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  • Piratage de Sony : “L’Interview qui tue !” sera projeté dans des cinémas

    Piratage de Sony : “L’Interview qui tue !” sera projeté dans des cinémas

    sony-Défiant les menaces de pirates informatiques qui exigeaient l’annulation, le long-métrage sortira en exclusivité le 25 décembre dans certaines salles.

    Des cinémas américains ont annoncé mardi qu’ils allaient projeter la comédie de Sony sur l’assassinat du leader nord-coréen L’Interview qui tue!, défiant les menaces de pirates informatiques qui exigeaient l’annulation de la sortie du film. L’Interview qui tue ! va sortir en exclusivité le 25 décembre”, le jour initialement prévu pour sa sortie, écrit Le Plaza Atlanta, salle d’art et d’essai du sud des États-Unis surTwitter, ajoutant qu’il sera “l’un des quelques cinémas du pays à projeter le film”.

    De son côté, le patron de l’Alamo Drafthouse d’Austin, au Texas, a tweeté que “Sony a autorisé des projections de L’Interview qui tue ! le jour de Noël. (…)#Victoire.” Cette franchise de salles de cinéma bien connue outre-Atlantique, faute de pouvoir diffuser le nouveau film de Seth Rogen, diffusera à la place Team America: World Police gratuitement, une autre satire du régime nord-coréen.

    Pyongyang courroucé

    Plusieurs médias américains dont CNN et The Wrap, un site spécialisé dans le secteur du divertissement, affirment mardi que Sony Pictures va annoncer rapidement que le film qui a courroucé Pyongyang va bénéficier d’une sortie limitée à quelques cinémas aux États-Unis au lieu de la sortie nationale qui était initialement prévue.

    Lundi soir, un groupement représentant au total 250 salles de cinéma indépendantes avait lancé une pétition sur le site change.org pour demander à Sony de leur permettre de projeter la comédie controversée sur un complot fictif de la CIA pour assassiner le leader nord-coréen Kim Jong-un.

    “Acte de terrorisme”

    Cette satire a été qualifiée d’”acte de terrorisme” par Pyongyang qui aurait commandité la gigantesque attaque informatique dont Sony Pictures a été victime le 24 novembre par un groupe se présentant comme le GOP et exigeant du studio de cinéma qu’il annule la sortie du film.

    Le GOP avait notamment menacé de s’en prendre aux salles de cinéma qui montreraient L’Interview qui tue !, agitant le spectre des attentats du 11 septembre 2001. Le régime communiste nie être impliqué dans le piratage au cours duquel les données personnelles de 47 000 employés et collaborateurs de Sony Pictures ont été dérobées, mais en a loué les auteurs.

    Le Point

  • Barack Obama et Raul Castro se sont entretenus par téléphone (responsable américain)

    Barack Obama et Raul Castro se sont entretenus par téléphone (responsable américain)

    obama-Dans la foulée de la libération par les autorités cubaines de l’Américain Alan Gross, le président Barack Obama a annoncé ce mercredi avoir demandé au secrétaire d’Etat John Kerry d’engager des discussions avec Cuba sur une normalisation des relations diplomatiques, qui ont été rompues en janvier 1961.

    Article régulièrement mis à jour

    Dans une allocution télévisée, le président américain Barack Obama a dit avoir demandé au secrétaire d’Etat John Kerry d’engager des discussions avec Cuba sur la normalisation des relations politiques. Les Etats-Unis devraient aussi rouvrir une ambassade à La Havane.

    De son côté, le président cubain Raul Castro s’est également adressé à ses concitoyens sur toutes les chaines de télévision de l’île, confirmant le rétablissement des relations diplomatiques entre les deux pays. A ses yeux, la seule question qui reste à régler est celle de l’embargo américain. En écho, Barack Obama a déclaré qu’il allait évoquer avec les membres du Congrès américain la levée de cet embargo en vigueur contre l’île.

    « Je pense que nous pouvons aider davantage les Cubains » en discutant avec le gouvernement de La Havane, a estimé Obama. « La politique rigide menée par Washington ces dernières décennies à l’égard de Cuba a eu peu d’impact », a-t-il ajouté, annonçant par ailleurs que les Etats-Unis vont retirer Cuba de la liste des pays soutenant le terrorisme.

    Obama salue le rôle essentiel du pape François

    « L’isolement de Cuba n’a pas fonctionné », a déclaré le président américain, prônant une « nouvelle approche » et déclarant en espagnol : « Somos todos americanos », « Nous sommes tous Américains ».

    Barack Obama a également remercié le pape François qui a joué un rôle crucial dans
    le rapprochement entre les deux pays. En retour, le Souverain pontife a exprimé sa « grande satisfaction » pour cette « décision historique » à laquelle il a participé cet été, notamment par l’envoi de deux lettres aux présidents Castro et Obama. Dans un communiqué, le Vatican a confirmé l’envoi de ces courriers, mentionnant également que des délégations des deux pays avaient été reçues en octobre, et qu’il avait offert ses « bons offices ».

    rfi

  • Coup de filet antiterroriste en France

    Coup de filet antiterroriste en France

    FRANCE-Une dizaine de membres d’une filière jihadiste ont été arrêtés ce matin en France. La filière recrutait et acheminait vers la Syrie des candidats au jihad. Cette opération coordonnée dans la région de Toulouse, en Normandie et en région parisienne, selon les services antiterroristes, ciblait entre 10 et 15 personnes.

    C’est dans une grande moitié ouest de la France que ces opérations policières se sont déroulées entre Paris, Le Havre, la campagne bordelaise et la région Midi-Pyrénées autour de Toulouse. Entre 10 et 15 personnes étaient visées par les forces de l’ordre. Et si le nombre de personnes interpellées n’est pas encore connu avec exactitude, il y en aurait au moins une dizaine avec des profils très variés, des hommes mais aussi au moins une femme, des jeunes également, voire même des mineurs. Cette opération aurait aussi des ramifications en prison. Au moins un détenu du sud-ouest de la France, incarcéré depuis quelques mois pour vol, a été transféré au commissariat de Toulouse pour être entendu.

    Un an d’enquête sur la filière jihadiste

    Ce vaste coup de filet est le fruit de plus d’un an d’enquête de la sous-direction antiterroriste de la police judiciaire. Cette filière aurait déjà permis l’acheminement de candidats au jihad vers la Syrie. Mais selon les pouvoirs publics, son démantèlement intervient alors que d’autres départs étaient prévus, voire imminents. Une opération qui montre aussi à quel point les procédés de recrutement sont divers. Car si certains candidats au jihad s’auto-radicalisent sur Internet et organisent leur départ via les réseaux sociaux, ce coup de filet montre aussi qu’il existe des réseaux plus structurés.

    RFI

  • Le patron de la CIA s’explique

    Le patron de la CIA s’explique

    john_brennan001_16x9-Deux jours après la publication d’un rapport de la Commission sénatoriale sur la torture utilisée par la CIA dans la lutte contre le terrorisme jusqu’en 2009, John Brennan a défendu son agence.

    Au cours d’une allocution de vingt minutes, le directeur de la CIA est parvenu à ne jamais parler expressément de « torture », lui préférant l’expression « techniques renforcées d’interrogatoire ».

    John Brennan a tout de même reconnu que certaines méthodes d’interrogatoire étaient « odieuses» mais il a souligné qu’elles étaient le fait d’une petite minorité d’agents.

    Le patron de la CIA estime qu’il est « impossible de savoir » si les informations obtenues sous la torture auraient pu être connues par d’autres moyens.

    Mais il maintient que des renseignements fournis par des détenus soumis à la torture ont contribué à mettre la main sur Oussama Ben Laden.

    Avant de diriger la CIA pour Barack Obama, John Brennan a été le directeur adjoint de l’agence sous la présidence de George Bush.

    Au Sénat, Dianne Feinstein, la présidente de la commission qui a publié le rapport sur la torture, rejette la défense présentée par le patron de la CIA.

    De son côté, un autre sénateur démocrate a réclamé la démission de John Brennan.

    Mais à la Maison Blanche, le porte-parole d’Obama indique que le président a totalement confiance dans le travail du directeur de la CIA.

    BBC

  • Morts de Noirs aux Etats-Unis: les manifestants ne décolèrent pas

    Morts de Noirs aux Etats-Unis: les manifestants ne décolèrent pas

    ny-Des manifestations ont encore eu lieu aux Etats-Unis ce jeudi, pour demander que cessent les violences policières. Ces actions à New York, Washington ou Cleveland, interviennent alors que deux policiers blancs, responsables de la mort de citoyens noirs, n’ont pas été inculpés. Et on apprend qu’un homme noir désarmé a été tué par un policier blanc en Arizona. Une information rendue publique par la police de Phoenix ce jeudi.

    Le ministre américain de la Justice a tenu une conférence de presse, sur le cas de Cleveland. Dans cette ville de l’Ohio, Tamir Rice, 12 ans, a été tué voilà 10 jours. Il avait dans la main un pistolet en plastique. Les pratiques de la police de cette ville sont remises en cause. Le ministre de la Justice parle d’usage systématique et excessif de la force, de méthodes d’entrainement inadéquates, d’impunité chronique pour les officiers qui commettent des fautes. L’audit est donc extrêmement sévère pour la police de Cleveland. Il ne s’agit pas de l’affaire Rice, il s’agit d’une enquête interne qui a duré 18 mois, qui a revu 600 cas entre 2010 et 2013.

    Si cette investigation a été conduite, c’est à la suite de très nombreuses plaintes, rapporte notre correspondante à Washington, Anne-Marie Capomaccio. La mort de l’enfant de 12 ans, tué par un policier dans une aire de jeu, à Cleveland, est donc intervenue alors que l’enquête était en cours. Le rapport confirme ce que les manifestants, à travers les Etats-Unis dénoncent, les policiers font un usage abusif de la force, et surtout de la force létale. Plus simplement, cela signifie qu’ils tirent pour tuer, même si les circonstances ne le commandent pas.

    Un Africain américain a 21 fois plus de chances d’être tué par un policier blanc

    « Les citoyens noirs sont victimes d’un délit de faciès érigé en système », expliquent les organisations de droits civiques. Les chiffres sont là pour le prouver : un Africain américain a 21 fois plus de chances d’être tué par un policier blanc qu’un membre d’une autre communauté.

    Le ministre américain de la Justice, Eric Holder, lors de la conférence de presse le 3 décembre 2014, à Washington, aux Etats-Unis.REUTERS/Yuri Gripas

    A Cleveland, l’officier a ouvert le feu sur Tamir Rice, 2 secondes après l’avoir hélé sans sortir de sa voiture. L’enfant était dans une aire de jeu. La scène a été filmée. Les résultats de l’audit sur la police de la ville, en cours depuis 18 mois, ont été dévoilés dans l’urgence jeudi, par le ministre de la Justice Eric Holder : « Le département de la police de Cleveland est enfermé dans un système d‘utilisation excessive de la force. Cela est le résultat de déficiences récurrentes, d’une impunité généralisée, de méthodes d’entrainement obsolètes, et d’une absence d’implication dans la communauté. »

    La police de Cleveland est désormais sous surveillance, la ville et le département de la justice vont travailler ensemble pour tenter de réformer les pratiques en cours. Cette annonce est manifestement destinée à calmer les esprits, mais les syndicats de police l’acceptent mal. Un groupe d’officiers blancs dénonçait jeudi des punitions trop sévères pour ses membres, et un laxisme coupable envers les policiers noirs qui commettent des fautes.

    Un problème de formation des forces de l’ordre

    Nous avons parlé de Cleveland, mais nous avons le cas de Ferguson avec la mort de Mike Brown, ou celui de Staten Island et le décès d’Eric Garner, et donc celle de Rumain Brisbon, tué par un policier blanc en Arizona, dont la police de Phoenix a annoncé la mort jeudi 4 décembre. A chaque fois, nous assistons à la mort d’un citoyen qui ne porte pas d’arme. Il s’agit bien d’un problème de formation des forces de l’ordre, c’est en tout cas ce que constate le ministre de la Justice.

    Il y a donc un défaut de formation sur la maîtrise de la force employée. A New York, le maire Bill de Blasio a annoncé son intention de réformer les forces de police de la ville, rapporte notre correspondant, Karim Lebhour. Dès ce vendredi, une soixantaine de policiers new-yorkais patrouilleront avec des petites caméras sur la poitrine. C’est la première mesure annoncée par le maire Bill de Blasio pour apaiser les tensions. Il promet que l’usage de ces caméras embarquées sera bientôt généralisé. Bill de Blasio veut aussi changer les méthodes des policiers new-yorkais lors d’une interpellation. Quelque 22 000 officiers vont retourner en formation pour apprendre des techniques d’approche moins musclée que celles qui ont conduit à la mort par étouffement d’Eric Garner : parler davantage, calmer les tensions, attendre les renforts en cas de problème. Le maire de New York veut former dit-il «une nouvelle génération » de policiers.

    Car l’autre faille du dispositif de sécurité est la défiance entre communautés et officiers autrement dit la défiance entre policiers blancs et citoyens noirs. Les statistiques expliquent cette défiance par le racisme, par la peur, ou encore le manque de formation, mais le résultat est là.

    Toutes ces frustrations qui restaient sous le tapis depuis des années ressortent chez les jeunes, qui débordent l’administration et les organisations traditionnelles. Ces dernières essaient de récupérer, au sens noble, cette colère, afin qu’elle ne soit pas vaine. Une grande manifestation sera organisée à Washington le 13 décembre, et un sommet sur les droits civiques est annoncé pour début 2015.

     

    RFI

  • Immigration : coup de force à la Maison Blanche

    Immigration : coup de force à la Maison Blanche

    maison blanche-À deux ans de la fin de son dernier mandat, Barack Obama a entrepris de réformer par décret, en court-circuitant le Congrès, les dispositions réglementant le statut des migrants clandestins. Sacrée bataille en perspective !
    “Nous ne devons pas opprimer le coeur de l’étranger car nous connaissons son coeur. Nous aussi avons été étrangers.” C’est en citant ce verset de l’Évangile que Barack Obama a, le 20 novembre, annoncé une réforme de l’immigration censée protéger de l’expulsion près de 5 millions de sans-papiers – sur les 11 millions que compte le pays.
    Cette réforme, il va être contraint de la conduire par décret (executive order) en raison de la farouche opposition des républicains, majoritaires dans les deux chambres du Congrès. Le projet de loi bipartisan adopté en 2013 par le Sénat n’a en effet jamais été discuté par la Chambre des représentants.
    Et comme, depuis les élections de la mi-mandat, au début de ce mois, le Sénat est contrôlé par le Grand Old Party (GOP), Obama n’avait plus d’autre choix que de passer en force. Comme quoi, même pour un lame duck (“canard boiteux”), comme on surnomme aux États-Unis un président en fin de second (et dernier) mandat, la meilleure défense reste l’attaque.
    En exposant son projet, Obama a joué avec talent sur la corde de l’émotion. Comme souvent, il a su trouver les mots justes : “Allons-nous tolérer plus longtemps un système hypocrite dans lequel les gens qui ramassent les fruits dans nos champs ou qui font nos lits n’ont aucune chance de voir un jour leur situation régularisée ?” Mais sans toujours réussir à éviter la mauvaise foi : “Nous n’expulserons pas massivement, ce n’est pas dans notre nature”, a-t-il prétendu, alors qu’aucun chef de l’exécutif avant lui n’avait autant expulsé : environ 400 000 clandestins par an depuis 2009.

    L’espoir de régularisation dépend du Congrès américain
    Dans le détail, la réforme vise à protéger les immigrés clandestins dont les enfants sont citoyens américains ou résidents permanents aux États-Unis. À l’avenir, ils auront le droit de travailler dans le pays pendant trois ans, à condition d’y vivre depuis au moins cinq ans et de posséder un casier judiciaire vierge. Quatre millions de personnes sont concernées. Aucun espoir, en revanche, de régularisation de leur situation puisque celle-ci est du ressort exclusif du Congrès. Et pas davantage d’accès aux aides sociales et à l’assurance santé mise en place par l’Obamacare.
    Les travailleurs agricoles clandestins ne bénéficieront pour leur part d’aucune protection particulière, la Maison Blanche ayant refusé d’accéder aux demandes des fermiers, qui emploient une main-d’oeuvre latino aussi nombreuse qu’illégale. Les autorités redoutent que d’autres secteurs d’activité comme le high-tech, lui aussi friand d’immigrés, ne demandent une faveur du même genre.
    Les Mexicains devraient être les principaux bénéficiaires du plan Obama : 44 % sont concernés, contre 24 % pour les ressortissants d’autres pays.
    La protection offerte aux dreamers (“rêveurs”), ces jeunes arrivés illégalement aux États-Unis alors qu’ils étaient enfants (Obama leur avait offert en 2012 un sursis à expulsion), va également être étendue. Il ne sera plus nécessaire d’avoir moins de 31 ans pour en bénéficier (un million de personnes sont concernées). Les parents, s’ils sont toujours clandestins, sont en revanche exclus du bénéfice de la réforme. Une cruelle déception pour les dreamers, qui avaient réussi à sensibiliser l’opinion américaine au drame que constitue une expulsion pour une famille. Depuis deux ans, ils interpellent les médias sur ce thème et harcèlent les parlementaires. Ils ont même interrompu à plusieurs reprises des discours d’Obama !
    Autre nouveauté, le programme Secure Communities, qui obligeait les polices locales à placer en détention avant leur expulsion les clandestins arrêtés pour des infractions mineures, excès de vitesse par exemple, va être abrogé. C’était la hantise de toutes les familles comptant un clandestin en leur sein, le moindre trajet en voiture pouvant s’achever par une expulsion. Les polices locales sont désormais priées de se concentrer sur les sans-papiers ayant des antécédents criminels.
    Selon le Pew Center, 56 % des Hispaniques préfèrent vivre et travailler sans crainte d’être expulsés plutôt que d’être un jour régularisés. Les Mexicains devraient être les principaux bénéficiaires du plan Obama : 44 % sont concernés, contre 24 % pour les ressortissants d’autres pays.

    Le coup de force d’Obama
    Même si, tant qu’une loi n’aura pas été votée, la réforme reste provisoire, le coup de force d’Obama sur un sujet aussi explosif fait couler beaucoup d’encre. Nombre de constitutionnalistes dénoncent une extension sans précédent – et illicite – du pouvoir présidentiel. Plusieurs prédécesseurs d’Obama avaient pourtant fait la même chose. En 1986, par exemple, après que le Congrès eut amnistié 3 millions de sans-papiers, Ronald Reagan avait dans la foulée régularisé par décret la situation de 100 000 clandestins. Beaucoup moins, il est vrai, que les 5 millions d’Obama…
    Chez les républicains, c’est un tollé. Une menace d’impeachment a même été agitée. Président de la Chambre des représentants, John Boehner accuse Obama de se comporter en “empereur”, tandis que le sénateur ultraconservateur Ted Cruz, du Texas, citant Cicéron, préfère le comparer à Catilina, ce sénateur qui complota pour renverser le Sénat – celui de Rome, bien sûr. Parfois, pour faire bonne mesure, il voit en lui un simple “trafiquant de faux papiers”. Quant à l’ineffable Michele Bachmann, républicaine du Minnesota et égérie du Tea Party, elle redoute que, grâce à la réforme, les démocrates bénéficient du renfort d’innombrables “électeurs illettrés”.
    Les républicains divisés
    Mais la palme du mauvais goût revient sans doute à un caricaturiste d’Indianapolis. Dans un dessin vite retiré du site internet de son journal, il montrait une famille de sans-papiers pénétrant par la fenêtre dans une maison où une famille blanche s’apprêtait à fêter Thanksgiving (qui tombait cette année le 20 novembre). “Grâce à Obama, disait la légende, nous avons des invités supplémentaires !”
    Reste que les républicains sont beaucoup plus divisés sur la question qu’il n’y paraît. Certains craignent que de telles saillies fassent perdre à leur parti le vote – crucial – des Latinos, en particulier lors de la présidentielle de 2016. Ils ont en tête le précédent Mitt Romney, qui, en 2012, avait invité les sans-papiers à “s’autoexpulser”. Résultat : Obama avait raflé 71 % des suffrages hispaniques. Beaucoup penchent donc pour la ligne modérée incarnée par un John McCain ou un George W. Bush. Gouverneur du New Jersey et favori, parmi d’autres, de la primaire républicaine, Chris Christie est de ceux-là. Alors qu’il n’a d’ordinaire pas sa langue dans sa poche, il n’a fait aucun commentaire sur le plan Obama. Même prudence du côté de Rand Paul, autre candidat sérieux à l’investiture du GOP. D’autres recommandent de reprendre le projet de loi adopté par le Sénat en 2013, qui offrait une régularisation définitive à tous les sans-papiers.
    Les Américains eux-mêmes sont très loin d’être unanimes. À en croire un sondage NBC/Wall Street Journal, 48 % d’entre eux désapprouvent le décret d’Obama, et 38 % l’approuvent. Mais ils sont 57 % à soutenir une régularisation à terme des sans-papiers. Une proportion qui passe à 74 % lorsque celle-ci est conditionnée au paiement des arriérés d’impôts et à l’examen du casier judiciaire, comme le prévoit le Sénat. Barack Obama n’est donc pas infondé à déclarer que les États-Unis “sont et resteront toujours une nation d’immigrants”.
    Combien d’Africains ?
    Combien d’Africains présents illégalement sur le territoire américain bénéficieront-ils du plan Obama ? Difficile à dire, en raison du manque de statistiques fiables. Le Migration Policy Institute estime néanmoins que, sur les 11 millions de sans-papiers que compte le pays, 200 000 seraient originaires d’un pays d’Afrique. En 2007, 25 % des 100 000 Africains admis chaque année à séjourner sur le territoire des États-Unis avaient obtenu l’asile politique, contre seulement 7 % pour l’ensemble des immigrants. En 2010, 25 % des Africains qui avaient pu s’y établir légalement avaient été tirés au sort lors de la fameuse Green Card Lottery, 22 % s’étaient vu octroyer le droit d’asile et 42 % avaient bénéficié du regroupement familial. Selon le Pew Center, 29 % des Africains sans papiers devraient bénéficier du plan Obama. Soit, à la louche, environ 58 000 personnes.
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  • RDC: la Grande-Bretagne suspend son aide à la réforme de la police

    RDC: la Grande-Bretagne suspend son aide à la réforme de la police

    Police contre civil-Le Royaume-Uni a décidé de suspendre son aide à la réforme de la police congolaise. Cette décision des autorités britanniques fait suite à un rapport des Nations unies, dévoilé le 15 octobre dernier, qui accuse des policiers d’avoir assassiné ou fait disparaître plusieurs dizaines de personnes lors d’une opération antibanditisme menée à Kinshasa.

    La Grande-Bretagne a décidé de suspendre son programme d’aide à la réforme de la police congolaise. Il s’agit de la première mesure de rétorsion de Londres après la publication de deux rapports très critiques sur la police congolaise : l’un des Nations unies publié le 15 octobre, l’autre de l’ONG Human Rights Watch (HRW), paru du 17 novembre. Tous deux accusent des policiers d’avoir assassiné ou fait disparaître une quarantaine de personnes lors de l’opération Likofi, une opération antibanditisme menée à Kinshasa de novembre 2013 à février 2014.

    La décision de la Grande-Bretagne s’appuie sur le rapport de l’ONU, selon lequel des éléments de la police congolaise se sont rendus coupables de violations des droits de l’homme. Les Nations unies accusent les forces de l’ordre d’avoir exécuté neuf personnes et d’en avoir fait disparaître 33 autres. L’ONG américaine Human Rights Watch va plus loin que le Bureau conjoint des Nations unies pour les droits de l’homme en RDC, en affirmant que des policiers ont tué au moins 51 jeunes hommes et adolescents entre novembre 2013 et février 2014.

    Les Britanniques demandent une enquête

    L’ambassadeur de Grande-Bretagne a communiqué cette décision aux autorités congolaises, il y a près de deux semaines, lors d’une réunion avec le ministre de l’Intérieur congolais Richard Muyejn, alors que les ambassadeurs étaient venus s’enquérir des mesures prises par les autorités pour punir ces bavures. Les Britanniques font dépendre la poursuite de leur coopération policière avec la République démocratique du Congo aux actions entreprises par les autorités pour faire la lumière sur cette opération. Ils demandent à ce que les autorités congolaises enquêtent véritablement et punissent les auteurs de ces bavures. Les ambassadeurs ont également réclamé la liste et l’identité des policiers qui auraient déjà été condamnés, comme l’affirment les autorités.

    Les Etats-Unis suspendent leur projet de coopération

    De son côté, le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mendé, a déclaré regretter cette décision. Celui-ci affirme ne pas comprendre qu’un programme de coopération puisse être basé sur ce genre d’exigences. Les Britanniques sont l’un des principaux bailleurs pour la réforme de la police congolaise. Cette mesure de rétorsion est donc importante, même si leur programme de coopération avec la RDC, qui a débuté en 2009 avec un budget de 76 million d’euros, devait de toute façon s’achever l’année prochaine. Reste que les Etats-Unis, lors de cette même réunion et pour les mêmes raisons avancées par la Grande-Bretagne, ont annoncé qu’il suspendaient un projet de coopération policière qui devait commencer l’année prochaine.

    RFI

  • USA: Meurtre policier à Fergusson-Florissant- La décision du grand jury

    USA: Meurtre policier à Fergusson-Florissant- La décision du grand jury

    Meurtre policier à Fergusson-Florissant: La décision du grand jury

    Une journée sombre pour la Justice démocratique et triste pour l’Humanisme universel

    Par Joël Asher Lévy-Cohen

    Marteau-de-Justice-Le grand jury d’accusation de Clayton, dans l’État du Missouri, a finalement rendu sa décision. Selon le procureur de l’État Robert McCullouch qui a, pratiquement, conduit et encadré cette procédure judiciaire, celui-ci n’a vraiment trouvé aucune évidence ou aucune indication susceptible de porter des accusations criminelles contre le constable Darren Wilson de Ferguson-Florissant. Pour rappel, ce policier blanc a violemment ôté, le 9 août, la vie à Michaël Brown Jr, un jeune africain-américain de 18 ans.

    Force est de constater que le prononcé de cette décision du grand jury a indéniablement provoqué une vive émotion et une colère incontrôlable de la part des manifestants visiblement sonnés dont le slogan mobilisateur et évocateur est ‘‘No Justice No Peace’’. En effet, celui-ci a été immédiatement suivi de manifestations insurrectionnelles totalement aux antipodes de vœux de la famille de la très regrettée victime, de recommandations du gouverneur de l’État Jay Nixon et de directives du président des États-Unis d’Amérique Barack Hussein Obama. Tout ce beau monde a solennellement appelé au respect du verdict, à la tolérance mutuelle et à l’organisation des manifestations pacifiques, d’ailleurs au cœur des lois constitutionnelles du pays.

    Reste que cette décision du grand jury d’accusation qui exonère le policier Darren Wilson de toute poursuite criminelle, était, en principe, très attendue. Celle-ci ne fait point exception dans la mesure où, en Amérique du Nord, – États-Unis d’Amérique et Canada compris –, les Institutions étatiques sont toujours protégées et exonérées de toutes accusations criminelles dès lors qu’elles sont matériellement impliquées dans le meurtre d’un citoyen. Comme quoi la loi de l’État – qui est le plus fort dans la société – est toujours la meilleure.

    Une chose est sûre et certaine, l’affaire Michaël Brown aura révélé que les États-Unis d’Amérique conservent, au-delà des avancées notables, des vestiges d’Apartheid institutionnel dont le symbole est effectivement Ferguson-Florissant. En effet, cette bourgade sinistrée, littéralement broyée par le chômage et la pauvreté, l’exclusion et la désespérance, composée majoritairement d’Africains-américains, est quadrillée par une police quasi-exclusivement blanche. Force est d’admettre que cet aspect ségrégationniste est également renforcée par la configuration raciale du grand jury chargé de décider du sort d’un policier blanc impliqué dans le meurtre d’un civil noir. Sur les 12 jurés sélectionnés, il y avait 7 femmes et 5 hommes, 3 Africains-américains et 9 blancs caucasiens. Par conséquent, la cause dans cette affaire qui fragilise davantage la cohésion de la société américaine, n’était-elle pas déjà entendue ?

    Joël Asher Lévy-Cohen

    Journaliste indépendant