Author: Don Kayembe

  • RDC: 3ème jour de combats

    RDC: 3ème jour de combats

    Des militaires congolais arrivent à Goma, le 3 décembre 2012 © AFP
    Des militaires congolais arrivent à Goma, le 3 décembre 2012
    © AFP

    -Les combats se sont poursuivis mardi dans l’est de la RDC, au nord de Goma, pour le 3ème jour consécutif, entre l’armée congolaise et les rebelles du M23.

    Les FARDC (l’armée gouvernementale), soutenue par 3 hélicoptères, a attaqué des positions du M23 à Kibati, à 11 km de Goma, selon l’agence Reuters.

    “La situation est sous controle”, a déclaré le porte-parole de l’armée, le colonel Olivier Hamuli, qui faisait état mardi après-midi d’une “accalmie sur le terrain”.

    Le but des FARDC est “d’anéantir le M23”, a affirmé à des journalistes le colonel Olivier Hamuli.

    Un responsable du mouvement M23, le colonel Youssouf Boneza, a affirmé à l’AFP qu’il “tenait ses positions malgré les intenses bombardements en cours”.

    Ces affrontements sont les plus sérieux depuis neuf mois dans l’est de la RDC.

    “La récurence de combats si proche de zones habitées pose un sérieux problème de protection pour des milliers de personnes”, a déclaré Moustapha SOumare, coordinateur de l’ONU en RDC.

    Le commandant de la Monusco, le général brésilien, Alberto Dos Santos Cruz , dans une interview accordée à la BBC, a indiqué que les casques bleus ne prendront pas part à ces combats à moins, qu’ils y soient forcés, si les rebelles du M23 tentaient de prendre Goma.

    BBC

  • Kigali accuse l’armée de RDC de l’avoir bombardé “délibérément”

    Kigali accuse l’armée de RDC de l’avoir bombardé “délibérément”

    joseph_nzabamwita– Le Rwanda a accusé lundi soir l’armée de République démocratique du Congo (RDC) et la Force de l’ONU dans ce pays d’avoir “délibérément” bombardé deux villages rwandais frontaliers de l’Est de la RDC. “Deux obus ont atterri dans les villages de Kageshi et Gasiza (…) à environ 8 km et 12 km au nord de Rubavu”, nouveau nom de la ville rwandaise de Gisenyi, frontalière de la RDC, sans faire de blessés, a déclaré à l’AFP le général Joseph Nzabamwita, porte-parole de l’armée rwandaise.

    Les deux obus ont été tirés d’une zone “contrôlée” par les Forces armées de RDC (FARDC) et la Mission de l’ONU en RDC (Monuc), a-t-il affirmé. “Il s’agit d’un acte de provocation délibéré”, a-t-il accusé, rejetant l’hypothèse d’un accident, parce que selon lui aucun combat n’était signalé à proximité de la zone d’origine des tirs. “Cela signifie que nous avons été agressés”, a-t-il poursuivi. Il a porté ces accusations alors que, dans la région de Goma (Est de la RDC), des combats meurtriers opposent depuis dimanche après-midi des rebelles congolais du Mouvement du 23 mars (M23) aux soldats de l’armée congolaise. Le Rwanda est accusé de soutenir militairement le M23, ce que Kigali dément.

    Gisenyi, au Rwanda, et Goma, capitale de la province congolaise du Nord-Kivu, ne sont séparées que par la frontière entre les deux pays.

    Le général Nzabamwita a par ailleurs affirmé que des rebelles rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), basés dans l’est de la RDC et accusés d’être d’anciens responsables du génocide rwandais de 1994, étaient “intégrés” au sein d’unités des FARDC combattant le M23.

    Le M23 est composé d’anciens rebelles, intégrés dans l’armée congolaise après un accord de paix signé le 23 mars 2009 avec Kinshasa. Ils se sont mutinés et ont repris le maquis entre fin avril et début mai 2012, accusant les autorités de RDC de n’avoir pas respecté cet accord.

    La rébellion avait pris Goma mi-novembre après avoir mis en déroute les FARDC et s’en était retirée début décembre après avoir obtenu des négociations avec Kinshasa, ouvertes à Kampala le 9 décembre et qui n’ont que peu progressé depuis.

    Après plusieurs mois d’accalmie, des combats avaient repris brièvement en mai au nord de Goma, peu après l’arrivée dans la capitale du Nord-Kivu des premiers éléments d’une Brigade d’intervention de l’ONU, créée fin mars par le Conseil de sécurité pour “neutraliser les groupes armés” opérant dans l’est de la RDC.

    (AFP)

  • POINT DE PRESSE DU 15 JUILLET 2013-Lambert MENDE OMALANGA

    POINT DE PRESSE DU 15 JUILLET 2013-Lambert MENDE OMALANGA

    Mende-Mesdames et Messieurs,                                                                                                   Le point de presse de ce jour s’articulera essentiellement autour de la dernière évolution de la situation à l’Est. Par la suite je dirai deux ou trois petites choses sur les concertations nationales attendues pour très bientôt.

    Comme chacun le sait, les rebelles du M23 soutenus par des troupes régulières rwandaises ont attaqué les positions des FARDC à Mutaho et Rusayo, des localités situées à 12 km au nord-ouest de Goma. Cela s’est passé hier dimanche 14 juillet 2013 en début d’après-midi.

    Le bilan de ces affrontements n’est pas encore définitif, mais jusque-là, les FARDC ont répondu avec bravoure et efficacité à cette agression de plus contre notre territoire en infligeant de très lourdes pertes aux assaillants. Quelques 120 éléments des forces négatives assaillantes ont été tués lors des combats et une douzaine d’entre  eux ont été capturés par les forces loyalistes. Des forces loyalistes qui ont également reconquis quelques positions de l’ennemi qui a fui vers Kilimanyoka à proximité de Kibati.

    Cette évolution dramatique ne nous a pas surpris outre mesure. Depuis plusieurs semaines les rebelles du M23 et leurs alliés rwandais renforçaient leurs positions autour de Kibati non loin de Mutaho, entraînant de nouveaux déplacements de populations qui craignaient précisément l’escalade qui s’est produite hier. Aussi bien les services du Gouvernement, la société civile du Nord Kivu que la Monusco avaient confirmé ces bruits de bottes.  Il n’y a donc aucun doute possible sur l’initiative de la reprise des affrontements dans cette partie du territoire national. Ce sont bien les forces négatives du M23 et leurs sponsors dans la région qui ont relancé les hostilités en tirant à l’arme lourde sur les FARDC, tuant une dizaine d’éléments de nos troupes. La Monusco l’a du reste confirmé.

    Cette nouvelle explosion de violence était prévisible également pour quiconque suit la trajectoire sinueuse des positions du Rwanda sur la crise des Grands Lacs. En effet, le gouvernement rwandais, passant outre ses propres engagements dans l’Accord Cadre d’Addis Abeba de février dernier vient de décider d’accorder l’asile politique à tous les éléments des forces négatives du M23 qui s’étaient retranchés sur son territoire lors d’affrontements qui les avaient opposé à une autre faction au mois d’avril dernier. Tous ces éléments bénéficient donc de l’asile au Rwanda alors qu’à l’instar des autres Etats signataires de l’Accord Cadre, Kigali s’était engagé à ne pas recevoir sur son territoire des individus auteurs de crimes de guerre ou de crimes contre l’humanité ou sous sanction des Nations Unies, ce qui est le cas des sieurs Runiga ou Ngaruye notamment qui font partie du lot des bénéficiaires de l’asile accordé par le Rwanda.

    Ce n’est pas tout. Certains parmi vous l’ont déjà appris. Alors que la composition des troupes de la brigade d’intervention de l’ONU en cours de déploiement au Nord Kivu était connue depuis février dernier à Addis-Abeba, le Rwanda s’est lancé depuis le 9 juillet courant dans un exercice de remise en cause de ce volet de l’Accord Cadre et de la Résolution 2098 du Conseil de Sécurité, sous le fallacieux prétexte que certaines troupes de la brigade de même que celles des FARDC lui seraient hostiles et entretiendraient des relations de collaboration avec les forces négatives des FDLR.

    Le gouvernement rwandais par le biais de son ambassadeur aux Nations Unies a adressé le 9 juillet une lettre au Conseil de Sécurité accusant sans le moindre début de preuve la Brigade internationale et la RDC de soutenir voire d’armer les FDLR. Il est affirmé avec un incroyable aplomb que des officiers supérieurs de la Brigade et leurs homologues auraient tenu des réunions de coordination avec les FDLR pour déstabiliser le régime en place à Kigali. Il prétend ensuite que des officiers FDLR auraient été intégrés au sein des unités commandos des FARDC. En fait il n’y a rien de neuf dans ces accusations  gratuites. On se trouve en face des stéréotypes habituels de la propagande de nos voisins lorsqu’ils tentent de justifier l’injustifiable après l’épuisement de l’argument identitaire. Les fameuses preuves de l’implication des FARDC dans une quelconque coopération avec les FDLR que Kigali détiendrait seul sans les divulguer ne sont donc pas avérées. Il s’agit d’une pure désinformation pour préparer les esprits à l’agression en cours au Nord Kivu.

    Dans la même province, les rebelles ougandais de l’ADF/Nalu associés aux combattants Shebbab ont multiplié les exactions sur les populations civiles dans la région de Beni. Jeudi 11 juillet 2013, ces rebelles ont temporairement occupé la localité de Kamango avant de la quitter en promettant de revenir. Non sans avoir pillé, notamment, l’hôpital de Kamango, les pharmacies, les sièges d’Ongs internationales de la localité, et toutes les taxi-moto. Plusieurs personnes ont également été enlevées avant d’être relaxées, sauf le chef de localité, que ces bandits ont tué. Vendredi après-midi, ils ont été délogés de la localité par les Fardc et ont pris la direction du parc des Virunga. Ils ont ressurgi un peu plus loin, dans la localité de Kikingi en secteur de Rwenzori, qu’ils ont pillé avant d’en être délogés par les troupes loyalistes qui poursuivent leur progression dans ce secteur.

    Dimanche 14 juillet dans l’avant-midi, ils se sont permis de s’en prendre à une patrouille des casques bleus de la Monusco qu’ils ont attaquée sur l’axe Mbau – Kamango. Ces nouvelles agressions qui attestent pour ceux des nôtres qui ne semblent pas y prêter foi, une menace majeure contre la sécurité et l’intégrité de la RDC donne du sens à l’initiative du Président JKK de créer un cadre de dialogue avec les Concertations Nationales.

    Les nuances émises par l’opposition relèvent de l’exercice normal de la valeur liberté. Le Présidium mis en place par le Chef de l’Etat va y répondre incessamment mais nous devons tous avoir à l’esprit que rien ne doit à cet égard aboutir à entraver le respect de la constitution et l’exercice par les institutions constitutionnelles de leurs responsabilités.-

    Lambert MENDE OMALANGA

    Ministre des Médias, chargé des Relations avec le Parlement et de l’Initiation à la Nouvelle Citoyenneté

    Porte-parole du Gouvernement

  • Les évêques appellent les dirigeants d’Afrique à travailler pour l’intérêt de tous

    Les évêques appellent les dirigeants d’Afrique à travailler pour l’intérêt de tous

    evequesLes évêques catholiques appellent les dirigeants politiques d’Afrique à ne pas travailler que pour leurs propres intérêts, mais pour le bénéfice de tous. Ils ont fait cette recommandation, dimanche 14 juillet, à l’occasion de la clôture de leur Assemblée générale tenue à Kinshasa. Ils invitent aussi les Africains à s’engager urgemment dans le combat pour un ordre juste, où chacun peut jouir des droits liés à sa dignité humaine dans tous les domaines de la vie.

    « L’Afrique aujourd’hui a besoin d’un bon samaritain en politique, capable de penser l’organisation de la société, de telle sorte que le bien commun soit promu dans l’ordre économique des personnes entreprenantes capables de gérer des richesses, non pas pour eux-mêmes, mais pour leurs frères et sœurs avec la fierté d’apporter le bonheur à tous sans exception », a déclaré l’évêque du Congo-Brazzaville, Mbuyu, dans son homélie.

    Dans leur message, les évêques d’Afrique et de Madagascar fustigent le comportement des dirigeants africains « qui demeurent indifférents à la misère de leurs frères ».

    « Beaucoup se donnent comme but fondamental de leur vie, soit l’accumulation des richesses à n’importe quel prix, au point même de demeurer indifférents à la misère de leurs frères ; soit la course effrénée vers l’accession au pouvoir politique non pour le service de leurs frères, mais pour leurs propres satisfactions », a ajouté Mgr Mbuyu.

    « Ni le pouvoir, ni le valoir ne comble véritablement et profondément le cœur d’une personne assoiffée d’absolue », a-t-il indiqué.

    Mettre fin à la guerre en RDC

    Les évêques dénoncent aussi les guerres récurrentes qui sévissent dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), occasionnant des millions de morts et des viols.

    « Le Congo pleure six millions de morts depuis le déclenchement de la guerre qui dure presque deux décennies. La guerre qui sévit en RDC continue de déstabiliser ce pays, de causer d’importantes pertes en vies humaines, des graves violations en droits humains, particulièrement les viols des femmes », a pour sa part affirmé l’Abbé Léonard Santedi de Kinshasa.

    Selon lui, les évêques ne peuvent pas se taire « devant ce drame qui semble être oublié ».

    « Ainsi, nous condamnons énergiquement les auteurs de ces crimes, et tous ceux qui leur apportent de l’aide de quelque nature que ce soit », a martelé l’Abbé Santedi.

    Les prélats catholiques invitent, de ce fait, toutes les parties impliquées dans la recherche de la solution à cette guerre de travailler définitivement pour la paix en RDC.

    « Nous lançons un appel pressant et pathétique aux Nations unies, à l’Union européenne, à l’Union africaine et aux gouvernements des autres pays impliqués de quelque manière que ce soit dans cette guerre, afin qu’ils s’engagent résolument à mettre fin à cette guerre qui n’a que trop duré », a ajouté l’Abbé Santedi.

    Par ailleurs, les évêques saluent la signature de l’accord cadre d’Addis-Abeba du 24 février dernier et la résolution 2098 créant la Brigade d’intervention de la Monusco pour neutraliser les groupes armés opérant en RDC.

    Sensibiliser les décideurs politiques

    Les évêques membres de la conférence épiscopale du Rwanda, d’Ouganda et tant d’autres dont les pays sont enclins à la guerre ont été chargés de sensibiliser les décideurs politiques de leurs pays respectifs pour le retour d’une paix durable en RDC.

    En vue de concrétiser son engagement pour la paix, la justice et la réconciliation, ils ont adopté un plan stratégique quinquennal de 2013-2018 avec des projets concernant la gouvernance, le bien commun et les transitions démocratiques en Afrique, plus particulièrement en RDC.

    « Nous nous sommes engagés à poser des actes forts. Maintenant c’est à chaque conférence et au niveau continental de voir quelles sont les situations qui demandent des interventions précises et responsabiliser tous ceux qui sont engagés dans cette affaire de la guerre », a indiqué le premier 1er vice-président du SCEAM, Mgr Gabriel Mbilingi d’Angola.

    Les situations de la RDC, la Centrafrique, les pays de la corne de l’Afrique, le Mali, le Nigeria, le Soudan du Sud, le Madagascar, la Tunisie et l’Egypte ont dominé les échanges du forum des prélats.

    L’Assemblée générale des évêques a débuté mardi 9 juillet. Elle a réuni une centaine d’évêques d’Afrique et de Madagascar, autour du thème : « « L’église famille de Dieu en Afrique au service de la réconciliation, la justice et la paix ». Elle a pris fin dimanche 14 juillet par une messe organisée au stade des Martyrs, à laquelle ont pris part tous les chrétiens catholiques.

    Le but de cette rencontre était de réfléchir sur l’importance d’arrêter des nouvelles orientations pastorales en vue de la réconciliation à travers l’évangile.

    (radiookapi)

  • RDC : la crise oubliée du Katanga

    RDC : la crise oubliée du Katanga

    Mai_Mai_Katanga-Depuis plus d’un an, des groupes armés sèment la terreur au Katanga, dans le sud-est de la RDC, mais le gouvernement se garde de reconnaître la présence d’une rébellion dans la riche province minière.

    Près de 60 mille personnes ont afflué dans la petite ville poussièreuse de Pweto, non loin de la frontière avec la Zambie. Ce sont des milliers de familles, qui ont rassemblé à la hâte un peu d’argent, des couvertures et qui ont pris la route.

    Ces familles habitaient de petits villages vulnérables, loin des positions des casques bleus onusiens et de l’armée congolaise.

    Antoinette, poussée à la fuite par la peur, vit maintenant dans une maison en terre à Pweto; un logement que lui a prêté une habitante de la ville, absente pour quelques mois.

    Sur le mur marron, une inscription à la craie ; “bienvenue”.

    “Une dame m’a aidée quand elle a entendu mon histoire. Elle me laisse vivre ici avec ma fille sans payer,” explique la jeune femme de 18 ans.

    Antoinette a dû fuir son village de Montofita quand les Mai Mai Kata Katanga l’ont attaqué. Ils ont brûlé les maisons et ont embarqué Antoinette, ainsi que sa mère.

    “Ils ont attaché ma mère à un arbre, dit Antoinette, et lui ont enfoncé une flèche dans les côtes; la flèche est ressortie de l’autre côté.

    “Ils lui ont coupé les seins. Tout ça devant moi. Puis chacun des deux hommes m’a violé. Mes voisins ont été brûlé vifs.”

    Le HCR estime que plus de 1700 femmes parmi les déplacés du Katanga ont été violées, comme Antoinette. Un chiffre forcément en deça de la réalité.

    Dans le camp de déplacés de Mwashi, les derniers arrivés ont fui un village surnommé Kosovo, allusion à la fréquence des attaques qu’il a subi au fil des années.

    Ils ont fuit leurs maisons il y a un peu moins d’un mois, et se plaignent de n’avoir pas encore reçu d’aide alimentaire.

    Taux de malnutrition aigue

    En réalité, moins de la moitié des déplacés bénéficient d’une aide alimentaire.

    “Les fonds attribués par les bailleurs pour le Katanga sont trop limités, et le PAM a du mal à continuer à fournir une aide de base aux déplacés,” déplore Anne Nardini, du Programme alimentaire mondial des Nations Unies.

    “La province du Katanga est encore perçue comme étant riche, mais le taux de malnutrition aigue y est de 15 pour cent,” ajoute-t-elle.

    Mwashi n’est pas un camp de déplacés structuré, mais plutôt ce que le Haut Commissariat aux Réfugiés de l’Onu appelle un site spontané : pas d’infrastructures sanitaires, pas de médecins. Une épidémie de choléra s’est déclarée l’an dernier, faisant au moins 46 morts dans le camp.

    Lucien habite avec son épouse et ses cinq enfants dans une case en paille de taille restreinte. Il était professeur des écoles à Kabisa.

    “On m’a ciblé, dit Lucien, parce que je suis un intellectuel et je décourageais les jeunes de rejoindre les groupes armés. Je savais que les Maï-Maï allaient venir me chercher, donc je me suis enfui.”

    Dans le village de Lucien, une dizaine d’hommes a rejoint le groupe Mai Mai Bakata katanga.

    “Exploiter nos propres ressources”

    Le mouvement Maï-Maï Kata Katanga est récent. Il a été formé après l’évasion de prison de Gédéon Kyungu Mutanga, en septembre 2011.

    A la fois chef de guerre et féticheur, Gédéon Kyungu Mutanga a dirigé une milice Maï-Maï dans les années 1990 et jusqu’en 2006, date de son emprisonnement.

    Sa milice a été armée pendant un temps par le gouvernement, elle faisait partie des groupes d’autodéfense populaires qui luttaient aux côtés des forces congolaises contre les milices pro-Rwanda.

    Après la guerre, bien que son groupe se soit retourné contre le gouvernement, il aurait continué à recevoir des armes, discrètement fournies par le commandant de l’armée de l’air d’alors, John Numbi.

    Un rapport d’ONG locales établit des liens plus récents entre les Maï-Maï Kata Katanga et John Numbi. Le grand chef du groupe serait un dénommé Ferdinand Tanda Imena Kazadi Mutembo qui vivrait à l’étranger.

    “Gédéon est venu nous voir en août 2012. Nous ne l’avons pas vu de nos yeux, il s’est caché dans une case pour nous parler,” raconte un homme qui vient de fuir une base de combattants Maï Maï avec ses deux épouses et ses huit enfants.

    “Ils nous a dit qu’en rejoignant son mouvement, les Bakata Katanga, nous aurions une vie meilleure. Il nous a dit qu’il fallait que le Katanga soit indépendant, que cela mettrait fin aux tracasseries des militaires, et que nous pourrions exploiter nos propres ressources. Le Katanga est très riche, mais nous ne bénéficions de rien. C’est la misère. Il nous a dit que cela changerait.”

    Mouvements sécessionistes

    Peu étonnant que le discours ait séduit, au delà du groupe éthnique de Gédeon. Au Katanga, le sentiment d’injustice sur la répartition des gains générés par les ressources du sous-sol est répandu.

    La province abrite des mouvements sécessionistes depuis des décennies. Elle a même brièvement été indépendante entre 1960 et 1963.

    Mais les méthodes utilisées par les Maï-Maï ne sont pas celles d’un mouvement libérateur, ce qui l’empêche de jouir du soutien de la majorité de la population.

    “Nous ne savons pas quoi penser de l’indépendance du Katanga en tant que telle,” affirme priscille, une habitante de Pweto. “Peut-être que la population aurait pu les soutenir, dit-elle, mais ils brûlent les villages et tuent les gens.”

    “L’indépendance pourrait être une bonne chose pour le Katanga,” estime un habitant de Lubumbashi, “mais cela dépend avant tout de comment. Si c’est pour le peuple, oui; mais pour servir les interêts d’un groupuscule, non merci,”

    Selon les autorités territoriales de Pweto, plusieurs centaines de combattants Mai-Mai se sont rendus depuis le début de l’année. Ils sont appauvris, épuisés, démoralisés.

    “Nous sommes encore plus pauvres qu’avant, beaucoup d’entre nous sont morts, le mouvement s’épuise,” estime l’ex-combattant.

    Les Kata Katanga ont peu de moyens, selon plusieurs témoignages. Ils disposent de quelques AK47, mais se battent surtout à l’arme blanche. Les combattants sont peu formés et le mouvement n’a pas de hiérarchie structurée.

    Lubumbashi

    Pourtant, à la surprise générale, Les Kata Katanga sont parvenus, le 23 mars dernier, à rentrer dans la capitale Lubumbashi.

    Faiblement armés, couverts de gris-gris et brandissant des drapeaux du Katanga indépendant, 242 combattants sont arrivés jusqu’au centre ville, ont dressé un drapeau sur la place centrale avant de déposer les armes à la Monusco.

    L’incident a fait au moins 23 morts, et a semé la panique. A la fin du mois dernier, des tracts ont circulé dans la ville. Un groupe qui se présente comme les Kata Katanga menaçait de prendre Lubumbashi entre le 30 juin et le 11 juillet.

    Une attaque contre une prison dans la ville, le 23 juin dernier, pour tenter de libérer un des leurs a accru la tension.

    “Nous avons peur qu’ils rentrent encore dans la ville,” s’inquiète un habitant de la capitale provinciale. “La dernière fois, des dizaines d’innocents ont été tués par des balles perdues. Ils sont comme une rebellion.”

    Les Maï Maï Kata Katanga ne sont pas le seul group actif dans la province. Les Maï-Maï Gédéon ne réclament pas l’indépendance, mais sont dirigés par la même personne.

    La Corak Kata Katanga, la coordination pour un référendum sur l’autodétermination du Katanga, est dirigée par des anciens tigres Katangais, un groupe indépendantiste qui s’était illustré dans les années 1960.

    Des membres de la Corak affirment s’être infiltrés dans la capitale provinciale et révendiquent une attaque contre l’aéroport de la ville en Février 2011. Ces groupes ont des affinités, mais semblent peu coordonnés.

    Le Haut commissariat aux Réfugiés des Nations Unies appelle la Monusco à augmenter sa présence dans la région.

    La mission onusienne a envoyé des forces spéciales égyptiennes dans la capitale Lubumbashi à la fin du mois dernier et elles sont venues s’ajouter aux 450 casques bleus dans l’ensemble de la province, mais cela reste un effectif dérisoire pour un territoire de la taille de la France.

    Il n’y a “pas de rébellion”

    L’ONU juge la situation au Katanga “très inquiétante” mais le Nord Kivu, où quelques 6000 casques bleus sont stationnés, reste la priorité de la mission.

    Le Premier ministre Matata Ponyo a affirmé à la BBC qu’on ne peut pas parler de rébellion au Katanga.

    “Pour moi, a-t-il déclaré, il n’y a pas de rébellion; ce sont des groupes d’individus qui ont besoin de faire entendre leur voix. C’est la démocratie. Il y a des mesures qui sont prises par le gouvernement pour essayer d’arrêter ce type de mouvement ou tout au moins les contrôler.”

    L’armée Congolaise ne dispose pas de données à ce jour sur le nombre de troupes déployées dans le Katanga, et ne compte pas en déployer davantage.

    Selon le HCR, les soldats gouvernementaux sont responsables d’une grande partie des cas de violences sexuelles enregistrés parmi les déplacés.

  • RDC: affrontements entre l’armée et rebelles du M23 près de Goma

    RDC: affrontements entre l’armée et rebelles du M23 près de Goma

    FARDC-POSITION– Des combats ont éclaté dimanche en début d’après-midi entre l’armée gouvernementale congolaise et le mouvement rebelle M23 près de Goma, capitale de la province du Nord-Kivu dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).

    Ces affrontements se déroulent à Mutaho, à 12 kilomètres au nord ouest de Goma (Est), selon les belligérants.

    Selon un major des FARDC (armée), qui a souhaité garder l’anonymat, le M23 a débuté les hostilités.

    “Ils ne peuvent que nous attaquer” en raison de l’impasse où ils se trouvent dans les négociations de paix en cours à Kampala, a affirmé cet officier, joint au téléphone par l’AFP.

    Selon des sources militaires sur place, trois bataillons des FARDC, soit près de 2.000 hommes, seraient engagés dans ces combats.

    Le M23 a confirmé les affrontements en cours, affirmant pour sa part que l’armée loyaliste avait lancé l’attaque.

    “Nous avons le droit de nous défendre”, a déclaré un responsable militaire du mouvement rebelle.

    Interrogés par l’AFP, des habitants ont confirmé la chute d’obus de mortier à proximité de la bourgade de Mutaho. Aucun bilan n’était encore disponible vers 14H00 locales (11H00 GMT).

    Le M23, qui avait occupé Goma pendant une dizaine de jours en novembre dernier, avait quitté la ville sous la pression des pays de la région en échange de négociations avec le gouvernement. Depuis, ces discussions achoppent sur l’évolution du mouvement rebelle et l’intégration de ses hommes au sein des FARDC.

    Le M23 reste positionné à quelques kilomètres au nord de Goma. Il est constitué d’ancien militaires congolais, essentiellement rwandophones, qui se sont mutinés et ont trouvé, selon la RDC et les Nations unies, un appui en hommes et en munitions des gouvernements ougandais et rwandais. Ces deux pays nient toute assistance au M23.

    En février, un accord-cadre avait été signé par les pays de la région qui se sont engagés à n’aider aucun mouvement rebelle. En mars, les Nations Unies ont décidé mettre en place une brigade d’intervention qui sera chargée de neutraliser tous les groupes armés opérant dans l’Est de la RDC. Elle devrait être opérationnelle fin août.

    Les négociations entre le M23 et le gouvernement se sont depuis poursuivies à Kampala, mais sans résultat jusqu’à présent.

    (AFP)