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  • Le corps des femmes est un champ de bataille

    Le corps des femmes est un champ de bataille

    denis-mukwege500 000 femmes ont été violées en RDC depuis le début du conflit, un pays où le viol est devenu une arme de destruction massive. «Le corps des femmes est un champ de bataille» explique le  «Docteur Miracle», comme le surnomme les victimes de mutilations sexuelles qu’il soigne en RDC.

    «Le viol est commis pour terroriser des communautés entières. Les malades que nous soignons ont toutes la même histoire. Après avoir été violées, elles subissent des tortures atroces qui portent sur les organes génitaux, avec des ou du plastique chaud. Le mot «viol» est donc trop faible pour qualifier ces actes qui se font en public devant les enfants, le mari ou le voisin», explique Denis Mukwege, lauréat du prix Sakharov la semaine dernière, au micro de France Inter jeudi.

    «Cette guerre a pris pour territoire le corps de la femme, avec volonté de détruire ses organes génitaux et à travers eux sa communauté. C’est une stratégie qui prend de l’ampleur dans les autres conflits à travers le monde» analyse le gynécologue interrogé au Parlement Européen. «La plus jeune victime que j’ai soignée avait six mois.» dit-il encore.

    La seconde guerre du Congo a démarré en 1998 sur les séquelles du génocide rwandais. Elle implique neuf pays africains et prend fin le 30 mai 2003. En réalité, le conflit prend une autre forme pour le contrôle du minerai Coltan, nourri par la surpopulation et la fragilité de l’Etat congolais. Il  s’appelle désormais la guerre du Kivu. Depuis 1998, ces deux guerres ont fait six millions de morts.

    La Parisienne

  • Reddition du chef rebelle Cobra Matata (officiel)

    Reddition du chef rebelle Cobra Matata (officiel)

    cobra_bon_0-Le chef rebelle congolais Cobra Matata s’est rendu vendredi soir aux autorités congolaises à Bunia, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, où il a semé la désolation pendant des années pour le contrôle notamment de ressources naturelles, a-t-on appris de source officielle.

    “Il s’est rendu hier soir (vendredi) vers 22h30 heures locales (20h30 GMT). Il s’est rendu avec trois autres officiers de son état-major. Lui est général, les trois autres sont colonels”, a déclaré à l’AFP Monulphe Bosso, conseiller en communication du gouverneur de la province Orientale, Jean Bamanisa.

    Ces membres déserteurs des Forces armées de la RDC (FARDC) “sont venus en tenue de l’armée, avec les bérets verts, mais sans les galons”, a-t-il précisé, ajoutant que, jeudi, “c’est tout l’état-major qui l’avait précédé (…). Le chef d’état-major est arrivé accompagné de cinq officiers”.

    Cobra Matata, chef des Forces révolutionnaires patriotiques de l’Ituri (FRPI), et ses trois colonels se trouvent dans une résidence du gouverneur à Bunia, chef-lieu du district de l’Ituri, qui jouxte l’Ouganda, selon le conseiller, lui-même dans cette résidence. Les six autres hommes sont dans une autre demeure.

    Interrogé sur le nombre d’armes ramenées par les ex-miliciens, le conseiller a précisé que tous “sont venus bredouilles”. Il a souligné que 418 miliciens étaient encore attendus dans le processus de reddition, et qu’ils seraient accompagnés de “394 dépendants” (femmes et enfants).

    Avant de se rendre, Cobra Matata (Banaloki Matata de son vrai nom) avait réitéré ses deux principales requêtes: que les membres de sa milice bénéficient d’une “amnistie générale pour lui et sa troupe” et “qu’on reconnaisse les grades” que ses hommes avaient dans le groupe armé, selon le conseiller.

    Il a indiqué qu’il revenait à la “haute hiérarchie” de “décider” de la suite à donner, laissant penser que Cobra Matata pouvait ne pas avoir reçu d’assurances quant à ses doléances.

    Par le passé, nombre de groupes rebelles ont abandonné la lutte armée après avoir été intégrés aux FARDC, leurs chefs se voyant reconnaître des grades d’officiers supérieurs, voire généraux, mais depuis l’adoption de la loi de réforme de l’armée de 2011, les autorités ont toujours refusé de tels marchandages.

    Le FRPI est l’une des nombreuses milices qui se sont affrontées en Ituri de 1999 à 2007 sur des bases essentiellement ethniques pour le partage des richesses naturelles (au premier rang desquelles l’or) de ce district.

    Plusieurs milliers de combattants FRPI avaient été démobilisés et intégrés à l’armée congolaise de 2004 à 2006, mais le groupe avait commencé à se reformer fin 2007. Cobra Matata a pris le contrôle des FRPI en 2010 après avoir déserté des FARDC. Depuis lors, sa seule revendication véritablement claire est celle de sa réintégration dans l’armée comme général.

    Le 10 novembre, le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende, avait annoncé que Cobra Matata s’était “rendu (à l’armée) avec un grand nombre de ses combattants” le 5 novembre. La Mission de l’ONU en RDC (Monusco) avait par la suite expliqué qu’il négociait encore les termes de sa reddition.

    “Cobra a répondu à l’appel du chef de l’Etat (Joseph Kabila) en novembre l’année passée” qui, en déplacement dans la province, lui avait “lancé un appel de se remettre aux forces loyalistes”, a estimé le conseiller. “Une année après, il a entendu et est revenu à de bons sentiments.”

    AFP
  • Cour constitutionnelle : Joseph Kabila nomme Procureur et Avocats généraux

    Cour constitutionnelle : Joseph Kabila nomme Procureur et Avocats généraux

    Cour Supreme de Justice
    Cour Supreme de Justice

    -Au terme de la dernière ordonnance, MM. Mokola Pikpa et Songul Fumwash sont nommés premiers avocats généraux près la Cour constitutionnelle alors que Mmes Mobele Bomana Jeanne et Banza Sengalenge Delphine ainsi que M. Kalambayi Tshikuku Mukishi sont nommés avocats généraux près la Cour constitutionnelle.

    Au moment où l’Opposition exige encore le dialogue politique et attend de pied ferme le débat autour de la révision constitutionnelle, le Raïs continue à planter le décor de prochaines élections attendues en RDC.

    C’est le sens qu’il faut donner aux deux dernières ordonnances présidentielles publiées hier soir à l’ouverture du journal télévisé de la Radiotélévision nationale congolaise (RTNC).

    M. Minga Nyamakweng Emmanuel a été nommé en qualité de procureur près la Cour constitutionnelle. Tandis que la seconde porte nomination de deux premiers avocats généraux et trois avocats généraux.

    Au terme de la dernière ordonnance, MM. Mokola Pikpa et Songul Fumwash sont nommés premiers avocats généraux près la Cour constitutionnelle alors que Mmes Mobele Bomana Jeanne et Banza Sengalenge Delphine ainsi que M. Kalambayi Tshikuku Mukishi sont nommés avocats généraux près la Cour constitutionnelle.

    Ces nominations étalent le staff de cette Cour qui constitue le juge électoral. Il s’agit donc d’un signal fort en prévision de prochaines élections que Joseph Kabila lance en direction de l’opinion tant nationale qu’internationale.

    Digitalcongo

  • États-Unis : Obama accorde une régularisation provisoire à cinq millions de sans-papiers

    États-Unis : Obama accorde une régularisation provisoire à cinq millions de sans-papiers

    obama-Il avait promis de prendre l’initiative face à l’inaction du Congrès : Barack Obama a offert jeudi soir une régularisation provisoire à quelque cinq millions de clandestins, sur un total de 11 millions vivant aux Etats-Unis sous la menace d’une expulsion.

    “Une amnistie de masse serait injuste. Des expulsions de masse seraient à la fois impossibles et contraires à notre caractère”, a expliqué le président américain lors d’une brève allocution solennelle depuis la Maison Blanche, promettant un système “plus juste et plus équitable”. Vent debout contre des décisions présidentielles qu’ils jugent anticonstitutionnelles, ses adversaires républicains ont immédiatement promis de les combattre, au Congrès ou en justice.

    “Ce n’est pas comme cela que notre démocratie fonctionne”, a tonné John Boehner, président de la Chambre des représentants. “Le président a dit qu’il n’était ni un roi, ni un empereur, mais il se comporte comme s’il en était un”. “Je n’ai qu’une réponse : votez une loi!”, a lancé le président Obama à ses détracteurs, assurant que ses décisions reposaient sur de solides bases légales et qu’elles s’inscrivaient dans la lignée de celles prises par tous ses prédécesseurs, républicains comme démocrates, depuis un demi-siècle.

    A partir du printemps prochain, tout clandestin vivant depuis plus de cinq ans aux Etats-Unis, et ayant un enfant américain ou titulaire d’un statut de résident permanent, pourra demander un permis de travail de trois ans. “Ce n’est ni une garantie de citoyenneté, ni un droit à rester ici de manière permanente”, a cependant souligné M. Obama. L’exécutif américain a par ailleurs annoncé un assouplissement des conditions d’accès au programme Daca (“Deferred Action for Childhood Arrival”), lancé en 2012, qui offre des permis de séjour aux mineurs arrivés sur le territoire américain avant l’âge de 16 ans. Quelque 600.000 personnes en ont déjà bénéficié à ce jour.

    “Si vous remplissez les critères, vous pouvez sortir de l’ombre et vous mettre en accord avec la loi. Si vous êtes un criminel, vous serez expulsé. Si vous avez l’intention d’entrer illégalement aux Etats-Unis, vos chances d’être attrapé et renvoyé viennent juste d’augmenter”, a résumé M. Obama.

    “Un pas dans la bonne direction”

    Depuis les régularisations massives de 1986, sous Ronald Reagan, toutes les tentatives de réforme du système d’immigration ont échoué. Début 2013, après la rédaction d’un projet de loi au Sénat par des ténors des deux partis, un compromis semblait possible. Mais la perspective d’un accord au Congrès s’est vite éloignée et les discussions sont dans l’impasse depuis.

    “Merci au président d’avoir, face à l’inaction, choisi l’action sur l’immigration”, a réagi Hillary Clinton sur Twitter. “Et maintenant, travaillons à une réforme bipartisane”, a ajouté l’ex-secrétaire d’Etat qui pourrait bientôt se lancer dans la course à la Maison Blanche pour succéder à Barack Obama en 2017. L’association DREAM Action Coalition a elle salué “un pas dans la bonne direction”, tout en appelant à faire plus. “Quel sera l’avenir des millions d’immigrants sans papiers qui ne remplissent pas les critères?”, a-t-elle demandé, regrettant que le président ne soit pas allé “aussi loin qu’il le pouvait légalement”.

    Le sénateur démocrate Luis Gutiérrez a loué le “courage” du président sur ce dossier politiquement sensible, tout en jugeant que ces mesures ne sauraient se substituer au vote par le Congrès d’une réforme en profondeur. Le secrétaire général de l’Organisation des Etats américains (OEA), le Chilien José Miguel Insulza, a salué “le courage du président américain qui a décidé d’avancer vers un objectif juste qui ne mérite pas d’être repoussé d’avantage”.

    “Nous sommes et serons toujours une nation d’immigrants”

    La tempête politique que cette annonce a déclenchée augure mal des relations entre le Congrès et la Maison Blanche dans les mois à venir. La donne politique vient en effet de changer à Washington, après la large victoire des républicains lors des législatives de mi-mandat du 4 novembre. Pour le sénateur du Kentucky Mitch McConnell, qui deviendra en janvier l’homme fort du Sénat, la démarche de M. Obama revient purement et simplement à “rejeter la voix des électeurs”.

    Désormais majoritaires à la Chambre des représentants comme au Sénat, les républicains ne peuvent bloquer un décret présidentiel, mais ils disposent de nombreuses armes pour rendre les deux dernières années d’Obama à la Maison Blanche difficiles. Certains élus, tel le sénateur texan Ted Cruz, farouche opposant de M. Obama et candidat possible à sa succession, plaident ainsi pour une trêve des confirmations d’ambassadeurs, juges et responsables de l’administration nommés par le président américain, freinant ainsi le travail de l’exécutif. Mais ce proche du Tea Party est loin de faire l’unanimité. Et à l’approche des primaires en vue de la présidentielle de 2016, le débat s’annonce animé au sein d’un parti qui aimerait séduire une partie de l’électorat hispanique, qui a voté à plus de 70% pour Barack Obama.

    “Nous sommes et serons toujours une nation d’immigrants”, a conclu M. Obama, qui se rendra vendredi à Las Vegas (Nevada, ouest) pour expliquer sa démarche. Selon un sondage NBC/Wall Street Journal, 48% des Américains la désapprouvent, contre 38% qui y sont favorables.

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  • Ebola: la veuve de Mandela critique la réaction tardive et insuffisante de l’Afrique

    Ebola: la veuve de Mandela critique la réaction tardive et insuffisante de l’Afrique

    Gracia-Graça Machel, la veuve de l’ancien président sud-africain Nelson Mandela, a sévèrement critiqué vendredi la réaction trop tardive et insuffisante des dirigeants africains à l’épidémie d’Ebola, appelant à plus de sérieux sous peine de continuer à être méprisés.

    “Il est temps que l’Afrique accorde sa vraie valeur à la vie humaine, en d’autres termes à la vie de chaque Africain. (. . . ). Hier c’était le sida, aujourd’hui c’est Ebola, demain ce sera quelque chose d’autre. On ne peut pas rester dans l’impréparation”, a-t-elle lancé. “On ne peut se trouver dans la situation où les institutions prennent tellement de temps pour penser à monter une réunion. ”

    “Ebola expose quelque chose d?embarrassant, laissez-moi l’appeler une crise d’identité et de dignité”, et “expose l’extrême faiblesse de nos institutions: nationales, régionales et continentales”, a poursuivi Mme Machel, invitée d’un débat par le cabinet d’audit KPMG à Johannesburg.

    “On est en 2014, à l’heure de l’éveil de l’Afrique. On nous dit qu’il y a des milliardaires sur le continent, des classes moyennes en expansion. (. . . ) Comment se fait-il qu’on mette tant de temps à se réveiller, à réaliser premièrement que c’est notre problème, et deuxièmement que nous avons des capacités sur le continent africain pour contenir le virus? (. . . ) Les 5. 000 morts, ce sont seulement des statistiques? Quid des familles? Des enfants orphelins?”, a-t-elle demandé.

    “C’est probablement quand nous nous prendrons au sérieux que les autres le feront. Sinon, nous continuerons d’être des marionnettes aux mains de tous, d’être stigmatisés, ou pire, méprisés”, a martelé Mme Machel.

    Très critique à l’encontre de l’Union africaine (UA) – “Je continue a dire que c’est trop tard et pas assez” -, elle a néanmoins salué les efforts de Nkosazana Dlamini-Zuma, la présidente sud-africaine de la Commission de l’UA.

    Avec elle, “ça bouge”, a-t-elle dit. “Est-ce efficace? Non, ça ne l’est pas, mais ce n’est pas de la faute de Nkosazana mais de nos chefs d’Etat qui ne prennent pas l’Union africaine au sérieux”.

    12 pays sur les 54 Etats membres de l’UA sont à jour de leur contribution annuelle, selon Mme Machel.
    Jeuneafrique

  • Après la chute de Compaoré, Kabila peut-il faire réviser la Constitution de RDC ?

    Après la chute de Compaoré, Kabila peut-il faire réviser la Constitution de RDC ?

    kabila constitution-On le sait : la chute de Blaise Compaoré a été énormément suivie et commentée dans les pays africains. En RDC notamment, où l’hypothèse d’une révision constitutionnelle en vue d’une réélection de Joseph Kabila en 2016 agite les esprits.

    La chute de Blaise Compaoré au Burkina Faso semble avoir refroidi à Kinshasa les partisans d’une révision constitutionnelle susceptible de permettre au président Joseph Kabila de rester en poste après 2016. Pour plusieurs diplomates et analystes, l’option désormais privilégiée pour permettre à M. Kabila d’effectuer un troisième mandat consiste à retarder au maximum l’échéance de la présidentielle censée avoir lieu en novembre 2016.

    “La chute de Blaise Compaoré a changé les choses ici, cela a été un vrai coup de tonnerre, un vrai signal d’alerte pour le pouvoir”, dit un diplomate en poste à Kinshasa. “Kabila et ses acolytes ont dû suivre cela de près et non sans inquiétude. La censure de ces événements ou leur minimisation dans le discours public sont assez révélateurs”, commente un analyste congolais sous le couvert de l’anonymat.

     

    Cela a été un vrai coup de tonnerre, un vrai signal d’alerte pour le pouvoir, dit un diplomate en poste à Kinshasa.

    André Atundu, ancien ambassadeur et responsable de la communication pour la Majorité présidentielle, doute que les Congolais suivent “aveuglément ce qui s’est passé au Burkina”, mais concède : “La leçon c’est que la classe politique doit faire attention au pouvoir que le peuple lui a donné, car le peuple peut le lui reprendre.”

     

    Arrivé au pouvoir en 2001, Joseph Kabila a été élu en 2006 à l’occasion des premières élections démocratiques du pays, puis en 2011 lors d’un scrutin contesté par l’opposition et la communauté internationale. La Constitution lui interdit donc de briguer un nouveau mandat en 2016.

    S’il n’a jamais révélé publiquement ses intentions, des membres de la majorité et du gouvernement ont plaidé ouvertement pour un changement de Constitution dont il serait bénéficiaire. Difficile de croire que ces déclarations se seraient faites sans son accord.

    Le scénario battait déjà de l’aile

    Au cours de la session en cours, le Parlement doit étudier des projets de révision constitutionnelle présentés par l’exécutif pour modifier le mode de scrutin des prochaines élections provinciales. Mais l’opposition soupçonne que l’examen de ces textes sera le moment choisi par la majorité pour toucher plus largement à la loi fondamentale.

    Mais les événements au Burkina ont conduit, “au moins provisoirement, à mettre sous le boisseau le projet de révision constitutionnelle”, note le diplomate. Selon des sources parlementaires, les élus devraient à la place se pencher sur une proposition de loi électorale, déposée par un député indépendant.

    Pour Fidel Bafilemba, chercheur de l’ONG américaine Enough Project, le scénario d’une modification constitutionnelle avait déjà “perdu de l’élan” avant la révolte burkinabè, à cause des pressions de la communauté internationale et de l’Église catholique, et des mises en garde de plusieurs responsables politiques influents, certains membres de la majorité.

     

    “Seule l’armée” serait en mesure de déstabiliser le régime

    Pour retarder la présidentielle, plusieurs scénarios sont jugés possibles : l’organisation préalable d’un recensement administratif, qui devrait prendre au minimum 18 mois, ou la tenue en premier d’élections locales (prévues en théorie pour 2015).

    Plusieurs analystes et hommes politiques estiment qu’une telle consultation risque d’attiser les antagonismes locaux, en particulier dans l’est, et d’aviver une violence susceptible de servir de prétexte pour bloquer le processus électoral.

    L’ONU, l’Union africaine, l’Union européenne et les États-Unis tentent d’éviter un report des élections. Néanmoins, indique-t-on de source diplomatique, certains pays pourraient s’en accommoder, si et seulement si cela permettait de “faire de bonnes élections”.

    Pour plusieurs diplomates, la forte augmentation des budgets alloués à l’armée, à la police et aux autres services de sécurité inscrite dans le projet de loi de finances pour 2015, comme les récentes nominations à la tête de l’armée, pourraient être le signe que le pouvoir se prépare à une épreuve de force.

    Le récent déboulonnage d’une statue du président Kabila par une foule en colère dans l’est serait-il le signe avant-coureur d’émeutes populaires susceptibles d’emporter le pouvoir ? Beaucoup en doutent. Les habitants de Kinshasa rappellent volontiers qu’on tire facilement à balles réelles sur les manifestants, et les morts des violences pré et postélectorales de 2011 sont encore bien présentes dans les mémoires. Pour un haut fonctionnaire de l’ONU à New-York, “seule l’armée” serait en mesure de déstabiliser le régime.

    (Avec AFP)

     

  • le HCR dénonce la poursuite des violences au Katang

    le HCR dénonce la poursuite des violences au Katang

    katanga-En RDC, Le Haut commissariat aux réfugiés tire la sonnette d’alarme. En trois mois, dans le Katanga, plus de 71 000 personnes ont été forcées de fuir leur foyer à cause des attaques des Maï-Maï Bakata Katanga.

    Pour le seul mois d’octobre, le Haut commissariat aux réfugiés (HCR) a relevé près de 1800 incidents sécuritaires. Tous sont situés dans une zone de plusieurs centaines de kilomètres carrés entre les villes de Manono, Mitwaba, et Pweto, dans le sud-est du pays. Le fameux triangle de la mort, riche en minerais : une zone où des attaques de milices armées font rage depuis des années.

    Des cas de destruction de maison, de torture, de travail forcé ou encore de recrutement armé ont été signalés par centaines, selon le HCR. Des chiffres qui pourrait être beaucoup plus élevés, tant la région est peu couverte par les humanitaires, affirme encore l’agence onusienne.

    Violences sexuelles

    Particulièrement visées, les femmes, victimes de violences sexuelles « n’ont souvent pas accès aux centres de santé », s’insurge Céline Schmitt, porte-parole du HCR en RDC. « Cette année, notre partenaire sur place […] a enregistré plus de 1500 cas de violences sexuelles, poursuit-elle, mais malheureusement, toutes les femmes n’ont pas accès aux structures de santé, parce qu’elles n’arrivent pas à se déplacer, et les acteurs sur place manquent de moyens pour organiser des cliniques mobiles. »

    Résultat, le HCR appelle les humanitaires, mais aussi l’Etat congolais à renforcer sa présence dans les zones touchées par le conflit. Un conflit qui oppose principalement les communautés Luba et Twa.

    Enfin l’agence onusienne demande aux casques bleus de l’ONU de renforcer leur déploiement au Katanga, afin de mieux protéger la population civile. « Ce qui est préoccupant, regrette Cécile Schmitt, c’est que les personnes déplacées ont très peu d’assistance, il y a un problème d’accès aux personnes, mais aussi de financement. Le nord du Katanga n’est pas une priorité », regrette-t-elle. En deux ans, le nombre de Congolais qui ont dû fuir leur maison au Katanga a atteint 600 000 personnes.

    RFI

  • HRW accuse la police de 51 exécutions sommaires

    HRW accuse la police de 51 exécutions sommaires

    Le calvaire d'un combattant de l'UDPS par un policier
    Le calvaire d’un combattant de l’UDPS par un policier

    -Un rapport de l’ONG Human Rights Watch accuse la police congolaise d’avoir tué 51 jeunes hommes de façon sommaire et d’en avoir fait disparaître 33 autres lors d’une opération coup de poing contre la délinquance menée à Kinshasa de novembre 2013 à février 2014. La publication d’un rapport très critique des Nations unies sur cette même opération Likofi, paru il y a un mois, a valu au représentant du Bureau des Nations unies pour les droits de l’homme en RDC, Scott Campbell, d’être expulsé.

    Dans ce nouveau rapport très documenté intitulé « Opération Likofi : Meurtres et disparitions forcées aux mains de la police à Kinshasa », l’organisation de défense des droits de l’homme HRW accuse la police congolaise d’avoir tué 51 jeunes hommes de façon sommaire et d’en avoir fait disparaitre 33 autres. Elle demande la suspension du commandant de cette opération dans l’attente d’une enquête.

    Le rapport a un air de déjà-vu : comme l’ONU il y a un mois, HRW décrit l’intervention de policiers de nuit, en uniforme, souvent cagoulés, et sans mandat d’arrêt. Des policiers qui interpellent des bandits présumés – en réalité, des jeunes non armés qu’ils font sortir de chez eux avant de les exécuter devant leurs maisons, dans les marchés où ils dorment, ou encore dans des terrains vagues isolés.

    Climat d’angoisse

    51 personnes auraient été tuées de cette façon, selon l’organisation de protection des droits de l’homme, et 33 sont toujours portées disparues. Un mode opératoire criminel qui devrait être sanctionné, affirme HRW, qui appelle à ce que le commandant de l’opération Likofi (« coup de poing », en lingala), le général Célestin Kanyama, soit suspendu en attendant l’ouverture d’une enquête.

    « Lutter contre la criminalité en commettant des crimes ne renforce pas l’État de droit, mais ne fait qu’aggraver un climat d’angoisse », explique Daniel Bekele, directeur de la division Afrique à Human Rights Watch, avant d’ajouter : « Les autorités congolaises devraient enquêter sur les meurtres, en commençant par le rôle du commandant en charge de l’opération, et traduire les responsables en justice. »

    Enfants des rues

    Plus grave : après avoir interrogé 107 personnes (des témoins, des familles de victimes ou policiers qui ont participé à l’opération coup de poing), HRW a établi qu’un grand nombre des personnes tuées n’avaient rien à voir avec les délinquants recherchés. Il s’agissait plutôt d’enfants des rues ou de jeunes accusés à tort par leurs voisins.

    Enfin, l’organisation dénonce les menaces visant les familles qui ont voulu savoir ce qui était arrivé à leurs proches, ou visant des journalistes congolais qui ont mené l’enquête sur cette opération policière. Le rapport cite également l’exemple d’un magistrat militaire souhaitant ouvrir une enquête judiciaire sur un colonel de la police qui aurait abattu un délinquant présumé, et a reçu des instructions orales de la part d’un responsable du gouvernement lui demandant de ne pas donner suite à l’affaire.

    Officiers de haut rang

    « Les éléments de preuve recueillis impliquent des officiers congolais de haut rang dans les meurtres et les disparitions, ainsi que dans les dissimulations qui ont suivi », indique Daniel Bekele. Selon HRW, aucun policier n’a été arrêté ou condamné à ce jour pour des meurtres ou des enlèvements. Seuls des cas d’extorsion d’argent et autres délits mineurs ont été sanctionnés.

     


    Dans un premier temps, par erreur, une photo du général Vital Awachango à Goma avait illustré cet article. Le général Vital Awachango est le commissaire provincial du Nord-Kivu et n’a pas dirigé l’opération Likofi à Kinshasa. Nous présentons nos excuses pour la gêne occasionnée.

  • Affaire Ndala, le verdict du procès accueilli avec scepticisme

    Affaire Ndala, le verdict du procès accueilli avec scepticisme

    rdc-En République démocratique du Congo, après un mois et demi de procès, les condamnations des assassins présumés du colonel Mamadou Ndala – cet officier considéré comme l’un des héros de la guerre contre la rébellion du M23 – ont été prononcées lundi. Un officier de l’armée congolaise et quatre dirigeants de la rébellion ougandaise des Forces démocratiques alliées (ADF) ont été condamnés à la peine de mort. La cour opérationnelle militaire du Nord-Kivu a conclu que la mort du colonel Mamadou a été planifiée par des militaires congolais et exécutée par des rebelles ougandais (ADF). Mais l’absence de condamnations de plus haut gradés de l’armée congolaise laisse une partie de l’opinion insatisfaite.

    Sans surprise, le principal suspect dans ce procès a écopé de la peine la plus lourde : la condamnation à mort, qui sera commuée en peine de prison à vie, la RDC observant un moratoire sur la peine capitale. Le lieutenant-colonel Birocho Nzanzu a été notamment reconnu coupable de « trahison » et de « complicité avec un mouvement terroriste. » Il aurait joué l’intermédiaire entre les rebelles ougandais des ADF et l’armée congolaise pour organiser l’embuscade qui a coûté la vie à Mamadou Ndala, figure de la guerre contre le M23 et contre les ADF, tué en janvier dernier.

    L’officier écope également d’une amende de près de trois millions de dollars de dommages et intérêts à payer à la famille du Colonel Mamadou Ndala. Son complice, le lieutenant-colonel Kamulete, a été condamné à une peine moins lourde, de 20 ans de prison, pour avoir coopéré avec la cour. Pour le reste de la vingtaine de prévenus, le juge a reconnu des circonstances atténuantes, faute d’éléments permettant de prouver une implication directe dans l’organisation de l’attaque contre le colonel Ndala.

    Travail partiel

    Jusqu’au bout, trouver des preuves matérielles aura été la principale difficulté de ce procès. Conséquence : le verdict a été accueilli avec scepticisme. Pour la société civile du Nord-Kivu, le travail de la cour militaire pour faire éclater la vérité a été mené de façon partielle. Ce collectif d’associations regrette que le procès n’ait pas pu établir toutes les responsabilités, notamment au sein de l’armée congolaise, au-delà de celles d’un ou deux officiers de bas rang.

    Les avocats du lieutenant-colonel Birocho Nzanzu comptent faire appel de ce verdict devant la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples basée à Addis-Abeba – il n’y a pas de possibilité d’appel en RDC.

    Chef du 42e bataillon commando de l’Unité de réaction rapide congolaise, le colonel Ndala a été tué le 2 janvier par un tir de roquette ayant visé son véhicule dans les environs de Beni peu après avoir quitté cette ville, alors que l’armée se préparait à lancer une opération contre les ADF, installés en RDC depuis 1995. Il a été élevé au grade de général à titre posthume.

    rfi