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  • La chute des cours des matières premières pourrait compromettre le financement des élections en RDC

    La chute des cours des matières premières pourrait compromettre le financement des élections en RDC

    kabila-matata-Le Premier ministre congolais a déclaré que son gouvernement ne pourra pas financer les élections avec l’argent des ménages si le cours du cuivre tombait à 2.600 dollars la tonne.

    M. Matata estime que les prix allaient “descendre davantage” en 2016 du fait de la contraction de la demande chinoise qui va avoir “un impact direct” sur les recettes budgétaires du pays.

    Il a affirmé pouvoir se passer de l’aide du Fonds monétaire international.

    “Si le cours du cuivre tombe à 2.600 dollars la tonne et le baril de pétrole à 10 dollars et que toutes les entreprises minières ferment (…) nous n’allons pas financer les élections avec l’argent des ménages”, a expliqué lors d’une conférence de presse Augustin Matata Ponyo, en évoquant un scénario pessimiste.

    Fin janvier, le ministre de l’Intérieur Évariste Boshab avait affirmé que le gouvernement congolais s’engageait de manière “ferme, irrévocable et sans équivoque” à financer la révision du fichier électoral, en vue de la présidentielle qui est prévue en 2016. Selon la Commission électorale, les opérations devraient globalement coûter 1,2 milliard de dollars.

    Malgré les difficultés budgétaires, le Premier ministre a réaffirmé que “renouer” avec les institutions financières internationales n’était pas une priorité, “les performances économiques” du gouvernement se réalisant “sans programme avec le FMI”.

    “Vous n’êtes pas malade et vous voulez voir le féticheur?”, a résumé le Premier ministre.

    La RDC traverse une crise politique depuis la reconduction au pouvoir du président Joseph Kabila à l’issue d’élections marquées par des fraudes massives en novembre 2011.

    Depuis plus de deux ans l’opposition accuse le chef de l’État, au pouvoir depuis 2001 et dont le mandat expire en décembre, de chercher à tout faire pour se maintenir en poste au-delà de la fin de l’année, alors que la Constitution lui interdit de se représenter.

    Avec AFP

  • le verdict dans le procès de Jean-Pierre Bemba à la CPI sera délivré le 21 mars

    le verdict dans le procès de Jean-Pierre Bemba à la CPI sera délivré le 21 mars

    BEMBA-La Cour pénale internationale a fixé mardi au 21 mars la date de l’audience publique au cours de laquelle sera rendu public le verdict dans l’affaire Jean-Pierre Bemba, ancien-vice président de la RDC poursuivi, en qualité de chef militaire, pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre en Centrafrique.

    « Enfin, le moment tant attendu arrive ! » Pour Me Aimé Kilolo, avocat de Jean-Pierre Bemba, joint au téléphone, le 2 février, par Jeune Afrique quelques minutes après la fixation au 21 mars du verdict dans l’affaire opposant son client au procureur de la Cour pénale internationale (CPI), l’attente du jugement commençait à être longue.

    « Entre la prise en délibéré de l’affaire le 15 novembre 2014 et le verdict fixé au 21 mars, il s’est écoulé plus d’une année et quatre mois, rappelle  Me Aimé Kilolo. Le droit à un procès équitable implique pourtant que le verdict soit rapidement rendu une fois l’affaire a été prise en délibéré. »

    En attendant, l’avocat reste confiant sur les chances d’acquittement de l’ancien vice-président congolais poursuivi, en qualité de chef militaire, pour deux chefs de crimes contre l’humanité (viol et meurtre) et trois chefs de crimes de guerre (viol, meurtre, et pillage) prétendument commis par ses troupes en Centrafrique entre 2002-2003.

    Verdict en deux phases

    Le 21 mars, « l’audience sera retransmise en direct sur le site Internet de la CPI (…). Le verdict sera lu en public et peut soit acquitter soit condamner l’accusé », a annoncé un communiqué rendu public mardi par la CPI. Ce sera la première phrase du verdict, le procès à La Haye suivant une procédure anglo-saxonne.

    La chambre de première instance III, composée de Mme la juge Sylvia Steiner (Brésil), juge présidente, Mme la juge Joyce Aluoch (Kenya) et Mme la juge Kuniko Ozaki (Japon), tranchera en effet sur la culpabilité, ou non, de Jean-Pierre Bemba. Si ce dernier est acquitté, le verdict s’arrête là mais s’il est reconnu coupable, une audience sera convoquée pour fixer le taux de la peine. C’est la deuxième phrase du verdict.

    Cette seconde hypothèse est la moins probable, selon Me Aimé Kilolo qui soutient que « l’on se dirige dans tous les cas vers un acquittement de Jean-Pierre Bemba ».

    Se fondant sur « une jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme », l’avocat du leader du Mouvement de libération du Congo (MLC) soutient même que « la violation du délai raisonnable pour rendre le verdict a pour sanction : ne plus prononcer une condamnation à l’encontre de l’accusé ». Mais « nous n’en sommes pas encore là », s’empresse-t-il de souligner.

    Jeune Afrique

  • Kabila contre Katumbi, un scénario imprévisible

    Kabila contre Katumbi, un scénario imprévisible

    Kabila-Katumbi-Ni l’un ni l’autre n’ont encore dévoilé leurs intentions pour l’élection prévue en novembre, mais nul doute que leur affrontement rythmera l’année 2016. Naguère proches, Joseph Kabila et Moïse Katumbi sont à couteaux tirés. Quelles sont leurs forces, leurs faiblesses, leurs réseaux ?

    Pour l’élection présidentielle de tous les dangers, prévue en principe dans dix mois (le 27 novembre 2016), aucun des deux n’a encore dévoilé ses intentions. Certes, la question ne devrait pas se poser en ce qui concerne le chef de l’État, Joseph Kabila, puisque la Constitution congolaise – tout au moins en son état actuel – lui interdit de briguer un nouveau mandat. Reste que le fils du Mzee est, qu’on le veuille ou non, l’acteur numéro un d’un scénario imprévisible sur lequel il conserve plus de prise qu’on ne le croit généralement.

    Que son souhait soit de prolonger son bail au pouvoir ou de se retirer dans sa ferme de Kingakati, de modifier la loi fondamentale, de jouer la carte du « glissement » du calendrier électoral ou de céder aux pressions de ceux pour qui la RD Congo doit impérativement se conformer à la loi d’airain de l’alternance au sommet, une chose est sûre : il ne sera pas un acteur passif de son destin, quitte à placer le débat sur le terrain du rapport de force.

    Un affrontement programmé

    La question se pose-t-elle pour Moïse Katumbi ? En théorie oui, puisque l’ex-gouverneur du Katanga n’a pas annoncé sa candidature. En pratique non : nul ne doute que cet entrepreneur hors normes n’a pas franchi le Rubicon, un certain 29 septembre 2015, en quittant avec fracas le camp présidentiel, pour aller pêcher à la ligne. Katumbi se veut le fédérateur de l’opposition congolaise face à toute volonté supposée de Joseph Kabila d’aller au-delà du terme de novembre. Et nombreux sont ceux qui voient en lui le principal candidat à la succession : il en a l’ambition, les moyens, et sa popularité surpasse celle de ses principaux concurrents.

    Entre le président de 44 ans et l’opposant de 51 ans, les ponts semblent définitivement coupés. Ils ont pourtant été proches pendant plus d’une décennie, le second soutenant le premier aux élections de 2006 et de 2011 et le premier assurant en retour au second une protection politique propice à l’épanouissement de ses affaires. Depuis six mois, toutes les tentatives de réconciliation ayant échoué, Moïse Katumbi, à qui revient l’initiative d’un divorce perçu par Joseph Kabila comme une trahison, a multiplié les signes de défiance, laissant apparaître les profondes différences de tempérament entre les deux hommes. Autant Kabila est silencieux, impavide et introverti, autant Katumbi peut être disert, sentimental et communicatif.

    À l’évidence, l’issue de leur affrontement programmé sera l’une des clés majeures de 2016. Avec, dans le rôle d’arbitre courtisé, un Étienne Tshisekedi plus sphinx que jamais, hésitant à 83 ans entre dialogue et monologue et qui se considère toujours, depuis son exil médical belge, comme le président légitime. K contre K : le feuilleton ne fait que commencer, sans que nul ne sache quand aura lieu le dernier épisode de ce Game of Thrones sur les rives du fleuve Congo…

    François Soudan

  • Fraude minière en RDC: le rôle du ministre provincial en question

    Fraude minière en RDC: le rôle du ministre provincial en question

    CASSITERITE-Une affaire de minerais crée la polémique dans le Sud-Kivu, en République démocratique du Congo. Elle concerne une cargaison de deux tonnes de cassitérite, une petite pierre noire très convoitée, saisie par les services anti-fraude. Les caisses provenaient d’une zone où l’exploitation est interdite par ordre du ministre provincial des Mines. Mais le chargement a tout de même été certifié par les organismes censés contrôler son origine. A la grande surprise de l’anti-fraude, le ministre provincial a demandé la levée de la saisie.

    L’affaire de la cassitérite continue de faire du bruit dans la région du Sud-Kivu en République démocratique du Congo. Les faits à l’origine de la polémique remontent au 16 janvier dernier.

    Deux tonnes de ce minerai rare utilisé dans l’électronique sont saisies par les services anti-fraude. La cargaison provient en effet de la zone de Mwenga, où des exploitants artisanaux extraient illégalement la petite pierre noire sur une concession appartenant à la société canadienne Banro.

    Pour contrôler l’exploitation et le commerce de la cassitérite, l’Etat congolais et ses partenaires ont mis en place une série de mécanismes et plusieurs organismes sont chargés de certifier la provenance des chargements.

    Pour les 40 caisses confisquées le 16 janvier, deux services de l’Etat ainsi que l’association des producteurs, l’Itri, ont validé la transaction. Problème, dans une lettre du 4 septembre 2015, le ministre provincial des Mines a clairement interdit la vente de ces minerais. Mais à présent, le ministre exige que soit levée la saisie et que la cassitérite soit rendue aux négociants qui en avaient la charge.

    Selon lui, il ne s’agit pas de fraude mais d’un simple incident, car le courrier de septembre n’avait aucune valeur légale. Il considère donc que ses services n’ont commis aucune faute. Cette décision a fait bondir la société minière Banro ainsi que les services anti-fraude. Ces derniers affirment que plusieurs articles du code minier ont été violés et décident de saisir le gouverneur de la province.

    Dans le secteur, beaucoup spéculent sur la raison qui a poussé le ministre à revenir sur sa décision. Ils s’interrogent notamment sur le rôle de son fils, car celui-ci représente l’Itri sur le territoire de Mwenga et c’est lui qui a validé la transaction.

    RFI

  • RDC : un document interne de la Céni sème le doute sur la tenue des élections en 2016

    RDC : un document interne de la Céni sème le doute sur la tenue des élections en 2016

    ceni-La Commission électorale indépendante (Céni) de la RDC reconnaît l’authenticité de ce document mais nie l’avoir posté sur les réseaux sociaux.

    Le rapporteur de la Céni, Jean-Pierre Kalamba, que VOA Afrique a interviewé après une réunion au cours de laquelle le gouvernement congolais a promis de financer la révision du fichier électoral, attribue la publication du document sur la toile “à des individus en mal de sensationnel “.

    “C’est un document qui ne peut être pris pour parole d’évangile dès lors que c’est une note interne d’études dans laquelle on déroule les différentes hypothèses, la faisabilité de la chose en ce qui concerne les cas de la révision – partielle ou totale – du fichier électoral”, affirme M. Kalamba.

    Selon lui, le document tentait de résoudre les revendications de différentes parties en ce qui concerne le fichier électoral jugé corrompu par l’opposition.

    Ce fichier électoral a été constitué depuis avant les élections de 2006 et n’a jamais été revisité.

    Entre-temps, beaucoup de cas de décès et des jeunes qui ont atteint l’âge de voter ont été enregistrés.

    Jean-Pierre Kalamba joint par Eddy Isango


    Le document à la base des inquiétudes pose la problématique des moyens financiers que la Céni soutient ne pas avoir pour tenir les prochaines élections.

    La Céni reconnaît donc un blocage à ce niveau.

    M. Kalamba rappelle cependant que le document a été élaboré avant la réunion tenue jeudi avec les bailleurs de fonds, au cours de laquelle le gouvernement a promis de financer la révision dudit fichier.

    Quant à savoir si le laps de temps restant permettrait à la Céni d’organiser l’élection présidentielle avant novembre 2016 comme le prévoit la Constitution congolaise, M. Kalamba évoque plutôt les consultations qui sont menées par son institution pour trouver une solution consensuelle.

    “Voilà pourquoi la Céni consulte les uns et les autres pour s’entendre, compte-tenu des difficultés de finances au niveau où nous nous trouvons, compte-tenu du temps qui nous reste d’ici là, nous voulons trouver un consensus”, affirme-t-il.

    voa

  • RDC: fermeture des chaines de télévision Nyota et Mapendo du Katanga

    RDC: fermeture des chaines de télévision Nyota et Mapendo du Katanga

    Lambert Mende
    Lambert Mende

    -En République démocratique du Congo (RDC), deux chaines de télévision du Katanga ont été brutalement fermées sur décision du ministre de la Communication. Radiotélévision Nyota et la Télévision Mapendo, proches de l’ancien gouverneur Moïse Katumbi, entré dans l’opposition, sont accusées de ne pas être en règle vis-à-vis du fisc. Les responsables des deux médias rejettent fermement cette accusation, preuve à l’appui.

    Le jeudi 28 janvier, en début de soirée, les deux chaînes de télévision très proches du désormais opposant Moïse Katumbi avaient interrompu presque simultanément leurs émissions.

    Trois minutes avant d’afficher un écran noir, Nyota et Mapendo avaient prévenu les téléspectateurs qu’elles allaient cesser d’émettre sur décision du ministre de la Communication.

    Lambert Mende a, en effet, accusé les deux médias de ne pas être en règle vis-à-vis du fisc. Ils auraient également refusé de négocier un échéancier, alors que d’autres l’auraient fait.

    Pour le ministre de la Communication, les responsables de Nyota et de Mapendo ont tout simplement refusé de s’acquitter de leurs obligations.

    Le directeur général de Nyota et de Mapendo, Olivier Tuta, a aussitôt émis un démenti formel et brandi des preuves de paiement d’un montant supérieur à 40 000 dollars américains, ainsi que des pénalités versées à la banque les 25 et 26 janvier.

    Par ailleurs, dans un communiqué publié vendredi à Kinshasa, Journaliste en danger (JED) a parlé d’une mesure prise « sans doute dans la précipitation ». Pour l’ONG congolaise, les autorités devraient « faire preuve de responsabilité et d’équité » et ordonner la « réouverture sans condition » des deux médias interdits de diffusion.

    RFI

  • Corneille Nangaa : La révision du fichier électoral débutera “le 10 février

    Corneille Nangaa : La révision du fichier électoral débutera “le 10 février

    corneille-Les autorités congolaises ont annoncé jeudi le lancement d’une opération de révision du fichier électoral qui risque de rendre impossible la prochaine présidentielle en 2016 comme le prévoit la Constitution de la République démocratique du Congo Le gouvernement congolais s’est engagé de manière “ferme, irrévocable et sans équivoque (…) à financer la révision du fichier électoral”, a déclaré le ministre de l’Intérieur Évariste Boshab, à l’issue d’une réunion avec des bailleurs des fonds étrangers et la Commission électorale nationale indépendante (Céni).

    La révision du fichier électoral débutera “le 10 février”, a déclaré pour sa part le président de la Céni, Corneille Nangaa. Selon une source à la Céni, “l’opération prendra au minimum treize mois”.
    “La mise en route du processus de révision du fichier électoral (corrompu hérité des élections de 2011, NDLR) serait un message clair à envoyer aux Congolais et aux partenaires du pays sur le début du processus électoral”, a estimé Mamadou Diallo, chef adjoint de la Mission de l’ONU en RDC (Monusco) à l’issue de la réunion.

    La communauté internationale insiste depuis des mois pour que la présidentielle censée avoir lieu au Congo en 2016 soit organisée dans les temps. Alors que les alliés politiques du président Kabila réclament un délai pour organiser les élections, affirmant que l’Etat manque d’argent pour que celles-ci puissent se tenir dans les temps, l’ONU et les bailleurs de fonds occidentaux disent être prêts à soutenir le processus électoral à condition de voir le gouvernement congolais s’engager financièrement, et la Céni publier un calendrier électoral respectant les termes de la Constitution.

    Selon M. Nangaa, la réunion a permis de donner “des indications claires en termes d’engagements de chaque partie”, mais aucune n’a donné d’indication précise sur la teneur chiffrée de ses engagements.


    La RDC traverse une crise politique depuis la reconduction au pouvoir de M. Kabila à l’issue d’élections marquées par des fraudes massives en novembre 2011.

    Depuis plus de deux ans l’opposition accuse le chef de l’Etat, au pouvoir depuis 2001, et dont le mandat expire en décembre, de chercher à tout faire pour se maintenir en poste au-delà de la fin de l’année, alors que la Constitution lui interdit de se représenter.


    AFP
  • Denis Mukwege ne croit pas au dialogue avec l’opposition congolaise

    Denis Mukwege ne croit pas au dialogue avec l’opposition congolaise

    dr-mukwege--« Le dialogue ? Je suis contre le dialogue, car on ne peut pas se moquer de la volonté du peuple…En Occident, lorsque l’on dialogue, cela dure quinze jours et les décisions sont respectées. Ici, les palabres peuvent durer dix ans, sans résultat…Et ce n’est que lorsque le président arrive en fin de mandat que tout à coup il est question de dialogue avec la classe politique. Les élections locales n’ont pas eu lieu, les provinciales non plus : nous sommes déjà en pleine illégalité… »
    Participant au débat qui, à Bukavu, suivit la sortie du film « l’homme qui répare les femmes », le Docteur Mukwege est brusquement sorti de son registre humanitaire et, en quelques phrases, il a torpillé la laborieuse tentative de « dialogue » menée par le pouvoir en place et même interpellé une communauté internationale en laquelle il a visiblement perdu confiance : « alors que les bruits de bottes s’amplifient, que les menaces augmentent, la « communauté internationale » est informée mais nous ne pouvons pas compter sur elle pour résoudre nos problèmes. Les Congolais doivent s’approprier la justice, la santé, la politique, lutter contre l’impunité. Bref, se prendre en charge… »
    De quoi s’agît il, pourquoi cette sortie contre des institutions dont le médecin a dénoncé l’ « illégalité », qu’il s’agisse des « commissaires spéciaux » nommés par le président qui remplacent désormais les gouverneurs de province (sauf dans les deux Kivu et dans le Bas Congo)ou du président du Sénat, la plus haute autorité de l’Etat après le président. « En novembre prochain, toutes nos institutions seront illégales » a conclu Mukwege, « tout le monde va vouloir rester en fonctions… »
    Le médecin chef de l’hôpital de Panzi traduisait ainsi le malaise croissant au sein de la population qui assiste à la laborieuse mise en place de tractations à l’issue desquelles un « accord au sommet » ferait accepter le report des élections législatives et surtout présidentielles, prévues pour novembre prochain, un « glissement » qui donnerait au pouvoir en place quelques mois, (sinon quelques années…) de répit. Ce « dialogue », qui mènerait à un partage du pouvoir durant une période intermédiaire, est surtout mené avec l’ UDPS (Union pour la démocratie et le progrès social), le parti d’Etienne Tshisekedi, aujourd’hui profondément divisé et dont on ignore la capacité réelle de mobilisation. D’autres personnalités et formations politiques, dont Vital Kamerhe, leader de l’UNC (Union pour la nation congolaise) et surtout l’ex gouverneur du Katanga Moïse Katumbi, redevenu un simple homme d’affaires, refusent jusqu’à présent d’entrer dans cette démarche et ils récusent Edem Kodjo, l’ancien président du Togo proposé comme médiateur par l’Union africaine.
    Pourquoi, alors que des élections ont déjà eu lieu en 2006 et en 2011, les scrutins de 2016 devraient ils être différés ? Evariste Boshab, le puissant ministre de l’Intérieur, soupçonné d’être l’un des cerveaux de la « stratégie du glissement », aligne les arguments : « la CENI (Commission électorale indépendante ) a pris du retard, le fichier électoral a été « corrompu » et même l’Organisation de la francophone l’a déclaré » non crédible » ; nous devons intégrer deux millions de « nouveaux majeurs » des jeunes désormais en âge de voter et qui ne supporteraient pas d’être exclus. En outre, lors de la guerre du M23 au Nord Kivu, du matériel électoral, permettant de fabriquer des cartes d’électeurs, a été volé et emporté au Rwanda et nous venons d’arrêter 47 Burundais dotés de fausses cartes d’électeurs congolais.. Pour empêcher cette « fraude à la nationalité » dans l’Est, nous allons de voir fabriquer des cartes d’une autre couleur… A cela s’ajoutent les troubles dans les pays voisins, qu’il s’agisse du Burundi ou de la montée des islamistes : peut on prendre le risque de déstabiliser le Congo ? » Intervient aussi le coût des élections : M. Boshab estime que « l’exercice coûtera 550 millions de dollars, et que l’Etat, s’il doit faire face, seul, à une telle dépense, en sera réduit à ne plus gérer que les affaires courantes. Cette ponction interviendra au moment où nous sommes très affectés par la chute des cours du cuivre et du pétrole, des matières premières qui génèrent 70% des recettes de l’Etat. »
    S’il est bien difficile de démêler les raisons objectives des prétextes opportunément présentés pour justifier un report, il est quasiment certain que les élections prévues pour cette année ne pourront avoir lieu dans les délais prescrits par la Constitution et que le président Kabila (qui ne s’est toujours pas clairement prononcé…) sera « obligé » de prolonger quelque peu son mandat.
    La population, qui débat quotidiennement du sujet, acceptera-t-elle sans broncher les entourloupes qu’on lui propose, les jeunes ne risquent ils pas de se mobiliser, en dehors des partis traditionnels ? C’est la grande inconnue et le pouvoir semble avoir reçu un soutien imprévu : celui du Vatican ! En effet, alors que des « marches des chrétiens » étaient prévues pour le 26 février, en souvenir des grandes manifestations antimobutistes de 1992, des directives seraient venues de Rome, enjoignant à la CENCO (Conférence des évèques catholiques) de ne pas se mêler de politique.
    Soulagé, le ministre de l’Intérieur en conclut : « les grandes marches ont été décommandées, les chrétiens devront se limiter à prier. »

    Colette Breackman

  • 15 ans de pouvoir de Joseph Kabila: réactions de l’opposition et de la majorité

    15 ans de pouvoir de Joseph Kabila: réactions de l’opposition et de la majorité

    Kabila-Interrogés sur le bilan des 15 années de Joseph Kabila à la tête de la RDC, Joseph Bangakya de la Majorité présidentielle met en avant les efforts du président de la République pour la réunification du pays alors que l’opposant Franck Diongo évoque « un espoir déçu ».

    Joseph Kabila a totalisé ce 26 janvier quinze ans au pouvoir.                                                                      Joseph Bangakya, cadre de la Majorité présidentielle et président du parti Nouveaux républicains pour la justice (NRJ) estime que pendant ces 15 années au pouvoir, le chef de l’Etat a permis de réunifier le pays dont certaines parties étaient occupées par les rébellions du MLC et du RCD en 2001 quand il est arrivé au pouvoir.

    « En 2001, on ne savait même pas qu’on resterait un seul Etat. La RDC était divisée. On pouvait connaître le sort peu enviable que connaissent les pays comme la Lybie, la Somalie, la Syrie, des pays en état d’implosion totale. Aujourd’hui, 15 ans plus tard, la RDC existe », fait-il savoir.

    Ce cadre de la majorité affirme également que pendant les quinze dernières années la RDC a fait des progrès dans les infrastructures et la démocratie.

    Mais il reproche au président Kabila de ne pas avoir réussi à renouveler la classe politique.

    «La chose que le président de la République aurait vraiment dû faire, c’est le renouvellement de la classe politique pour mener la RDC vers des horizons meilleurs et différents. La population attendait que très vigoureusement que les antivaleurs du régime passé soient totalement combattues avec une dernière énergie par le pouvoir du jeune président mais il y a eu beaucoup d’effets d’annonce mais il y a eu peu de résultats », argumente Joseph Bangakya.

    « Un espoir déçu »

    Franck Diongo, président du parti de l’opposition Mouvement lumumbiste progressiste (MLP), estime, pour sa part, que les années de pouvoir de Joseph Kabila ont été « un espoir déçu ».

    Sur le plan démocratique, l’opposant affirme que Joseph Kabila est « un obstacle à la démocratie ».

    « Au niveau de la gouvernance, le pays sous son règne est dans la mauvaise gouvernance politique et économique. A tel point qu’aujourd’hui, le Congo est parmi les trois pays les plus corrompus de la planète. Et là, vous ajouterez l’impunité. Le bilan est donc, totalement négatif, c’est un recul sur le plan social, sur le plan économique, sur le plan démocratique », ajoute Franck Diongo.

    Pour l’opposant, le cadeau que le président Kabila peut offrir au peuple congolais est d’organiser des élections.

    « Le plus grand cadeau que monsieur Kabila doit donner à la République, c’est de laisser un pays uni, démocratique c’est-à-dire, organiser les élections démocratiques et faire la passation civilisée du pouvoir entre un président sortant et un président entrant », conclut-il.

    Le deuxième mandat de Joseph Kabila arrive à terme cette année. La constitution lui interdit de briguer un nouveau mandat.

    Radio Okapi