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  • Les Léopards de la RDC victorieux des Aigles du Mali – La résurrection du Colosse aux pieds d’argile

    Les Léopards de la RDC victorieux des Aigles du Mali – La résurrection du Colosse aux pieds d’argile

    rdc 1-Les Léopards de la RDC victorieux des Aigles du Mali

    La résurrection du Colosse aux pieds d’argile

    ‘‘Interprétations’’ et ‘‘Leçons spirituelles’’ de la finale du CHAN 2016

    ‘‘La plus grande victoire, c’est la victoire sur soi’’ Platon

     

    Il existe, en réalité, deux types de rêves qu’un être humain peut normalement vivre. Ceux-ci sont d’essence tout à fait particulière. Il y a, d’une part, le rêve onirique. C’est le plus connu de tous car il est, en fait, le plus souvent expérimenté. Ce type de rêve se déroule, le plus naturellement, lors du sommeil.

    Et, d’autre part, l’être humain est très souvent confronté au rêve éveillé. Il se déroule généralement pendant que le commun des mortels est physiquement en état d’éveil. En réalité, il se déroule pendant que ce dernier est pleinement conscient de ce qu’il entoure, des éléments de son environnement immédiat. Ce type de rêve est, souvent, négligé voire même méconnu. L’humain n’en a pas toujours conscience. Pourtant, il recèle une importance capitale autant que le rêve onirique (songe).

    Derrière chaque événement vécu pendant que l’on dort ou se déroulant pendant que l’on est conscient, il y a toujours un message important à retenir. Il y a, en effet, une leçon propre sans doute destinée à l’être humain. Par conséquent, quelle que soit sa nature ou sa qualité, un rêve – qu’il soit d’essence évidemment onirique ou éveillée – mérite toujours d’être interprété. Il doit toujours être décrypté dans l’intention de mieux comprendre le message qu’il recèle et véhicule au principal intéressé.

    Cet exercice d’interprétation du rêve s’applique naturellement à la consécration des Braves Léopards de la République démocratique du Congo lors de la finale du CHAN 2016. Dans l’état physique, les amateurs du ballon rond, d’ailleurs scotchés à leurs téléviseurs, ont vécu tout à fait en direct la brillante prestation livrée par la sélection congolaise de football pour se hisser à la plus haute marche du podium aux dépens des Aigles du Mali. Cet événement footballistique continental qui réunit les équipes africaines qualifiées, s’est tenu au Rwanda, pays limitrophe de la RDC. Se déroulant à Kigali, le ‘‘siège’’ du pouvoir politique et administratif, devant les officiels rwandais, cette finale qui a vu couronner les Léopards de la RDC, recèle à vrai dire un message fort dont l’importance ne saurait être saisie qu’à l’aune des symboles manifestement mis en relief.

    Dans ce couronnement magique des ‘‘Léopards’’ de la République démocratique du Congo, y a-t-il réellement l’intervention ou la main du hasard ?

    Ce qui est sûr et certain, il y a, dans cette consécration continentale des footballeurs congolais, beaucoup de symboles. Ce qui est clair, il existe beaucoup de clins d’yeux. Il y a, en effet, beaucoup de messages subliminaux à décrypter.

    Pour ce faire, il y a lieu de relever, d’abord, le parcours insolite des Braves Léopards. En effet, au cours de ce CHAN 2016, la sélection congolaise de football a directement eu à se mesurer avec quelques Nations qui sont de loin ou de près liées à la situation dramatique de la République démocratique du Congo depuis le déclenchement de la guerre dite ‘‘d’agression’’ et ‘‘de partition’’ en 1996. Les footballeurs congolais qui n’ont point démérité, ont eu à affronter successivement et, surtout, à vaincre dans leur cheminement jusqu’en finale les Walya d’Éthiopie (les Bouquetins d’Abyssinie), les Palancas Negras (les Antilopes ou les Gazelles noires) de l’Angola et les Amavuli (Abeilles) du Rwanda. Dans cette compétition relevée, les Congolais ont, également, croisé le fer avec les fameux Lions indomptables du Cameroun et les durs Éléphants (Syli) de la Guinée-Conakry.

    Chose certaine, le CHAN 2016 peut être résumé à un conte africain mettant en relief les animaux et dont la puissance morale cache assurément un message symbolique ou subliminal. Cette compétition représente, allégoriquement parlant, un fruit dont l’intérieur est souvent garni d’une coque. Celle-ci présente cette particularité et cette singularité de cacher la graine ou de protéger le noyau symbolisant la ‘‘renaissance’’ ou la ‘‘vérité existentielle’’ à découvrir et à s’en servir pour son épanouissement.

    Chose certaine, eu égard au parcours de la sélection nationale congolaise, la victoire des Léopards sur les Bouquetins d’Éthiopie ainsi que les Abeilles du Rwanda signifie spirituellement la fin de l’agression ‘‘physique’’ rwandaise sur la RDC[i]. Le fait que le chef de l’État rwandais Paul Kagamé ait, en personne, remis à la sélection congolaise une médaille de mérite, d’ailleurs délivrée par la Confédération africaine de football (CAF), pour sa participation à la finale de Kigali, est un geste qui augure un nouveau chapitre dans la région des Grands Lacs. Cette nouvelle ère, que d’aucuns espèrent, est placée autant sous le signe de la paix et de l’harmonie que sous le sceau de la fraternité et de la solidarité. Ce qui implique logiquement une véritable coopération entre partenaires de la même sous-région, et ce à tous les niveaux.

    Par conséquent, dans un avenir plus ou moins proche, il n’est pas exclu que l’Afrique et le Monde assistent au retour de meilleurs sentiments entre ces deux États voisins. Il n’est pas exclu que la Planète Terre assiste à des rapprochements spectaculaires entre ces deux Nations africaines dont l’inimitié profonde n’est pas, à vrai dire, une vue de l’esprit. Si jamais elle se produisait, une telle dynamique serait, bien entendu, une bonne nouvelle pour la paix et la sécurité en Afrique centrale et dans la région des Grands Lacs devenue malheureusement le ventre mou du Continent en dépit de ses immenses richesses. Cela est d’autant plus vrai qu’un ‘‘tel événement dépend de la stricte volonté des acteurs en conflit’’.

    Toutefois, dans la victoire des Léopards sur les Antilopes angolaises, il faut surtout voir la chute prévisible et même programmée du régime de Joseph Kabila Kabange. Force est, d’ailleurs, de souligner que le coup d’État du 16 janvier 2001 réalisé par ce mercenaire à la solde exclusive des intérêts anticongolais et ayant emporté sous d’autres cieux Mzee Laurent-Désiré Kabila, a été favorisé par la double intervention militaire angolaise et zimbabwéenne. Donc, dans cette victoire des Léopards, il faut [entre]voir le retour tant attendu du ‘‘Géant endormi’’, donc en état d’hibernation[ii].

    Par ailleurs, ce CHAN 2016 a permis à la sélection nationale congolaise de se frotter aux équipes nationales du Cameroun et de la Guinée-Conakry. Ce qui n’est pas sans rappeler les classiques footballistiques des années soixante et soixante-dix ayant fait vibrer des générations entières. Il y a, certes, là une bonne prédiction pour l’avenir. Cela revient à dire que les Congolais connaîtraient bientôt des périodes mémorables de fastes. Comparativement aux années soixante et soixante-dix au cours desquelles le pays excellait, ceux-ci connaîtraient des moments de prospérité et de grandeur. Ils disposeraient, en fait, d’un revenu décent et d’un travail fort rémunérateur.

    Ensuite, il convient de s’attarder, quelque peu, sur la symbolique de l’Aigle, d’ailleurs présente dans cette compétition sportive africaine. L’Aigle représente la majesté, le pouvoir de domination par sa capacité à surplomber les airs et surtout à contempler le soleil sans se brûler les yeux. De ce fait, cet animal mythique  symbolise la force ou l’empire hégémonique.

    Dans un rêve, le léopard signifie la colère qui bouillonne à l’intérieur. Il est ce feu qui ne cesse point de consumer. Il est la soif inextinguible d’en découdre violemment. Cette bête féroce incarne la volonté d’en finir coûte que coûte avec un adversaire, a fortiori un gibier ou une proie totalement à sa merci. Cet animal mythique symbolise par voie de conséquence la crainte, la trouille qu’il inspire aux autres animaux de la jungle.

    Contrairement au roi lion, par nature plus pausé et plus calme, majestueux dans sa posture, qui ne tue pas par simple plaisir, qui n’attaque pas pour attaquer, le léopard suscite indéfiniment la peur dans la forêt. En effet, ce fauve opportuniste et solitaire est réputé toujours attaquer sa proie, et ce dans n’importe quelle circonstance. Qu’il ait par conséquent faim ou pas, qu’il ait vraiment mangé ou pas, il fonce directement et toujours sur la proie qui constitue son régal.

    Dans cette fable africaine du CHAN 2016, il est un fait indéniable que les Léopards de la RDC ont, très brillamment, vaincu en finale les Aigles du Mali. Cependant, dans le processus de rêve éveillé manifestement vécu par les Congolais, l’Aigle dépecé par le Léopard n’est pas, à vrai dire, le Mali. En effet, cet État africain n’a visiblement pas de contentieux avec la République démocratique du Congo. Par conséquent, l’Aigle vaincu par ce félin impitoyable est, symboliquement, la Superpuissance américaine dont l’emblème est, à vrai dire, ‘‘l’Aigle royal’’.

    En effet, depuis septembre 1996, la République démocratique du Congo est l’objet d’une agression physique de son territoire. Cette attaque est fomentée par les États-Unis d’Amérique dans l’intention malveillante de réduire en charpie sa souveraineté internationale et son indépendance nationale. Aussi est-elle manigancée, orchestrée, dans le dessein de piller toutes ses richesses, de détruire sa population autochtone et de démembrer son territoire physique au profit exclusif des forces d’agression, à titre de butin de guerre.

    Donc, cette victoire symbolique du Léopard sur l’Aigle impérial, dominateur, signifie spirituellement la fin réelle de l’agression physique de la République démocratique du Congo parrainée par les États-Unis et sous-traitée par le Rwanda. Aussi signifie-t-elle le revers cuisant de la Superpuissance américaine dans sa tentative d’assujettir à son hégémonie malveillante la volonté farouche des Congolaises et des Congolais. Le fait même que cette victoire brillante et convaincante du Léopard impitoyable sur l’Aigle impérial soit acquise à Kigali est, en soi, déjà une prémonition.

    Enfin, la brillante victoire des Léopards de la RDC sur les Aigles du Mali repose, en réalité, sur quatre dimensions qu’il sied de ne pas négliger. Ces quatre paramètres sont totalement mis en lumière par le rêve éveillé certainement vécu par l’ensemble des Congolais. Donc, c’est sur ces quatre facteurs importants que repose dorénavant la force incommensurable de la RDC.

    Il s’agit, primo, de la jeunesse. C’est un paramètre dont le dynamisme doit être pris sérieusement en compte dans la construction de la Nation et de l’État. D’aucuns ne peuvent ignorer que la jeunesse congolaise est vraiment pleine d’idées et de vitalité. Il suffit simplement de lui faire confiance et de lui donner des moyens adéquats pour faire éclore tout son potentiel, toute son intelligence. Jean-Florent Ibenge Ikwange, à titre d’entraîneur, l’a très bien compris. Il a fait confiance à Elia Meschak, âgé de 18 ans. Celui-ci a su saisir la perche et, par conséquent, fait ses preuves. Ce jeune joueur est pratiquement devenu la figure de proue, l’incarnation évidente de cette jeunesse dynamique et entreprenante.

    Secundo, la République démocratique du Congo ne peut aucunement se relever sans sa diaspora. Celle-ci est une composante extérieure de la Nation sur laquelle le pays tout entier doit résolument compter. Le parfait symbole de cette vérité est, certes, l’entraîneur Jean-Florent Ibenge Ikwange qui a réellement vécu toute sa jeunesse en France, toute son adolescence et, surtout, une très bonne partie de son âge adulte à Lille (Département du Nord).

    En d’autres termes, il s’agit d’une diaspora entreprenante et responsable. Il n’est pas du tout question d’aventuriers et d’opportunistes qui viennent plutôt sucer le pays, spolier la Nation à l’image des cadres manducratiques de l’AFDL historique indexés, d’ailleurs, par Mzee Laurent-Désiré Kabila. Il est, en réalité, question d’individus qui disposent pratiquement d’une vision à long terme, laquelle permet de faire rayonner sous d’autres cieux le pays. En fait, il est question d’individus indubitablement dotés d’une démarche permettant littéralement d’inscrire le pays sur la voie du progrès et du développement, de la prospérité et de la sécurité.

    Tertio, sans ‘‘l’harmonie et la concorde’’, ‘‘la solidarité et la fraternité’’, la République démocratique du Congo demeure à tout point de vue un pays vulnérable, totalement faible. Cette vérité limpide est personnifiée par l’avant-centre des Léopards nommé Bolingi. Force est de constater que ce joueur exceptionnel a pesé de tout son poids dans les matchs décisifs. Entre autres en demi-finale contre les Éléphants (Syli) de la Guinée-Conakry et en finale contre les Aigles du Mali. Ce nom est une déclinaison de Bolingo qui signifie en lingala ‘‘Amour’’. En d’autres termes, il appartient, certes, aux Congolais de s’ouvrir franchement le cœur, de se parler sans arrière-pensée afin de ‘‘bâtir un pays plus beau qu’avant’’ comme, d’ailleurs, le recommande voire l’oblige l’hymne national qu’est le ‘‘Debout Congolais’’. Dans le cas contraire, il ne reste plus qu’à mettre la clef sous le paillasson.

    Quarto, le résultat du match obtenu par les Congolais aux dépens des Maliens est de trois buts à zéro. Spirituellement, le chiffre trois renvoie à la trinité ou à la stabilité dont le symbole ésotérique est le triangle, généralement associé à un œil représenté au milieu. Par cette forme géométrique, ce chiffre très spirituel représente la totalité (l’espace) et la permanence (le temps). Ce qui revient très naturellement à dire que le score brillamment réussi par les onze Congolais préfigure l’ordre démocratique et la stabilité politique que les Congolais appellent de tous leurs vœux.

    Par ailleurs, il importe de mentionner que cette finale de football s’est déroulée sans la présence effective du chef de l’État Joseph Kabila Kabange, d’ailleurs en porte-à-faux avec la jeunesse. Donc, cette absence consacre réellement la consommation du divorce entre un président de la République qui, chose ahurissante, menace toute la population de ne point célébrer la victoire de sa sélection et la jeunesse. Donc, en boycottant cette finale du CHAN 2016, acte s’apparentant à une réelle démission, l’imposteur Joseph Kabila Kabange qui n’a jamais, véritablement, incarné la Nation congolaise, ne s’est pas tiré une balle dans le pied. Ce plus haut dirigeant politique et gouvernemental à la tête de la République démocratique du Congo s’est, plutôt, tiré une balle en pleine tête. Il s’agit, certes, là d’un cas de suicide éminemment politique. Du jamais vu !

    Force est de constater que cette partie ultime du CHAN 2016 qui voit la consécration des Léopards de la RDC, s’est déroulée en ‘‘présence’’ du Katangais Moïse Katumbi Chapwe. Dans son déplacement à Kigali, celui-ci était accompagné de Vital Kamerhe de l’UNC. S’agit-il vraiment d’une prémonition ? En effet, le gouverneur honoraire du Katanga, dont les plus hautes ambitions à la magistrature suprême du pays sont un secret de polichinelle, a, tout à fait, redoré le blason national avec les performances sportives inégalées de la prestigieuse équipe du Tout-Puissant Englebert Mazembe sur les plans africain et mondial.

    À bon entendeur salut !

    Joël Asher Lévy-Cohen

    Journaliste indépendant

    [i] Il est à noter que l’Éthiopie a, naguère, fait partie intégrante de la fameuse coalition de conscience africaine qui a brutalement démantelé la régime de la Conférence nationale souveraine (CNS) et par conséquent fait tomber le pouvoir monarchique du Maréchal-président Mobutu Sese Seko du Zaïre. Celle-ci était composée, outre les trois États limitrophes de la RDC (le Rwanda, l’Ouganda, le Burundi), de l’Angola, de la Zambie, du Zimbabwe, de l’Érythrée, de l’Éthiopie, des forces armées rebelles du SPLA (Sud-Soudan) de John Garang et des mercenaires somaliens et sud-africains.

    [ii] Commentaires de Rigobert Narcisse Kilu sur la toile Internet.

  • Football : la RDC en liesse après avoir battu le Mali à Kigali

    Football : la RDC en liesse après avoir battu le Mali à Kigali

    rdc victoire-Les Léopards congolais n’ont fait qu’une bouchée des Aigles maliens. Ils les ont battus par trois buts à zéro lors de la finale du Championnat d’Afrique des nations (Chan) qui s’est déroulée dimanche à Kigali, au Rwanda.

    « En tout cas, je sais que nous avons une grande équipe ! Moi, je savais qu’on devait gagner, mais pas au score de 3 ! Je croyais que ça pouvait être un ou deux… », lance Ignace-Marien, tout sourire à la fin du match.

    Kinshasa félicite l’équipe nationale, qui avait remporté la première édition de la Chan en 2009, avec son entraîneur, Florent Ibenge, et l’encadrement. Elle salue aussi Kigali pour la « bonne qualité de l’organisation » de la compétition et constate avec plaisir que « le stade dans son ensemble a vibré pour les Léopards », commente Lambert Mende, porte-parole du gouvernement. « Cela rapproche vraiment les peuples » de la région, instable depuis plusieurs décennies.

     

    Dans le stade de Kigali où s'est déroulé la finale du Chan, dimanche 7 février.

    En phase de poules, l’ancienne colonie belge a perdu face au Cameroun (1-3) avant de vaincre l’Angola (4-2) et l’Ethiopie (3-0). En quarts de finale, elle a battu le Rwanda (2-1). Symbolique pour plus d’un : ce pays a été impliqué dans les deux guerres du Congo, entre 1998 et 2003, et est accusé d’avoir appuyé deux rébellions aujourd’hui défaites : le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) et le Mouvement du 23 mars (M23).

    Lors de la finale, dans un petit bar populaire, l’hostilité se faisait sentir dès que le président rwandais Paul Kagamé apparaissait à l’écran. « La coupe a été remise par Kagamé lui-même, quelle bonne gifle ! », se réjouit dans un autre quartier Nina, mordue de football. « RDC championne. Le quatrième but sera la remise du prix par le président Paul Kagamé en personne du trophée aux Léopards », ironise pour sa part un internaute sur Twitter.

    La RDC a gagné son ticket pour la finale battant la Guinée aux tirs aux buts (5-4). D’une victoire d’étape à l’autre, les Congolais des grandesvilles – dont Goma (Est), frontalière du Rwanda – étaient de plus en plus nombreux à coloniser les rues pour crier leur fierté. Les voitures et motos-taxis faisaient des appels de phares en signe de joie, tandis que des cris déchiraient l’air, accompagnés de pas de danse, de concerts de klaxons et de casseroles.

    Une finale devenue affaire d’Etat

    Dimanche soir, la ferveur était décuplée. Les cris frôlaient l’hystérie. Des groupes d’hommes, de femmes et d’enfants trottinaient dans les rues en chantant. Certains couraient même avec en main une fausse coupe dorée. « On a gagné la coupe avec 3-0… On a remporté la coupe, il n’y a plus rien à dire ! », lance Thessy, un tee-shirt de la RDC sur le dos, et les joues ornées, comme beaucoup, des couleurs bleu, rouge et jaune de son pays.

    La finale était devenue une affaire d’Etat. Un avion de la compagnie nationale Congo Airways a été affrété pour emmener des supporters au pays des Milles Collines. En outre, alors que les coupures de courant font rage dans des quartiers, Kinshasa a déployé une vingtaine d’écrans géants dans la ville. Plus généralement, l’engouement était fort dans le pays, comme en témoignent ces milliers d’habitants de Goma qui se sont rués au Rwanda.

     

    Un supporter congolais dans le stade de Kigali où s'est déroulé la finale du Chan, dimanche 7 février.

    Représenté au Rwanda par le ministre des sports, Denis Kambayi, le président Joseph Kabila, au pouvoir en 2001, doit recevoir le onze national à son retour, dans un climat qui risque d’être à la fois euphorique et tendu : selon la Constitution, il ne peut pas briguer un troisième quinquennat lors de la présidentielle prévue en novembre 2016, mais l’opposition l’accuse de vouloir s’accrocher à son poste.

    Juste avant la finale, sur la chaîne publique, le chef de la police de Kinshasa, le général Célestin Kanyama, mis en garde contre tout désordre. Dans la soirée, « il y a eu quelques tentatives de pillage vers [l’avenue] 24 Novembre et [la commune de] Bandal », dans le nord de la capitale, et la police a fait « usage de gaz lacrymogène », commente le chef de la police du pays, le général Charles Bisengimana, actuellement en Egypte.

    Certaines sources indiquent que ce sont des chants anti-Kabila qui ont provoqué la riposte. Le général Bisengimana affirme ne pas être au courant. Lambert Mende, lui, dément : « Tout le monde est content dans le pays ! (…) Tout le monde est content du président qui a donné tout de qu’il fallait : envoyer un avion, la prime aux Léopards (…) Je ne vois pas qui pourrait envoyer des slogans contre le président. Ça n’a aucun sens ! »

  • Histoire recente: La Zambie demande à la RDC d’extrader un gouverneur accusé de corruption

    Histoire recente: La Zambie demande à la RDC d’extrader un gouverneur accusé de corruption

    katumbi-LUSAKA, (AFP) – La Zambie a demandé à la République démocratique du Congo (RDC) d’extrader le gouverneur de la province congolaise du Katanga (sud-est) accusé de corruption et détournement de fonds publics, a-t-on appris mercredi de source officielle.

    Max Nkole, chef de l’unité spéciale de lutte contre la corruption, a déclaré que le ministère zambien des Affaires étrangères avait transmis la requête à Kinshasa afin que Moses Katumbi, qui a la double nationalité zambienne et congolaise, soit extradé le plus rapidement possible.

    “Les suspects dont l’extradition est requise sont le gouverneur du Katanga en RDC, Katumbi, et (l’ancien patron des services de renseignement zambiens) Xavier Chungu”, a-t-il précisé dans un communiqué.

    Katumbi est accusé d’avoir détourné des fonds publics lors de contrats négociés avec son proche allié, l’ancien président zambien Frederick Chiluba (1991-2001), lui-même inculpé pour plusieurs affaires de corruption et de détournement de fonds publics.

    Les affaires et les biens de Katumbi en Zambie, qui comprennent une pêcherie et des minoteries, ont été confisqués au profit de l’Etat après sa fuite en RDC il y a environ trois ans.

    Max Nkole a ajouté que Lusaka cherchait à arrêter Chungu, qui a fui le pays et est soupçonné de s’être réfugié dans la RDC voisine.

    Chiluba, Chungu et Katumbi sont aussi accusés d’une fraude au détriment de l’Etat zambien d’un montant d’environ 25 millions de dollars lors d’un accord d’armement approuvé par l’ancien chef d’Etat.

    N.B:La congolité doit se poursuivre pour connaitre tous les étrangers qui dirigent le Congo Kinshasa,Moise KATUMBI CHAPWE elu gouverneur au KATANGA est de nationalité zambienne et doit comparaitre devant la justice de son pays, c’est à l’AMP de prendre de dsipostions necessaires pour eviter que la Zambie voisine vienne nous envahir avec ses militaires pour recuperer l’argent que le zambien KATUMBI avait amassé par les moyens illegaux.
    _________________
    Samy Musampa Batena Babo
    Liège
    Belgique

  • Washington se félicite de l’accord de reprise de coopération entre la Monusco et Kinshasa

    Washington se félicite de l’accord de reprise de coopération entre la Monusco et Kinshasa

    usa flag-Les Etats-Unis exhortent aussi la mission de l’ONU en RDC et le gouvernement congolais à passer rapidement à l’action contre les groupes armés qui continuent à commettre des atrocités contre les citoyens et les communautés congolaises.

    “Nous soulignons l’importance particulière de mettre fin à la présence des groupes armés étrangers dans l’est de la RDC – y compris les Forces démocratiques alliées et les forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) – qui constituent une menace pour la paix régionale plus large et de la sécurité”, précise dans le document, John Kirby, porte-parole du département d’Etat.

    Washington rappelle que cet accord constitue une opportunité importante pour la MONUSCO et les forces armées de la RDC (FARDC) de porter un coup décisif contre les FDLR.

    “Une coopération étroite entre la MONUSCO et le Gouvernement de la RDC est particulièrement importante pendant la période électorale en cours”, note le département d’Etat.

    Les Etats-Unis sont les plus grands contributeurs financiers à la MONUSCO et un prestataire de l’assistance en matière de sécurité pour professionnaliser les forces armées de la RDC.

    Ils continueront à soutenir les efforts combinés de la MONUSCO et le Gouvernement de la RDC en matière de protection civile et de la consolidation de la paix à travers la RDC, soutient le communiqué.

    Le gouvernement congolais et la Monusco ont signé le 28 janvier dernier un accord pour reprendre des opérations conjointes contre les groupes armes dans l’est de la RDC. La coopération entre les deux parties était suspendue après une mésentente sur le commandement de ces opérations que la Monusco accuse d’être constitue d’officiers impliqués dans des crimes de guerre et autres graves violations.

    VOA

  • Chan 2016: Face à la Guinée, la RDC arrache sa place en finale

    Chan 2016: Face à la Guinée, la RDC arrache sa place en finale

    Jean Florent Ikwange Ibenge, coach of DR Congo celebrates win with fans  during the 2015 Africa Cup of Nations quarterfinal football match between Congo and DR Congo at Bata Stadium, Bata, Equatorial Guinea on 31January 2015 ©Gavin Barker/BackpagePix
    Jean Florent Ikwange Ibenge, coach of DR Congo celebrates win with fans during the 2015 Africa Cup of Nations quarterfinal football match between Congo and DR Congo at Bata Stadium, Bata, Equatorial Guinea on 31January 2015 ©Gavin Barker/BackpagePix

    -Comme en 2009, l’équipe de RD Congo disputera la finale du Championnat d’Afrique des nations, le 7 février 2016. La RDC a décroché sa qualification à l’issue d’une demi-finale du Chan 2016 très serrée, face à la Guinée, ce 3 février à Kigali.

    Fin du rêve pour la sélection guinéenne de football. Celle-ci ne décrochera pas le premier titre continental de son histoire, grâce au Chan 2016. En effet, le Sily National  a subi la loi d’une équipe congolaise plus réaliste, ce 3 février à Kigali, en demi-finale de la coupe d’Afrique des joueurs locaux.

    Tout s’est réglé aux tirs au but pour les Guinéens, comme en quarts de finale. Sauf que les Ouest-Africains ont été les plus maladroits dans cet exercice, cette fois, avec des ratés d’Ibrahima Sory Bangoura, de Mohamed Thiam et de Mohamed Youla. Ricky Tulenge et Joyce Lomalisa ont également échoué. Mais les Léopards se sont tout de même imposés 5-4 durant cette séance pleine de crispation.

    La Guinée loupe le coche

    Une conclusion à l’image de ce match. En effet, aucune des deux équipes ne parvient à développer ce football qui avait tant séduit au premier tour du Championnat d’Afrique des nations. Congolais et Guinéens sont visiblement fatigués pour ce qui est leur cinquième match disputé en deux semaines. Cette première demi-finale est terne, avec beaucoup d’approximations techniques et  peu d’occasions de but franches.

    Les plus nettes sont à mettre au crédit de la Guinée. Il y a notamment ce coup franc puissant intercepté par Ley Matampi (43e), puis une parade du portier congolais qui, sur un coup de tête d’Ibrahima Sankhon, dévie le ballon sur le poteau (57e).

    Les jeunes joueurs du Sily sont maladroits dans le dernier geste. Les Léopards, privés de leur attaquant Héritier Luvumbu (blessé), ont, eux, du mal à bousculer leurs adversaires. Seule une superbe et lourde frappe de Doxa Gikanji, avec la balle qui heurte la transversale, rappelle alors que les Congolais sont les grands favoris de ce Chan 2016.

    Les Léopards, comme en 2009

    A la 103e minute, le meneur de jeu Guy Lusadisu déborde toutefois un Ibrahima Sory Bangoura épuisé et centre en retrait vers Jonathan Bolingi. L’attaquant jaillit entre deux défenseurs et catapulte le ballon au fond des filets avec une tête plongeante : 1-0.

    Le sélectionneur Florent Ibenge pense que ses joueurs ont fait le plus dur. Mais Sankhon égalise à l’ultime seconde de la prolongation, avec un tir au ras-du-poteau gauche adverse : 1-1, 120e+2. Un retournement de situation incroyable mais sans conséquence.

    Les joueurs de RDC disputeront bel et bien la finale du Chan, comme en 2009 lors de leur sacre. Le 7 février à Kigali, ils défieront la Côte d’Ivoire ou le Cameroun.

    RFI

  • La chute des cours des matières premières pourrait compromettre le financement des élections en RDC

    La chute des cours des matières premières pourrait compromettre le financement des élections en RDC

    kabila-matata-Le Premier ministre congolais a déclaré que son gouvernement ne pourra pas financer les élections avec l’argent des ménages si le cours du cuivre tombait à 2.600 dollars la tonne.

    M. Matata estime que les prix allaient “descendre davantage” en 2016 du fait de la contraction de la demande chinoise qui va avoir “un impact direct” sur les recettes budgétaires du pays.

    Il a affirmé pouvoir se passer de l’aide du Fonds monétaire international.

    “Si le cours du cuivre tombe à 2.600 dollars la tonne et le baril de pétrole à 10 dollars et que toutes les entreprises minières ferment (…) nous n’allons pas financer les élections avec l’argent des ménages”, a expliqué lors d’une conférence de presse Augustin Matata Ponyo, en évoquant un scénario pessimiste.

    Fin janvier, le ministre de l’Intérieur Évariste Boshab avait affirmé que le gouvernement congolais s’engageait de manière “ferme, irrévocable et sans équivoque” à financer la révision du fichier électoral, en vue de la présidentielle qui est prévue en 2016. Selon la Commission électorale, les opérations devraient globalement coûter 1,2 milliard de dollars.

    Malgré les difficultés budgétaires, le Premier ministre a réaffirmé que “renouer” avec les institutions financières internationales n’était pas une priorité, “les performances économiques” du gouvernement se réalisant “sans programme avec le FMI”.

    “Vous n’êtes pas malade et vous voulez voir le féticheur?”, a résumé le Premier ministre.

    La RDC traverse une crise politique depuis la reconduction au pouvoir du président Joseph Kabila à l’issue d’élections marquées par des fraudes massives en novembre 2011.

    Depuis plus de deux ans l’opposition accuse le chef de l’État, au pouvoir depuis 2001 et dont le mandat expire en décembre, de chercher à tout faire pour se maintenir en poste au-delà de la fin de l’année, alors que la Constitution lui interdit de se représenter.

    Avec AFP

  • le verdict dans le procès de Jean-Pierre Bemba à la CPI sera délivré le 21 mars

    le verdict dans le procès de Jean-Pierre Bemba à la CPI sera délivré le 21 mars

    BEMBA-La Cour pénale internationale a fixé mardi au 21 mars la date de l’audience publique au cours de laquelle sera rendu public le verdict dans l’affaire Jean-Pierre Bemba, ancien-vice président de la RDC poursuivi, en qualité de chef militaire, pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre en Centrafrique.

    « Enfin, le moment tant attendu arrive ! » Pour Me Aimé Kilolo, avocat de Jean-Pierre Bemba, joint au téléphone, le 2 février, par Jeune Afrique quelques minutes après la fixation au 21 mars du verdict dans l’affaire opposant son client au procureur de la Cour pénale internationale (CPI), l’attente du jugement commençait à être longue.

    « Entre la prise en délibéré de l’affaire le 15 novembre 2014 et le verdict fixé au 21 mars, il s’est écoulé plus d’une année et quatre mois, rappelle  Me Aimé Kilolo. Le droit à un procès équitable implique pourtant que le verdict soit rapidement rendu une fois l’affaire a été prise en délibéré. »

    En attendant, l’avocat reste confiant sur les chances d’acquittement de l’ancien vice-président congolais poursuivi, en qualité de chef militaire, pour deux chefs de crimes contre l’humanité (viol et meurtre) et trois chefs de crimes de guerre (viol, meurtre, et pillage) prétendument commis par ses troupes en Centrafrique entre 2002-2003.

    Verdict en deux phases

    Le 21 mars, « l’audience sera retransmise en direct sur le site Internet de la CPI (…). Le verdict sera lu en public et peut soit acquitter soit condamner l’accusé », a annoncé un communiqué rendu public mardi par la CPI. Ce sera la première phrase du verdict, le procès à La Haye suivant une procédure anglo-saxonne.

    La chambre de première instance III, composée de Mme la juge Sylvia Steiner (Brésil), juge présidente, Mme la juge Joyce Aluoch (Kenya) et Mme la juge Kuniko Ozaki (Japon), tranchera en effet sur la culpabilité, ou non, de Jean-Pierre Bemba. Si ce dernier est acquitté, le verdict s’arrête là mais s’il est reconnu coupable, une audience sera convoquée pour fixer le taux de la peine. C’est la deuxième phrase du verdict.

    Cette seconde hypothèse est la moins probable, selon Me Aimé Kilolo qui soutient que « l’on se dirige dans tous les cas vers un acquittement de Jean-Pierre Bemba ».

    Se fondant sur « une jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme », l’avocat du leader du Mouvement de libération du Congo (MLC) soutient même que « la violation du délai raisonnable pour rendre le verdict a pour sanction : ne plus prononcer une condamnation à l’encontre de l’accusé ». Mais « nous n’en sommes pas encore là », s’empresse-t-il de souligner.

    Jeune Afrique

  • Kabila contre Katumbi, un scénario imprévisible

    Kabila contre Katumbi, un scénario imprévisible

    Kabila-Katumbi-Ni l’un ni l’autre n’ont encore dévoilé leurs intentions pour l’élection prévue en novembre, mais nul doute que leur affrontement rythmera l’année 2016. Naguère proches, Joseph Kabila et Moïse Katumbi sont à couteaux tirés. Quelles sont leurs forces, leurs faiblesses, leurs réseaux ?

    Pour l’élection présidentielle de tous les dangers, prévue en principe dans dix mois (le 27 novembre 2016), aucun des deux n’a encore dévoilé ses intentions. Certes, la question ne devrait pas se poser en ce qui concerne le chef de l’État, Joseph Kabila, puisque la Constitution congolaise – tout au moins en son état actuel – lui interdit de briguer un nouveau mandat. Reste que le fils du Mzee est, qu’on le veuille ou non, l’acteur numéro un d’un scénario imprévisible sur lequel il conserve plus de prise qu’on ne le croit généralement.

    Que son souhait soit de prolonger son bail au pouvoir ou de se retirer dans sa ferme de Kingakati, de modifier la loi fondamentale, de jouer la carte du « glissement » du calendrier électoral ou de céder aux pressions de ceux pour qui la RD Congo doit impérativement se conformer à la loi d’airain de l’alternance au sommet, une chose est sûre : il ne sera pas un acteur passif de son destin, quitte à placer le débat sur le terrain du rapport de force.

    Un affrontement programmé

    La question se pose-t-elle pour Moïse Katumbi ? En théorie oui, puisque l’ex-gouverneur du Katanga n’a pas annoncé sa candidature. En pratique non : nul ne doute que cet entrepreneur hors normes n’a pas franchi le Rubicon, un certain 29 septembre 2015, en quittant avec fracas le camp présidentiel, pour aller pêcher à la ligne. Katumbi se veut le fédérateur de l’opposition congolaise face à toute volonté supposée de Joseph Kabila d’aller au-delà du terme de novembre. Et nombreux sont ceux qui voient en lui le principal candidat à la succession : il en a l’ambition, les moyens, et sa popularité surpasse celle de ses principaux concurrents.

    Entre le président de 44 ans et l’opposant de 51 ans, les ponts semblent définitivement coupés. Ils ont pourtant été proches pendant plus d’une décennie, le second soutenant le premier aux élections de 2006 et de 2011 et le premier assurant en retour au second une protection politique propice à l’épanouissement de ses affaires. Depuis six mois, toutes les tentatives de réconciliation ayant échoué, Moïse Katumbi, à qui revient l’initiative d’un divorce perçu par Joseph Kabila comme une trahison, a multiplié les signes de défiance, laissant apparaître les profondes différences de tempérament entre les deux hommes. Autant Kabila est silencieux, impavide et introverti, autant Katumbi peut être disert, sentimental et communicatif.

    À l’évidence, l’issue de leur affrontement programmé sera l’une des clés majeures de 2016. Avec, dans le rôle d’arbitre courtisé, un Étienne Tshisekedi plus sphinx que jamais, hésitant à 83 ans entre dialogue et monologue et qui se considère toujours, depuis son exil médical belge, comme le président légitime. K contre K : le feuilleton ne fait que commencer, sans que nul ne sache quand aura lieu le dernier épisode de ce Game of Thrones sur les rives du fleuve Congo…

    François Soudan

  • Fraude minière en RDC: le rôle du ministre provincial en question

    Fraude minière en RDC: le rôle du ministre provincial en question

    CASSITERITE-Une affaire de minerais crée la polémique dans le Sud-Kivu, en République démocratique du Congo. Elle concerne une cargaison de deux tonnes de cassitérite, une petite pierre noire très convoitée, saisie par les services anti-fraude. Les caisses provenaient d’une zone où l’exploitation est interdite par ordre du ministre provincial des Mines. Mais le chargement a tout de même été certifié par les organismes censés contrôler son origine. A la grande surprise de l’anti-fraude, le ministre provincial a demandé la levée de la saisie.

    L’affaire de la cassitérite continue de faire du bruit dans la région du Sud-Kivu en République démocratique du Congo. Les faits à l’origine de la polémique remontent au 16 janvier dernier.

    Deux tonnes de ce minerai rare utilisé dans l’électronique sont saisies par les services anti-fraude. La cargaison provient en effet de la zone de Mwenga, où des exploitants artisanaux extraient illégalement la petite pierre noire sur une concession appartenant à la société canadienne Banro.

    Pour contrôler l’exploitation et le commerce de la cassitérite, l’Etat congolais et ses partenaires ont mis en place une série de mécanismes et plusieurs organismes sont chargés de certifier la provenance des chargements.

    Pour les 40 caisses confisquées le 16 janvier, deux services de l’Etat ainsi que l’association des producteurs, l’Itri, ont validé la transaction. Problème, dans une lettre du 4 septembre 2015, le ministre provincial des Mines a clairement interdit la vente de ces minerais. Mais à présent, le ministre exige que soit levée la saisie et que la cassitérite soit rendue aux négociants qui en avaient la charge.

    Selon lui, il ne s’agit pas de fraude mais d’un simple incident, car le courrier de septembre n’avait aucune valeur légale. Il considère donc que ses services n’ont commis aucune faute. Cette décision a fait bondir la société minière Banro ainsi que les services anti-fraude. Ces derniers affirment que plusieurs articles du code minier ont été violés et décident de saisir le gouverneur de la province.

    Dans le secteur, beaucoup spéculent sur la raison qui a poussé le ministre à revenir sur sa décision. Ils s’interrogent notamment sur le rôle de son fils, car celui-ci représente l’Itri sur le territoire de Mwenga et c’est lui qui a validé la transaction.

    RFI