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  • RDC : vers le grand redécoupage ?

    RDC : vers le grand redécoupage ?

    village-Le passage de 11 à 26 provinces, avec une autonomie administrative renforcée, doit être discuté devant le Parlement en début d’année. Une réforme imposée par la Constitution de 2006, mais jamais appliquée.

    Véritable serpent de mer de la politique congolaise, la régionalisation de la République démocratique du Congo (RDC) se retrouve au programme de la session extraordinaire du parlement, qui vient de s’ouvrir pour un mois à Kinshasa. Prévue par la Constitution de 2006, la décentralisation n’est toujours pas appliquée… huit ans après. Le redécoupage territorial, avec un passage de 11 à 26 provinces, revient donc sur la table des deux chambres et devrait permettre de doter ces territoires d’une certaine autonomie. L’Assemblée nationale et le Sénat auront donc à « fixer les nouvelles limites des provinces, déterminer les modalités d’installation ainsi que leur organisation ».

    Répartition des richesses

    carte_rdc_provinces2006

    Dans l’idéal, ce projet de régionalisation ne possède que des vertus. Dans un pays-continent grand comme l’Europe occidentale, avec des provinces de la taille de la France ou de l’Italie, le législateur avait pour objectif de rapprocher les citoyens des administrations et d’accorder à ces régions une autonomie dans la gestion de ses ressources. Dans la pratique, cette décentralisation prévoit également une juste répartition des richesses. L’article 175 indique que « la part des recettes à caractère national allouée aux provinces est établie à 40% (…) et est retenue à la source » afin d’éviter de trop grandes disparités entre les provinces riches (Katanga, Kinshasa ou Bas-Congo) et les provinces pauvres comme le Maniema ou le Bandundu.

    Provinces « utiles » et « inutiles »

    En 2014, alors que la décentralisation n’est pas encore appliquée, le gouvernement central reverse au compte-goutte, des sommes bien inférieures aux 40% prévus par la Constitution. Par ailleurs, un fond de péréquation, censé compenser les disparités entre provinces riches et provinces pauvres, aurait déjà dû voir le jour, ce qui n’est pas le cas. Mais le principal obstacle à la réussite d’une telle réforme, tient dans la crainte de certaines provinces de se voir « amputer » de territoires riches en ressources naturelles. C’est le cas de la province minière du Katanga, véritable « coffre-fort » de la RDC, avec ses 10% des réserves mondiales en cuivre. Cette province risque d’être redécoupée en deux provinces agricoles et deux provinces minières. Il y aura désormais un Katanga « utile » minier et riche et un Katanga « inutile » agricole et plus pauvre. Un autre « charcutage » risque de poser problème dans l’actuel Bandundu, une province modeste adossée à Kinshasa. En redécoupant cette province en trois, certaines nouvelles entités sont jugées « non viables » (voir la carte).

    Etat faible

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    Le futur texte sur la régionalisation qui doit être (normalement) débattu en janvier risque de se heurter à un réalisme cruel, qui fait de la République démocratique du Congo, en conflit permanent depuis 20 ans, une sorte de « Far-West » africain, qui peine déjà à asseoir un semblant d’autorité sur son territoire. Les maigres recettes de l’Etat arrivent difficilement à boucler un budget microscopique de 9 milliards de dollars (pour environ 70 millions d’habitants). Un rapport du FMI pointe l’incapacité des autorités congolaises à faire rentrer l’argent dans les caisses, alors que le taux de croissance frôle les 9% – voir notre article. Un expert international note que pour faire fonctionner la décentralisation, il faudrait dans les provinces des infrastructures pouvant accueillir les administrations provinciales : Assemblée, Gouvernement, tribunaux, parquets, douanes, services publics… ce qui n’est évidemment pas le cas et loin de l’être.

    Carte électorale

    Le dernier point de friction dans la mise en place de la décentralisation est politique. Certaines provinces refusent d’être rattachées à d’autres, pour des raisons financières essentiellement, mais aussi pour des raisons électorales. Le redécoupage du territoire, avec de nouveaux chefs-lieux, créé de nouveaux rapports de force politiques. Des barons locaux sont vent debout contre la réforme. Le président Joseph Kabila, en perte de vitesse dans l’Est et le Katanga, pourrait ainsi créer de nouvelles zones d’influences. Les deux Kasaï et l’Equateur, qui sont des provinces réputée proches de l’opposition (pro-Tshisekedi et pro-Bemba) se retrouveraient morcelés en 9 nouvelles provinces. La carte électorale s’en trouverait ainsi modifiée. La réforme territoriale constitue donc un dossier miné pour les parlementaires, qui pourraient une nouvelle fois botter en touche.

    Christophe RIGAUD – Afrikarabia

  • RDC : le Parlement écarte l’éventualité d’une révision constitutionnelle

    RDC : le Parlement écarte l’éventualité d’une révision constitutionnelle

    A. minaku-Le bureau de l’Assemblée nationale de la RDC a déclaré samedi, lors de l’ouverture d’une session extraordinaire, qu’il ne dispose pas encore sur sa table d’un texte sur la question de la loi électorale en état d’etre présenté.

    “Pour l’instant, votre bureau considère qu’il n’y a point sur sa table un texte sur la question de la loi électorale en état d’ être présenté en plénière. Si le gouvernement dépose le projet de loi à temps, votre bureau fera rapport à la plénière”, a déclaré Aubin Minaku, le président du bureau du Parlement, Aubin Minaku.
    Au cours de cette session qui s’étend au 26 janvier prochain, il ne sera pas question d’une éventuelle révision constitutionnelle, a-t-il affirmé, ajoutant que le gouvernement devait déposer son projet de loi électorale.

    Pourtant, l’ordre du jour de cette session extraordinaire prévoit l’examen d’une proposition ou d’un projet de loi modifiant et complétant la loi telle que modifiée en 2011 et portant organisation des élections présidentielle, législatives, provinciales, urbaines, municipales et locales.
    L’opposition craint que la majorité ne profite de l’examen d’un projet de loi électorale pour lever les dispositions légales qui empêchent le président Joseph Kabila de briguer un troisième mandat en 2016.
    Dans son discours prononcé samedi devant les députés, le président de l’Assemblée nationale Aubin Minaku est revenu sur la polémique relative à la modification de la constitution.

    “Au cours de cette session, il n’est pas question ni d’une quelconque révision constitutionnelle, ni d’une quelconque manipulation de la loi électorale aux fins de révision constitutionnelle ou de prolongement de nos différents mandats respectifs”, a-t-il assuré.

    Xinhua

  • RDC : des bâtiments publics incendiés après le nauffrage d’un bateau surchargé sur le fleuve Congo

    RDC : des bâtiments publics incendiés après le nauffrage d’un bateau surchargé sur le fleuve Congo

    Video-Tunisie : la police recule face aux manifestants-Le naufrage d’un bateau surchargé sur le fleuve Congo, dans le nord-est de la RDC, a provoqué la colère de jeunes qui ont incendié jeudi des bâtiments publics.
    Nouveau drame sur le fleuve Congo, dans le nord-est de la République démocratique du Congo. Au moins 30 personnes sont mortes dans le naufrage d’un bateau surchargé. L’accident s’est déroulé le 22 décembre au niveau du village Yakusu II, à environ 35 kilomètres au nord de Kisangani, la capitale de la province Orientale.
    “On compte 105 rescapés et on a repêché 30 corps. Les recherches continuent”, a déclaré Monulphe Bosso, porte-parole du gouverneur provincial Jean Bamanisa. “Au départ, à Kisangani, le bateau avait embarqué 39 personnes, selon le manifeste présenté aux autorités compétentes. C’était peut-être pour tromper la vigilance des services fluviaux (…) car sur la route ils ont pris d’autres passagers”, a souligné Monulphe Bosso.

    “Ils ont embarqué beaucoup plus de gens, (…) le bateau était plein de marchandises et bondé de gens au-dessus. Ils ont heurté une roche” et le bateau a coulé.
    Une importante délégation officielle devait se rendre vendredi à Isangi, la localité à 125 kilomètres au nord-ouest de Kisangani où devait arriver normalement le bateau, et où, jeudi 25 décembre, des jeunes en colère ont détruit des bâtiments publics.
    “Ils ont incendié les bureaux du commissariat fluvial et de la force navale. C’étaient des jeunes gens en colère parce qu’ils ont perdu des membres de leur famille, et ils disent que ces gens (les autorités) ne sont pas rigoureux dans ce qu’ils font” pour assurer la sécurité, a expliqué Monulphe Bosso.
    (Avec AFP)

     

  • Piratage de Sony : “L’Interview qui tue !” sera projeté dans des cinémas

    Piratage de Sony : “L’Interview qui tue !” sera projeté dans des cinémas

    sony-Défiant les menaces de pirates informatiques qui exigeaient l’annulation, le long-métrage sortira en exclusivité le 25 décembre dans certaines salles.

    Des cinémas américains ont annoncé mardi qu’ils allaient projeter la comédie de Sony sur l’assassinat du leader nord-coréen L’Interview qui tue!, défiant les menaces de pirates informatiques qui exigeaient l’annulation de la sortie du film. L’Interview qui tue ! va sortir en exclusivité le 25 décembre”, le jour initialement prévu pour sa sortie, écrit Le Plaza Atlanta, salle d’art et d’essai du sud des États-Unis surTwitter, ajoutant qu’il sera “l’un des quelques cinémas du pays à projeter le film”.

    De son côté, le patron de l’Alamo Drafthouse d’Austin, au Texas, a tweeté que “Sony a autorisé des projections de L’Interview qui tue ! le jour de Noël. (…)#Victoire.” Cette franchise de salles de cinéma bien connue outre-Atlantique, faute de pouvoir diffuser le nouveau film de Seth Rogen, diffusera à la place Team America: World Police gratuitement, une autre satire du régime nord-coréen.

    Pyongyang courroucé

    Plusieurs médias américains dont CNN et The Wrap, un site spécialisé dans le secteur du divertissement, affirment mardi que Sony Pictures va annoncer rapidement que le film qui a courroucé Pyongyang va bénéficier d’une sortie limitée à quelques cinémas aux États-Unis au lieu de la sortie nationale qui était initialement prévue.

    Lundi soir, un groupement représentant au total 250 salles de cinéma indépendantes avait lancé une pétition sur le site change.org pour demander à Sony de leur permettre de projeter la comédie controversée sur un complot fictif de la CIA pour assassiner le leader nord-coréen Kim Jong-un.

    “Acte de terrorisme”

    Cette satire a été qualifiée d’”acte de terrorisme” par Pyongyang qui aurait commandité la gigantesque attaque informatique dont Sony Pictures a été victime le 24 novembre par un groupe se présentant comme le GOP et exigeant du studio de cinéma qu’il annule la sortie du film.

    Le GOP avait notamment menacé de s’en prendre aux salles de cinéma qui montreraient L’Interview qui tue !, agitant le spectre des attentats du 11 septembre 2001. Le régime communiste nie être impliqué dans le piratage au cours duquel les données personnelles de 47 000 employés et collaborateurs de Sony Pictures ont été dérobées, mais en a loué les auteurs.

    Le Point

  • Depuis Washington Albert Moleka vient de sortir de son silence et dévoile le plan Machiavelique du régime aux américains

    Depuis Washington Albert Moleka vient de sortir de son silence et dévoile le plan Machiavelique du régime aux américains

    moleka-L’ancien directeur de cabinet et porte-parole d’Etienne Tshisekedi, Albert Moleka vient de sortir de son silence. Après un moment de mutisme, ce haut cadre de l’UDPS a donné sa lecture de faits sur diverses questions de l’heure qui font l’actualité. Le très pondéré et réfléchi Moleka s’est exprimé entre autres sur l’épineuse question de la révision de la constitution en RD-Congo soutenue par le pouvoir de Kinshasa. Et, cela en comparaison avec les événements du Burkina-Faso. La situation qui prévaut au sein de l’UDPS et le fonctionnement de ce parti après le retour du Sphinx de Limete n’ont pas manqué parmi les points abordés. Albert Moleka a donné ses réflexions sur l’actualité du pays dans une interview exclusive accordée à un confrère américain, Jason Stearns, le lundi 24 novembre dernier, depuis les Etats-Unis d’Amérique. Là, cet ancien collaborateur d’Etienne Tshisekedi a rencontré les hautes personnalités américaines comme Russ Feingold, Mark Cohen et autres.

    M. Moleka, l’opposition est toujours inquiétée par rapport à la possibilité d’une révision de la constitution pour permettre au Président Kabila de briguer un troisième mandat. Néanmoins, on constate depuis les évènements au Burkina Faso que les partisans d’une révision ont pris un peu de recul. Comment vous interprétez la situation ?

    Il y a une chose que les gens oublient : Juste après les élections [de 2011, ndlr], le secrétaire général du principal parti de Monsieur Kabila [Evariste Boshab] était descendu à Lubumbashi au Katanga et, à cette occasion, avait déjà demandé aux cellules du PPRD/Katanga de soutenir Kabila pour un troisième mandat. C’était déjà en mars 2012. Et durant cette période, l’église catholique avait aussi donné sa position : après deux mandats, il n’est pas question de changer l’Article 220 [qui limite le nombre de mandats présidentiels].

    «…je crois que par rapport à la révision constitutionnelle ils vont reculer et opter pour le glissement.»

    Après les élections de 2011, le camp kabiliste pensait donc déjà à ces révisions de la constitution. D’ailleurs le but véritable des concertations nationales c’était d’élargir la base parlementaire en faveur de Kabila pour pouvoir changer la constitution. Au sortir de ces assises, quand tu entendais le langage de l’opposition qui y avait pris part, l’UFC de Monsieur Kengo wa Dondo par exemple, tu comprenais qu’ils n’étaient pas opposé de travailler pour une révision de la constitution puisqu’ils exprimaient explicitement leur accord de participer à la création d’une nouvelle majorité dite « gouvernementale ».
    Actuellement, on a vu que la vigilance de l’église catholique surtout a fait que le débat est devenu très rapidement non seulement un débat de toute la classe politique, mais un débat national et populaire. Le camp Kabila a joué le coup d’une manière maladroite parce que toutes les interventions des collaborateurs et partisans de Kabila, que ce soit le secrétaire général du PPRD (Evariste Boshab) ou le président de l’actuelle assemblée nationale (Aubin Minaku), donnaient clairement l’impression que l’option du passage en force était levée. Je crois aussi que la nomination d’un envoyé spécial du gouvernement américain et surtout le choix de Feingold a beaucoup aidé les congolais dans le sens que Feingold n’étant pas un diplomate a pris ses fonctions en utilisant un langage de sénateur américain, c’est à dire un langage franc, qui va droit au but.
    Les évènements du Burkina ont bien sûr fait reculer, parce que la communauté internationale a donné un soutien direct à la position populaire. Sans oublier, bien sûr, que l’opposition et l’église catholique sont aussi restées fermes sur leurs positions. De plus, la fameuse réunion de Kingakati avec la position exprimée ouvertement par MSR [important parti politique membre de la majorité présidentielle qui a demandé un débat franc sur la révision constitutionnelle] a révélé des fissures et des dissensions de fond inhabituelles. C’est une première. Il est connu que certains influents leaders du camp kabiliste, dont un important financier de la mosaïque des partis qui le composent, ont déjà donné des instructions fermes à leurs « obligés » au sein de la « majorité présidentielle » de s’abstenir de soutenir une quelconque révision de la constitution au risque de ne plus pouvoir compter sur eux pour « les frais scolaires ou académiques des enfants ou encore les problèmes de santé de madame en Europe, etc. »

    Est-ce que tout cela veut dire que le camp présidentiel ne va plus pousser pour une révision constitutionnelle mais va plutôt adopter une stratégie de glissement du calendrier électorale ?

    Oui, c’est mon analyse pour le moment du moins. Je crois que finalement ils ont réalisé que cette question peut réellement mettre le feu aux poudres au niveau populaire. Comme les provinces qui se montrent les plus rigides là-dessus sont le Katanga et les deux Kivus, que certains ont toujours prétendu être des bastions électoraux de Kabila, je crois que par rapport à la révision constitutionnelle ils vont reculer et opter pour le glissement.
    Le sénat et les assemblées provinciales ont déjà profité d’un glissement de maintenant deux ans sur leur mandats, certains parlementaires se parlent entre eux et disent : pourquoi ne pourrions-nous pas profiter d’un glissement aussi? Beaucoup d’entre eux savent qu’ils ne seront pas réélus. Donc le camp kabiliste compte sur ces élus dans leur stratégie de glissement. Certains leaders politiques voient aussi là-dedans une source de financements pour les joutes électorales à venir tout comme l’attente continuelle par certains du fameux gouvernement de cohésion nationale.
    Ensuite il faut définir les circonscriptions locales sur base de groupements à identifier ou créer, selon les cas. Actuellement, leur nombre n’est pas encore connu. Il y en aura plus de 5000. Chaque groupement devra avoir son tribunal administratif pour traiter des cas de contestations électorales, donc il faut des infrastructures (bâtiments, voiries etc…), des affectations de juges et magistrats avec salaires et frais de fonctionnement. Il y a aussi cette question du recensement, c’était une condition préalable pour les élections de 2006. Aujourd’hui on a mis sur pied l’Office national pour l’identification de la population (ONIP) pour le recensement. Le marché a été donné au chinois Huawei, qui est toujours en train de chercher des fonds (500 millions USD), le gouvernement n’a pas d’argent.
    On voit que techniquement, c’est impossible [de faire tout cela avant les élections de 2016], c’est pour faire trainer les choses.
    Quelle attitude est-ce que les partenaires internationaux devraient adopter par rapport à cette stratégie de glissement, si elle existe ? Si on ne finance pas les élections, le gouvernement pourrait essayer de les financer sans appui international, ce qui pourrait compromettre le processus davantage ?
    C’est une question très sensible. Dans le camp Kabila, on se dit : si la communauté internationale ne donne pas le financement, ça nous donne une raison de plus de dire : voilà, on n’a pas l’argent nécessaire pour les élections.
    «Il sera très difficile, en tout cas, d’organiser des élections crédibles avec Malu Malu, parce qu’il est trop attaché à Kabila.»
    Je pense que la position de la communauté internationale est très claire : si on ne publie pas un calendrier électoral global, il n’y aura pas déblocage de fonds, pas l’argent.
    Il sera très difficile, en tout cas, d’organiser des élections crédibles avec Malu Malu, parce qu’il est trop attaché à Kabila. Ce qui est important, je crois, c’est que la communauté internationale doit rester constante dans son approche. Au niveau technique, le contrôle du centre national de traitement doit se faire dans la transparence. Je crois qu’on a vu dans les différents rapports des observateurs que le véritable problème s’est posé au niveau des centres de compilation ainsi qu’à l’opacité du fonctionnement du centre national de traitement dont l’accès tant par les observateurs que les partis politiques était fermement refusée par la ceni. Si on élimine ces centres de compilation et on met les garde-fous nécessaires pour que le centre national de traitement soit transparent, là nous pouvons espérer à voir un jour des élections avec des résultats crédibles.
    Le rapporteur général de la ceni, qui était un député élu sur la liste UDPS, s’est laissé délester par Malu Malu de la supervision du centre national de traitement qui lui est dévolue suivant l’organigramme de la CENI. Le centre national de traitement est passé sous la supervision du secrétariat exécutif dirigé par Fabien Musoni, dont la proximité a Malu Malu n’est plus à démontrer..
    Changeons un peu de sujet pour revenir sur ce qui est en train de se passer au sein de l’UDPS. Il y avait une déclaration récente signé par beaucoup de cadres de l’UDPS, dénonçant la mauvaise gestion du parti par certaines personnes, y inclus le Secrétaire Générale Bruno Mavungu et le fils du président de l’UDPS, Félix Tshisekedi.
    Etienne Tshisekedi est tombé malade le mardi, 4 mars 2014. En tant que son directeur de cabinet, lorsque je l’ai vu le lendemain, on le voyant j’ai pris la décision de suspendre toutes les audiences pour une durée indéterminée parce qu’il était très affaibli. Le jeudi 13 mars il m’a appelé. J’ai vu qu’il était encore très affaibli. Il m’a communiqué six noms, trois de l’étranger–– Felix Tshilombo Tshisekedi, Claude Kiringa, le représentant au Canada, Willy Vangu, le représentant en Afrique du Sud––et trois de l’intérieur : Valentin Mubake, Roger Kakonge et moi même, en spécifiant que je reste son directeur de cabinet et porte parole. Il m’a dit : c’est la nouvelle direction politique du parti. Il n’avait pas encore précisé les fonctions de chacun à cette occasion.
    «Depuis [le 13 mars 2014], les hauts cadres de l’UDPS n’ont plus vu Etienne Tshisekedi.»
    Notre séance de travail a été interrompue par un incident que j’ai qualifié à caractère strictement familial. Depuis ce jour, les hauts cadres de l’UDPS n’ont plus vu Etienne Tshisekedi.
    Je pense que tous les combattants de l’UDPS ne recherchent qu’une seule chose actuellement, c’est de voir Etienne Tshisekedi en chair et en os s’exprimer librement sur la marche du parti et du pays. A ce sujet ils seront intraitables comme Saint-Thomas. Il est notre Président de la République élu, et cela doit faire comprendre les frustrations qui s’expriment de telle ou telle manière. Après tout, l’Udps se dit championne de la démocratie et, à ce titre, ne doit-elle pas s’appliquer le principe de liberté de contestation et d’expression à soi-même ?
    Est-ce qu’il est en communication avec vous et les autres cadres du parti ?
    Non, je ne suis pas en communication avec lui. Il est là-bas depuis le 16 août et son propre représentant pour le Benelux n’a pas non plus eu l’opportunité de le rencontrer, ni un membre de son comité. La gestion de sa convalescence ne le permet pas, semble-t-il.
    Comment sortir de cette crise ?Je vois que la déclaration récente est basée sur des frustrations réelles ; je vois aussi que ce ne sont pas tous les dirigeants des fédérations qui ont signé la déclaration, donc il y a une vraie division au sein du parti.

    Il faut d’abord avoir la volonté de sortir de cette crise. S’il y a cette volonté de sortir de la crise et d’éviter la dislocation de l’UDPS, il faut partir de deux constats : que le président avait une vision, c’est à dire une direction politique genre directoire, mais que certains de ses proches ne sont pas d’accord sur cela. Ce qui rend difficile l’application de la volonté du président.
    Deuxièmement, il faut voir ce qui a pu fonctionner plus ou moins bien dans les dernières années. En 2011 nous avons vu une équipe exécutive capable de mobiliser les structures de base. Il faut en revenir à ça de sorte à ne pas perdre de temps. Il y a des enjeux nationaux, des questions dans lesquelles la voix de l’UDPS n’est pas entendue.
    Vous pensez que le gouvernement pourrait essayer d’enfoncer le clou en essayant de coopter une faction du parti, en le faisant entrer dans un gouvernement de cohésion national ?
    Il est vrai que Kabila cherche à ratisser large et si possible attirer une personne dont la proximité avec Etienne Tshisekedi ne peut être mise en doute. Maintenant, comme ce gouvernement a trainé, ca rend plus difficile à quiconque de l’UDPS d’entrer dans le gouvernement. Par contre, si le fameux « dialogue » que certains quémandent résulte en la mise en place d’un gouvernement, là je crains qu’il risque d’y avoir des preneurs même dans l’entourage au sens large d’Etienne Tshisekedi.
    Quelle sera la réaction de la base si l’UDPS entre dans un gouvernement chapoté par Joseph Kabila.
    Il y aura dislocation du parti, ça c’est sûr.
    Etienne Tshisekedi ne reviendra plus comme président fonctionnel du parti ?
    C’est un homme auprès duquel j’ai travaillé pendant six ans, dont trois ans à 7,000 kilomètres de distance l’un de l’autre. Je crois que les gens doivent se souvenir que en 2010 avant de rentrer au pays, il avait donné un interview à une magazine belge où il avait dit : « Je rentre dans mon pays et je vais participer aux élections… oui c’est mon dernier combat, le combat de toute une vie. » Le poussera-t-on à livrer le combat de trop ? Je ne le souhaite pas car il est déjà plus important pour les congolais que n’importe quel président de la république. Comme le disait Monsieur Jean Ping en 2011, ses collaborateurs et partisans doivent assurer qu’Etienne Tshisekedi entre dans l’histoire par la grande porte, et non à reculons.
    «Le poussera-t-on à livrer le combat de trop ? Je ne le souhaite pas car il est déjà plus important pour les congolais que n’importe quel président de la république.»
    Mais dans l’intérêt de la nation et du parti je prie chaque jour qu’il puisse revenir, ne-fut-ce-que pour mettre en place cette nouvelle direction politique qui était sa vision. À l’heure actuelle, toute direction politique qui n’est pas installée par lui même aura des sérieux problèmes de légitimité.
    Est-ce que ce n’est pas un problème pour le parti, le fait qu’il faudra que la transition soit guidée par Tshisekedi lui même. Est-ce que ce n’est pas une indication de la personnalisation du parti ?
    Il y a une réalité. Le vrai problème de l’UDPS c’est qu’Etienne Tshisekedi était devenu plus grand que l’UDPS, en quelque sorte. Il est capable de mobiliser des foules, l’UDPS seul n’est pas capable de mobiliser autant de foules. De l’autre coté il faut comprendre qu’il fait parti d’une génération qui en terme politique avait la culture de la personnalisation du pouvoir. Et n’avait pas la culture de la préparation d’une succession. Tshisekedi a pensé au dernier moment de mettre en place un groupe qui pourrait mener cette transition, jusqu’au congrès, malheureusement, on ne lui a pas permis d’aller jusqu’au bout de son idée.
    Posted by Jason Stearns at 7:51 AM

  • Abbé Malumalu : “En tant que citoyen, je souhaite que la Constitution de la RDC soit respectée”

    Abbé Malumalu : “En tant que citoyen, je souhaite que la Constitution de la RDC soit respectée”

    malu_malu_2013-Faut-il organiser les scrutins locaux avant la présidentielle et les législatives de 2016 en RDC ? Non, selon l’opposition, qui redoute un report de ces échéances nationales. Oui, dit le président de la Ceni, l’abbé Apollinaire Malumalu Muholongu.

    Apollinaire Malumalu Muholongu, 53 ans, est un prêtre catholique du diocèse de Beni-Butembo, dans le Nord-Kivu, sa province natale. De retour à Butembo en 1997 après avoir obtenu un doctorat en sciences politiques à Grenoble (où il fut curé de 1993 à 1996) et un DEA à Lyon, c’est en 2003 que l’abbé fait son entrée dans la vie politique congolaise. Il est alors nommé expert au service d’études stratégiques attaché au cabinet du chef de l’État et désigné membre de la Commission électorale indépendante (CEI), qu’il présidera jusqu’en 2011.

    Depuis son retour, en juin 2013, à la tête de l’institution (rebaptisée Commission électorale nationale indépendante, Ceni), il s’attelle à organiser les élections urbaines, municipales et locales de façon qu’elles se tiennent dès 2015. Une démarche très critiquée par certains partis d’opposition, qui craignent un report de la présidentielle prévue en 2016.

    Jeune Afrique : La Conférence épiscopale nationale du Congo s’était prononcée contre la désignation d’un membre du clergé catholique à la tête de la Ceni. N’avez-vous pas violé sa “consigne” ?

    Apollinaire Malumalu : Je n’ai jamais été candidat à ce poste. Je suis revenu à la Ceni parce que j’ai été choisi par les confessions religieuses, l’une des composantes de la société civile chargées de désigner l’un de ses membres. Les huit confessions devaient élire la personnalité la plus compétente pour les représenter, sur des critères bien définis. J’ai obtenu 7 voix sur 8, le suffrage de l’Église catholique étant le seul à ne pas se porter sur moi. Cela dit, je reste prêtre diocésain. Il appartenait à l’évêque [du Nord-Kivu] de décider si je pouvais être membre de la Ceni ou pas. Après s’être concerté avec ses pairs, il a accepté.

    Pour stabiliser le pays, nous estimons que la tenue d’élections locales est une urgence.

    Et que répondez-vous à ceux qui vous accusent d’être proche du président Kabila et de vouloir faciliter sa réélection ?

    Il faut éviter de vouloir trop personnaliser les choses. Je n’ai jamais travaillé avec Joseph Kabila dans un cadre qui ne soit pas institutionnel ! En outre, les décisions de la Ceni sont prises de manière collégiale avec les autres membres du bureau, qui sont issus de la majorité, mais aussi de l’opposition parlementaire. Alors de quoi parle-t-on ?

    La plateforme Sauvons la RDC estime que le cycle engagé en novembre 2011 avec la présidentielle et les législatives devait se poursuivre avec les sénatoriales et l’élection des gouverneurs. Pourquoi avoir décidé de faire passer avant les élections urbaines, municipales et locales ?

    La loi électorale, telle qu’elle a été modifiée pour les scrutins de 2011, porte sur toutes les élections, et c’est pure cécité que de penser que les locales n’étaient pas prévues. Nous sommes dans un État fortement décentralisé. Pourtant, de nombreux conseils municipaux n’ont jamais été élus et l’on continue à nommer l’exécutif de ces collectivités [en avril 2012, le gouvernement a créé des centaines de nouvelles entités : au moins 3 villes et 10 communes dans chacune des 10 provinces du pays, hors Kinshasa].

    On ne peut pas faire comme si de rien n’était ! Le passage de 21 à 88 villes et de 97 communes urbaines et non urbaines à 601 constitue un énorme bouleversement sur le plan local. Dans ces conditions, pour stabiliser le pays, nous estimons que la tenue d’élections locales est une urgence.

    Ne risquent-elles pas de retarder l’organisation de la présidentielle ?

    Pour le moment non. En revanche, pour les élections des députés nationaux, le législateur a introduit dans la loi organique une disposition selon laquelle le recensement administratif doit être fait préalablement à la tenue du scrutin. Très tôt, sans ambages et en toute transparence, la Ceni a attiré l’attention des responsables politiques sur ce problème. Ils ne peuvent pas dire qu’ils ne savent pas.

    Il leur appartient de revenir, ou pas, en arrière. C’est-à-dire de revenir à la délimitation des circonscriptions électorales en fonction du nombre d’électeurs, telle qu’elle existait auparavant, et non en fonction du nouveau rescensement. Si l’on n’accepte pas de la déconnecter des législatives, la présidentielle risque d’être rattrapée à son tour par ce problème.

    Que pensez-vous du débat sur une éventuelle révision de la Constitution ?

    Concernant les articles verrouillés de la Constitution, personne n’a pris l’initiative de leur révision. Tout le reste n’est que spéculation.

    C’est un débat légitime, mais il ne doit pas se transformer en procès d’intention. Il faut arrêter d’agiter la population, d’écrire des livres sur le sujet… En tant que citoyen, je souhaite que la Constitution soit respectée et je note que pour l’instant, concernant les articles verrouillés [portant notamment sur la limitation du nombre de mandats présidentiels], personne n’a pris l’initiative de leur révision. Tout le reste n’est que spéculation.

    Treize… à la Ceni comme à la cène

    Depuis la loi du 27 avril 2013, la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) compte 13 membres : 6 désignés par la majorité (dont 2 femmes), 4 par l’opposition (dont 1 femme) et 3 par la société civile. Parmi ces derniers, l’un doit être élu par les associations d’éducation civique et électorale, un autre par les associations de défense des droits de la femme, le dernier par les 8 confessions religieuses du pays.

    Le bureau de la Ceni, élu le 7 juin 2013, est composé quant à lui de 6 membres. Présidé par l’abbé Malumalu (société civile), il compte 3 représentants de la majorité – André Pungwe, du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), Onésime Kukatula, du Parti lumumbiste unifié (Palu), et Chantal Ngoyi, du Mouvement social pour le renouveau (MSR) – et 2 de l’opposition : Jean-Pierre Kalamba, de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), et Micheline Biye Bongenge, du Mouvement de libération du Congo (MLC).

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    Propos recueillis par Trésor Kibangula

    Jeune Afrique

  • Miss Monde : 5 Africaines sacrées depuis 1951, dont 3 Sud­Africaines et 1 Égyptienne blanches

    Miss Monde : 5 Africaines sacrées depuis 1951, dont 3 Sud­Africaines et 1 Égyptienne blanches

    miss monde elue-Rolene Strauss, une étudiante sud-africaine en médecine de 22 ans a été élue dimanche Miss Monde devant 121 candidates venues des quatre coins de la planète. C’est la 5e Miss africaine d’un concours qui a fortement tendance à choisir, sur le continent, des lauréates à la peau blanche.

    Elles étaient 121 jeunes-femmes à participer cette année à l’élection de ” Miss Monde 2014 “. La 64e édition du concours s’est tenue dimanche 14 décembre à Londres, ville où s’était déroulée en 1951 la toute première compétition du genre, baptisée à l’époque ” Festival Bikini Contest “. Et c’est une Sud-Africaine de 22 ans, Rolene Strauss, brune de 1,77 mètres aux yeux effilés, étudiante en médecine et passionnée de sport et de musique, qui a rapporté au continent africain son 5e trophée.

    De fait, ce n’est pas la première fois qu’une Africaine se distingue à Miss Monde. Depuis 1951, sur les 66 lauréates du concours, quatre autres femmes du continent ont été sacrées : l’Égyptienne (aux racines grecques) Antigone Costanda en 1954, puis les Sud-Africaines Penelope Anne Coelen en 1958, Anneline Kriel en 1974, et la Nigériane Agbani Darego en 2001.

    Avec 5 titres, l’Afrique figure cependant en bas du tableau. Même si elle devance l’Océanie, qui ferme la marche avec 3 titres, elle reste loin derrière l’Europe (24 titres), le continent américain (21 titres), ou même l’Asie (12 titres). Un classement quasiment identique (le continent américain détrônant l’Europe) pour le concours Miss Univers, une compétition rivale du concours Miss Monde.

    Seules trois Africaines noires au sommet

    Mais il y a plus dérangeant. L’Afrique n’a été sacrée depuis 1952 que quatre fois à Miss Univers, un concours qui ne compte que deux Miss noires issues du continent : la Botswanaise Mpule Kwelagobe, en 1999, et l’Angolaise Leila Lopes, en 2011. Miss Monde fait pire : une seule des 5 jeunes femmes africaines distinguées est noire : la Nigériane Agbani Darego.

    Alors que des concours de beauté sont organisés depuis des années dans presque tous les pays africains, on ne peut que regretter ce déséquilibre. C’est une évidence : les Africaines – surtout celles à la peau noire – peinent à s’imposer dans les concours planétaires. La faute à des critères sans doute encore beaucoup trop européocentrés.

    Mais au-delà d’un anachornisme qui peut être considéré comme une marque de racisme institutionnel, l’Afrique peut-elle aujourd’hui se sentir honorée par la victoire d’une représentante blanche ? En 2001, toute l’Afrique avait salué l’élection comme Miss Monde d’Agbani Darego. Treize ans plus tard, toutes compétitions confondues, l’Afrique attend toujours sa quatrième reine mondiale de beauté noire.

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