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  • RDC: un mort et plusieurs blessés lors de heurts à l’université de Kinshasa

    RDC: un mort et plusieurs blessés lors de heurts à l’université de Kinshasa


    Par
    RFI

    Publié le 16-11-2018
    Modifié le 16-11-2018 à 14:07

    L’université de Kinshasa est à nouveau endeuillée en RDC. Un étudiant a été tué jeudi après-midi dans des affrontements avec les forces de l’ordre. Drame survenu alors que les étudiants protestaient contre la mort d’un des leurs, sur ce même campus, en début de semaine.

    A l’origine des violences : l’annonce, à la mi-journée, de la mort de Hyacinthe Kimbafu. Cet élève de deuxième année à la faculté de sciences était hospitalisé depuis lundi. Il avait été blessé par balle alors que les étudiants manifestaient pour réclamer la reprise des cours.

    L’annonce de son décès a donc provoqué un nouveau mouvement de colère. Des centaines d’étudiants se sont rassemblés devant l’hôpital universitaire avant que les forces de l’ordre n’interviennent. D’après plusieurs témoins, les policiers tiraient à balle réelle, utilisaient des gaz lacrymogènes, dépouillaient les étudiants et ont même brulé des ordinateurs.

    « Les forces de l’ordre tiraient comme si elles étaient sur un champ de guerre », explique l’un d’entre eux. « Les étudiants courraient à tout bout de champ. C’était la panique générale ».

    C’est dans ce contexte qu’un étudiant a de nouveau perdu la vie. Ce qui porte à deux le nombre d’étudiants tués depuis le début de la semaine sur le campus de l’UNIKIN. Les affrontements de ce jeudi ont également fait plusieurs blessés. Au moins deux graves côté manifestants et huit côté policiers, selon le chef de la police à Kinshasa, le général Sylvano Kasongo.

    De nombreuses réactions

    La mort de ces deux étudiants suscite beaucoup de réactions. Le ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire, Steve Mbikayi, s’est exprimé sur Twitter : « Les balles réelles sont interdites sur les sites universitaires. J’exige une peine exemplaire contre les policiers responsables des tirs qui ont engendré la mort. Celui qui avait tiré le 12 novembre est aux arrêts. L’autre doit être identifié. Mes condoléances aux familles éprouvées ».

    Le candidat de l’opposition à la présidentielle Martin Fayulu a, lui aussi, dit son soutien aux proches des victimes. Sur les réseaux sociaux, entre les photos de jeunes gens blessés et les appels à la démission du ministre Steve Mbikayi, un message revient beaucoup : « L’université n’est pas un champ de tir ».

    A Kinshasa, le chef de la police confirme l’arrestation d’un policier qui a tiré à balles réelles et précise qu’une enquête en cours. Il conteste en revanche d’autres témoignages de violences, par exemple le fait que des étudiants auraient été dépouillés hier par des policiers.

    Ce vendredi, les forces de l’ordre bloquent l’entrée de l’université. Il y a bien eu une tentative de rassemblement ce matin, mais la police a dispersé les jeunes. Selon nos informations, au moins cinq d’entre eux ont été interpellés.

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  • RDC: à Bruxelles, l’opposition se mobilise autour de Martin Fayulu

    RDC: à Bruxelles, l’opposition se mobilise autour de Martin Fayulu


    Par
    RFI

    Publié le 16-11-2018
    Modifié le 16-11-2018 à 00:03

    Jean-Pierre Bemba, Moïse Katumbi, Martin Fayulu et Adolphe Muzinga sont loin de s’être laissé démoraliser par la défection de Vital Kamhere et de Felix Tshisekedi qui ont retiré leur signature de l’accord moins de 24 heures après l’avoir apposée. Ils se sont rencontrés à Bruxelles pour relancer la mobilisation de l’opposition autour de Martin Fayulu.

    Avec notre bureau de Bruxelles,

    Les cinq chefs de file de l’opposition qui ont maintenu leur signature au bas de l’accord de Genève ont choisi de resserrer les rangs.

    Réunis à Braine-l’Alleud aux portes de Bruxelles, Jean-Pierre Bemba, Moïse Katumbi et Adolphe Muzinga ont tenu à s’afficher aux côtés de Martin Fayulu qui reste leur candidat commun pour l’élection présidentielle du 23 décembre. Le cinquième opposant de la réunion de Genève, Freddy Matungulu, s’était fait représenter pour signer un communiqué commun à tous les cinq.

    Pour eux, la plate-forme Lamuka, « réveillez-vous » en lingala et en swahili, doit continuer sans désemparer le combat contre la « dictature de Joseph Kabila ». Tous les cinq adoptent d’ailleurs un ton assez modérer pour dénoncer la défection de Félix Tshisekedi et Vital Kamhere car ils appellent les deux hommes à revenir à la raison et à les rejoindre.

    Par cette rencontre ils espèrent que le signal de leur mobilisation renouvelée autour de Martin Fayulu permettra de créer une véritable dynamique de campagne, pour en faire le vrai candidat principal de l’opposition et donner une vraie chance à l’alternance.

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  • Elections en RDC: Tshisekedi et Kamerhe se retirent de l’accord de Genève

    Elections en RDC: Tshisekedi et Kamerhe se retirent de l’accord de Genève


    Par
    RFI

    Publié le 12-11-2018
    Modifié le 12-11-2018 à 23:31

    En République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, président de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) et Vital Kamerhe, de l’Union nationale des combattants (UNC), joints par RFI, ont déclaré retirer leur signature de l’accord de Genève.  Cet accord avait été signé, dimanche, avec cinq autres leaders, désignant Martin Fayulu comme candidat commun de l’opposition à l’élection présidentielle prévue le 23 décembre. Les deux leaders des deux principaux partis d’opposition ont, de fait, retiré leur soutien à Martin Fayulu. Une décision qui fait suite à l’appel, allant dans ce sens, de la base de leurs partis respectifs.

    Suite à la déclaration du secrétaire général de l’UDPS, le président du parti, Félix Tshisekedi déclare à RFI qu’il retire sa signature de l’accord de Genève autour d’un candidat unique de l’opposition pour l’élection présidentielle du 23 décembre. De fait, il retire ainsi son soutien au candidat commun Martin Fayulu. Il dit être obligé de respecter le souhait de sa base électorale qui refuse de reporter ses voix sur un autre candidat que lui.

    J’en tire toutes les conséquences en retirant ma signature de cet accord, au nom du parti, parce que c’est la base du parti qui est propriétaire de celui-ci. Donc, je n’ai pas à aller à contre-sens par rapport à la volonté du parti.

    Félix Tshisekedi

    12-11-2018
    – Par
    Léa-Lisa Westerhoff

    Un peu plus tôt dans la journée, le secrétaire général de l’UDPS Jean-Marc Kabund avait demandé au président du parti de retirer sa signature de la déclaration.

    Il était important que nous puissions communiquer en temps utile et faire une déclaration dans le sens de rejeter, avec force, cette vaste blague qui s’est tenue à Genève. […] Nous disons: le 23 décembre, l’UDPS ira aux élections avec ou sans machine.

    Jean-Marc Kabund

    12-11-2018
    – Par
    Patient Ligodi

    Vital Kamerhe fait aussi marche-arrière

    Après Félix Tshisekedi, c’est au tour de Vital Kamerhe de se retirer de l’accord. Le candidat de l’UNC a pris, lui aussi, sa décision ce lundi soir.

    Je viens de retirer ma signature de l’accord de Genève pour être en phase avec la base du parti parce qu’il n’y a point de leader sans base, sinon je vais m’auto-flageller moi-même ou m’auto-exclure du parti. Finalement, nous sommes au service du peuple et pas l’inverse.

    Vital Kamerhe

    12-11-2018
    – Par
    Clémentine Pawlotsky

    Plus tôt dans la journée, l’UNC avait appelé son président, Vital Kamerhe, à se retirer de l’accord conclu à Genève. L’UNC remettait notamment en cause la capacité de Martin Fayulu à mobiliser.

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  • RDC: polémique après la publication de l’équipe de campagne d’Emmanuel Shadary

    Emmanuel Ramazani Shadary est le candidat de la majorité au pouvoir en RDC. © REUTERS/Kenny Katombe

    Par
    RFI

    Publié le 05-11-2018
    Modifié le 05-11-2018 à 04:15

    En RDC, certaines personnalités figurant dans l’équipe de campagne du candidat de la majorité Emmanuel Ramazani Shadary, annoncée samedi, affirment ne pas avoir été consultées au préalables.

    Samedi, le Front commun pour le Congo (FCC) a dévoilé une liste de plus de 500 personnes qui devaient faire partie de l’équipe de campagne d’Emmanuel Ramazani Shadary, le dauphin du chef de l’Etat. Mais plusieurs de ces personnalités disent ne pas avoir été contactées au préalable. C’est notamment le cas de Florent Ibenge, l’entraîneur de l’équipe nationale de football et de l’As Vita Club, de Chantal Kanyimbo, rapporteur du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication, ainsi que de Kasonga Tshilunde, le président de l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC).
    Le patron de l’UNPC dit être tombé des nues en apprenant que son nom figurait sur la liste de l’équipe de campagne d’Emmanuel Ramazani Shadary. « Comme un cheveu sur la soupe, je me retrouve dans une activité dont je n’ai pas été informé, affirme Kasonga Tshilunde. Je pense que ce n’était pas du tout correct. J’ai des appels, j’ai des insultes. J’occupe des charges au niveau de la presse congolaise et je suis le symbole de cette presse congolaise, donc je ne peux pas avoir d’autres charges en même temps. »

    Par voie de presse, près d’une dizaine de personnalités se sont dit surprises de se voir figurer sur cette liste. Comment l’expliquer ? « La liste qui a été publiée samedi a été décidée par le candidat Emmanuel Ramazani Shadary sur base des compétences qui existent dans la famille politique du Front commun pour le Congo, avance l’ambassadeur Barnabé Kikaya, conseiller diplomatique de Joseph Kabila et membre de l’équipe de campagne. Toutes ces personnes sont des personnes ressources. Les consultations ont certainement eu lieu, mais s’il y a des désistements aujourd’hui, ces personnes sont libres d’accepter ou de ne pas accepter. »
    Le directeur de cabinet du président a quant à lui indiqué dans un communiqué qu’il ne fallait pas se fier aux listes diffusées sur les réseaux sociaux, que la liste définitive de l’équipe de campagne serait diffusée ce lundi sur le site du FCC.

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  • RDC: le difficile combat contre une épidémie de choléra qui progresse

    RDC: le difficile combat contre une épidémie de choléra qui progresse


    Par
    RFI

    Publié le 04-11-2018
    Modifié le 04-11-2018 à 11:13

    La République démocratique du Congo subit actuellement, dans l’est du pays, une dixième épidémie d’Ebola qui a fait 180 morts, et de nombreux cas de poliomyélite et de rougeole. Le pays fait aussi face à une épidémie de choléra qui a débuté en 2017. Depuis le début de l’année et jusqu’à la mi-octobre, le ministère congolais de la Santé a recensé plus de 880 personnes mortes de cette maladie sur plus de 25 000 cas déclarés. Presque toutes les provinces sont concernées, selon les autorités du pays qui ont commencé à mettre en place une riposte sanitaire. Enrayer cette épidémie de choléra sera cependant compliqué.

    Déjà 22 provinces touchées sur les 26 que compte la RDC. Tout le monde reconnaît, aujourd’hui, que l’épidémie de choléra a progressé géographiquement, même si les autorités assurent avoir su la contenir quant au nombre de ses victimes. En cause, le manque de moyens, des faiblesses inhérentes au système de santé ou encore l’insalubrité.

    Les autorités pointent également l’apparition d’une nouvelle épidémie d’Ebola, notamment dans le nord-est du pays.

    « Cette année a été le moment où nous avons voulu focaliser l’énergie pour organiser la riposte contre Ebola. Cela a permis de mobiliser les ressources et même le personnel pour organiser la lutte », a précisé le Dr Aruna Abedi, directeur de la Surveillance épidémiologique en RDC.

    Le gouvernement ainsi que l’OMS assurent qu’ils sont en train de tout mettre en œuvre pour endiguer cette épidémie de choléra, même si, en l’état actuel, il sera difficile de vaincre totalement, dans le pays, la « maladie des mains sales », comme on l’appelle.

    « Le problème du choléra est multisectoriel. Tant que les populations n’auront pas d’eau potable, tant que les populations n’auront pas accès à l’assainissement, il sera difficile d’endiguer le choléra en RDC », explique le Dr Gervais Folesack, coordinateur des urgences de l’OMS dans ce pays.

    En attendant, l’OMS vient de proposer au gouvernement la vaccination de quelque 6 millions de personnes à risque. Il s’agit d’une nouvelle stratégie de lutte contre le choléra à côté de celles qui ont déjà fait leurs preuves ailleurs comme par exemple l’adoption de mesures d’hygiène.

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  • RDC: lever ou non les sanctions, une équation délicate pour l’Union européenne

    RDC: lever ou non les sanctions, une équation délicate pour l’Union européenne


    Par
    RFI

    Publié le 03-11-2018
    Modifié le 03-11-2018 à 06:53

    L’UE a jusqu’au 10 décembre pour décider de renouveler ou non les sanctions prises en décembre 2016 contre des responsables congolais, sous le coup d’une interdiction de voyager et d’un gel de leurs avoirs en Europe. Des personnalités parmi lesquelles figure Emmanuel Ramazani Shadary, candidat choisi par le président Kabila pour la présidentielle de décembre. Ce dossier épineux fait l’objet d’intenses discussions au sein de l’UE et préoccupe Kinshasa.

    Au cours d’une conférence de presse, le comité stratégique du Front commun pour le Congo a lancé un message de conciliation en direction de la communauté internationale. Le coordonnateur de ce comité, également directeur de cabinet du président de la République, Néhémie Mwilanya, n’y est pas allé par quatre chemins.

    « Ni la communauté internationale, ni les Congolais, aucune des parties n’a intérêt à ce que ce pays soit déstabilisé. Nous avons tous intérêt à conjuguer nos efforts pour donner une chance à la paix, à la stabilité, en commençant par la stabilité politique. »

    A une question relative aux sanctions qui frappent plusieurs dirigeants congolais, parmi lesquels le candidat FCC Emmanuel Ramazani Shadary, le ministre des Réformes institutionnelles Azarias Ruberwa a répondu : « Notre candidat n’est pas poursuivi par la CPI, notre candidat ne porte pas sur lui une condamnation judiciaire. C’est une simple sanction sous forme de menace politique. »

    A l’approche du scrutin

    Pour les animateurs du FCC, l’Union européenne lèvera ces sanctions dès lors qu’elle sera assurée de l’organisation des élections le 23 décembre prochain. Mais pour l’UE, l’équation est délicate.

    Car il s’agit soit de prendre le risque de maintenir sous sanctions l’éventuel successeur de Joseph Kabila et d’entériner durablement la crise entre Kinshasa et Bruxelles en cas d’élection d’Emmanuel Ramazani Shadary, soit de calmer le jeu en levant les sanctions, mais de se priver d’un moyen de pression à 15 jours de la date prévue pour la présidentielle, scrutin aussi attendu qu’incertain.

    Vers un compromis ?

    Finalement, de sources diplomatiques, un compromis se dessinerait : renouveler les sanctions, certes, mais envoyer dans le même temps aux Congolais un signal positif en leur donnant rendez-vous au lendemain du scrutin pour réévaluer la situation et envisager alors une possible levée de ces sanctions sans attendre la prochaine échéance.

    Au sein de l’UE, certains avaient proposé de sortir Emmanuel Ramazani Shadary de la liste des sanctionnés. Mais plusieurs pays ont rejeté l’hypothèse, dont la France, soucieuse de « ne pas donner le sentiment d’interférer dans le processus électoral » en faisant du dauphin un cas particulier. Or l’unanimité est requise au sein de l’UE en matière de sanctions.

    Recours au tribunal de l’UE

    Reste à savoir de quelle oreille l’entendront les autorités congolaises, qui ont multiplié les démarches ces derniers mois pour se débarrasser de ces sanctions vécues comme une « humiliation », allant jusqu’à mettre dans la balance la réouverture de la maison Schengen. Quant au recours introduit par Kinshasa auprès du tribunal de l’Union européenne, il est encore en cours d’examen.

    La première audience dans ce dossier ne devrait pas avoir lieu avant le premier trimestre 2019. Me Bontinck, l’avocat belge qui défend ces personnalités congolaises sous sanctions, continue de contester la régularité de ses sanctions qui n’auraient pas dû être prises, selon lui, sans que ses clients soient préalablement entendus. Il s’agit de « sanctions politiques » et non d’une décision de justice répondent des sources au sein de l’UE.

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  • RDC: le GEC dénonce la politisation de la Céni et de la Cour constitutionnelle

    RDC: le GEC dénonce la politisation de la Céni et de la Cour constitutionnelle


    Par
    RFI

    Publié le 03-11-2018
    Modifié le 03-11-2018 à 04:59

    A quelques semaines de la présidentielle, le Groupe d’étude sur le Congo vient de sortir le premier volet d’un rapport intitulé « RDC : les élections de tous les dangers ». Il y décortique deux institutions clés, la Céni et la Cour constitutionnelle, dont la politisation pourrait plonger le pays dans un nouveau cycle de violence.

    La Commission électorale nationale indépendante (Céni) et la Cour constitutionnelle sont régulièrement accusées de faire le jeu de la coalition au pouvoir en République démocratique du Congo. Le premier volet du rapport « RDC : les élections de tous les dangers », publié le 1er novembre, revient sur l’histoire de ces deux institutions clés dans le processus électoral et sur ce qui a permis leur politisation.

    Le Groupe d’étude sur le Congo, qui dépend de l’Université de New York, se penche d’abord sur la Commission électorale nationale indépendante (Céni). Son indépendance est consacrée par la loi, mais ça, « c’est la théorie », souligne le rapport très fouillé de 23 pages. Son bureau est composé à l’origine de six membres, trois issus de la majorité présidentielle, deux de l’opposition et un président provenant de la société civile. Mais les cartes ont été rebattues au fil du temps : aujourd’hui, cinq de ses membres sont perçus comme acquis à la majorité présidentielle.

    Et pour preuve de cette méfiance, un sondage publié par le GEC il y a quelques semaines indiquait que seuls un quart des Congolais estiment que la Céni organisera « des élections justes et équitables ».

    « Inféodée au pouvoir »

    Même rejet de la Cour constitutionnelle. Selon le même sondage, environ trois quarts des Congolais n’ont pas une bonne opinion de l’organe chargé de vider le contentieux électoral. Cette cour est constituée de neuf membres, dont trois nommés directement par le chef de l’Etat, trois autres par le Conseil supérieur de la magistrature et les trois derniers par le Parlement réuni en congrès. Un équilibre qui devrait être un gage d’indépendance. Mais toutes ces institutions étant dominées par Kabila et sa majorité, elle apparaît désormais « inféodée » au pouvoir.

    Enfin, ce rapport passe en revue plusieurs décisions importantes de ces deux institutions qui ont sapé la confiance de l’opposition et de la société civile et qui inquiètent la communauté internationale. Elles vont du « passage en force sur la machine à voter » jusqu’à l’arrêt qui consacre le second glissement du calendrier, en passant par l’invalidation des candidats de l’opposition ou encore le refus d’un droit de regard international sur le processus.

    Les observateurs, garde-fous

    Pour le GEC, il est aujourd’hui trop tard d’ici aux élections pour rétablir l’indépendance de ces institutions. Il est donc impératif de déployer des témoins et observateurs, nationaux comme étrangers, qui pourraient servir de garde-fous.

    Il faut que les gardes-fous, les contrepoids dans ce processus, viennent d’ailleurs que de ces institutions.

    Jason Stearns, directeur du GEC

    03-11-2018
    – Par
    Esdras Ndikumana

    Comme il le résume également dans ce tweet :

    Short term solution: need other safeguards for these elections––observation missions, deployment of political party witnesses, critical journalism. Long term solution: much harder, need to reform how Constitutional Court and Elex Commission are named. https://t.co/i8S1xnARTf pic.twitter.com/3SQSiOI46o

      Jason Stearns (@jasonkstearns) 1 novembre 2018

    Kinshasa rejette ces accusations

    De son côté, le porte-parole du gouvernement Lambert Mendé rejette ces accusations. Il accuse le GEC et en particulier son directeur Jason Stearns de chercher à décrédibiliser les institutions congolaises depuis qu’il a été expulsé par Kinshasa en avril 2016.

    Nous savons tous très bien que M. Jason Stearns, depuis qu’on l’a déclaré indésirable en République démocratique du Congo, passe son temps à pondre des rapports contre la crédibilité des institutions qui sont en place. Donc c’est quelqu’un qui est en train de régler un problème personnel et non pas qui fait un travail professionnel.

    Lambert Mendé, porte-parole du gouvernement congolais

    03-11-2018
    – Par
    Florence Morice

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  • Crimes et atteintes envers les journalistes: l’Afrique aussi en pâtit

    Crimes et atteintes envers les journalistes: l’Afrique aussi en pâtit


    Par
    RFI

    Publié le 02-11-2018
    Modifié le 02-11-2018 à 14:32

    En décembre 2013, lors de sa 68e session, l’Assemblée générale des Nations unies a proclamé le 2 novembre Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre des journalistes. Une date choisie en mémoire de l’assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon, au Mali, le 2 novembre 2013. Partout dans le monde, des journalistes sont tués pour l’exercice de leur métier, celui d’informer les populations. Le continent africain ne fait pas exception.

    Au cours des 12 dernières années, plus de 1 000 journalistes ont été tués pour avoir voulu couvrir des évènements et informer le public. Dans neuf cas sur dix, les meurtriers restent impunis. Si les envoyés spéciaux sont parfois tués sur des terrains de guerre, ce sont les journalistes locaux enquêtant sur la corruption, la criminalité et la politique qui constituent, de loin, le plus grand nombre de victimes.

    Selon Reporters sans frontières, la Syrie est le pays le plus meurtrier au monde pour les reporters, suivie du Mexique, le pays en paix le plus dangereux. Mais en Afrique aussi, l’exercice de la profession peut être périlleux, et les crimes commis contre des journalistes restent souvent impunis.

    « La RDC reste le pays d’Afrique sub-saharienne où sont enregistrées le plus grand nombre d’atteintes à la liberté de la presse », selon l’organisation Journalistes en danger (JED) qui publie son rapport annuel.

    De la menace à la mort, la triste réalité du journalisme en RDC

    Ces 15 dernières années, 12 professionnels des médias ont été assassinés dans le pays, le dernier en 2015, sans que les véritables auteurs de ces crimes ne soient inquiétés. Une « culture de l’impunité » qui, selon Tshivis Tshivuadi, secrétaire général de l’organisation, « tue la liberté de la presse ».

    En 2018 encore, l’organisation a recensé 121 cas de journalistes interpellés, arrêtés, menacés ou encore victimes de censure. Le même chiffre qu’en 2017, selon ce rapport baptisé « Les élections de tous les dangers pour les journalistes ». Quelque 54 journalistes ont été, à un moment donné, privés de libertés en RDC en 2018. Un chiffre quasiment stable comparé à l’an passé mais avec une évolution notable : les cas de détention de plus de 48 heures ont doublé, 15 contre sept recensés l’an passé. Parmi eux, un seul journaliste, Tharcisse Zengia, du journal satirique Le Grognon, est actuellement détenu dans une affaire de diffamation.

    Viennent ensuite les pressions ou censures : 37 cas recensés ; puis les menaces et les agressions : 30 cas cette année. En première ligne, selon JED, on trouve les journalistes couvrant les manifestations de la société civile et de l’opposition, régulièrement interpellés, privés de leur matériel ou « passés à tabac » selon ce rapport qui revient également sur le cas de trois journalistes de la télévision publique « révoqués » selon JED pour avoir « tenté de diffuser » un reportage sur une marche hostile au pouvoir. L’organisation déplore également la tendance des autorités à couper l’Internet et les services de messagerie lors de ces manifestations.

    La « crise » en RDC génère de la pression sur les médias

    Les journalistes d’investigation ne sont pas épargnés. Un exemple : celui de ces deux documentaristes contraints, toujours selon JED, « de vivre en clandestinité après la diffusion de témoignages de personnes expropriées d’un terrain revendiqué par le chef de l’Etat ».

    Cette année encore, selon JED les services de sécurité, police, armée et agence nationale de renseignements sont responsables de 44% des cas de violations recensés.

    Pour JED, la « crise » dans laquelle se trouve plongée la RDC depuis 2016, suite aux différents reports de l’élection présidentielle désormais prévue en décembre, accentue la pression sur les journalistes.

    L’organisation déplore enfin que deux projets de loi, l’un sur l’accès à l’information et l’autre sur la liberté de la presse, soient bloqués à l’Assemblée nationale depuis 2015 et que « par manque de volonté politique », la RDC s’appuie toujours sur une législation « répressive » adoptée en 1996 du temps de Mobutu. Une loi qui « fait référence au Code pénal » et « prévoit des peines de prison et de fortes amendes pour l’injure et la diffamation », au point selon JED « d’anéantir par exemple toute possibilité pour les journalistes de dénoncer des tentatives de fraudes ».

    Ailleurs sur le continent

    Au Burundi. Le président de l’Observatoire de la presse au Burundi qui vit en exil (au Rwanda) dénonce l’impunité dont jouissent les responsables des crimes commis contre les journalistes depuis 2015 et la crise que traverse ce pays. Il parle notamment du cas de deux journalistes tués dont l’un exécuté ouvertement avec toute sa famille par des policiers d’une unité d’élite chargée de la protection des institutions. Innoncent Muhozi accuse le pouvoir d’être responsables de ces crimes, malgré les dénégations répétées de ce dernier.

    Beaucoup de journalistes ont été tabassés à diverses occasions, des médias ont été détruits, brûlés, et sont toujours occupés par la police […] Ces agressions viennent clairement de l’Etat qui ne s’en cache pas. Le système judiciaire sous contrôle ne fait que cautionner les actes du gouvernement

    Innoncent Muhozi

    02-11-2018
    – Par
    Esdras Ndikumana

    Au Rwanda. Pour l’organisation de protection des journalistes Reporters sans frontière qui classe le président Paul Kagame parmi les prédateurs de la presse, le Rwanda est l’un des Etats les plus répressifs du monde où il a recensé de nombreux assassinats de journalistes depuis 1996, qui sont restés impunis.

    Dans la plupart des cas, on fait face à de l’impunité, ce qui équivaut à une sorte de permis de tuer. C’est ça qui fait pesée une véritable épée de Damoclès au-dessus de la tête des journalistes rwandais

    Arnaud Frogel

    02-11-2018
    – Par
    Esdras Ndikumana

    En Côte d’Ivoire, des journalistes doivent participer ce vendredi à une marche pour attirer l’attention sur l’assassinat de journalistes locaux et étrangers au cours des dernières années. De Guy-André Kieffer à Jean Hélène, ce pays n’a pas été épargné par les crimes envers les reporters.

    Un crime nous traumatise : celui de Guy-André Kieffer. Rien, rien n’a permis d’élucider ce crime

    Moussa Touré

    02-11-2018
    – Par
    Michel Arseneault

    En Algérie, une centaine de journalistes mais aussi employé de médias, chauffeurs, correcteurs,  ont été tués pendant la décennie noire.
    Parmi eux, Saïd Mekbel, directeur du jounal Le Matin, assassiné en décembre 1994. Lassé de commémorer uniquement sa mort, son fils a décidé de commémorer – chaque 22 mars, car ce jour-là, deux années de suite en 1993 et 1994 -, les Algériens ont marché contre le terrorisme, toutes les mémoires, celles des journalistes, mais aussi de toutes les victimes anonymes du terrorisme des années 1990 en Algérie. Pour ne pas oublier, et pour ne laisser ni l’Etat ni les islamistes réécrire l’histoire de ces années-là, Nazim Mekbel appelle aussi à se souvenir de tous les autres.

    Ne parler que d’une personne ou uniquement de gens connus, en oubliant les 200 000 autres, ce serait un tort.

    Nazim Mekbel, président de l’association Ajouad Algérie Mémoires

    02-11-2018
    – Par
    Marie-Pierre Olphand

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  • RDC: nouvel archevêque, Mgr Ambongo prend la relève du «souci pastoral»

    RDC: nouvel archevêque, Mgr Ambongo prend la relève du «souci pastoral»


    Par
    RFI

    Publié le 02-11-2018
    Modifié le 02-11-2018 à 13:14

    Fridolin Ambongo Besunga a été confirmé archevêque métropolitain de Kinshasa par le pape François, jeudi 1er novembre. Il succède ainsi au cardinal Laurent Monsegwo Laurent Pasinya, dont la démission a été acceptée jeudi par le Saint-Siège. Le cardinal Monsegwo va ainsi pouvoir se consacrer pleinement à son rôle de cardinal. Ce changement intervient à un moment charnière de la vie de la RDC où la voix de l’Eglise est écoutée.

    A bientôt 59 ans, le nouvel archevêque de Kinshasa avait été nommé co-adjuteur en février dernier. Fils d’un travailleur des plantations d’hévéas, il a fait des études de philosophie au séminaire de Bwamanda et de théologie à l’institut Saint Eugène de Mazenod de Kinshasa, avant de s’engager dans l’ordre des Frères mineurs capucins. Il est ordonné prêtre en 1988.

    Ensuite, Ambongo poursuit les études doctorales en théologie morale à l’Académie alphonsienne de Rome. Revenu au pays, il enseigne aux Facultés catholiques de Kinshasa et au grand séminaire Saints Pierre et Paul de Lisala. Il est évêque de Bokungu-Ikela, puis Mbandaka-Bikoro, avant de se retrouver aujourd’hui à la tête de l’église de Kinshasa. Il affirme avoir conscience de la lourdeur de la charge :

    « La situation du pays, avec la période que nous vivons maintenant, un peuple qui évolue doucement vers des élections prévues pour le 23 décembre, cela fait partie du souci pastoral de l’archevêque de Kinshasa. »

    Autant que pour le cardinal Monsengwo, son prédécesseur à la tête de l’Eglise catholique de Kinshasa, Mgr Fridolin Ambongo n’a toujours pas été tendre avec le pouvoir politique.

    Les évêques de la RDC ont prévu de se réunir entre le 20 et le 22 novembre. La rencontre sera entièrement consacrée à l’évaluation du processus électoral et devra s’achever le jour du lancement de la campagne électorale.

    → RELIRE : Le cardinal Monsengwo, Desmond Tutu ou Machiavel congolais ?

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  • Expulsion de Congolais de l’Angola: la Cenco tire la sonnette d’alarme

    Expulsion de Congolais de l’Angola: la Cenco tire la sonnette d’alarme


    Par
    RFI

    Publié le 01-11-2018
    Modifié le 01-11-2018 à 14:55

    Les chiffres sont alarmants : le HCR parle de 300 000 personnes, l’Eglise congolaise, reprenant des chiffres de Caritas internationalis, parle de 500 000 Congolais refoulés d’Angola vers le Kasaï dans le sud de la RDC, déjà très fragilisée par la guerre de 2016.

    L’Angola a expulsé presque deux fois plus de Congolais qu’annoncé. Selon un décompte de l’ONG catholique internationale Caritas, plus d’un demi-million de Congolais ont été renvoyés en RDC. Les Nations unies parlaient plutôt jusqu’à maintenant de 330 000 personnes. La Conférence épiscopale nationale du Congo s’inquiète de leur sort.

    Dans un communiqué, la Cenco déplore que la plupart d’entre elles « errent » dans des villages frontaliers où elles dorment parfois dehors. Selon l’Abbé Donatien Nsholé, secrétaire général de la Cenco, les expulsions pourraient même menacer la paix entre la RDC et l’Angola.

    « Il y a les Congolais dans les réseaux sociaux qui commencent à s’en prendre aux Angolais. Il y en a qui commencent à injurier dans les deux sens. On est témoins de ces choses-là. Ça, ce n’est pas de bon augure », craint-il.

    Il est serait donc à craindre que des Angolais vivant en RDC fassent l’objet de représailles. « Nous ne souhaitons pas qu’on y arrive, reprend le religieux. C’est pour cela que nous exhortons le gouvernement à parler pour ne pas inciter à cela et un dialogue en amont peut faciliter les choses. Nous demandons à nos fidèles catholiques, aux hommes de bonne volonté et à la communauté internationale d’être très attentifs à cette situation. Ce n’est pas normal de laisser une telle masse de gens vivre dans ces conditions. »

    Violences et rareté des ressources

    Dans un communiqué, l’ONG internationale Oxfam a dénoncé mercredi 31 octobre la répression violente subie par ces refoulés congolais, dont une bonne partie vivait régulièrement en Angola. Cette organisation appelle aujourd’hui la communauté internationale à porter son attention vers le Kasaï et les centaines de Congolais refoulés de l’Angola.

    Schéhérazade Bouabid, chargée de la communication de Oxfam, s’alarme notamment de la malnutrition massive qui s’abat sur des centaines de milliers d’enfants : « C’est une région où les tensions communautaires existent encore. Et on ne peut pas oublier ce qui s’est passé en 2016. Un conflit très violent a conduit au déplacement de plus de 1,4 million de personnes et qui a laissé la population dans un état sévère de malnutrition. Dans la région, dans toutes les villes que nous traversons, le Kasaï, le taux de malnutrition est très, très grave. On a plus de 500 000 enfants dans la région, déjà, qui sont en état de malnutrition sévère. Donc c’est alarmant parce que les ressources sont trop fragiles et ces personnes, pour pouvoir se réintégrer dans les communautés, ont besoin d’aide. »

    « On a vu des milliers et des milliers de personnes sur les routes, qui souffrent énormément. C’est une situation critique, en effet. Et les violences qu’ont vécues ces personnes sont inadmissibles. Cette situation mérite l’attention de la communauté internationale », clame-t-elle.

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