Tag: Economie

  • La RDC “peut se passer” du FMI, assure Matata Ponyo

    La RDC “peut se passer” du FMI, assure Matata Ponyo

    matataparis-La République démocratique du Congo peut “passer un peu de temps sans” l’assistance du Fonds monétaire international, a déclaré samedi à Kinshasa le Premier ministre, Augustin Matata Ponyo, vantant les résultats économiques de son gouvernement.

    “Le Fonds monétaire peut être considéré comme un médecin de la maladie économique”, a déclaré Augustin Matata lors d’une conférence de presse. “Lorsque vous êtes responsable, vous n’êtes pas malade, et lorsque vous n’êtes pas malade, vous pouvez passer un peu de temps sans votre médecin”, a-t-il ajouté.

    Faute d’avoir obtenu suffisamment d’informations sur une cession de parts dans une entreprise minière appartenant au portefeuille de l’Etat congolais, le FMI avait suspendu en décembre 2012 une ligne de crédit d’environ 560 millions de dollars accordée à la RDC en 2009.

    Augustin Matata répondait à la question d’un journaliste lui demandant où en étaient les négociations entre l’institution de Washington et Kinshasa en vue d’une reprise de ce prêt et si le gouvernement avait réellement besoin de l’assistance du Fonds. “Nous sommes en étroit contact avec le Fonds monétaire international et, le moment venu, lorsque les négociations, ou les concertations, seront bien avancées et que le programme se pointera à l’horizon, on vous le dira”, a déclaré Augustin Matata.

    “Le taux de croissance de la RDC en 2013 est de 8,5%, 3ème meilleure croissance en Afrique. La RDC vise un taux de croissance supérieur a 10% en 2014. Cela nous permet de nous consacrer au social”, a-t-il également dit.

    Jeune Afrique

  • Pétrole : nouvelle opération controversée pour l’Israélien Dan Gertler en RD Congo

    Pétrole : nouvelle opération controversée pour l’Israélien Dan Gertler en RD Congo

    Dan_Gertler_Kabila-L’ONG Global Witness indique que la RD Congo a conclu en 2012 un accord de rachat des droits pétroliers d’une société offshore secrète, Nessergy, pour un montant probablement plus de 300 fois supérieur aux 500 000 dollars payés pour leur acquisition en 2006. Cette opération controversée impliquerait le sulfureux Dan Gertler.

    Mise à jour du 23 janvier 2014 à 20h50CET : dans un communiqué adressé à Jeune Afrique par Fleurette, le groupe contrôlé par Dan Gertler confirme que Nessergy est une de ses entités, que la prime payée en 2006 s’est bien élevée à 500 000 dollars. Fleurette confirme par ailleurs la cession des droits de Nessergy aux sociétés d’Etat congolaise (Cohydro) et angolaise (Sonangol), tout en refusant d’indiquer le montant versé. Nessergy insiste par ailleurs sur la légalité de l’opération.

    Nouvelle opération controversée pour l’homme d’affaires israélien Dan Gertler. Dans un rapport publié le jeudi 23 janvier, l’ONG britannique Global Witness indique que la RD Congo a conclu en 2012 un accord de rachat des droits pétroliers d’une société offshore, Nessergy, pour un montant probablement des centaines de fois supérieur au prix de 500 000 dollars, payé pour leur acquisition en 2006.

    380 fois le prix d’acquisition

    Bien que le contrat de 2012 ne soit pas public – ce qui est contraire aux lois congolaises sur la transparence – Global Witness estime que le prix de rachat a été supérieur à 194 millions de dollars, soit 380 fois le montant déboursé pour leur acquisition en 2006.

    Elle se base pour cela sur un contrat datant de 2008 signé entre des représentants de Nessergy et de H Oil, société établie par Jacques Hachuel – l’un des fondateurs du géant Glencore – qui comptait racheter les droits pétroliers pour ce montant.

    Même si cet accord n’a finalement pas abouti en raison de tensions entre la RD Congo et l’Angola en 2008, ce prix – convenu alors que le cours du pétrole équivalait à la moitié du cours actuel – donne selon l’ONG une bonne indication de la valeur minimale de la vente.

    Immatriculée à Gibraltar

    Immatriculé à Gibraltar, Nessergy est détenu à 75 % par des sociétés immatriculées dans les îles Vierges britanniques, toutes liées à Dan Gertler, homme d’affaires controversé proche du président Joseph Kabila, propriétaire d’importants intérêts miniers et pétroliers dans le pays.

    La liste complète des actionnaires est tenue secrète, l’identité des personnes qui ont effectivement bénéficié de cet accord reste inconnue. Pour autant, selon le porte-parole de Dan Gertler, cité par Global Witness, “aucun politicien, fonctionnaire ou autorité congolais n’a de droits, d’intérêts quels qu’ils soient dans Nessergy.”

    Dans un communiqué adressé par des représentants de Fleurette à Jeune Afrique, le groupe de Dan Gertler confirme la prime de 500 000 dollars versée mais refuse d’indiquer le montant exact des “frais de compensation” perçus quelques années plus tard.

    En vertu de l’accord avec Nessergy signé en 2012, les compagnies pétrolières d’État congolaise et angolaise ont acheté la société et, avec elle, les droits qu’elle détient dans des eaux riches en pétrole que se partagent les deux pays. Cela a ouvert la voie à la création d’une zone pétrolière détenue à parts égales par chaque pays, dans laquelle les grandes compagnies mondiales pourraient se voir attribuer des droits. La Sonangol, compagnie d’État angolaise, a convenu de payer les droits de Nessergy dans un premier temps. Cependant, la RD Congo finira par rembourser la Sonangol à partir des recettes dégagées de la future production du bloc.

    Dans le même communiqué adressé par Fleurette à J.A., Fleurette insiste sur le caractère légal de l’opération : “Le contrat signé par les ministères congolais des Finances et des Hydrocarbures en octobre 2006 a reçu l’ approbation du président, qui est le seul acte qui rend le contrat efficace, en mars 2008”. Fleurette insiste par ailleurs sur le fait que “Nessergy a joué un rôle clé dans la génération d’une valeur potentielle considérable pour le peuple de la RD Congo”, sans donner de détails exacts sur ce rôle.

    L’African progress Panel de Kofi Annan estime que cinq accords impliquant Dan Gertler entre 2010 et 2012 auraient coûté à l’État congolais au moins 1,36 milliards de dollars.

    Jeune Afrique

  • Un budget 2014 pour la RD Congo

    Un budget 2014 pour la RD Congo

    Parlementaires-Alors que le Parlement congolais vient de rendre caduc le projet de loi de finances pour l’exercice 2014 proposé par Premier ministre Augustin Matata Ponyo, le dernier ouvrage de Gaspard-Hubert Lonsi Koko intitulé « Ma vision pour le Congo-Kinshasa et la région des Grands Lacs » propose un contre-projet d’avant-garde et cohérent à l’attention des Congolaises et aux Congolais, dont le budget global s’élève à 7,75 milliards d’euros – soit 10,2 milliards de dollars US. Sachant que plusieurs milliards d’euros sont sans cesse gaspillés à cause de la corruption et du manque de rigueur dans la gestion de la chose publique, pour ce qui est de cette initiative, des précautions ont été prises afin que le budget 2014 puisse correspondre aux dépenses réelles et croître chaque année au profit du développement économique et du bien-être des populations.

    L’intérêt général

    Par rapport à l’exercice 2013, lequel avait accordé 4,62 milliards d’euros aux services de la présidence de la République et du Parlement, il serait plus logique de consacrer globalement 155 millions d’euros au Secrétariat général de la présidence de la République, au Secrétariat général du gouvernement et aux services chargés des relations avec le Parlement – soit 51,7 millions d’euros par an à chacune des trois structures. L’objectif poursuivi consiste avant tout à privilégier l’intérêt général dans tous les secteurs ministériels. En guise d’exemple, le ministère de la Justice, des droits humains et des libertés publiques disposera de 574,275 millions d’euros ; celui de l’Education nationale et de l’enseignement supérieur sera doté d’un budget de 875,750 millions d’euros ; le ministère de l’Agriculture, de la pêche, du développement rural, des PME/PMI aura 631,750 millions d’euros alors que celui de l’Energie, de l’eau, des mines et des hydrocarbures bénéficiera de 540,275 millions d’euros…

    La géostratégie et le progrès social

    Ayant à l’esprit à la fois la situation géostratégique et le contexte géopolitique, conscient du fait que la sécurité de la République Démocratique du Congo dépend en partie de la stabilité de ses voisins, M. Lonsi Koko estime que la diplomatie devra jouer un rôle déterminant. Ainsi un budget de 298,375 millions d’euros sera-t-il attribué au ministère des affaires étrangères. La finalité consistera, bien entendu, à mener à bien des négociations en vue de parvenir sur le plan régional à un pacte de stabilité des systèmes régionaux communs de sécurité et de défense.

    Par ailleurs, un budget important d’un montant de 2,52 milliards d’euros, soit 32,50 % du budget annuel qui est proposé au peuple congolais, sera consacré à la création d’emplois, à l’éducation nationale et à l’enseignement supérieur, ainsi qu’à la défense, la sécurité et la protection civile. Il est impératif de permettre la circulation des biens et des personnes dans l’espace national, facteur indispensable au développement économique et au progrès social.

    8,5 % de taux de croissance en 5 ans

    Tout a été bien pensé en amont pour que la croissance économique, très dégradée en République Démocratique du Congo à cause de l’incohérence des politiques ayant été menées depuis 2001, puisse progresser nettement de 10 % en 2014 à 18,25 % en 2019 – soit une évolution de 8,25 % en 5 ans. Rappelons que, selon les estimations du PIB réalisées à la fin décembre 2012, la croissance économique avait atteint le taux de 7,2 % alors qu’elle sera, au regard de la nouvelle vision pour le Congo-Kinshasa et la région des Grands lacs africains, de 10 % en décembre 2014 – soit une hausse de 2,8 % – et de 11,65 % en 2015, au lieu de 10,5 % que prévoit le gouvernement de l’actuel Premier Ministre Augustin Matata Ponyo, soit une progression de 1,15 %.

    Les enjeux du troisième millénaire

    L’objectif du chiffrage dudit projet de société pend évidemment en compte les moyens dont le gouvernement de la République Démocratique du Congo aura besoin dans la déclinaison de sa politique tant intérieure que régionale. Cela permettra non seulement de vérifier la crédibilité des arguments pragmatiquement avancés dans « Ma vision pour le Congo-Kinshasa et la région des Grands Lacs », mais surtout de constater la rentabilité et l’équilibre financier du programme qui est décliné. Ainsi le peuple congolais réalisera-t-il le sérieux de la future administration qu’on lui propose, laquelle a trait à l’émergence d’un pays à jamais prospère et à la hauteur des enjeux du troisième millénaire.

    Charlotte Mondo

  • Budget pour l’exercice 2014. Matata reçoit le quitus des députés.

    Budget pour l’exercice 2014. Matata reçoit le quitus des députés.

    matata-Budget pour l’exercice 2014. Matata reçoit le quitus des députés. Approuvé par la plénière, le projet de budget 2014 envoyé à l’ECOFIN pour enrichissement
    *Au cours des débats portant sur le projet de loi de finances 2014, il a été constaté que l’Assemblée nationale partage les mêmes préoccupations que le Gouvernement de la République, celles de voir s’améliorer, assez rapidement et de manière significative, les conditions de vie de la population. Raison pour laquelle le projet de budget 2014 a été approuvé par la plénière, avant son envoi à l’ECOFIN pour enrichissement
     
    *Pour le Premier ministre, les défis du développement tels qu’ils ressortent du programme d’action du Gouvernement requièrent que l’on puisse sortir des sentiers battus et innover, pour nous doter des moyens de notre politique. A cet égard, le Gouvernement n’a d’autres choix que de poursuivre et consolider les réformes engagées
     
    C’est le samedi 11 janvier que l’Assemblée nationale a approuvé le projet du budget pour l’exercice 2014, avant de l’envoyer à la Commission économique, financière et contrôle budgétaire pour enrichissement. Dans cette Commission, tous les ministres et mandataires concernés y sont conviés pour rencontrer les préoccupations pertinentes soulevées par les députés nationaux. Pour ce faire, ils ont dix jours pour finaliser le travail, avant d’envoyer la loi financière au Sénat pour une seconde lecture. Ci-dessous, les éléments de réponses du Premier ministre aux questions des députés nationaux :
    Eléments de réponse du Premier ministre aux questions des Honorables Députés sur le projet de loi de finances de l’exercice 2014
     
    Qu’il me soit permis de remercier les Honorables Députés pour les questions adressées au Gouvernement dans le cadre de l’examen du projet de Loi de Finances 2014. Le Gouvernement apprécie autant la qualité des préoccupations soulevées que des propositions formulées par l’Auguste Assemblée.
     
    Dans le souci de rencontrer autant que possible les nombreuses et légitimes préoccupations des Honorables Députés, mon intervention de ce jour portera sur cinq volets. Le premier sera consacré au point de clarification sur certains concepts qui sont souvent revenus au cours des débats. Les quatre autres volets tableront respectivement sur les recettes, les dépenses, le niveau des soldes budgétaires et les questions transversales.
     
    1. EN CE QUI CONCERNE LES ELÉMENTS DE CLARIFICATION
     
    Tout en reconnaissant la pertinence des observations sur la relation entre, d’une part, la croissance économique et les conditions sociales de la population, et d’autre part, la croissance et l’inflation, j’aimerais souligner ce qui suit :
    Nous savons tous que la croissance s’entend comme l’augmentation en termes réels des richesses produites par les résidents nationaux ou étrangers d’un pays au cours d’une année donnée. Et ces richesses qui déterminent le potentiel fiscal sont captées par le Produit Intérieur Brut. Ainsi, quand une économie réalise un taux de croissance de 8% sur une année, cela veut tout simplement dire que le niveau de richesses s’est accru de 8%. Toutefois, il importe de noter que la relation entre la croissance et la transformation des conditions de vie de la population dépend du niveau initial des richesses produites et de la distribution de cette richesse.
     
    En effet, ce n’est pas parce que les économies de l’Afrique Subsaharienne réalisent, au cours de ces vingt dernières années des taux de croissance élevés en termes de production des richesses, que les conditions de vie de leurs populations sont devenues meilleures que celles des économies avancées.
     
    Bien que l’Afrique au Sud du Sahara aligne entre 2005 et 2013 une croissance moyenne annuelle de 5,4% contre 2,4% aux Etats Unis et 0,6% à la Zone EURO, le niveau du Produit intérieur brut de l’Afrique est encore largement en deçà de celui des Etats Unis et de la Zone Euro. Concrètement, avec un PIB par tête d’environ 236 USD en 2012, pour devenir, d’ici à l’an 2020, une économie à revenu intermédiaire dont le PIB minimum par tête sera de 1.035 USD, la RDC doit aligner impérativement et continuellement, à partir de 2014, un taux de croissance moyen d’environ 11% l’an. Et tout est possible, si nous y croyons et travaillons durement en vue de réaliser la Révolution de la modernité prônée par Son Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, à qui je réitère mes hommages les plus déférents.
     
    Sur cette lancée, la RDC deviendra pays émergeant dont le PIB minimum par tête est de 4.086 USD, à l’horizon 2030. En maintenant le même effort de croissance, elle sera dans le groupe des pays développées avec un PIB par tête minimum de 12.616 USD, d’ici 2050.
     
    En ce qui concerne la relation entre la stabilité du cadre macroéconomique et le social, je voudrais souligner le fait que les populations les moins aisées en sont les plus grandes bénéficiaires. En effet, lorsque les prix augmentent ou que la monnaie nationale se déprécie, ce sont ceux qui perçoivent leur revenu en francs congolais, généralement non indexé au coût de la vie, qui en payent le prix le plus fort. Les cordonniers, les enseignants, les fonctionnaires, les mamans maraichères, les étudiants savent que la stabilité macroéconomique est un facteur qui influe positivement et directement sur le niveau de vie des citoyens.
     
    Par ailleurs, cette stabilité macroéconomique obtenue grâce à une gestion budgétaire et monétaire rigoureuses a également permis le financement de la construction et réhabilitation de près de 456 écoles à travers le pays ainsi que le rééquipement de plusieurs centres hospitaliers dans 277 zones de santé. En conséquence, les derniers chiffres de la Banque mondiale sur la pauvreté en RDC indiquent que le niveau de pauvreté a baissé, passant de 71% en 2005 à 63% en 2012, soit une diminution moyenne de 1 point de pourcentage par an.
     
    Le développement est un travail de longue haleine. Mais il faut qu’il commence tel que le Chef de l’Etat l’a entrepris depuis 2001. Le consensus entre tous les grands courants en économie porte sur le fait qu’une croissance forte va de pair avec une inflation faible. Relâcher l’effort de stabilisation macroéconomique visant à obtenir et maintenir des taux d’inflation faibles et stables RDC.
     
    Or la stabilisation est le résultat des politiques macroéconomiques rigoureuses basées sur la bonne gouvernance et la transparence. Après les années perdues de 1990 à 2000, la RDC n’a plus droit à l’erreur. Quatre de nos neuf voisins sont déjà pays à revenu intermédiaire. Trois grâce au pétrole notamment, l’Angola, la République du Congo et le Sud Soudan. Le quatrième grâce au cuivre, la Zambie. Et la RDC a le cuivre, le pétrole, le diamant, l’or, le Coltan, les forêts, mais aussi l’eau douce, etc. !
     
    Pour transformer nos potentialités en richesses, il faut des réformes courageuses qui ont besoin du soutien de tous, et en particulier de l’Assemblée Nationale, du Sénat, de l’Exécutif et du pouvoir judicaire.
     
    Ce sont ces réformes inévitables que le Gouvernement, avec le leadership et l’appui crucial du Président de la République, est entrain de mettre en œuvre : lutter contre la corruption et les rentes de situation dans tous les secteurs, améliorer le climat des affaires, la gouvernance et la transparence. C’est le passage obligé. Il n’y a pas d’autres issues.
     
    2. S’AGISSANT DES RECETTES BUDGETAIRES
     
    Sur le volet « Recettes », les Honorables Députés ont émis de sérieuses inquiétudes sur leur modicité et le manque de réalisme dans l’élaboration de leurs prévisions.
     
    La question de la modicité des recettes courantes est récurrente. Elle fait ressortir une certaine contradiction avec les ambitions affichées dans le Programme d’Actions du Gouvernement, et renferme un certain scepticisme sur le réalisme de l’objectif de faire de la RDC un pays à revenu intermédiaire et un pays émergent dans un horizon acceptable. Aussi, est-il fustigé notamment :
     
     l’insuffisance d’efforts de mobilisation des recettes par les régies financières ;
     l’inefficacité des réformes menées jusque-là ;
     l’immobilisme et l’impunité devant l’ampleur du phénomène de faiblesse des recettes et du pillage des ressources naturelles notamment dans les secteurs minier et des hydrocarbures ;
     l’absence de recours aux financements innovants dans ces mêmes secteurs et celui de l’environnement ;
     les exonérations dont celles à durée indéterminée qui bénéficient aux opérateurs pétroliers ;
     le peu d’attention réservée à la disponibilité des imprimés de valeur, etc.
     
    Les préoccupations ainsi exprimées sont tout à fait légitimes dans la mesure où du niveau des recettes dépend étroitement la capacité de rencontrer les multiples besoins de la Nation en termes notamment de sécurité et de développement économique et social.
     
    S’il est vrai que les différentes péripéties de l’histoire économique et financière de notre pays depuis les années 70 expliquent encore aujourd’hui les difficultés de mise en place des conditions optimales pouvant permettre plus de coudées franches en matière de gestion des finances publiques, particulièrement une mobilisation significative des ressources internes, les défis du développement tels qu’ils ressortent du Programme d’actions du Gouvernement requièrent justement que nous puissions sortir des sentiers battus et innover, pour nous doter des moyens de notre politique.
    A cet égard, le Gouvernement n’a d’autre choix que de poursuivre et consolider les réformes engagées.
     
    Dans ce contexte, il convient de relever, s’agissant d’une des réformes phares qu’est la TVA, que celle-ci visait aussi bien l’accroissement des recettes que l’amélioration de la compétitivité des entreprises qui, de ce fait, devraient augmenter leur capacité de production en vue de l’élargissement de l’assiette fiscale.
     
    Les recettes de la TVA ont atteint 1.087,4 milliards de CDF en 2012, soit 4,2% du PIB. En 2013, elles se situent à 1.429,21 milliards de CDF, soit 7,2% du PIB.
     
    Le coefficient d’efficacité budgétaire de la TVA, qui mesure le montant de recettes de TVA porté par un point de TVA par rapport au PIB, place la RDC avec un indice de 44 au deuxième rang après la République Sud Africaine – notée avec un indice de 45,7- sur un échantillon de 21 pays sub-sahariens.
     
    Quoiqu’il en soit, bien que le rendement de la TVA soit supérieur à celui de l’ICA, conscient que certaines actions doivent être menées pour améliorer davantage le rendement fiscal de cet impôt, des dispositions sont envisagées pour une gestion optimale de celui-ci. Il s’agit essentiellement de :
     
    • l’acquisition d’un logiciel informatique intégré pour la saisie en temps réel des données relatives à la facturation ;
    • le renforcement des dispositifs d’échange des données entre les différents services ;
    • l’intensification des contrôles mixtes entre l’Administration fiscale et douanière ;
    • la maîtrise de toutes les opérations qui sont dans le champ d’application de la TVA.
     
    S’agissant de la lutte contre la fraude et autres facteurs qui impactent négativement sur les recettes, il importe de rappeler que l’organisation des assises sur l’état des lieux de la mobilisation des recettes publiques était une occasion d’interpellation de l’ensemble de notre société sur la nécessité d’une mobilisation plus accrue desdites recettes. Ces assises ont débouché sur plusieurs recommandations touchant la quasi-totalité des secteurs d’activité. S’il est bien de faire les assises, il est encore mieux de faire appliquer ses recommandations. C’est là, notre défi.
     
    En ce qui concerne spécialement les recettes mobilisées par les régies financières, il convient de noter qu’entre 2012 et 2013, l’on a enregistré un taux d’accroissement de l’ordre de 20% des recettes mobilisées. Ce résultat positif découle notamment de l’application de certaines recommandations découlant de cet atelier.
     
    En rapport avec les préoccupations soulevées sur la participation du secteur minier dans les recettes publiques, au regard du taux de croissance dont il est porteur, il y a lieu de noter que, pour assurer une attractivité plus compétitive à notre pays par rapport à d’autres qui convoitent les investissements dans ce secteur, le dispositif fiscal mis en place par la Loi n° 007/2002 du 11 juillet 2002 portant Code minier retient un certain nombre d’avantages qui grèvent les résultats des premières années d’exploitation des entreprises minières, à savoir :
     
     L’application du système d’amortissement exceptionnel dont le taux pour la première année est de 60 % ;
     La constitution de la provision pour reconstitution de gisement minier ;
     La constitution de la provision pour réhabilitation du site ;
     L’amortissement sur deux ans à compter de l’exploitation des dépenses de recherches et de développement ;
     Le report des déficits ordinaires et des amortissements réputés différés en période déficitaire.
     
    Aussi, le Gouvernement s’active-t-il à apporter des innovations majeures à l’occasion de la révision en cours du Code minier. Mais, il entend également encourager la transformation des minerais localement en vue d’une plus grande valeur ajoutée dans le but d’accroître la contribution du secteur au budget de l’Etat.
     
    Par ailleurs, cette contribution sera sans doute réévaluée lorsque les entreprises atteindront une certaine vitesse de croisière dans leurs exploitations et auront résorbé, conformément à la loi, les déficits reportés. A cette fin, nos différents services, l’administration fiscale notamment, devront être dotés de l’expertise appropriée en matière de contrôle. Des conventions fiscales seront également mises à profit en vue de pouvoir bénéficier de la collaboration des administrations fiscales et douanières des Etats partenaires.
     
    Quant au secteur des hydrocarbures, le Gouvernement a entamé, simultanément avec les efforts d’encadrement des ressources générées, une réforme du cadre juridique des hydrocarbures.
     
    En effet, avec l’entrée en vigueur de la Loi portant régime général des hydrocarbures, les préoccupations essentielles exprimées par les Honorables Députés dans ce secteur trouveront certainement des réponses adéquates. Je profite donc de l’occasion pour solliciter l’adoption de ce texte par votre auguste Assemblée, en vue de sa mise en œuvre dès l’exercice 2014.
     
    Néanmoins, la contribution des pétroliers producteurs au budget de l’Etat, en termes de recettes réalisées, a connu une évolution considérable ces dernières années (plus de 10% en 2013). Certes, tenant compte du niveau d’activité escompté, les prévisions 2014 sont inférieures à celles de l’exercice précédent, mais elles demeurent supérieures aux recettes effectives de 2013.
     
    Le Gouvernement s’emploiera aussi à tirer profit des financements innovants dans les deux secteurs précités ainsi que dans celui de l’environnement. Ainsi, dans le domaine de l’évaluation et de la certification des gisements, les réflexions sont en cours, avec le concours des partenaires à même de nous accompagner utilement à cet effet.
     
    Dans le secteur de l’environnement, s’agissant d’abord des retombées des conférences internationales sur le climat ainsi que du mécanisme REDD+ sur les recettes publiques pour l’exercice budgétaire 2014, le Gouvernement a initié un certain nombre de projets, en collaboration avec des Organisations Non Gouvernementales, des Centres de recherche et des sociétés privées.
     
    Lesdits projets donneront lieu notamment à des protocoles d’accord consacrant le partage équitable des bénéfices avec l’Etat, ainsi que la mise à disposition d’une quotité des recettes par tonne de crédit carbone vendue en faveur de la communauté locale concernée.
     
    Concernant les retombées financières, notre pays bénéficie d’un certain nombre d’allocations financières dont il pourra tirer profit particulièrement pour mieux préparer sa stratégie globale touchant l’ensemble des secteurs de la vie nationale, en vue d’un accès plus aisé aux ressources REDD+.
     
    Quant à la privatisation de l’exploitation des aires protégées, elle requiert que des principes soient posés en vue d’en garantir la bonne gouvernance, étant donné que les aires protégées sont à ce jour gérées par un établissement public dénommé Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN). Lesdits principes sont contenus dans le projet de loi sur la conservation de la nature, transmis à votre auguste Assemblée. Ce projet de loi prévoit l’implication du secteur privé dans l’exploitation de ces aires.
     
    Pour ce qui est du Tourisme, notre pays s’est engagé, depuis fin juin 2013, à dynamiser ce secteur, à travers l’adoption d’un « Plan Directeur intégré pour le Développement du tourisme en RDC », lequel dresse un état des lieux, fixe les stratégies, programmes et plans de relance, reprenant les différents axes propices à l’éclosion du tourisme, et ce, en partenariat avec le secteur privé.
     
    Par ailleurs, notre pays a repris, en 2013, la coopération bi et multilatérale avec notamment l’Organisation Mondiale du Tourisme, grâce à l’apurement progressif des arriérés de cotisation et ce, après 20 ans de suspension.
     
    D’une manière générale, une attention soutenue sera portée au renforcement de nos administrations, particulièrement à travers une informatisation intégrée, de manière à mieux appréhender toutes les opérations qui fondent les actes générateurs des recettes administratives et domaniales. Il est donc un fait que les capacités opérationnelles de ces administrations (tant la DGRAD que tous les services d’assiette) doivent être accrues en termes de modernisation et d’informatisation.
     
    En effet, la solution informatique, couplée avec l’utilisation du Web dont l’optimisation est aujourd’hui possible avec la fibre optique et l’énergie solaire, revêt, à notre avis, un caractère incontournable. A l’instar de la bancarisation, le Gouvernement s’emploiera à relever ce défi dans les meilleurs délais.
     
    L’autre préoccupation soulevée en matière de recettes, concerne à l’irréalisme dans l’élaboration des prévisions. Cette situation qui se caractérise par une surestimation des celles-ci, a pour conséquence que le taux d’exécution ne respecte pas les prescrits selon lesquels les prévisions de recettes sont des minima.
    Cette préoccupation interpelle autant le Gouvernement que l’Autorité budgétaire respectivement dans la projection et dans la fixation définitive desdites prévisions.
     
    Dans tous les cas, le Gouvernement s’emploiera à recourir à votre auguste Assemblée, conformément à la Loi sur les Finances publiques, s’il s’avère que des circonstances particulières nécessiteraient une rectification des prévisions budgétaires, pour que, au fur et à mesure, la gestion de nos finances publiques réponde aux exigences de la Loi en la matière dont la progressivité dans la mise en application y est du reste affirmée.
     
    3. EN CE QUI EST DES DEPENSES PUBLIQUES
     
    De nombreuses observations ont été faites au regard du nombre important d’enseignants en attente de paiement dits les « non-payés » ou NP. Il a, en effet, été constaté qu’au fil des années, l’accroissement de la population scolarisable a induit la création de nouvelles salles de classe. Face aux limitations des allocations au secteur de l’EPSP, le recrutement de nouveaux enseignants fut pris en charge par les parents d’élèves pendant plusieurs années.
     
    Ce sont ces compatriotes enseignants qui ont accepté de travailler sans être payés par leur employeur qu’est l’Etat, et qui, aujourd’hui, à la faveur de la décision prise par les Gouvernements successifs depuis 2007, de les payer progressivement selon les budgets disponibles, sont catégorisés « N.P. ».
     
    La politique mise en place par le Gouvernement de la République est la mécanisation progressive des enseignants en fonction des ressources budgétaires annuelles mises à la disposition du secteur de l’EPSP par l’Etat. En décembre 2013, le Trésor Public a payé un effectif de 345.088 enseignants, soit 125.000 nouvelles unités payées en 7 ans. L’EPSP compte encore 212.424 enseignants qui travaillent dans le Système en attente de paiement par le Trésor.
     
    Le Gouvernement, avec l’appui de ses partenaires, s’est engagé à libérer progressivement les ressources nécessaires en vue de liquider le stock des enseignants impayés. Le paiement depuis 2007 de plus de 125.000 nouveaux enseignants est le résultat du respect de cet engagement. Dans le cadre du budget 2014, il est prévu la prise en charge de 33.000 enseignants dont 12.500 sont impactés pour le compte du C2D dans le cadre de la coopération avec la République française.
     
    De l’autre côté, l’une des raisons qui expliquent le faible niveau de notre enseignement est la faiblesse de la formation initiale des enseignants à tous les niveaux : primaire, secondaire, supérieur et dans le secteur non formel. En effet, l’examen du niveau de qualification des enseignants au primaire fait ressortir que les enseignants D4 et D6 représentent environ 93% des effectifs. Et 20% des enseignants ont plus de 50 ans.
     
    Quant à la situation des enseignants au secondaire, seuls 17,4% des enseignants du secondaire public sont qualifiés contre 49% au privé. De même, 63% des enseignants qualifiés sont en milieu urbain. Les femmes ne représentent qu’environ 11% du corps enseignant localisées en majorité en milieu rural. Moins de 10% du corps enseignant sont âgés de plus de 50 ans et la majorité d’entre eux sont en milieu rural.
     
    Pour améliorer la qualité des apprentissages, en ce qui concerne la qualification des enseignants, le Gouvernement a, dans le cadre du Plan Intérimaire de l’Education, construit, réhabilité et équipé des centres de formation. Il a distribué des manuels scolaires aux élèves et révisé quelques programmes d’études. Des nombreuses formations sont organisées pour renforcer les capacités des enseignants en plein emploi.
     
    Le Gouvernement va poursuivre le développement des ressources humaines à travers la réforme de la formation initiale et l’opérationnalisation de la politique de formation continue des enseignants.
     
    Aussi, avec l’appui des partenaires, le Gouvernement va continuer l’implantation des centres des ressources dans les provinces qui en sont dépourvues, notamment le Bas-Congo, le Kasaï Occidental, le Maniema et le Sud-Kivu.
     
    L’encadrement pédagogique de proximité par le développement d’outils, la formation des inspecteurs et des directeurs d’écoles sera renforcé. Plus de 2000 inspecteurs actuellement en formation vont au courant de cette année scolaire être affectés dans les différentes provinces éducationnelles du pays. II sera aussi procédé à la réforme des humanités pédagogiques par l’amélioration de la qualité, la révision des programmes, la professionnalisation de la formation et la révision des critères d’accès.
     
    Aussi, le dialogue et les synergies avec le Ministère de l’Enseignement Supérieur, Universitaire et Recherche Scientifique pour la formation des enseignants du secondaire afin de répondre aux exigences de la formation initiale et continue et aux besoins quantitatifs en enseignants seront renforcés.
     
    Ceci est le prix à payer pour avoir un stock suffisant de capital humain de grande valeur pour garantir l’émergence d’une classe moyenne et du pays au cours des prochaines années.
     
    Plusieurs honorables députés ont dénoncé ce qui leur apparait comme des allocations disproportionnées et inéquitables en matière de rétrocessions aux provinces.
     
    Depuis 2010, le Gouvernement assure la régularité de paiements de la rétrocession en faveur des provinces. Certes, la quotité de la retenue à la source de 40% n’est pas encore effective. Dans la réalité de notre pays, une minorité des provinces contribue à la quasi-totalité des recettes nationales. C’est pourquoi, pour le moment, tenant compte des ressources limitées et des besoins locaux de développement, le Gouvernement adjuge, par le biais du Ministère des Finances, une redistribution des ressources nationales en veillant au principe d’équilibre.
     
    Le secteur routier a une place de choix dans le programme du Gouvernement. C’est pour cette raison que le Gouvernement débourse un montant mensuel de CDF 10 milliards pour la construction et la réhabilitation des infrastructures routières. Et pour faciliter la circulation des personnes et de leurs biens à travers le pays, l’Office des Routes a été largement mis à contribution.
     
    Le projet de réunification routière a été mis en place par le Gouvernement. Ce projet a pour vocation de relier toutes les grandes villes du pays. Ayant lancé les travaux en 2012, un montant total de CDF 42 milliards a été déboursé à ce jour. Les efforts vont se poursuivre au cours de l’année 2014.
     
    En ce qui concerne le paiement de la Dette intérieure, le Gouvernement va matérialiser la volonté exprimée par Son Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat lors de son allocution devant les deux Chambres du Parlement réunies en Congrès en date du 23 octobre 2013 consistant à payer progressivement dès cette année la dette publique intérieure certifiée jusqu’à son apurement au cours des prochains exercices. Il faudra tenir compte des capacités financières réelles du pays. Une Commission est à pied d’œuvre au Ministère des finances.
     
    Avec la discipline de maîtrise de la dépense publique en veillant essentiellement sur la qualité de la dépense, le Gouvernent s’emploiera à ne pas alimenter le stock de la dette intérieure comme ce fut le cas par le passé. Pour ce qui est des dépenses en général, le Gouvernement va tout mettre en œuvre pour accélérer les processus de passation des marchés en respectant les textes légaux et règlementaires en la matière en se conformant aux principes d’économie et d’efficacité qui fondent les marchés publics dans le but de garantir une affectation judicieuse des ressources publiques.
    S’agissant de certaines dépenses dénoncées par certains Honorables Députés, permettez-moi d’évoquer l’aéronef acquis en faveur du Gouvernement. Cet appareil n’est pas réservé à l’usage du Premier Ministre, mais plutôt de tous les Officiels de la République. Je l’ai d’ailleurs le moins utilisé depuis qu’il a été acquis. L’avion a même été acquis selon les exigences de la transparence et le dossier a été approuvé en Conseil des Ministres.
     
    Les bâtiments de la Primature, au regard de leur âge et de leur état nécessitaient une cure de réhabilitation et de rénovation pour les remettre aux standards exigés. Tous les anciens Premiers Ministres que j’ai invités à la Primature après les travaux l’ont reconnu. Ce travail est fait pour l’honneur de la République et n’est pas lié à une mandature.
     
    C’est dans ce même objectif que nous avons levé l’option de réhabiliter la résidence du Premier Ministre située dans la commune de Ngaliema, à la frontière de la concession de Chanimetal. La plupart des bâtiments de l’Etat ayant été spoliés, le Premier Ministre actuel est locataire à la Gombe, dans une résidence appartenant à des privés, qui ne renferme ni confort, ni sécurité liés à la fonction.
     
    4. LES SOLDES BUDGETAIRES
     
    Certains Honorables Députés sont revenus sur la question des sous-comptes ouverts par le Gouvernement pour améliorer le suivi des projets prioritaires de transformation structurelle de notre économie.
     
    Je voudrais d’abord vous rassurer qu’il ne s’agit nullement d’une stratégie visant à camoufler les ressources du Trésor public ou à duper Votre Auguste Assemblée sur la gestion de la chose publique. Ces sous-comptes sont gérés suivant l’esprit des articles 59 à 61 de la Loi n° 11/011 du 13 juillet 2011 relative aux finances publiques.
     
    Pour Votre Gouverne, cette stratégie avait été recommandée notamment par nos principaux partenaires au développement dans le cadre de la gestion des dépenses liées aux ressources PPTE, du Programme National Multisectoriel de Lutte contre le SIDA (PNMLS), du Programme de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (DDR) et de plusieurs autres programmes, et récemment, par la France dans le cadre du Contrat de Désendettement et Développement (C2D).
     
    Les grands projets d’investissement comme la construction de l’Aéroport International de N’Djili, la construction des centres de santé, des hôpitaux, des écoles et j’en passe, que le Gouvernement réalise sous le leadership du Président de la République requièrent l’ouverture des sous comptes spécifiques non pas seulement pour assurer leur finalisation mais aussi pour faciliter le suivi et le contrôle par toutes les institutions de la République, y compris Votre Auguste chambre dans le cadre des contrôles parlementaires.
     
    Il est important de souligner que tous les sous comptes de l’Etat sont agrégés dans la position nette du Gouvernement auprès du système bancaire publiée par la Banque Centrale et soumise à l’appréciation de Votre Auguste Assemblée par le Gouvernement, lors de la présentation du projet de loi portant Reddition des comptes du Gouvernement Central. Il n’y a aucune volonté de cacher quoi que ce soit. On ne peut rien dissimuler sous le soleil et la transparence totale.
     
    Ces précisions ayant été données, il conviendrait donc de noter que les provisions constituées en 2012 et qui ont été à la base des marges de trésorerie enregistrées au cours de cet exercice budgétaire et d’une amélioration substantielle de la Position nette du Gouvernement auprès du système bancaire, sont bien justifiées.
     
    Sans ces marges, il serait difficile d’assurer la paie vers le 15 de chaque mois comme c’est le cas aujourd’hui, de stabiliser le cadre macroéconomique et de faire face à certains déficits conjoncturels survenant en cours d’exécution du budget.
     
    5. DES QUESTIONS TRANSVERSALES
     
    Certaines autres préoccupations légitimes ont été soulevées par les Honorables Députés ayant trait à l’agriculture, au climat des affaires, des réformes des finances publiques et de la politique salariale.
     
    CONCERNANT L’AGRICULTURE
     
    Je voudrais rassurer l’Auguste Assemblée que, pour rencontrer cette préoccupation, votre Gouvernement a entrepris, depuis 2012, la mise en œuvre des politiques de soutien au secteur agricole à travers le financement de la campagne agricole, la relance du domaine agro-industriel présidentiel de la N’Sele et envisage le développement progressif des parcs agro-industriels dans les différentes provinces du pays.
     
    Au niveau de la campagne agricole, les appuis ont porté sur le recrutement des moniteurs agricoles pour accompagner les activités culturales et leur préparation ainsi que sur les interventions dans les provinces à concurrence de CDF 21 milliards. Ces interventions ont été validées par toutes les provinces bénéficiaires et sont affectées à la relance de la production végétale, animale et à l’accès à l’eau potable dans les milieux ruraux.
     
    S’agissant de la relance de la ferme DAIPN, l’année 2013 a marqué la renaissance de cette unité qui avait joué un grand rôle dans l’approvisionnement des marchés en volailles. En vue d’appuyer la relance de DAIPN, le Gouvernement a signé avec un groupe privé, en mai 2013, un contrat d’ingénierie et de construction dudit domaine.
     
    Le premier volet du contrat concerne l’exploitation et la gestion du DAIPN pour 5 ans, et le second volet porte sur l’ingénierie, l’approvisionnement, la construction pour la valorisation, la réhabilitation et le développement du DAIPN pour une durée de 4 ans.
     
    Par ailleurs, depuis le début de l’année 2013, une stratégie visant le développement des parcs agro-industriels a été adoptée par le Gouvernement, afin de répondre aux défis de la modernisation des systèmes de production agricole et de stimuler une croissance économique soutenue, entre autres par le secteur agricole. Cette stratégie repose sur trois axes, à savoir : i) le développement des fermes commerciales ; ii) l’appui aux petits fermiers vivant dans la périphérie des sites sélectionnés et iii) le développement des coopératives agricoles à haute intensité de capital, de technologie ou de main d’œuvre.
     
    S’AGISSANT DU CLIMAT DES AFFAIRES
     
    Le Gouvernement a fourni des efforts pour la mise en œuvre des réformes au niveau des quatre indicateurs Doing Business, à savoir : (i) la création d’entreprise, (ii) l’octroi du crédit à l’économie, (iii) le commerce transfrontalier, et (iv) le paiement des taxes, impôts et autres redevances.
     
    En effet, le Gouvernement a accéléré la mise en place du Guichet unique pour la création d’entreprises sur fonds propres, lequel permet la création des entreprises en trois jours, réduisant ainsi aux entrepreneurs et investisseurs les longs délais et les procédures auxquels ils étaient jadis soumis. En 2013, 1.642 entreprises (sociétés et établissements) ont été créées.
     
    LA REFORME DES FINANCES PUBLIQUES
     
    Dès l’adoption et la promulgation de la loi de finances 2014, le Gouvernement formulera ses instructions relatives à l’exécution de la loi de finances à travers la circulaire y relative.
     
    Il nous faut noter que l’année 2014 connaitra une accélération dans la mise en œuvre du plan d’action stratégique pour la réforme des finances publiques qui vise notamment l’amélioration des modalités d’exécution des dépenses budgétaires et le renforcement du système comptable et de gestion de la trésorerie. En effet, différents textes réglementaires de mise en œuvre de la loi relative aux finances publiques ont déjà été pris :
     
     le Décret portant nouveau Règlement Général sur la Comptabilité Publique consacrant la comptabilité en partie double y compris dans les régies financières ;
     le Décret portant Plan Comptable Général consacrant une nomenclature unique comptable et budgétaire ;
     le Décret portant Règlement d’Administration des Comptables Publics ;
    Par ailleurs, la mise en œuvre efficace de ces instruments nouveaux passera par la création au sein de chaque ministère dépensier des Directions Administratives et Financières (DAF) ainsi que par le renforcement des Directions des Etudes et Planification (DEP).
     
    EN CE QUI CONCERNE LA POLITIQUE SALARIALE
     
    Il y a lieu de noter que l’enveloppe des rémunérations a sensiblement évolué entre 2007 et 2013. Cette évolution s’explique par l’augmentation des effectifs budgétisés qui sont passés de 998.000 à 1.200.000 avec une priorité accordée au secteur de l’enseignement primaire, secondaire et professionnel, mais aussi par l’amélioration des barèmes dans certains secteurs.
     
    Pour l’exercice 2014, il est prévu une certaine amélioration de traitement de base ainsi que la poursuite de la mécanisation de près de 16.000 enseignants au niveau de l’éducation de base.
     
    Pour une bonne maîtrise de la situation salariale dans l’avenir, votre Gouvernement est engagé à mettre en place une politique salariale, outil nécessaire pour la gestion du personnel. La nouvelle Loi relative aux finances publiques permet désormais, lors de l’examen du projet de loi de finances, que le vote unique puisse porter sur :
     
     les plafonds d’autorisations des emplois par le pouvoir central ;
     la création d’emplois nouveaux ;
     et la répartition des emplois autorisés.
     
    Les débats sur l’état des plafonds d’autorisations des emplois rémunérés et la création d’emplois nouveaux seront donc l’occasion pour l’autorité budgétaire de fixer les principes pour la création des emplois et les crédits y relatifs. Ce qui devrait permettre une réelle projection des emplois publics et de la masse salariale, et à terme de résoudre la question récurrente des Nouvelles Unités et des Non-Payés.
     
    Soucieux de parvenir à la rationalisation des salaires et des primes, le Gouvernement a défini un chronogramme d’actions à mener à court et moyen termes avec l’ambition d’améliorer les conditions salariales des fonctionnaires. La première étape consiste en l’unification de différentes bases de données de la paie et l’élaboration d’un fichier unique intégrant le traitement de base, les primes permanentes et non-permanentes et le numéro de compte bancaire de chaque fonctionnaire.
     
    Cette étape permettra de réaliser des simulations et projections pour les différents exercices budgétaires. Elle facilitera ainsi la préparation des règlements d’administration fixant les traitements de base et les primes de différentes catégories professionnelles dans le respect de la proportionnalité prescrite par les statuts.
     
    Ainsi, le Gouvernement s’attèle, dans le cadre de la bancarisation, à créer ce fichier unique de la paie permettant de maîtriser les effectifs et la masse salariale, en vue de rationaliser les rémunérations, de créer la caisse de pension et de rajeunir le personnel.
     
    6. EN CONCLUSION
     
    Au cours des débats portant sur ce projet de loi de finances 2014, j’ai effectivement constaté que l’Auguste Assemblée partage les mêmes préoccupations que Votre Gouvernement, celles de voir s’améliorer, assez rapidement et de manière significative, les conditions de vie de notre population.
     
    Je suis conscient de l’ampleur et de la délicatesse de la tâche pour répondre aux attentes du peuple ; mais, également, je pense que la population apprécie à sa juste valeur les efforts que nous conjuguons pour résoudre ces problèmes. Certains demandent plus de temps, plus d’une année, mais l’espoir, la volonté et la détermination d’aller plus loin animent Votre Gouvernement.
     
    Pour confirmer son engagement en faveur de la gestion axée sur les résultats et sa volonté de rendre compte en toute transparence des résultats obtenus, votre Gouvernement avait procédé en mai 2013, sous le leadership du Président de la République, à l’évaluation et à la publication des résultats de la mise en œuvre de la feuille de route de l’action du Gouvernement.
     
    Pour votre gouverne, la feuille de route de mise en œuvre du Programme d’Actions du Gouvernement faisait suite à l’engagement souscrit, devant votre Auguste Assemblée, de mettre sur pied un dispositif de suivi-évaluation et avait été transmise à votre Institution. Dans le même état d’esprit, le Gouvernement procédera à la prochaine évaluation de son action.
     
    Sur ce, j’espère, qu’ensemble, nous mettrons en place les conditions nécessaires pour la création des richesses nationales. Ainsi, votre Gouvernement ne ménagera aucun effort pour la redistribution équitable du revenu national en vue de l’amélioration de la qualité de vie de notre chère population.
     
    Voilà pourquoi, je sollicite humblement de la plénière la recevabilité et le vote du projet de loi de finances de l’exercice 2014 en vue de doter votre Gouvernement des moyens de son action.
     
    Je vous remercie.
    __._,_.___

    Le Potemtiel

  • Maffia au Katanga: la RDC est loin de quitter le bourbier de la mauvaise gouvernance

    Maffia au Katanga: la RDC est loin de quitter le bourbier de la mauvaise gouvernance

     katumbiTrois milliards de dollars américains de l’état congolais ont été coulés au Katanga par la maffia. Le député Emery Okundji a dénoncé cette situation à la tribune de l’assemblée nationale lors du débat sur la loi portant reddition des comptes 2012.

    Il a déploré que la mission judiciaire d’enquête diligentée par le procureur général de la république ait été rappelée à Kinshasa alors que dans ses investigations, elle avait déjà identifié 741 millions de dollars d’amendes et pénalités que la DGDA devait recouvrer dans onze entreprises pour trois ans. Pourtant, cette régie n’avait projeté de mobiliser pour la même période les recettes de l’ordre de 154.975.533 millions de dollars. ‘‘Même si les statistiques nous présentées sont trompeuses et ne reflètent pas la réalité des recettes entendues, la DGDA sur 3 ans, sur un total de 154.975.533 dollars prévu, ne récolte qu’un chiffre ridicule de 18.139.953 dollars, c’est le taux de réalisation le plus faible que l’on puisse imaginer’’, a indiqué Emery Okundji. Pour élucider cette situation, le procureur général de la république avait dépêché une mission sur place mais vite retournée à Kinshasa sur ordre d’un membre du gouvernement. Des signes de corruption, de concussion et de fraude douanière sont patents à la DGDA-Katanga. Deo Rugwiza, le patron de la DGDA était favorable à cette mission pour éventrer le boa.

     

    Contre toute attente, la commission économico-financière de l’assemblée nationale a demandé dans son rapport sur la reddition des comptes 2012 que seuls les responsables de la DGDA ayant soutenu la mission, soient sanctionnés protégeant presque la ministre de la justice à la base du rappel de la mission, a dénoncé un syndicaliste de la DGDA-Katanga.

     

    Au total, la mission Nyandu du nom de l’avocat général qui a conduit la délégation, n’a pu enquêter que dans 11 entreprises sur les 252 répertoriées. Le député Okundji précise que la mission judiciaire dans son rapport affirme ‘‘en page 9 point 3 qu’il lui restait 252 dossiers à examiner dont le montant en amendes et pénalités était estimé à 2.964.080.060 dollars américains’’. Il a plaidé pour la constitution d’une commission d’enquête parlementaire qui utiliserait l’équipe Nyandu comme expert, pour tirer au clair cette situation.

     

    ‘‘Le rapport Nyandu démontre à suffisance que quand le chef de l’état affirme que notre budget est ridicule parce qu’il y a corruption, coulage des recettes et enrichissement illicite, il ne croit pas si bien dire’’, a déploré le secrétaire général des Fonus. Le constat est malheureux, argumente Okundji, s’interrogeant si pour onze entreprises d’une seule province, trois milliards de dollars peuvent se volatiliser et que dire de l’ensemble de provinces et de toutes les entreprises de la république.

     

    La Rdc pointe à la 154 émè place sur 177 pays au monde dans le dernier classement de Transparency international sur la corruption. Avec de tels scandales, le pays est loin de quitter le bourbier de la mauvaise gouvernance et l’impunité malgré le semblant de rigueur qu’affiche le premier ministre actuel.

     

    == / ==

    Monga fraude la douane pour 41 millions Usd avec la couverture de la ministre Mumba

     

    La rédaction de “CONGONEWS” a réussi à mettre la main sur une partie du rapport sur la fraude douanière au Katanga, remis au Procureur général de la République, Flory Kabange Numbi, sous la signature de l’Avocat général de la République, Simon Nyandu. Cette fraction est circonscrite aux activités de l’agence en douane Trade service d’Eric Monga Mumba, le protégé de la ministre de la Justice et Droits humains, Wivine Mumba.

     

    Remarquez la synonimie entre les deux cousins Mumba qui explique la protection que la ministre apporte à son parent (Lire «CONGONEWS» n°606 du vendredi 8 novembre 2013).

     

    Avant elle, Trade service était placée sous la toute-puissante ombre d’Augustin Katumba Mwanke. Des années durant, l’agence n’a pas payé des droits dus à l’importation de ses clients. La commission Nyandu a plongé dedans et elle a conclu à un montant de 261 millions de dollars -droits éludés et pénalités- que Monga doit à la DGDA pour la période ente 2008-2013. Et dire que Monga est le président en exercice de la FEC-Katanga. Plutôt que d’être un modèle, Monga utilise sa position pour monter les autres opérateurs chaque fois que la DGDA décide de procéder à un recouvrement forcé.

     

    La dernière fois, il a rallié les autres contrevenants à une menace de grève générale pour donner prétexte à Mumba d’arrêter la mission des enquêteurs dépêchés depuis Kinshasa. Monga avait dû faire le déplacement de Kinshasa. D’abord chez le PGR où il avait fait le pied de grue toute une journée. Ensuite chez Mumba qu’il avait pratiquement assiégé avant d’obtenir de celle-ci une lettre dans laquelle la ministre formulait des allusions claires au PGR pour qu’il mette un terme à la commission Nyandu. Ce qui fut fait. Mais c’était sans compter que la commission avait déjà collecté tous les éléments pour établir un rapport une fois de retour à Kinshasa.

     

    Dans ce rapport, Trade service est mis en cause pour plusieurs infractions, du transfert illégal des fonds estimés à plus de 7 millions de dollars à la soustraction des marchandises au paiement des droits et à la vérification jusqu’à la sous-évaluation.

     

    Pour la seule période 2013, la DGDA réclame à Monga et sa maffieuse agence la somme de 41 millions de dollars de droits éludés (Lire fac similé p. 3,4,5). Des documents de même nature pour 2008 à 2012 seront servis aux lecteurs de «CONGONEWS» dans le prochain numéro. Comme sur le transfert illégal des fonds vers l’extérieur.

     

    PAUL MULAND

  • Inga, le projet de méga-centrale hydroélectrique avance à grand pas

    Inga, le projet de méga-centrale hydroélectrique avance à grand pas

       

    Barrage d'IngaLe conseil d’administration de la Banque africaine de développement (BAD) (http://www.afdb.org) a approuvé, ce 20 novembre 2013, un financement de 68 millions de dollars EU, au profit du Projet d’appui au développement du secteur de l’électricité (PASEL) et du site multinational d’Inga. Ce projet favorisera ainsi le développement de la centrale hydroélectrique d’Inga, située sur les rives du fleuve Congo, dont le potentiel hydro-électrique est estimé à 44 000 MW – soit la moitié de la capacité électrique installée sur tout le continent. L’appui financier de la BAD, qui représente 43 % du coût total du projet (169 millions de dollars EU), provient, de la Facilité en faveur des États fragiles (7,7 millions de dollars EU) d’une part, et du Fonds africain de développement (FAD) d’autre part (60,6 millions). Fort de cette approbation, l’appui global de la BAD au projet d’Inga, depuis que lui a été confié le mandat de conduire l’exécution du plan d’action pour les infrastructures du Nepad, totalisera 90 millions de dollars EU.

    PASEL finalisera la préparation de la première phase du projet hydroélectrique Grand Inga – communément appelé “Projet Inga 3” –, qui consiste à développer une capacité de production électrique de 4 800 MW sur le site d’Inga, et à aménager des lignes de transport électrique pour approvisionner tout à la fois la République démocratique du Congo (RDC) et l’Afrique du Sud.

    Plus précisément, le projet encouragera le développement des institutions locales et des compétences nécessaires (des conseillers techniques, juridiques et financiers seront fournis), dans le but d’attirer des capitaux privés pour l’achèvement d’Inga 3, un projet complexe. De plus, le renforcement des capacités permettra aux acteurs locaux de faire le bon choix quant au principal investisseur-développeur dans le cadre d’un partenariat public-privé (PPP). Une amélioration de l’accès à l’électricité est également escomptée dans les zones semi-urbaines de Kinshasa, concernant plus de 25 000 foyers.

    « C’est le projet idéal pour la RDC et la Banque – et qui vient au bon moment, a souligné Alex Rugamba, directeur du Département de l’énergie, de l’environnement et du changement climatique à la BAD. Il est opportun, parce qu’il facilite la mise en œuvre d’Inga 3, dont les coûts d’investissement seraient autrement plus difficiles à mobiliser dans le contexte actuel de la RDC ».

    Le financement de la BAD servira à couvrir les frais de l’assistance technique nécessaire à la finalisation des activités préparatoires du projet Inga 3. Il contribuera également à pallier la pénurie d’électricité que connaissent les régions isolées qui ne sont pas directement couvertes par Inga, mais où la RDC compte développer des systèmes d’alimentation électrique autour de micro ou mini-centrales hydroélectriques. La Banque mettra plusieurs conseillers à la disposition de l’autorité en charge du développement et de la promotion de la centrale électrique d’Inga. Elle conduira plusieurs études sur le projet Inga, qui permettront de gagner réellement du temps dans le calendrier global du projet.

    PASEL s’appuie sur l’expérience de la BAD en matière de soutien au projet hydroélectrique d’Inga qui, jusqu’ici, a donné lieu à : l’élaboration de plans techniques et institutionnels ; une étude de faisabilité qui a défini le schéma de développement du Grand Inga, par étapes successives ; la définition d’une approche novatrice pour le projet, qui garantira la pleine réalisation du potentiel hydroélectrique d’Inga et la promotion de l’intégration continentale.

    Le projet Inga 3 élargira l’accès à une énergie plus fiable et moins chère en RDC, permettant de le faire passer de 9 % actuellement à plus de 40 % en 2020. Une amélioration du climat des affaires et de la productivité des économies des pays bénéficiaires est également attendue.

    La demande actuelle en électricité dans la région est considérable et stable ; ce qui assure un marché à l’énergie produite par la centrale hydroélectrique. De fait, l’Afrique du Sud a d’ores et déjà signé un accord avec la RDC pour importer environ la moitié de l’électricité produite, garantissant ainsi la viabilité financière du projet. Paraphé par les présidents des deux pays en octobre 2013, le traité relatif à l’accord d’achat d’énergie est en attente de ratification par leurs parlements respectifs.

    Distribué par APO (African Press Organization) pour la Banque Africaine de Développement (BAfD).

    Contacts

    Média: Pénélope Pontet de Fouquières, Chargée de communication, T. (+216) 71 10 19 96 / P. (+216) 24 66 36 96 / p.pontetdefouquieres@afdb.org

    Technique : Ibrahima Konate, Ingénieur en chef énergie, i.konate@afdb.org

    Succès Assyongar Masra, Analyste financier senior, s.masra@afdb.org

    Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) (http://www.afdb.org) est la première institution multilatérale de financement dédiée au développement de l’Afrique. Elle comprend trois entités distinctes : la Banque africaine de développement (BAD), le Fonds africain de développement (FAD) et le Fonds spécial du Nigeria (FSN). La BAD est présente sur le terrain dans 34 pays africains, avec un Bureau extérieur au Japon, et contribue au développement économique et au progrès social de ses 54 Etats membres régionaux.
    Par African Press Organization (APO)

  • L’ÉTAT VOYOU  OU  LE CAPO DI CAPO DE L’ÉCONOMIE MONDIALE

    L’ÉTAT VOYOU OU LE CAPO DI CAPO DE L’ÉCONOMIE MONDIALE

                La dette souveraine d’un croque-mitaine

       

    Dollars Americains
    Dollars Americains

              À l’automne 2013, le gouvernement américain insolvable a tenu le monde financier en haleine en refusant de rembourser ses créanciers. La crise s’est finalement résorbée quand le Congrès étatsunien a accepté d’emprunter encore d’avantage, alourdissant un  découvert qui ne sera jamais couvert, comme chacun l’aura subodoré. 

                 Tous les pays du monde doivent créances auprès des banques. Cette situation généralisée serait donc normale et tolérable, mais est-elle inévitable ? Cette situation est inévitable ! Le fait que tous les pays doivent de l’argent n’est pas du tout rassurant et cet endettement catastrophique est totalement inévitable en économie capitaliste du moins. Deux définitions suffiront à comprendre de quoi il retourne quand les économistes de service supputent à propos de la dette publique (1). 

                 La dette souveraine est, dans le domaine des finances publiques, l’ensemble des engagements financiers pris sous forme d’emprunts par un État souverain ainsi que par les collectivités publiques et les organismes qui en dépendent directement (les corporations, les organismes de sécurité sociale, d’enseignement et de formation, etc.). On distingue la dette publique intérieure, détenue par les agents économiques (Fonds de placements, banques, fiducies) résidant dans l’État émetteur d’obligations et la dette publique extérieure, détenue par des prêteurs étrangers, gouvernements ou banquiers (2).

                 Le tableau, visible sur ce lien URL [http://en.wikipedia.org/wiki/List_of_ countries_by_external_debt] présente une liste de 188 pays classés selon l’importance décroissante de leur dette extérieure en 2013 (3). Tous les pays ont une dette comme vous le constaterez.  

                 Personne ne sera étonné  d’apprendre que les États-Unis sont les premiers de cette collégialité d’endettée.  Par contre, plusieurs seront surpris d’apprendre que la riche Arabie saoudite, le Qatar et les Émirats arabes Unis, lesquels financent les djihadistes qui agressent la Syrie, font partie des pays endettés, et se retrouvent respectivement au  34e  rang avec 134 milliards $,  au  33rang avec 137 milliards $, et en 32position avec 163 milliards de dette souveraine.

                 Afin d’apprécier l’état de détresse qu’engendre la dette dans un pays par rapport à un autre, différentes classifications sont proposées selon :

     1)      l’importance de la dette en fonction du Produit Intérieur Brut (4);

    2)      l’importance de la dette en fonction de la population (5);

    3)      l’importance de la dette nette une fois soustraites les créances à recouvrer.

                     Les modalités d’emprunt des États souverains

                 Ces dettes souveraines, quelles que soient les modalités de calcul et de comparaison, sont fondamentalement acquises par trois types de créanciers :

     1)      L’État emprunteur émet des obligations que les citoyens de ce pays achètent via leur fonds de pension, les fonds de placements, les banques, les caisses d’épargne, etc. On dira que la dette est intérieure puisque ce sont les institutions de l’État qui devront aux citoyens du pays une certaine somme à rembourser, grevée d’un intérêt, façon de redistribuer la plus-value ouvrière aux tondeurs de coupons.

    Fait étonnant ici. Il advient souvent que des particuliers milliardaires spéculateurs et des institutions financières acquièrent ces obligations nationales à crédit – sans verser un sou pour l’achat de ces produits financiers. Créances qu’elles revendront après un certain temps sur promesse de paiement à un autre conglomérat financier qui achètera aussi cette créance à crédit. Ces transactions font partie des produits financiers dérivés. C’est ainsi que chacun de ces acquéreurs spéculateurs produit de la monnaie sans valeur d’échange, de la monnaie inflationniste, qui quémande son intérêt financier alors qu’elle n’a aucunement servi à produire des marchandises ou à les valoriser.

     2)      Les clients acheteurs d’obligations nationales peuvent être les institutions d’un pays étranger qui achètent via des agences de placement internationales; des gestionnaires de fonds; la banque centrale ou une autre banque d’un État créancier. Ici, la dette sera dite extérieure et l’intérêt sera payé par cet État-emprunteur-débiteur, une manière d’exporter la plus-value nationale vers les États prêteurs. Ainsi, la Chine, qui détient 3,300 milliards de dollars de créances américaines, devrait posséder un immense ascendant sur les étatsuniens  paupérisés. Il n’en est rien pourtant, nous verrons bientôt pourquoi.

     3)      Mais les États emprunteurs sont plus retors qu’on ne le pense. Le troisième acheteur d’obligations étatiques peut  être la Banque centrale du pays emprunteur (exemple la FED étatsunienne). Vous avez alors un pays emprunteur qui sollicite de l’argent qu’il ne possède pas et se le prête à lui-même à intérêt composé. De l’argent crédit-papier, appelé «obligation nationale», sera émis par le gouvernement national emprunteur à destination du gouvernement national prêteur (c’est-à-dire lui-même) contre un papier-monnaie sans valeur (sans travail productif ayant engendré la création de valeurs accréditant ce papier monnaie).

                 C’est la Banque centrale de l’État qui émettra du papier monnaie – des papiers à ordres – des créances – du papier crédit sans valeur dont elle inondera le marché. Selon ce scénario il est entendu que l’État emprunteur floue l’État prêteur (c’est-à-dire lui-même) et floue également tous ses autres créanciers, les fonds d’investissements et les banques privées ainsi que ses créanciers étrangers venus de Chine, de Corée, du Japon, de France, d’Arabie, du Qatar qui se retrouvent tous avec de la monnaie déflationniste sur les bras ayant de moins en moins de valeur marchande. Pourtant, personne ne peut s’en débarrasser puisque tous ont déjà leur lot et nul ne souhaite accroître ses pertes. Pourtant, l’État emprunteur ne peut faire autrement à moins de déclarer faillite immédiatement.

                 La dette nette et la dette brute

                 Autre  élément à considérer dans cette équation de la dette souveraine et de la charge fiscale des ouvriers. Il y a la dette nette et il y a la dette brute de L’État.  La dette brute c’est la somme de ce que l’État a emprunté, à  l’interne et à l’externe. La dette nette c’est la dette brute moins ce que l’État possède en crédit des autres pays, en monnaie papier, lettres de change, obligations – tout aussi dépréciées que la sienne  puisque dans cette économie mondialisée toutes les monnaies sont inter-reliées. Ainsi, si l’Arabie a une dette souveraine, elle détient par ailleurs des créances – de l’argent qu’elle a prêté à d’autres pays – aux États-Unis par exemple. Il faut soustraire ces sommes l’une de l’autre pour connaître la dette nette de l’Arabie, et ainsi pour chaque pays…en pensant toutefois que ces créances étrangères ne sont pas toujours garanties ni  recouvrables…ils l’apprendront tous à leurs dépens…soyez patient.

                 Il ne faut pas confondre la dette publique et la balance des échanges internationaux d’un pays. Ainsi, des milliardaires saoudiens – des banques françaises, des financiers canadiens peuvent détenir, à titre privé, des obligations d’entreprises américaines ou de d’autres pays. À l’inverse, des cartels financiers étatsuniens peuvent détenir des actions d’entreprises étrangères. Ces avoirs de part et d’autre de l’Atlantique ne sont nullement comptabilisés dans la dette souveraine brute ou nette des États souverains. Mais, comme ces dettes et ces créances privées sont comptabilisées en dollar, en euro ou en livre sterling, la valeur réelle de ces dettes ou de ces créances privées est donc largement tributaire de l’état de santé économique de l’État national considéré (y compris de la balance des paiements et de la valeur de la devise nationale) dans lequel ces papiers sont libellés et transigés.

                 Ce sont tous ces vecteurs que les agences de notation de crédit (Standard and Poor’s, Moody’s) seraient censées évaluer et représenter par la cote de crédit qu’elles attribuent à chaque pays emprunteur.

                 De l’État providence, à l’État fraudeur, à l’État policier

                 C’est ainsi que l’épargne-retraite et l’argent que les travailleurs et les petits salariés ont épargné sont dévalués par l’État providence – si cher aux bobos petits-bourgeois – devenu soudain l’État fraudeur-failli, qui deviendra l’État policier refusant de rembourser. C’est le serpent qui se mange la queue. Par la suite, l’État créancier s’avancera vers les ouvriers et les retraités pour leur expliquer que la monnaie nationale (l’Euro – le dollar – le peso – le rial – le yen) a été dévaluée et que le gouvernement ne peut plus payer les retraités qui doivent reporter leurs retraites au-delà de 70 ans. Ou alors, le crash financier-boursier balaiera le pays et jettera à la rue les emprunteurs hypothécaires comme à Madrid en ce moment où cent propriétaires sont jetés sur le pavé chaque journée. On compte 6 millions de chômeurs dans le pays madrilène alors que les banques enregistrent des profits record (5).

                 Ici une mise en garde s’impose. Les gauchistes, les réformistes, les sociaux-démocrates et les altermondialistes se laissent berner par ces profits mirobolants des banques sacs à vent. Ils se scandalisent et demandent à l’État policier, l’État des riches, de sévir contre leurs maîtres trop gourmands ce que l’État ne fera pas évidemment – et cela serait bien futile de toute manière puisque ces hausses de profits sont bidon. C’est de l’argent de Monopoly que les banques comptabilisent ainsi, de l’argent inexistant – immatériel – ne représentant aucune valeur marchande (ce n’est pas l’économie qui est irréelle mais leur monnaie qui est virtuelle).

                 Ils peuvent bien stocker ces billets de pacotille plein leurs écoutilles, aucun de ces papiers n’a de valeur d’échange. Au moment où les payeurs travaillants et les épargnants, les ouvriers criblés de dette, ne parviennent plus à payer leur hypothèque et qu’on les chasse de leur foyer où voulez-vous que les banques trouvent les biens pour adosser ces papiers de crédit garantissant leurs profits ?

                 L’arnaque suicidaire…et imparable

                 Donc, nous en arrivons à cette situation où le gueux emprunteur se prête de la monnaie à lui-même, l’État va-nu-pieds, alors qu’il est évident qu’il n’a pas ce qu’il faut en valeur d’échange (en production de marchandises et de services) pour garantir ni l’emprunt, ni le prêt, ni la création de monnaie. Et ce faisant ce mendigot déprécie la valeur de sa monnaie et de toutes les créances que détiennent ses créanciers. Cet État devrait normalement être mis en demeure par ses prêteurs de rembourser ou de déclarer faillite, ou à tout le moins être sanctionné par les agences de notation dont c’est la mission (!)

                 Rien de ceci ne se produit. Au lieu de cela tous assistent impuissants aux doléances des chinois qui voient fondre la valeur de leurs créances à chaque émission d’obligations américaines. L’Allemagne tente de récupérer son ormétal stocké à la FED avant que les USA ne déclarent faillite, mais la FED américaine refuse de lui rendre. Elle en serait bien incapable puisqu’elle  ne le possède plus, les coffres de Fort-Knox sont probablement vides.   

                 Il est évident que ce stratagème est une arnaque. Imaginez que chacun d’entre vous auriez la possibilité d’imprimer autant de deniers que vous le souhaitez sans jamais avoir à rembourser. Fini le travail fastidieux et astreignant, vous auriez votre imprimante à monnaie et par ici la belle vie. Imaginons maintenant que les créanciers de monsieur l’imprimeur de monnaie de la rue Garnier se fâchent en apprenant que cette monnaie est illégitime et imprimée dans le garage d’un faussaire farnienté. Chaque créancier se présente à la résidence du bandit pour réclamer son dû et apprend que l’emprunteur-faussaire-imprimeur est le Capo di Capo du pays et que le temps qu’il se présente au salon, le commerce de la rue Syrie a sauté, après celui de la rue Libye, et celui de l’avenue Serbie et du boulevard Congo, et la boutique de l’impasse Venezuela et la banque de la rue Iran sont fortement menacées !   

                 La situation est identique avec l’État paria américain. Les États-Unis d’Amérique (16 770 milliards de dette avec émission mensuelle de 85 milliards de  monnaie illégitime. La FED américaine en faillite prête de la monnaie à son créancier, un propriétaire insolvable, c’est-à-dire le gouvernement américain). Mais cet État voyou est aussi le seul à posséder 3 500 ogives nucléaires à têtes multiples, 11 porte-avions et 700 bases militaires à l’étranger et cet État voyou en faillite consacre 600 milliards $ à ses dépenses de «défense», autant que tous les autres pays réunis.

                 Nous venons d’identifier l’État voyoule Capo di Capo – de l’économie mondiale dont nombre de pays tolèrent les frasques et soutiennent les agressions espérant s’en sortir un jour en faisant faillite eux aussi et en reniant leur dette souveraine aux dépens de leurs commettants. Ce jour-là camarades oubliez vos  retraites dorées, vos bas de laine, et comme à Chypre essayez de figurer ce qui pourrait vous rester sur votre compte bancaire après les expropriations imposées.

                 Vous aurez toujours l’organisation néo-nazi Aube Dorée pour vous effrayer à propos de l’expropriation des riches par les communistes, mais ce seront bien les banquiers capitalistes qui seront en train d’exproprier votre compte de banque, votre salaire et votre fonds de retraite. Pourrez-vous conserver votre résidence et votre automobile ? Rien n’est moins certain. Nous serons tous alors  en économie de guerre. Justement, pourquoi ne pas leur faire la guerre à ces expropriateurs afin de les exproprier ?

     Robert Bibeau

    robertbibeau@hotmail.com

    http://www.les7duquebec.com/7-au-front/letat-voyou-ou-le-capo-di-capo/

    __________________________

    (1)   http://fr.wikipedia.org/wiki/Dette_souveraine

    (2)   http://fr.wikipedia.org/wiki/Dette_publique

    (3)   http://en.wikipedia.org/wiki/List_of_countries_by_external_debt

    (4)   http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_pays_par_dette_publique

    (5)   http://www.michelcollon.info/A-Madrid-il-y-a-chaque-jour-cent.html

     

  • Bassin du Congo: la transformation du bois face à de lourds défis

    Bassin du Congo: la transformation du bois face à de lourds défis

    BOIS– Les pays du bassin du Congo veulent transformer davantage sur place le bois extrait de leurs forêts mais ce projet destiné à accélérer la croissance économique se heurte à bien des défis.

    Premier souci: l’énergie nécessaire qui “n’est pas disponible, car sa production pose problème”, explique à l’AFP Emmanuel Ze Meka de l’Organisation internationale des bois tropicaux (OIBT).

    “Il y a également un manque d’infrastructures de transport”, “la fiscalité trop élevée”, et le problème de la formation, avec une main-d’oeuvre trop souvent peu qualifiée, ajoute-t-il.

    M. Ze Meka s’exprimait en marge du Forum international de développement durable de la filière bois du Bassin du Congo qui a permis, lundi et mardi à Brazzaville, d’analyser les avantages et les inconvénients des mesures d’interdiction d’exportation des grumes mises en places avec plus ou moins de bonheur pour forcer le développement d’une industrie de transformation locale.

    Le Cameroun a été le premier pays du Bassin du Congo à interdire l’exportation des grumes, au milieu de la décennie 1990, mais, il a vite assoupli sa décision.

    Au Gabon, aucune grume ne sort depuis 2010, mais le bois transformé sur place peine à trouver des débouchés et cela se ressent sur les recettes du pays.

    “Le Gabon n’est pas un pays qui a une grande tradition industrielle. Ses industries ne sont pas capables de supporter la compétition internationale. Leurs contreplaqués ne sont pas compétitifs face à ceux de la Chine”, explique Alain Karsenty, du Centre international pour la recherche agronomique et le développement (CIRAD), basé en France.

    Résultat: la contribution du segment bois au niveau du PIB a baissé de moitié, “à 2,5%”, et “les recettes fiscales forestières ont chuté de 71%” depuis 2010 , indique Prosper Obame Ondo, à la tête de la direction générale de la valorisation des produits forestiers gabonaise.

    Pour M. Karsenty, “la transformation très poussée ne se décrète pas”, il faut que l’industrie nationale y soit prête.

    Pour atteindre une “croissance à deux chiffres”

    Depuis 2000, cependant, la moyenne de production grumière dans la région du Bassin du Congo a augmenté de 50% et atteint désormais 7,5 millions de mètres cubes par an, indique le ministre de l’Economie forestière congolais, Henri Djombo. Selon lui, “le taux moyen de transformation est de 54% dans l’ensemble” de la région (contre 30 à 45% en 2000).

    Le Livre blanc publié au Forum de Brazzaville identifie “de grandes différences” entre pays. “Au Cameroun, près de 75% de la production forestière sont transformés localement”, et en République du Congo “ce taux oscille, selon les années, entre 51 et 65 %”.

    “Ces taux relativement élevés résultent d’une politique volontariste”, ajoute le document, mais “dans l’ensemble du Bassin du Congo, il est encore souvent plus rentable pour les entreprises d’exporter des grumes transportées sur des centaines de kilomètres avec leurs déchets, que d’exporter des bois sciés et usinés”.

    Pourtant, la transformation très poussée du bois est un des objectifs du Plan de convergence que les pays du Bassin du Congo ont adopté en 2005 en vue d’une exploitation concertée et d’une gestion durable de leur massif forestier, soumis à une forte exploitation illégale.

    La transformation locale du bois permettrait de créer des emplois et de diversifier des économies souvent trop dépendantes d’une poignée de produits d’exportation.

    “Le développement de la filière bois est l’une des voies pour atteindre un taux de croissance à deux chiffres et un taux de chômage à un chiffre”, estime Honoré Tabouna, expert de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC).

    Pour réussir, estime M. Djombo, il faut notamment “assainir le climat des affaires”, et “adopter des mesures fiscales incitatives”.

    Deuxième massif forestier tropical du monde après l’Amazonie, le Bassin du Congo s’étend sur l’Angola, le Burundi, le Cameroun, la Centrafrique, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale, la République démocratique du Congo (RDC), Sao Tomé et Principe et le Tchad.

    AFP

  • L’exploitation illégale de l’or, finance n°1 des groupes armés

    L’exploitation illégale de l’or, finance n°1 des groupes armés

    M23-L’exploitation illégale de l’or rapporte 500 millions de dollars par an aux groupes armés présents dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) – dont la rébellion du M23 -, a indiqué l’ONG Enough Project dans un rapport cité samedi par la radio onusienne Okapi. Dans ce document, publié jeudi et consacré à l’exploitation des minerais par les groupes armés dans l’est congolais, l’ONG accuse notamment la rébellion du mouvement du 23 mars (M23), qui occupe une zone de la province du Nord-Kivu, de financer ses activités militaires grâce au commerce de l’or exploité illégalement. “Il fut un moment où Bosco Ntaganda (un ancien chef du M23 désormais emprisonné à la Haye et poursuivi pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre par la Cour pénale internationale, ndlr) était le patron de cette mafia aurifère dans l’est du Congo. Et aussitôt qu’il a fait reddition à la CPI, c’est le général (Sultani) Makenga (le chef militaire du M23) qui a pris la relève”, a expliqué un chercheur d’Enough Project, Fidel Bafilemba, à Radio Okapi, parrainée par l’ONU. Le rapport de l’ONG indique que le M23 coopère avec d’autres groupes armés dans ce fructueux trafic. A titre de comparaison, le budget annuel de l’Etat congolais, dans un pays qui compte quelque 65 millions d’habitants, s’élève en 2013 à environ huit milliards de dollars.

    Belga

  • Le Tchad, la RD Congo et le Togo ont réalisé un audit des tarifs des télécommunications

    Le Tchad, la RD Congo et le Togo ont réalisé un audit des tarifs des télécommunications

    vente-cell-A la demande des autorités de régulation des télécommunications du Tchad, de la République du Congo et du Togo, des audits tarifaires ont été réalisés en 2013 dans les sociétés de téléphonie de premier ordre opérant dans ces pays.Les résultats obtenus ont été présentés entre la mi-août et la fin du mois de septembre dernier lors d’une séance de restitution.Dans chaque pays et pour chaque opérateur, il a été calculé le coût de revient des différents services : «National entrant» «OnNet», «National sortant», «International entrant», «International sortant», «Prolongement national», «Prolongement international», etc.Au Tchad, le rapport complet a été livré au directeur général de l’Office Tchadien de régulation des télécommunications (Otrt) le 11 juin 2013 et présenté dans la semaine du 19 août, comme annoncé. Il est attendu de cet audit la diminution progressive du phénomène multi-Sims et l’augmentation du trafic national entrant. Il a été recommandé aux opérateurs de prévoir une augmentation des capacités installées (1 STM1) entres eux. Un rapport complet a été envoyé à la haute direction de l’Otrt. Les opérateurs Salam, Sotel, Tigo, filiale de Millicom et Airtel ont reçu chacun un rapport méthodologique commun et un rapport annexe personnel.

    En RD Congo, l’audit des tarifs des télécommunications a été présenté du 9 au 16 septembre dernier à Brazzaville. Un rapport complet a été livré à la haute direction de l’Agence de régulation des postes et communications électroniques (Arcpe). Airtel, MTN et Warid ont reçu chacun un rapport méthodologique commun à tous et le rapport annexe qui lui est propre.

    Pour ce qui est du Togo, ce sont les pré-rapports techniques relatifs à l’audit technique des réseaux de Moov et Togocel, branche mobile de Togo Telecom, qui ont été présentés. Ils ont été partagés entre l’Autorité de régulation des postes et télécommunications (Artp) et les opérateurs qui peuvent apporter des rectificatifs et précisions vis à vis des premiers calculs.