En dépit d’une décision de justice interdisant la publication d’une enquête sur des accusations de harcèlement à l’encontre d’un chef d’entreprise, outre-Manche, un lord a brisé le secret jeudi, au nom de l’intérêt général. Une pratique légale, grâce à l’immunité parlementaire, mais controversée, rapporte la presse britannique.
“Contacté par une personne impliquée dans l’affaire du chef d’entreprise qui a eu recours à des accords de confidentialité pour faire taire des victimes de harcèlement sexuel, de racisme et d’intimidation au sein de sa société, il est de ma responsabilité de dévoiler le nom de la personne en question, à savoir [sir] Philip Green, étant donné que la presse a été muselée par une décision de justice.” Un parlementaire britannique a rompu le secret, jeudi 25 octobre, au terme de deux jours de polémique et de spéculations. Et mis un visage sur la silhouette publiée en une du Daily Telegraph la veille. “Une issue inévitable, selon le quotidien, au vu du
Quatre-vingt-un ans après son inscription dans le marbre, l’article relatif au blasphème pourrait être abrogé à l’occasion d’un référendum organisé ce vendredi. Le “oui” est en tête dans les sondages, alors qu’aucune condamnation pour un tel délit n’a été prononcée sur l’île d’Émeraude depuis plusieurs siècles.
“Dans la cultissime comédie des Monty Python La Vie de Brian, un dignitaire juif formule le jugement retenu contre un homme accusé de blasphème : ‘Les Anciens vous ont jugé coupable d’avoir prononcé le nom de notre Seigneur, en conséquence, blasphémateur, vous serez lapidé à mort !’ Bien sûr, ce film a été censuré en Irlande à sa sortie en 1980”, s’amuse l’Irish Independent.
Défini comme “tout contenu constituant une grossière injure ou une insulte contre quelque chose tenu pour sacré par une religion”, le blasphème est inscrit dans la Constitution depuis 1937. “Une mention quelque peu archaïque”, poursuit le quotidien de Dublin, sur laquelle les Irlandais sont invités à se prononcer par voie de référendum ce vendredi. Après les scrutins sur le mariage homosexuel, en 2015, et pour abroger l’interdiction de l’IVG, en mai dernier, ce scrutin “peu en vue” est le signe que le pays “prend ses distances avec l’Église”, note The Guardian.
Aucune condamnation depuis trois cents ans
En vertu de l’article 40.6.1 de la Constitution, “l’expression ou la publication de contenu blasphématoire, séditieux ou indécent constitue un délit puni par la loi”. Depuis 2009, un tel délit est passible d’une amende de 25 000 euros, après avoir été longtemps puni d’une peine de prison de sept ans. Sauf que… personne n’a été jugé pour de tels faits en Irlande depuis belle lurette. La dernière condamnation remonte à 1703, tandis qu’en 1855 un prêtre rédemptoriste d’origine ukrainienne a été poursuivi après avoir ordonné un autodafé de livres à tendances “immorales”. Seul hic, une Bible s’était glissée dans le lot par erreur, relate The Irish Times. Après audition des témoins, le prêtre avait été acquitté.
Plus récemment, trois actions ont été intentées contre des articles et des dessins de presse en 1995, en plein débat sur la légalisation du divorce. Toutes rejetées. Enfin, l’an dernier, l’auteur et acteur Stephen Fry a fait l’objet d’une enquête après avoir déclaré à la télévision publique irlandaise deux ans plus tôt : “Pourquoi devrais-je respecter un Dieu mesquin, capricieux et stupide qui a créé un monde rempli d’injustice et de douleur ?” En dépit d’une plainte déposée par un habitant du comté de Clare, dans l’ouest du pays, la police a rapidement classé l’affaire… faute d’avoir trouvé un groupe de personnes suffisamment choquées par ses propos.
Le “oui” largement en tête dans les sondages
“Le temps de l’interdiction du blasphème est révolu”, assure l’Irish Independent, alors que 51 % des électeurs entendent voter oui, selon les sondages. Pour les partisans de l’abrogation, cette mention dans la Constitution nuit à l’image du pays à l’international. Les militants du non (19 %, pour 25 % d’indécis) estiment pour leur part que ce référendum constitue beaucoup de bruit pour pas grand-chose, rapporte TheIrish Times, et que l’article de la Constitution ne nuit pas à la liberté d’expression. Ils font remarquer que la législation irlandaise en la matière est parmi les plus clémentes des 71 pays où le délit de blasphème existe encore.
Un deuxième mandat pour le président poète ?
Les trois millions d’Irlandais inscrits sur les listes électorales sont également appelés à élire leur président, ce jeudi. Le sortant Michael D. Higgins, ancien membre du parti travailliste et écrivain de 77 ans, est le favori des six candidats en lice. En Irlande, la fonction est principalement cérémoniale : le président est chef de l’Etat mais pas chef du gouvernement. Malgré sa promesse de ne faire qu’un mandat, après son élection en 2011, “Michael D.” ‘est très populaire’, avec 70% d’opinion favorable”, note The Irish Examiner, “ce qui l’a sans doute poussé à revenir sur sa parole”. Le scrutin est un vote alternatif à un tour, et les premières estimations devraient être publiées aux alentours de 22 heures (à Dublin), à la fermeture des bureaux de vote.
C’est un geste d’une grande portée symbolique qu’a accompli le Parlement européen en décernant, jeudi 25 octobre, son prestigieux prix Sakharov au cinéaste ukrainien Oleg Sentsov, emprisonné en Fédération de Russie depuis plus de quatre ans.
Le réalisateur, se félicite Oukraïnska Pravda,“a remporté le prix Andreï Sakharov pour la liberté de l’esprit du Parlement européen”. Sentsov “est le premier ressortissant ukrainien a en être lauréat”, souligne le quotidien en ligne, qui rappelle :
Le cinéaste a été arrêté en mai 2014. En août 2015, le Tribunal militaire du district du Nord-Caucase de Rostov-sur-le-Don l’a condamné à vingt ans de colonie pénitentiaire pour avoir prétendument préparé des attentats terroristes en Crimée annexée. […] Le 14mai 2018, Sentsov a entamé une grève de la faim pour obtenir la libération de tous les Ukrainiens détenus en Russie. Le 6 octobre, il a mis fin à son action, les autorités menaçant de l’alimenter de force”.
La cérémonie de remise du prix doit avoir lieu à Strasbourg le 12 décembre, fort probablement en l’absence du lauréat, toujours incarcéré en Sibérie.
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Le journal en ligne “Vérité ukrainienne”, a été créé en 2000 par le journaliste Guéorgui Gongadzé, assassiné au cours de la même année alors qu’il enquêtait sur la corruption au sein du pouvoir. Le titre, qui traite de sujets exclusivement nationaux
C’est la politique de la zone euro qui est à l’origine des tensions entre Rome et Bruxelles sur la question du budget italien, analyse ce quotidien allemand. Et c’est à Berlin que se trouve la solution.
Devant les dissensions provoquées par le budget programmé à Rome, le ministre allemand des Finances et vice-chancelier du gouvernement Merkel estime que les dettes italiennes sont le problème de l’Italie. Ce faisant, Olaf Scholz se comporte en fidèle disciple d’Angela Merkel. Celle-ci n’avait en effet pas réagi autrement, en 2009, quand la Grèce était au bord du gouffre. Il s’agissait de la première d’une longue série d’erreurs dont on voit aujourd’hui l’aboutissement, alors que la dette italienne pourrait condamner la devise européenne.
L’obstination de Berlin à refuser d’admettre que la zone euro souffre d’un grave problème est incompréhensible. Car la polémique autour du
Le 23 octobre, pour la première fois, Bruxelles a rejeté le budget italien, dont les prévisions de déficit sont considérées comme excessives. Le gouvernement populiste assure qu’il n’en démordra pas. Et voilà que Vladimir Poutine se dit disposé à acheter des bons du Trésor italien.
En plein bras de fer avec Bruxelles autour du budget italien, le Premier ministre Giuseppe Conte était, ce 24 octobre, en visite à Moscou, où il a rencontré le président Poutine, relate La Stampa.
Cet entretien a permis la signature de 14 contrats importants, notamment dans les secteurs de l’énergie et des infrastructures, explique le journal, et de discuter des “sanctions européennes contre la Russie, que l’Italie a toujours été prête à suspendre”. Mais ce sont surtout les propos du président russe à l’issue de cette rencontre qui ont retenu l’attention de la presse.
“Surprise, écrit le quotidien financier Il Sole-24 Ore
Les révélations avortées du Daily Telegraphcontinuent de faire des vagues, outre-Manche. Mercredi 24 octobre, le quotidien conservateur titrait sur “le scandale #MeToo qui ne peut être révélé”, après que la justice britannique lui a interdit la publication d’une enquête concernant un chef d’entreprise “de haut rang”. Soupçonné de harcèlement sexuel et d’intimidation, l’homme en question a invoqué le respect des accords de confidentialité signés avec cinq victimes auprès de la cour d’appel d’Angleterre et du pays de Galles, qui lui a donné raison.
Ce jeudi, The Sun fustige“les bâillons de la richesse” en une de son édition du jour. “Cet impératif de silence a provoqué la colère d’une bonne partie de la classe politique”, constate le tabloïd conservateur. Pour preuve, un certain nombre de députés ont exprimé leur inquiétude pour la liberté de la presse, face au dévoiement du recours aux accords de non-divulgation. Ces “non-disclosure agreements” (NDA) sont habituellement signés dans le but de protéger le secret industriel d’une entreprise, “pas pour réduire les lanceurs d’alerte au silence, mais il apparaît clairement qu’ils sont parfois utilisés pour ça”, a regretté la Première ministre Theresa May devant le Parlement.
Alors que “l’homme d’affaires dont on ne peut prononcer le nom” a engagé quelque 500 000 livres en frais de justice, la députée travailliste Jess Phillips a jugé “anormal que les riches puissent acheter le silence”. “Est-ce dans l’intérêt du grand public qu’un chef d’entreprise plein aux as puisse bâillonner la presse de la sorte ?”lance The Sun dans son éditorial.
Ne doit-on pas être mis au courant de ses agissements ? Demandez-vous aussi ceci : si un membre de votre famille postulait pour travailler sous ses ordres, n’aimeriez-vous pas être au courant ?”
Et de conclure que ce cas illustre, comme depuis le début du mouvement #MeToo, “jusqu’où les puissants sont prêts à aller pour obliger leurs victimes à se taire”.
Source
Fleuron de la presse à sensation, The Sun est le plus lu de tous les journaux britanniques. Le sport, le sexe et les scandales constituent le fonds de commerce de ce titre phare du groupe Murdoch.
Réputé pour sa page 3, où une jeune
Du 25 octobre au 7 novembre, 31 pays participent à des exercices militaires de grande ampleur dans le nord de la Norvège, soit quasiment aux portes de la Russie.
Bruxelles a décidé de répondre à Moscou. Le 25 octobre seront lancées les plus grandes manœuvres militaires de l’histoire de l’Otan depuis la fin de la guerre froide. Elles auront lieu dans le nord de l’Europe, sur fond de tension croissante entre l’Alliance atlantique et la Russie, qui a quant à elle organisé, en septembre dernier, ses plus importantes manœuvres depuis trente ans sous le nom “Orient-2018”.
Les exercices de l’Otan, nommés “Trident Juncture 2018”, se dérouleront sur terre et sur mer, dans le nord de la Norvège, pays frontalier de la Russie. Avec environ 45 000 hommes, 150 avions, 60 navires et 10 000 engins motorisés, l’opération Trident est de moindre envergure qu’Orient-2018, à laquelle ont participé plus de 300 000
Dans cette ancienne ville industrielle, au pays de Galles, les électeurs se disent fatigués par l’incertitude et la pagaille causées par les négociations. Au point de regretter leur vote en faveur de la sortie de l’Union européenne.
Au célèbre marché couvert de Swansea, John s’arrête quelques instants de balayer pour méditer sur sa décision, en juin 2016, de voter en faveur du Brexit. “Si j’en avais l’occasion, je voterais autrement, avoue-t-il. On entend beaucoup parler de suppressions d’emploi et ça ne me plaît pas. C’est la catastrophe. Je crois qu’ils ne savent pas ce qu’ils font.”
Et il n’est pas le seul Gallois à changer son fusil d’épaule : ces temps-ci, on entend régulièrement qu’il faut se préparer à des troubles économiques, à des pénuries de nourriture et à des licenciements si le Royaume-Uni quitte l’UE en mars 2019 sans qu’un accord ait été conclu. Selon un modèle qui distingue chaque circonscription britannique et qui repose sur de nouveaux sondages réalisés par YouGov, 14 circonscriptions au pays de Galles ont changé d’avis en 2018 et voudraient maintenant rester dans l’UE, ce qui place clairement les Gallois dans le camp proeuropéen.
L’un des principaux revirements a été enregistré à Swansea, un bastion travailliste où près de 13 % des électeurs ont changé de camp dans les quartiers défavorisés, dans l’est de la ville. Ce basculement donnerait aux partisans de l
Renvoyer les Britanniques aux urnes ne permettra pas de refermer les blessures ouvertes par le premier référendum. Le Royaume-Uni n’est pas une démocratie directe, c’est au Parlement de régler le problème, insiste ce journal pro-Brexit.
Nous sommes dans un beau pétrin constitutionnel. Le référendum de 2016 a libéré des démons qu’il va être difficile de faire rentrer dans leurs sombres cavernes. La souveraineté du peuple a pris le dessus sur celle du Parlement et ce dernier ne sait tout bonnement pas comment réagir.
Le problème a été aggravé par des élections législatives qui n’ont pas renouvelé la majorité absolue du Parti conservateur au pouvoir [en juin 2017]. La question qui se pose maintenant est : comment allons-nous nous dépêtrer de ce bourbier sans détruire complètement le système ?
Certains constitutionnalistes affirment que la solution est d’organiser un autre référendum. Que consulter de nouveau le peuple est le seul moyen de sortir de l’impasse. “Le dilemme posé par le peuple lors du référendum de 2016 et de nouveau lors des législatives de 2017 ne pourra être résolu que par le peuple dans un autre référendum”, a récemment écrit Vernon Bogdanor, professeur à l’université d’Oxford.
La campagne dite du “Vote populaire” [The People’s Vote] a
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Philip Johnston
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Contrepoint : C’est la seule solution
Écartée par Theresa May à plusieurs reprises, l’idée de convoquer un second référendum ne devrait pas être enterrée de sitôt, estime The Times, quotidien conservateur anti-Brexit.“Trouve-t-on au Parlement une majorité en faveur d’un retrait de l’UE sans accord ? Non. D’un maintien dans le marché unique à la norvégienne ? Non. Du ‘plan de Chequers’ [qui vise à conserver des règles communes avec l’UE dans certains domaines] proposé par Theresa May ? Non. D’un accord de libre-échange à la canadienne ? Non. Et de nouvelles législatives ? Non plus. Aucune majorité ne se dégage pour quoi que ce soit”, en vue du vote contraignant sur l’accord de divorce qui doit avoir lieu à la Chambre des communes. “Alors si on ne veut pas voir le pays arriver à la fin mars 2019 en continuant à discuter pendant qu’il passe par-dessus bord, il va falloir que quelqu’un fasse quelque chose. C’est cet état de fait, et rien d’autre, qui peut encore provoquer un deuxième référendum.”