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  • Le remdesivir pour soigner des patients atteints du Covid-19, deja etait teste en RDC contre Ebola

    Le remdesivir pour soigner des patients atteints du Covid-19, deja etait teste en RDC contre Ebola

    Le remdesivir écourte la durée de rétablissement des patients atteints du Covid-19, selon une étude menée par les Instituts de santé américains, devenant le premier médicament ayant prouvé son efficacité contre le nouveau coronavirus.

    Qu’est-ce que le remdesivir? 

    Le remdesivir est un médicament expérimental produit par le laboratoire américain Gilead Sciences, qui a initialement été développé pour soigner les malades de la fièvre hémorragique Ebola.

    Il s’était montré prometteur lors d’essais en 2016, et avait été ensuite testé lors d’une étude de grande ampleur en République démocratique du Congo, qui le comparait à trois autres traitements.

    Cette étude s’est achevée en 2019 et n’a pas conclu que le médicament permettait une augmentation du taux de survie aussi importante que celle de deux autres traitements.

    En février, l’Institut national des maladies infectieuses annonçait qu’il allait sortir le remdesivir du placard pour le tester contre le virus SARS-CoV-2, à l’origine de la maladie Covid-19, car il avait donné des résultats prometteurs chez les animaux contre d’autres coronavirus, du SRAS (Syndrome respiratoire aigu sévère) et MERS (Syndrome respiratoire du Moyen-Orient).

    Quelle est son efficacité ?

    Les résultats de cette étude, sur plus d’un millier de personnes, ont été annoncés mercredi, avec pour conclusion que les patients hospitalisés atteints du Covid-19 et en détresse respiratoire se remettaient plus vite que ceux recevant un placebo.

    Plus précisément, les patients soignés au remdesivir se sont rétablis 31% plus vite en moyenne que les autres.

    « Bien que les résultats étaient clairement positifs du point de vue de leur sens statistique, ils étaient modestes« , a nuancé jeudi sur NBC le directeur de l’Institut national des maladies infectieuses, Anthony Fauci, qui conseille la Maison-Blanche dans ce contexte de crise.

    En clair, même si le médicament marche, il ne s’agit pas d’un remède miracle.

    Mais c’est cependant la « démonstration » qu’un médicament peut agir, et il pourrait donc ouvrir la voie à de meilleurs traitements. Comme cela a été le cas pour les traitements contre le VIH développés dans les années 1980, beaucoup moins efficaces que ceux utilisés aujourd’hui.

    Les résultats ont aussi montré que le remdesivir abaissait le taux de mortalité – de 11,7% à 8%  – mais cette donnée est considérée comme moins fiable car en dessous du niveau de pertinence statistique.

    Pourquoi y a-t-il eu des résultats contrastés?

    L’étude menée par les Etats-Unis a été annoncée le même jour qu’une autre étude plus petite publiée dans la revue médicale The Lancet, qui n’a pas conclu à un résultat bénéfique du remdesivir.

    L’étude a porté sur 237 malades à Wuhan, en Chine, et était également un essai contrôlé randomisé, considéré comme la norme d’étude la plus élevée. Mais elle a été interrompue faute de malades car l’épidémie s’est arrêtée à Wuhan.

    « Les ordres de grandeur de cet essai sont trop petits pour en tirer de vraies conclusions« , a jugé Stephen Evans, expert en statistique médicale à la London School of Hygiene & Tropical Medicine.

    Quand sera-t-il disponible?

    Le remdesivir a déjà été donné à des patients du monde entier, à la fois dans le cadre d’essais cliniques et en dehors.

    Aux Etats-Unis, l’Agence américaine du médicament (FDA) devrait bientôt accorder une autorisation d’utilisation d’urgence, c’est-à-dire avant son approbation formelle.

    Le chef de l’agence « avance très rapidement », a déclaré jeudi M. Fauci, qui a dit lui avoir parlé mercredi soir. « Ils n’ont pas encore pris de décision (…) mais je dirais que nous allons voir cela dans un avenir raisonnablement proche. »

    Le médicament étant compliqué à produire et étant administré par injection, des questions ont été soulevées quant à d’éventuelles restrictions initiales.

    Le patron de Gilead Sciences, Daniel O’Day, a annoncé que le laboratoire disposait actuellement de 1,5 million de doses, dont il s’est engagé à faire don, permettant de traiter 140.000 patients « sur la base d’un traitement d’une durée de dix jours« .

    Mais selon une autre étude, un traitement de cinq jours serait aussi efficace que dix jours.

    Comment fonctionne-t-il?

    Le remdesivir attaque directement le virus. C’est ce que l’on appelle un « analogue de nucléotide ». Il s’insère dans le génome du coronavirus et le court-circuite pour l’empêcher de se répliquer.

    « Le virus ne fait pas très attention à ce qu’il incorpore« , explique le virologue Benjamin Neuman, de la Texas A&M University. « Les virus essaient généralement d’aller vite, et échangent rapidité contre prudence« .

    Durant une conférence téléphonique sur les résultats du groupe, le responsable médical de Gilead, Merdad Parsey, a expliqué jeudi que si les patients qui avaient des symptômes depuis peu de temps semblaient réagir le mieux au médicament, ceux qui étaient dans des états plus critiques semblaient aussi pouvoir en tirer des bénéfices.

    Cela s’explique car le virus déclenche un emballement de la réaction immunitaire, phénomène nommé « tempêtes de cytokine » s’attaquant aux organes, notamment aux poumons.

    « En limitant la réplication du virus, on va limiter l’inflammation, on va réduire le nombre de personnes qui développent des problèmes aux poumons, et on va pouvoir les débrancher des respirateurs plus rapidement« , a détaillé M. Parsey.

  • Covid-Port de masque: Les Kinois sont encore très nombreux à douter de la présence du coronavirus en RDC

    Covid-Port de masque: Les Kinois sont encore très nombreux à douter de la présence du coronavirus en RDC

    C’est depuis une semaine que les autorités congolaises ont rendu obligatoire le port des masques en public dans la capitale congolaise pour stopper la propagation du Covid-19.

    La police est déployée à tous les coins des rues, même en tenue civile, pour arrêter toute personne qui circule sans masque.

    L’amende est de 5.000 Francs Congolais, environ 3 dollars américains, mais l’opération est entourée d’une brutalité que dénoncent les habitants. 

    “J’ai porté ce masque parce que la police est en train de nous arrêter. Nous n’avons pas peur de la maladie, nous avons peur de la police. Si on t’arrête, tu dois payer l’amende de 5.000 Francs”, a reconnu un Kinois.

    Un autre déclare : “je ne voulais pas au fait porter ça, mais si je le porte, c’est parce que lorsqu’on ne le porte pas, la police agresse, surtout en ce moment où on est en train de vivre la misère”.

    Des organisations de la Société civile qualifient l’amende d’illégale et estiment que les actes commis par la police sont arbitraires.

    Parmi ces organisations, figure la Fondation Congolaise pour la promotion des droits humains et la Paix.

    “C’est une décision illégale et non conforme aux lois de la République Démocratique du Congo. C’est une décision qui ne vise qu’à semer l’anarchie et cautionner les violations des droits de l’homme. Tous les comportements des policiers, des arrestations, des tortures qu’ils infligent aux paisibles citoyens sont des actes arbitraires et qui doivent être sanctionnés sévèrement conforment aux lois en vigueur, a estimé André Marie Kito, le président de l’organisation”.

    Les Kinois sont encore très nombreux à douter de la présence du coronavirus en République Démocratique du Congo. C’est le cas de Mechack Ilumpa qui refuse d’y croire tant qu’il ne verra pas de vidéos montrant les malades.

    “En Italie j’ai vu des vidéos, il y a mon ami qui est en Belgique qui m’a envoyé des vidéos sur Whatsapp. Ma grande sœur qui est en Chine m’a envoyé aussi des vidéos, j’ai vu plusieurs morts. Pour ici, c’est à la radio qu’on entend ça. Je n’ai pas vu de vidéo. Il n’y a que les radios, on ne peut pas croire à ça. Les Congolais aiment les vidéos”.

    Les autorités ont beau faire d’obliger la distanciation sociale et le respect des mesures d’hygiène, celles-ci sont difficilement observées, surtout dans les marchés.

  • Ne Muanda Nsemi, Zacharie Badiengila de son vrai nom arrêté à Kinshasa

    Ne Muanda Nsemi, Zacharie Badiengila de son vrai nom arrêté à Kinshasa

    – Le « gourou » du parti-secte Bundu dia Mayala (ex-Bundu dia Kongo) a été arrêté vendredi par la police, qui encerclait sa maison de Ma Campagne (Binza Pigeon, dans la commune de Ngaliema), à Kinshasa, depuis la veille. Elle entendait ainsi donner une chance à des négociatiateurs chargés de le convaincre de se rendre. En vain. Il a fallu recourir aux tirs pour que celui qui s’était proclamé président du Congo en janvier dernier soit finalement capturé. On ignore combien de blessés a provoqué l’assaut de la police; il n’aurait pas fait de morts. De nombreux adeptes ont été arrêtés

    La police congolaise annonce l’arrestation de l’ancien député Ne Muanda Nsemi, Zacharie Badiengila de son vrai nom. Le leader du mouvement polico-religieux Bundu dia Kongo est accusé d’être responsable des violences de ces derniers jours, dans la province du Kongo central. Il était retranché depuis plusieurs jours dans son domicile de Kinshasa.

    Les forces de l’ordre en ont assez des provocations du chef de la secte Bundu dia Kongo, responsables des violences de ces derniers jours dans la province du Kongo central. Depuis mardi soir, la résidence de Ne Muanda Nsemi, Zacharie Badiengila de son vrai nom, à Kinshasa, est encerclée par des policiers. Des négociations sont en cours.

    La police congolaise a lancé l’assaut de la résidence de Ne Muanda Nsemi ce vendredi matin. Ces dernières heures, il y a eu des négociations, mais elle n’ont pas abouti et ont été particulièrement laborieuses. Devant l’échec des discussions, la police a donc décidé de passer à l’action avec des tirs de gaz lacrymogènes.

    Des fidèles de la secte Bundu dia Kongo se sont alors rendus aux forces de l’ordre. Retranché à l’intérieur de la maison, le chef du mouvement politico-religieux a été récupéré par les éléments des forces de l’ordre. L’homme aurait été blessé à la tête par un coup de crosse qui lui aurait été asséné par l’un des policiers. Il a été conduit à la clinique Ngaliema.

    La police n’a pas encore donné de bilan. Elle promet de le donner dans les heures qui viennent.

    L’Asadho (Association africaine de défense des droits de l’Homme) a, dans un tweet, de son dirigeant Jean-Claude Katende, condamné « le pillage des biens de Ne Mwanda Nsemi par certains policiers et particuliers lors de son arrestation

  • Coronavirus : Madagascar Vs OMS polémique autour du remède contre Covid-19

    Coronavirus : Madagascar Vs OMS polémique autour du remède contre Covid-19

    -Madagascar dit avoir trouvé un remède contre le coronavirus mais l’OMS a indiqué qu’il n’existe pour l’heure “aucune preuve” que le remède peut “prévenir ou guérir” du coronavirus.

    Le président malgache Andry Rajoelina a lancé le lundi 20 avril un remède sensé prévenir et guérir le coronavirus.

    Il a lui-même bu ce remède fait à base de plantes médicinales locales et promis qu’il serait disponible pour contrer le coronavirus sur la grande île.

    Malgré un lancement en grande pompe, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) affirme qu’il n’existe aucune preuve scientifique que le remède de Madagascar contre le Covid-19 soit efficace.

    L’académie nationale de médecine du pays (ANAMEM) a également mis en doute l’efficacité du remède conçu par l’Institut malgache de recherche appliquée (IMRA).

    L’ANAMEM précise que le remède – Covid-Organics – pourrait potentiellement nuire à la santé des personnes qui les consommeraient car ses “preuves scientifiques n’avaient pas été établies”.

    Le Covid-Organics fait à base de plantes est distribué gratuitement aux personnes les plus vulnérables.

    Qu’est-ce que le Covid-Organics ?

    Il est produit à partir de la plante d’artémisia – la source d’une molécule utilisée dans le traitement contre le paludisme – et d’autres plantes malgaches.

    Il est commercialisé en bouteille et en tisane après avoir été testé sur moins de 20 personnes pendant trois semaines, a déclaré à la BBC le chef de cabinet du président Lova Hasinirina Ranoromaro.

    “Des tests ont été effectués – deux personnes ont maintenant été guéries par ce traitement”, a déclaré M. Rajoelina lundi lors du lancement de Covid-Organics.

    “Cette tisane donne des résultats en sept jours”, a déclaré le président malgache, Andry Rajoelina, qui a également exhorté les populations à l’utiliser à titre préventif.

    “Les écoliers devraient en boire… petit à petit tout au long de la journée”, a-t-il déclaré aux diplomates et autres dignitaires réunis pour le lancement.

    Le président malgache Andry Rajoelina a indiqué sur son compte Twitter avoir reçu les félicitations de son homologue de la RDC Félix Tshisekedi “pour le remède traditionnel amélioré Covid-Organics”.

    Dr Charles Andrianjara, directeur général de l’IMRA, a affirmé que le Covid-Organics devrait être utilisé à titre préventif.

    Il s’est montré plus prudent néanmoins quant à son utilisation en tant que remède, mais a déclaré que les observations cliniques avaient montré “une tendance vers son efficacité en tant que remède curatif”, selon l’agence de presse AFP qui le cite.

    L’île de l’océan Indien a enregistré jusqu’à présent 121 cas de coronavirus, et aucun décès.

    Pas de précipitation

    En réponse au lancement de Covid-Organics, l’OMS , l’Organisation Mondiale de la Santé a déclaré, dans un communiqué dont la BBC a eu copie, qu’il n’existe pour l’heure “aucune preuve” que le remède malgache peut “prévenir ou guérir” le coronavirus.

    L’organisation a réitéré les propos de son chef, Tedros Adhanom Ghebreyesus, selon lesquels il n’y avait “aucun raccourci” pour trouver un moyen efficace pour lutter contre le coronavirus.

    Des essais internationaux sont en cours pour trouver un traitement efficace, a ajouté l’OMS.

    Mme Ranoromaro chef de cabinet du président Malgache a déclaré que le président Rajoelina était conscient que l’OMS devait respecter ses protocoles mais a précisé que cela relevait d’une question de souveraineté.

    “Il a des devoirs envers le peuple malgache”, a-t-elle déclaré.

    Peste bubonique

    Le professeur Brian Klaas, un spécialiste de Madagascar à l’University College de Londres, a estimé que la position de M. Rajoelina pourrait causer plus de tort que de bien aux citoyens malgaches.

    “C’est dangereux pour deux raisons – la première est que certaines personnes vont le prendre [Covid-Organics] alors qu’elles ne devraient pas “, a-t-il déclaré à la BBC Newsday.

    “Et deuxièmement, cela donnera aux gens un faux sentiment de sécurité, de sorte qu’ils finiront par faire des choses qu’ils n’auraient pas faites autrement et se mettront, ainsi que les autres, en plus grand danger.”

    Si le virus commençait à se propager, il pourrait être “dévastateur” car le système de santé du pays est faible, avec seulement six respirateurs pour une population de 27 millions de personnes, a-t-il dit.

    “C’est aussi l’une des raisons pour lesquelles l’île est l’un des seuls endroits de la planète où l’on observe régulièrement des épidémies de peste bubonique, qui se guérit facilement avec le bon médicament”.

    En mars, le Centre national pour la santé complémentaire et intégrée, basé aux États-Unis, a mis en garde contre les prétendus remèdes contre le coronavirus, notamment les phytothérapies et les thés – en disant que la meilleure façon de prévenir l’infection était d’éviter l’exposition au virus.

  • Kigali mène-t-elle une guerre secrète en RDC?

    Kigali mène-t-elle une guerre secrète en RDC?

    -Depuis plus d’un an, l’armée rwandaise est soupçonnée de mener des opérations en RDC contre des groupes politico-militaires rwandais basés sur le sol congolais, avec l’accord du gouvernement de Kinshasa. Des partis d’opposition et des organisations de la société civile rwandais, comme congolais, dénoncent l’impact de ces incursions à répétition sur les populations civiles des deux pays, mais se heurtent au démenti de Kinshasa et Kigali et au silence de la communauté internationale.

    « Kagame était dans tous ses états », raconte en octobre 2019 le général Delphin Kahimbi, alors chef des renseignements militaires de la République démocratique du Congo (RDC) dans un des restaurants où il avait ses habitudes à Kinshasa. L’entretien dont parle à l’époque l’officier aujourd’hui décédé [Delphin Kahimbi a été retrouvé mort fin février 2020 dans des circonstances mystérieuses, NDLR] remonte selon lui, au 31 juillet 2018. À quelques jours de la fin du dépôt des candidatures à la présidentielle dans le pays, alors que tous les yeux sont tournés vers le président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 17 ans et soupçonné de vouloir se maintenir pour un troisième mandat, She Okitundu, le chef de la diplomatie congolaise, Kalev Mutond, le patron de l’agence nationale des renseignements (ANR) et le général Delphin Kahimbi sont photographiés, alignés sur un canapé face au chef de l’État rwandais. Le cliché est publié sur les réseaux sociaux et suscite bien des spéculations, Paul Kagame ayant été régulièrement accusé de parrainer ou menacer le régime de Joseph Kabila, rôle qu’il avait déjà joué auprès de son père et prédécesseur, Laurent-Désiré Kabila.

    Officiellement, les trois hauts responsables sont venus transmettre un message du président congolais à son homologue rwandais. Paul Kagame est généralement bref dans ses échanges avec ses voisins, mais cette fois, les émissaires de Joseph Kabila vont rester plus de deux heures en sa compagnie. « Il fallait le voir, Kagame n’arrêtait pas de parler de la situation régionale, RNC, FDLR, Ouganda », raconte encore le général Kahimbi. Depuis des mois, Kigali alertait ses partenaires sur le rapprochement entre ces deux groupes politico-militaires basés au Congo -les Forces démocratiques de libération du Rwanda [FDLR, groupe rebelle hutu rwandais, NDLR] et le Rwanda National Congress [RNC créé par des dissidents du régime rwandais, NDLR]- et accusait Kampala de les parrainer. « C’était sans doute son cauchemar, l’alliance de ses anciens alliés tutsis [le RNC est dirigé par le Général Kayumba Nyamwasa, ancien chef d’état-major du Rwanda, NDLR] et des hutus de l’ancien régime », suppute alors Delphin Kahimbi.

    Le chef de l’État rwandais avait à nouveau exigé des résultats et une coopération pleine et entière de son voisin pour étouffer dans l’œuf toute tentative de déstabilisation dirigée contre Kigali. À cet instant de l’histoire des deux pays, cette rencontre a impulsé un niveau de coopération rarement atteint, estimait le patron des services de renseignements congolais. Un autre participant se souvient de ce très long entretien : « À la fin, tout le monde était vraiment satisfait, et s’est félicité pour la sincérité des échanges. Paul Kagame avait même interpellé le général Delphin en l’appelant mon frère Kahimbi en swahili. »

    Des « gages » donnés à Kigali

    La suite de l’histoire va toutefois s’écrire de manière un peu plus inattendue. Joseph Kabila renonce à un nouveau mandat et se retrouve contraint à s’allier avec le fils de son principal opposant, Félix Tshisekedi, qui s’installe à la présidence. Jeune retraité, l’ex-président conserve le contrôle des assemblées, nationale comme provinciales, des forces de sécurité et se retrouve à la tête d’une fortune considérable. Son successeur, lui, sait qu’il va peiner à installer son pouvoir et cherche le soutien de son voisin rwandais. Son parti, l’UDPS, reste hostile au régime de son prédécesseur, comme à toute référence au président rwandais. Félix Tshisekedi lui impose l’un comme l’autre, et va jusqu’à s’afficher en décembre dernier main dans la main avec Paul Kagame. Cette alliance, a priori contre-nature, va entraîner, selon le Groupe d’études sur le Congo, une période intense d’opérations de l’armée rwandaise sur le sol congolais. Le GEC centre de recherche de l’Université de New York relève en effet une dizaine d’incidents en territoire congolais dans lesquels des militaires des deux pays seraient impliqués, sans que cela ne suscite de réelles réactions. « Des opérations menées conjointement par Paul Kagame et Félix Tshisekedi, c’est un double grigri pour l’ONU et la communauté internationale, elles ne veulent toucher ni à l’un ni à l’autre », s’amuse un diplomate africain.

    Ce soir-là d’octobre 2019, dans l’alcôve d’un restaurant quasi désert du centre de Kinshasa, le patron des renseignements militaires congolais évoque par exemple la fermeture de camps de transit FDLR au Nord et au Sud-Kivu comme un gage donné trois mois après sa rencontre avec le chef de l’État rwandais. Sous les yeux de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco), en novembre 2018, des centaines de rebelles hutus rwandais démobilisés et des membres de leurs familles sont rapatriés de force au Rwanda par l’armée congolaise. Cela faisait quatre ans qu’ils refusaient cette option, réclamant tour à tour un dialogue politique et leur réinstallation dans un pays tiers, sans se voir offrir d’autres alternatives qu’un retour au Rwanda sous le contrôle d’un régime qu’ils redoutent et sans garanties de liberté et de sécurité.

    Delphin Kahimbi a souvent été à la manœuvre contre les rébellions que le Rwanda était accusé de soutenir, comme celle du M23. Longtemps très critique sur les motivations réelles du Rwanda à mener des incursions sur le sol congolais, le général Kahimbi dit ce soir-là comprendre la position de Kigali. « Ils veulent en finir définitivement avec tous ces groupes terroristes et génocidaires », explique-t-il. Nés dans les camps de réfugiés après le génocide de 1994, ces groupes rebelles hutus, mélanges d’officiers des ex-Forces armées rwandaises (FAR) et d’anciens génocidaires à l’origine, sont, plus de 25 ans après, majoritairement composés de natifs du Congo. Ils ont vu leurs effectifs fondre jusqu’à représenter à peine plus de 3 000 combattants selon Kigali. « Kagame a choisi la voie du troisième mandat, il redoute la rébellion de demain », finit par pointer le général Kahimbi.

    Entre deux bouchées, le chef du renseignement militaire congolais se félicite des derniers coups portés à ces groupes armés étrangers qu’il a été longtemps accusé lui-même de soutenir. Il se vante d’avoir coordonné en personne l’arrestation de deux des figures des FDLR, Ignace Nkaka, alias La Forge fils Bazeye, l’emblématique porte-parole des FDLR, et Théophile Abega, chef des renseignements militaires pour le Nord-Kivu, au poste frontalier de Bunagana. « Ils revenaient tous les deux d’Ouganda, on a retrouvé dans leurs affaires la carte de visite d’un ministre ougandais et les contacts des gens de Kayumba. » Toutes ces « preuves » sont fournies à Kigali, les deux hommes sont livrés. Interpellé sur les entorses au droit international que ces extraditions extrajudiciaires peuvent représenter, le patron des renseignements militaires congolais s’emporte : « Ça, c’est bien les Occidentaux. Si on ne coopère pas, on est complices des génocidaires. Et quand on coopère avec Kigali, vous nous accusez de ne pas avoir de considération pour les droits de l’Homme. Allez dire ça à votre ami Kagame. »

    Jusqu’à sa mort, Delphin Kahimbi s’est refusé à admettre la présence de troupes rwandaises sur le sol congolais ou leur influence dans les conflits intercommunautaires qui embrasent les hauts plateaux du Sud-Kivu, comme dans des combats au Nord-Kivu. Tout juste admettait-il que des militaires rwandais avaient pu « intercepter » l’un ou l’autre des chefs militaires rebelles portés disparus ou assassinés dans son pays. Le chef des renseignements militaires congolais disait avoir multiplié les voyages pour convaincre les armées d’Ouganda et du Burundi de rejoindre l’état-major régional intégré souhaité par le nouveau chef de l’État congolais, Félix Tshisekedi. Kampala et Bujumbura rechignent à rejoindre cette structure. « Ils voulaient qu’on vienne avaliser les opérations secrètes de Kigali », justifie un officiel burundais. Ce même officiel ironise : « On veut nous faire croire que si les chefs rebelles rwandais tombent comme des mouches, c’est dû à la soudaine expertise des commandos FARDC, quand les Rwandais se vantent sur les réseaux sociaux. »

    En effet, en ce dernier trimestre de l’année 2019, plusieurs chefs rebelles hutus sont tués, et sur les réseaux sociaux, des officiels et proches du régime de Kigali multiplient les messages de félicitations aux « vaillantes » Forces armées de la RDC (FARDC). Les mêmes ne s’étaient pourtant jamais privés par le passé de les accuser d’être inefficaces ou complices de leurs ennemis. Depuis sa création, le groupe d’experts de l’ONU chargé de contrôler l’embargo avait dénoncé les liens étroits qui unissaient officiers congolais et rebelles hutus rwandais, accusant les premiers de fournir armes et munitions, les seconds de servir de supplétifs, notamment face aux rébellions soutenues par Kigali. Mais la donne change après la défaite de la dernière-née d’entre elles, le M23, en novembre 2013 : les FDLR et autres groupes hutus rwandais et congolais font l’objet d’opérations de l’armée congolaise et d’attaques de groupes armés hostiles, sur pression du Rwanda et de la communauté internationale. Ils ont perdu du terrain partout, mais jusque-là très peu de personnalités de premier plan.

    Les « meilleurs connaisseurs » de l’armée congolaise

    Dans la nuit du mardi 17 au mercredi 18 septembre 2019, le sinistre Sylvestre Mudacumura, chef militaire des FDLR, sous sanctions de l’ONU et poursuivi par la Cour pénale internationale, est assassiné avec certains de ses proches dans le territoire du Rutshuru, au Nord-Kivu. Cette nouvelle fait sensation tant ce nom avait hanté les forêts du Congo. Une seule photo de son corps circule, bouche ouverte, une cuillère négligemment posée sur son pantalon treillis. Les FDLR accusent Kigali. L’armée congolaise revendique, elle, cette opération. Dans les jours qui ont précédé, des informations circulaient sur la tenue d’une réunion de haut niveau des leaders de la rébellion hutue rwandaise. « Tout le monde savait qui était là, où et quand ils devaient se rencontrer », se souvient une source onusienne. « C’était presque sidérant, un tel niveau de fuites. »

    Un ancien membre du groupe d’experts de l’ONU se dit lui aussi surpris : « Les FDLR ont toujours été les meilleurs connaisseurs de l’armée congolaise, leurs chefs étaient informés des attaques et avaient toujours le temps de fuir. » Des représentants de la société civile congolaise ne cachent pas leur agacement. Depuis plusieurs semaines déjà, ils soupçonnent la présence de troupes rwandaises sans parvenir à le prouver. « Les gens de Kagame publient des informations sur les réseaux sociaux avant même que notre armée ne soit capable de nous confirmer. C’est une manière de nous moquer », explique l’un d’eux.

    Deux mois plus tard, le 9 novembre 2019, c’est Juvenal Musabyimana, alias Jean-Michel Africa, l’un des chefs historiques du RUD [Rassemblement pour l’unité et la démocratie, groupe dissident des FDLR, NDLR], qui subit le même sort. Un ministre rwandais se réjouit publiquement de voir les FARDC « nettoyer les forêts au karcher ». Kigali fulminait depuis une attaque meurtrière menée début octobre sur son sol, à Kinigi, attribuée à des combattants RU

    La veille de sa mort, des proches le disaient inquiet et en mouvement. Jean-Michel Africa redoutait même d’utiliser son téléphone. « Tous les groupes sont infiltrés, Kigali surveille les communications », expliquait un dissident rwandais. Ce n’est peut-être pas une simple paranoïa. Quelques jours plus tôt, WhatsApp a annoncé poursuivre en justice une société israélienne, le Groupe NSO. L’enquête de l’ONG Citizen Lab, à la fois plateforme citoyenne et centre de recherches de Toronto, avait démontré que le logiciel Pegasus de ce groupe permettait, non seulement de placer un téléphone sous écoute, mais également d’ouvrir son micro ou d’allumer sa caméra. Près de 1 400 utilisateurs de cette messagerie instantanée avaient été ciblés, selon l’ONG, dont des opposants et activistes rwandais en exil, proches de groupes armés basés en RDC.

    L’étrange disparition du chanteur rwandais Ben Rutabana

    En cette fin d’année 2019, d’autres événements passent plus inaperçus: ceux-là concernent le Rwanda National Congress. Ce parti avait été créé en décembre 2010 par des dissidents du président Paul Kagame, parmi lesquels son chef d’état-major, le général Kayumba Nyamwasa, son chef des renseignements extérieurs, le colonel Patrick Karegeya, son directeur de cabinet, Théogène Rudasingwa et un ex-procureur général du Rwanda, Gerald Gahima. Cette même année, le général Nyamwasa est victime d’une tentative d’assassinat. Deux ans plus tard, le 31 décembre 2013, c’est Patrick Karegeya qui succombe, étranglé dans une chambre d’hôtel de Johannesburg. À l’époque, le président des FDLR, Victor Byiringiro, dénonce l’assassinat de « ce garçon » qui a « beaucoup fait » pour casser la méfiance entre anciens ennemis. Tout comme Paul Kagame, Kayumba Nyamwasa est accusé par les rebelles et hommes politiques hutus rwandais d’avoir systématiquement massacré combattants et civils hutus au Rwanda, puis pendant les deux guerres du Congo.

    Le 8 septembre 2019, c’est un autre membre influent du RNC qui se volatilise : le chanteur franco-rwandais Ben Rutabana. Il s’était signalé pour la dernière fois ce jour-là à la frontière entre l’Ouganda et la République démocratique du Congo. Selon un de ses proches, il devait la traverser dès le lendemain et rallier des combattants du RNC réfugiés dans le groupement de Binza, sur le sol congolais. « Ben » était plus qu’un chanteur populaire. Ancien de l’Armée patriotique rwandaise [APR, rébellion de Paul Kagame, NDLR], il appartient à une des familles tutsies les plus connues du Rwanda. Il est à la fois le beau-frère d’Assinapol Rwigara, financier de la rébellion de Paul Kagame, mort dans un accident de voiture suspect, et oncle de Diane Rwigara, l’une des dernières opposantes à vivre encore au Rwanda. Cette disparition crée de vives tensions au sein du RNC. Des proches de Ben Rutabana soupçonnent Kayumba Nyamwasa d’en être responsable et d’avoir demandé à ses alliés ougandais d’arrêter ce rival. Sur plainte d’une ONG américaine animé par un ressortissant rwandais, un tribunal ougandais demandera même aux services de sécurité ougandais de produire Ben Rutabana, en vain. Pour justifier ses soupçons, l’entourage du chanteur évoque des différends entre les deux hommes et la suspension de Ben Rutabana des instances de direction du RNC, alors même qu’il est porté disparu.

    Mais un autre hypothèse circule dans l’est du Congo, celle du dernier coup porté au RNC et à sa branche armée au Sud-Kivu. Cette disparition émeut jusqu’au sein de la communauté banyamulenge [Tutsis congolais, NDLR], de plus en plus hostile au régime de Kigali et qui dit se retrouver prise en étau. Depuis le changement de Constitution au Rwanda en 2015 qui annonçait le troisième mandat de Paul Kagame, dans le plus grand secret, le RNC est devenu plus qu’un simple parti politique. Il s’est implanté dans les Hauts Plateaux du Sud-Kivu, au sein de cette communauté et avec le soutien de certains officiers FARDC, mais connaît depuis plusieurs mois des revers militaires. « Ben Rutabana était le chef des opérations militaires du RNC au Congo, il a été tué comme les autres par un commando des forces spéciales rwandaises au Nord Kivu », croit savoir un ancien rebelle banyamulenge. « Il devait rejoindre les rescapés de son groupe armé qui était parti de chez nous à Bijombo dans les Hauts Plateaux, ils ont presque tous été décimés ou capturés en juin 2019 dans le Masisi par l’armée rwandaise. C’était la guerre totale. » Vingt-cinq d’entre eux seront présentés le 2 octobre 2019 devant le tribunal militaire rwandais de Nyamirambo. Officiellement, ils n’ont été que « récemment » capturés par l’armée congolaise et extradés à Kigali.

  • Selon GEC, L’armée rwandaise en RDC «constitue une violation de l’embargo sur les armes»

    Selon GEC, L’armée rwandaise en RDC «constitue une violation de l’embargo sur les armes»

    -Y a-t-il des militaires rwandais qui opèrent sur le sol congolais ? La société civile et des députés du Nord-Kivu dénoncent aujourd’hui ce qu’ils qualifient d’envahissement. Ils en appellent aux chefs d’État de la région et demandent à ce que le mécanisme de vérification mis en place par la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) vienne constater cette présence. Le Groupe d’études sur le Congo (GEC) et Human Rights Watch ont régulièrement signalé à travers leur plateforme de surveillance, Kivu Security Tracker, ces allégations. Jason Stearns est le directeur du GEC, centre de recherche de l’université de New York. Il répond aux questions de Sonia Rolley.

    RFI : Avez-vous pu confirmer la présence de militaires rwandais en ce moment sur le sol congolais ?

    Jason Stearns : Nous avons reçu des rapports des différents points focaux que nous avons sur le terrain et de nos interlocuteurs au sein de la société civile d’une présence des militaires rwandais, les RDF, dans le Rutshuru dans les opérations, en soutien aux opérations FARDC contre les FDLR là-bas (ndlr : rebelles hutus rwandais). On ne sait pas exactement l’échelle de cette présence ou de ce soutien. Mais on s’imagine que cela fait partie d’une série d’opérations que l’armée rwandaise a menée avec les FARDC contre les FDLR ou du groupe dissident des FDLR, le CNRD. Et ces opérations ont lieu depuis l’année passée.

    Ça veut dire que la présence rwandaise serait régulièrement sur le sol congolais depuis un an ?

    Alors, c’est un peu compliqué de parler de la présence des militaires rwandais dans l’est du Congo parce que si on regarde bien, cette présence n’a presque jamais cessé depuis la fin de l’occupation officielle par l’armée rwandaise qui s’est terminée en 2002. C’est-à-dire que depuis cette époque, il y a souvent une présence rwandaise et notamment un soutien rwandais aux différents groupes armés dans l’est du Congo, avec des périodes d’intensification comme à l’époque du M23. La présence rwandaise était principalement en appui au M23 contre le gouvernement congolais.

    Ce qu’on a constaté depuis lors, c’est un revirement dans la nature de cette présence. C’est-à-dire que depuis 2014 environ, l’armée rwandaise est là en collaboration ou avec l’accord tacite de l’armée congolaise et du gouvernement rwandais. Et là aussi, avec des périodes d’intensification. Ce qu’il faut constater, c’est que depuis l’arrivée au pouvoir du président Tshisekedi, on a vu une de ces périodes d’intensification avec plusieurs opérations de l’armée rwandaise sur le sol congolais depuis l’année passée.

    Mais est-ce que ce soutien à l’armée congolaise ne devrait pas être signalé au Conseil de sécurité de l’ONU ?

    Cette présence de militaires rwandais constitue en principe une violation de l’embargo sur les armes des Nations unies. Tous les États membres des Nations unies devraient notifier toute fourniture d’assistance militaire au gouvernement congolais. Donc évidemment, ça n’a pas été le cas. Le Conseil de sécurité n’a pas ce constat, même si le personnel des Nations unies sur le terrain est informé pas seulement de cette présence aujourd’hui, mais aussi dans le passé.

    Qu’est-ce que vous recommandez aujourd’hui ?

    Il y a plusieurs niveaux de problèmes par rapport à la présence de l’armée rwandaise au Congo. Le premier, c’est le manque de transparence. Cette armée est là. On ne sait pas exactement combien ils sont, on ne sait pas non plus vraiment ce que ces militaires sont en train de faire. Mais ils mènent des opérations d’envergure sur le sol congolais depuis un certain temps, avec l’aval des autorités congolaises. Je pense qu’il serait beaucoup mieux si cette collaboration était officielle et pas tacite. Comme ça, on pourrait demander une certaine redevabilité. On pourrait savoir ce qu’ils font, combien ils sont et pourquoi ils sont venus opérer sur le sol congolais.

    L’autre niveau de problème, c’est la manière dont ils opèrent en RDC. Par exemple, il y a des allégations crédibles de massacres conduits par l’armée rwandaise contre la population réfugiée rwandaise dans le territoire de Kalehe, des dependants de rebelles du groupe armé CNRD. Donc ce n’est pas seulement qu’ils sont là pour opérer contre les rebelles rwandais, mais cela a des répercussions considérables sur les populations civiles et réfugiées.

  • Vital Kamerhe reste en prison et d’autres auditions en vue

    Vital Kamerhe reste en prison et d’autres auditions en vue

    -La justice a décidé de maintenir en détention le directeur de cabinet du président Felix Tshisekedi Vital Kamerhe, et restera au moins 15 jours de plus derrière les barreaux.

    Il a été placé en détention préventive jeudi dernier pour des soupçons de détournements des fonds alloués au programme d’urgence du président au pouvoir depuis janvier 2019.

    Le tribunal estime que M. Kamerhe est superviseur des travaux des 100 jours et soutient qu’il a aussi piloté les opérations des marchés publics de gré à gré, lesquels, affirme le tribunal, ont conduit au détournement de fonds publics.

    Selon le parquet, dont les arguments sont développés dans l’ordonnance, le chef du cabinet de Felix Ts ahisekedi aurait notamment octroyé un marché de livraison des maisons préfabriquées à Samibo Congo Sarl, une société que l’accusation juge « fictive ».Cette société avait obtenu ce marché d’un montant de 57 millions de dollars dont 47 millions avaient été débloqués en liquide et n’ont jamais servi à l’achat de maisons.

    Autre dossier selon l’accusation : un achat controversé de produits pharmaceutiques pour dix millions de dollars.  Le marché avait été octroyé à Trade Plus, une entreprise qui avait reçu 10 millions de dollars pour la fourniture des médicaments.

    Le scandale est que cette société n’est pas du domaine et ne tient qu’une quincaillerie. Elle avait fourni des produits, en grande partie périmés, mais le ministre de la Santé, Eteni Longondo, les avaient curieusement déclarés conformes.

    Dans ce dossier, Vital Kamerhe soutient qu’il n’est en rien responsable et balaye d’un revers de la main d’autres accusations. Selon lui, tous ces marchés publics ont été hérités du dernier gouvernement du régime de Joseph Kabila.

    Il soutient aussi qu’aucun marché de gré à gré ne porte sa signature. Autre argument du chef de cabinet : il affirme qu’il n’est pas de sa responsabilité de suivre l’affectation des fonds payés par la banque centrale dans les comptes desdites entreprises.

    D’autres auditions devraient aussi avoir lieu dans le cadre de l’instruction du dossier et d’autres personnalités en vue pourraient être appelés en audition durant ce laps de temps.

    Le détenu conteste enfin que plusieurs personnalités chargées de la supervision des travaux, parmi lesquelles le gouverneur de la banque centrale du Congo (BCC) et des ministres encore en fonction ne sont nullement inquiétés. Le tribunal n’a donc pas entendu ses arguments. La détention dans la prison de Makala se poursuivra encore pendant au moins 15 jours.

  • Liberté provisoire de Vital Kamerhe en suspens – Il a a repondre aux multiples dossiers

    Liberté provisoire de Vital Kamerhe en suspens – Il a a repondre aux multiples dossiers

    -Vital Kamerhe saura ce samedi 11 avril s’il peut quitter la prison de Makala. Le directeur du cabinet du président Tshisekedi a été écroué jeudi, soupçonné par la justice congolaise de fautes graves de gestion et de détournements de fonds dans le cadre du « programme des 100 jours ». Le tribunal de Kinshasa – Matete va statuer ce samedi après-midi sur sa mise en liberté provisoire ou non en attendant d’éventuelles confrontations qui sont de moins en moins à l’ordre du jour.

    Après l’arrestation de Vital Kamerhe, du côté de l’accusation comme de la défense, on assurait qu’il serait très vite confronté à ses contradicteurs. Mais finalement vendredi, le procureur a préféré poursuivre les auditions. Il a notamment entendu un responsable du secrétariat général de la santé sur une affaire d’achats de produits pharmaceutiques. Un des multiples dossiers sur lesquels le directeur de cabinet aura à répondre.

    En attendant, il fallait régulariser sa détention. Une audience s’est tenu en prison. Son avocat Me John Kaboto, plaide pour une liberté provisoire. « Les indices de culpabilité qui pourrait peser sur sa personne ne sont pas établis. Il a fourni beaucoup de pièces très convaincantes et nous avons trouvé qu’il était bon qu’on lui accorde la liberté provisoire, pour que monsieur Kamerhe continue à coopérer et collaborer avec la justice. »

    Pour cette audition supplémentaire, Vital Kamerhe a eu recours aux comptables susceptibles de prouver ses dires.

    Quant aux confrontations, l’accusation se rétracte : elles ne devraient plus avoir lieu avant la semaine prochaine. Ce délai serait, de source judiciaire, pour recueillir de nouvelles dépositions et documents de nature à éclairer les agissements du directeur de cabinet du président.

    Dans ce contexte, la campagne « Le Congo n’est pas à vendre » interpelle les autorités politiques comme judiciaires. Elle rappelle que plusieurs autres scandales ont entaché, y compris ces derniers mois, l’Etat congolais. L’affaire des 128 millions de la Gécamines, des 15 millions des produits pétroliers pour ne citer que celles-là sous l’époque Tshisekedi. Mais pour ce collectif d’ONG congolaises et internationales, il faut aussi s’intéresser au passé, pour que les millions détournés sous le régime de Joseph Kabila soient restitués au trésor public.

  • Qui est Vital Kamerhe!

    Qui est Vital Kamerhe!

    -Vital Kamerhe est sur le devant politique de la scène en République démocratique du Congo depuis la chute de Mobutu. L’homme du Sud-Kivu (Bukavu) avait occupé plusieurs fonctions dans divers cabinets ministériels au milieu des années 90 mais sa carrière politique démarrera vraiment avec l’entrée à Kinshasa de Mzee Laurent Désiré Kabila en 1997.

    Depuis, son idylle avec le clan Kabila n’a cessé de fluctuer. En 2006, c’est lui va porter la campagne électorale du jeune Joseph Kabila. Son sens de la formule, sa capacité à s’exprimer dans les cinq langues nationales, placent ce hâbleur au-devant de la scène.
    Kabila installé au pouvoir, Vital Kamerhe reçoit le perchoir de l’Assemblée nationale. L’homme est ambitieux. Un courtisan qui a le don pour se fâcher avec ses “amis” politiques. “Un vrai petit Mazarin”, dit de lui un de ses anciens condisciples du parti de Kabila. “Capable de servir les uns et les autres pour se servir lui-même. Mais ça ne dure jamais longtemps”.

    Première approche avec un Tshisekedi

    De fait, l’homme tombe en disgrâce en 2009. Quelques mois plus tard, il crée son propre parti politique l’Union pour la Nation congolaise. Il se présente à la présidentielle de 2011. Durant la campagne, il va tenter un rapprochement avec Etienne Tshisekedi. “Mais le Sphynx de Limete se méfie de cet ancien allié de Kabila qui aurait conservé des liens avec son ancien patron”, explique un proche de l’ancien leader de l’opposition congolaise. Kamerhe, lui, impute “ce rendez-vous manqué” au “Vieux”. “Il y a eu des contacts”, nous expliquait Kamerhe en 2015, à Kinshasa, mais “le Vieux ne voulait pas partager le pouvoir. Je n’étais qu’un outil pour lui. On a vraiment raté un rendez-vous”, expliquait-il.
    Trois ans plus tard, Vital Kamerhe se retrouve à la table des négociations avec Tshisekedi. Mais cette fois, ce n’est plus le “Vieux” mais son fils Félix. Les deux hommes cherchent à se positionner dans la course à la présidentielle de 2016 reportée à 2018. Kamerhe ne s’est jamais débarrassé de son étiquette de proche de Kabila, ce qui lui vaut le surnom de “Kamerhéon”, l’homme qui est capable de changer de couleur au gré de la faune politique qui l’entoure. Félix Tshisekedi, lui, le “fils de”, cherche à exister. Ils rejoignent tous les deux le mouvement “Lamuka”, qui cherche à fédérer toute l’opposition congolaise pour faire obstacle à Joseph Kabila ou à son candidat. Avec des poids lourds comme Bemba ou Katumbi, le duo peut espérer l’emporter.

    Le 11 novembre 2018, Lamuka désigne Martin Fayulu comme candidat, Kamerhe et Tshisekedi l’adoubent… pour moins de 24 heures. Le lendemain, ils annoncent en effet qu’ils reprennent leur soutien « sur pression de leur base » et fondent dans la foulée le mouvement Cach (Cap pour le Changement) sous l’égide du président kényan. Le deal est ficelé. Tshisekedi est candidat à la présidence, Kamerhe prendra le meilleur accessit qu’il trouvera. Le duo peine à mener campagne. L’argent nerf de la guerre se fait rare. Le 24 janvier, après moults arrangements plus opaques les uns que les autres, Tshisekedi reçoit la présidence congolaise des mains de Kabila. Kamerhe sera son directeur de Cabinet. Il lance rapidement, sur injonction du président, le projet des travaux pour les 100 jours. Une volonté de montrer que malgré cette élection… étonnante, les choses bougent. Les projets se multiplient, les contrats – tous de gré à gré – aussi. Les critiques pleuvent. L’argent, beaucoup d’argent, est dépensé sans que les résultats soient visibles. Kamerhe est sur la sellette. Une fois encore, il agace beaucoup de monde. Des hommes d’affaires, un banquier sont arrêtés en lien avec ce projet des 100 jours. Les langues se délient. Le 8 avril Kamerhe est entendu pendant 6 heures. Son sort est scellé. Il est placé sous mandat d’arrêt provisoire et envoyé à la prison centrale de Makala pour détournement de fonds. D’autres inculpations pourraient suivre

  • Apres Vital Kamerhe,Fulgence  Baramos, directeur général du Foner a Makala

    Apres Vital Kamerhe,Fulgence  Baramos, directeur général du Foner a Makala

    -Alors que la Gombe, le centre des affaires de Kinshasa est toujours confiné, que la justice est sensé fonctionner au ralenti à cause des précautions à prendre dans la lutte contre l’épidémie du Covid-19, les arrestations pleuvent dans la capitale congolaise.

    Ce mercredi 8 avril, c’est donc Vital Kamerhe, le directeur de cabinet du président de la République, son alter ego dans la plateforme Cach (cap sur le Changement) qui a été arrêté et placé sous mandat d’arrêt provisoire dans l’enquête sur les travaux opérés dans le cadre du programme des 100 jours.

    Le lendemain, ce jeudi 9 avril, c’est au tour de Fulgence  Baramos, directeur général du Foner (Fonds national d’entretien routier) d’être placé sous mandat d’arrêt par le procureur général de Kinshasa/Gombe. Motif de cette arrestation : le détournement de plus de 20 millions de dollars des caisses du Foner, notamment dans des projets de réhabilitation d’axes routiers dans les Kivus et le Kasaï.

    Fulgence Baramos avait été épinglé à plusieurs reprises, notamment par nos confrères de Politico.cd pour son enrichissement personnel et les multiples biens immobiliers dont il disposait en RDC mais aussi en Aferique du Sud, au Royaume-Uni ou en France.