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  • Qui est ce mystérieux Grec qui a réussi à traîner Katumbi et Muyambo devant la justice ?

    Qui est ce mystérieux Grec qui a réussi à traîner Katumbi et Muyambo devant la justice ?

    Moise-Katumbi-Emmanouil Stoupis a permis, en quelques mois seulement, de mener devant la justice deux figures de l’opposition katangaise.

    Une arrestation et une condamnation. En moins d’un an et demi, le mystérieux Grec Emmanouil Stoupis a réussi à accrocher deux opposants congolais à son tableau de chasse judiciaire. Il y a d’abord eu Jean-Claude Muyambo, l’ancien bâtonnier de Lubumbashi, détenu depuis janvier 2015. Puis l’ancien gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi, condamné à trois ans de prison et à 1 million de dollars (907 millions d’euros) de dommages et intérêts le 20 juin.

    Le départ pour la Grèce 

    Avant de devenir aussi procédurier, ce quinquagénaire était largement inconnu au Congo, son pays de naissance. Arrivé du temps de la colonisation belge, son père, Alexandros, fut un collaborateur de l’Union minière du Haut-Katanga. Après l’indépendance, en 1960, ce dernier se constitue un patrimoine immobilier à Lubumbashi, Kolwezi, Mushasa et Kasaji notamment.

    La famille quitte le pays en 1974, alors qu’Emmanouil est encore enfant. Les Stoupis ont d’abord conservé des immeubles au Katanga, mais ils seront saisis dans le cadre de la politique de « zaïrianisation » voulue par Mobutu. C’est ainsi que Raphaël Katebe Katoto, le demi-frère de Moïse Katumbi, récupère l’immeuble de Lubumbashi en 1976. Selon les avocats de Stoupis, Katebe aurait dû le restituer une décennie plus tard, lorsque Mobutu a fait machine arrière. Mais les Stoupis ne s’en sont pas inquiétés avant 2002.

    Récupération des biens immobiliers familiaux

    Cette année-là, Emmanouil, qui réside désormais en Grèce et ne parle quasiment plus français ni swahili, recrute Jean-Claude Muyambo, alors bien vu du gouvernement, pour remettre la main sur les immeubles.

    En 2014, il change subitement de conseil et recrute Me Ambroise Kamukuny. Ce nouvel avocat n’est pas n’importe qui : député de la Majorité présidentielle, élu en 2011 à Kazumba (Kasaï-Central), il est aussi l’avocat de Kalev Mutond, le chef de l’Agence nationale de renseignement (ANR) – autrement dit l’un des hommes les plus influents du pays, très proche du président Kabila.

    Comment Stoupis en est-il arrivé à faire appel à lui ? « Un ami nous a mis en contact », répond l’avocat. Il ne dit pas qui, mais précise que son client « n’a pas de motivation politique » : « C’est un homme sans emploi à ma connaissance et qui a peu de moyens. D’ailleurs, il ne me paie pas. Nous sommes convenus que je me rémunérerai sur une partie des indemnisations. »

    Troublante coïncidence

    Toujours est-il que le nouveau duo se retourne contre Muyambo, accusé d’avoir profité des mandats de recouvrement confiés par Stoupis pour vendre ses biens à son propre compte. Hasard ? Les ennuis de Muyambo coïncident aussi avec le début des tensions entre l’entourage du président et les Katangais qui s’opposent à son maintien au pouvoir au-delà de la fin de 2016.

    Muyambo est arrêté à Kinshasa, le 20 janvier 2015, alors que les manifestations anti-Kabila qu’il est venu soutenir battent leur plein. Le 10 juin 2016, Stoupis attaque ensuite Moïse Katumbi pour spoliation devant le tribunal de Lubumbashi. Fait troublant : les avocats de Stoupis ne se sont pas contentés de demander des dommages et intérêts. Ils ont aussi réclamé une peine d’inéligibilité à l’encontre de Katumbi.

  • Le chanteur congolais a retrouvé sa liberté samedi.

    Le chanteur congolais a retrouvé sa liberté samedi.

    koffi-olomide-Koffi Olomide annonce qu’il est sorti de prison dans une video postée sur sa page Facebook. I remercie ses fans pour leur appui.

    “À la maison en Famille. … Merci…est un mot trop simple. Ce que je souhaiterai exprimer est au-dessus de cela. Je suis à la fois touché et reconnaissant pour le soutien indéfectible que vous m’avez apporté, je ne pourrai jamais assez vous remercier”, écrit-il sur Facebook à côté d’une photo de famille et d’une vidéo où on le voit habillé tout en blanc, descendant d’un véhicule de luxe de la même couleur alors qu’il est ovationné par ses fans.

    Vendredi, la chambre de Conseil de juges a rejeté la demande de mise en liberté provisoire de ses avocats.

    Mais ses derniers ont fait appel et attendaient une réponse au plus tard lundi.

    Le juge avait, par contre, accordé au Parquet sa mise en détention préventive pour 15 autres jours, question de poursuivre l’enquête.

    Mais la décision a été changée en dernière minute.

    “Nous avons démontré que les conditions de la mise en détention préventive ne sont pas réunies. Mais malgré tout cela, le juge ne nous a pas suivis. Il a autorisé au magistrat sa mise en détention préventive. Nous venons de relever appel. Nous attendons le juge d’appel; je crois qu’au plus tard en début de semaine, il va réexaminer la demande de sa mise en liberté provisoire”, a déclaré un de ses avocats à la presse après l’audience de vendredi en chambre du conseil de juges.

    Entre-temps, l’artiste a, de la prison, publié sur sa page Facebook un selfie avec sa femme, affirmant : “chers fans, rassurez-vous, je me porte bien”.

    L’artiste a été entendu et inculpé par le procureur “pour coups et blessures simples” à la suite d’une vidéo qui a provoquée de l’émoi sur la toile, montrant le musicien assener un coup de pieds à une de ses danseuses à l’aéroport de Nairobi, au Kenya, où il était attendu pour une série de productions.

    Pour l’heure, l’affaire n’est qu’au stade de l’enquête pré-juridictionnelle donc loin du procès proprement dit, a affrimé, dans une interview à VOA Afrique, le procureur général de Kinshasa, Romuald Pumbwe.

    Apres l’instruction, il reviendra au juge de fixer la date du début du procès. Mais à en croire le procureur, l’infraction dont le chanteur est accusé ne l’expose pas à une peine dépassant cinq mois de détention.

    Antoine Agbepa Mumba, de son vrai nom, Koffi Olomide, avait été expulsé du Kenya après avoir été filmé, la veille, à l’aéroport de Nairobi en train de donner un violent coup de pied à l’une de ses danseuses. Dans la foulée, les autorités zambiennes ont annulé un concert qu’il devait donner à Lusaka.

    En août 2012, Koffi Olomide, auteur de 26 albums, avait été condamné à Kinshasa à trois mois de prison avec sursis pour “coups et blessures volontaires” contre son producteur.

    VOA

  • Tshisekedi exige la présidentielle et le départ de Kabila avant fin 2016 en RDC

    Tshisekedi exige la présidentielle et le départ de Kabila avant fin 2016 en RDC

    meeting 31-Plusieurs milliers de personnes étaient rassemblées dimanche à Kinshasa pour assister au premier meeting depuis son retour de l’opposant historique Étienne Tshisekedi, vu comme un espoir de relance du dialogue entre l’opposition et le président à l’heure où plane l’incertitude sur la tenue de la présidentielle.

    “Le sens de ma lutte est d’ériger un véritable État sur cette terre de nos ancêtres, seul apte à prendre en compte vos aspiration et de concourir à votre bien-être général. La où le régime de prédation la misère et la désolation : de la Gécamine au Katanga, de la MIBA au Kasaï, ou de Kilomoto au Maniema, partout où la mauvaise gouvernance du pays a provoqué des multitudes de victilmes, je donne l’assurance que des plans pertinents sont prévus, à mettre en oeuvre, dans le cadre d’un gouvernement responsable”, a affirmé ce dimanche Etienne Tshisekedi, lors de son discours.

    Un climat politique très tendu règne en RDC depuis plusieurs mois. L’opposition congolaise craint que le président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001 et à qui la Constitution interdit de briguer un nouveau mandat, ne reporte le scrutin présidentiel prévu en fin d’année pour s’accrocher au pouvoir.

     M. Tshisekedi, 83 ans, est rentré mercredi en République démocratique du Congo après deux ans de convalescence en Belgique. A son arrivée en RDC, des milliers de personnes s’étaient massées pour l’accueillir.

    Opposant sous la dictature de Mobutu Sese Seko (1965-1997), l’octogénaire a aussi combattu le régime de son successeur Laurent-Désiré Kabila, père de l’actuel chef de l’État. Il était arrivé deuxième de la présidentielle de 2011, dont il avait rejeté les résultats.

    Jusqu’ici, l’opposition congolaise n’a jamais réussi à former un front uni contre le régime de M. Kabila. Il y a un mois, un opposant de poids, Moïse Katumbi, a été mis en difficulté par le régime et contraint de partir à l’étranger.

    Dans un tel contexte, l’opposition espère que le retour d’Etienne Tshisekedi, un chef de file encore très populaire, permettra d’obtenir des avancées face au président sortant, soupçonné de vouloir demeurer au pouvoir au-delà de la fin de son mandat, au mépris de la Constitution.

    La majorité quant à elle attend de M. Tshisekedi qu’il annonce la participation au “dialogue national” du Rassemblement, nouvelle coalition des forces opposées au maintien de M. Kabila au delà de son mandat.

    Joseph Kabila a convoqué ce dialogue en novembre pour permettre l’organisation d’”élections apaisées” mais plusieurs forces d’opposition ont décidé de bouder un forum perçu comme un “piège” du pouvoir.

    Alors que des milliers de partisans gagnaient le centre de Kinshasa, où doit s’exprimer Etienne Tshisekedi, plus à l’est, une foule considérable occupait les alentours de la résidence de l’opposant, en vue de l’escorter jusqu’au lieu du meeting, a constaté une journaliste de l’AFP.

    “Aboutir à quelque chose de bon”

    Une clameur a accompagné l’apparition du vieil opposant coiffé de sa légendaire casquette grise, à bord d’une jeep qui le conduisait au boulevard Triomphal où patientaient depuis le matin des milliers de partisans.

    Une armée de motards a précédé la jeep, dans un concert de klaxons pour former le cortège, dans un décor constitué des drapeaux des différents partis d’opposition, empêchant toute circulation dans les deux sens du boulevard Lumumba qui conduit à l’aéroport international de Ndjili à Kinshasa.

    Un groupe de jeunes portant un cercueil scandait des slogans hostiles au président Kabila, gesticulant comme lors d’un deuil.

    L’opposant doit s’exprimer sur le podium orné d’une bâche bleue portant les inscriptions : “Le Rassemblement, amour du Congo – Unité de l’opposition”.

    Sur des banderoles on pouvait lire: “Le changement c’est maintenant”; “pas de dialogue sans libération des prisonniers politique et d’opinion”.

    “Le seul leader en RDC, c’est Tshisekedi, malgré son âge”, assure Faustin Kabeya, militant d’une soixantaine d’années de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le parti d’opposition historique.

    “En 2011, nous avions voté Tshisekedi mais la communauté internationale a toujours imposé Kabila”, s’emporte Martin, appelant à l’alternance à la tête de l’État le 20 décembre, date de la fin du mandat du dirigeant congolais.

    “Nous réclamons aujourd’hui l’alternance, nous réclamons la libération des prisonniers politiques et d’opinion”, décrète Gloria Senga, militante de Lutte pour le changement (Lucha), un mouvement citoyen dont une dizaine de militants ont été “arrêtés injustement” depuis mars 2015 en RDC.

    Le régime actuel étant “dictatorial, autoritaire”, la militante espère que le “Rassemblement va aboutir à quelque chose de bon”, pour la RDC.

    Avec AFP

  • Qui héritera du capital politique de Tshisekedi?

    Qui héritera du capital politique de Tshisekedi?

    tshisekedi-Ministre chargé des relations avec le Parlement, ancien journaliste et fondateur de l’hebdomadaire « Le Soft », Tryphon Kin Kiey Mulumba, depuis l’ère Mobutu dont il fut le dernier ministre de l’Information, a connu tous les régimes politiques des dernières décennies.

    Aujourd’hui engagé aux côtés du président Kabila, il n’est certainement pas un observateur neutre, mais c’est avec lucidité et franchise qu’il analyse les derniers développements de l’heure.
    Il croit toujours que, sous l’égide du facilitateur Edem Kodjo un dialogue pourrait s’amorcer entre le pouvoir et l’opposition le 30 juillet prochain, afin de négocier un inévitable report des échéances électorales, sinon le rythme même des scrutins : « est-il réellement indispensable que, tous les cinq ans, dans un pays aussi vaste que la RDC, l’Etat ait à débourser un milliard de dollars pour organiser des élections générales ? Actuellement, à la suite de la baisse des cours du cuivre, le budget total ne dépasse guère les 5 milliards de dollars… »

    Pour Kin Kiey Mulumba, l’idée du dialogue n’est pas nouvelle : « au début, c’est le parti d’Etienne Tshisekedi qui, au nom de l’opposition, réclamait cette discussion « inclusive ». Le président Kabila, désireux de dépasser le cadre de la classe politique, s’était entretenu avec des représentants des syndicats, des femmes, des jeunes, des étudiants, afin de prendre le pouls de la population…

    Les négociations avec l’UDPS (Union pour la démocratie et le progrès social) le parti d’Etienne Tshisekedi, ont eu lieu en plusieurs endroits : à Ibiza, en Italie, à Bruxelles, à Nice… Il était question de l’entrée de membres de l’UDPS au gouvernement, d’ouvertures et de promotions au niveau de l’Assemblée nationale… »

    Kin Kiey Mulumba, l’ancien journaliste, est formel : « un accord a été signé, en bonne et due forme… » Et il ne dément pas lorsque nous citons le chiffre de ce « gentlemen agreement » qui circule à Kinshasa, quelque douze millions de dollars…
    L’enjeu réel de ces tractations, au-delà de la gestion de la période de transition se situant au-delà de l’expiration du mandat présidentiel, c’est évidemment le « capital politique » que représente encore Etienne Tshisekedi : malgré son âge, 84 ans, ce dernier a gardé une immense popularité, gagnée lorsqu’il démystifiait un Mobutu au faîte de sa puissance. Aujourd’hui encore, « Tshi Tshi » est le préféré » des quartiers populaires de Kinshasa, le héros des Kasaïens, sa province d’origine et son nom est resté connu jusque dans les campagnes les plus reculées.

    Le pouvoir en place aurait souhaité s’associer à ce poids lourd de la politique, mais il aurait été « dribblé » par Moïse Katumbi, l’ancien gouverneur du Katanga. Ce dernier apparaît aujourd’hui comme le principal challenger du chef de l’Etat et, craignant pour sa vie, il a du quitter le pays.

    D’après Kin Kiey Mulumba, Moïse Katumbi, après s’être opposé au président Kabila, aurait nourri pour lui-même des ambitions présidentielles, servies par son immense fortune.

    Cette dernière découlerait de la très profitable revente d’actifs miniers et des bénéfices réalisés par ses sociétés au Katanga. Grâce aux moyens matériels dont il dispose, ainsi que son frère Katebe Katoto, un homme d’affaires domicilié en Belgique, Moïse Katumbi est le seul à pouvoir « s’offrir » une campagne électorale à l’échelle du pays, le seul à pouvoir soutenir ses alliés du G7 (sept personnalités naguère proches de Kabila et qui se sont ralliés à sa candidature).

    Pour Kin Kiey Mulumba, le virage de Tshisekedi, désormais opposé au dialogue et exigeant à son tour que des élections se tiennent dans les délais prévus, s’expliquerait par une raison très simple : « Moïse a doublé la mise…C’est lui aussi qui a payé le jet privé avec lequel Tshisekedi est rentré au pays, l’aller ayant été, voici deux ans, payé par le président Kabila… »

    C’est dimanche prochain que le vieux leader devrait tenir un meeting à Kinshasa, ce qui permettra de mesurer réellement sa popularité.
    Kabila/Katumbi : les contours du match se précisent de plus en plus, avec tout le potentiel de violence qu’il comporte. A noter cependant que l’hebdomadaire français « le Point » généralement bien introduit, assure pour sa part que le Docteur Mukwege, malgré ses démentis répétés, pourrait un jour apparaître comme le candidat idéal pour diriger une transition consensuelle…Le médecin de Panzi est d’ores et déjà soutenu par une large partie de la diaspora congolaise, de plus en plus présente dans le débat…

  • l’Agence nationale de renseignement demande une enquête sur la juge de Lubumbashi

    l’Agence nationale de renseignement demande une enquête sur la juge de Lubumbashi

    kalev-L’Agence nationale de renseignement (ANR) congolaise a démenti mercredi les accusations de la juge Chantale Ramazani Wazuri qui a déclaré avoir subi des pressions pour faire condamner Moïse Katumbi. L’agence a demandé l’ouverture d’une enquête.

    L’imbroglio judiciaire se poursuit. Quelques heures après la publication d’une lettre de la juge Chantale Ramazani Wazuri dénonçant les pressions qu’elle aurait subies pour faire condamner l’opposant Moïse Katumbi, l’Agence nationale de renseignement (ANR) contre-attaque.

    Dans une « mise au point » datée du 27 juillet reçue par Jeune Afrique, l’agence « demande vivement à la Justice qu’une enquête soit ouverte à ce sujet et que le résultat soit rendu publique ».

    « Obligée » à « condamner Moïse Katumbi »

    Dans sa lettre, Chantale Ramazani Wazuri, présidente du tribunal de Lubumbashi, accusait en effet l’Administrateur général de l’ANR, Kalev Mutond de l’avoir « obligée » à « condamner monsieur Moïse Katumbi Chapwe ». « Cette condamnation avait notamment pour objectif d’obtenir son inéligibilité en cas de présentation de sa candidature à la présidence de la république », avait-elle encore écrit.

    Le 20 juin, Moïse Katumbi avait été condamné en son absence par le Tribunal de paix de Lubumbashi/Kamalondo à 36 mois de prison et un million de dollars de dommages et intérêts pour faux et usage de faux, après avoir été attaqué en justice par un citoyen grec, Emmanouïl Alexandros Stoupis, dans une affaire immobilière. Cette condamnation fait peser une incertitude sur son retour annoncé au pays et sur la candidature à la présidentielle qu’il entend présenter.

    Une juge « en fuite » 

    La situation de la juge Ramazani Wazuri est aujourd’hui incertaine. Injoignable, elle se « cacherait » et « chercherait à fuir » depuis l’envoi de son courrier au ministre de la Justice, selon une source qui a été en contact avec elle.

    Dans sa « mise au point », l’ANR affirme que « l’administrateur général n’a jamais eu de contact ni direct, ni indirect avec cette juge qu’il ne connaît même pas » et qu’elle « doute aussi bien de l’authenticité que de la véracité du contenu de cette lettre ». « Cette correspondance, si elle existe, ne peut être, en réalité, que l’œuvre d’une officine spécialisée dans l’achat des consciences », poursuit le texte.

    Mutond, proche collaborateur de Kabila

    L’administrateur général de l’ANR, Kalev Mutond, est l’un des plus proches collaborateurs du président congolais, Joseph Kabila. Il intervient dans l’élaboration de sa stratégie politique et joue parfois le rôle d’émissaire auprès d’autres responsables politiques. Par ailleurs, Kalev Mutond a notamment eu pour avocat Me Ambroise Kamukuny, lequel a plaidé pour Emmanouïl Alexandros Stoupis contre Moïse Katumbi. Interrogé sur cette concordance par Jeune Afrique, Kalev Mutond avait affirmé que cet avocat « était libre » et qu’il « ne pouvait pas l’empêcher de travailler avec quelqu’un d’autre ».

    JA

  • Le retour de Tshisekedi peut-il débloquer la crise politique en RDC ?

    Le retour de Tshisekedi peut-il débloquer la crise politique en RDC ?

    Supporters of Congolese opposition leader Etienne Tshisekedi gather to receive him upon his arrival at the airport in the Democratic Republic of Congo's capital Kinshasa, July 27, 2016, after nearly two-year stay overseas for medical treatment. REUTERS/Kenny Katombe
    Supporters of Congolese opposition leader Etienne Tshisekedi gather to receive him upon his arrival at the airport in the Democratic Republic of Congo’s capital Kinshasa, July 27, 2016, after nearly two-year stay overseas for medical treatment. REUTERS/Kenny Katombe

    -Le retour au pays de l’opposant historique congolais Étienne Tshisekedi, 83 ans, pourrait selon des politiques locaux débloquer le processus de “dialogue national” vers des “élections apaisées”, pour lequel font pression la communauté internationale comme l’église.

    M. Tshisekedi, président du “Rassemblement”, coalition de forces d’opposition nouvellement créée en Belgique, est rentré à Kinshasa mercredi après deux ans d’absence, notamment pour raison médicale, accueilli chaleureusement par plusieurs centaines de milliers de partisans massés de l’aéroport jusqu’à sa résidence située 15 km plus loin.

    “L’espoir de toute la classe politique est que le retour d’Étienne Tshisekedi vienne enlever le doute quant à la participation du Rassemblement” au “dialogue national” proposé par le pouvoir, a déclaré à l’AFP André-Alain Atundu, porte-parole de la Majorité présidentielle (MP).

    Le “Rassemblement” a pourtant tout récemment récusé le facilitateur désigné par l’Union africaine (UA) Edem Kodjo, pour l’organisation de ce dialogue politique national, l’accusant de jouer le jeu du président congolais.

    L’opposition espère désormais que la popularité de son vieux chef de file permettra de mettre la pression pour obtenir des avancées face au président Joseph Kabila, soupçonné de vouloir demeurer au pouvoir au-delà de la fin de son mandat en décembre, au mépris de la Constitution, en commençant par retarder l’élection présidentielle.

    “L’accueil délirant réservé à Tshisekedi est un message adressé au facilitateur Edem Kodjo”, qui doit en tirer les conséquences politiques, souligne ainsi le député Martin Fayulu, président d’un petit parti d’opposition membre du “Rassemblement”.

    “Le soutien populaire à M. Tshisekedi exprime des attentes” des Congolais et devrait pousser le facilitateur à “recentrer” sa perception des forces en présence, renchérit le sénateur d’opposition Jacques Djoli.

    ‘vaincre les réticences ‘

    Côté majorité, le sénateur Léonard She Okitundu juge pour sa part que M. Tshisekedi doit maintenant “vaincre les réticences des anti-dialogue” de son camp.

    Dans le pays comme au sein de la communauté internationale, de nombreuses voix s’élèvent pour que les parties entament vite les discussions, afin d’éviter que le pays ne plonge, à nouveau, dans le chaos, après autant d’efforts consentis pour le sortir de deux guerres de l’est (1996-1997 et 1998-2003).

    Les évêques catholiques ont appelé l’opposition à amorcer le dialogue, tout en pressant la majorité d’accéder aux demandes de celle-ci en libérant davantage de prisonniers politiques et d’opinion.

    L’ONU, l’Union africaine, l’Union européenne ou encore les USA ont également invité toutes les forces politiques et sociales à aller au “dialogue national”.

    A ce stade, M. Tshisekedi a rallié un maximum des forces de l’opposition qui boudaient le dialogue convoqué par M. Kabila, au nom de la résolution 2277 du Conseil de sécurité exigeant le respect des délais fixés dans la Constitution congolaise pour l’organisation des élections.

    La majorité de la population de Kinshasa, où M. Kabila n’a jamais été populaire, est acquise à la cause de l’alternance. Et au fur et à mesure que la fin du mandat du président approche ce sentiment “se transforme en rêve”, juge le politologue Bwebwa Kalala, de l’Université catholique au Congo.

    Or, si cette foule était “manipulée” par les “faucons de l’opposition”, “il y a risque de reproduire les émeutes de janvier 2015 contre le pouvoir dans un format plus grand”, craint l’enseignant.

    En janvier 2015, la répression de manifestations d’opposition contre une tentative de modification de la loi électorale avait fait plus de 40 morts selon des ONG.

    Soucieux d’éviter le chaos, M. Kodjo, qui a qualifié d’”injustes” les accusations du Rassemblement, a multiplié ces derniers jours les contacts, promettant d’obtenir l’adhésion d’un “maximum de participants” au “dialogue national”.

    M. Tshisekedi, lui, s’adressera à ses partisans dimanche, lors d’un grand meeting avec la quasi-totalité des forces politiques opposées à tout report de la présidentielle et/ou à un troisième mandat du président Kabila.

    Avec AFP

  • Manifestation de la majorité dans une ambiance électoraliste

    Manifestation de la majorité dans une ambiance électoraliste

    PPRD MANIF-Plusieurs milliers de personnes ont pris d’assaut vendredi le stade Tata Raphaël de Kinshasa pour exprimer leur soutien au président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, dans une ambiance électoraliste.

    “Votez, votez, votez Kabila”: plus de 40.000 partisans de la majorité reprenaient ce refrain en boucle dans les gradins, alors que plusieurs centaines d’autres étaient restés à l’extérieur.

    La foule scandait aussi “Kabila wumela” (“Kabila, reste le plus longtemps possible” ) en lingala, la principale langue parlée à Kinshasa, capitale de la RDC, tandis qu’une musique assourdissante sortait de grosses baffles.

    Le peuple debout comme un seul home derrière Joseph Kabila, a posté sur sa page Facebook, le secrétaire général du PPRD (Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie), Henri Mova.

    Ce meeting intervient deux jours après le retour à Kinshasa de l’opposant historique Étienne Tshisekedi et deux jours avant la tenue d’une manifestation populaire de l’opposition.

    L’opposition congolaise craint que le président Kabila, au pouvoir depuis 2001 et à qui la Constitution interdit de briguer un nouveau mandat, ne reporte le scrutin présidentiel prévu en fin d’année pour s’accrocher au pouvoir.

    Au stade Tata Raphaël, une grande affiche, sur laquelle on pouvait voir un chef de la majorité tenant un micro face à M. Kabila, proclamait : “Le président de la République reste en fonction” selon “l’article 70 de la Constitution”.

    Des motards portant des drapeaux tatoués “Na Raïs 100 sûr” de la campagne de la présidentielle de 2011 occupaient les environs du stade dans un concert assourdissant de klaxons.

    Les couleurs jaunes du parti présidentiel, le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) flottaient à côtés des drapeaux oranges, bleus des autres membres de la majorité.

    “On nous a donné des t-shirts gratuitement”, “peut-être qu’on donnera 2.000 francs (2 dollars) de transport”, expliquait Meta, étudiante en sociologie de l’Université de Kinshasa, démentant la rumeur selon laquelle les participants auraient reçu de l’argent.

    Avec AFP

  • cinq heures de bain de foule pour Etienne Tshisekedi lors de son retour

    cinq heures de bain de foule pour Etienne Tshisekedi lors de son retour

    TSHITSHI-En RDC, Etienne Tshisekedi, l’opposant historique, est de retour à Kinshasa après deux ans d’absence. En août 2014, victime d’un malaise, il avait été évacué de la capitale congolaise par avion médicalisé. Il ne s’est pas exprimé à l’arrivée à son domicile de Limete. Trop fatigué après cinq heures de bain de foule lors de la vingtaine de kilomètres entre l’aéroport et sa maison au cours desquels le vieil opposant a tenu à saluer la population dans chaque quartier par le toit ouvrant de sa voiture.

    On sentait chez les partisans d’Etienne Tshisekedi une impatience au point que, quand l’avion a atterri et que le vieil opposant n’a pas fait immédiatement son apparition, la foule à l’entrée de l’aéroport tapait sur les voitures qui essayaient de sortir en hurlant : « Mais qu’avez-vous fait de notre président ? », « Il est où ? » Finalement, ils ont pu largement en profiter. Escorté par la police, mais aussi par le service d’ordre du parti, son convoi a été assailli par les habitants de ces quartiers populaires que l’on sait favorables au vieil opposant et qui ont démontré une fois de plus la popularité de celui que l’on surnomme le Sphinx après deux années d’absence.

    Etienne Tshisekedi n’a pas boudé son plaisir, sortant régulièrement par le toit ouvrant de sa voiture, créant l’hystérie chez ses partisans. La foule immobilisait chaque fois son convoi, chantant des chants en hommage au président de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), mais aussi hostiles au chef de l’Etat, Joseph Kabila : « Kabila doit partir », c’est l’un des mots d’ordre de ce retour. Et pour ses partisans, le retour d’Etienne Tshisekedi ramène dans le pays l’espoir d’une alternance.

    Des bougies pour le Sphinx

    Pendant cinq heures et vingt kilomètres, l’opposant a donc pu profiter de ce bain de foule et a même été accompagné, à un moment où il n’y avait plus d’électricité, par des bougies. « On allume des bougies pour Tshitshi », disaient ses partisans.

    Du côté de la police, on se félicite aujourd’hui que tout se soit bien passé, en accord avec l’UDPS, et que ce retour ait pu se passer dans le calme. « Du début de l’aéroport jusqu’à destination, à la résidence de l’UDPS, nous avons sécurisé le président de l’UDPS avec tous les politiciens qui étaient à ses côtés, ainsi que ses militants. Et les unités de la police ont travaillé en étroite collaboration avec les militants de l’UDPS qui sécurisaient son président. Et jusqu’à destination, il n’y a pas eu d’incident, il n’y a pas eu de mort, il n’y a pas eu de tir. L’ordre a régné. Même s’il y a eu des provocations, nous nous sommes retenus. La police s’est retenue et on a évité de céder aux provocations », estime le général Charles Bisengimana, chef de la police nationale.

    Un retour réussi pour le fils de l’opposant Félix Tshisekedi : « C’est un triomphe. Ça prouve qu’Etienne Tshisekedi est resté le même, toujours très populaire, très adulé par son peuple. C’était vraiment des moments très émouvants parce qu’il est parti pour certains à l’article de la mort, mais nous on savait, on savait qu’il a encore une mission à jouer dans ce pays, pour son pays, pour son peuple, et qu’il allait revenir. Gloire à Dieu, il est là et la lutte continue ».

    Félix Tsishekedi qui rassure aussi sur l’état de son père. « Il n’est plus malade », selon lui. Et malgré son âge, Félix Tsishekedi assure que l’opposant tiendra bien meeting : « Il a l’âge qu’il a certes, il porte bien ses 84 ans bientôt. Et je ne pense pas que ça peut l’empêcher de parler ».

    rfi

  • Dix mois de prison pour l’ex-footballeur congolais pour trafic de migrants

    Dix mois de prison pour l’ex-footballeur congolais pour trafic de migrants

    fabrice Lokembo-Fabrice Lokembo-Lokaso a été condamné à dix mois de prison ferme par un tribunal français pour avoir tenté de faire passer en Angleterre dix migrants dans une camionnette, a-t-on appris jeudi de source judiciaire.

    “M. Lokembo-Lokaso a été condamné à dix mois de prison ferme, avec maintien en détention, ainsi que trois ans d’interdiction d’entrer sur le territoire français”, a indiqué le procureur de Dunkerque, Eric Fouard.

    Dans la nuit du 21 juillet, au terminal de Loon-plage (nord), près de Dunkerque, d’où partent les ferries pour Douvres, les policiers avaient découvert dix migrants dans une camionnette, dont quatre enfants, de nationalité afghane.

    Lors de son procès lundi, Fabrice Lokembo-Lokaso, né en République démocratique du Congo (RDC) et de nationalité belge, 33 ans, a expliqué avoir endossé le rôle de passeur pour éponger des dettes, selon le parquet.

    Il avait fait monter les migrants sur un parking près d’un hôtel de Calais, ville portuaire où est située la “Jungle”, un vaste camp de milliers de clandestins espérant passer en Angleterre (4.500 selon les autorités, 7.000 selon les associations).

    A la barre, “il a dit qu’il toucherait 1.000 euros par migrant. Ce n’est pas la première fois que l’on a ce type de tentative de passage entrepris par un particulier, mais dix migrants transportés, c’est beaucoup” par rapport aux précédents cas jugés par le tribunal de Dunkerque, a indiqué M. Fouard.

    Déjà connu des services de police en Belgique, notamment pour une affaire de stupéfiants, l’ancien footballeur, passé par Charleroi (1ère division belge), Israël et Chypre, a présenté ses excuses lors de son audience au tribunal, soulignant que c’était la première fois qu’il tentait de faire passer des migrants.

    Avec AFP

  • Affaire ‘‘Koffi Olomide’’:Le Gouvernement de Kinshasa doit s’expliquer

    Affaire ‘‘Koffi Olomide’’:Le Gouvernement de Kinshasa doit s’expliquer

    Koffi-Olomide
    Koffi-Olomide

    -Affaire ‘‘Koffi Olomide’’- De la révélation de la Mafia d’État à la tradition d’impunité

    Le Gouvernement de Kinshasa doit s’expliquer

    ‘‘Ce que les Français détestent, ce ne sont pas les inégalités, ce sont les inégalités autres que celles octroyées par l’État’’ Jean-François Revel

    Par Joël Asher Lévy-Cohen *

    Tout a commencé par un geste banal. La Mégastar congolaise, Koffi Olomide, connue pour ses incartades et exactions, assène un violent coup de pied au ventre d’une de ses danseuses du nom de ‘‘Paméla’’. Ce scandale ahurissant se déroule à la sortie de l’Aéroport Jomo Kenyatta de Nairobi au Kenya où l’Enfant terrible de la Rumba Rock doit se produire devant un public, à vrai dire, conquis d’avance. Il y a lieu de relever que cette scène d’agression physique se déroule devant les forces de sécurité et de défense du Kenya et les autorités aéroportuaires complètement ‘‘médusées’’. Ce qui constitue, incontestablement, indubitablement, réellement, [une suprême insulte] pour le Pays d’accueil.

    Filmé par des chasseurs d’images, cet acte agressif diffusé sur les réseaux sociaux devient en quelques heures un phénomène somme toute viral. Cela est d’autant plus vrai qu’il suscite, avec une célérité vertigineuse, ire foudroyante et vive indignation. Aussi suscite-t-il un concert de protestations, de réprobations à l’échelle planétaire.

    Sentant la patate chaude, Koffi Olomide, en bon félin, décide de monter au créneau. Comme à l’accoutumée, il crie au complot journalistico-médiatique. Il tente par tous les artifices possibles de se faire passer pour une soi-disant victime innocente vouée aux gémonies de l’opinion publique, au lynchage des réseaux sociaux. Pour ce faire, la Mégastar congolaise fait très rapidement monter aux barricades, des soutiens peu crédibles dont sa fameuse protégée ‘‘Cindy le Cœur’’.

    Suprême insulte, Koffi Olomide fait même intervenir, dans un document audiovisuel concocté à la va-vite, la pauvre victime Pamela. D’ailleurs, celle-ci déjà fort intimidée et fort traumatisée par son geste brutal ne peut que participer à une telle opération de Marketing. Cette mise en scène aux allures d’arnaque de l’opinion publique et de mascarade est montée de toutes pièces dans le strict dessein de justifier a posteriori cet odieux acte d’agression physique que nul ne peut, vraiment, tolérer sous quelque motif que ce soit.

    Devant le concert de protestations nationales et internationales provoquées par le geste ‘‘répréhensible’’ de Koffi Olomide, les autorités politiques, administratives et judiciaires kényanes qui ne peuvent pas rester insensibles, décident de sévir. Celles-ci interviennent par voie d’urgence. À ce moment, elles n’ont réellement pas d’autre choix ou d’autre marge de manœuvre puisqu’elles sont pressées par la très influente militante féministe ‘‘Joyce Lay’’ et les organismes de défense des droits des femmes.

    Triste épilogue, la Mégastar congolaise est finalement interpellée, détenue dans les locaux de la police judiciaire puis expulsée manu militari vers Kinshasa, la capitale administrative de la République démocratique du Congo. À cet égard, son passeport trafiqué pour avoir été établi sous un faux nom est, immédiatement, confisqué par l’Office des Migrations du Kenya, selon la version livrée aux médias nationaux par le tonitruant député national Zacharie Bababaswe Wishiya. Il convient de mentionner que ce ‘‘Représentant du Peuple’’ dont les inimitiés avec l’artiste-musicien sont un secret de polichinelle, a relayé à Kinshasa la plainte judiciaire du Gouvernement de Nairobi.

    Cette sale et regrettable Affaire ‘‘Koffi Olomide’’ pose moult questions sur lesquelles le Gouvernement de Kinshasa se doit d’apporter très rapidement des clarifications et, par voie de conséquence, des réponses somme toute satisfaisantes, édifiantes pour la Collectivité publique. Il est un fait établi que, en République démocratique du Congo, la problématique de la ‘‘violence physique et morale’’ faite aux femmes est endémique. Pour ainsi dire, elle est pratiquement enracinée dans les mœurs, dans la vie sociale et culturelle du pays. C’est, par essence, une question de société, un enjeu culturel et social.

    À vrai dire, cette situation fort déplorable est liée à des traditions phallocratiques et rétrogrades. En clair, ces cultures ‘‘passéistes’’ façonnent, modèlent journellement le comportement ‘‘asocial’’ de l’Homo congolensis. Elles l’enferment dans une morale empreinte de violence. Par conséquent, quelles mesures concrètes prennent-elles les autorités politiques, administratives et judiciaires pour endiguer ce phénomène de violence faite à la femme ?

    Il est de notoriété publique que le chef de l’État de la République démocratique du Congo, [Joseph Kabila Kabange], est un batteur attitré de femmes. En effet, il a cette triste réputation d’agresser violemment la première dame ‘‘Olive Lembe di Sita’’ dont il se sert, en fait, de punching-ball. À maintes reprises, cette femme éplorée a été envoyée d’urgence à l’étranger (Belgique et Afrique du Sud) en vue d’y subir des chirurgies réparatrices. Celles-ci ayant pour objet de corriger ses yeux tuméfiés par la violence inouïe des coups reçus de la part d’un individu, sans aucun doute, réputé ‘‘se shooter à l’héroïne’’, à ses heures perdues.

    Pourquoi, dans ce cas extrêmement précis, le procureur général de la République (PGR) ‘‘Flory Kabange Numbi’’ n’ouvre point une information judiciaire à l’encontre des agissements brutaux du président de la République ? Pourtant, ce Magistrat n’a vraiment point hésité à poursuivre devant les instances judiciaires l’artiste-musicien Koffi Olomide sous prétexte de protéger la femme congolaise. Il revient sûrement au Ministre de la Justice et Garde des Sceaux Alexis Thambwe Mwamba d’éclairer les lanternes de l’opinion publique sur les raisons majeures pour lesquelles la Justice traîne, sans doute, la patte dans ce dossier délicat.

    Par ailleurs, le député national Zacharie Bababaswe Wishiya porte à la connaissance du grand public que le ‘‘passeport’’ utilisé par l’artiste-musicien Koffi Olomide pour voyager au Kenya serait, en réalité, un vrai-faux. En effet, la star congolaise aurait emprunté une fausse identité pour pouvoir voyager en raison des restrictions qui pèsent lourdement sur lui. Entendez, certes, par là la menace d’exécution du mandat d’Interpol pour nombre de crimes commis en France (viols sur personnes mineures, séquestration d’individus, maltraitance de ses danseuses et barbarie). Croit-on vraiment rêver ?

    Cette Affaire ‘‘Koffi Olomide’’ n’est pas, réellement, sans rappeler une autre Affaire fort célèbre en France, ‘‘Yves Chalier’’. Il s’agit d’un fonctionnaire de l’État français, qui plus est directeur de cabinet de l’ex-ministre socialiste de la coopération et du développement ‘‘Christian Nucci’’. Le directeur de la Direction de la surveillance du territoire (DST) sur instruction du ministre de l’intérieur Charles Pasqua lui délivra, sous le gouvernement Chirac de 1986, un vrai passeport mais établi sous une fausse identité (Yves Navarro) dans le dessein de s’exiler au Brésil et de se soustraire à la justice française. En effet, celle-ci enquêtait sur le scandale de corruption et d’abus de biens sociaux relativement à l’organisation du ‘‘Sommet de la Francophonie’’ à Bujumbura (capitale politique et administrative du Burundi) en 1984. Cette réunion des États et Gouvernements de la planète ayant pour partage la langue française fut, d’ailleurs, tenue sous la présidence socialiste de François Marie Adrien Mitterrand.

    Il est communément établi que ce sont des espions des États ou des Gouvernements qui voyagent sous des identités dissimulées. Toutefois, celles-ci sont couvertes par des passeports ‘‘réguliers’’. Il appartient au Gouvernement de Kinshasa de répondre sans tarder à cette question lancinante de savoir si l’artiste-musicien Koffi Olomide agit à titre d’espion au profit de l’État congolais. S’il n’est pas effectivement espion du Gouvernement ou de l’État, pourquoi alors lui avoir délivré un passeport avec un faux nom ? D’une part.

    D’autre part, la Mégastar congolaise Koffi Olomide est, en vérité, l’objet d’un mandat d’arrêt délivré – en bonne et due forme – par l’Organisme de coopération judiciaire et policière internationale basée à Lyon, et connu sous le nom d’Interpol. Ce mandat fait suite à une plainte judiciaire déposée en France pour des cas avérés de viols, de séquestration d’individus délibérément privés de leurs libertés (mouvements) et de barbarie. D’où la question de savoir si ce fameux vrai-faux passeport dont bénéficie, généreusement, cet artiste-musicien de renommée internationale, est motivé par la volonté de l’État congolais de ne point l’extrader en France. S’il en est vraiment ainsi, cela signifie que la République démocratique du Congo se dérobe à ses obligations internationales.

    Si la réponse est toutefois non, pourquoi cet État couvre-t-il systématiquement et automatiquement des crimes commis par Koffi Olomide et pour lesquels la Mégastar est évidemment recherchée ? Il sied de noter que cet artiste-musicien est, d’ailleurs, réputé louanger dans la plupart de ses chansons les dignitaires du régime de Joseph Kabila ? S’agit-il, en fait, d’une forme déguisée de corruption morale pour bénéficier d’une quelconque immunité judiciaire ? Il appartiendrait donc au Gouvernement de Kinshasa dominé sensiblement par la paire ‘‘Joseph Kabila Kabange’’ et ‘‘Augustin Matata Ponyo Mapon’’ d’apporter, sans tarder, des éclaircissements à cet égard.

    Aussi reviendrait-il au Ministre des Affaires étrangères Raymond Tshibanda Ntunga Mulongo d’apporter toutes précisions utiles en vue d’éclairer l’opinion publique. En effet, celle-ci a naturellement le droit de savoir l’identité de la personne qui a établi le vrai-faux passeport de Koffi Olomide. Elle a le droit de connaître les circonstances, les motivations pour lesquelles cette attribution fantaisiste a été rendue évidente.

    Cette Affaire épouvantable impliquant directement Koffi Olomide n’a pas encore fini de livrer tous ses secrets préjudiciables à l’État congolais. Elle va de rebondissement en rebondissement que l’on peut qualifier de rocambolesque. Le dernier en date est la visite rendue par la danseuse ‘‘Pamela’’, quoi que sérieusement agressée par Koffi Olomide, à la première dame ‘‘Olive Lembe di Sita’’ afin d’intercéder auprès de son mari ‘‘Joseph Kabila Kabange’’ dans le strict dessein d’accorder une mesure de grâce présidentielle à l’agresseur.

    Il est un fait que la première dame du pays peut ouvrir sa porte spécialement pour des cas relevant essentiellement des activités caritatives, humanitaires ou sociales dans lesquelles elle est directement impliquée ou des projets auxquels elle est certes associée. Force est d’admettre que ces actions font, d’ailleurs, partie intégrante des entreprises de l’épouse du président. Elles sont fortement encouragées par l’État et la Nation pour soigner, par association, l’image du couple présidentiel, par ricochet le prestige de la fonction présidentielle. Y compris l’image du pays.

    Ceci revient à dire que la première dame ‘‘Olive Lembe di Sita’’ qui n’a, à vrai dire, aucune fonction officielle, ne peut en aucun cas être sollicitée afin d’interférer dans l’exercice de la fonction présidentielle.

    Devant cet impair de plus qui démontre, certes, que la République démocratique du Congo fonctionne à l’image d’une république bananière, le procureur général de la République se doit d’interpeller immédiatement ‘‘Pamela’’ pour connaître l’identité de toutes personnes qui l’ont directement poussée à solliciter la première dame afin de s’immiscer dans l’exercice de la fonction présidentielle. Cela est d’autant plus vrai que la grâce est, par essence, une prérogative ‘‘régalienne’’. Il appartient au seul chef de l’État. Il n’a pas à partager cette attribution lui reconnue par la Constitution avec quiconque, fût-elle son épouse légitime voire même putative.

    Pourquoi cette interpellation de la fameuse ‘‘Pamela’’ par le procureur général de la République (PGR) Flory Kabange Numbi ? En effet, il se peut que certaines mesures de grâce présidentielles aient été accordées à des individus sous l’influence directe de la première dame. Or, celle-ci ne fait assurément pas partie de l’appareil politique de l’État ni du cabinet du chef de l’État. ‘‘Être première dame du pays ne signifie pas être conseiller politique ou juridique du président de la République voire patron direct du chef de l’État à qui elle doit intimer des ordres comme bon lui semble’’.

    Il se peut également qu’il s’agisse d’un système bien établi, donc bien huilé. Il se peut qu’il s’agisse d’un système qui échappe complètement au contrôle réel de l’État. Il se peut qu’il s’agisse d’un système vénal impliquant bien des acteurs véreux qui se font rétribuer grassement.

    À ce niveau, le Gouvernement doit inéluctablement s’expliquer devant la Nation. Il se doit, par conséquent, d’éclairer l’opinion publique. Il doit rassurer complètement les Citoyens qu’il y a un véritable État en République démocratique du Congo, lequel fonctionne de manière responsable.

    Devant ce qu’il convient de qualifier de trafic d’influence de type maffieux au cœur de l’État congolais, il revient aux Parlementaires de la République démocratique du Congo de se saisir rapidement de ce dossier brûlant. Il leur revient de diligenter une enquête publique pour déterminer avec exactitude le principal ordonnateur de cette Mafia. Aussi leur revient-il de déterminer toutes ses ramifications souterraines.

    Joël Asher Lévy-Cohen

    Journaliste indépendant