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  • Coupe de la Confédération: Le TP Mazembe à l’attaque à Lubumbashi

    Coupe de la Confédération: Le TP Mazembe à l’attaque à Lubumbashi

    Trésor Mputu, le capitaine et buteur du TP Mazembe, s'envole vers les sommets. REUTERS/Fadi Al-Assaad
    Trésor Mputu, le capitaine et buteur du TP Mazembe, s’envole vers les sommets. REUTERS/Fadi Al-Assaad

    -Le match retour de la Coupe de la Confédération se déroule ce dimanche 6 novembre à Lubumbashi en République Démocratique du Congo. Le TP Mazembe part avec un court avantage après son nul en Algérie, 1-1, face au MO Bejaïa. Hubert Velud, l’entraîneur des Congolais, malgré une certaine prudence, ne pense qu’à la victoire.

    Le TP Mazembe part favori ce dimanche 6 novembre pour le match retour de la Coupe de la Confédération et pourra remporter son 7e titre en compétitions africaines face au MO Bejaïa.

    Le TP Mazembe sera offensif

    Le match nul, 1-1, a permis aux Congolais de prendre une option sur le titre, car un match nul sans buts ou une victoire, assure le titre de champion au TP Mazembe.

    Toutefois l’entraîneur français des Corbeaux, Hubert Velud, en conférence de presse, ne veut pas entendre parler d’une tactique… défensive. « Je ne pense pas qu’on ait déjà vu le TP Mazembe jouer défensivement à domicile. Je serais prudent sur le déroulement de la rencontre à Lumbumbashi, car ce ne sera pas le même match qu’à Blida. En tout cas on ne sera pas prudent dans le jeu, car nous, on voudra faire la différence et gagner. »

     D’ailleurs Hubert Velud n’y va pas par quatre chemins, la recette pour remporter le titre, il nous la donne. « Il faudra qu’on marque rapidement pour se mettre à l’abri, car le MOB reste une très belle équipe. Je les trouve en progrès par rapport à la phase de groupes. »

    Du côté des joueurs, c’est le même son de cloche. Pour Christian Kouamé Koffi, milieu de terrain ivoirien du TP Mazembe, âgé de 26 ans, il faudra être sérieux pour le match retour. « On a réussi un bon résultat en Algérie, mais on doit travailler durement pour faire le nécessaire à domicile pour gagner. »

    Un match aller satisfaisant en Algérie

    Lors du match aller, disputé le 29 octobre au stade Mustapha Tchaker à Blida en Algérie, les deux équipes s’étaient quittées sur un score nul, 1-1. Hubert Velud est revenu sur cette rencontre. « On a réalisé une bonne opération mais je note qu’on a souffert en deuxième mi-temps. On a fait des erreurs défensives inhabituelles. Sur le match aller, le MOB a fait une très belle prestation. On a pris à Blida une option. Je suis très satisfait de la première rencontre. »

    Pour l’entraîneur français des Corbeaux, l’équipe algérienne ne manque pas de qualités, et c’est pour cela que le TP Mazembe doit s’en méfier. « Le MOB a des attaquants très mobiles avec des joueurs, qui permutent sans arrêt et qui lors de la récupération des ballons vont très vite vers l’avant. Ils sont très bons en contres. Ce n’est pas évident de gérer les remontées de balles rapides des joueurs algériens. Sur le premier match, ils ont manqué d’efficacité. »

    Rappelons que les Crabes participent à leur première finale lors de leur première participation aux compétitions africaines. Pour le TP Mazembe, l’historique est bien plus fourni, car le club congolais dispute sa 10e finale. Toutefois rien n’est encore joué. On notera tout de même que lors de la phase de groupes, les Corbeaux avaient battu les Crabes sur le score de 1-0 à Lubumbashi.

    RFI

  • Audio:La BGFI Bank et la CENI dément les allégations de malversations financières

    Audio:La BGFI Bank et la CENI dément les allégations de malversations financières

    kabila-En RDC, la direction générale de la BGFI Bank a démenti les révélations du journal belge « Le Soir » sur l’opacité de la gestion des fonds des élections ou des allégations de malversations financières.

    Ce démenti est en réaction à ces révélations fondées sur des documents transmis au journal par Jean-Jacques Lumumba, cadre démissionnaire de la banque.

    La direction générale de BGFI Bank précise que le président Joseph Kabila n’est pas client de la BGFI Bank et encore moins actionnaire. C’est la déclaration faite mardi à Kinshasa par le directeur adjoint de cette banque, Abdel Kader Diop.Par ailleurs, le président de la Céni dénonce l’exploitation qu’on fait des retraits de fonds alloués pour les élections.

    La Céni reçoit essentiellement du gouvernement congolais des approvisionnements en francs congolais. Ses besoins d’exploitation s’exprimant en dollars américains, la BGFI Bank RDC a consenti à la Céni une ligne de crédit en dollars américains en constituant en sûrêté de cette autorisation de découvert l’équivalent en francs congolais disponible sur les comptes du client.

    VOA

  • Crise politique en RD Congo : le sommet de Luanda a-t-il servi à quelque chose ?

    Crise politique en RD Congo : le sommet de Luanda a-t-il servi à quelque chose ?

    luanda_sommet-Le sommet international organisé dans la capitale angolaise s’est achevé mercredi soir sans permettre de trouver une issue à la crise politique en RD Congo. Alors qu’une frange de l’opposition réclame une plus large ouverture au dialogue et conteste le report de l’organisation du scrutin présidentiel, Joseph Kabila a reçu le soutien de ses homologues africains de la sous-région des Grands Lacs et des membres de la SADC.

    Bien que la décision de reporter le scrutin présidentiel en 2018 soit largement contestée au niveau national, Joseph Kabila est sorti vainqueur du sommet de Luanda mercredi soir, félicité « d’avoir convoqué le dialogue national », et salué pour « la signature, le 18 octobre 2016, de l’Accord politique global relatif à l’organisation d’élections apaisées, crédibles et transparentes en République démocratique du Congo », peut-on notamment lire dans le communiqué final.

    Pour rappel, cet accord politique acté entre le gouvernement, une frange minoritaire de l’opposition et des représentants de la société civile entérine le report des élections – initialement prévues en novembre Déception attendue ? 

    Si le texte condamne les violences intervenues les 19 et 20 septembre à Kinshasa en RD Congo, il ne comporte aucun passage sur la nécessité d’engager un dialogue plus inclusif – une condition pourtant réclamée par l’opposition et la société civile – et l’organisation du prochain scrutin.

    Pour Christophe Lutundula, vice-président du mouvement d’opposition G7, interrogé ce jeudi sur l’antenne de RFI, le contenu du communiqué est certes très flou – « Nous aurions souhaité que ce communiqué soit plus clair », a-t-il dit -, mais il est loin de manifester un soutien sans faille au président de la RD Congo : « Je ne vois nulle part la mention faite aux élections (sic) en 2018, aux mandats… Toutes ces questions ne sont pas abordées. Ça signifie qu’il n’y a pas un appui explicite et que dans tous les cas le dernier mot revient au peuple congolais. »

    En revanche, pour les mouvements citoyens congolais, cette réunion internationale a tout simplement accouché d’une souris. Rien de bien surprenant pour Godefroy Mwanabwato, militant de la Lutte pour le changement (Lucha), dont les propos sont rapportés par RFI : « Quelles sont les personnes qui sont autour de la table ? Des chefs d’État qui ont soit modifié la Constitution dans leurs pays respectifs, soit qui sont là au pouvoir depuis 25, 30 ans, 32 ans pour certains. Alors il n’y a rien de bon qui pouvait sortir de ces chefs d’État-là. »

    La critique est directement adressée au président angolais Eduardo dos Santos, au pouvoir depuis 1979, qui, dans son discours d’ouverture du Sommet, a appelé l’opposition à se montrer patiente.

    « Il est important de savoir qu’ils peuvent le faire démocratiquement (prendre le pouvoir, ndlr), en respectant la loi et la volonté souveraine des électeurs, et qu’il vaudra mieux prendre la peine d’attendre quelques mois de plus pour le faire en toute sécurité et tranquillité, plutôt que de suivre les voies incertaines de la violence, où l’on sait toujours comment et pourquoi elles commencent, mais jamais quand elles se terminent »,

    Soutien régional face aux pressions internationales

    Malgré ces critiques, ce soutien régional permet à Joseph Kabila de marquer des points face aux pressions exercées par les États-Unis et l’Union européenne, qui exigent de sa part plus de clarté sur ses intentions.

    Le 17 octobre, l’Union européenne a réitéré sa demande d’organiser des élections présidentielles au plus tard en 2017, brandissant la menace de sanctions. « Si l’actuel mandat présidentiel vient à son terme sans qu’il y ait eu un accord préalable sur le calendrier électoral, l’UE devra considérer l’impact d’une telle situation sur ses relations avec le gouvernement de la RDC », peut-on lire dans un communiqué du Conseil européen.

  • L’opposition enterre ses morts et dénonce « la barbarie de Kabila »

    L’opposition enterre ses morts et dénonce « la barbarie de Kabila »

    Supporters of Congolese opposition leader Etienne Tshisekedi gather to receive him upon his arrival at the airport in the Democratic Republic of Congo's capital Kinshasa, July 27, 2016, after nearly two-year stay overseas for medical treatment. REUTERS/Kenny Katombe
    Supporters of Congolese opposition leader Etienne Tshisekedi

    -Six corps de militants de l’opposition, tués les 19 et 20 septembre lors des manifestations contre le président congolais Joseph Kabila, ont été exposés publiquement lundi à Kinshasa, ont constaté des journalistes de l’AFP.

    Les dépouilles ont été exposées au siège de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le parti de l’opposant historique Étienne Tshisekedi. Environ 2 000 militants de la formation politique se sont rassemblés sur le lieu des funérailles où les six cercueils de couleur blanche couverts du drapeau blanc-bleu-rouge-jaune de l’UDPS sont exposés.

    Les membres des familles des défunts et d’autres militants du parti, la plupart en larmes, ont entonné des slogans contre le pouvoir alors qu’ils rapportaient les corps depuis la morgue de l’hôpital Bondeko, dans la commune de Limete (centre de Kinshasa) où les corps avaient été gardés depuis plus d’un mois.

    L’UDPS, qui prévoit d’enterrer les six militants mardi au cimetière de Kinkole – situé à plus de 20 km dans l’est de Kinshasa – a directement accusé le président d’être responsable de cette situation : « Nos combattants ont été tués par la barbarie de M. Kabila », a déclaré Jean-Marc Kabund, secrétaire général du parti.

    Rassemblements interdits par les autorités

    Dans le même temps, le vice-gouverneur de la capitale congolaise Clément Bafiba a rappelé la mesure consistant à différer jusqu’à nouvel ordre tout rassemblement, toute manifestation à caractère politique, à Kinshasa. « Les organisateurs ne donnent aucune garantie quant à leur capacité de conduire sans débordement une manifestation sur la place publique », s’est-il justifié dans un communiqué daté du lundi 31 octobre.

    « Il s’agit d’un enterrement, il y a six corps, donc six familles et leurs connaissances. Il doit éviter d’avoir la peur bleue », a réagi le secrétaire général de l’UDPS suite à cette déclaration.

    Au moins 53 personnes tuées en septembre

    Les 19 et 20 septembre, au moins 53 personnes – 49 civils et 4 policiers – ont été tuées, selon l’ONU, lors d’une manifestation à l’appel du Rassemblement constitué autour d’Étienne Tshisekedi. Les manifestants exigeaient le départ de Joseph Kabila le 20 décembre, la date légale de la fin de son mandat.

    Depuis, les autorités et les principaux leaders de l’opposition se renvoient mutuellement la responsabilité de ces violences.

    J.A

  • Les caisses de la Commission électorale congolaise siphonnées en douceur

    Les caisses de la Commission électorale congolaise siphonnées en douceur

    Bureau d'election-Le dossier le plus explosif qu’a étalé sur la table Jean-Jacques Lumumba, c’est celui de la CENI. Au Congo, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) est chargée d’organiser les élections. A l’échelle de ce pays-continent, cette tâche est gigantesque. Pour le prochain scrutin, on parle d’un coût supérieur au milliard, financé par la communauté internationale et par les autorités congolaises.

    Les dirigeants de la CENI assurent depuis des mois que les financements font défaut, entre autres parce que la communauté internationale, faute de calendrier clair, n’a pas payé les sommes promises. Et il est désormais confirmé qu’il sera impossible d’organiser les scrutins aux dates prévues (avant le 19 décembre 2016).

    Or il apparaît que le gouvernement congolais a déjà versé des fonds destinés à financer l’achat de matériel électoral. Depuis janvier 2016, la CENI a reçu six versements du Trésor public, pour un total de 55 millions de dollars, sur l’un de ses comptes logés à la BGFI Bank. Si ce n’est un chèque d’un peu plus de 900.000 dollars retiré le 10 mai, rien n’a été dépensé sur ce compte. Fin septembre, au moment où s’arrêtent nos informations, il reste donc à la CENI plus de 54 millions de dollars sur ce livret.

    Sauf que la CENI joue un double jeu, avec un deuxième compte, également logé à la BGFI. Début mai 2016, il n’y avait pas un euro sur ce compte. Démarre alors une drôle de combine. La CENI, qui dispose pourtant de capitaux importants sur son autre compte, décide de s’endetter. Elle ouvre un crédit de 25 millions de dollars, toujours chez BGFI.

    « Il est pour le moins imprudent dans le chef de la BGFI d’avoir prêté une somme aussi élevée. Au Congo, il est interdit aux banques de prêter des sommes dépassant 25 % de leurs fonds propres. Or avec 36 millions de fonds propres, la BGFI ne pouvait pas prêter plus de 9 millions. C’est une infraction à la règle prudentielle », commente un expert consulté par nos soins.

    Autre curiosité : alors qu’elle thésaurise sur son premier compte, ici, la CENI liquide tout. Une partie via des virements identifiés, vers la société française Gemalto par exemple (lire ci-contre). Mais on observe également de nombreux chèques inexpliqués : 350.000 dollars par-ci, 750.000 dollars par-là, 1,5 million de dollar la fois suivante. Entre mai et septembre 2016, la CENI a procédé à des retraits par chèque pour un montant total de 7,5 millions de dollars ! A quoi ont servi ces chèques ? Aucune idée. Mais il flotte un parfum de corruption.

    « Ces retraits ont été faits alors que le client était blacklisté, ce qui aurait dû l’empêcher de bénéficier de tout service bancaire. La procédure a été outrepassée sciemment », dénonce Jean-Jacques Lumumba. Pour le prouver, il livre des mails, où un cadre de la BGFI demande systématiquement de lever ces blocages au moment des retraits… pour les remettre juste après.
    Le patron de la CENI, Corneille Nangaa, réfute : la CENI n’est pas blacklistée. Mais Lumumba persiste. Et il fournit des preuves.
    Mais ce n’est pas tout. BGFI Bank se sert aussi allègrement. Sur le compte à découvert de la CENI, la banque prélève en effet de généreux intérêts et commissions. Entre mai et septembre, ce sont près de 3 millions de dollars qui ont été prélevés par la banque. Or il aurait suffi à la CENI d’éviter ce découvert, en utilisant les millions de dollars qui sommeillent sur son autre compte, pour éviter ces frais inutiles. « C’est du détournement de fonds », gronde Lumumba, qui accuse le patron de la BGFI Bank, Francis Selemani, de s’en mettre plein les poches au passage.
    Appelée à s’expliquer, la BGFI n’a pas répondu à nos sollicitations. Le patron de la CENI, Corneille Nangaa, s’est limité à un commentaire général. « Nous essayons de gérer au mieux le peu de ressources dont nous disposons. En outre, les opérations normales que nous pratiquons font l’objet d’un rapport qui est présenté au Parlement ». Et d’ajouter : « Un aspect qui échappe souvent à ceux qui ne connaissent pas le Congo, c’est qu’en dehors de Kinshasa et des grandes villes, les circuits bancaires sont inexistants. Nous sommes donc obligés d’effectuer les transactions en cash ». Mais sur les questions plus précises, tout ce petit monde reste muet.

    Par colette braeckman

  • Des révélations gênantes pour la famille Kabila à la Une d’un journal belge

    Des révélations gênantes pour la famille Kabila à la Une d’un journal belge

    joseph-kabila-RDC-president-Des révélations fracassantes sur la RDC sont à la Une du quotidien belge «Le Soir». Elles sont surtout très gênantes pour la famille de Joseph Kabila. Jean-Jacques Lumumba, un cadre dirigeant de la BGFI (première banque d’Afrique centrale), a claqué la porte de cette banque de Kinshasa, banque proche de la famille du président congolais, après avoir refusé de se rendre complice d’opérations douteuses. Il est allé ensuite livrer de nombreux et très compromettants dossiers au quotidien belge.

    Au cœur de ces révélations, il y a une banque, la BGFI. Elle est dirigée par un ami d’enfance de Kabila, Francis Selemani Mtwale, un très proche qui a grandi avec lui pendant les années d’exil en Tanzanie.

    Un des documents rendus publics par le quotidien belge Le Soir montre par exemple que l’un des comptes de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) du Congo, qui abritait de l’argent destiné à financer des élections en RDC, a été régulièrement ponctionné, et cela dans des conditions très louches.

    Un autre scandale révélé par l’enquête est celui du financement d’une société d’importation alimentaire qui s’appelle Egal, dirigée par Albert Yuma, qui est un autre proche de Kabila, un « presque frère » du président, comme le dit la journaliste belge qui a écrit cet article. Quelque 43 millions de dollars ont atterri sur ses comptes qui sont logés à la BGFI Bank, quatre mois après sa constitution en 2013. C’est la provenance de ces versements qui pose question, car c’est la Banque centrale du Congo qui a versé ces fonds au motif de provisions d’investissements, des fonds qui n’ont jamais été remboursés.

    Enfin, il y a la Gecamines, c’est la plus grosse compagnie d’Etat du Congo, qui est dirigée, elle aussi, par Albert Yuma. Cette société a ouvert une ligne de découvert de 30 millions de dollars, toujours auprès de la BGFI qui revient systématiquement dans cette affaire. Et surprise, les intérêts remboursés par la Gecamines ont été prélevés à deux reprises par la banque.

    Il y a donc toute une série de révélations de ce type.

    Un clin d’oeil à l’histoire congolaise

    Le dossier du Soir est une véritable bombe qui place la famille et des proches du président congolais Joseph Kabila au cœur d’un grand scandale financier.

    Des révélations qui sont le fait d’un homme, un petit neveu de Patrice Lumumba, le héros de l’indépendance de la République démocratique du Congo, qu’il considère comme son grand-père spirituel.

    « C’est une histoire d’un monsieur qui est employé de très haut niveau, chef du département dans une banque de Kinshasa, qui appartient au frère du chef de l’Etat, explique Colette Braeckman, qui a coécrit l’article. Et ce monsieur Lumumba a vu passer des détournements de sommes que lui ne s’expliquait pas, des affectations, bref de la corruption. Et à un moment donné, il en a eu assez. Il a fait des photocopies de tous ces documents. Il est venu au Soir. Il a déposé ça à la rédaction du journal en disant, voilà moi je ne peux pas cautionner des opérations comme ça parce que c’est l’argent du peuple qui part, en particulier des sommes qui sont détournées à la Céni, la Commission électorale indépendante ».

    « Il est le petit-fils de Patrice Lumumba, poursuit Colette Braeckman. Et lui, c’est un économiste, un banquier, et il n’a aucune allégeance politique. Simplement, il dit : “je me suis rappelé de mon grand-père et je me suis dit, tout de même en mémoire de mon grand-père, je ne peux pas laisser passer des choses pareilles”. Et il a pris sa décision ».

    La journaliste assure que les montants en jeu ne sont pas colossaux. Ils sont de l’ordre de dizaines de millions de dollars, mais ils révèlent surtout combien l’entourage du président congolais Joseph Kabila serait corrompu. Et cela en toute impunité.

    Contactées par RFI, les autorités congolaises n’ont pas souhaité réagir. Le porte-parole du gouvernement évoque ce samedi soir une affaire qui est à première vue « une légende d’un individu qui tente de profiter de la situation pour se faire une notoriété ».

    RFI

  • Des opposants arrêtés après un sit-in devant le siège de l’UA à Kinshasa

    Des opposants arrêtés après un sit-in devant le siège de l’UA à Kinshasa

    arrestaion-a-kin-La police a confirmé qu’une dizaine de militants opposés à la prolongation du mandat du président congolais Joseph Kabila au-delà du 20 décembre ont été interpelés samedi après un sit-in devant le siège de l’Union africaine (UA) à Kinshasa.

    “Il y a eu des interpellations à la gare centrale et au quartier Bon marché”, a déclaré à l’AFP le colonel Ezekiel Mwana Mputu porte-parole de la police, indiquant qu’il attendait encore le rapport complet, “les interpellations ne s’étant pas déroulées sur le lieu de leur manifestation ratée”.

    Plus d’une trentaine de manifestants à l’appel du mouvement citoyen “Filimbi” (sifflet en swahili) ont scandé des slogans rappelant la fin du mandat de M. Kabila dans un vacarme des coups de sifflet lors de leur sit-in devant le siège de l’UA, sous une pluie battante, en présence des policiers qui ont arraché leurs deux banderoles.

    “Nous sommes venus rappeler à l’Union africaine qu’elle porte une lourde responsabilité dans le coup d’État constitutionnel décidé par le dialogue avec leur accord”, a déclaré à l’AFP l’un des organisateurs, Carbone Beni Wa Beya avant son interpellation.

    “Le 19 décembre sera la date de la fin du mandat du président Kabila conformément à la Constitution”, a-t-il ajouté.

    Toujours samedi à Kinshasa, une quarantaine de partis politiques et une trentaine d’association de la société civile sous la houlette du Mouvement de libération du Congo (MLC) de l’ancien vice-président de la République Jean Pierre Bemba détenu à la Cour pénale internationale à La Haye, ont lancé “le Front pour le respect de la Constitution”.

    Le MLC, deuxième force de l’opposition à l’Assemblée nationale avait boycotté le “dialogue national”, rejetant “en bloc” toutes les résolutions issues de ces assises, particulièrement celle sur “la prolongation du mandat du président au-delà du 20 décembre”, a déclaré à l’AFP Eve Bazaïba, secrétaire général du parti.

    Le “dialogue national” ouvert le 1er septembre a abouti après six semaines à la signature d’un accord entre la majorité et une frange minoritaire de l’opposition reportant à avril 2018 la présidentielle.

    Avec AFP

  • Les pays des Grands-Lacs appellent au renfort de la mission de l’ONU en RDC

    Les pays des Grands-Lacs appellent au renfort de la mission de l’ONU en RDC

    sassou_-_santos-Les dirigeants des pays des Grands-Lacs réunis à Luanda ont appelé les Etats de la région et d’Afrique australe à “fournir des contingents supplémentaires” aux forces de l’ONU en République démocratique du Congo (RDC), qui traverse une grave crise politique.
    Les dirigeants ont demandé aux Etats membres “de la Conférence internationale sur la région des Grands-Lacs (CIRGL) et de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) de fournir des contingents à la brigade d’intervention” de la Mission de l’ONU en RDC (Monusco), selon un communiqué final transmis jeudi.
    L’objectif est de “renforcer les opérations menées contre les forces négatives” en RDC, “en étroite collaboration” avec Kinshasa.
    A la fin officielle du sommet qui s’est tenu mercredi à Luanda, les présidents de l’Angola, Jose Eduardo dos Santos, de la RDC, Joseph Kabila, et du Congo-Brazzaville, Denis Sassou Nguesso, se sont réunis à huis clos, a indiqué à l’AFP une source proche de la présidence angolaise.
    Luanda et Brazzaville “se sont engagés à (…) envoyer, avant la fin du mandat de Joseph Kabila (le 20 décembre, NDLR) des militaires supplémentaires” pour renforcer la mission des Casques bleus en RDC, a ajouté cette source.
    La RDC est minée par une crise politique profonde liée au report de la présidentielle qui devait se tenir cette année.
    En octobre, la majorité congolaise et une frange minoritaire de l’opposition ont convenu de reporter ce scrutin à avril 2018.
    L’accord prévoit la constitution rapide d’un nouveau gouvernement dont la tête devrait revenir à une personnalité de l’opposition, mais ne dit pas expressément que M. Kabila, au pouvoir depuis 2001, ne sera pas candidat à la fin de son mandat, le 20 décembre.
    La Constitution lui interdit de se représenter.
    La Monusco, dont la mission est essentiellement axée sur la protection des populations civiles, est présente en RDC depuis 1999 et compte près de 20.000 hommes en uniforme.
    Le mandat des Casques bleus a été considérablement renforcé au fil des années. Depuis 2013, ils ont pour mission de neutraliser les différents groupes armés nationaux et étrangers qui écument l’est du pays et sont autorisés à recourir à la force de manière offensive.
    AFP
  • Sommet de Luanda: vives réactions de l’opposition et du gouvernement en RDC

    Sommet de Luanda: vives réactions de l’opposition et du gouvernement en RDC

    luanda_sommet-En République démocratique du Congo (RDC), les réactions ont été nombreuses suite au sommet de Luanda qui a consacré l’accord politique signé entre la majorité et une frange de l’opposition, et félicité Joseph Kabila pour la convocation du dialogue national. Si le gouvernement congolais salue ce soutien, une partie de l’opposition rejette fermement les conclusions des chefs de l’Etat réunis en Angola.

    Alors que le sommet s’est achevé mercredi à Luanda, les réactions ne cessent de se faire entendre à Kinshasa. Et pour cause : les chefs d’Etat africains de la sous-région des Grands Lacs et de la SADC ont apporté leur soutien à l’accord qui entérine le report des élections à 2018 au lieu de 2016 et qui maintient Joseph Kabila au pouvoir au-delà de son mandat jusqu’au prochain scrutin.

    « Nous sommes satisfaits de ce que les initiatives qui ont été prises par le président Kabila aient été soutenues de manière claire par la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs et qu’un appel à la raison ait été lancé à tous nos compatriotes, pour qu’ils puissent se joindre aux résolutions que nous avons prises et éviter une gestion plus ou moins chaotique ou violente de cette étape assez délicate, que nous allons connaître entre la fin du mandat du président, de son deuxième mandat, et l’organisation effective des élections à venir », explique Lambert Mendé, porte-parole du gouvernement de la RDC.

    L’UDPS rejette les conclusions du sommet

    Le principal parti d’opposition, l’UDPS, rejette, en revanche, les conclusions de ce sommet, estimant qu’elles trahissent les aspirations du peuple congolais qui souhaite une alternance pacifique au pouvoir en 2016. « Aujourd’hui, le peuple congolais aspire à la démocratie, à l’alternance. Il faut souligner que c’est la première alternance que les Congolais attendaient il y a de cela 56 ans, depuis son accession à l’Indépendance », explique Jean-Marc Kabund wa Kabund, secrétaire général de l’UDPS.

    Et de poursuivre : « Malheureusement, ce sommet a assassiné la démocratie dans notre pays. Ça ne peut qu’exacerber la tension dans notre pays, dans la mesure où le peuple congolais est déterminé à faire respecter la Constitution, à faire réellement que ce pays puisse vivre son alternance. C’est le peuple congolais qui a son destin en mains et c’est à lui de décider sur son avenir. »

    Le message d’Etienne Tshisekedi

    Pour véhiculer sa position au sein de la population, le parti utilise la structure Le Parlement debout, créée par Etienne Tshisekedi à l’époque du président Mobutu.

    Ainsi, des dizaines de « parlementaires debout » se sont réunis jeudi 27 octobre devant le siège de l’UDPS à Kinshasa. Ils viennent écouter le message que leur transmet leur leader, Etienne Tshisekedi, à travers des cadres du parti. Et quel message ? « Ce qui se passe en Angola, ça ne nous concerne pas. Nous notre problème c’est quoi ? Le 19 décembre 2016, pour nous, le peuple congolais comme un seul homme, Kabila n’est plus président de la République. »

    Les «parlementaires debout» d’Etienne Tshisekedi devant le siège de l’UDPS à Kinshasa, le 27 octobre 2016. © RFI/Sonia Rolley

    « Les médias sont pris en otage »

    Dans le public, les présidents des « Parlements debout » de la capitale qui iront transmettre ce message aux habitants de leur quartier, notamment près des kiosques à journaux, des carrefours ou encore des ronds-points. « Au Congo, les médias sont pris en otage par un seul parti politique qui est le PPRD [parti au pouvoir ; NDLR]. Kabila et ces hommes empêchent les Congolais de s’exprimer », justifie l’un d’eux.

    Du côté de la majorité, cette initiative de « Parlement debout » est plus qu’une opération de communication, c’est de l’intimidation. « A la fin du régime de Mobutu, quand un ‘parlementaire debout’ parlait dans certains quartiers, les autres n’avaient le droit que de se taire », explique un officiel.

    RFI

  • A Luanda, un sommet pour entériner l’accord politique de Kinshasa

    A Luanda, un sommet pour entériner l’accord politique de Kinshasa

    kabila-dos-santos-Le sommet sur la RDC s’est achevé mercredi soir à Luanda. les chefs d’Etat africains de la sous-région des Grands Lacs et de la SADC ont apporté leur soutien à l’accord qui entérine le report des élections à 2018 au lieu de 2016 et qui maintient Joseph Kabila au pouvoir au-delà de son mandat jusqu’au prochain scrutin. L’opposition radicale en RDC espérait que les chefs d’Etats africains encourageraient Joseph Kabila à aller plus loin dans son dialogue avec l’opposition. Mais, au contraire, c’est un plébiscite que Joseph Kabila a obtenu auprès de ses pairs à Luanda.

    En se rendant à Luanda, le président Joseph Kabila cherchait à décrocher le soutien de ses pairs. Une approbation des chefs d’Etats de la région pour combler le déficit de popularité de son dialogue. Les principales forces de l’opposition l’ont boycotté. Même l’église catholique a fini par quitter la table des négociations faute d’inclusivité.

    Obtenir le soutien de la région est une façon aussi de contrecarrer la pression des Etats-Unis et de l’Union européenne, très critiques de la feuille de route adoptée à Kinshasa. L’UE a appelé à ce que le délai de la transition soit raccourci avec des élections au plus tard en 2017, à plus de clarté aussi sur les intentions de Joseph Kabila après la fin de son mandat le 19 décembre. La menace de sanctions a même été brandie.

    Soutien sans faille

    Au final Joseph Kabila a obtenu à Luanda le soutien sans faille qu’il attendait : félicité pour avoir organisé un dialogue avec l’opposition, satisfecit aussi sur la signature d’un accord politique et sur les mesures prises par le pouvoir pour restaurer la confiance avec l’opposition. L’unique demande qui était faite au pouvoir, celle de prendre de nouvelles mesures pour que le dialogue soit plus inclusif, a même été retirée du communiqué final. Une exigence martelée par la communauté internationale mais aussi l’Eglise catholique. Elle a donc disparu de la déclaration finale.

    Reste la condamnation des violences du 19 et 20 septembre comme seule critique formulée. Mais le président angolais José Eduardo dos Santos, qui accueillait le sommet, avait donné le ton : « Les négociations ont culminé avec succès ». « Et dans l’interêt de tous » avait-il dit dans son discours inaugural, insistant sur l’importance du dialogue comme seul moyen valable de surmonter les crises.

    Appel à la patience

    C’est l’opposition que le président angolais Jose Eduardo dos Santos a sermonné en les appelant à la patience « Il vaut mieux attendre quelques mois de plus pour faire des élections dans de bonnes conditions » (…) « plutôt que de se lancer sur les chemins incertains de la violence ».

    Pas de critique sur le report d’un an et demi des élections, ni le fait que Joseph Kabila reste au pouvoir jusqu’à la prochaine élection. Deux éléments mentionnés dans son discours. On est donc loin de la position de l’Union européenne. Bien loin aussi des demandes des poids lourds de l’opposition congolaise d’ouvrir un nouveau dialogue et d’une transition sans Joseph Kabila.

    RFI