Author: Don Kayembe

  • OĂč en est la formation d’un nouveau gouvernement en RDC?

    OĂč en est la formation d’un nouveau gouvernement en RDC?

    -PrĂ©sident de la RDC, FĂ©lix Tshisekedi n’a pas encore nommĂ© de Premier ministre. Le gouvernement sortant n’a pas dĂ©missionnĂ© et continue Ă  expĂ©dier les affaires courantes. Le prĂ©sident, par le biais de son directeur de cabinet, Vital Kamerhe, se montre particuliĂšrement actif sur les dossiers urgents.

    A l’AssemblĂ©e nationale, personne n’a encore la tĂȘte au gouvernement. L’heure n’est qu’Ă  la validation des mandats des nouveaux Ă©lus, l’Ă©laboration et l’adoption du rĂšglement intĂ©rieur de l’AssemblĂ©e nationale et surtout l’Ă©lection et l’installation des membres du bureau dĂ©finitif de la chambre basse du Parlement.

    Il y a encore des préalables avant de connaßtre le prochain Premier ministre.
    Aucun gouvernement ne peut ĂȘtre formĂ© avant que les Ă©quilibres ne soient dĂ©terminĂ©s.

    Tout dépend des négociations entre le Front commun pour le Congo, la plateforme de Joseph Kabila, et Cap pour le Changement du duo Vital Kamerhe-Félix Tshisekedi.

    Si un accord n’est pas rapidement trouvĂ©, FĂ©lix Tshisekedi devra alors nommer un informateur dont le rĂŽle sera d’identifier une majoritĂ© Ă  l’AssemblĂ©e nationale de laquelle devra sortir le Premier ministre.

    Le nouveau chef de l’Etat pourra se passer de cette Ă©tape en cas d’accord entre lui et le camp Kabila qui revendique plus de 300 Ă©lus dans une assemblĂ©e d’environ 500 dĂ©putĂ©s.

    « A ce stade, FĂ©lix Tshisekedi peut nommer un Premier ministre, mais ce dernier ne pourra ĂȘtre investi qu’aprĂšs l’installation du bureau dĂ©finitif de l’AssemblĂ©e nationale »,  a expliquĂ© un dĂ©putĂ© proche du camp prĂ©sidentiel.

    Dans tous les cas, formateur ou informateur, rien ne sera fait avant le sommet de l’Union africaine, prĂ©cise l’entourage du prĂ©sident

    Avec RFI

  • CĂŽte d’Ivoire: Guillaume Soro quitte la prĂ©sidence de l’AssemblĂ©e nationale

    CĂŽte d’Ivoire: Guillaume Soro quitte la prĂ©sidence de l’AssemblĂ©e nationale

    -Dans un discours solennel, le prĂ©sident de l’AssemblĂ©e nationale ivoirienne a dĂ©clarĂ© ce vendredi qu’il quittait son poste. Une dĂ©mission attendue et qui avait Ă©tĂ© annoncĂ©e il y a une dizaine de jours par le chef de l’Etat, Alassane Ouattara. Les deux hommes auraient trouvĂ© un terrain d’entente sur ce point aprĂšs le refus du prĂ©sident de l’AssemblĂ©e nationale d’adhĂ©rer Ă  son nouveau parti et alors qu’on lui prĂȘte des ambitions prĂ©sidentielles pour 2020.

    HabituĂ© aux cortĂšges d’énormes 4X4 noirs aux vitres fumĂ©es inhĂ©rents Ă  sa fonction, c’est dans sa petite citadine italienne personnelle que Guillaume Soro a quittĂ© vers 12h30, heure ivoirienne, l’AssemblĂ©e nationale. Comme attendu, il venait alors d’annoncer sa dĂ©mission aux quelque 245 dĂ©putĂ©s prĂ©sents. Guillaume Soro a Ă©tĂ© largement applaudi au terme d’un discours d’une dizaine de minutes au cours duquel il a expliquĂ© avoir eu deux tĂȘte-Ă -tĂȘte avec Alassane Ouattara sur son « positionnement idĂ©ologique par rapport au RHDP ».

    Guillaume Soro, prĂ©sident de l’AssemblĂ©e nationale depuis prĂšs de sept ans, Ă©tait pressĂ© de toute part par le RHDP ces derniers mois de « rendre le tabouret » s’il refusait d’adhĂ©rer au nouveau parti. « J’ai choisi de ne pas m’engager au sein du RHDP », s’est-il expliquĂ© ce vendredi matin. « Je suis homme Ă  croire davantage au jugement de l’histoire qu’au jugement des hommes », a-t-il ajoutĂ©, expliquant avoir acceptĂ© de laisser le perchoir pour Ă©viter une crise institutionnelle majeure, et quitter ce poste pour « l’aventure de mes convictions ».

    Je veux laisser le souvenir d’un « homme de conviction »

    « Je veux que mes concitoyens retiennent de moi le souvenir d’un homme de conviction. Debout, je rends ma dĂ©mission de prĂ©sident de l’AssemblĂ©e nationale de CĂŽte d’Ivoire. J’ai sacrifiĂ© mon poste pour la paix en CĂŽte d’Ivoire. Me voilĂ  ancien prĂ©sident de l’AssemblĂ©e nationale, simple dĂ©putĂ©, et vice-prĂ©sident Ă©lu de l’Union parlementaire de la Francophonie », a encore dĂ©clarĂ© l’ancien chef de la rĂ©bellion.

    Maintenant que sa position est clarifiĂ©e, Guillaume Soro va devoir battre le rappel de ses troupes en vue de la prĂ©sidentielle de 2020 pour laquelle tout le monde lui prĂȘte des ambitions mĂȘme si l’intĂ©ressĂ© garde le silence.

    Avec RFI

  • Professeur Mbata: « devant la Cour Africaine des Droits de l’Homme, MAFA et Lamuka seront dĂ©boutĂ©s »

    Professeur Mbata: « devant la Cour Africaine des Droits de l’Homme, MAFA et Lamuka seront dĂ©boutĂ©s »

    -Le candidat prĂ©sident de la rĂ©publique Martin Fayulu n’obtiendra pas gain de cause en portant plainte contre la CENI Ă  la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples car la RDC n’est pas du Protocole Ă  la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples. Dans une tribune, le Professeur AndrĂ© prĂ©dit la non-recevabilitĂ© de la requĂȘte de Lamuka.

    Comme Ă  son habitude, le professeur Mbata s’est Ă  nouveau distinguĂ© par une analyse scientifiquement appuyĂ©e au sujet d’une pertinente question d’actualitĂ©. Constitutionnaliste de renom, AndrĂ© Mbata dĂ©sapprouve la dĂ©marche que la plateforme de l’opposant Fayulu a choisi d’entreprendre. Selon lui Lamuka n’avait qu’à se plier Ă  la dĂ©cision de la cour constitutionnelle.

    « En saisissant la Cour constitutionnelle, MAFA et Lamuka avaient dĂ©jĂ  reconnu son autoritĂ© et choisi de se plier Ă  sa dĂ©cision! En approchant les instances africaines, ils confirment avoir pris acte de l’arrĂȘt de la Cour qui les avait dĂ©boutĂ©s ».

    Pour le professeur de Droit, aucune juridiction continentale ne prendra le risque d’annuler un arrĂȘt rendu par la Cour Constitutionnelle d’un Etat membre Ă©tant donnĂ© que l’ensemble des pays membres ont reconnu l’élection du nouveau prĂ©sident.

    « Je ne vois pas la Commission africaine (dont les recommandations sont soumises aux Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’UA qui reconnaissent a prĂ©sent FATSHI comme prĂ©sident de la RDC), encore moins la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples ordonner l’annulation de l’arrĂȘt de la Cour constitutionnelle proclamant FĂ©lix Tshisekedi President de la RDC! »

    Par ailleurs le professeur dĂ©plore cette envie dĂ©mesurĂ©e du clan Fayulu Ă  vouloir Ă  tout prix s’arroger la magistrature suprĂȘme et l’interpelle au sens patriotique..

    « Je refuse de croire que la soif du pouvoir les ait endurcis au point de les rendre insensibles et sourds Ă  tout conseil, mĂȘme si un tel conseil pouvait ĂȘtre gratuit comme nous n’avons pas cesse d’en prodiguer. »

    Le professeur Mbata remet en cause la qualitĂ© des avocats de la coalition Lamuka car pour lui, il est incomprĂ©hensible de faire une « totale confiance Ă  des avocats qui avaient dĂ©jĂ  cru que les dĂ©clarations “prophĂ©tiques” de la CENCO, les journaux de la RFI, de France 24, ou les Ă©ditoriaux de Jeune Afrique, Le Soir, La Libre Belgique, Le Monde et Financial Times valaient mieux que les procĂšs- verbaux des rĂ©sultats et constituaient des preuves irrĂ©futables de la victoire de leur candidat que la Cour constitutionnelle n’avait qu’à proclamer ».

    DĂ©jĂ , le professeur est convaincu que la requĂȘte de Martin Fayulu ne ramĂšnera aucun succĂšs suite Ă  certains aspects liĂ© Ă  la nature de lien entre lesdites juridictions et la RDC.

    « S’ils saisissent la Cour africaine comme MAFA et Lamuka l’ont annoncĂ©, cette Cour n’hĂ©sitera pas Ă  les dĂ©bouter et Ă  dĂ©clarer la requĂȘte irrecevable pour au moins deux raisons. La premiĂšre raison est que la RDC a simplement signe (9 sept 1999) mais n’est pas partie au Protocole de la Cour parce que notre pays ne l’a pas encore ratifiĂ© ni dĂ©posĂ© son instrument de ratification auprĂšs de l’UA. La seconde raison est que mĂȘme si elle l’avait deja ratifiĂ© le Protocole de la Cour, la RDC n’est pas parmi les neuf pays qui ont dĂ©posĂ© la dĂ©claration prĂ©vue a l’article 34 (6) du Protocole autorisant la Cour a recevoir des requĂȘtes Ă©manant des individus (comme MAFA) ou des Ongs sous leurs juridictions », prĂ©cise le professeur.

    En guise de recommandation, au lieu de s’aventurer dans ce nouveau pĂ©riple juridique, le professeur Mbata suggĂšre Ă  Lamuka de ramener ces gigantesques « moyens financiers bien acquis » et les utiliser en faveur du peuple.

    « Si l’on dispose de tant de millions de dollars et d’Euros, pourquoi ne pas les utiliser autrement pour servir le peuple congolais que nous aimons tant au lieu de les jeter par la fenĂȘtre dans la multiplication des procĂšs perdus d’avance mĂȘme dans l’entendement des personnes sans formation juridique? », s’interroge le professeur AndrĂ©.

    La coalition Lamuka du candidat malheureux aux derniĂšres Ă©lections prĂ©sidentielles Martin Fayulu conteste toujours l’élection du prĂ©sident Felix Tshisekedi et considĂšrent leur candidat comme « seul prĂ©sident de la rĂ©publique lĂ©gitime ».

    Avec MEDIA CONGO PRESS
  • l’empire Kabila n’a rien Ă  craindre de la succession au pouvoir

    l’empire Kabila n’a rien à craindre de la succession au pouvoir

    -On le dit riche Ă  milliards. Joseph Kabila, l’ancien homme fort du Congo est dĂ©sormais retirĂ© du pouvoir, mais pas des affaires. L’empire familial qu’il partage avec une sƓur et un frĂšre n’a rien Ă  craindre selon les observateurs. Un empire qui donne le tournis. 71 000 hectares de terres agricoles, une centaine de mines de diamants et 80 sociĂ©tĂ©s diverses.

    “L’assainissement du secteur minier, l’autre grand dĂ©fi pour Tshisekedi” , titre la Deutsche Welle. Un dĂ©fi en effet quand, de toutes parts, les observateurs mettent en avant la faible marge de manƓuvre du nouveau prĂ©sident. Or, “assainir le secteur minier”, c’est clairement mettre aussi le nez dans les affaires de Joseph Kabila. Car le clan Kabila est un empire qui possĂšde, entre autres, 96 permis d’exploitation de mines diamantifĂšres. Et les soupçons d’enrichissement au dĂ©triment de la population sont nombreux. La richesse de Kabila en 2014 Ă©tait estimĂ©e Ă  15 milliards de dollars.

    L’enquĂȘte trĂšs fouillĂ©e menĂ©e par le Groupe d’Etude sur le Congo, parue en 2017, rĂ©vĂšle l’étendue de la fortune de l’ancien prĂ©sident et de sa famille. Un trĂ©sor amassĂ© durant ses annĂ©es de pouvoir.

    71 000 hectares de terres agricoles

    Selon ce rapport, “le ministĂšre des Mines congolais a octroyĂ© plus de licences d’exploitation miniĂšre Ă  une sociĂ©tĂ© contrĂŽlĂ©e par Jaynet Kabila, la sƓur du prĂ©sident, que ne l’autorise le code minier du pays.”

    “Le prĂ©sident Kabila possĂšde directement, et par le biais d’une entreprise lui appartenant ainsi qu’à ses enfants, plus de 71 000 hectares de terres agricoles. Deux entreprises, propriĂ©tĂ©s de la famille, ont des licences d’exploitation de mines de diamants en vigueur sur un territoire qui s’étend sur plus de 720 kilomĂštres le long de la frontiĂšre sud du Congo avec l’Angola.”

    Deux ouvriers parlent à cÎté de sacs de cobalt dans une usine de retraitement de Lubumbashi.
    Deux ouvriers parlent à cÎté de sacs de cobalt dans une usine de retraitement de Lubumbashi. (PHIL MOORE / AFP)

    “Jaynet Kabila, sƓur du prĂ©sident et membre du Parlement, dĂ©tient des parts dans l’un des plus grands rĂ©seaux de tĂ©lĂ©phonie mobile du pays tandis que son frĂšre ZoĂ©, qui est aussi dĂ©putĂ©, possĂšde des entreprises qui ont Ă©tĂ© engagĂ©es pour l’exploitation de certains des gisements miniers les plus riches du monde.” Ajoutons que la famille Kabila dĂ©tient tout ou partie de 80 entreprises et sociĂ©tĂ©s.

    Réforme du code minier

    Et puis, la rĂ©forme du code minier congolais est le dernier acte majeur de la prĂ©sidence de Joseph Kabila en 2018. Un nouveau code, oĂč il est Ă©crit qu’il s’agit de mettre fin “au manque de transparence et le faible profit retirĂ© par l’Etat congolais de l’exploitation des substances minĂ©rales de son sol et de son sous-sol.”  En fait, au sein de l’opposition congolaise de l’époque, beaucoup doutent de cet acte de foi. Car “les mines Ă©taient la machine Ă  cash du rĂ©gime Kabila”. Selon l’ONG Global Witness, il a profitĂ© d’une partie des 750 millions de dollars des revenus miniers qui ne sont jamais arrivĂ©s dans les caisses de l’Etat entre 2013 et 2015. ProtĂ©ger l’avenir serait donc devenu le credo de Joseph Kabila. Ne pouvant, in fine, se succĂ©der Ă  lui-mĂȘme, il aurait passĂ© un “deal” avec FĂ©lix Tshisekedi pour partager le pouvoir.

    Partage du pouvoir

    Les partisans du candidat battu, Martin Fayulu, ont largement contribuĂ© Ă  la propagation de cette thĂšse. Les discussions, aprĂšs les Ă©lections, entre nouveau et ancien pouvoir, ont Ă©tĂ© interprĂ©tĂ©es comme des Ă©changes de bons procĂ©dĂ©s. “Kabila n’a pas Ă  dire : ‘Je veux telle personne, je ne veux pas de telle autre’. Ce n’est pas sa rĂ©sidence privĂ©e, ni une affaire de famille, c’est une affaire d’Etat”, a dĂ©clarĂ© Ă  l’AFP Eve Bazaiba, une porte-parole de l’opposition. La rĂ©alitĂ© est sĂ»rement plus terre Ă  terre, comme l’explique Le Figaro. “L’Etat, comme l’appareil sĂ©curitaire, ont Ă©tĂ© totalement forgĂ©s par le prĂ©sident sortant, Joseph Kabila, et restent sans doute Ă  sa main.” 

    “Ses chances de gouverner rĂ©ellement seront certes trĂšs minces, mais cela ne signifie pas qu’il soit impossible de mitiger les nuisances de Joseph Kabila et l’hĂ©gĂ©monie qu’il incarne”, Ă©crit le site trĂšs virulent et trĂšs anti-Kabila, Congo IndĂ©pendant. Mais vouloir s’émanciper constitue pour Tshisekedi “un exercice pĂ©rilleux pouvant conduire Ă  sa dĂ©chĂ©ance politique voire Ă  son Ă©limination physique”, poursuit l’éditorialiste.

    Avec FranceInfo

  • Affaire Gbagbo: une longue bataille juridique Ă  venir

    Affaire Gbagbo: une longue bataille juridique Ă  venir

    -AcquittĂ©s le 15 janvier de crimes contre l’humanitĂ© commis suite Ă  la prĂ©sidentielle de 2010 en CĂŽte d’Ivoire, Laurent Gbagbo et Charles BlĂ© GoudĂ© sont toujours dĂ©tenus dans la prison de la Cour pĂ©nale internationale (CPI). Le 1er fĂ©vrier, la chambre d’appel tiendra une audience sur leur Ă©ventuelle libĂ©ration. Un simple Ă©pisode dans une procĂ©dure qui s’annonce encore bien longue.

    De notre correspondante Ă  La Haye,

    L’acquittement de Laurent Gbagbo et Charles BlĂ© GoudĂ© le 15 janvier aura ouvert la « saison quatre » d’une affaire dont tous les ingrĂ©dients sont ceux d’une sĂ©rie politico-judiciaire, tenant la CĂŽte d’Ivoire en haleine depuis dĂ©jĂ  huit ans. La « saison un » avait vu l’arrestation et le transfĂšrement Ă  La Haye de l’ex-prĂ©sident ivoirien, puis du chef des Jeunes patriotes, en 2011 et 2013. La « saison deux » Ă©tait consacrĂ©e Ă  leur mise en accusation pour crimes contre l’humanitĂ©. La « saison trois » Ă©tait dĂ©diĂ©e au procĂšs et l’audition des 82 tĂ©moins du procureur. Elle finissait sur un ultime rebondissement lorsque les avocats jugeaient inutile d’appeler des tĂ©moins Ă  dĂ©charge, et demandaient l’acquittement.

    Le 15 janvier 2019 marque le dĂ©but de la « saison quatre ». Deux des trois juges de la chambre de premiĂšre instance dĂ©cidaient d’acquitter les deux accusĂ©s. « Le procureur n’a pas dĂ©montrĂ© qu’il y avait un plan commun pour garder Laurent Gbagbo au pouvoir », dĂ©clarait Ă  l’audience le prĂ©sident Cuno Tarfusser, il n’a pas prouvĂ© que « les crimes ont Ă©tĂ© commis en vertu d’une politique d’Etat ciblant la population civile », et que « par leurs discours, les accusĂ©s ont incitĂ© au crime ». Les juges ordonnaient, le lendemain, la libĂ©ration immĂ©diate de Laurent Gbagbo et Charles BlĂ© GoudĂ©.

    L’épisode trois de la « saison quatre » aura lieu lors d’une audience prĂ©vue le 1er fĂ©vrier Ă  La Haye. AprĂšs avoir prononcĂ© leur acquittement, la chambre de premiĂšre instance avait ordonnĂ© la libĂ©ration immĂ©diate des deux Ivoiriens. Mais le procureur faisait appel de cette libĂ©ration, qui a Ă©tĂ© suspendue, le temps de trancher cet appel. AcquittĂ©s, Laurent Gbagbo et Charles BlĂ© GoudĂ© sont donc toujours dĂ©tenus Ă  La Haye.

    Que se passera-t-il le 1er février ?

    L’épisode du 1er fĂ©vrier ne devrait pas connaĂźtre de rebondissements particuliers. Les acteurs du procĂšs dĂ©fendront leurs arguments face aux juges. Pour le bureau du procureur, qui a fait appel de la dĂ©cision d’acquittement, Laurent Gbagbo et Charles BlĂ© GoudĂ© pourraient « prendre la fuite » s’ils Ă©taient libĂ©rĂ©s, et ne jamais revenir Ă  la Cour pour entendre le verdict dĂ©finitif. Il demande donc que leur libĂ©rationsoit assortie de conditions restreignant leur liberté de mouvement et de parole.

    La reprĂ©sentante des 729 victimes enregistrĂ©es dans l’affaire, Paolina Massida s’oppose Ă  une libĂ©ration, assurant que les supporters des deux acquittĂ©s « pourraient menacer les tĂ©moins et les victimes qui ont dĂ©jĂ  tĂ©moignĂ©, et tenter de compromettre l’intĂ©gritĂ© des procĂ©dures ». Les avocats des deux acquittĂ©s demandent la libĂ©ration immĂ©diate. L’avocat de Laurent Gbagbo, Emmanuel Altit, relĂšve que « c’est la premiĂšre fois dans l’histoire des juridictions pĂ©nales internationales qu’une procĂ©dure de discussion relative Ă  la mise en libertĂ© [
] d’une personne acquittĂ©e prend autant de temps. »

    Quand sera rendue la décision ?

    La dĂ©cision de la chambre d’appel devrait ĂȘtre rendue dans les jours suivant l’audience du 1er fĂ©vrier. Les juges peuvent dĂ©cider de confirmer l’ordonnance de libĂ©ration immĂ©diate, ou de renvoyer le dossier Ă  la chambre de premiĂšre instance. Le procureur leur demande nĂ©anmoins de trancher eux-mĂȘmes la dĂ©cision dĂ©finitive.

    Si la Cour dĂ©cide d’une mise en libĂ©ration assortie de conditions, Laurent Gbagbo et Charles BlĂ© GoudĂ© se verront remettre un document de voyage par la Cour et devraient, dans un premier temps, ĂȘtre pris en charge par les autoritĂ©s nĂ©erlandaises, sur le territoire desquelles ils ne peuvent circuler librement. Les autoritĂ©s du pays d’accueil – dĂ©jĂ  contactĂ©es en amont par le greffe de la Cour – se verront notifier officiellement la dĂ©cision. Les autoritĂ©s belges ont acceptĂ© que Laurent Gbagbo puisse rejoindre sa seconde Ă©pouse et son fils en Belgique. Quant Ă  Charles BlĂ© GoudĂ©, qui n’a pas de liens avec la Belgique, sa demande est en attente.

    Et aprÚs ?

    Une fois la question de la libĂ©ration tranchĂ©e, bien des inconnues pĂšsent sur la suite du dossier. Le procureur va faire appel de l’acquittement de Laurent Gbagbo et Charles BlĂ© GoudĂ©, mais ne pourra dĂ©poser son mĂ©moire qu’aprĂšs avoir obtenu la version Ă©crite de la dĂ©cision rendue le 15 janvier. Les juges avaient Ă©noncĂ© les raisons de leur dĂ©cision dans ses grandes lignes, mais doivent dĂ©sormais les motiver par Ă©crit. Un travail qui pourrait encore prendre des mois.

    Ensuite, avocats et procureurs Ă©changeront des mĂ©moires Ă©crits. Les juges de la chambre d’appel devront dĂ©cider soit de confirmer l’acquittement, soit de renvoyer le dossier Ă  une chambre de premiĂšre instance, mais elle devrait ĂȘtre composĂ©e de nouveaux juges. Dans ce cas, l’affaire pourrait reprendre lĂ  oĂč elle en Ă©tait restĂ©e aprĂšs l’audition des tĂ©moins du procureur, en janvier 2018. Si les juges estiment qu’il existe des Ă©lĂ©ments, les avocats devraient appeler leurs tĂ©moins Ă  dĂ©charge. Il faudrait ensuite requĂ©rir et plaider. Et le verdict ferait sans doute l’objet d’un appel. Quels que soient les scĂ©narios Ă  venir, l’affaire Gbagbo – BlĂ© GoudĂ© devant la CPI est donc loin d’ĂȘtre refermĂ©e.

    Avec RFI

  • des partisans de MoĂŻse Katumbi prennent acte de l’élection de FĂ©lix Tshisekedi

    des partisans de MoĂŻse Katumbi prennent acte de l’élection de FĂ©lix Tshisekedi

    -En prenant acte de l’élection de FĂ©lix Tshisekedi, ce regroupement de partisans de l’opposant en exil MoĂŻse Katumbi s’est dĂ©marquĂ© de la position de la coalition Ă©lectorale Lamuka, qui avait soutenu le candidat malheureux Martin Fayulu.

    « L’Alternance pour la RĂ©publique (AR) a dĂ©cidĂ© de prendre acte de l’investiture par la Cour constitutionnelle de M. FĂ©lix Tshisekedi Tshilombo en qualitĂ© de prĂ©sident de la RĂ©publique, chef de l’État, de la RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo », selon un communiquĂ© publiĂ© mardi 29 janvier.

    Chiffres contestés

    Il s’agit du premier regroupement des partis proches de l’ex-gouverneur du Katanga, MoĂŻse Katumbi, Ă  se dĂ©marquer de la position officielle de la coalition Ă©lectorale Lamuka (« RĂ©veille-toi », en lingala), dont MoĂŻse Katumbi fait partie. Cette plateforme avait Ă©tĂ© mise en place en novembre Ă  GenĂšve pour soutenir la candidature de l’opposant Martin Fayulu, arrivĂ© deuxiĂšme avec 34% Ă  la prĂ©sidentielle du 30 dĂ©cembre, selon les chiffres officiels que ce dernier conteste toujours.

    Mais quelques heures aprĂšs la naissance de Lamuka, FĂ©lix Tshisekedi et Vital Kamerhe avaient retirĂ© leur signature de la coalition, initialement constituĂ©e de sept leaders de l’opposition, dont MoĂŻse Katumbi et l’ex-vice prĂ©sident Jean-Pierre Bemba.

  • Le PrĂ©sident FĂ©lix-Antoine Tshisekedi reçoit les messages de fĂ©licitations

    Le Président Félix-Antoine Tshisekedi reçoit les messages de félicitations

    -Le Président Félix-Antoine Tshisekedi reçoit les messages de félicitations du Roi du Maroc, du Président russe et du Secrétaire général des Nations Unies

    Le PrĂ©sident de la RĂ©publique, Antoine FĂ©lix Tshisekedi Tshilombo, a reçu tour Ă  tour en audience, mardi en son cabinet de travail de la CitĂ© de l’Union africaine, Mme Leyla Zerugi, ReprĂ©sentante spĂ©ciale du SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral des Nations Unies en RDC, MM.Rachid Agassani et Alexe L. Sentebov, respectivement ambassadeurs extraordinaires et plĂ©nipotentiaires du Royaume du Maroc et de la FĂ©dĂ©ration de Russie, venus lui prĂ©senter les fĂ©licitation de ses homologues pour sa brillante Ă©lection Ă  la prĂ©sidentielle de dĂ©cembre 2017.

    Mme Zerugi a dĂ©clarĂ© Ă  la presse au sortir de l’audience qu’elle venue prĂ©senter au PrĂ©sident FĂ©lix Tshisekedi les fĂ©licitations du SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral des Nations Unies pour sa brillante Ă©lection Ă  la prĂ©sidentielle de dĂ©cembre dernier. Pour la haute fonctionnaire des Nations Unies en RDC, la MONUSCO, en tant que partenaire du gouvernement congolais, Ɠuvre pour renforcer la Collaboration avec la RDC et l’accompagner dans ce processus durant une pĂ©riode exceptionnelle de l’histoire de ce pays.

    « C’est une Ă©tape extraordinaire depuis l’indĂ©pendance de la RDC », a dit Mme Zerugi, ajoutant qu’elle espĂšre que dans cinq ans nous aurons la mĂȘme perspective avec les nouvelles autoritĂ©s. L’ambassadeur du Royaume du Maroc, lui, s’est fĂ©licitĂ© d’avoir Ă©tĂ© reçu par le PrĂ©sident FĂ©lix Antoine Tshisekedi. Il lui a, Ă  cette occasion, prĂ©sentĂ© les fĂ©licitations du Roi chĂ©rifien, Mohamed VI, avant d’échanger sur des questions se rapportant sur le renforcement des relations entre Kinshasa et Rabat.

    A une question, le diplomate ChĂ©rifien a rĂ©pondu que l’alternance telle qu’elle s’est passĂ©e en RDC est « une leçon et une fiertĂ© pour tout Africain », ajoutant que la RDC a prouvĂ© en face du monde qu’elle a une maturitĂ© politique. C’est M. Alexey Sentebov, ambassadeur de la fĂ©dĂ©ration de Russie en RDC, qui a clĂŽturĂ© ce ballet diplomatique. Il est venu transmettre les fĂ©licitations de son PrĂ©sident, Poutine, Ă  son homologue congolais pour son Ă©lection Ă  la tĂȘte de la RDC, a-t-il dit, ajoutant qu’ils ont, Ă  cette occasion discutĂ© des perspectives nouvelles pour de bonnes relations entre Kinshasa et Kremlin. Pour le diplomate russe, son pays avait toujours soutenu, au Conseil de sĂ©curitĂ© des Nations Unies la souverainetĂ© de la RDC, a-t-il conclu.

    Presse Présidentielle

  • les premiĂšres mesures sociales de FĂ©lix Tshisekedi

    les premiÚres mesures sociales de Félix Tshisekedi

    -A peine proclamĂ© cinquiĂšme prĂ©sident de la RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo, FĂ©lix Tshisekedi est confrontĂ© Ă  une grogne sociale Ă  laquelle il essaie de rĂ©pondre avec son ancien colistier, qui est actuellement son directeur cabinet. L’enjeu pour Tshisekedi est non seulement d’agir rapidement mais aussi de marquer les esprits avec des dĂ©cisions qui rencontrent directement les besoins de la population.

    Les premiers jours Ă  la tĂȘte du pays ne sont pas de tout repos pour FĂ©lix Tshisekedi.

    Dimanche 27 janvier, soit trois jours aprĂšs sa prestation de serment, les Ă©tudiants de l’universitĂ© de Lubumbashi sont dans la rue. Ils manifestent contre la coupure de l’eau et de l’Ă©lectricitĂ© ainsi que le rĂ©ajustement des frais acadĂ©miques. Ils font face Ă  la police. Bilan officiel : trois morts. Le soir, Vital Kamerhe, directeur de cabinet de Tshisekedi, annonce que le ministre de l’Enseignement supĂ©rieur et universitaire sera entendu sur ces Ă©vĂ©nements et que la mesure sur le rĂ©ajustement des frais acadĂ©miques a Ă©tĂ© Ă©galement suspendue.

    Mardi 29 janvier, le transport en commun est paralysĂ© Ă  Kinshasa, la capitale. Les employĂ©s de la SociĂ©tĂ© de transports du Congo (Transco) entrent en grĂšve pour rĂ©clamer des arriĂ©rĂ©s de salaire. A la mi-journĂ©e, Vital Kamerhe rencontre la direction gĂ©nĂ©rale de cette sociĂ©tĂ© en prĂ©sence des ministres des Finances et du Budget ainsi que de la dĂ©lĂ©gation syndicale de l’entreprise.

    Le service de communication de la prĂ©sidence annonce que FĂ©lix Tshisekedi a instruit la chaĂźne des dĂ©penses publiques pour que soient libĂ©rĂ©s en procĂ©dure d’urgence les arriĂ©rĂ©s ainsi que tous les avantages revendiquĂ©s. Dans la foulĂ©e, les bus de Transco devraient reprendre le trafic dĂšs ce mercredi 30 janvier.

    AVEC RFI

  • Recherche d’une majoritĂ© Ă  l’AssemblĂ©e nationale : PremiĂšres frictions entre CACH et FCC

    Recherche d’une majoritĂ© Ă  l’AssemblĂ©e nationale : PremiĂšres frictions entre CACH et FCC

    -La majoritĂ© Ă  la nouvelle AssemblĂ©e nationale est au centre de grandes manƓuvres politiques entre le FCC (Joseph Kabila) et le CACH (FĂ©lix Tshisekedi). Si le FCC la revendique d’emblĂ©e au vu des scores rĂ©alisĂ©s, il n’en est pas le cas pour le CACH qui entend se soumettre aux prescrits de la Constitution.

    Il s’agit de la nomination d’un informateur avec la charge d’identifier au prĂ©alable cette majoritĂ© parlementaire avant de la confirmer. VoilĂ  les premiĂšres frictions qui risquent de mettre Ă  rude Ă©preuve l’accord qui lie les deux camps politiques bien avant la tenue d’élections du 30 dĂ©cembre 2018.

    Qui aura la majoritĂ© Ă  la nouvelle AssemblĂ©e nationale ? AprĂšs l’étape de prestation de serment du prĂ©sident de la RĂ©publique, FĂ©lix Tsihisekedi, suivie de la cĂ©rĂ©monie de passation des pouvoirs avec le prĂ©sident sortant, Joseph Kabila, tous les regards sont maintenant tournĂ©s vers le Palais du peuple, oĂč est censĂ© se dĂ©nouer le sort du gouvernement.

    En vertu de la Constitution, le prochain Premier ministre sera issu de la majoritĂ© Ă  la Chambre basse du Parlement. Bien avant, la mĂȘme Constitution prĂ©cise que, pour y arriver, le prĂ©sident de la RĂ©publique doit en principe procĂ©der Ă  la nomination d’un informateur pour identifier cette majoritĂ©. Ce qui va lui donner le feu vert pour nommer enfin un Premier ministre dans la majoritĂ© ainsi identifiĂ©e.

    Si CACH, coalition qui a soutenu la candidature de FĂ©lix Tshisekedi Ă  la prĂ©sidentielle du 30 dĂ©cembre 2018, tient Ă  se plier aux dispositions prĂ©vus dans la Constitution, ce n’est pas le cas pour le FCC, la plateforme Ă©lectorale qui se reconnaĂźt en Joseph Kabila. Ce dernier estime, au regard des rĂ©sultats provisoires des lĂ©gislatives nationales publiĂ©s par la CĂ©ni, disposer d’une majoritĂ© Ă©crasante Ă  la Chambre basse du Parlement. Dans les deux camps, le sujet fait polĂ©mique. Ce qui pourrait vraisemblablement amener aux premiĂšres frictions entre CACH et FCC.

    L’accord conclu entre CACH et FCC va-t-il rĂ©sister Ă  l’épreuve du temps ? C’est la question que l’on se pose.

    Il est un secret de polichinelle que les deux coalitions, Ă  savoir CACH et FCC, ont conclu, bien avant la publication le 9 janvier 2019 des rĂ©sultats provisoires Ă  la prĂ©sidentielle, un accord de partage de pouvoir. Selon des indiscrĂ©tions recueillies dans la ville haute, la coalition CACH s’était engagĂ©e, en vertu de cet accord, Ă  cĂ©der la Primature au FCC, avec en prime le contrĂŽle de certains ministĂšres rĂ©galiens tels que les affaires Ă©trangĂšres, la dĂ©fense, les finances et l’intĂ©rieur. Le FCC devait en plus garder une mainmise sur le ministĂšre de la Justice.

    Evidemment, tout s’est fait avant que le prĂ©sident FĂ©lix Tshisekedi ne prĂȘte serment et prenne l’effectivitĂ© du pouvoir.

    Disposant dĂ©sormais d’un impĂ©rium, le prĂ©sident FĂ©lix Tshisekedi tient donc Ă  se plier Ă  la Constitution. Et la nomination d’un informateur pour identifier la nouvelle majoritĂ© Ă  l’AssemblĂ©e nationale rentre dans ce schĂ©ma. Une procĂ©dure que le FCC redoute, craignant certainement que les consultations de l’informateur ne viennent affaiblir sa majoritĂ© de facto.

    Dans tous les cas, l’accord CACH – FCC ne fait l’ombre d’aucun doute. Il existe. Mais, son application connait dĂ©jĂ  ses premiĂšres frictions. Dans son discours d’adieu au peuple congolais, prononcĂ© la veille de la prestation de serment, Joseph Kabila a lancĂ© l’appel Ă  la constitution d’une « coalition des forces progressistes » pour parfaire, selon lui, le plan de la reconstruction qu’il a entamĂ© durant ses 18 ans de rĂšgne. C’est dire que la coalition FCC – CACH pourrait ĂȘtre Ă©ventuellement Ă©largie Ă  d’autres forces. Une hypothĂšse que le FCC redoute, craignant de perdre sa majoritĂ© de fait, rĂ©alisĂ©e sur base des rĂ©sultats provisoires de la CĂ©ni aux lĂ©gislatives nationales.

    HabituĂ© dans l’art de la dĂ©bauche, le FCC ne voudrait donc pas ouvrir une brĂšche par laquelle CACH pourrait s’engouffrer jusqu’à redĂ©finir une nouvelle majoritĂ© Ă  l’AssemblĂ©e nationale.

    Autrement dit, c’est l’accord CACH – FCC qui est en jeu. Quoiqu’il en soit, on ne voit pas comment le prĂ©sident FĂ©lix Tshisekedi pourrait contourner la procĂ©dure constitutionnelle en prĂ©cipitant la nomination d’un Premier ministre, sans prĂ©alablement dĂ©signer un informateur pour identifier la nouvelle majoritĂ© Ă  l’AssemblĂ©e nationale.

    Pour l’instant, dans les deux camps, des rĂ©unions se multiplient. Et au FCC, on reste de marbre. « Le FCC a la majoritĂ© Ă  l’AssemblĂ©e nationale, soit plus de 300 dĂ©putĂ©s nationales. Cela saute aux yeux. Faut-il nĂ©cessairement passer par un informateur pour le constater », a fait comprendre un haut cadre du FCC.

    Au finish, c’est au chef de l’Etat, FĂ©lix Tshisekedi, que reviendra le dernier mot. Autrement dit, la route qui mĂšne Ă  la nomination d’un Premier ministre est encore long et parsemĂ©e de nombreux piĂšges que le prĂ©sident de la RĂ©publique devra dĂ©jouer pour ne pas dĂ©ranger dĂšs le dĂ©but de son mandat l’accord qui le lie au FCC.


    Avec Le Potentiel / MCP
  • Pierre Ndaye Mulamba, un hĂ©ros du football congolais devenu exilĂ©-

    Pierre Ndaye Mulamba, un héros du football congolais devenu exilé-

    -Pierre Ndaye Mulamba est dĂ©cĂ©dĂ© Ă  70 ans suite Ă  des problĂšmes de santĂ©, ce 26 janvier 2019, a confirmĂ© sa famille Ă  RFI. L’attaquant-vedette de l’équipe du ZaĂŻre avait gagnĂ© la Coupe d’Afrique des nations 1974 dont il avait fini meilleur buteur avec 9 rĂ©alisations. AgressĂ© avec sa famille Ă  Kinshasa en 1994, l’ancien footballeur avait quittĂ© son pays pour se rĂ©fugier en Afrique du Sud oĂč il est mort.

    Ses neuf buts inscrits lors de la Coupe d’Afrique des nations 1974 – un record pour une phase finale de CAN – sont restĂ©s dans la lĂ©gende du football africain. Pourtant, Pierre Ndaye Mulamba avait presque sombrĂ© dans l’oubli ces dix derniĂšres annĂ©es.

    Celui qui a marquĂ© l’histoire du foot congolais en remportant la CAN 1974 et en disputant le Mondial la mĂȘme annĂ©e a succombĂ© Ă  des ennuis de santĂ©, ce 26 janvier, aprĂšs plusieurs semaines passĂ©es dans une clinique sud-africaine.

    C’est en effet au pays de Nelson Mandela, trùs loin de son Luluabourg natal – ville du centre de la RDC devenue Kananga – que l’ancien attaquant-vedette de la RDC a rendu son dernier soupir.

    La passion du football

    Pierre Ndaye Mulamba a grandi dans une famille de huit enfants, sous la vigilance d’un pĂšre obsĂ©dĂ© par les Ă©tudes et dĂ©cidĂ© Ă  en faire un instituteur. Mais le gamin, surnommĂ© « Mutumbula » (le « croque-mitaine ») Ă  cause d’une mauvaise blague qu’il avait jouĂ©e aux habitants de son quartier, n’a alors qu’un seul centre d’intĂ©rĂȘt : le ballon rond.

    Le pasteur luthĂ©rien qui gĂšre son Ă©cole le nomme ainsi « dĂ©lĂ©guĂ© football » Ă  l’ñge de 10 ans. Il faut dire que le talent de Pierre Ndaye Mulamba ne passe pas inaperçu. A 14 ans, il dispute ainsi un match devant le prĂ©sident de la RĂ©publique, Joseph Kasa-Vubu, avec deux buts Ă  la clĂ©. Pas impressionnĂ© par cet exploit, son pĂšre lance : « Il n’est pas question que mon fils fasse du football. Ce n’est pas un mĂ©tier. Le football, c’est pour les bons Ă  rien. »

    Mais Georges Mulamba est obligé de lùcher du lest sous la pression grandissante des autorités locales, trop heureuses de voir émerger cette icÎne du Kasaï-Central.

    Le temps de l’insouciance

    Pour Pierre Ndaye Mulamba, c’est le temps de l’insouciance et des buts en pagaille inscrits avec la Renaissance du KasaĂŻ, puis avec le club rival l’Union saint-gilloise. A 17 ans, Pierre Ndaye Mulamba est convoquĂ© pour la premiĂšre fois en Ă©quipe nationale. S’il n’est pas retenu pour la CAN 1968 (que le Congo remportera), Ă  son grand dam, sa rĂ©putation est dĂ©jĂ  faite.

    Et c’est donc tout naturellement qu’aprĂšs un court passage Ă  l’AS Bantous, l’avant-centre rallie l’équipe phare de la capitale, Vita Club, en 1972. L’annĂ©e suivante, avec ce mĂȘme « V Club », il remporte la prestigieuse Coupe d’Afrique des clubs champions.

    Et en aoĂ»t 1973, aprĂšs avoir Ă©tĂ© appelĂ© Ă  maintes reprises en sĂ©lection sans jouer, il dispute enfin son premier match officiel avec l’équipe nationale du ZaĂŻre.

    Une CAN 1974 d’anthologie


    Pierre Ndaye Mulamba est alors au sommet de son art. Lors de sa premiĂšre CAN, en 1974 en Egypte, le Congolais martyrise les gardiens adverses, rĂ©ussissant un doublĂ© face Ă  la GuinĂ©e (2-1) et scorant face Ă  Maurice (4-1), au premier tour. En demi-finale, ses deux nouveaux buts contribuent Ă  l’exploit face au pays-hĂŽte (3-2). En finale, face Ă  la Zambie, l’intĂ©ressĂ© fait encore trembler les filets deux fois. Mais les Zambiens Ă©galisent durant la prolongation, Ă  2-2. Le rĂšglement de la compĂ©tition prĂ©voit de rejouer le match, en cas de score de paritĂ©.

    Pas perturbĂ©, Pierre Ndaye Mulamba inflige la mĂȘme sanction aux « Chipolopolo », deux jours plus tard. Mais cette fois, ses coĂ©quipiers tiennent bon en dĂ©fense : victoire 2-0.

    A leur retour, les « LĂ©opards » ont le droit Ă  un accueil triomphal. Le joueur-vedette est adoubĂ© par le chef de l’Etat, Mobutu Sese Seko, qui lui lance : « Je vous avais demandĂ© la semaine derniĂšre par tĂ©lĂ©phone de ramener la coupe au pays et vous l’avez fait. Je saurai m’en souvenir. »

    
mais un Mondial 1974 qui vire au cauchemar

    La suite prouve toutefois l’inverse. L’équipe du Congo s’est certes qualifiĂ©e pour la Coupe du monde 1974 en RFA, devenant ainsi la premiĂšre nation d’Afrique noire Ă  prendre part Ă  cet Ă©vĂ©nement. Mais, en dĂ©pit du soutien du public allemand, les « LĂ©opards » vivent un Mondial cauchemardesque. Furieux de ne pas avoir touchĂ© leurs primes de la CAN 1974, les champions d’Afrique se relĂąchent totalement aprĂšs une premiĂšre dĂ©faite pourtant honorable face Ă  l’Ecosse (2-0). Ils sont humiliĂ©s par la Yougoslavie 9-0 puis battus par le BrĂ©sil 3-0.

    Quant Ă  Pierre Ndaye Mulamba, il vit un triste tournoi. Il est en effet exclu lors du match face Ă  la Yougoslavie pour un coup de pied administrĂ© Ă  l’arbitre… par un coĂ©quipier. Pour cet acte qu’il n’a pas commis, le sanctionnĂ© se voit mĂȘme gratifiĂ© d’une suspension d’un an qui sera plus tard annulĂ©e par la FIFA. « Pour la premiĂšre fois depuis bien longtemps, Ndaye ne se sent plus l’ñme du Mutumbula. Il n’a aucune envie de rentrer au pays », Ă©crit la journaliste Claire Raynaud dans sa biographie du joueur, La Mort m’attendra.

    Du lent déclin


    AprĂšs cette annĂ©e 1974 folle, la carriĂšre de Pierre Ndaye Mulamba se poursuit durant plus d’une dĂ©cennie. A 38 ans, il raccroche enfin les crampons. S’il reste une gloire dans son pays et mĂȘme sur le reste du continent, sa vie n’en est toutefois pas moins devenue modeste.

    Seule une cĂ©rĂ©monie organisĂ©e par la ConfĂ©dĂ©ration africaine de football (CAF) en son honneur, en marge de la Coupe d’Afrique des nations 1994, rappelle ses belles heures. A Tunis, Issa Hayatou, le patron de la CAF, lui rend un vibrant hommage avant de lui remettre entre autres une mĂ©daille. SitĂŽt dĂ©corĂ©, le ministre des Sports du Congo, prĂ©sent Ă  la fĂȘte, demande cependant Ă  Pierre Ndaye Mulamba de lui remettre sa distinction pour qu’il puisse l’offrir Ă  Mobutu, est-il Ă©crit dans La Mort m’attendra. Furieux, le hĂ©ros du jour refuse catĂ©goriquement.

    
à l’enfer

    Pierre Ndaye Mulamba ne le sait pas encore, mais il va payer cher cet affront, renouvelĂ© par la suite Ă  Kinshasa. Quelques jours aprĂšs son retour de Tunisie, dans la nuit du 17 au 18 avril 1994, sa femme, ses trois enfants et lui sont attaquĂ©s chez eux. « Mutumbula » est torturĂ©, mutilĂ©, laissĂ© pour mort prĂšs d’un pont, avant d’ĂȘtre dĂ©couvert, inerte, par des gamins des rues. TransfĂ©rĂ© dans un centre de soin, il Ă©chappe de peu Ă  son funeste destin, aprĂšs plusieurs arrĂȘts cardiaques et aprĂšs avoir Ă©tĂ© dans le coma.

    En revanche, son plus jeune fils, Tridon, 9 ans, a succombé, lui, à un coup de crosse que lui avaient asséné les agresseurs. Durant sa longue convalescence, Pierre Ndaye Mulamba doit lutter pour que la haine ne le fasse pas sombrer dans la folie.

    EnvoyĂ©e en Afrique du Sud en 1995 pour se soigner, l’ancienne gloire n’est plus que l’ombre d’elle-mĂȘme. A la dĂ©rive, Pierre Ndaye Mulamba doit partir chercher de quoi survivre au Cap, au bout de quelques mois. SitĂŽt descendu du train, il craque, rapporte sa biographie : « Dans ce hall de gare du bout du monde, perdu, seul, il s’autorise enfin Ă  faire ce qu’il n’a jamais fait : pleurer la mort de son petit garçon, pleurer sa famille qu’il a abandonnĂ©e, pleurer sa jambe dont il ne recouvrera jamais l’usage, pleurer sa vie d’autrefois, quand il Ă©tait Mutumbula et que rien ni personne ne lui rĂ©sistait. »

    Réfugié et misérable

    Au Cap, Pierre Ndaye Mulamba survit grĂące Ă  la solidaritĂ© et Ă  l’admiration des autres rĂ©fugiĂ©s congolais, ainsi qu’à un petit boulot de car parker. Il touche le fond en 1998 lorsqu’il apprend dans les journaux
 sa propre mort. Soi-disant suite Ă  l’effondrement d’une mine en Angola. Les mĂ©dias congolais ont en effet annoncĂ© son dĂ©cĂšs juste avant la demi-finale de Coupe d’Afrique des nations au Burkina Faso entre les sĂ©lections de RDC et d’Afrique du Sud. Le speaker du stade Ă  Ouagadougou a mĂȘme appelĂ© Ă  une minute de silence, juste avant cette rencontre dĂ©cisive
 La vĂ©ritĂ© sera vite rĂ©tablie.

    En avril 2005, Pierre Ndaye Mulamba a le droit Ă  un nouvel hommage, bien rĂ©el celui-lĂ , de la part de Joseph Blatter, le patron de la FIFA, mais Ă  Kinshasa. Revenu pour la premiĂšre fois dans son pays, l’ancien goleador consent Ă  se prĂȘter Ă  une cĂ©rĂ©monie pleine d’hypocrisie oĂč il est priĂ© de taire son exil et ses souffrances.

    Reparti en Afrique du Sud, ce n’est qu’en dĂ©cembre 2009, avant le tirage au sort de la Coupe du monde 2010 qu’il reçoit l’hommage qu’il espĂ©rait tant. Aux cĂŽtĂ©s du GhanĂ©en Abedi PelĂ©, lui aussi rĂ©compensĂ©, il lĂąche, les yeux embuĂ©s de larmes : « Ma vie n’a pas Ă©tĂ© toujours facile. Le football m’a apportĂ© autant de joies que de peines. Mais aujourd’hui, je suis heureux. Heureux parce que cette Coupe du monde va se disputer dans mon pays, l’Afrique du Sud. Heureux parce que ce n’est pas un mais six pays africains qui vont participer Ă  la compĂ©tition, et je les soutiendrai de tout mon cƓur et de toutes mes forces. Heureux parce qu’en m’invitant ici aujourd’hui, vous m’avez fait un immense honneur. » C’Ă©tait il y a neuf ans.

    Avec RFI