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  • Ce qu’il faut retenir du conclave du « Rassemblement » de l’opposition

    Ce qu’il faut retenir du conclave du « Rassemblement » de l’opposition

    rassemblement-Parallèlement au dialogue politique convoqué par le président Joseph Kabila, le “Rassemblement” de l’opposition, regroupement politique rangé derrière Étienne Tshisekedi, a tenu mardi son conclave à Kinshasa. Une grande messe visant à dessiner les lignes de l’après Kabila.

    « Toutes les plateformes ont été consultées avant la convocation le mardi 4 octobre du conclave et la rédaction de son rapport final », confie Delly Sesanga, député et leader de  l’Alternance pour la République (AR), l’un des regroupements politiques qui soutient la candidature de Moïse Katumbi à la présidence de la République.

    Objectif : se mettre d’accord sur les positions communes quant au processus électoral en panne. De l’avis de plusieurs experts électoraux, il est en effet devenu difficile d’organiser des élections d’ici fin 2016, avant la fin du second mandat du président Joseph Kabila. Jeune Afrique revient sur les principales résolutions du conclave.

    • Selon le « Rassemblement », c’est Kabila qui bloque le processus électoral

    Pour ces forces de l’opposition, rangées derrière Étienne Tshisekedi et Moïse Katumbi, « le processus électoral est bloqué par la seule volonté de M. Joseph Kabila ». Elles reprochent, entre autres, au chef de l’État d’avoir « [confisquer] des ressources publiques à des fins partisanes » et d’instrumentaliser les forces de l’ordre et de sécurité. Et accusent le Parlement, le gouvernement, la Cour constitutionnelle, les juridictions de l’ordre judiciaire et la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) d’être devenus des « simples bras séculiers du pouvoir en place ».

    • Intensifier les actions pacifiques

    Par conséquent, le « Rassemblement » promet d’«[intensifier] les actions pacifiques amorcées le 19 septembre ». Des manifestations qui avaient dégénéré en sanglants affrontements entre les militants de l’opposition et les forces de l’ordre. L’opposition demande d’ailleurs l’ouverture d’une enquête internationale pour établir les responsabilités de chacun.

    • Démission des membres de la Ceni et restructuration de la Cour suprême

    Tirant les conséquences du probable « glissement » du calendrier électoral, les alliés de Tshisekedi appellent aussi à la « démission immédiate des membres de la Ceni et du gouvernement pour leur responsabilité dans l’impasse électorale actuelle ».

    Le « Rassemblement » accuse également Joseph Kabila de n’avoir pas joué son rôle de garant de la Constitution pour permettre la tenue des scrutins dans les délais.

    S’il demeure au pouvoir après le 19 décembre, Kabila aura commis un parjure, selon le « Rassemblement ».

    • Vers l’installation d’un « régime spécial » en RDC ?

    Le camp de Tshisekedi estime par ailleurs qu’il est devenu nécessaire de « définir un régime spécial devant assurer la gestion du pays de manière à organiser sans tarder les élections dans le respect de la Constitution et des normes démocratiques ». Autrement dit, le « Rassemblement » préconise une période transitoire sans Kabila à la tête du pays après le 19 décembre, date de la fin de son second mandat.

    « Si par défi, il demeure, néanmoins, au pouvoir au lendemain de cette date (…), M. Joseph Kabila aura commis un parjure et une violation intentionnelle de la Constitution de la République constitutive de haute transition », selon le « Rassemblement ».

    Dans cette hypothèse, ce dernier « appellera le peuple congolais à ne plus reconnaître l’autorité (…) de Joseph Kabila et à résister pacifiquement au coup d’État ainsi accompli avec la bénédiction de la Cour constitutionnelle ».

    • Priorité à la présidentielle et aux législatives

    Contrairement au compromis trouvé au dialogue en cours à Kinshasa sur la séquence des élections à venir, le conclave de l’opposition estime lui que « la priorité doit être donnée à la présidentielle couplée, comme dans le passé, avec les législatives nationales ».

    « Il n’est pas besoin de charger la barque avec trois scrutins simultanés (présidentielle, législatives et provinciales) : ce qui conduit à des délais très longs pour l’organisation de ces élections », commente Delly Sesanga.

    Il faudra une inclusivité suffisante au nouveau dialogue, estime Delly Sesanga.

    • Le « Rassemblement » plaide pour un « dialogue véritable, crédible et réellement inclusif »

    L’opposition congolaise conduite par Étienne Tshisekedi ne ferme pas cependant la porte au dialogue avec le camp Kabila. Celui-ci comprend désormais, selon le « Rassemblement », la Majorité présidentielle et tous les autres opposants  qui participent aux pourparlers ouverts le 1er septembre à la Cité de l’OUA, à Kinshasa. Vital Kamerhe y compris.

    « Mais nos préalables doivent être satisfaits, insiste Delly Sesanga. D’autant que Kabila n’a pas le droit de choisir ceux qui doivent prendre part à ces assises. Antipas Mbusa Nyamwisi et Moïse Katumbi doivent revenir en hommes libres au pays pour participer à ces pourparlers ».

    • Le profil du facilitateur

    Le « Rassemblement » souhaite également un nouveau facilitateur « dont la stature internationale confère[rait] une autorité morale suffisante pour inspirer confiance aux parties prenantes (…) ».

    Contacté par Jeune Afrique, le porte-parole de la Majorité présidentielle (MP), André Alain Atundu, a dénoncé un « schéma anti-démocratique » des opposants rassemblés autour de Tshisekedi qu’il accuse de se radicaliser. « En voulant imposer à tout prix Kabila au pouvoir au-delà de son mandat, c’est la MP qui se radicalise », lui a aussitôt rétorqué l’opposant Delly Sessanga.

    J.A

  • Mondiale 2018 : la Côte d’Ivoire et la RDC bien lancées

    Mondiale 2018 : la Côte d’Ivoire et la RDC bien lancées

    2018_fifa_wc-svgLa Côte d’Ivoire, vainqueur logique du Mali sur son terrain (3-1), a parfaitement lancé sa campagne de qualification pour le Mondial-2018, tout comme la RD Congo, impeccable face à la Libye (4-0) samedi.

    Dans le terrible Groupe C, l’une des deux poules de la mort de la zone Afrique avec le Groupe B (Algérie, Cameroun, Nigéria, Zambie), les Eléphants ont profité du faux-pas de leurs adversaires pour prendre d’emblée la tête et montrer qu’il sera dur de les en déloger.

    Cueillis à froid par l’ouverture du score de Sambou Yatabaré (18e), les champions d’Afrique en titre ont rétabli la situation en seulement une demi-heure, en marquant coup sur coup trois buts. D’une frappe sans élan à l’entrée de la surface, Kodjia a égalisé (26e), avant qu’Aurier, en provoquant un c.s.c de Coulibaly (31e), puis Gervinho, d’une demi-volée du gauche imparable (34e), ne donnent l’avantage.

    Plus tôt le Gabon, contraint au nul par le Maroc (0-0), avait déjà perdu des points dans la course à l’unique ticket pour la Russie. Sur la piteuse pelouse du stade de Franceville, l’une des enceintes prévues pour accueillir la CAN-2017, les deux équipes ont été incapables de poser convenablement leur jeu.

    Les coéquipiers d’Aubameyang auraient toutefois pu empocher les trois points s’ils n’étaient pas tombés sur un excellent El Kajoui, dans les cages adverses. Le buteur du Borussia Dortmund, parfaitement servi dans la surface par Evouna, a vu sa tête détournée au dernier moment par le portier marocain (68e).

    Le prochain match contre le Mali en novembre s’annonce déjà décisif pour le Gabon tandis que le Maroc devra bonifier à domicile face à la Côte d’Ivoire son bon point.

    En attendant les entrées en lice de la Tunisie et de la Guinée, dimanche (17h00 GMT), la RD Congo a pris les rênes du Groupe A en écrasant la Libye (4-0), avec notamment un doublé de Dieumerci Mbokani.

    Dans le Groupe D, le Burkina Faso a arraché le nul in extremis face l’Afrique du Sud (1-1), avant le match du Sénégal contre le Cap Vert (20h00 GMT).

    Avec AFP

  • Kabila confirme le report des élections sans donner de date

    Kabila confirme le report des élections sans donner de date

    joseph-k-Le président congolais Joseph Kabila a confirmé mardi, lors d’un voyage en Tanzanie, le report des élections, initialement prévues en novembre prochain, a rapporté la télévision France 24, citée par l’agence de presse associée (APA). Il n’a toutefois précisé aucune nouvelle date pour la tenue des scrutins présidentiel et législatifs en République démocratique du Congo (RDC), qui pourraient être reportées à fin 2018, selon la Commission électorale nationale indépendante.

    Indiquant qu’il fallait mieux préparer le pays à ces échéances, M. Kabila a souligné que jusqu’à dix millions d’électeurs n’étaient pas inscrits sur les listes et qu’ils pourraient recourir à la violence s’ils ne pouvaient participer au scrutin.

    C’est donc pour mieux préparer les élections qu’elles ont été repoussées a dit M. Kabila lors d’une rencontre avec son homologue tanzanien John Magufuli, a précisé le site d’informations 7sur7.cd.

    Des dizaines de personnes ont été tuées dans plusieurs villes du pays, dont la capitale, Kinshasa, lors de manifestations organisées les 19 et 20 septembre par l’opposition pour exiger le départ du chef de l’Etat à la fin de son second mandat, le 19 décembre prochain.

    L’opposition accuse M. Kabila de manoeuvrer pour se maintenir au pouvoir.

    la libre

  • Kinshasa prend des mesures réciproques pour les visas diplomatiques belges

    Kinshasa prend des mesures réciproques pour les visas diplomatiques belges

    Raymond_tshibanda-La République démocratique du Congo (RDC) a pris des mesures de restriction de délivrance de visas accordés aux officiels belges, a annoncé le ministre congolais des Affaires étrangères, Raymond Tshibanda N’tunga Mulongo, cité samedi par la radio onusienne Okapi.

    Le chef de la diplomatie congolaise a notamment évoqué le principe de réciprocité pour annoncer, dans un communiqué, que “des mesures de restriction de délivrance de visas similaires à celle décrétées par la partie belge à l’endroit des autorités congolaises vont, à dater de ce jour être appliquées aux officiels belges”.

    M. Tshibanda a fait cette annonce vendredi, après que le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, eut indiqué mercredi que la Belgique avait décidé de limiter à six mois la durée des visas octroyés aux responsables congolais porteurs de passeports diplomatiques, en raison de l’évolution de la situation politique en RDC, où les élections prévues avant la fin de l’année seront inévitablement reportées, peut-être jusqu’à la fin 2018.

    “Entre partenaires qui se vouent considération et respect, le dialogue est certes de mise. Il est cependant censé de se faire par la voie diplomatique et non à travers la presse. Bien plus, si des conseils ou suggestions sont les bienvenues, aucune invective ou injonction de quelque nature que ce soit, n’est acceptable, a souligné M. Tshibanda.

    LA Libre

  • la dépréciation du franc se poursuit

    la dépréciation du franc se poursuit

    Dollar- Franc Congolais-La Banque centrale du Congo a admis une dévaluation de -2,6% de la devise nationale, qui s’échange désormais à 1 024 francs congolais contre un dollar américain, alors que la baisse avait été limitée au cours des cinq années précédentes. Les autorités congolaises tentent d’enrayer le phénomène, continu depuis la fin de l’année dernière.

    En RDC, la dépréciation du franc congolais se poursuit, comme l’annonce la Banque centrale du Congo (BCC) qui a réuni son comité de politique monétaire le 5 septembre dernier.

    Si la BCC parle d’une « stabilité relative » sur le marché des changes, elle admet tout de même dans un communiqué que le franc congolais s’est déprécié de -2,6% par rapport au dollar et de -1,1% sur le marché parallèle. Le franc congolais poursuit donc sa dévaluation et le taux de change se situe désormais à 1 024 francs congolais le dollar américain au marché interbancaire et à 1 078 francs congolais au taux moyen du marché parallèle.

    En avril, le gouvernement avait déjà admis une diminution de -2,4% du cours parallèle de la monnaie nationale depuis fin 2015, passant de 931,75 à 955 francs congolais pour un dollar, alors que la baisse avait été limitée à -0,008% sur les cinq années précédentes, depuis fin 2010.

    Joseph Kabila, confronté à la dépréciation du franc congolais et à ses corollaires, l’augmentation du coût de la vie et la baisse du pouvoir d’achat des ménages, a demandé au début de l’année à son Premier ministre, Matata Ponyo Mapon, d’endiguer de toute urgence le phénomène pour éviter des tensions sociales.

    Fonte des réserves de change

    Ce qui avait notamment conduit au déclenchement de « l’affaire Biac », du nom de la quatrième banque du pays, finalement renflouée après que le refinancement de la BCC lui avait été refusée dans un premier temps. « Certains opérateurs économiques et spéculateurs projetaient déjà un taux de change de 1 500 francs congolais pour 1 dollar fin mars », expliquaient alors pour se justifier les services du Premier ministre congolais  dans un communiqué.

    L’économie congolaise est affectée par le ralentissement de l’économie mondiale et notamment la baisse des ventes de produits miniers à l’étranger, qui a pour effet de faire fondre les réserves de change.

    Sur le marché des matières premières, si le prix du baril de pétrole se situe désormais à 47 dollars, le marché du cuivre, lui, s’est contracté de 5,2% en un mois. Or, la production minière, dominée par la filière cuivre, comptait pour 35% du PIB de la RDC en 2015.

    De même, pour enrayer la sortie des dollars, les entreprises actives dans les secteurs congolais des mines et des hydrocarbures doivent depuis mars acquitter le paiement des taxes et des droits de douane en dollars américains plutôt qu’en francs congolais.

    Les réserves de change du pays ont « atteint un niveau faible de 1,2 milliard de dollars le 31 décembre 2015, ce qui correspond à environ un mois de paiements courants », écrivaient les analystes de l’agence américaine Standard & Poor’s en février.

    J.A

  • Joseph Kabila reçu par le pape François au Vatican

    Joseph Kabila reçu par le pape François au Vatican

    pape-et-joseph-Le pape François a reçu lundi matin au Vatican le président de la République démocratique du Congo Joseph Kabila. Le rendez-vous avait été pris avant les violences meurtrières qui ont secoué son pays il y a une semaine.

    Après une arrivée très protocolaire au Vatican, le président congolais est entré rapidement dans la bibliothèque de la maison pontificale pour s’entretenir avec le pontife argentin, sans que les photographes ne puissent immortaliser leur première poignée de mains dans l’antichambre.

    Le pape est apparu très concentré et peu souriant au début de ses 20 minutes d’entretien avec Joseph Kabila, mais l’ambiance était légèrement plus détendue à la sortie, lorsque les deux hommes ont pris congé en se serrant la main, cette fois devant les photographes.

    Appel au dialogue « respectueux et inclusif »

    Bien que le rendez-vous ait été pris avant les événements de la semaine dernière à Kinshasa, la situation politique de la RDC a tout de même été abordée, selon un communiqué du Vatican publié lundi. Le souverain pontife y explique qu’ « une attention particulière a été prêtée aux sérieux défis posés par la situation politique actuelle et les récents affrontements qui se sont produits dans la capitale », et que « l’importance de la collaboration entre les différents acteurs politiques et les représentants de la société civile ainsi que les communautés religieuses, a été soulignée, pour promouvoir le bien commun, à travers un dialogue respectueux et inclusif pour la stabilité et la paix dans le pays ».

    Enfin, « ont été soulevées les violences persistantes que subit la population de l’est du pays et l’urgence d’une coopération au niveau national et international pour fournir l’assistance nécessaire et rétablir la coexistence civile », conclut le communiqué, qui évoque néanmoins des discussions cordiales. La contribution importante de l’église catholique en RDC, dans les domaines de l’éducation, de la santé et la réduction de la pauvreté, a également été mise en exergue à l’occasion de cette visite, selon le Saint-Siège.

    Le président congolais, accompagné d’une délégation d’une douzaine de personnes, a ensuite été reçu par Mgr Paul Gallagher, le ministre des affaires étrangères du Vatican, en l’absence du secrétaire d’État, Mgr Pietro Parolin, parti assister à la signature de l’accord de paix historique en Colombie.

    Tensions à Kinshasa

    La capitale congolaise Kinshasa a été secouée les 19 et 20 septembre par des violences ayant fait entre une trentaine et une centaine de morts entre les forces de sécurité et l’opposition qui exige le départ de Joseph Kabila, dont le mandat expire fin décembre.

    La Constitution interdit à l’actuel président, au pouvoir depuis 2001, de se présenter de nouveau, mais celui-ci ne donne aucun signe de vouloir quitter son poste alors que le scrutin présidentiel apparaît désormais impossible à organiser dans les temps.

    J.A

  • Elections en RDC en novembre 2018, selon la CENI

    Elections en RDC en novembre 2018, selon la CENI

    dialogue -Le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) congolaise a déclaré que l’élection présidentielle pourrait se tenir 504 jours après le 31 juillet 2016, date du début de l’opération de refonte du fichier électoral.

    Corneille Nangaa a fait une présentation samedi au dialogue national dont les travaux butent sur la nouvelle date de la présidentielle.

    Selon sa présentation, le scrutin présidentiel pourrait avoir lieu 504 jours après le 31 juillet 2016, soit en novembre 2018. La date ne réunit pas l’assentiment de toutes les parties.

    La CENI compte à partir du 31 juillet 2016, date à laquelle elle a lancé l’opération de refonte du fichier électoral commençant par l’enrôlement des électeurs.

    M. Nangaa a justifié cette longueur de temps par l’option prise au dialogue de tenir les élections présidentielle, législatives et locales le même jour.

    “La convocation de l’électorat pour les élections présidentielles, législatives nationales et provinciales en une seule séquence interviendra en novembre 2017”, a affirmé le président de la CENI, précisant que “cette convocation coïncidera avec l’inscription des candidatures”.

    M. Nangaa a souligné que son institution a besoin d’au moins 504 jours à partir du 31 juillet 2017 pour faire face aux contraintes techniques liées à l’organisation simultanée de ces élections.

    La frange de l’opposition qui prend part au dialogue rejette l’option. Elle exige un délai plus court, refuse de signer le projet d’accord qui leur est proposé, exigeant que le texte comporte une date précise de la présidentielle et stipule clairement que le président Joseph Kabila ne se représentera pas à un troisième mandat comme l’indique la Constitution.

    “La CENI doit recevoir des assignations du dialogue et non faire ce qu’elle veut”, a réagi notamment Jean Lucien Bussa, porte-parole de l’opposition au “dialogue national”. “Nous cherchons à résoudre la crise, le peuple n’attend pas la présidentielle au 25 novembre 2018”, a martelé l’opposant.

    L’opposition dans son ensemble estime la CENI doit se baser sur les avis des experts de l’OIF et de l’ONU selon lesquels il faut à la CENI six mois maximum après le 31 juillet 2017 pour organiser les trois scrutins.

    La question fait débat. La majorité présidentielle et le président de la CENI martèlent que “la publication du calendrier est une compétence exclusive” de la centrale électorale.

    Les travaux du dialogue ont repris vendredi 10 jours après les affrontements entre les forces de l’ordre et des manifestants qui réclamaient la tenue de la présidentielle au 19 décembre 2016 et le départ du président Kabila du pouvoir à cette date comme le prévoit de la Constitution.

    Au dialogue, pouvoir et opposition ont décidé d’engager des négociations directes sur cette question, après la présentation de la CENI.

    L’Eglise catholique mais aussi la société civile avaient suspendu leur participation à ces assises, affirmant seul un dialogue incluant le Rassemblement, plate-forme regroupant les ténors et la grande partie de l’opposition, sous la direction d’Etienne Tshisekedi, peut réellement décrisper la tension qui prévaut dans le pays.

    Le Rassemblement se dit aussi ouvert au dialogue mais récuse le facilitateur désigné par l’Union africaine, Edem Kodjo.

    Entre 32 morts, selon la police, et plus 100 ont été enregistrés lors des violences du 19 et 20 septembre dernier.

    La Constitution de la RDC prévoit la convocation de l’électorat en vue de la présidentielle au 19 septembre et la tenue-même du scrutin, avant au plus tard au 18 décembre. La CENI a sollicité le report de la présidentielle, elle soutient que le respect des délais constitutionnels sont impossibles pour des raisons techniques.

    VOA

  • Zoé Kabila, de l’ombre à la lumière ?

    Zoé Kabila, de l’ombre à la lumière ?

    zoe-Business, politique, famille… Discret et objet de tous les fantasmes, Zoé, le frère cadet du président, a ouvert ses portes à Jeune Afrique. Portrait.

    D’un Kabila, l’autre… Il y a eu Laurent-Désiré, le père, maquisard, chef rebelle qui a conquis la République avant d’être assassiné dans son palais. Il y a Joseph, le fils aîné, qui a succédé au Mzee (le « vieux », en swahili, surnom donné au père). Dans le sillage de Joseph, il y a Jaynet, la sœur jumelle, et Zoé, l’un des cadets de cette famille nombreuse dont le point commun est un goût prononcé pour la discrétion. De longs mois ont été nécessaires, par l’entremise de certains de ses proches et via les réseaux sociaux, pour convaincre Zoé Kabila Mwanza Mbala, 37 ans, d’ouvrir ses portes à Jeune Afrique.

    « Pour un échange, pas une interview », s’est-il empressé de préciser en message privé sur Twitter, car il « déteste » l’exercice. Il se méfie de la presse, qui « ne rapporte que des mensonges sur lui », tente de justifier l’un des collaborateurs de celui qui traîne une réputation d’enfant terrible. Peu bavard mais soucieux que personne n’oublie de qui il est le fils, et de qui il est le frère…

    Préparation du dialogue national

    Député du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD, principale formation politique de la coalition au pouvoir), l’élu de Manono, dans l’ex-Katanga, province natale du Mzee, n’a jamais pris la parole lors des débats au sein de l’hémicycle, en cinq ans de législature.

    Sous le ciel brumeux de Kinshasa, l’imposant portail de l’avenue Likasi s’ouvre sur le bâtiment qui abrite ses bureaux. Deux agents de sécurité en civil escortent les visiteurs jusqu’au premier étage. Apparaît alors le maître des lieux dans un cadre minimaliste. Tiré à quatre épingles mais décontracté, le regard braqué sur son iPad, celui qui se définit d’abord comme un businessman a des airs de CEO tout droit sorti de la Silicon Valley.

    Le 23 juillet, l’un de ses grands projets a été inauguré à Muanda, dans le Kongo-Central (Ouest). Le président est venu personnellement couper le ruban de La Beviour, un luxueux complexe hôtelier construit sur 7 ha, le long de la rivière Tonde. Un site pressenti pour accueillir le « dialogue national inclusif » préconisé par le chef de l’État. « Dans l’histoire, plusieurs accords de paix ont été conclus dans des stations balnéaires, pourquoi La Beviour ne serait-elle pas le lieu de la réconciliation des Congolais ? » interroge Hippolyte Nyembo, un collaborateur de Zoé.

    Patriote

    Problème : l’opposition boude toujours ces pourparlers, multipliant les conditions de son éventuelle participation au scrutin présidentiel qui aurait dû se tenir en novembre (une nouvelle date doit être définie prochainement).

    Les Kabila ne sont pas prêts à abandonner le pouvoir à n’importe qui

    Elle craint surtout que ces assises ne soient qu’un stratagème de la majorité présidentielle pour maintenir Joseph Kabila au-delà de son second mandat, le dernier, théoriquement, en l’état actuel d’une Constitution qui lui interdit d’en briguer un nouveau. Qu’en pense le frère du président sortant ? Celui qui participe « quelquefois » à des réunions informelles au sommet de l’État soutient, dans un parfait swahili teinté d’un accent anglophone, que son aîné n’a nullement l’intention de s’éterniser à son poste, mais aussi que les Kabila ne sont « pas prêts à abandonner le pouvoir à n’importe qui ».

    « Notre père a versé son sang pour ce pays, renchérit-il. Lorsque nous étions enfants, il nous répétait que c’était nous qui allions reconstruire la RD Congo. » Si au 19 décembre, date officielle de la fin du mandat de Joseph Kabila, le scrutin présidentiel n’a pas eu lieu, « le président restera en fonction, comme l’a rappelé la Cour constitutionnelle », souligne-t-il d’un ton déterminé.

    Né en exil, Zoé ne cesse de rappeler son « attachement infaillible à [sa] patrie ». « Enfant, je ne savais même pas que j’étais congolais. C’est mon père qui nous parlait souvent de la RD Congo, de l’amour que nous devions porter chaque jour à l’égard de ce grand pays », poursuit, un brin nostalgique, l’enfant du Mzee. « Avec ses frères et sœurs, il a été élevé dans le respect de la Bible, mais aussi des pères de l’indépendance », raconte l’ambassadeur honoraire Théodore Mugalu, chef de la Maison civile du chef de l’État.

    Zoé est ensuite envoyé en Afrique du Sud pour y poursuivre ses études. « C’est aussi parce que, comme tous les enfants de Laurent-Désiré Kabila, il était recherché par les services secrets zaïrois », croit savoir Mugalu.

    Cette parenthèse scolaire, loin du Zaïre (nom de la RD Congo sous Mobutu, de 1971 à 1997) couronnée par un bachelor en gestion, affirme Zoé, ne lui permet pas d’accompagner son père et son grand frère dans la lutte armée contre le régime de Mobutu. Une fois ce dernier vaincu, en 1997, Zoé rejoint sa famille de temps en temps pendant les vacances. Il ne s’installe définitivement qu’en 2001, au lendemain de l’assassinat de son père.

     

    Homme d’affaires aux multiples facettes

    À ceux qui menacent la fratrie de « sanctions ciblées » (gel des avoirs, interdiction de quitter le territoire), le cadet réplique sans ambages : « Où croient-ils qu’on irait ? Nous n’avons ni comptes ni résidences à l’étranger. L’Europe ? Je n’y vais qu’une fois par an, et encore », dit-il. Avant de balayer du revers de la main les « Panama Papers », ces montages offshore révélés en avril par des médias occidentaux, qui avaient cité « Dada », la grande sœur.

    Dans l’ombre de son frère président, Zoé s’intéresse d’abord au business et fait prospérer ses affaires. « Il a acquis rapidement des actions dans des entreprises minières, de transport, et dans des sociétés financières », rapporte une source diplomatique occidentale à Kinshasa.

    « Il était déjà dans le commerce depuis des années, notamment dans l’immobilier, quand il pose ses valises à Kinshasa », précise Mugalu à ceux qui s’interrogent sur l’origine de sa fortune. Et de poursuivre : « Contrairement aux fils de Mobutu et à ceux des autres dignitaires de l’ancien régime qui ont dilapidé leur argent, les enfants de Kabila ont suivi à la lettre ce que leur père leur recommandait : “Prenez-vous en charge.” »

    Marié et père de deux enfants, un garçon et une fille, Zoé Kabila est également à la tête du complexe sportif Shark Club et du club Shark XI FC. « Mon équipe de football a récemment débauché deux joueurs du TP Mazembe », se félicite-t-il, amusé, tandis que les rapports sont à couteaux tirés entre son frère et Moïse Katumbi, le propriétaire du célèbre club lushois. Ce dernier, ancien gouverneur de l’ex-Katanga, passé dans l’opposition en septembre 2015 après avoir claqué la porte du PPRD, est même perçu aujourd’hui comme le rival le plus sérieux du camp Kabila. « C’était un frère », reconnaît Zoé Kabila avant de se lancer dans une diatribe contre la classe politique congolaise.

    La plupart de ses acteurs ne seraient animés, selon lui, que par un « esprit opportuniste » et des « intérêts égoïstes ». Des pics adressés surtout à des politiciens de la partie ouest du pays. Lui affirme qu’il ne « partage pas les mêmes valeurs » qu’eux et qu’il n’est « pas évident de leur faire confiance. » Mais « on fait du feu avec le bois qu’on a », tranche finalement le cadet, qui dit s’appuyer sur la jeunesse.

    Des associations des « amis de Zoé Kabila » (Azoka) fleurissent ces derniers mois un peu partout à Kinshasa et dans l’ex-Katanga. Surtout dans le Tanganyika, sa province d’origine, qu’il aimerait un jour diriger. « Il voulait se présenter lors de la dernière élection des gouverneurs dans les nouvelles provinces, mais il n’a pas eu le soutien de son frère », explique un cadre de la MP. Tapi dans l’ombre, Zoé « n’a pas abandonné cette ambition », conclut-il.  Trésor Kibangula, envoyé spécial à Kinshasa.

    JA

  • La procureure de la CPI menace suite aux violences en RDC

    La procureure de la CPI menace suite aux violences en RDC

    Fatou-Fatou Bensouda déclare “surveiller avec une extrême vigilance” la situation à Kinshasa, mettant en garde les protagonistes de la crise en République démocratique du Congo.

    Elle a lancé vendredi un appel au calme.

    Suite “à des actes dont il est allégué qu’ils pourraient constituer des crimes de la compétence de la CPI, je tiens à rappeler à tous et à toutes en RDC que je surveille avec une extrême vigilance la situation sur le terrain”, a-t-elle affirmé dans un communiqué.

    “J’appelle toutes les parties potentiellement impliquées et tous les acteurs congolais au calme et à la retenue, et à s’abstenir de tout acte de violence contre les personnes et les biens”, a-t-elle ajouté.

    Kinshasa a été secouée lundi et mardi par des violences qui ont fait entre une trentaine et une centaine de morts selon les protagonistes.

    Les troubles ont opposé les forces de sécurité à l’opposition qui exige le départ du président Joseph Kabila à la fin de son mandat prévue à la fin de l’année.

    La CPI mène ou a mené plusieurs procès pour des crimes commis en RDC, notamment contre les anciens chefs de milice Thomas Lubanga, Germain Katanga et Bosco Ntaganda.

    Un mandat d’arrêt a été émis en 2012 contre le chef des rebelles des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) Sylvestre Mudacumura pour des crimes de guerre commis dans les Kivus en 2009 et 2010. Il est le seul suspect encore en fuite dans le cadre de l’enquête de la CPI en RDC.

    “Je n’hésiterai pas à agir si des actes constitutifs de crimes relevant de la compétence de la Cour sont commis et à prendre toutes les mesures qui s’imposent pour poursuivre en justice les personnes responsables en conformité avec le principe de complémentarité”, a ajouté la procureure.

    La Constitution interdit à M. Kabila, au pouvoir depuis 2001, de se représenter, mais le chef de l’Etat ne semble pas vouloir quitter son poste alors que le scrutin présidentiel apparaît désormais impossible à organiser dans les temps.

    Avec AFP

  • Joseph Kabila, l’homme qui gagne du temps

    Joseph Kabila, l’homme qui gagne du temps

    joseph-kabila-L’impénétrable président de la république démocratique du Congo s’accroche à son poste. Lundi, une marche d’opposants contestant son maintien au pouvoir a été réprimée dans le sang à Kinshasa.

    A 29 ans, il était le plus jeune chef d’Etat au monde quand il a été catapulté à la tête de la république démocratique du Congo, après l’assassinat de son père, en 2001. Quinze ans plus tard, Joseph Kabila a utilisé l’ensemble des moyens à sa disposition pour garder sa place. C’est-à-dire toutes les manettes possibles de cet Etat immense et ruiné. L’essentiel de son temps et de son activité a été consacré à ce seul objectif : durer. L’espoir d’une révolution générationnelle s’est vite fracassé sur la réalité des deux mandats (presque trois puisque de 2001 à 2006, il a gouverné sans être élu) de ce président qui aura mis fin à la «première guerre mondiale africaine» sans pour autant relever son pays. Lundi, une marche d’opposants contestant son maintien au pouvoir après l’expiration de son second mandat, en décembre, a été réprimée dans le sang à Kinshasa.

    Officier sans éclat

    Joseph Kabila est surtout resté une énigme, un personnage illisible. A la différence de son volubile paternel, Laurent-Désiré Kabila, Joseph est un taiseux. «Personne ne sait ce qu’il pense, décrit Christophe Rigaud, responsable d’Afrikarabia, un site d’information consacré à la RDC. Sa parole est distillée au compte-gouttes. C’est sa stratégie : il attend le plus possible avant de prendre une décision, pour pouvoir s’adapter, naviguer à vue.» Dans un entretien accordé au Soir, en 2006, sa mère le décrivait déjà ainsi : «Il réfléchit avant d’agir et n’a jamais été un enfant turbulent. Calme, il ne parlait pas beaucoup ; s’il était fâché, il ne le montrait pas.» Car, paradoxalement pour un chef d’Etat de cet âge, bombardé à la présidence alors qu’il était un officier sans éclat de l’armée de son père, l’arme la plus redoutable de Joseph Kabila est la patience. «En réalité, il joue la montre depuis quinze ans, poursuit le journaliste. Et le pire, c’est que ça lui réussit. C’est le roi du pourrissement.»

    Les incessantes rébellions dans l’Est, en particulier, l’ont aidé à s’imposer. En se présentant comme le seul rempart contre le chaos dans un pays qui l’a trop connu, Kabila a sans cesse gagné du temps. De fait, il a mis fin à plusieurs conflits armés (en intégrant systématiquement les milices et leurs chefs dans la fragile armée nationale) et a longtemps capitalisé sur cette image d’«artisan de la paix», notamment dans l’est du pays.

    «La récréation est finie»

    Le premier président démocratiquement élu du Congo depuis Joseph Kasa-Vubu, en 1960, année de l’indépendance, était considéré à ses débuts comme «le candidat du monde occidental», rappelle David Van Reybrouck dans Congo, une histoire (1) : «Avec sa voix timide et sa jeunesse, il donnait l’impression d’être un personnage falot. Les Congolais le connaissaient peu, l’Occident le considérait comme une marionnette.» Ses adversaires, notamment son principal rival aux élections de 2006, l’ancien chef de guerre Jean-Pierre Bemba (2), l’ont souvent attaqué sur son prétendu manque de «congolité» – une rumeur infondée lui prêtant une origine rwandaise (tutsie) par sa mère. «En sa qualité de président, Kabila essayait de dominer le tumulte, en déclarant “celui qui porte les œufs ne se dispute pas” – une expression qui allait le poursuivre pendant des mois, écrit l’historien belge. Elle renvoyait aux enfants des rues qui allaient d’un bar à l’autre en portant sur la tête un carton d’œufs durs. Tout Kinshasa trouvait à l’époque [en 2006] que le Président n’était qu’un va-nu-pieds.»

    Né dans le maquis, Joseph Kabila le mutique, qu’on prenait pour un pantin, va pourtant se révéler un impitoyable stratège. En quelques années, il va parvenir à éliminer un à un tous les vieux caciques du régime de son père qui pensaient, eux aussi, le manipuler. «La récréation est finie», avait-il prévenu lors de son discours d’investiture, en 2006. A l’époque, il avait fait de ses «cinq chantiers» nationaux (infrastructures, eau, électricité, enseignement, travail, santé) un emblème de la renaissance du Congo. Ils n’auront quasiment pas avancé depuis sa première élection. En revanche, Joseph Kabila va s’illustrer dans un domaine : la répression brutale de toute voix dissidente. Sous sa présidence, des centaines d’opposants ont été tués par sa zélée garde républicaine, une sorte d’armée d’élite personnelle entièrement dévouée composée de 15 000 hommes.

    Gilet pare-balles sous la veste

    Impopulaire depuis toujours à Kinshasa, Kabila, qui s’exprime avec difficulté en lingala, la langue de la capitale, a développé une «paranoïa» du coup d’Etat, note Christophe Rigaud : «Pendant un moment, il portait un gilet pare-balles sous sa veste en permanence, tout le monde trouvait qu’il avait beaucoup grossi.» Le meurtre de son père lui a aussi appris à se méfier de son entourage. Si sa sœur jumelle, Jaynet, conserve toute sa confiance, rares sont les proches qu’il a gardés auprès de lui tout au long de sa présidence. Mais, selon les observateurs, ceux-là se sont considérablement enrichis depuis son arrivée au pouvoir (les Panama Papers ont récemment révélé l’existence d’une lucrative société offshore enregistrée au nom de Jaynet).

    «Sur ce plan, il n’y a aucune rupture. Tout comme Mobutu avant lui, Joseph Kabila ne fait pas de différence entre les coffres de l’Etat et ses propres poches, poursuit le journaliste. Sa province d’origine [le riche Katanga] est un tiroir-caisse dans lequel il puise allègrement.» Le budget du Congo, plus vaste pays d’Afrique noire, est de 7 milliards d’euros, l’équivalent de celui de la ville de Paris. En 2016, il pointe au 184e rang (sur 189) dans le classement Doing Business de la Banque mondiale. L’espérance de vie y est de 49 ans, l’une des trois plus basses de la planète.

    LA Libre