Category: Afrique

  • Putsch manqué au Burkina: Bassolé exige l’original des enregistrements

    Putsch manqué au Burkina: Bassolé exige l’original des enregistrements


    Par
    RFI

    Publié le 12-01-2019
    Modifié le 12-01-2019 à 11:26

    Au Burkina Faso, les jours se suivent et ne se ressemblent pas pour le parquet militaire et les avocats des parties civiles, au tribunal militaire de Ouagadougou où se tient le procès du coup d’Etat manqué de septembre 2015. Le général Djibril Bassolé a réclamé que le tribunal apporte la version originale des enregistrements sonores qui lui sont opposés. Selon le parquet militaire, les enregistrements ont été effectués par les services de renseignement burkinabè durant le coup de force de septembre 2015. L’ex-ministre des Affaires étrangères réfute cette source et exige la version originale des enregistrements.

    Le général Djibril Bassolé a déclaré qu’aucun contact n’a été établi entre lui et les soldats qui ont arrêté les autorités de la transition, le 16 septembre 2015, et diffusé un communiqué annonçant la dissolution du gouvernement de la transition.

    Quant aux faits de trahison, il exige toujours la source et l’original des enregistrements sonores, en refusant tout commentaire sur le contenu de ces documents.

    « En fait, il faudra comprendre qu’il ne refuse pas d’analyser les éléments sonores avec le parquet. C’est simplement de dire : « si vous, vous me dites d’où cela vient, vous me présentez les originaux. Ensuite, on pourra parler ». Je crois que c’est son droit. C’est ce que la loi prévoit, du reste », a déclaré Maître Dieudonné Bounkoungou, l’un des avocats du général Djibril Bassolé.

    Le général Djibril Bassolé refuse de répondre également aux questions des avocats des victimes. Il pointe du doigt la virulence de leur ton et la violence de leurs propos. Selon maitre Prosper Farama, l’un des avocats des parties civiles, cette défense de l’accusé est légère.

    « Pendant qu’il dit qu’il n’y aurait pas d’écoutes à son égard, il parle d’écoutes sauvages ou de montages de fabrication. Il va à la Cour de justice de la Cédéao [Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest] et il demande à ce que l’Etat du Burkina Faso soit condamné pour l’avoir écouté et ayant, par conséquent, porté atteinte à sa vie privée. Voyez vous-même que c’est contradictoire », a, de son côté, déclaré Maître Prosper Farama.

    Finalement le parquet militaire déclare que les écoutes téléphoniques ont été effectuées par les services de renseignement du Burkina Faso. Affirmation que rejette l’ex-ministre des Affaires étrangères qui exige alors la présentation du document original.

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  • La croissance s’accélère en Afrique subsaharienne

    La croissance s’accélère en Afrique subsaharienne


    Par
    RFI

    Publié le 12-01-2019
    Modifié le 12-01-2019 à 05:11

    Léger ralentissement de la croissance mondiale cette année, à 2,9% au lieu de 3% annoncé il y a 6 mois, selon les prévisions semestrielles de la Banque mondiale. A l’image du reste du monde, l’Afrique subsaharienne devrait connaître une croissance moins robuste que prévu.

    L’économie de l’Afrique subsaharienne poursuit son redressement après un recul provoqué par la chute des prix des matières premières il y a 3 à 4 ans, même si le rythme reste très faible.

    La croissance de la région est passée de 2,6% en 2017 à 2,7% en 2018. Mais cette progression reste inférieure aux prévisions, en raison notamment des difficultés du Nigeria, de l’Afrique du Sud – 1re et 2e économies du continent – ou encore de l’Angola.

    Comme d’autres, ces trois pays n’ont pas eu de recette miracle pour échapper au ralentissement du commerce au niveau mondial, au durcissement des conditions de financement et au décrochage de leurs monnaies face au dollar américain très fort.

    Selon les prévisions de la Banque mondiale, la croissance de l’Afrique subsaharienne devrait s’accélérer cette année, pour atteindre 3,4%. Mais cette performance dépendra de l’amélioration de l’investissement dans les grandes économies et de la poursuite d’une croissance robuste dans des pays pauvres en ressources naturelles, comme un certain nombre de pays membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine, qui ont connu l’année dernière un taux de croissance de 6% ou encore comme l’Ethiopie, avec ses 8,2%.

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  • Législatives en RDC: les pro-Kabila resteraient majoritaires à l’Assemblée

    Législatives en RDC: les pro-Kabila resteraient majoritaires à l’Assemblée


    Par
    RFI

    Publié le 12-01-2019
    Modifié le 12-01-2019 à 06:50

    En RDC, la Commission électorale a finalement publié les résultats des élections législatives dans la nuit. Pendant un peu plus de deux heures, des agents de la Céni ont égrené les noms des 485 députés qui siégeront dans la nouvelle Assemblée nationale, sans préciser néanmoins l’affiliation de ces partis à telle ou telle coalition. Une Assemblée qui ne sera complète qu’en mars après l’élection des quinze députés des trois circonscriptions où le scrutin a été reporté. Mais d’ores et déjà, le parti au pouvoir et ses alliés du FCC pourraient rallier le plus grand nombre de sièges.

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    Avec plus de 250 députés, le parti au pouvoir et ses alliés pourraient garder la majorité à l’Assemblée. Un chiffre qui devrait s’affiner au fil des heures, du décompte, et des alliances qui pourraient se confirmer.

    Du côté de l’opposition, c’est beaucoup moins. La coalition de Félix Tshisekedi a emporté moins de 50 sièges. Ce qui veut dire que si sa victoire à la présidentielle devait être confirmée, Félix Tshisekdi ne pourra pas nommer de Premier ministre sans alliance et n’aura donc pas la main. La plateforme de son concurrent Martin Fayulu, elle, a emporté 59 sièges.

    Sans surprise par contre ont été réélus les grands cadres de la majorité, le président de l’Assemblée nationale précédente par exemple, Aubin Minaku, mais aussi l’ex-ministre de l’Intérieur Evariste Boshab ou encore le directeur de cabinet de Joseph Kabila, Néhémi Mwilanya, tout comme la sœur et le frère du président sortant Joseph Kabila.

    Du côté de l’opposition, la secrétaire générale du MLC, Eve Bazaïba, a été réelue à Kisangani, mais aussi l’ancien Premier ministre Adolf Muzito avec plus de 61 % des voix ou encore le chef de l’UNC, Vital Kamerhe. Martin Fayulu, lui, conserve son siège d’élu à Kinshasa. Le doyen de la nouvelle assemblée, Gabriel Kyungu, est également issu de ses rangs.

    Un peu plus de 18 millions d’électeurs ont participé à cette élection d’après la Commission électorale. La Céni, qui se félicitait aussi que sur les 485 députés, 50 soient des femmes. C’est toujours très minoritaire, mais c’est 10 de plus qu’en 2011. Pour les autres, soit quinze sièges pour les députés de Beni-territoire, Beni-ville, Butembo et Yumbi, « on connaîtra les noms aux élections de mars », a déclaré le président de la Céni, Corneille Nangaa.

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  • Côte d’Ivoire: après l’inculpation d’Ehouo, Lobognon, proche de Soro, recherché

    Côte d’Ivoire: après l’inculpation d’Ehouo, Lobognon, proche de Soro, recherché


    Par
    RFI

    Publié le 12-01-2019
    Modifié le 12-01-2019 à 03:56

    Le feuilleton politico-judiciaire autour de la mairie du Plateau a connu de nouveaux développements vendredi. A la faveur d’une séance d’explications du procureur Richard Adou, on en sait un peu plus sur les motifs de l’inculpation du député PDCI et maire élu du Plateau Jacques Ehouo. Il a notamment indiqué que le montant des détournements présumés atteignait près de 3,5 milliards de FCFA. Par ailleurs, un autre député, proche de Guillaume Soro, est désormais dans le viseur du parquet : l’ancien ministre Alain Lobognon.

    Entre 2004 et 2017, la société de Jacques Ehouo, NegCom, était chargée de collecter, pour le compte de la mairie du Plateau dirigée par son oncle Noël Akossi Bendjo, des taxes municipales de publicités et d’occupation du domaine public. NegCom devait ensuite en reverser 70% à la commune.

    Mais selon le procureur Adou, l’essentiel de ces sommes n’est jamais arrivé dans les caisses de la mairie. D’où l’inculpation de Jacques Ehouo et le mandat d’arrêt lancé contre son oncle, démis de ses fonctions en août dernier et qui vit vraisemblablement en France.

    Depuis le début de cette affaire, les avocats de Jacques Ehouo crient au complot politique destiné à empêcher leur client, vainqueur de l’élection municipale sous la bannière PDCI, d’installer son conseil municipal.

    Par ailleurs, un autre député est dans le collimateur de la justice et fait l’objet d’un avis de recherche. L’ancien ministre des Sports et proche de Guillaume Soro, Alain Lobognon, accusé lui d’avoir annoncé à tort sur Twitter que le parquet avait émis un mandat d’arrêt contre Jacques Ehouo.

    Information qui aurait suscité des troubles selon le procureur qui a lancé une procédure en flagrant délit pour divulgation de fausses nouvelles et incitation à la haine. Le flagrant délit permet selon la loi de passer outre l’immunité parlementaire qui protège théoriquement le député d’une arrestation.

    Alain Lobognon a répondu aussitôt vendredi : « Je me présenterai devant la brigade de gendarmerie pour prouver que je ne suis nullement responsable des faits qui me sont reprochés. »

    Pour le moment, le mandat est national (…) mais il n’est pas exclu qu’on puisse doubler cela par un mandat d’arrêt international…

    Richard Adou

    11-01-2019
    – Par
    Pierre Pinto

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  • Soudan: les manifestations se poursuivent, la répression aussi

    Soudan: les manifestations se poursuivent, la répression aussi


    Par
    RFI

    Publié le 12-01-2019
    Modifié le 12-01-2019 à 03:03

    Voilà plus de trois semaines maintenant que le Soudan est secoué par des manifestations doublées d’une violente répression des autorités. Les marches ont commencé pour protester contre la grave crise économique qui frappe le pays, avant de se transformer en vague anti-gouvernementale, visant particulièrement le président El-Béchir, au pouvoir depuis près de 30 ans. Ce 11 janvier comme chaque vendredi, beaucoup de gens ont manifesté et la colère ne semble pas retomber.

    « Liberté, paix, justice » ont encore crié vendredi 11 janvier les manifestants après la prière du vendredi. Un slogan récurrent depuis le début de la crise. Et encore une fois, les forces anti-émeutes ont réprimé.

    Elles ont tiré des gaz lacrymogènes sur la foule à Khartoum et dans la ville voisine d’Omdourman. Selon des témoins, des hommes armés ont tiré à balle réelle à Halfaya, dans la capitale, sans qu’on connaisse le bilan.

    Plusieurs sources affirment aussi que le médecin-chef de l’hôpital de Toqa a été arrêté après avoir offert des traitements gratuits aux manifestants blessés. La députée Nawal Al Khadr du Popular Congress Party a elle affirmé avoir été interpellée et détenue plusieurs heures.

    En réaction, deux élus ont déposé un recours à l’Assemblée pour violation de son immunité et le meurtre de manifestants. Demande balayée aussitôt par le président du Parlement. Le pouvoir tient toujours, face à des manifestations qui certes persistent, mais ne montent pas en intensité selon les chercheurs.

    L’Association des professionnels a encore appelé à une marche des martyrs dimanche, à Khartoum, et à une marche pour la liberté et le changement, jeudi 17 janvier, dans la capitale et les grandes villes du pays.

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  • RCA: Moscou dément tout lien entre la mort des journalistes et le groupe Wagner

    RCA: Moscou dément tout lien entre la mort des journalistes et le groupe Wagner


    Par
    RFI

    Publié le 12-01-2019
    Modifié le 12-01-2019 à 01:57

    C’est un démenti catégorique des autorités russes après l’enquête menée en République centrafricaine sur l’assassinat des trois journalistes russes tués en juillet dernier dans le nord du pays. Pour Moscou, les trois hommes ont bien été tués par des hommes qui voulaient les dépouiller, et n’ont pas été « piégés » par le groupe de mercenaires privés, sur lesquels ils voulaient enquêter.

    Avec notre correspondant à Moscou,  Daniel Vallot

    La réponse des autorités russes n’a pas tardé et a suivi de moins de 24 heures la publication de l’enquête sur la mort des trois journalistes. Pour le Comité d’enquête russe en charge de l’affaire, les trois hommes ont été « abattus » par des malfaiteurs qui voulaient s’emparer de leur argent et de leur matériel. Moscou reste donc sur la version initiale avancée dès l’été dernier par les autorités russes.

    Dans une enquête rendue publique jeudi 10 janvier, le média Dossier, financé par l’homme d’affaires en exil Mikhaïl Khodorkovski, avançait pourtant une tout autre version des faits. Selon cette enquête, les trois journalistes auraient été suivis en permanence par un gendarme centrafricain, qui se trouvait lui-même en relation avec le groupe Wagner, le groupe de mercenaires russes, sur lequel enquêtaient justement les trois hommes.

    Moscou reste sur sa position, et reproche à l’oligarque en exil de vouloir se disculper de la mort des trois journalistes. C’est en effet pour un média financé par Mikhaïl Khodorkovski que les trois hommes s’étaient rendu en République centrafricaine. Et aux yeux des autorités russes, c’est le manque de préparation de cette mission qui en explique l’issue tragique.

    (Re) lire : Journalistes russes tués en RCA: une enquête et beaucoup de zones d’ombre

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  • Classement des passeports les plus puissants: les Etats africains inégaux

    Classement des passeports les plus puissants: les Etats africains inégaux


    Par
    RFI

    Publié le 12-01-2019
    Modifié le 12-01-2019 à 00:58

    Certains passeports ouvrent des portes, d’autres les ferment. C’est le constat que fait Henley, une société britannique qui les classe en fonction de leur « utilité », c’est-à-dire le nombre de destinations auxquelles ils donnent accès sans aucun visa. Dans le peloton de tête, on trouve les « dragons asiatiques » et, dans le peloton de queue, des pays du Moyen-Orient. Dans ce classement, les Etats africains ne sont pas tous logés à la même enseigne.

    Si on se fie au classement du Henley Passport Index, les citoyens du monde ont intérêt à être citoyens du Japon, de Singapour ou de la Corée du Sud, les premiers du classement. Ces voyageurs-là ont moins souvent besoin de visas que tous les autres. Ils peuvent atterrir dans quelque 190 aéroports sans visa.

    En fin de classement, trois pays du Moyen-Orient : Irak, Afghanistan et Syrie. Eux doivent se contenter d’une trentaine de destinations.

    Sur le continent africain, trois pays font mieux que les autres : Seychelles, Maurice et Afrique du Sud. Leurs ressortissants peuvent atterrir dans plus de cent aéroports sans visa.

    Les trois derniers de la classe africaine sont, sans surprise, la Somalie, l’Erythrée et le Soudan. Entre les uns et les autres, on trouve les pays francophones. Les Etats de la Cédéao font tout de même meilleure figure que ceux de la Communauté des Grands Lacs.

    Henley, qui classe « l’utilité » des passeports depuis 14 ans, constate par ailleurs que deux pays ont fait un grand bond en avant en 2018 : la Chine et les Emirats arabes unis.

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  • RDC: la période de recours pour la présidentielle arrive à échéance

    RDC: la période de recours pour la présidentielle arrive à échéance


    Par
    RFI

    Publié le 12-01-2019
    Modifié le 12-01-2019 à 00:31

    C’est ce samedi que prend fin la période de recours pour la présidentielle contestée en République démocratique du Congo. La Cour constitutionnelle aura ensuite sept jours pour rendre ses décisions avant la proclamation définitive des résultats. L’opposant Martin Fayulu est le seul à avoir confirmé qu’il allait se rendre à la Cour constitutionnelle. Sa coalition Lamuka a assuré que ce dernier a obtenu 61% des voix et non pas les 34,8% annoncés par la Céni.

    Qui va déposer des recours et comment ? Du côté de Cach, la coalition du vainqueur proclamé, Félix Tshisekedi, on dit logiquement ne pas voir l’intérêt d’opérer une telle démarche.

    Tous les partis disaient connaître des difficultés pour faire remonter les informations et procès-verbaux faute d’internet. C’est l’une des raisons avancées par la coalition au pouvoir, le Front commun pour le Congo, pour ne pas avoir encore déposé un recours en faveur de son candidat Emmanuel Ramazani Shadary, alors même que le FCC se dit surpris par ces résultats.

    Son porte-parole, Barnabé Kikaya, assure que leur compilation des résultats se poursuit, mais qu’ils ne sont pas sûrs de pouvoir présenter un recours dans le délai de 48h prévu par la loi.

    Sur les trois principaux candidats à la présidentielle, Martin Fayulu est le seul qui a confirmé son intention de déposer des recours. Même si du côté de sa coalition Lamuka, on évoque toute une série de contraintes : les procès-verbaux volés au cours d’agressions, les PV des résultats compilés et même proclamés qui n’ont jamais été remis par la Céni et surtout le fait que, selon Lamuka, la Cour constitutionnelle est acquise au président sortant Joseph Kabila.

    Du côté de l’opposition en général, comme de la société civile, on craint de voir ladite Cour constitutionnelle invalider les résultats de la présidentielle, plutôt que de les corriger. Une décision qui de facto permettrait à Joseph Kabila de se maintenir au pouvoir.


    Analyse

    Pour Alain-Joseph Lomandja, ancien membre de la mission d’observation de la Cenco en 2011, se basant sur les articles 73 à 76 relatifs au contentieux électoral de la loi électorale, il y a plutôt 3 options si le juge de la Cour constitutionnelle estime que les recours sont recevables, qu’il accepte de les examiner.

    Alain-Joseph Lomandja

    12-01-2019
    – Par
    Léa-Lisa Westerhoff

    Il y a bien sûr la possibilité aussi que le juge de la Cour constitutionnelle rejette les recours s’ils sont jugés irrecevables sur la forme.

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  • La Libye pointe des milices du Soudan et du Tchad dans la lutte interne

    La Libye pointe des milices du Soudan et du Tchad dans la lutte interne


    Par
    Houda Ibrahim

    Publié le 11-01-2019
    Modifié le 11-01-2019 à 23:10

    Sur la liste des mandats d’arrêt émis par le procureur de Tripoli, ce 3 janvier, figurent en plus de 6 Libyens, 22 Tchadiens et 9 Soudanais. Ils sont accusés de participer à des offensives armées qui ont visé les champs pétroliers ainsi que la base militaire de Tamanhent dans le Sud libyen. Ils sont aussi accusés de participer aux guerres fratricides qui déchirent le pays, de menacer la sécurité nationale et de déstabiliser la Libye. Selon les chefs d’accusation, ils sont également impliqués dans des violences et des enlèvements contre rançons. Cette liste manque pourtant de précision et ne fait surtout pas la différence entre les chefs vivant en Libye et ceux qui sont ailleurs. Elle paraît confuse et incomplète.

    Sur les 37 noms cités par les mandats d’arrêt, certains sont ceux de personnalités ne se trouvant pas ou plus sur le sol libyen. Certaines se trouvent même emprisonnées à l’étranger.

    Exemple : à la tête de l’Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD), un mouvement de rébellion tchadien parmi d’autres basé en Libye, Mahamat Nouri vit à Paris depuis des années. Tout comme Kingabé Ougouzeïmi de Tapol, vice-président d’un autre mouvement de rébellion, cité dans la liste et qui affirme lui, n’avoir jamais foulé le sol libyen.

    Si Timan Erdimi, autre responsable d’une rébellion tchadienne basée également dans le sud de la Libye était autrefois dans le pays, c’est à Doha qu’il se trouve désormais la plupart du temps.

    Par ailleurs, trois responsables du Conseil de commandement militaire pour le salut de la République (CCMSR) basé surtout à Sebha dans le sud de la Libye ont été arrêtés au Niger en novembre 2017 puis transférés à Ndjamena, au Tchad, où ils sont emprisonnés.

    Le plus étonnant sur cette liste est le fait que le Libyen Masoud Jeddi soit cité en tant que Tchadien. Ce chef militaire faisait partie des forces sécuritaires du colonel Kadhafi avant de rejoindre la révolte contre le régime libyen en 2011 et d’intégrer le sud. Il est accusé par les autorités d’avoir organisé le mercenariat avec la rébellion tchadienne et soudanaise. Selon plusieurs témoins, il se serait livré à différentes sortes de trafics. En 2018, il a rejoint les forces suppléantes de Khalifa Haftar dans le sud, sous la direction de Mohamad Ben Nayel. Un changement de positionnement considéré par certains habitants de Sebha, comme « une vitrine destinée à protéger ses activités illégales » selon eux.

    Autre Libyen désigné comme Tchadien, Hassan Moussa Kelly, un Toubou impliqué dans l’attaque qui a visé le croissant pétrolier en mars 2016, attaque qui a été dirigée par Ibrahim al-Jadran. Ce dernier est un chef de milice libyen. Il a mis la main pendant des années sur le croissant pétrolier au centre de la Libye. Hassan Moussa Kelly est également accusé d’avoir participé à d’autres attaques visant des bases militaires dans le sud de la Libye.

    Implication soudanaise dans les affaires libyennes

    Quant aux Soudanais qui figurent sur la liste, ils sont tous des responsables de la rébellion au Darfour. Parmi eux, Moussa Hilal est le plus connu. Chef de la tribu Janjawid, il est en prison à Khartoum depuis 2017. Après avoir roulé pendant des années pour Omar el-Béchir, il a retourné sa veste, a créé sa propre milice et a profité des commerces de l’or au Darfour.

    De son côté, Menni Menawi, un des chefs du mouvement de libération du Soudan est accusé, lui, d’avoir fourni de mercenaires soudanais pour combattre dans les rangs des forces du maréchal Khalifa Haftar. Quant à Abdelkarim Chouli, il est aussi accusé de fournir des mercenaires soudanais au maréchal.

    En août 2017, une source au sein du palais présidentiel soudanais a annoncé l’arrestation d’un groupe dépendant de Moussa Helal au Darfour. Selon les autorités à Khartoum, Moussa Helal préparait l’envoi de 1 000 combattants en Libye pour intégrer les rangs de Khalifa Haftar l’homme fort de l’est de la Libye. Ce maréchal avait reconnu lui-même en 2016 avoir eu recours à des mercenaires soudanais au sein de son armée, l’Armée nationale libyenne (ANL).

    Dans un rapport présenté en janvier 2018, le groupe des experts onusiens du Darfour avait mentionné l’existence de mercenaires tchadiens et soudanais du Darfour en Libye. Avoir un salaire est le but ultime de ces mercenaires qui viennent de régions pauvres et marginalisées. Quant aux Libyens, cela constitue pour eux un moyen d’échapper aux paiements de rançons tribales.

    Les mercenaires tchadiens et soudanais sont pratiquement au service de tous les partis libyens à l’est comme à l’ouest et dans le sud.

    La rébellion tchadienne nie son implication, mais…

    Suite à l’émission du mandat d’arrêt par Tripoli, les différents mouvements de la rébellion tchadienne présents en Libye se sont montrés catégoriques : tous ont nié leur implication dans les affaires libyennes et dans les affrontements internes. Affirmation contredite par des faits prouvés sur le terrain. En effet, des dizaines de membres de ces factions sont emprisonnés chez des milices libyennes opposées. Ces mercenaires détenus ont avoué leur appartenance ainsi que leur participation à des guerres fratricides. Les responsables militaires de l’est de la Libye comme de Misrata au centre possèdent une quantité d’informations sur ces mercenaires.

    Des dizaines de Tchadiens ont été capturés par les forces de Khalifa Haftar lors de l’attaque qui a visé le croissant pétrolier en 2017. D’autres, des Soudanais, sont aux mains des milices de Misrata. Ils ont été capturés alors qu’ils combattaient dans les rangs de l’armée de Khalifa Haftar.

    De plus, les partis de la lutte libyenne s’accusent mutuellement de recourir aux services de mercenaires. Khalifa Haftar a accusé à plusieurs reprises les milices islamistes de Misrata de recourir aux services de mercenaires tchadiens. Il a mené plusieurs frappes aériennes visant les bases de ces groupes armés tchadiens dans le sud de la Libye depuis 2017.

    Par ailleurs, des centaines de vidéos circulent sur la toile et montrent l’implication de ces groupes tchadiens.

    Ce mercredi, trois Tchadiens du CCMSR, armés et habillés en militaires ont été tués à Sebha, un autre a été capturé par une milice locale. Des photos et des vidéos postées par des activistes locaux témoignent des violences commises par ces groupes issus de différentes rébellions tchadiennes.

    Autrefois, c’était les membres des groupes armés tchadiens qui diffusaient eux-mêmes des images montrant leur implication dans les violences en Libye. Plus ou peu maintenant car ils se savent surveillés.

    Le tchadien Mohmad Taher Erdimi, neveu de Timan Erdimi, chef de l’Union des forces de la résistance (UFR), autre rébellion tchadienne basée dans le sud de la Libye, avait reconnu sur une chaîne de télévision libyenne que son groupe avait planté des mines dans le sud pour empêcher l’Armée nationale libyenne (ANL) d’avancer. Il avait appelé à élargir les combats contre les forces de Khalifa Haftar.

    Cette implication de la rébellion tchadienne est déjà pointée par le groupe des experts des Nations unies. Elle a été également pointée par la France. En janvier 2017, un arrêté des ministres français de l’Economie et de l’Intérieur a gelé les comptes bancaires de Mahamat Nouri, qui dirige l’Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD) et de Mamat Mahdi Ali, le fondateur du Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (Fact). Tous deux sont accusés de soutenir des actions terroristes. Accusations qu’ils nient toujours.

    Début 2017, des déclarations tchadiennes d’Ahmad Koukari, un responsable sécuritaire, affirment que Khartoum et Ndjamena sont intéressées par « les groupes tchadiens et soudanais qui combattent dans les rangs des parties libyennes ». Ces groupes, selon lui, « sont employés comme des mercenaires en Libye ».

    D’autres rapports internationaux sont allés plus loin en indiquant que ces groupes pouvaient « menacer la sécurité dans des deux pays, le Tchad et la Libye » comme la sécurité de tout le Sahel.

    Tripoli se coordonne-t-elle actuellement avec Ndjamena ?

    Parallèlement au mandat d’arrêt du 3 janvier dernier, les autorités de Tripoli ont annoncé détenir Mohamad Taher Cheikh, ministre de la Défense du CCMSR. Selon plusieurs rébellions, il a été torturé et a livré des noms sous la torture. Son mouvement a appelé à sa libération et à lui garantir l’accès aux médicaments. Son arrestation est une première pour le gouvernement d’union nationale libyen qui est soutenu par les islamistes de Misrata. Selon le CCMSR, Mohamad Taher Cheikh avait disparu il y a trois mois : « On ne savait pas qui l’avait enlevé. On l’a appris par l’annonce du 3 janvier », explique un collègue à lui. Tripoli l’accuse d’avoir coordonné le mercenariat impliquant des rebelles tchadiens et soudanais.

    Face à ce développement, plusieurs membres de la rébellion tchadienne font un constat évident pour eux : « C’est un coup d’Idriss Deby, le gouvernement de Tripoli collabore avec le régime tchadien », affirme un rebelle. « Ce n’est pas étonnant, mais cela ne nous empêchera pas de lutter contre le régime macabre au Tchad », assure ce chef rebelle. « Ce sont des bonnes guerres », conclut-il.

    Le gouvernement d’union nationale à Tripoli a participé durant les derniers mois à plusieurs réunions sécuritaires à Ndjamena et le ministre libyen des Affaires étrangères Mohamad Taher Siala avait dénoncé les exactions menées par « plusieurs milliers de Tchadiens armés sur le sol libyen ».

    Ndjamena avait coupé en 2018 ses relations diplomatiques avec le Qatar, avant de les rétablir quelques mois plus tard. Elle accusait Doha de financer des groupes armés dans le sud de la Libye comme le CCMSR.

    Bandes criminelles et rébellion tchadienne : Quel rapport ?

    Les mouvements de la rébellion tchadienne prennent toujours soin de se dissocier des exactions faites par des bandes de Tchadiens armés dans cette zone désertique qui échappe à l’autorité libyenne et qui est peu peuplée. Certains reconnaissent tout de même que des « éléments incontrôlés » parmi leurs combattants commettent des exactions.

    A la fin de l’année 2018, le nombre de vols de voitures, des banques et les enlèvements de Libyens contre rançons ont plus que doublé, surtout dans des oasis isolées situées en plein désert non loin de la frontière tchadienne. Les habitants de Sebha et des oasis du sud accusent toujours la rébellion tchadienne d’être derrière les exactions qui touchent les civils.

    Les bandes de trafiquants sont nombreuses, elles sont formées de Tchadiens, Toubou en majorité, mais regroupent aussi des Maliens, de Nigériens, des Burkinabè et des Algériens.

    La criminalité transfrontalière a trouvé dans le vide sécuritaire du sud de la Libye un paradis où elle prospère.

    Bandes criminelles et organisation Etat islamique, quels rapports ?

    L’année 2018 a enregistré une multiplication significative de l’activité criminelle des bandes à majorité tchadienne dans cette zone de la Libye. Depuis octobre dernier, plusieurs localités, – Al Fogaha, al Gatroun, Oum el Araneb, Traghen -, ont été attaquées par des bandes munies d’armes lourdes et circulantes en voitures blindées. Ces attaques ont visé des positions de l’armée, des barrages sécuritaires, des postes de police… Lors de ces attaques, des militaires et des civils ont été tués ou enlevés. Des rançons ont été réclamées.

    Fin décembre, la rébellion tchadienne a attaqué une mine d’or près de Tragen, ce qui a fait une quinzaine de morts. Les citoyens locaux et les tribus accusent toujours les Tchadiens sans faire la différence entre bandes criminelles ou rébellion. Parfois c’est l’organisation Etat islamique qui revendique ces mêmes attaques.

    L’augmentation du nombre d’enlèvements contre rançons est notifiée dans un rapport des Nations unies concernant l’état sécuritaire en Libye en ce début d’année.

    Les informations sont opaques et se contredisent parfois. Certaines personnes enlevées puis libérées par l’armée nationale libyenne évoquent des kidnappeurs tchadiens.

    Autres remarques : toutes les attaques suicides revendiquées par le groupe EI en 2018 ont été effectuées par des personnes de type subsaharien.

    Début janvier, un chef soudanais, de l’organisation Etat islamique a été tué à Goudwa, petite localité près de Tragen dans sud de la Libye. Il faisait partie du « groupe du Sahara » formé de ce qui reste de l’EI et d’al-Qaïda ainsi que de toutes les organisations qui en découlent, comme les brigades de défense de Benghazi. Toutes ces organisations ont été chassées de l’est. Ce chef de l’EI et ses hommes ont participé à plusieurs attaques contre l’armée et la police en 2017 et 2018. Ils ont participé aux attaques répétées d’Ibrahim Jadhran contre le croissant pétrolier, tout comme les mercenaires tchadiens.

    La criminalité transfrontalière et le terrorisme ont de bonnes raisons de s’allier sur la scène libyenne surtout dans l’immense sud du pays avec ses frontières ouvertes. Les connexions d’intérêts n’y manquent pas.

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