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Offensive contre les FDLR: l’ONU revient sur ses pas
-L’armée congolaise a repris un groupe de villages aux FDLR alors que les Nations Unies annoncent des contacts avec le gouvernement afin de reprendre leur soutien aux opérations contre les rebelles hutus rwandais au Sud-Kivu déclenchées mardi.Dans le groupe de villages reconquis dans l’offensive des Forces armées de la RDC contre les rebelles hutus rwandais, il y a Mulenge, très connu à cause du nom lié à l’ethnie de tutsi congolais.
Des officiers de l’armée congolaise ont révélé à l’AFP qu’il n’y avait plus des combats des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) dans ces centres mais que les combats se poursuivaient plutôt dans les grandes forêts où les éléments FDLR se sont retranchés, se concentrant dans la forêt de Kitavu-Kambegere.
Un député d’Uvira, Justin Bitkwira, contacté par la VOA, a confirmé la situation sur le terrain.
Pendant ce temps, les Nations unies qui conditionnait leur soutien à l’offensive par le retrait de deux officiers accusés de graves crimes au commandement de l’opération de l’armée congolaise, fait demi-tour.
Le représentant spécial-adjoint du secrétaire général de l’Onu chargé des opérations dans l’Est de la RDC, Abdallah Wafy, a annoncé que les Nations Unies étaient en contact avec les autorités congolaises pour créer les conditions d’une reprise du dialogue politique et pourquoi pas, pour solliciter auprès du président de la République qu’il puisse reconsidérer sa position.
Les troupes régulières ont déclenché mardi, sans l’appui des Casques bleus, une offensive au Sud-Kivu contre les FDLR, dont des chefs sont accusés d’avoir participé au génocide contre les Tutsi en 1994 au Rwanda, qui fit quelque 800.000 morts selon l’ONU.
La Monusco estime à 1.400, le nombre des combattants FDLR encore actifs en RDC.
VOA
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RDC: l’armée lance une offensive contre les FDLR à Uvira
-Des tirs à l’arme lourde et à la mitraillette sont entendus ce mardi 24 février depuis tôt le matin dans les villages de Ruvuye et Mulindi surplombant les moyens plateaux de Lemera à Uvira (Sud-Kivu). Des sources de la 33e région militaire indiquent que ces tirs entendus marquent le début officiel des opérations militaires contre les rebelles rwandais des FDLR au Sud-Kivu.Des sources de la 33e région militaire indiquent que les militaires congolais ont déjà repris le contrôle du camp de Revo qui abritait ces combattants rwandais. Ce campement est situé à près de 30 Km de Lemera-centre.
Des sources militaires affirment que les assaillants sont en débandade dans la brousse.
Le commandant des opérations « Sukola 2 » contre ces combattants rwandais au Sud-Kivu, le général Espérant Masudi, se trouve sur place à Lemera pour ces opérations.
Selon des sources locales, des militaires congolais ont été aperçus depuis lundi dans la soirée en train de se déployer dans les moyens plateaux de Lemera supposés abriter des combattants rwandais des FDLR.
L’armée congolaise a annoncé en janvier le début des opérations contre les FDLR. Mais les combats n’avaient pas encore commencé. Les Forces armées de la RDC (FARDC) vont mener ces opérations seules, sans le soutien de la Monusco. La mission onusienne avait suspendu son appui à l’armée congolaise dans le cadre de ces opérations à la suite de la présence des deux généraux soupçonnés d’atteintes graves aux droits de l’homme.
Après cette annonce, le chef de l’État congolais a fait savoir aux ambassadeurs accrédités à Kinshasa que la RDC renonçait à l’aide de la Monusco dans l’opération de désarmement contre les FDLR.
En séjour en RDC, le vice-Premier ministre belge chargé de la Coopération et du Développement, Alexandre De Croo, et son collègue des Affaires étrangères, Didier Reynders, ont exprimé le souhait de voir Kinshasa admettre de nouveau l’appui de la Monusco dans la traque contre les FDLR dans l’Est du pays.
AFP
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Démission de Russ Feingold, le cow-boy de Barack Obama dans la région des Grands Lacs
-L’envoyé spécial des États-Unis pour la région des Grands lacs et la RDC, Russ Feingold, va quitter son poste, qui l’a vu fortement s’impliquer dans les négociations entre les rebelles du M23 et le gouvernement de Kinshasa.Mais ses propos récurrents appelant le président Joseph Kabila à quitter le pouvoir ont suscité régulièrement des commentaires outragés de Kinshasa.
Russ Feingold, un ancien sénateur démocrate, avait pris ses fonctions en juin 2013 et durant son mandat il a joué un rôle très important dans la région des Grands lacs, a affirmé vendredi Jennifer Psaki, la porte-parole du département d’État qui a annoncé son départ.
À en croire la presse américaine, Russ Feingold souhaiterait se préparer à tenter de reprendre son siège de sénateur à la faveur des élections de 2016. M. Feingold s’est énormément impliqué dans les négociations qui ont mené à la fin du conflit entre Kinshasa et les rebelles du M23 dans l’est de la RDC fin 2013.
Selon Mme Psaki, Russ Feingold a également contribué à recentrer l’attention de la communauté internationale sur la menace posée par les rebelles hutu rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), également dans l’est de la RDC. Ils ne seraient plus aujourd’hui qu’environ 1.500 à 2.000 combattants disséminés essentiellement au Nord et au Sud-Kivu (Est).
En janvier, l’armée congolaise avait annoncé une offensive contre les FDLR avec l’aide de la Monusco (Mission des Nations unies pour la stabilisation en RDC). Mais Kinshasa a ensuite annoncé renoncer à cette collaboration, après que les Nations unies eurent indiqué retirer leur soutien à cette opération.
“Cela ne nous regarde pas”
Interrogé par l’AFP sur le départ de M. Feingold, le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende, a déclaré : “Nous n’avons pas de commentaire à faire. S’il part pour des raisons personnelles, c’est son affaire et cela ne nous regarde pas”.
En 2014, Russ Feingold a répété à plusieurs reprises, notamment lors de séjours en RDC, que les États-Unis étaient fermement opposés à toute tentative du président congolais Joseph Kabila de se maintenir à son poste au-delà du terme de son mandat en 2016.
Au pouvoir depuis 2001, M. Kabila n’a pas le droit, aux termes de la Constitution congolaise, de se représenter à sa propre succession lors de la prochaine présidentielle dont la date vient d’être fixée au 27 novembre 2016.
Ses propos ont été dénoncés à plusieurs reprises par M. Mende comme une ingérence inacceptable. Interrogé sur les divergences de vues qu’il a pu avoir avec M. Feingold, M. Mende a déclaré à l’AFP : “Il n’est plus envoyé spécial donc cela ne nous pose plus de problème. Nous regardons de l’avant.”
(AFP)
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Etienne Tshisekedi réapparaît pour la première fois en public
-Première réapparition publique en Belgique ce samedi 21 février de l’opposant historique congolais Etienne Tshisekedi. Le leader de l’UDPS réside à Bruxelles depuis son évacuation sanitaire de RDC en août dernier.Avec notre envoyée spéciale à Bruxelles, Sonia Rolley
Etienne Tshisekedi, superstar. C’est bien lui que les militants attendaient. Pour certains, cela faisait des années qu’ils ne l’avaient plus vu prononcer un discours en public, ou même tout simplement vu. Encore moins depuis que l’opposant historique congolais est en Belgique où il est venu se soigner il y a quelques mois. Plusieurs membres de l’UDPS s’en étaient d’ailleurs plaints.
C’est tout seul et sans aide qu’Etienne Tshisekedi a fait son entrée dans la salle, sous un tonnerre d’applaudissements. Il s’est assis rapidement à côté de sa femme, Maman Marthe, sous les flashs des appareils photo. S’en sont suivi quelques discours auxquels le président de l’UDPS n’a semblé porter que très peu d’attention, applaudissant quand la salle applaudissait, le regard parfois dans le vide, le visage fatigué.
C’est assis qu’il a pris la parole. Pas de grand discours, tout juste un mot de remerciement. Il a appelé les militants de l’UDPS à travailler en harmonie, dans l’unité. « Pour que nous puissions vaincre, il faut l’union de tous », a-t-il affirmé. Sans doute une référence aux divisions internes que connait le parti. Autre point sur lequel Etienne Tshisekedi a insisté : il ne faut pas chercher midi à 14h, il nous faut instaurer un Etat de droit. « L’idéal, c’est l’Etat de droit », a-t-il répété. Un propos accueilli par des applaudissements très nourris. Dernier point d’un discours de quelques minutes à peine : même si on voudrait chasser l’imposteur par la force, il faudra toujours un dialogue, a-t-il expliqué. L’UDPS a transmis une feuille de route de sortie de crise à la Monusco et à d’autres membres de la communauté internationale.
Cette première réapparition s’est achevée par une séance photo dans une ambiance délirante, où des dizaines de militants se sont bousculés pour prendre un cliché avec leur président. Mais il y avait foule et beaucoup ont été déçus.
RFI
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RDC : quelles “contraintes” pour le calendrier électoral ?

Bureau de la CENI -La prochaine élection présidentielle, couplée aux législatives, est prévue le 27 novembre 2016 en RDC. Selon la Commission électorale nationale indépendante (Céni), la tenue de ce scrutin reste malgré tout conditionnée à un certain nombre de “contraintes”. Quelles sont-elles ?
Jeudi 12 février, la date de la prochaine présidentielle en République démocratique du Congo (RDC) a été fixée par la Commission nationale indépendante (Ceni) au 27 novembre 2016. L’élection présidentielle, à laquelle le chef de l’État Joseph Kabila n’a plus le droit de se présenter, doit avoir lieu le même jour que les élections législatives.
Selon le calendrier électoral, l’organisation des élections locales et provinciales auront lieu au scrutin direct le 25 octobre 2015. Viendront ensuite les sénatoriales, devant avoir lieu au scrutin indirect le 17 janvier 2016, et enfin la présidentielle et les législatives. Le nouveau président est censé prêter serment au plus tard le 20 décembre 2016, 5 ans jour pour jours après le début du deuxième mandat de Jospeh Kabila.
Ce calendrier respecte les délais
électoraux prévus par la Constitution congolaise. Reste maintenant plusieurs questions en suspens, CAR l’organisation de ces différents scrutins est tenue à un certain nombre de contraintes devant chacune être levées, selon la Ceni, avant une “date critique”.La contrainte financière
Pour la présidentielle et les législatives, Jean-Pierre Kalamba, le rapporteur de la Ceni, a évoqué “l’exécution du plan de décaissement des fonds” nécessaire à l’organisation des scrutins. En clair : il faut trouver de l’argent pour organiser les élections. Dans une interview à Radio Okapi, l’Abbé Apollinaire Malumalu a estimé que le coût global des élections s’élevait à plus d’un milliard d’euros.
Pour mobiliser cette énorme somme d’argent, Kinshasa espère que ses partenaires internationaux vont débloquer des fonds. La communauté internationale demandait depuis de longs mois la publication d’un échéancier pour décider du soutien financier qu’elle pourrait apporter au processus électoral congolais. C’est désormais chose faite.
La contrainte parlementaire
Seconde contrainte évoqué par la Ceni : le vote et la promulgation du projet de “loi de répartition des sièges” des députés sur le territoire national. Un redécoupage des circonscriptions électorales était dans les tiroirs de l’Assemblée nationale depuis plusieurs années mais n’a jamais été réalisé faute d’avancée sur la loi électorale et le recensement.
Logiquement, cette redéfinition devrait intervenir avant les élections législatives, prévues le 27 novembre 2016. La loi sur la répartition des sièges des députés à l’Assemblée nationale devra donc être votée et promulguée avant. Problème : cette loi dépend largement du recensement général, qui reste un préalable à l’organisation des législatives dans la nouvelle loi électorale. Or les législatives sont couplées à la présidentielle, ce qui posera sûrement problème au cas où les législatives seraient retardées.
Pour éviter cet écueil, le président de la Ceni, l’abbé Malumalu, avait lui-même recommandé dans une interview à Jeune Afrique la déconnexion des scrutins législatifs et présidentiel : “Très tôt, sans ambages et en toute transparence, la Ceni a attiré l’attention des responsables politiques sur ce problème. Ils ne peuvent pas dire qu’ils ne savent pas. Il leur appartient de revenir, ou pas, en arrière. C’est-à-dire de revenir à la délimitation des circonscriptions électorales en fonction du nombre d’électeurs, telle qu’elle existait auparavant, et non en fonction du nouveau recensement. Si l’on n’accepte pas de la déconnecter des législatives, la présidentielle risque d’être rattrapée à son tour par ce problème.”
La contrainte du fichier électoral
La mise à jour du fichier électoral est la dernière contrainte majeure relevée par la Céni. Un audit externe de ce fichier est prévu pour la fin du mois de mars prochain. Il est censé se terminer trois jours avant la convocation du corps électoral pour les élections locales et provinciales de fin octobre 2015.
L’objectif de cet audit est de mettre à jour la liste des électeurs congolais avant qu’ils se lancent dans un marathon électoral qui s’étalera d’octobre 2015 à novembre 2016.
(Avec AFP)
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Après le séminaire gouvernemental : Matata exige à ses Ministres des résultats palpables !
-Maintenir la cohésion et la solidarité des membres du Gouvernement pour l’efficacité de l’action gouvernementale ; pérenniser les acquis sociaux et économiques de la première moitié du quinquennat du Chef de l’Etat, ces acquis étant vecteurs de cohésion nationale et de stabilité sociale et, enfin, réaliser davantage des résultats pour cimenter le contrat social entre le Chef de l’Etat et l’ensemble de la population congolaise. Tels sont les trois impératifs autour desquels les membres du Gouvernement ont réfléchi, deux jours durant, soit du jeudi 12 au vendredi 13 février 2015, à la Cité de l’Union Africaine, sous le leadership du Premier Ministre Matata Ponyo, qui ne faisait que traduire la volonté exprimée par le Raïs, lors du tout premier conseil des Ministres de la nouvelle équipe gouvernementale. Kabila Joseph avait, à l’occasion, soutenu que, quelle que soit la qualité des individus qui composent une équipe, cette dernière ne peut réaliser des exploits que par la capacité de ces individus à œuvrer ensemble. Dans leurs mallettes, les participants s’en sont tirés avec61 recommandations devant leur servir de cadre commun de référence dans la mise en œuvre de l’action gouvernementale. Toutefois, pour le Chef du Gouvernement RD-Congolais, dix de ces recommandations peuvent être retenues de manière prioritaire. Il s’agit, entre autres, de veiller à assurer un niveau d’information équivalent entre tous les membres du Gouvernement, en tant que socle de la cohésion et de la solidarité gouvernementale ; améliorer l’ordonnance portant fonctionnement du Gouvernement, au regard de l’évaluation des interactions ministérielles, depuis le premier séminaire gouvernemental organisé en 2012 à Zongo, dans le Bas-Congo, en introduisant une flexibilité de fonctionnement des commissions permanentes notamment, pour des dossiers à forte transversalité, en assurant l’implication des ministères sectoriels concernés ; assurer la coordination de l’action gouvernementale, en formalisant la présidence des commissions permanentes par le Chef du Gouvernement, secondé par les Vice-Premiers ministres chargés respectivement, de quelques secteurs clés de la nation.
Dans son allocution de clôture, le Premier Ministre Matata Ponyo a indiqué que ce séminaire été organisé pour servir de cadre de formulation des orientations à suivre par tous les membres du Gouvernement.
Après échanges et débats autour de cinq sessions organisées, les participants ont formulé 61 recommandations, dont dix ont été classées prioritaires dans la phase de la mise en œuvre. Notamment, veiller à assurer un niveau d’information équivalent entre tous les membres du Gouvernement, en tant que socle de la cohésion et de la solidarité gouvernementale ; améliorer l’ordonnance portant fonctionnement du Gouvernement au regard de l’évaluation des interactions ministérielles depuis le premier séminaire gouvernemental organisé en 2012 à Zongo dans le Bas-Congo, en introduisant une flexibilité de fonctionnement des commissions permanentes notamment pour des dossiers à forte transversalité, en assurant l’implication des ministères sectoriels concernés ; assurer la coordination de l’action gouvernementale en formalisant la présidence des commissions permanentes par le Chef du Gouvernement, secondé par les Vice-Premiers ministres du secteur. Les ministres ont aussi été appelés à veiller à une communication solidaire sur les sujets majeurs, en vue de préserver la collégialité gouvernementale. Il s’agit également de poursuivre la politique de gestion prudentielle du budget et des finances publiques en veillant notamment à la cohésion entre les plans d’engagements budgétaires avec le plan de trésorerie, de poursuivre la mise en œuvre des projets dans le secteur agricole dont les parcs agro-industriels et les orienter vers les Partenariats Public-Privé afin de permettre la résilience de l’économie, l’atteinte de la sécurité alimentaire et la création d’emplois. Il s’agit aussi d’assainir les entreprises commerciales, les établissements et services publics en réhabilitant la sanction négative et extirpant les pratiques de mauvaise gouvernance qui les caractérisent ; de poursuivre les réformes de l’Administration publique et la formation des agents de l’Etat ; de normaliser les relations de collaboration entre les Cabinets par un acte règlementaire. Et enfin, de mettre en place des systèmes de recrutement, de nomination et d’avancement en grade dans l’Administration publique fondés sur des bases objectives et justes.
Le Premier ministre a insisté sur le fait que «chaque membre du Gouvernement puisse tirer profit de ce moment historique de participer à un tel Gouvernement pour écrire la plus belle page de l’histoire de notre pays, sous le leadership du Chef de l’Etat».
«Je vous invite à mettre en application les acquis de ce séminaire et qu’ensemble, sous la direction du Chef de l’Etat, nous puissions répondre aux aspirations et attentes de notre population. J’attends de chaque membre du Gouvernement, l’engagement ferme de faire de son ministère un îlot de travail assidu et un creuset des résultats palpables pour la nation toute entière », a martelé le Premier ministre Matata Ponyo.
Ce séminaire d’immersion à l’attention des Vice-Premiers ministres, Ministres d’Etat, Ministres, Vice-Ministres, du Secrétaire général du Gouvernement et ses adjoints vise à créer un consensus interne autour de la hiérarchie des priorités de l’action gouvernementale et ainsi fédérer les énergies individuelles pour des interventions sectorielles convergentes au service de tous.
Du 12 au 13 février 2015, les participants ont échangé et débattu en vue de converger sur l’impérieuse nécessité de préserver la cohésion nationale par un leadership responsable au service de tous ; la compréhension commune des enjeux de développement de la République Démocratique du Congo dans le contexte de transformation économique de l’Afrique.
Pendant deux jours, les membres du Gouvernement ont suivi cinq principaux thèmes à savoir : « Leadership dans la gestion publique, Cohésion nationale et solidarité gouvernementale » ; « les acquis économiques et sociaux de l’Etat et les défis pour la croissance en profondeur et l’émergence » ; « Efficacité et pérennisation de l’action gouvernementale dans la collaboration entre Cabinets ministériels et Administration publique en pleine réforme » ; « La pérennisation des acquis économiques par la GAR : lettres de mission et gestion budgétaire » et « L’inter ministérialité : rôle et mission du Secrétariat général du Gouvernement dans la conduite de l’action gouvernementale».
Comme en 2012, le Premier ministre honoraire du Burkina Faso, M. Tertius Zongo, a été l’un des orateurs de ce séminaire de formatage.
Les recommandations du séminaire gouvernemental tenu du 12 au 13 février 2015 sont là :
Développer une vision sectorielle claire et inspirée du Programme de la Révolution de la Modernité sur la base duquel le peuple a élu le Président de la République, et se concentrer sur l’atteinte des résultats concrets ;
Veiller à assurer un niveau d’information équivalent entre tous les membres du Gouvernement, socle de la cohésion et de la solidarité gouvernementale ;
Mettre en œuvre les outils de suivi et d’évaluation en vue d’assurer l’efficacité de l’action publique et de la communication institutionnelle (lettres de mission/feuilles des routes ministérielles, rapports périodiques des activités sectorielles, rapport annuel…) ;
Décloisonner la gestion et la circulation de l’information entre les cabinets ministériels et les services de l’administration, en privilégiant notamment les NTIC ;
Améliorer l’ordonnance portant fonctionnement du gouvernement au regard de l’évaluation des interactions ministérielles depuis le 1er séminaire gouvernemental, en introduisant une flexibilité de fonctionnement des commissions permanentes notamment pour des dossiers à forte transversalité (impliquer les ministères sectoriels concernés) ;
Assurer la coordination de l’action gouvernementale en formalisant la présidence des commissions permanentes par le Chef du Gouvernement, secondé par les Vice-Premiers ministres du secteur ;
Sérier les matières relevant de la compétence du Ministre en tant que Chef de département et celles à soumettre aux commissions interministérielles ;
Envisager une plus grande fréquence dans la tenue des réunions des conseils Ministres en vue d’accélérer le traitement des dossiers et d’éviter leur accumulation;
Veiller à la concertation entre le Chef du Gouvernement, le porte-parole du Gouvernement et les ministres sectoriels concernés pour une communication solidaire sur les sujets majeurs, en vue de préserver la collégialité gouvernementale (stratégie intégrée de communication)
Renforcer le rôle du Secrétariat Général du Gouvernement en qualité de courroie de transmission entre les services du Président de la République, ceux du Premier Ministre et les Ministres sectoriels (mémoire institutionnelle) ;
Clarifier la répartition des attributions entre les ministères, et veiller à leur respect, pour garantir la solidarité et la collégialité gouvernementales, et éviter de croire qu’il existe des ministères moins importants que d’autres (solidarité dans l’égalité de traitement des Ministres) ;
12. Veiller à la continuité de l’action gouvernementale ;Mettre en œuvre les lois porteuses de croissance économique ;
En vue de quitter rapidement le statut des pays à revenu faible imposant le recours à des prêts non concessionnels, mobiliser davantage les ressources : (i) budgétaires, en faisant passer la pression fiscale de 14 à 24% tout en élargissant l’assiette fiscale, et (ii) extrabudgétaires en opérationnalisant les émissions d’obligations souveraines, émissions des actifs en contrepartie de la certification de réserves au titre des ressources naturelles ;
Diversifier la production économique en l’orientant vers les secteurs à haute intensité de main-d’œuvre ;
Renforcer les réserves internationales en substitution de la baisse des prix du pétrole et du cuivre ;
Faire baisser les taux d’intérêts des crédits et faciliter aux jeunes et aux PME l’accès au crédit ;
Orienter toutes les politiques économiques vers l’amélioration du bien-être humain
Poursuivre la politique de gestion prudentielle du budget et des finances publiques (gestion sur base caisse, adaptation du PEB au PTR par une bonne planification des dépenses, payer les résidents en monnaie locale…) ;
Poursuivre la mise en œuvre des projets phares du secteur agricole (parcs agro-industriels, DAIPN, usine d’engrais…) et les orienter vers les Partenariats Public-Privé afin de permettre la résilience de l’économie, l’atteinte de la sécurité alimentaire et la création d’emplois ;
Élargir l’accès à l’enseignement de base en améliorant la qualité et développer l’enseignement technique et professionnel en alignant les formations aux besoins d’emplois dans les secteurs clés ;
Tirer profit des ressources naturelles, les transformer en richesses réelles et en développement humain et capitaliser les opportunités existantes (processus REDD+, Accords, AGOA…) ;
Faire de la population un « bonus » à travers la réforme en profondeur des fonctions régaliennes de l’Etat (administration publique, du territoire et de proximité, justice, défense du territoire, sécurité…) ;
Miser sur : (i) l’industrie manufacturière à forte intensité de main-d’œuvre ; (ii) l’industrie agro- alimentaire ; (iii) la gestion du pétrole, du gaz et des minéraux et (iii) la diversification des ressources énergétiques et la dissémination de la plateforme d’infrastructure. Cela, en vue d’assurer la transformation économique et la croissance inclusive de la RDC ;
Assainir les entreprises commerciales, les établissements et services publics en réhabilitant la sanction négative et extirpant les pratiques de mauvaise gouvernance qui les caractérisent ;
Promouvoir la classe moyenne et assurer l’éclosion de l’entrepreneuriat local en collaborant avec les institutions de micro-finances pour lever les contraintes tenant à l’accès aux financements ;
Accélérer et améliorer la réforme des entreprises publiques de l’Etat ;
Elaborer un document unique développement englobant toutes les initiatives du Gouvernement ;
Poursuivre les réformes de l’administration publique et la formation des agents de l’Etat ;
Assurer une adhésion massive à la stratégie révisée de la Réforme et Modernisation de l’Administration publique qui tire sa source de la vision de l’émergence du pays et du PAG ;
Renforcer le rôle prépondérant de l’Administration dans la promotion de la croissance et du développement à travers sa participation active dans le renforcement de l’efficacité de l’action gouvernementale ;
Normaliser les relations de collaboration entre le Politique représenté par le Gouvernement via les ministères dans sa double facette : politique (Cabinet ministériel) et technique (Administration) ;
Redéfinir les rôles entre les parties prenantes au sein d’un même Ministère en recentrant le Leadership stratégique autour du Ministre et de son cabinet politique et de Management stratégique autour du SG ;
Mettre en place un mécanisme consultatif permanent et régulier notamment à travers l’organisation des réunions ministérielles mixtes (Cabinet politique et Administration) sous une fréquence hebdomadaire pour évaluer la mise en œuvre des activités définies dans la feuille de missions des ministères ;
Prendre un acte règlementaire (décret ou note circulaire) pour normaliser les relations entre les Cabinets politiques et les Secrétariats généraux ;
Impliquer et responsabiliser les SG dans l’opérationnalisation des lettres des missions sectorielles ;
Renforcer les capacités techniques et opérationnelles des administrations ;
Mettre en place au sein de l’Administration publique un système de gestion basé sur la performance et les résultats et d’un système de suivi-évaluation;
Allouer des moyens budgétaires conséquents (frais de fonctionnement) pour renforcer les capacités opérationnelles d’intervention de l’AP;
Renforcer les capacités opérationnelles de l’ENA pour accomplir efficacement ses missions ;
Créer une agence spécialisée pour la sélection des agents et fonctionnaires et renforcer les responsabilités de l’ENA pour la formation des cadres de la fonction publique ;
Définir le rôle et le degré de responsabilité des parties prenantes dans l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi-évaluation des politiques publiques;
Mettre en place des mécanismes incitatifs pour améliorer le rendement et la performance de l’Administration Publique;
Mettre en place des systèmes de recrutement, de nomination et d’avancement en grade dans l’Administration publique fondés sur des bases objectives et justes ;
Mettre en place un système de contrôle et de sanction envers les dirigeants Politiques et les Hauts Fonctionnaires;
Créer des corps des administrateurs civils et d’une fonction publique d’emploi à côté de celle de carrière ;
Mettre en place un Statut général et des statuts spécifiques applicables aux agents et fonctionnaires y compris aux niveaux provincial et local ;
Mettre fin à la gestion prolongée des mandataires intérimaires au sein des entreprises de l’Etat en vue d’améliorer leur rendement ;
Disposer d’un plan de passations des marchés annuels sectoriels dès l’adoption de budget pour rationaliser les dépenses et relever le faible niveau d’investissement ;
Adopter un texte faisant obligation à chaque structure de l’administration de l’état, d’élaborer un programme et un rapport d’activités ;
Edicter les procédures et les délais d’élaboration des lettres de mission et des rapports d’activités et prévoir une circulaire du Premier Ministre, qui indique chaque année, le cas d’élaboration de ces outils en tenant compte notamment du niveau d’exécution financière des crédits alloués ;
Responsabiliser les Secrétaires Généraux à coordonner l’élaboration des programmes d’activités des différentes directions sur la base des lettres de mission adressées aux Directeurs par le Ministre de tutelle ;
Utiliser les Direction des Etudes et Planification de manière efficace et pour les besoins futurs de prospective en leur donnant la capacité de travail et transformant en DEPP (Direction des Etudes, Planification et Prospective) ;
Appliquer l’approche des Initiatives à Résultats Rapides pour implémenter les activités bloquées dans leur mise en œuvre au sein des Ministères ;
Veiller à l’application stricte des règles rigoureuses devant encadrer la tenue des réunions du conseil des ministres ;
Accélérer l’audit institutionnel et organisationnel devant rationaliser et renforcer l’action gouvernementale et assurer un meilleur positionnement du Secrétariat Général du Gouvernement ;
Doter le Secrétariat Général du Gouvernement d’un bâtiment propre abritant des bureaux, des salles de réunion, une imprimerie, une bibliothèque ;
Accélérer le processus d’engagement du Secrétariat Général du Gouvernement dans les nouvelles technologies de l’information et de la communication par l’acquisition des équipements informatiques performants notamment, un serveur pour l’archivage des dossiers du gouvernement ;
Déconcentrer la fonction d’ordonnancement des dépenses pour assurer une meilleure flexibilité dans l’action gouvernementale (centraliser les frais de mission au Ministère des Finances pour accélérer la procédure de décaissement, etc.) ;
Adapter les textes sur les autorisations de sortie en vue d’assurer une plus grande flexibilité dans les déplacements des membres du Gouvernement à l’intérieur du pays par un mécanisme administratif et financier approprié ;
Organiser les modalités de participation et de représentation des membres du Gouvernement aux invitations des ambassadeurs et chefs de mission diplomatiques accrédités en RDC par le truchement du Ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale.Date parution:Mardi, 17 Février, 2015 – 11:30Source du communiqué:Gouvernement -

Joseph Kabila hausse le ton face à la communauté internationale
-Convoqués à son bureau, le président congolais a annoncé à une vingtaine d’ambassadeurs de la communauté internationale, dont le chef de la mission de l’ONU en RDC, que son pays renonce à tout soutien des Nations unies pour mener une offensive armée contre les rebelles hutus rwandais FDLR. Joseph Kabila a également critiqué l’ingérence de la communauté internationale dans les affaires intérieures du pays.Le ton
de Joseph Kabila était poli, mais ferme. A en croire ceux qui étaient sur place, le climat n’était pas au dialogue mais à la mise au point. Convoqués à la présidence pendant près d’une heure, 18 ambassadeurs ont écouté le président congolais revenir essentiellement sur deux points.Le premier, l’offensive contre les rebelles hutus rwandais. Officiellement lancée fin janvier, Joseph Kabila a annoncé « renoncer à tout appui de la Monusco pour mener cette opération contre les FDLR ». La raison ? Selon le porte-parole du gouvernement Lambert Mendé, Joseph Kabila a jugé « irrespectueux » que la mission de l’ONU en RDC demande le remplacement de deux généraux à la tête de l’opération anti-FDLR. Ni le président, ni le gouvernement n’auraient été informés des accusations de violation des droits de l’homme qui pèse sur ces deux officiers.
Mais pour certains le vrai problème est ailleurs. Refuser le soutien de l’ONU pourrait être une façon de ne pas engager de vraies opérations contre les FDLR. L’offensive lancée fin janvier, n’a pas vraiment démarrée sur le terrain.
Reste que la Monusco se retrouve dans une position délicate. Son mandat exige qu’elle neutralise les rebelles hutus rwandais, mais elle refusait jusqu’à présent de s’engager seule, sans l’armée congolaise, vu la complexité de l’opération.
Joseph Kabila a également critiqué la tendance de certaines ambassades de « s’ingérer dans les affaires intérieures du pays ». En mai dernier déjà, le président avait remonté les bretelles des ambassadeurs et demandé à ce qu’ils ne soient pas « des officines de l’opposition ».
S’il n’y a pas encore eu de réaction officielle, certains diplomates rappellent que la RDC, ayant accepté la présence et le mandat de la mission de l’ONU dans son pays, voit sa souveraineté forcément restreinte par le chapitre 7 de la charte onusienne.
Inquiétude et scepticisme à Goma
A Goma, la capitale du Nord-Kivu, la question d’une possible offensive contre les FDLR sans le soutien de la Monusco fait partie des sujets de conversation. Il semblerait que beaucoup d’habitants doutent de la capacité de l’armée congolaise à agir seule.
Après plus de quinze années de présence en RDC la mission de l’ONU a toujours mauvaise presse à Goma. On lui reproche par exemple d’avoir « laissé le M23 prendre la ville en novembre 2012 », « de ne pas en faire assez pour protéger les Congolais ». Mais malgré ces critiques, beaucoup, comme Abdul, un étudiant, estiment que le soutien de la Monusco est nécessaire pour vaincre les FDLR : « Abandonner le soutien de la Monusco, c’est un risque. Les FARDC n’ont pas la discipline, on ne sait pas comment ils peuvent y arriver sans le soutien de la Monusco. On a toujours besoin de la Monusco pour la logistique, la politique, la stratégie. »
Un commerçant accuse même certains éléments de l’armée de collaboration avec la rébellion. « Sans la Monusco, moi je ne peux pas être d’accord. Les FDLR vivent dans des coins stratégiques, là où il y a beaucoup de minerais. Maintenant ils collaborent avec les commandants supérieurs des FARDC, ils ne peuvent pas se battre, ce sont des amis », estime-t-il.
Un peu plus loin, néanmoins, cette femme de militaire assure que la décision de Kinshasa est bonne. Selon elle, la Monusco empêche les FARDC de passer à l’action. Beaucoup s’inquiètent pour les civils en zone FDLR. Et pour cet habitant, avec ou sans Monusco, cela ne fait aucune différence. « Dans toute attaque en arme, y a toujours mort d’homme, affirme-t-il. Ça ne sera pas seulement les FDLR qui peuvent être des victimes, mais les Congolais aussi. Même avec la présence de la Monusco, lorsqu’il y a attaque en arme, il y a toujours mort d’homme ». Il estime que l’action militaire n’est pas la solution et renvoie, comme beaucoup de Gomatraciens, la balle à Kigali qui refuse tout dialogue avec la rébellion.
RFI

