Tag: Economie

  • Bill Gates de nouveau homme le plus riche du monde

    Bill Gates de nouveau homme le plus riche du monde

    BILL GATE-Le fondateur de Microsoft, Bill Gates a retrouvé la première place de personne la plus riche du monde d’après le classement annuel des milliardaires mondiaux du magazine Forbes.

    Bill Gates dispose d’une valeur nette totale de 76 milliards de dollars cette année, en hausse par rapport à ses 67 milliards en 2013.

    Son ascension a délogé de la première place le magnat des télécommunications mexicain Carlos Sim.

    Au total, Forbes dénombre 1 645 milliardaires, un record. La fortune nécessaire pour intégrer le top 20 mondial est désormais de 31 milliards de dollars, contre 23 l’an dernier.

    Bill Gates, qui a récemment quitté la présidence du conseil d’administration de Microsoft, a occupé la tête de ce classement 15 fois au cours des 20 dernières années.

    Les entreprises de technologies sont très présentes dans cette liste. En témoigne, Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, a vu sa valeur nette plus que doubler pour atteindre 28 milliards de dollars, grâce à l’augmentation du prix des actions de son réseau social.

    L’Afrique peu représentée

    La plus grande économie mondiale, les Etats-Unis, comporte logiquement le plus grand nombre de milliardaires avec 492 personnes. Suivent l’Europe avec 468 et l’Asie avec 444. Le magazine Ventures en dénombrait 55 en Afrique en octobre dernier.

    La liste a suggéré que les richesses se répandent, avec quatre nouveaux pays, mis en vedette pour la première fois : l’Algérie, la Lituanie, la Tanzanie et l’Ouganda.

    Le Nigérian Aliko Dangote, qui a fait fortune dans le ciment, est devenu le premier africain à intégrer le top 25, avec 25 milliards de dollars.

    BBC

  • La pauvreté derrière la richesse minière du Katanga

    La pauvreté derrière la richesse minière du Katanga

    Congo_mining-Un débat houleux s’était engagé sur la marche à suivre pour réparer la route. Incapables de s’entendre sur qui devait déposer les imposants blocs de pierre dans la boue qui paralysait la circulation depuis une semaine, les camionneurs étaient sur le point d’en venir aux mains lorsque l’un d’eux rejeta la faute sur la plus haute autorité de la République démocratique du Congo (RDC).

    « La route est pourrie ! Le Congo est pourri ! Vous ne le voyez donc pas ? Si le président était là devant moi, je lui taperais dessus », a lancé l’homme avec amertume avant de retourner au bourbier pour apaiser ses collègues.

    Le délabrement des infrastructures en RDC est une dure réalité, héritée de ses nombreuses guerres et d’un manque chronique d’investissements. Mais l’état de la R617, de même que les épidémies récurrentes de choléra qui frappent la province méridionale du Katanga, paraissent grotesques au vu des incroyables ressources naturelles de la région.

    La province du Katanga – d’une superficie équivalente à celle de l’Espagne – détient une importante partie des réserves congolaises de cuivre, de cobalt et autres minéraux précieux. Chaque jour, ses rares routes asphaltées voient défiler quantité de camions chargés de métaux, destinés à l’exportation et au transport par bateau via Durban et d’autres ports lointains. Pourtant, sur les millions de dollars de taxes que les sociétés minières reversent aux autorités congolaises, seule une part dérisoire est investie dans le développement social et économique du Katanga, laissant des pans entiers de sa population dans la pauvreté.

    400 000 personnes déplacées par la rébellion armée

    Ce décalage a attisé les tensions politiques entre les dirigeants du Katanga et le gouvernement central, basé dans la lointaine Kinshasa. Il est également à l’origine d’une rébellion armée dans le centre montagneux de la province, qui a entraîné le déplacement de quelque 400 000 personnes et poussé les Nations unies à déclarer la région en état de crise humanitaire.

    Ibond Rupas Anzam, le directeur d’une ONG œuvrant en faveur du développement régional en RDC, a dit que les gouvernements centraux allouaient traditionnellement peu de ressources au développement, quelle que soit la région. La corruption, les détournements de fonds et la mauvaise allocation des ressources achèvent d’atténuer l’impact de ces maigres budgets. Le 25 février, le Fonds monétaire international a exhorté le gouvernement à s’assurer que la croissance économique – dont le taux annuel est supérieur à 8 pour cent – « profite à tous », et à investir davantage dans l’éducation, la santé et les infrastructures de base.

    Les autorités, tant au niveau provincial que national, ont fait preuve d’une « certaine volonté » d’améliorer les choses au Katanga, a dit M. Anzam en citant les projets routiers en cours dans les grandes villes et en périphérie de ces dernières. Les autorités provinciales affirment que certains indicateurs – notamment le taux de fréquentation scolaire – enregistrent une amélioration malgré un niveau de départ très faible

    IRIN

  • COMESA 2014: Priorité aux populations de l’Afrique des frontières

    COMESA 2014: Priorité aux populations de l’Afrique des frontières

    comesa logo-Dix-huit pays africains ont rendez-vous avec la RDC à Kinshasa les 26 et 27 février 2014. Au programme du 17ème Sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement membres du Comesa, trois fora qui se complètent : le sommet proprement dit (réservés aux têtes couronnées), le forum du Conseil des entreprises (réservé aux opérateurs économiques) et la table ronde des Premières Dames. Le thème principal des assises est “Consolider le commerce inter-Comesa à travers le développement des Petites et Moyennes Entreprises“. Il est en symbiose avec le thème du forum économique ” Fusion entre entreprises et innovations, intégrer la compétitivité de l’offre et de chaines de valeurs dans la région Comesa” et de celui de la table ronde, à savoir “Renforçons les échanges intra-COMESA en développant les micro, petites et moyennes entreprises“. Les Pme et les Pmi sont ainsi à l’honneur. Mais à quel prix ?
                Lorsqu’on est à Zongo, en face de Bangui, ou à la Grande Corniche de Goma, en face de Gisenyi, le spectacle est le même : des compatriotes congolais ayant en partage le même dialecte avec leurs voisins centrafricains et rwandais mangent le même pain produit par une même boulangerie ou le même poisson pêché dans les mêmes eaux du fleuve Oubangi ou du lac Kivu. Ils consomment la même boisson fabriquée par la même brasserie. Il leur arrive de fréquenter le même centre médical ou la même officine pharmaceutique. Bref, ils “commercent” ensemble puisqu’ils  vivent tous et tout dans le même environnement. La frontière en eau ou en terre ne constitue pas à leurs yeux une barrière.
                Ce qu’ils font ensemble est quasiment semblable à ce que font les Congolais qui vivent dans les régions frontalières avec l’Angola, le Congo-Brazzaville, l’Ouganda, le Burundi, la Tanzanie, la Zambie et le Soudan du Sud (la RDC n’ayant plus de frontière avec le Soudan).
                Normal : les populations résidant dans des localités et villes transfrontalières ont en commun la même morphologie, la même histoire, la même culture et, à certains endroits, elles sont soumises à la même autorité coutumière.
                Dans la plupart des cas, ils ne baignent pas dans le grand luxe des citadins. Ce qui fait qu’ils soient la cible favorite – économiquement parlant – des Pme/Pmi actives dans la production et la commercialisation des biens de consommation courante : vivres, boissons, médicaments, vêtements, chaussures, emballages, fournitures scolaires, le petit matériel électronique et électroménager etc.
                Quand ils n’ont pas l’un de ces biens, ils savent comment se le procurer : palabrer. Ils ne se font donc pas la guerre.
                C’est en cela que l’apport des Pme/Pmi est décisif pour toutes les organisations sous-régionales et régionales en Afrique, au nombre desquelles la Cééac pour l’Afrique centrale, la Sadc pour l’Afrique australe et le Comesa pour l’Afrique centrale, l’Afrique australe et l’Afrique orientale.
                Partant, le 17ème sommet du Marché Commun pour l’Afrique Orientale et Australe qui se tient à Kinshasa les 26 et 27 février 2014 sous le thème “Consolider le commerce inter-Comesa à travers le développement des Petites et Moyennes Entreprises” vaut tout son pesant d’or.
                A ce sujet, il y a lieu de reconnaître que les moyens financiers et matériels des pays membres des organisations communautaires africaines sont mieux utilisés avec les Pme/Pmi qu’avec les grosses unités industrielles et commerciales. Une microcentrale hydroélectrique, une minoterie, une boulangerie, une savonnerie ou une briqueterie en Pmi peut facilement être financée à partir des ressources locales ; de même qu’un atelier de réparation d’auto ou de moto, un magasin de vente des lampes ou des récepteurs-radio en Pme…
                Premiers à en faire l’expérience et à en tirer les bénéfices conséquents, les pays occidentaux, suivis par ceux de l’Extrême-Orient, ne jurent que par la croissance des Pme/Pmi.
                Dans une étude récente, l’Ocde considère que ” Les PME jouent un rôle primordial dans la création d’emplois dans de nombreux pays“. A preuve, soutient-il, “Les PME représentent, suivant les pays, entre 95 % et 99 % des entreprises et entre 60 % et 70 % des créations nettes d’emploi“. Dans le document endossé par “SBA” (Small Business Act), structure créée en 1953 pour prendre en charge les aides fédérales aux petites entreprises américaines, il ressort que les Etats-Unis comptent à ce jour 22 millions de petites entreprises non agricoles. “En incluant les activités à temps partiel, on estime que 16 millions d’Américains sont propriétaires d’une affaire, soit 13 % de la population active non agricole du pays“.
    Instrument indiqué
                Que peut être l’apport des Pme/Pmi dans une organisation régionale comme le Comesa et dans le contexte du sommet de Kinshasa ?
                Il faut d’emblée observer qu’à l’exception des îles Comores, Madagascar, Maurice et Seychelles ainsi que du Swaziland enclavé dans l’Afrique du Sud, tous les 14 autres pays membres du Comesa se partagent directement ou indirectement les mêmes frontières :  la RDC est à la fois voisine de la Zambie, du Burundi, du Rwanda, de l’Ouganda et du Soudan du Sud, voisin du Soudan qui, lui-même, est voisin de l’Ethiopie, de l’Erythrée, de Djibouti et de l’Egypte, voisine, elle, de la Libye. L’Ouganda est voisin du Kenya. La Zambie est à la fois voisine du Zimbabwe et du Malawi.
                La RDC a cependant la particularité d’être le seul pays du continent à avoir neuf voisins sur ses 9.195 km : Angola, Congo-Brazzaville, RCA, Soudan du Sud, Ouganda, Rwanda, Burundi, Tanzanie et Zambie. Sur sa longue ligne frontalière, que de populations transfrontalières, encore dans toutes leurs diversités morphologiques et culturelles, mais aussi ethniques et tribales, comme relevé ci-dessus : Bantous, Soudanais, Nilotiques, Hamites et Pygmoïdes.
                Il s’agit d’une richesse incommensurable par la complémentarité. Une richesse qui constitue un atout déterminant dans l’instauration d’un climat de paix, de sécurité et de développement stable et durable.
                L’instrument indiqué pour ce climat de paix est, on s’en doute, le petit commerce doublé de la petite industrie. Une double activité qui permet aux petites bourses de vivre normalement.
                On peut alors en penser ou en dire ce que l’on veut, mais l’évidence est-là : les Concertations nationales ont fait deux recommandations qui concordent bien avec le thème du 17ème sommet du Comesa. Le Président Joseph Kabila les a évoquées dans son discours sur l’état de la Nation du 23 octobre 2013 en préconisant l’organisation des Etats généraux des agriculteurs et des paysans et l’élaboration d’un plan de programmation, de  budgétisation et de procédure du paiement de la dette intérieure certifiée en vue de la relance des emplois dans les Petites et Moyennes Entreprises.
                C’est déjà significatif que les Premières Dames – qui se réunissent concomitamment avec les Chefs d’Etat et de Gouvernement dans un forum leur réservé – aient choisi pour thème de la table ronde “Renforçons les échanges intra-COMESA en développant les micro, petites et moyennes entreprises“.
                En observant de près l’activité de la petite industrie et du petit commerce, on réalise combien l’apport du Genre y est vital.
    Moment opportun
                Le choix des populations de l’Afrique des frontières se justifie singulièrement par la préoccupation première pour une bonne partie des pays membres du Comesa en proie à des conflits latents ou réels : la RDC, le Soudan du Sud, l’Ouganda, le Rwanda et le Burundi dans les Grands Lacs; l’Erythrée et Djibouti dans la Corne de l’Afrique, sans oublier le Kenya constamment menacé par la mouvance djihadiste de la Somalie, avec incidences sur la Tanzanie. On sait aussi qu’entre l’Egypte et le Soudan, d’autre part, et l’Egypte et l’Ethiopie, d’autre part, le potentiel belligène est important.
                Le sommet de Kinshasa peut donc favoriser l’avènement d’une paix durable, ce au travers de l’essaimage des Pme/Pmi en faveur des populations des frontières.
                L’Union européenne, ne le perdons pas de vue, a commencé par un marché commun limité au charbon et à l’acier. Aujourd’hui, c’est une superstructure d’une trentaine de pays qui ont accepté de lier leur sort pour mieux cheminer ensemble.
                L’Union africaine a certes la même ambition. Mais l’atteinte de celle-ci est tributaire du fonctionnement des organisations régionales comme la Cédéao, la Cééac, la Sadc et le Comesa.
                Membre des trois dernières, la RDC se doit de prêcher par l’exemple en assumant son leadership naturel. Elle a tout à gagner en commençant par rassurer les populations de ses neuf frontières.  ” Puisque  c’est  sur  le  territoire  congolais  que  se déroulent ces confits et  que ce sont les populations congolaises qui en souffrent le plus, la République Démocratique du Congo doit assumer le leadership dans la quête d’une solution véritable et durable. Aujourd’hui, nous exerçons effectivement ce leadership“, déclarait le Président Joseph Kabila en 2007.
                Les populations concernées, on le sait, sont essentiellement celles des localités et villes frontalières déstabilisées par les guerres récurrentes.
                Les PME/PMI sont la meilleure arme pour leur procurer la paix, la sécurité et le développement.
                De ce fait, le Comesa 2014 arrive au moment opportun.
    Omer Nsongo die Lema  
  • Dédollarisation : les inquiétudes se multiplient

    Dédollarisation : les inquiétudes se multiplient

    Dollars Americains
    Dollars Americains

    -La bataille de la dédollarisation sera sûrement longue et impopulaire, autant pour le public, usager de la monnaie, que pour le gouvernement, initiateur du projet. Si la consolidation de la stabilité du cadre macroéconomique joue en faveur d’un tel projet, des préalables sont tels que le gouvernement devra faire preuve d’un courage politique sans faille pour secouer l’édifice de ceux qui manipulent des masses importantes de devises étrangères. Ils se recrutent dans les milieux du pouvoir et du monde des affaires.

    Après avoir clairement affiché sa détermination, le Premier ministre, Matata Ponyo Mapon, tente de donner une forme à son ambitieux programme de dédollarisation de l’économie congolaise. Il y tient tellement qu’il a instruit, aux dernières nouvelles, la Banque centrale du Congo (BCC) de préparer un projet de révision de certaines dispositions du décret-loi n°004/2001 du 31 janvier 2001 relatif du régime des opérations en monnaies nationale et étrangère.

    Le sujet a été à l’ordre du jour de la dernière réunion hebdomadaire de la Troïka stratégique. A l’occasion, le gouvernement a levé l’option de « revoir » ce décret-loi. La BCC a reçu la charge d’apporter des amendements à certains articles donnant cours légal aux monnaies étrangères sur le terrain national.

    Le gouvernement ne cache plus sa ferme volonté de redonner à la monnaie nationale -le franc congolais- l’occasion de remplir toutes les fonctions monétaires, notamment celles d’unité de compte, d’intermédiaire des échanges et de réserve des valeurs. Toutefois, la route pour y arriver se révèle parsemée d’embûches et d’obstacles de tous ordres.

    Il est normal, soutient-on dans les milieux spécialisés, qu’après avoir gagné la bataille de la stabilisation du cadre macroéconomique, le gouvernement mette le cap sur la limitation d’une circulation fiduciaire parallèle des devises étrangères en RDC. C’est tout à fait légitime, argue-t-on dans ces milieux. Mais, aussi salutaire et juste soit-elle, cette mesure est orientée avant tout vers les grands détenteurs de ces différentes devises étrangères. Et non vers le gros de la population constitué de gagne-petit !

    Les grands manipulateurs des devises étrangères se recrutent généralement dans les milieux des opérateurs économiques œuvrant dans divers secteurs de la vie nationale, d’une part, et dans la catégorie de ceux qui exercent un mandat public (gouvernement, entreprises du portefeuille), d’autre part. Quand au petit peuple, paupérisé à volonté, se contente de la monnaie nationale.

    Si l’on devait limiter aujourd’hui la circulation concomitante du franc congolais avec certaines devises étrangères, particulièrement le dollar américain, le gouvernement devra alors se frotter à ceux qui détiennent des portefeuilles et des comptes bien garnis en monnaies étrangères. Vont-ils accepter d’êtres victimes de cette mesure qui pourrait perturber leurs transactions et, partant, leur quiétude ? La question vaut son pesant d’or.

    LES LIMITES EVENTUELLES

    Quoique juste à tout point de vue, la mesure de la dédollarisation et tout ce qui s’ensuit implique véritablement du courage de la part du gouvernement. Courage d’abord d’allier (au besoin embrigader) la BCC à sa cause. Et courage, ensuite, de bousculer les intérêts établis dans les milieux économiques et financiers nationaux où sont brassées d’importantes masses des devises étrangères. Lesquels milieux ont des accointances avec des milieux politiques nationaux et internationaux.

    Bref, c’est au niveau de son application que l’on testera la capacité du gouvernement à faire passer la pilule de la dédollarisation.

    Dans le rang du FMI, dont une mission se trouve à Kinshasa dans le cadre des consultations au titre de l’article IV de ses statuts, l’on relativise concernant la portée d’un tel projet. « La dédollarisation prendra du temps », pense le FMI. Pour garantir le succès d’une telle initiative, le FMI estime que tout réside dans le rétablissement de la confiance. « Rétablir la confiance, c’est le facteur clé de la dédollarisation », soutient ce dernier, rappelant en même temps que ce projet ne saurait aboutir que dans un contexte de développement du secteur financier. Or, dans l’état actuel de la RDC où le secteur financier renait difficilement de ses cendres, il est difficile de prédire des résultats positifs.

    Malgré toutes ces pesanteurs, le gouvernement serait décidé de se lancer dans l’arène. Il devra avoir de bonnes raisons d’y croire. Mais aux dernières nouvelles, des sources proches de l’Exécutif central laissent entendre que le gouvernement aurait renoncé à son projet de révision du décret-loi n°004/2001 du 31 janvier 2001.

    Si l’information se confirmait, cela expliquerait l’absence d’empressement dans le chef du gouvernement concernant la mise en œuvre de la mesure portant dédollarisation de l’économie congolaise.

    (Le Potentiel )
  • A Kasumbalesa, porte sud de la RDC : la Zambie si proche, si lointaine

    A Kasumbalesa, porte sud de la RDC : la Zambie si proche, si lointaine

    kasumbalesa– “Dès qu’on entre au Congo, on peut arrêter de faire des projets”: Bloqué depuis plus d’une semaine à la frontière entre la République démocratique du Congo et la Zambie, Misheck Savamhu prend la situation avec philosophie.

    Comme lui, des centaines de chauffeurs routiers attendent à Kasumbalesa sous une chaleur accablante, dans une atmosphère saturée de poussière et de gaz d’échappement. La file ininterrompue des camions à l’arrêt s’étend sur plus de cinq kilomètres.

    Le poste-frontière de Kasumbalesa est vital pour la RDC. C’est la première porte de sortie de la production minière du Katanga (province enclavée du Sud-Est du pays), indispensable aux recettes de l’Etat. Mais pour ceux qui doivent le passer, c’est un parcours du combattant, parfois mortel, en dépit des efforts des autorités pour faciliter les choses.

    Le 6 février, un chauffeur zambien y a été abattu par un policier congolais qui cherchait à le rançonner. En représailles, de l’autre côté de la frontière, on a commencé à chasser les Congolais. Un homme a été tué. Il était Zimbabwéen.

    La frontière a été fermée une journée mais les perturbations se font encore sentir une semaine après les faits. Un policier explique qu’ils ne sont que quatre pour assurer la bonne circulation des semi-remorques et porte-conteneurs en attente.

    Nombre de ces véhicules sont entrés avec des équipements ou du ravitaillement venu d’Afrique australe ou d’Asie à destination des compagnies minières, et s’apprêtent à repartir chargés de minerai, du cuivre surtout.

    – ‘Les policiers sont terribles’ –

    M. Savamhu rentre en Afrique du Sud. De sa cabine, il raconte les tracasseries du voyage, documents à l’appui.

    Sa cargaison de cobalt a été chargée près de trois semaines plus tôt. Avec les différentes formalités administratives, qui imposent parfois plusieurs jours d’arrêt, il lui a fallu une dizaine de jours pour parcourir les quelque 400 km qui le séparaient de Kasumbalesa.

    D’habitude, il faut compter 24 heures pour passer la frontière, donc une nuit sur place pendant laquelle il convient de ne pas dormir si l’on ne veut pas se faire dérober sa cargaison ou ses effets personnels par des habitants, souvent jeunes et démunis de tout, racontent plusieurs chauffeurs.

    Quand on est bloqué depuis plus d’une semaine et qu’on a veillé toutes ces nuits, la fatigue se fait sentir. Et pas question de compter sur les forces de l’ordre. “Les policiers sont terribles”, assure Ally Mwachula, conducteur tanzanien, qui les voit plus comme une menace qu’autre chose.

    En sens inverse, un vieil homme pousse péniblement une bicyclette usée chargée de tomates, tandis que les haut-parleurs des bars crachent une musique saturée. Comme tant d’autres, il est parti chercher en Zambie les primeurs qui seront vendus dans la ville.

    Dans la file d’attente, deux Tanzaniens racontent leur errance kafkaïenne pendant trois semaines à courir d’un organisme de contrôle à une autorité de vérification – avec autant de demandes de bakchich que de bureaux visités – pour obtenir les permis leur permettant de sortir leur cargaison du pays… jusqu’à se retrouver avec un visa expiré.

    Ces soucis relativisent l’amélioration qu’a constituée l’instauration du “guichet unique” permettant depuis quelques années de régler en un seul endroit toutes les taxes dues aux différentes agences de l’Etat congolais.

    S’étirant des deux côtés de la route, les petites échoppes colorées montent jusqu’au grand bâtiment de la douane, moderne et informatisé, où s’affairent de nombreux commis chargés de régler les dernières formalités de passage.

    “Il n’y a pas de boulot, on se débrouille comme ça”, explique Diadia Ilunga, 25 ans, qui dit toucher une rémunération au forfait : 20 dollars par véhicule.

    Près de lui vaquent de nombreux hommes désoeuvrés. Le passage des camions chargés de minerais renforce la rancoeur à l’idée que le pays – un des plus pauvres au monde en dépit de ses immenses ressources naturelles – est pillé au profit des étrangers et d’une caste de privilégiés congolais, scandale dénoncé depuis des années.

    “Ca fait mal au coeur de voir partir le minerai. Combien de Congolais ont un travail face à cette situation ?” dit un homme, “nous risquons un jour de nous révolter”.

    AFP

  • Apple prend des mesures contre les « minerais du conflit »

    Apple prend des mesures contre les « minerais du conflit »

    Apple products-Le groupe informatique américain Apple prend des mesures pour s’assurer que des minerais entrant dans la fabrication de ses iPhone et iPad ne servent pas à financer des conflits armés, en particulier en République démocratique du Congo.

    «En janvier 2014, nous avons eu confirmation que tous les sites de production de tantale actifs et identifiés dans notre chaîne d’approvisionnement étaient certifiés comme non liés à des conflits par des auditeurs tiers», a annoncé le groupe dans un rapport publié le jeudi 13 février.

    «Nous faisons pression tout aussi fortement sur nos fournisseurs d’étain, de tungstène et d’or pour qu’ils utilisent des sources vérifiées», poursuit-il.

    Le groupe publie à cet effet une liste de ses fournisseurs précisant si l’origine de leurs métaux a été vérifiée ou pas.

    Le tantale est un minerai dont l’industrie électronique est le premier débouché, pour fabriquer notamment des condensateurs. Le secteur est également très gourmand en étain, or et tungstène.

    Mais «certaines sources pour ces minerais sont en République démocratique du Congo (RDC) ou des pays voisins, et leur extraction peut financer ou bénéficier à des conflits armés associés à des violations des droits de l’homme», ce qui leur vaut l’appellation de «minerais du conflit», explique Apple.

    Le groupe américain indique qu’il vérifie ses chaînes d’approvisionnement au lieu d’éviter les minerais en provenance de la RDC.

    «Plutôt que d’éviter complètement les minerais de RDC et des pays voisins, nous soutenons des chaînes d’approvisionnement vérifiées et le développement économique dans la région», souligne-t-il.

    L’initiative d’Apple a été saluée notamment par Greenpeace, qui aimerait voir d’autres poids lourds du secteur faire pareil.

    «Apple a montré ses muscles dans le passé pour pousser ses fournisseurs à retirer des substances dangereuses de leurs produits et fournir davantage d’énergies renouvelables pour des centres de données, et il prouve que le même modèle peut réduire l’usage des minerais du conflit», a estimé un représentant de l’association, Tom Dowdall.

    «Samsung et d’autres groupes d’électronique grand public devraient suivre l’exemple d’Apple (…) de telle sorte que le secteur puisse utiliser son influence collective pour fabriquer des appareils qui soient meilleurs pour les gens et la planète», poursuit-il.

    En août 2012, la Securities and exchange commission (Sec) au Département d’Etat américain a publié une règle exigeant aux entreprises américaines qui utilisent le tungstène, le tantale, l’or et l’étain pour fabriquer leurs divers produits d’assurer et de rendre public l’origine de ces minerais. Il s’agit d’une décision qui met en application la disposition 1502 de la loi Dodd franck sur les minerais de sang.

    (Avec l’AFP)

  • 98% de l’or produit est exporté en fraude, selon des experts de l’ONU

    98% de l’or produit est exporté en fraude, selon des experts de l’ONU

    Mine 1-Quelque 98 pour cent de l’or produit en République démocratique du Congo (RDC) est exporté en fraude, ce qui contribue au financement des nombreux groupes armés proliférant dans l’est du pays, affirme le dernier rapport annuel – encore non publié – du groupe des experts de l’ONU sur la RDC, dont l’agence BELGA a obtenu une copie.

    De nombreux groupes armés présents dans l’est congolais tirent des profits financiers de la production et du commerce des ressources naturelles qui abondent dans cette région riche en minerais divers.

    En ce qui concerne l’or, le groupe d’experts souligne que de nombreux sites miniers se trouvent dans des zones “post-conflit” (c’est à dire où les combats ont généralement pris fin) mais que la production provenant de ces zones est mélangée avec celle de zones de conflit, “particulièrement dans les grandes villes de négoce de l’est de la RDC et dans les pays de transit (que sont les voisins) l’Ouganda, le Burundi et la Tanzanie“.

    L’absence de transparence dans le commerce de l’or rend difficile de distinguer l’”or des conflits” de celui provenant des autres régions, ajoute le rapport, extrêmement bien documenté et qui affirme aussi que les rebelles congolais du Mouvement du 23 mars (M23), vaincus en novembre dernier, ont bénéficié jusque fin octobre d’un soutien en provenance du territoire rwandais.

    Les experts estiment que 98% de l’or produit en RDC est exporté en fraude et que la quasi-totalité de l’or traité en Ouganda, “le principal pays de transit” pour ce minerai précieux, est “exporté illégalement” depuis l’ex-Zaïre.

    Le résultat de ces trafics est que la RDC et l’Ouganda “perdent des millions de dollars chaque année” à la suite l’absence de perception de taxes et “tolèrent un système qui finance les groupes armés en RDC, souligne le rapport, daté du 12 novembre et adressé à la présidence tournante du Conseil de sécurité des Nations unies.

    Selon une estimation du Service géologique des Etats-Unis (“US Geological Survey”) cité par le rapport, les mineurs artisanaux établis en RDC produisent environ 10.000 kilos d’or par an. Mais de janvier à octobre 2013, les exportations n’ont officiellement atteint que 180,76 kilos.

    Les experts évaluent également la valeur de l’or exporté clandestinement du Congo en 2013 à des montants oscillant entre 383 et 409 millions de dollars. En se fondant sur la valeur estimée du minerai, le groupe estime que le gouvernement congolais a perdu entre 7,7 et 8,2 millions de dollars en taxes durant l’année 2013.

    Les principales villes de négoce pour l’exportation illégale d’or dans l’est de la RDC sont Bukavu (le chef-lieu de la province du Sud-Kivu), Butembo (au Nord-Kivu), Bunia (chef-lieu du district de l’Ituri, en province Orientale), Ariwara (dans le même district) et Kisangani (le chef-lieu de la province Orientale).

    Le rapport cite nommément une série de personnes spécialisées dans le commerce d’or, tant en RDC que dans les pays voisins, dont l’Ouganda, le Burundi et la Tanzanie.

    Selon les experts, les mêmes trafics concernent la production congolaise des “trois T” (en anglais étain, tungstène et tantale), dont de nombreuses mines sont contrôlées par les groupes armés et les Forces armées de la RDC (FARDC, l’armée gouvernementale).

    Et cela, en dépit des initiatives de l’Organisation de Coopération et de Développement économiques (OCDE) et de la Conférence internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL) sur la validation des sites miniers pour lutter contre l’exploitation illégale de minerais alimentant des conflits, souligne encore le rapport.

    Belga

  • Discrète société:Moïse Katumbi, Gouverneur du Katanga

    Discrète société:Moïse Katumbi, Gouverneur du Katanga

    katumbi 

     

     

     

     

    GKMIC-Katumbi 
    (c) Marianne Belgique

    Le gouverneur de la riche province minière du Katanga est à la tête d’une discrète société panaméenne créée fin 2006, dont Marianne Belgique révèle pour la première fois l’existence. Moïse Katumbi aurait-il abrité, dans ce véhicule occulte au nom évocateur, les 60 millions de dollars amassés en seulement 18 mois grâce à un deal minier pour le moins suspect?

    «Un personnage complexe, un équilibriste même…» Après lui avoir consacré deux documentaires, le cinéaste Thierry Michel résume ainsi la personnalité de Moïse Katumbi, l’actuel gouverneur du Katanga en République démocratique du Congo. A 49 ans, ce métis né d’une mère congolaise et d’un père juif séfarade, règne sur cette riche et instable province minière depuis son élection – triomphale – en janvier 2007.

    Quelques mois plus tôt, en juillet 2006, Katumbi était devenu le champion national des voix de préférence. Au scrutin législatif, cette fois, en tant que candidat du PPRD, le parti du président Joseph Kabila. Lors de ses campagnes «à l’américaine», financées sur fonds propres, Katumbi a toujours affiché un soutien indéfectible au président. Il est vrai qu’il lui doit son retour au pays, en juillet 2003, après son exil précipité par la chute de Mobutu en 1997 (lire «L’“étoile filante” du Katanga», ci-dessous). Mais Katumbi lui doit aussi, d’une certaine manière, une partie de sa fortune.

    Exécutions extrajudiciaires

    Car quand il rentre au Katanga, Moïse Katumbi se relance dans les affaires minières via sa société Mining Company Katanga (MCK). En novembre 2004, MCK signe un deal avec Anvil Mining, une société canadienne qui vient d’être mêlée à une sale histoire. Quelques semaines plus tôt, en octobre, l’armée congolaise (FARDC) a maté dans le sang une révolte à Kilwa, ville portuaire stratégique pour les opérations d’Anvil. «Après avoir bombardé la ville, les soldats congolais ont procédé à des exécutions extrajudiciaires, des détentions illégales, des viols, la torture, et le pillage. Ils ont tué plus de 70 personnes, selon les Nations Uniesraconte le Centre canadien pour la justice internationale (CCJI), un organisme financé par l’ONU qui travaille avec des victimes et cherche à traduire en justice les auteurs de crimes impunis. Anvil, dont la mine Dikulushi était située à 50 km de la contre-offensive, a admis avoir fourni un soutien logistique aux FARDC, sous la forme de véhicules et de transport aérien.» 

    Cette complicité avérée d’Anvil à des exécutions sommaires ne semble guère émouvoir Katumbi. Les affaires, c’est les affaires. Mais quel est donc ce deal signé avec la sulfureuse Anvil? Grâce, semble-t-il, à ses relations au sein de la Gécamines (la société d’Etat qui gère et exploite une grande partie des ressources minières du Katanga), Katumbi a obtenu – pour une bouchée de pain – les droits d’exploitation pour 25 ans de trois importants gisements de cuivre et de cobalt (Kinsevere, Tshifufia et Nambulwa) au nord-est de Lubumbashi. Une bouchée de pain d’un million de dollars, certes, mais qui va lui permettre de toucher un fameux jackpot.

    60 fois sa mise

    En juillet 2007, le projet minier de Kinsevere était valorisé à 683 millions de dollars australiens (435 millions d’euros) par les analystes du bureau d’études australien Euroz Securities. Incapable d’exploiter seul ce gisement, Katumbi va revendre ses droits à Anvil. Entre novembre 2005 et mars 2007, sa société MCK cède 95% de ces droits d’exploitation au cours de trois transactions (voir les communiqués de presse d’Anvil Mining ici). L’opération est donc bouclée en mars 2007, au moment précis où Katumbi prend la tête du Katanga. Elle lui a rapporté 61,3 millions de dollars. Soit soixante fois sa mise. En un an et demi seulement. Coup de maître.

    Cette opération a-t-elle des ramifications au Panama? Marianne est en mesure de révéler que Moïse Katumbi a créé dans ce paradis fiscal sud-américain, le 13 novembre 2006, une société offshore dénommée GKMIC S.A., dont il est également le président (voir les statuts de GKMIC ici). Le nom de cette offshore rappelle furieusement la Gécamines, voire la contraction phonétique de Gécamines et MCK. Cette offshore est toujours «vigente» (en vie) aujourd’hui, d’après le registre des sociétés panaméen. Le jackpot minier de Katumbi y serait-il logé?

    Identité «secondaire»

    L’identité qu’a fournie Katumbi aux intermédiaires chargés de créer GKMIC n’est pas exactement celle qu’il utilise d’habitude, à savoir Moïse Katumbi Chapwe. Au Panama, il s’est enregistré sous le nom de Moïse Katumbi d’Agnano, une identité «secondaire» qu’il utilise dans certains contextes. Pour brouiller les pistes? C’est sous ce nom qu’il apparaît, en décembre 2006, sur un documentd’Euroz Securities recensant les vingt premiers actionnaires d’Anvil Mining (une partie de ses droits miniers lui a été payée par Anvil sous forme d’actions). Il en est alors le huitième actionnaire avec 1,1% des titres.

    Son rival Jean-Claude Muyambo, ancien bâtonnier de Lubumbashi et ex-ministre, avait par ailleursaffirmé, en septembre 2013, que Moïse Katumbi avait ouvert un compte sous cette même identité alternative en 2003, à la banque Belgolaise, ancienne filiale de BNP Paribas Fortis aujourd’hui fermée. Mais l’adresse fournie par Katumbi dans les statuts de GKMIC – 8 avenue Mahenge à Lubumbashi – confirme définitivement, si besoin était, que la panaméenne lui appartient bien: il s’agit de l’adresse à laquelle sa société de transports Hakuna Matata est domiciliée

    Les deux autres administrateurs de GKMIC – Ultra Mega Development S.A. et Fairfax Invest Corp. S.A. – sont de discrètes et sulfureuses offshores basées aux îles Vierges britanniques, autre havre d’opacité et de clémence fiscale. Sulfureuses, car ces deux «sociétés de paille» ont été citées en lien avec un homme d’affaires colombien arrêté à Panama en 2008, puis extradé à New York en 2010 pour blanchiment d’argent de la drogue. Il a plaidé coupable.

    Le silence du Gouverneur

    Résumons. Recours à un paradis fiscal opaque, identité «alternative», prête-noms douteux: la recherche de discrétion par Moïse Katumbi est manifeste. A-t-il créé cette offshore pour mettre fiscalement à l’abri tout ou partie des 61,3 millions de dollars amassés lors de la vente de ses droits d’exploitation miniers? S’agirait-il d’un montage visant à réceptionner discrètement un éventuel «cadeau» de Joseph Kabila, en échange du soutien de Katumbi pour l’ensemble de sa campagne présidentielle en 2006? Ou s’agit-il tout simplement de l’utilisation légale d’un véhicule offshore, déclaré au fisc congolais, dans le cadre de ses affaires?

    Ces questions, Marianne aurait souhaité les poser au Gouverneur du Katanga, qui n’a pas donné suite à nos multiples sollicitations.

     
    Publié par

    David Leloup (avec Q.N.)

  • Katanga:Un manque à gagner de 3,7 milliards $ sur 5 ans, lié aux fraudes fiscales au Katanga

    Katanga:Un manque à gagner de 3,7 milliards $ sur 5 ans, lié aux fraudes fiscales au Katanga

    CONGO-DEMOCRATIC – La République démocratique du Congo aurait perdu environ 3,7 milliards de dollars en droits de douanes et taxes impayées par des compagnies opérant dans la région minière du Katanga (Sud-est) entre 2008 et 2013, rapporte l’agence Reuters le 30 janvier, citant un rapport non publié, commandé par le bureau du procureur de la République.

    Ce rapport, auquel Reuters a pu accéder, est daté de novembre 2013 mais n’a pas été divulgué. Il a été commandé par le procureur de la République, Flory Kabange Numbi, dans le cadre d’une enquête ouverte par le gouvernement sur des malversations présumées de douaniers et de sociétés dans la province du Katanga, qui recèle d’importantes réserves de minerais, dont le coltan, l’or, le charbon, le nickel et le cuivre. Ce rapport accuse plusieurs sociétés minières opérant dans la région d’avoir sous-déclaré leurs revenus d’exportations et d’importations de façon à économiser plusieurs milliards de dollars de taxes, voire parfois de ne pas du tout payer les taxes légales, souvent avec la complicité de certains agents des douanes.

    Le rapport a été rédigé par une équipe qui s’est rendue pendant dix jours au Katanga sous la direction de l’avocat général Simon Nyandu Shabandu. Cette équipe a examiné 25 cas d’infractions douanières alléguées et estimé que 11 sociétés devaient un total de 741 millions de dollars en amendes et taxes impayées, notamment de la part de Mutanda Mining, une société opérant dans l’extraction du cuivre contrôlée à 69% par le géant suisse des matières premières Glencore Xstrata.

    La mission a aussi recensé 252 autre cas présumés de fraude, portant sur un montant total de 3 milliards de dollars.

    Certaines compagnies citées dans ce rapport ont déjà remis en cause l’exactitude de ces informations. « Contrairement à ce qui est déclaré dans ce document, la mission n’a pas pris contact avec la mine de Mutanda. Mutanda n’a pas de dette fiscale en cours, ni d’amende impayée», a déclaré le porte-parole de Glencore Xstrata dans un communiqué. Le responsable de l’agence des douanes du Katanga a estimé que le rapport était «exagéré», notant qu’il «n’y a pas eu d’entretiens appropriés avec les sociétés concernées».

    Le procureur de la République, Flory Kabange Numbi, n’a pas souhaité commenter ce rapport, se limitant à déclarer qu’il était trop tôt pour tirer des conclusions alors que l’enquête était toujours en cours.

    PAR Agence Ecofin

  • 4 ans de vie sans le FMI : LA PROPHETIE DE MZEE SE REALISE

    4 ans de vie sans le FMI : LA PROPHETIE DE MZEE SE REALISE

    Le nouveau Premier ministre a fait carrière dans les institutions financières publiques avant de devenir ministre des finances en 2010.
    Le nouveau Premier ministre a fait carrière dans les institutions financières publiques avant de devenir ministre des finances en 2010.

    -Depuis quatre ans, la RDC n’est plus en programme avec le FMI et la Banque Mondiale. Le pays compte essentiellement sur ses ressources internes pour financer ses dépenses de fonctionnement et d’investissement.

    Cela rappelle l’idéal de feu Mzee Laurent-Désiré Kabila, qui tenait à ce que la RDC bâtisse son développement à partir de ses propres richesses. A ce propos, il ne cessait d’exhorter ses compatriotes à se prendre en charge.

    Aujourd’hui, son discours commence à produire les effets escomptés. Le pays s’est effectivement engagé dans la voie de sa reconstruction en s’appuyant sur ses ressources propres.

    L’histoire retiendra pour les générations futures que la victoire éclatante des FARDC sur les forces du mal incarnées par le M23 « a été l’une avancées incontestables autour desquelles s’est spontanément forgé un véritable consensus national et patriotique en constituant la pierre angulaire de la renaissance du Congo, de la consolidation de la sécurité nationale et de la restauration de l’autorité de l’Etat ». Tel a été l’axe central de la conférence de presse tenue samedi 25 janvier 2014 par Augustin MATATA Ponyo, dans la salle des réunions de son cabinet de travail à Gombe.

    Une victoire militaire, certes mais qui a eu des répercussions politiques, diplomatiques et sécuritaires évidentes qui ont fait mentir tous ceux qui croyaient que les Congolais étaient condamnés à ne compter que sur l’assistance étrangère lorsqu’il faut défendre leur héritage ancestral, à savoir l’intégrité du territoire leur légué et de sa souveraineté internationale. Cette victoire militaire, a souligné le Premier ministre, est consécutive à la professionnalisation des FARDC qui se poursuit avec la formation et le renforcement de 32 régiments en matériels et les équipements militaires, les travaux de réhabilitation des infrastructures des centres d’entrainement, d’instruction et des casernes à travers la République, les actions disciplinaires et des enquêtes judiciaires ouvertes à charge des inciviques et enfin le processus d’identification des éléments de l’armée nationale.

    Sur le plan diplomatique, il y a lieu de signaler des avancées significatives, notamment la régularisation du fonctionnement des ambassades et postes consulaires, le paiement des contributions internationales et la participation des délégués de la RDC à toutes les tribunes internationales où se discute le sort et les intérêts de la nation congolaise. Quant à la décentralisation, MATATA Ponyo a fait état de la finalisation des projets des lois essentielles à cet effet, du protocole d’accord conclu lors de la conférence annuelle des gouverneurs tenue l’année dernière à Kananga relatif aux modalités de consommation des crédits d’investissement dans les secteurs des compétences exclusives des provinces et des préparatifs en cours à la CENI pour la présentation du calendrier électoral.

    L’administration publique a connu une réforme avec l’instauration du système de bancarisation de la paie des fonctionnaires et la maîtrise progressive des effectifs et de la masse salariale grâce à la poursuite des opérations de recensement biométrique. Le gouvernement prépare le lancement de l’école nationale d’administration pour les premières formations initiales dès cette année en cours. En plus, le gouvernement a lancé des études de faisabilités pour la création d’une caisse de retraite en faveur des fonctionnaire.

    La situation économique et monétaire a connu une embellie considérable qu’il convient de saluer, a déclaré le Premier ministre. Malgré l’état de guerre depuis plus de vingt ans et surtout le ralentissement de la croissance en Occident et en Chine, le gouvernement a mis en place des politiques publiques ambitieuses, courageuses et appropriées. Particulièrement pour le programme de réunification de la République par voie routière,  la relance de l’agriculture,  la réhabilitation et la construction d’autres infrastructures de base. Le bilan est flatteur et encourageant, a-t-il indiqué, notamment le taux de croissance estimé à 8,5 % contre un objectif de 8,32 %. Celui-ci place la RDC au 3ème rang en Afrique des pays qui ont créé plus de richesses en 2013. La hausse des prix a été maintenue à 1,03 % contre un objectif de 4 %.  Le taux d’inflation est le plus bas que le pays ait connu depuis son accession à la souveraineté internationale et qui se situe à près de 1 % contre un objectif de 4 %.

    Le secteur social a bénéficié d’une attention particulière du gouvernement pour matérialiser la vision du chef de l’Etat. Une enveloppe de 466,5 milliards des Francs Congolais a été consacrée à l’éducation, à la santé, à l’accès à l’eau potable, à l’électricité en milieu rural, au logement décent et au transport en commun. A titre d’exemple, MATATA Ponyo a cité la construction et la réhabilitation de 455 écoles sur les 1.000 prévues à travers la République. Le démarrage de la première phase de construction de 1.000 logements sur le site de l’ex-pépinière de Bandalungwa. La relance effective des activités du DAIPN s’est concrétisée avec une production initiale de 25.000 poulets depuis décembre dernier. La modernisation en cours concerne 66 hôpitaux de référence et 330 centres de santé à travers le pays. Plus de 60 bus arrivent bientôt au port de Boma et vont enrichir le charroi de la société TRANSCO pour atteindre 300 en prévision du nombre de 1.000 bus d’ici le mois de décembre prochain.

    Perspectives pour 2014

    Il est prévu la création de nombreux parcs agropastoraux pour former des fermiers congolais et obtenir l’indépendance alimentaire dans un délai raisonnable. Cela permettra de créer des emplois directs et indirects stables et rémunérateurs, d’offrir une gamme variée de produits alimentaires et d’augmenter l’accès du plus grand nombre des Congolais à une alimentation décente et surtout de réduire la dépendance du pays aux importations des produits alimentaires, provoquant une fuite des devises disponibles pour grossir l’enveloppe des réserves de change.

    Le gouvernement compte poursuivre la relance économique avec un taux de croissance supérieure à 9 % voire à deux chiffres avec un niveau compatible d’inflation. Il faudra vaincre la modicité des disponibilités budgétaires et intensifier les efforts de mobilisation des ressources en vue de réaliser la vision de l’émergence du Congo telle que prônée par le chef de l’Etat. Le  gouvernement  de la République va poursuivre la réhabilitation des infrastructures sociales, notamment les écoles, les centres de santé, les hôpitaux, les logements sociaux, etc. Il va procéder à la création d’une nouvelle compagnie aérienne, à la réhabilitation des routes de desserte agricole et à la réunification du pays par la voie routière.

    Au plan sécuritaire, Matata Ponyo promet la consolidation de la paix et la sécurité sur toute l’étendue du territoire national, le renforcement de la cohésion nationale et la consolidation de l’Etat de droit. Le gouvernement va s’atteler au renforcement de la diplomatie et de la coopération au développement par sa présence active sur l’échiquier international, la régularisation du fonctionnement de nos ambassades et postes consulaires ainsi que le paiement régulier des contributions internationales. D’une manière générale, Matata Ponyo a promis de continuer avec cette rigueur qui a produit la stabilité, la sécurité des personnes et leurs biens, des écoles, des routes, des hôpitaux, des centres de santé, des logements sociaux, bref la vision du chef de l’Etat pour un Congo émergent.

    F.M.