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  • Kabila s’insurge contre les « ingérences étrangères » et insiste sur le dialogue national

    Kabila s’insurge contre les « ingérences étrangères » et insiste sur le dialogue national

    Kabila-Joseph-Dans son message à la nation, à l’occasion du 56e anniversaire d’indépendance de la RD Congo, Joseph Kabila, le président congolais, a dénoncé “les ingérences étrangères intempestives et illicites” dans les affaires internes de son pays et a rappelé la nécessité pour les Congolais de se retrouver autour d’une table.

    « 30 juin 1960-30 juin 2016. Cela fait exactement 56 ans depuis que nos pères de l’indépendance nous ont légué un bel héritage, celui d’un Congo affranchi de toute servitude de domination étrangère (…) ». Dès les premières secondes de son message à la nation, diffusé le 29 juin au soir, à la veille des festivités commémoratives de l’accession de la RD Congo à la souveraineté nationale et internationale, Joseph Kabila a donné le ton.

    Dans le viseur du chef de l’État congolais : les puissances occidentales, États-Unis en tête, qui multiplient les pressions pour lui demander de quitter le pouvoir d’ici la fin de l’année, au terme de son second mandat constitutionnel. « Nous soutenons le premier passage pacifique et démocratique imminent du pouvoir » en RD Congo, indiquait mardi Barack Obama, le président américain, dans un message de vœux adressé à Joseph Kabila et dont Jeune Afrique avait pu consulter une copie.

    Le Congo est un État souverain.

    « Aujourd’hui encore, hélas!, certains parmi nous et autour de nous pensent que le 30 juin 1960 n’aura été qu’une date comme toutes les autres (…), en témoignent les ingérences étrangères intempestives et illicites dans les affaires de politique intérieure de notre pays », a rétorqué Joseph Kabila.

    Et de rappeler que « le Congo est un État souverain, disposé à mener sans nul doute des partenariats constructifs et mutuellement avantageux avec tous les autres États dans le respect de nos peuples respectifs ». « Le credo de notre lutte demeure le respect du droit de notre peuple à s’autodéterminer », a souligné le président congolais.

    Les ADF, bientôt éradiqués à Beni ?

    Joseph Kabila a également appelé les Congolais à la « vigilance », soulignant que « les menaces à l’intégrité de notre territoire, à la stabilité de nos institutions ainsi qu’à la cohésion nationale demeurent persistantes et pressantes ».

    Le président congolais a toutefois promis l’éradication des rebelles ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF) qui terrorisent une partie du territoire de Beni, dans l’est de la RD Congo.

    Le dialogue, une « option irréversible »

    Sur le plan politique, Joseph Kabila a soutenu que l’option d’un dialogue politique dans le pays est « irréversible » et a encouragé le facilitateur Edem Kodjo à « finaliser ses consultations en vue de l’ouverture rapide de ce forum ». Mais pour l’instant, l’opposition regroupée autour d’Étienne Tshisekedi pose plusieurs préalables et conditions avant de prendre part à des pourparlers avec le pouvoir.

    En attendant, le chef de l’État se tourne vers la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) et l’encourage à poursuivre la relance du processus électoral. Joseph Kabila a enfin appelé les Congolais à participer massivement aux opérations d’enrôlement des électeurs à venir.

    JA

  • Kinshasa accuse Katumbi de chercher à détourner l’attention de ses déboires judiciaires

    Kinshasa accuse Katumbi de chercher à détourner l’attention de ses déboires judiciaires

    katumnbi-Mende-Le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende, qualifie de “déclaration d’un condamné de justice” les dernières critiques de l’ancien gouverneur de l’ex-province du Katanga rappelant au président Joseph Kabila qu’il avait l’obligation de rassurer sur son départ le 19 décembre 2016 comme le prévoit la Constitution de la RDC.

    M. Mende a aacusé vendredi l’opposant Moïse Katumbi, candidat déclarée à la présidentielle en RDC, de se lancer dans une “tentative pathétique” pour détourner l’attention de ses déboires judiciaires en République démocratique du Congo.

    “La longue diatribe” de M. Katumbi à l’encontre du président Joseph Kabila “est une tentative pathétique de détourner l’attention et distraire l’opinion publique au sujet de ses multiples ennuis avec la justice de son pays”, indique un communiqué de Lambert Mende.

    Évoquant, jeudi, le message de M. Kabila à la nation à l’occasion de la commémoration de l’indépendance, le 30 juin 1960, M. Katumbi avait accusé le chef de l’État d’entretenir le “flou” autour de son avenir politique.

    M. Katumbi qui séjourne en Europe a estimé dans un communiqué que le président Kabila avait “l’obligation de rassurer sur son départ le 19 décembre 2016” et que “cette opportunité ratée” risquait d’enfoncer la RDC dans “une crise plus grave”.

    “C’est la déclaration d’un condamné de justice qui tente, désespérément et maladroitement, de rassembler ses forces pour se défendre du forfait qui lui est reproché”, a ajouté M. Mende.

    La semaine dernière, M. Katumbi a été condamné par contumace à trois ans de prison dans une affaire de spoliation immobilière, ce qui le rend pour l’heure inéligible.

    Pour l’opposant, cette affaire est “inventée de toutes pièces” afin “d’empêcher [sa] candidature à la présidentielle”.

    M. Katumbi a quitté la RDC le 20 mai sous la menace d’un autre procès pour “atteinte à la sûreté de l’État”.

    Ex-allié de poids de M. Kabila, il est passé dans l’opposition en septembre dernier en même temps qu’il démissionnait de ses fonctions de gouverneur de l’ex-Katanga, province du sud-est de la RDC, accusant M. Kabila de chercher à violer la Constitution pour se maintenir au pouvoir.

    Le président Kabila dirige la RDC depuis 2001, son mandat expire en décembre et la Constitution lui interdit de se représenter. L’opposition l’accuse depuis des mois de chercher à s’accrocher au pouvoir quant à retarder l’organisation de la présidentielle.

    En mai, la Cour constitutionnelle a autorisé M. Kabila à se maintenir à la tête du pays dans le cas où ce scrutin ne serait pas organisée dans les temps.

    Pour M. Katumbi, toutefois, “le 20 décembre 2016, Joseph Kabila ne dirigera plus la RDC”.

    Avec AFP

  • Enfin Malumalu est mort, a annoncé l’eglise catholique

    Enfin Malumalu est mort, a annoncé l’eglise catholique

    malu-L’évêque de Butembo-Beni, Sikuli Paluku Melchisédech, a annoncé la mort de l’abbé Malumalu le jeudi 30 juin à Dallas aux Etats-Unis.
    « Nous présentons nos condoléances chrétiennes à la famille biologique de Monsieur l’abbé, à tous les prêtres, aux personnes consacrées, aux fidèles catholiques de Butembo-Beni et à tous ceux qui sont affligés par cette triste nouvelle », indique un communiqué publié par le prélat catholique.

    La nouvelle de la mort de l’ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a été confirmée par son frère, Emmanuel Tavulya.
    « L’abbé était tombé malade. Il a vraiment enduré. A ce jour, le seigneur a décidé autrement, contrairement à tout ce que nous avons toujours eu comme prière. Il est vrai que le seigneur l’a rappelé auprès de lui, cette nuit à 22h30 (heure de Kinshasa), pratiquement 16h30, heure de Dallas », a déclaré Emmanuel Tavulya à Radio Okapi.

    Il a fait savoir ne pas disposer des précisions sur le programme du rapatriement du corps et des obsèques, expliquant que le défunt était prêtre du diocèse de Butembo-Beni et ancien président de la CENI.
    « Pour le moment, je préfère m’arrêter juste au niveau de l’information parce que qu’il y aura toute une organisation pour ça. Un communiqué vous sera transmis dans les heures ou les jours à venir », a-t-il indiqué.

    Vous pouvez écouter les propos du frère de l’abbé Malumalu.

     L’abbé Malumalu a dirigé la commission électorale en RDC à deux reprises. D’abord entre 2006 et 2011. C’est lui qui était à la tête de cette institution lors des élections présidentielle et législatives de 2006. Il avait repris les commandes de la commission électorale en 2013 avant de démissionner en 2015 pour des raisons de santé.

    Il était allé se faire soigner aux Etats-Unis.

    Le 1er juin dernier, l’ambassadeur de la RDC aux Etats-Unis, François Balumuene, avait annoncé le décès de l’abbé Malumalu à la presse. Une information démentie ensuite par le porte-parole du gouvernement congolais qui avait indiqué que le cœur de l’ancien président de la CENI continuait de battre.

    Radio Okapi

  • 30 juin 1960, la RD-Congo n’est pas indépendante

    30 juin 1960, la RD-Congo n’est pas indépendante

    tshiyoyo-En assassinant Lumumba en 1961, la Belgique, l’Angleterre et les USA prévenaient les Congolais que la RD-Congo n’était pas un pays indépendant, que cette terre ne leur appartenait pas…

     

    Sous la direction de Thomas Giefer, le documentaire intitulé « Politicalassassination » aborde la question de l’assassinat de Lumumba. Dans cette vidéo, et juste au commencement du film, quatresujets,dont trois Belges et un Américain, s’y expriment.

     

    Le premier qui prend la parole, et qui nous intéresse, est de nationalité belge. Pour ne pas dire de « civilisation » occidentale. L’homme est à son aise quand il exhibe le reste de ce qu’il dit garder jalousement et fièrement de Lumumba, à savoir quelques dents appartenant à Lumumba. De lui, on apprend notamment ce qui suit, et je cite : « Imaginez qu’on a tué Lumumba. Et on vient vous dire de faire disparaitre son corps dans un pays qui n’est pas le vôtre », fin de citation.Le second qui s’exprime à son tour se nomme Jacques Brassine. Il est aussi belge et fonctionnaire. Pour lui, et je cite notamment: « Lumumba était dangereux pour nous,[pour les Belges et la Belgique], dans ce sens qu’il n’était pas susceptible d’être ouvert à des solutions que parfois « nous » (la Belgique), nous souhaiterions être réalisées ». Fin de citation.

     

    Et le troisième belge de la série, et qui fait entendre sa voix dans la vidéo, se nomme le colonel Louis Marlière. Lui également, et presque dans le même sens que les deux autres, déclare notamment : « Lumumba a choisi le mauvais côté. Il était communiste. Il a choisi le camp des Russes plutôt que de l’Occident ». Last but not least, comme on le dit en anglais, vint le tour de l’Américain. Il fut agent de la CIA. Il étaiten service commandé à Kinshasa à l’époque. Pour lui aussi : « Lumumba était un danger à la fois pourle Congo et le reste du monde. En ce sens qu’il autorisait les Soviets à s’installer. Nous (les Américains) avions de bonnes raisons de penser qu’ils allaient prendre le contrôle du pays ».

     

    Leprésent texte ne cherche pas à analyser le pourquoi de leurs propos, ni à leur accorder une certaine légitimité. Il ne cherche non plus à comprendre le comment de l’assassinat de Lumumba, ni à faire le procès de son meurtre. Mais, et à partir de raisons susmentionnées, il va tenter de démontrer que la RD-Congo n’a jamais été, et elle ne l’est toujours pas aujourd’hui, un pays indépendant alors que l’homicide de Lumumba intervenait quelques mois seulement après que les forces colonisatrices ont verbalement proclamé l’indépendance en ce jour du 30 juin 1960 de ce qui n’existait pas encore comme un État libre et souverain et qui ne le sera jamais : un État tout court.

     

    De prime à bord, nous faisons remarquer la contradiction dans les propos du Belge qui étalait son butin de guerre, c’est-à-dire le reste de la denture de Lumumba. Car affirmer que la RD-Congo ne fut pas son pays et en même temps réussir à faire disparaitre le corps de Lumumba dans un pays qui n’était pas supposé être le sien sans y rencontrer des difficultés ou une opposition quelconque, c’est prendre des Congolais pour de grands enfants. Si non, comment expliquer son exploit dans la réalisation de son forfait ? Et j’ouvre ici une parenthèse. La denture de Lumumba dont il expose, et ce librement et avec sourire, son geste, ce geste, n’a jamais fait, à ma connaissance, l’objet de condamnation de la part, ni l’église catholique, ni d’autres institutions championnes de la morale et de l’éthique. Aucune d’entre elles n’a jamais condamné en public l’exposition de la denture de Lumumba. Et même pas le gouvernement congolais. C’est pour dire que la RD-Congo a toujours appartenu et appartient encore aujourd’hui à la Belgique qui la gèrepour le compte de son maître anglo-saxon. Je ferme la parenthèse.

     

    C’est pareil avec les déclarations des autres qui accusèrentLumumba d’avoir choisi le mauvais camp. Et admettions que Lumumba ait posé ce choix, le crime dont il est incriminé par ceux qui étaient supposés lui apportaient la civilisation, le droit et la liberté individuelle, le respect de la constitution d’un pays et la démocratie. Que son choix fûtbon ou pas, mais ce fut quand même son choix, le choix d’un homme qui croyait être libre, selon l’entendement d’une civilisation qui le lui faisait savoir bien avant qu’il le fût, libre. Et le condamner à mort malgré tout, uniquement pour son goût à la liberté, explique aujourd’hui encore que Lumumba ne fût jamais libre, lui et le pays auquel il croyait tout bonnement appartenir.

     

    Maisc’est quoi la souveraineté et l’indépendance d’un pays ou d’un peuple quand l’essayiste et journaliste français, Natacha Polony se pose la même question et dénonce « l’immense escroquerie [qui] consiste à nous faire croire qu’il peut exister une liberté des individus sans une souveraineté du peuple.  [..] Comment les individus seraient-ils libres sans avoir la possibilité de se choisir un destin commun en tant que peuple, en tant qu’entité politique qui se forme volontairement ? Les individus supposément libres dont on nous parle ne sont que des monades solitaires réduites à leur qualité de consommateurs mais privés de leur autonomie politique, de leur citoyenneté. [Et] Parler de nation, parler de peuple, c’est en mettre en évidence la dimension politique […] Le contraire de la souveraineté, c’est l’esclavage et la soumission. Un peuple souverain est un peuple libre, tout comme un individu souverain est celui qui a pu se forger son propre jugement, et qui s’est émancipé, notamment par l’éducation et par l’école », (voir son interview dans Figaro du 16 juin 2016 : L’appel à la résistance du 18 juin n’a jamais été aussi actuel).

     

    Voilà ce qui nous amène à affirmer qu’un peuple qui se veut se libérer du joug de son maître ne fête son indépendance, l’indépendance nationale de son pays, en présence de son ancien maitre. Il ne laisse pas non plus le service de son protocole lui accorde la première place dans la prise de la parole et ce devant et avant le discours de Kasavubu qui intervint après celui du roi Baudoin de la Belgique ce 30 juin 1960 à Kinshasa. Qui était le maître ? On ne discute pas de la date de l’indépendance d’une nation, d’un peuple en cherchant l’accord de son ancien maître, de commun accord avec lui. L’indépendance, aimait à dire Lumumba, ne s’accorde pas sur un plateau d’agent. Elle s’arrache ». Et le peuple qui le fait ignore ce que veut dire indépendance, indépendance nationale, c’estquoi être indépendant. Lumumba et son peuple demeuraient encore esclaves.

     

    Dans « Ces fruits si doux de l’arbre à pain », un roman- testament politique, l’auteur congolais de Brazzaville, Tchicaya U’Tam’Si va dans le même sens quand il exprime sa désolation devant le fait que : « Jamais un chant dont la vogue a été vertigineuse n’est passé de mode si vite. On s’est foulé les chevilles en dansant sur l’air de ce chant venu de Léo : Independa ! Cha-cha.  C’est croire que les Blancs se sont moqués de nous ! […] Les Blancs nous ont laissé leurs boys et leurs plantons pour maîtres. Nous ne nous promettions sans doute pas pour le lendemain ces coups de poing qu’ils nous flanquent tous les jours en plein estomac. La nausée et le sentiment de s’être payé à bon compte mille illusions » (Tchicaya, 1987 : 30).

     

    Lumumba a été tué pour que plus jamais l’Occident n’entende le refrain de l’indépendance, pour que plus jamais personne, de ceux qui restent et viennent après lui ne dise à l’Occident : « Nous avons connu … ». « Ça s’annonce pis, [écrit Tchicaya U’Tam’Si] que tout ce que « nous avons connu » ! pour reprendre le mot de Lumumba, le pauvre ! Oui : « nous avons connu ! » Ah ! ce que « nous avons connu » ! …Ceux d’ici ont prêté main-forte à ses bourreaux. […] La misère du pauvre Noir ne finira-t-elle donc jamais ? Voilà ! il disait « Nous avons connu… » ! Combien d’autres le diront encore dans ce temps à venir, parce que ce n’est pas encore demain la fin », (Tchicaya, 1987 : 71).

     

    Alors, Il y a lieu de s’interroger sur le pourquoi la RD-Congo organise des manifestations militaires et d’autres réjouissances populaires à la date du 30 juin de chaque année. Nous savons que cette question paraît saugrenue à ceux qui estiment le contrairealors qu’ils peinent à démontrer dans leur vie quotidienne et dans l’exercice de leur fonction une parcelle de liberté et une fierté d’être congolais.

     

    Mais il ne suffit pas d’avoir une constitution et de la clamer haut. Il ne suffit pas d’avoir fait ses études en Belgique ou ailleurs et s’autoproclamer expertise et experts. Il ne suffit pas de se faire appeler gouvernement, sénat, chambre basse ou encore général d’une armée nationale, son armée. Et dans la foulée, nous apprenons que le Congo est doté d’une monnaie nationale avec effigie de Lumumba et autres. Et pour ces mêmes personnes, le fait que la RD-Congo ne soit pas en Afrique le seul État dans sa situation entérine son indépendance.À quoi sert toute cette science quand elle ne peut libérer un peuple et l’aider à mieux appréhender son état de misère.

     

    Nous nous demandons comment on peut parler d’indépendance nationale quand tout nous échappe. L’assassinat de Lumumba ne fut pas l’œuvre de Congolais eux-mêmes. Il ne fut pas conçu mentalement et matériellement par une volonté interne mais il fut un diktat extérieur. Des nègres firent le sale boulot. L’accession de Mobutu au pouvoir ne fut pas conçue mentalement et matériellement par une volonté interne. Le départ de Mobutu et son remplacement par l’AFDL (L’Ouganda, le Rwanda, les Kadogos, Laurent Désiré Kabila et autres] ne furent pas conçus mentalement et matériellement par une volonté interne. L’assassinat de Laurent Désiré Kabila et la suite de tout ce qui arrive comme conséquence ne furent pas conçus mentalement et matériellement par une volonté interne. La création du MLC, du RCD, du PPRD, Sun City et autres notamment tous ces hommes dits politiques, qui sont habillés en costumes et cravates et qui font le tour du monde, ne sont pas conçus, fabriqués par une volonté interne. Un peuple est jugé par sa capacité à créer ses propres hommes politiques, ses propres partis politiques, son intelligence à organiser et à assassinerses propres hommes politiques, et ce quand l’intérêt de la nation le recommande. Mais chez nous tout échappe à un vouloir congolais, à une volonté congolaise. C’est quoi être indépendant quand il n’y a pas de volonté nationale ? Loin de nous l’idée de reprocher à qui que ce soit ses fréquentations et ses choix, mais nous nous insurgeons contre le fait de toujours engendrer des générations de soumis, de ceux qui obéissent pendant que les autres enfantent ceux qui sont appelés à demeurer nos maîtres et les maîtres de notre jeunesse.

     

    Nous et les Autres…

    On nous dit souvent que vous ne faites qu’accuser les autres. Mais non, l’Autre, avec « A » majuscule, est responsable de nos malheureux, de tout ce qui nous arrivent comme peuple en RD-Congo. Et en parlant de lui, nous aidons notre conscience, nous la cultivons à ne jamais oublier que l’Autre, avec A majuscule, est toujours présent. Et il sera toujours présent dans la vie,dans notre vie, parce que nous sommes et resterons en relation avec lui, il est là dans l’existence de la RD-Congo. Et jamais, il n’abandonnera la RD-Congo qu’il considère comme sa proie, comme son butin de guerre, comme son objet.

     

    A Ceux qui, parmi nous, veulent ignorer l’Autre, nous disons qu’ils ne connaissent rien de la vie, de l’homme et de son existence, qu’ils ne font jamais attention à la relation qu’ils ont avec l’autre, avec autrui. La non connaissance de l’Autre et de soi, de sa relation avec lui, est un crime, qui doit être puni. Car dans la culture de l’Autre, selon son savoir et même dans la tradition de l’être humain, l’homme n’est jamais seul. Bakhtine affirme que c’est dans le regard de l’autre que j’existe. Et nous d’ajouter que je n’existe pas. Et il en sera toujours ainsi en relation avec autrui, avec l’autre. Soit on existe, soit on n’existe pas. Dans sa nature, l’autre se considère comme une lionne, comme un ours. Il se conduit comme tel, en animal sauvage. D’où, il nous est rappelé de ne jamais baisser les bras. Franz Fanonnous y invite quand il affirme que « Notre tort à nous, Africains, est d’avoir oublié que l’ennemi ne recule jamais sincèrement. Il ne comprend jamais. Il capitule, mais ne se convertit pas. Notre tort est d’avoir cru que l’ennemi avait perdu de sa combativité et de sa nocivité », (Lire. Fanon : « La mort de Lumumba : pouvions-nous faire autrement ? ». Le savoir et le répéter n’est pas seulement synonyme d’éveil de conscience mais une victoire sur l’Autre.

     

    C’est la passion, l’amour de la patrie, de mes frères et sœurs, de la terre de nos ancêtres qui habitent en nous et animent chacun de nos mouvements. C’est pourquoi, nous en parlons et en parleront toujours, et ce tant que le souffle animera notre organisme.

     

    Le temps est venu pour faire rêver la jeunesse de la RD-Congo. Le temps est venu pour elle d’arracher au prix de sacrifice l’indépendance de la nation.

     

    Likamboyamabele, likamboyamakila.

     

    Mufoncol Tshiyoyo  

    Le Président National du Rassemblement pour l’Alternative Politique en RDC. R.A.P-en sigle Mouvement Politico-militaire,
    mufoncol_tshiyoyo@yahoo.com,
    004745007236, Facebook : Mufoncol Tshiyoyo

     

  • Raphaël Katebe demi frere de Katumbi dit « Le pouvoir congolais cherche à fragiliser Katumbi »

    Raphaël Katebe demi frere de Katumbi dit « Le pouvoir congolais cherche à fragiliser Katumbi »

    katebe-Raphaël Katebe Katoto, proche de l’opposant historique congolais Étienne Tshisekedi, s’est confié lundi à Jeune Afrique. Membre du “conseil des sages de l’opposition”, l’homme d’affaires revient sur les ennuis judiciaires de Moïse Katumbi, son demi-frère et candidat déclaré à la présidentielle en RD Congo.

    « Les ennuis judiciaires de Moïse Katumbi ne font que commencer. » L’opposant et homme d’affaires congolais Raphaël Katebe Katoto, demi-frère du dernier gouverneur de l’ex-Katanga, en est convaincu.

    Joint au téléphone le 26 juin par Jeune Afrique, ce proche d’Étienne Tshisekedi (il a été l’un des artisans du rassemblement de l’opposition congolaise début juin autour de l’opposant historique à Genval, dans la banlieue bruxelloise), soutient mordicus être le propriétaire de l’immeuble qui a conduit, le 22 juin, à la condamnation de Moïse Katumbi à 36 mois de prison et à une amende d’un million de dollars américains. C’est un citoyen grec, Alexandre Stuupis qui l’accusait d’avoir fait usage de faux en écriture pour s’approprier une parcelle dans la commune de Kampemba, à Lubumbashi.

    Jeune Afrique : Pourquoi avez-vous décidé de porter plainte contre le Grec Alexandre Stuupis, qui accuse Moïse Katumbi de spoliation ?

    Katete Katoto : J’ai porté plainte parce que c’est un immeuble qui m’appartient. Stuupis n’est qu’un imposteur. C’est un propriétaire fabriqué de toutes pièces par les services de sécurité. Il prétend que c’est un bien qui appartenait à sa tante ou àsa mère alors que j’étais locataire dans l’immeuble auprès de la Sonas [Société nationale des assurances] en 1970. À cette époque, Moïse [Katumbi] vivait dans cette maison. Il n’avait que six ans.

    Moïse Katumbi fait peur au camp Kabila.

    C’est l’ancien propriétaire du bâtiment qui avait en effet donné mandat à la Sonas de le louer ou de le vendre. En 1976, la Sonas a décidé de vendre l’immeuble, donnant priorité au locataire pour l’achat. C’est ainsi que j’en suis devenu propriétaire. Moïse [Katumbi] n’avait que 12 ans. J’en détiens le titre de propriété depuis 40 ans. Et en RD Congo, la loi stipule qu’un titre de propriété n’est plus attaquable après trois ans.

    Extrait du certificat d’enregistrement (titre de propriété) détenu par Raphaël Katebe Katoto.

    D.R

    Vous soutenez être le propriétaire de l’immeuble disputé, mais c’est Moïse Katumbi, votre demi-frère, qui est cité dans l’affaire…

    C’est une affaire montée de toutes pièces. Et mal montée. Après l’affaire de recrutement présumé de mercenaires qui a échoué, le régime a fabriqué cette histoire de spoliation d’immeuble mais le but reste le même : fragiliser un concurrent politique, un candidat à la présidence de la République. Avec son leadership et sa popularité, Moïse Katumbi fait peur au camp Kabila.

    Je connais les méthodes du régime en place à Kinshasa. En 2002, j’en ai été également victime lorsque je m’étais déclaré candidat pour la présidence de la transition. La justice m’a condamné à perpétuité dans une affaire de meurtre d’un Grec, là encore montée de toutes pièces. La Cour suprême m’avait finalement blanchi, reconnaissant ainsi qu’il s’agissait d’une condamnation politique.

    Ce n’est pas fini. Le pouvoir va continuer à utiliser ces méthodes pour diaboliser Moïse Katumbi. Comme moi il y a quelques années, il sera bientôt accusé d’entretenir une rébellion pour déstabiliser le pays.

    En attendant, Moïse Katumbi a été condamné à trois ans de prison. Que vous inspire ce verdict ?

    C’est un faux jugement.  Il ne vaut rien. La procédure a été bafouée tout au long de l’instruction. Récusée par une instance judiciaire supérieure, la juge du tribunal de paix de Kamalando est passée outre et continuer à siéger. Elle a ignoré les attestations médicales et le document du parquet général de la République autorisant Moïse Katumbi à aller se soigner à l’étranger.

    Pis, cette juge a rendu sa décision au lendemain de la prise de l’affaire en délibéré, sans donner la parole à la défense. L’un de ses collègues a même refusé de signer le verdict et a fait l’objet d’intimidation de la part de services de renseignement.

    Que répondez-vous à ceux qui, au sein de la Majorité présidentielle (MP), soutiennent que les ennuis judiciaires de l’opposant Katumbi ne sont que la conséquence d’infractions de droit commun qu’il aurait commises régulièrement ?

    Comment expliquent-ils le fait que Moïse Katumbi soit poursuivi dans cette affaire de spoliation alors qu’il n’est pas propriétaire de l’immeuble ? Il a été condamné parce qu’il s’est déclaré candidat à la présidentielle à venir.

    Cette condamnation de Katumbi aura-t-elle une incidence sur les tractations en cours entre l’opposition, la majorité au pouvoir et le facilitateur Edem Kodjo en vue de la tenue d’un dialogue politique inclusif en RD Congo ?

    Kabila a tout mis en oeuvre pour s’accrocher au pouvoir.

    Nous n’acceptons pas de dialogue convoqué par le président Joseph Kabila. D’autant que c’est lui le problème : il veut s’accrocher au pouvoir et a tout mis en oeuvre pour que la présidentielle ne se tienne pas dans les délais constitutionnels.

    Qu’à cela ne tienne, l’opposition va continuer à dénoncer cette fausse condamnation de Katumbi de toutes ses forces. Nous allons l’attaquer sur la forme et sur le fond pour obtenir son annulation.

    Regroupée autour d’Étienne Tshisekedi, l’opposition exige également la libération des prisonniers politiques. Est-ce un préalable à la participation de ce dernier au dialogue politique ?

    Nous avons récemment rencontré le facilitateur Edem Kodjo et nous lui avons rappelé que nos conditions demeurent incontournables. Nous exigeons en effet la libération de tous les prisonniers politiques, l’arrêt de tous les procès politiques et la présence des États-Unis dans le panel de la facilitation. Si les Américains sont impliqués dans le dialogue, ils veilleront à l’exécution des résolutions qui seront adoptées lors du dialogue.

    Comment le « comité des sages » de l’opposition, dont vous faites partie, a-t-il reçu la décision du département du Trésor américain de geler des avoirs du général Célestin Kanyama, chef de la police à Kinshasa ?

    C’est une décision qui nous réconforte et nous la saluons. Nous ne cessons de dénoncer les agissements de ce régime qui dérive vers la dictature.

  • Kikaya Bin Karubi : « La sanction des États-Unis contre le général Kanyama n’a pas d’impact sur la RD Congo »

    Kikaya Bin Karubi : « La sanction des États-Unis contre le général Kanyama n’a pas d’impact sur la RD Congo »

    kikaya-En séjour à Washington où il conduit une mission de plaidoyer, Bernabé Kikaya Bin Karubi revient pour Jeune Afrique sur le gel des avoirs du général Célestin Kanyama, chef de la police à Kinshasa, décidé par les États-Unis. Entretien exclusif avec l’un des principaux conseillers du chef de l’État congolais.

    Décidément, la pression internationale sur les autorités congolaises fuse de toutes parts. Alors qu’il se trouvait depuis le 21 juin à Washington pour tenter de dissuader le parlement américain – Sénat et Chambre des représentants – à adopter des sanctions contre les proches du président Joseph Kabila, Bernabé Kikaya Bin Karubi, principal conseiller diplomatique du chef de l’État congolais, n’a rien pu faire pour empêcher la décision prise jeudi par le département du Trésor américain de geler les avoirs du général Célestin Kanyama, chef de la police à Kinshasa, accusé de « violences contre les civils ».

    Nous l’avons joint par téléphone ce 24 juin.

    Jeune Afrique : Le gel des avoirs du général Kanyama, commissaire provincial de la police à Kinshasa, signe en quelque sorte l’échec de votre plaidoyer auprès des États-Unis…

    Kikaya Bin Karubi : Dès mon arrivée à Washington, le 21 juin, les autorités américaines m’avaient déjà fait savoir qu’il s’agissait d’une décision du président Barack Obama lui-même. Un executive order qui n’était pas soumis à l’appréciation de la Chambre des représentants ni du Sénat.

    Sanctionner un officier congolais est une décision malheureuse de la part des États-Unis.

    En vérité, pour les États-Unis, sanctionner le général Kanyama n’est qu’une décision symbolique. D’autant que ce commandant de la police dans la ville de Kinshasa – d’après lui-même – ne dispose pas d’avoirs aux États-Unis, ni d’ailleurs en Europe. Il ne lui y est par ailleurs pas demandé de voyager aux États-Unis ou en Europe dans l’exercice de ses fonctions.

    Ne pouvant plus traiter avec les partenaires internationaux, ne craignez-vous pas que le chef de police dans la capitale congolaise ne soit considéré comme un paria de la communauté internationale ?

    Le rôle d’un commandant de la police de Kinshasa est de veiller à la sécurité des habitants de la capitale. La RD Congo ne voit pas l’impact qu’auront ces mesures et regrette toutefois cette ingérence des États-unis dans le domaine de maintien de l’ordre public à Kinshasa.

    Comment le président Joseph Kabila a-t-il reçu cette sanction ?

    La présidence de la RD Congo considère que c’est une décision malheureuse de la part des États-Unis qui sont pourtant un de nos importants partenaires. Comme la réciprocité constitue le principe premier en relations internationales, nous étudions déjà comment nous allons réagir…

    Une rupture de relations diplomatiques avec les États-Unis est-elle envisageable ?

    Nous n’en sommes pas encore là. Nos relations avec les États-Unis sont évidemment très importantes. Nous ne pouvons pas les suspendre complètement à cause de cet incident. Toujours est-il que nous devons réfléchir afin qu’une pareille situation ne se reproduise plus dans nos rapports bilatéraux.

    L’Union européenne et le Conseil de sécurité menacent par ailleurs de sanctionner les personnalités congolaises qui entravent le processus démocratique. Que va faire Kinshasa pour rassurer ses partenaires internationaux ?

    Nous sommes surpris en effet de voir que le Parlement européen et le Conseil de sécurité ne comprennent pas ou ne veulent pas comprendre la situation telle qu’elle se présente en RD Congo. Prenons la problématique du respect du délai constitutionnel [la Constitution congolaise voudrait que le corps électoral soit convoqué 90 jours avant le 19 décembre, date de la fin du second mandat de Joseph Kabila, ndrl]. La Cour constitutionnelle, seule institution habilitée à interpréter notre Constitution, a déjà réglé la question. Idem pour la question de l’organisation des élections dans les délais. Des experts des Nations unies se sont rendus en RD Congo pour examiner la situation et ont conclu qu’il était impossible d’organiser la présidentielle d’ici le 27 novembre 2016 [échéance prévue dans le calendrier global des scrutins].

    Par ailleurs, des experts de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) ont audité l’actuel fichier électoral congolais et ont estimé qu’il était impossible d’organiser des élections crédibles sur base dudit fichier.

    Après toutes ces conclusions d’experts onusiens et de l’OIF, l’UE et le Conseil de sécurité font la sourde oreille. Ce qui nous pousse à conclure qu’il y a un acharnement contre le président Kabila et la population congolaise. C’est inacceptable !

    En attendant, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté, le 23 juin, la résolution 2293 qui insiste de nouveau sur le dialogue politique inclusif et la tenue de la présidentielle et des législatives en novembre 2016. Cette résolution s’inquiète aussi du « rétrécissement de l’espace politique dans le pays » et de l’arrestation d’opposants…

    Depuis bientôt un an, le président Kabila appelle au dialogue, mais des opposants n’en veulent pas. Entre-temps, la RD Congo doit continuer de fonctionner et quiconque a des problèmes avec la justice doit répondre de ses actes.

    Que répondez-vous par exemple à ceux qui voient la main du pouvoir dans les deux affaires judiciaires enclenchées contre l’opposant Moïse Katumbi, candidat déclaré à la présidentielle ?

    Il n’y a aucun acharnement du pouvoir à l’encontre de Katumbi.

    Moïse Katumbi a des problèmes avec la justice. Un Américain qui travaillait illégalement dans le pays a été arrêté et entendu par la justice. C’est lui qui a dit que Moïse Katumbi l’avait invité en RD Congo. C’est dans ce sens que l’ancien gouverneur de l’ex-Katanga a été à son tour entendu. Il y a plusieurs dossiers judiciaires dans lesquels M. Katumbi est cité. Il n’y a aucun acharnement du pouvoir à son encontre.

    Que dire de ces jeunes militants de Filimbi et de la Lucha contraints à l’exil ou détenus dans les prisons congolaises ?

    La justice détient des enregistrements sur lesquels on entend certains dire : « Allez chercher les gens de Kabila et tuez-les ! Brûlez leurs voitures. Vous savez aussi où leurs enfants vont à l’école. » Il faut savoir distinguer un prisonnier politique d’un politique en prison.

    Dans ces conditions, comment décrisper le climat politique pour amener le pays vers des élections apaisées ?

    Pour nous, il n’existe qu’une seule voie : le consensus. C’est ce que le président Kabila recherche dans le dialogue qu’il a convoqué. Les Congolais doivent se mettre ensemble et s’entendre sur le système électoral et sur l’avenir de notre pays. D’autant que les élections de 2006 et de 2011 avaient conduit à des violences.

    Tout Congolais qui a une fibre nationaliste doit donc venir au dialogue et arrêter d’appeler à des manifestations à des fins politiques. Car soulever la rue à Kinshasa, on sait quand ça commence mais on ne sait pas quand ça se termine.

    JA

  • Raphaël Katebe Katoto a un compte personnel à régler avec Joseph Kabila

    Raphaël Katebe Katoto a un compte personnel à régler avec Joseph Kabila

    Tshisekedi-Kyungu-Artisan du grand rassemblement de l’opposition, organisé début juin en Belgique, Raphaël Katebe Katoto est l’aîné de Moïse Katumbi. Homme d’affaires prospère et influent, il a un compte personnel à régler avec le chef de l’État, Joseph Kabila.

    Sur la photo, Raphaël Katebe Katoto arbore un sourire malicieux. Ce 6 juin, le demi-frère de Moïse Katumbi vient de réaliser un joli coup. Il est parvenu à rassembler deux adversaires irréductibles pour une poignée de main symbolique : Étienne Tshisekedi, l’opposant historique, originaire du Kasaï, et Gabriel Kyungu, affectueusement surnommé Baba (« papa », en swahili), à Lubumbashi. Kyungu est un ancien gouverneur du Katanga, très régionaliste ; il a dirigé de violentes campagnes d’expulsion contre les Kasaïens dans les années 1990.

    Entre les deux hommes, le contentieux était lourd. « Ils ne se parlaient plus depuis plus de vingt ans, et le pouvoir faisait tout pour garder Kyungu de son côté », rappelle Katebe Katoto, pas peu fier de les avoir réunis.

    À Kinshasa, l’image a fait le tour des réseaux sociaux, suscitant l’incrédulité, voire, chez les jeunes supporters de Tshisekedi, l’hostilité. Mais elle a aussi inquiété le Palais. Elle laisse entrevoir un rapprochement, encore inenvisageable il y a quelques mois, entre l’ouest et l’est de ce pays très divisé. Un rapprochement pour barrer la route à Joseph Kabila, qui n’a visiblement pas l’intention de quitter le pouvoir en décembre, comme le prévoit la Constitution.

    Vers une fin des dissensions au sein de l’opposition congolaise

    Pour Katebe Katoto, cette rencontre n’était que le hors-d’œuvre. Le plat de résistance, ce fut le « conclave de l’opposition », organisé dans la banlieue de Bruxelles les 8 et 9 juin. Pendant deux jours, le Château du lac, avec ses pelouses impeccables et ses hommes politiques tirés à quatre épingles, dégageait une atmosphère de mariage. Costume et lunettes teintées, Katebe Katoto serrait des mains en pagaille. Moïse, son frère, n’était pas là (lire encadré), mais il le représentait, avec ce sourire et ces intonations qu’ils partagent.

    A-t-il contribué au financement de la réunion ? « L’important, c’est de réunir tout le monde autour de Tshisekedi pour défendre la démocratie », élude-t-il. Vital Kamerhe n’est finalement pas venu, et Jean-Pierre Bemba n’a pas envoyé de représentants. En revanche, les soutiens de Moïse Katumbi étaient présents en grand nombre. Katebe Katoto, lui, a été nommé au « conseil des sages », qui chapeaute ce « Rassemblement de l’opposition ». Kinshasa a immédiatement dénoncé une tentative de coup d’État institutionnel.

    Katebe Katoto fut un intermédiaire clé entre son frère et « Le Vieux ». Exilé à Bruges, en Belgique, depuis deux décennies, Katebe Katoto est resté très proche de Moïse, de vingt ans son cadet (une source diplomatique décrit les deux hommes comme très « attachés » l’un à l’autre). Il jouit également de la confiance d’Étienne Tshisekedi, pour qui il organise même certaines rencontres.

    Katebe et Tshisekedi, respectivement 71 et 83 ans, se connaissaient déjà du temps du Zaïre de Mobutu. Tshisekedi était l’un des bras droits du maréchal, avant de devenir son principal opposant dans les années 1980. Katebe Katoto était un puissant homme d’affaires du Shaba, comme on appelait alors le Katanga, avec un intérêt marqué pour la politique.

    Comme Moïse Katumbi, il est le fils de Nissim Soriano, un Juif originaire de l’île de Rhodes. Enseignant de formation, il a fait fructifier la fortune familiale en devenant sous-traitant de l’entreprise minière d’État, la Gécamines, qu’il approvisionnait en produits frais et dont il transportait le minerai.

    Allié de longue date avec Étienne Tshisekedi

    Mais c’est en 2002 que Katebe Katoto se rapproche véritablement de Tshisekedi. Les belligérants de la deuxième guerre du Congo négocient alors la fin du conflit dans la ville sud-africaine de Sun City. Le président Joseph Kabila et le rebelle Jean-Pierre Bemba sont en train de trouver un accord pour gouverner ensemble, marginalisant de fait le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD-Goma, soutenu par le Rwanda) et l’opposition non armée, incarnée par Tshisekedi. Katebe Katoto parvient à les rassembler au sein de l’Alliance pour la sauvegarde du dialogue (ASD). Et c’est l’ASD qui, avec le soutien de la communauté internationale, obtiendra que l’on revienne à des négociations inclusives.

    À cette période, Tshisekedi se rend à Kisangani, contrôlé par le RCD-Goma, ainsi qu’à Kigali. Aux yeux de nombreux Congolais, allergiques à tout ce qui touche, de près ou de loin, au Rwanda, cet épisode est une tache dans le parcours de « l’opposant historique », mais Raphaël Katebe Katoto assume : « Cette alliance était vitale. Sinon, le RCD allait déclencher la troisième guerre du Congo ! » En 2003, Katebe Katoto deviendra le vice-président du parti.

    Très convoité pour sa fortune et ses réseaux, Raphaël Katebe Katoto s’imagine alors à la tête de la transition, à la place d’un Joseph Kabila pour lequel il n’a que peu de considération. « Il était anormal qu’il dirige une transition alors qu’il était candidat à la présidentielle, estime-t-il encore aujourd’hui. Je l’ai rencontré plusieurs fois à cette période. J’ai très vite compris que rien de bon ne viendrait de lui. »

    Raphaël Katebe Katoto en est convaincu : cette rivalité est la cause de ses ennuis judiciaires. Ils furent nombreux – et souvent nébuleux. Dans les années 1990, son associé grec est retrouvé mort à Lubumbashi.

    Il s’est, semble-t-il, suicidé, mais, quelques années plus tard, les autorités congolaises accuseront un Katebe Katoto devenu encombrant de l’y avoir aidé. Dans les années 2000, la Zambie lui reproche d’avoir détourné 20 millions de dollars lorsque Frederick Chiluba, dont il était très proche, était au pouvoir. En 2008, le groupe d’experts des Nations unies pointe des transferts d’argent vers des proches de Laurent Nkunda, alors à la tête d’une rébellion kinyarwandophone dans l’est du Congo.

    Cent cinq mille dollars, qui vont coûter cher à son clan, et pas seulement en matière de réputation : en Belgique, ses comptes et ceux de sa famille sont un temps bloqués. Mais dans chacune de ces affaires, insiste-t-il, il a fini par être blanchi.

    À la différence de son aîné, Moïse Katumbi n’a jamais été accusé de frayer avec des rébellions. Pour le reste, en revanche, il marche sur ses pas. C’est Raphaël qui lui a mis le pied à l’étrier dans les affaires familiales. « Il a fait ses preuves et, maintenant, il vole de ses propres ailes, explique Katebe Katoto. Mais je continue de le soutenir à 100 %. »

    Comme Moïse après lui, Katebe Katoto a dirigé le grand club de foot de Lubumbashi, à l’époque nommé Tout-Puissant Englebert. Ensemble, ils ont remporté plusieurs titres continentaux. Reste un trophée, jusqu’à présent inaccessible : la présidence de la République. Il y verrait bien son jeune frère et fera tout pour l’y aider. Et, pour cela, il faut d’abord obtenir le départ de Joseph Kabila.


    ENCORE UNE AFFAIRE DE POISON ?

    L’histoire est rocambolesque. Mais plusieurs sources diplomatiques la relatent, de même que le demi-frère de Moïse Katumbi. Selon Raphaël Katebe Katoto, un policier cagoulé a injecté une substance inconnue à l’ancien gouverneur du Katanga à l’aide d’une seringue en profitant de la confusion lors d’une manifestation. Les faits se seraient produits en mai dernier, devant le palais de justice de Lubumbashi. Accusé, sans preuves pour l’instant, d’avoir recruté des mercenaires après avoir annoncé qu’il se portait candidat à la présidence, Katumbi devait y comparaître pour atteinte à la sûreté de l’État. C’est cette fameuse piqûre qui l’aurait inquiété au point qu’il demande un exil médical, le temps de faire des tests. Et c’est, selon Katebe Katoto, l’état de santé de Moïse Katumbi qui l’a empêché de se rendre au conclave de l’opposition, à Bruxelles, les 8 et 9 juin.

    Reste qu’il avait aussi de bonnes raisons de se faire discret : d’abord parce que certains opposants le soupçonnaient de vouloir « récupérer » la réunion et menaçaient de claquer la porte. Ensuite parce qu’il s’est engagé, auprès de Kinshasa, à ne pas faire de commentaires sur l’affaire en cours afin qu’on le laisse quitter le pays. Quant à savoir s’il sera apte, physiquement notamment, à revenir au pays pour livrer bataille, lui qui a déjà été affaibli par un empoisonnement en 2011, c’est une autre histoire.

    JA

  • Les États-Unis gèlent les avoirs de Célestin Kanyama, chef de la police de Kinshasa

    Les États-Unis gèlent les avoirs de Célestin Kanyama, chef de la police de Kinshasa

    C. Kanyama-Le général Célestin Kanyama, commissaire provincial de la police nationale congolaise à Kinshasa, voit ses avoirs aux États-Unis gelés pour « violences contre des civils ».

    Cela faisait plusieurs semaines que la menace de sanctions américaines ciblées contre des responsables congolais se précisaient. Ce jeudi 23 juin, Washington a franchi le pas, pour accroître la pression sur l’entourage du président Joseph Kabila pour qu’il organise l’élection présidentielle avant la fin de son ultime mandat constitutionnel, le 19 décembre prochain.

    Le Trésor américain a ainsi ajouté le chef de la police de Kinshasa, le général Célestin Kanyama, à la liste des individus sanctionnés, pour « violences envers des civils ».

    Tous ses avoirs « basés aux États-Unis ou en possession de citoyens américains sont gelés » et « tous les citoyens américains ont interdiction d’effectuer des transactions avec lui », indique le communiqué du Trésor.

    Une vive critique du régime

    « Alors que le dernier mandat constitutionnel du président Kabila approche de sa fin, en décembre, le régime est engagé dans un schéma répressif, avec des arrestations d’opposants et la répression violente de manifestations politiques afin de d’éviter la programmation des élections nationales », explique John Smith, le directeur du Bureau de contrôle des avoirs étrangers au département du Trésor.

    Chef de la police de Kinshasa, Célestin Kanyama, parfois surnommé « esprit de mort », a été épinglé à plusieurs reprises par les organisations de défense des droits de l’Homme ces dernières années, notamment pour la répression violente contre des manifestations de janvier 2015. « Plus de 40 personnes ont été tuées […] dont au moins 20 par arme à feu et par les forces de sécurité, écrit le Trésor américain. Les manifestants protestaient contre des modifications de la loi électorale dont de nombreux Congolais pensaient qu’elle allaient permettre au président Kabila de rester au-delà de la limite de deux mandats constitutionnels. »

    Ce premier gel d’avoirs pourrait être suivi d’autres. Les États-Unis cherchent en effet à accroître la pression contre l’entourage du président Joseph Kabila afin que la prochaine élection présidentielle soit organisée dans les délais constitutionnels.

    Le porte-parole du gouvernement congolais n’était pas immédiatement disponible pour commenter cette décision.

    JA