Category: Afrique

  • ” Nombre de Tunisiens pensent que le terrorisme vient de Libye, tandis qu’en Libye on dit l’inverse “

    ” Nombre de Tunisiens pensent que le terrorisme vient de Libye, tandis qu’en Libye on dit l’inverse “

    Le chercheur tunisien Rafaa Tabib, spécialiste de la Libye, appelle les autorités de son pays à interroger le ravisseur des deux journalistes tunisiens disparus chez le voisin de l’est en 2014. Il revient pour Jeune Afrique sur les relations bilatérales et les écueils de la diplomatie tunisienne en Libye.

    Rafaa Tabib est chercheur en anthropologie politique, rattaché au CNRS, et professeur à l’université Manouba de Tunis. Il a récemment annoncé qu’un des ravisseurs des deux journalistes tunisiens, Sofiene Chourabi et Nadhir Guetari (disparus en Libye en 2014), aurait été arrêté par une milice de Misrata, et appelé les autorités tunisiennes à aller l’interroger. Une manière de questionner la diplomatie bilatérale.

    Jeune Afrique : Vous avez interpellé les autorités tunisiennes au sujet des deux journalistes tunisiens, est-ce une manière de dire qu’elles devraient faire plus ou autrement sur ce dossier ?

    Rafaa Tabib : À chaque fois que la question est évoquée, les initiatives prises sont un peu trop classiques, et malheureusement pas adaptées aux réalités du pays. Nombre d’institutions en Libye cachent des coquilles vides et ne sont que des vitrines sans prise sur la réalité. Dans cette affaire, des magistrats tunisiens ont par exemple déjà été envoyés rencontrer leurs homologues dans l’Est de la Libye, afin d’échanger des informations. Mais de quelles informations disposent les magistrats libyens, alors que la fragmentation des institutions ne permet pas de réunir des éléments plausibles et crédibles ?

    De toute façon, la justice en Libye a toujours été partiale. La société tribale impose d’autres formes de légalité, qui permettent de parvenir à des arrangements. Ajoutez-y le contexte de guerre civile : à aucun moment, la justice libyenne n’a donc été impliquée dans ce genre de dossiers. Comment peut-on espérer par ailleurs qu’un envoyé de la justice tunisienne puisse demander des informations auprès de chef tribaux et traditionnels ?

    il n’y a que les canaux dits « sociaux », c’est-à-dire traditionnels et tribaux, pour récolter des informations.

    Des observateurs appellent plus généralement la Tunisie à sortir de la « diplomatie de salon ». Alors que le contexte de transition démocratique impose une meilleure gouvernance et plus de transparence, les autorités tunisiennes peuvent-elles se permettre de faire autrement et de mobiliser des canaux parallèles ?

    Nous avons d’un côté un État jacobin centralisé qui se veut moderniste, et en face un pays miné par les milices et les structures traditionnelles. Dans ce contexte, il n’y a que les canaux dits « sociaux », c’est-à-dire traditionnels et tribaux, pour récolter des informations.

    Selon nos sources, un des ravisseurs des deux journalistes est le chef d’une assemblée d’Abjdabiya (ville du nord-est de la Libye), sorte de vitrine d’Ansar al-Charia (proche d’Al-Qaïda). La question qui se pose, c’est comment l’interroger, alors qu’il se trouve dans une prison tenue par des miliciens. Une situation compliquée par le fait que les mouvements terroristes et révolutionnaires fonctionnent souvent en vases communicants, et que nombre de combattants ont une double casquette ou changent de camp au gré des opportunités. C’est ce qu’on appelle le « jeu des labels ».

    Trouver le canal approprié reste un grand dilemme. Il y a beaucoup d’hésitations. Certains ne veulent pas agir sans cadre législatif. Des partis politiques essaient également de protéger les groupes avec lesquels ils ont de bons rapports.

    Face à ce dilemme, quelles actions les autorités tunisiennes pourraient-elles envisager dans un cas comme celui-ci ?

    Je propose, dans ce cas de figure, de trouver une structure hybride. Des représentants de la société civile tunisienne, du monde des affaires, des clans du sud tunisien qui trouvent des prolongements en Libye, des chercheurs et des officiels, pourraient créer un organe national avec une base légale pour pouvoir travailler en Libye. Aujourd’hui, les autorités tunisiennes ne traitent pas avec la Libye profonde.

    On constate une absence de volonté et un manque d’engagement au niveau du ministère des Affaires étrangères, alors même que les Tunisiens sont très nombreux en Libye. Sur le terrain, une coopération existe par contre sur le plan sécuritaire, surtout pour identifier les mouvements terroristes à la frontière. Mais le problème se pose en termes d’action diplomatique. D’autant plus que les milices peuvent être liées à la fois au politique et impliquées dans des trafics.

    On parle pour certains d’embrigadement, mais l’idéologie de Daech n’est pas un mal incurable.

    Des associations appellent les autorités tunisiennes à agir également pour les Tunisiens, adultes et enfants, détenus en Libye et soupçonnés d’activités terroristes. Quelles peuvent être leurs marges de manœuvre ?

    Il faut absolument rapatrier les enfants, qui ne sont pas responsables de leur situation. On parle pour certains d’embrigadement, mais l’idéologie de Daech n’est pas un mal incurable. Nombre de Tunisiens pensent que le terrorisme vient de Libye, tandis qu’en Libye on dit l’inverse, car nombre de chefs de groupes terroristes sont Tunisiens. Je pense que la Tunisie a encore du mal à soulever cette question, par déni. Il n’y a pas de volonté de la part de la Tunisie d’ouvrir ce dossier du terrorisme.

    Un congrès libyen est attendu en cette rentrée. Quel rôle peut jouer la Tunisie pour aider à la stabilisation politique de son voisin ?

    La Tunisie a tout intérêt à jouer un rôle dans cette rencontre, mais on ne perçoit pas une telle volonté. C’est juste une réunion dont la date exacte n’est pas encore fixée, mais qui est décriée en Libye car elle risque de ramener une nouvelle élite autour la table des négociations, et que celle-ci souhaitera aussi récupérer sa part de pouvoir. On évoque en effet l’invitation de 170 à 300 personnalités, qui réclameront sans doute ensuite leur représentativité.

    On constate qu’à part les armes, rien ne sert en Libye. Mais beaucoup de ceux qui vivent de la rente institutionnelle, sans réelle légitimité, ne veulent pas se défaire de leurs privilèges. Le premier obstacle à la démocratie est l’élite politique. Selon moi, derrière cette dernière, toute la société libyenne avec sa complexité ne parvient pas à s’exprimer.

    Le gouvernement Sarraj, avec qui traite la Tunisie, n’a aucune emprise sur le terrain, sa légitimité est réduite.

    Les autorités tunisiennes ont aussi choisi d’inviter le Premier ministre libyen, Fayez al-Sarraj, au trentième sommet de la Ligue arabe prévu le 31 mars à Tunis. Sur le plan bilatéral, que peut-on attendre de cette visite ?

    Le gouvernement Sarraj, avec qui traite la Tunisie, n’a aucune emprise sur le terrain, sa légitimité est réduite. Certains groupes qui lui sont théoriquement affiliés- étant payés par l’État qui leur sous-traite la question sécuritaire- sont en fait des corps miliciens qui prennent un nom de brigade mais lui échappent. Il est seulement en position de signer des chèques mais la Tunisie est dans l’obligation d’accepter cet interlocuteur.

    Je conseillerais toutefois aux autorités d’inviter les autres belligérants avant la tenue de ce sommet arabe : le président du parlement, le général Haftar, et pourquoi pas d’autres clans. Cela lui permettrait de se tenir à égale distance de tous et de ne pas être partie prenante.

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  • RDC : ” Il n’y a pas d’un côté des saints et de l’autre des diables “, les vérités de Vital Kamerhe

    RDC : ” Il n’y a pas d’un côté des saints et de l’autre des diables “, les vérités de Vital Kamerhe

    Quelques heures avant la publication, dans la nuit du 9 au 10 janvier, des résultats provisoires de la présidentielle du 30 décembre dernier, Vital Kamerhe, directeur de campagne de Félix Tshisekedi, s’était confié à Jeune Afrique.

    Kinshasa, le 8 janvier, 15 heures. Nous sommes à la veille de la date annoncée pour la publication des résultats provisoires de la présidentielle en RDC. Lorsqu’il nous reçoit dans la centrale électorale du Cap pour le changement (Cach), à La Gombe, Vital Kamerhe sait déjà qu’il a misé sur le bon cheval. Mais il ne laisse rien transparaître. Ou presque. D’autant qu’il sait aussi qu’en politique, surtout au Congo, rien n’est vraiment acquis.

    Le directeur de campagne de Félix Tshisekedi reste tout de même confiant. Et nous présente les raisons officielles de sa foi en la victoire de son allié : les « chiffres ». Il s’agit de ceux compilés par la centrale électorale de Cach, retranchée dans l’une de ses résidences. Ce jour-là, le tableau projeté sur le mur de la salle affiche déjà une avance de quelque 106 874 suffrages exprimés pour Félix Tshisekedi sur son poursuivant direct, Martin Fayulu, opposant lui aussi et candidat de la coalition Lamuka [Réveille-toi, en lingala]. Mais sur un total de 2 550 184 votants seulement.

    Trésor Kibangula/JA

    L’échantillon est faible. Près de 40 millions d’électeurs étaient attendus aux urnes le 30 décembre. Vital Kamerhe ne l’ignore pas. Le but de sa manœuvre est ailleurs. Se convaincre et surtout convaincre, chiffres à l’appui, que Félix Tshisekedi « va gagner ». L’ancien président de l’Assemblée nationale cherche alors à confronter ces chiffres à ceux de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), lesquels donneraient Martin Fayulu vainqueur de la présidentielle du 30 décembre.

    J’ai l’impression que nos amis de Lamuka et la Cenco avaient le même centre de compilation. »

    Mais les évêques catholiques ne lui communiqueront jamais leurs données. « J’ai l’impression que nos amis de Lamuka et la Cenco avaient le même centre de compilation », se désole-t-il. Kamerhe se contentera de transmettre les siennes aux ambassades de France, de Grande-Bretagne et des États-Unis. La suite, on la connait. Félix Tshisekedi a été déclaré vainqueur dans la nuit du mercredi à jeudi par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni). Martin Fayulu, qui conteste ces résultats, a saisi la Cour constitutionnelle.

    La leçon de la campagne

    De la campagne électorale, Vital Kamerhe en tire une leçon : « Les contacts avec la population comptent beaucoup, surtout pour Félix [Tshisekedi] qui n’était pas connu dans certains milieux reculés de l’Est. Il fallait que les gens le voient physiquement et qu’il leur demande leurs suffrages. »

    Dans ce domaine, « Martin [Fayulu] avait l’avantage dans les grandes villes : avec le jet privé mis à disposition, il pouvait faire Kisangani – Lubumbashi en un clin d’oeil. Mais si vous devez faire Kisangani – Lubumbashi avec un autre avion, c’est 4 heures et demi de vol. Là où il lui fallait une heure. »

    À l’arrivée, Félix Tshisekedi devance tout de même Martin Fayulu, selon les résultats provisoires. Si cela avait été l’inverse, Kamerhe jurait le 8 janvier que son camp aurait accepté le verdict des urnes et nous relatait alors une réunion qui avait eu lieu entre Monseigneur Fridolin Ambongo, nouvel archevêque de Kinshasa et Félix Thisekedi :  « ‘Pour moi, si c’est Fayulu [qui l’emporte], je le félicite tout de suite, mais nous devons parler’, avait dit Félix Tshisekedi au clergé. »

    Et Vital Kamerhe de poursuivre, relatant cette fois-ci une rencontre entre Félix Tshisekedi et Martin Fayulu : « Puis, lors d’un tête-à-tête avec Fayulu, ce dernier ne pouvait se prononcer sur rien car il avait déjà réservé par exemple le poste de Premier ministre à Jean-Pierre Bemba [un de ses principaux soutiens au sein de Lamuka, ndlr]. En fait, Fayulu n’est pas libre. »

    Deal Kabila – Cach ?

    Quid des garanties que le Cach et Félix Tshisekedi auraient données à Joseph Kabila, au pouvoir depuis près de 18 ans, et à son entourage ? « Lorsque vous voulez rétablir un État de droit, vous ne pouvez pas vous substituer à la place des juges. Quand François Hollande est élu président de la République française en 2012, avait-il promis l’enfer à Nicolas Sarkozy ? Non, au contraire. Mais cela n’a pas empêché à la justice, institution indépendante, de faire son travail », explique Vital Kamerhe.

    Du groupe d’opposants qui se trouvent à l’extérieur du pays, Moïse Katumbi est le plus rassembleur. »

    Mais « l’opposition ne doit pas non plus être considérée comme une blanchisserie », précise-t-il, appelant les uns et les autres à adopter un comportement à la hauteur de ce « rendez-vous historique ». Pour la première fois, le transfert du pouvoir s’effectue entre un président sortant vivant et son successeur déclaré vainqueur du scrutin.

    Félix Tshisekedi écoute les « conseils » de Vital Kamerhe sur les attitudes à adopter, selon ce dernier. « Mais à Lamuka, quand vous avez Ève Bazaiba [secrétaire général du parti de Bemba, ndlr], d’un côté, et Martin Fayulu, de l’autre, ce sont deux volcans en éruption, je ne sais pas qui peut conseiller l’autre. »

    Trésor Kibangula/JA

    « Du groupe d’opposants qui se trouvent à l’extérieur du pays, Moïse Katumbi est le plus rassembleur. Voici quelqu’un de l’Est qui se retrouve dans l’étau de Jean-Pierre Bemba, Adolphe Muzito, Martin Fayulu, Freddy Matungulu, tous de l’Ouest. On ne peut pas être plus nationaliste que ça ! Comme moi qui suis de l’Est et qui soutiens un Kasaïen (centre). Voilà le Congo de demain que nous voulons », souligne Kamerhe.

    « Hommages » à Kabila

    Le directeur de campagne de Félix Tshisekedi assume par ailleurs les « hommages » qu’il faudrait rendre à Joseph Kabila pour avoir accepté de se retirer du pouvoir. Malgré l’avis contraire de certains caciques du régime et de ses courtisans. À Martin Fayulu et ses soutiens, il pose en revanche une question : « Pourquoi revendiquez-vous la victoire issue des mauvaises élections, promettant d’organiser des bonnes élections d’ici deux ans ? C’est paradoxal. Il ne faut pas pisser dans l’assiette qui vous nourrit. »

    Félix a déjà dit qu’il va travailler avec tout le monde »

    « C’est à nous de prendre nos responsabilités, poursuit Vital Kamerhe. Si nous aimons le Congo, ce n’est pas uniquement comme président de la République ou Premier ministre que nous pouvons servir ce pays. » Dans l’accord de coalition conclu à Nairobi avec Félix, le poste du chef de gouvernement lui était destiné. Mais avec les résultats des législatives, largement favorables à la majorité sortante, les prévisions risquent d’être réajustées. « Que vous le vouliez ou pas, les résultats des urnes finissent toujours par vous contraindre d’être ensemble dans l’Assemblée nationale, de parler, de discuter de la manière dont il faudrait gérer le pays », fait-il remarquer.

    Dans tous les cas, « Félix a déjà dit qu’il va travailler avec tout le monde. Car il n’y a pas d’un côté des saints et de l’autre des diables, martèle Vital Kamerhe. Il suffit d’observer la scène politique congolaise : commençons par moi-même. J’étais secrétaire général du PPRD [parti de Joseph Kabila], je suis aujourd’hui dans l’opposition. Suis-je devenu pour autant saint ? Il faut me juger par rapport à mon comportement lorsque j’étais au PPRD. Étais-je un bon président de l’Assemblée nationale ? Prenons le cas de Pierre Lumbi. Il était conseiller spécial du chef de l’État en matière de sécurité. Pendant son règne, peut-on dire qu’il y avait moins de répression et que Kabila était plus tendre ? Il est dans l’opposition et directeur de campagne de Martin Fayulu ».

    « L’important, c’est de changer le système »

    Et de poursuivre : « Il y avait aussi des répressions pendant que Moïse Katumbi était gouverneur du Katanga. Il ne peut en être fier, même s’il dira toujours que les ordres venaient d’en haut. C’est pourquoi nous pensons que nous pouvons travailler avec certaines personnes qui évoluent aujourd’hui au sein de la majorité. L’important, c’est de changer le système. La propension de l’homme congolais à dévier, à voler les deniers publics est tellement élevée que sans un système dissuasif – séparation des pouvoirs, institutions fortes, justice indépendante et équitable – le pays ne s’en sortira pas. »

    Entre deux maux, il faut choisir le moindre »

    Vital Kamerhe voudrait voir revenir « l’époque de Kasa-Vubu », premier président du Congo indépendant. Cet homme qui « ramenait à la caisse de l’État les frais restants de ses voyages officiels ». Il rend aussi hommage à Patrice Lumumba, qui « n’a laissé qu’une seule maison sur le Boulevard alors qu’il était Premier ministre ». Idem pour Laurent-Désiré Kabila qui ne s’était acheté, selon lui, « aucun appartement, aucune maison, aucun terrain ».

    En attendant, il n’y aura pas de « règlements de compte » à l’encontre de ceux qui ont dirigé la RDC ces 17 dernières années. Vital Kamerhe s’en explique : « Entre deux maux, il faut choisir le moindre. Pas de chasse aux sorcières pour un nouveau départ du Congo mais certaines fautes sont impardonnables, bien entendu. »

    Félix président de la République, « une réforme de l’État va toutefois être engagée pour donner plus de moyens à nos militaires, construire des casernes afin qu’ils accomplissent efficacement leur mission première de sécuriser l’intégrité de notre territoire. Il en est de même de la police. Mais nous n’enverrons personne à la potence », assure Kamerhe. « Il y aura certainement des restrictions au niveau de l’Agence nationale de renseignement (ANR). Cette dernière doit être un service d’intelligence, pas celui d’interpellation quotidienne des citoyens », déclare-t-il.

    Kamerhe en est conscient. « Le président élu ne va pas bénéficier d’un seul moment de sursis. Le peuple a soif de changement et attendra avec impatience les premières mesures dans ce sens. » Et de prévenir : « Si ces mesures n’arrivent pas, le peuple ne tardera pas à redescendre les rues de Kinshasa et des autres villes du pays. »

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  • Afrique du Sud : Cyril Ramaphosa promet des emplois pour les législatives de mai

    Afrique du Sud : Cyril Ramaphosa promet des emplois pour les législatives de mai

    Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a lancé samedi 12 janvier son parti, le Congrès national africain (ANC), dans la course aux élections législatives de mai en promettant de lutter contre le chômage et de corriger les « erreurs » du passé.

    Devant plusieurs dizaines de milliers de partisans massés dans un stade de Durban (nord-est), parés des couleurs verte et jaune du parti, Cyril Ramaphosa a décrété la « mobilisation » en vue d’une « victoire décisive » dans quatre mois.

    Au pouvoir depuis la fin du régime de l’apartheid il y a vingt-cinq ans, le parti de Nelson Mandela fait figure de grand favori du scrutin, malgré le recul de sa popularité, ses divisions et une économie désespérément en berne.


    >>> À LIRE – Afrique du Sud : Cyril Ramaphosa, du commerce des mines à la tête de la nation arc-en-ciel


    L’ANC a vu son image sérieusement écornée sous la présidence calamiteuse de Jacob Zuma, poussé vers la sortie en février 2018 par une litanie de scandales de corruption. Son successeur à la tête du pays et du parti, Cyril Ramaphosa, a platement reconnu samedi les échecs de son camp.

    Corruption et chômage

    « Il faut reconnaître que la corruption a affaibli nos institutions », a-t-il dit dans son discours, « en tant qu’ANC, nous reconnaissons nos échecs, nous acceptons les critiques de la population et nous travaillons dur pour corriger nos erreurs ».

    Le chef de l’Etat a également concédé le bilan mitigé de son mouvement au pouvoir. « La promesse de liberté reste encore à concrétiser pour de nombreuses personnes », a-t-il dit.

    La promesse de liberté reste encore à concrétiser pour de nombreuses personnes

    Des millions de Sud-Africains souffrent du chômage et vivent dans des taudis, privés d’électricité et d’assainissement, la santé et l’éducation sont rudimentaires et la criminalité galopante. Surtout, les inégalités, notamment raciales, restent criantes.

    Une longue liste de promesses

    « Nous sommes ici pour présenter un plan destiné à répondre à nos grands défis de l’heure, le chômage, la pauvreté et l’inégalité », a dévoilé samedi 12 janvier Cyril Ramaphosa.

    Dans sa longue liste de promesses, il a annoncé son intention de doubler, à 275.000 par an, les créations d’emplois. Mesure symbolique entre toutes, le président a répété sa détermination à « accélérer la réforme foncière qui, là où c’est approprié, autorisera les expropriations sans compensation ».

    Très populaire chez les sans-terre noirs, cette mesure inquiète les milieux d’affaires et la minorité blanche.

    « Rien de très radical là-dedans », a commenté l’analyste Lukhona Mnguni, « l’ANC a revu ses ambitions à la baisse en raison de ses difficultés ».

    61% des intentions de vote, en hausse

    Victime des scandales et de l’usure du pouvoir, l’ANC a vu sa popularité fondre ces dernières années. Lors des élections locales en 2016, il a pris une claque en perdant le contrôle de plusieurs municipalités emblématiques comme Johannesburg et Pretoria.

    L’arrivée il y a un an de Cyril Ramaphosa à la tête du parti et du pays semble toutefois avoir enrayé sa chute. A petites touches, l’ancien vice-président, 66 ans, un syndicaliste proche de Mandela reconverti dans les affaires, a commencé à rompre avec l’héritage sulfureux de son prédécesseur.

    Un récent sondage de l’institut Ipsos crédite l’ANC de 61% des intentions de vote, en hausse sur les 54% – le plus bas score national de son histoire – recueillis il y a deux ans. Le départ de Jacob Zuma a toutefois laissé des traces au sein du parti. L’ex-président y dispose encore de forts soutiens, notamment dans son fief de Durban où il a été chaleureusement applaudi samedi avant le discours de Cyril Ramaphosa.

    Zuma et Ramaphosa ensemble

    Malgré la rude bataille qui les a opposés, les deux rivaux se sont affichés ensemble et tout sourire cette semaine au nom de l’unité du parti, pour le plus grand plaisir de ses sympathisants.

    « Je crois que le président (Ramaphosa) va tenir ses promesses », s’est réjoui Gift Xulu, un coach sportif de 36 ans, après le discours. « Il n’est pas là depuis longtemps mais il a déjà réussi à changer des choses, il essaie d’unir le parti ».

    Je crois que le président (Ramaphosa) va tenir ses promesses

    Malgré les difficultés de l’ANC, les deux principaux partis d’opposition ne semblent pas en mesure de lui contester la majorité absolue des sièges au Parlement.

    L’Alliance démocratique (DA, centre) et les Combattants pour la liberté économique (EFF, gauche radicale) ont bien du mal à trouver un second souffle depuis la chute de Jacob Zuma, leur bête noire pendant des années.

    « Le discours (de Cyril Ramaphosa) était plein de promesses sans lendemain dont les Sud-Africains savent qu’il ne les appliquera jamais », a dénoncé le chef de la DA, Mmusi Maimane, « seule la DA peut construire une Afrique du Sud pour tous ».

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  • RCA: des Mirage 2000 français appuient la Minusca dans sa reprise de Bambari

    RCA: des Mirage 2000 français appuient la Minusca dans sa reprise de Bambari


    Par
    RFI

    Publié le 12-01-2019
    Modifié le 12-01-2019 à 14:53

    Depuis jeudi, la mission de l’ONU en Centrafrique a lancé une opération au sol pour tenter de reprendre le contrôle de Bambari, cette ville du centre du pays qui est en proie à des attaques répétées d’un groupe rebelle, l’UPC.

    Ce samedi matin, aucune détonation n’a été entendue à Bambari. Abel Matchipata, l’ancien maire de la ville, parle d’une certaine accalmie même si la tension est encore palpable. Peu de circulation dans les rues de la ville, des magasins fermés, des habitants cloitrés chez eux. Bambari est donc à l’arrêt après deux jours d’intenses combats.

    Diverses attaques

    Jeudi, l’UPC et ses alliés avaient lancé diverses attaques dans la ville. La Minusca a alors riposté en lançant une opération au sol baptisée « Bambari sans groupes armés ». Opération qui a permis, selon la mission de l’ONU en Centrafrique, la destruction de moyens létaux et le démantèlement de barricades contrôlées par l’UPC.

    Mais de nouveaux combats ont eu lieu vendredi matin. A la demande de la Minusca, la France est intervenue en appui en début de matinée ce jour-là : deux Mirage 2000 en provenance de Ndjamena ont survolé la zone à très basse altitude et ce à trois ou quatre reprises avec pour objectif de faire fuir les rebelles.

    Depuis hier soir, les combats ont cessé. Des combats qui selon une source humanitaire auraient fait depuis jeudi 34 blessés et un mort.

    Pourparlers annoncés

    Ces événements interviennent alors que le président centrafricain devait se rendre jeudi et vendredi à Bambari pour célébrer la journée mondiale de l’alimentation.

    Faustin Archange Touadéra a annoncé mercredi que des pourparlers entre le pouvoir et les groupes rebelles auraient lieu le 24 janvier à Khartoum.

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  • Gabon: Ali Bongo nomme un nouveau Premier ministre

    Gabon: Ali Bongo nomme un nouveau Premier ministre


    Par
    RFI

    Publié le 12-01-2019
    Modifié le 12-01-2019 à 14:27

    Les Gabonais se sont réveillés, ce samedi 12 janvier, avec un nouveau Premier ministre. Il s’agit de Julien Nkoghe Békalé qui occupait jusqu’alors les fonctions de ministre du Travail et de l’Emploi, dans le gouvernement sortant. Agé de 57 ans, Julien Nkoghe Bekalé avait déjà assumé les fonctions de ministre du Pétrole durant le premier septennat d’Ali Bongo, avant d’être écarté.

    Vingt-neuf secondes, c’est la durée de la vidéo qui a annoncé la nomination de Julien Nkoghe Bekalé aux fonctions de Premier ministre. La même vidéo annonce que son prédécesseur, Emmanuel Issozé Ngondet, devient médiateur de la République, une fonction sans envergure.

    Décrets lus par le secrétaire général de la présidence

    Les deux décrets présidentiels ont été lus par le secrétaire général de la présidence de la République, Jean-Yves Teale, visiblement depuis le Maroc. Très peu de médias ont exploité ces informations car diffusées très tard dans la nuit de ce vendredi à ce samedi 12 janvier.

    Selon ses proches, le nouveau Premier ministre a aussitôt pris l’avion pour Rabat au Maroc. Il serait actuellement en concertation avec le président Ali Bongo pour composer la nouvelle équipe gouvernementale.

    Ali Bongo va-t-il suspendre sa convalescence ?

    Plusieurs sources soutiennent qu’Ali Bongo va suspendre, dans quelques heures, sa convalescence et sa rééducation au Maroc pour revenir au pays afin de recevoir le serment de son nouveau gouvernement, comme prévu par la Constitution.

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  • Putsch manqué au Burkina: Bassolé exige l’original des enregistrements

    Putsch manqué au Burkina: Bassolé exige l’original des enregistrements


    Par
    RFI

    Publié le 12-01-2019
    Modifié le 12-01-2019 à 11:26

    Au Burkina Faso, les jours se suivent et ne se ressemblent pas pour le parquet militaire et les avocats des parties civiles, au tribunal militaire de Ouagadougou où se tient le procès du coup d’Etat manqué de septembre 2015. Le général Djibril Bassolé a réclamé que le tribunal apporte la version originale des enregistrements sonores qui lui sont opposés. Selon le parquet militaire, les enregistrements ont été effectués par les services de renseignement burkinabè durant le coup de force de septembre 2015. L’ex-ministre des Affaires étrangères réfute cette source et exige la version originale des enregistrements.

    Le général Djibril Bassolé a déclaré qu’aucun contact n’a été établi entre lui et les soldats qui ont arrêté les autorités de la transition, le 16 septembre 2015, et diffusé un communiqué annonçant la dissolution du gouvernement de la transition.

    Quant aux faits de trahison, il exige toujours la source et l’original des enregistrements sonores, en refusant tout commentaire sur le contenu de ces documents.

    « En fait, il faudra comprendre qu’il ne refuse pas d’analyser les éléments sonores avec le parquet. C’est simplement de dire : « si vous, vous me dites d’où cela vient, vous me présentez les originaux. Ensuite, on pourra parler ». Je crois que c’est son droit. C’est ce que la loi prévoit, du reste », a déclaré Maître Dieudonné Bounkoungou, l’un des avocats du général Djibril Bassolé.

    Le général Djibril Bassolé refuse de répondre également aux questions des avocats des victimes. Il pointe du doigt la virulence de leur ton et la violence de leurs propos. Selon maitre Prosper Farama, l’un des avocats des parties civiles, cette défense de l’accusé est légère.

    « Pendant qu’il dit qu’il n’y aurait pas d’écoutes à son égard, il parle d’écoutes sauvages ou de montages de fabrication. Il va à la Cour de justice de la Cédéao [Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest] et il demande à ce que l’Etat du Burkina Faso soit condamné pour l’avoir écouté et ayant, par conséquent, porté atteinte à sa vie privée. Voyez vous-même que c’est contradictoire », a, de son côté, déclaré Maître Prosper Farama.

    Finalement le parquet militaire déclare que les écoutes téléphoniques ont été effectuées par les services de renseignement du Burkina Faso. Affirmation que rejette l’ex-ministre des Affaires étrangères qui exige alors la présentation du document original.

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  • La croissance s’accélère en Afrique subsaharienne

    La croissance s’accélère en Afrique subsaharienne


    Par
    RFI

    Publié le 12-01-2019
    Modifié le 12-01-2019 à 05:11

    Léger ralentissement de la croissance mondiale cette année, à 2,9% au lieu de 3% annoncé il y a 6 mois, selon les prévisions semestrielles de la Banque mondiale. A l’image du reste du monde, l’Afrique subsaharienne devrait connaître une croissance moins robuste que prévu.

    L’économie de l’Afrique subsaharienne poursuit son redressement après un recul provoqué par la chute des prix des matières premières il y a 3 à 4 ans, même si le rythme reste très faible.

    La croissance de la région est passée de 2,6% en 2017 à 2,7% en 2018. Mais cette progression reste inférieure aux prévisions, en raison notamment des difficultés du Nigeria, de l’Afrique du Sud – 1re et 2e économies du continent – ou encore de l’Angola.

    Comme d’autres, ces trois pays n’ont pas eu de recette miracle pour échapper au ralentissement du commerce au niveau mondial, au durcissement des conditions de financement et au décrochage de leurs monnaies face au dollar américain très fort.

    Selon les prévisions de la Banque mondiale, la croissance de l’Afrique subsaharienne devrait s’accélérer cette année, pour atteindre 3,4%. Mais cette performance dépendra de l’amélioration de l’investissement dans les grandes économies et de la poursuite d’une croissance robuste dans des pays pauvres en ressources naturelles, comme un certain nombre de pays membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine, qui ont connu l’année dernière un taux de croissance de 6% ou encore comme l’Ethiopie, avec ses 8,2%.

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  • Législatives en RDC: les pro-Kabila resteraient majoritaires à l’Assemblée

    Législatives en RDC: les pro-Kabila resteraient majoritaires à l’Assemblée


    Par
    RFI

    Publié le 12-01-2019
    Modifié le 12-01-2019 à 06:50

    En RDC, la Commission électorale a finalement publié les résultats des élections législatives dans la nuit. Pendant un peu plus de deux heures, des agents de la Céni ont égrené les noms des 485 députés qui siégeront dans la nouvelle Assemblée nationale, sans préciser néanmoins l’affiliation de ces partis à telle ou telle coalition. Une Assemblée qui ne sera complète qu’en mars après l’élection des quinze députés des trois circonscriptions où le scrutin a été reporté. Mais d’ores et déjà, le parti au pouvoir et ses alliés du FCC pourraient rallier le plus grand nombre de sièges.

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    Avec plus de 250 députés, le parti au pouvoir et ses alliés pourraient garder la majorité à l’Assemblée. Un chiffre qui devrait s’affiner au fil des heures, du décompte, et des alliances qui pourraient se confirmer.

    Du côté de l’opposition, c’est beaucoup moins. La coalition de Félix Tshisekedi a emporté moins de 50 sièges. Ce qui veut dire que si sa victoire à la présidentielle devait être confirmée, Félix Tshisekdi ne pourra pas nommer de Premier ministre sans alliance et n’aura donc pas la main. La plateforme de son concurrent Martin Fayulu, elle, a emporté 59 sièges.

    Sans surprise par contre ont été réélus les grands cadres de la majorité, le président de l’Assemblée nationale précédente par exemple, Aubin Minaku, mais aussi l’ex-ministre de l’Intérieur Evariste Boshab ou encore le directeur de cabinet de Joseph Kabila, Néhémi Mwilanya, tout comme la sœur et le frère du président sortant Joseph Kabila.

    Du côté de l’opposition, la secrétaire générale du MLC, Eve Bazaïba, a été réelue à Kisangani, mais aussi l’ancien Premier ministre Adolf Muzito avec plus de 61 % des voix ou encore le chef de l’UNC, Vital Kamerhe. Martin Fayulu, lui, conserve son siège d’élu à Kinshasa. Le doyen de la nouvelle assemblée, Gabriel Kyungu, est également issu de ses rangs.

    Un peu plus de 18 millions d’électeurs ont participé à cette élection d’après la Commission électorale. La Céni, qui se félicitait aussi que sur les 485 députés, 50 soient des femmes. C’est toujours très minoritaire, mais c’est 10 de plus qu’en 2011. Pour les autres, soit quinze sièges pour les députés de Beni-territoire, Beni-ville, Butembo et Yumbi, « on connaîtra les noms aux élections de mars », a déclaré le président de la Céni, Corneille Nangaa.

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  • Côte d’Ivoire: après l’inculpation d’Ehouo, Lobognon, proche de Soro, recherché

    Côte d’Ivoire: après l’inculpation d’Ehouo, Lobognon, proche de Soro, recherché


    Par
    RFI

    Publié le 12-01-2019
    Modifié le 12-01-2019 à 03:56

    Le feuilleton politico-judiciaire autour de la mairie du Plateau a connu de nouveaux développements vendredi. A la faveur d’une séance d’explications du procureur Richard Adou, on en sait un peu plus sur les motifs de l’inculpation du député PDCI et maire élu du Plateau Jacques Ehouo. Il a notamment indiqué que le montant des détournements présumés atteignait près de 3,5 milliards de FCFA. Par ailleurs, un autre député, proche de Guillaume Soro, est désormais dans le viseur du parquet : l’ancien ministre Alain Lobognon.

    Entre 2004 et 2017, la société de Jacques Ehouo, NegCom, était chargée de collecter, pour le compte de la mairie du Plateau dirigée par son oncle Noël Akossi Bendjo, des taxes municipales de publicités et d’occupation du domaine public. NegCom devait ensuite en reverser 70% à la commune.

    Mais selon le procureur Adou, l’essentiel de ces sommes n’est jamais arrivé dans les caisses de la mairie. D’où l’inculpation de Jacques Ehouo et le mandat d’arrêt lancé contre son oncle, démis de ses fonctions en août dernier et qui vit vraisemblablement en France.

    Depuis le début de cette affaire, les avocats de Jacques Ehouo crient au complot politique destiné à empêcher leur client, vainqueur de l’élection municipale sous la bannière PDCI, d’installer son conseil municipal.

    Par ailleurs, un autre député est dans le collimateur de la justice et fait l’objet d’un avis de recherche. L’ancien ministre des Sports et proche de Guillaume Soro, Alain Lobognon, accusé lui d’avoir annoncé à tort sur Twitter que le parquet avait émis un mandat d’arrêt contre Jacques Ehouo.

    Information qui aurait suscité des troubles selon le procureur qui a lancé une procédure en flagrant délit pour divulgation de fausses nouvelles et incitation à la haine. Le flagrant délit permet selon la loi de passer outre l’immunité parlementaire qui protège théoriquement le député d’une arrestation.

    Alain Lobognon a répondu aussitôt vendredi : « Je me présenterai devant la brigade de gendarmerie pour prouver que je ne suis nullement responsable des faits qui me sont reprochés. »

    Pour le moment, le mandat est national (…) mais il n’est pas exclu qu’on puisse doubler cela par un mandat d’arrêt international…

    Richard Adou

    11-01-2019
    – Par
    Pierre Pinto

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  • Soudan: les manifestations se poursuivent, la répression aussi

    Soudan: les manifestations se poursuivent, la répression aussi


    Par
    RFI

    Publié le 12-01-2019
    Modifié le 12-01-2019 à 03:03

    Voilà plus de trois semaines maintenant que le Soudan est secoué par des manifestations doublées d’une violente répression des autorités. Les marches ont commencé pour protester contre la grave crise économique qui frappe le pays, avant de se transformer en vague anti-gouvernementale, visant particulièrement le président El-Béchir, au pouvoir depuis près de 30 ans. Ce 11 janvier comme chaque vendredi, beaucoup de gens ont manifesté et la colère ne semble pas retomber.

    « Liberté, paix, justice » ont encore crié vendredi 11 janvier les manifestants après la prière du vendredi. Un slogan récurrent depuis le début de la crise. Et encore une fois, les forces anti-émeutes ont réprimé.

    Elles ont tiré des gaz lacrymogènes sur la foule à Khartoum et dans la ville voisine d’Omdourman. Selon des témoins, des hommes armés ont tiré à balle réelle à Halfaya, dans la capitale, sans qu’on connaisse le bilan.

    Plusieurs sources affirment aussi que le médecin-chef de l’hôpital de Toqa a été arrêté après avoir offert des traitements gratuits aux manifestants blessés. La députée Nawal Al Khadr du Popular Congress Party a elle affirmé avoir été interpellée et détenue plusieurs heures.

    En réaction, deux élus ont déposé un recours à l’Assemblée pour violation de son immunité et le meurtre de manifestants. Demande balayée aussitôt par le président du Parlement. Le pouvoir tient toujours, face à des manifestations qui certes persistent, mais ne montent pas en intensité selon les chercheurs.

    L’Association des professionnels a encore appelé à une marche des martyrs dimanche, à Khartoum, et à une marche pour la liberté et le changement, jeudi 17 janvier, dans la capitale et les grandes villes du pays.

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