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  • Kabila ne desarme pas: “Kabila seeks Mugabe help to retain power”

    Kabila ne desarme pas: “Kabila seeks Mugabe help to retain power”

    Zimbabwean President Robert Mugabe, right and Congolese President Joseph Kabila, seen, after their meeting at State House, in Harare, Monday, Nov. 2, 2009. A spokesman for Zimbabwe's prime minister says the country's neighbors will hold a summit this week to try to break an impasse that threatens the southern African nation's unity government. Prime Minister Morgan Tsvangirai announced a partial withdrawal from the unity government Oct. 16, citing a surge in political violence and accusing longtime ruler President Robert Mugabe of undermining the coalition. (AP Photo/Tsvangirayi Mukwazhi)
    Zimbabwean President Robert Mugabe, right and Congolese President Joseph Kabila, seen, after their meeting at State House, in Harare

    -TOP government officials say Democratic Republic of Congo (DRC) President Joseph Kabila wants Zimbabwe to assist him circumvent the constitutional requirement that he steps down after serving two terms as president, amid growing unrest caused by his bid to stay in power.

    Elias Mambo

    Kabila, who visited Zimbabwe last week, took over power in 2001 when his father, Laurent Kabila, was assassinated and went on to win disputed elections in 2006 and 2011.

    However, the DRC constitution (Article 220) clearly stipulates that the president cannot seek a third term after his second presidential mandate.

    “The republican form of the State, the principle of universal suffrage, the representative form of government, the number and length of the terms of office of the President of the Republic, the independence of the Judicial Power, the pluralism of political parties and trade unions may not form the object of a constitutional amendment,” reads article 220 of the DRC constitution.

    Despite this, Kabila has attempted to extend his stay in power.

    One such attempt was in January 2015 when he suggested that the presidential and parliamentary elections should be held after compilation of a new electoral roll. His proposal provoked violent demonstrations that led to over 40 deaths after protesters violently clashed with the police.

    Last week Kabila and President Robert Mugabe met at at State House where they held closed door meetings.
    Sources said Kabila, whose neighbours in Burundi and Rwanda recently embraced third terms as many other African leaders, is seeking Zimbabwe’s assistance in prolonging his stay in power by manipulating the constitution as tensions continue to flare in his central African country.

    “Kabila is under pressure as his term of office comes to an end next December, with tensions and violence escalating every day,” said a top government official.

    “He told Mugabe how he is trying to implement major electoral reforms which include the delimitation of the country’s 11 provinces. That process has already resulted in the creation of 26 provinces. Kabila also wants a new voter’s roll, a move which opposition political parties claiming is meant to buy time in order to delay the December elections.”

    Besides the request for assistance in implementing the electoral reforms, the source said Kabila also enjoys the services of Zimbabwean’s Central Intelligence Office which helps provide him with security.

    “Currently Kabila’s office is manned by Zimbabwe’s intelligence personnel. They were there soon after the death of Kabila’s father. Some came back, but since 2009 Zimbabwe redeployed the security details to provide protection and intelligence to Kabila.”

    Addressing journalists after meeting Kabila, Mugabe said: “My brother here paid us a visit … He gave an account of how they are organising themselves geologically and politically in order to unite people and they feel they are getting there. They are also preparing for local elections, which will lead to national ones.”

    University of Zimbabwe political science lecturer Eldred Masunungure said the secrecy surrounding the talks between Kabila and Mugabe is worrisome.

    “We were told that he has come as the deputy African Union chairperson but the secretive nature of the talks raises eyebrows,” Masunungure said. “If it was AU business then there was no need to hold closed door meetings. Mugabe can be a godfather to all who want to manipulate systems in order to hold on to power because of his experience,” he said.

    “Kabila is facing resistance in his home country so we hope his coming is not to solicit ideas on how to manoeuvre his way into a fourth term.”

    This is, however, not the first time that DRC has sought help from Zimbabwe.

    In 1998, Zimbabwe sent thousands of troops to the DRC to help defend Kabila’s father, as his regime was about to fall to rebels supported by Rwanda and Uganda.

  • RDC: discours offensif du président Kabila devant le Congrès

    RDC: discours offensif du président Kabila devant le Congrès

    Integralite du discours de Joseph Kabila sur l’état de la nation .-En République démocratique du Congo, le président Kabila a fait son discours à la nation ce lundi matin au palais du peuple devant l’Assemblée nationale et le Sénat réunis en Congrès. Le président s’est inquiété des conséquences de la baisse du cours des matières premières sur l’économie du pays, a évoqué des avancées en termes d’infrastructures et il a conclu sur le contexte politique, en évoquant le dialogue qu’il a lui-même convoqué le 28 novembre dernier et il a sans détour mis en garde ceux qui choisiraient d’autres options.

    « Ce n’est pas par la violence que nous règlerons nos divergences. Ce n’est pas non plus des Nations unies, de l’Orient ou de l’Occident que viendront les solutions à nos problèmes, mais plutôt de nous-mêmes et par le dialogue entre des Congolaises et des Congolais. Je ne permettrai pas que le sacrifice consenti ensemble au cours des dernières années soit compromis par ceux qui, de mauvaise foi et de manière délibérée choisiront de rester enfermés dans leur posture négativiste, refusant le dialogue au profit de complots contre la République et en promettant sang et sueur à notre peuple. Il n’y aura ni l’un ni l’autre », le président Joseph Kabila a été particulièrement offensif dans son discours ce lundi.

    Et c’est lors de cette partie de son allocution que le chef de l’Etat congolais a été le plus applaudi, il a dû s’y reprendre plusieurs fois pour marteler ces mots devant un Congrès qui lui était acquis, l’essentiel de l’opposition parlementaire ayant boycotté ce discours et suspendu sa participation aux activités de l’Assemblée la semaine dernière.

    Message pour l’opposition réunie à Dakar

    Pourquoi un discours aussi offensif ? Peut-être à cause d’une certaine réunion à Dakar qui fait beaucoup grincer des dents les autorités. Une trentaine de personnalités de l’opposition, de la société civile et des mouvements citoyens, tous hostiles à un glissement du calendrier, sont réunies jusqu’à ce soir dans la capitale sénégalaise pour parler avec d’autres participants africains des élections et de l’alternance en Afrique. Ils se préparent à jeter les gens dans la rue, à lancer une insurrection, disent les autorités congolaises.

    Pour des plateformes comme la Dynamique de l’opposition ou le G7, ce dialogue est synonyme d’un coup d’Etat institutionnel : elles appellent la population à user de l’article 64 de la Constitution, c’est-à-dire à la désobéissance civile en cas de prise de pouvoir inconstitutionnel. Même l’Eglise catholique, la conférence épiscopale a envoyé un représentant à la réunion de Dakar, a évoqué cet article et a dit craindre que le sang ne coule encore en RDC.

    Le président Kabila prévient donc : il n’y aura ni sang, ni larmes. Il a promis de préserver l’aspiration du peuple congolais à la quiétude. Mais pas un mot sur le respect de la Constitution dans le cadre du dialogue, dénonce Jean-Lucien Bussa Tongba de la Dynamique de l’opposition. Cet opposant dit s’inquiéter également de l’expression utilisée par le chef de l’Etat sur un processus électoral « authentiquement congolais ».

    RFI

  • la conférence épiscopale annonce son retrait de la réunion de Dakar

    la conférence épiscopale annonce son retrait de la réunion de Dakar

    CENCO- RDC
    CENCO- RDC

    -La Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) a rendu public dimanche une mise au point au sujet de sa participation à la conférence organisée à Dakar du 11 au 14 décembre, que le gouvernement de RDC a accusée de vouloir « déstabiliser » le pays. Elle affirme ne pas avoir été au courant de l’absence de représentants du pouvoir parmi les participants.

    « La conférence épiscopale du Congo (Cenco) a été invitée par la fondation allemande Konrad Adenauer », explique un communiqué de la Cenco publié dimanche 13 décembre. « Au regard du programme et des objectifs nobles de cette conférence, la Cenco a désigné monsieur l’Abbé Léonard Santedi, secrétaire général, pour la représenter », ajoute-t-il, précisant que l’invitation ne comportait pas les noms des autres invités.

    « C’est quand le délégué de la Cenco est arrivé à Dakar qu’on s’est rendu compte que, en plus des représentants de la société civile, il n’y avait, comme acteurs politiques, que des opposants », explique encore l’abbé Donation Nshole, secrétaire général adjoint. « L’Église ne prend pas parti contre un camp (…) [et] a demandé à  son délégué de cesser toute participation à cette réunion et de regagner Kinshasa », conclut le communiqué.

    Le gouvernement de la RDC avait accusé dimanche les autorités sénégalaises d’accueillir une réunion d’une quarantaine d’opposants et d’acteurs de la société civile, destinée selon lui à « déstabiliser les institutions » du pays.

    Jeune Afrique

  • Une réunion d’opposants congolais à Dakar jette un froid entre la RDC et le Sénégal

    Une réunion d’opposants congolais à Dakar jette un froid entre la RDC et le Sénégal

    y en a marre 1-Le gouvernement congolais a fait connaître son mécontentement à l’égard du Sénégal, le 11 décembre. Une quarantaine de Congolais, membres de « mouvements citoyens », de l’opposition et de la société civile, ont en effet choisi Dakar pour se réunir, du 12 au 15 décembre, et discuter des moyens d’obtenir le respect de la Constitution et l’alternance en 2016.

    La réunion avait été discrètement organisée sur l’île de Gorée, au large de Dakar. Mais ses initiateurs, les« mouvements citoyens » congolais, Filimbi et Lucha, ne sont pas parvenus à empêcher que l’information ne parvienne aux oreilles du gouvernement de Kinshasa.

    Le 11 décembre, le gouvernement congolais s’interrogeait ouvertement sur l’attitude du Sénégal, pays hôte de cette réunion. « Nous sommes choqués que le Sénégal, pays frère et ami, accueille une réunion où l’on planifie des manifestations de rue au Congo, a déclaré à Jeune Afrique, Barbané Kikaya Bin Karubi, conseiller diplomatique du président Joseph Kabila. Nous réfléchissons à une protestation officielle ».

    De quoi s’agit-il ? La réunion qui doit se tenir à Dakar, du 12 au 15 décembre, est officiellement un atelier de réflexion « sur les processus électoraux » rassemblant « des hommes politiques africains ». Mais dans la quarantaine d’invités, on trouve essentiellement des membres de l’opposition et la société civile congolaise.

    Mouvements citoyens et hommes politiques

    Initié par les « mouvements citoyens » Filimbi et Lucha, cette réunion a été facilitée et financée par les fondations Konrad Adenauer (Allemagne) et Brenthurst (Afrique du Sud). Les débats doivent, en principe, rester secrets.

    Parmi les personnes qui ont confirmé leur présence : Félix Tshisekedi et Samy Badibanga, pour l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), Vital Karmerhe, pour l’Union pour la nation congolaise (UNC), Eve Bazaiba pour le Mouvement pour la libération du Congo (MLC), Martin Fayulu pour les Forces acquises au changement (FAC), Olivier Kamitatu, pour le « G7 », ou encore l’Abbé Léonard Santedi, pour l’Église catholique.

    Tous soupçonnent le président Joseph Kabila de vouloir rester au pouvoir au-delà de la limite constitutionnelle de 2016 et tous craignent en particulier que l’élection présidentielle, qui doit marquer son départ, ne soit pas organisée dans les temps.

    Convié, Moïse Katumbi l’ex-gouverneur de l’ex-Katanga passé à l’opposition, a préféré aller soutenir son équipe de football, le Tout puissant Mazembe, lors de la Coupe du monde des clubs, au Japon. Mais, avant son départ, il a transmis un message aux participants et s’est concerté avec plusieurs d’entre-eux, dont Félix Tshisekedi à Paris le 10 décembre.

    Aucun représentant des autorités congolaises

    Aucun représentant des autorités congolaises n’a en revanche été convié. « Seuls les personnes favorables à la démocratie et au respect des échéances électorales étaient invités », confie un organisateur. Ce nouvel épisode rappelle les incidents qui avaient émaillé le lancement du mouvement citoyen « Filimbi » le 15 mars dernier à Kinshasa. En apprenant la tenue de cette réunion, à laquelle participait les militants sénégalais de Y’en a marre et du Balai citoyen, les autorités congolaises avaient arrêté tous les participants. Les Sénégalais et Burkinabè avaient été expulsés. Quant aux militants congolais Fred Bauma et Yves Makwambala, ils sont toujours en détention.

    Le gouvernement sénégalais n’a rien à voir là-dedans, rétorque l’un des organisateurs

    « Il y a quelques mois, nous avons reçu un groupe de jeunes gens venus de ce pays pour apprendre à nos compatriotes comment faire des cocktails molotov et résister à la police, affirme le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende à Jeune Afrique. Il y a eu une intervention sénégalaise pour qu’ils soient libérés, ce que nous avons accepté par amitié. Et voici que les mêmes personnes se réunissent dans ce pays sans que le gouvernement ne nous informe. Qui peut entrer au Sénégal sans que le gouvernement soit au courant ? »

    « Le gouvernement sénégalais n’a rien à voir là-dedans, rétorque l’un des organisateurs. Il n’avait pas à donner son autorisation. D’ailleurs, ce pays a supprimé le visa payant à l’entrée en mai dernier ».

    Jeune Afrique

  • Moïse Katumbi et Félix Tshisekedi s’unissent à Paris pour le départ de Joseph Kabila en 2016

    Moïse Katumbi et Félix Tshisekedi s’unissent à Paris pour le départ de Joseph Kabila en 2016

    katumbi-tshisekedi-L’ancien gouverneur de l’ex-Katanga et le fils de l’opposant historique se sont rencontrés, ce jeudi 10 décembre à Paris. Ils veulent faire cause commune pour obtenir une élection présidentielle sans participation du président sortant, Joseph Kabila, et dans les délais constitutionnels. Ils ont également évoqué une candidature commune.

    Est-ce un tournant dans le marathon politique, qui doit mener à l’élection présidentielle congolaise en novembre 2016 ? Paris a été le théâtre, le 10 décembre, d’une rencontre entre deux personnalités influentes de l’opposition congolaise : Moïse Katumbi, ancien gouverneur de l’ex-Katanga, et Félix Tshisekedi, fils d’Étienne, le chef du principal parti d’opposition, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).

    Les deux hommes se sont réunis pour une journée de discussion dans un discret hôtel du VIIIe arrondissement de la capitale française, à laquelle Jeune Afrique a pu assister en partie. En est ressorti un accord en plusieurs points, au premier rang desquels le refus du « dialogue national » annoncé par le président Joseph Kabila. Les deux hommes sont désormais convaincus qu’il s’agit d’une manœuvre du chef de l’État congolais pour obtenir un report de l’élection présidentielle, au-delà du délai constitutionnel de novembre 2016. Selon l’actuelle Constitution, le président sortant n’aura en effet pas le droit de se présenter à ce scrutin.

    L’objectif, c’est l’alternance en 2016, a expliqué Moïse Katumbi. Il faut un changement de régime et un changement de politique, a renchéri Tshisekedi

    « Nous voulons un calendrier consensuel qui donne la priorité à des élections présidentielles et législatives dans les délais constitutionnels et qui soient conformes aux standards internationaux », a expliqué Samy Badibanda, un proche de Félix Tshisekedi, également chef du groupe parlementaire « UDPS et alliés ». « Nous voulons aussi que le fichier électoral soit révisé conformément aux recommandations de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) », a-t-il ajouté.

    « L’objectif, c’est l’alternance en 2016 », a expliqué Moïse Katumbi. « Il faut un changement de régime et un changement de politique », a renchéri Félix Tshisekedi.

    Candidat commun

    Les deux hommes ont également évoqué la possibilité de soutenir un candidat commun lors de l’élection présidentielle, a précisé Samy Bandibanga. Mais ni l’identité, ni le mode de désignation de ce candidat n’a été précisé. Il est encore trop tôt, faisaient savoir les participants. « Tous les partis politiques qui veulent l’alternance sont les bienvenus parmi nous », a précisé Félix Tshisekedi.

    Cette rencontre réduit considérablement la portée du « dialogue national » voulu par le président Joseph Kabila. L’UDPS était la seule grande formation d’opposition qui avait accepté d’en discuter lors de rencontres à Venise et Ibiza. Mais après sa convocation par le président Joseph Kabila, le 28 novembre, Félix Tshisekedi avait renoncé à y participer, arguant que « la présence de la communauté internationale [était] une condition sine qua non de [sa] participation ». « Si c’est une initiative de la communauté internationale, nous ne sommes pas opposés contre, explique-t-il aujourd’hui. Mais un dialogue sous l’égide du seul Joseph Kabila, il n’en est pas question ».

    Pierre Boisselet– Jeune Afrique

  • Joseph Kabila est dans les cordes. Il n’a plus de soutien, meme au Katanga d’où il est originaire

    Joseph Kabila est dans les cordes. Il n’a plus de soutien, meme au Katanga d’où il est originaire

    DRC government_torture Kabila–  Pour Jean Omasombo, on est au bout des tentatives de Kabila pour rester au pouvoir.
    La multiplication des projets gouvernementaux congolais destinés à maintenir le président Kabila au pouvoir au-delà du terme de son second et dernier mandat en décembre 2016 a profondément ébranlé la société congolaise. Le dernier en date l’organisation d’un “ Dialogue national ” destiné à modifier le système électoral, a suscité une levée de boucliers (“La Libre” 1er décembre).

    Où tout cela mène-t-il le Congo ?
    Pour le comprendre, “La Libre Belgique” a interrogé le politologue Jean Omasombo, chercheur au Musée d’Afrique central à Tervuren et professeur à l’université de Kinshasa.
    Vu l’importance de l’opposition au projet de Dialogue de M. Kabila, celui-ci est-il enterré ?
    Même si le mot “dialogue” est aujourd’hui galvaudé au Congo, je pense qu’on finira par en avoir un, quel que soit le nom qu’on voudra lui donner. Mais cela nécessite qu’on sorte du schéma fixé par le président Kabila, au risque de vider l’Etat congolais de sa substance et de retourner à l’ère Mobutu.

    Expliquez-vous…
    Depuis 2013, Kabila cherche une issue lui permettant de rester au pouvoir. Avec ce schéma, on revient à Mobutu parceque, comme à cette époque, on ramène l’Etat aux intérêts et à la volonté de l’individu au pouvoir.
    Sa dernière démarche, amenant la mise en place forcée et non préparée de nouvelles provinces, a fini par lui coûter la décomposition de son camp politique, avec la sortie du G7 (NdlR : dissidents de la majorité présidentielle).
    Sur un autre dossier majeur, celui des élections locales, Kabila ne semble avoir ni la volonté, ni la capacité de les organiser. Alors que, selon la Constitution, il aurait dû lancer la décentralisation en 2009. Or il ne s’en est occupé qu’en 2015. Et sur les 21 “commissaires spéciaux” qu’il a nommés à la tête des 21 nouvelles provinces, quatorze sont de son parti, le PPRD, et sept de partis alliés…
    L’insistance du camp Kabila à organiser ce “Dialogue national” est sa dernière grosse manœuvre possible, après une série d’échecs.
    Quel type de dialogue est nécessaire ?
    Certaines des décisions récentes du pouvoir comme les 21 nouvelles provinces ont compliqué la marche du pays; ainsi l’Ituri ne veut pas revenir en arrière et cesser d’être une province, même s’il rejette les commissaires spéciaux. Dans ce contexte, il faut se recentrer sur le fondamental. L’impératif, aujourd’hui, est connu : la tenue de l’élection présidentielle, dans le cadre de la Constitution, avant la fin 2016.
    C’est la principale élection. Et elle peut être liée à l’élection des députés nationaux et à celle des députés provinciaux, ces derniers élisant indirectement les sénateurs nationaux et les exécutifs provinciaux. Cela permettrait d’asseoir les nouvelles provinces.
    Un cadre, qu’on peut appeler dialogue, est nécessaire pour éclaircir l’évolution politique, embrouillée par les décisions contradictories de ces dernières années et en raison de la faiblesse de la Ceni (Commission électorale nationale indépendante), qui ne maîtrise plus rien.

    En quoi ce dialogue-là serait-il différent du “Dialogue national” de Kabila ?
    Ce dernier veut qu’on modifie la Constitution pour changer le mode électoral afin de survivre lui même. Il veut rattraper le retard qu’il a volontairement ou par incapacité fait prendre sur les exigences de la Constitution. Et l’opposition, qui s’étoffe, veut trouver sa force dans la rue, qui a clairement exprimé, lors des émeutes de janvier, son refus de voir Joseph Kabila se prolonger au pouvoir.
    Seule la Dynamique de l’opposition (NdlR : les principaux partis d’opposition, sauf l’UDPS) est peu favorable au dialogue, préférant s’appuyer sur l’opinion publique pour accélérer le processus de départ de Joseph Kabila. L’Eglise et le G7 devraient être favorables à une forme de dialogue. Tout comme la communauté internationale. Joseph Kabila est dans les cordes. Contrairement au président du Burundi, il n’a plus de soutien, même au Katanga d’où il est originaire.

    Quelles possibilités lui reste-t-il ?
    Vu le temps qui lui reste avant la fin 2016, il pourrait jouer là sa dernière partie. Sa course devient de plus en plus difficile mais, en même temps, il ne peut plus reculer : il n’a jamais préparé sa succession. Ses alliés ne sont que des appuis de circonstance, sans cohésion.
    Le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, évoque de possibles violences…
    C’est parce que le camp presidential s’aperçoit que l’opinion publique ne lui est pas favorable. Lambert Mende a mis en avant le modèle rwandais de développement contre la démocratie; mais Kabila ne peut amener ni l’un ni l’autre.

    Que va-t-il arriver, maintenant ?
    Il y a trois issues possibles.
    1) Kabila arrive à mettre la Constitution de côté et à rester au pouvoir; c’est peu probable. 2)Un dialogue dans le cadre de la Constitution permet au pays d’avoir un nouveau Président fin 2016
    3) Il y a une confrontation entre les deux camps, qui amène la chute de Kabila.
    Joseph Kabila est dans les cordes.
    Contrairement au president du Burundi, il n’a plus de soutien, meme au Katanga d’où il est originaire […] Il pourrait jouer là sa dernière partie.
    Jean Omasombo, politologue et professeur à Kinshasa.
    MARTIN D’HAESE
    Entretien Marie-France Cros

  • Ce qu’il faut retenir de la visite de Saïd Djinnit en RDC

    Ce qu’il faut retenir de la visite de Saïd Djinnit en RDC

    Djinnit-L’envoyé spécial des Nations unies pour les Grands Lacs a fini ses quatre jours de consultations en République démocratique du Congo. Saïd Djinnit a rencontré des acteurs institutionnels, politiques, la société civile et a consacré cette dernière journée à rencontrer les représentants des Eglises. Il repart avec une palette d’avis qui devrait permettre au secrétaire général des Nations unies de confirmer ou non sa nomination comme co-facilitateur international du dialogue convoqué par Joseph Kabila.

    De l’avis des personnalités consultées, le principal enseignement que pourrait tirer Ban Ki-moon, c’est que la République démocratique du Congo pourrait être à la veille d’une crise majeure. La majorité elle-même l’a dit ouvertement lors de sa dernière conférence de presse : sans dialogue, il y a un risque de violences dans le pays à l’approche des élections, a dit son porte-parole. L’opposition et la société civile, qu’elles soient favorables à un dialogue ou non, parlent également de ce risque.

    Deuxième enseignement : une partie des acteurs politiques, l’UDPS en tête, font de cette co-facilitation internationale et de son implication dès la mise en place du comité préparatoire de ce dialogue une condition sine qua non de leur participation… mais aussi de la crédibilité des discussions.

    Troisième enseignement : des politiques, des membres de la société et notamment l’Eglise catholique insistent sur le respect des délais constitutionnels, là encore qu’ils se disent favorables au dialogue ou non. Il semble avoir compris, expliquent plusieurs participants à ses consultations. Ces personnalités rapportent que Said Djinnit aurait à la fois parlé d’un dialogue inclusif et franc comme d’une voie privilégiée par les Nations unies, mais l’envoyé spécial pour les Grands Lacs aurait également évoqué le contenu des dernières résolutions du Conseil de sécurité qui rappellent toute la nécessité de respecter les délais constitutionnels, et notamment pour la présidentielle.

    Parmi les personnalités consultées, il y a l’ancien vice-président Azarias Ruberwa. Le président de RCD s’est prononcé ouvertement pour le dialogue national, mais il insiste sur le fait que chacun, gouvernement, opposition et même la communauté internationale, doit faire preuve de bonne volonté pour éviter le pire au Congo :

    « Je pense que le problème du gouvernement, c’est de donner des garanties que la Constitution sera respectée. Le problème de l’opposition, c’est de venir au dialogue, bien sûr avec son cahier des charges, par rapport à des questions sur le fichier électoral, les nouveaux majeurs, comme on le dit ici, tous ces jeunes, des millions aujourd’hui, qui étaient mineurs en 2011, mais qui sont devenus majeurs. Mais aussi sur des questions comme la sécurisation du processus et le budget. Plus il y aura d’opposants qui participeront, plus ils vont constituer une garantie en eux-mêmes. Si le dialogue tourne dans le sens que l’on ne souhaite pas, on sera libre de quitter ou de ne pas signer. Mais ne pas aller au dialogue, ne pas donner des garanties du côté du pouvoir, ne pas participer pour l’opposition et la société civile et ne pas avoir la communauté internationale qui soutient ce dialogue, je pense que c’est une mauvaise stratégie, parce qu’il ne faut pas attendre qu’il y ait de casse pour dire “si l’on savait, on aurait pu dialoguer, et peut-être trouver un compromis”. Alors on va assumer devant l’Histoire », a déclaré Azarias Ruberwa.

    RFI

  • L’ONU nomme Saïd Djinnit facilitateur du dialogue politique en RDC

    L’ONU nomme Saïd Djinnit facilitateur du dialogue politique en RDC

    said,kabila,etienne-Selon un communiqué daté d’hier mercredi 02 décembre 2015 et signé par Représentant Spécial du Secrétaire général des Nations Unies en République Démocratique du Congo et patron de la Monusco, Maman Sambo Sidikou, le numéro un des Nations Unies vient  de charger Saïd Djinnit, son Envoyé Spécial dans les Grands Lacs, d’une mission de bons offices auprès des autorités congolaises ainsi que de toutes les parties prenantes au Dialogue national, présentement plombé à la suite du refus de plusieurs forces politiques et sociales d’adhérer au schéma de sa convocation par le Chef de l’Etat. On apprend que ce haut fonctionnaire onusien séjourne à Kinshasa depuis hier.

                Selon les termes du même communiqué, Saïd Djinnit est chargé de la facilitation du Dialogue, en commençant par la claire définition de ses « contours ». Les observateurs notent que le Secrétaire général des Nations Unies vient ainsi de donner suite à la lettre lui adressée par le Chef de l’Etat congolais, il y a une dizaine de jours, et dont était porteur, à New York, Raymond Tshibanda, ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale. On rappelle que dans cette correspondance, Joseph Kabila demandait à Ban ki-Moon de choisir le facilitateur du Dialogue national sur une liste de quatre personnalités dont Kofi Annan (Secrétaire général honoraire de l’ONU), Eduardo Dos Santos (Président de l’Angola), Moustapha Niasse (Président de l’Assemblée Nationale du Sénégal) et Saïd Djinnit (son Envoyé Spécial dans les Grands Lacs).

    A l’heure où le projet de Dialogue National se trouve totalement bloqué, tous les regards sont tournés vers ce dernier pour le débloquer et sauver le processus électoral terriblement en péril.

    Espoirs permis pour la tenue du Dialogue

                En principe, Saïd Djinnit devrait être accepté aussi bien par le Chef de l’Etat congolais, qui n’est pas du tout opposé à une médiation internationale tant que celle-ci n’empiète pas sur la souveraineté nationale, que par toutes les forces politiques et sociales « pro » comme « anti » dialogue. A l’étape actuelle où il est chargé de consulter toutes « les parties prenantes » congolaises, il est permis de croire qu’il va recueillir leurs avis et considérations, concilier les points de vue avant de passer à la phase de l’organisation proprement dite du Dialogue.

                L’opinion congolaise, fort troublée par les divergences de vue entre le Président de la République et les forces politiques (UDPS) et sociales (Eglise catholique) acquises au principe de la participation au Dialogue national, attend du « Facilitateur » des Nations Unies une pré-médiation visant à les mettre d’accord autour des modalités de sa convocation, du Comité préparatoire, des matières à inscrire à l’ordre du jour, de ses objectifs, etc. C’est le lieu de signaler que les questions qui fâchent devraient porter sur le « parrainage » de ce forum (Kabila ou la Communauté internationale), la désignation d’un Comité préparatoire par le Chef de l’Etat, la proposition d’une réflexion autour d’un système électoral peu coûteux, le pilotage du bureau du Dialogue par une équipe mixte Majorité présidentielle/Opposition (Société civile exclue), le financement des élections, la sécurisation du processus électoral, les mesures individuelles de grâce en faveur des prisonniers politiques et d’opinions, l’audit du fichier électoral, le calendrier électoral, l’enrôlement de nouveaux majeurs, la recomposition de la Ceni, le respect de la Constitution, la libération des prisonniers politiques, etc.

                L’autre face de la mission de Saïd Djinnit devrait consister à convaincre le « camp du refus du Dialogue » (G7, Dynamique de l’Opposition) d’y prendre part, afin de préserver son caractère « inclusif ». Ici, il lui faudrait donner des garanties onusiennes à ceux qui soupçonnent le Chef de l’Etat de vouloir profiter du Dialogue pour faire réviser la Constitution dans le sens du déverrouillage de l’article 220 limitant les mandats présidentiels à deux et leur durée à cinq ans, du « glissement » (prolongation des mandats des membres actuels des institutions de la République au-delà de 2016) ou encore de la mise en place d’un gouvernement de transition, etc. Bref, une dure épreuve de restauration de la confiance entre Kabila et ceux qui le soupçonnent d’entretenir un agenda caché autour de ce forum attend Saïd Djinnit. Il lui appartient d’apporter la preuve aux Congolais qu’il se trouve réellement au-dessous de la mêlée et qu’il est indépendant vis-à-vis de toutes les « parties prenantes » à la crise congolaise.Toute erreur d’approche ou de jugement lui est interdite.

                            Kimp

  • RDC : violents affrontements entre policiers et supporters du TP Mazembe à Lubumbashi

    RDC : violents affrontements entre policiers et supporters du TP Mazembe à Lubumbashi

    FAN-POLICE-De violents affrontements, qui ont fait quatre blessés, ont opposé mardi pendant plusieurs heures à Lubumbashi des policiers aux supporters du TP Mazembe.

    Trois supporters et un policier ont été blessés, a déclaré à l’AFP dans la soirée le colonel Paul Kyungu Banza, chef-adjoint de la police de Lubumbashi, selon qui 17 personnes ont été arrêtées.

    Les heurts ont été provoqués par l’interdiction d’un match du TP Mazembe, à l’occasion duquel Moïse Katumbi, propriétaire du club et opposant politique de poids, devait s’adresser à la foule. Il s’agissait d’un match de préparation en vue de la Coupe du monde des clubs (qui se déroule au Japon à partir du 10 décembre) compétition pour laquelle l’équipe a gagné son billet en remportant  le 8 novembre la Ligue des champions d’Afrique.

    A 12h00 (11h00 GMT), la police a encerclé le stade où devait se jouer le match du club de Lubumbashi, capitale du Haut-Katanga depuis l’éclatement récent du Katanga en quatre nouvelles entités administratives.

    Une décision politique ?

    Des milliers de supporters qui affluaient vers le lieu ont été repoussés à coups de gaz lacrymogène, dont le matériel a été saisi pendant quelques instants par la police. Les affrontements ont dégénéré avec des jets de pierres et se sont poursuivis pendant plusieurs heures.

    Pour justifier la présence policière aux abords du stade, le colonel Kyungu Banza avait simplement déclaré dans l’après-midi que « le match entre les équipes A et B de TP Mazembe n'[était] pas autorisé par la mairie ».

    Interrogé par l’AFP, Moïse Katumbi a déploré l’interdiction du match. « On ne complote pas dans un stade, a-t-il dit, le football est apolitique. »

    (Jeune Afrique)