Tag: Politique

  • RDC: les mouvements citoyens face aux services de renseignement

    RDC: les mouvements citoyens face aux services de renseignement

    LUCHA_0-En RDC, on savait une partie de l’opposition dans le collimateur de l’Agence nationale du renseignement (ANR) avec de nombreuses arrestations ces derniers mois. Aujourd’hui, les mouvements citoyens Lucha et Filimbi vont plus loin. Ils accusent les services de renseignements de s’être intéressés de près à la conférence dite « de Gorée », organisée à Dakar au Sénégal du 11 au 14 décembre 2015, en présence d’autres mouvements africains analogues comme « Y en a marre » du Sénégal ou le « Balai citoyen » du Burkina Faso. Lucha et Filimbi disent s’être procurés une note interne de l’ANR. Cette note qualifierait la conférence de Gorée de « consolidation d’une coalition de déstabilisation de la RDC à partir de Dakar ». Mais sa véracité est contestée par le gouvernement.

    C’est une note de cinq pages censément adressée par l’administrateur de l’ANR au président du Sénat. Sa tonalité est très politique : après une énumération des participants à la conférence de Gorée, cette dernière est décrite comme « une messe noire » ayant des buts inavoués, à savoir, « réfléchir sur les meilleurs moyens pour un soulèvement populaire en RDC, la constitution d’un front anti-dialogue et l’obtention des moyens financiers au fin d’actions de déstabilisation... »

    Et le document de décliner les moyens d’y répondre, qui vont des mesures diplomatiques à prendre à l’encontre du sénégal, pays hôte de la réunion, à la campagne médiatique à mettre en oeuvre en RDC pour discréditer l’opposition et jusqu’à l’arrestation des participants congolais à leur retour au pays.

    Les représentants des mouvements Lucha et Filimbi assurent que ce document émane vraiment des services de renseignement. Mais, du côté des autorités congolaises, on en réfute l’authenticité. Selon le porte-parole du gouvernement, cette note ne ressemble pas aux documents produits habituellement par l’ANR.

    RFI

  • RDC: les opposants dans le collimateur des services de sécurité

    RDC: les opposants dans le collimateur des services de sécurité

    Boul_du_30_juin_Kinshasa-Le coordonnateur du tout nouveau mouvement citoyen « Il est temps RDC-Quatrième voie », Jean-Marie Kalonji, a été enlevé par des hommes armés en plein boulevard du 30-Juin le 15 décembre. C’est seulement mercredi qu’il a été localisé dans les installations de l’Agence nationale des renseignements (ANR). Selon des sources proches du gouvernement, Jean-Marie Kalonji excellait dans la subversion en milieu estudiantin pour le compte de l’opposition, qui rejette ces accusations.

    Il est 13 heures le 15 décembre, boulevard du 30-Juin. A la hauteur de l’immeuble Gécamines, des hommes en armes circulant à bord d’une voiture embarquent de force un piéton. Tout juste le temps pour les compagnons de l’infortuné de constater que le véhicule 4×4 de couleur noire a été immatriculé à Kinshasa.

    Jean-Marie Kalonji, le nom de la personne enlevée, est âgé de 29 ans et est surtout le coordonnateur d’un nouveau mouvement citoyen, « Il est temps RDC – Quatrième voie ». Au bout de plus d’une semaine de recherches intenses, son frère Pascal Kalonji le localise à l’ANR, mais assure n’avoir pas réussi à établir un contact avec lui.

    Des activités subversives ?

    Selon des sources proches du gouvernement contactées par RFI, l’intéressé était recherché pour des activités subversives, notamment le recrutement dans les milieux des étudiants pour le compte de l’opposition. « L’opposition n’a pas besoin d’aller recruter clandestinement », rétorque pour sa part l’opposant Vital Kamerhe, avant d’ajouter que l’opposition a lancé publiquement un appel au peuple congolais pour adhérer au Front citoyen 2016, un mouvement mis en place avec la société civile Filimbi et Lucha pour obtenir les élections présidentielles et législatives dans le délai constitutionnel.

    RFI

  • Déclaration du “Front Citoyen 2016” : La Nation est en péril, Congolais Telema !!!

    Déclaration du “Front Citoyen 2016” : La Nation est en péril, Congolais Telema !!!

    délégation-congolaise-île-de-GoréeDeux grandes incertitudes pèsent sur la vie de Nation congolaise depuis plusieurs mois maintenant : la tenue d’élections libres et démocratiques dans les délais constitutionnels, et le respect du principe de l’interdiction pour le chef de l’Etat d’aller au-delà de deux mandats.
    Il apparaît de plus en plus clair que le changement de la Constitution est en cours, dans le but de modifier le système électoral et d’offrir ainsi à l’actuel président de la république la possibilité de briguer un troisième mandat.

    Tel qu’indiqué par plusieurs forces sociales et politiques qui défendent le principe de l’alternance démocratique en 2016, le président Kabila, en invitant les délégués au dialogue récemment convoqué à « réfléchir sur un nouveau système électoral avec des modalités de vote peu coûteuses », ne fait plus mystère de son intention délibérée de renverser le régime constitutionnel en vigueur pour se maintenir au pouvoir, en violation de son serment.

    Le souvenir malheureux et douloureux des guerres et tribulations qui ont semé le désarroi dans la population congolaise et fait couler le sang de millions des filles et fils de notre pays à cause notamment d’une certaine façon d’accéder au pouvoir par la force, et de l’exercer au détriment du commun.

    En janvier 2015 déjà, le sang a coulé suite à une autre tentative du pouvoir en place de contourner les dispositions constitutionnelles. Les Citoyens congolais ont alors démontré qu’ils ont pris conscience du fait que la sauvegarde du Congo dépend de chacun de ses enfants. Ils mesurent plus que jamais leur responsabilité dans l’avènement d’une Nation réellement démocratique et soucieuse du bien-être de tous.

    Cette volonté manifeste de changer de régime constitutionnel congolais persiste, malgré de nombreux appels répétés à la raison, lancés à travers des déclarations, des communiqués, des messages et des conseils avisés, tant par les forces sociales et politiques démocratiques, de l’intérieur et de la diaspora, que par les partenaires internationaux du Congo. Tous insistent sur l’importance du respect absolu de la Constitution de la République en ce qui concerne l’élection présidentielle, gage de paix et de stabilité.

    Nous assistons à une véritable tentative de coup d’Etat constitutionnel !

    La paix, l’unité et la stabilité de la RDC sont gravement menacées par de telles initiatives. La République est en péril.

    Dès lors, face à la gravité de la situation que traverse notre pays,

    Nous, Forces sociales et politiques,

    Réunis le 19 décembre 2015 à Kinshasa, dix ans après l’adoption à 85% par le peuple congolais du référendum constituant de la Constitution du 18 février 2006, réaffirmons notre attachement à la défense de la Constitution ;

    Et, à 365 jours de l’échéance du second et dernier mandat du Président de la République actuel, avons décidé de mettre en commun nos forces, nos ressources humaines et matérielles, nos stratégies et nos actions, en créant un rassemblement Citoyen dénommé « Front Citoyen 2016 ».

    Le « Front Citoyen 2016 » est un rassemblement inclusif de citoyens qui regroupe les Congolais de la République démocratique et de sa diaspora, membres des organisations de la société civile, des confessions religieuses, des organisations politiques ainsi que les personnalités congolaises qui s’engagent à militer pour le strict respect de la Constitution.

    Le « Front Citoyen 2016 » fait siens l’appel lancé par la CENCO ainsi que l’ensemble des actions prévues sur toute l’étendue de la République jusqu’à la marche pacifique de tous les Chrétiens, pour consolider la démocratie, le 16 février 2016 à l’occasion de l’année jubilaire de la marche historique du 16 février 1992.

    Le « Front Citoyen 2016 » réitère cet appel et demande donc, au Peuple congolais, aux hommes et femmes de bonne volonté de se mobiliser, de s’engager et d’agir dans l’esprit de l’article 64 qui dispose : « Tout congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou tout groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution.»

    Le Congo nous appartient à tous. Sa sauvegarde dépasse les intérêts individuels, d’ethnies, ou d’appartenance à une organisation politique ou de la société civile. Majorité, opposition, diaspora, société civile, y compris les Mouvements citoyens, personnalités éminentes, femmes congolaises meurtries par la pauvreté et les conflits, jeunes et vieux…tous, mettons-nous d’accord sur le fait que le Congo nous appartient à nous tous et disons haut et fort :

    – Non à un 3ème mandat !

    – Non au glissement !

    – Non à la violation de la Constitution !

    – Non à la révision ou au changement de la Constitution !

    – Non au référendum !

    Par conséquent, nous exigeons le déblocage du processus électoral, d’une part, par la publication au plus tard le 31 janvier 2016 d’un calendrier électoral consensuel, respectant le délai constitutionnel pour l’élection du prochain Président et intégrant la mise à jour du fichier électoral. Et d’autre part, le démarrage de la mise à jour du fichier électoral au plus tard le 10 février 2016, NOTRE LIGNE ROUGE.

    De ce jour à la date ultime du 16 février 2016, un calendrier d’actions non violentes, tenant compte et renforçant les actions déjà planifiées par les membres du « Front Citoyen 2016 », sera rendu public.

    L’Alternance doit avoir lieu en 2016 !

    « CONGO TELEMA »



    Les signataires :

    1. Félix Tshisekedi, Union pour le Progrès et le Social (UDPS)

    2. Samy Badibanga, Groupe parlementaire UDPS & alliés

    3. Vital Kamhere, Union pour la Nation Congolaise (UNC)

    4. Eve Bazaïba, Mouvement de Libération du Congo (MLC)

    5. José Makila, Groupe parlementaire GPLDS

    6. Martin Fayulu, Forces Acquises au Changement

    7. Olivier Kamitatu, G7

    8. Franck Diongo, Mouvement Lumumbiste Progressiste (MLP)

    9. Delly Sessanga, Envol

    10. Freddy Matungulu, Congo Na Biso (CNB)

    11. Albert Moleka, UDPS/Kibasa

    12. Gilbert Kiakwama, Convention des Démocratiques Chrétiens (CDC)

    13. Moïse Katumbi, personnalité politique

    14. Jean Claude Katende, Association Africaine de Défense des Droits de l’Homme (ASADHO)

    15. Jones Tshiombela, Nouvelle Société Civile du Congo (NSCC)

    16. Rostin Manketa, La Voix des Sans Voix (VSV)

    17. François Banza Ngoy, Les Amis de Nelson Mandela

    18. Paul Nsapu, Ligue des Electeurs

    19. Micheline Mwendike Kamate, Lutte pour le Changement (Lucha)

    20. Isiloketshi Anzuluni, Filimbi

    21. Mike Mukebayi, C-News

    22. Jean-Jacques Wondo, Facilitateur

    23. Jean Claude Vuemba, MPCR

    24. Edo Kasongo, Diaspora RSA

    25. Luc Nkulula

    26. Molendo Sakombi

    (autres signatures illisibles
  • Panique dans le camp Kabiliste: Le «Front citoyen 2016» veut interrompre le mandat de Joseph Kabila

    Panique dans le camp Kabiliste: Le «Front citoyen 2016» veut interrompre le mandat de Joseph Kabila

    atundu-Le porte-parole de la Majorité présidentielle (MP), Alain Atundu accuse le «Front citoyen 2016» de vouloir empêcher le chef de l’Etat Joseph Kabila d’achever son second mandat constitutionnel, qui court jusqu’en décembre 2016. Il l’a affirmé au lendemain de la sortie de cette plate-forme, qui réclame la publication d’un calendrier électoral consensuel au plus tard le 31 janvier prochain.

    «Je sais que cette plate-forme vise plutôt à empêcher à Kabila de terminer son mandat, lorsqu’ils (les initiateurs du Front citoyen 2016) programment déjà que les gens vont descendre dans la rue et vont commencer ‘Kabila dégage’», a indiqué Alain Atundu.

    Selon lui, les membres du «Front citoyen 2016» veulent également abuser de la bonne foi de l’opinion pour se faire passer pour des victimes. Il les a plutôt invités au dialogue, annoncé par le chef de l’Etat.

    «Lorsque le Président convoque le dialogue, il estime que rien n’est fait pour préparer des élections apaisées. Tout le monde veut aller dans le délai constitution. Rien ne nous empêche que ces élections dans le délai constitution soient apaisées», a poursuivi le porte-parole de la MP.

    Alain Atundu a en outre qualifié la position du «Front citoyen 2016» d’une «vaste opération d’escroquerie».

    Le «Front citoyen 2016 » propose également le démarrage de la mise à jour du fichier électoral au plus tard le 10 février 2016.

    Il y a cinq jours, le président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), Corneille Nangaa avait plaidé pour l’actualisation du fichier électoral et le financement des élections avant la publication du nouveau calendrier électoral.

    Radio Okapi

  • FELIX TSHISEKEDI – MOISE KATUMBI : DIALOGUE  A PARIS

    FELIX TSHISEKEDI – MOISE KATUMBI : DIALOGUE A PARIS

    katumbi-tshisekedi-Félix Tshisekedi, chargé des relations extérieures de l’UDPS qu’accompagnait Samy Badibanga, a rencontré jeudi 10 décembre 2015 à Paris, Moïse Katumbi, ancien Gouverneur de l’ex-Katanga passé récemment dans l’opposition. Selon les comptes rendus faits de cette rencontre, les deux personnes auraient échangé sur les stratégies à mettre en place pour obtenir une alternance politique aux élections de 2016. Ils ont partagé leur détermination à ce que l’élection présidentielle se tienne dans les délais constitutionnels.

    Toujours selon des journalistes présents à cet entretien, Tshisekedi fils et Katumbi ont affirmé leur rejet du dialogue national pour les élections apaisées. Les deux hommes ont également évoqué la possibilité de soutenir un candidat commun de l’opposition lors de l’élection présidentielle.

    Bien d’observateurs s’interrogent sur ce subit rapprochement entre l’UDPS, parti de l’opposition, et Moïse Katumbi qui vient de quitter la majorité. Il n’y a pas longtemps, en effet, l’UDPS se méfiait de Katumbi et du G7, estimant qu’il s’agissait d’une sorte de cheval de Troie du pouvoir envoyé au sein de l’opposition pour la torpiller. De tous les temps, d’ailleurs, Katumbi n’a jamais été en odeur de sainteté du côté de la 10ème rue/Limete.

    Qu’est-ce qui a donc pu rapprocher deux pôles diamétralement opposés et que rien d’objectif ne saurait les unir ? La question est d’autant plus intriguante que l’entretien de Paris a aussi tourné autour de la possibilité d’une candidature unique de l’opposition pour la présidentielle. On sait que l’UDPS n’a jamais transigé sur ce sujet, maintenant, contre vents et marrées, Etienne Tshisekedi comme seul candidat pour elle. Or, même s’il ne s’y est pas encore prononcé officiellement, bien de sources avancent que Moïse Katubi rêverait d’une candidature au même poste.

    Autre point d’interrogation : qu’est-ce qui peut rapprocher un Katumbi, qui est diamétralement opposé au dialogue, à l’UDPS qui s’est inscrite dans sa logique ? Cette question est aussi intéressante au regard de cette sorte de cacophonie au sein de l’UDPS d’où émanent des voix discordantes autour du dialogue, même si, officiellement, le parti tshisekediste y est engagé moyennant certaines conditions dont une médiation internationale. Félix Tshisekedi aurait-il roulé Moïse Katumbi en claironnant avec lui le refus du dialogue ?

    Enfin de compte, que représente politiquement Moïse Katumbi sur l’échiquier national pour que l’UDPS s’en rapproche ? Sans l’intention de nuire à sa personne, nous savons qu’en dehors du TP Mazembe, Katumbi n’a pas d’assise sociologique majeure pouvant faire de lui une force politique. De plus, à ce jour, Katumbi évolue en solo, se rapprochant de temps en temps de certains partis et regroupements politique comme l’UNAFEC de Kyungu Wa Kumwanza et le G7.K des rapprochements essentiellement opportunistes, car on ne les observe qu’à l’occasion de certains événements d’actualité qu’il exploite pour exprimer ses opinions.

    En un mot comme en mille, l’on constate que Katumbi et l’UDPS ont trop de points de divergences qui, tout à fait objectivement, ne peuvent pas permettre leur rapprochement. On assisterait donc à un dialogue des dupes entre le jour et la nuit. Katumbi charrie trop d’agendas cachés autour de lui pour prétendre défendre une cause donnée. A la limite on dirait qu’il n’a pas d’étoffe qui justifierait son utilité dans les tournants politiques que la RDC amorce.

    De son côté, Félix Tshisekedi pase pour un personnage à double visage. D’un côté, il est présenté, ou se fait présenter, comme un véritable fer de lance de l’UDPS, tandis que de l’autre il évolue en solo pour promouvoir ses ambitions personnelles en se servant du nom de son père et de la notoriété de l’UDPS. Sinon, on ne comprendrait pas pourquoi il s’est entiché de Samy Badibanga avec qui lui et l’UDPS étaient en froid depuis le sortir des élections de 2011.

    On se souvient, en effet, que Badibanga, aujourd’hui président du groupe parlement UDPS à l’Assemblée Nationale, avait été déclaré exclu du parti pour avoir refusé d’obtempérer au mot d’ordre de Tshisekedi qui avait demandé à tous les élus de son parti de ne pas siéger à l’Assemblée Nationale.

    Dans les deux cas, l’UDPS et Katumbi se seraient livré à un jeu de poker menteur que seul le proche avenir démontrera.

    Pascal Debré Mpoko

  • Dialogue : ce que Joseph Kabila attend de Saïd Djinnit

    Dialogue : ce que Joseph Kabila attend de Saïd Djinnit

    said_djinnit-Ban Ki-moon a dépêché mercredi à Kinshasa Saïd Djinnit, son envoyé spécial pour les Grands Lacs. Si le diplomate algérien n’est pas officiellement nommé facilitateur du nouveau dialogue politique convoqué par Joseph Kabila, Kinshasa espère tout de même qu’il ramènera l’opposition à la table des discussions.

    Saïd Djinnit parviendra-t-il à relancer le nouveau dialogue politique voulu par Joseph Kabila en RDC ? « Pour l’instant, il n’est pas là pour ça », s’empresse de préciser une source onusienne à Kinshasa. Le diplomate algérien, envoyé spécial du secrétaire général des Nations pour les Grands Lacs, est en effet arrivé le 2 novembre dans la capitale congolaise « pour s’entretenir avec le gouvernement et les autres parties prenantes afin de discuter des contours de ce dialogue » convoqué fin novembre par le président Joseph Kabila, ajoute un communiqué de la Mission de l’ONU en RDC (Monusco).

    Autrement dit, Saïd Djinnit n’est pas encore officiellement le médiateur international de la crise politique congolaise. Ban Ki-moon l’a d’ailleurs envoyé dans la capitale congolaise pour voir s’il sera « à même de faciliter le dialogue national » à venir. Une perspective qui ne réjouit guère les frondeurs de la majorité au pouvoir. « On prend les mêmes et on recommence ? » s’est interrogé Olivier Kamitatu, l’un des leaders du G7, dénonçant une « ‘nkurunzization’  à pas lents de la RDC ». Allusion faite à l’absence ou presque de résultats de Saïd Djinnit dans la crise politique burundaise.

    La mission difficile de Djinnit

    « Dans tous les cas, on savait que le G7 allait réagir de cette manière, confie un proche du chef de l’État congolais. S’ils ont quitté la majorité, c’est parce qu’ils ne voulaient plus discuter. » En tout cas, du côté du camp présidentiel, la « pré-médiation » de Saïd Djinnit est plutôt bien vue.

    « Saïd Djinnit connaît toute la classe politique congolaise qu’il côtoie depuis quelques temps dans son rôle d’envoyé spécial pour les Grands Lacs », note notre source. « Mais Kinshasa ne s’opposerait pas non plus, poursuit-elle, à Ban Ki-moon s’il choisissait au final un nom parmi les trois autres qui circulent : José Eduardo dos Santos, le président angolais, Moustapha Niasse, le président de l’Assemblée nationale sénégalaise, Kofi Annan, ancien secrétaire général des Nations unies ».

    En attendant, c’est bien le diplomate algérien qui est rentré en jeu. En face de lui : le G7 et la Dynamique, deux principales coalitions de l’opposition, qui ont déjà annoncé qu’ils ne prendront pas part  au nouveau dialogue politique. Mais il y a aussi l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti de l’opposant historique Étienne Tshisekedi, qui continue à tergiverser. Des « gesticulations que Saïd Djinnit pourra sans doute calmer », espère la source proche de la présidence de la République, rappelant que « le dialogue convoqué par Kabila est aussi le fruit des pressions des opposants Étienne Tshisekedi et Vital Kamerhe. L’important pour nous, c’est d’aller au débat ».

    Un débat qui portera essentiellement sur le processus électoral complètement en panne à moins d’une année de l’organisation des législatives et de la présidentielle, initialement prévue le 27 novembre 2016. La mission de Saïd Djinnit, dans le rôle de conciliateur d’avant pourparlers, s’annonce difficile…

    Jeune Afrique

  • L’opposition se lève contre le “Dialogue”

    L’opposition se lève contre le “Dialogue”

    opposition-Annoncée début novembre par le président Kabilapour “la fin du mois”, l’ouverture du “Dialogue national” n’a pas encore eu lieu à Kinshasa. Samedi, néanmoins, le chef de l’Etat a confirmé à la télévision sa “convocation”, sans préciser ni son calendrier, ni qui le préparait.

    Une précédente annonce avait indiqué que ce Dialogue national servirait à discuter du calendrier électoral, impossible à respecter alors que rien n’a été fait pour le préparer et que les autorités en place multiplient les tentatives pour retarder les scrutins.

    Vote peu coûteux

    Samedi, M. Kabila a lancé : “Ne peut-on pas engager dès à présent une réflexion sur un système électoral avec des modalités de vote peu coûteuses, comme c’est le cas dans d’autres pays ?” Une phrase immédiatement interprétée, au Congo, comme la relance d’un projet, qui semblait abandonné, de rendre plusieurs élections indirectes – “donc plus facilement achetables”, souligne l’opp osition.

    Lundi soir, les principaux partis d’opposition etles dissidents de la majorité présidentielle ont publié un communiqué appelant les Congolais à se “lever” et “marcher” pour “sauver la démocratie et la Constitution”. Alors que l’UDPS “familiale”, soit Tshisekedi, semblait d’accord pour le Dialogue, car le parti s’est scindé sur cette question, M. Tshisekedi a affirmé mardi soir que sa formation “ne se [sentait] pas concernée par le Dialogue tel qu’annoncé par M. Kabila”.

    “Congédier le souverain primaire”

    Aux yeux des signataires, le président Kabila a”décidé de congédier purement et simplement le souverain primaire (le peuple) en lui arrachant le pouvoir de choisir son Président de la République au suffrage universel direct”. Ils y voient “une déclaration de guerre contre le peuple congolais”, un “véritable coup d’Etat constitutionnel”. “Tous les éléments de la haute trahison sont désormais réunis.”

    Et les partis signataires concluent : “Devant cette situation, que nous reste-t-il encore ? Sinon le choix de nous lever et de marcher !” Et d’annoncer “incessamment un chronogramme d’actions de grande envergure” car “la liberté s’arrache !”

    L’ASBL Aprodec, à Bruxelles, souligne de son côté que le projet de modifier la Constitution en vue d’organiser certaines élections au suffrage indirect viole la résolution 2211 du Conseil de sécurité de l’Onu, du 26 mars 2015, qui demande à Kinshasa de préparer les élections “dans les temps, en particulier la présidentielle et les législatives de novembre 2016″ et à toutes les parties d’”engager un dialogue politique ouvert sur les préparatifs des élections à venir, conformément à la Constitution”.

    Les dissidents de la majorité présidentielle et l’opposition ont déjà annoncé leur refus de participer au Dialogue, vu comme une tentative du chef de l’Etat de se soustraire à ses obligations constitutionnelles pour rester au pouvoir.

    Mardi, l’UDPS “familiale” a estimé que M. Kabila ne pouvait être “juge et partie” et donner “une quelconque orientation” au Dialogue. Elle pense que celui-ci “ne devrait ni sortir du cadre constitutionnel”, “ni (…) favoriser un glissement du calendrier électoral”.

    Jeudi dernier, l’Eglise catholique a appelé les Congolais à la “vigilance dans l’esprit de l’article 64 de la Constitution”, article qui préci se que “tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution”.
    (La Libre Belgique-MARIE-FRANCE CROS)

  • RDC: le président Kabila annonce la convocation d’un dialogue national

    RDC: le président Kabila annonce la convocation d’un dialogue national

    jkabila_parlement_-Dans une allocution radiotélévisée prononcée samedi soir, le président Joseph Kabila a annoncé la convocation d’un dialogue national pour donner une chance au processus électoral, à un peu plus de 13 mois de la fin de son mandat. Un dialogue qui portera entre autres sur le calendrier électoral, le financement et la sécurisation du scrutin. Un dialogue auquel les Forces Acquises au Changement, membre de la Dynamique de l’opposition, refusent de participer.

    C’est un dialogue politique national et inclusif que vient de convoquer le président Joseph Kabila. Ces assises devraient permettre d’aplanir les divergences profondes qui, selon le chef de l’Etat, apparaissent chaque jour qui passe sur l’édifice national.

    Il s’agit des questions politiques diverses parmi lesquelles le dernier découpage territorial et le ficher électoral. Le président de la République a insisté sur l’organisation des élections avec des moyens peu couteux, évoquant également la démocratie de développement.

    Ni la date, ni le format du dialogue n’ont été précisés par le président dans son allocution radiotélévisée.

    Outre la mise en place d’un comité préparatoire pour s’occuper de toutes les questions techniques liées à l’organisation de ce dialogue, Joseph Kabila a annoncé, sans autre détail, des mesures de grâce présidentielle en vue de pacifier les esprits.

    En cas de difficulté, ce dialogue pourra bénéficier d’une cofacilitation internationale. La nation tout entière est invitée à accompagner le dialogue par des conseils et des prières. Et à ceux qui « hésitent encore de répondre à l’appel pathétique » du peuple, le président Kabila a demandé de rejoindre les rangs.

    Monsieur Kabila nous dévoile sa vraie intention, celle de faire un coup d’Etat constitutionnel (…) l’article 64 de la Constitution est très clair, le Congolais a le devoir de faire échec à tout individu qui réclame le pouvoir en violation de la Constitution

     

     RFI
  • Le G7 floue par la communaute Internationale

    Le G7 floue par la communaute Internationale

    Mwando-L’Union nationale des démocrates fédéralistes (Unadef) appelle la communauté internationale à “jouer franc jeu” au cours du processus électoral congolais.

    Le président de ce parti de l’opposition, membre du G7, a lancé cet appel à l’ouverture de son congrès, samedi 28 novembre, à Kinshasa.

    Charles Mwando Nsimba dit ne pas comprendre que la communauté internationale qui exige la publication d’un calendrier réaliste et respectant les délais constitutionnels, appuie également la tenue du dialogue.

    Cette position jugée ambigüe de la communauté internationale risque, selon lui, de favoriser le glissement du mandat présidentiel au-delà de 2016.

    «La communauté internationale a des jeux flous. Le fait d’adhérer par, peut-être humour, d’adhérer par l’ouïe aussi, c’est jouer le jeu du glissement. C’est un danger. Là, je voudrais que la communauté internationale joue franc jeu», a dénoncé Charles Mwando.

    Il a estimé que l’évaluation des mécanismes d’Addis-Abeba peut se faire parallèlement à l’application des dispositions constitutionnelles, c’est-à-dire calendrier, programmation des élections.

    «Nous avons mission de lutter, nous avons mission d’empêcher la résurgence de la dictature » a poursuivi le président de l’Unadef.

    Comme les autres ténors de G7, Charles Mwando a jugé inopportun le dialogue politique, annoncé par le chef de l’Etat.

    Le G7 regroupe les sept partis politiques exclus de la Majorité présidentielle, après avoir interpellé à travers une lettre ouverte en septembre dernier, le président Joseph Kabila, sur la nécessité d’organiser des élections dans le délai constitutionnel pour une alternance politique en RDC.

    radio okapi