Category: A la Une

  • 4 millions de dollar pour rĂ©aliser les travaux de rĂ©novation de la salle plĂ©niĂšre du SĂ©nat par un proche de J. Kabila et de A.T Mwamba

    4 millions de dollar pour réaliser les travaux de rénovation de la salle pléniÚre du Sénat par un proche de J. Kabila et de A.T Mwamba

    -En RDC, deux affaires dĂ©fraient la chronique : le marchĂ© de rĂ©novation de la salle plĂ©niĂšre du SĂ©nat et la dĂ©couverte d’un trafic d’armes Ă  Gbadolite. DerriĂšre les sociĂ©tĂ©s citĂ©es dans ces dossiers, Modern Construction et Serve Air Cargo, il y a un homme d’affaires indien Harish Jagtani qui a prospĂ©rĂ© sous le rĂ©gime de l’ancien prĂ©sident Joseph Kabila. EnquĂȘte.

    Depuis le 30 avril 2020, Harish Jagtani, « l’ami » de Joseph Kabila ancien chef de l’État congolais, fait les gros titres des journaux sans mĂȘme que son nom ne soit mentionnĂ©. Selon les informations recueillies par RFI, il est Ă  la tĂȘte de Modern Construction, l’entreprise qui a rĂ©alisĂ© les travaux de rĂ©novation de la salle plĂ©niĂšre du SĂ©nat. Ce marchĂ© de 4 millions de dollars, contractĂ© hors budget, fait un tollĂ©, il a Ă©tĂ© passĂ© de grĂ© Ă  grĂ©, en pleines vacances parlementaires et dans un contexte de rĂ©duction des dĂ©penses publiques. Le prĂ©sident du SĂ©nat Alexis Thambwe Mwamba est mis en cause pour ses liens avec cette entreprise. .

    Le mĂȘme jour, en ce jeudi 30 avril, une cargaison d’armes est interceptĂ©e Ă  plus d’un millier de kilomĂštres Ă  Gbadolite, capitale de la province du Nord-Ubangi chĂšre au cƓur du marĂ©chal Mobutu. Le gouverneur Zato Nzege Koloke annonce quelques jours plus tard que plus d’un millier de cartouches de kalachnikovs et des lanceurs de type Castor ont Ă©tĂ© dĂ©couverts. Le colis, destinĂ© Ă  un groupe armĂ© anti-balaka en Centrafrique selon des sources sĂ©curitaires, a voyagĂ© sur un avion-cargo de la compagnie Serve Air Cargo, la principale entreprise privĂ©e de fret aĂ©rien du pays. Son fondateur, c’est aussi Harish Jagtani, le mĂȘme homme d’affaires indien, quasi inconnu du public en RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo. Deux des employĂ©s de cette sociĂ©tĂ© ont Ă©tĂ© briĂšvement interpellĂ©s avant d’ĂȘtre relĂąchĂ©s.

    Ce n’est pas le premier incident de ce genre et pourtant, sa quinzaine d’avions parcourt le pays pour le compte de tous, institutions congolaises, agences onusiennes, humanitaires. L’un de ses appareils avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© Ă©pinglĂ© en juillet 2007 par le groupe d’experts de l’ONU chargĂ© de contrĂŽler l’embargo sur les armes imposĂ© au Congo depuis la fin des deux guerres. Dans leur rapport final, ces experts onusiens notaient qu’un « Antonov 12 ER-AXI » qui assurait la liaison Kinshasa-Goma avait dĂ©routĂ© vers Entebbe en Ouganda. Le groupe d’experts Ă©voquait « une violation prĂ©sumĂ©e de l’embargo sur les armes » tout en prĂ©cisant, fait inhabituel, ne pas ĂȘtre parvenu Ă  boucler son investigation. « Tous les indices avaient disparu », s’étaient contentĂ© d’expliquer les auteurs de ce rapport.

    Harish Jagtani  a tout juste 20 ans, quand il est arrivĂ© en RDC en 1995 pour travailler pour Ganesha, une sociĂ©tĂ© d’importation dirigĂ©e par un commerçant indien. Moins de dix ans plus tard, « fort de ses succĂšs commerciaux », il « crĂ©e » une premiĂšre compagnie Services Air dont il est « actionnaire et prĂ©sident du conseil d’administration ». « En 2003, Harish n’était pas riche, il vivait dans un appartement de deux chambres dans l’un des immeubles occupĂ©s par les Indiens prĂšs du grand marchĂ©, c’est la poubelle de Kinshasa », raconte un familier. Un autre assure que « Harish a commencĂ© comme un simple employĂ©, sa mĂšre avait un service traiteur pour nourrir les commerçants indiens de la capitale. »

    Cette compagnie aĂ©rienne dĂ©croche un marchĂ© exceptionnel, celui des Ă©lections de 2011. Aux cĂŽtĂ©s des avions des armĂ©es angolaise et sud-africaine, deux rĂ©gimes Ă  l’époque alliĂ©s de Joseph Kabila, Services Air va assurer le dĂ©ploiement du matĂ©riel pour ces scrutins dĂ©jĂ  contestĂ©s.

    Services Air connaĂźt quelques dĂ©boires et prend le nom de Serve Air Cargo, mais garde ses entrĂ©es Ă  la commission nationale Ă©lectorale indĂ©pendante pour les Ă©lections de 2018. « Serve Air, c’est aujourd’hui la meilleure compagnie de fret du pays avec plus d’une dizaine d’avions et 200 millions de dollars de chiffre d’affaires », assure l’un des familiers de Harish Jagtani. Cela n’empĂȘche pas ses avions d’ĂȘtre contraints d’opĂ©rer presque tous les ans des atterrissages d’urgence. Cette sociĂ©tĂ©, comme tant d’autres en RDC, est bannie du sol europĂ©en.

    Jusqu’au deuxiĂšme mandat de Joseph Kabila, l’homme d’affaires indien passe encore inaperçu, mĂȘme pour la plupart des hauts dignitaires de son rĂ©gime. Mais une affaire, un litige autour de la construction de la tour Icon rebaptisĂ©e depuis Kiyo Ya Sita, va leur rĂ©vĂ©ler l’étendue de ses rĂ©seaux.

    Avant mĂȘme la fin des travaux de la tour Kiyo Ya Sita, les relations d’affaires entre le jeune homme d’affaires indien et le vĂ©tĂ©ran du systĂšme bancaire congolais tournent au vinaigre. « Ils se sont dĂ©finitivement brouillĂ©s en 2015. Pascal Kinduelo a mĂȘme fait un procĂšs Ă  Harish », raconte une source dans l’entourage de l’homme d’affaires congolais. « Harish Jagtani lui rĂ©clamait trois millions de dollars de plus alors qu’il avait pris du retard dans les travaux et qu’il n’arrivait pas Ă  justifier l’origine de ses apports et l’utilisation des fonds reçus. »

    Pourtant, selon les dires de ce proche du banquier congolais, l’argent affluait de tout cĂŽtĂ©. « Il y a beaucoup de personnalitĂ©s qui ont investi pour avoir des bureaux et des appartements dans l’immeuble comme Matata Ponyo [ancien premier ministre congolais, ndlr] ou un gĂ©nĂ©ral de Brazzaville. Kinduelo et Harish avaient dit qu’ils rĂ©servaient le penthouse pour Joseph Kabila et sa femme, mais le reste Ă©tait en prĂ©-vente. » Le plateau coĂ»te trois millions de dollars. Il y a des bureaux sur huit Ă©tages et des appartements au dessus. Beaucoup de sociĂ©tĂ©s y ont Ă©lu domicile comme Svelte Pharma, Ascoma RDC ou encore VFS Global employĂ© par certaines chancelleries comme leur service de visas au Congo.

    La sociĂ©tĂ© Modern Construction se trouve au sixiĂšme Ă©tage qu’elle partage notamment avec le cabinet d’Alexis Thambwe Mwamba, aujourd’hui prĂ©sident du SĂ©nat. « Il Ă©tait Ă  l’époque ministre de la Justice, il a bloquĂ© le jugement du tribunal de commerce de la Gombe qui Ă©tait en faveur de Kinduelo, il a toujours Ă©tĂ© l’avocat de Harish »..

    La tour Icon est rebaptisĂ©e Kiyo Ya Sita et les Kinois en attribuent volontiers la propriĂ©tĂ© Ă  Olive Lembe di Sita, l’ancienne premiĂšre dame dont elle reprend le patronyme. Le revers de fortune du tout puissant Pascal Kinduelo Ă©tonne en tout cas le chercheur John Dell’Osso de l’ONG amĂ©ricaine The Sentry. L’organisation créée par l’acteur et activiste amĂ©ricain Georges Clooney a enquĂȘtĂ© et produit un rapport qui mettait en lumiĂšre le rĂŽle-clef jouĂ© par M. Kinduelo dans la tentative de contrĂŽle du systĂšme bancaire congolais par l’ancien chef de l’État Joseph Kabila et ses proches. « C’est surprenant que Pascal Kinduelo ait Ă©tĂ© contraint de se retirer de ce projet au profit de Harish Jagtani au vu de son statut d’homme d’affaires Ă©minent du rĂ©gime », pointe John Dell’Osso. « Pascal Kinduelo a bĂ©nĂ©ficiĂ© d’un appui important de la famille Kabila et Ă  plusieurs reprises, il a aussi beaucoup fait pour l’ancienne famille prĂ©sidentielle. »

    Il n’y a pas que l’aviation et l’immobilier. Depuis cinq ans, Harish Jagtani a multipliĂ© les acquisitions de terrain et diversifiĂ© ses activitĂ©s. Il est le promoteur de HJ Hospitals, le complexe hospitalier parmi les plus performants de la capitale qui cherche aujourd’hui Ă  travailler avec la coordination de la riposte contre la pandĂ©mie de coronavirus. « C’est normal, Harish a une vingtaine de respirateurs, c’est plus que l’ensemble des hĂŽpitaux publics de Kinshasa », confie encore le familier de l’homme d’affaires indien. Selon plusieurs sources, il a aussi rĂ©cemment acquis un terrain de quelques 20 000 mĂštres carrĂ©s Ă  la Gombe, achetĂ©s Ă  bon prix, au Grand HĂŽtel de Kinshasa. Sur le site internet de Modern Construction, d’autres projets d’infrastructures sont annoncĂ©s : route, pont et mĂȘme un bien mystĂ©rieux complexe appelĂ© « Villa Kamerhe ».

    lavdc avec rfi

  • Risque d’une contamination croissante de Covid-19 a Kinshasa selon le Gouvernement

    Risque d’une contamination croissante de Covid-19 a Kinshasa selon le Gouvernement

    En RDC une propagation Ă  grande Ă©chelle  de l’épidĂ©mie du Covid-19 est a craindre aprĂšs l’enregistrement d’une centaine de cas dans une prison militaire de Kinshasa, selon le gouvernement. « La contamination au niveau des prisons risque d’ĂȘtre un facteur de propagation Ă  grande Ă©chelle dans notre sociĂ©tĂ©, en particulier si la prison de Makala devrait ĂȘtre concernĂ©e, en raison de son surpeuplement », s’est alarmĂ© le conseil des ministres.

    Avec l’apparition des cas du Covid-19 Ă  la prison militaire de Ndolo, « le risque d’une propagation fulgurante, pour cause de promiscuitĂ©, n’est pas Ă  exclure », affirme le compte-rendu parvenu mardi Ă  l’AFP.

    Dans cette prison située au nord de Kinshasa, un total de 101 cas ont été enregistrés.

    « 92 cas confirmĂ©s sur les 101 trouvĂ©s Ă  la prison militaire de Ndolo sont classifiĂ©s bĂ©nins ou lĂ©gers. Sur les 9 restants, 3 cas sont pris en charge en dehors de la prison, en milieux hospitaliers », indique le dernier bulletin sur l’évolution de l’épidĂ©mie publiĂ© mardi.

    Aucun cas de Covid-19 n’a Ă©tĂ© dĂ©clarĂ© Ă  Makala, la grande prison de Kinshasa qui hĂ©berge au moins 8.400 dĂ©tenus, selon les rĂ©centes statistiques.

    D’aprĂšs le compte rendu du conseil des ministres, le rapport de l’équipe chargĂ©e de la riposte contre le nouveau coronavirus « fait Ă©tat du risque toujours accru de voir cette Ă©pidĂ©mie faire davantage de dĂ©gĂąts parmi la population ».

    A ce jour en RDC il y a 705 cas confirmĂ©s. Au total, il y a eu 34 dĂ©cĂšs et 90 personnes guĂ©ries », selon le dernier bulletin sur l’évolution de l’épidĂ©mie publiĂ© mardi.

    En RDC, des cas du Covid-19 ont Ă©tĂ© dĂ©tectĂ©s dans 7 des 26 provinces. Kinshasa (environ 12 millions d’habitants) concentre la grande majoritĂ© des cas (675) et la totalitĂ© de dĂ©cĂšs (34).​

  • Le remdesivir pour soigner des patients atteints du Covid-19, deja etait teste en RDC contre Ebola

    Le remdesivir pour soigner des patients atteints du Covid-19, deja etait teste en RDC contre Ebola

    Le remdesivir écourte la durée de rétablissement des patients atteints du Covid-19, selon une étude menée par les Instituts de santé américains, devenant le premier médicament ayant prouvé son efficacité contre le nouveau coronavirus.

    Qu’est-ce que le remdesivir? 

    Le remdesivir est un médicament expérimental produit par le laboratoire américain Gilead Sciences, qui a initialement été développé pour soigner les malades de la fiÚvre hémorragique Ebola.

    Il s’était montrĂ© prometteur lors d’essais en 2016, et avait Ă©tĂ© ensuite testĂ© lors d’une Ă©tude de grande ampleur en RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo, qui le comparait Ă  trois autres traitements.

    Cette Ă©tude s’est achevĂ©e en 2019 et n’a pas conclu que le mĂ©dicament permettait une augmentation du taux de survie aussi importante que celle de deux autres traitements.

    En fĂ©vrier, l’Institut national des maladies infectieuses annonçait qu’il allait sortir le remdesivir du placard pour le tester contre le virus SARS-CoV-2, Ă  l’origine de la maladie Covid-19, car il avait donnĂ© des rĂ©sultats prometteurs chez les animaux contre d’autres coronavirus, du SRAS (Syndrome respiratoire aigu sĂ©vĂšre) et MERS (Syndrome respiratoire du Moyen-Orient).

    Quelle est son efficacité ?

    Les rĂ©sultats de cette Ă©tude, sur plus d’un millier de personnes, ont Ă©tĂ© annoncĂ©s mercredi, avec pour conclusion que les patients hospitalisĂ©s atteints du Covid-19 et en dĂ©tresse respiratoire se remettaient plus vite que ceux recevant un placebo.

    Plus précisément, les patients soignés au remdesivir se sont rétablis 31% plus vite en moyenne que les autres.

    « Bien que les rĂ©sultats Ă©taient clairement positifs du point de vue de leur sens statistique, ils Ă©taient modestes« , a nuancĂ© jeudi sur NBC le directeur de l’Institut national des maladies infectieuses, Anthony Fauci, qui conseille la Maison-Blanche dans ce contexte de crise.

    En clair, mĂȘme si le mĂ©dicament marche, il ne s’agit pas d’un remĂšde miracle.

    Mais c’est cependant la « dĂ©monstration » qu’un mĂ©dicament peut agir, et il pourrait donc ouvrir la voie Ă  de meilleurs traitements. Comme cela a Ă©tĂ© le cas pour les traitements contre le VIH dĂ©veloppĂ©s dans les annĂ©es 1980, beaucoup moins efficaces que ceux utilisĂ©s aujourd’hui.

    Les rĂ©sultats ont aussi montrĂ© que le remdesivir abaissait le taux de mortalitĂ© – de 11,7% Ă  8%  – mais cette donnĂ©e est considĂ©rĂ©e comme moins fiable car en dessous du niveau de pertinence statistique.

    Pourquoi y a-t-il eu des résultats contrastés?

    L’étude menĂ©e par les Etats-Unis a Ă©tĂ© annoncĂ©e le mĂȘme jour qu’une autre Ă©tude plus petite publiĂ©e dans la revue mĂ©dicale The Lancet, qui n’a pas conclu Ă  un rĂ©sultat bĂ©nĂ©fique du remdesivir.

    L’étude a portĂ© sur 237 malades Ă  Wuhan, en Chine, et Ă©tait Ă©galement un essai contrĂŽlĂ© randomisĂ©, considĂ©rĂ© comme la norme d’étude la plus Ă©levĂ©e. Mais elle a Ă©tĂ© interrompue faute de malades car l’épidĂ©mie s’est arrĂȘtĂ©e Ă  Wuhan.

    « Les ordres de grandeur de cet essai sont trop petits pour en tirer de vraies conclusions« , a jugé Stephen Evans, expert en statistique médicale à la London School of Hygiene & Tropical Medicine.

    Quand sera-t-il disponible?

    Le remdesivir a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© donnĂ© Ă  des patients du monde entier, Ă  la fois dans le cadre d’essais cliniques et en dehors.

    Aux Etats-Unis, l’Agence amĂ©ricaine du mĂ©dicament (FDA) devrait bientĂŽt accorder une autorisation d’utilisation d’urgence, c’est-Ă -dire avant son approbation formelle.

    Le chef de l’agence « avance trĂšs rapidement », a dĂ©clarĂ© jeudi M. Fauci, qui a dit lui avoir parlĂ© mercredi soir. « Ils n’ont pas encore pris de dĂ©cision (
) mais je dirais que nous allons voir cela dans un avenir raisonnablement proche. »

    Le mĂ©dicament Ă©tant compliquĂ© Ă  produire et Ă©tant administrĂ© par injection, des questions ont Ă©tĂ© soulevĂ©es quant Ă  d’éventuelles restrictions initiales.

    Le patron de Gilead Sciences, Daniel O’Day, a annoncĂ© que le laboratoire disposait actuellement de 1,5 million de doses, dont il s’est engagĂ© Ă  faire don, permettant de traiter 140.000 patients « sur la base d’un traitement d’une durĂ©e de dix jours« .

    Mais selon une autre étude, un traitement de cinq jours serait aussi efficace que dix jours.

    Comment fonctionne-t-il?

    Le remdesivir attaque directement le virus. C’est ce que l’on appelle un « analogue de nuclĂ©otide ». Il s’insĂšre dans le gĂ©nome du coronavirus et le court-circuite pour l’empĂȘcher de se rĂ©pliquer.

    « Le virus ne fait pas trĂšs attention Ă  ce qu’il incorpore« , explique le virologue Benjamin Neuman, de la Texas A&M University. « Les virus essaient gĂ©nĂ©ralement d’aller vite, et Ă©changent rapiditĂ© contre prudence« .

    Durant une conférence téléphonique sur les résultats du groupe, le responsable médical de Gilead, Merdad Parsey, a expliqué jeudi que si les patients qui avaient des symptÎmes depuis peu de temps semblaient réagir le mieux au médicament, ceux qui étaient dans des états plus critiques semblaient aussi pouvoir en tirer des bénéfices.

    Cela s’explique car le virus dĂ©clenche un emballement de la rĂ©action immunitaire, phĂ©nomĂšne nommĂ© « tempĂȘtes de cytokine » s’attaquant aux organes, notamment aux poumons.

    « En limitant la rĂ©plication du virus, on va limiter l’inflammation, on va rĂ©duire le nombre de personnes qui dĂ©veloppent des problĂšmes aux poumons, et on va pouvoir les dĂ©brancher des respirateurs plus rapidement« , a dĂ©taillĂ© M. Parsey.

  • Covid-Port de masque: Les Kinois sont encore trĂšs nombreux Ă  douter de la prĂ©sence du coronavirus en RDC

    Covid-Port de masque: Les Kinois sont encore trÚs nombreux à douter de la présence du coronavirus en RDC

    C’est depuis une semaine que les autoritĂ©s congolaises ont rendu obligatoire le port des masques en public dans la capitale congolaise pour stopper la propagation du Covid-19.

    La police est dĂ©ployĂ©e Ă  tous les coins des rues, mĂȘme en tenue civile, pour arrĂȘter toute personne qui circule sans masque.

    L’amende est de 5.000 Francs Congolais, environ 3 dollars amĂ©ricains, mais l’opĂ©ration est entourĂ©e d’une brutalitĂ© que dĂ©noncent les habitants. 

    “J’ai portĂ© ce masque parce que la police est en train de nous arrĂȘter. Nous n’avons pas peur de la maladie, nous avons peur de la police. Si on t’arrĂȘte, tu dois payer l’amende de 5.000 Francs”, a reconnu un Kinois.

    Un autre dĂ©clare : “je ne voulais pas au fait porter ça, mais si je le porte, c’est parce que lorsqu’on ne le porte pas, la police agresse, surtout en ce moment oĂč on est en train de vivre la misĂšre”.

    Des organisations de la SociĂ©tĂ© civile qualifient l’amende d’illĂ©gale et estiment que les actes commis par la police sont arbitraires.

    Parmi ces organisations, figure la Fondation Congolaise pour la promotion des droits humains et la Paix.

    “C’est une dĂ©cision illĂ©gale et non conforme aux lois de la RĂ©publique DĂ©mocratique du Congo. C’est une dĂ©cision qui ne vise qu’à semer l’anarchie et cautionner les violations des droits de l’homme. Tous les comportements des policiers, des arrestations, des tortures qu’ils infligent aux paisibles citoyens sont des actes arbitraires et qui doivent ĂȘtre sanctionnĂ©s sĂ©vĂšrement conforment aux lois en vigueur, a estimĂ© AndrĂ© Marie Kito, le prĂ©sident de l’organisation”.

    Les Kinois sont encore trĂšs nombreux Ă  douter de la prĂ©sence du coronavirus en RĂ©publique DĂ©mocratique du Congo. C’est le cas de Mechack Ilumpa qui refuse d’y croire tant qu’il ne verra pas de vidĂ©os montrant les malades.

    “En Italie j’ai vu des vidĂ©os, il y a mon ami qui est en Belgique qui m’a envoyĂ© des vidĂ©os sur Whatsapp. Ma grande sƓur qui est en Chine m’a envoyĂ© aussi des vidĂ©os, j’ai vu plusieurs morts. Pour ici, c’est Ă  la radio qu’on entend ça. Je n’ai pas vu de vidĂ©o. Il n’y a que les radios, on ne peut pas croire Ă  ça. Les Congolais aiment les vidĂ©os”.

    Les autoritĂ©s ont beau faire d’obliger la distanciation sociale et le respect des mesures d’hygiĂšne, celles-ci sont difficilement observĂ©es, surtout dans les marchĂ©s.

  • Ne Muanda Nsemi, Zacharie Badiengila de son vrai nom arrĂȘtĂ© Ă  Kinshasa

    Ne Muanda Nsemi, Zacharie Badiengila de son vrai nom arrĂȘtĂ© Ă  Kinshasa

    – Le « gourou » du parti-secte Bundu dia Mayala (ex-Bundu dia Kongo) a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© vendredi par la police, qui encerclait sa maison de Ma Campagne (Binza Pigeon, dans la commune de Ngaliema), Ă  Kinshasa, depuis la veille. Elle entendait ainsi donner une chance Ă  des nĂ©gociatiateurs chargĂ©s de le convaincre de se rendre. En vain. Il a fallu recourir aux tirs pour que celui qui s’était proclamĂ© prĂ©sident du Congo en janvier dernier soit finalement capturĂ©. On ignore combien de blessĂ©s a provoquĂ© l’assaut de la police; il n’aurait pas fait de morts. De nombreux adeptes ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s

    La police congolaise annonce l’arrestation de l’ancien dĂ©putĂ© Ne Muanda Nsemi, Zacharie Badiengila de son vrai nom. Le leader du mouvement polico-religieux Bundu dia Kongo est accusĂ© d’ĂȘtre responsable des violences de ces derniers jours, dans la province du Kongo central. Il Ă©tait retranchĂ© depuis plusieurs jours dans son domicile de Kinshasa.

    Les forces de l’ordre en ont assez des provocations du chef de la secte Bundu dia Kongo, responsables des violences de ces derniers jours dans la province du Kongo central. Depuis mardi soir, la rĂ©sidence de Ne Muanda Nsemi, Zacharie Badiengila de son vrai nom, Ă  Kinshasa, est encerclĂ©e par des policiers. Des nĂ©gociations sont en cours.

    La police congolaise a lancĂ© l’assaut de la rĂ©sidence de Ne Muanda Nsemi ce vendredi matin. Ces derniĂšres heures, il y a eu des nĂ©gociations, mais elle n’ont pas abouti et ont Ă©tĂ© particuliĂšrement laborieuses. Devant l’échec des discussions, la police a donc dĂ©cidĂ© de passer Ă  l’action avec des tirs de gaz lacrymogĂšnes.

    Des fidĂšles de la secte Bundu dia Kongo se sont alors rendus aux forces de l’ordre. RetranchĂ© Ă  l’intĂ©rieur de la maison, le chef du mouvement politico-religieux a Ă©tĂ© rĂ©cupĂ©rĂ© par les Ă©lĂ©ments des forces de l’ordre. L’homme aurait Ă©tĂ© blessĂ© Ă  la tĂȘte par un coup de crosse qui lui aurait Ă©tĂ© assĂ©nĂ© par l’un des policiers. Il a Ă©tĂ© conduit Ă  la clinique Ngaliema.

    La police n’a pas encore donnĂ© de bilan. Elle promet de le donner dans les heures qui viennent.

    L’Asadho (Association africaine de dĂ©fense des droits de l’Homme) a, dans un tweet, de son dirigeant Jean-Claude Katende, condamnĂ© « le pillage des biens de Ne Mwanda Nsemi par certains policiers et particuliers lors de son arrestation

  • Coronavirus : Madagascar Vs OMS polĂ©mique autour du remĂšde contre Covid-19

    Coronavirus : Madagascar Vs OMS polémique autour du remÚde contre Covid-19

    -Madagascar dit avoir trouvĂ© un remĂšde contre le coronavirus mais l’OMS a indiquĂ© qu’il n’existe pour l’heure “aucune preuve” que le remĂšde peut “prĂ©venir ou guĂ©rir” du coronavirus.

    Le président malgache Andry Rajoelina a lancé le lundi 20 avril un remÚde sensé prévenir et guérir le coronavirus.

    Il a lui-mĂȘme bu ce remĂšde fait Ă  base de plantes mĂ©dicinales locales et promis qu’il serait disponible pour contrer le coronavirus sur la grande Ăźle.

    MalgrĂ© un lancement en grande pompe, l’Organisation mondiale de la santĂ© (OMS) affirme qu’il n’existe aucune preuve scientifique que le remĂšde de Madagascar contre le Covid-19 soit efficace.

    L’acadĂ©mie nationale de mĂ©decine du pays (ANAMEM) a Ă©galement mis en doute l’efficacitĂ© du remĂšde conçu par l’Institut malgache de recherche appliquĂ©e (IMRA).

    L’ANAMEM prĂ©cise que le remĂšde – Covid-Organics – pourrait potentiellement nuire Ă  la santĂ© des personnes qui les consommeraient car ses “preuves scientifiques n’avaient pas Ă©tĂ© Ă©tablies”.

    Le Covid-Organics fait à base de plantes est distribué gratuitement aux personnes les plus vulnérables.

    Qu’est-ce que le Covid-Organics ?

    Il est produit Ă  partir de la plante d’artĂ©misia – la source d’une molĂ©cule utilisĂ©e dans le traitement contre le paludisme – et d’autres plantes malgaches.

    Il est commercialisé en bouteille et en tisane aprÚs avoir été testé sur moins de 20 personnes pendant trois semaines, a déclaré à la BBC le chef de cabinet du président Lova Hasinirina Ranoromaro.

    “Des tests ont Ă©tĂ© effectuĂ©s – deux personnes ont maintenant Ă©tĂ© guĂ©ries par ce traitement”, a dĂ©clarĂ© M. Rajoelina lundi lors du lancement de Covid-Organics.

    “Cette tisane donne des rĂ©sultats en sept jours”, a dĂ©clarĂ© le prĂ©sident malgache, Andry Rajoelina, qui a Ă©galement exhortĂ© les populations Ă  l’utiliser Ă  titre prĂ©ventif.

    “Les Ă©coliers devraient en boire… petit Ă  petit tout au long de la journĂ©e”, a-t-il dĂ©clarĂ© aux diplomates et autres dignitaires rĂ©unis pour le lancement.

    Le prĂ©sident malgache Andry Rajoelina a indiquĂ© sur son compte Twitter avoir reçu les fĂ©licitations de son homologue de la RDC FĂ©lix Tshisekedi “pour le remĂšde traditionnel amĂ©liorĂ© Covid-Organics”.

    Dr Charles Andrianjara, directeur gĂ©nĂ©ral de l’IMRA, a affirmĂ© que le Covid-Organics devrait ĂȘtre utilisĂ© Ă  titre prĂ©ventif.

    Il s’est montrĂ© plus prudent nĂ©anmoins quant Ă  son utilisation en tant que remĂšde, mais a dĂ©clarĂ© que les observations cliniques avaient montrĂ© “une tendance vers son efficacitĂ© en tant que remĂšde curatif”, selon l’agence de presse AFP qui le cite.

    L’Ăźle de l’ocĂ©an Indien a enregistrĂ© jusqu’Ă  prĂ©sent 121 cas de coronavirus, et aucun dĂ©cĂšs.

    Pas de précipitation

    En rĂ©ponse au lancement de Covid-Organics, l’OMS , l’Organisation Mondiale de la SantĂ© a dĂ©clarĂ©, dans un communiquĂ© dont la BBC a eu copie, qu’il n’existe pour l’heure “aucune preuve” que le remĂšde malgache peut “prĂ©venir ou guĂ©rir” le coronavirus.

    L’organisation a rĂ©itĂ©rĂ© les propos de son chef, Tedros Adhanom Ghebreyesus, selon lesquels il n’y avait “aucun raccourci” pour trouver un moyen efficace pour lutter contre le coronavirus.

    Des essais internationaux sont en cours pour trouver un traitement efficace, a ajoutĂ© l’OMS.

    Mme Ranoromaro chef de cabinet du prĂ©sident Malgache a dĂ©clarĂ© que le prĂ©sident Rajoelina Ă©tait conscient que l’OMS devait respecter ses protocoles mais a prĂ©cisĂ© que cela relevait d’une question de souverainetĂ©.

    “Il a des devoirs envers le peuple malgache”, a-t-elle dĂ©clarĂ©.

    Peste bubonique

    Le professeur Brian Klaas, un spĂ©cialiste de Madagascar Ă  l’University College de Londres, a estimĂ© que la position de M. Rajoelina pourrait causer plus de tort que de bien aux citoyens malgaches.

    “C’est dangereux pour deux raisons – la premiĂšre est que certaines personnes vont le prendre [Covid-Organics] alors qu’elles ne devraient pas “, a-t-il dĂ©clarĂ© Ă  la BBC Newsday.

    “Et deuxiĂšmement, cela donnera aux gens un faux sentiment de sĂ©curitĂ©, de sorte qu’ils finiront par faire des choses qu’ils n’auraient pas faites autrement et se mettront, ainsi que les autres, en plus grand danger.”

    Si le virus commençait Ă  se propager, il pourrait ĂȘtre “dĂ©vastateur” car le systĂšme de santĂ© du pays est faible, avec seulement six respirateurs pour une population de 27 millions de personnes, a-t-il dit.

    “C’est aussi l’une des raisons pour lesquelles l’Ăźle est l’un des seuls endroits de la planĂšte oĂč l’on observe rĂ©guliĂšrement des Ă©pidĂ©mies de peste bubonique, qui se guĂ©rit facilement avec le bon mĂ©dicament”.

    En mars, le Centre national pour la santĂ© complĂ©mentaire et intĂ©grĂ©e, basĂ© aux États-Unis, a mis en garde contre les prĂ©tendus remĂšdes contre le coronavirus, notamment les phytothĂ©rapies et les thĂ©s – en disant que la meilleure façon de prĂ©venir l’infection Ă©tait d’Ă©viter l’exposition au virus.

  • Kigali mĂšne-t-elle une guerre secrĂšte en RDC?

    Kigali mĂšne-t-elle une guerre secrĂšte en RDC?

    -Depuis plus d’un an, l’armĂ©e rwandaise est soupçonnĂ©e de mener des opĂ©rations en RDC contre des groupes politico-militaires rwandais basĂ©s sur le sol congolais, avec l’accord du gouvernement de Kinshasa. Des partis d’opposition et des organisations de la sociĂ©tĂ© civile rwandais, comme congolais, dĂ©noncent l’impact de ces incursions Ă  rĂ©pĂ©tition sur les populations civiles des deux pays, mais se heurtent au dĂ©menti de Kinshasa et Kigali et au silence de la communautĂ© internationale.

    « Kagame Ă©tait dans tous ses Ă©tats », raconte en octobre 2019 le gĂ©nĂ©ral Delphin Kahimbi, alors chef des renseignements militaires de la RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo (RDC) dans un des restaurants oĂč il avait ses habitudes Ă  Kinshasa. L’entretien dont parle Ă  l’époque l’officier aujourd’hui dĂ©cĂ©dĂ© [Delphin Kahimbi a Ă©tĂ© retrouvĂ© mort fin fĂ©vrier 2020 dans des circonstances mystĂ©rieuses, NDLR] remonte selon lui, au 31 juillet 2018. À quelques jours de la fin du dĂ©pĂŽt des candidatures Ă  la prĂ©sidentielle dans le pays, alors que tous les yeux sont tournĂ©s vers le prĂ©sident Joseph Kabila, au pouvoir depuis 17 ans et soupçonnĂ© de vouloir se maintenir pour un troisiĂšme mandat, She Okitundu, le chef de la diplomatie congolaise, Kalev Mutond, le patron de l’agence nationale des renseignements (ANR) et le gĂ©nĂ©ral Delphin Kahimbi sont photographiĂ©s, alignĂ©s sur un canapĂ© face au chef de l’État rwandais. Le clichĂ© est publiĂ© sur les rĂ©seaux sociaux et suscite bien des spĂ©culations, Paul Kagame ayant Ă©tĂ© rĂ©guliĂšrement accusĂ© de parrainer ou menacer le rĂ©gime de Joseph Kabila, rĂŽle qu’il avait dĂ©jĂ  jouĂ© auprĂšs de son pĂšre et prĂ©dĂ©cesseur, Laurent-DĂ©sirĂ© Kabila.

    Officiellement, les trois hauts responsables sont venus transmettre un message du prĂ©sident congolais Ă  son homologue rwandais. Paul Kagame est gĂ©nĂ©ralement bref dans ses Ă©changes avec ses voisins, mais cette fois, les Ă©missaires de Joseph Kabila vont rester plus de deux heures en sa compagnie. « Il fallait le voir, Kagame n’arrĂȘtait pas de parler de la situation rĂ©gionale, RNC, FDLR, Ouganda », raconte encore le gĂ©nĂ©ral Kahimbi. Depuis des mois, Kigali alertait ses partenaires sur le rapprochement entre ces deux groupes politico-militaires basĂ©s au Congo -les Forces dĂ©mocratiques de libĂ©ration du Rwanda [FDLR, groupe rebelle hutu rwandais, NDLR] et le Rwanda National Congress [RNC créé par des dissidents du rĂ©gime rwandais, NDLR]- et accusait Kampala de les parrainer. « C’était sans doute son cauchemar, l’alliance de ses anciens alliĂ©s tutsis [le RNC est dirigĂ© par le GĂ©nĂ©ral Kayumba Nyamwasa, ancien chef d’état-major du Rwanda, NDLR] et des hutus de l’ancien rĂ©gime », suppute alors Delphin Kahimbi.

    Le chef de l’État rwandais avait Ă  nouveau exigĂ© des rĂ©sultats et une coopĂ©ration pleine et entiĂšre de son voisin pour Ă©touffer dans l’Ɠuf toute tentative de dĂ©stabilisation dirigĂ©e contre Kigali. À cet instant de l’histoire des deux pays, cette rencontre a impulsĂ© un niveau de coopĂ©ration rarement atteint, estimait le patron des services de renseignements congolais. Un autre participant se souvient de ce trĂšs long entretien : « À la fin, tout le monde Ă©tait vraiment satisfait, et s’est fĂ©licitĂ© pour la sincĂ©ritĂ© des Ă©changes. Paul Kagame avait mĂȘme interpellĂ© le gĂ©nĂ©ral Delphin en l’appelant mon frĂšre Kahimbi en swahili. »

    Des « gages » donnés à Kigali

    La suite de l’histoire va toutefois s’écrire de maniĂšre un peu plus inattendue. Joseph Kabila renonce Ă  un nouveau mandat et se retrouve contraint Ă  s’allier avec le fils de son principal opposant, FĂ©lix Tshisekedi, qui s’installe Ă  la prĂ©sidence. Jeune retraitĂ©, l’ex-prĂ©sident conserve le contrĂŽle des assemblĂ©es, nationale comme provinciales, des forces de sĂ©curitĂ© et se retrouve Ă  la tĂȘte d’une fortune considĂ©rable. Son successeur, lui, sait qu’il va peiner Ă  installer son pouvoir et cherche le soutien de son voisin rwandais. Son parti, l’UDPS, reste hostile au rĂ©gime de son prĂ©dĂ©cesseur, comme Ă  toute rĂ©fĂ©rence au prĂ©sident rwandais. FĂ©lix Tshisekedi lui impose l’un comme l’autre, et va jusqu’à s’afficher en dĂ©cembre dernier main dans la main avec Paul Kagame. Cette alliance, a priori contre-nature, va entraĂźner, selon le Groupe d’études sur le Congo, une pĂ©riode intense d’opĂ©rations de l’armĂ©e rwandaise sur le sol congolais. Le GEC centre de recherche de l’UniversitĂ© de New York relĂšve en effet une dizaine d’incidents en territoire congolais dans lesquels des militaires des deux pays seraient impliquĂ©s, sans que cela ne suscite de rĂ©elles rĂ©actions. « Des opĂ©rations menĂ©es conjointement par Paul Kagame et FĂ©lix Tshisekedi, c’est un double grigri pour l’ONU et la communautĂ© internationale, elles ne veulent toucher ni Ă  l’un ni Ă  l’autre », s’amuse un diplomate africain.

    Ce soir-lĂ  d’octobre 2019, dans l’alcĂŽve d’un restaurant quasi dĂ©sert du centre de Kinshasa, le patron des renseignements militaires congolais Ă©voque par exemple la fermeture de camps de transit FDLR au Nord et au Sud-Kivu comme un gage donnĂ© trois mois aprĂšs sa rencontre avec le chef de l’État rwandais. Sous les yeux de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco), en novembre 2018, des centaines de rebelles hutus rwandais dĂ©mobilisĂ©s et des membres de leurs familles sont rapatriĂ©s de force au Rwanda par l’armĂ©e congolaise. Cela faisait quatre ans qu’ils refusaient cette option, rĂ©clamant tour Ă  tour un dialogue politique et leur rĂ©installation dans un pays tiers, sans se voir offrir d’autres alternatives qu’un retour au Rwanda sous le contrĂŽle d’un rĂ©gime qu’ils redoutent et sans garanties de libertĂ© et de sĂ©curitĂ©.

    Delphin Kahimbi a souvent Ă©tĂ© Ă  la manƓuvre contre les rĂ©bellions que le Rwanda Ă©tait accusĂ© de soutenir, comme celle du M23. Longtemps trĂšs critique sur les motivations rĂ©elles du Rwanda Ă  mener des incursions sur le sol congolais, le gĂ©nĂ©ral Kahimbi dit ce soir-lĂ  comprendre la position de Kigali. « Ils veulent en finir dĂ©finitivement avec tous ces groupes terroristes et gĂ©nocidaires », explique-t-il. NĂ©s dans les camps de rĂ©fugiĂ©s aprĂšs le gĂ©nocide de 1994, ces groupes rebelles hutus, mĂ©langes d’officiers des ex-Forces armĂ©es rwandaises (FAR) et d’anciens gĂ©nocidaires Ă  l’origine, sont, plus de 25 ans aprĂšs, majoritairement composĂ©s de natifs du Congo. Ils ont vu leurs effectifs fondre jusqu’à reprĂ©senter Ă  peine plus de 3 000 combattants selon Kigali. « Kagame a choisi la voie du troisiĂšme mandat, il redoute la rĂ©bellion de demain », finit par pointer le gĂ©nĂ©ral Kahimbi.

    Entre deux bouchĂ©es, le chef du renseignement militaire congolais se fĂ©licite des derniers coups portĂ©s Ă  ces groupes armĂ©s Ă©trangers qu’il a Ă©tĂ© longtemps accusĂ© lui-mĂȘme de soutenir. Il se vante d’avoir coordonnĂ© en personne l’arrestation de deux des figures des FDLR, Ignace Nkaka, alias La Forge fils Bazeye, l’emblĂ©matique porte-parole des FDLR, et ThĂ©ophile Abega, chef des renseignements militaires pour le Nord-Kivu, au poste frontalier de Bunagana. « Ils revenaient tous les deux d’Ouganda, on a retrouvĂ© dans leurs affaires la carte de visite d’un ministre ougandais et les contacts des gens de Kayumba. » Toutes ces « preuves » sont fournies Ă  Kigali, les deux hommes sont livrĂ©s. InterpellĂ© sur les entorses au droit international que ces extraditions extrajudiciaires peuvent reprĂ©senter, le patron des renseignements militaires congolais s’emporte : « Ça, c’est bien les Occidentaux. Si on ne coopĂšre pas, on est complices des gĂ©nocidaires. Et quand on coopĂšre avec Kigali, vous nous accusez de ne pas avoir de considĂ©ration pour les droits de l’Homme. Allez dire ça Ă  votre ami Kagame. »

    Jusqu’à sa mort, Delphin Kahimbi s’est refusĂ© Ă  admettre la prĂ©sence de troupes rwandaises sur le sol congolais ou leur influence dans les conflits intercommunautaires qui embrasent les hauts plateaux du Sud-Kivu, comme dans des combats au Nord-Kivu. Tout juste admettait-il que des militaires rwandais avaient pu « intercepter » l’un ou l’autre des chefs militaires rebelles portĂ©s disparus ou assassinĂ©s dans son pays. Le chef des renseignements militaires congolais disait avoir multipliĂ© les voyages pour convaincre les armĂ©es d’Ouganda et du Burundi de rejoindre l’état-major rĂ©gional intĂ©grĂ© souhaitĂ© par le nouveau chef de l’État congolais, FĂ©lix Tshisekedi. Kampala et Bujumbura rechignent Ă  rejoindre cette structure. « Ils voulaient qu’on vienne avaliser les opĂ©rations secrĂštes de Kigali », justifie un officiel burundais. Ce mĂȘme officiel ironise : « On veut nous faire croire que si les chefs rebelles rwandais tombent comme des mouches, c’est dĂ» Ă  la soudaine expertise des commandos FARDC, quand les Rwandais se vantent sur les rĂ©seaux sociaux. »

    En effet, en ce dernier trimestre de l’annĂ©e 2019, plusieurs chefs rebelles hutus sont tuĂ©s, et sur les rĂ©seaux sociaux, des officiels et proches du rĂ©gime de Kigali multiplient les messages de fĂ©licitations aux « vaillantes » Forces armĂ©es de la RDC (FARDC). Les mĂȘmes ne s’étaient pourtant jamais privĂ©s par le passĂ© de les accuser d’ĂȘtre inefficaces ou complices de leurs ennemis. Depuis sa crĂ©ation, le groupe d’experts de l’ONU chargĂ© de contrĂŽler l’embargo avait dĂ©noncĂ© les liens Ă©troits qui unissaient officiers congolais et rebelles hutus rwandais, accusant les premiers de fournir armes et munitions, les seconds de servir de supplĂ©tifs, notamment face aux rĂ©bellions soutenues par Kigali. Mais la donne change aprĂšs la dĂ©faite de la derniĂšre-nĂ©e d’entre elles, le M23, en novembre 2013 : les FDLR et autres groupes hutus rwandais et congolais font l’objet d’opĂ©rations de l’armĂ©e congolaise et d’attaques de groupes armĂ©s hostiles, sur pression du Rwanda et de la communautĂ© internationale. Ils ont perdu du terrain partout, mais jusque-lĂ  trĂšs peu de personnalitĂ©s de premier plan.

    Les « meilleurs connaisseurs » de l’armĂ©e congolaise

    Dans la nuit du mardi 17 au mercredi 18 septembre 2019, le sinistre Sylvestre Mudacumura, chef militaire des FDLR, sous sanctions de l’ONU et poursuivi par la Cour pĂ©nale internationale, est assassinĂ© avec certains de ses proches dans le territoire du Rutshuru, au Nord-Kivu. Cette nouvelle fait sensation tant ce nom avait hantĂ© les forĂȘts du Congo. Une seule photo de son corps circule, bouche ouverte, une cuillĂšre nĂ©gligemment posĂ©e sur son pantalon treillis. Les FDLR accusent Kigali. L’armĂ©e congolaise revendique, elle, cette opĂ©ration. Dans les jours qui ont prĂ©cĂ©dĂ©, des informations circulaient sur la tenue d’une rĂ©union de haut niveau des leaders de la rĂ©bellion hutue rwandaise. « Tout le monde savait qui Ă©tait lĂ , oĂč et quand ils devaient se rencontrer », se souvient une source onusienne. « C’était presque sidĂ©rant, un tel niveau de fuites. »

    Un ancien membre du groupe d’experts de l’ONU se dit lui aussi surpris : « Les FDLR ont toujours Ă©tĂ© les meilleurs connaisseurs de l’armĂ©e congolaise, leurs chefs Ă©taient informĂ©s des attaques et avaient toujours le temps de fuir. » Des reprĂ©sentants de la sociĂ©tĂ© civile congolaise ne cachent pas leur agacement. Depuis plusieurs semaines dĂ©jĂ , ils soupçonnent la prĂ©sence de troupes rwandaises sans parvenir Ă  le prouver. « Les gens de Kagame publient des informations sur les rĂ©seaux sociaux avant mĂȘme que notre armĂ©e ne soit capable de nous confirmer. C’est une maniĂšre de nous moquer », explique l’un d’eux.

    Deux mois plus tard, le 9 novembre 2019, c’est Juvenal Musabyimana, alias Jean-Michel Africa, l’un des chefs historiques du RUD [Rassemblement pour l’unitĂ© et la dĂ©mocratie, groupe dissident des FDLR, NDLR], qui subit le mĂȘme sort. Un ministre rwandais se rĂ©jouit publiquement de voir les FARDC « nettoyer les forĂȘts au karcher ». Kigali fulminait depuis une attaque meurtriĂšre menĂ©e dĂ©but octobre sur son sol, Ă  Kinigi, attribuĂ©e Ă  des combattants RU

    La veille de sa mort, des proches le disaient inquiet et en mouvement. Jean-Michel Africa redoutait mĂȘme d’utiliser son tĂ©lĂ©phone. « Tous les groupes sont infiltrĂ©s, Kigali surveille les communications », expliquait un dissident rwandais. Ce n’est peut-ĂȘtre pas une simple paranoĂŻa. Quelques jours plus tĂŽt, WhatsApp a annoncĂ© poursuivre en justice une sociĂ©tĂ© israĂ©lienne, le Groupe NSO. L’enquĂȘte de l’ONG Citizen Lab, Ă  la fois plateforme citoyenne et centre de recherches de Toronto, avait dĂ©montrĂ© que le logiciel Pegasus de ce groupe permettait, non seulement de placer un tĂ©lĂ©phone sous Ă©coute, mais Ă©galement d’ouvrir son micro ou d’allumer sa camĂ©ra. PrĂšs de 1 400 utilisateurs de cette messagerie instantanĂ©e avaient Ă©tĂ© ciblĂ©s, selon l’ONG, dont des opposants et activistes rwandais en exil, proches de groupes armĂ©s basĂ©s en RDC.

    L’étrange disparition du chanteur rwandais Ben Rutabana

    En cette fin d’annĂ©e 2019, d’autres Ă©vĂ©nements passent plus inaperçus: ceux-lĂ  concernent le Rwanda National Congress. Ce parti avait Ă©tĂ© créé en dĂ©cembre 2010 par des dissidents du prĂ©sident Paul Kagame, parmi lesquels son chef d’état-major, le gĂ©nĂ©ral Kayumba Nyamwasa, son chef des renseignements extĂ©rieurs, le colonel Patrick Karegeya, son directeur de cabinet, ThĂ©ogĂšne Rudasingwa et un ex-procureur gĂ©nĂ©ral du Rwanda, Gerald Gahima. Cette mĂȘme annĂ©e, le gĂ©nĂ©ral Nyamwasa est victime d’une tentative d’assassinat. Deux ans plus tard, le 31 dĂ©cembre 2013, c’est Patrick Karegeya qui succombe, Ă©tranglĂ© dans une chambre d’hĂŽtel de Johannesburg. À l’époque, le prĂ©sident des FDLR, Victor Byiringiro, dĂ©nonce l’assassinat de « ce garçon » qui a « beaucoup fait » pour casser la mĂ©fiance entre anciens ennemis. Tout comme Paul Kagame, Kayumba Nyamwasa est accusĂ© par les rebelles et hommes politiques hutus rwandais d’avoir systĂ©matiquement massacrĂ© combattants et civils hutus au Rwanda, puis pendant les deux guerres du Congo.

    Le 8 septembre 2019, c’est un autre membre influent du RNC qui se volatilise : le chanteur franco-rwandais Ben Rutabana. Il s’était signalĂ© pour la derniĂšre fois ce jour-lĂ  Ă  la frontiĂšre entre l’Ouganda et la RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo. Selon un de ses proches, il devait la traverser dĂšs le lendemain et rallier des combattants du RNC rĂ©fugiĂ©s dans le groupement de Binza, sur le sol congolais. « Ben » Ă©tait plus qu’un chanteur populaire. Ancien de l’ArmĂ©e patriotique rwandaise [APR, rĂ©bellion de Paul Kagame, NDLR], il appartient Ă  une des familles tutsies les plus connues du Rwanda. Il est Ă  la fois le beau-frĂšre d’Assinapol Rwigara, financier de la rĂ©bellion de Paul Kagame, mort dans un accident de voiture suspect, et oncle de Diane Rwigara, l’une des derniĂšres opposantes Ă  vivre encore au Rwanda. Cette disparition crĂ©e de vives tensions au sein du RNC. Des proches de Ben Rutabana soupçonnent Kayumba Nyamwasa d’en ĂȘtre responsable et d’avoir demandĂ© Ă  ses alliĂ©s ougandais d’arrĂȘter ce rival. Sur plainte d’une ONG amĂ©ricaine animĂ© par un ressortissant rwandais, un tribunal ougandais demandera mĂȘme aux services de sĂ©curitĂ© ougandais de produire Ben Rutabana, en vain. Pour justifier ses soupçons, l’entourage du chanteur Ă©voque des diffĂ©rends entre les deux hommes et la suspension de Ben Rutabana des instances de direction du RNC, alors mĂȘme qu’il est portĂ© disparu.

    Mais un autre hypothĂšse circule dans l’est du Congo, celle du dernier coup portĂ© au RNC et Ă  sa branche armĂ©e au Sud-Kivu. Cette disparition Ă©meut jusqu’au sein de la communautĂ© banyamulenge [Tutsis congolais, NDLR], de plus en plus hostile au rĂ©gime de Kigali et qui dit se retrouver prise en Ă©tau. Depuis le changement de Constitution au Rwanda en 2015 qui annonçait le troisiĂšme mandat de Paul Kagame, dans le plus grand secret, le RNC est devenu plus qu’un simple parti politique. Il s’est implantĂ© dans les Hauts Plateaux du Sud-Kivu, au sein de cette communautĂ© et avec le soutien de certains officiers FARDC, mais connaĂźt depuis plusieurs mois des revers militaires. « Ben Rutabana Ă©tait le chef des opĂ©rations militaires du RNC au Congo, il a Ă©tĂ© tuĂ© comme les autres par un commando des forces spĂ©ciales rwandaises au Nord Kivu », croit savoir un ancien rebelle banyamulenge. « Il devait rejoindre les rescapĂ©s de son groupe armĂ© qui Ă©tait parti de chez nous Ă  Bijombo dans les Hauts Plateaux, ils ont presque tous Ă©tĂ© dĂ©cimĂ©s ou capturĂ©s en juin 2019 dans le Masisi par l’armĂ©e rwandaise. C’était la guerre totale. » Vingt-cinq d’entre eux seront prĂ©sentĂ©s le 2 octobre 2019 devant le tribunal militaire rwandais de Nyamirambo. Officiellement, ils n’ont Ă©tĂ© que « rĂ©cemment » capturĂ©s par l’armĂ©e congolaise et extradĂ©s Ă  Kigali.

  • Selon GEC, L’armĂ©e rwandaise en RDC «constitue une violation de l’embargo sur les armes»

    Selon GEC, L’armĂ©e rwandaise en RDC «constitue une violation de l’embargo sur les armes»

    -Y a-t-il des militaires rwandais qui opĂšrent sur le sol congolais ? La sociĂ©tĂ© civile et des dĂ©putĂ©s du Nord-Kivu dĂ©noncent aujourd’hui ce qu’ils qualifient d’envahissement. Ils en appellent aux chefs d’État de la rĂ©gion et demandent Ă  ce que le mĂ©canisme de vĂ©rification mis en place par la ConfĂ©rence internationale sur la rĂ©gion des Grands Lacs (CIRGL) vienne constater cette prĂ©sence. Le Groupe d’études sur le Congo (GEC) et Human Rights Watch ont rĂ©guliĂšrement signalĂ© Ă  travers leur plateforme de surveillance, Kivu Security Tracker, ces allĂ©gations. Jason Stearns est le directeur du GEC, centre de recherche de l’universitĂ© de New York. Il rĂ©pond aux questions de Sonia Rolley.

    RFI : Avez-vous pu confirmer la présence de militaires rwandais en ce moment sur le sol congolais ?

    Jason Stearns : Nous avons reçu des rapports des diffĂ©rents points focaux que nous avons sur le terrain et de nos interlocuteurs au sein de la sociĂ©tĂ© civile d’une prĂ©sence des militaires rwandais, les RDF, dans le Rutshuru dans les opĂ©rations, en soutien aux opĂ©rations FARDC contre les FDLR lĂ -bas (ndlr : rebelles hutus rwandais). On ne sait pas exactement l’échelle de cette prĂ©sence ou de ce soutien. Mais on s’imagine que cela fait partie d’une sĂ©rie d’opĂ©rations que l’armĂ©e rwandaise a menĂ©e avec les FARDC contre les FDLR ou du groupe dissident des FDLR, le CNRD. Et ces opĂ©rations ont lieu depuis l’annĂ©e passĂ©e.

    Ça veut dire que la prĂ©sence rwandaise serait rĂ©guliĂšrement sur le sol congolais depuis un an ?

    Alors, c’est un peu compliquĂ© de parler de la prĂ©sence des militaires rwandais dans l’est du Congo parce que si on regarde bien, cette prĂ©sence n’a presque jamais cessĂ© depuis la fin de l’occupation officielle par l’armĂ©e rwandaise qui s’est terminĂ©e en 2002. C’est-Ă -dire que depuis cette Ă©poque, il y a souvent une prĂ©sence rwandaise et notamment un soutien rwandais aux diffĂ©rents groupes armĂ©s dans l’est du Congo, avec des pĂ©riodes d’intensification comme Ă  l’époque du M23. La prĂ©sence rwandaise Ă©tait principalement en appui au M23 contre le gouvernement congolais.

    Ce qu’on a constatĂ© depuis lors, c’est un revirement dans la nature de cette prĂ©sence. C’est-Ă -dire que depuis 2014 environ, l’armĂ©e rwandaise est lĂ  en collaboration ou avec l’accord tacite de l’armĂ©e congolaise et du gouvernement rwandais. Et lĂ  aussi, avec des pĂ©riodes d’intensification. Ce qu’il faut constater, c’est que depuis l’arrivĂ©e au pouvoir du prĂ©sident Tshisekedi, on a vu une de ces pĂ©riodes d’intensification avec plusieurs opĂ©rations de l’armĂ©e rwandaise sur le sol congolais depuis l’annĂ©e passĂ©e.

    Mais est-ce que ce soutien Ă  l’armĂ©e congolaise ne devrait pas ĂȘtre signalĂ© au Conseil de sĂ©curitĂ© de l’ONU ?

    Cette prĂ©sence de militaires rwandais constitue en principe une violation de l’embargo sur les armes des Nations unies. Tous les États membres des Nations unies devraient notifier toute fourniture d’assistance militaire au gouvernement congolais. Donc Ă©videmment, ça n’a pas Ă©tĂ© le cas. Le Conseil de sĂ©curitĂ© n’a pas ce constat, mĂȘme si le personnel des Nations unies sur le terrain est informĂ© pas seulement de cette prĂ©sence aujourd’hui, mais aussi dans le passĂ©.

    Qu’est-ce que vous recommandez aujourd’hui ?

    Il y a plusieurs niveaux de problĂšmes par rapport Ă  la prĂ©sence de l’armĂ©e rwandaise au Congo. Le premier, c’est le manque de transparence. Cette armĂ©e est lĂ . On ne sait pas exactement combien ils sont, on ne sait pas non plus vraiment ce que ces militaires sont en train de faire. Mais ils mĂšnent des opĂ©rations d’envergure sur le sol congolais depuis un certain temps, avec l’aval des autoritĂ©s congolaises. Je pense qu’il serait beaucoup mieux si cette collaboration Ă©tait officielle et pas tacite. Comme ça, on pourrait demander une certaine redevabilitĂ©. On pourrait savoir ce qu’ils font, combien ils sont et pourquoi ils sont venus opĂ©rer sur le sol congolais.

    L’autre niveau de problĂšme, c’est la maniĂšre dont ils opĂšrent en RDC. Par exemple, il y a des allĂ©gations crĂ©dibles de massacres conduits par l’armĂ©e rwandaise contre la population rĂ©fugiĂ©e rwandaise dans le territoire de Kalehe, des dependants de rebelles du groupe armĂ© CNRD. Donc ce n’est pas seulement qu’ils sont lĂ  pour opĂ©rer contre les rebelles rwandais, mais cela a des rĂ©percussions considĂ©rables sur les populations civiles et rĂ©fugiĂ©es.

  • Vital Kamerhe reste en prison et d’autres auditions en vue

    Vital Kamerhe reste en prison et d’autres auditions en vue

    -La justice a décidé de maintenir en détention le directeur de cabinet du président Felix Tshisekedi Vital Kamerhe, et restera au moins 15 jours de plus derriÚre les barreaux.

    Il a Ă©tĂ© placĂ© en dĂ©tention prĂ©ventive jeudi dernier pour des soupçons de dĂ©tournements des fonds allouĂ©s au programme d’urgence du prĂ©sident au pouvoir depuis janvier 2019.

    Le tribunal estime que M. Kamerhe est superviseur des travaux des 100 jours et soutient qu’il a aussi pilotĂ© les opĂ©rations des marchĂ©s publics de grĂ© Ă  grĂ©, lesquels, affirme le tribunal, ont conduit au dĂ©tournement de fonds publics.

    Selon le parquet, dont les arguments sont dĂ©veloppĂ©s dans l’ordonnance, le chef du cabinet de Felix Ts ahisekedi aurait notamment octroyĂ© un marchĂ© de livraison des maisons prĂ©fabriquĂ©es Ă  Samibo Congo Sarl, une sociĂ©tĂ© que l’accusation juge « fictive ».Cette sociĂ©tĂ© avait obtenu ce marchĂ© d’un montant de 57 millions de dollars dont 47 millions avaient Ă©tĂ© dĂ©bloquĂ©s en liquide et n’ont jamais servi Ă  l’achat de maisons.

    Autre dossier selon l’accusation : un achat controversĂ© de produits pharmaceutiques pour dix millions de dollars.  Le marchĂ© avait Ă©tĂ© octroyĂ© Ă  Trade Plus, une entreprise qui avait reçu 10 millions de dollars pour la fourniture des mĂ©dicaments.

    Le scandale est que cette sociĂ©tĂ© n’est pas du domaine et ne tient qu’une quincaillerie. Elle avait fourni des produits, en grande partie pĂ©rimĂ©s, mais le ministre de la SantĂ©, Eteni Longondo, les avaient curieusement dĂ©clarĂ©s conformes.

    Dans ce dossier, Vital Kamerhe soutient qu’il n’est en rien responsable et balaye d’un revers de la main d’autres accusations. Selon lui, tous ces marchĂ©s publics ont Ă©tĂ© hĂ©ritĂ©s du dernier gouvernement du rĂ©gime de Joseph Kabila.

    Il soutient aussi qu’aucun marchĂ© de grĂ© Ă  grĂ© ne porte sa signature. Autre argument du chef de cabinet : il affirme qu’il n’est pas de sa responsabilitĂ© de suivre l’affectation des fonds payĂ©s par la banque centrale dans les comptes desdites entreprises.

    D’autres auditions devraient aussi avoir lieu dans le cadre de l’instruction du dossier et d’autres personnalitĂ©s en vue pourraient ĂȘtre appelĂ©s en audition durant ce laps de temps.

    Le dĂ©tenu conteste enfin que plusieurs personnalitĂ©s chargĂ©es de la supervision des travaux, parmi lesquelles le gouverneur de la banque centrale du Congo (BCC) et des ministres encore en fonction ne sont nullement inquiĂ©tĂ©s. Le tribunal n’a donc pas entendu ses arguments. La dĂ©tention dans la prison de Makala se poursuivra encore pendant au moins 15 jours.

  • LibertĂ© provisoire de Vital Kamerhe en suspens – Il a a repondre aux multiples dossiers

    LibertĂ© provisoire de Vital Kamerhe en suspens – Il a a repondre aux multiples dossiers

    -Vital Kamerhe saura ce samedi 11 avril s’il peut quitter la prison de Makala. Le directeur du cabinet du prĂ©sident Tshisekedi a Ă©tĂ© Ă©crouĂ© jeudi, soupçonnĂ© par la justice congolaise de fautes graves de gestion et de dĂ©tournements de fonds dans le cadre du « programme des 100 jours ». Le tribunal de Kinshasa – Matete va statuer ce samedi aprĂšs-midi sur sa mise en libertĂ© provisoire ou non en attendant d’éventuelles confrontations qui sont de moins en moins Ă  l’ordre du jour.

    AprĂšs l’arrestation de Vital Kamerhe, du cĂŽtĂ© de l’accusation comme de la dĂ©fense, on assurait qu’il serait trĂšs vite confrontĂ© Ă  ses contradicteurs. Mais finalement vendredi, le procureur a prĂ©fĂ©rĂ© poursuivre les auditions. Il a notamment entendu un responsable du secrĂ©tariat gĂ©nĂ©ral de la santĂ© sur une affaire d’achats de produits pharmaceutiques. Un des multiples dossiers sur lesquels le directeur de cabinet aura Ă  rĂ©pondre.

    En attendant, il fallait rĂ©gulariser sa dĂ©tention. Une audience s’est tenu en prison. Son avocat Me John Kaboto, plaide pour une libertĂ© provisoire. « Les indices de culpabilitĂ© qui pourrait peser sur sa personne ne sont pas Ă©tablis. Il a fourni beaucoup de piĂšces trĂšs convaincantes et nous avons trouvĂ© qu’il Ă©tait bon qu’on lui accorde la libertĂ© provisoire, pour que monsieur Kamerhe continue Ă  coopĂ©rer et collaborer avec la justice. »

    Pour cette audition supplémentaire, Vital Kamerhe a eu recours aux comptables susceptibles de prouver ses dires.

    Quant aux confrontations, l’accusation se rĂ©tracte : elles ne devraient plus avoir lieu avant la semaine prochaine. Ce dĂ©lai serait, de source judiciaire, pour recueillir de nouvelles dĂ©positions et documents de nature Ă  Ă©clairer les agissements du directeur de cabinet du prĂ©sident.

    Dans ce contexte, la campagne « Le Congo n’est pas Ă  vendre » interpelle les autoritĂ©s politiques comme judiciaires. Elle rappelle que plusieurs autres scandales ont entachĂ©, y compris ces derniers mois, l’Etat congolais. L’affaire des 128 millions de la GĂ©camines, des 15 millions des produits pĂ©troliers pour ne citer que celles-lĂ  sous l’Ă©poque Tshisekedi. Mais pour ce collectif d’ONG congolaises et internationales, il faut aussi s’intĂ©resser au passĂ©, pour que les millions dĂ©tournĂ©s sous le rĂ©gime de Joseph Kabila soient restituĂ©s au trĂ©sor public.