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  • Cinq provinces élisent leur nouveau gouverneur dès le premier tour

    Cinq provinces élisent leur nouveau gouverneur dès le premier tour

    Urnes de la CENI

    -En RDC, 8 des 26 provinces du pays devaient élire un nouveau gouverneur et vice-gouverneur ce samedi 26 août après des problèmes de vacances de pouvoir. Dans 5 provinces, le nouveau gouverneur a été désigné dès le premier tour, dans trois autres un second tour aura lieu pour départager les candidats.

    Parmi les provinces suivies de près par les Congolais, celles du Haut-Katanga et du Haut-Lomami, nées de la séparation du Katanga en 3 provinces. Le Haut-Katanga est le fief de l’opposant numéro 1 du pays Moïse Katumbi. Le Haut-Lomami, celui du président Joseph Kabila, originaire de là-bas.

    Pour la majorité présidentielle il était donc crucial d’obtenir un vote clair en faveur de leur candidat. Pari gagné dans ces deux provinces, où les candidats du pouvoir ont remporté une majorité absolue : l’ex-ministre provincial Pande Kapopo, à Lubumbashi et le professeur d’université Jackson Kalenge Mwezeni à Kamina.

    Mais preuve des tensions politiques qui règnent autour de ces postes très lucratifs, dans la capitale du Haut-Lomami, les partisans de l’un des candidats malheureux ont jeté des pierres contre le siège de l’Assemblée provinciale, avant que la police n’intervienne.

    Autres provinces importantes : celle du Tshopo qui abrite Kisangani, la 3e ville du pays et le Sud-Kivu, territoire minier réputé proche de l’opposition. Pas de majorité absolue là-bas. Il faudra attendre un second tour pour départager les candidats.

    A Gemena, dans la province du Sud-Ubangui, l’indépendant Taile Nage Joachim l’a emporté largement devant un candidat de la majorité présidentielle. Un autre indépendant, Michel Balabala, a été élu à la tête de la province du Kwilu.

    Enfin à noter que les nouveaux gouverneurs de ces 8 provinces viennent de régler des problèmes de vacances de pouvoir. Les autorités – si elles respectent les engagements pris avec l’opposition en décembre dernier– sont tenues d’organiser de nouvelles élections dans l’ensemble des 26 provinces du pays d’ici la fin de l’année.

    Avec RFI

  • Dépréciation du franc congolais et inflation en RDC

    Dépréciation du franc congolais et inflation en RDC

    -Après deux ans de stabilité du taux d’échange en RDC, une dépréciation très forte face au dollar américain frappe le pays depuis janvier, entraînant une inévitable hausse des prix.

    En 2016, 1 dollar s’échangeait à 920 francs congolais. Aujourd’hui, le taux officiel a augmenté de 43 %, passant à 1450 francs pour 1 dollar, voire 1500 à 1600 francs sur le marché noir.

    Cette situation entraîne la hausse vertigineuse de prix des denrées alimentaires et autres produits et services.

    Dans les marchés de Bukavu, le kilo de viande de bœuf est passé de 4500 à 8000 francs congolais, une mesure de riz qui s’achetait 800 francs coûte dorénavant 1500 francs.

    On ne sait plus quoi acheter, des gens qui mangeaient deux fois par jour ne se nourrissent plus qu’une fois.”
    Solange Lwashiga, caucus des femmes du Sud-Kivu pour la paix
    Pour Solange Lwashiga, du caucus des femmes du Sud-Kivu pour la paix, le panier des ménages est asphyxié.

    “On ne sait plus quoi acheter, des gens qui mangeaient deux fois par jour ne se nourrissent plus qu’une fois”, raconte-elle.

    Avec cette flambée des prix, les marchandises s’écoulent à compte goutte comme le confie Fabien Binja, président du marché de Nyawera.

    Selon lui, en l’espace de cinq mois environs 30 % des vendeurs de ce marché ont perdu leur capital et d’autres peinent à rembourser les prêts obtenus des coopératives d’épargne et de crédit.

    La cause à l’instabilité politique

    Pour le député national élu de Bukavu, Kizito Mushizi, en plus de variables économiques, cette dépréciation est aussi lié à l’instabilité politique de l’après décembre 2016.

    La cause structurelle est l’incertitude politique.”
    Kizito Mushizi, député national élu de Bukavu
    “La cause structurelle est l’incertitude politique”, explique-t-il, “si le gouvernement dit qu’il va y avoir une alternance, cela peut stabiliser l’économie”.

    Plusieurs témoignages attestent que les fonctionnaires et agents de l’Etat congolais voient également leur pouvoir d’achat baissé sensiblement.

    Les enseignants, médecins, députés, ministres et agents de l’administration publique touchent encore leurs salaires au taux de 930 francs congolais le dollar. Ils plaident pour son réajustement au regard de la fluctuation du taux.

    Le président du bureau de coordination de la société civile du sud Kivu, Patient Bashombe interpelle le gouvernement congolais. “Cela entraîne une instabilité, il faudrait des État généraux économiques”, souligne-t-il.

    En juillet 2017, la dépréciation du franc avait atteint un pic de 1720 francs le dollar.

    En réaction, la banque centrale du Congo avait vendu début août 20 millions de dollars aux banques commerciales en vue de contribuer au maintien de l’appréciation de la monnaie nationale sur le marché de change, faisant baissé le change à 1500 francs le dollar.

    Avec VOA

  • Braquage au domicile de l’ancien Premier ministre Lumumba à Kinshasa

    Braquage au domicile de l’ancien Premier ministre Lumumba à Kinshasa

    -La famille du premier Premier ministre congolais Patrice Emery Lumumba, icône de l’indépendance du pays, a dénoncé vendredi le braquage par des militaires du domicile familial situé dans un quartier huppé de Kinshasa.

    “Des militaires au nombre de cinq ont réussi à foncer la barrière de la résidence” de la famille Lumumba dans la nuit de vendredi à 1H00 du matin (23H00 GMT), lit-on dans le communiqué signé par François Lumumba, fils ainé du premier chef du gouvernement de la RDC après son indépendance de la Belgique le 30 juin 1960.

    “Au cours de ce braquage, Juliana (la cadette des enfants Lumumba) qui a essayé de résister a été malheureusement frappé à la tête et les côtes avec la crosse d’un fusil”, selon ce communiqué qui indique que “les agresseurs” ont pris la fuite après lui avoir arraché “des effets personnels et une somme d’argent”.

    Des braquages et des enlèvements sont devenus très courant depuis plusieurs mois dans la prestigieuse commune de la Gombe qui abrite les sièges des institutions du pays et des chancelleries étrangères, particulièrement sur le boulevard du 30 juin.

    Avec VOA

  • En RDC, l’évitement fiscal a coûté 1 milliard de dollars à l’État en 2016

    En RDC, l’évitement fiscal a coûté 1 milliard de dollars à l’État en 2016

    -La Ligue congolaise contre la corruption (Licoco) a saisi le Conseil supérieur de la magistrature pour mettre un terme à un système d’évitement fiscal et de corruption de juges pratiquée, selon elle, par quelque 200 entreprises dans le pays. La Licoco estime à un milliard de dollars le manque à gagner pour les caisses de l’État de la République démocratique du Congo.

    La facture est lourde. « Pour l’année 2016, c’est plus de un milliard [de dollars] que nous avons calculé, par les documents sur les 220 contentieux en cours devant les tribunaux », avance Ernest Mpararo, secrétaire exécutif de la ligue congolaise de lutte contre la corruption.

    La cause de cette importante perte de ressources fiscales pour l’État congolais : des entreprises privées qui, plutôt que de payer leurs impôts, lancent des recours en justice et, même, corrompent les juges.  « Les entreprises se disant installées ici en RDC, lorsqu’elles doivent payer leurs impôts, contestent le montant qui leur a été demandé par l’administration fiscale », explique Ernest Mpararo, qui décrit pour RFI la méthode employée pour parvenir à cet évitement fiscal systématique.

    Un système rôdé

    Alors que la loi congolaise prévoit que, même en cas de contestation du montant réclamé, la société visée doit s’acquitter de 20% du montant principal, dans l’attente d’un arbitrage de la justice, « ces entreprises, au lieu de payer les 20%, corrompent les juges, et obtienne des jugements, pas pour corriger les erreurs de l’administration fiscale, mais pour bloquer le paiement des impôts jusqu’à ce qu’un jugement définitif soit rendu ».

    Et ces mesures suspensives peuvent parfois se prolonger pendant plusieurs années. « Les jugements définitifs ne viennent pas pendant 5 ans, pendant 10 ans. Et c’est l’État congolais qui perd », s’indigne Ernest Mpararo.

    La Licoco estime qu’en 2016, plus de 200 entreprises domiciliées en RDC ont eu recours à cette pratique. La Ligue a donc décidé de saisir le Conseil supérieur de la magistrature avec deux objectifs prioritaires : que les juges véreux soient sanctionnés et qu’une commission mixte soit créée pour obtenir le paiement de ces taxes impayées.

    Avec RFI

  • L’inflation menace la RDC

    L’inflation menace la RDC

    -La RDC traverse une sévère crise économique. L’inflation, de l’ordre de 41% par an environ, affecte violemment la population. Ce qui a poussé le mois dernier les fonctionnaires à lancer un mouvement de grève.

    Dévaluation de sa monnaie, hausse des prix, l’économie de RDC est très mal en point. « L’offre de la production locale est inférieure à la demande sur tous les produits de base. La production locale que ce soit de riz, de haricot, de maïs, de banane, de manioc est insuffisante pour répondre à la demande locale. Et puisqu’il faut importer, il y a une très forte demande des villes donc il y a l’inflation sur le marché de biens et services et l’inflation monétaire », décrypte l’économiste Hubert Mpunga.

    Face à cette situation, les fonctionnaires ont lancé un appel à la grève le 21 juillet dernier pour obtenir une hausse de salaire. Mouvement suspendu une semaine plus tard comme l’explique Nico Mulangu, le modérateur du collectif des syndicats de la fonction publique :

    « Le gouvernement a pris une décision unilatérale pour faire une légère augmentation au niveau des salaires. C’est pour cela que nous observons, en demandant aux agents d’être calmes et nous allons donner le mot d’ordre pour voir ce que nous pouvons faire. »

    Pourtant, une inconnue demeure : « Il n’a même pas communiqué le montant de cette augmentation. On nous parle de 20 000, de 10 000 mais nous ne savons pas encore et nous attendons cette augmentation là pour voir si les agents vont accepter ou bien s’ils ne vont pas accepter. A ce moment nous allons poursuivre la procédure pour voir ce que nous pouvons faire », indique Nico Mulangu.

    Cependant, Kinshasa aura du mal à satisfaire ces revendications. L’économiste Hubert Mpunga :

    « Il a suffi que le marché de ressources minières que nous exportons à l’état brut ou semi-brut bouge dehors et l’industrie locale a connu une dépression. Ce qui fait que on importe les biens de consommation beaucoup plus qu’on exporte les ressources naturelles et on a pas suffisamment d’argent pour importer les biens dont on a besoin pour la consommation. »

    Le panier des ménagères congolaises est donc vide, comme les caisses du gouvernement.

    Avec RFI

  • Une « transition citoyenne » sans Kabila ?

    Une « transition citoyenne » sans Kabila ?

    -Un “manifeste du citoyen congolais” a été présenté à Paris par une dizaine d’organisations de la société civile. Le texte demande le départ du président Kabila et la mise en place d’une nouvelle transition issue de concertations nationales.

    L’appel a été lancé depuis Paris ce vendredi. Autour de la table, plusieurs organisations de la société civile et des plateformes citoyennes comme la Lucha, Filimbi ou le tout nouveau mouvement du riche homme d’affaires Sindika Dokolo, Congolais debout. Pendant 3 jours, ces opposants accusent  le président Kabila de vouloir s’accrocher indéfiniment au pouvoir et d’être le principal responsable de la crise politique en République démocratique du Congo (RDC). Depuis la fin de son dernier mandat, fin 2016, et le report de l’élection présidentielle, Joseph Kabila avait réussi à négocier in-extremis une « rallonge » d’une année à la tête du pays à condition d’organiser le scrutin avant le mois de décembre 2017. Seulement voilà, les élections paraissent une nouvelle fois compromises et le pays s’enfonce dans une crise politique et sécuritaire des plus dangereuses.

    Dans le manifeste du citoyen congolais publié à Paris vendredi, les signataires accusent le chef de l’Etat d’organiser volontairement le blocage du calendrier électoral afin de se maintenir au pouvoir. En cause : une Commission électorale (CENI) « instrumentalisée » et la mise en place de la « terreur, devenue un mode de gouvernance qui empêche le peuple congolais de revendiquer ses droits ». Selon ces mouvements citoyens, « les exécutions extra-judiciaires se multiplient, les fosses communes se remplissent et l’accès aux médias et aux réseaux sociaux est restreint ». Pire, le président congolais est également accusé « de créer des zones d’insécurité »  et « de susciter des tragédies meurtrières à travers le pays (…) dans le but de décréter indûment l’Etat d’urgence et retarder l’organisation des élections ». Les dernières violences dans les Kasaï auraient déjà fait plus de 3.000 morts selon l’Eglise catholique.

     Vers une  nouvelle concertation nationale?

    Face à la crise politique qui perdure et au risque de chaos qui menace, le manifeste exige le départ du président congolais et propose l’instauration « d’une transition citoyenne dont les animateurs seront désignés à la suite d’une concertation nationale ayant pour mission d’organiser des élections crédibles, transparentes, ouvertes et libres ». Le procédé n’est pas nouveau puisque des concertations nationales se sont déjà tenues en 2013 après la réélection contestée de Joseph Kabila, et deux « dialogues » se sont tenus avant la fin du mandat de l’actuel président congolais… sans résultat. Mais cette fois, le manifeste affirme « ne pas rouler » pour un parti politique mais pour les citoyens congolais. D’ailleurs, les représentants désignés pour piloter la transition ne seront pas autorisés à se présenter à la présidentielle. Reste à savoir quelle personnalité pourrait avoir assez de poids politique et morale pour assurer cette délicate transition ? Sur le sujet, c’est plutôt silence radio, mais on pense bien sûr au célèbre médecin Denis Mukwege, « l’homme qui répare les femmes » ou au cardinal Laurent Monsengwo.

    Concernant le départ de Joseph Kabila, qui n’a visiblement pas l’air de vouloir céder son fauteuil, le texte ne dévoile pas non plus la stratégie qu’elle souhaite mettre en place pour faire partir l’homme fort de Kinshasa. Le manifeste appelle les Congolais à mettre en application l’article 64 de la Constitution qui permet « au peuple d’user de son devoir sacré de faire échec avec des moyens pacifiques à la tentative du président Joseph Kabila de se maintenir au pouvoir au-delà du 31 décembre 2017 ». Mais la répression est féroce à chaque mobilisation populaire et les Congolais semblent se lasser des opérations villes mortes alors que le pays traverse également une grave crise économique qui précarise un peu plus des Congolais qui vivent pour la grande majorité en dessous du seuil de pauvreté. Cette initiative lancée en dehors des cercles politiques congolais aura-t-elle plus de chance que le Rassemblement de l’opposition lancé en grande pompe l’été dernier, qui apparaît aujourd’hui bien affaibli ? C’est le principal défi de ce manifeste : faire adhérer massivement les Congolais afin « de mener le pays au retour de l’ordre démocratique »… un vaste programme.

    Avec Christophe RIGAUD – Afrikarabia