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  • Les Kinois réagissent à la présence de caméras de surveillance

    Les Kinois réagissent à la présence de caméras de surveillance

    CAMERA-Les caméras de surveillance ont fait leur apparition dans la ville de Kinshasa. Surpris par cette présence, les Kinois se sont mis à spéculer dans tous les sens. Les autorités de la police nationale rassurent, mais la suspicion demeure et se fait de plus en plus grande.

    Célestin Kanyama, commissaire provincial de la capitale, parle du renforcement de la sécurité. Ce général de la Police nationale évoque les contraventions routières et le comportement incivique de certains habitants. Selon lui, cette vidéosurveillance est une très bonne chose et certains Kinois sont d’accord avec lui. « Moi, je trouve que c’est bon, nous devons nous adapter aux systèmes de sécurité d’ailleurs… » témoigne cet homme.

    Mais ensuite se posent des problèmes pratiques somme la maintenance du réseau. « C’est ça le plus difficile. Acheter des caméras… mais la maintenance ?» s‘interroge cet autre Kinois selon lequel pour que la vidéosurveillance ait un bon résultat ilfaut prévoir un suivi.

    Pourquoi poser des caméras de surveillance seulement maintenant ?
    « C’est vraiment pour des raisons sécuritaires ou c’est pour cibler les lieux connus traditionnellement dans cette ville, comme des lieux de rassemblement de certaines personnes qui ne sont pas d’accord avec certaines choses, certaines pratiques que l’on dénonce jour et nuit dans ce pays » doute cet autre habitant de la capitale.

    Autre question enfin : ce projet a-t-il été budgétisé ? « Si on regarde le budget de l’Etat on ne voit pas où cet élément figure. Et pourquoi ça ne vient que vers la fin de l’année 2015 et le début de l’année 2016 ? » interroge un autre Kinois.

    Des sources généralement bien renseignées indiquent qu’il s’agit d’un réseau de surveillance confié à la Police nationale congolaise.

    RFI

  • Moïse Katumbi annonce son appartenance à l’opposition

    Moïse Katumbi annonce son appartenance à l’opposition

    katumbi-L’ancien gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi, a annoncé dimanche 3 janvier à Lubumbashi son appartenance à l’opposition politique. Au cours d’une conférence de presse, il a cependant précisé qu’il n’a rejoint aucune formation politique et n’a pas créé de parti politique.

    Moïse Katumbi indique cependant appartenir au « Front citoyen 2016 ». Cette plateforme créée récemment regroupe des Congolais de la diaspora, des membres des organisations de la société civile, des confessions religieuses, des organisations politiques de l’opposition ainsi que des personnalités politiques qui militent pour le strict respect de la constitution.

    « L’objectif du Front citoyen est d’abord d’insister sur les élections provinciales de 2016 et l’élection présidentielle de 2016 en respectant les délais constitutionnels et avoir le calendrier [électoral] le plus vite possible », explique M. Katumbi.

    L’ancien gouverneur du Katanga qui a quitté le parti présidentiel en septembre dernier, affirme que des pourparlers sont menés pour avoir un candidat unique de l’opposition à la prochaine présidentielle.

    « J’ai rencontré Félix Tshisekedi. J’ai rencontré beaucoup de personnes. J’ai aussi rencontré beaucoup d’opposants au niveau de la province du Katanga. Nous sommes en pourparlers pour avoir un candidat de l’opposition », explique-t-il.

    Au sujet de l’identité de ce candidat, Moïse Katumbi dit que l’opposition va se décider.

    « Ce n’est pas à moi de décider qui peut être le candidat de l’opposition. Au moment venu, l’opposition va elle-même proclamer son candidat », affirme-t-il.

    Par ailleurs, M. Katumbi félicite les personnes qui ont participé à la rencontre sur l’île de Gorée.

    « Le plus important pour moi est de féliciter ces gens qui ont participé à cette réunion du Front citoyen à l’île de Gorée. Et ils ne doivent même pas avoir peur. Ils sont libres d’aller n’importe où ils peuvent contribuer à notre pays. J’ai délégué quelqu’un qui était à l’île de Gorée. Moi j’étais au Japon [pour la coupe du monde des clubs]. Si j’étais au pays, j’allais être là aussi », fait-il savoir.

    Selon les opposants qui ont pris part à cette rencontre de Gorée, cette réunion était axée sur les élections en Afrique subsaharienne.

    Mais les autorités de Kinshasa rejettent cette explication. Le président de l’Assemblée nationale a affirmé le 15 décembre que ce groupe est allé au Sénégal apprendre des pratiques subversives afin de réfléchir sur les meilleures voies et moyens pour un soulèvement populaire en RDC.

    Radio Okapi

  • RDC: les détenteurs de téléphones portables doivent s’identifier

    RDC: les détenteurs de téléphones portables doivent s’identifier

    cell-phone1-Encore une fois, le gouvernement de RDC exige des détenteurs des téléphones cellulaires de se faire identifier. La décision, annoncée dimanche à la télévision officielle, était censée prendre fin ce lundi soir. La société civile dénonce une restriction des droits des citoyens là où le porte-parole du gouvernement affirme que c’est dans le cadre de la prévention du terrorisme.

    « Tout numéro non enregistré sera suspendu aujourd’hui ». Le message est tombé lundi sur plusieurs portables. S’en est suivi une invitation : « Passez dans nos points de vente avec une pièce d’identité pour enregistrement ».

    Les opérateurs de téléphones cellulaires ont été contraints d’inviter leurs clients à obtempérer à cette décision de l’Exécutif. Lambert Mende, le porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication, affirme que la mesure a été prise il y a trois ans. Les opérateurs de téléphones ont bénéficié d’un moratoire de deux ans. Lambert Mende évoque la lutte contre le terrorisme, prenant prétexte de la situation à Beni.

    Vive protestation de l’opposition

    Mais la société civile s’insurge contre cet alibi, comme l’explique maître Georges Kapiamba de l’Association congolaise pour l’accès à la justice (ACAJ) : « Nous sentons qu’elle [cette décision] est totalement politique. Elle rentre dans la même logique qui avait prévalu au mois de janvier de l’année en cours où on a vu le gouvernement suspendre le fonctionnement des télécommunications, le fonctionnement d’internet ».

    Dans l’opposition, on ne se doute pas que la décision est en rapport avec les actions prévues pour faire échec à un éventuel prolongement du mandat du président Joseph Kabila.

    RFI

  • RDC: les opposants dans le collimateur des services de sécurité

    RDC: les opposants dans le collimateur des services de sécurité

    Boul_du_30_juin_Kinshasa-Le coordonnateur du tout nouveau mouvement citoyen « Il est temps RDC-Quatrième voie », Jean-Marie Kalonji, a été enlevé par des hommes armés en plein boulevard du 30-Juin le 15 décembre. C’est seulement mercredi qu’il a été localisé dans les installations de l’Agence nationale des renseignements (ANR). Selon des sources proches du gouvernement, Jean-Marie Kalonji excellait dans la subversion en milieu estudiantin pour le compte de l’opposition, qui rejette ces accusations.

    Il est 13 heures le 15 décembre, boulevard du 30-Juin. A la hauteur de l’immeuble Gécamines, des hommes en armes circulant à bord d’une voiture embarquent de force un piéton. Tout juste le temps pour les compagnons de l’infortuné de constater que le véhicule 4×4 de couleur noire a été immatriculé à Kinshasa.

    Jean-Marie Kalonji, le nom de la personne enlevée, est âgé de 29 ans et est surtout le coordonnateur d’un nouveau mouvement citoyen, « Il est temps RDC – Quatrième voie ». Au bout de plus d’une semaine de recherches intenses, son frère Pascal Kalonji le localise à l’ANR, mais assure n’avoir pas réussi à établir un contact avec lui.

    Des activités subversives ?

    Selon des sources proches du gouvernement contactées par RFI, l’intéressé était recherché pour des activités subversives, notamment le recrutement dans les milieux des étudiants pour le compte de l’opposition. « L’opposition n’a pas besoin d’aller recruter clandestinement », rétorque pour sa part l’opposant Vital Kamerhe, avant d’ajouter que l’opposition a lancé publiquement un appel au peuple congolais pour adhérer au Front citoyen 2016, un mouvement mis en place avec la société civile Filimbi et Lucha pour obtenir les élections présidentielles et législatives dans le délai constitutionnel.

    RFI

  • RDC : le chemin de l’incertitude

    RDC : le chemin de l’incertitude

    Kabila-main4-En 2006, les Congolais écoutaient avec émotion le discours d’investiture de Joseph Kabila, premier président issu d’élections jugées crédibles en RDC.

    L’ex-Zaïre revenait enfin à la vie après une guerre civile qui avait fauché la vie de millions de Congolais, jeté la plupart d’entre eux sur le chemin de l’errance et plongé le pays dans une misère indescriptible.

    Dans le même élan, un processus démocratique consensuel né des accords de Sun-City prenait forme. Les Congolais commençaient à se remettre au travail pour rebâtir un vaste pays saccagé par les guerres civiles post-indépendance, la barbarie du régime Mobutu et les atrocités des rébellions dites de libération qui ravagèrent le pays, de 1996 à 2002.

    L’espoir fut hélas de courte durée. Le président Joseph Kabila qui bénéficiait d’une large adhésion populaire à son programme dit des « Cinq chantiers » n’est pas parvenu à traduire dans la réalité les immenses attentes liées à la bonne gouvernance, à la construction d’infrastructures et à l’amélioration des conditions de vie de ses compatriotes.

    En panne de légitimité

    Confrontée à la désillusion populaire, la majorité au pouvoir a vite pris conscience qu’elle ne pourrait plus se maintenir à travers un jeu démocratique franc et ouvert. Elle a levé l’option d’entamer lentement mais sûrement le périlleux périple de la mise en tombeau de la jeune démocratie.

    Acte premier : modifier les règles électorales en allant d’un scrutin présidentiel à deux tours à celui à tour unique, à la veille de la présidentielle de 2011. La coalition au pouvoir espérait ainsi voir son champion rempiler face à une opposition qui ne réussissait pas à former un bloc uni.

    Grâce à une machine électorale bien huilée par les fraudes massives décriées par tous les observateurs nationaux comme étrangers, Kabila s’offre alors non sans peine un second mandat à la tête du pays. Mandat qui peine à convaincre tant la corruption se généralise, le délabrement des infrastructures se poursuit et pire, l’insécurité endémique dans l’est du pays s’aggrave. En panne de légitimité, toute l’action gouvernementale est plongée dans une inanition fatidique.

    Acte deux : asphyxier le cycle électoral, restreindre l’espace démocratique public et jouer la politique du pourrissement sécuritaire. À commencer par la non-organisation des élections locales et provinciales longtemps prévues et sensées faire évoluer la démocratie à la base, en passant par la recrudescence des intimidations des opposants et l’accaparement de l’espace médiatique national, Kabila et les siens semblent avoir tracé leur voie.

    On ne fait pas d’élections dans un pays en guerre

    L’est du Congo est encore écumé par des hordes de combattants locaux et étrangers qui opèrent en toute impunité, pillent les ressources naturelles, violent les femmes, incendient des villages, massacrent quotidiennement les populations sans qu’aucune réaction conséquente du pouvoir ne soit palpable. Rien sauf des discours du genre : « On ne fait pas d’élections dans un pays en guerre ».

    Vers un nouvel ordre constitutionnel ?

    Acte trois : embrigader la classe politique dans une logique de consensus pour le partage du pouvoir et, sans l’avouer, d’un nouvel ordre constitutionnel. Histoire aussi de remettre les compteurs à zéro. À travers les « concertations nationales » dont la suite est connue de tous et le futur « dialogue national ».

    Sept partis de la majorité ont ouvertement demandé à Kabila de respecter la Constitution et de ne pas engager la nation sur une voie suicidaire. Et – c’est une première dans le pays -, l’ensemble de l’opposition politique vient de signer une déclaration commune rejetant toute manœuvre qui s’écartarait des dispositions de la Constitution en vigueur. Enfin plus significatif, la très influente Église catholique et de nombreuses organisations de la société civile projettent des « actions d’envergure » pour contraindre le pouvoir à ouvrir l’arène politique et à organiser la présidentielle dans les délais constitutionnels.

    La majorité des Congolais ont pleinement conscience que le régime au pouvoir tient à s’y maintenir par tous les moyens, la Constitution ne donnant aucune chance à Kabila pour se représenter en 2016. Une détermination jusqu’au-boutiste  qui fait pointer le spectre du retour à la dictature « ventrocentrique » et iconoclaste comme le pays l’a connue pendant les 32 ans du règne de Mobutu. Le peuple congolais se laissera-t-il mener à l’abattoir par un groupe d’individus aveuglés par leurs intérêts égoïstes ? L’histoire nous le dira.

    Mupenzi Mumbere ( Jeune Afrique)

  • Joseph Kabila reproche au Sénégal de donner la parole à son opposition

    Joseph Kabila reproche au Sénégal de donner la parole à son opposition

    Kabla-Macky-La pilule passe mal. Du 11 au 14 décembre, le Sénégal a accueilli une conférence de la fondation allemande Konrad-Adenauer-Stiftung sur les processus électoraux en Afrique. Outre le pays hôte, plusieurs pays africains ont été conviés à partager leur expérience : Tanzanie, Côte d’Ivoire, Mozambique, Namibie, Togo, Ouganda, Ghana et République démocratique du Congo (RDC). Mais Kinshasa s’est senti menacé. L’objectif est de créer des « mouvements de perturbation » et un « pays africain » ne devrait pas autoriser des réunions « manifestement destinées à favoriser la déstabilisation » d’un autre, a tempêté le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende. Des allégations jugées « sans fondement » par Human Rights Watch, qui voit dans cette réaction une nouvelle tentative de « réprimer » l’opposition.

    « Complots contre la République »

    La tension est vive dans l’ex-Zaïre, où le cycle électoral est paralysé : le président Joseph Kabila – au pouvoir depuis 2001, élu en 2006 et reconduit en 2011 – ne peut pas se représenter en novembre 2016, mais l’opposition l’accuse de manigancer pour rester en place. La suspicion est si grande qu’elle refuse de prendre part à son futur dialogue national, qui doit jeter les bases d’élections « apaisées » et « crédibles ». L’église catholique, qui appelle le 16 février à marcher pour « consolider la démocratie », compte pour sa part assister aux pourparlers. Elle a d’ailleurs quitté la rencontre de Dakar en constatant que les seuls responsables politiques présents étaient des « opposants », ce qui menaçait sa « neutralité ».

    Lire aussi : RDC : un dialogue national pour quoi faire ?

    L’un des initiateurs du forum est Filimbi (« sifflet », en swahili), un mouvement congolais qui se définit comme « citoyen » et « non partisan », mais à qui la RDC prête les mêmes intentions que le Balai citoyen : en octobre 2014, au Burkina Faso, il avait joué un grand rôle dans le départ de Blaise Compaoré, au pouvoir depuis vingt-sept ans et qui voulait s’y maintenir. Sur une vidéo, des opposants et représentants de la société civile chantent « Au revoir » à Joseph Kabila. Parmi eux, Fadel Barro, figure du mouvement sénégalais Y’en a marre, en pointe du combat, victorieux, contre un troisième mandat d’Abdoulaye Wade. Fadel Barro, que Kinshasa a pris en grippe, avait été expulsé de RDC pendant le lancement de Filimbi, en mars.

    Les Congolais sont revenus du Sénégal sans encombre. Mais le 14 décembre, dans son discours à la nation, Joseph Kabila a prévenu qu’il ne permettrait pas que les efforts de paix accomplis au pays – meurtri par deux guerres entre 1996 et 2003, et souffrant d’instabilité chronique à l’est – « soient compromis » par ceux qui refusent le dialogue « au profit des complots contre la République ».

    « Dialogue mort »

    Fin janvier des manifestations parfois violentes dénonçant un projet de loi électoral ont été réprimées dans le sang. Ce scénario ne devrait plus se reproduire : le Parlement a voté le 15 décembre une loi sur les manifestations dont un amendement interdit l’usage d’armes létales par la police et stipule que l’armée ne doit intervenir qu’en renfort. Malgré tout, « dans les prochains jours, il y a risque d’une flambée de tensions, de manifestations pacifiques et de répression par le pouvoir », estime Juvénal Munubo, député de l’Union pour la nation congolaise (UNC), représentée à Dakar. Et la situation risque d’empirer « si la présidentielle est reportée », précise l’élu, auteur du fameux amendement.

    La conférence de Dakar succède au rapprochement surprise, la semaine dernière à Paris, entre Moïse Katumbi – probable candidat à la présidentielle, qui a récemment quitté la majorité dans la foulée de sept partis de la famille présidentielle – et de Felix Tshisekedi, haut cadre de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) et fils d’Etienne Tshisekedi, l’opposant historique qui s’était déclaré « président élu » en 2011.

    Un enfant pousse un invalide en fauteuil roulant devant les décombres de l'hôpital d'Eringeti, attaqué par les rebelles ougandais ADF-Nalu le 30 novembre 2015.

    lemonde.