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  • Jean-Pierre Bemba condamné à 18 années d’emprisonnement pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité

    Jean-Pierre Bemba condamné à 18 années d’emprisonnement pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité

    JP Bemba-La Cour pénale internationale a condamné à 18 ans d’emprisonnement Jean-Pierre Bemba, ancien vice-président congolais reconnu coupable de crimes de guerre et crimes contre l’humanité et personnalité la plus haut placée à être condamnée par la CPI jusqu’à présent.

    “En Centrafrique, une victime a été violée par deux soldats, sous le regard d’autres soldats qui, je cite, “criaient de joie’, et a ensuite été violée par quatre soldats, puis la victime s’est évanouie, avant d’être violée ensuite par d’autres soldats à son réveil, douze au total”, rappelle Sylvia Steiner, juge de la Cour pénale internationale lors de la dernière audience de l’ancien président congolais Jean-Pierre Bemba.

    Mardi, la Chambre de la Cour pénale internationale a déclaré Jean-Pierre Bemba coupable et condamné à 18 ans d’emprisonnement, moins les années de détention déjà effectuée.

    La juge a insisté sur le fait que l’ancien chef militaire a échoué a exercer un contrôle effectif sur son armée privée envoyée en République centrafricaine en octobre 2002, où ses hommes ont violé, tué et pillé avec une “cruauté particulière”.

    Sylvia Steiner a souligné que le chef militaire avait fait “davantage que de tolérer les crimes en tant que commandant”. “L’échec de M. Bemba à prendre des mesures avait délibérément pour objectif d’encourager ces attaques menées contre la population civile”, a-t-elle estimé.

    Arrêté en 2008, le condamné a déjà passé 8 années en prison. Il aura donc 10 ans à purger. Pour rappel, l’accusation avait demandé 25 années d’emprisonnement.

    La majorité des juges ont reconnu tous les viols perpétrés par les soldats de la MLC (Mouvement de libération du Congo) en Centrafrique, utilisés comme armes de guerre d’une “grande cruauté”, ce qui a constitué “une circonstance aggravante”.

    Les pillages ont également été reconnus et condamnés tout aussi sévèrement car ces actes étaient très souvent accompagnés par “des meurtres et des viols” de familles entières.

     Jean-Pierre Bemba, le chef militaire

    Riche homme d’affaires devenu chef de guerre, Jean-Pierre Bemba a été déclaré coupable le 21 mars de la vague de meurtres et de viols commis par sa milice en Centrafrique entre octobre 2002 et mars 2003.

    Quelques jours avant que la peine ne soit prononcé, l’équipe de défense de M. Bemba avait annoncé son intention de faire appel de ce verdict et a demandé la cassation du procès.

    D’après l’avocat Peter Haynes, M. Bemba, dont les droits en tant qu’accusé “n’ont été à aucun moment respectés”, a été reconnu coupable “sur base de spéculations” dans une “affaire qui était profondément incohérente, invraisemblable dans les faits, et basée sur une évaluation sélective et souvent imparfaite des preuves”.

    À noter, “aucune circonstance atténuante” n’a été retenue par la Cour.

    Son parti dénonce une “justice sélective”

    La condamnation de l’ancien vice-président congolais Jean-Pierre Bemba à 18 ans de prison pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité par la Cour pénale internationale est le résultat d’une “justice sélective”, a dénoncé mardi à Kinshasa le parti de M. Bemba.

    Le Mouvement de libération du Congo (MLC) “ne cessera jamais de dénoncer la justice sélective de la Cour pénale internationale (…) et la politisation à outrance” de cette institution, a réagi sa secrétaire générale, Ève Bazaiba, après l’annonce de la peine infligée à M. Bemba.

    Mme Bazaiba s’exprimait devant la presse au siège du MLC, où près de deux cents militants ont suivi dans un grand silence la retransmission du jugement de la cour de La Haye sur écran géant.

    “Nous ne cesserons jamais de rappeler que les victimes des exactions en République centrafricaine ont droit de connaître les véritables auteurs de ces crimes. On ne peut pas laisser les véritables auteurs et s’acharner sur la personne de Jean-Pierre Bemba. Ça c’est une justice discriminatoire”, a-t-elle ajouté.

    “J’ai un sentiment d’amertume envers la CPI”, a déclaré à l’AFP Daddy Kondo, militant du MLC, accusant la cour d’agir par “néocolonialisme”.

    “Moi, je ne crois plus à cette Cour”, a dit un autre, Jean Faustin Isenge, pour qui toute cette affaire s’apparente à “un procès de la honte” car, selon lui, “les auteurs du conflit [les anciens présidents centrafricains Patassé et François Bozizé] ne sont pas inquiétés”.

    Amnesty international satisfait de la condamnation

    “L’arrestation, la condamnation et le verdict visant Jean-Pierre Bemba adressent un signal fort : ceux qui commettent des crimes relevant du droit international seront au bout du compte tenus pour responsables de leurs actes”, a déclaré Stephen Cockburn, directeur régional adjoint pour l’Afrique centrale et de l’Ouest à Amnesty International.

    “Cela fait aussi clairement savoir que l’impunité pour les violences sexuelles utilisées comme arme de guerre ne sera pas tolérée et que les commandants militaires doivent prendre toutes les mesures nécessaires afin d’empêcher leurs subordonnés de commettre de tels crimes. S’ils s’en abstiennent, ils auront des comptes à rendre.”

    N.P.

  • Pourquoi la hausse des tarifs de l’internet mobile?

    Pourquoi la hausse des tarifs de l’internet mobile?

    mobile-internet_0-Qui est responsable de la hausse des prix de l’internet mobile ? Le gouvernement a demandé à l’agence de régulation des télécommunications une enquête après une hausse des tarifs chez tous les opérateurs de 35 à 500% selon les forfaits. L’autorité de régulation des postes et télécommunication (ARPTC), elle, se refuse pour le moment à tout commentaire. Le vice-Premier ministre en charge des télécommunications disait voir en tout cas dans cette hausse simultanée une « pratique d’entente » prohibée selon lui par la loi. L’Association nationale des journalistes parle d’une répression qui ne dit pas son nom et d’un danger de mort pour toute la profession. Les activistes y voient une nouvelle tentative de répression. Que sait-on sur cette hausse ?

    D’abord, il faut savoir que dans la loi de finances 2016, la redevance annuelle payée par les opérateurs de téléphonie mobile est passée de 2 à 3%. Une hausse de 50% qui représenterait des millions de dollars pour l’Etat congolais.

    Dans un courrier daté du 5 novembre, adressé aux présidents de l’Assemblée et du Sénat, la fédération des entreprises du Congo mettait en garde les leaders du Parlement contre l’adoption de cette mesure proposée par le gouvernement, argumentant que ça allait placer la RDC parmi les pays d’Afrique sub-saharienne imposant le plus de taxes dans ce secteur. Mais aussi que cette mesure allait accroître « la fracture numérique pour une population avec un faible pouvoir d’achat ». Le patronat congolais avertissait également que cela allait entrainait une hausse généralisée des prix des télécommunications.

    Les opérateurs disent avoir enregistré une baisse de revenus depuis le début de l’année, allant de 11% à 20%, assortis d’une baisse du nombre d’abonnés qui se comptent en millions de personnes. En cause, notamment, le processus d’identification des cartes sim imposé par le gouvernement dans un pays où tout le monde ne dispose pas d’une carte d’identité.

    Alors que la loi rectificative de la loi de finances vient d’être adoptée, sans revenir sur cette mesure, on a vu les opérateurs appliquer une hausse des prix sur tous les forfaits. Reste à savoir si l’agence de régulation, l’ARPTC, va juger cette hausse conforme à la politique nationale des télécommunications à l’issue de l’enquête exigée par le ministre en charge du secteur.

    « C’est une mort »

    Joint par RFI, Kasonga Tshilunde, président de l’Union nationale de la presse congolaise (UNPC), rappelle qu’internet est «  une pièce maîtresse  » du travail du journaliste et qu’il ya des médias qui ne fonctionnent que sur internet. Une telle hausse, souligne-t-il, s’apparente effectivement une « répression », synonyme d’asphyxie pour la presse congolaise et ses journalistes.

  • l’opposition, de marbre lors de la rencontre avec Kodjo à Bruxelles

    l’opposition, de marbre lors de la rencontre avec Kodjo à Bruxelles

    kodjo-tshisekedi -L’opposition congolaise soutient avoir réitéré à Edem Kojo, facilitateur désigné par l’Union africaine pour le dialogue politique en préparation en RDC, son refus de dialoguer avec le pouvoir dans le format que tente d’imposer le président Joseph Kabila.

    Le facilitateur désigné par l’Union africaine a rencontré vendredi dans la capitale belge le comité des sages du ‘Rassemblement’, structure mise sur pied par l’opposition au terme d’un conclave la semaine dernière en Belgique.

    L’objectif de la rencontre avec les opposants, avait déclaré M. Kodjo mardi à son départ de Kinshasa, était de relancer les préparatifs du dialogue après le refus de l’opposition.

    “Nous n’avons pas du tout mis de gand. Nous avons fait savoir à M. Kodjo qu’il y a d’abord un problème de confiance. Nous attendons que tout se passe dans le cadre d’un panel international constitué de l’ Union africaine, de l’Union européenne, des Etats-Unis et de l’Organisation de la Francophonie, que nous exigeons pour le respect de la résolution 2277 du Conseil de sécurité… Prochainement, nous n’allons recevoir M. Kodjo que s’il se présente avec les autres membres du panel”, explique depuis Bruxelles le porte-parole de la plateforme Dynamique de l’opposition et président des Forces novatrices pour l’union et la solidarité (Fonus), Joseph Olenghankoy.

    M. Kojdo n’a fait pas de commentaires à l’issue de cette rencontre. Mais il a, selon les opposants, demandé de se référer premièrement à sa hiérarchie.

    “L’opposition refuse d’accepter le dialogue initié par le président Joseph Kabila parce que c’est lui le problème et il ne peut pas en même temps initier un dialogue pour résoudre qu’il est en train de créer délibérément”, argumente pour sa part Raphael Katebe Katoto dont le frère, Moïse Katumbi, candidat déclaré à la présidentielle et présentement aux soins en Europe, est poursuivi pour recrutement de mercenaires.

    “Si M. Kabila respectait la Constitution et acceptait d’organiser les élections dans le délai fixé par la Constitution, le problème ne se poserait pas… Nous exigeons que les Etats-Unis soient absolument associés au dialogue pour que les résolutions qui seront prises soient appliquées par tous. Nous avons l’expérience des négociations sans suite et qui sont restées lettre morte…”, poursuit M. Katebe Katoto.

    D’après les résolutions du conclave tenu à Bruxelles, l’opposition exige entre autres aussi la libération des prisonniers politiques, la réouverture des medias fermés et la tenue de l’élection présidentielle avant le 19 décembre.

    “Nous ne perdons pas le temps car nous l’avons dit et continuons à le faire: l’élection présidentielle doit, de toutes les façons, se tenir dans le temps tel que prévue dans la Constitution. Le dialogue ou toute autre négociation ne doivent pas faire reporter ce scrutin dont le calendrier est fixé dans la Constitution”, insiste M. Katebe.

    L’opposition accuse le président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001 et élu en 2006 et en 2011, de vouloir se maintenir au pouvoir alors que la Constitution lui interdit de se représenter pour un troisième mandat.

  • Un rapport alerte sur des risques de troubles à venir en RDC

    Un rapport alerte sur des risques de troubles à venir en RDC

    kin-Un comité basé à Genève et réunissant des agences onusiennes et des ONG vient de sortir un rapport qui classe la République démocratique du Congo comme le pays le plus exposé à des troubles et des tensions dans les mois qui viennent. Des violences qui pourraient enflammer le pays, comme au Burundi voisin, notent les analystes.

    Avec notre correspondante à New York,  Marie Bourreau

    Pour les auteurs du rapport, la très forte probabilité de voir les élections prévues en novembre 2016 être repoussées et les signaux très clairs que le président Joseph Kabila souhaite se maintenir au pouvoir ont tout lieu de faire craindre de violents incidents dans les centres urbains.

    Comme au Burundi voisin, les arrestations arbitraires et le musellement de l’opposition pourraient s’amplifier. Plusieurs centaines de milliers de personnes pourraient être affectées par ces troubles et chercher à quitter la capitale pour se réfugier au Congo- Brazzaville. Dans la région des Kivus, ce sont de nouvelles opérations militaires des forces congolaises contre les groupes rebelles qui accentueront encore les déplacements de population.

    A la détérioration de la situation politique s’ajouterait aussi une crise médicale avec une épidémie de choléra qui a déjà fait 140 morts depuis janvier dernier, majoritairement dans l’Est.

    Dans cet environnement à risques, le comité juge moyenne la capacité des agences humanitaires à répondre rapidement aux situations de crise, notamment dans les zones reculées difficilement accessibles par la route.

    Le rapport souligne aussi que la majorité des acteurs humanitaires se trouvent dans la zone des Kivus laissant de grands vides dans l’ouest du pays par manque de fonds alloués au plan d’action humanitaire pour 2016.

  • Interview-Etienne Tshisekedi : « Pour les jeunes, je suis un exemple »

    Interview-Etienne Tshisekedi : « Pour les jeunes, je suis un exemple »

    celebration-anniversaire-tshisekedi3-L’entretien n’a duré qu’une dizaine de minutes. C’est en pantoufles, entouré de son épouse, de son secrétaire particulier, l’abbé Théodore, et de Raphaël Katebe Katoto, le frère aîné de Moïse Katumbi, qu’Etienne Tshisekedi nous a reçus dans la chambre 218 de Château du Lac à Genval. Le luxueux hôtel, situé à une vingtaine de kilomètres au sud-est de Bruxelles, abritait les 8 et 9 juin le « conclave » de l’opposition au président congolais Joseph Kabila. Le vieux leader de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), qui se déplace difficilement, a introduit et conclu le rassemblement. « Le président est fatigué », confie son secrétaire.

    Etes-vous satisfait de la tournure qu’a pris la réunion ?

    Etienne Tshisekedi Absolument, absolument… Je suis ça de très près et je suis satisfait.

    Vous pensez que l’opposition va réussir à constituer un front uni face à Joseph Kabila ?

    Absolument. Ce n’est pas pour rien qu’ils sont là.

    Regrettez-vous l’absence de Vital Kamerhe, président de l’Union pour la nation congolaise et poids lourd de la Dynamique de l’opposition ?

    Non, non, non. Ça ne change absolument rien.

    Est-ce que vous vous imaginez en président d’une éventuelle transition ?

    C’est ce que je suis, oui.

    Vous pensez en avoir les moyens ?

    Absolument, absolument. Je suis prêt, je me suis apprêté à ça.

    Vous êtes quand même un peu malade…

    Non, non, non. La maladie, c’est terminé.

    [L’abbé Théodore confirme : « Il était malade, c’est fini. »]

    Ne craignez-vous pas d’être manipulé par d’autres figures de l’opposition qui utiliserait votre poids politique pour servir leurs propres ambitions ?

    Non, enfin je ne sais pas…

    [L’abbé Théodore précise : « On est vigilant. »]

    Nous sommes décidés à être ensemble et à faire partir Kabila le jour où il doit partir, c’est-à-dire le 19 décembre.

    Et s’il est toujours au pouvoir le 20 décembre, que ferez-vous ?

    Peu importe, retenez simplement… [M. Tshisekedi ne termine pas sa phrase]

    Seriez-vous prêt à mobiliser vos partisans, à leur dire de descendre dans la rue ?

    [L’abbé Théodore risque un : « C’est ça… »]

    Il y a beaucoup de moyens.

    [Raphaël Katebe Katoto ajoute : « La Constitution nous y autorise. Et je voudrais ajouter une chose : le président est assez grand, c’est un vieux routier, il connaît tout le monde. Si quelqu’un essayait de l’utiliser pour d’autres fins, il saurait quoi faire. »]

    Vous avez connu et résisté à Mobutu…

    Oui, voilà. (Rires.)

    … vous avez connu les Kabila père et fils et leur avez résisté aussi.

    Absolument.

    N’avez-vous pas créé un métier, celui d’opposant à vie ?

    Non… A vie, à vie… J’ai le résultat tout prêt là-bas. Il fallait absolument résister contre toutes ces manœuvres parce que je savais que la démocratie finirait par s’introduire au Congo.

    Pensez-vous que ce moment est venu ?

    Absolument, absolument, absolument. Le peuple est mûr et tout est prêt. Il n’y a pas de problème. Je vous fais savoir que Kabila a volé ma victoire le 28 décembre 2011. Il n’était rien, il n’était rien ! Il a des militaires, c’est comme ça qu’il a fait.

    Après autant d’années passées en politique, avez-vous des regrets ?

    Non, sinon je ne vivrais que de ça. Nous allons de l’avant.

    Vous avez 83 ans. Si vous deveniez président de transition, n’y aurait-il pas un décalage entre vous et la population congolaise, dont plus de la moitié à moins de 15 ans ?

    Non, parce que ces jeunes-là connaissent mon histoire. Je suis le seul à résister constamment. Tous ces jeunes veulent mon exemple.

    [Raphaël Katebe Katoto renchérit : « Le président Tshisekedi, c’est leur modèle, ils se retrouvent en lui, dans ses valeurs. Le combat qu’il a mené pendant des années, c’est la référence pour les Congolais. Il n’est pas en décalage. Ces gens-là sont derrière lui. L’homme de la situation, celui qui va sauver le pays, c’est lui. Le sauveur du Congo, c’est lui. Il n’y a pas d’autre issue. »]

    A quoi ressemblerait le Congo dirigé par Etienne Tshisekedi ?

    Ce sera le développement, la vraie justice, l’Etat de droit. Les investisseurs n’attendent que ça. Les Congolais seront avec moi pour que chacun prenne ses responsabilités. Nous avons cinquante-sept ans de recul, de misère et tout ça. Tout le monde comprendra qu’il ne faut plus voler, qu’il faut rendre.

    Vous vivez en Belgique depuis 2014. A quoi occupez-vous votre temps ? Comment restez-vous en prise avec ce qui se passe en RDC ?

    Je reçois tout le temps et j’ai les gens au téléphone.

    [Mme Tshisekedi précise : « Ici c’est bien parce que c’est tranquille. Il travaille très bien. »]

    La question de votre succession à la tête de l’UDPS se posera un jour. Comptez-vous léguer le parti à votre fils Félix ?

    Je préside un parti qui est tout à fait démocratique. Je disparais et il y a des délais pour organiser un congrès. Si jamais les Congolais pensent que c’est à Félix de me succéder, il me succédera.

    Pensez-vous que le candidat à la présidentielle Moïse Katumbi ferait un bon président du Congo ?

    Je me réserve. C’est une question pour le futur.

    Le Monde

  • L’Occident, le “congolais alléché par l’odeur” et le “pouvoir”., le maître, le chien et l’os, ma théorie…

    L’Occident, le “congolais alléché par l’odeur” et le “pouvoir”., le maître, le chien et l’os, ma théorie…

    Mufoncol-Tshiyoyo-Pour nous, celui que les uns désignent sous le titre de « président de la RD-Congo ” est un mercenaire, pas un “président” avec et dans ses attributs politiques véritables. Machiavel utilise un autre terme, celui de « bouc émissaire ». Le « maître », ici l’Occident, gouverne par « bouc émissaire » interposé. Et à qui, et ce au moment opportun, il sera imputé « injustement tous les malheurs, toutes les fautes ».

     

    Dans ma théorie du chien et du maître, le supposé « président de la république » sert de chien de son maître. Ce dernier l’a dressé à cette fin. Mais quand vous, qui êtes encore humain, admirez et considérez le chien de son maître comme votre président, je dirais que le maître du chien a réussi à formater votre mental, à inoculer en vous son venin pour que, au moment opportun qui reste celui de son choix, vous lui servez comme instrument appelé à combattre son montre de Frankenstein. Et là, on entre dans le faux, dans la mauvaise lecture et appréciation. Car des gens que vous appelez président, comme Mobutu hier, comme Paul Kagamé aujourd’hui et « Joseph Kabila », ne sont que des outils, des instruments. Et vous, en les prenant pour le « pouvoir » dont ils ne disposent, vous tombez non seulement dans le piège tendu par le « maître du chien », mais vous devenez, à votre tour, son appareil, le second engin dont le « maître du chien » a besoin pour faire huiler et fonctionner son dispositif. Alors, il peut souffler. Le « maître du chien » se dit voilà mon autre chien qui, comme une mouche, tombe dans la sauce du « maître du chien ». Vous l’aidez dans son jeu. Et ce qui est grave est que vous le faites sans le savoir. Je dis peut-être…. Et même si vous le saviez mais le goût et l’appât de ce qui est présenté comme pouvoir vous arrache à la raison.

     

    Le propre et la nature du chien, outre le fait qu’il soit obéissant à son maître voudrait que le chien, à la vue d’un os (mokuwa), cesse tout ce qu’il fait pour y sauter dessus. Par sa nature, l’os est sans chair. Mais allez-y chercher à comprendre pourquoi le chien adore l’os. L’os sert à l’amuser, à le distraire, à détourner son attention, l’os s’occupe du chien pendant que le chien croit s’occuper de l’os. Et pendant ce temps, son maître, le maître du chien, s’affaire, mange, festoie, tue, massacre, fait violer, fait agresser, distribue des diplômes à gauche et à droite, de l’humanitaire pour justifier son rôle et se rendre utile aux yeux de ses proies.

     

    De temps en temps, le maître du chien lui jette un autre morceau d’os en sous de table pour le divertir encore plus. Et c’est ce que vous appelez dans votre langage le pouvoir alors qu’il est sans chair, sans vie, il est inutile. Mobutu avait ce genre de « pouvoir » : voitures, honneurs, gardes du corps, villas, comptes en banques, conseillers et des fous du roi. Qu’advient-il quand l’heure de la volonté du maître arrive ou sonne. Tout lui est retiré. Le maître ne l’a jamais considéré comme un de leur, comme un homme. Peu le perçoivent ainsi. Parce que le maître leur fait miroiter le même os. Et tous les chiens se ruent dessus.

     

    C’est pourquoi il faut sortir de l’état du chien du maître.

     

    Ce type de combat contre le chien du maître, nous autres, dans notre jeunesse, nous l’avons mené. Mais ce type de lutte mène nulle part, vers aucun carrefour, bien sûr que je sais comprendre les engouements actuels. Mais cette bataille est perdue d’avance. Elle conduit vers l’exil intérieur dans son propre pays, soit l’exil comme nous à l’extérieur du pays, soit à une mort gratuite et naïve qui ne sert pas le peuple et ne le libère, soit à des compromissions, soit à une prison naïve. Une instabilité voulue et entretenue pour éviter à la masse de prendre conscience de son état du dominé. J’entends des nègres dire qu’ils n’ont jamais été esclaves, mais c’est grave.

    Le maître se réjouit, et cela fait son affaire, quand vous combattez son chien. Il se moque de vous. Il se dit voilà des cons qui n’ont rien saisi, parce qu’ils ne le peuvent, de tout son jeu, que personne parmi vous ne le perçois lui comme le mal, ne le découvre dans sa nature du maitre du chien et la cause première de votre état d’animal vis-à-vis de lui. Il ne peut vous respecter et considérer comme homme du moment que vous, en combattant son chien, vous vous réduisiez en l’état animal, celui de son chien. Il encourage la bataille de chiens et entre chiens.

     

    Vous pouvez parvenir à affaiblir le chien du maître, même à l’éliminer physiquement. Mais il en dressera d’autres. Mobutu a été affaibli quand il fut appelé l’aigle de Kawele. Pendant ce temps, le maître du chien, en dressait d’autres plus méchants et drogués que le premier.

     

    La question reste de savoir comment empêcher le chien du maître d’en dresser d’autres chiens, et ce du même genre ou pas. C’est de s’en prendre à lui, au maître du chien. C’est en combattant le maître du chien et en l’affaiblissant que le maître du chien aura compris qu’il a été identifié, que le dressage d’autres chiens ne lui servira plus à rien. Et quand un chien aura perdu son maître, il sera à la portée des hommes, qui en feront ce qu’ils en voudront.

     

    Congolais, nous y sommes arrivés à ce moment de face à face, à ce moment de vérité et de notre rendez-vous avec l’histoire où il faut face au maître du chien ou des chiens.

     

    C’est la cigue…

     

    Likamboyamabele, likamboyamakila.

     

    Mufoncol Tshiyoyo  

    Le Président National du Rassemblement pour l’Alternative Politique en RDC. R.A.P-en sigle Mouvement Politico-militaire,
    mufoncol_tshiyoyo@yahoo.com,
    004745007236, Facebook : Mufoncol Tshiyoyo

  • Le ‘‘dernier round’’ disputé par Muhammad Ali-Une flamme dans la tempête s’est éteinte à jamais

    Le ‘‘dernier round’’ disputé par Muhammad Ali-Une flamme dans la tempête s’est éteinte à jamais

    Mohamed Ali-Le ‘‘dernier round’’ disputé par Muhammad Ali

    Le point final de la vie de ‘‘The Greatest’’

    Une flamme dans la tempête s’est éteinte à jamais

    ‘‘À l’instant où un esclave décide qu’il n’est plus esclave, ses chaînes tombent.’’ Mohandas Karamchand, alias Mahatma Gandhi

    Par Joël Asher Lévy-Cohen *

    À Louisville, dans l’État de Kentucky, le rideau est définitivement tombé sur la vie prolifique de ‘‘The Greatest’’. Désormais, Muhammad Ali, né Cassius Marcellus Clay, sera conjugué au passé. Un passé riche tant en événements qu’en enseignements. Un passé riche en événements puisque marqué au fer rouge par la ségrégation raciale pratiquée par son pays qui dénie manifestement des droits élémentaires à sa propre population. Un passé riche en enseignements puisque au cœur de l’édification d’une Nation essentiellement fondée sur les idéaux de ‘‘progrès’’ et de ‘‘liberté’’.

    Certes, le rideau est tombé. Par conséquent, Muhammad Ali est passé de l’autre côté du voile. Toute la question est de savoir si le combat humaniste qu’il a mené, durant toute sa vie et toute sa carrière, avec passion et abnégation, lui survivra en réalité. Cela est d’autant plus vrai que son pays, [les États-Unis d’Amérique (USA)], ne s’est pas complètement débarrassé de vieux démons du racisme malgré la présence très remarquée et très honorable à la Maison Blanche du premier président de couleur. En l’occurrence le démocrate Barack Hussein Obama.

    Ce qui est sûr et certain, Muhammad Ali a été, dans son propre pays, le porte-parole des êtres totalement néantisés et marginalisés par un système dont l’humanisme se réduit et s’arrête, carrément, à un discours de portée moralisatrice et messianique. Aussi a-t-il été incontestablement le porte-voix des opprimés de la planète Terre. En effet, son noble combat en faveur de la ‘‘Justice’’ et de la ‘‘liberté’’ a, très largement, dépassé les seules bornes des USA.

    En témoigne particulièrement et singulièrement son refus catégorique de combattre militairement le parti Viet-Minh d’inspiration communiste et d’essence nationaliste ayant réussi à instrumentaliser les ‘‘Viêt-Cong’’ contre les intérêts occidentaux et la présence américaine au Vietnam. Muhammad Ali adopte, très courageusement, cette attitude aux antipodes du Nationalisme martial. Non sans quelque résistance, celui-ci est, d’ailleurs, promu par son gouvernement dans le but d’affirmer la suprématie ‘‘sanguinaire’’ et ‘‘mortifère’’ d’une superpuissance réputée exalter paradoxalement la liberté mais, en réalité, passée ‘‘maîtresse’’ dans l’art d’asphyxier délibérément les libertés, d’étrangler tous azimuts les droits fondamentaux des autres Peuples.

    En témoigne également la compassion que le pugiliste Muhammad Ali manifeste à l’égard des ressortissants occidentaux[i] devenus, à leur corps défendant, otages des groupes terroristes voire prisonniers des régimes tyranniques. Ce comportement altruiste le pousse, naturellement, à négocier directement et personnellement leur libération au Liban ou en Irak de Saddam Hussein évidemment en porte-à-faux avec la communauté internationale en 1990. Il sied de mentionner que ce géant sportif de l’histoire a également participé activement à la libération des prisonniers de guerre après le violent et meurtrier conflit armé entre l’Irak et l’Iran en 1993.

    Toutefois, en matière d’activisme politique sur le plan international, le plus grand regret de Muhammad Ali demeure sa pleine et entière participation au boycott des Jeux olympiques de Moscou de 1980, d’ailleurs prôné par les États-Unis d’Amérique. C’est, en réalité, à la demande expresse du président démocrate ‘‘James Earl Carter’’, que Muhammad Ali accepte de prendre le leadership de ce mouvement occidental en vue d’aligner les États africains sur la position de Washington et, par conséquent, isoler l’Union des républiques socialistes et soviétiques (URSS) pour avoir, surtout, envahi l’Afghanistan en 1979. Celui-ci finit par faire marche arrière lorsque feu le président Julius Nyerere[ii] de la Tanzanie refuse catégoriquement de lui accorder une audience à cet égard. A partir de cet ‘‘incident’’, il décide d’écourter, très rapidement, son périple africain et, par voie de conséquence, se résout à regagner sans tarder ses pénates aux USA. A travers cet événement, il a vite compris s’être fait manipuler par son gouvernement dans le dessein d’embrigader les Africains dont l’indépendance politique et diplomatique a été, une fois de plus, entamée.

    Donc, par ses actes et ses convictions profondes, Muhammad Ali a été éminemment non seulement une très forte ‘‘voix’’ chargée de tempêter contre l’injustice ambiante mais également le phare de la Conscience chargée d’édifier l’être humain. Dans cette position délicate, sa noble mission consistait en fait à exalter les principes et valeurs qui, pourtant, fondent, dans son essence, la Nation américaine. A savoir le triptyque républicain véhiculé idéologiquement par les Révolutions française et américaine à la toute fin du XVIIIe siècle : ‘‘Liberté’’, ‘‘Égalité’’ et ‘‘Fraternité’’.  Aussi consistait-elle à souligner que la vie se résume, fort naturellement, à la considération et au respect de son prochain. Donc, celle-ci se réduit, concrètement, à l’affirmation claire et nette de la dignité humaine. En d’autres termes, ‘‘l’affirmation de la Justice ou de l’Équité’’.

    Ce qui est clair, le boxeur Muhammad Ali, de son vivant, a rappelé énergiquement à la superpuissance américaine qu’elle était en fait une démocratie à éclipse en violant de manière flagrante voire grossière ses propres valeurs et ses propres principes et qu’à ce titre, elle ne saurait être regardée de grande championne de la démocratie et des libertés comme elle le ‘‘clame’’ haut et fort dans les cénacles internationaux. A cet effet, ce grand champion  de l’humanisme est, à vrai dire, ‘‘The Greatest’’. Celui-ci est, sans aucun conteste, ‘‘The Greatest’’ pour avoir, à sa façon, influencé largement son époque trouble. A cet égard, Muhammad Ali restera bien entendu, dans l’histoire contemporaine, comme le plus grand sportif que le 20e siècle n’ait, vraiment, jamais enfanté en raison de son incommensurable ‘‘talent’’ sportif et, surtout, de sa vive ‘‘passion’’ à servir les grandes ‘‘causes humaines’’ de son temps.

    Rest In Peace (RIP).

    • Joël Asher Lévy-Cohen

    Journaliste indépendant

    [i]Il s’agit de 32 citoyens américains, britanniques et canadiens capturés au Koweït envahi militairement par le régime de Bagdad et érigés en boucliers humains par le gouvernement de Saddam Hussein.

    [ii] Contrairement aux autres dignitaires du Continent plus enclins à pactiser avec les États-Unis d’Amérique et à épouser sans rechigner leurs vues dans le cadre de la guerre froide (feu le Maréchal Mobutu Sese Seko du Zaïre).