Tag: afrique

  • «Ils feront l’Afrique en 2016»

    «Ils feront l’Afrique en 2016»

    LISTECliquer sur chaque titre pour en savoir plus:

    Jeune Afrique

  • Les grands rendez-vous électoraux en Afrique en 2016

    Les grands rendez-vous électoraux en Afrique en 2016

    Elections- Un bureau de vote en RDC
    Elections- Un bureau de vote en RDC

    -L’année 2016 s’annonce chargée sur le plan électoral en Afrique. Sortie de crise possible en Centrafrique, troubles sur le calendrier en RDC, succession après les deux mandats constitutionnels du président sortant au Bénin et règne sans fin en Gambie, tour d’horizon des 16 présidentielles à venir.

    Centrafrique : toujours dans l’attente des résultats du premier tour

    Les résultats du premier tour des élections présidentielle et législatives qui s’est tenu le 30 décembre dernier sont toujours en cours de traitement. La mobilisation semble importante pour ce vote dont l’enjeu est immense. De la bonne tenue de ces scrutins dépend la fin d’une crise sans précédent qui a plongé le pays dans trois années de violences. Le dépouillement rencontre quelques difficultés liées à une organisation chaotique. Les premiers résultats très partiels de la présidentielle annoncés samedi 2 janvier donnaient une avance à l’outsider Faustin-Archange Touadéra, ex-Premier ministre de François Bozizé. Lundi 4 janvier, une vingtaine de candidats se sont associés pour dénoncer ce premier tour du scrutin présidentiel et législatif qu’ils ne jugent pas crédible. Ils réclament l’arrêt du processus électoral et une large concertation. Parmi les motifs de contestation, des défaillances logistiques, des problèmes de fraudes et d’irrégularités, disent-ils, qui sont susceptibles de nuire à la représentativité du scrutin. Le second tour a été initialement fixé au 31 janvier.

    Ouganda : Yoweri Museveni bien parti pour rester (18 février)

    Au pouvoir depuis 1986, le président Yoweri Museveni ambitionne de rempiler pour un nouveau mandat de cinq ans. Face à lui, son éternel rival Kizza Besigye, leader du Forum pour le changement démocratique (FDC). Les deux hommes s’opposeront pour la quatrième fois consécutive après les scrutins de 2001, 2006 et 2011. Mais cette fois, un troisième prétendant pourrait venir se mêler au traditionnel bras de fer : l’ancien Premier ministre Amama Mbabazi, passé à l’opposition en 2014. Bien que tous deux soient sur la ligne de départ, Besigye et Mbabazi ont un temps envisagé d’unir leurs forces dans une candidature unique. Le seul moyen d’entretenir le mince espoir de barrer la route à un président sortant qui s’est toujours imposé dès le premier tour. Ils seront au total huit prétendants à la magistrature suprême.

    Niger : Mahamadou Issoufou pas à l’abri de l’alternance ? (21 février)

    Parmi la dizaine de candidats qui ont déposé leur dossier de candidature à la date limite du samedi 2 janvier, on retrouve les quatre personnalités qui dominent la vie politique du Niger depuis des années. Au premier rang desquels, le président sortant Mahamadou Issoufou, bien placé pour conserver son poste face à une opposition minée par les ennuis judiciaires. C’est le cas notamment de l’ancien président du Parlement Hama Amadou, écroué depuis le 14 novembre dernier pour son implication présumée dans une affaire de trafic de bébés. Difficile dans ces conditions de mener sa campagne. Mais l’alternance n’est pas impossible, dans la mesure où elle pourrait bénéficier au chef de file de l’opposition Seïni Oumarou, ainsi qu’à l’ex-chef de l’Etat Mahamane Ousmane. Il s’agira en tout cas d’un scrutin à haut risque après la tentative de coup d’Etat présumée de décembre dernier.

    Bénin : la fin de l’ère Boni Yayi (28 février)

    Changement de tête au Bénin. Elu une première fois en 2006 puis réélu en 2011, le président Thomas Boni Yayi ne peut pas prétendre à un troisième mandat, conformément à la Constitution béninoise. Son Premier ministre depuis juin dernier, Lionel Zinsou, apparaît comme le grand favori pour prendre sa succession. Nouveau venu en politique, ce banquier franco-béninois au profil atypique ne revendique aucune appartenance politique, mais sera bien le candidat du parti au pouvoir. Son plus sérieux adversaire semble être l’homme d’affaires Patrice Talon. C’est la bête noire de l’actuel chef de l’Etat qui l’avait accusé d’empoisonnement en 2012 et de tentative de coup d’Etat l’année suivante. D’autres concurrents tels qu’Abdoulaye Bio Tchané, Pascal Koupaki, Robert Gbian ou encore Léhady Soglo, ne sont pas non plus à classer dans la catégorie des figurants.

     

    Le Béninois Thomas Boni Yayi cèdera sa place en février prochain. © © AFP PHOTO / POOL / MUJAHID SAFODIEN

    Pléthore de candidats aux Comores (21 février)

    Ils seront 25 postulants à prendre part au prochain scrutin présidentiel. En vertu d’un système de présidence tournante entre les îles de l’archipel (Anjouan, Grande-Comore, Mohéli), le président en poste Ikililou Dhoinine ne peut pas se représenter et son successeur sera forcément originaire de la Grande-Comore. Les trois candidats arrivés en tête à l’issue du premier tour participeront au second qui se tiendra le 18 avril. Contrairement à ce qui avait été annoncé par le ministère de l’Intérieur il y a six mois, les Comoriens résidant à l’étranger ne pourront pas voter, « pour des raisons techniques », a justifié le président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) Ahmed Mohamed Djaza.

    Congo-Brazzaville : Denis Sassou-Nguesso s’est préparé le terrain (20 mars)

    D’abord prévue en juillet 2016, la présidentielle a été avancée par le président Denis Sassou-Nguesso au premier trimestre de l’année. En faisant récemment adopter aux forceps une nouvelle Constitution, l’actuel dirigeant, qui a déjà passé plus de trente ans à la tête du pays, a fait sauter tous les verrous (limite d’âge des candidats et du nombre de mandats) l’empêchant de briguer un troisième mandat. Et même s’il n’a pas encore officiellement annoncé sa candidature, son intention de se maintenir au pouvoir est claire aux yeux d’une opposition impuissante, malgré la forte mobilisation contre le projet de réforme constitutionnelle.

    Tchad : la biométrie au secours de l’alternance ? (Fin du premier trimestre)

    L’alternance à la tête du Tchad n’est pas qu’une chimère. L’opposition, notamment incarnée par Saleh Kebzabo, président de l’Union nationale pour la démocratie et le renouveau (UNDR) et Ngarléjy Yorongar, le patron de la Fédération action pour la République (FAR), a placé ses espoirs dans la biométrie, un système censé permettre de lutter contre la fraude électorale. Elle parie également sur l’usure d’Idriss Déby Itno, en place depuis 1990. Un pari loin d’être gagné face à un dirigeant habitué à être réélu dès le premier tour.

    Le président tchadien Idriss Déby devant le palais de l’Elysée à Paris, le 5 octobre 2015. © AFP PHOTO / STEPHANE DE SAKUTIN

    Djibouti : l’opposition menace de boycotter le scrutin (avril)

    Modifiée en 2010, la Constitution permet au président de Djibouti, Ismaïl Omar Guelleh, de se présenter pour un quatrième mandat en avril prochain. Aux manettes depuis 1999, sa reconduction paraît acquise d’avance. D’autant que l’Union pour le salut national (USN), la coalition de sept partis d’opposition, désabusée par l’absence de dialogue avec le pouvoir, menace de boycotter l’élection. La perspective d’un scrutin serein est encore plus illusoire après les violences de décembre dernier qui ont conduit à l’arrestation de plusieurs membres de l’opposition.

    São Tomé et Principe : le Premier ministre Patrice Trovoada n’est pas candidat (juillet)

    Dans une grande interview bilan de son action de 12 mois à la tête du gouvernement, accordée le 29 décembre à la radio et télévision publique du pays, Patrice Trovoada met fin aux spéculations : il ne sera pas candidat à la présidentielle de 2016. Il ne souhaite pas renoncer à ses responsabilités de chef de gouvernement, a-t-il déclaré. « Je ne renoncerai à mes responsabilités que si je trouve quelqu’un, au sein de l’ADI, capable de prendre la relève », confiait-il déjà en février dernier à Jeune Afrique. Le leader de l’Action démocratique indépendante (ADI) avait été chassé du pouvoir en 2012 avant de faire un retour en force lors des législatives de 2014. L’actuel chef de l’Etat Manuel Pinto da Costa (79 ans), premier président après l’indépendance pendant quinze ans de régime de parti unique (1975-1991), est revenu au pouvoir vingt ans après par la voie des urnes en septembre 2011. Il aura la possibilité de se présenter à sa propre succession.

    Gabon : Ali Bongo remet de l’ordre dans sa majorité (août)

    En remaniant son gouvernement en septembre dernier, Ali Bongo s’était constitué une équipe censée lui assurer sa réélection. Mais quelques désertions sont venues gripper la machine à gagner. Notamment celle de Jean de Dieu Moukagni-Iwangou, figure de l’opposition, qui, aussitôt recruté, a fait défection. Le fils d’Omar Bongo devra donc remettre de l’ordre dans sa turbulente majorité s’il veut tuer dans l’œuf les velléités d’alternance d’une opposition menée par l’ancien président de la Commission de l’Union africaine, Jean Ping, et dopée par la crise pétrolière.

    Ali Bongo. © PHOTO/POOL/BART MAAT

    Cap-Vert : la fin de la cohabitation ? (date non déterminée)

    Le président Jorge Carlos Fonseca attendra sans doute les résultats des législatives pour se prononcer sur son intention ou non de briguer un second mandat. Lors de ce premier scrutin, le Parti africain pour l’indépendance du Cap-Vert (PAICV) tentera de conserver la majorité face à la formation du président, le Mouvement pour la démocratie (MPD). Le PAICV tentera ensuite lors de la présidentielle de porter l’actuel Premier ministre José Maria Neves aux responsabilités et ainsi mettre fin à la cohabitation.

    Zambie : retour aux urnes 20 mois après la dernière présidentielle (11 août)

    Il y a bientôt un an, les Zambiens élisaient Edgar Lungu pour achever le mandat de Michael Sata décédé en cours de magistrature. En septembre prochain, les électeurs seront rappelés aux urnes pour désigner leur président ainsi que leurs députés.

    Guinée équatoriale : Teodoro Obiang pas près de bouger

    Ni l’affaire des présumés « biens mal acquis » qui vise notamment son fils, ni les accusations d’assassinats politiques et surtout pas la faible opposition ne semblent en mesure d’empêcher Teodoro Obiang Nguema de conserver les rênes du pouvoir. Un règne sans partage qui dure depuis trente-six ans, un record pour les chefs d’Etat africains en exercice.

    Gambie : une parodie d’élection orchestrée par Yahya Jammeh (1er décembre)

    Le 14 janvier prochain devrait démarrer la mise à jour des listes électorales en vue du scrutin présidentiel de la fin d’année. Une précaution qui paraît superflue, alors qu’il ne fait aucun doute que le fantasque et autocrate président gambien Yahya Jammeh sera reconduit à l’issue de la consultation. A pas encore 50 ans, le dictateur – au pouvoir depuis plus de vingt ans – entamera son cinquième mandat.

    RDC : Joseph Kabila joue-t-il la montre ? (date incertaine)

    L’incertitude règne en République démocratique du Congo alors qu’une dizaine de scrutins, dont la présidentielle, doivent avoir lieu en 2016. Le président Joseph Kabila doit théoriquement céder son poste en décembre prochain et n’a pas le droit de soumettre à nouveau sa candidature après ses deux mandats. Le chef de l’Etat a annoncé la tenue d’un « dialogue national » afin de garantir des « élections apaisées ». Il plaide également pour l’organisation d’un recensement général qui prendrait entre deux et quatre ans. Ses adversaires y voient un « piège », une manœuvre visant à prolonger son règne en retardant les élections.

    Le chef de l’Etat congolais Joseph Kabila ne semble pas prêt à lâcher le pouvoir. © AFP PHOTO / CARL DE SOUZA

    Ghana : un remake de 2012 ? (date non déterminée)

    Sans surprise, le président ghanéen John Dramani Mahama a été désigné en novembre dernier par son parti, le Congrès démocratique national (NDC), pour être candidat à sa succession. En 2012, il l’avait emporté de justesse sur Nana Akufo Addo, patron du Nouveau parti patriotique (NPP), la principale formation d’opposition. C’est un duel similaire qui s’annonce en 2016. Le candidat sortant aura fort à faire pour défendre un bilan plombé par le ralentissement de la croissance économique du pays et l’accroissement de la dette.

    Carte intéractive:

     

    RFI

  • RDC-Burundi (2-2): revivez le live

    RDC-Burundi (2-2): revivez le live

    leopard- joueurs-La RDC a affronté le Burundi dimanche 15 novembre au stade des Martyrs de Kinshasa en match retour du deuxième tour des éliminatoires de la Coupe du monde 2018. A l’aller, les Congolais l’avaient emporté sur le score de trois buts à deux à Bujumbura.

    Fort de cet avantage du match aller, les Congolais se sont qualifiés au prochain tour de ces éliminatoires malgré le score de deux buts partout à Kinshasa.

    Le match s’est joué au stade des Martyrs fermé pendant près de deux ans pour des travaux de réfection.

    Nous vous proposons de revivre les principales actions du match.

    Le 11 de départ de la RDC : Mandanda-Issama-Nsakala-Mongongu-Kimwaki-Mbemba-Nkololo-Maghoma-Mubele-Mbokani-Bolasie

    Le 11 de départ du Burundi : Arthur -Fataki-Karim-Frederic-David-Bigirimana-Cédric-Selemani, Kwizera-Faty-Fiston.

    0’: Coup d’envoi du match.

    2’: La RDC manque d’ouvrir le score. Le portier burundais détoure une frappe au ras de sol dans sa surface de réparation.

    Comme à son habitude, Bolasie est déjà très remuant sur son couloir gauche.

    6’: le portier burundais sort un coup franc tiré par Nkololo à partir de la droite de la surface de réparation burundaise.

    9’: Quelle occasion pour la RDC. Après avoir débordé sur son côté droit, Issama prend tout son temps pour ajuster son centre. Mais c’est un défenseur burundais qui arrive le premier sur le ballon. Il le dégage en corner.

    10’: Dans le corner qui suit, Chancel Mbemba tente une tête piquée qui passe au-dessus de la surface de réparation.

    12’: premier tir cadré du Burundi. Une frappe au loin captée sans difficulté par Mandanda.

    14’: Coup franc pour la RDC après une faute sur Bolasie. Il se charge de le tirer. Son tir ne trouve pas une tête congolaise dans la surface de réparation congolaise.

    16’: But de la RDC. Nkololo reprend un centre venu de la droite après un forcing de Bolasie.

    22’: Les Congolais maîtrisent leur match. Les Burundais tentent par instant de se montrer dangereux mais ce n’est pas encore suffisant pour revenir à la marque. A l’image de ce centre de l’ailier droit burundais qui ne trouve qu’une tête congolaise dans la surface de réparation des Léopards.

    Les Burundais mettent le pied sur le ballon. Ils font circuler sur le terrain.

    28’: Les Burundais égalisent. En fait, c’est un but contre son camp de Mbokani qui envoie dans ses propres buts le ballon après un corner obtenu par le Burundi.

    32’: Le capitaine burundais Selemani tente une frappe des trente mètres. Mandanda capte le ballon. Les Burundais se montrent plus pressants dans le jeu.

    36’: Les Burundais obtiennent un autre corner. Cette fois, Mandanda sort le ballon. Les Congolais  ne dominent plus le jeu comme lors des premières minutes du match.

    40’: Maghoma obtient un bon coup franc à l’entrée de la surface de réparation burundaise.

    44’: Mubele Ndombe passe à deux doigts de redonner l’avantage aux Congolais. Après avoir déposé le défenseur burundais sur le couloir gauche, il s’infiltre dans la surface de réparation. Mais sa frappe rebondit sur la barre transversale.

    45’ : Mi-temps. Les 45 premières minutes ont été équilibrées. Après l’ouverture du score congolais, les Burundais ont égalisé grâce à un but contre son camp de Mbokani.

    45’: reprise de la deuxième mi-temps.

    Si le match se termine sur ce score d’un but partout, la RDC sera qualifiée pour le dernier tour des éliminatoires de la Coupe du monde 2018.

    53’: Lancé au milieu de la défense burundaise, Mbokani ne parvient pas à battre le portier burundais. Il a été gêné au dernier moment par le défenseur central burundais.

    55’: Parti en contre, Nsakala qui tentait de trouver Mbokani à la pointe de l’attaque congolaise est contré au dernier moment. Le corner obtenu par les Congolais est dégagé par la défense burundaise.

    57’: Au terme d’un bon mouvement collectif, Nkololo tente une frappe au ras de sol de l’extérieur de la surface burundaise. Le gardien dégage en corner.

    60’: Le joueur burundais Fati écope du premier carton jaune de la partie après une faute sur Mubele.

    65’: Mbokani et Arthur sont au sol. L’attaquant congolais et le gardien burundais se sont heurtés dans les airs, chacun voulant reprendre un ballon envoyé dans la surface de réparation par Issama. La partie est momentanément arrêtée.

    70’: Kimwaki a failli se faire surprendre dans sa surface de réparation. Il a manqué de reprendre une balle dans les airs. Un attaquant burundais suit et marque. Mais l’arbitre siffle pour une faute sur le défenseur congolais.

    73’: Premier changement côté congolais. Bakambu rentre à la place de Nkololo qui avait ouvert le score. Le joueur de Villarreal était titulaire à l’aller.

    76’: Penalty pour la RDC après une faute sur Bolasie.

    77’: Bolasie convertit le penalty et redonne l’avantage à la RDC.

    85’: Les Burundais continuent de se porter à l’attaque. Ils obtiennent un corner qui est mal tiré. La défense congolaise se dégage.

    88’: Penalty pour le Burundi. Nsakala accroche un attaquant burundais dans la surface de réparation. L’arbitre n’hésite pas pour désigner le point de penalty.

    89’: But du Burundi.

    90’: Il y aura 6 six minutes de temps additionnel.

    90’+6: Coup franc de Kabano. Un défenseur burundais dégage sur sa ligne et prive la RDC d’une victoire.

    90’+6: Fin du match.

  • Un vote peut-il être libre quand le président sortant est candidat?

    Un vote peut-il être libre quand le président sortant est candidat?

    Continent -Afrique
    Continent -Afrique

    -Une élection peut-elle être libre et transparente quand le président sortant est candidat ? Beaucoup de démocrates africains en doutent. C’est pourquoi ils se battent contre le principe du troisième mandat. Alors, à quoi bon être observateur électoral dans ce type de scrutin ? Maurice Enguéléguélé veut croire que c’est encore utile. Ce diplomate français, qui a enseigné longtemps au Cameroun, est aujourd’hui le sous-directeur Afrique de l’International IDEA, l’Institut international pour la démocratie et l’assistance électorale, un organisme intergouvernemental dirigé par l’ancien Premier ministre belge Yves Leterme. Il répond aux questions de Christophe Boisbouvier.

    La lutte de nombreux démocrates africains contre le principe du troisième mandat, est-ce que ce n’est pas le signe que de nombreux Africains n’ont plus confiance dans les processus électoraux classiques parce qu’ils estiment que c’est les fraudeurs qui gagnent ?

    Maurice Enguéléguélé : Je suis d’accord avec vous. Il y a un problème de crédibilité et de sincérité des processus électoraux qui se pose dans plusieurs pays. Et c’est là, justement, le champ, la fenêtre d’opportunité dans lequel International Idea intervient pour renforcer la crédibilité des processus électoraux, pour renforcer la participation citoyenne.

    Alors on pense évidemment au cas du Burkina Faso l’année dernière. Est-ce que ce n’est pas la preuve que tous les efforts que vous faites pour que les élections soient crédibles, ça ne suffit pas à gagner la confiance des populations ?

    Je crois que c’est la preuve que nous devons renforcer notre action pour créer des convergences politiques entre les pouvoirs et les populations dont la voix doit être de plus en plus entendue et dont les capacités à se faire entendre doivent être de plus en plus renforcées.

    Contre le troisième mandat, la rue a gagné l’an dernier à Ouagadougou. Mais contre le troisième mandat, est-ce que la rue n’est pas en train de perdre la partie cette année à Bujumbura et à Brazzaville ?

    Les faits nous font comprendre malheureusement sur ce point que la rue est en train de perdre. Le référendum au Congo-Brazzaville d’il y a quelques jours pose un problème de crédibilité. A Bujumbura, nous connaissons la situation qui persiste depuis plusieurs mois. Je crois que pour autant, nous ne devons pas désespérer. Nous devons continuer à développer une action pour produire des convergences pour arriver à ce que ce troisième mandat-là ne soit plus un problème et que l’alternance politique soit finalement quelque chose de normal.

    Et pourquoi les adversaires du troisième mandat ont-ils réussi l’an dernier au Burkina et sont-ils peut-être en train d’échouer cette année au Congo-Brazzaville et au Burundi ?

    Au Burkina Faso, nous avons eu une mobilisation très forte en faveur du respect des principes constitutionnels posés, qui voulait qu’on ne fasse pas un troisième mandat. Au Congo, il y a eu plutôt une marge d’action, une marge de manœuvre qui a été laissée au pouvoir politique pour organiser le référendum.

    Voulez-vous dire que l’opposition congolaise est moins forte que l’opposition burkinabè ?

    Je crois qu’elle a des capacités de mobilisation qui sont peut-être un peu moins importantes que celles du Burkina Faso.

    Et la société civile, est-elle différente d’un pays à l’autre ?

    Oui, il faut absolument rompre avec le mythe d’une société civile uniforme et unique pour les pays africains. Et nous International Idea, nous en sommes bien conscients, nous qui travaillons au renforcement des capacités de ces sociétés civiles là.

    Vous qui avez longtemps enseigné au Cameroun, voyez-vous une différence entre l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale ?

    Fondamentale ! Je vous dirais qu’en Afrique de l’Ouest, la démocratie est complètement d’actualité. Du reste, les derniers classements internationaux classent la région Cédéao comme la première en matière de progression de gouvernance démocratique, alors que l’Afrique centrale pose beaucoup de problèmes.

    Et le Cameroun ?

    Le Cameroun est l’un des pays pour lesquels il y a des interrogations en effet.

    Est-ce que vous diriez qu’au Cameroun, la dernière élection présidentielle a été crédible ?

    Au Cameroun, nous avons eu beaucoup de problèmes de sincérité et de crédibilité des processus électoraux malgré les nombreux efforts qui sont faits et nous essayons en permanence d’améliorer les processus quand nous y intervenons.

    Alors vous essayez de rendre les scrutins plus transparents d’une fois sur l’autre, en réalité est-ce que ce n’est pas le contraire qui arrive ? Est-ce que les fraudeurs n’utilisent pas des techniques de plus en plus sophistiquées, notamment en amont, lors de la fabrication des fichiers, lors de la distribution des cartes électorales ? Et est-ce que ce n’est pas vous qui perdez du terrain d’une élection à l’autre ?

    Je crois que nous ne perdons pas de terrain parce que nous développons une action qui se déroule tout au long du processus électoral. Nous intervenons en amont, nous intervenons pendant et nous intervenons après le processus électoral. Et nous avons développé des outils de gestion et de prévention des risques qui anticipent, qui essaient d’anticiper au maximum les fraudes ou les techniques de fraudes qui peuvent être mises en place. Ce sont ces outils-là que nous mettons à disposition gratuitement des commissions électorales nationales qui le souhaitent, des organisations de la société civile qui le souhaitent, mais aussi des pouvoirs politiques qui le souhaitent.

    Vous n’avez pas le sentiment que les fraudeurs ont souvent une longueur d’avance sur vous ?

    Les fraudeurs ont toujours une longueur d’avance, mais c’est aussi aux organes de prévention des fraudes d’essayer d’anticiper, d’avoir une action proactive afin de pouvoir contrôler ces fraudeurs-là justement.

    Et cette vague de victoires du président sortant dès le premier tour comme on le voit depuis plusieurs années au Tchad, au Cameroun, et tout récemment en Guinée Conakry. Ce fameux « un coup KO », est-ce que ce n’est pas le signe qu’aujourd’hui les techniques de verrouillage électoral sont de plus en plus sophistiquées, de plus en plus puissantes ?

    Il est clair qu’aujourd’hui, il y a une primo sortante qui est très forte et que les oppositions ont beaucoup moins de moyens que ceux qui sont au pouvoir pour gagner des élections.

    La primo sortante, n’est-ce pas aussi l’Etat qui se met au service du sortant, à savoir les fonctionnaires, les administrateurs locaux, les distributeurs de cartes électorales ?

    C’est l’un des éléments sur lesquels nous travaillons justement, établir une neutralité de l’Etat par rapport aux sortants.

    Et franchement, ça marche ?

    Nous avons des exemples où ça marche, mais effectivement nous avons plus de travail que de réponses satisfaisantes pour l’instant.

    Donnez-moi un exemple où ça marche ?

    Le Cap-Vert, par exemple.

    Oui, mais n’est-ce pas une exception ?

    Non, parce que nous avons d’autres pays où ça marche également. Le Nigeria nous a donné un parfait exemple, malgré toutes les craintes que nous pouvions avoir.

    Alors en effet, il y a eu alternance au Nigeria au début de cette année ? A quoi ça tient ?

    Ça tient à trois éléments, ce que nous appelons un peu « le triangle magique » : une volonté politique de respecter les règles du jeu politique, volonté claire du sortant, des institutions fortes, une commission électorale indépendante forte et enfin une société civile active et vibrante qui a contribué à accompagner le processus politique dans un contexte qui n’est pas donné pour simple au départ.

    Quand vous dites volonté politique, ça veut dire acceptation par le sortant du principe qu’il peut perdre cette élection ?

    Exactement. Vous savez bien qu’il y a eu un accord entre le sortant de l’époque, le président Goodluck Jonathan, et le nouveau président actuel, Muhammadu Buhari, pour respecter les résultats des urnes quels qu’ils soient.

    RFI

  • Coupe du monde 2018: les dates du 2e tour aller en Afrique

    Coupe du monde 2018: les dates du 2e tour aller en Afrique

    Fifa-Le 2e tour des éliminatoires africaines pour la Coupe du monde 2018 se déroule du 9 au 17 novembre 2015. Voici les dates des vingt matches aller, dont Niger-Cameroun, Burundi-RD Congo, Bénin-Burkina Faso, Madagascar-Sénégal et Mauritanie-Tunisie.

    COUPE DU MONDE 2018: 2e TOUR ALLER DES ELIMINATOIRES

    Mercredi 11 novembre

    Soudan – Zambie, à Khartoum
    Mozambique – Gabon, à Maputo

    Jeudi 12 novembre

    Maroc – Guinée équatoriale, à Agadir
    Burundi – RD Congo, à Bujumbura
    Bénin – Burkina Faso, à Cotonou
    Togo – Ouganda, à Lomé
    Namibie – Guinée, à Windhoek

    Vendredi 13 novembre

    Comores – Ghana, à Moroni
    Madagascar – Sénégal, à Antananarivo
    Libye – Rwanda, à Sfax (Tunisie)
    Mauritanie – Tunisie, à Nouakchott
    Liberia – Côte d’Ivoire, à Monrovia
    Kenya – Cap-Vert, à Nairobi
    Angola – Afrique du Sud, à Benguela
    Swaziland – Nigeria, à Lobamba
    Niger – Cameroun, à Niamey

    Samedi 14 novembre

    Botswana – Mali, à Francistown
    Tchad – Egypte, à Ndjamena
    Tanzanie – Algérie, à Dar es Salaam
    Ethiopie – Congo, à Addis Abeba

    (Sources : fédérations et fifa.com)

    NB : les 20 matches retour auront lieu entre le 15 et le 17 novembre. Les vingt équipes qualifiéesseront réparties dans cinq groupes de quatre. A la fin d’un mini-championnat, disputé entre octobre 2016 et novembre 2017, le premier de chaque groupe sera qualifié pour la Coupe du monde 2018 en Russie.

    rfi

  • Une Afrique démocratique, ça presse désormais!

    Une Afrique démocratique, ça presse désormais!

    -En Afrique, l’histoire politique est encore ouverte à la même page depuis des décennies, la page de  l’alternance démocratique. Dans un monde où de nouveaux enjeux émergent pratiquement toutes les semaines, les ratures, les rainures et les ratages rendent toujours illisible l’intention des dirigeants africains d’assumer honnêtement la soif démocratique des populations. Aujourd’hui, il faut être d’une grande naïveté politique pour penser que, parce l’on est à la tête d’un pays africain, l’on peut y détourner et étouffer la liberté, confisquer et suspendre la démocratie selon son seul vouloir, et trop souvent au moyen de la tromperie électorale et de la répression récidiviste. La démocratie a atteint un point de non-retour en Afrique. Et désormais, il faut prendre ce problème de démocratie à bras-le-corps; il y va de la fondation même de véritables Républiques, du respect des institutions et de la réconciliation des citoyens.

    Trop, c’est assez! Il est temps de passer le reste du continent africain à la démocratie et au respect des populations : méthodiquement, un pays à la fois. Et les institutions communautaires africaines autant que les dirigeants politiques doivent le comprendre. Véritablement, l’alternance démocratique est une richesse des peuples africains sur la voie de leur développement durable.

    Il n’est nullement exagéré d’établir, enfin, le constat que l’Afrique francophone est particulièrement victime d’un syndicat de chefs d’État périmés, foncièrement réfractaires à tout enracinement démocratique. Trop souvent, ce regroupement de présidents africains prend appui sur le rejet de l’un des siens pour semer la confusion et se discréditer davantage, en jouant au matamore et au fier-à-bras avec des populations aux mains nues. Comme partout ailleurs à travers le monde, en Afrique aussi, c’est « La politique à l’heure de la défiance » de tous les schémas anciens.

    Lorsque l’on voit la copie du travail de médiation fournie au Burkina Faso et à toute l’Afrique par un Macky Sall pourtant président du Sénégal démocratique, l’on reste dubitatif sur les ressources éthiques dont dispose ce chef d’État porté à la tête de la communauté des quinze pays de l’Afrique de l’ouest, la Cedeao. Macky Sall a du chemin à faire pour sa réhabilitation dans le cénacle de la démocratie en Afrique; tellement il a empiété sur sa propre intégrité ainsi que sur la dignité des Peuples africains.

    Lorsque le président béninois Yayi Boni quant à lui quitte directement Ouagadougou pour Brazzaville rendre compte, aussi bien à Denis Sassou Nguesso qu’au déchu Blaise Compaoré, l’on touche du doigt la réalité du fourvoiement dont sont victimes les peuples africains abandonnés dans les mains machiavéliques, solidairement entrelacées, du syndicat des chefs d’État qui n’ont aucune retenue dans le recours à la force, à la farce et à la pagaille d’État lorsqu’arrive la fin de leur mandat ou simplement quand un membre de leur syndicat est en difficulté.

    Lorsque l’on lit le discours de Denis Sassou Nguesso appelant le Peuple congolais à un référendum constitutionnel démagogique pour justifier sa folle envie de s’éterniser au pouvoir, l’on distingue clairement le « piège sans fin » tendu aux citoyens congolais; aucune allusion n’étant faite au fond du problème qui demeure le désir hargneux de confiscation du pourvoir : « J’ai décidé de donner la parole directement au peuple afin qu’il se prononce sur le projet de loi énonçant les principes fondamentaux de la République, définissant les droits et devoirs des citoyens et fixant les nouvelles formes d’organisation et les nouvelles règles de fonctionnement de l’État ». Pathétique! Nous sommes véritablement loin de ces temps où les politiques étaient des êtres modèles universels, dévoués à la chose publique comme les Nkrumah, Sankara et autre Washington : « C’est passionnant et extraordinaire, cette Révolution américaine, la fondation de la République, la Constitution. Madison, Hamilton, Jefferson, John Adams — quels hommes ! Et quand on voit la situation aujourd’hui — quel déclin » échangeait-on dans des correspondances célèbres [Hannah Arendt, lettre du 16 novembre 1958 à Karl Jaspers].

    Lorsque l’on voit le président togolais Faure Gnassingbé, qui n’a jamais gagné d’élections crédibles à la connaissance de tous ses pairs africains, faire appel à deux chefs d’État pour camoufler et cautionner des résultats électoraux frauduleux, sortis de nulle part, sans que ces chefs d’État, ivoirien et ghanéen, ne s’offusquent par la suite de l’usage qui est faite de leur image et de leur autorité de « facilitateurs de circonstance », l’on comprend qu’aucun sacrifice n’est trop grand pour aider son collègue à s’éterniser au pouvoir, et en attendre certainement le même soutien au retour du balancier.

    Lorsqu’il était véritablement impossible de situer Blaise Compaoré sur la planète terre et de le joindre durant les premiers jours du coup d’État au Burkina Faso dernièrement –une pratique éprouvée qu’affectionnent les dictateurs qui toujours sont absents et restent silencieux lorsque les coups fourrés sont en exécution et leur homme de main criant ne pas les avoir informé de leur forfait-, il est fort aise de constater que tous les artifices ainsi que tous les déguisements sont encore et toujours utilisés par la même camarilla et ses souteneurs pour faire échec à la démocratie en Afrique.

     

    La démocratie? Une question de dignité et d’intégrité.

    Aux portes de la démocratie depuis si longtemps, et y cognant avec insistance depuis un quart de siècle, de nombreuses populations africaines découvrent qu’elles doivent pratiquement défoncer des accès menant à l’alternance politique, intentionnellement verrouillés de l’intérieur par leurs propres dirigeants. Les peuples africains doivent désormais, et systématiquement, lutter contre un puissant syndicat de chefs d’État aux intérêts obscurs, en plus d’être complaisamment soutenus par certaines des organisations internationales devenues des régiments de protection des présidents en exercice.

    C’est pratiquement le cas avec la Cedeao protectrice des chefs d’État en bataille rangée contre le désir démocratique des Peuples de l’Afrique de l’ouest. Une école de formation par excellence où Mohamed Ibn Chambas a fait ses classes, avant de continuer ses forfaitures comme représentant du Secrétaire général de l’ONU en Afrique de l’ouest. Au plan politique, la Cedeao a cessé d’être une référence, et a fini par perdre sa crédibilité pour ne jamais voir aucun des travers électoraux et dictatoriaux visibles à l’œil nu. L’impensable de cette logique de la Cedeao a atteint son paroxysme au Burkina Faso.

    L’étrange situation vécue au Burkina Faso est donc la parfaite illustration de l’imbroglio démocratique africaine. Rien n’a pu faire entendre raison aux putschistes du 17 septembre 2015 dont le meneur Gilbert Diendéré, iconoclaste, tantôt arrogant tantôt repentant, tantôt résistant soldat tantôt pleutre déserteur, a systématiquement soufflé le chaud et le froid selon les jours pairs ou impairs. Gilbert Diendéré, au service ardent de Blaise Compaoré dans sa forfaiture putschiste, est resté dangereusement en attente d’un hypothétique retournement de situation en sa faveur, et au détriment de la soif de démocratie du Peuple du Burkina Faso. En faisant le dilatoire et en accueillant même les présidents du Sénégal et du Bénin, Gilbert Diendéré savait qu’il pouvait compter sur la Cedeao. Seule l’Union Africaine avait alors, et très clairement, pris le pari du peuple burkinabè en identifiant les putschistes comme des gens de terreur, sans foi ni loi, de vrais « terroristes ».

    Partout les Africains recherchent et reconnaissent la démocratie

    Bien heureusement, la voie étroite vers l’État de droit ainsi que les difficultés inhérentes ne rendent pas inaccessible le grand boulevard du droit des Peuples africains à la démocratie et à la dignité. Mise en réserve pendant trop longtemps, c’est réellement en termes de dignité que se pose désormais la question de démocratie dans les pays retardataires, aux citoyens diversement ambitieux, pourtant : Burkina Faso, Burundi, Congo, Togo, etc.

    Le parti pris des Africains pour la démocratie est réel et intense; parfois incompréhensible pour certains analystes complaisants, mais toujours authentiques en engagement. Car, souvent pris au piège des coups d’État, les populations africaines ne se sont jamais laissé tromper dans leur flair aiguisé de la dignité. Partout et en toutes circonstances, elles poursuivent la démocratie, rien que la démocratie partout où elle est maquillée. Au Niger, ces populations africaines avaient applaudi le renversement de Mamadou Tandja le 18 février 2010 par un coup d’État, parce que conformes à la volonté républicaine et démocratique. Le crépitement des armes sert aussi à protéger la démocratie et la dignité des populations.

    Au Burkina Faso par contre, l’imposture du coup de force du 17 septembre 2015 n’a échappé à aucune vigilance démocratique. Le coup d’État de Gilbert Diendéré était anachronique et destiné à rétablir une nomenklatura chassée du pouvoir, et qui continue d’ailleurs à faire des siennes. Et la fausse excuse que soient recalés –pour les seules élections prochaines, certains des partisans les plus acharnés du projet liberticide de changement constitutionnel de Blaise Compaoré en octobre 2014, ne sauraient valablement justifier le coup de force des adeptes du statu quo. Le crépitement des armes ne doit servir qu’à protéger la démocratie et la dignité des populations.

    Les démocrates africains persistent à rejeter le coup d’État du Burkina Faso, comme les populations continuent d’ailleurs à dénoncer la manigance référendaire concoctée et annoncée par Denis Sassou Nguesso le 21 septembre 2015. Dans ce cas également, manifestement, le but recherché est bien de pervertir la renaissance démocratique au Congo comme tente de le faire d’ailleurs Joseph Kabila sur l’autre rive du fleuve Congo. On comprend pourquoi le mot clic « #sassoufit » est devenu si populaire au point de se transformer aussi facilement en mouvement de révolte malgré les contre-attaques du régime Sassou. Ça suffit!

    Malgré tous les soubresauts, il est indéniable que la réserve démocratique dont disposent tous ces Peuples africains en lutte pour leur dignité est encore intacte et même inépuisable jusqu’à la victoire finale. Depuis tout le temps que l’on parle de démocratie et d’alternance en Afrique, en Afrique francophone surtout, c’est véritablement au tour des dirigeants de comprendre la profondeur de ce besoin nécessaire à l’enthousiasme de la réconciliation et du développement. Les Peuples africains ne peuvent pas toujours être des victimes de leurs propres dirigeants. Une Afrique démocratique, ça presse pour passer à autre chose : rendre les uns et les autres, pouvoirs et oppositions, États et institutions, comptables du développement des pays africains.

    Pierre S. Adjété-Québec, Canada

    1er octobre 2015●

  • Burkina : l’appel unanime de la CEDEAO

    Burkina : l’appel unanime de la CEDEAO

    cedeao-Quatre chefs d’Etat africains se rendront mercredi au Burkina Faso pour réinstaller le gouvernement de transition.

    Le sommet des chefs d’état de la Communauté économique des pays d’Afrique de l’ouest (Cédéao) a dépêché les présidents du Nigeria, du Togo, du Sénégal et du Bénin.

    La décision a été prise à l’issue d’une réunion d’urgence de la CEDEAO au Nigeria.

    Les dirigeants ont condamné le coup d’Etat et ont appelé les putschistes à déposer les armes et à se rendre sans condition.

    Le chef de la junte, qui a demandé une amnistie pour les auteurs du coup d’état avait déclaré qu’il attendait la décision du sommet de la Cédéao.

    Selon les observateurs, les dirigeants de la CEDEAO n’ont pas approuvé la demande d’amnistie pour les responsables du coup d’état.

    Dans un communiqué signé des chefs de corps de l’armée nationale publié mardi, les unités “loyalistes” ont affirmé avoir “les moyens” d’attaquer les putschistes du Régiment de sécurité présidentielle (RSP).
    (BBC)

  • Ces entreprises africaines qui veulent conquérir l’Amérique

    Ces entreprises africaines qui veulent conquérir l’Amérique

    Atelier de couture-Alors que l’African Growth Opportunity Act, qui ouvre le marché américain aux pays subsahariens, est prorogé jusqu’en 2025, “Jeune Afrique” dresse le portrait de sept PME qui tentent leur chance outre-Atlantique.

    En mai 2000, lorsque le président Bill Clinton a promulgué l’African Growth Opportunity Act, cette loi dénommée « Agoa » qui donne à des pays subsahariens un accès préférentiel (exemption de droits de douane) au marché américain, son administration avait un objectif : permettre aux pays subsahariens de doper leurs exportations vers les États-Unis et les encourager à développer leurs petites industries.

    Un bilan mitigé

    Le bilan, quinze ans plus tard ? « Il est très positif, de notre point de vue », répond d’emblée Peter Henry Barlerin, le directeur des affaires économiques et régionales au sein du bureau Afrique du Département d’État. « L’Agoa, soutient-il, a permis aux pays éligibles d’améliorer leur croissance économique, de diversifier leurs exportations et de créer environ 300 000 emplois directs depuis son lancement. Ce dispositif est désormais la pierre angulaire du commerce entre les États-Unis et l’Afrique. »

    Les chefs d’entreprise et les analystes interrogés par Jeune Afrique sont moins enthousiastes. Un certain nombre d’entre eux dressent un tableau bien plus contrasté. Et un récent rapport du service de recherche du Congrès américain semble leur donner raison. Seule « une poignée de pays éligibles ont su faire une grande utilisation de ce système préférentiel pour des emplois dans des secteurs économiques qui ont bénéficié d’exemptions fiscales », pointe ce document publié en avril.

    Les échanges États-Unis-Afrique demeurent limités

    Certes, les échanges commerciaux entre les États-Unis et les pays bénéficiaires (ils sont 39 actuellement) ont significativement augmenté au cours des quinze dernières années, mais ils demeurent bien maigres. De près de 30 milliards de dollars (27 milliards d’euros) en 2000, ils ont dépassé les 50 milliards de dollars l’année dernière après avoir atteint un sommet en 2008, avec environ 104 milliards de dollars.

    En tout, l’Afrique subsaharienne ne compte que pour 1,1 % des importations américaines en 2014. Et celles-ci concernent d’abord les hydrocarbures (69 % du total). Si plus de 1 800 produits bénéficient du régime préférentiel de l’Agoa, ce sont les pays exportateurs de pétrole (Nigeria ou Angola) qui en tirent le mieux parti. Plusieurs autres secteurs, notamment l’agro-industrie, en profitent très peu, voire pas du tout.

    « Il est vrai qu’à ses débuts l’Agoa a surtout concerné le pétrole, de très bonne qualité, provenant d’Afrique de l’Ouest (Nigeria, Angola, Tchad, etc.), parce que nous voulions diversifier nos sources d’approvisionnement en énergie et réduire notre dépendance par rapport au Moyen-Orient », concède Peter Henry Barlerin, qui, dans le passé, a travaillé sur le processus de Kimberley (certification des diamants pour éviter les trafics).

    Mais d’après lui, depuis la chute du cours du brut et le développement de nouvelles techniques permettant aux États-Unis d’augmenter leur production de pétrole de schiste, cette tendance s’inverse. Les importations américaines de produits non pétroliers provenant de l’Afrique ont ainsi triplé depuis 2001 pour atteindre 4,4 milliards de dollars en 2014. Les pays producteurs de voitures et de pièces automobiles (Afrique du Sud notamment) ou de prêt-à-porter (Maurice, Kenya ou encore Éthiopie) commencent à monter en puissance.

    Quelle place pour les PME ?

    Sur le terrain, ce sont d’abord les filiales des grands groupes internationaux qui parviennent à tirer le plus grand profit de cette loi. C’est le cas par exemple de BMW et de Mercedes. « Ces deux constructeurs ont implanté des usines en Afrique du Sud, et ils exportent aux États-Unis des véhicules légers », explique Nico Vermeulen, directeur de l’Association sud-africaine des constructeurs automobiles (Naamsa).

    Alors que cette loi, qui devait arriver à échéance fin septembre, a été prorogée jusqu’en 2025, Jeune Afrique dresse le portrait de quelques PME africaines qui essaient de conquérir les États-Unis dans le cadre de l’Agoa (voir les autres articles du dossier).

    (Jeune Afrique)