représentation paritaire de la Mouvance présidentielle, de l’Opposition Politique parlementaire et extraparlementaire, et de la
    Société civile ;  la représentation de la femme dont le quota est fixé à 30 % ;  la non exclusion pour permettre la participation des anciens candidats à la dernière élection présidentielle, des chefs de corps
    constitué, des congolais de la diaspora et des représentants des groupes armés congolais ;  la décrispation politique à travers l’amnistie et la libération des prisonniers politiques ou d’opinion ;
    5. la convocation du Dialogue Politique sera consécutive à un Rapport dressé par une Commission préparatoire mixte paritaire composée des délégués de la Mouvance présidentielle, de l’Opposition Politique
    parlementaire et extraparlementaire, et de la Société civile. Elle aura notamment pour mission l’organisation matérielle et logistique, le format du Dialogue, l’élaboration des projets de budget, de l’ordre du
    jour et du Règlement intérieur ;
    6. Les Résolutions du Dialogue Politique seront prises par consensus.
    Elles seront exécutoires et opposables à tous.
    RESOLUTION N° 2

    RESOLUTION EN RAPPORT AVEC LES QUESTIONS DE REVISION CONSTITUTIONNELLE ET ELECTORALES
    L’Opposition Politique décide :
    1. En rapport avec la révision de la Constitution :
    – de rejeter et de s’opposer à toute tentative de révision constitutionnelle ;
    – d’inviter toutes les parties prenantes à prendre l’engagement solennel, avant le début des travaux du Dialogue politique, à s’abstenir de toute entreprise de révision constitutionnelle;
    – de sensibiliser et de mobiliser, dès à présent, le peuple Congolais à défendre sa Constitution autour du mot d’ordre « Touche pas à ma Constitution » et ce, sur base de l’article 64 de la
    Constitution ;
    – de responsabiliser les parlementaires afin que le point sur la révision constitutionnelle ne figure sur aucun ordre du jour de la législature en cours;
    – de mener les actions en faveur du maintien de la Constitution en vigueur, auprès de la Communauté Internationale ;
    – de ne participer à aucune Transition ni Gouvernement d’Union Nationale dont la finalité est de prolonger les mandats des institutions en place ;
    2. En rapport avec les Questions électorales :
    – de ne pas reconnaître la CENI et son Bureau actuel, car partiaux et dépendant de la mouvance au pouvoir, d’une part et reflet des rapports de force existants au sein de l’Assemblée Nationale,
    d’autre part ;
    – de réorganiser, au cours du Dialogue politique, la CENI et de mettre en place un nouveau Bureau sur base des principes de l’égalité entre composantes et de la neutralité afin de garantir son
    indépendance et la sincérité des résultats du vote ;
    – de transposer la représentation des composantes au niveau national dans les CLCR ;
    – de maintenir le scrutin majoritaire proportionnel à plus fort reste à tous les niveaux;
    – de rejeter le système des apparentements, stratégie de la mouvance présidentielle pour confisquer le pouvoir ;
    – de renverser, pour le prochain cycle électoral, la pyramide en commençant par les élections à la base pour terminer par les
    élections nationales ;
    – de régler la question du dépassement des mandats des Sénateurs, Députés provinciaux et Gouverneurs de provinces.
    – d’intégrer dans la loi électorale la publication des résultats de vote, 24 heures après le dépouillement, dans le site de la CENI, l’audit du serveur central par toute partie intéressée, la proclamation des résultats immédiatement après la fin du dépouillement;
    – de réfléchir sur la possibilité d’aller en ordre utile aux élections de 2016 afin d’assurer l’alternance au pouvoir.

    RESOLUTION N° 3

    RESOLUTION EN RAPPORT AVEC L’ORGANISATION ET LE FONCTIONNEMENT DE L’OPPOSITION POLITIQUE
    A. L’ORGANE DÉLIBÉRANT TRANSITOIRE : ASSEMBLEE PLENIERE
    Le conclave ;
    Vu la nécessité et l’urgence ;
    Décide de créer un organe délibérant dénommé assemblée plénière; · L’assemblée plénière est l’organe suprême de l’Opposition politique ;
    · Elle est composée de tous les partis, regroupements politiques, groupes parlementaires et personnalités politiques de l’opposition congolaise ;
    · Elle est l’organe d’orientation, de décisions, de contrôle, et de suivie des résolutions du conclave de l’opposition.

    B. CONCERNANT L’ORGANE EXECUTIF TRANSITOIRE
    Le conclave ;
    Vu la nécessité et l’urgence ;
    Décide:
    – La création d’un organe exécutif transitoire de l’Opposition dénommé Coordination de l’opposition politique congolaise ;
    – La coordination est chargée d’assurer le suivi et l’exécution de toutes les résolutions et recommandations du conclave ;
    – Il est chargé de développer toutes les stratégies de mobilisation de la population en vue de la conquête du pouvoir par l’opposition
    politique ;
    – Il convoque et dirige les réunions et autres activités de l’opposition politique qu’il représente auprès des tiers ;
    – Il a le pouvoir de prendre position sur toutes les questions d’intérêts national et sur toute autre question présentant un intérêt particulier pour la RDC et ses partenaires internationaux ;
    – Il est composé de quinze membres issus des différents regroupements de l’opposition parlementaire et extraparlementaire, en tenant compte de la représentation nationale, de la femme et de
    la personne vivant avec handicap ;
    – Il est placé sous l’autorité d’un coordonateur national assisté des coordonateurs adjoints.
    Le conclave,
    Vu la nécessité et l’urgence ;
    Decide:
    – Le fonctionnement des structures de l’opposition politique congolaise issus du conclave part de leur mise en place jusqu’à l’installation du porte-parole de l’opposition.
    – Le bureau du conclave est chargé de la mise en place de ces organes et d’une commission technique chargé de rédiger le Règlement intérieur transitoire de l’opposition dans les 15 jours qui
    suivent la clôture des travaux du conclave de l’Opposition.
    Fait à Kinshasa, le 11 juillet 2013
    Le Conclave de l’Opposition politique

  • Deux ans après le Sofitel, DSK raconte

    Deux ans après le Sofitel, DSK raconte

    Photomontage montrant Dominique Strauss-Kahan et Nafissatou Diallo
    Photomontage montrant Dominique Strauss-Kahan et Nafissatou Diallo

    -Ses relations avec les femmes, son expérience de la justice américaine, la théorie du complot… Dans une interview accordée à CNN et diffusée le 10 juillet, Dominique Strauss-Kahn (DSK) est revenu sur l’affaire du Sofitel et des accusations de viol portées contre lui par Nafissatou Diallo.

    Dominique Strauss-Kahn a accordé sa première interview en anglais depuis l’affaire du Sofitel en mai 2011. Diffusé par la chaîne américaine CNN, le 10 juillet, l’entretien enregistré à Paris a été l’occasion pour l’ancien directeur du FMI de délivrer sa vérité dans l’affaire des accusations de viol proférées par une femme de chambre guinéenne de l’hôtel Sofitel de New York, Nafissatou Diallo.

    Il est en particulier revenu sur le moment « terrible », où il a été présenté, menotté, devant les caméras, le 15 mai 2011 à New-York – un épisode classique de la vie judiciaire américaine, connu sous le nom de « perp walk ». « J’étais en colère, je ne comprenais pas ce qui se passait, je ne comprenais pas pourquoi j’étais là. Je comprenais juste qu’il se passait quelque chose que je ne comprenais pas », dit-il. « C’est une chose terrible, vraiment. Le problème c’est que cela se passe à un moment où, dans la société américaine comme dans la société européenne, vous êtes présumé innocent jusqu’à ce que vous soyez reconnu coupable », ajoute-t-il.

    DSK a vu les poursuites pénales contre lui abandonnées par le parquet de New York, qui avait remis en cause la crédibilité de la femme de chambre. Et un accord financier confidentiel, conclu en décembre dernier avec son accusatrice, a réglé l’affaire au civil. « J’étais prêt à aller au procès (civil) », assure-t-il, ajoutant que ses avocats lui ont conseillé de ne pas le faire. « Mes avocats m’ont dit : “ça va prendre quatre ans et ça va vous coûter plus cher en frais de justice (…) même si vous gagnez”. J’ai donc décidé de (conclure) un accord financier et de continuer ma vie », déclare-t-il.

    DSK : “Quelque chose est arrivé qui relevait de la vie privé”

    Alors que s’est-il passé dans la chambre de cette fameuse suite 2806 du Sofitel, ce 14 mai 2011 ? « Quelque chose est arrivé qui relevait de la vie privée et je pense toujours que ce qui s’est passé dans cette chambre d’hôtel relève de la vie privée, à moins qu’un procureur vous dise que vous allez être inculpé pour avoir fait quelque chose et qu’il en ait les preuves », explique DSK. « Mais quand le procureur vous dit “OK, finalement, nous n’avons pas de quoi vous inculper”, cela veut dire que c’est une affaire privée, et personne n’a rien à dire là-dessus », poursuit-il.

    Dominique Strauss-Kahn revient aussi sur la réputation d’addiction au sexe qu’il traîne depuis qu’il a été impliqué dans plusieurs affaires de mœurs – sans pour l’instant avoir jamais été condamné. Il a affirmé n’avoir « pas de problème particulier avec les femmes ». Mais il ajoute qu’il a, en revanche, « certainement un problème pour n’avoir pas compris que ce que l’on attend d’un homme politique de très haut niveau est différent de ce que peut faire M. Tout-le-Monde ».

    Vie privée, vie publique

    « J’ai fait cette erreur » de penser qu’on pouvait avoir vie publique et vie privée « ensemble, sans lien entre elles », ajoute DSK. « J’ai eu tort, parce que les gens n’attendent pas ce genre de comportement hétérodoxe de la part de quelqu’un qui a des responsabilités publiques. (…) Je ne voulais pas payer ce prix et finalement, je l’ai payé deux fois », ajoute l’ancien présidentiable socialiste, qui a dû renoncer à se présenter au scrutin de 2012, précisant que « désormais, les problèmes de la politique française sont derrière moi. (…) Je travaille de par le monde avec les gouvernements, je suis content d’aider et j’aime cela ».

    Enfin, DSK évoque brièvement la question du complot qui aurait été mené contre lui par ses opposants politiques. Interrogé sur le sujet, il affirme qu’il y accorde quelque « crédit » mais n’en a « pas la preuve ». « Il vaut mieux donc que je ne dise rien ».

    (Avec AFP)

  • Rwanda-Patrick Karegeya : «Nous savons d’où les missiles sont partis»

    Rwanda-Patrick Karegeya : «Nous savons d’où les missiles sont partis»

    Photo Patrick Karegeya
    Photo Patrick Karegeya

    -Ancien chef des services de renseignement extérieur du Rwanda, Patrick Karegeya a fui le pays en 2007 et vit aujourd’hui en exil en Afrique du Sud. Comme le général Faustin Kayumba Nyamwasa, il accuse le président Kagame d’être responsable de l’attentat qui en avril 1994 a coûté la vie à Juvénal Kabyarimana. Tous deux se disent prêts à rencontrer le juge français en charge de l’enquête, Marc Trévidic.

    Propos recueillis par notre envoyée spéciale en Afrique du sud, Sonia Rolley

    Depuis quand connaissez-vous le président Kagame ?

    Cela fait très longtemps. On était ensemble à l’école. Il devait être deux classes au-dessus de moi. Donc cela fait plus de trente ans.

    Et vous avez travaillé ensemble dans l’armée ougandaise…

    Oui, nous avons travaillé dans le même département, celui des renseignements militaires.

    Quand avez-vous décidé de prendre les armes ?

    Je crois que tout a commencé en 1987. Fred Rwigyema était toujours vivant et il y avait aussi d’autres officiers plus âgés que nous. Ils organisaient les réunions, décidaient qui parmi les officiers devaient y participer. Donc oui, nous participions aux réunions, puis nous retournions sur le terrain pour voir ce qui se passait. Et nous leur faisions notre rapport.

    Quand est-ce que le président Kagame a pris le contrôle des opérations ? Et pourquoi lui ?

    Pourquoi lui ? Parce que tous ceux qui étaient au-dessus de lui sont morts. Donc ça lui revenait de commander. Quand tout a commencé, il n’était pas là. Mais quand il est revenu, Fred est mort et les autres aussi, donc c’est lui qui a pris le commandement parce qu’il était en tête de liste. On a tous pensé qu’il était souhaitable qu’il prenne la tête des opérations et c’est ce qu’il a fait.

    Donc il n’y avait aucune contestation à l’époque ?

    Non, aucune. Ce serait compliqué pour des militaires de contester ce type de décision, ce n’est pas comme en politique. Et n’oubliez pas que nous étions en guerre, il n’y avait pas de place pour la politique ou des considérations démocratiques. Et puis ce n’est pas comme s’il prenait la tête du mouvement. Il y avait le Front patriotique rwandais et l’Armée patriotique rwandaise. Il a pris le contrôle de l’APR et du reste plus tard. Mais ça, ça s’est fait petit à petit, au fil des années, pendant la rébellion. Puis on a pris le pouvoir. Et ce n’est qu’en 1998 qu’il a pris la tête du FPR. Il a réussi à se défaire de tout le monde et même de son patron de l’époque, Bizimungu, qui était président. Et on doit tous plaider coupable parce que ça s’est passé sous nos yeux. Mais comme on était en guerre, personne n’a eu le courage de dire quoi que ce soit ou de convoquer une réunion pour ça. Donc les civils ont été pratiquement tous éjectés du mouvement. C’est devenu une institution militaire qui n’a conservé du FPR que le nom.

    Mais on a toujours l’impression qu’il était en charge de tout, même à l’époque où Pasteur Bizimungu était président. Est-ce que tout ça n’était pas du décorum ?

    Non, pas exactement. Il était à la tête de l’armée et tout dépendait de l’armée. Evidemment, tous ceux qui venaient avec un problème politique, ils étaient accusés d’abord de mettre en péril les efforts de guerre, puis de ne pas être suffisamment patriotes. Et très peu de gens finalement avait le courage de dire « il y a l’action militaire et il y a la politique ». Donc il a véritablement pris le contrôle de tout sans que personne n’ose dire quoi que ce soit ou même n’ose contredire ce qu’il disait. Il est devenu l’homme fort comme on dit.

    Pourquoi ne contestiez-vous pas ces décisions ? Est-ce que vous ne considériez pas qu’il était le meilleur pour faire ce travail ?

    Meilleur ou non, il était déjà en place. Donc on se contentait d’essayer d’arranger les choses, de le convaincre de ne pas faire certaines des choses terribles qu’il avait en tête. C’est pour ça qu’on a fait partie des dégâts collatéraux. On a essayé de lui dire que ce n’était pas bien, que ce n’était pas la bonne manière de faire les choses. Mais parce qu’il avait tous les pouvoirs, il a commencé à voir toutes les critiques ou même simplement les suggestions comme une remise en cause personnelle. C’est devenu évident qu’à un moment, il n’y avait plus de différence entre lui et l’Etat. Comme vous dites en France : « l’Etat, c’est moi ». Et maintenant qu’il a tous les pouvoirs, il se comporte en monarque absolu. Et personne ne peut contester ses décisions.

    Vous accusez aujourd’hui le président Kagame d’être derrière l’attentat contre l’avion de Juvénal Habyarimana. Avez-vous des preuves de son implication ?

    Si nous n’en avions pas, nous ne dirions pas ça. Evidemment, nous en avons. Nous ne spéculons pas. Nous ne sommes pas comme ceux qui essaient d’enquêter, qui disent que le missile venait de Kanombé (ndlr : camp militaire des FAR, l’armée rwandais de l’époque). Nous savons d’où les missiles sont partis, qui les a acheminés, qui a tiré. Nous ne spéculons pas. On parle de quelque chose que l’on connait.

    Mais pourquoi ne le rendez-vous pas public ? Pourquoi les garder pour vous ?

    Nous ne les gardons pas pour nous. Il n’y a pas eu d’enquête digne de ce nom. On ne veut pas livrer tout cela aux médias. Souvenez-vous que tout ceci aura des conséquences pour des gens. Les gens qui ont perdu leurs vies avaient une famille, des amis. Si je vous le dis, évidemment, vous allez le publier et ça ne va pas aider les victimes. Donc, on s’est toujours dit que ça devait se faire dans le cadre d’une enquête judiciaire, qu’on puisse dire dans ce cadre-là ce que l’on sait.

    Le juge Trévidic ne vous a jamais contacté ?

    Non, ces juges ne sont jamais venus vers nous. S’ils le font, nous le dirons ce que nous savons. Mais on ne peut pas leur forcer la main. S’ils souhaitent nous entendre, ils viendront. Et puis n’oubliez pas que ce sont des Français et que les victimes sont rwandaises. Donc on estime aussi que ce serait mieux si des Rwandais faisaient aussi ce travail… Mais ça, évidemment, ça ne pourra se faire qu’après le départ de Kagame. Nous n’espérons pas qu’il y ait une enquête judiciaire rwandaise pour le moment. Les Français ont pris la liberté de le faire, mais aucun d’eux n’est venu nous voir.

    Est-ce que vous êtes impliqué dans cette attaque ?

    Non, mais ça ne veut pas dire que je ne sais pas ce qui s’est passé.

    Et vous n’occupiez pas un poste qui vous permettait d’empêcher cet attentat ?

    L’empêcher ? Non, je ne m’y serais pas opposé. Il l’a décidé. Et je n’aurais jamais pu dire : ne le faites pas. Il était sûr de sa décision. Mais savoir, ça, oui, on sait.

    Mais pourquoi abattre cet avion ?

    Il croit que tous les opposants doivent mourir… Et à cette époque, parce que c’était Habyarimana, c’était un moyen de prendre le pouvoir. Habyarimana venait de signer un accord de partage du pouvoir, même s’il essayait de gagner du temps, ce n’était pas une raison pour le tuer. Il fallait suivre le processus et s’assurer qu’il aille jusqu’au bout. Beaucoup de gens disaient qu’il essayait de gagner du temps, je ne cherche pas à le défendre. Mais même s’il a commis des erreurs, il ne méritait pas de mourir.

    Vous avez été chef des renseignements extérieurs pendant dix ans et, en 2004, vous avez été démis de vos fonctions. Pouvez-vous expliquer pourquoi ?

    C’est le résultat d’une série de désaccords avec le président Kagame sur sa lecture du pays en termes de gouvernance, de droits de l’homme, à propos également de la situation au Congo… Ça a duré assez longtemps. A un moment, j’ai réalisé qu’on n’allait nulle part. Je lui ai demandé de me laisser faire ma vie, il a refusé. Trois ans après, il a fini par me jeter en prison. Pas une, mais deux fois. Donc il s’agissait de désaccords politiques, rien de personnel.

    Rien de personnel ? Mais vous étiez amis…

    Bien sûr que nous étions amis, mais je faisais partie du gouvernement. Je n’étais pas là pour l’encenser. En tant que chef des renseignements, je pense que ce que je pouvais faire de mieux, c’était de lui dire la vérité, que la vérité soit amère ou non. Mais le fait qu’il ne puisse pas l’accepter et qu’il le retienne contre moi, je crois que ce qui se passe aujourd’hui me donne raison.

    Quelles abominables vérités lui disiez-vous par exemple ?

    Les habituelles, je lui disais que ce que nous faisions n’était pas bien en terme de justice, de démocratie, de liberté de la presse. Il y avait la seconde guerre du Congo. On a parlé de tout ça et on ne tombait jamais d’accord. Mais parce que ça n’avait pas lieu en public, personne ne réalisait qu’il y avait une sorte de guerre froide entre lui et moi.

    Donc il y a eu pendant des années des dissensions au sein du Front Patriotique Rwandais ?

    Oui, mais cela se passait entre les militaires. Les civils n’en savaient rien. Et il n’y avait pas que moi. D’autres aussi étaient mécontents. Certains en ont fait les frais. D’autres ont décidé de se taire pour toujours. C’est une question de choix. Si vous en parliez publiquement, ils vous pendaient haut et court. Certains sont morts, d’autres ont été jetés en prison, d’autres comme nous se sont retrouvés en exil. Et ça va continuer tant qu’il reste sur cette ligne.

    Vous disiez que vous vous êtes opposés à la seconde guerre du Congo. Donc vous étiez favorable à la première ?

    Oui, définitivement. Il y avait des raisons parfaitement légitimes de la mener. A cause de ce qui se passait de l’autre côté de la frontière, dans les camps, la réorganisation (ndlr : des ex-FAR-Interahamwe), soit on réglait le problème, soit ils allaient s’occuper de nous. Celle-là était légitime. Mobutu les soutenait. En ce qui concerne la deuxième guerre, il nous suffisait de parler, nous n’avions pas nécessairement besoin de nous battre. Et comme vous le voyez, nous n’avons obtenu aucun résultat. Nous en sommes toujours au même point. RCD, CNDP, M23. Il y aura probablement aussi un M27… Ca n’aide pas le Congo. Ca n’aide pas le Rwanda. Ca n’apporte que des souffrances dans la région.

    Bosco Ntaganda qui était l’un des chefs du CNDP est devant la Cour pénale internationale. Est-ce que vous allez témoigner devant la cour ?

    Je ne sais pas pourquoi je devrais le faire. Mais si la cour estime qu’elle peut apprendre quelque chose de moi, je coopérerai avec elle. Mais je crois que la CPI ne juge pas la bonne personne. Elle devrait traduire en justice Kagame et pas Ntaganda.

    Pourquoi ?

    Parce que c’est lui qui l’a choisi au Rwanda et l’a envoyé dans l’est du Congo. Alors pourquoi s’occuper des symptômes et pas de la maladie ?

    Donc vous affirmez que Bosco Ntaganda est rwandais et pas congolais ?

    Oui, bien sûr qu’il est rwandais. Il était dans l’armée rwandaise, on l’a choisi, envoyé auprès de Lubanga et on l’a approvisionné en armes. Donc quand il cause tous ces problèmes, le coupable, ça ne devrait pas être Ntaganda, mais Kagame. Ntaganda a juste été déployé. Donc ces événements sont de la responsabilité de son commandant.

    De quel corps d’armée était-il issue ? Où était-il basé ?

    Ce n’est pas comme si on en avait plusieurs. Il était des forces de défense rwandaise. Il était sous-officier. La plupart de ceux qui ont dirigé la rébellion venaient du Rwanda de toute façon. Ntaganda n’est pas un cas particulier. Nkunda, Ntaganda, ils ont été formés au Rwanda, mais ne se sont pas battus là. C’est pourquoi je dis qu’ils ne s’occupent pas des bonnes personnes. Ils étaient déployés, c’est tout

    Bosco Ntaganda s’est enfui au Rwanda et a trouvé refuge à l’ambassade des Etats-Unis. Est-ce que c’était avec l’aide du gouvernement rwandais ?

    Non, il voulait sauver sa peau. S’il s’était rendu au gouvernement rwandais, ça aurait été une toute autre histoire. Je ne pense pas qu’ils l’auraient remis à la Cour pénale internationale.

    Pourquoi avez-vous fui le pays en 2007 ?

    J’avais déjà testé la prison deux fois. Et j’ai été maintenu à l’isolement. Deux fois en deux ans. Quand je suis sorti, j’ai été amené au ministère de la Défense, j’ai été malmené par des officiers, or certains sont en prison aujourd’hui, d’autres ont des problèmes. Mais bon, le fait important, c’est qu’ils m’ont dit que Kagame allait s’occuper de moi définitivement. Ça en inquiétait tout de même certains. Ils m’ont dit que si je tenais à la vie, il fallait que je parte. Je n’avais pas de raison d’en douter. Donc je suis parti. Et en fait, c’était bien vrai. C’est qu’il a essayé de faire ici. C’est pour ça qu’on a tiré sur mon collègue (ndlr : le général Faustin Kayumba Nyamwasa). J’ai eu de la chance de m’en sortir sans aucune égratignure.

    RFI

  • Faustin Kayumba Nyamwasa: «Je suis prêt à apporter toutes les preuves»

    Faustin Kayumba Nyamwasa: «Je suis prêt à apporter toutes les preuves»

    kayumba-kagame-L’ancien chef d’Etat-major rwandais Faustin Kayumba Nyamwasa réitère ses accusations envers Paul Kagame. Il se dit prêt à répondre aux questions de la justice française sur l’attentat contre l’avion de l’ancien président Juvénal Habyarimana. Il avait été inculpé dans le cadre de cette affaire par la justice française en 2006, suite au rapport du juge Jean-Louis Brugière.

    Général Kayumba Nyamwasa, vous avez accusé le président Kagame d’être responsable de l’attaque qui a coûté la vie à Juvénal Habyarimana. De quel type de preuves disposez-vous ?

    J’étais en position de savoir qui est responsable de l’attaque. Je ne me cache pas. Le rapport sur l’attentat (ndlr : le rapport Bruguière) a été publié quand j’étais en Inde. Je n’ai pas fui et suis resté à mon poste. Et les Français, s’ils le souhaitaient, auraient pu venir me parler. Et même maintenant, je suis toujours prêt à leur parler. Ce que je sais sera une affaire entre la justice et moi. Je suis prêt à leur apporter toutes les preuves dont je dispose. A l’époque, j’étais responsable des renseignements militaires. C’est impossible que je ne sois pas au courant de qui a mené l’attaque et de ce qui s’est passé.

    Mais étiez-vous vous-même impliqué dans cette attaque ?

    Cela, je vais en parler avec le juge. Mais quand j’ai dit ce que j’ai dit, c’est simplement parce que je savais qu’un jour, j’aurai la possibilité de dire toute la vérité.

    Donc vous êtes prêt à témoigner en France, par exemple ?

    Sans aucun doute, évidemment, oui. Je serai amené à le faire un jour.

    Même si vous êtes accusé d’y avoir participé ? Vous irez répondre à ces accusations ?

    Être accusé, ce n’est pas la même chose que d’être coupable. Je suis accusé, mais pas coupable. J’ai la conscience tranquille.

    En 2008, un juge espagnol a lancé des mandats d’arrêt contre quarante officiers supérieurs rwandais pour des crimes commis après 1994 et en particulier pour l’assassinat de religieux et de travailleurs humanitaires qui travaillaient au Rwanda à l’époque. Et vous en faites partie. Etes-vous prêt à répondre également de ses accusations ?

    Oui, bien sûr. Mais d’abord, vous devrez lire le rapport du juge espagnol. Si vous regardez la liste de ses officiers, Kagame ne fait pas partie des quarante, mais son nom est cité dans le rapport. Il est simplement protégé par son immunité. Ce que je peux vous dire sur cette liste, c’est que la majorité d’entre eux ne sont pas coupables. Et je pense que quand le régime de Kagame ne sera plus en place, toute la vérité sera dite. Mais en ce qui me concerne, oui, je suis prêt à rencontrer le juge espagnol. Je lui donnerais les preuves dont je dispose et je laverai mon nom.

    Vous et le président Kagame, vous avez lutté côte à côte, vous avez été proches, quand est-ce que vos relations ont commencé à devenir difficiles ?
    Cela ne s’est pas fait du jour au lendemain, ça a pris peut-être cinq ou six ans. Parce que j’ai peu à peu réalisé que tout ce pourquoi nous nous étions battus était en train d’être détourné. Au lieu de construire une démocratie, de travailler à la réconciliation, nous n’étions en train de travailler que pour le bénéfice d’un seul. Et je lui en ai un peu parlé, lui ai fait part de mon mécontentement. Et je n’étais pas le seul. Certains de mes collègues ont fait pareil. Mais ça n’a jamais marché. Ces remarques étaient perçues comme une remise en cause du régime. On a fini par être considérés comme des rebelles, des ennemis du pays. On a été traité de tous les noms. C’est la raison pour laquelle je vis en exil aujourd’hui.

    Est-ce qu’à un moment, au sein du Front Patriotique Rwandais, la prise de décision était collégiale ou est-ce qu’elle a toujours été le fait d’un seul ?

    A l’origine, pendant la lutte, nous parlions ouvertement. On pouvait être d’accord, pas d’accord. Pas seulement d’ailleurs le président Kagame et moi. Nous avions un comité exécutif au FPR. J’ai été membre de ce comité, j’étais aussi membre du haut commandant et puis j’ai fini par devenir chef d’Etat-major. Je peux vous dire comment ça se passait parce que j’ai participé à presque toutes les réunions. Mais dans les années 1998, 1999 ou même 2000, tout a changé. Il n’était plus permis de discuter les décisions. Ne pas être d’accord revenait à faire dissension. Ce qui s’est passé, ce que ce qui était une organisation est devenu un one-man show. Et je me suis dit que je n’étais plus à ma place.

    Donc quand vous avez été nommé ambassadeur en Inde en 2004, ce n’était pas le début de vos ennuis avec le président Kagame ?

    Non c’était plutôt l’un des pics de tension. Parce que quand j’ai été envoyé en Inde, notre relation de travail s’était complètement dégradée. Depuis 2000, j’ai fait savoir que j’étais mécontent de la situation et particulièrement concernant la mise à l’écart du président Pasteur Bizimungu et puis finalement son emprisonnement. Donc quand ils m’ont envoyé en Inde, c’est simplement parce que le président Kagame voulait me mettre hors jeu, peut-être qu’il ne supportait même plus de me voir. Je me suis dit que c’était un mal pour un bien. J’ai pris ces cinq années en Inde comme un moyen de disparaître de sa vue et même peut-être de lui sortir de la tête.

    Mais il y avait beaucoup de personnes envoyées en prison à l’époque. Pourquoi avoir choisi de plaider la cause de Pasteur Bizimungu auprès du président Kagame ?

    Pasteur Bizimungu n’a jamais commis aucun crime. Il était en désaccord avec Kagame. Il a été forcé de démissionner. Il a essayé de créer un parti politique d’opposition, ce n’est pas un crime, ça. Je pensais que Pasteur Bizimungu devrait avoir le droit de créer son parti, de devenir le ténor de l’opposition et que s’il gagnait l’élection et bien, qu’il en soit ainsi. Mais vu le contexte de l’époque, il n’avait aucune chance de gagner l’élection, donc il n’y avait aucune raison pour eux de le jeter en prison. Mais ils ont monté un dossier contre lui avec des accusations fantasques : avoir créé une milice, avoir l’idéologie génocidaire, des choses comme ça. Mais moi, je savais que tout ça avait été monté de toutes pièces. Et je m’y suis opposé. Ce n’est pas parce que quelqu’un crée un parti politique, qu’il n’est pas d’accord avec nous, qu’il faut le jeter en prison. Ce n’est pas la bonne manière de faire. Nous nous sommes battus pour ramener la liberté dans le pays, la liberté d’expression, la liberté de réunion et si Bizimungu voulait exercer cette liberté, pourquoi l’emprisonner ?

    Alors pourquoi ne pas avoir protesté publiquement ?

    Vous savez, j’étais membre de ce gouvernement et j’étais dans l’armée. Je ne vois pas vraiment comment j’aurais pu manifester ouvertement mon mécontentement. Je pense que la loi et les réglementations voulaient que ces choses soient discutées à huis clos avec les autorités et c’est ce que j’ai fait.

    Pourquoi avez-vous quitté le Rwanda en février 2010 ?

    J’ai quitté le Rwanda parce que la situation a empiré. J’ai reçu des informations indiquant que ma sécurité était menacée. Je savais que par le passé, il y avait eu des tentatives de m’éliminer. Ceux qui avaient été mandatés pour le faire avaient refusé. En 2010, on m’a convoqué pour une réunion d’explication. L’objectif était de m’accuser de plusieurs choses concernant mon comportement. On m’a demandé de présenter mes excuses à Paul Kagame. J’ai répondu que je n’avais commis aucun crime. Que tout ce dont on m’accusait était faux. Et j’ai refusé de le faire. Beaucoup de gens l’ont fait par le passé et le font encore aujourd’hui au Rwanda, que ce soit dans le cas de mon ami, le général Karenzi, qui a été mis en prison pour une affaire qui n’a jamais été jugée. On lui a demandé de présenter ses excuses. D’après ce que j’ai compris, il a écrit une lettre. Je peux aussi vous citer aussi le cas du général Muhire. Lui aussi a fait de la prison, n’est jamais passé devant la justice et a dû écrire une lettre pour demander pardon. Je pourrais vous en citer plein d’autres. Pour moi, c’était inconcevable de demander pardon pour un crime que je n’avais pas commis. Et je savais aussi que le président Kagame voulait que j’écrive cette lettre pour pouvoir m’incriminer par la suite. Qu’il allait l’utiliser au sein du FPR, peut-être la transmettre à des diplomates et même peut-être la rendre publique. Ces lettres sont utilisées pour prendre les gens en otage. Et je ne voulais pas devenir l’otage du régime.

    En février 2010, il y a eu des attaques à la grenade sur le sol rwandais. Et vous avez été accusé par Kigali d’être responsable de ces attaques…

    Si j’avais été mêlé à ces attaques, j’aurais été arrêté à Kigali. Mais je n’ai été accusé que plus tard, quand j’étais déjà ici en Afrique du Sud. C’est bien la preuve que je ne suis pas impliqué. Et puis les gens qui ont été arrêtés au Rwanda pour avoir lancé ces grenades ne m’ont jamais accusé. Je n’aurais pas transporté des grenades depuis l’Inde pour les lancer à Kigali. C’est un mensonge. Et Kagame le sait. En fait, il y a des informations qui circulent comme quoi ce sont les services de renseignement militaires qui ont lancé des grenades à cette époque-là, avec l’intention d’arrêter Victoire Ingabire en l’accusant elle de les avoir lancés. Mais quand je suis parti, ils ont préféré m’accuser moi.

    Donc vous êtes parti en exil. Vous êtes arrivé ici en Afrique du Sud. Et en juin 2010, on a attenté à votre vie. Connaissez-vous les responsables ?

    Je n’ai aucun doute sur celui qui est derrière cette attaque. C’est le président Kagame, parce que, avant même qu’il ne le fasse, il l’a dit au Parlement. S’il doit utiliser un marteau pour tuer une mouche, il va le faire. Et il faisait référence à Patrick Karegeya (ndrl : ancien chef des renseignements extérieurs aujourd’hui en exil en Afrique du Sud) et moi. Il a dit ça en mai, et en juin, on m’a tiré dessus. Quand il s’est rendu en Ouganda par la suite, il a dit ouvertement que je méritais ce qui m’était arrivé. Cette affaire est devant la justice. Je ne veux pas spéculer. Mais toutes les preuves qui ont été présentées à la cour indiquent que ces gens ont été mandatés par d’autres pour me tuer. Et ceux qui ont attenté à ma vie n’ont jamais eu de travail ici et pourtant ils ont les meilleurs avocats du pays. Qui paie la note ? Voilà, c’est mon point de vue et il est partagé par beaucoup de monde. Le président Kagamé ne l’a d’ailleurs jamais démenti.

    Beaucoup disent : ces gens-là parlent parce qu’ils sont en exil, mais quand ils faisaient partie du gouvernement, ils ne critiquaient pas le président Kagame.

    Vous pouvez tolérer certaines choses parce que vous espérez un changement. Mais maintenant, au Rwanda, il n’y aura pas de changement. Il n’y a plus d’espace pour ça. Cette dictature ne s’est pas développée en un jour. Cela a pris deux décennies. Il est temps que l’on parle pour qu’on puisse y mettre un terme. Parce que sinon, il y aura de nouvelles violences pour changer le régime. C’est pourquoi nous utilisons des moyens pacifiques, et je dis bien pacifiques, pour mobiliser les gens et pour les appeler à résister à la dictature pacifiquement.

    Donc vous n’êtes pas en train de comploter pour renverser le régime du président Kagame ?

    Non, nous ne faisons que mobiliser les gens pour qu’ils rejettent cette dictature, qu’ils résistent. C’est pour cela que nous parlons ouvertement, que je parle avec vous aujourd’hui.

    Pendant la guerre, pourquoi ne pas avoir essayé de prendre Kigali, pourquoi avoir tourné autour ?

    C’était un choix stratégique et tactique. Quand vous affrontez un ennemi, vous devez regarder ses points faibles pour remporter la victoire sans avoir trop de casse et sans épuiser vos ressources. Et à cette époque, encercler Kigali était le meilleur moyen de démoraliser l’ennemi, de couper ses lignes de ravitaillement, Parce que les troupes gouvernementales étaient mieux armées que nous. Si on les avait attaquées frontalement, on aurait eu plus de pertes.

    Donc ce n’était pas pour une question de communication ? Laisser le génocide se dérouler à Kigali où il y avait des caméras de télévision, ça ne faisait pas partie de votre plan ?
    Le génocide a eu lieu partout. Pas seulement à Kigali. Et il y a eu apparemment plus de victimes dans les villages que dans les villes. Dans les villes, certains ont pu se réfugier auprès de l’ONU. Même si l’ONU en a abandonné certains. Certains ont pu se cacher dans les hôtels. D’autres ont ralliés les positions des unités du FPR. Mais dans les villages, les gens étaient sans défense.

    Le général Kayumba vit aujourd’hui en exil en Afrique du Sud. Il avait fui le pays en février 2010 et il est accusé par les autorités rwandaises d’être responsable d’attaques à la grenade à Kigali à quelques mois de l’élection présidentielle. En juin 2010, il avait échappé à une tentative d’assassinat. Et lors d’une des audiences dans le procès des présumés responsables de cette tentative d’assassinat, il avait accusé le président Paul Kagame d’être responsable de l’attentat contre l’avion de l’ancien président rwandais en avril 1994.

    SOURCE:RFI

  • Des islamistes dans la nébuleuse M23 !

    Des islamistes dans la nébuleuse M23 !

     

    Julien Paluku- Gouverneur du Nord Kivu
    Julien Paluku- Gouverneur du Nord Kivu

    -Julien Paluku le gouverneur du Nord-Kivu dénonce une présence remarquée des islamistes dans la nébuleuse M23 !

    C’est une véritable alerte que le gouverneur du Nord-Kivu lance en révélant au ministre belge de la Coopération au développement que les terroristes du M.23 qui déstabilisent l’Est de la RDC comprendraient dans leurs rangs des sinistres combattants islamistes

    Après son passage à Kinshasa où il a signé une convention avec Raymond Tshibanda, Jean-Pascal Labille est arrivé à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu. Dans cette partie du territoire national, il a rencontré Julien Paluku, Gouverneur de cette province.

    Pour justifier la présence des islamistes aux côtés des rebelles du M23, Julien Paluku cite les populations qui sont dans la zone du M23 et qui ont noté qu’il y a parmi les militaires de cette nébuleuse des gens qui ne parlent pas la langue du milieu.

    « Ces éléments recoupés par nos services nous amènent à pouvoir présumer qu’il y aurait des éléments étrangers au sein du M23. Nos services sont entrain de fouiller pour savoir s’il s’agit des El-Shabab ou des rebelles soudanais », a indiqué Julien Paluku, qui a ajouté que les populations confirment qu’il y a, en tout cas des gens qui ne parlent pas les dialectes et langues du milieu. De même que la partie nord de la province, car il y a une connexion entre le M23 et le Maï-Maï Hilaire Kombi et les ADF-NALU qui sont dans le massif du Ruwenzori.

    Des personnes rescapées des enlèvements affirment qu’il y a des formations idéologiques en langue Arabe et une étude du coran. La communauté internationale et les nations unies doivent avoir un œil plus regardant sur ce qui se passe dans la région, parce que l’Est va devenir un trou noir où vont se développer des multitudes réseaux mafieux qui vont déstabiliser toute la région des Grands-lacs.
    M. Labille a indiqué qu’il est au courant de toutes ces informations : « J’ai déjà eu un certain nombre de contacts à Kinshasa et notamment avec le général Santa Cruz qui va diriger la Brigade d’intervention. Il est clair que si évidemment il y a ces types de terroristes islamiques comme le dit le gouverneur, le Conseil de sécurité doit être averti. Moi je le dirai au niveau du gouvernement belge, au niveau de la commission européenne et l’ensemble des institutions internationales qui doivent être saisies de la situation », a-t-il souligné. Si effectivement ces éléments sont sur terrain en nombre suffisant, la situation risque de se compliquer singulièrement.
    L’Avenir

  • Concertations nationales : l’opposition est mal partie

    Concertations nationales : l’opposition est mal partie

    Etienne Tshisekedi isolé du reste du monde – l’opposition s’oppose-Le conclave de l’Opposition, organisé à Kinshasa pour baliser la voie aux concertations nationales, a révélé de graves dissensions qui rongent l’Opposition congolaise. Les participants n’ont pas pu s’accorder sur l’essentiel. A l’instar du MLC et de l’UDPS, ayant boudé la rencontre de Limete, ces derniers ont préféré camper sur leurs positions respectives. Pour n’avoir pas réussi à aplanir ses divergences, l’Opposition est mal partie.
    Le conclave de l’Opposition qui se clôture, sauf imprévu aujourd’hui jeudi, a ramené à la surface les profondes divergences qui minent cette plate-forme de la classe politique congolaise. Initié par le président du Sénat et président de l’Union des forces du changement (UFC), Léon Kengo wa Dondo, le conclave s’est révélé incapable d’unir l’Opposition. Pourtant, il était censé unifier l’Opposition autour d’un idéal commun pour aborder avec un seul langage les prochaines concertations nationales, formalisées par ordonnance par le chef de l’Etat, Joseph Kabila Kabange.
    Les faux bonds, c’est que le MLC et l’UDPS ont ouvertement boudé cette rencontre, de même que leurs alliés à l’Assemblée nationale. Parti pour rassembler les différentes tendances de l’Opposition face aux enjeux de l’heure, le conclave boucle ses consultations préliminaires comme une simple frange de la grande famille. La suite des discussions politiques initiées par le président de la République s’en ressentira.
    Premier constat : l’Opposition n’a pas la même lecture des concertations nationales et elle ne fait rien pour s’en cacher. Les uns rejettent l’initiative et marquent leur refus de participer ; les autres tentent de voir clair avant de se jeter à l’eau. A ce rythme, l’Opposition va, au lieu de contrer la majorité présidentielle, plutôt lui prêter le flanc. Ses points de vue durant les concertations ne vaudront pas un penny.
    Deuxième constat : le conclave de l’Opposition tend à accoucher d’une souris. Quand bien même certains acteurs présents à Limete relativiseraient en arguant que les absents pourraient toujours adhérer aux conclusions qui en sortiraient. Ce à quoi des observateurs avisés répondent qu’il s’agit du déjà entendu. Le même scénario revient chaque fois que l’on aborde une nouvelle échéance ou une grande question d’intérêt national. Bref, c’est du déjà-vu.
    Dans tous les cas, l’Opposition abordera les prochaines concertations nationales dans une situation d’extrême fragilité. Ce qui fait le lit de la Majorité qui, son côté, s’est alignée aux directives dictées par son autorité morale. Peut-on dans ces conditions espérer un retournement de la situation au moment de ces concertations ?
    Ce n’est pas évident. Une fois de plus, la Majorité aura les mains libres pour faire évoluer les concertations à sa guise ; l’Opposition n’étant pas parvenue à vider ses contradictions.
    Des nouvelles en provenance de Limete où se tient le conclave de l’Opposition ne sont pas non plus rassurantes. Une fois de plus, l’Opposition a ramené le débat sur des préalables, en lieu et place d’un discours à défendre au cours de ces assises.
    Premier test
    Les partis politiques de l’Opposition politique regroupés en conclave entendent, apprend-on, obtenir du chef de l’Etat la correction de l’ordonnance n°13/078 du 26 juin 2013 portant création, organisation et fonctionnement des concertations nationales.
    Ces acteurs considèrent que l’ordonnance du chef de l’Etat contredit dans ses dispositions les plus pertinentes l’esprit de l’accord-cadre d’Addis-Abeba. D’où, soutiennent-ils, est né le projet de ces concertations. A cet effet, ils ont mis en place une sous-commission pour examiner l’accord-cadre d’Addis-Abeba dans son volet relatif au dialogue national, supposé inclusif.
    « Le conclave va changer beaucoup de choses. Considérant que toute œuvre humaine est imparfaite, le président de la République peut se tromper. Le dialogue national doit se conformer à l’accord-cadre d’Addis-Abeba. La famille politique de Joseph Kabila et même l’ensemble de la communauté nationale devront ainsi prendre en compte les résolutions finales de ce conclave… », a déclaré le modérateur des forces acquises au changement (FAC-Opposition), porte-parole de ce conclave, Jean-Pierre Lisanga Bonganga.
    Les travaux qui se clôturent aujourd’hui jeudi vont donc déboucher sur une résolution fondamentale quant à la problématique du schéma des concertations nationales.
    D’autres recommandations se rapportent aux différentes questions débattues en sous-commissions. Il s’agit notamment de la révision constitutionnelle pour laquelle l’Opposition a promis de réaffirmer sa ferme opposition ; celle de défendre le verrouillage de l’article le plus visé, c’est-à-dire l’article 220 de la Constitution qui traite du nombre et de la durée des mandats du président de la République.
    L’organisation interne dans le processus de désignation du porte-parole de l’Opposition donnera aussi lieu à une résolution. Celle-ci, tout comme toutes les autres résolutions, devront cependant être proposées aux grands absents du conclave, à savoir l’UDPS et le MLC aux fins de s’opposer à toute l’Opposition.
    Difficile de prédire la suite, les deux partis ayant ouvertement marqué leur opposition à l’initiative lancée par Léon Kengo. Qu’en sera-t-il alors de ces résolutions de ce conclave ? L’on n’en sait pas encore grand-chose pour l’instant. Toujours est-il que les conditions dans lesquelles cette grand-messe de l’Opposition a été organisée n’augurent pas de lendemains meilleurs quant à son impact réel au moment des Concertations nationales.
    La dislocation actuelle de l’Opposition serait un signe prémonitoire d’un naufrage programmé par ses composantes. Fissurée et tiraillée, elle a une fois de plus montré ses limites. Au point où on ne le crédite pas d’être prête à proposer une alternative crédible en 2016.
    Minée par des intérêts divergents, l’Opposition étale au grand jour son incapacité à gérer ses contradictions internes. Aura-t-elle par conséquent le courage de renverser la machine de la Majorité, bien préparée et rodée à passer avec succès le cap de concertations nationales ? Elle est mal partie. D’ailleurs, comme à l’accoutumée.
    Le Potentiel
  • Inflation de “Sociétés civiles”

    Inflation de “Sociétés civiles”

    Interview:Dialogue Inter congolais, M23 et Diaspora par Gaspard-Hubert Lonsi Koko sur LAVDC au micro de Don Kayembe-Question à un franc symbolique : combien de “sociétés civiles” y a-t-il au Congo démocratique ? Bien malin celui qui donnera la réponse idoine à cette question. A l’image des églises ou encore des partis politiques, les “sociétés civiles ” ne se comptent plus. Il en naît au moins une chaque jour qui passe. La perspective des Concertations nationales accélère la reproduction de ces associations estampillées ” société civile “.

    Apparue sur le marché politique au début des années 90 à la faveur de l’ouverture politique, la version noble et représentative de la société civile est, de nos jours, une espèce en voie de disparition. Cette société civile qui était l’émanation du vrai mouvement associatif congolais et des forces vives du Congo profond ne tient plus le haut du pavé. Hélas! A la place, c’est une myriade d’organisations désincarnées qui occupent le devant de la scène, non pour relayer le message du pays réel, mais pour se positionner…politiquement. C’est cela le hic du problème.

    Dans ce pays où la politique est perçue comme l’antichambre à l’enrichissement facile, le lancement avec force caméras d’une structure battant pavillon ” Société civile ” est un investissement rentable. Et cette rentabilité est à très court terme. Si pas immédiate. Du moins dès qu’on accède aux responsabilités.

    Pour d’autres promoteurs de la marque ” société civile “, le créneau est dans l’univers des ONGS du lointain Occident. Là aussi, le retour sur investissement est garanti pour qui frappe à la meilleure porte.

    L’on comprend dès lors cette inflation de vocations sur le front de la ” Société civile “. Une overdose qui rend difficilement lisibles les attentes de vrais acteurs de la véritable société civile. Puisqu’ils existent ces hommes et ces femmes qui travaillent au quotidien dans nos campagnes, nos territoires, nos villes en dehors de la sphère politique.

    Ces voix-là se font de moins en moins entendre du fait du tintamarre médiatique de tous ceux qui ont fait de la Société civile juste un label pour entretenir leurs tubes digestifs. José NAWEJ

    (Forum des AS)

  • Togo:Kofi Yamgnane, «Faure Gnassingbé veut rester au pouvoir quoi qu’il arrive»

    Togo:Kofi Yamgnane, «Faure Gnassingbé veut rester au pouvoir quoi qu’il arrive»

    Kofi Yamgnane-Togo-Au Togo, après de longues négociations, le pouvoir et l’opposition sont tombés d’accord, ce mardi 9 juillet, pour aller aux législatives le 25 juillet prochain. Mais quelques figures politiques s’élèvent contre cet accord. Parmi elles, le Franco-Togolais Kofi Yamgnane. En France, il a été député socialiste et ministre de François Mitterrand. Au Togo, il a voulu se présenter à l’élection présidentielle de 2010, mais en a été empêché. Aujourd’hui, il préside le mouvement populaire et patriotique Sursaut Togo.

    RFI : Après beaucoup d’hésitation, le collectif « Sauvons le Togo » s’est décidé à participer aux prochaines législatives. Est-ce un bon choix ?

    Kofi Yamgnane : Je ne crois pas que ce soit un bon choix. Parce qu’aucune des revendications que ce collectif défend depuis maintenant plus d’un an n’a été satisfaite. En plus, beaucoup de responsables du collectif sont toujours en prison. On a prétexté des incendies des marchés de Kara, puis de Lomé, pour les mettre en prison. Donc, beaucoup sont en prison. Et pourtant ceux qui sont restés au-dehors partent aux élections. Vous voyez bien que ce n’est pas une démonstration de solidarité qui puisse amener à la sérénité de l’ensemble des Togolais.

    En échange de sa participation, l’opposition a tout de même obtenu quelques concessions, comme la libération, justement, de plusieurs opposants qui étaient inculpés dans l’affaire des marchés incendiés.

    Il en reste beaucoup en prison ! Ça c’est la méthode du RPT (Rassemblement du peuple togolais), du parti au pouvoir ! La méthode du RPT c’est de se donner une voie. Sauf qu’en avançant, il lance comme ça, des fumerolles, des fumées, des leurres. Et l’opposition s’arrête aux leurres et laisse tomber le vrai chemin. Le vrai chemin c’est que Faure Gnassingbé, comme son père, veut rester au pouvoir quoi qu’il arrive. Et pour cela, il faut qu’il décapite une opposition qui est de plus en plus intelligente et de plus en plus généralisée. L’ensemble du peuple togolais n’en peut plus ! Donc, il faut absolument créer les rapports de force, de telle sorte que ce soit le pouvoir qui commence à réfléchir à son départ.

    Pour l’opposition, ce n’était donc pas le moment de négocier ?

    Ce n’était pas le moment de négocier, de partir aux élections. D’ailleurs, moi je les ai eus, les responsables, au téléphone quelques jours auparavant. Ils m’ont dit : « Non, non, non… On est sur la même ligne. On n’ira pas aux élections ». Puis trois jours après, ils partaient aux élections. Vous voyez qu’ils ne sont pas très clairs ! Mais soyons tout à fait honnêtes, ce n’est pas l’opposition qu’il faut accuser dans cette affaire-là, c’est le pouvoir.

    Le principal problème au Togo c’est le découpage électoral. Le Nord est surreprésenté par rapport au Sud. Certains députés du Nord sont même élus avec huit fois moins d’électeurs que les députés de Lomé. Est-ce que cette forte disparité ne commence pas à être corrigée ?

    Pas du tout, mais c’était sur ce sujet que les négociations avaient commencé. Et ça n’a pas abouti, puisque quand vous parlez de huit, il faut multiplier par dix. Il y a des députés dans le Nord qui sont élus avec 10 000 voix. Et quelques-uns à Lomé doivent être élus avec plus de 100 000 voix. On ne peut pas appeler ça une élection transparente et équitable.

    De son vivant, le regretté Siradou Diallo, opposant guinéen, avait coutume de dire : « S’il faut boycotter une élection, mieux vaut choisir la présidentielle. Quand on boycotte des législatives on se prive de plusieurs dizaines de sièges de députés pendant plusieurs années et on est les premiers pénalisés ». Partagez-vous cette vision ?

    Ce n’est pas faux. J’ai toujours dit qu’il fallait aller contester le pouvoir, non pas toujours dans la rue, mais aussi au Parlement. Mais vous avez vu ce pouvoir ? Quand même l’opposition a des députés, c’est le RPT qui les vire. Ils décident qu’il y en a neuf qui doivent partir. Comme ça, on ne sait pas pourquoi. Allez, on chasse neuf députés ! Non, mais vous avez déjà vu ça dans quel pays ? Il faut, parfois, savoir boycotter une élection pour amener le pouvoir à davantage de négociation, davantage de transparence.

    Ne craignez-vous pas que vos camarades de l’opposition vous rétorquent : « C’est trop facile de donner des conseils depuis la France. Il faut venir sur le terrain » ?

    Ils n’arrêtent pas de me le dire, mais je vais sur le terrain de temps en temps. Il ne faut pas non plus croire que c’est à partir du terrain qu’on sait tout. Moi je peux vous dire aujourd’hui que depuis la France, je vois au moins aussi bien qu’eux, ce qui se passe là-bas. Parce que, aujourd’hui les Togolais, qu’est-ce qu’ils ont ? Ils cherchent à manger, ils veulent survivre, ils sont le nez dans le « guidon ». Donc ils ne voient pas. Ceux qui sont à l’extérieur ont une vision plus importante et ont le droit de leur dire, pour qu’ils corrigent les attitudes sur place. D’ailleurs, je ne vais pas tarder à aller au Togo. Je n’ai pas peur du terrain. Je ne fais que ça. En Bretagne, je me suis présenté neuf fois, j’ai été élu sept fois. Je sais ce que c’est que le terrain.

    Quand François Hollande, l’actuel président français, était dans l’opposition, vous étiez l’un de ses conseillers Afrique. Est-ce que vous l’êtes toujours ?

    Je ne peux pas prendre un poste officiel en France et convoiter un autre poste au Togo. Je ne peux pas courir deux lièvres à la fois. C’est pour ça que je me tiens un peu plus à l’écart, puisque les élections sont finies et qu’au pouvoir on a des gens capables de mener la politique que nous avons définie ensemble pendant la campagne.

    Etes-vous allé à l’Elysée depuis le 6 mai 2012 et avez-vous parlé du Togo avec le président ?

    Oui, bien sûr. J’y suis allé. On parle Togo, on parle Afrique, on parle démocratie. Du reste, je suis en train de finir un livre sur la démocratie et l’Afrique. Je crois que l’Afrique est vraiment fâchée avec la démocratie. J’écris quelques textes. Peut-être cela va-t-il faire un bouquin d’ici la rentrée, si j’ai un peu de temps.

    Voulez-vous dire que François Hollande continue de vous écouter sur les affaires togolaises ?

    Absolument. Pour le Togo, mais pas que pour le Togo. Je fais des notes. Je ne suis pas un spécialiste de l’Afrique, mais je suis simplement un Africain. Je peux lui donner mon ressenti d’Africain qui lui permette de mettre les nuances qu’il faut, dans les conseils que lui donnent ses conseillers, de faire ou de ne pas faire ceci ou cela.

    (RFI)