-Le célèbre chanteur congolais Koffi Olomide, au centre d’une polémique pour avoir donné un violent coup de pied à l’une de ses danseuses au Kenya d’où il a été expulsé, a été interpellé mardi matin à son domicile de Kinshasa.
“Koffi Olomide a été interpellé tôt ce matin en exécution d’un mandat du procureur qui voudrait l’interroger”, a déclaré à l’AFP Le général Célestin Kanyama, chef de la police de Kinshasa.
“La décision a été prise hier soir, l’interpellation est intervenue ce matin”, a confirmé à l’AFP un haut magistrat du parquet.
M. Koffi “doit être entendu par un magistrat”, a-t-il ajouté, affirmant que le “motif de l’interpellation sera communiqué à l’intéressé” sans vouloir dire s’il s’agissait du coup de pied donné à sa danseuse.
Chanteur de rumba, Antoine Agbepa Mumba, alias Koffi Olomide, a été expulsé samedi du Kenya, où il devait donner un concert, après avoir été filmé la veille à son arrivée à l’aéroport de Nairobi en train de donner un violent coup de pied à l’une de ses danseuses. Largement relayée par les réseaux sociaux, la vidéo de la scène a provoqué une vague de condamnations.
Âgé de 60 ans, Koffi Olomide avait alors regagné la capitale congolaise.
Dimanche, les autorités zambiennes ont décidé d’annuler un concert du chanteur qui devait se produire la semaine prochaine dans un salon de l’agriculture à Lusaka.
En août 2012, Koffi Olomide, chanteur populaire en Afrique dont la discographie compte 26 albums, avait été condamné à Kinshasa à trois mois de prison avec sursis pour “coups et blessures volontaires” contre son producteur.
-L’expulsion de Koffi Olomidé du Kenya, après son arrestation vendredi, s’est également jouée sur les réseaux sociaux, avec d’intenses pressions des internautes, notamment sur Twitter.
Vendredi, alors qu’il venait à peine de débarquer à l’aéroport international Jomo Kenyatta de Nairobi, la star congolaise a été filmée en train de porter un coup de pied au ventre d’une de ses danseuses, sous le regard incrédule de deux policiers. Sur les réseaux sociaux, notamment Twitter où la vidéo a été largement diffusée, l’indignation a été grande, poussant des milliers d’internautes à appeler à l’arrestation du chanteur.
Dans la foulée, le ministère kényan de la Femme s’est joint à cette vague de protestation pour exiger l’arrestation de Koffi Olomidé. Le chanteur congolais sera finalement interpellé dans la soirée devant les caméras, à sa sortie des locaux d’une chaîne de télévision où il venait de donner une interview.
Sous le hashtag #KoffiOlomideDeported, les Kényans ont poursuivi leur pression sur la plateforme ce samedi, exigeant l’expulsion du chanteur. Le requête sera entendue en seulement trois heures, l’artiste congolais ayant été prié de plier bagages en fin de matinée. Il a finalement quitté le pays à 11h35 (heure kényane). Une “victoire” célébrée sur Twitter par les internautes, satisfaits de l‘écho de leur campagne.
Cette affaire a soulevé d’autres questions pendantes au Kenya, liées au genre, au tribalisme ou encore à la corruption. Les internautes estiment que les réseaux sociaux devraient être mis à profit pour combattre ces différents problèmes.
Cet insident pourrait coûter cher à Koffi Olomidé qui, selon les médias locaux,risque d‘être définitivement interdit de séjour au Kenya. Une logique dans laquelle s’inscrit le ministère kényan de la Jeunesse et des Affaires féminines. Dans un communiqué, il a recommandé à ce que « le visa kénya [de Koffi Olomidé] soit révoqué de façon permanente conformément à l’article 35 de la loi du Kenya sur la citoyenneté et l’immigration en raison de ses actions contraires à la loi et de ses déclarations dégradant le pays ».
Ces déclarations font probablement référence à la sortie de l’avocat de la star congolaise qui a affirmé après l’expulsion de son client que ce dernier avait fait l’objet de mauvais traitements de la part de la police et qu’il avait été expulsé sans son passeport.
-Une délégation de l’opposition de République démocratique du Congo (RDC) a été reçue, ce lundi 18 juillet, au Quai d’Orsay. Les représentants du rassemblement issu du Conclave de Bruxelles sont venus plaider leur cause à la direction Afrique du ministère, deux semaines seulement avant le grand meeting de l’opposition prévu à Kinshasa, le 31 juillet. La délégation était présidée par Etienne Tshisekedi, opposant historique et président de l’UDPS. L’opposition est sortie confiante et affirme avoir été entendue.
Etienne Tshisekedi est entré au Quai d’Orsay soutenu par son fils, Félix Tshisekedi. Il y est resté environ une heure. C’est la première sortie publique, à l’étranger, du président de l’UDPS depuis son installation à Bruxelles, il y a près de deux ans.
Aujourd’hui, il présidait une délégation d’une dizaine de représentants des coalitions politiques présentes à Genval, le mois dernier. Parmi eux, Olivier Kamitatu, du G7, et Martin Fayulu, de la Dynamique de l’opposition. Cette fois-ci, Moïse Katumbi, candidat déclaré à la présidentielle, était également présent.
Reçus par la direction Afrique du ministère, les opposants congolais disent avoir abordé la situation politique en RDC ainsi que l’organisation du dialogue national. Ils ont une nouvelle fois exprimé leurs conditions pour aller au dialogue, à savoir la mise en œuvre officielle de la médiation élargie, le respect de la résolution 2277 du Conseil de sécurité des Nations unies et le départ du président Joseph Kabila, en décembre prochain.
Ils sont sortis satisfaits
L’opposition assure avoir rencontré non seulement la direction Afrique du ministère des Affaires étrangères, mais aussi des représentants des Etats-Unis, de l’Union Européenne, de l’Allemagne et de la Belgique. Selon Freddy Matungulu, l’actuel modérateur de la Dynamique de l’opposition, qui a participé à la réunion, la délégation cherchait leur soutien.
« Nous avons parlé de la disponibilité de cette communauté internationale à nous accompagner dans les efforts nous amenant prochainement à la préparation et à la tenue de l’élection présidentielle. Je pense qu’aujourd’hui, ce qui est important, c’est qu’’il y a un certain nombre de pas nouveaux dans la bonne direction », a-t-il déclaré.
Parmi ces avancées, il y a la création récente du groupe de soutien à la médiation d’Edem Kodjo, saluée par le rassemblement de l’opposition.
Au terme de la réunion, les opposants se disaient confiants du soutien de la communauté internationale sans toutefois des garanties précises quant à la suite des évènements après le retour en RDC d’Etienne Tshisekedi, le président de l’UDPS.
« Nous n’avons pas demandé des garanties pour le président. Le président rentre dans son pays après une période de convalescence, c’est tout. Regardez simplement ; observez la suite des choses ; vous verrez que nous ne sommes pas venus parler de la pluie et du beau temps », a expliqué Félix Tshisekedi, son fils, et cadre de son parti.
Le Quai d’Orsay n’a, quant à lui, pas souhaité commenter cette rencontre.
-« Ils nous dominent plus par l’ignorance que par la force. » S. Bolivar
La force du Tutsi Power est dans sa capacité de planification et de division de travail. Il est ”un groupe organisée en conscience”. Il a la conscience de pouvoir devenir un groupe dominant en Afrique des Grands Lacs. Pour ce faire, il a arrêté un mode opératoire et a mis les moyens. Tous les moyens. Même ”’le génocide congolais”. Discuter de la dimension éthique de ces moyens dans un monde où la politique et la justice internationales organisent des guerres secrètes est difficile. Les dominants essayent de liquider1 le droit international.
Une photo nous est tombée sur twitter montrant ”Joseph Kabila”2 , mains croisées, écoutant religieusement Paul Kagame comme un disciple face à son maître ; les deux assistés, en arrière-fond par Yoweri Museveni. Contrairement au visage renfrogné qu’il affiche régulièrement au Congo-Kinshasa, celui du sommet de l’UA (de ce 17 au 18 juillet 2018) est détend : ”Joseph Kabila donne l’impression de ”manger les paroles de son maître” ; il le suit attentivement. Il n’y a aucun Congolais, aucune Congolais autour de ces ”trois KA” (Kagame, Kabila et Kaguta).
Cette photo peut être lue à partir d’une confidence faite par Denis Sassou Nguesso à Pierre Péan en 2008 à Oyo : « Venu de nulle part, en quinze jours il a eu des honneurs de Paris, de Bruxelles, Londres et Washington… Joseph est un cheval de Troie du président rwandais. Officiellement, pendant la journée, il s’oppose à Paul Kagame, mais, la nuit tombée, il marche avec lui…Or, en Afrique, c’est la luit que les choses importantes se passe… »
Et qui est Paul Kagame, selon Denis Sassou (et plusieurs témoignages historiques) ? Un paralytique tenant tête aux ”alliés parisiens” de ses parrains. Et Sassou dit à ce sujet : « Quand le paralytique assis au pied d’un arbre joue avec des feuilles mortes, ce qu’il y a quelqu’un dans l’arbre qui les lui a jetées. Sinon, il ne joue qu’avec des feuilles mortes ! ». Il ajoute : « Il suffirait à Paris de dire à ses ”amis” les protecteurs de Kagame- les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et Israël- de calmer leur protégés pour que les attaques cessent. »
A travers ces deux citations apparaissent les véritables meneurs de la guerre au Congo-Kinshasa et deux de leurs sous-fifres. Ces derniers font partie d’un réseau d’élites tourné vers le pillage, la balkanisation du Congo-Kinshasa et l’extermination des Congolais(es).
Ce réseau d’élites est à la fois africain et transnational. Il fait partie des dominants cherchant à soumettre, à tout prix, les majorités ougandaises, rwandaises et congolaises.
Au sein de ce réseau d’élites, le Tutsi Power, est ”une organisation en conscience”. Il a des objectifs qu’ils essaient d’atteindre en enfumant ”les Congolais cravatés” ou en travaillant avec eux comme ”des esclaves volontaires”. Il a assimilé les Nandes et bien d’autres Congolais(es) aux ”résistants” à soumettre par tous les moyens : assassinats, massacres extrajudiciaires et prisons.
Ce mode opératoire n’a rien à voir avec un quelconque processus politique démocratique. Il est lié à l’imposition de l’hégémonie d’une infime minorité de ”Tutsi” et de leurs clients Congolais.
Cette minorité organisée en conscience dit ceci dans son projet hégémonique datant des années 1960 : « Tous les Tutsi doivent savoir que les Hutu sont apparentés aux Congolais et que notre plan de colonisation doit s’appliquer aux deux groupes. » L’imposition de l’hégémonie est planifiée et enseignée à tous les Tutsi. Même s’il y en a qui en tombe victime ou ne la partagent pas.
Face à cette hégémonie planifiée en 18 points, il n’y a rien en face. Les Congolais cravatés ont des projets de société néolibéraux édictés par ”les alliés” du Tutsi Power. Ils n’ont pas un plan d’ensemble opposant une hégémonie congolaise à l’hégémonie de l’infime minorité du Tutsi Power.
Pour réaliser cette dernière, elle ont infiltré toutes les institutions congolaises. Elle a convaincu ses ”amis”, ”les protecteurs de Paul Kagame” d’imposer, par le biais de Thabo Mbeki, son ”Cheval de Troie” comme ”soldat en chef” au dessus de toutes ces institutions.
Incultes et/ou ignorants de toutes cette planification hégémoniste, les jeunes congolais, amis de la sape, nés quelque temps avant la guerre hégémonique de prédation, crient ”au raïs bien sapé” : « Wumela”.
Oui. Une hégémonie s’impose souvent là où l’inculture, l’ignorance et la superficialité ont élu domicile. Que voulez-vous que les jeunes qui, depuis les années 1980, à cause des programmes d’ajustement structurels dictés par le FMI et la Banque mondiale, n’ont pas pu avoir accès à une éducation et une formation convenables puissent dire au ”raïs” dans un pays où la musique entretien l’accès à la voiture, à la femme et à un beau toit comme signes de réussite individuelle ?
En plus de l’inculture et de l’ignorance entretenues, il y a l’amour exagéré des costumes et des cravates. Il y a ”la cupidité” et la naïveté. Et dans le plan de la colonisation des Hutu et des Congolais, il est écrit ceci : « Nous devons lutter contre les Wanandes et les Hutu qui s’opposent à Jean Mirubo en nous servant des Hutu naïfs. Profitons de cette cupidité des Hutu (assimilés aux Congolais). Offrons-leur de l’alcool et de l’argent. Ne regardons pas ce que nous dépensons car nous avons suffisamment d’argent. » (Tout ce plan peut être lu dans C. ONANA, Ces tueurs tutsi. Au cœur de la tragédie congolaise, p. 92-94).
Il ne serait pas exclu que planifiant l’imposition de son hégémonie, le réseau d’élite tutsi ait procédé à une division du travail pouvant l’aider à connaître les pièges tendus aux Congolais par les milieux financiers colonialistes pour confisquer l’indépendance économique du Congo-Kinshasa.
En effet, « les milieux financiers ont cru fermement (…) qu’ils suffisait de donner à quelques Congolais des titres de ministres ou de parlementaire, des grands cordons, des autos de luxe, des gros traitements, des maisons somptuaires dans la cité européenne pour arrêter définitivement le mouvement d’émancipation qui menaçait leurs intérêts. » (J. COME, L’ascension de Mobutu. Du sergent Joseph Désiré au général Sese Seko, Bruxelles, Complexe, p. 24).
La force du Tutsi Power est dans sa capacité de planification et de division de travail. Il est ”un groupe organisée en conscience”. Il a la conscience de pouvoir devenir un groupe dominant en Afrique des Grands Lacs. Pour ce faire, il a arrêté un mode opératoire et a mis les moyens. Tous les moyens. Même ”’le génocide congolais”. Discuter de la dimension éthique de ces moyens dans un monde où la politique et la justice internationale organise des guerres secrètes est difficile. Les dominants essayent de liquider3 le droit international. (Sinon, Clinton, Bush et Blair auraient pu être emprisonnés pour toutes les guerres qu’ils ont menées sous des motifs mensongers.)
En face du Tutsi Power, il n’y pas de Congolais(es) Power. Il y a 600 partis politiques infiltrés par les ONG des alliés du Tutsi Power et les Tutsi eux-mêmes.
En face du Tutsi Power, il y a l’impasse congolaise. Et de plus en plus des compatriotes refusant de lire et d’archiver les livres lus. Ils sont, eux, prêts pour des actions non étudiées, non planifiées sur le court, moyen et long terme. Ils parlent de dialogue, de démocratie pendant que le Tutsi Power ayant planifié la conquête des terres congolaises s’en accapare. Il a déjà plus de 78.000 km carrés.
-Le meeting annoncé de l’Opposition du 31 juillet à Kinshasa, sera une occasion pour Moïse Katumbi qui a décidé de braver la justice congolaise, de tenter un passage en force. Au même moment, il a affirmé qu’il conditionne son retour à Kinshasa à l‘avis de son médecin.
Nul n’est besoin de démontrer que c’est un véritable défi que l’ancien gouverneur de l’ex-Katanga a lancé à la justice congolaise après avoir rappelé que ce n’est pas la première fois qu’il est accusé. A cet effet, en 2010, il a été traduit en justice en Belgique pour fraude et armement des rebelles.
Aujourd’hui, condamné pour spoliation de l’immeuble Stoupis et prévenu dans le dossier Mercenaires, Moïse a abusé de la bonne foi du Parquet général de la République en se détournant du droit de réserve auquel il avait souscrit en faisant le tour du monde pour s’adresser aux médias à sa portée.
L’opinion souhaiterait le voir se défendre devant les instances judiciaires plutôt que sur les médias. Cette opinion qui n’est pas dupe, n’ignore pas que tous les convois miniers de tracts appartiennent à M. Moïse Katumbi alors gouverneur de l’ex-Katanga, ne payaient aucune taxe de l’Etat.
D’aucuns parleraient d’une fuite en avant ou d’une stratégie pour crier, le lendemain, à un harcèlement judicaire. Il sied, à cet effet, de réaffirmer qu’à la riche province du Katanga, M. Katumbi chassait toute inspection financière qui venait de Kinshasa, conditionnant ainsi tout contrat à la rétrocession par le gouvernement central de 40%. Il était le seul, alors le seul, à savoir le fonds de la calebasse.
Plus d’un responsable des régies financières dans l’ex-Katanga, ou d’autres services stratégiques de l’Etat qui avaient osé scruter la machine Katumbi, avaient payé de leurs postes allant jusqu’à être déclarés persona non grata comme s’ils avaient touché à la cuisse de la reine.
Il est cependant vrai de constater pendant la gouvernance de M. Moïse Katumbi que l’ex-province du Katanga était en proie à une insécurité criante du fait de la prolifération des milices armées qui pullulaient l’étendue de cette région.
Forces loyales, Monusco, aucune force n’arrivait à mettre définitivement fin à ce phénomène qui avait suscité des inquiétudes même dans le chef de plusieurs investisseurs qui avaient choisi l’ex-Katanga.
Mais, les observateurs ne s’expliquent pas qu’après le départ de Moïse Katumbi, toutes ces milices se soient dissoutes comme du sel dans l’eau sans que l’on sache la nature de la recette miracle qui a coupé tous ces va-t-en guerre de leurs sources de financement et de ravitaillement.
Un comportement tout aussi curieux qui poussent plus d’un d’observateurs à s’interroger sur le rôle joué par l’autorité provinciale de l’époque.
La RDC se réjouira de voir Monsieur Moïse Katumbi séjournant outre Atlantique où, sourire aux lèvres, il pause avec le mercenaire Darryl Lewis en plein cœur de Washington, répondre de tous les griefs à charge alors qu’il n’affiche plus l’air d’un malade.
-Kinshasa, Goma, Bukavu, Kisangani. Le Front citoyen a organisé le 8 juillet des conférences de presse dans plusieurs grandes villes de la République démocratique du Congo. Sur les banderoles affichées, un ultimatum : la Commission électorale nationale indépendante (CENI) est appelée à convoquer la présidentielle le 19 septembre, afin que le scrutin puisse être organisé le 27 novembre, comme prévu par le calendrier initial.
A Kisangani, dans le nord-est du pays, la rencontre avec la presse a tourné court. L’ANR, l’Agence nationale de renseignement, a arrêté l’un des cadres locaux du Front, Jean de Dieu Kilima, menacé des journalistes et aurait arrêté le propriétaire de l’hôtel ayant abrité la conférence. La Mission de l’ONU (Monusco) et des ONG suivent le dossier du militant, qui restait détenu en début de soirée.
L’article 64 de la constitution
Malgré cet incident, le Front, plateforme de partis d’opposition et d’organisations de la société civile, reste ferme. Si la CENI faillit, « nous allons mobiliser la population pour qu’elle sache fairevaloir ses droits selon l’article 64 de la constitution », lâche Carbone Beni, représentant à Kinshasa du Front citoyen. « La population est prête à se prendre en charge pacifiquement, et dans la non-violence. »
L’article 64 stipule que « tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation » de la constitution. La menace est régulièrement brandie par l’opposition face au « glissement » du calendrier organisé par le pouvoir, pour tenter d’obtenir l’élection dans les temps, et sans le président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001 et qui ne peut briguer un troisième mandat.
Le scrutin est fortement compromis : le processus électoral souffre de multiples retards, les fonds manquent, le dialogue pour des élections « apaisées » et « crédibles » convoquées en novembre par Joseph Kabila n’a pas débuté. Jugeant le report acquis, des cadres du pouvoir plaident pour que Joseph Kabila assure une transition, quand d’autres veulent un référendum pour lui permettre de rester en place.
Interrogé sur la date butoir fixée à la CENI, André Atundu, porte-parole de la Majorité présidentielle, exprime des regrets. « Eux sont habitués des ultimatums. C’est dommage que nous ne puissions pas compter sur ce groupe de jeunes, qui pousse inutilement la population en erreur en évoquant l’article 64 ». Il souligne par ailleurs que « toute tentative de renversement du régime constitutionnel » est passible de sanctions.
Climat crispé
« Pour mettre tout le monde d’accord », André Atundu appelle les contestataires à saisir les institutions ou à participer au dialogue. Peine perdue : le Front prépare sa nouvelle campagne nationale « citoyenne » et « pacifique » (tracts, réseaux sociaux, porte à porte…) visant à vulgariser les « articles clés » de la constitution, espérant que le peuple « se prendra en charge » en cas de manifestations, explique Carbone Beni.
Le tout, dans un climat de plus en plus crispé. La communauté internationale multiplie les pressions pour que la RDC connaisse sa première alternance démocratique depuis son indépendance de la Belgique, le 30 juin 1960. Les Etats-Unis ont commencé à imposer des sanctions individuelles. Au grand dam de Kinshasa, qui dénonce des « ingérences avilissantes et inacceptables ».
(Le Monde)
-L’opposant historique congolais, parti pour des soins de santé en Belgique depuis plus d’un an, sera de retour à Kinshasa avant la fin du mois de juillet en vue d’un grand rassemblement, indique son parti, l’Union pour la démocratie et le progrès social.
Etienne Tshisekedi rentre au pays par Kinshasa, la capitale de la RDC mercredi 27 juillet 2016, précise dans un communiqué Augustin Kabuya, le porte-parole du parti.
L’Udps appelle à la mobilisation pour ce retour avant le grand meeting de l’opposition prévu pour le 31 juillet.
M. Tshikedi a récemment rencontré à Bruxelles Moise Katumbi, un autre opposant déclaré candidat pour l’élection présidentielle devant se tenir avant la fin de 2016 mais devenue improbable.
Moise Katumbi, autorisé d’aller se faire soigner à l’étranger, a été condamné à trois mois de prison pour spoliation immobilière et encourt une peine de mort dans une affaire de recrutement des mercenaires dont il est accusé par le gouvernement congolais depuis qu’il a été désigné candidat pour la présidentielle par ses partisans.
Les deux, MM. Tshisekedi et Katumbi, ont promis de prendre part à ce grand rassemblement de fin juillet à Kinshasa.
Le retour de Tshisekedi est annoncé alors que se dessine le dialogue politique convoqué par le président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001, à qui la Constitution interdit de se représenter pour un troisième mandat.
Bien que l’opposition, réunie depuis le conclave du mois mai dernier en Belgique, se soit opposée à ce dialogue, elle a semblé concéder à la demande du groupe international du soutien à la facilitation qui demandait dimanche dernier que ces assises se tiennent le plus vite possible, soit avant fin de juillet en cours.
La même période, fin juillet, avait déjà été évoquée par la majorité présidentielle comme son “délai tolérable” pour le dialogue. Des voix s’élèvent de plus en plus dans la majorité et menacent de passer par un référendum si l’opposition persiste à bloquer le dialogue.
Le retour de Tshisedi, individuellement plus favorable au dialogue que les autres opposants, coïncide curieusement avec la période évoquée par le facilitateur désignée par l’Union africaine, Edem Kodjo et par la majorité. Une bonne partie de l’opposition récuse M. Kodjo comme facilitateur pour certaines raisons.
-Deux mois après le meurtre d’un étudiant congolais sauvagement assassiné à Delhi, celui d’une jeune Congolaise à Hyderabad, tuée par son mari dans des circonstances encore méconnues, a entraîné un regain de tensions à Kinshasa où vit une importante communauté indienne.
L’annonce de la mort de Cynthia Vechel, révélée mercredi 6 juillet par la presse indienne, a rapidement circulé sur les réseaux sociaux, entraînant un regain de tensions communautaires dans la capitale congolaise. Selon l’AFP, toutes les boutiques indiennes sont restées fermées vendredi au Grand Marché de Kinshasa.
« Il s’agit d’un crime passionnel, il ne faudrait pas que cela dégénère en conflit communautaire », a réagi le vice-ministre en charge de la coopération internationale et de l’intégration régionale Franck Mwe Di Malila, joint vendredi par Jeune Afrique.
D’après l’agence de presse, une vingtaine de policiers avaient été déployés jeudi matin au rond-point Ngaba, un quartier très populaire et l’un des points chauds de la capitale congolaise. Plus tôt, les commerçants indiens avaient fermé à la hâte la devanture de leurs magasins après l’attaque de plusieurs groupes de jeunes. D’après le témoignage de plusieurs habitants, cités par l’AFP, les assaillants ont jeté des pierres sur leurs boutiques et voulaient attraper des Indiens pour les lyncher. Pour l’heure, aucun blessé n’a été signalé, selon les autorités congolaises.
Tuée après une dispute conjugale
Selon les informations du ministère des Affaires étrangères, qui a été mis au courant par les autorités indiennes le 5 juillet, Cynthia Vechel, la trentaine, a été assassinée par son mari, un ressortissant indien. Cynthia est décédée à Hyderabad (centre), où était installé depuis un ans le couple, marié en 2008. Les circonstances de sa mort restent encore floues. Le meurtrier présumé, Rupesh Kumar Mohamani, un homme d’affaires, « avait fait l’objet d’une condamnation judiciaire en RDC », a précisé le vice-ministre.
Il aurait tué sa compagne après avoir découvert sa liaison sur internet avec un ressortissant congolais et après qu’elle lui a fait part de sa volonté de le quitter. Il aurait été ensuite surpris par des badauds alors qu’il tentait de se débarrasser du corps avant d’être arrêté par la police indienne.
Le chargé d’affaire indien reçu par les autorités congolaises
Le vice-ministre en charge de la coopération internationale et de l’intégration régionale, Franck Mwe Di Malila, a reçu jeudi 7 juillet le chargé d’affaires de l’ambassade de l’Inde à Kinshasa (qui assure l’intérim en attendant l’entrée en fonction du nouvel ambassadeur, qui n’a pas encore reçu sa lettre de créances). « Je lui ai manifesté la protestation du gouvernement à l’égard de ce crime », a-t-il ajouté, soulignant le fait qu’il s’inscrit dans un contexte où les violences se multiplient envers les ressortissants congolais en Inde, pays où ils sont très souvent victimes de racisme.
« Nous avons su accueillir des ressortissants indiens sur notre sol, qui sont installés depuis plusieurs années en RDC et sont d’ailleurs bien plus nombreux que les ressortissants congolais en Inde », a insisté le vice-ministre. « Le gouvernement doit faire en sorte de sécuriser nos ressortissants congolais qui décident de s’installer en Inde », a-t-il ajouté. En mai, le meurtre d’un étudiant congolais à Delhi, tué à coup de pierres et de briques par trois hommes suite à une altercation avec un rickshaw, avait provoqué l’indignation en RDC et au sein de la diaspora congolaise installée en Inde.
Rapatriement du corps
La famille de Cynthia Vechel a été reçu à l’ambassade de l’Inde à Kinshasa, a indiqué Franck Mwe Di Malila. « Elle souhaite que l’enfant du couple, en bas âge, soit rapidement rapatrié en RDC et que le corps de la défunte lui soi restitué », a-t-il poursuivi, soucieux que la justice aille vite dans cette affaire.