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  • Tshisekedi… après lui, qui ?

    Tshisekedi… après lui, qui ?

    Étienne-Tshisekedi-L’UDPS pourrait-elle survivre à Tshisekedi ? Pas évident : le vieux chef n’a jamais préparé sa succession et continue d’occuper toute la scène.

    Dans l’histoire de la RD Congo, une règle simple s’est toujours vérifiée : jamais parti politique n’a survécu à son leader. On comprend donc que les 83 printemps d’Étienne Tshisekedi suscitent une certaine angoisse parmi les cadres de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS). D’autant qu’il ne fait rien pour organiser sa succession.

    « Même affaibli, il reste notre meilleur atout, affirme son fils Félix. Lui seul peut nous rassembler, sa magie opère toujours. » Le congrès, censé se tenir d’ici à quelques semaines à Kinshasa, devrait donc le reconduire à la tête du parti. Du moins, de ce qu’il en reste. Car l’éloignement du vieux chef (il a passé à peine plus de trois ans au pays durant la dernière décennie) l’a désorganisé.

    Départs et désorganisation

    Plusieurs cadres l’ont quitté, comme Albert Moleka, l’ancien directeur de cabinet de Tshisekedi, qui tente de faire revivre une ancienne dissidence, l’UDPS-Kibassa. D’autres ont été rétrogradés dans la hiérarchie, mais restent populaires auprès de certains militants avec qui ils ont constitué de petites baronnies. C’est le cas de Valentin Mubake, l’ex-conseiller politique de Tshisekedi, ou de Jacquemin Shabani, l’ancien secrétaire général de l’UDPS.

    L’aile parlementaire, menée par Samy Badibanga, est toujours officiellement exclue pour avoir désobéi à la consigne de ne pas siéger. Enfin, la direction du parti à Kinshasa, incarnée par Bruno Mavungu, souffre de ne pas avoir un accès direct au président, resté à Bruxelles.

    Les membres de l’entourage de Tshisekedi, essentiellement des Lubas du Kasaï, gardent en effet jalousement le contrôle de son agenda, monnayant parfois leur influence, réelle ou supposée. Ainsi, des négociations avec des émissaires du président Kabila se sont multipliées depuis un an sans que le « vieux » ait toujours donné son aval.

    Son retour au pays ne serait donc pas de trop pour réunifier toutes ces tendances et galvaniser la base. Même dans cette éventualité, les cadres pourraient être de plus en plus tentés de négocier leur ralliement au pouvoir.

    Pierre Boisselet- JA

     

  • La Côte d’Ivoire va rendre hommage au roi de la rumba Papa Wemba

    La Côte d’Ivoire va rendre hommage au roi de la rumba Papa Wemba

    wemba-Abidjan rendra hommage à Papa Wemba mercredi lors d’une grande veillée artistique.

    La Côte d’Ivoire va rendre mercredi un hommage au roi de la rumba congolaise Papa Wemba, décédé dimanche à Abidjan où il participait au Festival des musiques urbaines d’Anoumabo (Femua), a annoncé lundi l’organisateur du festival.

    “Une grande veillée artistique pour rendre hommage à l’illustre disparu, est prévue dans la nuit de mercredi à jeudi”, écrit le commissariat général du Femua dans un communiqué.

    “Plus de 100 artistes chanteurs et musiciens nationaux et internationaux vont se succéder sur la scène de cette veillée de 21 heures à l’aube”, selon le texte.

    La veuve de Papa Wemba à Abidjan

    Avant cet hommage, les organisateurs sont à pied d’oeuvre pour établir le programme des obsèques et le rapatriement du corps en République démocratique du Congo (RDC).

    Une délégation composée de six personnes, dont la veuve du chanteur, Marie Rose dit maman Amazone, et le gouverneur de sa région natale de Sankuru, le Pr Ulungu Lukata Berthold, est arrivée en milieu de journée à Abidjan en provenance de Kinshasa, a déclaré un des organisateurs du Femua.

    Une rencontre est “aussitôt prévue, en compagnie de l’ambassadeur de RDC à Abidjan, rentré précipitamment du Mali en vue d’établir un programme définitif”, a-t-il assuré.

    L’information était à la Une de tous les quotidiens ivoiriens de lundi: “Le dernier roi de la rumba se retire de la scène”, écrit le journal indépendant Tribune. “Papa Wemba a rangé le micro, hier”, selon le quotidien L’Expression. Le journal gouvernemental Fraternité Matin qui a consacré trois pages à l’artiste, barre sa Une, “Décès de Papa Wemba/ L’icône de la musique tombe micro en main”.

    Papa Wemba, 66 ans, légende de la musique congolaise, est décédé après un malaise survenu sur scène à Abidjan, dans le quartier populaire d’Anoumabo qui a vu naître Magic System, groupe star de la musique ivoirienne.

    Le chanteur a connu ces dernières années quelques ennuis de santé, selon des sources proches des organisateurs du festival.

    Les hommages se sont multipliés pour saluer un des chanteurs africains les plus populaires d’Afrique et le prince de la SAPE (Société des Ambianceurs et des Personnes Elégantes), mouvement dont il a été l’un des initiateurs au Zaïre dans les années 70 et qui se caractérise par les plus grandes audaces vestimentaires.

    Koffi Olomidé pleure “son grand frère”

    Le Congolais (RDC) Koffi Olomidé, un chanteur de renom de la trempe de Papa Wemba dit “pleurer un grand frère” sur sa page facebook.

    “La musique congolaise est décimée, elle a explosé (…) je refuse de croire à la nouvelle” de la mort de Papa Wemba, “un ami très cher”, affirme Koffi Olomidé, un adepte de la rumba.

    “Souvenir avec Papa Wemba dans un duo de +Ami Oh+ de Manu Dibango. Il avait une voix d’ange”, a twitté en anglais la chanteuse béninoise Angélique Kidjo.

    A Paris, le ministère français des Affaires étrangères lui a aussi rendu hommage lundi.

    “Papa Wemba aura marqué l’histoire de la culture congolaise en réinventant la rumba devenue, grâce à lui, un phénomène artistique et musical universel”.

    “Avec la création de la Société des ambianceurs et des personnes élégantes, il a également constitué un phénomène social majeur”, a estimé le Quai d’Orsay.

    L’ONU également attristée

    Le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en RDC Maman Sambo Sidikou se dit profondément attristé par l’annonce de la disparition de l’artiste musicien connu sous le nom de Papa Wemba.

    “Au nom de toute la famille des Nations Unies en RDC, Mr Maman Sidikou présente ses sincères condoléances à la famille de l’illustre disparu et aussi à toute la nation congolaise”, déclare l’ONU dans un communiqué de presse.

    VOA

  • Manifestation de l’opposition dispersée par la police à Lubumbashi

    Manifestation de l’opposition dispersée par la police à Lubumbashi

    LUBUM MANAIF-La police a dispersé mercredi à Lubumbashi, dans le sud-est de la RD Congo, quelques 5 000 opposants hostiles à un troisième mandat du président Joseph Kabila ou à tout report de la présidentielle au delà de novembre 2016.

    Le général Jean-Bosco Kalenga, commandant provincial de la police, a déclaré dans la matinée du mercredi 20 avril que la police était « en train de disperser les délinquants qui perturbent l’ordre public » à Lubumbashi. Tout en promettant de faire un bilan de l’opération ultérieurement.

    Quelques 5000 personnes, essentiellement des jeunes gens, s’étaient rassemblées tôt le matin aux abords du siège provincial de l’Union nationale des fédéralistes du Congo (Unafec, parti d’opposition), avant d’être dispersées par la police à coup de grenades lacrymogènes vers 9h30 heure locale (7h30 GMT).

    Quatre personnes interpellées

    « Kabila doit partir », « venez nous tuer, nous sommes fatigués » du régime, scandaient en swahili ces opposants, en jetant des pierres aux forces de l’ordre. Appelant au calme, les agents de la police criaient aux habitants à l’aide de mégaphones : « Il n’y a pas de guerre », « vaquez à vos occupations ».

    À la mi-journée, la tension était retombée. La police a indiqué avoir interpellé « quatre délinquants », accusés « d’avoir pillé un bistrot ». Des allégations que rejette l’Unafec.

    Le siège de l’Unafec vandalisé

    La veille, selon plusieurs témoins, des effigies de Moïse Katumbi placées devant le bureau provincial du parti avaient été arrachés par des policiers. Antoine-Gabriel Kyungu wa Kumwanza, le président de l’Unafec avait alors accusé le pouvoir de soutenir des « actes anti-démocratiques », le siège de son parti à Kinshasa ayant par ailleurs été saccagé.

    Moïse Katumbi, l’ancien gouverneur du Katanga, investi candidat du G7, la coalition de sept partis passés de la majorité à l’opposition au président Joseph Kabila, avait annoncé le jour-même la tenue d’un meeting jeudi à Lubumbashi.

    Le gouvernement juge les délais pour les élections « objectivement intenables »

    Le climat politique est très tendu en République démocratique du Congo en raison de l’incertitude liée au probable report de la présidentielle, censée avoir lieu avant la fin de l’année.

    Mardi, répondant au sénateur américain John McCain dans une lettre, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, a jugé les délais pour les élections « objectivement intenables ».

    JA

  • Papa Wemba : ce que l’on sait d’après l’équipe médicale qui lui a porté les premiers soins

    Papa Wemba : ce que l’on sait d’après l’équipe médicale qui lui a porté les premiers soins

    Le concert de Papa Wemba à Paris en janvier a été annulé.
    Le concert de Papa Wemba à Paris en janvier a été annulé.

    -Plus de 24 heures après le décès de la star africaine de la musique Papa Wemba, une source médicale a fait savoir que l’artiste a été victime d’un arrêt cardiaque. Une autopsie pourrait avoir lieu.

    L’artiste congolais, qui est monté sur scène le 24 avril à l’aube, vers 5 heures du matin, a été frappé d’un malaise quelque vingt minutes plus tard. « Il s’agit d’un infarctus massif, tout le cœur se contracte d’un coup et s’arrête de battre. Dans sa chute, il était déjà mort avant de toucher le sol », confie une source médicale présente au moment du drame.

    Malgré les efforts du personnel médical, rien n’a pu être fait. Dans l’ambulance qui conduisait le roi de la rumba congolaise vers un centre hospitalier privé de la capitale ivoirienne, plusieurs tentatives de réanimation ont eu lieu, en vain.

    Même s’il souffrait régulièrement de paludisme et qu’il était fréquemment fatigué, l’artiste avait bonne mine avant le spectacle, selon des proches, mais il avait renoncé à prendre son dîner pour être plus léger lors des chorégraphies sur scène. Et pendant sa brève prestation, Papa Wemba a dû insister plusieurs fois auprès des techniciens pour qu’ils augmentent le son de la musique qu’il estimait faible.

    JA

  • Des manifestations dans plusieurs villes de la RDC pour fêter 26 années de multipartisme

    Des manifestations dans plusieurs villes de la RDC pour fêter 26 années de multipartisme

    OPPSANTS-Lors des manifestations du 24 avril, l’opposition invite à “accentuer la pression” sur le pouvoir.

    Cela fait 26 ans aujourd’hui que l’ex-président Mobutu Sese Seko proclamait la démocratisation avec le multipartisme dans l’actuelle RDC.

    Dans la chaleur et l’incertitude sur l’organisation des prochaines élections dans ce pays, la classe politique, la majorité comme l’opposition, a tenu des rassemblements dans différentes villes du pays avec des discours politiques qui frustrent la population pour parler de cette date.

    Charly Kassereka depuis Goma, une ville de l’est de la République démocratique du Congo, analyse la situation.

    Accentuer la pression sur le régime

    La “Dynamique de l’opposition”, l’une des principales plateformes politiques opposée à un troisième mandat du président congolais Joseph Kabila, a appelé dimanche à Kinshasa la population à accentuer la “pression” sur le régime afin d’exiger la tenue de la présidentielle avant la fin de l’année.

    “Faisons accentuer la pression pour pousser le pouvoir au respect de la Constitution” en République démocratique du Congo (RDC), a déclaré Vital Kamerhe, président de l’Union pour la nation congolaise (UNC), lors d’un meeting qui a réuni un peu plus de 2.000 personnes.

    Cette rencontre populaire s’est tenue en marge de la commémoration de l’ouverture démocratique lancée le 24 avril 1990 par le dictateur Mobutu Sese Seko, qui a régné sur la RDC pendant 32 ans.

    “Le pouvoir est aux mains du peuple”, ont répété plusieurs dirigeants de la Dynamique qui réunit notamment le Mouvement de libération du Congo (MLC) et l’UNC, 2e et 3e forces politiques de l’opposition à l’Assemblée ainsi que plusieurs dizaines d’autres petits partis.

    Du haut du balcon du siège des Forces novatrices pour l’union et la solidarité (Fonus), les dirigeants d’opposition ont tour à tour réitéré leur refus de participer au dialogue national voulu par le président Kabila qu’ils considèrent comme “un piège”. Ils ont également redit leur rejet de tout report de la présidentielle.

    “Un dialogue national inclusif” au point mort

    Fin novembre, M. Kabila a annoncé son intention de convoquer un “dialogue national inclusif” destiné à permettre un consensus sur le calendrier électoral et le financement des élections, mais cinq mois plus tard, le projet est au point mort.

    Mi-avril, le facilitateur de l’Union africaine pour ce forum, Edem Kodjo, a estimé que le respect du “délai constitutionnel” était un “problème” pesant sur l’organisation de la présidentielle en RDC.

    Le climat politique est tendu depuis des mois dans le pays en raison de l’incertitude liée au très probable report de ce scrutin censé avoir lieu fin novembre.

    L’opposition accuse M. Kabila, au pouvoir depuis 2001 et à qui la Constitution interdit de se représenter, de manoeuvrer pour se maintenir au pouvoir au-delà du terme de son mandat en décembre.

    Depuis deux ans, la Dynamique de l’opposition demande à M. Kabila de déclarer publiquement qu’il ne se représentera pas pour un troisième mandat à la tête de la RDC, conformément à la Constitution qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels.

    VOA

  • Matata Ponyo bat le record de longévité au poste de Premier ministre (sans discontinuité)

    Matata Ponyo bat le record de longévité au poste de Premier ministre (sans discontinuité)

    augustin matata-Les députés congolais se sont penchés mercredi sur le bilan du Premier ministre Augustin Matata Ponyo. Nommé en avril 2012, ce dernier totalise quatre années successives à la tête du gouvernement de la RD Congo. Un record dans l’histoire politique du pays.

    Depuis son indépendance en 1960 à ce jour, la RD Congo a connu plus de 20 chefs de gouvernement. Mais jamais un Premier ministre n’a pu rester en fonction quatre années de suite avant Augustin Matata Ponyo.

    Nommé à la mi-avril 2012 et entré en fonction le 9 mai de la même année, l’actuel chef du gouvernement congolais établit un nouveau record de longévité – sans discontinuité – au poste. Avant lui, seuls quatre Premiers ministre avaient atteint la barre des trois années successives : Léon Kengo wa Dondo entre le 5 novembre 1982 et le 31 octobre 1986 (3 ans et 11 mois), Cyrille Adoula entre le 2 août 1961 et le 30 juin 1964 (3 ans et 10 mois) et Adolphe Mozito entre 10 octobre 2008 et 7 mars 2012 (3 ans et 4 mois).

    Inversement, quelques passages (très) éclairs à la primature ont également marqué l’histoire politique de la RD Congo. Certains chefs du gouvernement ne sont restés en fonction que quelques jours : Joseph Ileo entre le 5 et le 20 septembre 1960, avant d’être neutralisé par le premier coup de force de Mobutu, Bernardin Mungul Diaka entre le 1er et le 21 novembre 1991, Étienne Tshisekedi entre le 2 et le 9 avril 1997. Moins de deux mois avant la chute de Mobutu.

    Classement des Premiers ministres congolais suivant leur longévité (sans discontinuité) au pouvoir

    Passez votre souris sur le graphique pour voir la longévité de chaque Premier ministre.

    Si vous nous consultez depuis notre application mobile, cliquez ici pour une meilleure expérience interactive.

    Mais si l’on cumule les mois et années passées à la primature, c’est Léon Kengo wa Dondo qui caracole en tête avec près de 8 ans d’expérience comme Premier ministre. Avec ses 4 ans effectués de manière discontinue, Augustin Matata Ponyo se place à la deuxième position.

    Confiance du chef mais pas seulement

    Au Palais de la nation, on explique cette longévité par la « confiance » que Matata Ponyo a su gagner auprès du chef de l’État. Mais au-delà de la personnalité du Premier ministre, « c’est également une question de famille politique », nuance un conseiller du président Joseph Kabila.

    « Depuis les législatives de 2011, c’est la Majorité présidentielle (MP), avec le PPRD [Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie, formation initiée par Kabila, NDRL] qui tient le poste de Premier ministre. Malgré les tiraillements entre les uns et les autres, le président de la République a choisi de rester fidèle à l’équilibre trouvé : Aubin Minaku (originaire de l’ouest du pays), placé à la tête de l’Assemblée nationale, Augustin Matata (est) à la primature et Évariste Boshab (centre), nommé vice-Premier ministre pour s’occuper des questions politiques », explique-t-il.

    Pour quel bilan ?

    Depuis son arrivée aux affaires, Augustin Matata se félicite d’avoir stabilisé le cadre macroéconomique et maîtrisé l’inflation dans le pays. Mercredi 20 avril, il s’est présenté devant les députés pour répondre à une question orale avec débat. Plus de 100 demandes de prise de parole ont été enregistrées pour interroger le chef du gouvernement sur son bilan.

    Selon le camp – majorité ou opposition -, des félicitations et des critiques se sont succédé à la tribune. Le député Juvénal Munubo a notamment pointé « l’inflation (des problèmes) sécuritaire(s) » ces dernières années dans le pays.

     

    JA

  • Le “roi de la rumba” congolaise, Papa Wemba, est décédé

    Le “roi de la rumba” congolaise, Papa Wemba, est décédé

    Papa-Wemba-Le “roi de la rumba” congolaise, Papa Wemba, est décédé dimanche à l’âge de 66 ans en plein concert à Abidjan, la capitale économique de la Côte d’Ivoire, ont rapporté plusieurs médias, dont la radio onusienne Okapi et l’hebdomadaire ‘Jeune Afrique’. Chanteur, auteur-compositeur et acteur à succès, Papa Wemba, de son vrain nom Jules Shungu Wembadio Pene Kikumba, était l’une des plus grandes figures de la musique congolaise.

    L’artiste a été victime d’un malaise lors d’un concert à Abidjan dans la nuit de samedi à dimanche, où il participait au Festival des Musiques urbaines d’Anoumabo (Femua). “Il s’est écroulé sur scène”, a précisé ‘Jeune Afrique’.

    Papa Wemba était une légende de la musique africaine. Dans les années 1960-1970, avec son groupe Zaïko Langa Langa puis en solo, il avait fait rayonner la rumba congolaise à travers le monde. Il a formé des générations de musiciens dont certains poursuivent de grandes carrières, comme Koffi Olomidé.

    Parmi ses plus grands succès figurent des morceaux comme “Yolele”, “Sai Sai” et “Maria Valencia”.

    Il était également l’une des figures emblématiques de la SAPE, la Société des ambianceurs et personnes élégantes. Mode vestimentaire, mais aussi art de vivre, les sapeurs on fait des émules de Kinshasa à Paris et inspire aujourd’hui de nombreuses pop stars africaines-américaines.

    Ce musicien avait aussi été l’acteur principal du film belgo-zaïrois “La vie est belle” de Ngangura Dieudonné Mweze et Benoît Lamy en 1987. Il avait composé une bonne partie de la musique originale de ce film. Papa Wemba apparaît également en 1997 dans “Combat de fauves” de Benoît Lamy.

    Il avait eu en 2003 (BIEN: 2003) des démêlés avec les justices belge et française. Il avait arrêté à Paris dans une affaire de trafic de visas à la suite d’un mandat d’arrêt international lancé par le juge d’instruction belge Jean Coumans.

    Les justices française et belge le poursuivaient pour aide au séjour irrégulier d’étrangers sous couvert de ses activités musicales. Il était soupçonné d’avoir favorisé l’immigration clandestine en France de quelque 150 ressortissants de la République démocratique du Congo (RDC), moyennant des sommes avoisinant 3.500 euros par personne.

    Ce qui lui avait valu d’être condamné en février 2012 par le tribunal correctionnel de Bruxelles à quinze mois de prison avec sursis et à une amende de 22.000 euros, dont la moitié avec sursis, pour trafic d’êtres humains.

    Papa Wemba avait aussi été condamné en 2004 par le tribunal de Bobigny (nord de Paris) à une peine de 30 mois de prison dont 26 avec sursis, ainsi qu’à 10.000 euros d’amende, pour aide au séjour irrégulier d’étrangers sous couvert de ses activités musicales.

  • McCain Vs L. Mende, la guerre des lettres

    McCain Vs L. Mende, la guerre des lettres

    Mende-Mccain-Le sénateur américain John McCain et le ministre congolais de la Communication et Médias, Lambert Mende se sont livrés une guerre par lettres interposées. Au cœur de la bataille, les élections ou pas à venir. Des étincelles en l’air.

    Entre John McCain et Lambert Mende, c’est la guerre. Celle des écrits. Le sénateur américain et le ministre congolais de la Communication et Médias se sont livré à un échange d’idées via des lettres. Tout a commencé le 15 avril dernier lorsque le sénateur américain, adresse une lettre à François Balumuene, ambassadeur de la RDC à Washington. Dans sa lettre, l’ancien candidat malheureux à la présidentielle de 2008 accuse le Président Joseph Kabila arrivé à la fin de son second et dernier mandat de vouloir esquiver la tenue des élections avant d’exprimer son souhait d’un transfert démocratique du pouvoir cette année en RDC.  «Je vous écris pour exprimer ma profonde préoccupation sur le climat politique de plus en plus répressif et la détérioration de la situation des droits de l’homme en République démocratique du Congo (RDC). Concernant les deux dernières années, le Président Kabila semble manœuvrer pour éviter les élections nationales et consolide le pouvoir d’éroder le processus démocratique et la fermeture de l’espace politique. De telles actions sont contraires aux obligations internationales de la RDC et risquent la poursuite du conflit dans votre pays», dit-il.

    Et d’ajouter : «Le Président Kabila a contribué au parcours de la RDC d’hostilité à une stabilité relative. Il a maintenant l’opportunité de cimenter son héritage en mettant le pays sur la voie démocratique et la prospérité pour les générations futures de Congolais et le monde va longtemps célébrer». Avant de conclure: «Mon espoir est que la RDC aura son tout premier transfert démocratique du pouvoir cette année».

    On ne provoque pas Lambert Mende

    John McCain a certes pensé avoir dit haut son souhait mais il ne s’attendait certainement pas à la réplique musclée que cela susciterait. Quatre jours après, Lambert Mende a la langue déliée. Et comme souvent, le porte-parole du gouvernement congolais n’a pas fait dans la demi-mesure. Répliquant également par une lettre,  Mende a avant tout regretté que McCain ait publié sa lettre dans les médias avant de la faire parvenir à son destinataire.  Il a ensuite rappelé les obstacles à la tenue des élections dans le délai et le bien-fondé de la tenue du dialogue national inclusif. «Tous les Congolais qui aiment leur pays ont résolu de prendre part à ce dialogue imminent à l’exception de quelques extrémistes ambitieux qui caressent l’espoir de ramasser le pouvoir en créant le chaos. Plutôt que de s’associer à cette démarche pacifique et républicaine qui s’inscrit dans nos traditions, ils se sont transformés en fétichistes des dates et n’ont de projet que l’agitation de l’épouvantail d’une insurrection populaire sous le prétexte du non-respect des délais qu’ils savent pourtant objectivement intenables. Il est déplorable que vous acceptiez de mettre votre célébrité et leadership au service d’un dessein aussi irresponsable». Lambert Mende a par la suite choisi de recadrer l’homme d’Etat américain. «Les propos de John McCain sont assimilables aux menaces d’une époque révolue. Nous apprécierons que vous ayez une lecture plus réaliste de la situation en RDC, pays qui est en si bons termes avec les USA au lieu des vous inscrire, sur base d’informations délibérément biaisées, dans la défense de thèses de ceux qui ne fondent leur existence politique que sur le schéma de l’instabilité chronique de nos institutions. C’est de cette manière que les Etats-Unis pourraient contribuer efficacement au tout premier transfert démocratique du pouvoir en RDC», a-t-il déclaré.

    Quoi de mieux qu’une guerre des lettres pour mettre de l’huile au feu dans un climat politique congolais déjà sous une chaleur de plomb.

    © OEIL D’AFRIQUE