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  • Moïse Katumbi, que va-t-il faire maintenant ?

    Moïse Katumbi, que va-t-il faire maintenant ?

    -Après son inculpation pour atteinte à la sûreté intérieure et extérieure de l’État, Moïse Katumbi, candidat déclaré à la présidentielle en RD Congo, a été autorisé à quitter le territoire national pour suivre des soins médicaux appropriés en Afrique du Sud. Comment compte-t-il rebondir ?

    « Pour l’instant, Moïse Katumbi est toujours sous observation médicale à Johannesburg », affirme un proche de l’ancien gouverneur de l’ex-Katanga. À l’en croire, après des examens de santé et une fois rétabli, rien n’empêchera au candidat déclaré à la présidentielle congolaise de quitter l’Afrique du Sud.

    Que fera-t-il ? Regagnera-t-il immédiatement la RD Congo où le parquet l’a inculpé, jeudi 19 mai, d’atteinte à la sûreté intérieure et extérieure de l’État ou s’envolera-t-il vers d’autres cieux ?

    Katumbi déjà hors course ?

    « Peu importe sa décision, le scénario voulu par Kinshasa paraît irréversible : disqualifier de la course à la présidentielle un candidat populaire devenu le principal rival du camp présidentiel », confie à Jeune Afrique un magistrat de la capitale congolaise, qui dit avoir déjà traité des « dossiers similaires et sensibles ».

    À l’en croire, il en a été ainsi de plusieurs autres opposants qui se sont retrouvés, avant Moïse Katumbi, dans le collimateur du pouvoir. « En exécutant des instructions venues d’en-haut sans réfléchir, des juges avaient récemment condamné l’ancien député Vano Kiboko, passé à l’opposition, à trois ans de prison alors que les faits infractionnels qui lui étaient reprochés ne pouvaient être punis d’une peine de plus de deux ans », rappelle-t-il.

    Ce n’est pas évident de mettre Moïse Katumbi en taule, admet un cadre de la Majorité présidentielle

    Dans le cas Katumbi, les choses se sont précipitées. « L’audition a été suspendue le jour où notre client a été agressé par les forces de l’ordre. Le parquet a promis de la reprendre dès qu’il serait rétabli. Nous n’avons donc pas compris pourquoi le même parquet a finalement choisi de l’inculper sans l’entendre de nouveau », explique un avocat de la défense. Puis, au lendemain de son inculpation, l’opposant, soupçonné d’avoir recruté de supposés mercenaires étrangers, a été autorisé à quitter la RD Congo pour aller en Afrique du Sud recevoir des soins médicaux appropriés…

    « Visiblement, ce n’est pas évident de mettre Moïse Katumbi en taule », admet un cadre de la Majorité présidentielle (MP, la coalition au pouvoir). « Le dossier est complexe et divise au sein même de l’entourage du chef de l’État : d’un côté le camp des durs qui veut poursuivre cette affaire jusqu’au bout – position défendue notamment par des responsables de l’Agence nationale de renseignement (ANR) et certains faucons de la MP -, et de l’autre, un camp plus modéré qui considère qu’il est trop risqué d’avoir les États-Unis à dos en cette période préélectorale déjà tendue », explique-t-il.

    L’Américain Darryl Lewis enfin devant le parquet

    Arrêtés le 24 avril à Lubumbashi lors du meeting de Katumbi dispersé à coups de gaz lacrymogène et transférés dès le lendemain à Kinshasa, l’Américain Darryl Lewis et trois Congolais (Idi Sefu, Yannick Kabinda et Franck Mwashila) proches de l’opposant sont considérés par les autorités congolaises comme des « mercenaires » au service de l’ancien gouverneur.

    Détenus au secret depuis presqu’un mois, « tous les quatre ont été transférés aujourd’hui [24 mai] devant le parquet général de la République où une audition est prévue devant le même magistrat qui a entendu M. Katumbi », a indiqué Me Azarias Ruberwa, l’un des avocats du collectif de la défense. Une « bonne nouvelle, selon cet ancien vice-président de la République, car leur détention était très irrégulière ».

    Hormis le citoyen américain, les trois suspects congolais n’ont jamais reçu de visite ni de leurs familles ni de leur conseil. Ce qui fait craindre une « extorsion de faux témoignages pour fabriquer des preuves contre Katumbi », relève un autre avocat du collectif.

    Katumbi-Tshisekedi de nouveau à l’ordre du jour

    Concernant le dossier principal, des avocats affirment toutefois continuer à travailler pour que l’inculpation de Moïse Katumbi soit retirée. « Contrairement à ce que le porte-parole du gouvernement a indiqué, l’affaire n’est pas passée en phase juridictionnelle, nous continuons à discuter avec le parquet parce que ce dernier n’a pas entendu notre client comme il était prévu », explique Me George Kapimba.

    En attendant, Moïse Katumbi est « annoncé dans le courant de la semaine à Bruxelles », selon certaines indiscrétions au sein de l’Union nationale pour la démocratie et le progrès social (UDPS). Une « rencontre autour d’Étienne Tshisekedi [leader historique de l’UDPS] » est en effet en gestation dans la capitale belge. Elle connaîtrait la participation de Katumbi, ou du moins du G7, regroupement politique qui soutient la candidature de Katumbi à la présidentielle. « Les lignes bougent… », souffle un membre de la coalition.

    Moïse Katumbi veut toujours rassembler l’opposition

    Dans l’entourage de Katumbi, l’on ne confirme pas un imminent tête-à-tête entre ce dernier et Tshisekedi. Ses proches se contentent d’affirmer que des « négociations » sont en cours avec l’UDPS et le G7 pour « harmoniser les vues ». « Mais Moïse Katumbi demeure dans sa droite ligne, celle de rassembler toute l’opposition. Il avait déjà rencontré Étienne Tshisekedi  et d’autres opposants dans cette optique. Naturellement, le G7, allié de Katumbi, s’inscrit aujourd’hui sur la même ligne », explique l’un d’eux.

    Pourrait-on envisager de voir Katumbi sur la liste des opposants participant au dialogue politique, convoqué par le président Kabila, que Tshisekedi s’apprête à envoyer au facilitateur Edem Kodjo ? « Ce serait réducteur de résumer les tractations entre l’UDPS et G7 à une histoire de liste alors que les deux parties, malgré leurs différences d’approche, travaillent sur le respect de la Constitution et celui des délais qu’elle impose pour l’organisation des élections, l’alternance démocratique et la nécessité d’avoir une candidature commune de l’opposition », avance-t-on dans l’entourage de Katumbi.

    JA

  • Les marches de protestation auront bien lieu. Interdiction au Nord-Kivu

    Les marches de protestation auront bien lieu. Interdiction au Nord-Kivu

    manif-« Ce jeudi 26 mai 2016, seront organisées sur toute l’étendue du territoire congolais, des marches de protestation contre l’arrêt en interprétation de l’article 70 de la Constitution par la Cour Constitutionnelle, véritable tentative de coup d’Etat constitutionnel par laquelle le pouvoir judiciaire, sous les ordres du pouvoir politique, a honteusement violé la loi mais aussi la dignité de tous les citoyens congolais », dit le Front Citoyen 2016 dans un communiqué parvenu mardi  à la rédaction de VOA Afrique.

    Cet arrêt permet une éventuelle prolongation du mandat du président Joseph Kabila. La Cour a récemment déterminé qu’en cas de report des élections prévues fin 2016, M. Kabila resterait en fonction jusqu’à l’installation d’un nouveau chef d’Etat.

    Manifestations interdites jeudi au Nord-Kivu

    Le gouverneur du Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo, a annoncé mardi l’interdiction de toutes les manifestations auxquelles une coalition d’opposants au président Joseph Kabila a appelé à une participation massive jeudi.

    Julien Paluku a annoncé “cette interdiction sur l’ensemble de la province du Nord-Kivu” lors d’un point de presse retransmis en ligne.

    Il a justifié cette décision par le fait que, selon lui, les trois plateformes d’opposition ayant appelé la population à manifester jeudi sur l’ensemble du territoire national “n’existent pas légalement”.

    De plus, a-t-il dit, en faisant référence à la violence des groupes armés qui déchire la province depuis plus de vingt ans, “le Nord-Kivu est en deuil”, et “dans la tradition du Nord-Kivu, on ne pleure pas les gens dans la rue, on ne pleure pas les gens en manifestant”.

    Trois plateformes d’opposition congolaise, la Dynamique de l’opposition, le G7 et le Front citoyen, ont appelé à manifester jeudi partout en RDC pour dénoncer l’arrêt rendu le 11 mai par la Cour constitutionnelle et autorisant M. Kabila à rester au pouvoir au-delà du terme de son mandat, alors que tout indique que la présidentielle censée avoir lieu avant la fin de l’année ne sera pas organisée dans les temps.

    A Lubumbashi, deuxième ville du pays, dans le sud-est de la RDC, le maire, Jean-Oscar Sanguza, a déclaré lui aussi avoir interdit la marche de l’opposition prévue pour le 26 mai.

    “La décision de la Cour constitutionnelle est inattaquable”, a-t-il déclaré à l’AFP, “je ne peux pas autoriser une marche” contre cet arrêt.

    La manifestation devrait en revanche avoir lieu à Kinshasa, où le parti présidentiel pourrait également défiler.

    M. Kabila est arrivé au pouvoir en 2001 après l’assassinat de son père qui avait renversé en 1997 le vieux dictateur Mobutu Sese Seko. Il a été élu président en 2006 avant d’être réélu en 2011 à l’issue d’un scrutin entaché de fraudes massives, au résultat contesté, et à l’origine de la crise politique que traverse le pays.

    Son mandat expire en décembre et la Constitution lui interdit de se représenter, mais ses détracteurs l’accusent depuis des mois de chercher à se maintenir au pouvoir par tous les moyens.

    Avec AFP

  • En Afrique du Sud, Katumbi est-il hors jeu ?

    En Afrique du Sud, Katumbi est-il hors jeu ?

    Katuùbi-manifestation-avril-2016-Accusé « d’atteinte à la sûreté de l’Etat » et menacé d’arrestation, l’opposant Moïse Katumbi a décidé de quitter la RDC pour se faire soigner en Afrique du Sud après des violences policières. Un départ risqué pour le candidat à la prochaine présidentielle, qui pourrait se transformer en exil politique de longue durée.

    Si le président congolais Joseph Kabila comptait se débarrasser de Moïse Katumbi, c’est désormais chose faite. Du moins provisoirement. L’ancien gouverneur du Katanga s’est envolé vendredi 20 mai pour l’Afrique du Sud, où le candidat à la prochaine présidentielle congolaise se fera soigner à Johannesburg après avoir été victime de violences policières. 15 jours après s’être déclaré candidat pour la course à la magistrature suprême, le très populaire président du TP Mazembe, le premier club de football congolais, se retrouve dans une situation des plus délicates . En moins de deux semaines, les foudres de la justice congolaises se sont abattues sur ce rival sérieux au président Kabila. Katumbi s’est retrouvé accusé d’avoir recruté des mercenaires étrangers et placé sous le coup d’un mandat d’arrêt… avec seul nul doute un procès à la clé. L’ancien allié de Joseph Kabila, qui a rompu les amarres avec la majorité présidentielle en septembre 2015, risque gros dans cette affaire de mercenaires. Accusé « d’atteinte à la sûreté de l’Etat », l’ex-gouverneur pourrait être condamné à la peine capitale (qui n’est pas appliquée en RDC). Même si la justice pourrait ne pas aller jusqu’à cette peine maximale, une simple condamnation rendrait le candidat Katumbi inéligible pour de longues années.

    Katumbi autorisé à se faire soigner à l’étranger

    Mercredi 18 mai, Moïse Katumbi et ses nombreux supporters qui l’accompagnaient au Palais de justice de Lubumbashi, sont violemment dispersés par la police. Les proches de l’opposant dénoncent « des coups et des gaz lacrymogènes ». Le candidat lui-même est blessé et hospitalisé dans la capitale de l’ex-Katanga. Entre temps, l’étau de la justice se resserre : un mandat d’arrêt est émis par le Procureur, signifiant une arrestation imminente de Katumbi en vue d’un prochain procès. Les avocats de l’homme d’affaire demandent alors à la justice l’autorisation que leur client puisse se faire soigner à l’étranger. Une autorisation sitôt acceptée. Cette décision des plus étonnantes, lorsque l’on connait le degré répression et d’intimidation qui pèse sur les opposants au camp présidentiel, étonne les observateurs de la politique congolaise : « On accuse Katumbi d’atteinte à la sûreté de l’Etat et on le laisse partir en Afrique du Sud ? Plutôt étrange ». Pour certains, le départ de l’opposant pour l’Afrique du Sud a été négocié « parce que cela arrange tout le monde » : la majorité présidentielle se débarrasse d’un candidat encombrant et Katumbi évite la prison.

    Hors course ?

    Mais depuis son départ pour l’Afrique du Sud, le candidat Katumbi se retrouve dans une situation des plus inconfortables pour réaliser son dessein politique. Loin du Congo et de son fief de Lubumbashi, le candidat à la présidentielle est transformé en simple spectateur de la crise politique qui se joue à Kinshasa. Hors du pays, Katumbi se retrouve de facto hors course pour la suite du feuilleton politique. Le patron du TP Mazembe devra donc décidé rapidement de son sort : rester en Afrique du Sud le temps des soins et rentrer au Congo avec le risque de se faire arrêter à sa descente d’avion, ou rester en Afrique du Sud et perdre le contact avec ses soutiens en RDC. Pour ne pas perdre le crédit et la popularité qu’il vient d’acquérir ces dernières semaines dans la peau de « l’opposant n°1 au président Kabila », Katumbi ne doit pas s’éterniser en Afrique du Sud. Cette « pause » sud-africaine doit lui permettre de prendre le temps de peaufiner sa défense et d’établir sa stratégie de retour. Sans cela, l’épisode sud-africain pourrait se transformer en exil politique de longue durée, qui handicaperait fortement le candidat Katumbi pour la prochaine présidentielle. Un élément pourrait peut-être changer la donne sur « l’affaire Katumbi » : la mobilisation populaire. Une journée de protestation est prévue jeudi 26 mais dans tout le pays pour protester contre l’arrêt de la Cour constitutionnel qui autorise le président Kabila à se maintenir au pouvoir au-delà des limites de son mandat. La mobilisation de Lubumbashi, base arrière de Katumbi, constituera un excellent test pour estimer le poids de ses soutiens.

    Christophe RIGAUD – Afrikarabia

  • Un jeune Congolais de RDC battu à mort à New Delhi- Inde

    Un jeune Congolais de RDC battu à mort à New Delhi- Inde

    congo-inde-En Inde, un jeune Congolais de RDC a été tué, dans la nuit du vendredi 20 au samedi 21 mai, dans un quartier de la banlieue de New Delhi, alors qu’il rentrait chez lui. Il a été battu à mort par trois hommes après une dispute. La police a déjà arrêté l’un des accusés, identifié grâce aux caméras de surveillance.

    Avec notre correspondant à New Delhi,  Sébastien Farcis

    A 23h45 (heure locale), le jeune Congolais se trouve dans le quartier de Vasant Kunj, dans le sud de New Delhi. Il arrête une moto-taxi pour rentrer chez lui, mais trois hommes du quartier s’interposent, car ils veulent prendre le même véhicule.

    Une dispute commence, l’un des trois Indiens prend une pierre et frappe le Congolais à la tête et au visage. Il saigne abondamment et sera déclaré mort à son arrivée à l’hôpital.

     

    La police a déjà arrêté l’un des accusés, identifié grâce, entre autres, aux vidéos de surveillance. Il a ensuite reconnu les faits et devrait être inculpé pour meurtre.

    L’officier en charge de l’enquête a montré les images aux représentants de l’ambassade de République démocratique du Congo (RDC) en Inde et affirme que les assaillants n’ont pas prononcé de propos racistes à l’encontre de l’Africain.

    Ce Congolais, âgé de 29 ans, travaillait en Inde comme professeur de français.

    rfi

  • Carte : groupes armés et autres milices pullulent (encore) dans l’est de la RDC

    Carte : groupes armés et autres milices pullulent (encore) dans l’est de la RDC

    REBELLE BENI-Deux ans après la défaite de la rébellion du M23, l’est de la RDC regorge toujours de nombreux groupes armés et milices, pour la plupart fragmentés à la suite de redditions partielles ou d’alliances brisées. Une situation qui ne favorise pas un éventuel retour à la paix.

    Décidément, les bruits de bottes et de kalachnikov ne cessent de se faire entendre dans l’est de la RDC. De l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), qui a mis fin à 32 ans de régime de Mobutu en 1997, au Mouvement du 23-Mars (M23), vaincu fin novembre 2013, les rébellions se succèdent à un rythme effréné dans le Nord et le Sud-Kivu depuis deux décennies.

    À côté de groupes armés plus ou moins structurés, plusieurs autres – souvent sans hiérarchie établie ni objectifs militaires ou politiques bien définis – ont également fait leur apparition au fil des années. On y trouve des milices d’autodéfense ou à caractère ethnique, parfois utilisées comme supplétifs par l’armée (certaines factions Maï-Maï et Raïa Mutumboki notamment), mais aussi des groupes ougandais (Forces démocratiques alliées, ADF), rwandais (Forces de libération du Rwanda, FDLR) ou encore burundais (Forces nationales de libération du Burundi, FNL), voire de micro-milices locales constituées d’au moins 20 combattants.

    Une récente étude publiée fin 2015 par le Groupe de recherche sur le Congo (GEC) a pu identifier les « zones d’influence » de plusieurs groupes armés et milices dans le Nord et le Sud-Kivu, deux ans après la victoire de l’armée congolaise sur le M23. « Au moins 70 groupes armés sont actifs dans l’est de la RDC », affirment les chercheurs Jason K. Stearns et Christoph Vogel qui se fondent essentiellement sur leurs recherches effectuées sur le terrain.

    Carte interactive des groupes armés qui pullulent dans l’est de la RDC

    Cliquez sur la légende pour visualiser la présence de chaque groupe et sur les points pour des informations plus détaillées.

    Source : Groupe d’études sur le Congo (GEC)

    Quels sont les groupes les plus dangereux ?

    « L’ensemble de ces groupes armés représente moins de danger pour Kinshasa qu’un mouvement armé fort et cohérent comme ce fut le cas du M23 », explique à Jeune Afrique Christoph Vogel, l’un des auteurs de l’étude du GEC. « Mais la prolifération de ces groupes armés constitue une source d’insécurité pour les populations locales et aussi un défi opérationnel pour l’armée congolaise », précise le chercheur.

    À l’en croire, les FDLR demeurent « le groupe potentiellement plus dangereux », avec ses combattants estimés entre 1 000 et 2 500 hommes. Incapables depuis 2001 de mener des raids sur le Rwanda d’où ils sont originaires, les combattants des FDLR multiplient des attaques sur le sol congolais à l’instar de celle qui a fait 14 morts dans la nuit de 6 au 7 janvier à Miriki, localité située au nord de Goma.

    « Les miliciens Raïa Mutomboki et Nyatura constituent également une menace majeure » contre le retour de la paix dans l’est de la RDC, souligne Christoph Vogel. Il en est de même des rebelles ougandais de l’ADF, responsables présumés des massacres à répétition dans le territoire de Beni, et des autres milices locales actives dans la même zone. Alors que les insurgés burundais du FNL eux, dirigés par un certain Nzabampema, excellent dans le vol de bétail et multiplient des raids transfrontaliers à partir de leur base située dans la plaine de la Rusisi, selon le rapport du GEC.

    Tendance à la fragmentation

    En deux décennies d’instabilité dans le Nord et le Sud-Kivu, des groupes armés et milices ont de plus en plus tendance à se fragmenter : ils étaient moins de 30 en 2008, ils sont aujourd’hui au moins 70.

    « L’échec ou l’absence des programmes de démobilisation ont provoqué l’éclatement des groupes armés en plusieurs factions », notent les chercheurs du GEC. Un avis partagé par une source onusienne présente dans l’est de la RDC.

    Le processus de paix a forgé une armée congolaise hétéroclite

    Après la fin de la rébellion du M23, trois groupes ou coalitions ont éclaté chacun en deux groupuscules ou plus. C’est le cas des miliciens Nyatura par exemple, ou des Nduma Défense du Congo (NDC), fractionnées en deux branches armées distinctes : NDC rénové du commandant Guidon et NDC/Sheka. Les redditions partielles des combattants et les coalitions brisées ont également fait exploser les Raïa Mutomboki en plusieurs factions (voir la carte ci-dessus).

    Ainsi, « le processus de paix a forgé une armée congolaise hétéroclite constituée d’anciens belligérants », dénonce l’étude. Des « postes juteux » dans l’Est, riche en ressources naturelles, ont souvent été attribués aux ex-chefs rebelles qui déposent les armes. En conséquence : les officiers mécontents de leur situation font défection pour créer des milices armées sur le terrain. Une approche finalement abandonnée par Kinshasa qui semble privilégier désormais « l’intégration au cas par cas » des anciens combattants rebelles.

  • BENI:Avec l’opération Usalama, les FARDC et la Monusco traquent les rebelles ougandais ADF

    BENI:Avec l’opération Usalama, les FARDC et la Monusco traquent les rebelles ougandais ADF

    fardc_beni-Les FARDC et la Monusco ont lancé le 14 mai l’opération Usalama pour traquer les rebelles ougandais musulmans des ADF, responsables de nombreux massacres dans la région de Beni. Avec un certain succès : 15 ennemis ont déjà été “neutralisés”.

    Depuis une semaine, les combats sont rudes et les armes tonnent dans la zone d’Eringeti (territoire de Beni). Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), appuyées par la Mission de l’ONU (Monusco), harcèlent dans l’Est des positions présumées de la rébellion musulmane ougandaise Forces démocratiques alliées (ADF). « Les opérations évoluent très bien. Leurs bastions ont été découverts par les FARDC », souligne un haut-responsable de l’armée. Mais il reconnaît que l’ennemi ne se laisse pas faire : « Le contact est très chaud ».

    Lancée le 14 mai, l’opération « Usalama » (« Sécurité », en swahili) est « ponctuelle » et complète Sokola 1 (nettoyer, en lingala), déclenchée en janvier 2014 pour traquer les ADF, présente depuis 1995 dans le territoire de Beni, dans l’extrême-nord de la province du Nord-Kivu, explique le lieutenant Mak Hazukay, porte-parole de Sokola 1. Le bilan est lourd. « Après sept jours de combats, nous avons réussi à neutraliser 15 éléments ADF et capturer deux éléments, dont un enfant de 5 ans », énumère l’officier supérieur.

    Destruction d’une centaine de cases des rebelles

    Soulignant que le « combat se déroule en profondeur » et loin des agglomérations pour épargner les civils, il ajoute que les FARDC ont saisi cinq armes AK-47, deux lance-roquettes, des munitions, et détruit une centaine de cases des rebelles. En revanche, côté FARDC, il ne disposait pas dans l’immédiat d’un bilan exact mais a évoqué des « blessés graves », évacués vers les villes de Beni ou Goma, capitale du Nord-Kivu. Le haut-responsable militaire explique pour sa part que 9 militaires de l’armée congolaise ont péri, et que 10 autres sont blessés.

    L’ADF est accusée de la plupart des massacres ayant fait environ 600 morts depuis octobre 2014 dans le territoire de Beni – massacres qui provoquent un lourd ressentiment envers les autorités et la Monusco, jugées inefficaces. La découverte de bastions rebelles suffira-t-elle pour défaire l’ennemi ? « Il n’y a pas d’indicateur de succès face au terrorisme, souligne le haut-responsable de l’armée. Ils seront certainement affaiblis et réduits, mais la défaite, ce n’est pas moi qui le dirai : le défi était de découvrir leurs cachettes, c’est ce qui a été fait. »

    JA

  • Edem Kodjo continue à attendre la liste de l’opposition

    Edem Kodjo continue à attendre la liste de l’opposition

    EDEM-Le facilitateur désigné par l’Union africaine pour le dialogue politique en RDC, Edem Kodjo, s’est plaint vendredi que “l’opposition (NDLR, congolaise) reste divisée sur sa participation au dialogue”.

    L’UDPS, qui lui avait promis depuis le 26 mars, de faire une liste commune de l’opposition pour le comité préparatoire, ne lui a, jusqu’à ce jour, toujours rien remis, a déclaré M. Kodjo au cours d’une conférence presse à Kinshasa.

    Assurant de ne vouloir critiquer personne, le facilitateur estime qu’il “faut éviter de donner l’impression qu’on prend tout le pays en otage”.

    VOA

  • Moïse Katumbi quitte la RDC pour être soigné

    Moïse Katumbi quitte la RDC pour être soigné

    KATUMBI -AVION-L’avion de Moïse Katumbi a décollé, ce vendredi 20 mai au soir, en direction de l’Afrique du Sud, où l’opposant doit recevoir des soins. Cette décision a été prise au lendemain de l’inculpation du candidat à la présidentielle pour « atteinte à la sûreté intérieure et extérieure de l’Etat ».

    Depuis l’annonce de l’inculpation de Moïse Katumbi, les avocats de l’ex-gouverneur du Katanga avaient demandé à ce qu’il soit soigné à l’étranger et plus précisément en Afrique du Sud. Demande désormais acceptée par le procureur de la République. Pourtant sous le coup d’un mandat d’arrêt provisoire, le candidat à l’élection présidentielle est d’ores et déjà en partance dans un avion médicalisé. Une expertise médicale a permis d’appuyer cette demande et le parquet dit s’être conformé à l’avis du médecin qui avait été mandaté.

    « C’est peut-être un piège pour l’obliger à prendre la route de l’exil », confie l’un des compagnons politiques de l’opposant à Joseph Kabila. Ce dernier craignait une condamnation par contumace, assortie d’une impossibilité de revenir sur le territoire. « C’est une manière de se débarrasser de lui », insiste-t-il.

    Cette décision « vide la justice de toute crédibilité »

    « Le pouvoir est totalement paniqué et il fallait mettre coûte que coûte Moïse Katumbi hors d’état de nuire, c’est-à-dire l’empêcher de se présenter aux élections », déclare Charles Mwando. Le président du G7 ajoute : « La justice n’est pas très convaincue des éléments qui se trouvent dans le dossier de M. Katumbi en était au point de s’interroger si ça valait la peine de poursuivre ce dossier. » Pour l’officiel, « les pressions politiques étant telles qu’il a fallu couper la poire en deux », c’est-à-dire prononcer une inculpation provisoire et autoriser les soins. Cette décision « vide la justice de toute crédibilité » poursuit Charles Mwando ajoutant que cela « confirme le fait que la RDC est un état de non-droit ».

    « Il y a des personnalités qui ont certains problèmes avec leur propre comportement et c’est tout, ça n’a aucun rapport avec l’alternance politique », déclare Léonard She Okitundu. Le sénateur, ancien ministre congolais des Affaires étrangères et membre du bureau politique de la majorité présidentielle poursuit : « Je me rappelle que l’autre camp disait qu’on est en train de tout faire pour empêcher tel candidat à faire ceci et cela. Je ne suis pas ce genre de commentaires. Je pense qu’il y a des gens qui ont posé certains actes qui sont répréhensibles et qui doivent rendre des comptes, un point c’est tout. »

    Selon les informations recueillies par RFI, Moïse Katumbi serait en tout cas soumis à un devoir de réserve, le parquet lui demanderait de ne pas s’exprimer sur le dossier en cours. Le dossier est cependant loin d’être enterré puisque ses quatre gardes du corps sont toujours à l’agence nationale des renseignements, accusés d’être les fameux mercenaires recrutés par l’opposant. Ils devaient être transférés au parquet de Kinshasa, mais aux dernières nouvelles, ce n’était toujours pas le cas.

    RFI