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  • le gouvernement va rembourser la TVA payée par les groupes miniers

    le gouvernement va rembourser la TVA payée par les groupes miniers

    mine_or2-Selon l’agence “Reuters”, le ministère des Finances de la République démocratique du Congo (RD Congo) va rembourser environ 700 millions de dollars de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) payés par les groupes miniers actifs dans le pays.

    La RD Congo va reverser environ 700 millions de dollars en remboursements de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) dus aux sociétés minières et va suspendre la TVA sur leurs importations, a annoncé le ministre des Finances Henri Yav Muland, cité par l’agence Reuters ce vendredi.

    Une taxe de 16 % sur la valeur ajoutée est imposée sur les transactions et les importations en RD Congo. Toutefois, rappelle une note du cabinet d’audit Deloitte, « des remboursements de TVA sont accordés aux exportateurs, aux entreprises qui ont cessé leur activité […] ainsi qu’à celles qui ont fait d’importants investissements ».

    Les groupes miniers congolais bénéficient pour l’essentiel de ce remboursement, que le gouvernement avait suspendu en avril, afin notamment de soutenir la devise nationale, qui a cédé -6,7 % cette année, dans un contexte de recul des entrées de devises étrangères.

    Remboursement par tranches

    Henri Yav Muland a demandé à la Banque centrale du Congo de reprendre ces remboursements, indique Reuters. Ils se feront par tranches et leur rythme dépendra du niveau des réserves de change et des pressions sur le taux de change du franc congolais, a rappelé le grand argentier de la RD Congo, cité par Reuters.

    Le dirigeant congolais n’a pas indiqué la date à laquelle ces remboursements commenceront, il a toutefois dévoilé que le gouvernement a convenu lors d’une réunion tenue jeudi 07 juillet de suspendre l’application de la TVA aux entreprises minières. Une mesure soumise maintenant à la signature du Premier ministre Matata Ponyo Mapon, a indiqué le ministre des Finances.

    Exemptions et incitations

    Selon un rapport de la Chambre des Mines de la RD Congo, « la contribution directe » de l’industrie extractive au budget de l’État a atteint de 1,141 milliard de dollars en 2014, « soit 28 % des recettes ordinaires de l’État ».

    Outre le remboursement de la TVA, les entreprises minières actives en RD Congo bénéficient d’un certain nombre d’exemptions et d’incitations fiscales, parmi lesquelles un impôt sur les sociétés de 30 % (contre 35 % pour le régime général), ainsi que des réductions d’impôts sur les revenus et sur la taxation des revenus des expatriés.

    Grande exportatrice de cuivre et de cobalt, la RD Congo dépend de son industrie minière, qui est sa principale source de devises étrangères.

    Affectée par la conjoncture difficile que traverse le secteur minier, la RD Congo a vu son rythme de croissance économique baisser au cours des dernières années.

    Le gouvernement a baissé son budget 2016 de -22 %, et ramené ses projections de croissance autour de +6 %, contre +9 % annoncés plus tôt.

    JA

  • Corps repêchés à Kinshasa: interrogations autour des téléphones retrouvés

    Corps repêchés à Kinshasa: interrogations autour des téléphones retrouvés

    Riviere ndjili-Bientôt une semaine après la découverte de six corps sans vie dans la rivière Ndjili, à Kinshasa, il n’y a toujours aucune explication sur ce qui a bien pu arriver. Il s’agit de jeunes gens de même génération. L’enquête a été confiée au parquet de grande instance de Matete. Des doutes subsistent autour des téléphones portables retrouvés et les traces de violence observées sur les cadavres.

    A ce stade de l’enquête, la procureure de la République Kahondo dit ne pas être autorisée à communiquer le moindre détail de cette affaire. Mais, selon des sources contactées par RFI, quatre téléphones cellulaires – et non pas deux comme affirmé il y a quelques jours – ont été retrouvés sur deux des six cadavres repêchés dans la rivière Ndjili.

    Elément curieux, ces téléphones – toujours selon les mêmes sources – n’avaient pas été transmis à la justice dans les premiers jours de l’enquête. Qui avait alors intérêt à empêcher que ces pièces arrivent entre les mains de la justice ? Des questions également à propos des traces de violence observées sur l’ensemble des cadavres charriés ce dimanche-là par les eaux de la rivière Ndjili.

    Des ONG réclament une enquête indépendante

    « Cela m’étonne un peu, réagit Emmanuel Cole de la Fondation Bill Clinton pour la paix (FBCP), au micro de RFI. Au moment où l’enquête n’a pas encore abouti, le porte-parole du gouvernement a déclaré que ce sont les Kuluna [gangs de quartiers, ndlr] qui sont à la base de cela. Je ne sais pas où il a eu cette information-là. »

    Les ONG des droits de l’homme, dont la Voix des sans voix et la FBCP, pensent qu’il pourrait s’agir des jeunes gens suppliciés dans un endroit où ils auraient été séquestrés. C’est pourquoi ces ONG exigent une enquête indépendante à laquelle devra être également être associé le bureau conjoint des Nations unies pour les droits de l’Homme.

    RFI

  • Moïse Katumbi s’aligne derrière Étienne Tshisekedi pour contrer Kabila

    Moïse Katumbi s’aligne derrière Étienne Tshisekedi pour contrer Kabila

    katumbi-tshisekedi-Ce jeudi 7 juillet, Moïse Katumbi et Étienne Tshisekedi ont annoncé leur accord pour l’élection présidentielle à venir.

    Sur Twitter, Moïse Katumbi a annoncé l’accord avec Étienne Tshisekedi.

     À noté, ses proches avait confirmé à VOA Afrique que M. Katumbi prévoit de rentrer en RDC avant le 9 juillet prochain en vue d’un procès qu’il va intenter contre le plaignant qui l’accuse de spoliation.

    Pour rappel, le président de l’Assemblée provinciale de l’ex-Katanga, Gabriel Kyungu Wa Kumwanza, un proche de l’opposant, affirme, pour sa part, que l’immeuble en cause avait plutôt été racheté à l’Etat congolais par le grand-frère de M. Katebe Katoto, frère ainé de M. Katumbi, dénonçant une confusion délibérément entretenue par la justice.

    M. Katumbi a récemment critiqué le dernier discours du président Joseph Kabila, l’accusant d’entretenir un “flou” autour de son avenir politique après la date constitutionnel pour la présidentielle de 2016 et de la tenue de la présidentielle.

    Pour sa part, le gouvernement dénonce une “distraction” de la part de l’opposant.

  • Kabila s’insurge contre les « ingérences étrangères » et insiste sur le dialogue national

    Kabila s’insurge contre les « ingérences étrangères » et insiste sur le dialogue national

    Kabila-Joseph-Dans son message à la nation, à l’occasion du 56e anniversaire d’indépendance de la RD Congo, Joseph Kabila, le président congolais, a dénoncé “les ingérences étrangères intempestives et illicites” dans les affaires internes de son pays et a rappelé la nécessité pour les Congolais de se retrouver autour d’une table.

    « 30 juin 1960-30 juin 2016. Cela fait exactement 56 ans depuis que nos pères de l’indépendance nous ont légué un bel héritage, celui d’un Congo affranchi de toute servitude de domination étrangère (…) ». Dès les premières secondes de son message à la nation, diffusé le 29 juin au soir, à la veille des festivités commémoratives de l’accession de la RD Congo à la souveraineté nationale et internationale, Joseph Kabila a donné le ton.

    Dans le viseur du chef de l’État congolais : les puissances occidentales, États-Unis en tête, qui multiplient les pressions pour lui demander de quitter le pouvoir d’ici la fin de l’année, au terme de son second mandat constitutionnel. « Nous soutenons le premier passage pacifique et démocratique imminent du pouvoir » en RD Congo, indiquait mardi Barack Obama, le président américain, dans un message de vœux adressé à Joseph Kabila et dont Jeune Afrique avait pu consulter une copie.

    Le Congo est un État souverain.

    « Aujourd’hui encore, hélas!, certains parmi nous et autour de nous pensent que le 30 juin 1960 n’aura été qu’une date comme toutes les autres (…), en témoignent les ingérences étrangères intempestives et illicites dans les affaires de politique intérieure de notre pays », a rétorqué Joseph Kabila.

    Et de rappeler que « le Congo est un État souverain, disposé à mener sans nul doute des partenariats constructifs et mutuellement avantageux avec tous les autres États dans le respect de nos peuples respectifs ». « Le credo de notre lutte demeure le respect du droit de notre peuple à s’autodéterminer », a souligné le président congolais.

    Les ADF, bientôt éradiqués à Beni ?

    Joseph Kabila a également appelé les Congolais à la « vigilance », soulignant que « les menaces à l’intégrité de notre territoire, à la stabilité de nos institutions ainsi qu’à la cohésion nationale demeurent persistantes et pressantes ».

    Le président congolais a toutefois promis l’éradication des rebelles ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF) qui terrorisent une partie du territoire de Beni, dans l’est de la RD Congo.

    Le dialogue, une « option irréversible »

    Sur le plan politique, Joseph Kabila a soutenu que l’option d’un dialogue politique dans le pays est « irréversible » et a encouragé le facilitateur Edem Kodjo à « finaliser ses consultations en vue de l’ouverture rapide de ce forum ». Mais pour l’instant, l’opposition regroupée autour d’Étienne Tshisekedi pose plusieurs préalables et conditions avant de prendre part à des pourparlers avec le pouvoir.

    En attendant, le chef de l’État se tourne vers la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) et l’encourage à poursuivre la relance du processus électoral. Joseph Kabila a enfin appelé les Congolais à participer massivement aux opérations d’enrôlement des électeurs à venir.

    JA

  • Kinshasa accuse Katumbi de chercher à détourner l’attention de ses déboires judiciaires

    Kinshasa accuse Katumbi de chercher à détourner l’attention de ses déboires judiciaires

    katumnbi-Mende-Le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende, qualifie de “déclaration d’un condamné de justice” les dernières critiques de l’ancien gouverneur de l’ex-province du Katanga rappelant au président Joseph Kabila qu’il avait l’obligation de rassurer sur son départ le 19 décembre 2016 comme le prévoit la Constitution de la RDC.

    M. Mende a aacusé vendredi l’opposant Moïse Katumbi, candidat déclarée à la présidentielle en RDC, de se lancer dans une “tentative pathétique” pour détourner l’attention de ses déboires judiciaires en République démocratique du Congo.

    “La longue diatribe” de M. Katumbi à l’encontre du président Joseph Kabila “est une tentative pathétique de détourner l’attention et distraire l’opinion publique au sujet de ses multiples ennuis avec la justice de son pays”, indique un communiqué de Lambert Mende.

    Évoquant, jeudi, le message de M. Kabila à la nation à l’occasion de la commémoration de l’indépendance, le 30 juin 1960, M. Katumbi avait accusé le chef de l’État d’entretenir le “flou” autour de son avenir politique.

    M. Katumbi qui séjourne en Europe a estimé dans un communiqué que le président Kabila avait “l’obligation de rassurer sur son départ le 19 décembre 2016” et que “cette opportunité ratée” risquait d’enfoncer la RDC dans “une crise plus grave”.

    “C’est la déclaration d’un condamné de justice qui tente, désespérément et maladroitement, de rassembler ses forces pour se défendre du forfait qui lui est reproché”, a ajouté M. Mende.

    La semaine dernière, M. Katumbi a été condamné par contumace à trois ans de prison dans une affaire de spoliation immobilière, ce qui le rend pour l’heure inéligible.

    Pour l’opposant, cette affaire est “inventée de toutes pièces” afin “d’empêcher [sa] candidature à la présidentielle”.

    M. Katumbi a quitté la RDC le 20 mai sous la menace d’un autre procès pour “atteinte à la sûreté de l’État”.

    Ex-allié de poids de M. Kabila, il est passé dans l’opposition en septembre dernier en même temps qu’il démissionnait de ses fonctions de gouverneur de l’ex-Katanga, province du sud-est de la RDC, accusant M. Kabila de chercher à violer la Constitution pour se maintenir au pouvoir.

    Le président Kabila dirige la RDC depuis 2001, son mandat expire en décembre et la Constitution lui interdit de se représenter. L’opposition l’accuse depuis des mois de chercher à s’accrocher au pouvoir quant à retarder l’organisation de la présidentielle.

    En mai, la Cour constitutionnelle a autorisé M. Kabila à se maintenir à la tête du pays dans le cas où ce scrutin ne serait pas organisée dans les temps.

    Pour M. Katumbi, toutefois, “le 20 décembre 2016, Joseph Kabila ne dirigera plus la RDC”.

    Avec AFP

  • Enfin Malumalu est mort, a annoncé l’eglise catholique

    Enfin Malumalu est mort, a annoncé l’eglise catholique

    malu-L’évêque de Butembo-Beni, Sikuli Paluku Melchisédech, a annoncé la mort de l’abbé Malumalu le jeudi 30 juin à Dallas aux Etats-Unis.
    « Nous présentons nos condoléances chrétiennes à la famille biologique de Monsieur l’abbé, à tous les prêtres, aux personnes consacrées, aux fidèles catholiques de Butembo-Beni et à tous ceux qui sont affligés par cette triste nouvelle », indique un communiqué publié par le prélat catholique.

    La nouvelle de la mort de l’ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a été confirmée par son frère, Emmanuel Tavulya.
    « L’abbé était tombé malade. Il a vraiment enduré. A ce jour, le seigneur a décidé autrement, contrairement à tout ce que nous avons toujours eu comme prière. Il est vrai que le seigneur l’a rappelé auprès de lui, cette nuit à 22h30 (heure de Kinshasa), pratiquement 16h30, heure de Dallas », a déclaré Emmanuel Tavulya à Radio Okapi.

    Il a fait savoir ne pas disposer des précisions sur le programme du rapatriement du corps et des obsèques, expliquant que le défunt était prêtre du diocèse de Butembo-Beni et ancien président de la CENI.
    « Pour le moment, je préfère m’arrêter juste au niveau de l’information parce que qu’il y aura toute une organisation pour ça. Un communiqué vous sera transmis dans les heures ou les jours à venir », a-t-il indiqué.

    Vous pouvez écouter les propos du frère de l’abbé Malumalu.

     L’abbé Malumalu a dirigé la commission électorale en RDC à deux reprises. D’abord entre 2006 et 2011. C’est lui qui était à la tête de cette institution lors des élections présidentielle et législatives de 2006. Il avait repris les commandes de la commission électorale en 2013 avant de démissionner en 2015 pour des raisons de santé.

    Il était allé se faire soigner aux Etats-Unis.

    Le 1er juin dernier, l’ambassadeur de la RDC aux Etats-Unis, François Balumuene, avait annoncé le décès de l’abbé Malumalu à la presse. Une information démentie ensuite par le porte-parole du gouvernement congolais qui avait indiqué que le cœur de l’ancien président de la CENI continuait de battre.

    Radio Okapi

  • 30 juin 1960, la RD-Congo n’est pas indépendante

    30 juin 1960, la RD-Congo n’est pas indépendante

    tshiyoyo-En assassinant Lumumba en 1961, la Belgique, l’Angleterre et les USA prévenaient les Congolais que la RD-Congo n’était pas un pays indépendant, que cette terre ne leur appartenait pas…

     

    Sous la direction de Thomas Giefer, le documentaire intitulé « Politicalassassination » aborde la question de l’assassinat de Lumumba. Dans cette vidéo, et juste au commencement du film, quatresujets,dont trois Belges et un Américain, s’y expriment.

     

    Le premier qui prend la parole, et qui nous intéresse, est de nationalité belge. Pour ne pas dire de « civilisation » occidentale. L’homme est à son aise quand il exhibe le reste de ce qu’il dit garder jalousement et fièrement de Lumumba, à savoir quelques dents appartenant à Lumumba. De lui, on apprend notamment ce qui suit, et je cite : « Imaginez qu’on a tué Lumumba. Et on vient vous dire de faire disparaitre son corps dans un pays qui n’est pas le vôtre », fin de citation.Le second qui s’exprime à son tour se nomme Jacques Brassine. Il est aussi belge et fonctionnaire. Pour lui, et je cite notamment: « Lumumba était dangereux pour nous,[pour les Belges et la Belgique], dans ce sens qu’il n’était pas susceptible d’être ouvert à des solutions que parfois « nous » (la Belgique), nous souhaiterions être réalisées ». Fin de citation.

     

    Et le troisième belge de la série, et qui fait entendre sa voix dans la vidéo, se nomme le colonel Louis Marlière. Lui également, et presque dans le même sens que les deux autres, déclare notamment : « Lumumba a choisi le mauvais côté. Il était communiste. Il a choisi le camp des Russes plutôt que de l’Occident ». Last but not least, comme on le dit en anglais, vint le tour de l’Américain. Il fut agent de la CIA. Il étaiten service commandé à Kinshasa à l’époque. Pour lui aussi : « Lumumba était un danger à la fois pourle Congo et le reste du monde. En ce sens qu’il autorisait les Soviets à s’installer. Nous (les Américains) avions de bonnes raisons de penser qu’ils allaient prendre le contrôle du pays ».

     

    Leprésent texte ne cherche pas à analyser le pourquoi de leurs propos, ni à leur accorder une certaine légitimité. Il ne cherche non plus à comprendre le comment de l’assassinat de Lumumba, ni à faire le procès de son meurtre. Mais, et à partir de raisons susmentionnées, il va tenter de démontrer que la RD-Congo n’a jamais été, et elle ne l’est toujours pas aujourd’hui, un pays indépendant alors que l’homicide de Lumumba intervenait quelques mois seulement après que les forces colonisatrices ont verbalement proclamé l’indépendance en ce jour du 30 juin 1960 de ce qui n’existait pas encore comme un État libre et souverain et qui ne le sera jamais : un État tout court.

     

    De prime à bord, nous faisons remarquer la contradiction dans les propos du Belge qui étalait son butin de guerre, c’est-à-dire le reste de la denture de Lumumba. Car affirmer que la RD-Congo ne fut pas son pays et en même temps réussir à faire disparaitre le corps de Lumumba dans un pays qui n’était pas supposé être le sien sans y rencontrer des difficultés ou une opposition quelconque, c’est prendre des Congolais pour de grands enfants. Si non, comment expliquer son exploit dans la réalisation de son forfait ? Et j’ouvre ici une parenthèse. La denture de Lumumba dont il expose, et ce librement et avec sourire, son geste, ce geste, n’a jamais fait, à ma connaissance, l’objet de condamnation de la part, ni l’église catholique, ni d’autres institutions championnes de la morale et de l’éthique. Aucune d’entre elles n’a jamais condamné en public l’exposition de la denture de Lumumba. Et même pas le gouvernement congolais. C’est pour dire que la RD-Congo a toujours appartenu et appartient encore aujourd’hui à la Belgique qui la gèrepour le compte de son maître anglo-saxon. Je ferme la parenthèse.

     

    C’est pareil avec les déclarations des autres qui accusèrentLumumba d’avoir choisi le mauvais camp. Et admettions que Lumumba ait posé ce choix, le crime dont il est incriminé par ceux qui étaient supposés lui apportaient la civilisation, le droit et la liberté individuelle, le respect de la constitution d’un pays et la démocratie. Que son choix fûtbon ou pas, mais ce fut quand même son choix, le choix d’un homme qui croyait être libre, selon l’entendement d’une civilisation qui le lui faisait savoir bien avant qu’il le fût, libre. Et le condamner à mort malgré tout, uniquement pour son goût à la liberté, explique aujourd’hui encore que Lumumba ne fût jamais libre, lui et le pays auquel il croyait tout bonnement appartenir.

     

    Maisc’est quoi la souveraineté et l’indépendance d’un pays ou d’un peuple quand l’essayiste et journaliste français, Natacha Polony se pose la même question et dénonce « l’immense escroquerie [qui] consiste à nous faire croire qu’il peut exister une liberté des individus sans une souveraineté du peuple.  [..] Comment les individus seraient-ils libres sans avoir la possibilité de se choisir un destin commun en tant que peuple, en tant qu’entité politique qui se forme volontairement ? Les individus supposément libres dont on nous parle ne sont que des monades solitaires réduites à leur qualité de consommateurs mais privés de leur autonomie politique, de leur citoyenneté. [Et] Parler de nation, parler de peuple, c’est en mettre en évidence la dimension politique […] Le contraire de la souveraineté, c’est l’esclavage et la soumission. Un peuple souverain est un peuple libre, tout comme un individu souverain est celui qui a pu se forger son propre jugement, et qui s’est émancipé, notamment par l’éducation et par l’école », (voir son interview dans Figaro du 16 juin 2016 : L’appel à la résistance du 18 juin n’a jamais été aussi actuel).

     

    Voilà ce qui nous amène à affirmer qu’un peuple qui se veut se libérer du joug de son maître ne fête son indépendance, l’indépendance nationale de son pays, en présence de son ancien maitre. Il ne laisse pas non plus le service de son protocole lui accorde la première place dans la prise de la parole et ce devant et avant le discours de Kasavubu qui intervint après celui du roi Baudoin de la Belgique ce 30 juin 1960 à Kinshasa. Qui était le maître ? On ne discute pas de la date de l’indépendance d’une nation, d’un peuple en cherchant l’accord de son ancien maître, de commun accord avec lui. L’indépendance, aimait à dire Lumumba, ne s’accorde pas sur un plateau d’agent. Elle s’arrache ». Et le peuple qui le fait ignore ce que veut dire indépendance, indépendance nationale, c’estquoi être indépendant. Lumumba et son peuple demeuraient encore esclaves.

     

    Dans « Ces fruits si doux de l’arbre à pain », un roman- testament politique, l’auteur congolais de Brazzaville, Tchicaya U’Tam’Si va dans le même sens quand il exprime sa désolation devant le fait que : « Jamais un chant dont la vogue a été vertigineuse n’est passé de mode si vite. On s’est foulé les chevilles en dansant sur l’air de ce chant venu de Léo : Independa ! Cha-cha.  C’est croire que les Blancs se sont moqués de nous ! […] Les Blancs nous ont laissé leurs boys et leurs plantons pour maîtres. Nous ne nous promettions sans doute pas pour le lendemain ces coups de poing qu’ils nous flanquent tous les jours en plein estomac. La nausée et le sentiment de s’être payé à bon compte mille illusions » (Tchicaya, 1987 : 30).

     

    Lumumba a été tué pour que plus jamais l’Occident n’entende le refrain de l’indépendance, pour que plus jamais personne, de ceux qui restent et viennent après lui ne dise à l’Occident : « Nous avons connu … ». « Ça s’annonce pis, [écrit Tchicaya U’Tam’Si] que tout ce que « nous avons connu » ! pour reprendre le mot de Lumumba, le pauvre ! Oui : « nous avons connu ! » Ah ! ce que « nous avons connu » ! …Ceux d’ici ont prêté main-forte à ses bourreaux. […] La misère du pauvre Noir ne finira-t-elle donc jamais ? Voilà ! il disait « Nous avons connu… » ! Combien d’autres le diront encore dans ce temps à venir, parce que ce n’est pas encore demain la fin », (Tchicaya, 1987 : 71).

     

    Alors, Il y a lieu de s’interroger sur le pourquoi la RD-Congo organise des manifestations militaires et d’autres réjouissances populaires à la date du 30 juin de chaque année. Nous savons que cette question paraît saugrenue à ceux qui estiment le contrairealors qu’ils peinent à démontrer dans leur vie quotidienne et dans l’exercice de leur fonction une parcelle de liberté et une fierté d’être congolais.

     

    Mais il ne suffit pas d’avoir une constitution et de la clamer haut. Il ne suffit pas d’avoir fait ses études en Belgique ou ailleurs et s’autoproclamer expertise et experts. Il ne suffit pas de se faire appeler gouvernement, sénat, chambre basse ou encore général d’une armée nationale, son armée. Et dans la foulée, nous apprenons que le Congo est doté d’une monnaie nationale avec effigie de Lumumba et autres. Et pour ces mêmes personnes, le fait que la RD-Congo ne soit pas en Afrique le seul État dans sa situation entérine son indépendance.À quoi sert toute cette science quand elle ne peut libérer un peuple et l’aider à mieux appréhender son état de misère.

     

    Nous nous demandons comment on peut parler d’indépendance nationale quand tout nous échappe. L’assassinat de Lumumba ne fut pas l’œuvre de Congolais eux-mêmes. Il ne fut pas conçu mentalement et matériellement par une volonté interne mais il fut un diktat extérieur. Des nègres firent le sale boulot. L’accession de Mobutu au pouvoir ne fut pas conçue mentalement et matériellement par une volonté interne. Le départ de Mobutu et son remplacement par l’AFDL (L’Ouganda, le Rwanda, les Kadogos, Laurent Désiré Kabila et autres] ne furent pas conçus mentalement et matériellement par une volonté interne. L’assassinat de Laurent Désiré Kabila et la suite de tout ce qui arrive comme conséquence ne furent pas conçus mentalement et matériellement par une volonté interne. La création du MLC, du RCD, du PPRD, Sun City et autres notamment tous ces hommes dits politiques, qui sont habillés en costumes et cravates et qui font le tour du monde, ne sont pas conçus, fabriqués par une volonté interne. Un peuple est jugé par sa capacité à créer ses propres hommes politiques, ses propres partis politiques, son intelligence à organiser et à assassinerses propres hommes politiques, et ce quand l’intérêt de la nation le recommande. Mais chez nous tout échappe à un vouloir congolais, à une volonté congolaise. C’est quoi être indépendant quand il n’y a pas de volonté nationale ? Loin de nous l’idée de reprocher à qui que ce soit ses fréquentations et ses choix, mais nous nous insurgeons contre le fait de toujours engendrer des générations de soumis, de ceux qui obéissent pendant que les autres enfantent ceux qui sont appelés à demeurer nos maîtres et les maîtres de notre jeunesse.

     

    Nous et les Autres…

    On nous dit souvent que vous ne faites qu’accuser les autres. Mais non, l’Autre, avec « A » majuscule, est responsable de nos malheureux, de tout ce qui nous arrivent comme peuple en RD-Congo. Et en parlant de lui, nous aidons notre conscience, nous la cultivons à ne jamais oublier que l’Autre, avec A majuscule, est toujours présent. Et il sera toujours présent dans la vie,dans notre vie, parce que nous sommes et resterons en relation avec lui, il est là dans l’existence de la RD-Congo. Et jamais, il n’abandonnera la RD-Congo qu’il considère comme sa proie, comme son butin de guerre, comme son objet.

     

    A Ceux qui, parmi nous, veulent ignorer l’Autre, nous disons qu’ils ne connaissent rien de la vie, de l’homme et de son existence, qu’ils ne font jamais attention à la relation qu’ils ont avec l’autre, avec autrui. La non connaissance de l’Autre et de soi, de sa relation avec lui, est un crime, qui doit être puni. Car dans la culture de l’Autre, selon son savoir et même dans la tradition de l’être humain, l’homme n’est jamais seul. Bakhtine affirme que c’est dans le regard de l’autre que j’existe. Et nous d’ajouter que je n’existe pas. Et il en sera toujours ainsi en relation avec autrui, avec l’autre. Soit on existe, soit on n’existe pas. Dans sa nature, l’autre se considère comme une lionne, comme un ours. Il se conduit comme tel, en animal sauvage. D’où, il nous est rappelé de ne jamais baisser les bras. Franz Fanonnous y invite quand il affirme que « Notre tort à nous, Africains, est d’avoir oublié que l’ennemi ne recule jamais sincèrement. Il ne comprend jamais. Il capitule, mais ne se convertit pas. Notre tort est d’avoir cru que l’ennemi avait perdu de sa combativité et de sa nocivité », (Lire. Fanon : « La mort de Lumumba : pouvions-nous faire autrement ? ». Le savoir et le répéter n’est pas seulement synonyme d’éveil de conscience mais une victoire sur l’Autre.

     

    C’est la passion, l’amour de la patrie, de mes frères et sœurs, de la terre de nos ancêtres qui habitent en nous et animent chacun de nos mouvements. C’est pourquoi, nous en parlons et en parleront toujours, et ce tant que le souffle animera notre organisme.

     

    Le temps est venu pour faire rêver la jeunesse de la RD-Congo. Le temps est venu pour elle d’arracher au prix de sacrifice l’indépendance de la nation.

     

    Likamboyamabele, likamboyamakila.

     

    Mufoncol Tshiyoyo  

    Le Président National du Rassemblement pour l’Alternative Politique en RDC. R.A.P-en sigle Mouvement Politico-militaire,
    mufoncol_tshiyoyo@yahoo.com,
    004745007236, Facebook : Mufoncol Tshiyoyo