Après la Tunisie et le Nigeria, l’Angola a validé son ticket pour la prochaine Coupe du monde de basket prévue en 2019 en Chine. Les Palancas Negras se sont qualifiées en battant nettement leurs adversaires du Tchad ce samedi (90-50). Il reste trois tickets à prendre dans ces éliminatoires. L’Egypte et le Cameroun y croient encore, à la veille d’un dernier match importantissime entre les deux équipes.
La nation africaine la plus souvent présente à la Coupe du monde de basket ne manquera pas le prochain rendez-vous. C’est l’enseignement majeur de ce samedi 1er décembre et des matches éliminatoires joués ce jour. L’Angola va participer pour la 8e fois de son histoire au Mondial de basket-ball, dont la prochaine édition aura lieu du 31 août au 15 septembre 2019.
Groupe E: la Tunisie et l’Angola qualifiés, l’Egypte défie le Cameroun pour une «petite finale»
Au second tour des éliminatoires de la zone Afrique, les Angolais visaient la victoire et la qualification face au Tchad, dernier du groupe E. Ils l’ont facilement obtenu en s’imposant sur un score net (90-50). Le suspense est ainsi quasi clôt dans ce groupe. En septembre, la Tunisie avait validé sa qualification mathématiquement. Les Tunisiens, champions d’Afrique en titre, ont quand même vu leur série de dix victoires s’interrompre ce samedi contre l’Egypte (73-64 après prolongation).
Mais les Aigles de Carthage et les Palancas Negras de l’Angola sont quand même assurés de terminer à l’une des deux premières places du groupe E, avant même la 12e et dernière journée de leurs éliminatoires prévue ce dimanche 2 décembre. Une poule où le Tchad et le Maroc, battu par le Cameroun (63-57), sont déjà éliminés.
L’Egypte (18 points) et le Cameroun (17 points) ont encore une chance : ils doivent s’affronter ce dimanche à Luanda, en Angola. Le résultat de cette rencontre cruciale indiquera qui finira à la 3e place. Une 3e place qui peut être qualificative pour le Mondial : le règlement stipule que les deux premiers du groupe E et du groupe F et le meilleur 3e de ces deux groupes s’envoleront pour la Chine.
Groupe F: le Sénégal, la République centrafricaine et la Côte d’Ivoire se disputent une seule place
Pas de rencontres dans cette poule ce week-end du 1-2 décembre 2018. Les derniers matches ont eu lieu mi-septembre, et ce groupe E ne rendra son verdict final que les 22-23-24 février 2019. Mais le Nigeria (18 points), fort de ses neuf victoires en neuf matches, est déjà assuré de finir à l’une des deux premières places, tandis que le Mali et le Rwanda sont déjà mathématiquement éliminés.
Les trois autres équipes, à savoir le Sénégal, la République centrafricaine et la Côte d’Ivoire sont encore dans le coup. Les Sénégalais sont les mieux placés avec leurs 16 points, contre 13 pour les deux autres nations. En février prochain, ces trois équipes se feront face pour le sprint final. En jeu : le ticket qualificatif restant, ou la 3e place, peut-être qualificative en fonction du nombre de points par rapport au 3e du groupe E.
Pays qualifiés : Tunisie et Angola (premier ou deuxième du groupe E), Nigeria (premier ou deuxième du groupe F) Pays encore en course pour une place de premier, de deuxième ou de meilleur troisième : Sénégal (groupe F) Pays encore en course pour une place de deuxième ou de meilleur troisième : République centrafricaine, Côte d’Ivoire (groupe F) Pays encore en course pour une place de meilleur troisième : Egypte, Cameroun (groupe E) Pays déjà éliminés : Maroc, Tchad (groupe E), Rwanda, Mali (groupe F)
La finale de la Coupe d’Afrique des nations 2018 s’est décidée au bout du bout entre le Nigeria et l’Afrique du Sud à Accra, ce samedi. Et après 90 minutes sans but, les Super Falcons ont fini par venir à bout des Sud-Africaines (0-0, 4 tirs au but à 3). La domination des Nigérianes sur le football africain perdure, tout comme la malédiction des Banyana Banyana, battues pour la cinquième fois en finale.
La suprématie nigériane a vacillé, mais elle tient toujours ! Et le football féminin d’Afrique ne change pas de reines. Cette 13e édition de la Coupe d’Afrique des nations s’est conclue ce samedi 1er décembre au Ghana sur la victoire du Nigeria contre l’Afrique du Sud. Les Nigérianes, sacrées lors des deux CAN précédentes, ne connaissent toujours pas le goût de la défaite en finale.
Oshoala manque un penalty crucial
Les Super Falcons auraient pourtant pu être battues pour la première fois en finale. Car ce samedi, c’était la journée des premières à l’Accra Sports Stadium, théâtre de cette finale. Dans la capitale ghanéenne, la CAN 2018 s’est jouée en prolongation et aux tirs au but. C’est inédit. Après les 90 premières minutes réglementaires, ni le Nigeria, ni l’Afrique du Sud n’avait trouvé le chemin des filets. Ça aussi, c’est nouveau. Ce n’était pourtant pas faute d’avoir essayé.
Les deux finalistes se sont surtout observés en première période. Après la pause, la domination globale du Nigeria s’est accentuée et les occasions ont été plus nombreuses pour les joueuses coachées par Thomas Dennerby. Jusqu’à cette 74e minute et le tournant de cette finale, quand la gardienne sud-africaine Kaylin Swart est sortie en retard devant Francisca Ordega et a concédé un penalty indiscutable sifflé par l’arbitre Mme Gladys Lengwe. Asisat Oshoala, buteuse en 2014 en finale face au Cameroun, a pris ses responsabilités. Mais l’attaquante a craqué : après avoir pris beaucoup d’élan, Oshoala a trop croisé son tir et manqué le cadre, au grand soulagement de Kaylin Swart. La rencontre s’est donc poursuivie sur ce score de 0-0 jusqu’à la fin du temps réglementaire.
Oluehi sort l’ultime tir au but sud-africain
En prolongation, l’Afrique du Sud est parvenue à gratter quelques occasions, via notamment une percée audacieuse plein axe de Thembi Kgatlana ou une demi-volée bien équilibrée signée Linda Motlhalo. Mais Tochukwu Oluehi, peu sollicitée auparavant, s’est montrée rassurante sur sa ligne. La gardienne des championnes d’Afrique en titre a confirmé en claquant hors du cadre un coup franc lointain qui filait sous sa barre, à deux minutes du terme. C’était un bon moyen aussi pour prendre confiance avec la fatidique séance de tirs au but qui se présentait alors.
Une séance qui a mal commencé pour les Super Falcons. Onome Ebi, la première tireuse, a envoyé sa tentative sur le poteau. Mais plus tard, la Sud-Africaine Lebohang Ramalepe a frappé au-dessus de la barre transversale, permettant au Nigeria de revenir. Après cinq tirs, le Nigeria menait 4-3. Linda Motlhalo, cinquième et dernière tireuse pour l’Afrique du Sud, devait alors marquer pour maintenir son pays en vie. C’était sans compter sur Tochukwu Oluehi. La gardienne nigériane s’est parfaitement détendue et a sorti le tir de son adversaire, sacrant ainsi son équipe.
Les Nigérianes sont sans rivales en Afrique
Francisca Ordega, attaquante du Nigeria, a reçu le titre de meilleure joueuse de la finale, tandis que Thembi Kgatlana, attaquante de l’Afrique du Sud, a été nommée meilleure joueuse de la compétition. Une maigre consolation pour des Banyana Banyana maudites. Certes, elles joueront la Coupe du monde 2019 en France, en compagnie du Nigeria (champion d’Afrique) et du Cameron (3e de cette CAN). Mais cela fait désormais cinq défaites en autant de finales pour les Sud-Africaines, dont trois face au Nigeria…
Un Nigeria qui règne plus que jamais sur le football africain féminin. En onze éditions de la Coupe d’Afrique des nations, les Super Falcons l’ont emporté à neuf reprises* (1998, 2000, 2002, 2004, 2006, 2010, 2014, 2016 et 2018). En 2008, elles finirent à la troisième place. Il n’y a qu’en 2012 que les Nigérianes ne furent pas sur le podium (quatrième). Nul doute que dans deux ans, au Congo-Brazzaville, le Nigeria sera encore un sacré client favori à sa propre succession.
* les premières éditions de 1991 et 1995 se jouaient sous un autre format et ne sont généralement pas comptabilisées comme des victoires de CAN, comme le montre aussi le tweet des Super Falcons.
Publié le 01-12-2018 Modifié le 01-12-2018 à 22:27
Le Cameroun lance un processus de DDR, « désarmement, démobilisation et réinsertion ». Le décret a été signé vendredi 30 novembre par le président Biya. Le texte explique que ce programme est destiné aux combattants de Boko Haram, dans l’extrême-nord du pays, mais également aux groupes armés sécessionnistes actifs dans les régions de l’Ouest anglophone.
Le DDR sera piloté par le chef du gouvernement, mais dix ministres sont également impliqués, notamment celui de l’Administration territoriale, le ministre de l’Agriculture ou encore celui de la Défense. L’objectif est clair : offrir à ceux qui acceptent de déposer les armes de retourner à la vie civile. Le comité mis en place par le président camerounais prévoit que les armes soient collectées, les anciens combattants cantonnés et accompagnés, notamment dans des programmes de déradicalisation.
Le processus doit concerné deux parties du pays. D’abord l’extrême-nord où Boko Haram est toujours capable de mener des attentats-suicides sur le sol camerounais, comme l’a prouvé le groupe terroriste mercredi dernier à Amchidé. Le chercheur Raoul Sumo du Centre des études stratégiques de Yaoundé estime qu’à Mora, où vivent une centaine de repentis, comme on les appelle, le processus existe déjà de manière officieuse. Le nouveau projet apporte un cadre. « C’est vrai que ça ne va pas totalement résoudre le problème, mais si ce processus s’inscrit dans un cadre beaucoup plus large, je crois que ce sera efficace. Il ne s’agit pas d’une inflexion au sens strict du terme, mais je crois que c’est un premier pas vers la gestion politique de cette guerre », estime-t-il.
Mais pour le politologue Hans de Marie Heungoup, de l’International Crisis Group, la situation est tout autre dans les régions de l’ouest anglophone, où les séparatistes multiplient les attaques. Il estime que le moment est mal choisi. Un diplomate a la même analyse. Difficile de mettre en place un processus de désarmement et de réinsertion sans avoir auparavant signé d’accord de paix, ou au moins engagé des négociations, estime-t-il.
Enfin, le décret signé par le président Biya ne donne aucune information sur le calendrier ni le financement, il évoque simplement des subventions et des contributions internationales.
À Lomé, comme dans de nombreuses villes du pays, des militants de la coalition des 14 partis de l’opposition ont défié les forces de l’ordre lors de manifestations réclamant le gel du processus pour les élections locales, référendaires et législatives des 16 et 20 décembre.
Très tôt, samedi, plusieurs milliers de militants de l’opposition ont pris d’assaut le tronçon situé entre le marché de Bè, Kpota, Anfamè et le carrefour de l’église des Assemblées de Dieu, à Lomé. Sur le second parcours, parti du carrefour de l’église néo-apostolique et passant par le boulevard pavé de Bè, pour rejoindre le même carrefour de l’église des Assemblées de Dieu, les rues étaient tout aussi noires de monde.
Scandant des slogans hostiles au gouvernement, les manifestants ont déroulé une série de revendications : la « poursuite des réformes constitutionnelles institutionnelles » ; la « révision du cadre électoral, y compris le droit de vote des Togolais de la diaspora » ; la « libération des manifestants et acteurs de la société civile arrêtés dans l’exercice de leur droit constitutionnel » et la levée de « l’État de siège de fait des villes de Mango, Bafilo, Sokodé, Tchamba, Kara et des quartiers de Lomé ».
Au quartier Bê, le face-à-face entre les forces de l’ordre et les manifestants a été intense, dans un climat de tension intense et au milieu des volutes de gaz lacrymogènes. Face aux jeunes survoltés, qui ont dressé des barricades, les gendarmes ont dû se replier. Certains se sont réfugiés dans des maisons voisines.
Depuis le 17 novembre, c’est la troisième fois que l’opposition descend dans la rue. La troisième fois, aussi, que manifestants et forces de l’ordre s’affrontent. Plusieurs cas de blessés ont été signalés, aussi bien dans les rangs des manifestants que des forces de l’ordre.
Malgré la fronde de l’opposition, le gouvernement semble bien décidé à poursuivre le processus électoral : de source proche de la CENI, on se dit techniquement prêt à organiser les élections et le référendum du 16 décembre et les législatives du 20 décembre conformément au calendrier établi par la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
De son côté, l’opposition campe également sur ses positions. Une nouvelle journée « Togo mort » a été annoncée pour ce mardi 4 décembre.
Publié le 01-12-2018 Modifié le 01-12-2018 à 18:09
A la suite du retrait de l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations de 2019 au Cameroun par la CAF, le gouvernement camerounais s’est exprimé sur le sujet. Dans une déclaration lue ce samedi 1er décembre dans l’après-midi, Issa Tchiroma Bakary, le ministre de la Communication, dénonce « l’injustice » dont a été victime le Cameroun.
« Le gouvernement de la République du Cameroun a pris connaissance avec consternation de la décision du Comité exécutif de la CAF, réuni à Accra le 30 novembre 2018, de retirer au Cameroun l’organisation de la CAN 2019 », a déclaré le ministre camerounais de la Communication.
« Cette décision étonnante, à plus d’un titre, ne rend assurément justice ni aux investissements colossaux consentis par notre pays et qui se traduisent aujourd’hui par de belles infrastructures modernes, visibles de tous, ni à l’engagement déterminé du chef de l’Etat et du peuple camerounais à déployer les efforts nécessaires pour abriter en 2019 une fête éclatante du football africain. »
Issa Tchiroma Bakary a appelé le peuple camerounais au calme. « Force est de constater que notre pays a fait l’objet, dès le départ dans le cadre de ce dossier, d’un traitement qui ne peut que susciter des interrogations. Face à cette injustice flagrante, le gouvernement de la République demande au peuple camerounais de garder toute sa sérénité et de ne pas céder à la tentation des polémiques stériles. »
Poursuite des travaux
Le ministre camerounais de la Communication n’a pas indiqué si le Cameroun poursuivra la CAF devant le Tribunal arbitral du sport. Il n’a pas non plus annoncé si le Cameroun acceptait la proposition de la CAF d’abriter la CAN de 2021, mais a soutenu que le pays poursuivra la construction des infrastructures prévues pour abriter la Coupe d’Afrique des Nations de football de 2019 et sera prêt à date.
« Le Cameroun n’a pas démérité, et il le prouvera à la face du monde en poursuivant avec la même détermination la construction de ces belles infrastructures qui appartiennent au peuple camerounais. Et en les achevant à bonne date, ainsi que s’y est engagé le chef de l’Etat », a expliqué le ministre.
« Il y a néanmoins lieu de souligner que le football africain ne pourra se hisser au niveau des continents plus avancés sans le respect d’une certaine éthique. Notre pays, qui a écrit certaines des plus belles pages de l’histoire du football africain, continuera à œuvrer sans relâche, de concert avec les autres pays africains et les instances internationales du football, au développement du football de notre cher continent. »
Publié le 01-12-2018 Modifié le 01-12-2018 à 18:23
C’est une fuite sans précédent : des milliers de pages de documents confidentiels de l’ONU relatifs à l’assassinat de deux experts mandatés par le conseil de sécurité. Michael Sharp et Zaida Catalan avaient été chargés d’enquêter sur les violences en République démocratique du Congo. Les Congo Files documentent les démarches entreprises par le système des Nations Unies entre mars 2017 et septembre 2018. Leur exploitation a fait l’objet d’une collaboration entre plusieurs médias internationaux : RFI, Le Monde, Foreign Policy, Suddeutsche Zeitung et la télévision suédoise SVT. Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres avait mis sur pied un comité d’enquête pour établir les faits mais aussi émettre des recommandations pour renforcer la sécurité des experts de l’ONU. Les conclusions de son rapport continuent de faire polémique.
A ses parents, l’Américain Michael Sharp l’avait assuré : « C’est ma mission la plus sûre depuis dix ans ». L’affirmation n’avait rien d’un euphémisme. Ce n’était pas seulement la parole rassurante d’un fils aimant à l’égard de sa famille inquiète devant l’histoire tumultueuse de la République démocratique du Congo (RDC). « Personne ne touche jamais aux experts, leur avait garanti ce spécialiste des groupes armés. Personne ».
Michael Sharp n’avait rien d’un débutant. Avant son entrée au groupe d’experts, le jeune Américain s’était déjà aventuré sur les plus mauvaises routes, avait négocié avec certains des groupes les plus dangereux du pays pour les convaincre de démobiliser. Cinq ou six chefs de milices auraient même transmis leurs condoléances, apprenant la mort de Michael Sharp et sa collègue Zaida Catalan le 12 mars 2017 dans la région autrefois paisible du Kasaï-Central, une province secouée à l’époque par une insurrection sans précédent contre l’autorité de l’Etat.
Depuis 2004, des générations d’enquêteurs de tout âge et de toute origine, sélectionnés par le comité de sanctions des Nations unies, se sont rendues à moto dans les régions les plus reculées et les plus instables du Congo. Comme Michael Sharp et sa collègue suédo-chilienne, Zaida Catalan, ils cherchaient à accumuler suffisamment de preuves contre les instigateurs des violences dans ce pays-continent aux richesses si convoitées. Ils ont fait face aux mêmes manœuvres d’Etats-membres, les ardents défenseurs de la primauté de la souveraineté, comme ceux qui, sous couvert d’exigences sans cesse rehaussées en termes de preuves, rechignent à sanctionner pour préserver leurs intérêts dans la région.
Pour la première fois dans l’histoire des groupes d’experts, le 12 mars 2017, quinze ans après l’instauration d’un embargo sur les armes en RDC, deux de ces enquêteurs indépendants mandatés par le Conseil de sécurité sont tués dans le cadre d’une de leurs missions. À l’approche des échéances électorales au Congo, avec les reports et le maintien au pouvoir de son président Joseph Kabila, les violences redoublent dans le pays, pas seulement dans les Kasaï.
Trois heures pour répondre à un appel à l’aide
L’ONU n’aurait jamais été informée de la disparition de Michael Sharp et Zaida Catalan le jour même, si la famille de l’experte suédo-chilienne n’avait pas donné l’alerte. La jeune femme avait suivi plusieurs formations relatives aux questions de sécurité. À 16h49, quelques minutes avant le meurtre, elle parvient à appeler sa sœur en Suède, sans être en mesure de lui parler. Elisabeth Morseby et sa mère n’ont pas besoin de mots pour comprendre que Zaida Catalan est en danger. Elles cherchent d’abord à joindre son collègue Michael Sharp, en vain.
Moins de dix minutes plus tard, à 17h08, Maria Morseby décide d’écrire à New York à une adresse e-mail que sa fille lui avait laissée, en cas de problème. « On a reçu un appel de son téléphone congolais, mais ce n’était pas elle », peut-on lire dans ce message. Maria Morseby supplie son interlocuteur de « vérifier qu’il ne lui soit rien arrivé ». Il est 12h08 à New York en ce dimanche 12 mars 2017 quand le Département des affaires politiques de l’ONU (DPA) reçoit l’alerte. C’est ce département qui, à travers le Service du secrétariat des organes subsidiaires du Conseil de sécurité (SCSOB), s’occupe de tout ce qui est relatif aux treize comités de sanctions de l’ONU et aux dix groupes d’experts qui leur sont affiliés.
Il aura fallu trois heures au quartier général de l’ONU pour informer sa mission au Congo (Monusco) de la disparition des experts. « Aux environs de 15h [heure de New York], le secrétariat dédié au comité de sanctions envoie un e-mail à la Monusco, lui transmettant le message qu’il a reçu de la mère de Zaida Catalan », mentionne un document confidentiel de l’ONU. Plus de célérité de la part du Secrétariat général n’aurait sans doute rien changé pour Michael Sharp et Zaida Catalan. Les « Congo files » prouvent qu’ils ont été tués quelques minutes après le coup de fil de l’experte suédoise à sa famille dans ce qui apparaît comme une attaque préméditée. Mais dans aucun document, même confidentiel, ce délai ne sera pointé par l’ONU comme anormalement long. « Il faut dire qu’il n’y a pas de point focal sécurité joignable 24h/24 par les experts et leurs familles », déplore un ancien membre du groupe.
Ce soir-là, le chef du SCSOB, Kelvin Ong, est lui aussi contacté. Il est le principal responsable de l’organisation du travail des experts et semble dépassé par les évènements, comme toute sa hiérarchie à New York : « Il l’a dit : il n’y a plus qu’à s’en remettre à Dieu », confie un officiel onusien, non sans amertume. C’est moins sur Dieu que sur la Mission des Nations Unies au Congo (Monusco) que le Secrétariat général va se reposer pour retrouver ses experts. « Le quartier général n’a envoyé personne pendant toute la phase de recherche », s’agacent plusieurs employés de la Monusco.
Le statut « déséquilibré » des experts
Aux enterrements des deux experts, en Suède comme aux Etats-Unis, New York ne sera représenté que par le docteur Moussa Ba, chef de l’Unité de gestion du stress sur les incidents critiques. C’est à lui que l’on demandera de gérer les familles éplorées. Personne du SCSOB, du SCAD ou de tout autre acronyme qui encadrait le travail des experts ne fait le déplacement. Seuls leurs collègues et d’anciens membres du groupe viennent rendre un dernier hommage à leurs collègues disparus. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, ne recevra les familles de victimes qu’en août, après avoir transmis au Conseil de sécurité les conclusions d’un rapport d’enquête qui vont à l’encontre de leur souhait. Les parents de Michael Sharp et Zaida Catalan réclament une enquête indépendante pour faire toute la lumière sur la mort de leurs enfants. L’ONU décide, malgré la minutieuse enquête de sa police UNPOL, de se contenter de soutenir une procédure judiciaire congolaise défaillante.
Dans les couloirs du quartier général à New York, une source onusienne confie : « À demi-mot, on comprenait que ces familles représentaient un risque pour certains responsables du Département des affaires politiques. Ils craignaient un procès ou d’être blâmés publiquement pour ce qui s’était passé ». Dans les premières semaines, c’est notamment la famille de Zaida Catalan qui n’avait pas hésité à s’en prendre à l’ONU sur les réseaux sociaux. Un autre officiel se souvient que cela avait provoqué beaucoup d’émoi de Kinshasa à New York, en mettant directement en cause l’ONU sur les réseaux sociaux. Par la suite, les parents des experts auraient été mis en garde contre toute déclaration publique intempestive, « du moins si elles souhaitaient continuer d’être informées par l’ONU de l’avancée du dossier ».
Michael Sharp et Zaida Catalan n’étaient pas des employés de l’ONU. « La question de leur statut a été abordée en réunion dès le début et à plusieurs niveaux », explique une autre source onusienne. Comme tous les experts mandatés par le Conseil de sécurité, ils n’avaient qu’un contrat de consultance. Ils devaient contracter eux-mêmes leur propre assurance maladie et accident, ne pouvaient prétendre à aucun congé, ni formation payée par les Nations Unies. Leur statut prévoit toutefois que dans le cadre de leur mission, s’ils sont blessés ou tués, leurs familles recevront une compensation. « Il y a un déséquilibre entre la faiblesse du statut institutionnel et la perception générale du rôle et positionnement des experts », confie un ancien membre du groupe.
Dès la première nuit, le secrétariat général de l’ONU s’inquiète d’avoir uniquement pour Michael Sharp et Zaida Catalan « l’autorisation de sécurité soumise et approuvée pour le voyage entre Goma et Kananga mercredi », jour de leur arrivée dans la petite capitale du Kasaï-Central. Le 13 mars 2017, il exige l’impossible, toutes les autorisations dûment signées pour tous les membres du groupe depuis le début de leur mandat. « Là où le quartier général est cynique, c’est que des officiels comme Kelvin Ong étaient parfaitement conscients des risques que prenaient les experts et les conditions dans lesquels ils faisaient leur travail », s’emporte encore cet officiel onusien. Un ancien expert renchérit : « C’est de la pure hypocrisie. Les Etats-membres, le secrétariat général, tout le monde savait ». L’important, avant la mort de Michael Sharp et Zaida Catalan, c’était le niveau de preuves, pas les méthodes employées.
« Il n’y a pas plus politique que les comités d’enquête »
Dans les jours qui suivent la disparition des deux experts, le gouvernement congolais, lui, occupe le terrain. Il prend l’initiative de la communication. Son porte-parole, Lambert Mende, a deux messages à faire passer. D’abord, Michael Sharp et Zaida Catalan seraient arrivés « incognito » à Kinshasa, la capitale congolaise, puis à Kananga, jusqu’au lieu où ils seront tués. Ensuite, ils ont osé s’aventurer à moto, « sans escorte de l’armée, sans prendre la température auprès des autorités », insiste à l’époque le ministre congolais de la Communication. « On aurait pu leur déconseiller », poursuit-il. Lambert Mende a beau jeu de s’emporter : « Et voilà que nous devenons responsables de leur sécurité ». Même si depuis, les différentes enquêtes de l’ONU ont démontré que, depuis les services de sécurité à Kananga jusqu’à la présidence à Kinshasa, les autorités congolaises étaient informées de leur présence.
Le comité d’enquête mis sur pied en mai 2017 par le secrétaire général des Nations Unies ne dira pas autre chose. Ce « Board of Inquiry » (BoI) est composé de quatre consultants chevronnés, tous des anciens du secrétariat général qui n’ignorent rien des procédures et des carcans politiques onusiens. M. Starr, qui dirige le comité, a été sous-secrétaire général de l’ONU en charge de la sûreté et de la sécurité (UNDSS). L’autre Américain du « Board », John Logan, a été employé pour le même département. Andrew Hughes a travaillé pendant trente ans pour la police fédérale australienne, cinq pour le département des opérations de maintien de la paix de l’ONU. La seule femme de l’équipe, Loraine Rickard-Martin, est l’une des consultantes régulières du département des affaires politiques, spécialisée sur la question des sanctions. Aucun ancien expert ne figure parmi ses membres.
C’est le choc des cultures. Dans son rapport, le « Board of Inquiry » s’en prend au « culte du secret » du groupe d’experts et à ses méthodes de travail. « L’indépendance accordée au groupe est mal comprise par les experts. Ils voient peu ou même aucune restriction dans la manière dont ils devraient appliquer leur mandat », met en garde le comité d’enquête. Les responsables du DPA, SCAD, SCSOB interrogés se défaussent. Ils assurent avoir expliqué à Michael Sharp et Zaida Catalan comme à tous leurs collègues que même en temps d’experts indépendants, ils « étaient dans l’obligation de respecter toutes les règles et régulations des Nations Unies ».
Les « cow-boys » versus UNDSS
« Le comité d’enquête n’a trouvé aucune preuve que les experts aient informé l’antenne des Nations unies à Kananga de son intention de travailler à l’extérieur de la ville », écrit le comité dans son rapport final daté du 2 août 2017. Comme le gouvernement congolais, il insiste sur l’absence d’escorte des Nations unies « alors que l’opportunité leur est offerte ». Les membres du « Board » se refusent à considérer que la présence des casques bleus pourrait constituer un obstacle à l’accomplissement de la mission des experts à la récolte d’informations. Ils semblent oublier qu’au Congo, la Monusco reste une partie au conflit, qu’elle est officiellement le partenaire du gouvernement congolais et intervient aux côtés de l’armée congolaise contre les groupes armés. « À Beni, si on circule en voiture de l’ONU, on nous jette des pierres, rétorque un ancien du groupe d’experts. Avec certains groupes armés, si on arrive avec les casques bleus, ils ne viennent jamais au lieu de rendez-vous ou fuient dans la forêt ».
A quatre reprises dans ce rapport confidentiel de 47 pages, le comité fait de l’utilisation des motos, « malgré des briefings préalables contre ce type de comportement », l’une des raisons qui ont permis aux assassins de Michael Sharp et Zaida Catalan d’accomplir leur sale besogne. La famille de l’expert américain ne décolère pas depuis leur premier entretien avec le patron du « Board of Inquiry », Greg Starr. « Il les a appelés des cow-boys, raconte le père de Michael, John Sharp. Ce qu’il voulait dire, c’est que c’étaient des gens irresponsables ». Les parents des victimes, écœurées par la manière dont leurs enfants sont dépeints, demandent depuis sa remise au Conseil de sécurité la révision de ce rapport. Mais le secrétariat général, comme Greg Starr, persiste et signe quant au bien-fondé des conclusions du comité et se refuse à changer ne serait-ce qu’une ligne du rapport honnis.
Depuis la mort de Michael Sharp et Zaida Catalan, plusieurs experts et anciens membres du groupe ont dénoncé de l’absence d’un plan de gestion des risques récents et de l’inadéquation des recommandations, formations et briefings sécuritaires qui correspondent à ceux d’un employé lambda de la Monusco. En 2013, le groupe avait formellement demandé au secrétariat général d’acheter des « trackers » pour permettre d’alerter en cas de problème de sécurité ou même d’être géolocalisé. « Ça aurait sans doute éviter qu’on mette deux semaines à retrouver les corps de Michael et Zaida », estime un ancien expert, dépité. À l’époque, en pleine guerre entre l’armée congolaise et la rébellion du M23, alors que les membres du groupe sont souvent en première ligne, New York oppose à cette requête une fin de non-recevoir, faute d’argent.
L’inadéquation des mesures de sécurité
Les experts ne sont pas les seuls à enfreindre les règles fixées par UNDSS pour l’ensemble du personnel onusien. Au sein des missions de l’ONU, de la Centrafrique au Mali, en passant par le Congo, des employés témoignent de la difficulté à respecter ces règles qui manquent de « flexibilité », de « pragmatisme » ou d’« adaptabilité ». Il y a ceux qui se souviennent d’avoir été abandonnés sur un tarmac de nuit, par manque de coordination, d’autres qui expliquent n’avoir jamais reçu de briefing de sécurité, faute de personnel disponible. D’autres qui sont exaspérés par la lenteur des convois et « les casques bleus qui regardent leur montre ». Tous se retrouvent sur le manque de moyens et la complexité des mandats. En RDC, « un bon tiers de la mission ne respecte pas les règles de UNDSS », estime un ancien employé. « Mais il est acquis pour tout le monde que le mandat et le terrain les rendent difficiles à respecter. Chacun essaie de faire au mieux pour accomplir sa mission », estime cette source onusienne.
Si les membres du comité d’enquête de l’ONU émettent des jugements très sévères dans leur rapport vis-à-vis de certains comportements des experts, ils concluent que le réponse du système des Nations unies dans son ensemble, « à partir du moment où il est devenu évident que les deux experts avaient disparu », a été à la fois « compétente, opportune, bien coordonnée et attentionnée ». Ils ne font mention ni des faiblesses du système d’alerte mis en place par le secrétariat général, ni des quinze jours qu’il aura fallu à la Monusco pour retrouver les corps des deux experts.
Ce rapport ne dit rien ou presque des entraves quasi-quotidiennes rencontrées par les différentes équipes de la Monusco qui se sont succédé sur ce dossier. Nulle part, il n’est fait mention d’une quelconque préméditation et moins encore du rôle joué par des agents de l’Etat dans l’organisation de la mission qui a coûté leur vie à Michael Sharp et Zaida Catalan. Par calcul, toutes les preuves ou informations qui pouvaient indiquer une responsabilité du « partenaire congolais » ont été écartées, transmises aux autorités américaines et suédoises, mais pas aux membres du Conseil de sécurité.
Le patron du comité le confirme lui-même aux familles des deux victimes, avides de vérité. Il y a des lignes à ne pas franchir, leur explique sans ménagement Greg Starr, pour éviter la « rupture de la coopération » avec Kinshasa. Tout juste le « Board » concède-t-il que les autorités congolaises ne décolèrent pas depuis qu’une dizaine d’officiels congolais dont les principaux responsables des services de sécurité ont été sanctionnés et que cette « sensibilité aux sanctions » constitue un risque pour le personnel onusien dans son ensemble et les experts en particulier. La Monusco n’est plus la bienvenue au Congo. Lors de la dernière Assemblée générale des Nations Unies, le président Joseph Kabila a promis des élections pour décembre et un plan de retrait pour la mission de l’ONU d’ici au renouvellement de son mandat en mars prochain.
La colère derrière les «Congo Files»
Depuis les premières révélations des « Congo Files » diffusées par RFI, Le Monde, Foreign Policy, Süddeutsche Zeitung et la télévision suédoise SVT, plusieurs voix se sont élevées pour critiquer l’option levée par Antonio Guterres de favoriser la coopération avec Kinshasa au détriment, disent-ils, de la vérité. L’un des premiers à l’avoir exprimé sur les réseaux sociaux, c’est le prince Zeid Ra’ad Al Hussein. Il était le Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme à la mort des deux experts. Quatre jours avant leur disparition, il a appelé à la création d’une commission d’enquête internationale et dénoncé un usage disproportionné de la force et l’existence de fosses communes.
« La mort de deux experts du conseil de sécurité est un événement sans précédent », rappelle le prince Zeid. Le diplomate jordanien évoque avec émotion « ces gens extraordinaires », les experts qu’il connait bien. Il a été le président du comité de sanctions sur la RDC en 2014. Cette année-là, il a rencontré régulièrement les prédécesseurs de Michael Sharp et Zaida Catalan, « des personnes qui prennent des risques considérables pour ramener au conseil les informations les plus précieuses » sur les violences commises en RDC et leurs auteurs. Le prince Zeid s’indigne contre beaucoup de choses dans cette affaire, qu’on qualifie les experts des « cow boys », que le secrétariat général de l’ONU se permette d’expurger le rapport de son comité d’enquête de toutes les informations relatives à des agents de l’Etat et aux militaires avant de le transmettre au Conseil de sécurité. « Les experts travaillent pour le Conseil, c’est au Conseil de décider de la pertinence de ces informations, pas au secrétariat », insiste le prince Zeid.
Pour le directeur du Groupe d’études sur le Congo, un centre de recherche rattaché à l’Université de New York, Jason Stearns, il est clair que la décision prise par Antonio Guterres ne fait pas l’unanimité au sein du système onusien : « Je pense qu’il y a de plus en plus d’officiels onusiens qui sont frustrés par leur propre organisation ». Jason Stearns y voit la raison même de l’existence des « Congo Files », cette fuite sans précédent de centaines de documents de différentes divisions ou départements de l’ONU, JMAC, UNPOL, SCAD, DPA, DPKO. Ce « leak » ne peut être le fait d’une source unique. « C’est pour ça qu’il y a autant de fuites de documents confidentiels, c’est parce qu’ [un nombre croissant d’officiels onusiens] n’ont plus confiance dans le système », explique cet ancien coordonnateur du groupe d’experts sur le RDC.
Le meurtre de Michael Sharp et Zaida Catalan a été filmé, à hauteur d’épaule. Un cache masque l’objectif. Les deux experts ne réalisent qu’à la dernière minute qu’ils vont être tués. Ils marchent librement, leurs meurtriers les rassurent. Les tuer ne fera pas débat. Ceux qui tirent sont du genre à répondre aux ordres sans hésiter, même si les victimes sont mandatées par le Conseil de sécurité de l’ONU. « Michael Sharp et Zaida Catalan n’ont pas été tués parce qu’ils étaient trop téméraires, rappelle encore le chercheur américain Jason Stearns. Ils ont été tués parce que quelqu’un a décidé de les assassiner ».
Cette volonté implacable explique sans doute l’acharnement de la police des Nations unies à mener pendant six mois une véritable enquête criminelle, malgré les entraves et le manque de moyens. S’en prendre aux experts de l’ONU, c’est s’en prendre au Conseil de sécurité et à travers lui à toute l’organisation. « Mais c’est aussi parce qu’au secrétariat, ils pensent protéger le personnel de l’ONU et son maintien au Congo que le secrétariat a certainement choisi d’écarter ces preuves et de laisser le soin à Washington et à Stockholm de régler leurs comptes avec Kinshasa », croit savoir un diplomate occidental. Pour un haut responsable de l’ONU, c’est la divulgation de tous ces documents confidentiels qui fragilisent les Nations unies au Congo. « Il va y avoir des représailles du gouvernement », redoute-t-il.
Une recrudescence d’attaques délibérées
Pour l’ancien numéro un des droits de l’homme de l’ONU, Zeid Ra’ad Al Hussein, ce type de raisonnement ne tient pas. Après l’exécution de deux experts, les omissions du secrétariat général, le silence du conseil de sécurité et du comité de sanctions, l’absence d’outrage international à la Khashoggi, lui s’inquiète pour la sécurité de « ceux qui travaillent encore » au Congo, et en particulier les experts et tous les enquêteurs de la Monusco. « Chaque fois où l’ONU ne prend pas de positions très fortes dans ce genre d’affaires, cela crée une véritable incertitude pour tous les autres », ajoute le prince Zeid.
Les faits lui donnent peut-être raison. Depuis l’assassinat de Michael Sharp et Zaida Catalan, la Monusco a connu les plus graves incidents de sécurité de son histoire, des dizaines de casques bleus ont été tués, blessés ou kidnappés, des bases attaquées. Lors de manifestations, des véhicules du Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme ont essuyé des tirs, des journalistes de radio Okapi, la radio onusienne, ont été arrêtés ou battus. En cette période préélectorale, alors que la RDC connaît une recrudescence de tensions et de conflits, la Monusco, amputée par des coupes budgétaires, vilipendée pour son inaction, vit sous la menace des groupes armés, comme du gouvernement congolais. « La mission est complètement désacralisée, plus personne ne redoute des représailles des Nations unies de quelque nature que ce soit », se lamente un cadre de la Monusco, avant d’ajouter dans un soupir : « On en est réduit au rôle de témoin gênant et à chasser ».
Mais le Congo n’est pas le seul pays où le personnel des Nations Unies devient une cible. En 2017, selon le Comité permanent sur la sécurité et l’indépendance du Syndicat du personnel des Nations Unies, au moins 71 membres du personnel des Nations Unies et du personnel associé – 53 casques bleus et 18 civils, dont deux policiers et 15 contractuels – ont été tués dans l’exercice de leurs fonctions à travers le monde. Il s’agit du nombre de victimes le plus élevé jamais enregistré par ce Comité sur une année. Sur un peu plus de cinq ans, ils sont plus de 500 à avoir perdu la vie, le plus souvent dans des attaques délibérées. C’est aussi pour enrayer cette hémorragie que le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a lancé l’initiative « Action for Peacekeeping ». « On espère vraiment que ce sera plus qu’une opération de communication », commente un employé de la Monusco déployé dans l’une de ces zones à risques.
DROIT DE REPONSE
Cette enquête collective a nécessité presque deux ans d’investigations pour tenter de comprendre les conditions dans lesquelles les deux experts onusiens, Michael Sharp et Zaida Catalan ont été assassinés.
Le procès ouvert le 5 juin 2017 à Kananga est toujours en cours. Il a été suspendu 10 mois sur demande du secrétariat général de l’ONU. Le procureur canadien Robert Petit a été nommé pour soutenir l’enquête judiciaire congolaise.
Le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mendé, appelle les Nations unies à transmettre toutes leurs informations, y compris relatives à des agents de l’Etat, à la justice militaire congolaise. «C’est parce que nous savons que des membres du personnel de l’Etat sont capables de poser des actes attentatoires aux lois que nous avons institué la justice militaire», ajoute-t-il. Il dément en revanche toute responsabilité de l’Etat congolais : «La responsabilité pénale est individuelle».
L’auditeur général de l’armée, Timothée Mukuntu, dit ne pas avoir eu connaissance du dossier d’enquête de la police des Nations unies. Il dément toute entrave de la justice militaire, mais reconnaît «une certaine lenteur mais pas de volonté d’entraver quoi que ce soit».
Publié le 01-12-2018 Modifié le 01-12-2018 à 17:39
Le concours « Mr et Miss Albinos Afrique de l’Est » s’est tenu à Nairobi vendredi 30 novembre. Organisé depuis 2016 par la Société kényane de l’albinisme, l’événement veut lutter contre la stigmatisation et booster l’estime de soi des personnes albinos.
De notre correspondante à Nairobi,
Un à un, ils défilent sur le podium en habits traditionnels ou en robe de soirée à paillettes. Sous les applaudissements, la démarche hésitante et les regards fuyants des premiers instants laissent vite place aux poses sexy et aux sourires ébahis.
Il faut dire que les trente candidats venus du Kenya, d’Ouganda et de Tanzanie se sont entrainés pendant des semaines. Il y a d’abord eu des auditions où les talents des participants ont été passés au crible. Puis la formation au maquillage, à la démarche de mannequin et à l’expression orale. « Ils nous ont aidées à renforcer notre estime de soi. Ce soir nous sommes pleines d’audace, nous sommes fortes et nous sommes prêtes à affronter le public », assure Glory, une jeune candidate ougandaise.
« Ma beauté, ma fierté »
Dans la tente plantée au KICC, le plus grand centre de conférence de Nairobi, on entonne les mots d’ordre de la soirée : « la beauté par-delà la couleur » ou encore « ma beauté, ma fierté ». Le public est composé d’artistes et de politiciens de tous bords, de jeunes étudiants kényans venus par curiosité et de familles, albinos ou non.
« Je veux juste exprimer mon soutien. C’est important de leur dire qu’ils ne sont pas différents de nous », explique Elizabeth Mwangi, venue avec sa nièce. « Moi, je me suis récemment rendu compte qu’il faut respecter les albinos. Avant, je pensais qu’ils étaient d’une autre race », explique de son côté David Ochieng, la vingtaine.
Car ici, chacun est bien conscient que le chemin vers l’acceptation des personnes albinos en Afrique de l’Est est encore long. « Ici les gens pensent que nos ongles et nos cheveux rendent riches, que coucher avec une personne albinos peut guérir du Sida, que nous disparaissons au lieu de mourir comme tout le monde », lâche Obo Sharik, un participant.
Lutter contre les préjugés
Selon la Société kényane pour l’albinisme, de nombreux albinos continuent d’être tués en Afrique de l’Est, par des personnes souhaitant revendre certaines parties de leur corps. C’est ce qui est arrivé au frère de Nixon Lugadiru. Lunettes de soleil et chapeau de cow-boy sur la tête, ce Kényan a fait près de dix heures de bus pour pouvoir assister à l’événement : « la naissance d’une personne albinos est toujours vue comme une malédiction par la communauté. Nous devons lutter contre ces préjugés. Je veux que le monde entier sache que nous, les albinos, sommes des trésors. »
Cette année, l’événement a pour la première fois pris une envergure régionale. En 2016, Mr et Miss Albinos Kenya était une première mondiale. Deux ans plus tard, le mouvement prend de l’ampleur et les mentalités évoluent. Les gagnants de la couronne deviendront ainsi des « ambassadeurs » de la sensibilisation à la cause des albinos dans toute la région.
Un appel
Un projet qui fait la fierté d’Isaac Mwaura. Il est le directeur de la Société kényane pour l’albinisme ainsi que le premier albinos à avoir été élu au Parlement kényan. « C’est un appel. Nous voulons que les gens agissent. Les albinos continuent d’être représentés très négativement dans la littérature et dans les films, partout dans le monde » explique-t-il.
Le sénateur se réjouit du succès de l’évènement qui a attiré plusieurs centaines de personnes. Le sénateur espère maintenant inclure le Rwanda, le Burundi et le Soudan du Sud l’année prochaine et rêve d’un concours de « Mr et Miss Albinos » pour tout le continent africain.
Après l’annonce du retrait de la CAN 2019 au Cameroun, les rues de Yaoundé se sont vidées. Entre frustration et résignation, les Camerounais semblent sous le choc. Le gouvernement, lui, parle d’une « injustice flagrante ».
Christophe Mbida a du mal à s’en remettre. Au lendemain de l’annonce du retrait de la CAN 2019 au Cameroun, ce propriétaire d’une maison d’hôte située dans le quartier Simbock, dans la périphérie de Yaoundé, s’inquiète.
« C’est une grosse déception », confie-t-il en pointant le domaine bâti sur près d’un hectare, flambant neuf, qu’il envisageait de rentabiliser pendant la compétition. « J’avais fait cet investissement en me projetant sur la CAN. Je dois reprendre tous mes calculs à présent », déplore le quinquagénaire, qui avoue avoir « dormi tôt » le 30 novembre, jour de l’annonce de la décision de la CAF.
Yaoundé désertée
Une attitude partagée par de nombreux Camerounais, qui ont rapidement déserté les rues, pourtant généralement bondées le vendredi soir.
C’est que le retrait de la CAN embarrasse. Sur la CRTV, l’office de radio et télévision publique, le sujet a été soigneusement esquivé pendant les tranches d’informations. Même silence chez les officiels camerounais, qui se sont abstenus de déclarations sur la question tout au long de la soirée du 30 novembre.
C’était une question d’honneur, il ne fallait pas perdre la face
« Le ministre des Sports a convoqué une réunion en urgence samedi 1er décembre, à la première heure », s’est contenté de préciser à Jeune Afrique un cadre du ministère, sous couvert d’anonymat, vendredi après l’annonce fatidique.
La colère était pourtant perceptible, et certains ont tenu à se faire entendre. « C’était une question d’honneur, il ne fallait pas perdre la face. C’est comme si je recevais un coup de poignard », a ainsi commenté Cabral Libii, candidat à la dernière élection présidentielle.
Consternation affichée
Adrienne Surprenant/collectif item pour JA
Mais dès le lendemain, les éléments de langages du gouvernement étaient en place. « Cette décision est étonnante à plus d’un titre, car elle ne rend justice ni aux investissements colossaux consentis par notre pays, ni à l’engagement du peuple camerounais. Notre pays a fait l’objet d’un traitement qui ne peut que susciter des interrogations », a ainsi déclaré le ministre de la Communication, au cours d’un point de presse samedi.
Une consternation affichée et une colère vis-à-vis de la décision de la CAF qui contraste pourtant avec celle manifestée par ceux qui attribuent l’échec au pouvoir. Pour ceux-là, le retrait de l’organisation de la compétition était prévisible, et rien n’aurait été fait par le gouvernement pour l’empêcher.
Les autorités nous ont assuré que tout allait bien. Voila où le mensonge nous entraîne
« Il faut qu’on apprenne de nos erreurs. La décision de la CAF est une très bonne chose, car cela va nous servir de leçon pour l’avenir. Si nous avons encore un peu de dignité, il faut que les responsables de cet échec soient sévèrement sanctionnés », affirme ainsi Evina Essono, un jeune médecin de la capitale politique du Cameroun.
« Les autorités nous ont assuré que tout allait bien. Et à chaque passage des experts de la CAF, on nous rapportait qu’ils étaient repartis satisfaits. Voila donc où le mensonge nous entraîne », vitupère pour sa part Vanessa, une étudiante.
Sur les réseaux sociaux, la question du sort qui sera réservé aux travaux de construction déjà engagés mais inachevés revient fréquemment. Plusieurs internautes craignent que les chantiers ne soient purement et simplement abandonnés.
Et certains s’inquiètent de voir bientôt les fonds qui y ont été alloués être détournés. Issa Tchiroma Bakary se veut cependant rassurant : « Nous poursuivrons les travaux comme si de rien n’était. Ils se poursuivront et les équipements seront livrés à bonne date, comme s’y est engagé le président Paul Biya ».
Pas de déclaration officielle, cependant, sur la perche tendue par la CAF, qui a proposé au Cameroun de reprendre l’organisation de l’édition de 2021, initialement attribuée à la Côte d’Ivoire. « Le football africain ne pourra se hisser au niveau de celui des autres continents plus avancés sans respecter une certaine éthique », s’est contenté de commenter le ministre de la Communication.
Cinq personnes dont quatre gendarmes ont été tuées par l’explosion d’un engin artisanal au passage de leur véhicule vendredi 30 novembre à Boungou, localité de l’est du Burkina Faso, en proie à des attaques similaires attribuées aux djihadistes.
« Un véhicule de la gendarmerie, en mission d’escorte, a sauté sur un engin artisanal à Boungou, tuant quatre gendarmes », a déclaré une source sécuritaire.
Une autre source sécuritaire a confirmé cette information, précisant qu’un « civil a également péri, portant le bilan à cinq morts ».
L’équipe de gendarmerie effectuait une mission d’escorte de travailleurs du site aurifère de Boungou, selon cette source.
Mi-août, cinq gendarmes avaient été tués dans des conditions similaires sur le même axe qui relie Boungou à Fada N’Gourma, chef lieu de la région de l’Est.
Les explosions meurtrières d’engins improvisés (IED) se sont multipliées et ont coûté la vie depuis le mois d’août à une quarantaine d’hommes des forces de défense et de sécurité.
Lancée en 2015 comme plateforme de transfert d’argent, la jeune pousse sénégalaise Wizall a fait évoluer son modèle pour devenir un outil de mobile banking à part entière.
Sur le point de conclure une levée de plusieurs millions auprès de BCP, Wizall vient d’ouvrir sa filiale ivoirienne et se prépare à aborder les marchés malien et burkinabè. À l’origine de cette belle réussite, le Français Sébastien Vetter, ancien associé du cabinet de conseil digital Advise Consulting & Technology, et son associé congolais Ken Kakena, ex-consultant pour le même cabinet.
Tous deux ont accompagné plusieurs opérateurs télécoms dans le développement de leur activité de mobile money en Afrique de l’Ouest, avant de décider de se lancer à leur tour dans l’aventure. En 2015, ils mettent donc Wizall sur les rails, une application qui propose des bons d’achat digitalisés et des opérations de transfert d’argent au Sénégal.
Le coup de main de Total
Si les deux associés apportent plus de 200 000 euros pour ce lancement, ils reçoivent aussi un solide coup de main de Total, qui a investi dans l’affaire plusieurs millions d’euros.
« On voulait l’appui d’une grande chaîne, qu’il s’agisse d’un réseau pétrolier ou d’un opérateur. Mais Orange avait alors pris des parts dans Afrimarket, que l’on venait un peu concurrencer avec notre système de bons d’achat, on a donc choisi de s’approcher plutôt de Total. Ken Kakena les a rencontrés, et ils ont accepté d’entrer au capital de l’entreprise dès sa création, à hauteur de 30 % », relate Sébastien Vetter, directeur général de Wizall.
Né en France en 1975, ce dernier est passé par l’école de commerce parisienne ESCE avant de travailler dans les télécoms et l’informatique, puis de se lancer dans le conseil. C’est pour cette dernière activité qu’il a déménagé au Sénégal, il y a cinq ans.
Du B2C au B2B
En septembre 2017, la plateforme a évolué pour devenir « un véritable outil de paiement marchand, pour régler ses factures ou acheter du crédit », explique son cofondateur.
Mais le consommateur final n’est plus la cible principale de l’entreprise, qui vise avant tout les entreprises, les ONG et les administrations, à qui elle propose une interface dédiée pour procéder à de très nombreuses opérations : versement de salaires, de bourses d’étude, d’allocations…
Atout non négligeable de ce modèle économique pour l’utilisateur final : les opérations de transferts sont gratuites
Ainsi, Wizall a décroché en octobre un contrat auprès d’un consortium de BTP sénégalais, qui utilise depuis ses services pour verser les salaires de ses employés. « Dans un premier temps, l’entreprise utilise le programme sous forme de test auprès de 1 500 salariés. Mais à terme, ce sont 2 500 personnes qui sont concernées », précise Sébastien Vetter.
Atout non négligeable de ce modèle économique pour l’utilisateur final : les opérations de transferts sont gratuites. C’est au moment du dépôt de l’argent sur la plateforme, donc auprès des entreprises et organisations, que Wizall prélève sa commission.
Déploiement en Côte d’Ivoire
Cette réorganisation a permis une accélération importante de l’entreprise : alors que la plateforme gérait en septembre 2017 environ 200 000 euros en circulation et opérait 2 000 transactions par mois, elle gère aujourd’hui plus de 3 millions d’euros en circulation, pour 100 000 transferts par mois. Quant au chiffre d’affaires, il devrait passer de 150 000 euros en 2017 à 600 à 800 000 euros en 2018.
L’application a été installée 40 000 fois et l’entreprise compte une cinquantaine de clients business. Wizall a pu s’appuyer sur ces chiffres afin de rassurer les investisseurs et lancer une nouvelle levée de fonds de plusieurs millions d’euros auprès de BCP – qui devrait être officialisée le 4 décembre, a appris Jeune Afrique.
Si on avait campé sur notre idée de départ, on aurait fermé depuis longtemps !
Dans la perspective de cette levée de fonds, la start-up a pu lancer, le 28 novembre, les activités de sa filiale ivoirienne, dont Ken Kakena, jusque là en charge du marché B2B, a pris la direction générale. Actuellement hébergée dans les bureaux de Total, cette dernière s’installera bientôt dans ses propres locaux, au Plateau.
« Nous avons déjà une demi-douzaine d’employés et 1 200 points de vente – où il faut encore former les commerçants – et des contrats en perspective, notamment auprès d’une entreprise de 3 000 salariés », précise Sébastien Vetter, qui espère voir passer le nombre de ses collaborateurs – une trentaine actuellement – à 400 ou 500 d’ici deux ans.
Après la Côte d’Ivoire, viendront le Burkina Faso et le Mali, avant la fin du premier trimestre 2019. Et l’entreprise compte se déployer dans sept à huit pays avant la fin de l’année prochaine.
La régulation « pas si contraignante »
Interrogé sur la régulation sénégalaise, souvent pointée du doigt comme un blocage par les opérateurs de fintech actifs dans le pays, Sébastien Vetter est loin d’être aussi catégorique : « Même si elle pourrait encore évoluer ou être améliorée, la réglementation sénégalaise n’est pas préjudiciable à notre activité, et c’est même très bien qu’elle existe pour éviter les dérives. Mais il est vrai que c’était plus facile pour nous : notre expertise d’anciens consultants dans le secteur nous permet de maîtriser ce cadre juridique. »
L’entrepreneur reconnaît en revanche avoir dû affronter d’autres difficultés, qui ont mis à l’épreuve sa capacité d’adaptation : « Si l’on compare ce que l’on voulait faire, ce que l’on faisait au lancement de l’entreprise et ce que l’ont fait aujourd’hui, les différences sont criantes. Si on avait campé sur notre idée de départ, on aurait fermé depuis longtemps ! », s’amuse-t-il.
Outre le changement de modèle du B to C au B to B, l’entreprise a, par exemple, dû revoir sa communication pour l’adapter aux réalités du terrain. « Au début, nous étions beaucoup trop panafricains, alors que si on veut toucher les gens au Sénégal, c’est en wolof qu’il faut parler », cite par exemple Sébastien Vetter.
Le choix du smartphone
À la différence d’autres outils de mobile money qui mettent en avant leur capacité à fonctionner sur des téléphones de base, hors connexion, Wizall assume son orientation vers les smartphones. « Il s’agit d’un choix délibéré, car le taux d’équipement est en forte croissance et une application offre bien plus de convivialité et de facilité d’utilisation qu’un système compliqué de textos et de codes », explique Sébastien Vetter.
Cela n’empêche pas les destinataires d’un envoi Wizall non équipés de recevoir leur argent. « Ils peuvent recevoir un message avec un code leur permettant de retirer la totalité de la somme en liquide dans l’un de nos points de vente. Mais ceux qui disposent d’un wallet (portefeuille) peuvent quant à eux choisir de n’en retirer qu’une petite partie ou de l’utiliser en autant d’opérations qu’ils le souhaitent », précise le patron de la start-up.