Tag: A la Une

  • RDC : quelles “contraintes” pour le calendrier électoral ?

    RDC : quelles “contraintes” pour le calendrier électoral ?

    CENI logo
    CENI logo

    -La prochaine élection présidentielle, couplée aux législatives, est prévue le 27 novembre 2016 en RDC. Selon la Commission électorale nationale indépendante (Céni), la tenue de ce scrutin reste malgré tout conditionnée à un certain nombre de “contraintes”. Quelles sont-elles ?

    Jeudi 12 février, la date de la prochaine présidentielle en République démocratique du Congo (RDC) a été fixée par la Commission nationale indépendante (Ceni) au 27 novembre 2016. L’élection présidentielle, à laquelle le chef de l’État Joseph Kabila n’a plus le droit de se présenter, doit avoir lieu le même jour que les élections législatives.

    Selon le calendrier électoral, l’organisation des élections locales et provinciales auront lieu au scrutin direct le 25 octobre 2015. Viendront ensuite les sénatoriales, devant avoir lieu au scrutin indirect le 17 janvier 2016, et enfin la présidentielle et les législatives. Le nouveau président est censé prêter serment au plus tard le 20 décembre 2016, 5 ans jour pour jours après le début du deuxième mandat de Jospeh Kabila.

    Ce calendrier respecte les délais électoraux prévus par la Constitution congolaise. Reste maintenant plusieurs questions en suspens, car l’organisation de ces différents scrutins est tenue à un certain nombre de contraintes devant chacune être levées, selon la Ceni, avant une “date critique”.

    La contrainte financière

    Pour la présidentielle et les législatives, Jean-Pierre Kalamba, le rapporteur de la Ceni, a évoqué “l’exécution du plan de décaissement des fonds” nécessaire à l’organisation des scrutins. En clair : il faut trouver de l’argent pour organiser les élections. Dans une interview à Radio Okapi, l’Abbé Apollinaire Malumalu a estimé que le coût global des élections s’élevait à plus d’un milliard d’euros.

    Pour mobiliser cette énorme somme d’argent, Kinshasa espère que ses partenaires internationaux vont débloquer des fonds. La communauté internationale demandait depuis de longs mois la publication d’un échéancier pour décider du soutien financier qu’elle pourrait apporter au processus électoral congolais. C’est désormais chose faite.

    La contrainte parlementaire

    Seconde contrainte évoqué par la Ceni : le vote et la promulgation du projet de “loi de répartition des sièges” des députés sur le territoire national. Un redécoupage des circonscriptions électorales est dans les tiroirs de l’Assemblée nationale depuis plusieurs années mais n’a jamais été réalisé.

    Logiquement, cette redéfinition devrait intervenir avant les élections législatives, prévues le 27 novembre 2016. La loi sur la répartition des sièges des députés à l’Assemblée nationale devra donc être votée et promulguée avant. Problème : cette loi dépend largement du recensement général, qui reste un préalable à l’organisation des législatives dans la nouvelle loi électorale.

    La contrainte du fichier électoral

    La mise à jour du fichier électoral est la dernière contrainte majeure relevée par la Céni. Un audit externe de ce fichier est prévu pour la fin du mois de mars prochain. Il est censé se terminer trois jours avant la convocation du corps électoral pour les élections locales et provinciales de fin octobre 2015.

    L’objectif de cet audit est de mettre à jour la liste des électeurs congolais avant qu’ils se lancent dans un marathon électoral qui s’étalera d’octobre 2015 à novembre 2016.

    (Avec AFP)

  • RDC : la Ceni fixe l’élection présidentielle au 27 novembre 2016

    RDC : la Ceni fixe l’élection présidentielle au 27 novembre 2016

    Elections- Un bureau de vote en RDC
    Elections- Un bureau de vote en RDC

    -Les élections présidentielle et législatives en République démocratique du Congo se tiendront le 27 novembre 2016, a annoncé jeudi 12 février la Commission électorale nationale indépendante (Ceni). Le calendrier électoral global des élections a été rendu public à Kinshasa devant les représentants des institutions publiques congolaises et de la communauté internationale.

    La proclamation des résultats provisoires de l’élection présidentielle aura lieu le 7 décembre 2016. Les résultats définitifs seront annoncés le 17 décembre 2016. Le nouveau chef de l’Etat prêtera serment le 20 décembre 2016.

    Par ailleurs, la Ceni a annoncé que les élections provinciales, municipales, urbaines et locales auront lieu le 25 octobre 2015. Les résultats seront annoncés le 10 décembre.

    Les sénateurs seront élus le 17 janvier 2016 alors que l’élection des gouverneurs et vice-gouverneurs aura lieu le 31 janvier 2016.

    Peu avant la publication de ce calendrier électoral global, le président de la Ceni, abbé Malumalu a déclaré à Radio Okapi que l’organisation de ces élections nécessitera 1 145 408 680 dollars américains.

    « Après avoir échangé avec le Premier ministre, nous avons mis en place une commission qui a avancé un budget global des élections qui s’élève à 1 145 408 680 USD. Les élections coûtent chers en RDC », a-t-il fait savoir.

    D’après l’abbé Malumalu, la Ceni a déjà convenu avec le gouvernement un plan de décaissement pour le financement des élections.

    (Radio Okapi)

  • RDC : la Ceni annonce la publication ce jeudi du calendrier électoral global

    RDC : la Ceni annonce la publication ce jeudi du calendrier électoral global

    Abbe Malu_malu_goma_peace-Le calendrier électoral global devra être publié jeudi 12 février, a annoncé le président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), l’Abbé Apollinaire Malumalu. Dans une interview exclusive accordée à Radio Okapi, il indique que tous les préalables à la publication de ce calendrier ont déjà été réunis. Le coût global des élections est évalué à 1 145 408 680 USD.

    « La Ceni avait posé deux préalables et les deux sont réunis. Je vous les rappelle. Premièrement, il fallait lever les options et celles-ci sont levées dans la loi [électorale]. Deuxièmement, il fallait un budget pluriannuel adopté par le gouvernement et il est déjà fait après les ajustements qu’on a pu faire. Aujourd’hui même [jeudi 12 février], le calendrier sera publié », a affirmé l’Abbé Malu Malu.
    Depuis l’Afrique du Sud où il se trouve, le président de la Ceni a ajouté que ce calendrier sera, non seulement global, mais aussi constitutionnel.
    « Le calendrier ne peut être que global et constitutionnel. Il n’a aucun problème. Le reste ce sont des racontars. Ce sont des gens qui transmettent de la spéculation. La Ceni est responsable, professionnelle et sait ce qu’elle doit faire. C’est aux uns et aux autres de s’en tenir », a dit l’Abbé Malu Malu.

    Le président de la Ceni a assuré que chaque élection et sa date sera connue, y compris pour la présidentielle.
    « Vous ne voyez que les législatives et autres. Chaque élection sera connue aujourd’hui et sa date. La dernière délibération se fait au niveau de la plénière (…) », a-t-il poursuivi.
    A l’en croire le prochain scrutin « demande beaucoup d’argent » évalué à 1 milliard 145 millions 408 680 USD.
    « Après avoir échangé avec le Premier ministre, nous avons mis en place une commission qui a avancé un budget global des élections qui s’élève à 1 145 408 680 USD. Les élections coûtent chers en RDC », a-t-il commenté.
    D’après l’Abbé Malumalu, la Ceni a déjà convenu avec le gouvernement un plan de décaissement pour le financement des élections.

    Radio Okapi
  • RDC : la Monusco fait une “pause” dans l’offensive contre les FDLR

    RDC : la Monusco fait une “pause” dans l’offensive contre les FDLR

    MONUC-Helico1-La Monusco a annoncé mercredi soir faire “une pause” dans son soutien à l’armée congolaise en vue de l’offensive contre les FDLR dans l’est du pays, confirmant les tensions entre New-York et Kinshasa au sujet de la nomination de deux généraux controversés appelés à diriger les opérations.

    Interrogé sur la coopération entre les Casques bleus et l’armée congolaise en vue de l’opération à venir contre les rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), Charles Bambara, le porte-parole de la Mission de l’ONU pour la stabilisation de la RDC (Monusco), a déclaré que ses troupes faisaient “une pause”.

    Mardi, un responsable des Nations unies à New York avait déclaré que l’ONU avait temporairement suspendu son soutien à cette opération après une controverse entre la Monusco et Kinshasa autour de la nomination de deux généraux appelés à jouer un rôle clé dans l’offensive, et que l’ONU accuse d’avoir un passé chargé en termes de violations des droits de l’Homme.

    Ultimatum de l’ONU

    L’ONU affirme que ses règles internes ne l’autorisent pas à collaborer avec ces deux officiers et aurait donné jusqu’au 13 février à Kinshasa pour les remplacer, sous peine de voir les Nations unies retirer leur soutien à l’opération. Mais le gouvernement congolais a opposé jeudi une fin de non-recevoir à cet ultimatum, affirmant que pour être écartés de leur commandement, il faudrait que les généraux de brigade Bruno Mandevu et Sikabwe Fall aient fait “l’objet d’une condamnation” par la justice militaire, ce qui n’est pas le cas.

    La communauté internationale avait donné jusqu’au 2 janvier aux FDLR pour se rendre et déposer les armes, faute de quoi les miliciens s’exposeraient à une opération militaire conjointe de l’armée congolaise et de la Monusco. Le 29 janvier, l’armée congolaise a annoncé qu’elle allait lancer seule l’offensive, la Monusco se contentant de promettre un soutien opérationnel, logistique et stratégique. Mercredi, lors d’une conférence de presse à Kinshasa, le chef de la Monusco, Martin Kobler, avait refusé de confirmer la suspension de la coopération entre l’ONU et les autorités congolaises en vue de l’opération “Sokola 2”, destinée à mettre hors d’état de nuire les rebelles des FDLR.

    “On va trouver une solution”

    Aux journalistes qui lui demandaient ce que l’ONU reprochait aux deux généraux, Kobler avait répondu : “C’est une question qui est discutée entre la Monusco et le gouvernement, ce n’est pas discuté avec la presse.” Semblant vouloir se donner du temps pour négocier avec les autorités congolaises, il avait affiché la volonté de la Monusco de “soutenir les opérations sur le plan stratégique, sur le plan logistique et sur le plan opérationnel”. Martin Kobler avait aussi insisté à plusieurs reprises sur le fait que l’offensive contre les FDLR est au cœur du mandat donné à la Monusco par le Conseil de sécurité. “Je suis très confiant, on va trouver une solution”, avait-il ajouté.

    Plusieurs chefs des FDLR sont accusés d’avoir participé au génocide de 1994 contre les Tutsi au Rwanda et sont recherchés par la justice internationale et Kigali. Les membres les plus anciens de l’organisation sont présents depuis 1994 en RDC, où la milice est accusée de commettre des atrocités (meurtres, viols…) et des pillages contre les civils. La neutralisation des FDLR passe pour être une des clefs devant permettre le retour à une paix durable dans la région des Grands Lacs.

    (Avec AFP)

  • Le président Kabila organise une grande réunion dans son fief du Katanga

    Le président Kabila organise une grande réunion dans son fief du Katanga

    joseph-kabila-RDC-president

    Le président congolais Joseph Kabila organise lundi une grande réunion politique au Katanga, dans le sud-est de la République démocratique du Congo, où le débat sur un éventuel troisième mandat du chef de l’Etat provoque des tensions.
    Cette réunion aura pour objet d’”unir tous les Katangais” et de “faire une concertation au sujet du troisième mandat de Joseph Kabila (. . . ) en 2016”, alors que s’achève cette année-là son deuxième et dernier mandat selon la Constitution actuelle, a déclaré à l’AFP une source à la présidence.
    Dimanche en fin d’après-midi, une délégation d’environ 50 personnes comptant des députés nationaux et des sénateurs originaires du Katanga ont embarqué dans un avion ayant pour destination Lubumbashi, la capitale provinciale du Katanga, a constaté un journaliste de l’AFP à l’aéroport international de Kinshasa.
    Le président Kabila séjourne actuellement au Katanga, sa province d’origine, depuis déjà quelques jours, de même que le vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur Evariste Boshab.
    Le 23 décembre, le charismatique gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi, est rentré dans sa province minière, poumon économique du pays, après trois mois passés à l’étranger. Accueilli triomphalement, il a prononcé un discours où il semblait s’opposer à un troisième mandat de M. Kabila.
    M. Katumbi ne prendra pas part à cette réunion pour “raison de santé”, a-t-il déclaré à l’AFP, précisant qu’il se rendrait à Londres “mercredi” pour des soins.
    Vendredi, l’ancien député katangais Vano Kalembe Kiboko, membre de la majorité opposé à une révision de la Constitution qui permettrait au président Kabila de briguer un troisième mandat, a été inculpé d’incitation à la haine tribale et incarcéré.
    Selon ses avocats, il lui est reproché de s’être opposé à ce que “le district de Kolwezi soit intégré dans le Lualaba” dans le cadre d’un redécoupage territorial. Mais selon un de ses proches, il s’agit d’une mesure de rétorsion pour avoir proposé que M. Katumbi soit le dauphin de M. Kabila.
    Le président congolais a succédé en 2001 à son père assassiné, Laurent-Désiré Kabila. Il a ensuite été élu en 2006 au terme des premières élections démocratiques du pays, puis en 2011 lors d’un scrutin contesté par l’opposition et la communauté internationale.
    D’après la Constitution actuelle, il ne peut briguer de troisième quinquennat en 2016. Mais l’opposition accuse son camp de vouloir réviser la Loi fondamentale ou de chercher à retarder le scrutin via un long recensement de la population pour permettre à M. Kabila de rester au pouvoir au-delà de 2016.

    Jeuneafrique.

  • RDC : pas de prolongation de l’ultimatum pour le cantonnement des FDLR

    RDC : pas de prolongation de l’ultimatum pour le cantonnement des FDLR

    fdlr1-L’ultimatum de six mois adressé aux FDLR pour déposer les armes expire ce vendredi. Mais la majorité d’entre eux ne sont pas rendus et Kinshasa refuse catégoriquement que ce délai soit prolongé.

    L’ultimatum adressé aux Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) prend fin ce vendredi 2 janvier à minuit. Mi-2014, la communauté internationale, Conférence internationale sur la région des Grands lacs (CIRGL) et Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) en tête, leur avait donné six mois pour se rendre, faute de quoi ils s’exposeraient à des représailles armées.

    À quelques heures de la fin de cet ultimatum, le constat est implacable : l’opération de reddition des FDLR n’a pas donné les résultats attendus. Sur environ 1 500 combattants, seulement près de 350 ont déposé les armes, soit moins d’un quart des effectifs de la rébellion. Contacté par Jeune Afrique, Lambert Mende, le porte-parole du gouvernement congolais, n’a pas caché son agacement face à ces chiffres peu élevés. “Nous ne sommes pas du tout satisfaits, a-t-il réagi. Le nombre de reddition n’est pas celui que nous attendions et nos problèmes ne sont pas résolus.”

    Les envoyés spéciaux de l’ONU, de l’UA, de l’UE et des États-Unis dans la région des Grands lacs ont, dans un communiqué, “noté avec inquiétude que les FDLR n’ont pas respecté cette échéance. Au contraire, les FDLR ont utilisé ce délai de grâce de six mois pour continuer à perpétrer des violations des droits de l’homme contre des personnes innocentes dans l’est de la RDC”.

    Sur la même longueur d’ondes que Kinshasa, ils estiment qu’il “n’y a pas d’autre choix que de mettre en œuvre l’option militaire contre tous ceux au sein de ce groupe armé qui refuseraient de rendre les armes volontairement.”

    >> Lire aussi : Le regroupement des FDLR dans l’Est, un vrai casse-tête

    Vers une opération militaire contre les FDLR ?

    Les FDLR commettent depuis vingt ans de graves exactions en toute impunité contre les civils de l’est de la République démocratique du Congo (RDC) et se livrent à de nombreux trafics, notamment d’or et de charbon de bois. En décembre 2013, ils avaient annoncé la fin de leur mouvement armé pour “se consacrer à la lutte politique” dans leur pays, ce que Kigali a toujours catégoriquement refusé.

    >> Lire aussi : Que reste-t-il des FDLR ?

    Selon Lambert Mende, une prolongation de l’ultimatum adressé au FDLR est formellement exclue par Kinshasa et ses partenaires internationaux. Reste à savoir ce que vont devenir les rebelles qui n’ont pas rendu les armes. Refusant de s’exprimer sur la suite des opérations dans les jours à venir, le porte-parole du gouvernement congolais a toutefois affirmé que ce dossier sensible allait désormais être directement géré par l’armée, n’excluant pas, de fait, une offensive militaire. Un plan d’urgence a même été préparé pour protéger les civils, prouvant qu’une telle opération est bel et bien à l’ordre du jour. Celle-ci serait alors menée conjointement par les forces armées congolaises (FARDC) et la brigade d’intervention de la Monusco, la mission de l’ONU en RDC.

    ___

    Benjamin Roger -Jeune Afrique

  • La saisie des comptes de l’hôpital de Panzi inquiète l’opposition

    La saisie des comptes de l’hôpital de Panzi inquiète l’opposition

    HOPITAL-En République démocratique du Congo (RDC), l’hôpital de Panzi est toujours dans le collimateur des services fiscaux. L’hôpital du Docteur Denis Mukwege, qui a reçu le prix Sakharov pour son aide aux victimes de viols et pour son courage politique, a vu ses comptes saisis. Selon les autorités congolaises, cet établissement public n’aurait pas payé l’impôt professionnel sur les rémunérations (IPR). Joint par RFI, le ministre de la Santé explique qu’il s’agit d’un cas de fraude fiscale. De son côté, l’opposant Vital Kamerhe craint que cette décision ait des motivations politiques.
    Le gouvernement congolais accuse l’hôpital de Panzi de fraude fiscale. Cet établissement public aurait engagé du personnel sur la base de contrat de droit privé et de fonds privés et n’aurait pas payé l’impôt professionnel sur les rémunérations pour ses employés. L’opposant Vital Kamerhe, originaire du Sud-Kivu, craint que cette décision ait des motivations politiques liées aux récentes prises de position du Docteur Mukwege contre la réforme de la Constitution. L’opposant dénonce, par ailleurs, une décision qui risque de mettre en péril la vie des patients.
    « Nous sommes inquiets, d’autant plus que c’est le seul hôpital de référence au Sud-Kivu – je dirais même pour le Grand-Kivu – qui soulage et qui soigne les femmes violées. C’est grâce à cet hôpital et au savoir-faire du Docteur Mukwege que ce dernier a obtenu le prix Sakarov. C’est donc, pour nous, une question incompréhensible que ce soit le gouvernement congolais – qui aurait dû soigner ces femmes ; elles sont soignées par la communauté internationale – qui vienne paralyser cet hôpital qui doit payer des impôts. Les comptes sont saisis et les agents ne sont pas payés, vous comprenez que ce sont les malades qui vont en pâtir », a-t-il déclaré. « Nous sommes inquiets et nous demandons au président de la République et au gouvernement de libérer ces comptes de l’hôpital de Panzi. Je pense que quand on n’a pas la même opinion que la majorité au pouvoir, on doit chercher à vous mettre des bâtons dans les roues. Je vois que c’est la personne de Mukwege qui est visée parce qu’il a été trop élevé et félicité au niveau national et international. Autrement, je ne vois pas comment expliquer cela », a conclu l’opposant congolais, Vital Kamerhe.
    « C’est un cas de fraude fiscale »
    Selon Kinshasa, le montant de la fraude s’élève à près de 47 000 dollars en 2012 et 650 000 dollars en 2013, ce qui explique la saisie des comptes de l’hôpital. Pour le moment, Kinshasa n’a pas fourni d’explications sur la différence des montants d’une année sur l’autre. Pour le ministre de la Santé Félix Kabange Numbi, il s’agit d’un cas de fraude fiscale.
    « Ce que j’ai eu comme information, c’est que cette saisie des comptes concerne le non-paiement des IPR de 2012 et 2013. Ainsi, vous comprenez que le délai a été largement dépassé. Il y a eu plusieurs efforts de conciliation par la DGI auprès de l’hôpital qui malheureusement n’ont pas abouti ou bien il y a eu carrément un rejet de l’hôpital et cela a obligé la DGI à prendre une décision d’autorité », a déclaré à RFI, ministre congolais de la Santé.
     
    Félix Kabange Numbi dément, par ailleurs, le fait que cela pourrait être en lien avec les déclarations du Dr Mukwege ou encore ses prises de position politiques. « C’est un cas de fraude fiscale. Même moi, en tant que ministre de la Santé, je ne vais pas cautionner le fait que l’hôpital qui a contractualisé, de manière privée, refuse de pays l’impôt pour ce personnel et qu’on puisse trouver une justification politique. Non. Ce n’est pas une justification valable. Il faudrait qu’on aille sur les faits et les faits sont là. Il faut éviter, lorsque l’on a fauté, d’essayer de trouver des explications sur le plan politique », a conclu le ministre congolais de la Santé Félix Kabange Numbi, qui assure que la continuité des soins sera garantie et que des discussions sont en cours pour permettre à l’hôpital de fonctionner sans argent.
    RFI
  • Vœux: les promesses des chefs d’Etat africains pour 2015

    Vœux: les promesses des chefs d’Etat africains pour 2015

    ??????????????????????????????????????????????????????????????????????-Les chefs d’Etat africains ont présenté leurs traditionnels vœux du Nouvel an, le 31 décembre 2014. Election présidentielle au Burkina Faso, élections locales, municipales et provinciales en RDC, loi contre le terrorisme au Cameroun, réforme constitutionnelle au Togo ou encore dialogue avec l’opposition au Gabon, retrouvez leurs principales déclarations.

    • Burkina Faso : des élections présidentielles pour octobre 2015

    Après les échanges avec la commission électorale, le président de la transition Michel Kafando prévoit l’organisation des élections présidentielles pour octobre 2015. « Nos différentes rencontres avec la Céni (Commission électorale nationale indépendante), ces derniers jours, permettent d’envisager des projections qui rendent possible le scrutin dès le début du mois d’octobre 2015 », a-t-il déclaré dans ses voeux à la nation, mercredi 31 décembre.

    Le président a également décidé de lever la mesure de suspension du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), l’ancien parti présidentiel, et de l’ADF/RDA (Alliance pour la démocratie et la fédération/Rassemblement démocratique africain), qui était, sous l’ancien régime, la troisième force politique du pays. Le gouvernement reprochait à ces partis une « activité incompatible avec la loi ». « J’ai décidé, par mesure de clémence, de lever la suspension à l’encontre des partis politiques, frappés par cette décision. Mais je tiens à les avertir que la transition n’aura pas d’état d’âme s’il advenait que ces mêmes formations politiques s’adonnent à un activisme débordant, au point de menacer la sécurité de l’Etat. »

    Enfin, « l’Etat a décidé de donner des moyens à la famille du président Thomas Sankara pour procéder aux travaux de prospection de sa tombe. On n’attend donc plus que la réaction de la famille du défunt », a annoncé Michel Kafando. Le capitaine Thomas Sankara, le père de la révolution burkinabè, a été tué lors du coup d’Etat qui a porté Blaise Compaoré au pouvoir en 1987. Thomas Sankara aurait été inhumé au cimetière de Dagnoën dans le quartier Est de Ouagadougou, mais sa famille et ses nombreux partisans doutent que son corps s’y trouve réellement.

    • RDC : des élections locales, municipales et provinciales en 2015

    Dans son message des vœux, le président Joseph Kabila a annoncé l’organisation en 2015 des élections locales, municipales et provinciales ainsi que le démarrage du recensement général de la population. « L’année qui s’annonce sera marquée par l’organisation des élections locales, municipales et provinciales, ainsi que le démarrage des opérations de recensement de la population », a déclaré le président.

    « Si le recensement de la population est une donnée dont la gestion de l’Etat ne peut faire l’économie, ces élections, quant à elles, serviront d’étalon à notre démocratie. Je vous invite tous à contribuer à leur totale réussite dans un climat apaisé et dans un esprit républicain. Ce défi, comme tous les autres auxquels nous serons confrontés au cours de cette nouvelle année, renforce notre détermination à privilégier en toutes circonstances, les exigences de la cohésion nationale et celles de l’excellence dans tous les domaines. »

    • Gabon : le président se dit prêt à dialoguer avec ses opposants

    Dans son discours à la nation, le président gabonais, Ali Bongo Ondimba, s’est déclaré prêt à dialoguer avec ses opposants, qui exigent sa démission parce qu’il ne serait pas un Gabonais d’origine, comme le prévoit la constitution du pays.

    Mais attention, s’il a déclaré être ouvert au dialogue, Ali Bongo Ondimba a expliqué qu’un tel dialogue n’était pas possible avec des personnes qui ne respectent ni les institutions de la République, ni ceux qui les incarnent. « Dans notre pays, le dialogue a toujours été privilégié pour surmonter nos divergences et résoudre nos problèmes. Cependant, depuis un certain temps, quelques compatriotes, relayés par quelques médias internationaux, veulent faire croire aujourd’hui, comme ils le faisaient déjà en 2012, que je serai fermé à toute idée de dialogue. Comme je l’ai déjà dit, j’ai été, je suis et resterai un homme de dialogue et d’ouverture. »

    «  Et ceux qui me connaissent bien savent aussi que le président de la République ne peut dialoguer avec des personnes qui ne respectent ni les institutions de la République, ni ceux qui les incarnent. Le président de la République ne peut pas dialoguer avec des personnes qui violent délibérément les lois de la République. Pour dialoguer et agir efficacement, il importe de jeter à la rivière la haine, la vengeance, la violence. »

    • Cameroun : une loi contre le terrorisme qui s’imposait

    A l’occasion de son discours des vœux à la nation, Paul Biya, le président camerounais s’est prononcé pour la première fois sur l’adoption et la promulgation récente d’une loi contre le terrorisme. Cette loi très controversée condamne à la peine de mort toute personne reconnue coupable de fait terroriste. L’opposition et les organisations de la société civile ont dénoncé une loi liberticide qui criminalise les manifestations publiques.

    Mais pour le président camerounais, cette loi s’imposait à l’arsenal juridique du pays, le Cameroun étant sous la menace de la secte islamiste Boko Haram. « La montée des périls à nos frontières nous a amené à prévoir des dispositions concernant les effets que cette menace pourrait représenter pour notre sécurité intérieure. Tel est l’objet de la loi sur la répression du terrorisme, que le Parlement vient d’adopter, à une large majorité. Il ne s’agit aucunement, comme l’ont prétendu certains esprits mal intentionnés, d’en prendre prétexte, pour restreindre les libertés publiques. D’ailleurs, le texte est parfaitement clair à cet égard. »

    « J’ajoute, que devant la multiplication des actes terroristes, la plupart des grands pays démocratiques ont dû, au cours des dernières années, compléter leur législation, dans le sens de la prévention du terrorisme. Ce faisant, ils se conformaient aux recommandations des organisations internationales, notamment les Nations unies et l’Union africaine. C’est ce que nous-mêmes avons jugé bon de faire. »

    • Togo : une commission de réflexion sur la démocratie

    Le débat sur les réformes constitutionnelles bat son plein au Togo. Il s’agit pour l’opposition d’exiger et d’obtenir la limitation des mandats à deux mandats consécutifs et d’organiser les élections à deux tours de scrutin. Après le rejet du projet sur ces réformes en juin par la majorité présidentielle, une autre proposition de loi est sur la table des députés.

    S’adressant aux Togolais pour les habituels vœux du nouvel an, Faure Gnassingbé propose -quelle que soit l’issue du débat- une commission de réflexion composée de personnalités de tous horizons pour réfléchir et proposer dans un bref délai, une réforme en profondeur sur l’ancrage de la démocratie togolaise.

    « Il me parait fondamental de dépasser les contingences immédiate pour ouvrir un vaste champ de réformes politiques en profondeur dans le but de consolider notre ancrage démocratique et le processus de réconciliation nationale, a déclaré Faure Gnassingbé. A cet effet et conformément à la huitième recommandation du rapport de la commission Vérité, justice et réconciliation, qui souligne la nécessité de régler la question des réformes institutionnelles, une commission de réflexion sur les réformes politiques sera mise en place. »

    RFI