Author: Don Kayembe

  • Recherche d’une majorité à l’Assemblée nationale : Premières frictions entre CACH et FCC

    Recherche d’une majorité à l’Assemblée nationale : Premières frictions entre CACH et FCC

    -La majorité à la nouvelle Assemblée nationale est au centre de grandes manœuvres politiques entre le FCC (Joseph Kabila) et le CACH (Félix Tshisekedi). Si le FCC la revendique d’emblée au vu des scores réalisés, il n’en est pas le cas pour le CACH qui entend se soumettre aux prescrits de la Constitution.

    Il s’agit de la nomination d’un informateur avec la charge d’identifier au préalable cette majorité parlementaire avant de la confirmer. Voilà les premières frictions qui risquent de mettre à rude épreuve l’accord qui lie les deux camps politiques bien avant la tenue d’élections du 30 décembre 2018.

    Qui aura la majorité à la nouvelle Assemblée nationale ? Après l’étape de prestation de serment du président de la République, Félix Tsihisekedi, suivie de la cérémonie de passation des pouvoirs avec le président sortant, Joseph Kabila, tous les regards sont maintenant tournés vers le Palais du peuple, où est censé se dénouer le sort du gouvernement.

    En vertu de la Constitution, le prochain Premier ministre sera issu de la majorité à la Chambre basse du Parlement. Bien avant, la même Constitution précise que, pour y arriver, le président de la République doit en principe procéder à la nomination d’un informateur pour identifier cette majorité. Ce qui va lui donner le feu vert pour nommer enfin un Premier ministre dans la majorité ainsi identifiée.

    Si CACH, coalition qui a soutenu la candidature de Félix Tshisekedi à la présidentielle du 30 décembre 2018, tient à se plier aux dispositions prévus dans la Constitution, ce n’est pas le cas pour le FCC, la plateforme électorale qui se reconnaît en Joseph Kabila. Ce dernier estime, au regard des résultats provisoires des législatives nationales publiés par la Céni, disposer d’une majorité écrasante à la Chambre basse du Parlement. Dans les deux camps, le sujet fait polémique. Ce qui pourrait vraisemblablement amener aux premières frictions entre CACH et FCC.

    L’accord conclu entre CACH et FCC va-t-il résister à l’épreuve du temps ? C’est la question que l’on se pose.

    Il est un secret de polichinelle que les deux coalitions, à savoir CACH et FCC, ont conclu, bien avant la publication le 9 janvier 2019 des résultats provisoires à la présidentielle, un accord de partage de pouvoir. Selon des indiscrétions recueillies dans la ville haute, la coalition CACH s’était engagée, en vertu de cet accord, à céder la Primature au FCC, avec en prime le contrôle de certains ministères régaliens tels que les affaires étrangères, la défense, les finances et l’intérieur. Le FCC devait en plus garder une mainmise sur le ministère de la Justice.

    Evidemment, tout s’est fait avant que le président Félix Tshisekedi ne prête serment et prenne l’effectivité du pouvoir.

    Disposant désormais d’un impérium, le président Félix Tshisekedi tient donc à se plier à la Constitution. Et la nomination d’un informateur pour identifier la nouvelle majorité à l’Assemblée nationale rentre dans ce schéma. Une procédure que le FCC redoute, craignant certainement que les consultations de l’informateur ne viennent affaiblir sa majorité de facto.

    Dans tous les cas, l’accord CACH – FCC ne fait l’ombre d’aucun doute. Il existe. Mais, son application connait déjà ses premières frictions. Dans son discours d’adieu au peuple congolais, prononcé la veille de la prestation de serment, Joseph Kabila a lancé l’appel à la constitution d’une « coalition des forces progressistes » pour parfaire, selon lui, le plan de la reconstruction qu’il a entamé durant ses 18 ans de règne. C’est dire que la coalition FCC – CACH pourrait être éventuellement élargie à d’autres forces. Une hypothèse que le FCC redoute, craignant de perdre sa majorité de fait, réalisée sur base des résultats provisoires de la Céni aux législatives nationales.

    Habitué dans l’art de la débauche, le FCC ne voudrait donc pas ouvrir une brèche par laquelle CACH pourrait s’engouffrer jusqu’à redéfinir une nouvelle majorité à l’Assemblée nationale.

    Autrement dit, c’est l’accord CACH – FCC qui est en jeu. Quoiqu’il en soit, on ne voit pas comment le président Félix Tshisekedi pourrait contourner la procédure constitutionnelle en précipitant la nomination d’un Premier ministre, sans préalablement désigner un informateur pour identifier la nouvelle majorité à l’Assemblée nationale.

    Pour l’instant, dans les deux camps, des réunions se multiplient. Et au FCC, on reste de marbre. « Le FCC a la majorité à l’Assemblée nationale, soit plus de 300 députés nationales. Cela saute aux yeux. Faut-il nécessairement passer par un informateur pour le constater », a fait comprendre un haut cadre du FCC.

    Au finish, c’est au chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, que reviendra le dernier mot. Autrement dit, la route qui mène à la nomination d’un Premier ministre est encore long et parsemée de nombreux pièges que le président de la République devra déjouer pour ne pas déranger dès le début de son mandat l’accord qui le lie au FCC.


    Avec Le Potentiel / MCP
  • Pierre Ndaye Mulamba, un héros du football congolais devenu exilé-

    Pierre Ndaye Mulamba, un héros du football congolais devenu exilé-

    -Pierre Ndaye Mulamba est décédé à 70 ans suite à des problèmes de santé, ce 26 janvier 2019, a confirmé sa famille à RFI. L’attaquant-vedette de l’équipe du Zaïre avait gagné la Coupe d’Afrique des nations 1974 dont il avait fini meilleur buteur avec 9 réalisations. Agressé avec sa famille à Kinshasa en 1994, l’ancien footballeur avait quitté son pays pour se réfugier en Afrique du Sud où il est mort.

    Ses neuf buts inscrits lors de la Coupe d’Afrique des nations 1974 – un record pour une phase finale de CAN – sont restés dans la légende du football africain. Pourtant, Pierre Ndaye Mulamba avait presque sombré dans l’oubli ces dix dernières années.

    Celui qui a marqué l’histoire du foot congolais en remportant la CAN 1974 et en disputant le Mondial la même année a succombé à des ennuis de santé, ce 26 janvier, après plusieurs semaines passées dans une clinique sud-africaine.

    C’est en effet au pays de Nelson Mandela, très loin de son Luluabourg natal – ville du centre de la RDC devenue Kananga – que l’ancien attaquant-vedette de la RDC a rendu son dernier soupir.

    La passion du football

    Pierre Ndaye Mulamba a grandi dans une famille de huit enfants, sous la vigilance d’un père obsédé par les études et décidé à en faire un instituteur. Mais le gamin, surnommé « Mutumbula » (le « croque-mitaine ») à cause d’une mauvaise blague qu’il avait jouée aux habitants de son quartier, n’a alors qu’un seul centre d’intérêt : le ballon rond.

    Le pasteur luthérien qui gère son école le nomme ainsi « délégué football » à l’âge de 10 ans. Il faut dire que le talent de Pierre Ndaye Mulamba ne passe pas inaperçu. A 14 ans, il dispute ainsi un match devant le président de la République, Joseph Kasa-Vubu, avec deux buts à la clé. Pas impressionné par cet exploit, son père lance : « Il n’est pas question que mon fils fasse du football. Ce n’est pas un métier. Le football, c’est pour les bons à rien. »

    Mais Georges Mulamba est obligé de lâcher du lest sous la pression grandissante des autorités locales, trop heureuses de voir émerger cette icône du Kasaï-Central.

    Le temps de l’insouciance

    Pour Pierre Ndaye Mulamba, c’est le temps de l’insouciance et des buts en pagaille inscrits avec la Renaissance du Kasaï, puis avec le club rival l’Union saint-gilloise. A 17 ans, Pierre Ndaye Mulamba est convoqué pour la première fois en équipe nationale. S’il n’est pas retenu pour la CAN 1968 (que le Congo remportera), à son grand dam, sa réputation est déjà faite.

    Et c’est donc tout naturellement qu’après un court passage à l’AS Bantous, l’avant-centre rallie l’équipe phare de la capitale, Vita Club, en 1972. L’année suivante, avec ce même « V Club », il remporte la prestigieuse Coupe d’Afrique des clubs champions.

    Et en août 1973, après avoir été appelé à maintes reprises en sélection sans jouer, il dispute enfin son premier match officiel avec l’équipe nationale du Zaïre.

    Une CAN 1974 d’anthologie…

    Pierre Ndaye Mulamba est alors au sommet de son art. Lors de sa première CAN, en 1974 en Egypte, le Congolais martyrise les gardiens adverses, réussissant un doublé face à la Guinée (2-1) et scorant face à Maurice (4-1), au premier tour. En demi-finale, ses deux nouveaux buts contribuent à l’exploit face au pays-hôte (3-2). En finale, face à la Zambie, l’intéressé fait encore trembler les filets deux fois. Mais les Zambiens égalisent durant la prolongation, à 2-2. Le règlement de la compétition prévoit de rejouer le match, en cas de score de parité.

    Pas perturbé, Pierre Ndaye Mulamba inflige la même sanction aux « Chipolopolo », deux jours plus tard. Mais cette fois, ses coéquipiers tiennent bon en défense : victoire 2-0.

    A leur retour, les « Léopards » ont le droit à un accueil triomphal. Le joueur-vedette est adoubé par le chef de l’Etat, Mobutu Sese Seko, qui lui lance : « Je vous avais demandé la semaine dernière par téléphone de ramener la coupe au pays et vous l’avez fait. Je saurai m’en souvenir. »

    …mais un Mondial 1974 qui vire au cauchemar

    La suite prouve toutefois l’inverse. L’équipe du Congo s’est certes qualifiée pour la Coupe du monde 1974 en RFA, devenant ainsi la première nation d’Afrique noire à prendre part à cet événement. Mais, en dépit du soutien du public allemand, les « Léopards » vivent un Mondial cauchemardesque. Furieux de ne pas avoir touché leurs primes de la CAN 1974, les champions d’Afrique se relâchent totalement après une première défaite pourtant honorable face à l’Ecosse (2-0). Ils sont humiliés par la Yougoslavie 9-0 puis battus par le Brésil 3-0.

    Quant à Pierre Ndaye Mulamba, il vit un triste tournoi. Il est en effet exclu lors du match face à la Yougoslavie pour un coup de pied administré à l’arbitre… par un coéquipier. Pour cet acte qu’il n’a pas commis, le sanctionné se voit même gratifié d’une suspension d’un an qui sera plus tard annulée par la FIFA. « Pour la première fois depuis bien longtemps, Ndaye ne se sent plus l’âme du Mutumbula. Il n’a aucune envie de rentrer au pays », écrit la journaliste Claire Raynaud dans sa biographie du joueur, La Mort m’attendra.

    Du lent déclin…

    Après cette année 1974 folle, la carrière de Pierre Ndaye Mulamba se poursuit durant plus d’une décennie. A 38 ans, il raccroche enfin les crampons. S’il reste une gloire dans son pays et même sur le reste du continent, sa vie n’en est toutefois pas moins devenue modeste.

    Seule une cérémonie organisée par la Confédération africaine de football (CAF) en son honneur, en marge de la Coupe d’Afrique des nations 1994, rappelle ses belles heures. A Tunis, Issa Hayatou, le patron de la CAF, lui rend un vibrant hommage avant de lui remettre entre autres une médaille. Sitôt décoré, le ministre des Sports du Congo, présent à la fête, demande cependant à Pierre Ndaye Mulamba de lui remettre sa distinction pour qu’il puisse l’offrir à Mobutu, est-il écrit dans La Mort m’attendra. Furieux, le héros du jour refuse catégoriquement.

    …à l’enfer

    Pierre Ndaye Mulamba ne le sait pas encore, mais il va payer cher cet affront, renouvelé par la suite à Kinshasa. Quelques jours après son retour de Tunisie, dans la nuit du 17 au 18 avril 1994, sa femme, ses trois enfants et lui sont attaqués chez eux. « Mutumbula » est torturé, mutilé, laissé pour mort près d’un pont, avant d’être découvert, inerte, par des gamins des rues. Transféré dans un centre de soin, il échappe de peu à son funeste destin, après plusieurs arrêts cardiaques et après avoir été dans le coma.

    En revanche, son plus jeune fils, Tridon, 9 ans, a succombé, lui, à un coup de crosse que lui avaient asséné les agresseurs. Durant sa longue convalescence, Pierre Ndaye Mulamba doit lutter pour que la haine ne le fasse pas sombrer dans la folie.

    Envoyée en Afrique du Sud en 1995 pour se soigner, l’ancienne gloire n’est plus que l’ombre d’elle-même. A la dérive, Pierre Ndaye Mulamba doit partir chercher de quoi survivre au Cap, au bout de quelques mois. Sitôt descendu du train, il craque, rapporte sa biographie : « Dans ce hall de gare du bout du monde, perdu, seul, il s’autorise enfin à faire ce qu’il n’a jamais fait : pleurer la mort de son petit garçon, pleurer sa famille qu’il a abandonnée, pleurer sa jambe dont il ne recouvrera jamais l’usage, pleurer sa vie d’autrefois, quand il était Mutumbula et que rien ni personne ne lui résistait. »

    Réfugié et misérable

    Au Cap, Pierre Ndaye Mulamba survit grâce à la solidarité et à l’admiration des autres réfugiés congolais, ainsi qu’à un petit boulot de car parker. Il touche le fond en 1998 lorsqu’il apprend dans les journaux… sa propre mort. Soi-disant suite à l’effondrement d’une mine en Angola. Les médias congolais ont en effet annoncé son décès juste avant la demi-finale de Coupe d’Afrique des nations au Burkina Faso entre les sélections de RDC et d’Afrique du Sud. Le speaker du stade à Ouagadougou a même appelé à une minute de silence, juste avant cette rencontre décisive… La vérité sera vite rétablie.

    En avril 2005, Pierre Ndaye Mulamba a le droit à un nouvel hommage, bien réel celui-là, de la part de Joseph Blatter, le patron de la FIFA, mais à Kinshasa. Revenu pour la première fois dans son pays, l’ancien goleador consent à se prêter à une cérémonie pleine d’hypocrisie où il est prié de taire son exil et ses souffrances.

    Reparti en Afrique du Sud, ce n’est qu’en décembre 2009, avant le tirage au sort de la Coupe du monde 2010 qu’il reçoit l’hommage qu’il espérait tant. Aux côtés du Ghanéen Abedi Pelé, lui aussi récompensé, il lâche, les yeux embués de larmes : « Ma vie n’a pas été toujours facile. Le football m’a apporté autant de joies que de peines. Mais aujourd’hui, je suis heureux. Heureux parce que cette Coupe du monde va se disputer dans mon pays, l’Afrique du Sud. Heureux parce que ce n’est pas un mais six pays africains qui vont participer à la compétition, et je les soutiendrai de tout mon cœur et de toutes mes forces. Heureux parce qu’en m’invitant ici aujourd’hui, vous m’avez fait un immense honneur. » C’était il y a neuf ans.

    Avec RFI

  • où loger le nouveau président de la République congolaise F. Tshisekedi ?

    où loger le nouveau président de la République congolaise F. Tshisekedi ?

    Congolese President Felix Tshisekedi holds the constitution after being sworn in in Kinshasa, Democratic Republic of the Congo, Thursday Jan. 24, 2019. Tshisekedi won an election that raised numerous concerns about voting irregularities amongst observers as the country chose a successor to longtime President Joseph Kabila. (AP Photo/Jerome Delay)

    -La question se pose, au lendemain de son investiture du nouveau président. Le palais historique destiné aux chefs d’Etats à Kinshasa est inhabitable et le président sortant, Joseph Kabila, ne quitte pas sa villa. En attendant une solution plus pérenne, Félix Tshisekedi loge donc à la cité de l’Union africaine.

    Joseph Kabila a rendu les clés du palais de la Nation, les bureaux de la présidence mais pas celles de sa villa présidentielle, située en centre-ville. « Il ne s’agit pas de la résidence officielle du chef de l’Etat congolais », explique l’un de ses conseillers. Ladite résidence officielle – historiquement – est, elle, située sur le Mont Ngaliema mais n’est plus habitable. Elle a été pillée à la fin de l’ère Mobutu et reste abandonnée depuis.

    A son arrivée Laurent-Désiré Kabila a préféré s’installer dans une autre villa, le palais de marbre. C’est là qu’il fut assassiné. Conséquence : par « superstition » dit-on, son fils Joseph Kabila a refusé de s’y installer et opté pour une villa baptisée GLM, du nom de Litho Moboti l’oncle du président Mobutu. Ce dernier l’avait attribuée à son neveu au moment de la zaïrisation. L’entourage du président sortant assure que depuis, Joseph Kabila en est devenu propriétaire. « Aucune raison donc de déménager », explique encore un de ses conseillers. Quant à la résidence officielle historique, il est prévue qu’elle soit rénovée mais ce sera long et coûteux.

    Résultat : Après une première nuit à l’hôtel Kempinksi le soir de son investiture, le nouveau président Félix Tshisekedi s’est donc provisoirement installé à la cité de l’Union africaine dans la même enceinte que ce palais présidentiel. Un complexe, construit en 1967 pour héberger les chefs d’Etat africains invités au 4ème sommet de l’organisation. « C’est modeste, mais c’est transitoire » assure son porte-parole, Vidiye Tshimanga. « Le nouveau chef de l’Etat veut imprimer sa marque », explique-t-il. Il laisse donc entendre qu’un déménagement est prévu, tout en laissant planer le mystère sur le futur lieu de résidence du nouveau président.

    Avec RFI

  • Félix Tshisekedi s’installe dans le bureau présidentiel

    Félix Tshisekedi s’installe dans le bureau présidentiel

    -Joseph Kabila a cédé le vendredi 25 janvier le bureau présidentiel à son successeur Félix Tshisekedi, qui s’est aussitôt mis au travail sur le dossier des droits de l’Homme.

    Joseph Kabila et Félix Tshisekedi se sont entretenus à huis clos pendant plus de deux heures, puis ont descendu ensemble les marches du bureau présidentiel. Ils se sont embrassés avant le départ de l’ex-président resté 18 ans au pouvoir.

    Le nouvel homme fort de la République démocratique du Congo a nommé vendredi son directeur de campagne, Vital Kamerhe, au poste du directeur de cabinet du président de la République.

    Interrogé par la presse, l’ancien opposant devenu président a rappelé sa promesse d’améliorer le respect des droits de l’Homme dans le pays.

    « J’ai déjà programmé une réunion du Conseil supérieur de sécurité à laquelle je vais adjoindre les agences comme l’ANR (Agence nationale de renseignements) et l’une de mes première décisions » sera de fermer les cachots illégaux dans le pays, a-t-il déclaré. L’ANR est régulièrement accusée de détenir en secret des opposants pendant de longues périodes.

    Jeudi, lors de son discours d’investiture, le président Tshisekedi avait promis d’œuvrer en faveur de la libération des prisonniers politiques.

    « Le peuple d’abord »

    « Le ministre de la Justice sera chargé de recenser tous les prisonniers politiques, d’opinion ou assimilés, sur l’ensemble du territoire national, en vue de leur prochaine libération », avait annoncé Félix Tshisekedi.

    « L’intérêt des Congolais sera mon premier souci », a-t-il insisté vendredi, indiquant avoir été « touché » par le message de la population l’invitant à se souvenir du slogan de son père, l’opposant historique Étienne Tshisekedi : « Le peuple d’abord ! ». Fondateur de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), Étienne Tshisekedi est décédé le 1er février 2017 à Bruxelles où son corps est encore gardé.

    Le peuple d’abord « sera le fil conducteur de tout mon séjour à la présidence de la République », a assuré le nouveau président congolais.

    Âgé de 55 ans, Félix Tshisekedi est le cinquième président de la RDC. Sa victoire à la présidentielle à un tour du 30 décembre est cependant contestée par un autre opposant, Martin Fayulu, qui a boycotté la cérémonie d’investiture. Ce dernier s’estime victime d’un accord entre Kabila et Tshisekedi, et revendique la victoire dans les urnes avec 60% des voix. Son recours a été rejeté par la Cour constitutionnelle.

    Félix Tshisekedi devra cependant partager le pouvoir avec le camp de son prédécesseur qui a gardé la majorité des sièges à l’Assemblée nationale à l’issue des législatives organisées en même temps que la présidentielle.

    « Coalition politique »

    C’est parmi cette majorité que Félix Tshisekedi devra chercher son Premier ministre à partir de lundi, date prévue de la rentrée parlementaire.

    Avant la présidentielle, il avait promis de nommer au poste de Premier ministre Vital Kamerhe, ancien président de l’Assemblée nationale de Kabila passé à l’opposition, qui avait accepté de se désister en sa faveur.

    La coalition Cap pour le changement (Cach) du président Tshisekedi et la coalition pro-Kabila Front commun pour le Congo (FCC) ont signé un « accord de coalition politique », d’après un document parvenu à l’AFP.

    L’accord prévoit que les ministères régaliens (Affaires étrangères, Défense, Intérieur) doivent « comme cela est de doctrine certaine, revenir à la famille politique du président élu ».

    C’est la première transmission pacifique du pouvoir depuis l’indépendance de la RDC en 1960.

    « La passation civilisée du pouvoir entre un président élu sortant et un président élu entrant » depuis l’indépendance, comme le répète la télévision d’État, est largement salué par les Congolais.

    Avec J.A

  • Satisfaits par l’investiture de Félix Tshisekedi, 600 rebelles déposent les armes

    Satisfaits par l’investiture de Félix Tshisekedi, 600 rebelles déposent les armes

    -Six cents rebelles d’une milice responsable, avec les forces de sécurité, de violences ayant fait 3.000 morts au Kasaï (centre) ont déposé les armes, satisfaits par l’investiture de Félix Tshisekedi comme président de la République démocratique du Congo, a-t-on appris samedi des autorités locales.

    “Ces 600 miliciens ont répondu à notre appel en faveur de la paix. Nous avons un nouveau président, nous devons tous le soutenir. Je prie tous ceux qui sont encore en brousse de sortir et de déposer les armes”, a déclaré à la presse Denis Kambayi, gouverneur du Kasaï-central.

    Le nombre total de ces miliciens est estimé à quelque 1.700 par les autorités.

    Kabila a quitté le Palais de la nation après la remise et reprise avec Félix Tshisekedi

    “Nous sommes venus déposer les armes car pour nous la guerre est finie. Le peuple a pris le pouvoir avec l’élection de Félix Tshisekedi, plus rien ne justifie la guerre”, a déclaré à l’AFP Raphaël Kabeya qui se présente comme le superviseur des miliciens sur l’axe Kananga-Bunkonde (Kasaï-central).

    Ces miliciens, qui portaient des bandeaux rouges autour de la tête, ont déposé auprès du gouverneur du Kasaï-central des fusils AK 47 et des fusils de chasse calibre 12, des machettes, des bâtons, des flèches, des couteaux, des statuettes et des amulettes, a constaté un correspondant de l’AFP.

    Ensuite, ils se sont rendus au siège local de l’UDPS (Union pour la démocratie et le progrès social), le parti de Félix Tshisekedi, lui-même natif de la région du Kasaï (centre), selon le journaliste.

    Des Casques bleus patrouillent près de Kananga, dans le Kasaï central, en RDC, le 11 mars 2017.
    Cinq morts lors d’une évasion dans une prison au Kasaï

    Entre septembre 2016 et octobre 2017 quatre provinces du centre de la RDC (Kasaï, Kasaï-central, Kasaï-oriental et Lomami) avaient basculé dans la violence avec l’insurrection de la milice politico-mystique Kamuina Nsapu, du nom d’un chef coutumier tué dans une opération des forces de sécurité contre sa résidence le 12 août 2016.

    “Nous avons manifesté notre volonté de mettre fin au conflit armé. Nous demandons à nos frères +Bana Mura+ (la milice rivale soutenue par les autorités, selon un rapport de l’ONU), de remettre leurs armes pour sceller la réconciliation”, a encore déclaré M. Kabeya.

    Le même mouvement de reddition a été constaté à Tshikapa, dans la province voisine du Kasaï, selon plusieurs témoins contactés par l’AFP.

    Mais “la prise en charge de ces miliciens n’est pas assurée à Kananga et à Tshikapa. Ce qui risque de compromettre ce processus de reddition volontaire”, a déploré Monique Ngalula, responsable locale de l’ONG Cadre de concertation des femmes congolaises (Cafco).

    Le 15 janvier, 50 chefs miliciens Kamuina Nsapu, qui se disaient satisfaits des résultats de la présidentielle, s’étaient rendus aux autorités.

    Avec VOA

  • L’Allemagne prête à reconnaître Guaido comme président par intérim du Venezuela

    L’Allemagne prête à reconnaître Guaido comme président par intérim du Venezuela

    Alors que la crise se poursuit au Venezuela, l’Allemagne adopte une position dure ce vendredi 25 janvier. Par la voix de Steffen Seibert, porte-parole du gouvernement allemand, Berlin se dit prêt à reconnaître Juan Guaido en tant que “président par intérim” du Venezuela si des élections libres ne sont pas organisées très rapidement. “Le président vénézuélien Nicolas Maduro ne peut pas être le leader légitime parce que les élections qui l’ont ramené au pouvoir n’ont pas été équitables”, dit Steffen Seibert. “Le Venezuela doit organiser des élections présidentielles libres et équitables ou le chef de l’opposition Juan Guaido doit être déclaré président par intérim.”

    L’Allemagne est l’un des premiers grands pays de l’Union européenne à aller aussi loin sur la question d’une reconnaissance de l’opposant Guaido. Pour Berlin, l’appel de millions de Vénézuéliens en faveur d’un retour à la démocratie dans leur pays ne peut plus être ignoré. 

    L’Allemagne veut s’affirmer

    Christophe Ventura, directeur de recherche à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) et spécialiste de l’Amérique latine, explique cette prise de position de l’Allemagne. “L’Allemagne fait partie des pays qui sont sur la ligne la plus dure par rapport au conflit vénézuélien depuis assez longtemps. De ce point de vue, il y a une cohérence qui s’exprime surtout à un moment où on sent des fissures dans la cohésion européenne sur la lecture qui est faite de l’évolution de la situation.” 

    Le spécialiste de l’Amérique latine rappelle que, ce qui fait le consensus au sein des pays européens “c’est le rejet du gouvernement Maduro”. Il reste qu’il est difficile de trouver une position commune sur un soutient éventuel à Guaido.Soutenir Guaido c’est aussi faire face à un scénario dont l’escalade pourrait conduire le pays dans une situation hors de contrôle”, explique-t-il.

    Manifestation contre Maduro devant l’ambassade du Venezuela au Mexique.

    Raisons économiques

    Une deuxième raison pourrait expliquer ce soutien de l’Allemagne à Juan Guaido. Selon Christophe Ventura, Berlin veut garder de bonnes relations avec les partenaires économiques de la région qui s’alignent derrière Juan Guaido. “D’une manière pragmatique et intéressée, le gouvernement allemand, qui a beaucoup d’intérêt dans beaucoup de pays d’Amérique latine en dehors du Venezuela, cherche à prioriser ses bonnes relations avec les nouveaux pouvoirs comme Jair Bolsonaro au Brésil. Il y a aussi l’Argentine, le Chili et d’autres avec lesquels l’Allemagne veut avoir de bonnes relations.”

    L’UE prépare un appel commun à des élections 

    L’Union européenne travaille sur une “déclaration commune“, appelant à la convocation rapide d’élections au Venezuela. Plusieurs pays, dont l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni, soutiennent le souhait de Madrid de prévoir une reconnaissance du jeune président du parlement, Juan Gaido, en tant que “président par intérim” du Venezuela.

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  • RDC : pour l’heure Martin Fayulu dit non à Félix Tshisekedi

    RDC : pour l’heure Martin Fayulu dit non à Félix Tshisekedi

    Ce jeudi 24 janvier Félix Tshisekedi a rendu un hommage à Martin Fayulu durant son discours d’investiture en tant que nouveau président de la République démocratique du Congo. 

    “C’est ici l’occasion de témoigner de notre respect et sincère considération à l’endroit de notre frère Martin Fayulu Madidi avec lequel nous avons mené ce combat politique depuis plusieurs années. L’engagement de ce véritable soldat du peuple est un exemple pour la vitalité de notre démocratie et la responsabilité civique de chaque Congolais”, avait déclaré Félix Tshisekedi, juste après avoir prêté serment.

    Mais ce vendredi, celui qui est arrivé officiellement deuxième à l’élection présidentielle du 30 décembre 2018, Martin Fayulu, rejette la main tendue du nouveau président  par la voix de son porte-parole, Prince Epenge. “Nous voulons la vérité avant la réconciliation”, dit-il. “Tout le monde a l’impression que la volonté du peuple n’a pas été respectée. Le vote des Congolais a été détourné. Après qu’on aura consacré la vérité, nous verrons alors pour le reste”, déclare-t-il encore au micro de la DW.

    Pour sa part, Eve Bazaiba, la Secrétaire Général du MLC (Mouvement de libération du Congo de l’ancien Vice-président de la RDC Jean-Pierre Bemba) “l’État de droit ne signifie pas arrangement, combines et combinaisons pour gérer le pouvoir. Ce qui est mal conçu, mal préparé, va continuer négativement”.

    Un “non” … mais des discussions

    Certains proches du nouveau président congolais ne perdent cependant pas espoir. Sur nos antennes, ce jeudi 24 janvier, Vidiye Tshimanga, le porte-parole du président Félix Tshisekedi, a confirmé que des discussions étaient en cours avec certains membres de la coalition de Martin Fayulu (la coalition Lamuka qui signifie Réveillez-vous en langue lingala). Des discussions qui pourraient peut-être faire infléchir la position de Martin Fayulu.

    Le responsable du groupe de recherche Afrique de l’Institut prospective et sécurité en Europe (IPSE), n’exclut pas non plus cette hypothèse. “S’il accepte (Martin Fayulu, ndlr) la main tendue, pourquoi pas ? Ça permettrait d’essayer de réconcilier les protagonistes et ça permettrait aussi d’apporter le calme au niveau de la population et puis on se consacrerait à des vrais problèmes, des problèmes de sécurité, des problèmes de développement économiques, des problèmes de préoccupation sociale.” s’interroge Roger M’Gbama.

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    Roger M’Gbama, responsable du groupe de recherche Afrique de l’Institut prospective et sécurité en Europe (IPSE) : “si Martin Fayulu accepte la main tendue, ça permettrait de réconcilier les protagonistes. Mais à quel prix?”

    D’autres spécialistes de la République démocratique du Congo conseillent plutôt à Martin Fayulu de rester dans l’opposition en refusant de se compromettre dans un éventuel gouvernement d’union nationale. Ils estiment que, fort du score qu’il a réalisé officiellement, 34,8%, Martin Fayulu peut constituer un contre-pouvoir face à la coalition du Front commun pour le Congo de Joseph Kabila et celle qui a porté au pouvoir Félix Tshisekedi, Cap pour le changement.

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  • UA, coopération, élections … Le président allemand sur l’Afrique

    UA, coopération, élections … Le président allemand sur l’Afrique

    Deutsche Welle : Monsieur le Président, dimanche sera votre troisième voyage en Afrique. Vous avez déjà visité le Ghana et la Gambie, l’Afrique du Sud et le Botswana. Maintenant, l’Éthiopie. Comment vous situez-vous par rapport à ce pays  – notamment par rapport à la Gambie, qui a également connu un changement démocratique surprenant à l’époque ?

    Le président fédéral Frank-Walter Steinmeier : C’est différent, car ce n’est pas mon premier séjour en Ethiopie. Je connais un peu le pays. Bien sûr je l’ai côtoyé à des moments différents et dans des conditions politiques différentes. Au cours de l’année, le peuple éthiopien a connu des évolutions extraordinaires : des changements, des tentatives de réforme, qui ont initié de nouvelles dynamiques dans le pays. C’est la raison pour laquelle j’ai très vite accepté l’invitation du président Sahle-Work Zewde et du premier ministre Abiy Ahmed. Il est important de respecter le courage qui a été fourni pour initier ces évolutions démocratiques. Mais il faut aussi les encourager sur place à poursuivre dans cette voie, en tant qu’Européen et en tant qu’Allemand. C’est pourquoi je pense que c’est le moment idéal pour s’y rendre.

    DW : Après votre visite en tant que ministre des Affaires étrangères en 2014, vous allez maintenant revenir dans une “nouvelle Ethiopie” en tant que président fédéral. Cependant, les nombreux conflits ethniques qui éclatent aujourd’hui suscitent de vives inquiétudes – l’État multiethnique éthiopien est confronté à de graves difficultés. Soulèverez-vous ces préoccupations auprès de votre homologue et du premier ministre Abiy ?

    Frank-Walter Steinmeier : Nous venons avec beaucoup de curiosité, mais nous ne venons pas naïvement, parce que nous connaissons les défis auxquels le premier ministre et mon homologue sont confrontés : le processus de paix avec leur ennemi juré, l’Érythrée, ouvrir les frontières qui ont été fermées pendant des décennies, la dépénalisation de l’opposition, la libération des prisonniers politiques ou encore la décision, tout aussi courageuse, de réduire le cabinet et de nommer un nombre égal d’hommes et de femmes. C’est une décision assez révolutionnaire pour l’Afrique. Mais bien sûr, tous ces changements ne signifient pas que d’autres développements ne soient pas nécessaires. Il faut de la persévérance pour mener à bien tant de changements dans un si grand pays encore marqué par d’anciennes rivalités, et où les tranchées du passé n’ont pas encore été comblées. Et cela exige de la patience de la part de la population. Ce processus prendra du temps avant de porter ses fruits pour tous. J’espère que les gens auront la patience. Et j’espère que les dirigeants politiques se montreront toujours aussi persévérants.

    Addis-Abeba

    DW : Le Premier ministre Abiy est la figure symbolique du changement démocratique en Ethiopie. De nombreux Éthiopiens s’inquiètent du fait que tant d’espoirs pèsent sur une seule personne. Au lieu de cela, ils plaident en faveur du renforcement des institutions et – dans l’État fédéral d’Éthiopie – des régions. Quelle expérience peut apporter  l’Allemagne  en ce qui concerne sa propre structure fédérale ?

    Frank-Walter Steinmeier : En Europe et en Allemagne, nous connaissons la différence entre les efforts fournis et le fruit des réformes. Nous ne devons donc pas nous contenter de regarder à distance. Si nous pensons que la voie est la bonne, nous devrions l’appuyer. Si l’Allemagne, en tant que pays économiquement fort en Europe, veut apporter son soutien, elle peut naturellement le faire par le biais d’une coopération politique, d’une assistance consultative, par exemple pour le renforcement des institutions. Mais bien sûr, le pays a aussi besoin d’impulsions économiques. C’est pourquoi je voyage avec une délégation économique, des entreprises qui, je le sais, ont un réel intérêt pour l’Éthiopie. Et j’espère que c’est aussi un moyen d’appuyer la politique économique du premier ministre Abiy.

    DW : La semaine dernière, le Bundestag, le parlement allemand, a appelé le gouvernement allemand à s’impliquer davantage dans le processus de paix entre l’Ethiopie et l’Erythrée. De nombreuses voix, notamment africaines, estiment que l’Allemagne a un rôle beaucoup plus important à jouer. Pourquoi ne pas remplir ce rôle, pourquoi sommes-nous si souvent en deçà des attentes africaines ?

    Steinmeier : Je ne crois pas que nous ne sommes pas en deçà de leurs attentes. La voie empruntée par l’Éthiopie mérite d’être soutenue. Mais pour la paix dans la Corne de l’Afrique et dans les relations entre l’Éthiopie et l’Érythrée, c’est aux dirigeants éthiopiens, et à eux-seul, d’évaluer quel genre d’aide nous pourrions leur fournir. Je ne peux pas imaginer que l’Allemagne manque de volonté dans ce domaine.

    Une session de l’Union africaine à Addis-Abeba.

    DW : Vous aurez également des entretiens avec l’Union africaine (UA). L’Allemagne soutient le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine depuis de nombreuses années. Néanmoins, on reproche encore aux États membres d’être trop unis et de se soutenir en cas de violations des droits de l’homme ou de fraude électorale, comme ce fut le cas récemment au Congo. Le rythme des réformes est également déploré, de même que la discipline financière. Toutes ces questions seront-elles abordées lors de vos discussions avec le président de la Commission Moussa Faki ?

    Il en va de même pour l’Union africaine comme pour l’Union européenne : une telle association ne peut être forte que si ses membres font en sorte qu’elle le soit. C’est pourquoi, par le passé, j’ai compris les critiques à l’encontre de l’Union africaine, mais en même temps j’ai dit que à partir du moment où ses membres ne lui donnent pas les compétences nécessaires, elle ne pourra pas conduire les pays africains dans la bonne direction. Néanmoins, il y a eu des développements au sein de l’UA que j’apprécie et reconnais, et où j’espère qu’il n’y aura pas de revers – en particulier en matière de politique étrangère et de sécurité. L’Union africaine est devenue beaucoup plus efficace dans le maintien de la paix qu’elle ne l’était il y a dix ou vingt ans.

    Angela Merkel avec Paul Kagame et Cyril Ramaphose en octobre 2018 à Berlin.

    DW : Ces dernières années, on a beaucoup parlé “de l’Afrique, continent des opportunités”. L’Allemagne a accueilli l’Année africaine du G20, et il existe diverses initiatives africaines telles que les Compacts with Africa (CwA). La perception européenne de l’Afrique est néanmoins dominée par la fraude électorale au Congo, la guerre civile au Sud-Soudan et les migrations. Quand verra-t-on enfin en Europe le vrai visage de l’Afrique ?

    Steinmeier : Ça, ça ne se commande pas. On ne peut qu’essayer de faire en sorte que la vision européenne sur l’Afrique soit plus éclairée. Il s’agit notamment de clarifier le concept d’”Afrique”. Il n’y a pas une seule Afrique. L’Afrique est plurielle. L’Europe doit réellement être plus présente, elle doit chercher des coopérations où ses homologues se sentent compris et considérés. Dans certains domaines, nous sommes en mesure de le faire. Malheureusement, ce n’est pas le cas pour tous. Et j’espère que de nombreux pays africains vont voir leur volonté et leur ambition de se rapprocher des états européens croître. Cette relation d’égal à égal doit venir des deux côtés. Mais c’est surtout aux Européens de faire des efforts dans ce domaine.

    Ludger Schadomsky, rédacteur en chef de la rédaction amharique de la DW et Mohammed Negash, journaliste au sein de cette même rédaction, ont réalisé l’interview.

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  • Des inquiétudes pour le bon déroulement des élections de février au Nigéria

    Des inquiétudes pour le bon déroulement des élections de février au Nigéria

    Le 16 février prochain, près de 84 millions de Nigérians seront appelées aux urnes pour la présidentielle et les législatives. Ces deux scrutins seront suivis, deux semaines plus tard, par l’élection des gouverneurs et des parlements régionaux. Mais, à moins d’un moins de ces votes, les problèmes se multiplient dans le pays. Même le gouvernement met en garde contre l’exacerbation des conflits aux quatre coins du territoire. En revanche, la commission électorale se dit prête.

    Nombre d’inscrits record

    Il est vrai qu’organiser des élections est un défi à relever au Nigeria. Jamais autant d’électeurs n’ont été inscrits pour des élections dans ce pays. Près de 120.000 bureaux de vote ont été créés dans 774 districts. Les consultations électorales demandent donc des moyens logistiques très importants. Les matériels électoraux sont à déployer dans les bureaux de vote avec le personnel nécessaire et beaucoup reste encore à faire. 

    Du côté de la Commission électorale nationale indépendante (INEC), Aliyu Belo se veut rassurant.  “Je peux dire avec certitude que tout a été fait pour la tenue des élections de 2019″, assure le porte-parole adjoint de l’institution. “La commission électorale est prête et a déjà rencontré les parties prenantes pour préparer le registre électoral. Jusqu’à présent, les préparatifs vont bon train.” 

    Affiches électorales à Adamawa en ce mois de janvier.

    Déploiement du matériel électoral à temps ?

    En revanche, du coté du bureau national de l’Open Society, organisme pour promouvoir la gouvernance démocratique, on nourrit de sérieux doutes sur la capacité de l’INEC à organiser les élections crédibles. “Il y a de quoi s’inquiéter”, dit Jude Udo Ilo, qui dirige le bureauLe Nigeria compte 37 Etats aujourd’hui. 

    Le pays est divisé en 37 états. Mais “un mois avant les élections, aucun recrutement d’agents électoraux supplémentaires, ni aucune formation de personnel n’a été achevée”, s’inquiète Aliyu Belo. “Nous savons que les élections sont très techniques. En ce qui concerne les documents sensibles, l’INEC a confirmé que les documents sont imprimés dans différentes parties du monde et seront livrés à temps. Néanmoins, le matériel doit être déployé et sa qualité doit également être vérifiée. Mais jusqu’à présent, on ne sait pas comment l’INEC va procéder”, dit-il encore. 

    La menace Boko Haram

    Pour d’autres, la principale inquiétude vient de la menace que constitue la secte islamiste Boko Haram. C’est le cas, par exemple, de la sexagénaire Mathew Musa, qui a fui le district de Madagali à Yola dans l’Etat d’Adamawa à cause des violences. Il a déjà rencontré des difficultés ces dernières semaines pour obtenir sa carte d’électeur. “Je voterai pendant les élections si le gouvernement le souhaite et assure la sécurité… Mais si cela ne fonctionne pas, ici, nous ne voterons pas”, explique-t-il.

    Rien que de le nord-ouest du pays, plus de 1,8 million de personnes seraient déplacées.

    Comme lui, de nombreuses personnes déplacées sont ainsi exclues des consultations électorales à cause des violences. C’est ce que déplore Udo Ilo d’Open Society. “Nous craignons que des citoyens nigérians ne puissent pas voter, notre système ne nous permet pas de voter où que nous soyons, et nous espérons que tous les responsables après les élections s’en occuperont et élaboreront un système qui nous permettra d’accomplir nos devoirs civiques.”

    Dans le seul nord-ouest du pays, le Bureau de la coordination des interventions d’urgence des Nations unies, l’OCHA, compte 1,8 million de personnes déplacées. Dans d’autres Etats, des dizaines de milliers de personnes ont quitté leurs villages en raison de conflits fonciers, de Boko Haram ou encore de violence interethniques.

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  • La presse allemande sceptique après l’élection de Tshisekedi

    La presse allemande sceptique après l’élection de Tshisekedi

    Cette semaine, comme dans de nombreux pays, il a beaucoup été question de République démocratique du Congo dans les journaux allemands, après la validation des résultats de la Céni par la Cour constitutionelle. Avec des critiques d’abord. “La fraude électorale approuvée“, titre la Süddeutsche Zeitung dès lundi. Une prise de position très claire. Car la Süddeutsche voit une raison à cette validation : “Le régime de Kabila vivra mieux avec Tshisekedi vainqueur plutôt qu’avec Fayulu“, écrit-t-il, rappelant au passage que le camp Kabila a obtenu 70% des sièges du parlement.

    Comme la Süddeutsche, beaucoup de journaux n’ont donc pas caché leur scepticisme après cette élection. “Félix Tshisekedi est à l’opposé de l’esprit de résistance de son père“, écrit même la Tageszeitung, très sévère. Parlant de la conviction des observateurs de la manipulation des résultats, la Tageszeitung écrit que le nouveau président “prend ses fonctions avec un handicap grave, qui pourrait ruiner le nom de son illustre père“.

    Des espoirs pour l’avenir

    Mais après la prestation de serment, en fin de semaine, ce vendredi, la presse allemande se veut parfois plus positive. “Même dans la controverse, le changement de pouvoir est un succès pour le Congo, car il est pacifique“, écrit le Spiegel Online. Fin du débat pour beaucoup, on parle désormais des défis à venir. Die Zeit relève par exemple celui de la lutte contre la corruption, contre la pauvreté. “Le pays possède de nombreuses ressources naturelles“, rappelle le journal, comme pour aller de l’avant. 

    “Le même vieux bateau que sous Mugabe”

    Manifestation au Zimbabwe en ce mois de janvier.

    Aller de l’avant, c’est aussi le défi du Zimbabwe. Le pays est pris dans la contestation sociale. “Il y a eu une douzaine de morts lors des dernières grèves“, relève la Neue Zürcher Zeitung. Le journal rappelle le niveau d’inflation dans le pays où “l’essence est la plus chère du monde” : “40% en décembre, on pourrait même atteindre 60% en janvier“. En cause notamment, selon le journal, l’introduction des bond-notes pour faire face à la pénurie de dollars. “Ca n’a rien réglé et on manque de devises étrangères pour importer par exemple des médicaments dont on a un besoin urgent“, écrit le journal.

    La suite est une dissertation économique par toujours très simple. On cite notamment un économiste qui ne voit qu’une seule solution pour sortir de la crise : “privatiser l’agriculture, créer des chaines de valeur, soit rendre les entreprises plus performantes et assurer une sécurité pour les investisseurs“. Mais la crise politique, les querelles entre opposition et pouvoir s’ajoutent à cette crise économique. “Les scénarios actuels vont du statu quo à l’effondrement de l’Etat, c’est toujours le même vieux bateau qu’à l’époque de Mugabe“, conclu la Neue Zürcher Zeitung.

    Rumeurs de coup d’Etat au Soudan

    Et puis “des ingénieurs contre le président soudanais“. C’est le titre d’un article de la Tageszeitung vendredi. Le journal revient sur la contestation sociale qui s’est transformée en une contestation générale du pouvoir en place en quelques semaines. “Pas de fin de la contestation en vue après cinq semaines de mobilisation“, écrit le journal parlant donc des ingénieurs dans la rue jeudi.

    “Au pouvoir depuis 30 ans, le président soudanais accuse les militants du Darfour d’organiser la contestation”, raconte encore le quotidien. “Sauf que même dans l’armée, qui l’a aidé à prendre le pouvoir en 1989, sa popularité diminue. Les rumeurs d’un coup d’Etat ne cessent d’augmenter sur place“.

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