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  • Bénin : la Cour constitutionnelle met fin au débat sur un éventuel troisième mandat de Boni Yayi

    Bénin : la Cour constitutionnelle met fin au débat sur un éventuel troisième mandat de Boni Yayi

    boni-yayi-Dans une décision rendue le 20 novembre, la Cour constitutionnelle s’est prononcée contre toute révision de la Constitution permettant au président béninois, Thomas Boni Yayi, de briguer un troisième mandat en 2016.
    Voilà qui devrait définitivement mettre fin au débat sur un possible troisième mandat du président béninois Thomas Boni Yayi, lequel a plusieurs fois assuré publiquement de son intention de se retirer à l’occasion de l’élection prévue en mars 2016. Dans une décision rendue le 20 novembre, la Cour constitutionnelle s’est prononcée contre toute révision de la Constitution le permettant. La décision DCC 14-199 stipule notamment que l’article 42 de la Constitution, qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels, n’est pas modifiable.
    >> Lire aussi : Ces chefs d’État africains qui s’accrochent (ou pas) au pouvoir
    La Cour dirigée par le professeur Théodore Holo avait été saisie à la suite de la publication dans deux journaux, La Matinal et La Presse du Jour le 27 août, d’une lettre ouverte d’un citoyen béninois dans lequel ce dernier appelait le chef de l’État à modifier la “Constitution pour que sa candidature à l’élection de 2016 soit conforme (…) et donc recevable”. “Moi, Latifou Daboutou, (…), vous invite au vu de votre bilan inégalé depuis les indépendances à ne pas vous laisser intimider et renoncer à l’appel du peuple béninois qui souhaite vous voir terminer l’œuvre que vous avez entreprise”, écrivait-il.
    Les sages de la Cour ont jugé que Daboutou invitait par ces propos “Boni Yayi à remettre en cause le principe fondamental de l’alternance démocratique gage d’un État de droit en l’incitant à réviser la Constitution afin de pouvoir se représenter pour un troisième mandat à l’élection présidentielle de 2016”.
    Ces derniers ont par conséquent conclu que Latifou Dabatou avait “violé la Constitution”.
    Cette décision a été vivement commentée. “DCC-14-199 du 20 novembre 2014, un progrès pour la démocratie béninoise”, a titré Le Matinal. “La Cour constitutionnelle remet les pendules à l’heure”, juge pour sa part Fraternité.

    Décision de la cour constitutionnelle

    jeuneafrique

  • RDC : que faisaient des tenues de FARDC dans un fourgon de la Monusco à Goma ?

    RDC : que faisaient des tenues de FARDC dans un fourgon de la Monusco à Goma ?

    monusco-3-620x465-Des tenues de l’armée congolaise ont été retrouvées mercredi dans un fourgon de la Monusco à l’aéroport de Goma, selon plusieurs témoins sur place. Une affaire bien embarrassante pour la mission onusienne en RDC…
    Il y a de l’effervescence dans l’air à Goma. La journée du mercredi 26 novembre a été bien agitée dans la capitale du Nord-Kivu, dans l’est de la RDC. Vers 13 heures, une altercation a eu lieu à l’aéroport de la ville entre les services de sécurité congolais et un groupe de pilotes ukrainiens de la Mission de l’ONU pour la stabilisation du Congo (Monusco).
    Que s’est-il passé ? Des sources concordantes affirment que des tenues neuves de la Garde républicaine (GR, la garde présidentielle) ont été retrouvées dans un fourgon de ces agents onusiens. “Un kit complet de 6 paires avec pistolets”, commente Magloire Paluku, responsable de la radio locale Kivu One qui s’est rendu à l’état-major de la 34e région militaire des Forces armées de la RDC (FARDC) où les “suspects” – quelque 11 Ukrainiens et leur complice congolais – ont été conduits après leur interpellation à l’aéroport.
    Très rapidement, les photos de ces militaires ukrainiens soupçonnés de “trafic” de tenues de l’armée congolaise ont été partagées sur les réseaux sociaux, suscitant des commentaires hostiles envers la mission onusienne.

    “Assez bizzare”
    Du côté de la Monusco, le ton se veut plutôt réservé. “Tant qu’on ne détient pas tous les éléments sur cette affaire, nous ne pouvons pas nous avancer sur la question”, indique une source onusienne, rappelant toutefois qu’”il arrive que la Monusco transporte rations ou munitions pour le compte de l’armée congolaise, qui est son partenaire”.
    Une hypothèse que n’exclue pas Lambert Mende. Mais le porte-parole du gouvernement congolais trouve “quand même assez bizarre que des effets militaires d’un corps d’élite de notre armée se retrouve dans un véhicule de la Monusco”. Kinshasa dit donc attendre d’amples explications de la part de la mission onusienne.
    Plus tranchant, Jean-Marie Kassamba, l’un des conseillers du président Kabila, n’attend pas les résultats des enquêtes. Il soutient déjà que la découverte de ces tenues constitue la “preuve de l’existence d’un réseau des maffieux déterminé à discréditer l’armée, en vendant ses uniformes aux miliciens et autres groupes armés qui commettent des exactions contre des civils” dans l’est du pays.

    Pour tenter de tirer l’affaire au clair, le général Santos Cruz, commandant des forces de la Monusco, s’est rendu au quartier général de l’armée congolaise à Goma pour s’entretenir avec le général Emmanuel Lombe, le numéro un des FARDC dans le Nord-Kivu. Des investigations sont en cours et la mission onusienne se dit “prête à collaborer” avec l’armée dans ce sens.
    En attendant, “6 de 11 pilotes ukrainiens de la Monusco ont été mis aux arrêts pour détenue illégale des tenues de l’armée”, indique une source sécuritaire congolaise. Une affaire bien gênante pour une mission de l’ONU, souvent critiquée pour sa passivité, qui s’apprête à célébrer le 30 novembre ses 15 ans d’opération sur le sol congolais…

    Jeuneafrique

  • RDC : le discours de Denis Mukwege, prix Sakharov 2014, devant le Parlement européen

    RDC : le discours de Denis Mukwege, prix Sakharov 2014, devant le Parlement européen

    Denis-mukwege-On le connaît comme le “juste qui répare les femmes”. Mercredi, le docteur Denis Mukwege a reçu le prix Sakharov du Parlement européen, qu’il a dédié au “peuple congolais”. Le chirurgien est honoré pour son action près de Bukavu, en RDC, où il a soigné plus de 40 000 victimes de viols depuis 1996.
    C’est une récompense de plus dans le combat d’une vie, celle du docteur Denis Mukwege, qui dirige depuis 1996 la clinique de Panzi, près de Bukavu, en RDC. Le chirurgien gynécologue congolais a reçu mercredi le prix Sakharov du Parlement européen, à Strasbourg, en l’honneur de son combat dans le Nord-Kivu, où il a soigné, depuis l’ouverture de son centre de soins, plus de 40 000 femmes et petites filles victimes de violences sexuelles dans la région.
    Le corps des femmes est devenu un véritable champ de bataille.
    Une récompense qu’il reçoit “avec humilité”, a-t-il déclaré, en rappelant que le Kivu payait les conséquences d’une guerre “bassement économique”. “La région où je vis est l’une des plus riches de la planète (…) [où] le corps des femmes est devenu un véritable champ de bataille, et le viol est utilisé comme une arme de guerre”, a ainsi dénoncé le chirurgien dans son discours, que Jeune Afrique retranscrit ci-dessous en intégralité.
    >> Lire aussi : “Docteur Denis Mukwege : “Au Kivu, le viol demeure une véritable stratégie de guerre””
    “Mon père priera et moi je soignerai”
    C’est de son père, pasteur, que Denis Mukwege, né à Bukavu en 1955, a hérité sa vocation d’aider son prochain. “Je l’admirais. Quand il partait à la rencontre des malades, quand il prêchait en tant que pasteur, je l’accompagnais car j’aimais le voir en action”, explique le chirurgien dans Panzi, livre sorti en juin 2014.
    Il y raconte notamment ce jour lors duquel son père fut appelé au chevet d’un bébé mourant. Impuissant, le pasteur ne pût qu’offrir ses prières à la famille et à l’enfant tandis que son fils pensait : “Il faut que je sois médecin, ainsi mon père priera et moi je soignerai”. Sa vocation était née. Denis Mukwege avait alors huit ans.
    C’est de son père, pasteur, que Denis Mukwege, né à Bukavu en 1955, a hérité sa vocation.
    Après des études de médecine au Burundi, à Bujumbura, à partir de 1978, un premier poste à l’hôpital de Lemera, en RDC, il débarque en France, à Angers, pour se spécialiser en gynécologie. Il y apprendra une technique révolutionnaire à l’époque, la laparoscopie, modèle de chirurgie peu invasive qui se révélera précieuse, avec l’aide du spécialiste belge Guy-Bernard Cadière, dans le traitement des lésions chez ses patientes de Panzi.

    Denis Mukwege, ©AFP
    Il quitte Angers pour la RDC en 1989. Suivent des années de guerre, les conséquences du génocide au Rwanda, les conséquences au Kivu puis la fondation de sa clinique, avec l’aide d’associations suédoise et britanniques et de l’Union européenne. Quelques habitations en pisé d’abord, avant des locaux en dur. Puis la première victime de viol, en 1999. “Cette femme avait été violé à 500 mètres de l’hôpital”, se souvient-il : “À l’époque, j’ignorais que ce serait le début d’une série de plus de 40 000 victimes.”
    “Notre pays est malade mais, ensemble, (…) nous allons le soigner”
    Ce 26 novembre, au Parlement européen, c’est le représentant de l’”un des principaux défis du siècle à venir : réduire les violences envers les femmes”, qui est honoré par le prix Sakharov. Le témoin d’un Kivu où l’atrocité – il parle dans son discours, par exemple, d’une enfant violée de 18 mois, entre la vie et la mort -, côtoie l’”horreur économique qui nous conduit à la veulerie, au nihilisme sans conscience et finalement à la barbarie”.
    Vous avez décidé d’accroître la visibilité du combat mené par les femmes congolaises depuis plus de 15 ans.
    “C’est avec beaucoup d’humilité et un grand espoir que je reçois aujourd’hui le prestigieux Prix Sakharov pour la liberté de l’esprit”, a déclaré Denis Mukwege à la tribune du Parlement européen mercredi. “Par ce prix, vous avez décidé d’accroître la visibilité du combat mené par les femmes congolaises depuis plus de 15 ans et de reconnaître leur souffrance mais aussi leur dignité et le courage qu’elles incarnent”, explique-t-il encore.
    “Chaque femme violée, je l’identifie à ma femme ; chaque mère violée à ma mère et chaque enfant violé à mes enfants. Comment me taire quand nous savons que ces crimes contre l’humanité sont planifiés avec un mobile bassement économique ?”, s’interroge Denis Mukwege.
    Unissons-nous et marchons avec l’Europe, afin qu’une fois pour toutes, la paix et la justice soient restaurées au Congo.
    “Quel est cet être humain doué de conscience qui se tairait quand on lui emmène un bébé de six mois dont le vagin a été détruit soit par la pénétration brutale, soit par des objets contondants, soit par des produits chimiques ?”, at-il dit devant les députés européens, en réclamant un règlement européen au sujet de l’approvisionnement en minerais.
    S’adressant au “peuple congolais”, Denis Mukwege explique enfin que le prix qu’il a reçu est “le symbole de la liberté de pensée”, “un droit qui nous a été retiré, (…) auquel, suite à la terreur et l’oppression, nous semblons parfois avoir renoncé”.
    Et de conclure : “Aujourd’hui, tout haut, et devant le monde entier, l’Europe nous exprime sa solidarité. Elle veut marcher avec nous dans notre quête pour la restauration d’une vie congolaise digne. Unissons-nous et marchons avec elle, afin qu’une fois pour toutes, la paix et la justice soient restaurées au Congo et que nous puissions aspirer à un futur meilleur. Notre pays est malade mais, ensemble, avec nos amis de par le monde, nous pouvons et nous allons le soigner.”

    Discours du Docteur Denis Mukwege à l’occasion de la remise du Prix Sakharov


    Jeuneafrique.

  • RDC: les défaillances de l’armée lors des massacres à Béni

    RDC: les défaillances de l’armée lors des massacres à Béni

    fardc-Dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), dans la région de Béni, la confusion règne autour des massacres des dernières semaines qui ont fait plus de 200 morts et qui n’ont pas été revendiqués. Parallèlement, un rapport de douze députés du parti au pouvoir et de l’opposition qui se sont rendus sur place fin octobre – et dont RFI a obtenu une copie – jette une lumière nouvelle sur les évènements des dernières semaines et notamment sur les défaillances au sein de l’armée congolaise sur place.

    Pendant cinq jours, les douze députés se sont entretenus avec les autorités et les habitants de Béni. Ils ont aussi rencontré des survivants et des témoins des attaques à Eringeti, Ngadi et Oicha, trois localités où des tueries ont eu lieu courant octobre.

    Première remarque, selon ces députés, le système d’alerte a été un échec. A plusieurs reprises, la population et les services de renseignement ont signalé l’imminence d’une attaque aux forces de l’ordre – après avoir reçu des tracts, par exemple – mais à chaque fois, aucune disposition n’a été prise. A chaque fois également, la police ou l’armée sont intervenues tardivement. Plus grave, le rapport cite plusieurs cas où des personnes, censées coordonner la protection de la population, n’ont pas fait leur travail.

    Ce fut, par exemple, le cas dans la localité de Ngadi, à 7 km du centre de Béni. Un major, prévenu qu’une tuerie était en cours, aurait menacé « de fusiller tout élément de son unité qui oserait intervenir ». Des menaces également proférées contre un colonel qui voulait se rendre sur les lieux de l’incident le lendemain. Cette nuit-là, trente personnes seront tuées.

    Un autre exemple, à Béni, fait état d’un commandant de la police qui aurait fermé les deux numéros verts mis en place par la Mission de l’ONU (Monusco) pour que la population puisse alerter la police en cas d’attaques.

    Les députés réclament une commission d’enquête parlementaire

    Enfin, à Eringeti, l’arrivée des secours pour stopper le massacre en cours, la nuit du 17 octobre, a été largement retardée par une dispute entre deux unités de l’armée présentes sur place.

    Pourquoi ces défaillances ? N’y aurait-il pas une implication de certains éléments de l’armée ou de la police dans ces tueries ? Le rapport des députés ne répond pas à cette question mais réclame une commission d’enquête parlementaire.

    Il relaye aussi la demande de la société civile de Béni, à savoir la mutation des fonctionnaires ou militaires en place depuis longtemps dans cette zone. Le président Joseph Kabila l’avait promis en décembre 2013 et l’a répété fin octobre lors de sa visite. A ce jour, aucune mutation ou changement dans l’armée n’a été annoncé.

    L’armée congolaise a par ailleurs annoncé avoir arrêté trente-quatre hommes armés et dix civils soupçonnés d’être impliqués dans le dernier massacre, le 20 novembre, dans trois localités situées à une dizaine de kilomètres de l’aéroport de Béni et qui a fait une centaine de morts. Vingt-quatre armes auraient également été saisies. Ces éléments sont cruciaux au moment où aucune de ces attaques n’a été revendiquée et au moment où les enquêtes pour identifier ces assaillants sont toujours en cours.

    RFI

  • Neuf camions toujours en feu à la frontière RDC-Zambie

    Neuf camions toujours en feu à la frontière RDC-Zambie

    camion_1-Neuf camions étaient toujours en feu mardi après-midi près de la frontière entre la République démocratique du Congo (RDC) et la Zambie, au lendemain du déclenchement d’un énorme incendie sur un parking douanier, a constaté un journaliste de l’AFP.

    Quatre camions de pompiers se relayaient pour éteindre les flammes qui consumaient encore ces véhicules peu avant 15H00 heures locale (13H00 GMT) sur le parking de la Direction générale des douanes et accises (DGDA) de Kasumbalesa (sud-est), poste-frontière entre la RDC et la Zambie, à environ 90 km au sud de Lubumbashi, deuxième ville du Congo et capitale de la province minière du Katanga.

    Les neuf véhicules en feu contenaient de l’huile de palme et d’autres produits inflammables. Autour des flammes, gisaient une cinquantaine d’autres camions calcinés.

    L’incendie s’était déclaré lundi à une quinzaine de kilomètres de la frontière sur le parking d’un bâtiment de la DGDA, où les routiers doivent s’acquitter d’une taxe avant de rallier Lubumbashi.

    En dépit des flammes sur le parking, l’activité au poste de la DGDA semblait normal mardi après-midi, tout comme le trafic entre la frontière et Lubumbashi.

    Lundi soir, un bilan encore provisoire communiqué par un responsable local faisait état de deux personnes tuées et 10 autres brûlées, dont sept très grièvement, dans ce drame.

    Des centaines de camions transitent chaque jour par Kasumbalesa, seul point de passage officiel pour la sortie du minerai extrait des mines du Katanga et le ravitaillement de Lubumbashi et de sa région en produits, fournitures ou marchandises venus de toute l’Afrique australe.

    AFP
  • RDC: des déplacés de guerre brossent le portrait-robot de leurs agresseurs  mar, 25/11/2014 – 07:

    RDC: des déplacés de guerre brossent le portrait-robot de leurs agresseurs mar, 25/11/2014 – 07:

    mai-mai-con-rafia-De la farine sur le visage, des gris-gris attachés au corps, des flèches et des armes à feux, le goût du sang et du feu: les déplacés qui ont fui les miliciens Bakata-Katanga, dans le sud-est de la République démocratique du Congo, dressent un portrait sombre de leurs agresseurs.

    “On les voyait arriver avec des flèches et des armes”, raconte Kalongo Musonda, 46 ans, dans le camp de Kipeto, dans la province du Katanga. “Ils venaient en chantant”, mime-t-il en tapant sur sa bouche par intermittence, laissant échappant un son aigu.

    “Ils avaient des culottes déchirées et avaient poudré leur visage avec de la farine. Ils avaient des cordes sur le bras où étaient attachées des fétiches”, renchérit Ghislaine Kibombe, une déplacée de 37 ans qui enseigne dans l’école du camp de Kipeto (à cinquante kilomètres au nord-ouest de Pweto), où étudient 150 enfants, dont 62 déplacés.

    Les gris-gris, Kasongo Tshombe n’y croit guère. “Ils portent des gris-gris pour faire semblant: quand la mort a sonné, les médicaments ne sont pas une parade”, explique ce relais communautaire de 49 ans travaillant dans le camp de Mwashi, à une trentaine de kilomètres au nord-ouest de Pweto.

    Les maï-maï Bakata Katanga demandent l’indépendance du Katanga tout en réclamant une meilleure répartition des richesses entre le nord, déshérité, de la province et le sud, poumon économique du pays avec ses grandes mines de cuivre.

    Depuis 2012, ces rebelles sèment la désolation dans le “Triangle de la mort”, vaste territoire dont Pweto est l’un des sommets et où, selon l’ONU, ils multiplient meurtres, viols, pillages et incendies d’habitations ou de villages entiers.

    Ghislaine ne comprend pas comment “un groupe de civils pas lourdement armés” aient pu les “dépouiller de tout” ce qu’ils avaient, et que l’armée – qui n’avait pas de position proche à l’époque – soit venue “en retard, après qu’ils avaient tout détruit”.

    “Nous avons vu des scènes atroces: j’ai vu mon beau-frère abattu et on l’a décapité, comme ça!”, raconte M. Tshombe, encore très choqué.

    – ‘On va vous brûler!’-

    Sur la route de Kakolona, à une quinzaine de kilomètres au nord-est de Pweto, on croise quelques villages avec des ruines de maisons en briques incendiées par les rebelles. A Kakolona même, à côté de restes de maisons, des déplacés rentrés d’exil se sont réinstallés.

    “Entre janvier et octobre, 75 villages et 4.690 maisons ont été incendiés dans le territoire de Pweto. (…) Il y a un groupe qui ne fait que les vols et les extorsions, les autres ne font que les incendies”, déclare Jean-Pierre Ruti Mutembera, un des responsables de l’ONG International Emergency and Development Aid à Pweto.

    “Ils arrivent brusquement. Ils vous disent: +Vous ne voulez pas adhérer à notre mouvement? On va vous brûler!+. Les Bakata ont brûlé les maisons et frappé les hommes, et les enfants aussi. Ils ont brûlé le dispensaire, le poste de santé, les écoles”, raconte Marie-Louise Ngoy, maîtresse de l’école du camp de Mwashi.

    Qui sont ces miliciens? “Ce sont nos frères, nos oncles, nos cousins qui n’ont pas été à l’école et qui sont partis s’enrôler”, estime M. Tshombe, qui a créé une association pour prévenir une telle dérive, alors que de nombreux déplacés ne peuvent payer les deux dollars mensuels de frais de scolarité par enfant.

    A Kakolona, les militaires ont une petite position. Si la situation reste calme, explique le lieutenant, il est possible que la hiérarchie leur demande de partir.

    Cette perspective inquiète les déplacés. “S’ils demandent aux soldats de partir, dit Kadjiba Katombo, les maï-maï sauront qu’il n’y a plus de militaires et ça retombera sur nos têtes…”

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    AFP
  • Il est épinglé au sujet de la RDC

    Il est épinglé au sujet de la RDC

    FORREST-L’organisation de défense des droits humains Amnesty International a accusé lundi un groupe minier belge de s’être rendu complice de centaines d’expulsions forcées dans le sud-est de la République démocratique du Congo (RDC).

    Le Groupe Forrest International minier appartient à l’homme d’affaires belge George Forrest.

    L’ONG affirme disposer de preuves accablantes et irréfutables dont des photos satellitaires.

    Selon Amnesty International, des “centaines” d’expulsions se sont déroulées du 24 au 25 novembre 2009.

    L’organisation basée à Londres indique que des bulldozers d’une filiale du Groupe Forrest International ont rasé plusieurs centaines d’habitations qui appartenaient à des exploitants artisanaux à Kawama, près de Lubumbashi.

    La filiale, Malta David Forrest, accuse Amnesty International d’acharnement et réfute les accusations.

    BBC

  • 3 morts a Lubumbashi dans des affrontements après un match de foot (hôpitaux)

    3 morts a Lubumbashi dans des affrontements après un match de foot (hôpitaux)

    stade_violence-Trois personnes ont été tuées dimanche soir à Lubumbashi, dans le sud-est de la République démocratique du Congo, au sortir d’un match du championnat national de football qui a dégénéré, a-t-on appris lundi de sources hospitalières.

    Un correspondant de l’AFP a pu voir les corps de trois personnes dans deux hôpitaux de la ville.

    Selon des sources médicales, deux d’entre elles ont été tuées par balle et la troisième est morte piétinée par la foule après des affrontements avec la police. Cinq autres personnes ont été blessées.

    Les incidents ont commencé à la fin du match opposant le FC Saint-Eloi Lupopo, équipe de Lubumbashi, deuxième ville de la RDC, au club Sangabalende de Mbuji-Mayi (Centre de la RDC) après que l’arbitre eut refusé un but inscrit par Lupopo, qui aurait permis à l’équipe lushoise d’égaliser.

    Le maire de la ville, Jean-Oscar Sangusa Mutunda, a reconnu que la police avait tiré à balles réelles sur des supporteurs violents, mécontents de la décision de l’arbitre.

    Le parquet de Lubumbashi a ouvert une enquête pour déterminer les responsabilités dans ce drame.

    AFP
  • Burkina: un gouvernement de transition à dominante militaire

    Burkina: un gouvernement de transition à dominante militaire

    ministres-BURKINA-La liste des ministres de transition a été dévoilée ce dimanche soir avec près de deux heures de retard au Burkina Faso. Les échanges entre le président de la transition et son Premier ministre se sont poursuivis jusque tard dans la soirée, hier. Ce gouvernement de transition fait la part belle aux composantes de l’armée. Zida et Kafando, en plus de leurs fonctions actuelles, se sont réservé les principaux ministères.

    Cette annonce a débuté avec une courte prise de parole d’Isaac Zida. Le Premier ministre s’est excusé pour le retard de près de deux heures sans donner plus de précisions. Les deux hommes forts de cette transition ont décidé d’être actifs dans leurs domaines respectifs. Le président Michel Kafando, diplomate de carrière, va occuper et gérer le ministère des Affaires étrangères. Le lieutenant-colonel Zida, Premier ministre, prend aussi en charge la Défense. Une décision prise à travers deux décrets.

    C’est à lui qu’incombera la tâche d’entreprendre des reformes au niveau de l’armée, et surtout au niveau du régiment de sécurité présidentielle. Un régiment créé pour assurer la sécurité de l’ancien président Blaise Compaoré et dont les noms de certains membres avaient été cités dans l’assassinat du journaliste Norbert Zongo.

    Trois autres militaires en plus d’Isaac Zida entrent dans ce gouvernement. Le colonel Auguste Denise Barry, l’un des plus proches collaborateurs du Premier ministre a été nommé ministre de l’Administration territoriale et de la Sécurité, l’équivalent du ministère de l’Intérieur. Un poste qu’il avait déjà occupé en 2011, avant la vague de mutineries qui avaient secoué tout le pays. Il a en charge la mise en place du système de sécurisation du pays face aux nombreux cas d’attaques à mains armée et au grand banditisme.

    David Kabré, qui a négocié la charte de la transition pour l’armée, s’occupera des Sports. Le secteur stratégique des mines et de l’énergie est confié au colonel Boubacar Ba. Longtemps considéré comme un pays agricole, le Burkina Faso se positionne aujourd’hui comme un pays minier. Le pays va disposer, « dès 2015, de dix mines d’or exploitées par des sociétés minières. Du coup, la production passera de 32 à 40 tonnes », avait expliqué l’ancien ministre des Mines et de l’Energie. Des organisations de la société civile avaient lancé une campagne de plaidoyer pour demander « 1 % de l’argent de l’or pour sortir les communautés de la pauvreté ».

    Le ministre de la Communication, le porte-parole de la transition, se nomme Frédéric Nikiema. Augustin Loada, directeur du centre pour la gouvernance démocratique, est une personnalité bien connue des Burkinabè. Il obtient le ministère du Travail. Enfin, la militante Joséphine Ouédraogo, qui était candidate à la présidence, occupera le poste de garde des Sceaux. De nombreux membres de ce gouvernement sont inconnus ou presque. Les Burkinabè découvriront sans doute dans les heures et dans la presse les ministres nommés pour gérer cette transition d’un an. La première séance du nouveau Conseil des ministres se tiendra ce lundi 24 novembre.

    RFI