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  • l’opposant Katumbi sera jugé pour atteinte à la sûreté de l’État

    l’opposant Katumbi sera jugé pour atteinte à la sûreté de l’État

    Moïse-Katumbi-La justice congolaise a annoncé jeudi l’ouverture prochaine d’un procès pour atteinte à la sûreté de l’État contre l’opposant Moïse Katumbi, candidat déclaré à la succession du président Joseph Kabila, qu’un récent arrêt autorise à se maintenir au pouvoir au-delà du terme de son mandat fin 2016.

    1. Katumbi “a été inculpé du chef d’atteinte à la sûreté intérieure et extérieure de l’État […] et placé sous mandat d’arrêt provisoire”, indique un communiqué du parquet général de la République démocratique du Congo (RDC).

    En RDC, l’inculpation équivaut à la fin de la phase d’instruction. M. Katumbi, 51 ans, est donc désormais en attente d’un procès, dont la date n’a pas encore été annoncée.

    Au vu des chefs d’accusation retenus contre lui, M. Katumbi encourt la peine de mort (systématiquement commuée en prison à vie en vertu d’un moratoire sur l’application de la peine capitale en RDC), a indiqué à l’AFP Sam Bokolombe, professeur de droit pénal à l’Université de Kinshasa.

    Ex-allié de poids du président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001, M. Katumbi est passé à l’opposition en septembre en même temps qu’il démissionnait de ses fonctions de gouverneur du Katanga (province du sud-est de la RDC démantelée depuis lors) et qu’il accusait M. Kabila de chercher à violer la Constitution pour se maintenir au pouvoir.

    Il a officialisé sa candidature à la présidentielle censée avoir lieu avant la fin de l’année le 4 mai, quelques heures seulement après que le gouvernement eut annoncé l’ouverture d’une enquête le visant pour “recrutement de mercenaires” à la suite de l’arrestation de quatre de ses gardes du corps, parmi lesquels un Américain.

    ‘On va le coffrer’

    1. Katumbi a été admis il y a quelques jours dans une clinique de Lubumbashi. Du côté du pouvoir, on estime qu’il joue au malade imaginaire pour échapper à la justice.

    Le communiqué du parquet indique que M. Katumbi “étant actuellement admis dans un centre hospitalier”, il lui est “loisible avec le concours de ses médecins traitant de se faire prendre en charge par des institutions médicales appropriées ainsi que l’a suggéré le médecin légiste requis”.

    Le sort réservé à l’opposant “dépend [maintenant] de l’appréciation de la justice”, a déclaré le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende : “ça peut être la résidence surveillée ou une incarcération”.

    De source judiciaire, on indique que le parquet laisse ouverte la possibilité d’une assignation de M. Katumbi à l’hôpital.

    “Mais s’il y a des attroupements, s’il y a des discours incendiaires, on va le coffrer”, a-t-on averti de même source.

    Un expert judiciaire estime que le parquet offre également la possibilité au président-propriétaire du célèbre club de football TP Mazembe, de sortir du pays pour se faire soigner à l’étranger.

    “Pour Katumbi, cela peut se finir de quatre façons : (1) assignation à résidence, (2) soins médicaux à l’étranger sans possibilité de retour, (3) prison, (4) affrontement”, estime Jason Stearns, chercheur spécialiste du Congo à l’Université de New York.

    La solution 2 “est attrayante pour les deux parties [M. Katumbi et le gouvernement, ndlr] à l’heure actuelle”, ajoute-t-il dans une série de messages publiés sur Twitter.

    Réunis autour de M. Katumbi à l’hôpital, trois de ses avocats ont quitté les lieux vers 19H00 (17H00 GMT) sans faire de déclaration à la presse.

    Le climat politique est tendu depuis des mois en RDC en raison de l’incertitude liée au très probable report de la présidentielle alors que la Constitution interdit à M. Kabila de se représenter.

    Les relations sont également tendues entre Kinshasa et l’ONU et les Occidentaux, qui demandent avec insistance la tenue de la présidentielle dans les temps et le respect de la Constitution.

    Le 11 mai, dans un arrêt qualifié d’”imposture” par un grand parti d’opposition, la Cour constitutionnelle a autorisé M. Kabila à se maintenir à la tête de l’État au-delà de la fin de son mandat (le 19 décembre) si l’élection n’est pas organisée d’ici là.

    Avec AFP

  • Moïse Katumbi placé sous Mandat d’Arrêt Provisoire dans l’affaire «des mercenaires étrangers» (+audio)

    Moïse Katumbi placé sous Mandat d’Arrêt Provisoire dans l’affaire «des mercenaires étrangers» (+audio)

    katumbi-Moïse Katumbi a été inculpé ce jeudi 19 mai en République démocratique du Congo (RDC) pour « atteinte à la sureté intérieure comme extérieure de l’Etat ». Selon le gouvernement congolais, l’opposant déclaré candidat à la présidentielle aurait recruté des mercenaires étrangers.

    Alors que l’annonce a d’abord été faite par la télévision proche du pouvoir télé 50, dans l’entourage de Moïse Katumbi, on dit n’être au courant de rien. « Comment pourrait-on l’inculper ? Son audition n’est même pas terminée ! C’est vraiment du n’importe quoi ! », a vivement réagi l’un des membres de son collectif d’avocats.

    En fin de journée, le ministre de la Communication Lambert Mende a confirmé la nouvelle, affirmant que le parquet en a officiellement informé le gouvernement. Mais pour les détails, il faut attendre le communiqué du cabinet du procureur général de la République de Lubumbashi.

    L’ex-gouverneur du Katanga est inculpé pour « atteinte à la sureté intérieure et extérieure de l’Etat » et placé sous mandat d’arrêt provisoire. Celui-ci est soupçonné par le gouvernement congolais d’avoir recruté des mercenaires étrangers, notamment américains.

    « Ça veut dire qu’il n’est plus libre, on ne sait pas s’il sera arrêté ou simplement placé en résidence surveillée pour poursuivre les soins », explique une source officielle. Car Moïse Katumbi a été admis la semaine dernière dans un centre hospitalier après des échauffourées entre la police et ses partisans. Conséquence : sa troisième audition avait été reportée pour lui permettre de voir un médecin.

    Selon le communiqué du cabinet du procureur général, il pourra se faire « prendre en charge par des institutions médicales appropriées ». Même si aucune précision n’est apportée, les avocats de l’opposant congolais à Joseph Kabila se refusent à tout commentaire, mais précise que Moïse Katumbi voulait se faire soigner à l’étranger.

    Ecouter ici Lambert Mende:

    Martin Fayulu multiplie lui aussi les déboires

    Alors qu’il terminait une tournée tumultueuse dans le Bandundu, le candidat à la présidentielle a eu la surprise d’apprendre que la police avait fait irruption à son hôtel et domicile et l’avait scellé. Il s’agit d’un conflit avec la direction générale des recettes de Kinshasa qui date de 2010. Le président de l’Ecidé (Engagement pour la citoyenneté et le développement) assure avoir payé les taxes. Son entourage dénonce une nouvelle tentative d’intimidation et une volonté de lui couper les vivres pour l’empêcher de poursuivre ses activités politiques.

    Le Front citoyen 2016 convoqué à l’agence nationale des renseignements

    Deux militants du Front citoyen 2016 avaient organisé une action de sensibilisation. Le sujet : la cohabitation pacifique en temps de manifestation à destination des autorités et des policiers. Ils ont été convoqués une nouvelle fois à l’agence nationale des renseignements jeudi 19 mai, mais ont décidé de ne pas s’y rendre pour prendre le temps de consulter un avocat. Les chefs de quartiers qui avaient participé ont eux aussi été convoqués et entendus pendant plusieurs heures par les services de renseignements et menacent de porter plainte contre les deux militants. Pour le maire de Bunia, il s’agit d’un simple problème d’autorisation et d’information.
    RFI

  • Au “minimum 25 ans” de prison requis contre Bemba

    Au “minimum 25 ans” de prison requis contre Bemba

    BEMBA-La procureure de la Cour pénale internationale a requis cette peine prison contre l’ancien vice-président congolais Jean-Pierre Bemba pour les meurtres et viols commis par sa milice en Centrafrique en 2002 et 2003.

    “Une telle condamnation serait proportionnelle à la gravité des crimes commis par M. Bemba et à son degré de culpabilité”, a affirmé Fatou Bensouda au terme de trois jours d’audience sur le sujet.

    Si les juges écoutent le procureur, il s’agira de la peine la plus importante jamais décidée par la CPI. La défense, elle, demande entre 12 et 14 ans de détention. Une décision sera prise à une date ultérieure.

    Le 21 mars, au terme d’un procès ouvert en novembre 2010, la CPI avait reconnu l’ancien chef rebelle du nord de la République démocratique du Congo (RDC) coupable de cinq crimes de guerre et crimes contre l’humanité, en vertu du principe de la “responsabilité du commandant”.

    Ce jugement était également le premier de la Cour à avoir condamné le recours au viol comme un crime de guerre.

    Selon l’accusation, il existe deux grandes circonstances aggravantes qui doivent être prises en considération : les crimes ont été commis contre des “victimes particulièrement vulnérables” et avec “une cruauté toute particulière”, a affirmé Jean-Jacques Badibanga, un représentant du bureau du procureur.

    En octobre 2002, quelque 1.500 hommes de la milice de M. Bemba, le Mouvement de libération congolais (MLC), s’étaient rendus en Centrafrique pour soutenir le président Ange-Félix Patassé, victime d’une tentative de coup d’Etat menée par le général François Bozizé.

    Jusqu’en mars 2003, les troupes du MLC y avaient tué, pillé et violé.

    ‘A des milliers de kilomètres’

    “M. Bemba n’a pas participé à ces crimes, il n’était même pas dans le même pays”, a affirmé l’avocat de la défense, Peter Haynes. “Sa culpabilité vient du fait qu’il n’a pas réussi à contrôler une petite partie de ses troupes à des milliers de kilomètres”.

    Lors du procès, M. Haynes avait argué que M. Bemba n’avait émis aucun ordre envers ses troupes en Centrafrique mais les juges ont estimé que l’ancien vice-président, alors en brousse dans le nord-ouest de la RDC, était bel et bien “en contact constant” par téléphone, radio ou téléphone satellite.

    La défense a présenté mercredi M. Bemba comme un homme de paix, devenu pour beaucoup un “croque-mitaine” : “cette image est aussi éloignée de la réalité que l’était l’homme des événements pour lesquels nous sommes ici aujourd’hui”.

    Minimisant la possibilité d’un retour en politique de M. Bemba, Peter Haynes a demandé aux juges de prendre en compte différentes circonstances atténuantes, comme le fait que son client ait déjà passé huit ans en détention ou que ses enfants aient grandi sans leur père.

    Jean-Pierre Bemba, dont le procès a été entaché d’accusations de subornation de témoins, a écouté les arguments des uns et des autres de manière impassible, avachi sur sa chaise.

    Devenu depuis lors le deuxième plus gros parti d’opposition à l’Assemblée nationale congolaise, le MLC a affirmé que la justice de la CPI était “sélective et discriminatoire”. “Il ne s’agit que du réquisitoire du procureur”, a réagi la secrétaire du MLC, Eve Bazaïba.

    Depuis sa fondation, la CPI a condamné deux personnes, à 14 et 12 ans de détention pour enrôlement d’enfants soldats et complicité dans l’attaque d’un village, respectivement.

    Riche homme d’affaires devenu chef de guerre, Jean-Pierre Bemba a été de juillet 2003 à décembre 2006 l’un des quatre vice-présidents du gouvernement de transition de Joseph Kabila en RDC. En 2006, il avait perdu au second tour de l’élection présidentielle contre ce dernier, puis s’était installé en Europe. Arrêté à Bruxelles en 2008, il a déjà passé huit années en détention.

    Avec AFP

  • She Okitundu : « Il n’y aura pas de troisième mandat pour Joseph Kabila »

    She Okitundu : « Il n’y aura pas de troisième mandat pour Joseph Kabila »

    she-De passage à Paris, Léonard She Okitundu, ancien ministre congolais des Affaires étrangères et membre du bureau politique de la Majorité présidentielle (MP), a confié à Jeune Afrique la position de la coalition au pouvoir sur l’actualité brûlante de la RD Congo. Entretien.

    Léonard She Okitundu fait sans doute partie des rares personnes qui sont consultées, de temps en temps, par le président Joseph Kabila. À trois reprises d’ailleurs le chef de l’État congolais l’a dépêché à Bruxelles auprès de l’opposant historique Étienne Tshisekedi pour convaincre ce dernier de participer au dialogue politique souhaité par Kabila en RD Congo.

    Entre deux rendez-vous à Paris où il a séjourné récemment, l’ancien ministre congolais des Affaires étrangères, aujourd’hui sénateur et membre du bureau politique de la Majorité présidentielle (MP), est revenu pour Jeune Afrique sur les faits saillants de l’actualité en RD Congo.

    Jeune Afrique : Pourquoi la MP jubile-t-elle après le prononcé de l’arrêt de la Cour constitutionnelle sur la fin du mandat du président Joseph Kabila ?

    Léonard She Okitundu : Nous ne jubilons pas. Nous sommes plutôt satisfaits de la décision prise par la Cour constitutionnelle. D’autant qu’en réalité c’est l’opposition qui avait soulevé ce débat pour contester la manière dont le pouvoir s’exercerait dans la République au cas où la présidentielle ne serait pas organisée dans les 90 jours précédant l’expiration du second mandat du président Joseph Kabila.

    Pour nous, ce débat n’avait pas de sens car la Loi fondamentale congolaise a tout fait dans ses dispositions pour éviter la vacance du pouvoir institutionnel à tous les niveaux, que ce soit au niveau des assemblées provinciales qu’à celui du Parlement ou de la présidence de la République. Joseph Kabila restera donc en fonction jusqu’à l’installation effective du nouveau président élu.

    Cet arrêt autorise-t-il implicitement, comme certains au sein de l’opposition le craignent, la mise en place d’une transition politique à l’issue du second et dernier mandat du président Kabila ?

    Je ne voudrais pas rentrer dans la confusion des concepts ou des termes. Certains qualifient de transition cette période entre le moment où le mandat expire et le moment où le président élu est effectivement installé ; d’autres en revanche parlent d’intérim.

    Kabila restera en fonction en attendant la présidentielle

    Il faut préciser qu’il ne s’agit pas de l’octroi d’un nouveau mandat. Il n’y aura donc pas de troisième mandat pour Joseph Kabila, la Constitution étant claire à ce sujet. Mais le président actuel restera en fonction en attendant que l’élection présidentielle ait lieu et que le nouveau chef de l’État soit connu pour lui passer le flambeau.

    Que répondez-vous à ceux qui considèrent qu’ayant été incapable d’organiser la présidentielle dans les délais comme l’exige la Constitution, Joseph Kabila ne peut pas rester en fonction à l’issue de son mandat ?

    En RD Congo, le pouvoir organisateur des élections, c’est la Commission électorale nationale indépendante. Celle-ci a été confrontée à plusieurs problèmes à la fois techniques et financiers. Avant tout, il y a eu des blocages pour l’organisation des élections en retard (les locales et les sénatoriales n’ont pas été organisées depuis 2006 et 2007). Plus tard, le calendrier global des élections a été jugée irréaliste. Il fallait tenir compte de près de 10 millions de nouveaux majeurs, et des Congolais de l’étranger. Aussi fallait-il mettre à jour le fichier électoral.

    À cela s’ajoute la question financière : les élections coûtent environ 1,2 milliard de dollars. Malheureusement, il n’a pas été possible d’économiser les fonds nécessaires à cause de la guerre à l’Est qui a été un gouffre financier. Car il y a eu également l’effondrement des cours des matières premières.

    Dans ces conditions, pourquoi ne pas privilégier les élections présidentielle et législatives, deux scrutins soumis aux délais constitutionnels ?

    Il nous faut de bonnes élections qui ne génèrent pas des conflits postélectoraux

    À supposer que le gouvernement réunisse les moyens pour organiser ces deux scrutins dans les délais constitutionnels, d’autres contraintes techniques ne sont pas pour autant résolues : l’enregistrement des nouveaux majeurs et des Congolais de l’étranger notamment. Il y a un délai incompressible pour procéder à la révision du fichier électoral : il nous faut de bonnes élections qui ne génèrent pas des conflits postélectoraux.

    Pour vous, il n’est donc plus possible d’organiser la présidentielle dans les délais.

    Si on se contente du fichier électoral actuel et on ne tient pas compte de nouveaux majeurs et des Congolais de l’étranger, c’est encore possible. Mais dans ce cas, on exclurait plus de 10 millions de Congolais. Une telle hypothèse n’est pas imaginable.

    Flickr / United Nations Photo

    En attendant, l’État congolais ne parvient toujours pas à mettre fin aux massacres à répétition des populations à Beni, dans le nord-est du pays…

    La situation à Beni est complexe. C’est un coin de la République où l’on constate une forte implication internationale. Des groupes armés qui y pullulent bénéficient du soutien et de la complicité de certains pays limitrophes. C’est pourquoi d’ailleurs le Conseil de sécurité de l’ONU a mis en place une brigade d’intervention pour renforcer les forces armées nationales. Mais on demande trop à la RDC.

    Protéger les civils à Beni, est-ce trop demander à l’État congolais ?

    Faut-il rappeler que la RD Congo est sous-embargo ? On demande à un pays d’assumer ses prérogatives régaliennes et en même temps on l’empêche d’acheter les matériels qu’il faut pour combattre les groupes armés.

    Certes, l’État congolais a l’obligation de protéger sa population en sécurisant l’est de son territoire, mais des pressions doivent aussi être faites auprès des pays limitrophes pour qu’ils respectent leurs engagements souscrits dans l’Accord-cadre d’Addis-Abeba, en s’abstenant de soutenir les groupes armés sur le territoire congolais.

    Le dernier rapport du groupe d’experts onusiens sur la RD Congo indique que des pistolets avec des caractéristiques « similaires à ceux fabriqués en Corée du Nord » ont été livrés à certains officiers congolais. Qu’en est-il ?

    Je n’ai pas d’informations précises à ce sujet. Mais si cela s’avère vrai, la communauté internationale n’a qu’à assumer les conséquences de l’embargo sur les armes imposé à la RD Congo. Qu’à cela ne tienne, notre pays ne doit pas être condamné parce qu’il se procure des armes où elles se trouvent pour protéger et défendre sa souveraineté nationale.

    Sur le plan politique, le dialogue annoncé n’a toujours pas commencé. Qu’est-ce qui bloque ?

    Nous voulons que le dialogue soit inclusif

    Le blocage n’est ni de la responsabilité du chef de l’État ni celle de la Majorité présidentielle (MP). Ce qui bloque aujourd’hui, c’est la question de l’inclusion de la partie prenante dite « opposition politique ». La MP a déjà désigné ses 12 délégués, mais en face, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) voudrait d’abord prendre 6 délégués pour son compte, puis octroyer les 6 autres au reste de l’opposition. Et le parti d’Étienne Tshisekedi ne considère pas les dissidents de la majorité – Vital Kamerhe et le G7 notamment – comme des opposants. C’est donc un débat interne à l’opposition qui bloque le dialogue. Nous voulons que le dialogue soit inclusif.

    Au même moment, le pouvoir multiple ces derniers mois les cas d’intimidation et d’arrestation d’opposants : répression des manifestations, détention des prisonniers politiques… N’est-ce pas contradictoire ?

    Il n’y a pas de prisonnier d’opinion en RD Congo. Il y a, à chaque fois, un fait d’ordre pénal qui est reproché à tel ou tel individu. La RD Congo demeure un État de droit, avec ses insuffisances certes, mais on ne peut pas considérer que la situation des droits de l’homme dans notre pays est dramatique.

    AFP / FISTON MAHAMBA

    Moïse Katumbi, considéré désormais comme le principal rival du président Kabila, se retrouve dans le collimateur de la justice. Une « procédure politique », selon plusieurs observateurs. Que répondez-vous ?

    Moïse Katumbi n’est pas un adversaire

    Pour nous, Moïse Katumbi n’est pas un adversaire. Il ne faut pas confondre populisme et popularité. Les Congolais savent faire la part des choses entre le comportement électoral et le soutien à une équipe de football ou au président de celle-ci. Il faut relever également que le fait d’être candidat à la présidentielle ne l’exonère pas de ses responsabilités par rapport à certains faits qui sont infractionnels.

    Mais la coïncidence entre sa déclaration de candidature et l’ouverture des poursuites est plus que suspecte, selon certains qui estiment que le pouvoir voudrait disqualifier un concurrent… 

    C’est un concours de circonstances. Rien avoir avec sa déclaration de candidature à la présidentielle. Des faits concordants sont retenus à sa charge, c’est à lui de prouver qu’il n’y est pour rien, assisté de ses avocats. Mais si ces faits sont avérés, Moïse Katumbi en subira effectivement les conséquences. Pour l’instant, il est toujours présumé innocent.

    La MP se prépare-t-elle de son côté à la présidentielle ou compte-t-elle uniquement sur le maintien de Kabila au pouvoir au-delà de son mandat ?

    Nous sommes prêts. Si le calendrier électoral est publié par la Ceni, nous assumerons nos responsabilités et nous indiquerons qui sera notre candidat.

    Beaucoup parlent du trio Aubin Minaku, président de l’Assemblée nationale, Augustin Matata, Premier ministre, et Évariste Boshab, vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur…

    Que des supputations ! La question n’est pas encore à l’ordre du jour.

    JA

  • CPI : l’accusation demande 25 ans minimum contre Bemba pour les crimes commis en Centrafrique

    CPI : l’accusation demande 25 ans minimum contre Bemba pour les crimes commis en Centrafrique

    jp bemba-Après près de huit ans de procédure devant la Cour pénale internationale (CPI), la procureure de la Cour pénale internationale (CPI) a demandé mercredi 18 mai que le Congolais Jean-Pierre Bemba soit condamné à “25 ans minimum” de réclusion.

    Le 21 mars, l’ancien vice-président congolais avait été reconnu coupable, en tant qu’autorité hiérarchique, de deux chefs de crimes contre l’humanité et de trois chefs de crimes de guerre commis par ses troupes en Centrafrique entre 2002 et 2003. Ce jugement était également le premier de la CPI à avoir condamné le recours au viol comme un crime de guerre.

    La peine sera connue à une date ultérieure 

    « La peine requise par l’accusation est de 25 ans d’emprisonnement au minimum », a affirmé mercredi 18 mai Fatou Bensouda. Avant d’ajouter : « une telle condamnation serait proportionnelle à la gravité des crimes commis par M. Bemba et son degré de culpabilité ».

    Jean-Jacques Badibanga, un des représentants du bureau du procureur, a ensuite expliqué les circonstances aggravantes retenues par l’accusation : « la commission des crimes à l’encontre de victimes particulièrement vulnérables et la commission de ces crimes avec une cruauté toute particulière ».

    Bemba impassible 

    Jean-Pierre Bemba, dont la défense avait demandé entre 12 et 14 ans de détention, a écouté les arguments de l’accusation de manière impassible. Les juges décideront de la peine à une date ultérieure.

    À 53 ans, l’ancien vice-président et homme d’affaires encourt jusqu’à 30 ans de prison, voire la perpétuité si les juges estiment que l’extrême gravité du crime le justifie. Arrêté en mai 2008 à Bruxelles à la suite d’un mandat établi par la CPI, Jean-Pierre Bemba avait été transféré à La Haye dans la foulée. Il a donc déjà passé huit ans en détention.

    JA

  • Moïse Katumbi ne s’est pas rendu à sa troisième audition par la justice

    Moïse Katumbi ne s’est pas rendu à sa troisième audition par la justice

    katumbi-L’opposant Moïse Katumbi, candidat à la présidentielle censée se tenir avant la fin de l’année en République démocratique du Congo, ne s’est pas rendu lundi au palais de justice de Lubumbashi (Sud-Est) pour y être entendu dans le cadre d’une enquête le liant à un recrutement des mercenaires, a indiqué un de ses avocats.

    « M. Katumbi ne s’est pas présenté au palais de justice aujourd’hui parce que son état de santé ne lui a pas permis d’effectuer le déplacement », a déclaré à l’AFP Me Mumba Gama, un des avocats de l’opposant congolais.

    A Kinshasa, le parquet général de la République a confirmé la suspension des séances d’audition « eu égard aux plaintes de santé exprimées par sieur Katumbi Chapwe » auprès des enquêteurs, ajoutant qu’elles « reprendront sans désemparer, après ce contrôle médical ».

    Les autorités congolaises ont annoncé le 4 mai l’ouverture d’une enquête contre M. Katumbi après l’arrestation de quatre de ses gardes du corps, parmi lesquels un Américain.

    Richissime hommes d’affaires et propriétaire du célèbre club de football TP Mazembe, M. Katumbi a déclaré que l’Américain détenu par les autorités était chargé d’ »organiser » sa sécurité pour pallier au retrait de la protection policière dont il bénéficiait quand il était gouverneur de la province du Katanga et a qualifié ces allégations de « mensonges grotesques ».

    Le climat politique est très tendu depuis des mois en RDC en raison de l’incertitude liée au très probable report de l’élection présidentielle. Aux termes de la Constitution, M. Kabila, au pouvoir depuis 2001, et dont le mandat se termine en décembre, n’a pas le droit de se représenter.

    L’opposition accuse le chef de l?État, qui entretient le flou autour de ses intentions et de son avenir politique, de chercher à tout faire pour se maintenir à la tête du pays au-delà du terme de son mandat, quitte à retarder la tenue de la présidentielle.

    JA

  • La défense de Bemba tente d’obtenir la peine la plus basse possible

    La défense de Bemba tente d’obtenir la peine la plus basse possible

    Bemba- la Haye-Les débats sur le quantum de la peine à infliger à Jean-Pierre Bemba, chef de l’ex-mouvement rebelle, Mouvement de Libération du Congo (MLC), et ancien vice-président de la RDC, reconnu coupable de crimes de guerre et crimes contre l’humanité en Centrafrique, se sont ouverts à CPI.

    Les avocats de Jean-Pierre Bemba ont mis en avant lundi à La Haye les circonstances atténuantes de leur client, jugé coupable des crimes commis par sa milice en Centrafrique, afin de convaincre la CPI de lui infliger la peine la plus basse possible.

    Au terme d’un interminable procès ouvert en novembre 2010, les trois juges de la Cour pénale internationale (CPI) avaient reconnu le 21 mars l’ancien chef rebelle du nord de la République démocratique du Congo (RDC) coupable de cinq charges de crimes de guerre et crimes contre l’humanité en vertu du principe de la “responsabilité du commandant”.

    Mais le quantum de la peine de M. Bemba, 53 ans, ancien vice-président congolais, restait encore à fixer après de nouveaux débats. Ils se sont ouverts lundi et doivent s’achever mercredi. Durant ces trois jours d’audience, les juges entendront de nouveaux témoignages, les réquisitions du ministère public, ainsi que les plaidoiries de la défense.

    Jean-Pierre Bemba encourt jusqu’à 30 ans de prison, voire la perpétuité si les juges estiment que l’”extrême gravité du crime” le justifie. Il a déjà passé huit années en détention.

    Témoin cité par la défense, l’évêque catholique Fridolin Ambogo a cherché à démontrer lundi que Jean-Pierre Bemba et le MLC avaient joué un rôle dans l’établissement “de la paix et de la stabilité” dans la province de l’Equateur, au nord-ouest de la RDC.

    Tout en affirmant ne pas avoir eu connaissance de ce qui se passait en Centrafrique, l’évêque a déclaré lundi que les forces du MLC avaient “enfin permis à la population de se sentir libre, parce que le MLC est venu reconstruire tout ce qui avait été détruit”.

    Le jugement le concernant rendu en mars est le premier de la CPI à condamner l’utilisation de viols et violences sexuelles en tant que crimes de guerre, le premier aussi qui condamne un chef militaire pour des atrocités commises non par lui mais par sa milice, et ce même s’il ne les a pas ordonnées.

    Quelque 1.500 hommes du Mouvement de Libération Congolais (MLC), la milice dirigée par Jean-Pierre Bemba, s’étaient rendus en Centrafrique en octobre 2002 pour soutenir le président Ange-Félix Patassé, victime d’une tentative de coup d’Etat menée par le général François Bozizé. D’après le jugement de la CPI, jusqu’en mars 2003, les troupes du MLC ont commis un carnage en Centrafrique, où ils ont volontairement tué et violé des civils.

    Avec AFP

  • Adieu, Baudouin…

    Adieu, Baudouin…

  • Appel à des marches de protestation le 26 mai

    Appel à des marches de protestation le 26 mai

    manif-Trois plateformes d’opposition congolaise appellent à des marches de protestation en République démocratique du Congo le 26 mai contre un arrêt de la Cour constitutionnelle autorisant le président Joseph Kabila à rester au pouvoir au-delà du terme de son mandat, selon un communiqué reçu samedi.

    « Notre détermination est telle qu’une marche de protestation, contre les dévoyés et fossoyeurs de la démocratie en RDC, sera organisée ce 26 mai 2016 sur toute l’étendue de la République », écrivent dans ce texte la Dynamique de l’opposition, le G7 et le Front citoyen.

    Mercredi, la Cour constitutionnelle de la RDC a autorisé M. Kabila à rester en fonctions si la présidentielle n’est pas organisée avant la fin de son mandat, le 19 décembre 2016, comme cela semble chaque jour un peu plus probable.

    Pour les trois plateformes d’opposition, « la Cour vient de démontrer […] qu’elle est au service de Monsieur Kabila et de ses partisans pour leur permettre de demeurer au pouvoir par défi et au mépris total aussi bien de la Constitution de la République que du peuple congolais qui exigent l’alternance démocratique en 2016. »

    Dans un communiqué séparé, la Lutte pour le changement (Lucha), mouvement de jeunes indignés adhérant au Front citoyen, a dénoncé la répression d’un sit-in « pacifique » ayant rassemblé une trentaine de personnes à son appel devant le siège de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco) à Goma, capitale de la province du Nord-Kivu (est).

    « Inaction » des Casques bleus et des forces armées nationales à Beni

    L’objet de la manifestation était de dénoncer « l’inaction » des Casques bleus et des forces armées nationales face à la vague de massacres ayant coûté la vie à près de 600 civils dans la région de Beni, grande ville du nord de la province, depuis octobre 2014.

    Selon la Lucha et un journaliste sur place, les policiers ont dispersé violemment le petit attroupement en distribuant coups de crosse et coups de pied et ont interpellé sept personnes : cinq manifestants et deux journalistes qui avaient tourné des images, l’un pour La Voix de l’Amérique, l’autre pour la télévision congolaise B-One.

    Tous ont fini par être relâchés.

    Les policiers « nous [ont] demandé d’écraser les images tournées, ce que nous avons fait », a déclaré à l’AFP l’un des deux journalistes interpellés.

    M. Kabila est arrivé au pouvoir en 2001 après l’assassinat de son père qui avait renversé en 1997 le vieux dictateur Mobutu Sese Seko. Il a été élu président en 2006 avant d’être réélu en 2011 à l’issue d’un scrutin entaché de fraudes massives, au résultat contesté, et à l’origine de la crise politique que traverse le pays.

    L’est de la RDC, et en particulier la province du Nord-Kivu, est déchiré par la violence de conflits armés depuis plus de vingt ans en dépit des efforts de la communauté internationale pour stabiliser la région.

    JA

  • plus que deux groupes en lice pour la construction du barrage géant Inga III

    plus que deux groupes en lice pour la construction du barrage géant Inga III

    Barrage d'Inga-Le canadien SNC-Lavalin ne figure plus parmi les trois consortiums en lice pour la construction du premier des barrages hydroélectriques d’Inga sur le fleuve Congo, selon Bruno Kapandji, le directeur de l’Agence pour le développement et la promotion du projet Grand Inga, cité par “Reuters” mardi.

    L’échéance est désormais fixée à octobre 2016 : c’est la date à laquelle le gouvernement de République démocratique du Congo (RDC) départagera les deux consortiums encore en lice pour la construction du premier barrage du projet Inga III, dit « Inga III basse chute ».

    Celui-ci doit permettre à la RDC – pays où seul 15 % de la population a accès à l’électricité – de produire 4 800 mégawatts (MW) supplémentaires. Premier volet d’un projet décalé à de multiples reprises qui vise à étendre les capacités de production électrique sur le site exceptionnel des chutes d’Inga, à environ 250 km au sud de Kinshasa, où existent actuellement deux barrages construits dans les décennies 1970 et 1980.

    Deux consortiums sont encore en lice, selon Bruno Kapandji, l’ancien ministre des Ressources hydrauliques et de l’Énergie nommé directeur de l’Agence pour le développement et la promotion du projet Grand Inga, créée par le président Joseph Kabila au sein de son cabinet en octobre 2015.

    Il s’agit du groupement d’entreprises chinois, mené par China Three Gorges Corporation, qui a réalisé le barrage des Trois-Gorges en Chine, et du consortium emmené par le groupe de BTP espagnol ACS.

    « Nous sommes dans l’attente de leur offre en juillet. Nous choisirons la meilleure en termes d’expérience, de capacité à mobiliser des fonds et de technologie », a indiqué Bruno Kapandji.

    Exit SNC-Lavalin

    Exit donc le groupe canadien SNC-Lavalin qui avait été présélectionné en association avec les coréens Daewoo et Posco, et dont Bruno Kapandji ne fait plus mention.

    La firme d’ingénierie canadienne et ses filiales avaient été « blacklistées », en avril 2013, par la Banque mondiale. Deux de ses cadres avaient été accusés de corruption d’agents étrangers au Bangladesh, dans le cadre d’un chantier de construction de pont auquel l’institution de Bretton Woods prévoyait d’allouer 1,2 milliard de dollars.

    Or la Banque mondiale est très impliquée dans le projet Inga III. En mars 2014, rassérénée par l’engagement de l’Afrique du Sud à acheter la moitié de la future production électrique du barrage congolais, l’institution internationale a accordé un don de 73,1 millions de dollars à la RDC, pour de l’assistance technique dans le développement de ce projet.

    Le démarrage du chantier, lui aussi décalé de manière répétée, est désormais attendu pour juin 2017. Cependant, « des financements supplémentaires doivent être sécurisés », a indiqué Bruno Kapandji. Qui n’a toutefois pas précisé dans quelles proportions le coût total de Inga III basse chute, estimé à 12 milliards de dollars, a pour l’heure été sécurisé.

    Avec Jeune Afrique