Category: A la Une

  • Qui est Vital Kamerhe!

    Qui est Vital Kamerhe!

    -Vital Kamerhe est sur le devant politique de la scène en République démocratique du Congo depuis la chute de Mobutu. L’homme du Sud-Kivu (Bukavu) avait occupé plusieurs fonctions dans divers cabinets ministériels au milieu des années 90 mais sa carrière politique démarrera vraiment avec l’entrée à Kinshasa de Mzee Laurent Désiré Kabila en 1997.

    Depuis, son idylle avec le clan Kabila n’a cessé de fluctuer. En 2006, c’est lui va porter la campagne électorale du jeune Joseph Kabila. Son sens de la formule, sa capacité à s’exprimer dans les cinq langues nationales, placent ce hâbleur au-devant de la scène.
    Kabila installé au pouvoir, Vital Kamerhe reçoit le perchoir de l’Assemblée nationale. L’homme est ambitieux. Un courtisan qui a le don pour se fâcher avec ses “amis” politiques. “Un vrai petit Mazarin”, dit de lui un de ses anciens condisciples du parti de Kabila. “Capable de servir les uns et les autres pour se servir lui-même. Mais ça ne dure jamais longtemps”.

    Première approche avec un Tshisekedi

    De fait, l’homme tombe en disgrâce en 2009. Quelques mois plus tard, il crée son propre parti politique l’Union pour la Nation congolaise. Il se présente à la présidentielle de 2011. Durant la campagne, il va tenter un rapprochement avec Etienne Tshisekedi. “Mais le Sphynx de Limete se méfie de cet ancien allié de Kabila qui aurait conservé des liens avec son ancien patron”, explique un proche de l’ancien leader de l’opposition congolaise. Kamerhe, lui, impute “ce rendez-vous manqué” au “Vieux”. “Il y a eu des contacts”, nous expliquait Kamerhe en 2015, à Kinshasa, mais “le Vieux ne voulait pas partager le pouvoir. Je n’étais qu’un outil pour lui. On a vraiment raté un rendez-vous”, expliquait-il.
    Trois ans plus tard, Vital Kamerhe se retrouve à la table des négociations avec Tshisekedi. Mais cette fois, ce n’est plus le “Vieux” mais son fils Félix. Les deux hommes cherchent à se positionner dans la course à la présidentielle de 2016 reportée à 2018. Kamerhe ne s’est jamais débarrassé de son étiquette de proche de Kabila, ce qui lui vaut le surnom de “Kamerhéon”, l’homme qui est capable de changer de couleur au gré de la faune politique qui l’entoure. Félix Tshisekedi, lui, le “fils de”, cherche à exister. Ils rejoignent tous les deux le mouvement “Lamuka”, qui cherche à fédérer toute l’opposition congolaise pour faire obstacle à Joseph Kabila ou à son candidat. Avec des poids lourds comme Bemba ou Katumbi, le duo peut espérer l’emporter.

    Le 11 novembre 2018, Lamuka désigne Martin Fayulu comme candidat, Kamerhe et Tshisekedi l’adoubent… pour moins de 24 heures. Le lendemain, ils annoncent en effet qu’ils reprennent leur soutien « sur pression de leur base » et fondent dans la foulée le mouvement Cach (Cap pour le Changement) sous l’égide du président kényan. Le deal est ficelé. Tshisekedi est candidat à la présidence, Kamerhe prendra le meilleur accessit qu’il trouvera. Le duo peine à mener campagne. L’argent nerf de la guerre se fait rare. Le 24 janvier, après moults arrangements plus opaques les uns que les autres, Tshisekedi reçoit la présidence congolaise des mains de Kabila. Kamerhe sera son directeur de Cabinet. Il lance rapidement, sur injonction du président, le projet des travaux pour les 100 jours. Une volonté de montrer que malgré cette élection… étonnante, les choses bougent. Les projets se multiplient, les contrats – tous de gré à gré – aussi. Les critiques pleuvent. L’argent, beaucoup d’argent, est dépensé sans que les résultats soient visibles. Kamerhe est sur la sellette. Une fois encore, il agace beaucoup de monde. Des hommes d’affaires, un banquier sont arrêtés en lien avec ce projet des 100 jours. Les langues se délient. Le 8 avril Kamerhe est entendu pendant 6 heures. Son sort est scellé. Il est placé sous mandat d’arrêt provisoire et envoyé à la prison centrale de Makala pour détournement de fonds. D’autres inculpations pourraient suivre

  • Apres Vital Kamerhe,Fulgence  Baramos, directeur général du Foner a Makala

    Apres Vital Kamerhe,Fulgence  Baramos, directeur général du Foner a Makala

    -Alors que la Gombe, le centre des affaires de Kinshasa est toujours confiné, que la justice est sensé fonctionner au ralenti à cause des précautions à prendre dans la lutte contre l’épidémie du Covid-19, les arrestations pleuvent dans la capitale congolaise.

    Ce mercredi 8 avril, c’est donc Vital Kamerhe, le directeur de cabinet du président de la République, son alter ego dans la plateforme Cach (cap sur le Changement) qui a été arrêté et placé sous mandat d’arrêt provisoire dans l’enquête sur les travaux opérés dans le cadre du programme des 100 jours.

    Le lendemain, ce jeudi 9 avril, c’est au tour de Fulgence  Baramos, directeur général du Foner (Fonds national d’entretien routier) d’être placé sous mandat d’arrêt par le procureur général de Kinshasa/Gombe. Motif de cette arrestation : le détournement de plus de 20 millions de dollars des caisses du Foner, notamment dans des projets de réhabilitation d’axes routiers dans les Kivus et le Kasaï.

    Fulgence Baramos avait été épinglé à plusieurs reprises, notamment par nos confrères de Politico.cd pour son enrichissement personnel et les multiples biens immobiliers dont il disposait en RDC mais aussi en Aferique du Sud, au Royaume-Uni ou en France.

  • Fini la recreation: Vital Kamerhe passe sa premiere nuit a Makala

    Fini la recreation: Vital Kamerhe passe sa premiere nuit a Makala

    -Vital Kamerhe, directeur de cabinet du Président Félix Trshisekedi et président du parti UNC vient d’être placé sous mandat d’arrêt provisoire ce mercredi 8 avril. Il est conduit à la prison centrale de Makala en attendant la suite de l’instruction du dossier de détournement des fonds alloués au projet des 100 jours du Président de la République.

    Cette décision a été prise après son audition par le parquet général près la cour d’appel de Kinshasa-Matete. C’est depuis 13h que le procureur général l’auditionnait en rapport avec les enquêtes judiciaires sur le programme d’urgence de 100 jours du Président Félix Tshisekedi.

    Le parquet cherche obtenir de lui notamment les renseignements sur son rôle dans la passation des marchés, la procédure, le décaissement des fonds affectés aux travaux des sauts-de-mouton et logements sociaux.

    Jusque-là, M. Kamerhe était entendu à titre de renseignant afin de faciliter le travail du parquet pour une meilleure administration de la justice dans ce dossier.

    L’audition a pris fin vers 17h40’. Mais le directeur de cabinet de Tshisekedi ne quitte pas le parquet. Il lui est signifié son arrestation provisoire.

    Selon les sources du parquet, un directeur de cabinet est un administratif, un justiciable comme tout le monde, et ne jouit pas de privilège de juridiction. Vital Kamerhe pourra être jugé soit par un tribunal de grande instance soit par la cour d’appel. Il encourt 20 ans de prison, s’il est définitivement reconnu coupable, lors d’un éventuel procès.

  • Test d’un vaccin en Afrique: le médecin et le chercheur présentent leurs excuses

    Test d’un vaccin en Afrique: le médecin et le chercheur présentent leurs excuses

    -Lors d’une séquence diffusée le 1er avril sur la chaîne française LCI, un médecin, chef de service à l’hôpital Cochin à Paris, et un chercheur de l’Inserm, l’Institut français de la recherche médicale, évoquaient l’idée de tester un vaccin contre le coronavirus en Afrique. Leurs propos ont provoqué la colère et l’indignation de nombreux internautes.

    « L’Afrique n’est pas un laboratoire », « Nous ne sommes pas des rats de labo », autant de slogans apposés sur une carte de l’Afrique et relayés massivement ces derniers jours sur les réseaux sociaux. Autant de réactions à l’hypothèse d’un test de vaccin BCG sur le continent émise par Camille Locht et Jean-Paul Mira, lors d’un échange mercredi 1er avril sur LCI.

    Des excuses et des tentatives d’explication

    Après avoir déclenché la polémique, ils tentent de l’éteindre. Ce vendredi 3 avril, l’Inserm a déclaré que le chercheur Camille Locht, interrogé deux jours plus tôt sur la chaîne française, présentait ses excuses. Ce dernier souligne « qu’il n’a tenu aucun propos raciste », « que les conditions de l’interview ne lui ont pas permis de réagir correctement ». Son intention était selon lui d’affirmer que « tous les pays devront pouvoir bénéficier des fruits de la recherche ».

    En face, l’Assistance publique des hôpitaux de Paris pour laquelle travaille Jean-Paul Mira a également réagi. Le directoire de l’AP-HP se dit « choqué » par les propos du médecin qui fait lui aussi son mea culpa : « Je veux présenter toutes mes excuses à celles et à ceux qui ont été heurtés, choqués, qui se sont sentis insultés par des propos que j’ai maladroitement prononcés », déclare le chef de service de médecine intensive et réanimation à l’hôpital Cochin.

    Réaction du ministère français des Affaires étrangères

    En tout cas, la polémique est telle que le ministère français des Affaires étrangères s’est exprimé vendredi 3 avril. Il déclare pour sa part que les propos tenus sur LCI « ne reflètent pas la position des autorités françaises ».

    Et dans une volonté de marquer le soutien de Paris dans cette crise sanitaire, le Quai d’Orsay précise que le président Emmanuel Macron s’est entretenu vendredi par visioconférence avec une dizaine d’homologues africains « pour faire un état des lieux et voir comment appuyer les efforts du continent ».

  • A Lubumbashi un Bus de la ferme de Joseph Kabila incendié

    A Lubumbashi un Bus de la ferme de Joseph Kabila incendié

    -Lubumbashi a de nouveau été témoin de scènes de violence tôt ce 1er avril.

    Tout a commencé durant la nuit lorsqu’un changeur de monnaie, par ailleurs  diacre, a été assassiné dans des conditions non élucidées.

    Un nouveau meurtre qui a échauffé les esprits et qui a donné naissance à des affrontements entre les forces de police et les habitants du quartier. Des heurts qui se sont terminés par l’incendie d’un autobus de la ferme ESPOIR, propriété de l’ancien président Joseph Kabila.

    « Le bus se trouvait au mauvais endroit au mauvais moment », explique un Lushois. « Les habitants du quartier de Matshipisha étaient fous de rage quand ils ont découvert qu’un brave homme avait encore été abattu. Ils ne supportent plus l’insécurité. »

    « Et pour les habitants du quartier, il ne fait aucun doute que Joseph Kabila porte une part de responsabilité dans les tensions que nous connaissons aujourd’hui », explique un autre habitant de la capitale du Haut-Katanga. « Le passage de ce véhicule à ce moment précis à cet endroit précis a été vécu comme une provocation par les habitants du quartier. »

    Le Katanga et en particulier la ville de Lubumbashi est particulièrement en colère après les affrontements mortels entre les forces de l’ordre et les manifestants Kata Katangais proches de Gédéon Kyungu, samedi dernier dans différents endroits de la province.

    Avec LLA

  • Vers 6 heures du matin, la milice Bakata Katanga a tente un coup de force à Lubumbashi, mais elle etait etouffee dans un bain de sang

    Vers 6 heures du matin, la milice Bakata Katanga a tente un coup de force à Lubumbashi, mais elle etait etouffee dans un bain de sang

    -Ce samedi 28 mars 2020, les habitants du quartier Golf Malela, à Lubumbashi, et de la commune de Kikula, à Likasi, ont été réveillés par des coups de feu.

    Depuis plusieurs jours, voire plusieurs semaines, les hommes du mouvement Kata Katanga (en faveur de l’indépendance du Katanga) de Gedeon Kyungu faisaient planer la menace d’une attaque sur la ville de Lubumbashi.

    Gabriel Kyungu (ancien gouverneur de la province du Katanga) et Jean-Claude Muyambo, avocat et ancien bâtonnier de Lubumbashi, ont plusieurs fois mis en garde les autorités de la capitale de la province  du Haut Katanga contre le risque que faisaient courir ces hommes pour la paix de la ville et de la province. La résidence de Gedeon Kyungu avait été placée sous surrveillance.

    Une surveillance qui n’a pas suffi à empêcher, ce samedi 28 mars au petit matin, les hommes de la milice kata Katanga de tenter un coup de force à Lubumbashi. Plusieurs dizaines de jeunes gens, la plupart sans arme, ont commencé à marcher dans le quartier Golf Malela où se trouve la résidence de Gedeon Kyungu, considéré comme un proche de l’ancien président Joseph Kabila. Les forces de l’ordre sont rapidement intervenues, des échanges nourris de coups de feu ont été entendus peu après 6 heures du matin.

    Les forces de l’ordre ont rapidement pris le dessus sur ces miliciens du mouvement Kata Katanga. « De nombreux corps étaient allongés par terre », explique un témoin.

    Des témoignages sont aussi arrivés de Likasi. Ici aussi, les Kata Katanga ont tenté une opération qui a tourné au fiasco. La milice a attaqué le centre de détention de la commune de Kikula (une des quatre communes de Likasi) pour libérer les détenus. Ici aussi, l’armée est rapidement intervenue et les hommes de cette milice, le plus souvent désarmés, n’ont pas fait le poids face aux militaires. Différents témoignages font état d’au moins 15 morts à Likasi dans les rangs des assaillants. Un policier, qui se trouvait de faction au centre de détention, a également été tué.

  • Le président Tshisekedi appelle de produire la chloroquine « en quantité industrielle » en urgence

    Le président Tshisekedi appelle de produire la chloroquine « en quantité industrielle » en urgence

    -Le président de la République démocratique du Congo Félix Tshisekedi a estimé mardi qu’il était « urgent » de produire de la chloroquine « en quantité industrielle » face au coronavirus, faisant allusion au récent communiqué d’une entreprise pharmaceutique installée en RDC. « Il est urgent en effet que soit produite une quantité industrielle de la chloroquine, qui semble avoir montré son efficacité jusqu’à ce jour dans certains pays », a déclaré le président congolais dans une allocution télévisée détaillant de nouvelles mesures face à la pandémie, dont « l’état d’urgence » et l’isolement de Kinshasa du reste du pays.

    Le président a souligné que « tous les scientifiques n’ont pas encore marqué leur unanimité », mais souhaite « réfléchir sans délai » sur « l’opportunité d’une pareille démarche ». Il a fait allusion à un récent communiqué de l’usine pharmaceutique Pharmakina, installée à Bukavu dans l’est de la RDC.

    Dans ce communiqué, Pharmakina affirme qu’elle est disposée « à fournir de la quinine aux chercheurs disposés à travailler sur cette piste de la recherche scientifique ».

    Les avis sont partagés sur l’effet contre le SARS-Cov-2, le virus qui provoque le Covid-19, de la chloroquine, un antipaludéen bon marché, et de son dérivé, l’hydroxychloroquine.

    L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) appelle à la prudence et « condamne l’usage de médicaments sans preuve de leur efficacité ».

    En France, le ministre de la Santé Olivier Véran a indiqué lundi qu’il s’apprêtait à autoriser le traitement par hydroxychloroquine mais uniquement pour les formes graves et dans un cadre hospitalier « sur décision collégiale des médecins ».

    Mi-février, des chercheurs chinois ont affirmé avoir eu des résultats positifs avec des essais cliniques portant sur une centaine de malades du Covid-19 dans une dizaine d’hôpitaux.

    En France, une équipe a testé des patients à Marseille (sud) et obtenu des résultats qu’elle a qualifié de positifs mais sur un très petit échantillon.​

    Avec LLA

  • Plus de 85% congolais vivent de l’économie informelle: comment respecter les consignes de sécurité-coronavirus

    Plus de 85% congolais vivent de l’économie informelle: comment respecter les consignes de sécurité-coronavirus

    -De nombreux habitants de Kinshasa ne respectaient pas, jeudi, les consignes de sécurité contre la propagation du coronavirus, rendues publiques mercredi soir par le président Félix Tshisekedi.

    Des reportages de nos confrères de Kinshasa et des échos qui nous sont parvenus de Kinshasa indiquent que les Kinois sont très nombreux à faire fi des consignes de sécurité contre la propagation du coronavirus.

    Par indiscipline comme le montre la fréquentation jeudi de bars, dont la fermeture a pourtant été décrétée. Ou encore, bien que les cultes aient été interdits pour quatre semaines, des célébrations religieuses réunissant plus que le maximum de 20 personnes autorisé.

    Incapacité d’agir autrement

    Mais ce non-respect des consignes est aussi lié à une incapacité d’agir autrement. Ainsi, comment se passer de transport dans une ville qui s’étend sur plus de 40 km ? Les Kinois sont donc nombreux à se presser aux arrêts et dans les bus et taxis collectifs, sans respect de la distance sanitaire d’un à deux mètres entre personnes.  Trop pauvre pour faire des réserves, ils sont des milliers à devoir se rendre chaque jour au marché pour se ravitailler.

    Et si beaucoup ont célébré la résilience des Congolais, dont plus de 85% vivent de l’économie informelle, force est de constater, aujourd’hui, qu’ils ne peuvent arrêter le travail pour respecter le confinement sanitaire alors qu’ils sont des millions à vivre au jour le jour, privés d’eau et de nourriture s’ils ne sortent pas de chez eux.

    Le Congo comptait jeudi 14 cas, dont 10 « importés » et 4 avec contact local avec les précédents.

  • Des mesures contre le Covid-19 annoncees par le President Felix Tshisekedi

    Des mesures contre le Covid-19 annoncees par le President Felix Tshisekedi

    -La RDC a annoncé mercredi 18 mars avoir enregistré 14 cas de Covid-19 sur son territoire. Dans la soirée, Félix Tshisekedi a annoncé une batterie de mesures pour limiter la propagation. C’est le médecin spécialiste en virologie Jean-Jacques Muyembe, coordinateur de la lutte contre le virus Ebola, qui est désormais chargé de celle du Covid-19.

    « Nous ne sommes qu’au début de cette pandémie. Il s’agit d’une menace sérieuse qui appelle des mesures musclées », a dit le chef de l’État congolais, dans son message.

    Mesures bien connues désormais puisque déjà mises en place ces derniers jours dans de nombreux pays du monde.

    Sur le plan interne, tous les rassemblements, réunions, célébration de plus de vingt personnes sur les lieux publics sont interdits. Les écoles et les universités sont fermées pour une durée d’un mois à dater de ce jeudi.

    Tous les cultes publics ainsi que les activités sportives dans les stades et autres lieux de regroupement sont également suspendues. Discothèques, bars, cafés et restaurant ne peuvent pas non plus ouvrir jusqu’à nouvel ordre. D’autres types de rassemblement comme les deuils sont être soumis à une réglementation particulière, « interdits dans les salles et domiciles », « les dépouilles mortelles étant conduites directement de la morgue jusqu’au lieu d’inhumation en nombre restreint d’accompagnateurs », a précisé le chef de l’État.

    Félix Tshisekedi a également « décidé de suspendre jusqu’à nouvel ordre tous les vols en provenance des pays à risque et des pays de transit ».

    L’opposition propose de revoir de la loi budgétaire

    Le président congolais a confié la coordination de la riposte au virologue Jean-Jacques Muyembe, celui-là même qui a dirigé la lutte contre l’épidémie de la maladie à virus Ebola.

    Félix Tshisekedi a aussi annoncé qu’une réunion dite inter-institutionnelle sera très prochaine organisée pour examiner le mode de fonctionnement de l’État en cette période exceptionnelle.

    Pour le député d’opposition Christophe Lutundula, l’annonce de ces mesures est à saluer, mais il s’inquiète du manque de moyens. Il ne va pas falloir avoir honte, dit-il, de faire appel aux bailleurs de fonds.

    « Il se pose un problème de moyens, tant pour la prévention que pour les traitements, il y a des problèmes d’équipements médicaux spécialisés, des appareils. il va falloir absolument une importante mobilisation de ressources, et pourquoi pas voir si l’un ou l’autre de nos partenaires peut nous porter secours, il n’y a pas de honte à avoir. Même pour Ebola, nous n’avons pas refuser de recourir à l’assistance de ceux qui peuvent nous aider à quelque chose », développe l’élu. Pour lui, il va être « absolument nécessaire de revoir la loi budgétaire et les affectations des recettes ».

  • Une milice locale viole et tue en toute impunité en Ituri

    Une milice locale viole et tue en toute impunité en Ituri

    Amputé de trois doigts à la main gauche, l’abbé Guy-Robert Mandro porte dans sa chair la marque du regain de violences en Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, où une cinquantaine de civils ont été tués depuis début mars, et plus de 700 depuis fin 2017.

    Le bilan s’alourdit vite: une quinzaine de civils ont été tués dans le nuit de dimanche à lundi, rapportent des sources locales.

    L’abbé Mandro a croisé ses bourreaux il y a une semaine après la messe. “Un groupe de jeunes gens m’a approché. Ils m’ont administré des coups de machette au niveau de la tête. Je me suis protégé, c’est comme cela que j’ai perdu les trois doigts”, raconte le curé de Fataki, une localité à 80 km au nord du chef-lieu provincial Bunia.

    L’Unicef affirme que 76 personnes ont été tuées en Ituri depuis décembre

    Evacué en hélicoptère vers Bunia, opéré pendant des heures, l’homme d’église est en convalescence dans une chambre de la cure du diocèse, les deux mains bandées. Son entourage espère qu’il pourra bénéficier d’une prothèse pour continuer à célébrer la messe sans être gêné par sa main amputée.

    Valérie (prénom changé pour raisons de sécurité), 44 ans, affirme s’être cachée sous la paroisse pendant l’attaque. En vain. “Trois parmi les agresseurs m’ont violée à tour de rôle”, raconte-t-elle.

    Réfugiée à Bunia, Valérie témoigne dans les locaux de la Sofepadi, une ONG qui “répare les femmes” victimes de violences sexuelles, sur le modèle de la clinique Panzi à Bukavu du gynécologue Denis Mukwege, Prix Nobel de la paix 2018, le bloc opératoire en moins.

    Sept morts en Ituri où séjourne Michelle Bachelet

    Parmi les victimes, Tania, 34 ans, raconte qu’elle a accouché le 16 février, une semaine après sa propre fille aînée Sofia, lycéenne de 17 ans (prénoms changés).

    La mère précise que les deux bébés sont nés d’un viol collectif par des assaillants près de Bunia. Son neveu, qui conduisait la moto, a été décapité, sous leurs yeux.

    “Sofia voulait se suicider quand on l’a informée qu’elle était enceinte”, raconte Tania.

    L’adolescente a retrouvé la force de reprendre sa dernière année de lycée, et d’accoucher d’un petit garçon dont “elle s’occupe très bien”, affirme sa mère, cinq enfants au total.

    Un milicien condamné à perpétuité pour de nombreux viols et meurtres

    Elle a oublié le jour exact de l’attaque. C’était fin mai-début juin 2019, lors d’une nouvelles flambée des violences commencées en décembre 2017.

    Ces exactions ont fait au total plus de 700 morts et des milliers de déplacés, d’après les Nations unies qui dénoncent un possible “crime contre l’humanité”.

    – Une communauté visée –

    Les violences sont attribuées à une milice, la Coopération pour le développement du Congo (Codeco).

    “L’évêque a dit que c’est une secte religieuse”, raconte un proche du curé amputé des trois doigts, l’abbé Eric.

    “Ils ont un culte tous les lundis et les jeudis. Ils ne vont pas aux champs ces jours-là. Ils interdisent certains légumes et la viande de porc”, énumère un responsable du territoire de Djugu, l’épicentre des violences.

    Sept morts en Ituri où séjourne Michelle Bachelet

    Les miliciens agissent par petits groupes dans les territoires dominés par les Lendu, une des principales communautés de l’Ituri, des agriculteurs principalement.

    Et la Codeco cible en grande majorité une communauté voisine, les Hema, éleveurs et commerçants.

    Une guerre entre milices Lendu et Hema a fait des dizaines de milliers de morts entre 1999 et 2003.

    Face aux nouvelles violences, les Hema n’ont pas reconstitué de milices, s’en remettant à l’autorité de l’Etat.

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    Ils attendent pour l’instant avec calme l’éventuel retour en Ituri de leur ex-chef de guerre Thomas Lubanga, libéré dimanche après avoir purgé une peine de 14 ans de prison prononcée par la Cour pénale internationale (CPI) pour enrôlement d’enfants lors du conflit des années 2000.

    En juillet, le président congolais Félix Tshisekedi avait promis des opérations militaires pour éliminer la Codeco. Samedi, l’armée a encore affirmé avoir tué plusieurs miliciens.

    Pas de quoi rassurer les déplacés qui continuent d’affluer vers Bunia. “Les miliciens se sont dispersés sur toute l’étendue du territoire. Il y a des exactions qui sont commises partout”, analyse la source administrative à Djugu.

    Force de dissuasion, un bataillon marocain de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco) assure des patrouilles entre Bunia et Djugu, sur environ 70 km, en alternance avec les Casques bleus du Bangladesh.

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    Rien à signaler à l’aller, à part une noria de camions pétroliers en provenance de l’Ouganda et du Soudan du Sud qui partent ravitailler Bunia. Au retour, le commandant de la patrouille marocaine ordonne un détour du convoi, vers la région minière de l’usine d’or de Sokimo.

    La Codeco a attaqué et tué deux civils à 25 km de là, lui indique la police congolaise. Que veulent-ils au juste? “On ne sait pas”, soupire le policier.

    Avec afp/VOA