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  • Violences en RDC: les évêques suspendent leur participation au dialogue national

    Violences en RDC: les évêques suspendent leur participation au dialogue national

    eveques-De nouveaux affrontements ont éclaté ce mardi 20 septembre en RDC, des bâtiments ont été attaqués et un imposant dispositif sécuritaire a été mis en place. On décompte encore plusieurs morts et blessés. Conséquence des violences de ces deux derniers jours, l’Eglise catholique suspend sa participation au dialogue national.

    Le retrait de l’Eglise catholique est un coup dur pour le dialogue, car cela réduit encore le champ d’ouverture de ce processus toujours boycotté par deux des principales forces de l’opposition.

    Interrogé par RFI, l’abbé Donatien Nshole, le délégué de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) au dialogue national, explique que les évêques ont été « interpellés par le sang de nos frères et soeurs qui a été versé pour le respect de la Constitution ». « Les évêques ont jugé bon de suspendre leur participation au dialogue pour faire le deuil, mais aussi pour chercher un consensus plus large », indique-t-il.

    Pour lui, les événements de ces derniers jours constituent « un message fort pour dire qu’une bonne partie de la population ne se sent pas concernée par le dialogue actuel. Cela amène les évêques à se mettre de nouveau en route et de prendre leur bâton de pèlerin pour pouvoir inviter les autres à se mettre autour d’une même table ».

    Et l’abbé Donatien Nshole de conclure : « Ils ne sont pas ennemis, mais des frères, des compatriotes d’un Etat qu’ils doivent construire ensemble et non pas détruire ».

    Cette décision intervient alors que la RDC a été marquée ce mardi par une nouvelle journée de violence. Si le rassemblement appelé par l’opposition n’a finalement pas eu lieu, des affrontements ont éclaté dans plusieurs quartiers périphériques de la capitale de Kinshasa. A Ndjili, un tribunal et des voitures ont été brûlés. Les policiers de faction n’ont rien pu faire et ont dû appeler des renforts.

    Dans l’après-midi, Kinshasa avait encore des allures de ville morte. Les artères habituellement embouteillées par les voitures étaient quasi désertes. On pouvait voir ça et là des barricades en feu et des colonnes de policiers aux visages peints en noir. La police militaire, mais aussi – fait rare – la garde républicaine dans les quartiers les plus sensibles.

  • L’ONU exige une enquête sur les violence en RDC

    L’ONU exige une enquête sur les violence en RDC

    siege-de-ludps-Le HCDCH exige “une enquête crédible et impartiale”, a indiqué le porte-parole du Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Rupert Colville, lors d’un point presse à Genève.

    Pour l’ONU, cette enquête permettra que les responsables de violations des droits de l’homme et d’actes criminels soient traduits en justice.

    “Nous sommes prêts à soutenir une telle enquête”, a souligné M. Colville.

     Selon lui, les violences qui ont présentement lieu dans le pays, mettent en évidence le besoin urgent d’un dialogue constructif et inclusif sur le processus électoral. “Nous continueront de suivre et documenter de près la situatio”, a-t-il affirmé.

    De violents affrontements entre manifestants et forces de police ont eu lieu lundi à Kinshasa, la capitale de la RDC.

    Selon les chiffres du gouvernement, 17 personnes, dont trois policiers, ont été tués et un nombre inconnu de personnes ont été blessées. D’autres sources signalent des chiffres beaucoup plus élevés, qui sont encore en cours de vérification. Près de 200 personnes auraient été arrêtées.

    voa

  • Heurts à Kinshasa avant une manifestation anti-Kabila

    Heurts à Kinshasa avant une manifestation anti-Kabila

    manif-kin-9-19-Des heurts épars ont opposé lundi matin de jeunes manifestants d’opposition à la police anti-émeute à Kinshasa avant une manifestation hostile au président congolais Joseph Kabila.

    Vers 11h00 (10h00 GMT), les policiers dispersaient à coup de grenades lacrymogènes plusieurs centaines de personnes qui leur lançaient des pierres et tentaient d’avancer vers le Palais du Peuple (Parlement), selon des journalistes de l’AFP sur place.

    Un peu plus tôt, sur une grande artère du centre de la capitale de la République démocratique du Congo, des affrontements similaires avaient mis aux prises les forces de l’ordre et quelques dizaines de manifestants lançant en français ou en lingala des “Kabila akende !” et “Kabila dégage !”.

    Au milieu des effluves roses des gaz tirés par les forces de l’ordre, émergeaient des drapeaux blanc et bleu de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le parti d’Étienne Tshisekedi, figure historique de l’opposition congolaise.

    Avant les affrontements, des journalistes de l’AFP ont vu un minibus et une voiture incendiés à Limete, le quartier du siège de l’UDPS, dans le centre-ouest de Kinshasa.

    A l’échangeur de Limete, point de départ de la manifestation censée commencer à 13h00 (12h00 GMT), des manifestants ont mis le feu à une affiche montrant un portrait géant du président appelant au “dialogue” pour surmonter la crise politique que traverse le pays depuis sa réélection contestée en novembre 2011.

    Sur le boulevard Lumumba, la grande artère de Limete, plusieurs pneus ont été incendiés sur la chaussée en divers endroits et des jeunes filtraient les rares voitures qui circulaient, ne laissant passer que les journalistes.

    De source diplomatique, on signalait aussi des échauffourées plus au sud en “divers endroits” sur la route menant à l’aéroport.

    “Préavis”

    Réuni autour de M. Tshisekedi, un “Rassemblement” des principaux partis d’opposition a appelé à manifester lundi dans tout le Congo pour signifier à M. Kabila son “préavis”, trois mois avant l’expiration de son mandat, le 20 décembre, et exiger la convocation de la présidentielle censée avoir lieu avant cette date.

    Arrivé au pouvoir en 2001 après l’assassinat de son père Laurent-Désiré Kabila, M. Kabila est âgé de 45 ans. La Constitution congolaise lui interdit de se représenter mais il ne donne aucun signe de vouloir quitter le pouvoir.

    Alors que la présidentielle apparaît impossible à tenir dans les temps, le “Rassemblement” constitué autour de M. Tshisekedi refuse le “dialogue national” en cours à Kinshasa entre la majorité et une partie de l’opposition.

    Ce forum est censé déboucher sur un “accord politique” de sortie de crise et ouvrir la voie à des élections “apaisées” mais retardées.

    Il devait s’achever samedi, mais les négociateurs ne sont pas encore parvenus à s’entendre sur tous les points à l’ordre du jour, et le travail sur le calendrier des élections devait reprendre lundi à Kinshasa.

    Mégapole de 10 millions d’habitants habitués aux violences à caractère politique, Kinshasa avait des airs de ville morte lundi.

    Dans plusieurs quartiers, les écoles étaient désertées par les élèves, les parents préférant les garder à la maison. De nombreuses boutiques étaient fermées, la circulation était presque inexistante. Faute de clients, quelques taxis (peu nombreux) cassaient leur prix.

    Une atmosphère semblable régnait à Lubumbashi, la deuxième ville du pays, dans le sud-est, où des soldats sont venus renforcer en masse la police autour des principaux bâtiments publics et dans les quartiers réputés acquis à l’opposition.

    Alors que toute manifestation était interdite, le gouverneur provincial, Jean-Claude Kasembe, a appelé la population a vaquer “librement” à ses occupations habituelles, mais les habitants semblent avoir fait majoritairement le choix de rester chez eux.

    A Bukavu, dans l’est du pays, quelque 300 personnes manifestaient à la mi-journée pour demander le “respect de la Constitution” avec des urnes en toile pour dire que la tenue de la présidentielle dans le délai est encore possible, selon le correspondant local de l’AFP.

    Avec AFP

  • RDC- USA : Tom Perriello agressé à l’aéroport de Kinshasa par un élu proche de Kabila

    RDC- USA : Tom Perriello agressé à l’aéroport de Kinshasa par un élu proche de Kabila

    tom-La tension monte d’un cran en RDC. Depuis ces derniers jours, de nombreuses manifestations de jeunes qui réclament le départ du Président Kabila ont eu lieu dans certaines des principales villes du pays (à Lubumbashi – La Kenya, Kasumbalesa, Matshipisha –, à Kinshasa ou encore à Goma). Mais l’événement, particulièrement grave, qui s’est déroulé ce soir à l’aéroport international de Ndjili de Kinshasa, témoigne d’une escalade de la violence dans ce pays-continent.
    Alors qu’il patientait « tranquillement » dans le salon officiel, Tom Perriello, l’envoyé spécial des Etats-Unis pour la région des Grands Lacs, a été violemment pris à parti par Déo Engulu, un député du PPRD, le parti du chef de l’Etat Joseph Kabila, accompagné pour l’occasion par le président de la Ligue des jeunes du parti de Lambert Mende, le ministre de la Communication et porte-parole du Gouvernement. Ces derniers, après s’être introduits dans le salon d’honneur de l’aéroport, ont verbalement – et très violemment, selon des témoins directs de la scène – pris à partie Tom Perriello, proférant insultes et menaces à son encontre et voulant même manifestement en venir aux mains. « Ce n’est pas aux Etats-Unis de nous dire quoi faire au Congo », a crié, furieux, le député du PPRD, le parti au pouvoir. Les services du protocole, surpris par une telle scène, ainsi que le personnel de l’Ambassade, sont alors rapidement intervenus. Tom Perriello a été exfiltré sur le tarmac de l’aéroport où l’avion de ligne régulière Air France, qu’il devait prendre, attendait ses passagers pour l’embarquement en direction de Paris, où l’envoyé spécial américain devait se rendre en transit avant de regagner les Etats-Unis, sa destination finale. Mais manifestement très remonté, Déo Engulu a suivi Tom Perriello jusqu’au pied de l’avion, continuant à insulter l’envoyé spécial des Etats-Unis sous l’œil médusé des autres passagers. Finalement, ce dernier sera invité à prendre place à l’intérieur de l’appareil, mettant ainsi un terme à cette agression verbale « qui était à deux doigts de se muer en agression physique », selon des témoins présents sur place.

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    Cet incident s’inscrit dans une séquence qui a vu ces derniers jours les autorités congolaises mettre en garde les Etats-Unis contre toute « tentative d’ingérence », alors que Joseph Kabila cherche à se maintenir au pouvoir en violation de la Constitution. Dans un communiqué publié ce soir, André-Alain Atundu, le porte-parole de la majorité présidentielle au Congo-Kinshasa, dénonçait « l’activisme débordant de Tom Perriello ». Un avertissement qui connaîtra son épilogue quelques heures plus tard à l’aéroport de Ndjili. « Cet incident est très grave. C’est insensé de s’en prendre ainsi à l’envoyé du Gouvernement des Etats-Unis. Cela témoigne de la fébrilité actuelle des autorités de Kinshasa, très tendues à l’idée que les conclusions du dialogue ne soient pas acceptées comme un fait accompli tant par l’opinion publique que par la communauté internationale », nous indique un Professeur en sciences politique de l’UniKin. Selon la Constitution de RDC, demain 19 septembre, le corps électoral aurait dû être convoqué en vue de la tenue prochaine de l’élection présidentielle…
  • Dernière ligne droite pour le dialogue politique

    Dernière ligne droite pour le dialogue politique

    dialogue-Le dialogue national est censé s’achever ce samedi. C’est le souhait du facilitateur Edem Kodjo. Ce vendredi 16 septembre, le travail en commissions a pris du retard, ne permettant pas de clore les débats. Deux commissions, « sécurité » et « confiance et équité » ont terminé leurs travaux et leurs recommandations ont été adoptées en plénière comme par exemple veiller au caractère apolitique des services de sécurité ou faire un comité de suivi du dialogue national. Mais ça coince au niveau du calendrier.

    En rentrant dans la salle de conférence où s’est tenue la séance plénière, le facilitateur a promis que « la fumée est grise mais elle deviendra blanche ». Le chef de la délégation de l’opposition, Vital Kamerhe, a lui lancé avant d’entrer : « On veut un débat radiotélévisé et contradictoire sur la proposition de calendrier de la Céni, vous pouvez dire que c’est une ligne rouge ».

    Alors que la plupart des délégués travaillaient en commission, un petit groupe a été invité par le facilitateur à écouter la proposition de calendrier de la Commission électorale. Etaient présents des délégués de la majorité comme de l’opposition, le représentant de la CENCO, les experts étrangers et bien sûr la facilitation.

    Et à la sortie, visages fermées, du moins pour la moitié des participants, sourires radieux pour d’autres. On est bien loin des délais les plus proches possibles des délais constitutionnels souhaités par les envoyés spéciaux, qui ont d’ailleurs pour la plupart quitté le pays. Mais les discussions se poursuivent.

    D’autres séances de travail sont prévues ce vendredi soir et ce samedi. « La Commission électorale élabore le calendrier mais on a harmonisé nos vues avec les experts étrangers », dit-on du côté de la Céni. « Les experts étrangers ont émis des avis mais c’est tout », rétorque un participant à la réunion.

    La Céni et la majorité parlent de « contraintes techniques », la délégation de l’opposition de « délais politiques ». On semble très loin ce vendredi soir de pouvoir finir le dialogue comme prévu samedi après-midi. Surtout que l’accord politique n’a, lui, toujours pas été discuté.

    Le problème de l’accord politique

    Si l’opposition représentée au dialogue pourrait accepter le maintien au pouvoir de Joseph Kabila au-delà de la fin de son deuxième et dernier mandat constitutionnel, elle dit vouloir des garanties de son départ et de l’application de l’accord. Remaniement de la Céni, gouvernement d’union national, cela semble acquis.

    Mais pour le reste, primature à l’opposition et comité de suivi international des travaux de la commission électorale : la majorité refuse, parlant de respect de la Constitution et de souveraineté nationale

    Pour rappel, les deux principales forces de l’opposition boycottent ce dialogue, accusant ses participants d’offrir un troisième mandat à Joseph Kabila, en violant la Constitution.

    RFI

  • Washington met Kinshasa en garde contre le recours à la violence lors des manifestations

    Washington met Kinshasa en garde contre le recours à la violence lors des manifestations

    police-51-Le gouvernement américain lance une mise en garde au pouvoir et à l’opposition congolaise contre le recours à la violence alors que la tension monte dans le pays. L’opposition et le pouvoir ont, en effet, appelé à des manifestations lundi 19 septembre. Les opposants donnent un préavis à la Commission nationale électorale indépendante (CENI) qu’ils accusent de refuser délibérément et sous l’instigation du pouvoir d’organiser l’élection présidentielle avant le 19 décembre. La majorité, elle, soutient “les efforts de la CENI”.

    “Le Gouvernement de la République démocratique du Congo est tenu, en vertu du droit international et de sa propre Constitution, de respecter et de garantir les droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique pour son peuple”, indique le Département d’Etat américain dans un communiqué.

    Sur le terrain la tension monte. Le dialogue national auquel refuse de prendre part la majeure partie de l’opposition bute sur la fixation d’un calendrier électoral. Les parties ne s’étant pas mises d’accord, la clôture prévue samedi a été renvoyée au même lundi 19 septembre.

    Entre-temps, la CENI a saisi la Cour constitutionnelle pour solliciter le report de l’élection présidentielle, n’étant pas capable de convoquer l’électorat au 19 septembre, 90 jours avant la tenue du scrutin.

    Pour l’opposition qui tient au respect du délai de la Constitution, la CENI a délibérément violé le texte de la loi fondamentale.

    Le climat est tendu. La majorité au pouvoir promet, elle aussi, de manifester le même 19 septembre pour soutenir la CENI.

    “Nous avons des informations faisant état des groupes des délinquants recrutés par le pouvoir et à qui des armes blanches ont été distribuées pour semer du désordre au nom de l’opposition lors de notre marche. Nous le disons pour prévenir”, a déclaré Felix Tshisekedi de l’Union pour la démocratie et le progrès social (Udps) sur radio TopCongo à Kinshasa.

    Depuis jeudi, des cas d’arrestations des opposants sont quotidiennement signalés. Vendredi, des échauffourées ont éclaté à Lubumbashi, dans le sud-est, entre opposants et forces de l’ordre.

    “Nous sommes préoccupés par les récentes arrestations et le harcèlement des militants de la jeunesse, et soulignons la responsabilité du Gouvernement de la République démocratique du Congo pour s’assurer que ces droits sont protégés”, affirme dans le communiqué John Kerby, porte-parole du Département d’Etat américain.

    Au dialogue national, la majorité présidentielle tient à ce que la fixation de la date des élections soit laissée à la CENI alors que l’opposition exige que le jour du scrutin président soit connu avant la fin de ces assises.

    “Les Etats-Unis appellent toutes les parties à rejeter la violence et la rhétorique inflammatoire au cours de cette transition et estiment que toutes les personnes responsables de la violence ou de la répression, ou d’incitation à la violence imminente, devraient en rendre comptes”, précise le Département d’Etat américain. “Nous restons prêts à imposer des sanctions ciblées supplémentaires sur les auteurs”, souligne le document.

    Washington soutient, selon le texte, la poursuite du dialogue et inclusif. Mais il souligne que le dialogue doit se faire “dans la poursuite d’un plan de consensus qui priorise l’élection présidentielle dès que techniquement possible pour assurer une transition pacifique du pouvoir politique”.

    VOA

  • She Okitundu : « Au terme du dialogue, il y aura une gestion consensuelle du pays »

    She Okitundu : « Au terme du dialogue, il y aura une gestion consensuelle du pays »

    she okitundu-Rapporteur de la Majorité présidentielle au dialogue politique en cours à Kinshasa, le sénateur Léonard She Okitundu revient sur les dernières avancées de ces pourparlers et sur l’éventuel “accord politique” qui pourrait être conclu dans les heures suivantes.

    Qui sera le prochain Premier ministre en RD Congo ? La question est sur toutes les lèvres à Kinshasa. Car au sein de la Majorité présidentielle (MP), l’on concède déjà que « la primature reviendra à l’opposition qui a pris part au dialogue ». Mais pas question, pour l’instant, d’indiquer qui sera ce nouveau chef de gouvernement.

    « Le chef de l’État doit conserver la prérogative de le désigner », confie Leonard She Okitundu, rapporteur de la coalition au pouvoir dans les pourparlers en cours. Principal négociateur du camp du président Joseph Kabila, le sénateur a expliqué, le 15 septembre à Jeune Afrique, la position de la MP après le compromis sur la séquence des élections.

    Jeune Afrique : D’aucuns ont l’impression que l’exigence de la MP de commencer la séquence électorale par les élections locales – finalement abandonnée – n’était qu’une manœuvre de plus de la majorité pour retarder la tenue de la présidentielle…

    Léonard She Okitundu : Non ! C’est une question de principe. Nous avons opté pour le régionalisme constitutionnel dans notre pays. Aujourd’hui, la décentralisation constitue donc une donnée fondamentale de notre Constitution. C’est pourquoi nous disions que toutes les élections se valent.

    Commencer par les locales n’était pas un choix fondé sur des arrière-pensées politiques.

    Depuis l’adoption de notre Loi fondamentale, pourtant, il n’y a jamais eu d’élections locales alors que c’est aussi une obligation constitutionnelle. En privilégiant ces scrutins locaux, nous avons donc voulu rattraper un arriéré électoral qui date du premier cycle électoral en 2006. C’était une question de gouvernance et non un choix fondé sur des arrière-pensées politiques. Ce n’était pas non plus pour faire l’impasse sur la présidentielle. Nous voulions tout simplement que l’on restaure d’abord l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire avec des élections locales avant qu’on arrive à la présidentielle. D’ailleurs, en droit comparé électoral, les locales ont toujours précédé l’élection présidentielle.

    Les composantes au dialogue en cours ont accepté par ailleurs le principe de la refonte totale du fichier électoral. Est-ce une manière élégante de dire : « On va glisser » ? C’est-à-dire, aller au-delà du mandat du président Joseph Kabila…

    Non ! C’est une option qui s’est imposée. Avant d’opter pour la refonte totale du fichier électoral, la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) a interrogé les experts des Nations unies, de l’OIF ainsi que l’expertise locale. Tout le monde est arrivé à la conclusion selon laquelle on ne pouvait pas organiser les élections sur la base du fichier actuel.

    Il y avait en effet trois options : organiser les élections avec le fichier électoral de 2011 mais en procédant à un petit nettoyage et en excluant près de 17 millions d’électeurs, procéder à une révision partielle du fichier avec autant de désavantages que la première option ou opter pour sa refonte totale. Seule cette troisième option nous permettra d’avoir des élections inclusives, parce qu’elles nécessitent l’enrôlement des nouveaux majeurs et des Congolais de la diaspora.

    La refonte du fichier électoral peut se terminer entre juillet et décembre 2017.

    Jusqu’à quand va s’étendre cette période de « glissement » du calendrier électoral ?

    Les élections ne peuvent pas avoir lieu sans la refonte du fichier électoral. La Ceni estime que cette opération ne peut se terminer au plus tôt qu’au mois de juillet 2017. Mais il faut aussi intégrer les risques et les aléas parce qu’il suffit qu’il y ait un petit couac lors d’une étape pour qu’il y ait une incidence quant à la fin du processus de révision. Ainsi, nous estimons que la refonte du fichier électoral peut se terminer entre juillet et décembre de l’année prochaine.

    Que répondez-vous à ceux qui soutiennent que le président Kabila et le gouvernement sont les principaux responsables de ce retard et qu’ils ne devaient logiquement plus rester en fonction après le 19 décembre ? 

    Une mise au point s’impose. D’autant que certains accusent même le pouvoir de violer la Constitution parce que les élections n’auront pas été convoquées à la date prévue par la Loi fondamentale. Il existe pourtant une grande différence entre une violation délibérée d’une disposition constitutionnelle et le fait de ne pouvoir remplir les exigences constitutionnelles. Le pouvoir n’a pas violé délibérément les dispositions constitutionnelles mais il s’est trouvé dans l’impossibilité de remplir les conditions prévues par la Constitution.

    Pour organiser des scrutins, il faut mettre à disposition des moyens financiers. Mais tout le monde sait que les élections en RD Congo, ce pays-continent, coûtent extrêmement cher par rapport au revenu du pays : 1, 2 milliard de dollars contre moins de 4 milliards en fonds propres dans le budget de l’État. Sachant que le taux d’exécution budgétaire est souvent déficitaire : l’État n’arrive donc pas à réunir chaque année ces 4 milliards de dollars.

    Puis, après les élections de 2011, le pays a été confronté à une situation sécuritaire à l’Est qui coûte excessivement chère. Un véritable gouffre financier. Et il faut ajouter à cela l’effondrement des cours des matières premières. Le gouvernement doit-il être tenu responsable de la chute du prix du cobalt ou du pétrole ?

    Si le président de la République n’est pas non plus responsable de ce retard, cela ne risque-t-il pas de créer un fâcheux précédent ?

    Ce n’est pas une question de responsabilité, mais celle de l’impossibilité de remplir une disposition constitutionnelle. Qu’adviendrait-il si le pays connaissait un cataclysme le jour de l’élection ou était attaqué par un pays voisin et se retrouvait dans l’impossibilité d’organiser les scrutins ?

    Nous avons tout fait pour ramener tout le monde autour de la table.

    L’on s’achemine vers la conclusion d’un « accord politique » au dialogue national sans la participation de certaines principales formations et certains leaders de l’opposition, le MLC de Jean-Pierre Bemba, Étienne Tshisekedi et Moïse Katumbi notamment. Dans ces conditions, le compromis qui en découlerait aura-t-il des chances d’être mis en oeuvre ?

    L’inclusivité ne signifie pas l’unanimité. Nous avons par ailleurs tout fait pour ramener tout le monde autour de la table pour que nous puissions ensemble négocier. J’ai été personnellement impliqué dans les pré-négociations avec le parti d’Étienne Tshisekedi, principale formation de l’opposition dans notre pays. Malgré tous les efforts déployés, l’UDPS a renoncé au compromis trouvé pour préparer ce dialogue. L’implication du facilitateur et de la communauté internationale n’y ont rien fait.

    On ne peut contraindre ceux qui ne veulent pas du dialogue à nous rejoindre. Mais leur absence est compensée par notre détermination à régler la crise dans l’intérêt de la nation. Nous sommes aussi confortés par la forte implication de la communauté internationale qui accompagne ces pourparlers.

    Au terme du dialogue, l’opposition va être associée aux affaires.

    Le pouvoir de Kabila n’aura finalement pas respecté les délais constitutionnels. Y-a-t-il des garanties qu’il respectera cet éventuel arrangement politique issu du dialogue en cours ?

    Pourquoi le pouvoir n’aurait-il pas respecté la Constitution ? C’était une question d’impossibilité de remplir quelques obligations constitutionnelles, comme je l’ai rappelé. Dans tous les cas, au terme de ce dialogue, il y aura une gestion consensuelle du pays. L’opposition va être associée aux affaires. La responsabilité sera collective. Ce sera un gouvernement qui permettra à toutes les parties de se surveiller.

    Le Rassemblement de l’opposition continue d’exiger la libération des prisonniers politiques et la cessation des poursuites contre Moïse Katumbi. Le gouvernement est-il encore disposé à prendre des mesures de décrispation politique dans ce sens ?

    En matière de décrispation, nous avons déjà fait un grand effort. Durant les pourparlers préliminaires avec l’UDPS, tous ses militants qui avaient des problèmes avec la justice ont été relaxés. Par la suite, le chef de l’État a pris des mesures de faveur pour faire libérer certaines personnes emprisonnées pour autant que certaines conditions de leur libération étaient remplies.

    Sur une liste de 26 personnes à libérer émanant du Rassemblement, 24 ont recouvré la liberté. Car ne peut être libérée qu’une personne libérable et capable de remplir certaines conditions. Aussi, vous avez beau être un ancien gouverneur d’une grande province de la RD Congo, cela ne vous exonère pas de vos responsabilités sur le plan pénal, voire civil.

    JA

  • Dialogue:le poste de président contre celui de Premier ministre

    Dialogue:le poste de président contre celui de Premier ministre

    kamerhe_kabila-Le “Dialogue” politique, destiné à préparer un calendrier électoral conforme à la Constitution, devait se terminer jeudi; les conclusions en sont reportées au week-end prochain. D’ores et déjà, cependant, se dessine un marchandage qui confirme les craintes de l’essentiel de l’opposition congolaise, qui a refusé d’y participer : ce forum est organisé pour permettre au président Kabila de se maintenir au pouvoir, alors qu’il doit constitutionnellement l’abandonner le 19 décembre.

    Mercredi soir, le facilitateur du Dialogue a annoncé un accord entre la Majorité présidentielle et la minorité d’opposants participant à ces discussions : le cycle électoral commencera par l’élection, le même jour, du président, des députés nationaux et provinciaux; la Majorité voulait commencer par les locales, très longues à mettre sur pied.

    Présenté comme une victoire par les opposants présents au Dialogue, cet accord est considéré par la presse d’opposition comme une petite compensation à une concession majeure faite à la Majorité : le “consensus” sur une refonte du fichier électoral, qui prendra seize mois – par préférence à des propositions moins longues. Donc retardera la présidentielle.

    La Majorité a aussi accepté une refonte du gouvernement, officiellement coupable de n’avoir rien fait pour organiser les élections dans les temps légaux. A Kinshasa, on considère comme “candidats Premier ministre” les deux co-modérateurs du Dialogue, Alexis Thambwé Mwamba (Majorité) et Vital Kamerhe (opposition acceptant de siéger au Dialogue), dont le parti serait ainsi associé au pouvoir, comme celui de Léon Kengo wa Dondo le fut à l’issue des Concertations nationales de 2013 (forum du même type que le Dialogue).

    Craintes de violences la semaine prochaine

    La majeure part de l’opposition considère le Dialogue comme nul et non avenu puisqu’il a lieu sans elle et n’est donc pas “inclusif“, comme il devait l’être, ni ne respecte la Constitution. Elle s’apprête donc à lancer des “actions” à partir de lundi prochain, 19 septembre.

    Si ces “actions” sont annoncées pacifiques, les Congolais craignent des violences. Mercredi, le régime a fait défiler son arsenal anti-émeutes dans Kinshasa; il a fait dernièrement d’importants achats de matériel répressif. Or, les révoltes contre des abus de la police se multiplient: à Kolwezi, deux morts; à Kasumbalesa, trois morts; à Tshimbulu, plusieurs dizaines de morts selon les ressortissants du Kasaï en Belgique. Et les réseaux sociaux diffusent un appel à “appliquer dès le 20 septembre, l’article 64” de la Constitution, qui enjoint aux Congolais de “faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution”.

    La Libre

  • La dépréciation du franc se poursuit

    La dépréciation du franc se poursuit

    Dollar- Franc Congolais-La Banque centrale du Congo a admis une dévaluation de -2,6% de la devise nationale, qui s’échange désormais à 1 024 francs congolais contre un dollar américain, alors que la baisse avait été limitée au cours des cinq années précédentes. Les autorités congolaises tentent d’enrayer le phénomène, continu depuis la fin de l’année dernière.

    En RDC, la dépréciation du franc congolais se poursuit, comme l’annonce la Banque centrale du Congo (BCC) qui a réuni son comité de politique monétaire le 5 septembre dernier.

    Si la BCC parle d’une « stabilité relative » sur le marché des changes, elle admet tout de même dans un communiqué que le franc congolais s’est déprécié de -2,6% par rapport au dollar et de -1,1% sur le marché parallèle. Le franc congolais poursuit donc sa dévaluation et le taux de change se situe désormais à 1 024 francs congolais le dollar américain au marché interbancaire et à 1 078 francs congolais au taux moyen du marché parallèle.

    En avril, le gouvernement avait déjà admis une diminution de -2,4% du cours parallèle de la monnaie nationale depuis fin 2015, passant de 931,75 à 955 francs congolais pour un dollar, alors que la baisse avait été limitée à -0,008% sur les cinq années précédentes, depuis fin 2010.

    Joseph Kabila, confronté à la dépréciation du franc congolais et à ses corollaires, l’augmentation du coût de la vie et la baisse du pouvoir d’achat des ménages, a demandé au début de l’année à son Premier ministre, Matata Ponyo Mapon, d’endiguer de toute urgence le phénomène pour éviter des tensions sociales.

    Fonte des réserves de change

    Ce qui avait notamment conduit au déclenchement de « l’affaire Biac », du nom de la quatrième banque du pays, finalement renflouée après que le refinancement de la BCC lui avait été refusée dans un premier temps. « Certains opérateurs économiques et spéculateurs projetaient déjà un taux de change de 1 500 francs congolais pour 1 dollar fin mars », expliquaient alors pour se justifier les services du Premier ministre congolais  dans un communiqué.

    L’économie congolaise est affectée par le ralentissement de l’économie mondiale et notamment la baisse des ventes de produits miniers à l’étranger, qui a pour effet de faire fondre les réserves de change.

    Sur le marché des matières premières, si le prix du baril de pétrole se situe désormais à 47 dollars, le marché du cuivre, lui, s’est contracté de 5,2% en un mois. Or, la production minière, dominée par la filière cuivre, comptait pour 35% du PIB de la RDC en 2015.

    De même, pour enrayer la sortie des dollars, les entreprises actives dans les secteurs congolais des mines et des hydrocarbures doivent depuis mars acquitter le paiement des taxes et des droits de douane en dollars américains plutôt qu’en francs congolais.

    Les réserves de change du pays ont « atteint un niveau faible de 1,2 milliard de dollars le 31 décembre 2015, ce qui correspond à environ un mois de paiements courants », écrivaient les analystes de l’agence américaine Standard & Poor’s en février.