Author: Don Kayembe

  • A Propos Examen d’Etat : record de vitesse absolu

    A Propos Examen d’Etat : record de vitesse absolu

    Eleves Congolais
    Eleves Congolais

    -Lundi aux environs de 22 heures, la ville de Kinshasa et probablement toutes les autres de la République démocratique du Congo ont connu un vacarme terrible.

    En cause : les enfants et tous leurs parents, amis et connaissances étaient en liesse pour exprimer leur joie d’avoir réussi à l’examen d’Etat, édition 2012-2013. Les vendeurs de sifflets et de poudre de beauté ont fait la bonne affaire parce que tout ce monde voulait bien se procurer ces deux biens pour siffler à tue-tête et « badigeonner » de poudre tous les amis et connaissances du lauréat. La liesse était générale. On pouvait croire aux festivités de la Bonana ou la liesse à l’occasion d’une victoire à l’issue d’un match des Léopards.

    La session de l’examen d’Etat a commencé le lundi 24 juin dernier pour se terminer le jeudi 27 juin. De la fin des épreuves jusqu’au jour de la publication des résultats sur internet, il s’est passé exactement 18 jours. En moins de trois semaines, le ministère de l’Enseignement primaire, secondaire et professionnel a publié tous les résultats de toutes les sections et options sur l’ensemble de la République.

    Alors que les années dernières, les résultats paraissaient par section et par province ; et cela pouvait même prendre tout un mois si pas plus. Chapeau bas à ce ministère qui a battu son propre record de vitesse, même si notre journal n’y a pas accès facile pour recueillir des informations utiles ! Et cela va certes changer en faveur de l’Avenir.

    Selon des informations émanant des sources fiables, le taux de réussite est de 69 % sur l’ensemble du pays. La province qui a bien travaillé est celle du Bas-Congo. Par contre, les résultats ont été catastrophiques dans la ville de Kinshasa, la capitale où il y a seulement 17 % d’élèves qui ont réussi en dépit du fait que la plupart d’écoles, sans doute pour des raisons de propagande ou de marketing, ont affiché qu’elles ont fait les 100 % de réussite.

    Mais dans l’euphorie observée le lundi dans la soirée et même durant la journée d’hier, il était difficile de savoir qui a réussi et qui a échoué. Il semble que même les recalés ont fait semblant de jubiler avec les autres.

    Autre chose pour laquelle le ministère mérite des fleurs, à quelques jours des examens d’Etat, la hiérarchie avait décidé de permuter les inspecteurs et les items dans les provinces. Ce qui aurait pris de court tous ceux qui étaient mouillés jusqu’au cou dans la maffia. Outre les cris de joie, il y eut des jérémiades et des grincements de dents qui étaient plus discrets.

    En tout cas, le ministère de l’EPSP, à travers l’Inspection générale a fait cette année du beau travail et mérite des encouragements et des félicitations. Car, il faut bien qu’on commence quelque part à déraciner les antivaleurs qui minent pratiquement tous les secteurs de la vie nationale.

    C’est tout à fait légitime pour un élève ayant réussi à l’examen d’Etat que d’exprimer sa joie. Par cette réussite, il fait la fierté et l’honneur de des parents ou de ses tuteurs qui se sont taillé les veines et les artères pour payer les frais de scolarité. C’est un sacrifice incommensurable dans le chef de ces parents ou de ces tuteurs, eu égard à la conjoncture économique difficile.

    Seulement, tous ces nouveaux diplômés d’Etat et leurs parents doivent savoir qu’il est tout à fait inutile de se dépenser outrancièrement ; le fait de terminer les humanités n’est pas la fin de tout, c’est une étape de la vie. Le plus dur reste à faire. Ce sont les plus méritants qui peuvent maintenant entamer le cycle supérieur ou universitaire.

    La problématique est donc celle de savoir si toute cette masse des diplômés sera casée soit dans les instituts supérieurs soit dans les universités soit encore sur le marché de l’emploi. C’est ici où l’Etat n’arrive pas à leur procurer un avenir serein parce qu’il n’y a que très peu de débouchés pour passer par cet entonnoir.

    L’avenir

  • RDC : les rebelles ADF-Nalu, nouvelle menace pour le Nord-Kivu

    RDC : les rebelles ADF-Nalu, nouvelle menace pour le Nord-Kivu

    fardc 1La RDC s’inquiète de la résurgence d’une vieille rébellion ougandaise dénommée ADF-Nalu (Forces démocratiques alliées – Armée de libération de l’Ouganda), soupçonnée de bénéficier du soutien des islamistes Shebab somaliens. Une menace de plus avec celle du Mouvement du 23-Mars (M23) qui combat l’armée congolaise dans l’est du pays.

    Depuis une dizaine de jours, cinq localités du Nord-Kivu, dans l’est de la RDC, ont été attaquées et pillées par les rebelles ougandais de l’ADF-Nalu (Forces démocratiques alliées – Armée de libération de l’Ouganda). Des violences ont poussé 65 000 Congolais à chercher refuge en Ouganda voisin, selon la Croix-Rouge ougandaise.

    La semaine dernière, nouveau coup d’éclat. Les mêmes insurgés ont brièvement occupé la localité de Kamango, avant d’en être délogés par les troupes congolaises. Selon l’armée régulière, les rebelles sont alors repartis vers le Ruwenzori, chaîne de montagnes qui marque la frontière et dont ils occupent les contreforts depuis des années.

    Une région devenue une “poudrière”

    La rébellion de l’ADF-Nalu sévit dans la région du « Grand nord », partie nord de la province du Nord-Kivu, frontalière de l’Ouganda, entre le lac Albert et le lac Edouard, fief de l’ethnie Nande. C’est « une poudrière », s’alarme, sous couvert d’anonymat, un expert militaire occidental, redoutant que cette rébellion ne devienne un nouveau foyer de troubles qui s’appuierait sur les revendications des Nande qui s’estiment aujourd’hui délaissés par Kinshasa.

    Les États-Unis ont placé l’ADF-Nalu sur leur liste d’organisations terroristes dès 2001.

    L’ADF-Nalu est née au milieu des années 1990 de la fusion de deux groupes armés opposés au président ougandais Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986. La composante Nalu (Armée nationale pour la libération de l’Ouganda) a depuis lors disparu, mais le mouvement conserve son appellation d’origine.

    Un moment soutenu par le Soudan, les ADF étaient à l’origine composés essentiellement de militants du Tabliq, un mouvement missionnaire musulman. Au fur et à mesure des années, ces combattants se sont radicalisés. Aujourd’hui uniquement composée d’islamistes, l’ADF-Nalu est dirigé depuis 2007 par Jamil Mukulu, un chrétien converti à l’islam. Les États-Unis l’ont placé sur leur liste d’organisations terroristes dès 2001 et Jamil Mukulu est visé par des sanctions de l’ONU depuis 2011 et de l’Union européenne depuis 2012.

    Bienveillance de Kinshasa

    Ses combattants ont toujours trouvé un abri au Zaïre, devenu RDC en 1997, sur les pentes verdoyantes de la chaîne volcanique du Ruwenzori, qui culmine à plus de 5 000 mètres. Ils y cultivaient du café, échangeaient et pactisaient avec les populations locales. Ils ont très longtemps bénéficié de la bienveillance de Kinshasa, dont les relations avec l’Ouganda ont souvent été houleuses, selon un rapport de décembre de l’International Crisis Group (ICG).

    Le groupe rebelle a été visé pour la première fois en 2005 par une offensive conjointe de l’armée régulière et de la Mission de l’ONU (Monuc, devenue Monusco). En 2010, l’armée a lancé une nouvelle offensive contre le mouvement, dont plusieurs camps ont été détruits. Des dizaines de milliers de personnes déplacées. Mais depuis une année, l’armée congolaise s’est surtout mobilisée contre un autre groupe rebelle, le Mouvement du M-23 (M23), implanté également au Nord-Kivu, mais plus au sud, autour de la ville de Goma, la capitale provinciale.

    “Les Shebab sont chez nous !”

    Si l’ADF-Nalu a surtout combattu le régime ougandais de 1996 à 2001, le mouvement est toujours brandi comme une menace par Kampala, qui l’accuse régulièrement d’être lié aux islamistes somaliens Shebab. En 2011, des membres de services de renseignements ougandais soutenaient ainsi que des membres de l’ADF avaient été formés à la confection de bombes par des islamistes somaliens.

    >> Lire aussi : RDC – Julien Paluku : “Les islamistes Shebab combattent aux côtés du M23 et de l’ADF-Nalu”

    Le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende, a lui aussi affirmé, le 15 juillet, que l’ADF-Nalu était associé aux combattants Shebab » et l’a présenté comme « une menace majeure contre la sécurité et l’intégrité de la RDC ». « Les Shebab sont chez nous », a-t-il insisté, rappelant que la présence de mercenaires somaliens avait déjà été signalée il y a deux mois dans les rangs de ce mouvement.

    Pour International Crisis Group, l’ADF-Nalu est le seul groupe armé de l’est congolais à « être considéré comme une organisation terroriste appartenant à la nébuleuse islamiste d’Afrique de l’Est. Cependant, le groupe de réflexion jugeait que l’existence d’une coopération directe entre les Shebab et les ADF restait « une hypothèse, d’autant plus que le gouvernement ougandais instrumentalise la menace terroriste à des fins intérieures et extérieures ».

    De leur côté, les experts onusiens ont affirmé dans un rapport daté du 20 juin que « deux anciens combattants de l’ADF et les services de renseignement ougandais affirment que l’ADF a reçu des virements en provenance de Londres, du Kenya et de l’Ouganda, rassemblés par des intermédiaires congolais à Beni et Butembo », au Nord-Kivu. Les mêmes sources citées par les experts onusiens soutiennent que l’ADF se finance aussi par un réseau de taxis opérant dans la zone frontalière et tirait profit de l’or et de l’exportation de bois en Ouganda.

    (Avec AFP)

  • RDC : au Nord-Kivu, l’armée affronte aussi les islamistes ougandais

    RDC : au Nord-Kivu, l’armée affronte aussi les islamistes ougandais

    Amani-leo-militaires– Déjà aux prises avec la rébellion du M23 dans le Nord-Kivu, la République démocratique du Congo (RDC) s’inquiète de la résurgence dans cette même province frontalière d’une vieille rébellion ougandaise qui y aurait reçu un soutien des islamistes shebab somaliens.

     

    Depuis une dizaine de jours, cinq localités du Nord-Kivu ont été attaquées et pillées par l’ADF-Nalu (Forces alliées démocratiques). Ces violences ont poussé 65.000 Congolais à chercher refuge en Ouganda voisin, selon la Croix-Rouge ougandaise.

     

    La semaine dernière, nouveau coup d’éclat, les mêmes rebelles ougandais ont brièvement occupé la localité de Kamango, avant d’en être délogés par les troupes congolaises. Selon l’armée régulière, les rebelles sont alors repartis vers le Ruwenzori, chaîne de montagnes qui marque la frontière et dont ils occupent les contreforts depuis des années.

     

    Ces violences touchent la région du “Grand nord”, partie nord de la province du Nord-Kivu, frontalière de l’Ouganda entre le lac Albert et le lac Edouard, et fief de l’ethnie Nande.

     

    Une région devenue une “poudrière”

     

    La zone est devenue “une poudrière”, s’alarme, sous couvert d’anonymat, un expert militaire occidental, redoutant que cette rébellion ne devienne un nouveau foyer de troubles qui s’appuierait sur des revendications des Nande qui s’estiment aujourd’hui délaissés par Kinshasa.

     

    L’ADF-Nalu est né au milieu des années 1990 de la fusion de deux groupes armés opposés au président ougandais Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986. La composante Nalu (Armée nationale pour la libération de l’Ouganda) a depuis lors disparu, mais le mouvement conserve cette appellation d’ADF-Nalu.

     

    Un moment soutenu par le Soudan, l’ADF était à l’origine composé essentiellement de militants du Tabliq, un mouvement missionnaire musulman. Au fur et à mesure des années, ces combattants se sont radicalisés.

     

    Aujourd’hui uniquement composée d’islamistes, l’ADF-Nalu est dirigé depuis 2007 par Jamil Mukulu, un chrétien converti à l’islam. Les Etats-Unis l’ont placé sur leur liste d’organisations terroristes dès 2001 et Jamil Mukulu est visé par des sanctions de l’ONU depuis 2011 et de l’Union européenne depuis 2012.

     

    Ses combattants ont toujours trouvé un abri au Zaïre, devenu RDCongo en 1997, sur les pentes verdoyantes de la chaîne volcanique du Ruwenzori, qui culmine à plus de 5.000 mètres. Ils y cultivaient du café, échangeaient et pactisaient avec les populations locales.

     

    L’ADF-Nalu a très longtemps bénéficié de la bienveillance de Kinshasa, dont les relations avec l’Ouganda ont souvent été houleuses, selon un rapport de décembre de l’International Crisis Group (ICG).

     

    Le groupe rebelle a été visé pour la première fois en 2005 par une offensive conjointe de l’armée régulière et de la Mission de l’ONU (Monuc, devenue Monusco). En 2010, l’armée a lancé une nouvelle offensive contre le mouvement, dont plusieurs camps ont été détruits. Les combats font déjà des dizaines de milliers de déplacés.

     

    Depuis un an, cependant, l’armée congolaise s’est surtout mobilisée contre le mouvement rebelle M23 également implanté au Nord-Kivu, mais plus au sud, autour de la capitale provinciale Goma.

     

    “Les shebab sont chez nous!”

     

    Si l’ADF-Nalu a surtout combattu le régime ougandais de 1996 à 2001, le mouvement est toujours brandi comme une menace par Kampala, qui l’accuse régulièrement d’être lié aux islamistes somaliens shebab.

     

    En 2011, des membres de services de renseignements ougandais soutenaient ainsi que des membres de l’ADF avaient été formés à la confection de bombes par des shebab.

     

    L’Ouganda compte une importante communauté musulmane (environ 10% de la population), et déploie depuis 2007 un contingent de plusieurs milliers d’hommes en Somalie pour y lutter contre les shebab.

     

    Lundi, le porte-parole du gouvernement de Kinshasa, Lambert Mende, a lui aussi assuré que l’ADF-Nalu était associé aux “combattants shebab” et l’a présenté comme “une menace majeure contre la sécurité et l’intégrité de la RDC”.

     

    “Les shebab sont chez nous”, a insisté M. Mende. Il a par ailleurs assuré que la présence de mercenaires somaliens avait été signalée il y a deux mois dans les rangs de ce mouvement.

     

    Pour ICG, l’ADF-Nalu est le seul groupe armé de l’Est congolais à “être considéré comme une organisation terroriste appartenant à la nébuleuse islamiste d’Afrique de l’Est”.

     

    Cependant, le groupe de réflexion jugeait que l’existence d’une coopération directe entre les shebab et les ADF restait “une hypothèse, d’autant plus que le gouvernement ougandais instrumentalise la menace terroriste à des fins intérieures et extérieures”.

     

    Dans un rapport daté du 20 juin, des experts de l’ONU sur la RDC écrivaient: “deux anciens combattants de l’ADF et les services de renseignement ougandais affirment que l’ADF a reçu des virements en provenance de Londres, du Kenya et de l’Ouganda, rassemblés par des intermédiaires congolais à Beni et Butembo”, au Nord-Kivu. Les mêmes sources citées par les experts onusiens soutenaient que l’ADF se finançait aussi par un réseau de taxis opérant dans la zone frontalière et tirait profit de l’or et de l’exportation de bois en Ouganda.

     

    L’ADF-Nalu continue de tenir “tête à l’armée congolaise”, constatait en décembre ICG. Cette “résilience” du mouvement “tient à sa position géostratégique, son insertion dans l’économie transfrontalière et la corruption des forces de sécurité”.

     

    Pour autant, l’ADF-Nalu “ne constitue pas une menace destabilisatrice comme le M23”, dont les combattants sont stationnés aux portes de la ville de Goma.

    afp

  • Aubin Minaku sur RFI: «Les concertations nationales congolaises sont irréversibles»

    Aubin Minaku sur RFI: «Les concertations nationales congolaises sont irréversibles»

    AubiN Minuaku-Les concertations nationales congolaises auront-elles lieu ? Le pouvoir à Kinshasa veut qu’elles se tiennent alors que l’opposition rejette la formule proposée. Entre les deux camps, le climat est toujours tendu et le dialogue a bien du mal à se nouer. Aubin Minaku, le président de l’Assemblée nationale, est l’un des principaux promoteurs de ces concertations.

    RFI : Vendredi 12 juillet, près de 80 partis d’opposition ont rejeté votre proposition de concertation nationale. Est-ce que la situation du pays ne vaut pas que l’on organise un vrai dialogue national comme le demande l’opposition ?

    Aubin Minaku : Les concertations nationales sont là  pour qu’il y ait dialogue, donc il n’y a pas de contrariété entre le vocable « concertation nationale » et « dialogue national ». L’essentiel à retenir c’est que le président de la République a mis en place un cadre pour dialoguer, il est tout à fait normal que l’opposition puisse émettre ses avis.

    Mais est-ce que ce projet n’est pas mort-né puisque dès le départ l’opposition le rejette ?

    L’opposition est en droit d’émettre ses avis mais les concertations nationales sont irréversibles. C’est un cadre de dialogue, ce n’est pas un cadre pour l’extrémisme, c’est plutôt un lieu pour un débat républicain. Et il en sera ainsi avec la société civile et la majorité et l’opposition. Parce que je sais qu’il y a une bonne partie de l’opposition qui poursuit aussi un objectif républicain.

    Mais il y a aussi un sérieux problème de confiance entre le pouvoir et l’opposition. Pourquoi par exemple ne pas accéder à leur demande de nommer un témoin extérieur, en la personne de Mary Robinson, envoyée spéciale du secrétaire général des Nations unies pour les Grands Lacs ? Ou bien un facilitateur étranger, en la personne par exemple de Denis Sassou-Nguesso, c’est en tout cas la demande de l’opposition.  Cela ne faciliterait-il pas les choses ?

    En République démocratique du Congo, aujourd’hui, il y a un président de la République, élu par le peuple. Aujourd’hui, Mary Robinson, en tant qu’envoyée spéciale, est quelque part un témoin, c’est une évidence. Là n’est pas le problème. Son mandat ce n’est cependant pas de modérer les concertations nationales ou un dialogue national, son mandat c’est de faire oeuvre de bons offices, c’est tout à fait autre chose.

    Et Denis Sassou-Nguesso comme éventuel facilitateur ?

    Mais que voulez-vous ? Que le président de la République Joseph Kabila signe une ordonnance nommant son homologue comme facilitateur ? Pas du tout, la non ingérence dans les affaires intérieures d’un Etat est un principe sacro-saint des relations internationales. Ce n’est pas le président du Congo-Brazzaville qui violerait ce principe clair.

     

    Mais par exemple, on voit un député comme Diomi Ndongala qui est actuellement emprisonné. La justice a demandé il y a déjà trois mois qu’il soit placé en résidence surveillée, il est finalement toujours à la prison de Makala, est-ce que tout cela ne donne pas de bonnes raisons à l’opposition d’être méfiante ?

    Diomi Ndongala n’est plus député puisque son mandat a été invalidé à cause de son absentéisme pendant une année d’exercice parlementaire. Il n’est plus député, et s’il est en détention alors qu’il devrait être en résidence surveillée, c’est l’affaire de la justice.

    J’avais écrit à la justice en son temps pour que tous les droits de Monsieur Diomi Ndongala – quand il était député et même après – soient respectés et il doit en être ainsi.

    Mais est-ce qu’il n’y a pas une stratégie de harcèlement vis-à-vis de Diomi Ndongala. On sait qu’il est un opposant assez farouche. N’y a-t-il pas aujorud’hui une volonté de le faire taire ?

    Une stratégie de harcèlement ? C’est de bonne guerre de la part de certains de parler en ces termes-là, mais ça peut aussi être une stratégie de victimisation.

    Aubin Minaku, le pouvoir est suspecté de vouloir utiliser ces concertations nationales pour préparer une modification constitutionnelle qui permettrait au président Kabila de briguer un troisième mandat. Que répondez-vous à ces suspicions ?

    Je répondrais sans ambages que le président de la République Joseph Kabila a toujours respecté la Constitution. Il va respecter la Constitution. Mais j’ajoute que le respect de la Constitution ce n’est pas seulement l’article 220, mais c’est aussi l’article 69 qui fait de Joseph Kabila l’arbitre du bon fonctionnement des institutions de la République, et donc qui fait de lui la personnalité ayant les compétences et le pouvoir de convoquer les concertations nationales respectant toutes les dispositions de la Constitution. Les chantres de la violation de la Constitution seront déçus.

    Ces concertations nationales ont été annoncées au moment où la guerre à l’Est sévissait. Quelques mois plus tard la situation est encore loin d’être réglée. N’êtes-vous pas, en ce moment, en train de gagner du temps en espérant que la nouvelle force de l’ONU vienne régler les problèmes militairement plutôt que par le dialogue ?

    Nous devons d’abord tous noter qu’il y a une réelle opportunité pour la paix aujorud’hui en République démocratique du Congo, à savoir l’accord-cadre d’Addis-Abeba de février dernier. Mais sa mise en œuvre ne peut se faire en un, deux ou trois mois.

    Aujourd’hui nous sommes en train de mettre en place – la communauté internationale et nous les Congolais – la brigade intégrée, ce qui signifie que l’armée congolaise est en train d’avoir une certaine capacité dissuasive. C’est une évolution.

    La brigade, c’est tout à fait normal, parce qu’il fallait que nous bénéficiions du soutien des Nations unies, ce qui est fait actuellement et c’est une très bonne chose. La brigade c’est un droit pour nous, mais en même temps, de notre côté, nous devons organiser les concertations nationales dans le respect des prérogatives du président de la République, mais aussi dans le respect des appréhensions et des attentes de la population de l’opposition. Et il en sera ainsi parce que les concertations nationales seront réellement organisées dans les prochains jours.

    RFI

  • RDC: 3ème jour de combats

    RDC: 3ème jour de combats

    Des militaires congolais arrivent à Goma, le 3 décembre 2012 © AFP
    Des militaires congolais arrivent à Goma, le 3 décembre 2012
    © AFP

    -Les combats se sont poursuivis mardi dans l’est de la RDC, au nord de Goma, pour le 3ème jour consécutif, entre l’armée congolaise et les rebelles du M23.

    Les FARDC (l’armée gouvernementale), soutenue par 3 hélicoptères, a attaqué des positions du M23 à Kibati, à 11 km de Goma, selon l’agence Reuters.

    “La situation est sous controle”, a déclaré le porte-parole de l’armée, le colonel Olivier Hamuli, qui faisait état mardi après-midi d’une “accalmie sur le terrain”.

    Le but des FARDC est “d’anéantir le M23”, a affirmé à des journalistes le colonel Olivier Hamuli.

    Un responsable du mouvement M23, le colonel Youssouf Boneza, a affirmé à l’AFP qu’il “tenait ses positions malgré les intenses bombardements en cours”.

    Ces affrontements sont les plus sérieux depuis neuf mois dans l’est de la RDC.

    “La récurence de combats si proche de zones habitées pose un sérieux problème de protection pour des milliers de personnes”, a déclaré Moustapha SOumare, coordinateur de l’ONU en RDC.

    Le commandant de la Monusco, le général brésilien, Alberto Dos Santos Cruz , dans une interview accordée à la BBC, a indiqué que les casques bleus ne prendront pas part à ces combats à moins, qu’ils y soient forcés, si les rebelles du M23 tentaient de prendre Goma.

    BBC

  • Kigali accuse l’armée de RDC de l’avoir bombardé “délibérément”

    Kigali accuse l’armée de RDC de l’avoir bombardé “délibérément”

    joseph_nzabamwita– Le Rwanda a accusé lundi soir l’armée de République démocratique du Congo (RDC) et la Force de l’ONU dans ce pays d’avoir “délibérément” bombardé deux villages rwandais frontaliers de l’Est de la RDC. “Deux obus ont atterri dans les villages de Kageshi et Gasiza (…) à environ 8 km et 12 km au nord de Rubavu”, nouveau nom de la ville rwandaise de Gisenyi, frontalière de la RDC, sans faire de blessés, a déclaré à l’AFP le général Joseph Nzabamwita, porte-parole de l’armée rwandaise.

    Les deux obus ont été tirés d’une zone “contrôlée” par les Forces armées de RDC (FARDC) et la Mission de l’ONU en RDC (Monuc), a-t-il affirmé. “Il s’agit d’un acte de provocation délibéré”, a-t-il accusé, rejetant l’hypothèse d’un accident, parce que selon lui aucun combat n’était signalé à proximité de la zone d’origine des tirs. “Cela signifie que nous avons été agressés”, a-t-il poursuivi. Il a porté ces accusations alors que, dans la région de Goma (Est de la RDC), des combats meurtriers opposent depuis dimanche après-midi des rebelles congolais du Mouvement du 23 mars (M23) aux soldats de l’armée congolaise. Le Rwanda est accusé de soutenir militairement le M23, ce que Kigali dément.

    Gisenyi, au Rwanda, et Goma, capitale de la province congolaise du Nord-Kivu, ne sont séparées que par la frontière entre les deux pays.

    Le général Nzabamwita a par ailleurs affirmé que des rebelles rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), basés dans l’est de la RDC et accusés d’être d’anciens responsables du génocide rwandais de 1994, étaient “intégrés” au sein d’unités des FARDC combattant le M23.

    Le M23 est composé d’anciens rebelles, intégrés dans l’armée congolaise après un accord de paix signé le 23 mars 2009 avec Kinshasa. Ils se sont mutinés et ont repris le maquis entre fin avril et début mai 2012, accusant les autorités de RDC de n’avoir pas respecté cet accord.

    La rébellion avait pris Goma mi-novembre après avoir mis en déroute les FARDC et s’en était retirée début décembre après avoir obtenu des négociations avec Kinshasa, ouvertes à Kampala le 9 décembre et qui n’ont que peu progressé depuis.

    Après plusieurs mois d’accalmie, des combats avaient repris brièvement en mai au nord de Goma, peu après l’arrivée dans la capitale du Nord-Kivu des premiers éléments d’une Brigade d’intervention de l’ONU, créée fin mars par le Conseil de sécurité pour “neutraliser les groupes armés” opérant dans l’est de la RDC.

    (AFP)

  • POINT DE PRESSE DU 15 JUILLET 2013-Lambert MENDE OMALANGA

    POINT DE PRESSE DU 15 JUILLET 2013-Lambert MENDE OMALANGA

    Mende-Mesdames et Messieurs,                                                                                                   Le point de presse de ce jour s’articulera essentiellement autour de la dernière évolution de la situation à l’Est. Par la suite je dirai deux ou trois petites choses sur les concertations nationales attendues pour très bientôt.

    Comme chacun le sait, les rebelles du M23 soutenus par des troupes régulières rwandaises ont attaqué les positions des FARDC à Mutaho et Rusayo, des localités situées à 12 km au nord-ouest de Goma. Cela s’est passé hier dimanche 14 juillet 2013 en début d’après-midi.

    Le bilan de ces affrontements n’est pas encore définitif, mais jusque-là, les FARDC ont répondu avec bravoure et efficacité à cette agression de plus contre notre territoire en infligeant de très lourdes pertes aux assaillants. Quelques 120 éléments des forces négatives assaillantes ont été tués lors des combats et une douzaine d’entre  eux ont été capturés par les forces loyalistes. Des forces loyalistes qui ont également reconquis quelques positions de l’ennemi qui a fui vers Kilimanyoka à proximité de Kibati.

    Cette évolution dramatique ne nous a pas surpris outre mesure. Depuis plusieurs semaines les rebelles du M23 et leurs alliés rwandais renforçaient leurs positions autour de Kibati non loin de Mutaho, entraînant de nouveaux déplacements de populations qui craignaient précisément l’escalade qui s’est produite hier. Aussi bien les services du Gouvernement, la société civile du Nord Kivu que la Monusco avaient confirmé ces bruits de bottes.  Il n’y a donc aucun doute possible sur l’initiative de la reprise des affrontements dans cette partie du territoire national. Ce sont bien les forces négatives du M23 et leurs sponsors dans la région qui ont relancé les hostilités en tirant à l’arme lourde sur les FARDC, tuant une dizaine d’éléments de nos troupes. La Monusco l’a du reste confirmé.

    Cette nouvelle explosion de violence était prévisible également pour quiconque suit la trajectoire sinueuse des positions du Rwanda sur la crise des Grands Lacs. En effet, le gouvernement rwandais, passant outre ses propres engagements dans l’Accord Cadre d’Addis Abeba de février dernier vient de décider d’accorder l’asile politique à tous les éléments des forces négatives du M23 qui s’étaient retranchés sur son territoire lors d’affrontements qui les avaient opposé à une autre faction au mois d’avril dernier. Tous ces éléments bénéficient donc de l’asile au Rwanda alors qu’à l’instar des autres Etats signataires de l’Accord Cadre, Kigali s’était engagé à ne pas recevoir sur son territoire des individus auteurs de crimes de guerre ou de crimes contre l’humanité ou sous sanction des Nations Unies, ce qui est le cas des sieurs Runiga ou Ngaruye notamment qui font partie du lot des bénéficiaires de l’asile accordé par le Rwanda.

    Ce n’est pas tout. Certains parmi vous l’ont déjà appris. Alors que la composition des troupes de la brigade d’intervention de l’ONU en cours de déploiement au Nord Kivu était connue depuis février dernier à Addis-Abeba, le Rwanda s’est lancé depuis le 9 juillet courant dans un exercice de remise en cause de ce volet de l’Accord Cadre et de la Résolution 2098 du Conseil de Sécurité, sous le fallacieux prétexte que certaines troupes de la brigade de même que celles des FARDC lui seraient hostiles et entretiendraient des relations de collaboration avec les forces négatives des FDLR.

    Le gouvernement rwandais par le biais de son ambassadeur aux Nations Unies a adressé le 9 juillet une lettre au Conseil de Sécurité accusant sans le moindre début de preuve la Brigade internationale et la RDC de soutenir voire d’armer les FDLR. Il est affirmé avec un incroyable aplomb que des officiers supérieurs de la Brigade et leurs homologues auraient tenu des réunions de coordination avec les FDLR pour déstabiliser le régime en place à Kigali. Il prétend ensuite que des officiers FDLR auraient été intégrés au sein des unités commandos des FARDC. En fait il n’y a rien de neuf dans ces accusations  gratuites. On se trouve en face des stéréotypes habituels de la propagande de nos voisins lorsqu’ils tentent de justifier l’injustifiable après l’épuisement de l’argument identitaire. Les fameuses preuves de l’implication des FARDC dans une quelconque coopération avec les FDLR que Kigali détiendrait seul sans les divulguer ne sont donc pas avérées. Il s’agit d’une pure désinformation pour préparer les esprits à l’agression en cours au Nord Kivu.

    Dans la même province, les rebelles ougandais de l’ADF/Nalu associés aux combattants Shebbab ont multiplié les exactions sur les populations civiles dans la région de Beni. Jeudi 11 juillet 2013, ces rebelles ont temporairement occupé la localité de Kamango avant de la quitter en promettant de revenir. Non sans avoir pillé, notamment, l’hôpital de Kamango, les pharmacies, les sièges d’Ongs internationales de la localité, et toutes les taxi-moto. Plusieurs personnes ont également été enlevées avant d’être relaxées, sauf le chef de localité, que ces bandits ont tué. Vendredi après-midi, ils ont été délogés de la localité par les Fardc et ont pris la direction du parc des Virunga. Ils ont ressurgi un peu plus loin, dans la localité de Kikingi en secteur de Rwenzori, qu’ils ont pillé avant d’en être délogés par les troupes loyalistes qui poursuivent leur progression dans ce secteur.

    Dimanche 14 juillet dans l’avant-midi, ils se sont permis de s’en prendre à une patrouille des casques bleus de la Monusco qu’ils ont attaquée sur l’axe Mbau – Kamango. Ces nouvelles agressions qui attestent pour ceux des nôtres qui ne semblent pas y prêter foi, une menace majeure contre la sécurité et l’intégrité de la RDC donne du sens à l’initiative du Président JKK de créer un cadre de dialogue avec les Concertations Nationales.

    Les nuances émises par l’opposition relèvent de l’exercice normal de la valeur liberté. Le Présidium mis en place par le Chef de l’Etat va y répondre incessamment mais nous devons tous avoir à l’esprit que rien ne doit à cet égard aboutir à entraver le respect de la constitution et l’exercice par les institutions constitutionnelles de leurs responsabilités.-

    Lambert MENDE OMALANGA

    Ministre des Médias, chargé des Relations avec le Parlement et de l’Initiation à la Nouvelle Citoyenneté

    Porte-parole du Gouvernement

  • Les évêques appellent les dirigeants d’Afrique à travailler pour l’intérêt de tous

    Les évêques appellent les dirigeants d’Afrique à travailler pour l’intérêt de tous

    evequesLes évêques catholiques appellent les dirigeants politiques d’Afrique à ne pas travailler que pour leurs propres intérêts, mais pour le bénéfice de tous. Ils ont fait cette recommandation, dimanche 14 juillet, à l’occasion de la clôture de leur Assemblée générale tenue à Kinshasa. Ils invitent aussi les Africains à s’engager urgemment dans le combat pour un ordre juste, où chacun peut jouir des droits liés à sa dignité humaine dans tous les domaines de la vie.

    « L’Afrique aujourd’hui a besoin d’un bon samaritain en politique, capable de penser l’organisation de la société, de telle sorte que le bien commun soit promu dans l’ordre économique des personnes entreprenantes capables de gérer des richesses, non pas pour eux-mêmes, mais pour leurs frères et sœurs avec la fierté d’apporter le bonheur à tous sans exception », a déclaré l’évêque du Congo-Brazzaville, Mbuyu, dans son homélie.

    Dans leur message, les évêques d’Afrique et de Madagascar fustigent le comportement des dirigeants africains « qui demeurent indifférents à la misère de leurs frères ».

    « Beaucoup se donnent comme but fondamental de leur vie, soit l’accumulation des richesses à n’importe quel prix, au point même de demeurer indifférents à la misère de leurs frères ; soit la course effrénée vers l’accession au pouvoir politique non pour le service de leurs frères, mais pour leurs propres satisfactions », a ajouté Mgr Mbuyu.

    « Ni le pouvoir, ni le valoir ne comble véritablement et profondément le cœur d’une personne assoiffée d’absolue », a-t-il indiqué.

    Mettre fin à la guerre en RDC

    Les évêques dénoncent aussi les guerres récurrentes qui sévissent dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), occasionnant des millions de morts et des viols.

    « Le Congo pleure six millions de morts depuis le déclenchement de la guerre qui dure presque deux décennies. La guerre qui sévit en RDC continue de déstabiliser ce pays, de causer d’importantes pertes en vies humaines, des graves violations en droits humains, particulièrement les viols des femmes », a pour sa part affirmé l’Abbé Léonard Santedi de Kinshasa.

    Selon lui, les évêques ne peuvent pas se taire « devant ce drame qui semble être oublié ».

    « Ainsi, nous condamnons énergiquement les auteurs de ces crimes, et tous ceux qui leur apportent de l’aide de quelque nature que ce soit », a martelé l’Abbé Santedi.

    Les prélats catholiques invitent, de ce fait, toutes les parties impliquées dans la recherche de la solution à cette guerre de travailler définitivement pour la paix en RDC.

    « Nous lançons un appel pressant et pathétique aux Nations unies, à l’Union européenne, à l’Union africaine et aux gouvernements des autres pays impliqués de quelque manière que ce soit dans cette guerre, afin qu’ils s’engagent résolument à mettre fin à cette guerre qui n’a que trop duré », a ajouté l’Abbé Santedi.

    Par ailleurs, les évêques saluent la signature de l’accord cadre d’Addis-Abeba du 24 février dernier et la résolution 2098 créant la Brigade d’intervention de la Monusco pour neutraliser les groupes armés opérant en RDC.

    Sensibiliser les décideurs politiques

    Les évêques membres de la conférence épiscopale du Rwanda, d’Ouganda et tant d’autres dont les pays sont enclins à la guerre ont été chargés de sensibiliser les décideurs politiques de leurs pays respectifs pour le retour d’une paix durable en RDC.

    En vue de concrétiser son engagement pour la paix, la justice et la réconciliation, ils ont adopté un plan stratégique quinquennal de 2013-2018 avec des projets concernant la gouvernance, le bien commun et les transitions démocratiques en Afrique, plus particulièrement en RDC.

    « Nous nous sommes engagés à poser des actes forts. Maintenant c’est à chaque conférence et au niveau continental de voir quelles sont les situations qui demandent des interventions précises et responsabiliser tous ceux qui sont engagés dans cette affaire de la guerre », a indiqué le premier 1er vice-président du SCEAM, Mgr Gabriel Mbilingi d’Angola.

    Les situations de la RDC, la Centrafrique, les pays de la corne de l’Afrique, le Mali, le Nigeria, le Soudan du Sud, le Madagascar, la Tunisie et l’Egypte ont dominé les échanges du forum des prélats.

    L’Assemblée générale des évêques a débuté mardi 9 juillet. Elle a réuni une centaine d’évêques d’Afrique et de Madagascar, autour du thème : « « L’église famille de Dieu en Afrique au service de la réconciliation, la justice et la paix ». Elle a pris fin dimanche 14 juillet par une messe organisée au stade des Martyrs, à laquelle ont pris part tous les chrétiens catholiques.

    Le but de cette rencontre était de réfléchir sur l’importance d’arrêter des nouvelles orientations pastorales en vue de la réconciliation à travers l’évangile.

    (radiookapi)

  • RDC : la crise oubliée du Katanga

    RDC : la crise oubliée du Katanga

    Mai_Mai_Katanga-Depuis plus d’un an, des groupes armés sèment la terreur au Katanga, dans le sud-est de la RDC, mais le gouvernement se garde de reconnaître la présence d’une rébellion dans la riche province minière.

    Près de 60 mille personnes ont afflué dans la petite ville poussièreuse de Pweto, non loin de la frontière avec la Zambie. Ce sont des milliers de familles, qui ont rassemblé à la hâte un peu d’argent, des couvertures et qui ont pris la route.

    Ces familles habitaient de petits villages vulnérables, loin des positions des casques bleus onusiens et de l’armée congolaise.

    Antoinette, poussée à la fuite par la peur, vit maintenant dans une maison en terre à Pweto; un logement que lui a prêté une habitante de la ville, absente pour quelques mois.

    Sur le mur marron, une inscription à la craie ; “bienvenue”.

    “Une dame m’a aidée quand elle a entendu mon histoire. Elle me laisse vivre ici avec ma fille sans payer,” explique la jeune femme de 18 ans.

    Antoinette a dû fuir son village de Montofita quand les Mai Mai Kata Katanga l’ont attaqué. Ils ont brûlé les maisons et ont embarqué Antoinette, ainsi que sa mère.

    “Ils ont attaché ma mère à un arbre, dit Antoinette, et lui ont enfoncé une flèche dans les côtes; la flèche est ressortie de l’autre côté.

    “Ils lui ont coupé les seins. Tout ça devant moi. Puis chacun des deux hommes m’a violé. Mes voisins ont été brûlé vifs.”

    Le HCR estime que plus de 1700 femmes parmi les déplacés du Katanga ont été violées, comme Antoinette. Un chiffre forcément en deça de la réalité.

    Dans le camp de déplacés de Mwashi, les derniers arrivés ont fui un village surnommé Kosovo, allusion à la fréquence des attaques qu’il a subi au fil des années.

    Ils ont fuit leurs maisons il y a un peu moins d’un mois, et se plaignent de n’avoir pas encore reçu d’aide alimentaire.

    Taux de malnutrition aigue

    En réalité, moins de la moitié des déplacés bénéficient d’une aide alimentaire.

    “Les fonds attribués par les bailleurs pour le Katanga sont trop limités, et le PAM a du mal à continuer à fournir une aide de base aux déplacés,” déplore Anne Nardini, du Programme alimentaire mondial des Nations Unies.

    “La province du Katanga est encore perçue comme étant riche, mais le taux de malnutrition aigue y est de 15 pour cent,” ajoute-t-elle.

    Mwashi n’est pas un camp de déplacés structuré, mais plutôt ce que le Haut Commissariat aux Réfugiés de l’Onu appelle un site spontané : pas d’infrastructures sanitaires, pas de médecins. Une épidémie de choléra s’est déclarée l’an dernier, faisant au moins 46 morts dans le camp.

    Lucien habite avec son épouse et ses cinq enfants dans une case en paille de taille restreinte. Il était professeur des écoles à Kabisa.

    “On m’a ciblé, dit Lucien, parce que je suis un intellectuel et je décourageais les jeunes de rejoindre les groupes armés. Je savais que les Maï-Maï allaient venir me chercher, donc je me suis enfui.”

    Dans le village de Lucien, une dizaine d’hommes a rejoint le groupe Mai Mai Bakata katanga.

    “Exploiter nos propres ressources”

    Le mouvement Maï-Maï Kata Katanga est récent. Il a été formé après l’évasion de prison de Gédéon Kyungu Mutanga, en septembre 2011.

    A la fois chef de guerre et féticheur, Gédéon Kyungu Mutanga a dirigé une milice Maï-Maï dans les années 1990 et jusqu’en 2006, date de son emprisonnement.

    Sa milice a été armée pendant un temps par le gouvernement, elle faisait partie des groupes d’autodéfense populaires qui luttaient aux côtés des forces congolaises contre les milices pro-Rwanda.

    Après la guerre, bien que son groupe se soit retourné contre le gouvernement, il aurait continué à recevoir des armes, discrètement fournies par le commandant de l’armée de l’air d’alors, John Numbi.

    Un rapport d’ONG locales établit des liens plus récents entre les Maï-Maï Kata Katanga et John Numbi. Le grand chef du groupe serait un dénommé Ferdinand Tanda Imena Kazadi Mutembo qui vivrait à l’étranger.

    “Gédéon est venu nous voir en août 2012. Nous ne l’avons pas vu de nos yeux, il s’est caché dans une case pour nous parler,” raconte un homme qui vient de fuir une base de combattants Maï Maï avec ses deux épouses et ses huit enfants.

    “Ils nous a dit qu’en rejoignant son mouvement, les Bakata Katanga, nous aurions une vie meilleure. Il nous a dit qu’il fallait que le Katanga soit indépendant, que cela mettrait fin aux tracasseries des militaires, et que nous pourrions exploiter nos propres ressources. Le Katanga est très riche, mais nous ne bénéficions de rien. C’est la misère. Il nous a dit que cela changerait.”

    Mouvements sécessionistes

    Peu étonnant que le discours ait séduit, au delà du groupe éthnique de Gédeon. Au Katanga, le sentiment d’injustice sur la répartition des gains générés par les ressources du sous-sol est répandu.

    La province abrite des mouvements sécessionistes depuis des décennies. Elle a même brièvement été indépendante entre 1960 et 1963.

    Mais les méthodes utilisées par les Maï-Maï ne sont pas celles d’un mouvement libérateur, ce qui l’empêche de jouir du soutien de la majorité de la population.

    “Nous ne savons pas quoi penser de l’indépendance du Katanga en tant que telle,” affirme priscille, une habitante de Pweto. “Peut-être que la population aurait pu les soutenir, dit-elle, mais ils brûlent les villages et tuent les gens.”

    “L’indépendance pourrait être une bonne chose pour le Katanga,” estime un habitant de Lubumbashi, “mais cela dépend avant tout de comment. Si c’est pour le peuple, oui; mais pour servir les interêts d’un groupuscule, non merci,”

    Selon les autorités territoriales de Pweto, plusieurs centaines de combattants Mai-Mai se sont rendus depuis le début de l’année. Ils sont appauvris, épuisés, démoralisés.

    “Nous sommes encore plus pauvres qu’avant, beaucoup d’entre nous sont morts, le mouvement s’épuise,” estime l’ex-combattant.

    Les Kata Katanga ont peu de moyens, selon plusieurs témoignages. Ils disposent de quelques AK47, mais se battent surtout à l’arme blanche. Les combattants sont peu formés et le mouvement n’a pas de hiérarchie structurée.

    Lubumbashi

    Pourtant, à la surprise générale, Les Kata Katanga sont parvenus, le 23 mars dernier, à rentrer dans la capitale Lubumbashi.

    Faiblement armés, couverts de gris-gris et brandissant des drapeaux du Katanga indépendant, 242 combattants sont arrivés jusqu’au centre ville, ont dressé un drapeau sur la place centrale avant de déposer les armes à la Monusco.

    L’incident a fait au moins 23 morts, et a semé la panique. A la fin du mois dernier, des tracts ont circulé dans la ville. Un groupe qui se présente comme les Kata Katanga menaçait de prendre Lubumbashi entre le 30 juin et le 11 juillet.

    Une attaque contre une prison dans la ville, le 23 juin dernier, pour tenter de libérer un des leurs a accru la tension.

    “Nous avons peur qu’ils rentrent encore dans la ville,” s’inquiète un habitant de la capitale provinciale. “La dernière fois, des dizaines d’innocents ont été tués par des balles perdues. Ils sont comme une rebellion.”

    Les Maï Maï Kata Katanga ne sont pas le seul group actif dans la province. Les Maï-Maï Gédéon ne réclament pas l’indépendance, mais sont dirigés par la même personne.

    La Corak Kata Katanga, la coordination pour un référendum sur l’autodétermination du Katanga, est dirigée par des anciens tigres Katangais, un groupe indépendantiste qui s’était illustré dans les années 1960.

    Des membres de la Corak affirment s’être infiltrés dans la capitale provinciale et révendiquent une attaque contre l’aéroport de la ville en Février 2011. Ces groupes ont des affinités, mais semblent peu coordonnés.

    Le Haut commissariat aux Réfugiés des Nations Unies appelle la Monusco à augmenter sa présence dans la région.

    La mission onusienne a envoyé des forces spéciales égyptiennes dans la capitale Lubumbashi à la fin du mois dernier et elles sont venues s’ajouter aux 450 casques bleus dans l’ensemble de la province, mais cela reste un effectif dérisoire pour un territoire de la taille de la France.

    Il n’y a “pas de rébellion”

    L’ONU juge la situation au Katanga “très inquiétante” mais le Nord Kivu, où quelques 6000 casques bleus sont stationnés, reste la priorité de la mission.

    Le Premier ministre Matata Ponyo a affirmé à la BBC qu’on ne peut pas parler de rébellion au Katanga.

    “Pour moi, a-t-il déclaré, il n’y a pas de rébellion; ce sont des groupes d’individus qui ont besoin de faire entendre leur voix. C’est la démocratie. Il y a des mesures qui sont prises par le gouvernement pour essayer d’arrêter ce type de mouvement ou tout au moins les contrôler.”

    L’armée Congolaise ne dispose pas de données à ce jour sur le nombre de troupes déployées dans le Katanga, et ne compte pas en déployer davantage.

    Selon le HCR, les soldats gouvernementaux sont responsables d’une grande partie des cas de violences sexuelles enregistrés parmi les déplacés.

  • RDC: affrontements entre l’armée et rebelles du M23 près de Goma

    RDC: affrontements entre l’armée et rebelles du M23 près de Goma

    FARDC-POSITION– Des combats ont éclaté dimanche en début d’après-midi entre l’armée gouvernementale congolaise et le mouvement rebelle M23 près de Goma, capitale de la province du Nord-Kivu dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).

    Ces affrontements se déroulent à Mutaho, à 12 kilomètres au nord ouest de Goma (Est), selon les belligérants.

    Selon un major des FARDC (armée), qui a souhaité garder l’anonymat, le M23 a débuté les hostilités.

    “Ils ne peuvent que nous attaquer” en raison de l’impasse où ils se trouvent dans les négociations de paix en cours à Kampala, a affirmé cet officier, joint au téléphone par l’AFP.

    Selon des sources militaires sur place, trois bataillons des FARDC, soit près de 2.000 hommes, seraient engagés dans ces combats.

    Le M23 a confirmé les affrontements en cours, affirmant pour sa part que l’armée loyaliste avait lancé l’attaque.

    “Nous avons le droit de nous défendre”, a déclaré un responsable militaire du mouvement rebelle.

    Interrogés par l’AFP, des habitants ont confirmé la chute d’obus de mortier à proximité de la bourgade de Mutaho. Aucun bilan n’était encore disponible vers 14H00 locales (11H00 GMT).

    Le M23, qui avait occupé Goma pendant une dizaine de jours en novembre dernier, avait quitté la ville sous la pression des pays de la région en échange de négociations avec le gouvernement. Depuis, ces discussions achoppent sur l’évolution du mouvement rebelle et l’intégration de ses hommes au sein des FARDC.

    Le M23 reste positionné à quelques kilomètres au nord de Goma. Il est constitué d’ancien militaires congolais, essentiellement rwandophones, qui se sont mutinés et ont trouvé, selon la RDC et les Nations unies, un appui en hommes et en munitions des gouvernements ougandais et rwandais. Ces deux pays nient toute assistance au M23.

    En février, un accord-cadre avait été signé par les pays de la région qui se sont engagés à n’aider aucun mouvement rebelle. En mars, les Nations Unies ont décidé mettre en place une brigade d’intervention qui sera chargée de neutraliser tous les groupes armés opérant dans l’Est de la RDC. Elle devrait être opérationnelle fin août.

    Les négociations entre le M23 et le gouvernement se sont depuis poursuivies à Kampala, mais sans résultat jusqu’à présent.

    (AFP)