Tag: rdc

  • Elections en RDC en novembre 2018, selon la CENI

    Elections en RDC en novembre 2018, selon la CENI

    dialogue -Le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) congolaise a déclaré que l’élection présidentielle pourrait se tenir 504 jours après le 31 juillet 2016, date du début de l’opération de refonte du fichier électoral.

    Corneille Nangaa a fait une présentation samedi au dialogue national dont les travaux butent sur la nouvelle date de la présidentielle.

    Selon sa présentation, le scrutin présidentiel pourrait avoir lieu 504 jours après le 31 juillet 2016, soit en novembre 2018. La date ne réunit pas l’assentiment de toutes les parties.

    La CENI compte à partir du 31 juillet 2016, date à laquelle elle a lancé l’opération de refonte du fichier électoral commençant par l’enrôlement des électeurs.

    M. Nangaa a justifié cette longueur de temps par l’option prise au dialogue de tenir les élections présidentielle, législatives et locales le même jour.

    “La convocation de l’électorat pour les élections présidentielles, législatives nationales et provinciales en une seule séquence interviendra en novembre 2017”, a affirmé le président de la CENI, précisant que “cette convocation coïncidera avec l’inscription des candidatures”.

    M. Nangaa a souligné que son institution a besoin d’au moins 504 jours à partir du 31 juillet 2017 pour faire face aux contraintes techniques liées à l’organisation simultanée de ces élections.

    La frange de l’opposition qui prend part au dialogue rejette l’option. Elle exige un délai plus court, refuse de signer le projet d’accord qui leur est proposé, exigeant que le texte comporte une date précise de la présidentielle et stipule clairement que le président Joseph Kabila ne se représentera pas à un troisième mandat comme l’indique la Constitution.

    “La CENI doit recevoir des assignations du dialogue et non faire ce qu’elle veut”, a réagi notamment Jean Lucien Bussa, porte-parole de l’opposition au “dialogue national”. “Nous cherchons à résoudre la crise, le peuple n’attend pas la présidentielle au 25 novembre 2018”, a martelé l’opposant.

    L’opposition dans son ensemble estime la CENI doit se baser sur les avis des experts de l’OIF et de l’ONU selon lesquels il faut à la CENI six mois maximum après le 31 juillet 2017 pour organiser les trois scrutins.

    La question fait débat. La majorité présidentielle et le président de la CENI martèlent que “la publication du calendrier est une compétence exclusive” de la centrale électorale.

    Les travaux du dialogue ont repris vendredi 10 jours après les affrontements entre les forces de l’ordre et des manifestants qui réclamaient la tenue de la présidentielle au 19 décembre 2016 et le départ du président Kabila du pouvoir à cette date comme le prévoit de la Constitution.

    Au dialogue, pouvoir et opposition ont décidé d’engager des négociations directes sur cette question, après la présentation de la CENI.

    L’Eglise catholique mais aussi la société civile avaient suspendu leur participation à ces assises, affirmant seul un dialogue incluant le Rassemblement, plate-forme regroupant les ténors et la grande partie de l’opposition, sous la direction d’Etienne Tshisekedi, peut réellement décrisper la tension qui prévaut dans le pays.

    Le Rassemblement se dit aussi ouvert au dialogue mais récuse le facilitateur désigné par l’Union africaine, Edem Kodjo.

    Entre 32 morts, selon la police, et plus 100 ont été enregistrés lors des violences du 19 et 20 septembre dernier.

    La Constitution de la RDC prévoit la convocation de l’électorat en vue de la présidentielle au 19 septembre et la tenue-même du scrutin, avant au plus tard au 18 décembre. La CENI a sollicité le report de la présidentielle, elle soutient que le respect des délais constitutionnels sont impossibles pour des raisons techniques.

    VOA

  • Zoé Kabila, de l’ombre à la lumière ?

    Zoé Kabila, de l’ombre à la lumière ?

    zoe-Business, politique, famille… Discret et objet de tous les fantasmes, Zoé, le frère cadet du président, a ouvert ses portes à Jeune Afrique. Portrait.

    D’un Kabila, l’autre… Il y a eu Laurent-Désiré, le père, maquisard, chef rebelle qui a conquis la République avant d’être assassiné dans son palais. Il y a Joseph, le fils aîné, qui a succédé au Mzee (le « vieux », en swahili, surnom donné au père). Dans le sillage de Joseph, il y a Jaynet, la sœur jumelle, et Zoé, l’un des cadets de cette famille nombreuse dont le point commun est un goût prononcé pour la discrétion. De longs mois ont été nécessaires, par l’entremise de certains de ses proches et via les réseaux sociaux, pour convaincre Zoé Kabila Mwanza Mbala, 37 ans, d’ouvrir ses portes à Jeune Afrique.

    « Pour un échange, pas une interview », s’est-il empressé de préciser en message privé sur Twitter, car il « déteste » l’exercice. Il se méfie de la presse, qui « ne rapporte que des mensonges sur lui », tente de justifier l’un des collaborateurs de celui qui traîne une réputation d’enfant terrible. Peu bavard mais soucieux que personne n’oublie de qui il est le fils, et de qui il est le frère…

    Préparation du dialogue national

    Député du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD, principale formation politique de la coalition au pouvoir), l’élu de Manono, dans l’ex-Katanga, province natale du Mzee, n’a jamais pris la parole lors des débats au sein de l’hémicycle, en cinq ans de législature.

    Sous le ciel brumeux de Kinshasa, l’imposant portail de l’avenue Likasi s’ouvre sur le bâtiment qui abrite ses bureaux. Deux agents de sécurité en civil escortent les visiteurs jusqu’au premier étage. Apparaît alors le maître des lieux dans un cadre minimaliste. Tiré à quatre épingles mais décontracté, le regard braqué sur son iPad, celui qui se définit d’abord comme un businessman a des airs de CEO tout droit sorti de la Silicon Valley.

    Le 23 juillet, l’un de ses grands projets a été inauguré à Muanda, dans le Kongo-Central (Ouest). Le président est venu personnellement couper le ruban de La Beviour, un luxueux complexe hôtelier construit sur 7 ha, le long de la rivière Tonde. Un site pressenti pour accueillir le « dialogue national inclusif » préconisé par le chef de l’État. « Dans l’histoire, plusieurs accords de paix ont été conclus dans des stations balnéaires, pourquoi La Beviour ne serait-elle pas le lieu de la réconciliation des Congolais ? » interroge Hippolyte Nyembo, un collaborateur de Zoé.

    Patriote

    Problème : l’opposition boude toujours ces pourparlers, multipliant les conditions de son éventuelle participation au scrutin présidentiel qui aurait dû se tenir en novembre (une nouvelle date doit être définie prochainement).

    Les Kabila ne sont pas prêts à abandonner le pouvoir à n’importe qui

    Elle craint surtout que ces assises ne soient qu’un stratagème de la majorité présidentielle pour maintenir Joseph Kabila au-delà de son second mandat, le dernier, théoriquement, en l’état actuel d’une Constitution qui lui interdit d’en briguer un nouveau. Qu’en pense le frère du président sortant ? Celui qui participe « quelquefois » à des réunions informelles au sommet de l’État soutient, dans un parfait swahili teinté d’un accent anglophone, que son aîné n’a nullement l’intention de s’éterniser à son poste, mais aussi que les Kabila ne sont « pas prêts à abandonner le pouvoir à n’importe qui ».

    « Notre père a versé son sang pour ce pays, renchérit-il. Lorsque nous étions enfants, il nous répétait que c’était nous qui allions reconstruire la RD Congo. » Si au 19 décembre, date officielle de la fin du mandat de Joseph Kabila, le scrutin présidentiel n’a pas eu lieu, « le président restera en fonction, comme l’a rappelé la Cour constitutionnelle », souligne-t-il d’un ton déterminé.

    Né en exil, Zoé ne cesse de rappeler son « attachement infaillible à [sa] patrie ». « Enfant, je ne savais même pas que j’étais congolais. C’est mon père qui nous parlait souvent de la RD Congo, de l’amour que nous devions porter chaque jour à l’égard de ce grand pays », poursuit, un brin nostalgique, l’enfant du Mzee. « Avec ses frères et sœurs, il a été élevé dans le respect de la Bible, mais aussi des pères de l’indépendance », raconte l’ambassadeur honoraire Théodore Mugalu, chef de la Maison civile du chef de l’État.

    Zoé est ensuite envoyé en Afrique du Sud pour y poursuivre ses études. « C’est aussi parce que, comme tous les enfants de Laurent-Désiré Kabila, il était recherché par les services secrets zaïrois », croit savoir Mugalu.

    Cette parenthèse scolaire, loin du Zaïre (nom de la RD Congo sous Mobutu, de 1971 à 1997) couronnée par un bachelor en gestion, affirme Zoé, ne lui permet pas d’accompagner son père et son grand frère dans la lutte armée contre le régime de Mobutu. Une fois ce dernier vaincu, en 1997, Zoé rejoint sa famille de temps en temps pendant les vacances. Il ne s’installe définitivement qu’en 2001, au lendemain de l’assassinat de son père.

     

    Homme d’affaires aux multiples facettes

    À ceux qui menacent la fratrie de « sanctions ciblées » (gel des avoirs, interdiction de quitter le territoire), le cadet réplique sans ambages : « Où croient-ils qu’on irait ? Nous n’avons ni comptes ni résidences à l’étranger. L’Europe ? Je n’y vais qu’une fois par an, et encore », dit-il. Avant de balayer du revers de la main les « Panama Papers », ces montages offshore révélés en avril par des médias occidentaux, qui avaient cité « Dada », la grande sœur.

    Dans l’ombre de son frère président, Zoé s’intéresse d’abord au business et fait prospérer ses affaires. « Il a acquis rapidement des actions dans des entreprises minières, de transport, et dans des sociétés financières », rapporte une source diplomatique occidentale à Kinshasa.

    « Il était déjà dans le commerce depuis des années, notamment dans l’immobilier, quand il pose ses valises à Kinshasa », précise Mugalu à ceux qui s’interrogent sur l’origine de sa fortune. Et de poursuivre : « Contrairement aux fils de Mobutu et à ceux des autres dignitaires de l’ancien régime qui ont dilapidé leur argent, les enfants de Kabila ont suivi à la lettre ce que leur père leur recommandait : “Prenez-vous en charge.” »

    Marié et père de deux enfants, un garçon et une fille, Zoé Kabila est également à la tête du complexe sportif Shark Club et du club Shark XI FC. « Mon équipe de football a récemment débauché deux joueurs du TP Mazembe », se félicite-t-il, amusé, tandis que les rapports sont à couteaux tirés entre son frère et Moïse Katumbi, le propriétaire du célèbre club lushois. Ce dernier, ancien gouverneur de l’ex-Katanga, passé dans l’opposition en septembre 2015 après avoir claqué la porte du PPRD, est même perçu aujourd’hui comme le rival le plus sérieux du camp Kabila. « C’était un frère », reconnaît Zoé Kabila avant de se lancer dans une diatribe contre la classe politique congolaise.

    La plupart de ses acteurs ne seraient animés, selon lui, que par un « esprit opportuniste » et des « intérêts égoïstes ». Des pics adressés surtout à des politiciens de la partie ouest du pays. Lui affirme qu’il ne « partage pas les mêmes valeurs » qu’eux et qu’il n’est « pas évident de leur faire confiance. » Mais « on fait du feu avec le bois qu’on a », tranche finalement le cadet, qui dit s’appuyer sur la jeunesse.

    Des associations des « amis de Zoé Kabila » (Azoka) fleurissent ces derniers mois un peu partout à Kinshasa et dans l’ex-Katanga. Surtout dans le Tanganyika, sa province d’origine, qu’il aimerait un jour diriger. « Il voulait se présenter lors de la dernière élection des gouverneurs dans les nouvelles provinces, mais il n’a pas eu le soutien de son frère », explique un cadre de la MP. Tapi dans l’ombre, Zoé « n’a pas abandonné cette ambition », conclut-il.  Trésor Kibangula, envoyé spécial à Kinshasa.

    JA

  • La procureure de la CPI menace suite aux violences en RDC

    La procureure de la CPI menace suite aux violences en RDC

    Fatou-Fatou Bensouda déclare “surveiller avec une extrême vigilance” la situation à Kinshasa, mettant en garde les protagonistes de la crise en République démocratique du Congo.

    Elle a lancé vendredi un appel au calme.

    Suite “à des actes dont il est allégué qu’ils pourraient constituer des crimes de la compétence de la CPI, je tiens à rappeler à tous et à toutes en RDC que je surveille avec une extrême vigilance la situation sur le terrain”, a-t-elle affirmé dans un communiqué.

    “J’appelle toutes les parties potentiellement impliquées et tous les acteurs congolais au calme et à la retenue, et à s’abstenir de tout acte de violence contre les personnes et les biens”, a-t-elle ajouté.

    Kinshasa a été secouée lundi et mardi par des violences qui ont fait entre une trentaine et une centaine de morts selon les protagonistes.

    Les troubles ont opposé les forces de sécurité à l’opposition qui exige le départ du président Joseph Kabila à la fin de son mandat prévue à la fin de l’année.

    La CPI mène ou a mené plusieurs procès pour des crimes commis en RDC, notamment contre les anciens chefs de milice Thomas Lubanga, Germain Katanga et Bosco Ntaganda.

    Un mandat d’arrêt a été émis en 2012 contre le chef des rebelles des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) Sylvestre Mudacumura pour des crimes de guerre commis dans les Kivus en 2009 et 2010. Il est le seul suspect encore en fuite dans le cadre de l’enquête de la CPI en RDC.

    “Je n’hésiterai pas à agir si des actes constitutifs de crimes relevant de la compétence de la Cour sont commis et à prendre toutes les mesures qui s’imposent pour poursuivre en justice les personnes responsables en conformité avec le principe de complémentarité”, a ajouté la procureure.

    La Constitution interdit à M. Kabila, au pouvoir depuis 2001, de se représenter, mais le chef de l’Etat ne semble pas vouloir quitter son poste alors que le scrutin présidentiel apparaît désormais impossible à organiser dans les temps.

    Avec AFP

  • Joseph Kabila, l’homme qui gagne du temps

    Joseph Kabila, l’homme qui gagne du temps

    joseph-kabila-L’impénétrable président de la république démocratique du Congo s’accroche à son poste. Lundi, une marche d’opposants contestant son maintien au pouvoir a été réprimée dans le sang à Kinshasa.

    A 29 ans, il était le plus jeune chef d’Etat au monde quand il a été catapulté à la tête de la république démocratique du Congo, après l’assassinat de son père, en 2001. Quinze ans plus tard, Joseph Kabila a utilisé l’ensemble des moyens à sa disposition pour garder sa place. C’est-à-dire toutes les manettes possibles de cet Etat immense et ruiné. L’essentiel de son temps et de son activité a été consacré à ce seul objectif : durer. L’espoir d’une révolution générationnelle s’est vite fracassé sur la réalité des deux mandats (presque trois puisque de 2001 à 2006, il a gouverné sans être élu) de ce président qui aura mis fin à la «première guerre mondiale africaine» sans pour autant relever son pays. Lundi, une marche d’opposants contestant son maintien au pouvoir après l’expiration de son second mandat, en décembre, a été réprimée dans le sang à Kinshasa.

    Officier sans éclat

    Joseph Kabila est surtout resté une énigme, un personnage illisible. A la différence de son volubile paternel, Laurent-Désiré Kabila, Joseph est un taiseux. «Personne ne sait ce qu’il pense, décrit Christophe Rigaud, responsable d’Afrikarabia, un site d’information consacré à la RDC. Sa parole est distillée au compte-gouttes. C’est sa stratégie : il attend le plus possible avant de prendre une décision, pour pouvoir s’adapter, naviguer à vue.» Dans un entretien accordé au Soir, en 2006, sa mère le décrivait déjà ainsi : «Il réfléchit avant d’agir et n’a jamais été un enfant turbulent. Calme, il ne parlait pas beaucoup ; s’il était fâché, il ne le montrait pas.» Car, paradoxalement pour un chef d’Etat de cet âge, bombardé à la présidence alors qu’il était un officier sans éclat de l’armée de son père, l’arme la plus redoutable de Joseph Kabila est la patience. «En réalité, il joue la montre depuis quinze ans, poursuit le journaliste. Et le pire, c’est que ça lui réussit. C’est le roi du pourrissement.»

    Les incessantes rébellions dans l’Est, en particulier, l’ont aidé à s’imposer. En se présentant comme le seul rempart contre le chaos dans un pays qui l’a trop connu, Kabila a sans cesse gagné du temps. De fait, il a mis fin à plusieurs conflits armés (en intégrant systématiquement les milices et leurs chefs dans la fragile armée nationale) et a longtemps capitalisé sur cette image d’«artisan de la paix», notamment dans l’est du pays.

    «La récréation est finie»

    Le premier président démocratiquement élu du Congo depuis Joseph Kasa-Vubu, en 1960, année de l’indépendance, était considéré à ses débuts comme «le candidat du monde occidental», rappelle David Van Reybrouck dans Congo, une histoire (1) : «Avec sa voix timide et sa jeunesse, il donnait l’impression d’être un personnage falot. Les Congolais le connaissaient peu, l’Occident le considérait comme une marionnette.» Ses adversaires, notamment son principal rival aux élections de 2006, l’ancien chef de guerre Jean-Pierre Bemba (2), l’ont souvent attaqué sur son prétendu manque de «congolité» – une rumeur infondée lui prêtant une origine rwandaise (tutsie) par sa mère. «En sa qualité de président, Kabila essayait de dominer le tumulte, en déclarant “celui qui porte les œufs ne se dispute pas” – une expression qui allait le poursuivre pendant des mois, écrit l’historien belge. Elle renvoyait aux enfants des rues qui allaient d’un bar à l’autre en portant sur la tête un carton d’œufs durs. Tout Kinshasa trouvait à l’époque [en 2006] que le Président n’était qu’un va-nu-pieds.»

    Né dans le maquis, Joseph Kabila le mutique, qu’on prenait pour un pantin, va pourtant se révéler un impitoyable stratège. En quelques années, il va parvenir à éliminer un à un tous les vieux caciques du régime de son père qui pensaient, eux aussi, le manipuler. «La récréation est finie», avait-il prévenu lors de son discours d’investiture, en 2006. A l’époque, il avait fait de ses «cinq chantiers» nationaux (infrastructures, eau, électricité, enseignement, travail, santé) un emblème de la renaissance du Congo. Ils n’auront quasiment pas avancé depuis sa première élection. En revanche, Joseph Kabila va s’illustrer dans un domaine : la répression brutale de toute voix dissidente. Sous sa présidence, des centaines d’opposants ont été tués par sa zélée garde républicaine, une sorte d’armée d’élite personnelle entièrement dévouée composée de 15 000 hommes.

    Gilet pare-balles sous la veste

    Impopulaire depuis toujours à Kinshasa, Kabila, qui s’exprime avec difficulté en lingala, la langue de la capitale, a développé une «paranoïa» du coup d’Etat, note Christophe Rigaud : «Pendant un moment, il portait un gilet pare-balles sous sa veste en permanence, tout le monde trouvait qu’il avait beaucoup grossi.» Le meurtre de son père lui a aussi appris à se méfier de son entourage. Si sa sœur jumelle, Jaynet, conserve toute sa confiance, rares sont les proches qu’il a gardés auprès de lui tout au long de sa présidence. Mais, selon les observateurs, ceux-là se sont considérablement enrichis depuis son arrivée au pouvoir (les Panama Papers ont récemment révélé l’existence d’une lucrative société offshore enregistrée au nom de Jaynet).

    «Sur ce plan, il n’y a aucune rupture. Tout comme Mobutu avant lui, Joseph Kabila ne fait pas de différence entre les coffres de l’Etat et ses propres poches, poursuit le journaliste. Sa province d’origine [le riche Katanga] est un tiroir-caisse dans lequel il puise allègrement.» Le budget du Congo, plus vaste pays d’Afrique noire, est de 7 milliards d’euros, l’équivalent de celui de la ville de Paris. En 2016, il pointe au 184e rang (sur 189) dans le classement Doing Business de la Banque mondiale. L’espérance de vie y est de 49 ans, l’une des trois plus basses de la planète.

    LA Libre

  • Violences en RDC: les évêques suspendent leur participation au dialogue national

    Violences en RDC: les évêques suspendent leur participation au dialogue national

    eveques-De nouveaux affrontements ont éclaté ce mardi 20 septembre en RDC, des bâtiments ont été attaqués et un imposant dispositif sécuritaire a été mis en place. On décompte encore plusieurs morts et blessés. Conséquence des violences de ces deux derniers jours, l’Eglise catholique suspend sa participation au dialogue national.

    Le retrait de l’Eglise catholique est un coup dur pour le dialogue, car cela réduit encore le champ d’ouverture de ce processus toujours boycotté par deux des principales forces de l’opposition.

    Interrogé par RFI, l’abbé Donatien Nshole, le délégué de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) au dialogue national, explique que les évêques ont été « interpellés par le sang de nos frères et soeurs qui a été versé pour le respect de la Constitution ». « Les évêques ont jugé bon de suspendre leur participation au dialogue pour faire le deuil, mais aussi pour chercher un consensus plus large », indique-t-il.

    Pour lui, les événements de ces derniers jours constituent « un message fort pour dire qu’une bonne partie de la population ne se sent pas concernée par le dialogue actuel. Cela amène les évêques à se mettre de nouveau en route et de prendre leur bâton de pèlerin pour pouvoir inviter les autres à se mettre autour d’une même table ».

    Et l’abbé Donatien Nshole de conclure : « Ils ne sont pas ennemis, mais des frères, des compatriotes d’un Etat qu’ils doivent construire ensemble et non pas détruire ».

    Cette décision intervient alors que la RDC a été marquée ce mardi par une nouvelle journée de violence. Si le rassemblement appelé par l’opposition n’a finalement pas eu lieu, des affrontements ont éclaté dans plusieurs quartiers périphériques de la capitale de Kinshasa. A Ndjili, un tribunal et des voitures ont été brûlés. Les policiers de faction n’ont rien pu faire et ont dû appeler des renforts.

    Dans l’après-midi, Kinshasa avait encore des allures de ville morte. Les artères habituellement embouteillées par les voitures étaient quasi désertes. On pouvait voir ça et là des barricades en feu et des colonnes de policiers aux visages peints en noir. La police militaire, mais aussi – fait rare – la garde républicaine dans les quartiers les plus sensibles.

  • L’ONU exige une enquête sur les violence en RDC

    L’ONU exige une enquête sur les violence en RDC

    siege-de-ludps-Le HCDCH exige “une enquête crédible et impartiale”, a indiqué le porte-parole du Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Rupert Colville, lors d’un point presse à Genève.

    Pour l’ONU, cette enquête permettra que les responsables de violations des droits de l’homme et d’actes criminels soient traduits en justice.

    “Nous sommes prêts à soutenir une telle enquête”, a souligné M. Colville.

     Selon lui, les violences qui ont présentement lieu dans le pays, mettent en évidence le besoin urgent d’un dialogue constructif et inclusif sur le processus électoral. “Nous continueront de suivre et documenter de près la situatio”, a-t-il affirmé.

    De violents affrontements entre manifestants et forces de police ont eu lieu lundi à Kinshasa, la capitale de la RDC.

    Selon les chiffres du gouvernement, 17 personnes, dont trois policiers, ont été tués et un nombre inconnu de personnes ont été blessées. D’autres sources signalent des chiffres beaucoup plus élevés, qui sont encore en cours de vérification. Près de 200 personnes auraient été arrêtées.

    voa

  • Heurts à Kinshasa avant une manifestation anti-Kabila

    Heurts à Kinshasa avant une manifestation anti-Kabila

    manif-kin-9-19-Des heurts épars ont opposé lundi matin de jeunes manifestants d’opposition à la police anti-émeute à Kinshasa avant une manifestation hostile au président congolais Joseph Kabila.

    Vers 11h00 (10h00 GMT), les policiers dispersaient à coup de grenades lacrymogènes plusieurs centaines de personnes qui leur lançaient des pierres et tentaient d’avancer vers le Palais du Peuple (Parlement), selon des journalistes de l’AFP sur place.

    Un peu plus tôt, sur une grande artère du centre de la capitale de la République démocratique du Congo, des affrontements similaires avaient mis aux prises les forces de l’ordre et quelques dizaines de manifestants lançant en français ou en lingala des “Kabila akende !” et “Kabila dégage !”.

    Au milieu des effluves roses des gaz tirés par les forces de l’ordre, émergeaient des drapeaux blanc et bleu de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le parti d’Étienne Tshisekedi, figure historique de l’opposition congolaise.

    Avant les affrontements, des journalistes de l’AFP ont vu un minibus et une voiture incendiés à Limete, le quartier du siège de l’UDPS, dans le centre-ouest de Kinshasa.

    A l’échangeur de Limete, point de départ de la manifestation censée commencer à 13h00 (12h00 GMT), des manifestants ont mis le feu à une affiche montrant un portrait géant du président appelant au “dialogue” pour surmonter la crise politique que traverse le pays depuis sa réélection contestée en novembre 2011.

    Sur le boulevard Lumumba, la grande artère de Limete, plusieurs pneus ont été incendiés sur la chaussée en divers endroits et des jeunes filtraient les rares voitures qui circulaient, ne laissant passer que les journalistes.

    De source diplomatique, on signalait aussi des échauffourées plus au sud en “divers endroits” sur la route menant à l’aéroport.

    “Préavis”

    Réuni autour de M. Tshisekedi, un “Rassemblement” des principaux partis d’opposition a appelé à manifester lundi dans tout le Congo pour signifier à M. Kabila son “préavis”, trois mois avant l’expiration de son mandat, le 20 décembre, et exiger la convocation de la présidentielle censée avoir lieu avant cette date.

    Arrivé au pouvoir en 2001 après l’assassinat de son père Laurent-Désiré Kabila, M. Kabila est âgé de 45 ans. La Constitution congolaise lui interdit de se représenter mais il ne donne aucun signe de vouloir quitter le pouvoir.

    Alors que la présidentielle apparaît impossible à tenir dans les temps, le “Rassemblement” constitué autour de M. Tshisekedi refuse le “dialogue national” en cours à Kinshasa entre la majorité et une partie de l’opposition.

    Ce forum est censé déboucher sur un “accord politique” de sortie de crise et ouvrir la voie à des élections “apaisées” mais retardées.

    Il devait s’achever samedi, mais les négociateurs ne sont pas encore parvenus à s’entendre sur tous les points à l’ordre du jour, et le travail sur le calendrier des élections devait reprendre lundi à Kinshasa.

    Mégapole de 10 millions d’habitants habitués aux violences à caractère politique, Kinshasa avait des airs de ville morte lundi.

    Dans plusieurs quartiers, les écoles étaient désertées par les élèves, les parents préférant les garder à la maison. De nombreuses boutiques étaient fermées, la circulation était presque inexistante. Faute de clients, quelques taxis (peu nombreux) cassaient leur prix.

    Une atmosphère semblable régnait à Lubumbashi, la deuxième ville du pays, dans le sud-est, où des soldats sont venus renforcer en masse la police autour des principaux bâtiments publics et dans les quartiers réputés acquis à l’opposition.

    Alors que toute manifestation était interdite, le gouverneur provincial, Jean-Claude Kasembe, a appelé la population a vaquer “librement” à ses occupations habituelles, mais les habitants semblent avoir fait majoritairement le choix de rester chez eux.

    A Bukavu, dans l’est du pays, quelque 300 personnes manifestaient à la mi-journée pour demander le “respect de la Constitution” avec des urnes en toile pour dire que la tenue de la présidentielle dans le délai est encore possible, selon le correspondant local de l’AFP.

    Avec AFP

  • RDC- USA : Tom Perriello agressé à l’aéroport de Kinshasa par un élu proche de Kabila

    RDC- USA : Tom Perriello agressé à l’aéroport de Kinshasa par un élu proche de Kabila

    tom-La tension monte d’un cran en RDC. Depuis ces derniers jours, de nombreuses manifestations de jeunes qui réclament le départ du Président Kabila ont eu lieu dans certaines des principales villes du pays (à Lubumbashi – La Kenya, Kasumbalesa, Matshipisha –, à Kinshasa ou encore à Goma). Mais l’événement, particulièrement grave, qui s’est déroulé ce soir à l’aéroport international de Ndjili de Kinshasa, témoigne d’une escalade de la violence dans ce pays-continent.
    Alors qu’il patientait « tranquillement » dans le salon officiel, Tom Perriello, l’envoyé spécial des Etats-Unis pour la région des Grands Lacs, a été violemment pris à parti par Déo Engulu, un député du PPRD, le parti du chef de l’Etat Joseph Kabila, accompagné pour l’occasion par le président de la Ligue des jeunes du parti de Lambert Mende, le ministre de la Communication et porte-parole du Gouvernement. Ces derniers, après s’être introduits dans le salon d’honneur de l’aéroport, ont verbalement – et très violemment, selon des témoins directs de la scène – pris à partie Tom Perriello, proférant insultes et menaces à son encontre et voulant même manifestement en venir aux mains. « Ce n’est pas aux Etats-Unis de nous dire quoi faire au Congo », a crié, furieux, le député du PPRD, le parti au pouvoir. Les services du protocole, surpris par une telle scène, ainsi que le personnel de l’Ambassade, sont alors rapidement intervenus. Tom Perriello a été exfiltré sur le tarmac de l’aéroport où l’avion de ligne régulière Air France, qu’il devait prendre, attendait ses passagers pour l’embarquement en direction de Paris, où l’envoyé spécial américain devait se rendre en transit avant de regagner les Etats-Unis, sa destination finale. Mais manifestement très remonté, Déo Engulu a suivi Tom Perriello jusqu’au pied de l’avion, continuant à insulter l’envoyé spécial des Etats-Unis sous l’œil médusé des autres passagers. Finalement, ce dernier sera invité à prendre place à l’intérieur de l’appareil, mettant ainsi un terme à cette agression verbale « qui était à deux doigts de se muer en agression physique », selon des témoins présents sur place.

    ADVERTISEMENT

    Cet incident s’inscrit dans une séquence qui a vu ces derniers jours les autorités congolaises mettre en garde les Etats-Unis contre toute « tentative d’ingérence », alors que Joseph Kabila cherche à se maintenir au pouvoir en violation de la Constitution. Dans un communiqué publié ce soir, André-Alain Atundu, le porte-parole de la majorité présidentielle au Congo-Kinshasa, dénonçait « l’activisme débordant de Tom Perriello ». Un avertissement qui connaîtra son épilogue quelques heures plus tard à l’aéroport de Ndjili. « Cet incident est très grave. C’est insensé de s’en prendre ainsi à l’envoyé du Gouvernement des Etats-Unis. Cela témoigne de la fébrilité actuelle des autorités de Kinshasa, très tendues à l’idée que les conclusions du dialogue ne soient pas acceptées comme un fait accompli tant par l’opinion publique que par la communauté internationale », nous indique un Professeur en sciences politique de l’UniKin. Selon la Constitution de RDC, demain 19 septembre, le corps électoral aurait dû être convoqué en vue de la tenue prochaine de l’élection présidentielle…
  • Dernière ligne droite pour le dialogue politique

    Dernière ligne droite pour le dialogue politique

    dialogue-Le dialogue national est censé s’achever ce samedi. C’est le souhait du facilitateur Edem Kodjo. Ce vendredi 16 septembre, le travail en commissions a pris du retard, ne permettant pas de clore les débats. Deux commissions, « sécurité » et « confiance et équité » ont terminé leurs travaux et leurs recommandations ont été adoptées en plénière comme par exemple veiller au caractère apolitique des services de sécurité ou faire un comité de suivi du dialogue national. Mais ça coince au niveau du calendrier.

    En rentrant dans la salle de conférence où s’est tenue la séance plénière, le facilitateur a promis que « la fumée est grise mais elle deviendra blanche ». Le chef de la délégation de l’opposition, Vital Kamerhe, a lui lancé avant d’entrer : « On veut un débat radiotélévisé et contradictoire sur la proposition de calendrier de la Céni, vous pouvez dire que c’est une ligne rouge ».

    Alors que la plupart des délégués travaillaient en commission, un petit groupe a été invité par le facilitateur à écouter la proposition de calendrier de la Commission électorale. Etaient présents des délégués de la majorité comme de l’opposition, le représentant de la CENCO, les experts étrangers et bien sûr la facilitation.

    Et à la sortie, visages fermées, du moins pour la moitié des participants, sourires radieux pour d’autres. On est bien loin des délais les plus proches possibles des délais constitutionnels souhaités par les envoyés spéciaux, qui ont d’ailleurs pour la plupart quitté le pays. Mais les discussions se poursuivent.

    D’autres séances de travail sont prévues ce vendredi soir et ce samedi. « La Commission électorale élabore le calendrier mais on a harmonisé nos vues avec les experts étrangers », dit-on du côté de la Céni. « Les experts étrangers ont émis des avis mais c’est tout », rétorque un participant à la réunion.

    La Céni et la majorité parlent de « contraintes techniques », la délégation de l’opposition de « délais politiques ». On semble très loin ce vendredi soir de pouvoir finir le dialogue comme prévu samedi après-midi. Surtout que l’accord politique n’a, lui, toujours pas été discuté.

    Le problème de l’accord politique

    Si l’opposition représentée au dialogue pourrait accepter le maintien au pouvoir de Joseph Kabila au-delà de la fin de son deuxième et dernier mandat constitutionnel, elle dit vouloir des garanties de son départ et de l’application de l’accord. Remaniement de la Céni, gouvernement d’union national, cela semble acquis.

    Mais pour le reste, primature à l’opposition et comité de suivi international des travaux de la commission électorale : la majorité refuse, parlant de respect de la Constitution et de souveraineté nationale

    Pour rappel, les deux principales forces de l’opposition boycottent ce dialogue, accusant ses participants d’offrir un troisième mandat à Joseph Kabila, en violant la Constitution.

    RFI