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  • Kabila contre Katumbi, un scĂ©nario imprĂ©visible

    Kabila contre Katumbi, un scénario imprévisible

    Kabila-Katumbi-Ni l’un ni l’autre n’ont encore dĂ©voilĂ© leurs intentions pour l’Ă©lection prĂ©vue en novembre, mais nul doute que leur affrontement rythmera l’annĂ©e 2016. NaguĂšre proches, Joseph Kabila et MoĂŻse Katumbi sont Ă  couteaux tirĂ©s. Quelles sont leurs forces, leurs faiblesses, leurs rĂ©seaux ?

    Pour l’élection prĂ©sidentielle de tous les dangers, prĂ©vue en principe dans dix mois (le 27 novembre 2016), aucun des deux n’a encore dĂ©voilĂ© ses intentions. Certes, la question ne devrait pas se poser en ce qui concerne le chef de l’État, Joseph Kabila, puisque la Constitution congolaise – tout au moins en son Ă©tat actuel – lui interdit de briguer un nouveau mandat. Reste que le fils du Mzee est, qu’on le veuille ou non, l’acteur numĂ©ro un d’un scĂ©nario imprĂ©visible sur lequel il conserve plus de prise qu’on ne le croit gĂ©nĂ©ralement.

    Que son souhait soit de prolonger son bail au pouvoir ou de se retirer dans sa ferme de Kingakati, de modifier la loi fondamentale, de jouer la carte du « glissement » du calendrier Ă©lectoral ou de cĂ©der aux pressions de ceux pour qui la RD Congo doit impĂ©rativement se conformer Ă  la loi d’airain de l’alternance au sommet, une chose est sĂ»re : il ne sera pas un acteur passif de son destin, quitte Ă  placer le dĂ©bat sur le terrain du rapport de force.

    Un affrontement programmé

    La question se pose-t-elle pour MoĂŻse Katumbi ? En thĂ©orie oui, puisque l’ex-gouverneur du Katanga n’a pas annoncĂ© sa candidature. En pratique non : nul ne doute que cet entrepreneur hors normes n’a pas franchi le Rubicon, un certain 29 septembre 2015, en quittant avec fracas le camp prĂ©sidentiel, pour aller pĂȘcher Ă  la ligne. Katumbi se veut le fĂ©dĂ©rateur de l’opposition congolaise face Ă  toute volontĂ© supposĂ©e de Joseph Kabila d’aller au-delĂ  du terme de novembre. Et nombreux sont ceux qui voient en lui le principal candidat Ă  la succession : il en a l’ambition, les moyens, et sa popularitĂ© surpasse celle de ses principaux concurrents.

    Entre le prĂ©sident de 44 ans et l’opposant de 51 ans, les ponts semblent dĂ©finitivement coupĂ©s. Ils ont pourtant Ă©tĂ© proches pendant plus d’une dĂ©cennie, le second soutenant le premier aux Ă©lections de 2006 et de 2011 et le premier assurant en retour au second une protection politique propice Ă  l’épanouissement de ses affaires. Depuis six mois, toutes les tentatives de rĂ©conciliation ayant Ă©chouĂ©, MoĂŻse Katumbi, Ă  qui revient l’initiative d’un divorce perçu par Joseph Kabila comme une trahison, a multipliĂ© les signes de dĂ©fiance, laissant apparaĂźtre les profondes diffĂ©rences de tempĂ©rament entre les deux hommes. Autant Kabila est silencieux, impavide et introverti, autant Katumbi peut ĂȘtre disert, sentimental et communicatif.

    À l’évidence, l’issue de leur affrontement programmĂ© sera l’une des clĂ©s majeures de 2016. Avec, dans le rĂŽle d’arbitre courtisĂ©, un Étienne Tshisekedi plus sphinx que jamais, hĂ©sitant Ă  83 ans entre dialogue et monologue et qui se considĂšre toujours, depuis son exil mĂ©dical belge, comme le prĂ©sident lĂ©gitime. K contre K : le feuilleton ne fait que commencer, sans que nul ne sache quand aura lieu le dernier Ă©pisode de ce Game of Thrones sur les rives du fleuve Congo


    François Soudan

  • Fraude miniĂšre en RDC: le rĂŽle du ministre provincial en question

    Fraude miniĂšre en RDC: le rĂŽle du ministre provincial en question

    CASSITERITE-Une affaire de minerais crĂ©e la polĂ©mique dans le Sud-Kivu, en RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo. Elle concerne une cargaison de deux tonnes de cassitĂ©rite, une petite pierre noire trĂšs convoitĂ©e, saisie par les services anti-fraude. Les caisses provenaient d’une zone oĂč l’exploitation est interdite par ordre du ministre provincial des Mines. Mais le chargement a tout de mĂȘme Ă©tĂ© certifiĂ© par les organismes censĂ©s contrĂŽler son origine. A la grande surprise de l’anti-fraude, le ministre provincial a demandĂ© la levĂ©e de la saisie.

    L’affaire de la cassitĂ©rite continue de faire du bruit dans la rĂ©gion du Sud-Kivu en RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo. Les faits Ă  l’origine de la polĂ©mique remontent au 16 janvier dernier.

    Deux tonnes de ce minerai rare utilisĂ© dans l’électronique sont saisies par les services anti-fraude. La cargaison provient en effet de la zone de Mwenga, oĂč des exploitants artisanaux extraient illĂ©galement la petite pierre noire sur une concession appartenant Ă  la sociĂ©tĂ© canadienne Banro.

    Pour contrĂŽler l’exploitation et le commerce de la cassitĂ©rite, l’Etat congolais et ses partenaires ont mis en place une sĂ©rie de mĂ©canismes et plusieurs organismes sont chargĂ©s de certifier la provenance des chargements.

    Pour les 40 caisses confisquĂ©es le 16 janvier, deux services de l’Etat ainsi que l’association des producteurs, l’Itri, ont validĂ© la transaction. ProblĂšme, dans une lettre du 4 septembre 2015, le ministre provincial des Mines a clairement interdit la vente de ces minerais. Mais Ă  prĂ©sent, le ministre exige que soit levĂ©e la saisie et que la cassitĂ©rite soit rendue aux nĂ©gociants qui en avaient la charge.

    Selon lui, il ne s’agit pas de fraude mais d’un simple incident, car le courrier de septembre n’avait aucune valeur lĂ©gale. Il considĂšre donc que ses services n’ont commis aucune faute. Cette dĂ©cision a fait bondir la sociĂ©tĂ© miniĂšre Banro ainsi que les services anti-fraude. Ces derniers affirment que plusieurs articles du code minier ont Ă©tĂ© violĂ©s et dĂ©cident de saisir le gouverneur de la province.

    Dans le secteur, beaucoup spĂ©culent sur la raison qui a poussĂ© le ministre Ă  revenir sur sa dĂ©cision. Ils s’interrogent notamment sur le rĂŽle de son fils, car celui-ci reprĂ©sente l’Itri sur le territoire de Mwenga et c’est lui qui a validĂ© la transaction.

    RFI

  • RDC : un document interne de la CĂ©ni sĂšme le doute sur la tenue des Ă©lections en 2016

    RDC : un document interne de la Céni sÚme le doute sur la tenue des élections en 2016

    ceni-La Commission Ă©lectorale indĂ©pendante (CĂ©ni) de la RDC reconnaĂźt l’authenticitĂ© de ce document mais nie l’avoir postĂ© sur les rĂ©seaux sociaux.

    Le rapporteur de la CĂ©ni, Jean-Pierre Kalamba, que VOA Afrique a interviewĂ© aprĂšs une rĂ©union au cours de laquelle le gouvernement congolais a promis de financer la rĂ©vision du fichier Ă©lectoral, attribue la publication du document sur la toile “Ă  des individus en mal de sensationnel “.

    “C’est un document qui ne peut ĂȘtre pris pour parole d’évangile dĂšs lors que c’est une note interne d’études dans laquelle on dĂ©roule les diffĂ©rentes hypothĂšses, la faisabilitĂ© de la chose en ce qui concerne les cas de la rĂ©vision – partielle ou totale – du fichier Ă©lectoral”, affirme M. Kalamba.

    Selon lui, le document tentait de rĂ©soudre les revendications de diffĂ©rentes parties en ce qui concerne le fichier Ă©lectoral jugĂ© corrompu par l’opposition.

    Ce fichier Ă©lectoral a Ă©tĂ© constituĂ© depuis avant les Ă©lections de 2006 et n’a jamais Ă©tĂ© revisitĂ©.

    Entre-temps, beaucoup de cas de dĂ©cĂšs et des jeunes qui ont atteint l’ñge de voter ont Ă©tĂ© enregistrĂ©s.

    Jean-Pierre Kalamba joint par Eddy Isango


    Le document à la base des inquiétudes pose la problématique des moyens financiers que la Céni soutient ne pas avoir pour tenir les prochaines élections.

    La Céni reconnaßt donc un blocage à ce niveau.

    M. Kalamba rappelle cependant que le document a été élaboré avant la réunion tenue jeudi avec les bailleurs de fonds, au cours de laquelle le gouvernement a promis de financer la révision dudit fichier.

    Quant Ă  savoir si le laps de temps restant permettrait Ă  la CĂ©ni d’organiser l’élection prĂ©sidentielle avant novembre 2016 comme le prĂ©voit la Constitution congolaise, M. Kalamba Ă©voque plutĂŽt les consultations qui sont menĂ©es par son institution pour trouver une solution consensuelle.

    “VoilĂ  pourquoi la CĂ©ni consulte les uns et les autres pour s’entendre, compte-tenu des difficultĂ©s de finances au niveau oĂč nous nous trouvons, compte-tenu du temps qui nous reste d’ici lĂ , nous voulons trouver un consensus”, affirme-t-il.

    voa

  • RDC: fermeture des chaines de tĂ©lĂ©vision Nyota et Mapendo du Katanga

    RDC: fermeture des chaines de télévision Nyota et Mapendo du Katanga

    Lambert Mende
    Lambert Mende

    -En RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo (RDC), deux chaines de tĂ©lĂ©vision du Katanga ont Ă©tĂ© brutalement fermĂ©es sur dĂ©cision du ministre de la Communication. RadiotĂ©lĂ©vision Nyota et la TĂ©lĂ©vision Mapendo, proches de l’ancien gouverneur MoĂŻse Katumbi, entrĂ© dans l’opposition, sont accusĂ©es de ne pas ĂȘtre en rĂšgle vis-Ă -vis du fisc. Les responsables des deux mĂ©dias rejettent fermement cette accusation, preuve Ă  l’appui.

    Le jeudi 28 janvier, en début de soirée, les deux chaßnes de télévision trÚs proches du désormais opposant Moïse Katumbi avaient interrompu presque simultanément leurs émissions.

    Trois minutes avant d’afficher un Ă©cran noir, Nyota et Mapendo avaient prĂ©venu les tĂ©lĂ©spectateurs qu’elles allaient cesser d’émettre sur dĂ©cision du ministre de la Communication.

    Lambert Mende a, en effet, accusĂ© les deux mĂ©dias de ne pas ĂȘtre en rĂšgle vis-Ă -vis du fisc. Ils auraient Ă©galement refusĂ© de nĂ©gocier un Ă©chĂ©ancier, alors que d’autres l’auraient fait.

    Pour le ministre de la Communication, les responsables de Nyota et de Mapendo ont tout simplement refusĂ© de s’acquitter de leurs obligations.

    Le directeur gĂ©nĂ©ral de Nyota et de Mapendo, Olivier Tuta, a aussitĂŽt Ă©mis un dĂ©menti formel et brandi des preuves de paiement d’un montant supĂ©rieur Ă  40 000 dollars amĂ©ricains, ainsi que des pĂ©nalitĂ©s versĂ©es Ă  la banque les 25 et 26 janvier.

    Par ailleurs, dans un communiquĂ© publiĂ© vendredi Ă  Kinshasa, Journaliste en danger (JED) a parlĂ© d’une mesure prise « sans doute dans la prĂ©cipitation ». Pour l’ONG congolaise, les autoritĂ©s devraient « faire preuve de responsabilitĂ© et d’équité » et ordonner la « rĂ©ouverture sans condition » des deux mĂ©dias interdits de diffusion.

    RFI

  • Corneille Nangaa : La rĂ©vision du fichier Ă©lectoral dĂ©butera “le 10 fĂ©vrier

    Corneille Nangaa : La rĂ©vision du fichier Ă©lectoral dĂ©butera “le 10 fĂ©vrier

    corneille-Les autoritĂ©s congolaises ont annoncĂ© jeudi le lancement d’une opĂ©ration de rĂ©vision du fichier Ă©lectoral qui risque de rendre impossible la prochaine prĂ©sidentielle en 2016 comme le prĂ©voit la Constitution de la RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo Le gouvernement congolais s’est engagĂ© de maniĂšre “ferme, irrĂ©vocable et sans Ă©quivoque (…) Ă  financer la rĂ©vision du fichier Ă©lectoral”, a dĂ©clarĂ© le ministre de l’IntĂ©rieur Évariste Boshab, Ă  l’issue d’une rĂ©union avec des bailleurs des fonds Ă©trangers et la Commission Ă©lectorale nationale indĂ©pendante (CĂ©ni).

    La rĂ©vision du fichier Ă©lectoral dĂ©butera “le 10 fĂ©vrier”, a dĂ©clarĂ© pour sa part le prĂ©sident de la CĂ©ni, Corneille Nangaa. Selon une source Ă  la CĂ©ni, “l’opĂ©ration prendra au minimum treize mois”.
    “La mise en route du processus de rĂ©vision du fichier Ă©lectoral (corrompu hĂ©ritĂ© des Ă©lections de 2011, NDLR) serait un message clair Ă  envoyer aux Congolais et aux partenaires du pays sur le dĂ©but du processus Ă©lectoral”, a estimĂ© Mamadou Diallo, chef adjoint de la Mission de l’ONU en RDC (Monusco) Ă  l’issue de la rĂ©union.

    La communautĂ© internationale insiste depuis des mois pour que la prĂ©sidentielle censĂ©e avoir lieu au Congo en 2016 soit organisĂ©e dans les temps. Alors que les alliĂ©s politiques du prĂ©sident Kabila rĂ©clament un dĂ©lai pour organiser les Ă©lections, affirmant que l’Etat manque d’argent pour que celles-ci puissent se tenir dans les temps, l’ONU et les bailleurs de fonds occidentaux disent ĂȘtre prĂȘts Ă  soutenir le processus Ă©lectoral Ă  condition de voir le gouvernement congolais s’engager financiĂšrement, et la CĂ©ni publier un calendrier Ă©lectoral respectant les termes de la Constitution.

    Selon M. Nangaa, la rĂ©union a permis de donner “des indications claires en termes d’engagements de chaque partie”, mais aucune n’a donnĂ© d’indication prĂ©cise sur la teneur chiffrĂ©e de ses engagements.


    La RDC traverse une crise politique depuis la reconduction au pouvoir de M. Kabila Ă  l’issue d’élections marquĂ©es par des fraudes massives en novembre 2011.

    Depuis plus de deux ans l’opposition accuse le chef de l’Etat, au pouvoir depuis 2001, et dont le mandat expire en dĂ©cembre, de chercher Ă  tout faire pour se maintenir en poste au-delĂ  de la fin de l’annĂ©e, alors que la Constitution lui interdit de se reprĂ©senter.


    AFP
  • Denis Mukwege ne croit pas au dialogue avec l’opposition congolaise

    Denis Mukwege ne croit pas au dialogue avec l’opposition congolaise

    dr-mukwege--« Le dialogue ? Je suis contre le dialogue, car on ne peut pas se moquer de la volontĂ© du peuple
En Occident, lorsque l’on dialogue, cela dure quinze jours et les dĂ©cisions sont respectĂ©es. Ici, les palabres peuvent durer dix ans, sans rĂ©sultat
Et ce n’est que lorsque le prĂ©sident arrive en fin de mandat que tout Ă  coup il est question de dialogue avec la classe politique. Les Ă©lections locales n’ont pas eu lieu, les provinciales non plus : nous sommes dĂ©jĂ  en pleine illĂ©galité  »
    Participant au dĂ©bat qui, Ă  Bukavu, suivit la sortie du film « l’homme qui rĂ©pare les femmes », le Docteur Mukwege est brusquement sorti de son registre humanitaire et, en quelques phrases, il a torpillĂ© la laborieuse tentative de « dialogue » menĂ©e par le pouvoir en place et mĂȘme interpellĂ© une communautĂ© internationale en laquelle il a visiblement perdu confiance : « alors que les bruits de bottes s’amplifient, que les menaces augmentent, la « communautĂ© internationale » est informĂ©e mais nous ne pouvons pas compter sur elle pour rĂ©soudre nos problĂšmes. Les Congolais doivent s’approprier la justice, la santĂ©, la politique, lutter contre l’impunitĂ©. Bref, se prendre en charge
 »
    De quoi s’agĂźt il, pourquoi cette sortie contre des institutions dont le mĂ©decin a dĂ©noncĂ© l’ « illĂ©galitĂ© », qu’il s’agisse des « commissaires spĂ©ciaux » nommĂ©s par le prĂ©sident qui remplacent dĂ©sormais les gouverneurs de province (sauf dans les deux Kivu et dans le Bas Congo)ou du prĂ©sident du SĂ©nat, la plus haute autoritĂ© de l’Etat aprĂšs le prĂ©sident. « En novembre prochain, toutes nos institutions seront illĂ©gales » a conclu Mukwege, « tout le monde va vouloir rester en fonctions
 »
    Le mĂ©decin chef de l’hĂŽpital de Panzi traduisait ainsi le malaise croissant au sein de la population qui assiste Ă  la laborieuse mise en place de tractations Ă  l’issue desquelles un « accord au sommet » ferait accepter le report des Ă©lections lĂ©gislatives et surtout prĂ©sidentielles, prĂ©vues pour novembre prochain, un « glissement » qui donnerait au pouvoir en place quelques mois, (sinon quelques annĂ©es
) de rĂ©pit. Ce « dialogue », qui mĂšnerait Ă  un partage du pouvoir durant une pĂ©riode intermĂ©diaire, est surtout menĂ© avec l’ UDPS (Union pour la dĂ©mocratie et le progrĂšs social), le parti d’Etienne Tshisekedi, aujourd’hui profondĂ©ment divisĂ© et dont on ignore la capacitĂ© rĂ©elle de mobilisation. D’autres personnalitĂ©s et formations politiques, dont Vital Kamerhe, leader de l’UNC (Union pour la nation congolaise) et surtout l’ex gouverneur du Katanga MoĂŻse Katumbi, redevenu un simple homme d’affaires, refusent jusqu’à prĂ©sent d’entrer dans cette dĂ©marche et ils rĂ©cusent Edem Kodjo, l’ancien prĂ©sident du Togo proposĂ© comme mĂ©diateur par l’Union africaine.
    Pourquoi, alors que des Ă©lections ont dĂ©jĂ  eu lieu en 2006 et en 2011, les scrutins de 2016 devraient ils ĂȘtre diffĂ©rĂ©s ? Evariste Boshab, le puissant ministre de l’IntĂ©rieur, soupçonnĂ© d’ĂȘtre l’un des cerveaux de la « stratĂ©gie du glissement », aligne les arguments : « la CENI (Commission Ă©lectorale indĂ©pendante ) a pris du retard, le fichier Ă©lectoral a Ă©tĂ© « corrompu » et mĂȘme l’Organisation de la francophone l’a dĂ©clarĂ© » non crĂ©dible » ; nous devons intĂ©grer deux millions de « nouveaux majeurs » des jeunes dĂ©sormais en Ăąge de voter et qui ne supporteraient pas d’ĂȘtre exclus. En outre, lors de la guerre du M23 au Nord Kivu, du matĂ©riel Ă©lectoral, permettant de fabriquer des cartes d’électeurs, a Ă©tĂ© volĂ© et emportĂ© au Rwanda et nous venons d’arrĂȘter 47 Burundais dotĂ©s de fausses cartes d’électeurs congolais.. Pour empĂȘcher cette « fraude Ă  la nationalitĂ© » dans l’Est, nous allons de voir fabriquer des cartes d’une autre couleur
 A cela s’ajoutent les troubles dans les pays voisins, qu’il s’agisse du Burundi ou de la montĂ©e des islamistes : peut on prendre le risque de dĂ©stabiliser le Congo ? » Intervient aussi le coĂ»t des Ă©lections : M. Boshab estime que « l’exercice coĂ»tera 550 millions de dollars, et que l’Etat, s’il doit faire face, seul, Ă  une telle dĂ©pense, en sera rĂ©duit Ă  ne plus gĂ©rer que les affaires courantes. Cette ponction interviendra au moment oĂč nous sommes trĂšs affectĂ©s par la chute des cours du cuivre et du pĂ©trole, des matiĂšres premiĂšres qui gĂ©nĂšrent 70% des recettes de l’Etat. »
    S’il est bien difficile de dĂ©mĂȘler les raisons objectives des prĂ©textes opportunĂ©ment prĂ©sentĂ©s pour justifier un report, il est quasiment certain que les Ă©lections prĂ©vues pour cette annĂ©e ne pourront avoir lieu dans les dĂ©lais prescrits par la Constitution et que le prĂ©sident Kabila (qui ne s’est toujours pas clairement prononcé ) sera « obligĂ© » de prolonger quelque peu son mandat.
    La population, qui dĂ©bat quotidiennement du sujet, acceptera-t-elle sans broncher les entourloupes qu’on lui propose, les jeunes ne risquent ils pas de se mobiliser, en dehors des partis traditionnels ? C’est la grande inconnue et le pouvoir semble avoir reçu un soutien imprĂ©vu : celui du Vatican ! En effet, alors que des « marches des chrĂ©tiens » Ă©taient prĂ©vues pour le 26 fĂ©vrier, en souvenir des grandes manifestations antimobutistes de 1992, des directives seraient venues de Rome, enjoignant Ă  la CENCO (ConfĂ©rence des Ă©vĂšques catholiques) de ne pas se mĂȘler de politique.
    SoulagĂ©, le ministre de l’IntĂ©rieur en conclut : « les grandes marches ont Ă©tĂ© dĂ©commandĂ©es, les chrĂ©tiens devront se limiter Ă  prier. »

    Colette Breackman

  • 15 ans de pouvoir de Joseph Kabila: rĂ©actions de l’opposition et de la majoritĂ©

    15 ans de pouvoir de Joseph Kabila: rĂ©actions de l’opposition et de la majoritĂ©

    Kabila-InterrogĂ©s sur le bilan des 15 annĂ©es de Joseph Kabila Ă  la tĂȘte de la RDC, Joseph Bangakya de la MajoritĂ© prĂ©sidentielle met en avant les efforts du prĂ©sident de la RĂ©publique pour la rĂ©unification du pays alors que l’opposant Franck Diongo Ă©voque « un espoir déçu ».

    Joseph Kabila a totalisĂ© ce 26 janvier quinze ans au pouvoir.                                                                      Joseph Bangakya, cadre de la MajoritĂ© prĂ©sidentielle et prĂ©sident du parti Nouveaux rĂ©publicains pour la justice (NRJ) estime que pendant ces 15 annĂ©es au pouvoir, le chef de l’Etat a permis de rĂ©unifier le pays dont certaines parties Ă©taient occupĂ©es par les rĂ©bellions du MLC et du RCD en 2001 quand il est arrivĂ© au pouvoir.

    « En 2001, on ne savait mĂȘme pas qu’on resterait un seul Etat. La RDC Ă©tait divisĂ©e. On pouvait connaĂźtre le sort peu enviable que connaissent les pays comme la Lybie, la Somalie, la Syrie, des pays en Ă©tat d’implosion totale. Aujourd’hui, 15 ans plus tard, la RDC existe », fait-il savoir.

    Ce cadre de la majorité affirme également que pendant les quinze derniÚres années la RDC a fait des progrÚs dans les infrastructures et la démocratie.

    Mais il reproche au président Kabila de ne pas avoir réussi à renouveler la classe politique.

    «La chose que le prĂ©sident de la RĂ©publique aurait vraiment dĂ» faire, c’est le renouvellement de la classe politique pour mener la RDC vers des horizons meilleurs et diffĂ©rents. La population attendait que trĂšs vigoureusement que les antivaleurs du rĂ©gime passĂ© soient totalement combattues avec une derniĂšre Ă©nergie par le pouvoir du jeune prĂ©sident mais il y a eu beaucoup d’effets d’annonce mais il y a eu peu de rĂ©sultats », argumente Joseph Bangakya.

    « Un espoir déçu »

    Franck Diongo, prĂ©sident du parti de l’opposition Mouvement lumumbiste progressiste (MLP), estime, pour sa part, que les annĂ©es de pouvoir de Joseph Kabila ont Ă©tĂ© « un espoir déçu ».

    Sur le plan dĂ©mocratique, l’opposant affirme que Joseph Kabila est « un obstacle Ă  la dĂ©mocratie ».

    « Au niveau de la gouvernance, le pays sous son rĂšgne est dans la mauvaise gouvernance politique et Ă©conomique. A tel point qu’aujourd’hui, le Congo est parmi les trois pays les plus corrompus de la planĂšte. Et lĂ , vous ajouterez l’impunitĂ©. Le bilan est donc, totalement nĂ©gatif, c’est un recul sur le plan social, sur le plan Ă©conomique, sur le plan dĂ©mocratique », ajoute Franck Diongo.

    Pour l’opposant, le cadeau que le prĂ©sident Kabila peut offrir au peuple congolais est d’organiser des Ă©lections.

    « Le plus grand cadeau que monsieur Kabila doit donner Ă  la RĂ©publique, c’est de laisser un pays uni, dĂ©mocratique c’est-Ă -dire, organiser les Ă©lections dĂ©mocratiques et faire la passation civilisĂ©e du pouvoir entre un prĂ©sident sortant et un prĂ©sident entrant », conclut-il.

    Le deuxiÚme mandat de Joseph Kabila arrive à terme cette année. La constitution lui interdit de briguer un nouveau mandat.

    Radio Okapi

  • Corruption: la RDC classĂ©e 147e sur 168 pays par Transparency International

    Corruption: la RDC classée 147e sur 168 pays par Transparency International

    corruption-La RDC a gardĂ© son rang dans le classement de Transparency International sur la corruption dans le monde. D’aprĂšs le rapport 2015 de cette organisation publiĂ© mercredi 27 janvier, le pays se classe 147e sur 168 pays avec un score de 22 comme en 2014.

    Pour Transparency International, parmi les facteurs qui favorisent une baisse importante de la corruption on compte notamment le niveau Ă©levĂ© de libertĂ© de la presse, l’accĂšs aux informations budgĂ©taires, le niveau Ă©levĂ© d’intĂ©gritĂ© des personnes au pouvoir et un systĂšme judiciaire impartial.

    Quant Ă  la corruption, elle est favorisĂ©e par une mauvaise gouvernance, la faiblesse des institutions telles que la police et le systĂšme judiciaire et un manque d’indĂ©pendance des mĂ©dias.

    Lucas Olo Fernandes, coordonnateur rĂ©gional Afrique centrale de Transparency International, recommande Ă  la RDC de lutter contre l’impunitĂ© et de mettre en place des mĂ©canismes de prĂ©vention.

    « La lutte contre l’impunitĂ© [est] une des choses que la RDC devrait [s’attaquer] d’une maniĂšre trĂšs importante. Il y a aussi la partie de la prĂ©vention de la corruption, mettre des mĂ©canismes de transparence qui vont faire en sorte qu’on n’arrive pas Ă  des situations dans lesquelles l’argent disparaĂźt directement », conseille-t-il.

    Le dĂ©putĂ© national Jean-Pierre Pasi Zapamba du RĂ©seau national des parlementaires contre la corruption pense que la fin de l’impunitĂ© permettra de faire reculer la corruption.

    « La corruption la plus dangereuse c’est celle des dĂ©cideurs. Le jour oĂč nous aurons un procĂšs de quelqu’un qui est soupçonnĂ© de corruption, qu’on le juge, qu’on l’arrĂȘte, qu’on rĂ©cupĂšre les biens volĂ©s au profit du trĂ©sor public, vous allez vous rendre compte que la situation de la sociĂ©tĂ© va s’auto-rĂ©gulariser », estime l’élu.

    Dans le classement 2015 de Transparency International, la RDC a le score 22.

    Ce classement est largement dominĂ© par les pays du Nord de l’Europe. Avec des scores proches de 90, le Danemark, la Finlande et la SuĂšde constituent le trio de tĂȘte.

    (Radio Okapi)

  • RDC: la police a acquis de l’équipement anti-Ă©meute

    RDC: la police a acquis de l’équipement anti-Ă©meute

    anti emeute-La police nationale congolaise a acquis un arsenal important constituĂ© d’un Ă©quipement anti-Ă©meute. Ce matĂ©riel remis mercredi 27 janvier par le ministre de l’IntĂ©rieur au chef de la police est notamment constituĂ© de cinq vĂ©hicules pour disperser des foules, de cinq vĂ©hicules dotĂ©s des jets d’eau pour neutraliser des manifestants ainsi qu’une importante quantitĂ© de lanceurs des grenades, des grenades assourdissantes, lacrymogĂšnes et fumigĂšnes.

    Pour le ministre de l’IntĂ©rieur, Evariste Boshab, cet Ă©quipement anti-Ă©meute va permettre Ă  la police de gĂ©rer des foules lors des manifestations publiques sans porter atteinte Ă  la vie des manifestants.

    Le chef de la police congolaise, gĂ©nĂ©ral Charles Bisengimana, s’est rĂ©joui de l’acquisition de ce matĂ©riel qui, selon lui, va permettre Ă  la police d’intervenir sans causer « des dĂ©gĂąts collatĂ©raux ».

    « La police a toujours Ă©tĂ© accusĂ©e comme ne respectant pas de fois les droits de l’homme. Nous voulons utiliser un matĂ©riel non lĂ©tal. C’est un dispositif beaucoup plus prĂ©ventif que rĂ©pressif. Et donc c’est pour permettre Ă  ce que nous puissions gĂ©rer correctement la foule sans occasionner des dĂ©gĂąts collatĂ©raux ou sans tuer la population », a dĂ©clarĂ© le commissaire gĂ©nĂ©ral de la police.

    Pour sa part, le ministre de l’IntĂ©rieur a fait savoir que le gouvernement Ă©tait dĂ©terminĂ© Ă  veiller Ă  ce que la sĂ©curitĂ© intĂ©rieure et l’ordre public soient assurĂ©s sans Ă©touffer les libertĂ©s individuelles.

    «Il ne faut pas laisser la loi des hors-la-loi triompher sur la loi de la RĂ©publique, et en mĂȘme temps faire en sorte que les droits fondamentaux des citoyens soient respectĂ©s. VoilĂ  pourquoi ce matĂ©riel est important pour pouvoir concilier la loi, Ă  la fois rĂ©primer et respecter les droits fondamentaux des citoyens », a expliquĂ© Evariste Boshab :

    La police devrait acquĂ©rir un autre lot de matĂ©riel anti-Ă©meute d’ici le mois d’avril prochain, a promis le ministre de l’IntĂ©rieur.

    (Radio Okapi)