-Le chanteur congolais a passé sa première nuit à la prison centrale de Makala de Kinshasa. Il n’est pas encore emprisonné, mais en détention préventive, a précisé, dans une interview à VOA Afrique, le procureur général de Kinshasa, Romuald Pumbwe.
“Après son audition, Koffi Olomide a été placé sous mandat d’arrêt provisoire. Il est à la prison de Makala parce que chez nous, la maison d’arrêt est annexée à cette prison centrale”, indique le procureur en charge du dossier.
L’artiste a été entendu et inculpé par le procureur “pour coups et blessures simples” à la suite d’une vidéo qui a provoquée de l’émoi sur la toile, montrant le musicien assener un coup de pieds à une de ses danseuses à l’aéroport de Nairobi, au Kenya, où il était attendu pour une série de productions.
Le parquet a, selon Romuald Pumbwe, l’obligation de présenter le prévenu devant le Conseil de juges dans les cinq jours qui suivent sa mise en détention préventive.
“Je suis sûr que vendredi il sera présenté en chambre de Conseil devant les juges du tribunal de paix pour que ceux-ci nous accordent 15 jours de détention préventive”, affirme le procureur, expliquant que le prévenu pourrait encore rester 30 jours supplémentaires en détention, sur demande du parquet, au cas où l’enquête ne serait pas terminée.
Pour l’heure, l’affaire n’est qu’au stade de l’enquête pré-juridictionnelle donc loin du procès proprement dit, affirme-t-il.
Apres l’instruction, il reviendra au juge de fixer la date du début du procès. Mais à en croire le procureur, l’infraction dont le chanteur est accusé ne l’expose pas à une peine dépassant cinq mois de détention.
Antoine Agbepa Mumba, de son vrai nom, Koffi Olomide, avait été expulsé du Kenya après avoir été filmé, la veille, à l’aéroport de Nairobi en train de donner un violent coup de pied à l’une de ses danseuses. Dans la foulée, les autorités zambiennes ont annulé un concert qu’il devait donner à Lusaka.
En août 2012, Koffi Olomide, auteur de 26 albums, avait été condamné à Kinshasa à trois mois de prison avec sursis pour “coups et blessures volontaires” contre son producteur.
-La présidente du tribunal ayant condamné Moïse Katumbi à trois ans de prison a dénoncé des pressions exercées sur elle par des autorités de la RDC.
Ex-allié de poids devenu opposant du président Joseph Kabila et candidat à la présidentielle, M. Katumbi avait été condamné en juin à trois ans de prison dans une affaire de spoliation immobilière, une condamnation qui le rend inéligible aux élections selon le gouvernement.
“J’ai été obligée (…) de condamner monsieur Moïse Katumbi” en vue “d’obtenir son inéligibilité”, écrit Mme Ramazani Wazuri Chantale, présidente du tribunal de paix de Kamalondo à Lubumbashi (sud-est) dans une lettre adressée aux autorités politiques et judiciaires de Kinshasa, à l’Union européenne, à l’Union africaine et au chef de la mission de l’ONU en RDC (Monusco).
La juge dénonce des “contraintes physiques et morales”, “avant l’audience et pendant” les délibérations, pour que sa “signature (soit) apposée sur le jugement”.
La juge accuse le chef des renseignements congolais Kalev Mutond, la présidence de la République, les autorités judiciaires de Lubumbashi, d’être les auteurs de ces pressions qui l’ont obligée à “passer outre” la loi et les procédures.
“Depuis lundi, Mme Ramazani n’a plus été vue au bureau”, a déclaré à l’AFP, l’un de ses collègues à Lubumbashi, fief de M. Katumbi.
“Elle a signé cette lettre à partir de Bruxelles où elle compte s’adjuger le statut de réfugiée”, a réagi le ministre de la Communication Lambert Mende, disant trouver “suspect” que cette correspondance soit adressée au ministre de la Justice alors que “les juges des tribunaux relèvent du Conseil supérieur de la magistrature”.
“Cette manoeuvre n’aura aucun effet sur le jugement rendu contre M. Katumbi”, a-t-il prévenu.
Actuellement à l’étranger pour des soins médicaux, Moïse Katumbi est aussi sous la menace d’un autre procès pour atteinte à la sûreté de l’État dans une affaire le liant à un réseau de “recrutement de mercenaires” américains pour déstabiliser le pays à l’approche de la présidentielle prévue fin novembre.
L’opposition craint toutefois que le président Kabila ne reporte ce scrutin pour s’accrocher au pouvoir.
-L’avion transportant l’opposant historique congolais Étienne Tshisekedi a atterri mercredi à l’aéroport de Ndjili, dans l’est de Kinshasa, où l’attendaient plusieurs milliers de ses partisans, dans un climat politique tendu lié aux incertitudes entourant la prochaine présidentielle.
Le jet privé, en provenance de Belgique, a atterri peu après 14h00 locales (13H00 GMT), ont constaté des journalistes de l’AFP.
Une dizaine de cadres de son parti, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), et des responsables du “Rassemblement”, la plateforme d’opposition nouvellement créée en Belgique, attendaient au bas de la passerelle, selon ces journalistes.
M. Tshisekedi “vient prendre la commande des opérations afin de nous amener à l’alternance qu’attendent les Congolais depuis des décennies”, a lancé Bruno Tshibala, secrétaire général de l’UDPS, quelques instants avant l’atterrissage de l’avion de l’opposant.
Sur VOA Afrique, le professeur Jean-Claude Willame à l’Université Catholique de Louvain en Belgique et chercheur sur la RDC, parle d’un homme qui a “l’air très diminué” mais que son entourage considère pour le “future président”. “C’est de l’histoire ancienne Tshisekedi”, a souligné M. Willame.
Agé de 83 ans, M. Tshisekedi est encore très populaire à Kinshasa et dans plusieurs autres villes du pays. Son retour, maintes fois annoncé, avait jusqu’à présent toujours été reporté.
Le jet transportant l’opposant historique congolais et leader de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) Etienne Tshisekedi a atterri à l’aéroport international de N’Djili à son retour d’une longue convalescence l’étranger, à Kinshasa, RDC
Il intervient dans un climat politique très tendu en RDC, l’opposition soupçonnant le président Joseph Kabila de vouloir se maintenir au pouvoir au delà du 20 décembre, date de la fin de son mandat.
M. Kabila est au pouvoir depuis 2001, et la Constitution lui interdit de briguer un nouveau mandat. Mais un arrêt récent de la Cour constitutionnelle l’a autorisé à rester en fonction si la présidentielle censée avoir lieu cette année n’était pas organisée.
M. Tshisekedi avait été évacué de Kinshasa par avion médicalisé le 16 août 2014. Il a passé deux ans en convalescence en Belgique, l’ancienne puissance coloniale.
A la mi-journée mercredi, des colonnes de ses partisans, arborant les couleurs de son parti avaient convergé vers l’aéroport international de Ndjili, où plusieurs milliers d’autres étaient déjà massés face aux installations aéroportuaires, sous la surveillance de nombreux policiers.
Mercredi matin, l’un des porte-parole de l’UDPS, Augustin Kabuya, avait dénoncé auprès de l’AFP “l’ordre donné par le commandant de l’aéroport” à l’équipage “pour que l’avion du président Tshisekedi arrive à 17h00 (16h00 GMT) au lieu de 13h00 (12h00 GMT) afin d’empêcher un accueil délirant” de ses partisans.
Refusant de commenter ces accusations, Georges Tabora, le commandant de l’aéroport de Ndjili, avait seulement indiqué à l’AFP que “l’heure d’atterrissage” qui lui avait été “communiquée (était) 14h00 (13h00 GMT)”.
Pas de front d’opposition uni
Ce retour de l’opposant intervient alors qu’un grand meeting politique de la majorité est prévu vendredi à Kinshasa. Un meeting de l’opposition, qui serait présidé par Étienne Tshisekedi, est également programmé dimanche dans la capitale. M. Tshisekedi ne s’est pour le moment pas déclaré candidat au prochain scrutin présidentiel.
En images : arrivée d’Etienne Tshisekedi à Kinshasa
Jusqu’ici, l’opposition congolaise n’a jamais réussi à former un front uni contre le régime de M. Kabila.
Fin novembre, le président Kabila avait annoncé son intention de convoquer un “dialogue national inclusif” en vue d’”élections apaisées” en RDC.
Or le retour de M. Tshisekedi a lieu à quelques jours seulement du lancement des travaux préparatoires de ce “dialogue national” en RDC, selon le calendrier publié par le facilitateur de l’Union africaine, l’ex-Premier ministre togolais, Edem Kodjo.
Mais, dans un communiqué publié dimanche à Bruxelles et signé par M. Tshisekedi, le “Rassemblement” d’opposition congolaise avait récusé M. Kodjo, estimant trop rapide le début des travaux.
Opposant sous la dictature de Mobutu Sese Seko (1965-1997), et sous le régime de son successeur Laurent-Désiré Kabila, le père de l’actuel chef de l’État congolais, M. Tshisekedi était arrivé deuxième de la présidentielle de 2011, dont il avait rejeté les résultats.
Son parti est miné par des divisions, mais reste une importante force de l’opposition disposée à discuter avec le pouvoir en vue de sortir de la crise.
Les partisans de M. Tshisekedi ont toutefois conditionné leur participation au “dialogue national” par la libération de davantage des prisonniers politiques et d’opinion.
-La Banque mondiale a suspendu sa contribution financière au projet de barrage hydroélectrique Inga III en République démocratique du Congo (RDC), qui a pour ambition de fournir du courant à l’Afrique tout entière.
“Cette suspension fait suite à la décision du gouvernement de la RDC de donner au projet une orientation stratégique différente de celle qui avait été convenue en 2014 entre le gouvernement et la Banque mondiale”, indique l’institution dans un communiqué, sans donner plus de précisions.
Contacté par l’AFP, un porte-parole de la BM s’est refusé à tout commentaire.
En mars 2014, la Banque mondiale avait approuvé un don de 73,1 millions de dollars, dont plus de la moitié (47,5 millions) était destinée directement à ce projet implanté sur le site des chutes d’Inga, à environ 250 km au sud de Kinshasa, où existent déjà actuellement deux barrages.
Environ 6% du montant de cette contribution a été déboursé à ce jour, précise la BM.
S’il venait à être réalisé, le site d’Inga aurait une capacité de production de 40.000 MW, soit l’équivalent de plus de 24 réacteurs nucléaires de troisième génération, qui seraient exportés jusqu’en Afrique du Sud, mais aussi vers l’Afrique de l’Ouest voire plus au nord.
En octobre dernier, la RDC et l’Afrique du Sud avaient fait part de leur volonté d’accélérer la construction de ce barrage, dont le coût total est estimé à 12 milliards de dollars et qui est en gestation depuis de nombreuses années.
Malgré la suspension de son aide, la Banque mondiale affirme, dans son communiqué, être “déterminée” à aider la RDC à fournir une “énergie abordable et fiable” à sa population.
-Au Congo-Kinshasa, la tension monte à l’approche du grand rassemblement prévu par l’opposition ce dimanche 31 juillet. Une manifestation qui marquera le grand retour au pays de deux des principales figures de l’opposition, Etienne Tshisekedi et Moïse Katumbi.
Thambwe fuit Kinshasa après avoir menacé Katumbi d’arrestation… Craignant manifestement que cette démonstration de force de l’opposition ne tourne au plébiscite populaire, le pouvoir en République Démocratique du Congo fait tout pour entraver sa bonne marche. A commencer par empêcher l’opposant Moïse Katumbi, dont la popularité est redoutée par le régime de Joseph Kabila, de rentrer au pays, comme le démontre à nouveau la séquence – rocambolesque – qui vient de se dérouler. Une tragi-comédie à la congolaise…
L’Acte I de cette piètre pièce voit l’entrée en scène de la Cour Suprême. Dans l’affaire de spoliation présumée d’un immeuble les opposant au citoyen grec Alexandre Stoupis, Moïse Katumbi et son frère ainé, Raphaël Katebe Katoto, obtiennent le 20 juillet dernier une décision favorable de la part de la plus haute juridiction congolaise suite à l’introduction d’un recours en suspicion légitime, l’affaire ayant été émaillée de circonstances pour le moins troubles.
Acte II : face à cette décision de la Cour Suprême, le tribunal de Lubumbashi, qui a condamné Moïse Katumbi en première instance, doit normalement surseoir à statuer car cette décision suspend de plein droit l’exécution du jugement. Mais les choses ne se passent pas ainsi. Dans la foulée de cet arrêt de la Cour Suprême, le ministre congolais de la Justice déclare publiquement à RFI ce weekend que si Moïse Katumbi revient à Kinshasa, il sera aussitôt interpellé et emprisonné, faisant ainsi fi tout à la fois du droit, de l’indépendance de la Justice et de la sacro-sainte séparation des pouvoirs entre l’Exécutif et le Judiciaire.
L’acte III se déroule ce lundi 25 juillet au matin. Avec une célérité rare et en catimini, le tribunal de Lubumbashi confirme sa décision de condamnation du présidentiable Katumbi, avalisant ainsi sur le plan judiciaire les propos du Ministre.
Énième rebondissement quelques minutes à peine avant la décision du tribunal lushois, Alexis Thambwe Mwamba prend aussitôt pris l’avion en direction de Kindu, la capitale du Maniema dont il est originaire. La raison ? « Il craint des représailles de la part de la population à Kinshasa », pour laquelle le retour de Tshisekedi et Katumbi constitue un événement attendu, nous indique l’un de ses proches. Dans le choix de sa destination de repli, le ministre a hésité entre sa province natale et la Belgique. Mais face à la perspective de sanctions susceptibles de le viser personnellement, il a préféré retenir l’option la plus sûre. Fin de l’acte IV.
L’acte V – le dernier – se joue ce lundi 25 juillet après-midi. Evariste Boshab, le ministre de l’Intérieur, a convoqué le Gouverneur de la ville-Province, André Kimbuta, ainsi que les responsables de l’armée et de la police afin qu’ils prennent « toutes les dispositions requises en vue du retour d’Etienne Tshisekedi et de Moise Katumbi au pays ». Problème, le responsable de l’armée lui a fermement rétorqué que la grande muette étant par nature apolitique, elle n’était, par conséquent, pas concernée par ce type de sollicitation. Il revient, a-t-il fait remarquer au Ministre, à la police de prendre les mesures nécessaires en vue du maintien de l’ordre. Selon un éminent juriste, professeur de droit à l’UniKin, « la RDC, plus que jamais, est un Etat de droit failli ». En attendant, dans les rues de Kinshasa, une expression revient souvent : « la peur a changé de camp. »
-Le parti de l’opposant historique en République démocratique du Congo, Étienne Tshisekedi, a annoncé lundi à Kinshasa le retour au pays de son chef le 27 juillet, après près de deux ans de convalescence à l’étranger.
L’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) “vient de confirmer le retour au pays d’Étienne Tshisekedi wa Mulumba”, a déclaré Bruno Mavungu, secrétaire général de ce parti lors d’une conférence de presse.
M. Tshisekedi “arrive à Kinshasa le mercredi 27 juillet 2016 à 11 heures. Toutes les dispositions ont été prises en concertation avec le gouverneur de la ville de Kinshasa” pour le retour du vieil opposant, a-t-il ajouté sous les applaudissements des centaines de militants.
M. Mavungu a invité la population de Kinshasa à “se mobiliser massivement” pour réserver au président de l’UDPS “un accueil délirant, [mais] dans le calme et la discipline”.
M. Tshisekedi, octogénaire et en convalescence à Bruxelles, avait quitté la RDC le 16 août 2014 à bord d’un avion médicalisé.
Maintes fois annoncé, le retour de M. Tshisekedi a toujours été reporté. Cette fois-ci, l’état d’avancement des préparatifs présage d’un retour certain du vieil opposant.
Ce retour interviendra à quelques jours du lancement des travaux préparatoires au “dialogue national” en RDC, selon le calendrier publié par le facilitateur de l’Union africaine, l’ex-Premier ministre togolais, Edem Kodjo.
Dans un communiqué publié dimanche à Bruxelles et signé par M. Tshisekedi, le “Rassemblement” d’opposition congolaise présidée par l’opposant avait récusé M. Kodjo, estimant trop rapide le début des travaux.
Fin novembre, le président congolais Joseph Kabila avait annoncé son intention de convoquer un “dialogue national inclusif” en vue d’”élections apaisées” en RDC, où le climat politique est tendu.
Samedi, M. Kodjo avait estimé que “tout le monde est maintenant dans les bonnes dispositions pour aller au dialogue proprement dit”.
M. Mavungu a indiqué que l’UDPS participerait à ce dialogue national tout en demandant que “les choses soient bien faites”, une allusion entre autres à la libération de plus de prisonniers politiques.
M. Kabila est au pouvoir depuis 2001, son mandat prend fin le 20 décembre et la Constitution lui interdit de se représenter.
L’opposition soupçonne le chef de l’État de vouloir se maintenir au pouvoir au-delà de son mandat. Un arrêt récent de la Cour constitutionnelle a autorisé M. Kabila à rester en fonction si l’élection présidentielle censée avoir lieu cette année n’était pas organisée.
-Le célèbre chanteur congolais Koffi Olomide, au centre d’une polémique pour avoir donné un violent coup de pied à l’une de ses danseuses au Kenya d’où il a été expulsé, a été interpellé mardi matin à son domicile de Kinshasa.
“Koffi Olomide a été interpellé tôt ce matin en exécution d’un mandat du procureur qui voudrait l’interroger”, a déclaré à l’AFP Le général Célestin Kanyama, chef de la police de Kinshasa.
“La décision a été prise hier soir, l’interpellation est intervenue ce matin”, a confirmé à l’AFP un haut magistrat du parquet.
M. Koffi “doit être entendu par un magistrat”, a-t-il ajouté, affirmant que le “motif de l’interpellation sera communiqué à l’intéressé” sans vouloir dire s’il s’agissait du coup de pied donné à sa danseuse.
Chanteur de rumba, Antoine Agbepa Mumba, alias Koffi Olomide, a été expulsé samedi du Kenya, où il devait donner un concert, après avoir été filmé la veille à son arrivée à l’aéroport de Nairobi en train de donner un violent coup de pied à l’une de ses danseuses. Largement relayée par les réseaux sociaux, la vidéo de la scène a provoqué une vague de condamnations.
Âgé de 60 ans, Koffi Olomide avait alors regagné la capitale congolaise.
Dimanche, les autorités zambiennes ont décidé d’annuler un concert du chanteur qui devait se produire la semaine prochaine dans un salon de l’agriculture à Lusaka.
En août 2012, Koffi Olomide, chanteur populaire en Afrique dont la discographie compte 26 albums, avait été condamné à Kinshasa à trois mois de prison avec sursis pour “coups et blessures volontaires” contre son producteur.
-L’expulsion de Koffi Olomidé du Kenya, après son arrestation vendredi, s’est également jouée sur les réseaux sociaux, avec d’intenses pressions des internautes, notamment sur Twitter.
Vendredi, alors qu’il venait à peine de débarquer à l’aéroport international Jomo Kenyatta de Nairobi, la star congolaise a été filmée en train de porter un coup de pied au ventre d’une de ses danseuses, sous le regard incrédule de deux policiers. Sur les réseaux sociaux, notamment Twitter où la vidéo a été largement diffusée, l’indignation a été grande, poussant des milliers d’internautes à appeler à l’arrestation du chanteur.
Dans la foulée, le ministère kényan de la Femme s’est joint à cette vague de protestation pour exiger l’arrestation de Koffi Olomidé. Le chanteur congolais sera finalement interpellé dans la soirée devant les caméras, à sa sortie des locaux d’une chaîne de télévision où il venait de donner une interview.
Sous le hashtag #KoffiOlomideDeported, les Kényans ont poursuivi leur pression sur la plateforme ce samedi, exigeant l’expulsion du chanteur. Le requête sera entendue en seulement trois heures, l’artiste congolais ayant été prié de plier bagages en fin de matinée. Il a finalement quitté le pays à 11h35 (heure kényane). Une “victoire” célébrée sur Twitter par les internautes, satisfaits de l‘écho de leur campagne.
Cette affaire a soulevé d’autres questions pendantes au Kenya, liées au genre, au tribalisme ou encore à la corruption. Les internautes estiment que les réseaux sociaux devraient être mis à profit pour combattre ces différents problèmes.
Cet insident pourrait coûter cher à Koffi Olomidé qui, selon les médias locaux,risque d‘être définitivement interdit de séjour au Kenya. Une logique dans laquelle s’inscrit le ministère kényan de la Jeunesse et des Affaires féminines. Dans un communiqué, il a recommandé à ce que « le visa kénya [de Koffi Olomidé] soit révoqué de façon permanente conformément à l’article 35 de la loi du Kenya sur la citoyenneté et l’immigration en raison de ses actions contraires à la loi et de ses déclarations dégradant le pays ».
Ces déclarations font probablement référence à la sortie de l’avocat de la star congolaise qui a affirmé après l’expulsion de son client que ce dernier avait fait l’objet de mauvais traitements de la part de la police et qu’il avait été expulsé sans son passeport.
-Une délégation de l’opposition de République démocratique du Congo (RDC) a été reçue, ce lundi 18 juillet, au Quai d’Orsay. Les représentants du rassemblement issu du Conclave de Bruxelles sont venus plaider leur cause à la direction Afrique du ministère, deux semaines seulement avant le grand meeting de l’opposition prévu à Kinshasa, le 31 juillet. La délégation était présidée par Etienne Tshisekedi, opposant historique et président de l’UDPS. L’opposition est sortie confiante et affirme avoir été entendue.
Etienne Tshisekedi est entré au Quai d’Orsay soutenu par son fils, Félix Tshisekedi. Il y est resté environ une heure. C’est la première sortie publique, à l’étranger, du président de l’UDPS depuis son installation à Bruxelles, il y a près de deux ans.
Aujourd’hui, il présidait une délégation d’une dizaine de représentants des coalitions politiques présentes à Genval, le mois dernier. Parmi eux, Olivier Kamitatu, du G7, et Martin Fayulu, de la Dynamique de l’opposition. Cette fois-ci, Moïse Katumbi, candidat déclaré à la présidentielle, était également présent.
Reçus par la direction Afrique du ministère, les opposants congolais disent avoir abordé la situation politique en RDC ainsi que l’organisation du dialogue national. Ils ont une nouvelle fois exprimé leurs conditions pour aller au dialogue, à savoir la mise en œuvre officielle de la médiation élargie, le respect de la résolution 2277 du Conseil de sécurité des Nations unies et le départ du président Joseph Kabila, en décembre prochain.
Ils sont sortis satisfaits
L’opposition assure avoir rencontré non seulement la direction Afrique du ministère des Affaires étrangères, mais aussi des représentants des Etats-Unis, de l’Union Européenne, de l’Allemagne et de la Belgique. Selon Freddy Matungulu, l’actuel modérateur de la Dynamique de l’opposition, qui a participé à la réunion, la délégation cherchait leur soutien.
« Nous avons parlé de la disponibilité de cette communauté internationale à nous accompagner dans les efforts nous amenant prochainement à la préparation et à la tenue de l’élection présidentielle. Je pense qu’aujourd’hui, ce qui est important, c’est qu’’il y a un certain nombre de pas nouveaux dans la bonne direction », a-t-il déclaré.
Parmi ces avancées, il y a la création récente du groupe de soutien à la médiation d’Edem Kodjo, saluée par le rassemblement de l’opposition.
Au terme de la réunion, les opposants se disaient confiants du soutien de la communauté internationale sans toutefois des garanties précises quant à la suite des évènements après le retour en RDC d’Etienne Tshisekedi, le président de l’UDPS.
« Nous n’avons pas demandé des garanties pour le président. Le président rentre dans son pays après une période de convalescence, c’est tout. Regardez simplement ; observez la suite des choses ; vous verrez que nous ne sommes pas venus parler de la pluie et du beau temps », a expliqué Félix Tshisekedi, son fils, et cadre de son parti.
Le Quai d’Orsay n’a, quant à lui, pas souhaité commenter cette rencontre.