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  • Dos Santos appelle l’opposition congolaise à la patience

    Dos Santos appelle l’opposition congolaise à la patience

    Kabila et Dos Santos
    Kabila et Dos Santos

    -Le président angolais a, dans un un discours prononcé lors d’une réunion des dirigeants des pays des Grands lacs à Luanda, appelé l’opposition de République démocratique du Congo (RDC) à faire preuve de patience jusqu’à la présidentielle reportée en 2018.

    “Pour ceux qui veulent arriver au pouvoir, il est important de savoir qu’ils peuvent le faire démocratiquement, en respectant la loi et la volonté souveraine des électeurs”, a déclaré Eduardo dos Santos.

    “Il vaut mieux attendre quelques mois de plus pour le faire dans de bonnes conditions de sécurité et de tranquillité plutôt que de se lancer sur les chemins incertains de la violence”, a-t-il ajouté.

    La RDC traverse une crise politique depuis la réélection contestée du président Joseph Kabila en 2011, à l’issue d’un scrutin marqué par des fraudes massives.

    Le mandat de M. Kabila, au pouvoir depuis 2001, se termine le 20 décembre. La Constitution lui interdit de se représenter mais le chef de l’Etat ne donne aucun signe de vouloir quitter son poste.

    Le “dialogue national” en RDC a conclu mi-octobre un accord reportant la présidentielle au mois d’avril 2018, un résultat dénoncé par la majeure partie de l’opposition au président Kabila, qui avait boycotté ce forum.

    Ce document prévoit le maintien de l’actuel chef de l’Etat jusqu’à la tenue de ce scrutin.

    Dans son discours, M. dos Santos a souhaité “la mise en place d’un gouvernement d’unité nationale” afin de “mettre fin au climat de contestation et de déstabilisation” actuel.

    “Il est préférable et plus facile d’arriver au pouvoir dans la paix et dans l’ordre plutôt que de prendre en charge un pays dévasté”, a insisté le chef de l’Etat angolais, traditionnel soutien de M. Kabila.

    Seuls quatre des treize présidents des pays de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) ont fait le déplacement à Luanda, dont M. Kabila.

    Avec AFP

    (Extraits discours du président angolais ci-dessous)
     
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  • selon un sondage, une majorité de Congolais contre un troisième mandat

    selon un sondage, une majorité de Congolais contre un troisième mandat

    Joseph inquiet-C’est un sondage inédit en République démocratique du Congo que viennent de réaliser le Bureau d’études, de recherches et consulting international (Berci) et le Groupe d’étude sur le Congo de l’Université de New York. Les deux organismes ont interrogé, entre mai et septembre 2016, un échantillon de 7 545 personnes à travers toutes les provinces du pays. Chacune a répondu à pas moins de 150 questions sur le pays, la politique, la société ou encore les institutions. Que pensent les personnes sondées de la crise politique actuelle ? RFI fait le point.

    ■ Quels sont les résultats du sondage ?

    Le rapport (à lire ici) évoque d’abord l’épineuse question du troisième mandat. Précisément 81,4% des personnes sondées refusent toute modification de la Constitution de nature à lever cette limitation. Les trois quarts des Congolais interrogés estiment même que le président Kabila devrait quitter le pouvoir le 19 décembre, à la date initialement prévue par la Constitution.

    Le sondage s’est déroulé avant la conclusion du dialogue national et de l’accord politique qui repousse la présidentielle au plus tôt en avril 2018, mais les auteurs de ce rapport ont interrogé les quelque 7 500 personnes sondées sur leur vote en cas d’élection présidentielle cette année.

    Intentions de vote : Katumbi et Tshisekedi en tête

    Résultat : deux opposants seraient en tête, Moïse Katumbi et Étienne Tshisekedi. Les auteurs de ce rapport soulignent qu’en moyenne, une personne sondée sur deux dit vouloir voter pour une personnalité qui n’a pas participé au dialogue national. Les sondeurs précisent cependant que le sondage a été effectué sur cinq mois riches en évènements qui auraient pu attirer l’attention sur l’un ou l’autre.

    Si le président Kabila pouvait être candidat pour un troisième mandat en 2016, il serait de loin, dans son camp, au sein de l’actuelle majorité, le candidat le plus populaire.

    En cas de report de l’élection présidentielle, deux personnes interrogées sur trois estiment que la présidentielle devrait avoir lieu au plus tard en 2017. Un peu moins de 14% serait d’accord pour la configuration actuelle, c’est-à-dire en 2018. Mais une très large majorité souhaite aller aux urnes même si plus de la moitié des personnes interrogées disent ne pas faire confiance en la Céni actuelle.

    Une femme présidente de la République ? « Pourquoi pas », répondent plus 60% des personnes sondées. Ce chiffre augmente si l’on évoque la parité dans les candidatures à des postes politiques : huit Congolais interrogés sur 10 estiment que les femmes doivent se porter candidates.

    Qu’on pose des questions par rapport à l’armée, par rapport à la police, par rapport aux tribunaux, par rapport à l’Etat, il y a une grande majorité de la population qui est insatisfaite.

    ■ Quelle méthodologie a-t-elle été utilisée ?

    Il s’agit bien d’un sondage, c’est-à-dire d’une photographie de l’opinion à un instant T. En l’occurrence, le sondage a été effectué sur cinq mois vu la complexité de la tâche dans un pays aussi grand que la République démocratique du Congo.

    Les chercheurs ont fait 7 545 entretiens individuels avec des personnes de plus de 18 ans qu’ils ont rencontrées à leur domicile. Les lieux ont été choisis au hasard dans chaque province.

    En revanche, pour choisir l’échantillon, c’est plus compliqué en RDC qu’ailleurs puisqu’il n’y a pas eu de recensement depuis 1984. Ainsi, pour la composition (hommes, femmes, jeunes, vieux, le nombre de personnes sondées par province), le Groupe d’études sur le Congo et le Berci disent s’être appuyés, comme l’institut national de sondages, sur une projection faite en 2012 du nombre d’habitants et de la composition de la population. Ces derniers ont revérifié leur échantillon en comparant avec une autre étude, Les enquêtes démographiques et de santé de 2010. Plus précisément : ils ont regardé si leur échantillon avait bien les mêmes caractéristiques que celles trouvées à cette époque en termes de religion par exemple, de distance au point d’eau, d’accès à l’électricité…

    Les chercheurs notent également une proportion plus importante d’hommes que dans la population congolaise : 55% des personnes sondées. Et pour cause : les hommes étaient plus souvent à la maison, ou volontaires pour parler, notent les auteurs de ce rapport.

    Pourquoi avoir réalisé ce sondage ?

    Pour Jason Stearns, directeur du Groupe d’étude sur le Congo, l’intérêt de ce sondage est clair : « Il y a un grand débat politique en RDC actuellement par rapport à l’avenir de la démocratie. Ce sont des discussions qui souvent se tiennent entre les ligues politiques avec les bailleurs de fonds, mais dans lesquelles la population congolaise n’a presque aucune influence. On ne demande presque jamais l’opinion. »

    Autre raison, selon l’institut : mettre à disposition un sondage « représentatif ». « Nos chercheurs sont descendus dans les villages les plus reculés parce qu’on voulait faire un sondage statistiquement représentatif au niveau, à l’échelle nationale », poursuit le directeur.

    Et de conclure : « Il est très rare de faire ce genre de choses, mais aussi très important, vu l’importance de la discussion au niveau national actuellement, de savoir ce que les gens pensent. Et ça donne l’impression d’un électorat, d’un Congo beaucoup plus nuancé, beaucoup plus aussi connaisseur de la politique congolaise qu’on ne le pensait. »

    Quelle est la réaction côté gouvernement ?

    « Les sondages dans l’Europe ou aux Etats-Unis sont toujours sujets à caution. Ceci dit, il est vrai que le besoin de changement, besoin d’alternance, est un besoin qui est partagé par le monde. De ce point de vue je peux comprendre une certaine opinion qui s’exprimerait dans ce sens-là au Congo. Encore faut-il organiser ce changement. Il faut organiser cette alternance pour éviter le chaos qui est le péril suprême pour nos Etats », affirme le ministre des Relations avec le Parlement, Tryphon Kin-Kiey Mulumba.

    Selon le fondateur du mouvement « Kabila-désir » qui milite pour un troisième mandat du président Kabila, la RDC n’avait pas d’autre choix que de décaler la présidentielle à 2018. « Je pense qu’il faut que la population le sache et on connaît ce qui se passe dans certains pays, lorsque le changement qui est désiré intervient sans qu’il n’ait pu être organisé. C’est le chaos. Et je ne veux pas vous citer de nom », conclut le ministre.

    Un officiel congolais estime par ailleurs que cet échantillonnage n’est pas représentatif de la population congolaise. Il rappelle que l’un des auteurs de ce rapport, Jason Stearns, avait été déclaré persona non grata en RDC après la publication d’un rapport sur les massacres de Beni, accusant certains officiers FARDC d’y avoir participé ou laissé faire certaines tueries.

    RFI

  • La Banque centrale de la RDC place une institution de micro-finance sous sa “gestion provisoire”

    La Banque centrale de la RDC place une institution de micro-finance sous sa “gestion provisoire”

    bcc-La BCC justifie sa décision par le souci de préserver l’épargne de ses clients dans un contexte financier difficile.

    Le gouverneur de la BCC, Déogratias Mutombo, a annoncé, dans une correspondance, avoir placé sous la gestion “provisoire” de la banque centrale un réseau des coopératives d’épargne et de crédit en difficulté.

    “Dans le cadre de la résolution de la crise sévissant au sein de ce réseau, la Banque centrale du Congo a décidé de la désignation d’un comité d’administration provisoire auprès de Mecreco en difficultés”, écrit le gouverneur de la BCC, Déogratias Mutombo, dans une lettre datée du 17 octobre, adressée au ministre congolais de l’Intérieur.

    Pour M. Mutombo, la “situation très critique” de Mecreco peut “incessamment déboucher sur sa cessation d’activités ou sa faillite”.

    La Mutuelle d’épargne et de crédit du Congo (Mecreco) est un réseau regroupant 21 coopératives agréées par la BCC qui récoltent dans six provinces de la RDC de petites épargnes et octroient des microcrédits à des individus à Kinshasa ainsi que dans plusieurs provinces de l’Est, notamment le Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

    En 2012, la Mecreco avait compté 92.000 membres pour un volume total d’épargne de 30 millions de dollars et un encours crédit de 22 millions de dollars.

    En vue de “juguler dans le meilleur délai”, la “crise de liquidité conjoncturelle” à laquelle font face toutes les coopératives du réseau, la direction provisoire, constituée des agents de la BCC, s’est substituée “à la fois au conseil d’administration et à la gérance des structures concernées”, a décidé la BCC.

    Les difficultés financières de Mecreco interviennent trois mois après que la Banque internationale pour l’Afrique au Congo (BIAC), troisième banque de RDC, a été mise sous tutelle de la BCC par l’autorité monétaire.

    Ces difficultés surviennent alors que les finances publiques de la RDC sont mises à rude épreuve par la chute des cours des matières premières, limitant les marges d’intervention budgétaire de l’État.

    Avec AFP

  • Kinshasa bloque l’enquête sur les récentes violences, accuse l’ONU

    Kinshasa bloque l’enquête sur les récentes violences, accuse l’ONU

    MANIF-GOMA-L’ONU a dénoncé vendredi les “restrictions” imposées par les autorités de la République démocratique du Congo (RDC) à son travail d’enquête sur les violences ayant fait des dizaines de morts lors des manifestations de l’opposition en septembre à Kinshasa.

    Les enquêtes et accès à l’information sur les violences et violations des droits de l’homme perpétrées lors de ces manifestations “ont été entravés par plusieurs restrictions”, dénonce le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) en RDC dans son rapport préliminaire publié vendredi.

    “Les équipes du BCNUDH se sont notamment vues refuser, sur instruction de hauts fonctionnaires, l’accès à certains centres de détention ainsi qu’à des registres officiels de certaines morgues et hôpitaux publics depuis le 21 septembre 2016”, ajoute le document.

    “Le refus d’accès a donc considérablement entravé le travail du BCNUDH” qui a “documenté plus de 422 victimes de violations des droits de l’homme par des agents étatiques”, indique le BCNUDH, soulignant que le nombre de “violations des droits de l’homme pourrait être beaucoup plus important”.

    Dans ce rapport, le BCNUDH dénonce en outre “un usage disproportionné et excessif de la force, y compris létale, par les autorités congolaises en réponse aux manifestations organisées par les membres de l’opposition”.

    Les autorités congolaises n’étaient pas joignables vendredi pour réagir à ces allégations.

    La RDC traverse une crise politique depuis la réélection contestée de Joseph Kabila en 2011 à l’issue d’un scrutin marqué par des fraudes massives. Celle-ci est exacerbée par l’incapacité des autorités – volontaire, selon les détracteurs du chef de l’État – à organiser l’élection présidentielle avant la fin de l’année.

    Les 19 et 20 septembre, au moins 53 personnes – 49 civils et 4 policiers – ont été tuées, selon l’ONU, lors d’une manifestation à l’appel d’une large coalition d’opposition, le “Rassemblement”, constitué autour de l’opposant historique Étienne Tshisekedi à trois mois de la fin du mandat de M. Kabila pour lui signifier son “préavis” et exiger son départ le 20 décembre.

    Les autorités et la coalition d’opposition se renvoient mutuellement la responsabilité de ces violences.

    Mardi à Kinshasa, la majorité au pouvoir et une frange minoritaire de l’opposition ont signé un accord reportant à avril 2018 la présidentielle censée avoir lieu cette année. Cet accord a immédiatement été rejeté par le “Rassemblement”.

    Avec AFP

  • L’église catholique estime “impérieux” que Kabila ne brigue pas un troisième mandat

    L’église catholique estime “impérieux” que Kabila ne brigue pas un troisième mandat

    pape-kabila-L’église catholique de la République démocratique du Congo a estimé vendredi “impérieux” qu’il soit “clairement mentionné” dans un nouvel accord sur l’élection présidentielle à venir que le chef d’Etat congolais Joseph Kabila ne se représentera pas pour un troisième mandat.

    “Il est impérieux qu’il soit clairement mentionné dans le consensus à trouver que l’actuel président de la République ne se représentera pas pour un troisième mandat, conformément à l’article 220 de la Constitution”, ont écrit dans un communiqué les évêques de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), quatre jours après la clôture du “dialogue national” boycotté par la majeure partie de l’opposition.

    M. Kabila est au pouvoir depuis 2001.

    Le 20 septembre, la Cenco s’était retirée de ces pourparlers qui étaient censés résoudre la crise en RDC, “pour manque d’inclusivité”, selon elle.

    Ce forum ouvert le 1er septembre a abouti mardi à la signature d’un accord entre la majorité et une frange minoritaire de l’opposition reportant à avril 2018 la présidentielle censée avoir lieu cette année. Le texte ne mentionne pas que M. Kabila ne sera pas candidat, mais ses signataires ont décidé de mettre en place un gouvernement d’union nationale dont le poste de Premier ministre devra revenir à l’opposition pendant la période transitoire.

    “Malgré la tenue de ce dialogue, nous sommes peinés de constater qu’à deux mois de la fin du mandat” de M. Kabila, “les acteurs politiques ne réussissent pas encore à se mettre d’accord pour trouver des solutions pacifiques et consensuelles à la crise socio-politique qui prend des proportions de plus en plus inquiétantes et qui risque de plonger notre pays dans le chaos”, regrettent les évêques.

    Le 4 octobre, le “Rassemblement” d’opposition constitué autour de l’opposant historique Étienne Tshisekedi qui rejette l’accord issu du dialogue, s’était déclaré ouvert à un dialogue inclusif à l’issue duquel devra être instituée une “période d’intérim” sans M. Kabila, à partir du 20 décembre et dont les modalités de gestion devraient être négociées lors des nouveaux pourparlers.

    La Cenco estime que tout doit être mis en oeuvre “afin de réduire la période transitoire pour qu’elle ne dépasse pas l’année 2017”, craignant que le pays ne bascule dans le chaos.

    La RDC traverse une crise politique depuis la réélection contestée de M. Kabila en 2011 à l’issue d’un scrutin marqué par des fraudes massives. Cette crise est exacerbée par l’incapacité des autorités – volontaire, selon les détracteurs du chef de l’État – à organiser l’élection présidentielle avant la fin de l’année.

    Avec AFP

  • Voici l’intégralité de l’Accord signé le mardi 18 octobre à la cité de l’OUA

    Voici l’intégralité de l’Accord signé le mardi 18 octobre à la cité de l’OUA

    Préambule
    dailogue-Nous, Délégués des forces politiques et sociales de la République Démocratique du Congo, représentants de la Majorité Présidentielle, de l’Opposition politique et de la Société Civile, ainsi que de Personnalités congolaises (ci-après Parties), réunis dans le cadre du dialogue politique national et inclusif, pour traiter de la problématique de l’organisation des élections apaisées, crédibles et transparentes, conformément aux principes énoncés dans la Constitution ;
    Nous fondant sur la Constitution de la République Démocratique du Congo du 18 février 2006, telle que modifiée à ce jour, la Résolution 2277 (2016) du Conseil de Sécurité des Nations Unies du 30 mars 2016et les autres instruments juridiques et normatifs nationaux et internationaux pertinents ;
    Nous engageant à respecter la Constitution dans son intégralité ;
    Ayant constaté la nécessité d’un Dialogue Politique National et Inclusif depuis quelques années, et en vue d’améliorer le processus électoral, de régler les contradictions en résultant et de prévenir les crises politiques pouvant en découler ;
    Engagés à promouvoir le dialogue et la résolution pacifique des différends politiques dans un esprit de compromis, tout en accordant la primauté à l’intérêt national bien compris ;
    Déterminés à renforcer l’Etat de droit par le respect des valeurs de la démocratie, notamment la tolérance, la solidarité, le compromis, l’égalité, les libertés publiques individuelles et collectives, l’équité, les élections libres et pluralistes, la séparation des pouvoirs, le respect des institutions, le respect de l’Etat de droit, l’indépendance du pouvoir judiciaire, le respect des décisions de justice, la soumission aux lois et règlements, la redevabilité, la bonne gouvernance et l’alternance démocratique résultant des élections ;
    Guidés par le consensus comme mode de prise de décision et par la Feuille de route du Dialogue politique national inclusif adoptée le 23 août 2016, telle qu’amendée par la Plénière du dialogue le 5 septembre 2016 ;
    Prenant à témoin SEM Edem KODJO, Facilitateur désigné par l’Union Africaine (UA) ;
    Considérant l’Ordonnance n° 15/084 du 28 novembre 2015 du Président de la République portant convocation du Dialogue Politique National Inclusif ;
    Conscients de nos responsabilités devant Dieu, la Nation, l’Afrique et le monde, convenons de ce qui suit :
    Chapitre I : Du Fichier électoral
    Article 1er :
    Dans le souci d’assurer l’inclusivité et la crédibilité du processus électoral, de garantir l’universalité des suffrages et conscients des insuffisances et de l’obsolescence du Fichier de 2011, nonobstant une réforme effectuée en 2015 ; prenant acte des avis techniques de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), complétés parles rapports d’experts notamment de l’ONU, de l’OIF et nationaux, nous convenons de la constitution d’un nouveau fichier électoral et recommandons à la CENI de poursuivre les opérations d’identification et d’enrôlement des électeurs en cours.
    En vue d’éviter le coût élevé des révisions répétitives du Fichier électoral qui constitue un écueil pour la tenue régulière des scrutins que comprend chaque cycle électoral, nous invitons le Gouvernement, à l’issue de l’élaboration du fichier électoral en cours, à tout mettre en œuvre pour permettre à l’Office National d’Identification de la Population, ONIP en sigle, de constituer un Fichier général permanent de la population de la République Démocratique du Congo d’où procédera, à chaque cycle électoral, le Fichier électoral.
    Article 2 :
    Le nouveau Fichier assure l’enrôlement de tous les Congolais vivant sur le territoire national que ceux vivant à l’étranger, conformément à la loi n° 16/007 du 29 juin 2016 modifiant et complétant la loi n° 04/028 du 24 décembre 2004 portant identification et enrôlement des électeurs, qui auront atteint l’âge requis pour voter.
    Article 3 :
    Le Fichier électoral est constitué au 31 juillet 2017, entendu que ce délai comprend toutes les étapes nécessaires, y compris celles de l’annonce des appels d’offre, de la signature et de l’exécution des contrats de fourniture des kits électoraux, de l’identification et de l’enrôlement des électeurs, ainsi que de l’affichage des listes électorales.
    Chapitre II : De la Séquence des élections
    Article 4 :
    Les élections présidentielle, législatives nationales et provinciales sont organisées en une seule séquence.
    Les élections locales, municipales et urbaines sont organisées concomitamment avec les trois premières si les moyens techniques et financiers le permettent.
    Les Parties prenantes recommandent au Gouvernement de mettre à la disposition de la CENI les moyens financiers et logistiques nécessaires à l’organisation de toutes les élections susvisées conformément au calendrier.
    Chapitre III : Du Calendrier électoral
    Article5 :
    Tenant compte des délais impératifs pour la constitution du nouveau Fichier électoral, la préparation des différents scrutins combinés et la tenue effective de ceux-ci, les Parties s’accordent sur les éléments du calendrier global ci-après :
    Constitution du nouveau Fichier électoral au 31 juillet 2017 ;
    Convocation des scrutins à partir de la promulgation de la loi sur la répartition des sièges, au30 octobre 2017 ;
    Dès la convocation des scrutins, la CENI est chargée de préparer et d’organiser les élections du Président de la République, des Députés nationaux et provinciaux dans un délai de 6 mois. Toutefois, en collaboration avec le Comité de Suivi, la CENI devra procéder à l’évaluation de son calendrier, pour s’assurer de sa mise en œuvre et en tirer toutes les conséquences pour son parachèvement.
    Les élections locales, municipales et urbaines sont organisées concomitamment avec les trois premières si les moyens techniques et financiers le permettent. Si cela n’est pas possible, elles sont organisées au plus tard six (6) mois après les trois (3) premières. Ce délai peut être prorogé une fois.
    Chapitre IV : Des Mesures d’équité et de transparence du processus électoral
    Article6 :
    Dans le but d’assurer l’équité et la transparence du processus électoral pour l’ensemble des citoyens congolais et en renforcement des autres instruments juridiques et normatifs existants, les Parties conviennent de ce qui suit :
    Garantie d’accès de tous les courants de pensées aux médias publics ;
    Obligation pour les médias privés de respecter l’exigence de service d’intérêt public qui leur incombe ;
    Engagement des partis politiques et autres acteurs sociaux à envoyer dans tous les bureaux de vote des témoins et observateurs formés pour participer aux grandes phases du processus électoral et l’obligation de la CENI et d’autres autorités compétentes de faciliter cet exercice ;
    Application rigoureuse de la loi électorale pour combattre la fraude et toutes sortes de violences liées au processus électoral ;
    Identification des déplacés internes et de la prise des dispositions idoines pour assurer leur enrôlement et faciliter leur vote, et ce, sans préjudice des mesures nécessaires à prendre pour accélérer leur retour dans leurs lieux de résidence habituelle ;
    Renforcement du cadre de concertation permanente entre la CENI et les parties prenantes et recherche de consensus avant la prise de toute décision majeure ;
    Modification de la loi électorale, en vue notamment de tenir compte de la parité et de la personne avec handicap.
    Article 7 :
    Les allocations de ressources financières de la CENI font l’objet d’un communiqué public.
    Chapitre V : De la Sécurisation du processus électoral
    Article 8 :
    Suite à un diagnostic général et approfondi des principaux enjeux et défis à la sécurisation du processus électoral, les Parties préconisent les principales mesures suivantes :
    Pour le Gouvernement :
    Mettre à jour le Décret 05/026 du 6 mai 2005 portant Plan opérationnel de sécurisation du processus électoral et doter le Comité de pilotage des moyens conséquents pour mieux remplir sa mission ;
    Mettre urgemment en place des mécanismes de contrôle des activités des ONG tant nationales qu’internationales, conformément à la législation en vigueur.
    Veiller au caractère apolitique de l’administration publique, de la police nationale et des services de sécurité ;
    Rétablir l’état civil en vue d’assurer l’organisation et la régularité du processus électoral.
    Pour la CENI :
    Renforcer la sensibilisation de la population sur le processus électoral et les enjeux électoraux avec les Parties prenantes au processus électoral tant au niveau national, provincial que local ;
    Sensibiliser les congolais de l’étranger sur le processus électoral ;
    Augmenter les effectifs des agents électoraux et les former en veillant à promouvoir la représentativité des femmes et des jeunes ;
    Doter les agents impliqués dans la sécurisation des élections des moyens adéquats et suffisants ;
    Augmenter le nombre des bureaux d’enrôlement et de vote et les rapprocher au maximum de la population de façon équitable ;
    Sécuriser la circulation des bulletins de vote et tout matériel électoral sensible ;
    Inciter et aider, dans la mesure du possible, les partis politiques et les candidats indépendants à bien former leurs témoins commis aux les bureaux de vote ;
    Veiller à ce que les primes des agents de la CENI leur soient versées à temps et leur faire signer un acte d’engagement ;
    Impliquer l’autorité coutumière et les confessions religieuses dans les efforts de sensibilisation des communautés aux opérations d’enrôlement et de vote ;
    Impliquer les ambassades et les responsables des communautés congolaises organisées dans les efforts de sensibilisation et les opérations d’identification, d’enrôlement et de vote ;
    Prendre en compte les besoins spécifiques des groupes vulnérables, notamment les personnes à mobilité réduite, les non-voyants, les albinos, les personnes de troisième âge et les femmes enceintes, au moment de l’enrôlement et du vote en leur accordant une priorité d’accès ;
    Permettre aux non-voyants de se faire accompagner d’un guide de confiance afin de les aider à voter pour les candidats de leur choix.
    Pour les partis politiques :
    Former les militants en matière électorale et les sensibiliser sur le civisme ;
    Signer et respecter le Code de bonne conduite ;
    S’engager à respecter les résultats des urnes et à faire preuve de la courtoisie électorale ;
    Veiller à la représentation effective des femmes et des jeunes sur les listes des candidats.
    Pour l’Autorité coutumière et les confessions religieuses:
    S’impliquer dans la sensibilisation de la population sur le processus électoral tout en veillant au caractère apolitique et impartial lié à leur statut ;
    Appuyer la CENI, le cas échéant, dans l’identification des personnes au moment de l’enrôlement ;
    Promouvoir la cohabitation intercommunautaire pacifique.
    Pour la MONUSCO
    Soutenir le Gouvernement dans le renforcement des capacités des éléments formés pour la sécurisation des élections ;
    Assister la CENI par les moyens logistiques et techniques pour le bon accomplissement des opérations électorales ;
    Veiller à la mise en œuvre des autres dispositions pertinentes de la Résolution 2277 du Conseil de Sécurité des Nations Unies.
    Pour le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC) :
    Assurer l’égalité d’accès aux médias publics à toutes les parties prenantes ;
    Garantir la liberté d’expression ;
    Veiller au respect, par les journalistes, y compris les correspondants de la presse étrangère œuvrant en République Démocratique du Congo, de la déontologie et de l’éthique de leur métier ;
    Sanctionner les médias qui incitent à la haine.
    Pour la Société Civile
    Demeurer apolitique ;
    Soutenir le consensus pour les élections apaisées, crédibles et transparentes ;
    Promouvoir l’éducation à la paix et à la non-violence ;
    Préparer la population par la conscientisation et la sensibilisation aux enjeux électoraux ;
    Vulgariser les textes légaux et le code de bonne conduite ;
    Assurer l’observation des élections et en rendre compte avec impartialité ;
    Formuler des analyses objectives sur toutes les questions électorales.
    Chapitre VI : De la Sécurité des personnes et des biens sur toute l’étendue du Territoire National
    Article 9 :
    Les Parties constatent que plusieurs menaces pèsent sur la sécurité des citoyens à travers le pays et sont à même d’affecter négativement leurs capacités d’exercer leurs droits électoraux. Ces menaces comprennent entre autres :
    la problématique des groupes armés locaux et étrangers ;
    la prolifération et la circulation incontrôlée des armes à feu ;
    la persistance de la criminalité et du grand banditisme urbain ;
    les agissements des certains éléments incontrôlés des forces de sécurité nationales ;
    la problématique des jeunes désœuvrés et délinquants ;
    les conflits liés aux limites des parcs et réserves naturelles entre l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) et les populations riveraines ;
    la problématique des questions humanitaires, notamment la question de gestion des déplacés internes ;
    la criminalité économique, y compris l’exploitation illicite des ressources naturelles et le blanchiment d’argent, favorisée par le trafic d’armes dans les zones concernées ;
    le déficit de l’autorité de l’Etat ;
    la porosité des frontières ;
    la mauvaise gestion de la question migratoire ;
    la méfiance intercommunautaire, avec pour corollaire des conflits intercommunautaires dans plusieurs provinces du pays.
    Article 10 :
    Pour remédier à ces problèmes et assurer la sécurité des citoyens, les Parties encouragent la prise des mesures idoines suivantes :
    Neutraliser les groupes armés tant nationaux qu’étrangers qui sévissent en RDC ;
    Récupérer les armes détenues par des personnes non-habilitées ;
    Mettre en place des numéros verts et des centres d’alerte pour dénoncer l’insécurité pendant le processus électoral ;
    Veiller à ce que les frontières du pays soient davantage sécurisées au moment des élections ;
    Redynamiser et accélérer les programmes DDR ;
    Recruter de nouveaux policiers pour renforcer les effectifs existants et assurer une bonne sécurisation des bureaux de vote ;
    Assurer la présence effective de l’administration publique sur toute l’étendue du territoire national ;
    Prendre les mesures appropriées pour assurer la non politisation des agents de l’administration publique ;
    Prendre les dispositions nécessaires pour la sécurisation des candidats durant toute la période du processus électoral ;
    Identifier les déplacés internes et les retourner dans leurs lieux d’origine préalablement sécurisés ;
    Créer des emplois pour les jeunes afin de les soustraire de l’enrôlement des groupes armés et de l’instrumentalisation par certains responsables politiques ;
    Accorder une attention particulière aux filles, aux femmes victimes et aux enfants victimes des violences, y compris les violences sexuelles, et prendre les mesures préventives et punitives nécessaires à cet égard ;
    Renforcer la collaboration entre la MONUSCO et les Forces de Sécurité nationale en vue d’assurer la sécurité et la protection des personnes ;
    Déplacer les camps des réfugiés à plus de 150 kilomètres des frontières ;
    Améliorer les conditions socioprofessionnelles du personnel des services de Sécurité et de Défense ;
    Elaborer un plan spécial de sécurisation de l’Est et du Nord du pays particulièrement là où les populations sont victimes d’enlèvements et des tueries à répétitions ;
    Identifier les étrangers en situation irrégulière se trouvant sur le sol congolais et prendre des mesures urgentes pour empêcher leur influence sur la sécurité des personnes et des biens en général et du processus électoral en particulier.
    Chapitre VII : Du Budget et du financement des élections
    Article 11 :
    Les Parties prenantes recommandent à la CENI de produire un budget rationnel pour l’ensemble des opérations électorales conformément à l’option levée et assorti d’un plan de mise en œuvre opérationnel crédible et réaliste.
    Article 12 :
    Les Parties prenantes recommandent au Gouvernement :
    de mobiliser les ressources nécessaires pour les budgets des élections et à respecter scrupuleusement le Plan de décaissement convenu avec la CENI, conformément au Plan de mise en œuvre opérationnel ;
    de constituer une provision trimestrielle au profit de la CENI conformément à son plan de décaissement pour financer l’ensemble du processus électoral, en ce compris la sécurisation du processus ;
    de fournir la totalité des ressources nécessaires pour financer les élections ;
    d’explorer les voies et moyens de rationalisation du système électoral pour réduire les coûts excessifs des élections.
    Article 13 :
    Les Parties prenantes recommandent au Parlement d’exercer trimestriellement le contrôle sur l’utilisation des ressources budgétaires mises à la disposition de la CENI.
    Article 14 :
    Dans les vingt (20) jours qui suivent la signature du présent Accord, la CENI prépare un budget détaillé pour l’ensemble du processus électoral et le soumet au Gouvernement.
    Chapitre VIII : Du Code de bonne conduite lors des élections
    Article 15 :
    En vue d’assurer la sérénité du processus électoral, la CENI élabore un « Code de bonne conduite » en concertation avec les Parties prenantes au processus électoral immédiatement après la constitution des listes définitives des candidatures pour l’élection du Président de la République, des Députés nationaux et provinciaux, tout comme après la constitution des listes définitives des candidatures pour les élections locales, municipales et urbaines.
    Le Code de bonne conduite énonce les principes, engagements et sanctions à même d’assurer un déroulement apaisé et responsable du processus électoral à tous les niveaux.
    Article 16 :
    Les parties prenantes aux différentes échéances électorales s’engagent à signer le Code élaboré et à s’y conformer.
    Chapitre IX : Des Institutions de la République
    Article 17 :
    Après le constat du défaut de l’organisation des élections dans les délais constitutionnels et en vue de faire aboutir le processus électoral, les Parties prenantes s’accordent sur les dispositions suivantes relatives aux institutions :
    Conformément à la Constitution, le Président de la République en exercice reste en fonction jusqu’à l’installation effective du nouveau Président élu ;
    Les Députés nationaux et provinciaux, les Sénateurs, les Gouverneurs et Vice-gouverneurs de Province restent en fonction jusqu’à l’installation effective de leurs successeurs élus conformément à la Constitution ;
    Il sera procédé, dans les 21 jours de la signature du présent Accord, à la formation d’un nouveau Gouvernement d’union nationale. Sans préjudice des dispositions constitutionnelles et législatives nationales en vigueur, le Premier Ministre est issu de l’opposition politique signataire du présent Accord.
    Chapitre X : Des Mesures de confiance
    Article 18 :
    Les Parties prennent acte des mesures de décrispation et de renforcement de confiance prises par le Gouvernement.
    Elles encouragent le Gouvernement à poursuivre les efforts de décrispation en vue de promouvoir la concorde et la réconciliation nationale.
    Article 19 :
    Pour renforcer la confiance entre les Parties prenantes, Celles-ci s’engagent à :
    Procéder au réaménagement à la CENI, en ce qui concerne les membres désignés par l’opposition politique, dans le respect des procédures légales y afférentes ;
    Renforcer le Comité de liaison entre la CENI et les Partis politiques et les cadres de concertations entre la CENI et la Société Civile et autres partenaires non-étatiques ;
    Améliorer les moyens technologiques de la CENI pour la collecte et la transmission à temps des résultats des élections ;
    Tenir compte de la participation équitable des femmes dans les différentes Institutions et structures de l’Etat et des formations politiques, conformément aux instruments juridiques et normatifs nationaux et internationaux pertinents, particulièrement l’article 14 de la Constitution, la Résolution 1325 (2000) du Conseil de Sécurité des Nations-Unies et le Protocole à la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des peuples relatifs aux Droits de Femmes en Afrique (2003) ;
    Renforcer la représentation de la jeunesse dans toutes les structures de prise de décision ;
    Garantir le droit pour tous les Congolais d’organiser et/ou de participer à des réunions et manifestations politiques dans le respect des lois, de l’ordre public et des bonnes mœurs ;
    Garantir le droit de dénoncer, par les médias, toute forme de harcèlement, d’intimidation, d’obstacle, de menace ou d‘agression physique liés au processus électoral, conformément à la loi ;
    Respecter et protéger les journalistes et autres professionnels des médias lors des différentes manifestations politiques ;
    Veiller au caractère apolitique de l’administration publique, des forces de l’ordre, des services de renseignements et de la justice ;
    Veiller à l’indépendance des membres de la CENI ;
    Respecter strictement le principe de séparation des pouvoirs;
    S’engager à cesser de manipuler la jeunesse à des fins politiciennes, mais à lui offrir des espaces autonomes d’apprentissage et de consolidation de son opinion ;
    Organiser la formation des juges électoraux ;
    Encourager les acteurs politiques et sociaux à adopter une attitude responsable et conciliante devant les médias et la population ;
    Encourager le Gouvernement à accélérer la gratuité de l’enseignement primaire sur toute l’étendue du territoire ;
    Encourager le Gouvernement à payer la dette intérieure ;
    Encourager le Gouvernement à prendre des mesures visant l’augmentation du traitement des fonctionnaires.
    Chapitre XI : De la Mise en œuvre de l’Accord et de son suivi
    Article 20 :
    Pour assurer la mise en œuvre effective des dispositions du présent Accord, les Parties conviennent de l’établissement d’un « Comité de suivi de mise en œuvre des recommandations du Dialogue », CSD en sigle.
    Article 21 :
    Le Comité de suivi du Dialogue CSD est composé comme suit :
    Majorité Présidentielle : 7 représentants ;
    Opposition politique : 7 représentants ;
    Société civile : 4 représentants.
    La représentation des entités est nominative.
    Les Personnalités congolaises, Parties prenantes au Dialogue, émargent de leurs composantes d’origine.
    Le CSD tient sa séance de travail inaugurale un mois après la signature du présent Accord et adopte un règlement intérieur et un programme de travail couvrant toute la période jusqu’à la fin du cycle électoral qui fait l’objet du présent Accord.
    Article 22 :
    Le CSD s’acquitte des tâches suivantes :
    Assurer le suivi du chronogramme de mise en œuvre de l’Accord ;
    Communiquer régulièrement sur l’état d’avancement de la mise en œuvre de l’Accord ;
    Assurer l’interprétation des dispositions pertinentes de l’Accord en cas de divergences entre les Parties et concilier leurs points de vue à cet égard.
    Réaliser des évaluations régulières avec la CENI et le Gouvernement sur le processus électoral.
    Article 23 :
    Les organisations des membres du Groupe de soutien apportent au CSD le soutien et l’appui dont il a besoin dans l’accomplissement de ses missions.
    L’Union Africaine, la SADC, la CIRGL, la CEAC et d’autres organisations régionales peuvent organiser des missions d’évaluation auprès du CSD et du Gouvernement.
    Chapitre XII : Des Dispositions finales
    Article 24 :
    Le présent Accord est ouvert à la signature d’autres partis politiques et regroupements politiques ainsi qu’aux autres organisations de la société civile qui s’engagent à respecter toutes ses dispositions.
    Article 25 :
    Le présent Accord entre en vigueur dès sa signature par les Parties prenantes au Dialogue Politique National Inclusif.
    Fait à Kinshasa, le18 Octobre 2016
  • Fin du dialogue politique en RDC: journée ville morte bien suivie à Kinshasa

    Fin du dialogue politique en RDC: journée ville morte bien suivie à Kinshasa

    Ville de Kin-Au lendemain de la signature de l’accord politique entre la majorité et une frange de l’opposition, les autres formations de l’opposition ont appelé les Congolais à rester chez eux ce mercredi 19 octobre pour donner un avertissement, un carton jaune à Joseph Kabila. Une journée ville morte globalement bien suivie à Kinshasa, même si, dans certains quartiers, l’activité commence à reprendre.

    Ce mercredi matin, les rues étaient désertes, boutiques fermées, pas d’écoliers sur le bas-côté ni d’embouteillages. Une situation très inhabituelle. Des bus du gouvernement stationnaient un peu partout, attendant notamment les fonctionnaires. Ainsi que des minibus privés qu’ici, on appelle « esprit de mort ». Mais ils peinaient à faire le plein. « C’est le service minimum pour amener les malades, par exemple », se justifie un chauffeur.

    Quelques motos taxis, quelques vendeurs de rue. « Ventre affamée n’a pas d’oreilles », commente une commerçante qui a décidé d’ouvrir son « petit maquis », son restaurant. Tous ceux qui ont décidé de reprendre le travail et ont accepté de parler disent l’avoir fait pour trouver de quoi manger aujourd’hui. « La vie au taux du jour » comme on dit à Kinshasa.

    Un homme montre son pantalon jaune et crie : « c’est le carton jaune de Kabila Kabange ». Autour de lui, les gens se rassemblent et expliquent : « il devrait discuter avec les vraies opposants, si la ville est comme ça, c’est qu’il y a un malaise ».

    « Kabila doit partir »

    Dans un quartier populaire, des jeunes avec des bouts de papier jaune ont manifesté, en martelant « Kabila doit partir ». Plus loin, une odeur de gaz lacrymogène. Quelques jeunes interpellés. Le porte-parole de la police explique qu’il y a eu par endroits des incidents, avec des jets de pierre sur des véhicules. Mais que la situation reste globalement calme.

    La police était ce matin largement déployée, notamment autour de l’Assemblée nationale. Des habitants ont également indiqué avoir hésité à sortir pour éviter d’éventuels troubles ou d’être mal vu par leurs voisins. Mais à la mi-journée, dans certains quartiers et sur certains axes, l’activité semble reprendre. Des boutiques ont ouvert ça et là et notamment des terrasses. Sur les marchés, certains produits ont fait leur apparition. La circulation reste cependant timide et la pluie qui commence à s’abattre sur la ville pourrait inciter ces commerçants à plier bagages.

    Quoique bien suivie à Kinshasa, cette journée ville morte est plus diversement respectée dans le reste du pays. A Bukavu et Lubumbashi notamment, l’activité reste normale.

    RFI

  • L’appel à des “villes mortes” contre Kabila diversement suivi en RD Congo

    L’appel à des “villes mortes” contre Kabila diversement suivi en RD Congo

    kin 1-L’appel de l’opposition congolaise à une journée “villes mortes” pour exiger le départ du président Joseph Kabila en décembre était diversement suivi mercredi matin en République démocratique du Congo.

    Le mot d’ordre de “carton jaune” au chef de l’État lancé par le Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement était largement suivi à Kinshasa, mais ignoré à Lubumbashi, la deuxième ville du pays.

    A Kinshasa, les rues sont restées désertes toute la matinée. Les transports en commun publics ont circulé à vide alors que les minibus privés “207” étaient invisibles et la circulation pratiquement inexistante.

    La quasi-totalité des boutiques étaient fermées et la seule activité visible était celle des “mama ya mapa”, vendeuses qui arpentent les rues avec une bassine chargée de pains sur la tête, et des stations-services, ouvertes, mais sans clients.

    La mégapole de quelque dix millions d’habitants normalement grouillante et bruyante est apparue comme frappée de torpeur.

    “Ce n’est qu’un avertissement ; le 19 décembre, tout est fini pour Kabila”, a déclaré à l’AFP Mike Mukendi, chômeur de 30 ans.

    La police et l’armée ont été déployées en force autour du Palais du peuple (Parlement) et dans plusieurs “quartiers chauds”.

    La police a déploré quelques “caillassages” de voiture et tentatives d’incendier des pneus sur la chaussée, mais la situation est restée globalement calme.

    Lors de la dernière mobilisation du Rassemblement contre le pouvoir, 49 civils et 4 policiers avaient été tués, selon l’ONU, les 19 et 20 septembre à Kinshasa dans des violences dont les autorités et la coalition d’opposition se renvoient mutuellement la responsabilité.

    A Lubumbashi, fief de l’opposant en exil Moïse Katumbi – une des têtes du Rassemblement – dans le sud-est du pays, l’activité était normale.

    ‘Tu dois partir !’

    Lundi et mardi, les autorités avaient exhorté sur les médias publics locaux “la population à vaquer normalement à ses occupations”, avertissant que les fonctionnaires qui ne viendraient pas travailler mercredi seraient sanctionnés.

    “La politique de villes mortes au Congo ne peut pas marcher car nous vivons au jour le jour”, a déclaré à l’AFP Kyungu Kabulo, cambiste indépendant, en rappelant le lot quotidien d’une population largement sans ressources dans un des pays les moins développés de la planète.

    “Je suis d’accord avec les opposants”, mais “j’ai une famille nombreuse à nourrir”, a-t-il ajouté, “les dirigeants du Rassemblement qui nous demandent de rester à la maison, eux ils ont de l’argent, de quoi manger et leurs enfants sont en Europe”.

    Large coalition politique, le Rassemblement s’est constitué en juin autour de la figure de l’opposant Étienne Tshisekedi, président fondateur de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).

    Le mandat du chef de l’État, au pouvoir depuis 2001, expire le 20 décembre et la Constitution lui interdit de se représenter.

    Mardi, la majorité et une frange minoritaire de l’opposition ont signé un accord à l’issue de pourparlers qualifiés de “dialogue national” renvoyant l’élection présidentielle à avril 2018 et assurant le maintien de M. Kabila à son poste jusqu’à la prise de fonctions de son successeur.

    L’UDPS a rejeté cet accord qui, selon elle “impose unilatéralement (à la tête de l’État) M. Kabila en violation flagrante de la Constitution” et a appelé à un “dialogue réellement inclusif” pour sortir le pays de la crise politique qu’elle traverse depuis la réélection contestée de M. Kabila en 2011 lors d’un scrutin marqué par des fraudes massives.

    Dans l’est du pays, la ville de Bukavu, sur la rive sud du lac Kivu, a totalement ignoré l’appel du Rassemblement, selon le correspondant local de l’AFP.

    Bukavu est le fief de Vital Kamerhe, un des dirigeants d’opposition ayant participé au “dialogue national” et qui fait figure de favori pour prendre la tête du gouvernement dans les prochaines semaines.

    A Goma, ville jumelle de Bukavu sur la rive nord du lac, le mot d’ordre de “ville morte” a été diversement suivi, selon deux journalistes de l’AFP sur place. La circulation a été normale mais la majorité des boutiques est restée fermée.

    En fin de matinée, 200 personnes ont manifesté sans incident majeur, carton jaune à la main, aux cris de “Le mandat est terminé ! Tu dois partir !”

    La majeure partie de l’opposition, elle, continue à appeler à la résistance :

    Avec AFP

  • Clôture du dialogue national après un accord rejeté par les ténors de l’opposition

    Clôture du dialogue national après un accord rejeté par les ténors de l’opposition

    Edem-Kodjo-Edem Kodjo, facilitateur désigné par l’Union africaine, a clôturé mardi les travaux du dialogue national en RDC après la cérémonie de la signature de l’accord trouvé entre la majorité présidentielle et une frange d’opposants, mais rejeté par la grande partie de l’opposition.

    M. Kojo a reconnu que l’accord n’était pas parfait. Selon le facilitateur récusé par la majeure partie de l’opposition, cet accord valait néanmoins la peine d’être trouvé pour résoudre la crise causée par la non-tenue de l’élection présidentielle avant le 19 décembre 2016, date constitutionnelle pour la fin du deuxième et dernier mandat du président Joseph Kaibla.

    “Vaut mieux un accord imparfait (…) que pas d’accord du tout “, a affirmé le facilitateur.

    Pendant ce temps, les ténors et la majeure partie de l’opposition qui ont boycotté le dialogue, ont affirmé qu’ils ne sentaient pas lié à cet accord et continuent d’exiger le respect strict de la Constitution.

    Le Rassemblement, plate-forme constitué de partis d’opposition dont l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) d’Étienne Tshisekedi “rejette cet accord qui impose unilatéralement [à la tête de l’État] M.Kabila en violation flagrante de la Constitution qui détermine la fin de son mandat le 20 décembre”, estime Jean-Marc Kabund, Secrétaire général de ce parti.

    “La signature de cet accord est un non-évènement (…) Ce passage en force ne fait que se résumer pour donner un bonus à M. Kabila”, a déclaré à VOA Afrique M. Kabund, tout en rappelant que le Rassemblement a appelé les Congolais à observer une journée “villes mortes” le 19 octobre en guise de “carton jaune” à Joseph Kabila.

    Vital Kamerhe, à la tête des opposants présents au dialogue, estime pour sa part que les desiderata de toute l’opposition sont pris en compte.

    “Au cours du dialogue, nous avions la même feuille de route que nos amis qui sont à l’extérieur et l’accord indique que la Constitution sera scrupuleusement respectée. Nous aurons des élections en avril 2018, dans un délai plus court (que celui donné par la CENI ndlr), et par la suite pour la première fois une passation civilisée du pouvoir entre le président de la République sortant et un président entrant”, détaile Vital Kamerhe, rejetant toute idée d’un nouveau dialogue tel qu’exigé par le camp d’Etienne Tshisekedi.

    “C’est une solution entre Congolais et le toit de l’accord reste ouvert pour nos frères qui ne sont pas venus au dialogue”, soutient de son côté le porte-parole du gouvernement Lambert Mende.

    Le “Rassemblement” réuni autour du fondateur de l’UDPS, M. Tshisekedi, avait refusé de participer au “dialogue national”, qui s’est ouvert le 1er septembre à Kinshasa avec le but affiché de mener le pays vers des élections “apaisées” mais retardées.

    L’accord conclu lundi entre les délégués de ce forum prévoit le maintien à son poste de M. Kabila au-delà du 20 décembre et l’organisation de la présidentielle en avril 2018, selon les chefs de file des deux camps politiques l’ayant négocié.

    Les 19 et 20 septembre, une cinquantaine de personnes ont été tuées lors de violences à Kinshasa en marge d’une manifestation organisée par le Rassemblement pour signifier à M. Kabila son “préavis de trois mois” avant la fin de son mandat.

    Après ces violences, le Rassemblement a appelé les Congolais à observer mercredi 19 octobre une journée “villes mortes” sur toute l’étendue du territoire, en guise de “carton jaune” au chef de l’État, au pouvoir depuis 2001.

    La RDC traverse une crise politique depuis la réélection contestée de M. Kabila en 2011 à l’issue d’un scrutin marqué par des irrégularités selon l’Union Euroepéenne et des observateurs indépendants. La crise est exacerbée par l’incapacité des autorités – volontaire, selon les détracteurs du chef de l’État – à organiser la présidentielle avant la fin de l’année.

    VOA